En dehors de ma passion pour mon métier d'ingénieur, je suis également intéressé par les médias auxquels je consacre ce blog pour mettre en avant mes coups de cœur artistiques.
Aussi, au travers d'interviews exclusives, j'aime à partager l'actualité, les projets et les envies d'animateurs de télévision, de journalistes de radio, de comédiens de théâtre et de musiciens.
C'est aussi l'occasion de mieux comprendre leur organisation de travail ainsi que les coulisses de leur métier.
Retrouvez ainsi tout au long de ce blog les entretiens que j'ai pu mener par passion, mais aussi avec plaisir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2026 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour “On aboie en silence”, prochainement diffusé sur France 2, et dont vous êtes la compositrice. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présente ici ?
Oui, c’est un grand plaisir, surtout qu’il y a toujours ce moment où l’on est un peu dans notre grotte, à travailler un peu en solo. Surtout sur la partie musique, c’est vrai que je suis plutôt seule dans cette partie-là mais, du coup, c’est l’occasion, déjà, de voir le résultat final, même si on l’a un peu vu, d’échanger plus en profondeur aussi avec les équipes et c’est très chouette, parce que ça concrétise le travail. Donc on est sur un bon rendez-vous !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie d’y participer ?
J’ai mon projet perso, je suis artiste, avec des albums, j’écris des chansons et, il y a à peu près 3 ans de cela, et même un peu plus maintenant, j’ai fait la rencontre de Shirley Monsarrat, la réalisatrice de ce film. Cette rencontre a provoqué, pour moi, un petit virage, en parallèle de mon travail, qui est d’écrire de la musique pour l’image. C’est un exercice que je n’avais jamais fait, j’ai adoré le faire, j’ai commencé par “Skam” avec Shirley, sur des épisodes assez courts. On a, ensuite, fait “L’intruse” il y a un an et demi maintenant, qui était dans un tout autre registre. Et puis, elle m’a proposé ce film, “On aboie en silence”, qui est, pour moi, une super expérience, parce que c’est une partie plus expérimentale, on va dire, de mon approche musicale, mais qui fait aussi partie de moi : j’ai fait les beaux arts, je fais de la pop musique dans mon travail perso mais la musique à l'image est, quelque chose, je pense, que j’ai toujours un peu porté, en fait. Donc, oui, c’est un peu une chance incroyable que d’avoir ce moyen-là de s’exprimer différemment. Et puis, c’est un travail peut-être plus introspectif, bizarrement, il y a quelque chose qui se fait un peu plus en silence et je crois que ça me va plutôt bien, en fait 🙂. J’aime bien jongler, en tout cas, entre mes projets et la musique à l’image. Là, c’est vrai que ce film a été particulier pour moi parce que la schizophrénie est un sujet complexe, pour lequel je ne suis pas touchée personnellement mais, effectivement, que j’ai pu expérimenter parfois, en étant au contact de gens schizophrènes. J’avais très peur de ne pas être à ma place ou de ne pas être juste dans la façon dont j’allais apporter une musique. Comment traduire cela à l’image, sans juste mettre des voix et être dans un cliché de l’idée qu’on pouvait se faire de la schizophrénie ? Donc c’était particulier mais c’est pour cela que j’ai voulu travailler avec ce qui s’appelle la synthèse granulaire, une synthèse qui décortique un son ou un extrait sonore. Du coup, ça permet d’exploser le son, d’en faire une autre manière, en fait de jongler avec du son et de rendre cette matière un peu multiple. Je trouve que c’était intéressant. Donc j’ai vraiment travaillé avec la voix des acteurs, avec la matière qu’on me mettait à disposition. En cela, je trouvais que ça faisait une continuité…
J’ai pris, en tout cas, énormément de plaisir à faire ce projet. C’était très expérimental pour moi d’aller sur ce terrain-là !
D’ailleurs, vous étiez-vous également renseignée sur ce sujet ?
Oui, je me suis renseignée. Shirley m’avait donné deux films à regarder, qui abordent la schizophrénie de manière totalement différente. J’ai trouvé cela très intéressant et, comme chaque personne atteinte ne va expérimenter les mêmes sensations, j’avais aussi envie de traduire ce qui me traversait à travers les témoignages et l’expérience que j’en avais faite. Je m’étais retrouvée en avion avec une femme enceinte en pleine crise de scyzophrénie, il y a quelques années de cela, je l’ai su à la toute fin, quand on est venu la chercher. Dans ses médicaments, il y avait un traitement qui, chimiquement, s’était transformé en vol et, en fait, j’ai été le bon sujet dans sa crise mais j’ai vu, dans ses yeux, des choses très profondes et très dures. J’ai été aidante, sur le moment mais ça a été très particulier comme expérience.
C’est vrai que je me suis nourrie de plein de choses mais, à un moment donné, je ne suis pas allée trop loin non plus, pour laisser la place à une forme de traduction, un peu, de ce que je ressentais par rapport à l’histoire aussi. Il y a la schizophrénie mais il y a également tout le domaine collatéral qu’il fallait traduire. Il y a des moments de douceur, des rires, il y a du chaos mais il y a plein d’autres choses aussi dans ce film. Donc, voilà, c’était montrer un spectre un peu large aussi à travers la musique !
Au moment de découvrir le rendu final, où le projet ne vous appartient presque plus, quelle a été votre réaction ?
Sur ce projet-là particulièrement, volontairement je n’ai pas assisté à toute la finalisation en montage. J’avais une bonne partie à disposition mais je n’ai pas tout vu et je n’ai pas tout regardé. Surtout les parties où il n’y avait pas de musique, pour lesquelles je n’avais pas forcément de raison de rentrer dedans. Je savais quelles scènes il y avait les unes après les autres mais je passais assez vite les images pour me prendre aussi un peu ce regard plus neuf sur le film à la toute fin. Déjà, cela me permet de me faire un petit état des lieux de à quoi je sers dans un film et de comment je peux rendre les choses plus puissantes, aider certaines scènes, parfois m’effacer aussi, parce que les silences sont très importants. Parfois, on veut en faire des caisses mais ça ne sert pas à grand-chose…J’ai vu plein de choses nouvelles en regardant le film, qu’il y avait beaucoup d’humour en fait et j’ai trouvé les réactions du public assez agréables. C’était un vrai shoot !
Ce qui est sûr, c’est que c’est toujours une expérience géniale. Même si on a été dans le processus, il y a plusieurs mois qui nous séparent de la finalisation du film donc, quoi qu’il en soit, on le voit toujours avec un regard différent.
Certainement avez-vous hâte, maintenant, de le partager avec le grand public ?
Bien sûr ! Je crois que c’est là où ça va se jouer…C’est-à-dire que ma famille suit de près mes projets, je sais qu’ils vont être au courant et que je vais avoir hâte de leurs retours. La télé a l’avantage de réunir beaucoup de monde d’un coup donc j’ai hâte de ce moment-là, oui. Notamment sur la musique, parce qu’en fait la relation que j’ai avec Shirley, et que j’ai eue aussi avec la production, c’est que personne ne m’a bridée du tout. Ce qui est une chance, parce que ce n’est pas le cas pour tous les compositeurs. Ils m’ont même encouragée à aller au bout de mes idées donc, parfois, ça va un peu loin dans les sons, c’est quand même assez radical et j’étais très heureuse qu’on me donne cette liberté-là parce que c’est là où je m’amuse, en fait. Donc j’espère que le public ne va pas se sentir un peu déstabilisé par certains sons ou certaines prises de risque.
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai sorti, en juin dernier, un nouveau titre, après trois ans sans ressortir de musiques personnelles. Mon dernier album datait de mars 2022. Après, il y a eu de petites collaborations mais, en fait, j’ai eu besoin, un peu, de me poser et la musique à l’image m’a beaucoup aidée pour cela, parce qu’elle m’a permis de continuer mon travail sous une autre forme, tout en étant très heureuse de le faire comme ça. Ça aide aussi à se concentrer sur son activité personnelle, donc, là, j’ai ressorti un titre et il y a un album qui se prépare. Je n’ai pas de date parce que je suis encore en écriture et en test de production. Je commence à m’entourer aussi d’autres artistes parce que j’ai très envie que cet album soit un peu plus collectif, avec des titres qui soient aussi le fruit de collaborations. Donc je suis en train de faire ça, c’est génial d’arriver à faire les deux, c’est une chance ! Voilà, ça se prépare !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2026 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour “On aboie en silence”, prochainement diffusé sur France 2. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de défendre un tel sujet ?
Grave ! Surtout avec Shirley, qui m’a invitée, avant, à la Maison Perchée, alors qu’elle n’était pas obligée. Ce n’était pas mon sujet, la schizophrénie mais c’est tellement intéressant de s’éduquer sur les troubles mentaux, j’étais trop contente ! Et puis, c’est un plaisir de travailler avec Shirley…
En tout cas, on vous sent tous très investis dans le sujet…
Grave ! Pour moi, c’est hyper important aussi que le sujet soit bien abordé, même si je n’ai aucun contrôle là-dessus. Je suis contente que ça en parle bien ! La mère de Marvin, qui a travaillé dans ce milieu pendant 30 ans, a trouvé que c’était hyper fidèle donc on est vraiment très très contents. On se dit que ça valait le coup de faire confiance à Shirley…
Vous vous étiez aussi renseignée sur les mots à employer, pour rester crédible à l’image…
Oui ! Et puis, rien que le fait qu’il y ait Lucille, qui est coprésidente de l’association, et qui est elle-même atteinte de schizophrénie, qui a été là pendant deux scènes du film, dont la scène de la pair-aidance, où Mina et Jérémy se rencontrent. Rien que parce qu’elle était là, je ne sais pas, tu as besoin de donner énormément de respect à ces personnes-là, de bien leur parler, qu’elles se sentent à l’aise et bien, en fait. Voilà, c’était hyper important pour moi et j’étais trop contente qu’elle soit là, on s’est bien marrées pendant le film, je voulais qu’elle soit à l’aise.
Moi, ça a été une opportunité personnelle de m’améliorer et, en plus, de me renseigner sur la maladie. C’était hyper intéressant ce que j’ai écouté, d’où ça vient. Après, pour chaque personne, c’est différent mais ça m’a appris vraiment des choses sur pourquoi tu devenais anorexique, que ça venait d’un manque de tenue de quand tu étais petit, que tu ne te sentais pas assez tenu. Je ne dis pas que c’est un truc général mais j’ai entendu cela, ça m’a touchée. Je me suis demandé pourquoi je ne suis pas devenue anorexique, alors que j’aurais pu. En fait, c’était hyper intéressant de savoir cela et de moi-même me questionner là-dessus parce que, aussi, pendant le tournage, je me suis dit, forcément, qu’il ne fallait pas que je trouve pourquoi, mais, du coup, je me suis dit que, bon, c’est un peu en contradiction avec ce que l’on défend, et je me suis demandé comment faire.
Je trouve que, quand tu joues un personnage qui est atteint de troubles, tu peux facilement, en fait, tomber dans ton personnage mais j’ai réussi à rattraper le coup. Il n’y a pas de TCA.
@ David Huitorel - Blacksheep - France Télévisions
Bonjour Brïllana,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
La série “Marimar & Les Cœurs brisés” est actuellement diffusée sur La 1ère. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ah oui, absolument ! C’est une grande fierté pour moi, en tant que jeune réunionnaise, de pouvoir participer à un projet pareil, surtout à une aussi grande échelle, au niveau national. Je suis très reconnaissante de ce très gros rôle que j’ai endossé sur la série.
On a aussi porté notre île au plus haut, on espère que ça va transpirer et transparaître à l’écran.
Ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting…
Totalement ! Pour être honnête, j’étais un petit peu stressée, je suis un petit bébé dans ce monde de l’audiovisuel. J’avais déjà eu la chance de tourner avec Yaëlle Trulès sur mon premier projet, c’était un plaisir et une immense fierté. Là, quand on m’a dit que j’allais tourner avec Séverine Ferrer, qui allait jouer ma mère, c’était quelque chose de fou à vivre. J’espérais que j’allais être à la hauteur des attentes mais aussi que j’allais bien être accueillie par cette petite famille. J’avais juste hâte de pouvoir tous les rencontrer et de faire un bout de chemin avec eux.
Avec Séverine, cela a été comme une évidence. Deux générations réunionnaises se sont croisées, c’était logique qu’on fasse un bout de chemin ensemble. On n’a pas choisi le lien que l’on a construit, on ne l’a pas forcé, il est né de tout ce qui se ressentait. Cela transpire à l’écran à travers Laurence et Marimar, elles s’effritent beaucoup mais, à la fin, leurs mains se relient, l’amour triomphe et il n’y a personne pour les séparer. C’est une relation mère - fille qui est assez forte et solide et je pense que beaucoup d’adolescents vont peut-être se reconnaître dans notre relation…
@ David Huitorel - Blacksheep - France Télévisions
…et de tourner dans des décors très agréables…
Oui ! Au-delà des paysages, de voir mon île racontée à travers une fiction et de pouvoir en faire partie était fou ! Je pense que si on n’avait pas tourné dans ces conditions-là, peut-être que le résultat n’aurait pas été le même. Idem pour l’énergie.
La diversité de La Réunion est représentée à l’écran et, sur le plateau, on sentait déjà cette énergie-là : on était entre comédiens réunionnais sur notre terre à nous donc, forcément, il y avait quelque chose de plus fort dans tout ça.
Quel regard avez-vous pu porter sur Marimar, votre personnage ?
Pour moi, Marimar est une jeune fille passionnée. C’est le mot qui la détermine ! Elle est passionnée par le cinéma mais, au-delà de ça, je pense qu’elle est surtout passionnée par les gens qu’elle aime. C’est une fille qui a énormément de choses à l’intérieur d’elle, elle est forte, elle aime inconditionnellement, elle pardonne toujours tout, elle est toujours là pour sa famille, c’est un peu le pilier. C’est un honneur, pour moi, d’avoir pu interpréter un personnage comme celui-ci, qui est assez fort et assez représentatif aussi des femmes de La Réunion, parce qu’on a une force extrême en nous 🙂. Celle de Marimar, c’est sa famille, et j’en suis trop fière !
Elle vous a permis de jouer une belle palette de couleurs ….
Ah oui ! La palette de jeu était complète. On avait le libre arbitre de donner vie à notre personnage. Dans le cadre de la télénovela, il y avait ces petites mimiques de visage, il fallait toujours aller à l’extrême au niveau émotionnel mais aussi dans nos mouvements. Nos personnages sont extrêmement vivants, extrêmement colorés, très pétillants, on s’est sentis vivant en les jouant. Personnellement, quand j’ai interprété Marimar, je me suis sentie aussi moi-même, parce qu’il y avait beaucoup de moi. J’ai eu la chance, et c’était le choix de la direction artistique, de garder mon accent kréol, c’est pour cela que je dis que ce personnage est profondément ancré à La Réunion, où j’ai grandi pendant 20 ans. Donc il y a un peu de moi dans Marimar et c’est ce que je trouve beau !
@ David Huitorel - Blacksheep - France Télévisions
Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous, d’ailleurs, eu encore d’autres sources particulières d’inspiration ?
Marimar intériorise beaucoup de choses négatives. Quand on la voit, il y a beaucoup de positivité autour d’elle : elle est là pour guider sa famille et la porter vers le haut, mais elle va laisser grandir en elle tout ce qui est plus sombre. Elle prend beaucoup sur elle mais, à la fin, et c’est ça qui est fou, quand elle n’en peut plus, elle lâche tout. On voit qu’elle peut aussi avoir des émotions un peu plus fortes et plus colériques. C’est une femme des îles et nous sommes un peu compliquées 🙂 donc, oui, il fallait lui apporter cette petite nuance de caractère et d’émotions.
Plus globalement, c’est un programme qui s’adresse à tous, chacun pouvant se retrouver dans l’un ou l’autre des personnages…
Totalement ! La série se base, pour moi, sur une chose qui est évidente, l’amour familial. Dans toutes les familles, on le sait, tout n’est pas parfait, il y a des relations qui sont compliquées, on ne se comprend pas toujours mais il reste quelque chose de très profond. Au-delà de tout ce que l’on peut vivre et de tout ce par quoi on passe, à la fin, il reste ce lien familial qui unit, et pour lequel on veut se battre. Le message est que la famille peut diviser mais qu’elle est surtout ce qui va nous porter au plus haut, ce qui nous rend plus fort à la fin. C’est pour cela que les téléspectateurs peuvent se reconnaître dans les personnages et peuvent s’y accrocher. Ce message familial est universel mais il reste profondément ancré et lié à nos racines.
Quels retours du public vous feraient particulièrement plaisir ?
Qu’on a pu leur apporter un peu de nous, un peu de tout ce que l’on a vécu sur ce tournage, qu’ils nous disent qu’on les a fait rêver, qu’ils ont découvert la série avec le cœur, parce qu’on ne l’a tournée qu’avec ça. Beaucoup de personnes disaient n’avoir jamais vu un tournage avec autant de bisous et de câlins. C’était hyper riche humainement, c’était hyper fort !
Les premiers retours me font très plaisir, les gens me disent qu’ils ont ri, qu’ils ont été touchés et qu’ils se sont reconnus dans nos personnages. Au fond, c’est aussi ce que l’on fait dans le cinéma, on cherche à transmettre une émotion chez quelqu’un et il n’y a rien de plus beau.
Bien sûr, j’aimerais qu’on me demande souvent quand arrivera la saison 2. On attend nous aussi 🙂…
@ David Huitorel - Blacksheep - France Télévisions
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour cette diffusion ?
Que la série fasse un bout de chemin dans le cœur des gens qui nous regardent et qui nous soutiennent. Même si c’est à destination surtout des jeunes, je vise aussi les gramounes, les anciens des Outre-mer qui, toute leur vie, ont regardé des télénovelas. Pour eux, ce sont les grands classiques du cinéma, puisqu’ils ont grandi avec ça et j’espère leur apporter une version un peu plus moderne. J’espère également qu’on pourra les accompagner, parce que je sais que certains n’ont plus vraiment de famille, et leur donner du sourire, de l’énergie, de l’amour. J'aimerais apporter aux téléspectateurs de la série autant que ce qu’elle nous a apporté.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez une belle actualité théâtrale. Vous êtes sur la scène du théâtre Montorgueil, dans “Mary-Jane”, chaque dimanche. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Clairement, c’est génial d’avoir cette opportunité-là ! C’est marrant, lorsque j’ai rencontré le metteur en scène, Jean-Baptiste Thomas Sertillanges, ma famille était aussi présente, car c’était suite à une représentation de mon autre pièce, “Le dindon”. En discutant avec lui, je comprends qu’il avait fait “Les sphères ennemies” et c’était fou, parce que ma grand-mère et ma tante avaient vu sa pièce et l’avait trouvée géniale. Comme j’ai une confiance aveugle en ma famille, je me suis dit “banco, il y a vraiment un truc à faire avec ce mec !”. C’est quelqu’un d’adorable et on a eu un feeling personnel qui est venu très vite. Il m’avait très bien pitché la pièce, je voyais très bien où il voulait en venir et, tout de suite, ça m’a donné envie de faire le projet.
Justement, avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?
On se situe dans le cerveau de Mary-Jane et on va voir les deux hémisphères, le droit et le gauche. Le premier est assez dans la passion, très fleur bleue, le deuxième est beaucoup plus terre-à-terre et carriériste. C’est un peu l’équivalent des petites voix que l’on a tous dans nos têtes, de : qu’est-ce qui se passe réellement, face à une situation extérieure, dans la tête de quelqu’un ? quel est le côté qui va être le plus important à ce moment-là et qui va prendre le dessus sur cette situation ?
Sans doute que la palette de jeu à défendre doit être très plaisante ?
En fait, c’est très large ! A la lecture, on se dit qu’elle est très cash, très expéditive, un peu antipathique, sauf que ce n’est absolument pas ce que l’on veut amener du personnage. Si on veut s’attacher à lui, on est obligé d’avoir une palette de jeu très large. Donc j’ai d’abord ce côté de “Il faut toujours avoir des objectifs et ne pas en dévier” et, en même temps, il y a des moments où il faut ajouter des couleurs de “J’adore ma partenaire de l’hémisphère gauche, c’est ma meilleure amie”. Il y a de la rêverie, de l'excitation, des moments de remise en question…Donc il y a énormément de choses à jouer, ce qui est super appréciable.
D’ailleurs, quelles peuvent être vos sources d’inspiration au moment de vous glisser dans sa peau ?
Il y a un parallèle d'abord à faire avec ma propre personnalité parce que ce que l’on a en commun seront des choses que je ne vais pas avoir besoin d’accentuer et s’il y a un côté du personnage que je n’ai absolument pas, il va falloir que j’aille travailler là-dedans. Gravitent autour des idées comme Maléfique à certains moments, un peu de Josiane Balasko, Jessica Rabbit, Florence Foresti... J'ai plusieurs inspirations que je convoque pour différents pans de personnalité de mon personnage.
A noter que vous connaissiez déjà votre partenaire de jeu, Dvie, mais dans un contexte différent…
Complètement ! On a monté “Le dindon” ensemble, on a fait les 5 premières représentations, sauf qu’on avait deux personnages qui ne se croisent jamais sur scène. Donc on travaillait ensemble mais on ne jouait pas ensemble. Finalement, je la retrouve sur cet autre projet et c’est un vrai plaisir de pouvoir enfin jouer avec elle. On travaille très bien ensemble et le fait de pouvoir partager la scène avec elle est quand même autre chose, c’est très agréable.
Quels premiers retours des spectateurs avez-vous déjà pu avoir ?
Les retours sont positifs, l’accueil est super agréable, les gens ont adoré, ils étaient plutôt touchés aussi…C’est une comédie mais il y a également des moments plutôt dramatiques, ce qui m’avait aussi attirée.
Ma famille est venue à la première, c’était l’une des premières fois où ils ne m’avaient pas faite répéter et où ils n’avaient pas trop d’informations sur ce qui allait se passer. D’avoir leurs retours positifs en direct a été très cool !
En parallèle, la pièce “Le dindon” poursuit son beau chemin, pour une quatrième salve de représentations, les jeudis soirs, au Darius Milhaud. Vous qui êtes l’une des deux porteuses du projet, certainement que cela doit vous faire particulièrement chaud au cœur ?
C’est super ! D’autant plus, qu’en réalité, nous n’avions pas cherché ces dates-là…On a déjà joué dans ce théâtre et, à la fin, la directrice, à force de refuser des spectateurs, nous a proposé de revenir à la rentrée. C’est super agréable d’y revenir. On se sent comme à la maison !
En quelques mots, comment présenter cette pièce ?
C’est un classique, c’est du Feydeau, donc ce sont vraiment des tromperies, des quiproquos, des renversements de situations, des personnages qui arrivent de partout et qui viennent mettre leur petit grain de sel dans l’histoire. Il y a trois personnages fil rouge, les Vatelin, et Pontagnac qui vient un peu bousculer leur vie à ce moment-là, courtisant Lucienne Vatelin, que j’interprète, et, là, vont se greffer sa femme, le meilleur ami, l’ex-amante…Cela va se monter en sauce ! On rigole beaucoup des situations, parce qu’elles sont assez improbables et, en fait, ces personnages hauts en couleurs sont très humains. C’est ce que j’adore dans cette mise en scène et dans cette pièce…On a tous quelque chose de l’un ou de l’autre et on se retrouve dans chaque personnage. A jouer, c’est génial !
Cette version 2026 de la pièce propose aussi des touches de modernité…
Oui, c’est important de le dire, toute la mise en scène est faite selon notre époque donc on est habillés comme on serait habillés aujourd’hui. On a coupé la pièce originale pour que ce soit un format plus digeste, de 1 heure et 40 minutes. On est dans des décors très modernes mais les textes ne bougent pas. Les situations sont jouées plus dans le 1er degré, ce qui apporte une modernité supplémentaire.
36 représentations avaient déjà eu lieu précédemment et sans doute qu’elles avaient été, pour vous, l’occasion d’affiner votre jeu…
Clairement ! On est plutôt rodés 🙂. Surtout que j’ai des partenaires de scène que je connais très bien maintenant. Donc, là, on arrive vraiment dans un moment de gros kif ! On a même envie de tenter d’autres choses, tout en restant dans la bonne lignée. C’est aussi comme cela que l’on arrive encore à surprendre nos partenaires, ce qui est super agréable !
Vous jouez chacun de ces deux spectacles une fois par semaine. Qu’est-ce que cela change, comparativement au fait de jouer un seul spectacle plusieurs jours de suite ?
C’est tout bête, ça joue sur l’organisation pure et dure. Ça a été beaucoup de travail en amont, surtout avec deux équipes différentes et deux manières de travailler. Mais c'est un boulevard d'amusement d'avoir ces deux beaux projets en parallèle, le travail est fait, maintenant c'est que du plaisir !
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour ces mois de représentations et au-delà ?
Ce qui serait cool, c’est que ça se prolonge et qu’on puisse aussi partir en province encore plus régulièrement ! On a envie de jouer, de défendre ces pièces et de les faire découvrir au plus grand nombre…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
La pièce “Ninie : les combats d’une génération”, dont vous êtes respectivement l’autrice et la metteuse en scène, est actuellement à l’affiche, chaque lundi soir, au Théâtre Montmartre Galabru. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ambre : Oui, c’est la folle aventure ! Tout ce travail, cette énergie, ce temps qu’on a mis dans ce projet se concrétisent enfin, ça se professionnalise. Elise a commencé à écrire la pièce il y a trois ans, il y a eu plein de chamboulements entre temps et ça fait à peine un an que l’on travaille avec l’équipe actuelle. On a eu seulement quelques mois de travail pour préparer le festival d’Avignon, donc c’était très rapide et intense. Nous avons fait complet tout le temps, des retours de spectateurs vraiment incroyables et émouvants, de toutes générations. C’est déjà un point fort de voir que l’on touche le public mais aussi des professionnels du milieu qui croient en nous comme Marina, la directrice artistique du Théâtre Montmartre Galabru, pour continuer l’aventure à Paris !
Elise : C’est vrai ! C’est une vraie réussite et c’est important de dire aussi que c’est le résultat d’un an de travail intensif. Je pense que ça a été une année très très challengeante pour nous deux parce l’autoproduction, c’est difficile. Il y a plein de compagnies émergentes qui se lancent et on ne se rend pas compte tant que l’on n’est pas dedans. Même les comédiens du collectif ne se rendent pas forcément compte de la charge de travail. C’est hyper challengeant mais on l’a fait et c’est hyper gratifiant de savoir qu’on s’est débrouillées toutes seules.
Ambre : Il faut aussi dire que l’on est très bien entourées, par nos proches, nos familles, nos amis, notre entourage…
Elise : …et par des gens du milieu, des régisseurs, des techniciens, des producteurs…
Ambre : …Sans oublier Charlotte, notre chargée de diffusion, et Nadir, notre attaché de presse.
Elise : Avec Ambre, on peut dire qu’on a fait les bons choix “stratégiques” pour avoir la bonne exposition. On est fières !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, Elise, comment sont venues l’envie et l’idée ?
Elise : Cela remonte à 2022, donc ça date. Dans notre école, les cours Acquaviva, il y a un concours, chaque année, d’écriture, de mise en scène et de jeu, où le but est de monter un projet. J’ai voulu écrire le mien, moi qui ai toujours aimé raconter des histoires et qui aimais bien les rédactions quand j’étais à l’école.
Deux années avant, j’avais perdu ma grande-tante, qui était un peu comme ma troisième grand-mère, elle qui n’avait pas eu d’enfant, après s’être faite avortée au cintre dans les années 50. J’ai toujours eu des figures féminines fortes autour de moi et c’est aussi mon parcours personnel que j’ai mis dans cette histoire. J’ai commencé à écrire et j’ai choisi les années 70, parce que je trouvais que c’était une période clé de la libération de la femme et parce que c’est un univers, au niveau de la mode, des couleurs et de la musique, qui me parlait beaucoup. Donc je me suis lancée là-dedans !
Ambre, qu’est-ce qui vous avait, de suite, plu dans ce projet ?
Ambre : Il faut savoir que je suis présente depuis le tout début, mais d’une autre manière. Initialement, j’avais candidaté pour un des rôles de la pièce, que je n’ai pas eu. Lors d’un nouveau casting, j’avais à nouveau candidaté, encore sans succès. A chaque fois, j’étais à deux doigts donc je n’ai pas abandonné l’affaire, tellement j’avais envie de participer à ce projet. J’ai alors été assistante mise en scène et c’est comme cela que j’ai vraiment découvert l’univers de la pièce. Puis j’ai pris la relève lorsque la metteuse en scène s’en est allée vers d’autres horizons, parce que je me sentais prête et que j’avais déjà une vision du projet. Surtout, c’est le projet de mon amie et les années 70 sont une période qui me parle énormément, parce que je suis passionnée de disco et de couleurs, mais aussi pour les combats menés par les femmes, les sujets portés qui me touchent personnellement et le sentiment de liberté que j’avais envie de défendre. C’est là qu’on s’est donné la main avec Elise !
Avec vos mots, plus concrètement, comment présenter la pièce ?
Elise : Nous sommes au moment de la loi Simone Veil, dans un contexte de grands débats et de grands changements. On suit une bande de potes, un peu à la “Friends” si on veut faire la comparaison, mais version années 70. Il y a des discordances, il y a des amours cachés, il y a des conflits fraternels, il y a plein de choses, parce que ce sont des personnes très différentes. C’est aussi comment vivre avec l’autre, quand on n’a pas les mêmes valeurs. Également comment se séparer des autres quand on n’a pas les mêmes valeurs. On aborde de grands thèmes sociétaux, ça parle d’avortement, de libération de la parole, de la place de la femme, d’emprise, de violences conjugales, d’homoséxualité, d’homophobie…Ca aborde plein de sujets, c’est un vrai tourbillon d’une heure et quart. Souvent, on nous dit que c’est très cinématographique et on adore, c’est ce que l’on essaie de créer et qu’on essaiera toujours de mettre dans nos projets.
Au début, on suit l’histoire de John et de Nicole, qui filent un amour plutôt parfait. Après, il va y avoir l’arrivée d’Annie, une militante du MLAC, qui va un peu chambouler tout ça…
Le terrain de jeu proposé, Ambre, pour la mise en scène, a certainement été très large…
Ambre : Totalement ! A la première lecture de la pièce, j’ai été inspirée par tout, par l’écriture d’Elise, ses mots et ses idées. Sa base m’a donc donné une piste d’exploration ! Ce que j’ai voulu, avec la mise en scène, c’est que tout le monde s’y retrouve, c’est-à-dire que les générations d’avant comme celles d’aujourd’hui se réunissent à travers cette pièce. Donc j’ai voulu apporter quelque chose d’assez moderne dans le mouvement, afin que ça bouge beaucoup. Il y a de la danse, les corps travaillent et s’entremêlent. Le côté cinématographique dont parlait Elise est très important pour moi parce que j’adore aussi mêler tous les arts. D’ailleurs, dans la pièce, on a aussi de la musique, avec Nicole qui joue de la guitare sur scène et avec une bande son présente tout du long. C’est évidemment très coloré, avec la proéminence du orange qui est la couleur des seventies, des fleurs, beaucoup de motifs et tout se passe autour de ce canapé, comme dans l’ambiance “Friends”. J’ai voulu que ce canapé soit “vivant”, qu’il soit un lieu de réconciliation, de dispute, de pleurs et de rires, bref qu’il s’y passe une ribambelle d’émotions.
Il y a quand même 6 comédiens au plateau, donc ça dépote. J’ai aussi vraiment voulu démarquer chaque personnage, avec sa manière d’être, de parler et de s’habiller. Chaque personnage a sa couleur et son style. Après, il y a également des duos dans le groupe…
Elise, vous êtes aussi comédienne sur le plateau. Un mot, peut-être, sur votre personnage ?
Elise : Je suis multi-casquettes, en effet et c’est vrai que ce n’est pas toujours évident mais j’apprends. Comme le disait Ambre, au moment d’écrire la pièce, j’ai ajouté énormément de didascalies parce que j’avais déjà la vision de beaucoup de choses. Donc c’était aussi un vrai exercice d’apprendre à travailler ensemble dans la collaboration artistique. Mais c’était chouette, on a la même vision sur plein de choses et c’était important que chacune trouve sa liberté là-dedans.
Mon personnage a beaucoup évolué depuis que j’ai commencé à l’écrire et je pense qu’il a évolué avec moi. Au début, elle était vraiment toute timide, limite elle n’existait pas, alors que c’est le personnage principal. Maintenant, c’est devenu une femme mais qui part un peu dans tous les sens, qui est complètement libérée et qui, en même temps, s’est enfermée, sans s’en rendre compte, dans une relation d’emprise. Elle aime prendre soin des gens qu’elle aime, elle n’aime pas blesser et donc elle se sacrifie un peu d’elle-même. J’adore ce personnage, elle est très intense, elle a cette envie de vivre et je pense que je l’ai beaucoup plus rapprochée de moi…
Ambre : C’est comme si le personnage avait grandi, qu’on était passé de l’adolescente à la jeune adulte, puis à l’adulte. Il y a vraiment eu plein de marches de gravies, que ce soit dans les émotions, dans la manière d’être, ou dans la manière de se comporter avec les autres personnages. C’est aussi grâce à l’équipe que l’on forme, on a vraiment quelque chose de solide et d’ancré. Je pense que c’est également ça qui t’a faite évoluer dans ton personnage.
Elise : Oui, je pense. Mais ce n’est pas facile parce que c’est un personnage qui vit des choses quand même assez dures donc de trouver le chemin n’a pas été évident. C’est même peut-être moi qui ai la plus galéré…
Ambre : Ah oui, c’est sûr, on a bien bien galéré mais c’était hyper intéressant comme travail, parce que c’est elle, en tant que personnage principal, qui porte tout sur ses épaules. On parle de sujets forts dans la pièce donc ce n’était pas facile mais on y est !
D’ailleurs, Elise, le fait d’avoir été à l’écriture puis d’être maintenant sur scène est-il un exercice évident ?
Elise : Franchement, ce n’est pas facile ! Se lancer là-dedans sans expérience a pu créer des tensions, comme il y en a dans tous les groupes. C’est sûr qu’il faut jongler entre différentes casquettes, écrire, produire, jouer, être en collaboration artistique à la mise en scène, et savoir où est sa place à chaque fois. C’est un travail que l’on fait encore aujourd’hui, à faire en sorte que chaque place soit respectée. Le plus compliquée pour moi, je pense, est le fait d’être productrice, parce qu'il y a des moments où je suis obligée d’être plus directive envers les comédiens qui sont aussi mes partenaires de jeu. En termes de challenge, c’est sûr que c’était le plus difficile !
Ambre, comment aviez-vous vécu les premières représentations ?
Ambre : Beaucoup de sentiments étaient mélangés ! En Avignon, j’étais présente dans la salle, à chaque représentation, au fond, comme une petite souris, à observer ces 6 comédiens. Chaque représentation était une nouveauté et était unique. Je suis quelqu’un de stressée au dernier moment, c’est là que je réalise. Il faut savoir que j’ai aussi droit à mon moment de lumière, puisque j’accueille le public au tout début, dans la première scène, à l’entrée de la boîte de nuit. Ce moment-là me mettait dans une euphorie hyper joyeuse mais, en même temps, je voyais le monde arriver et je me disais “Ouh là là, il y a tout ce monde qui va voir notre pièce…”. Après, j’étais hyper concentrée face à tout ce qui se passait sur scène et je prenais mes notes, pour faire mes retours. Cela a été beaucoup de pression mais, à un moment donné, j’ai réussi à lâcher prise et à me laisser totalement surprendre par l’émotion inverse, qui est justement d’être touchée par la pièce, comme une spectatrice, et à pleurer toutes les larmes de mon corps. C’est là que je me suis dit que le pari était réussi !
Ces émotions continuaient à la sortie, où je tenais un stand où les spectateurs pouvaient gagner plein de petits cadeaux. C’était un moment hyper important, qui me permettait d’échanger avec les spectateurs et d’avoir leurs retours sur la pièce. J’ai vu des femmes qui étaient en larmes, qui m’ont témoigné leur histoire…On avait de tout : des mamies qui militaient dans les années 70, des jeunes comme nous qui prenaient conscience de relations d’emprise…On a vraiment eu tous les cas de figure !
Elise : Les sorties de spectacle étaient très fortes ! Franchement, c’était super beau de voir tout ça et, même juste de se dire qu’en à peine 19 représentations, on a déjà pu impacter la vie de certaines personnes, était très très fort. Je pense que le public l’a senti et que les pros qui sont venus l’ont senti également. Là, on est au TMG mais il y a plein de choses derrière qui sont en préparation. On travaille pour que cette pièce soit vue et entendue par une large audience.
Le fait de jouer une fois par semaine change-t-il quelque chose, comparativement à des représentations quotidiennes en Avignon, dans la façon d’aborder la pièce ?
Ambre : C’est une autre dynamique, en effet, c’est moins le marathon théâtral mais je pense que c’est plus un laboratoire d’expérience et un rendez-vous pour nous, le collectif, avec le public. On a prévu de réécrire des scènes, d’en rajouter, de bouger aussi la mise en scène, et c’est un autre challenge que d’être à Paris. Le festival d’Avignon est vraiment une planète artistique, tout le monde est là pour l’art, donc il y a beaucoup de concurrence mais les gens sont là pour ça. A Paris, les gens sont dans leur quotidien, donc il faut plus aller les chercher.
Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette aventure naissante ?
Elise : Déjà du succès au TMG, c’est important ! Je pense que ce lieu peut nous apporter de la visibilité, c’est un rendez-vous hebdomadaire qui va durer jusqu’à la fin de l’année, ce qui laisse le temps de venir nous voir. S’il y a du succès, on prolongera peut-être…On aura peut-être également une autre exploitation au printemps, à Paris, avant le festival d’Avignon 2027.
Ambre : Sans oublier une tournée provinciale, puisqu’Elise vient de Normandie et moi de Lyon. On aimerait notamment jouer sur nos terres natales et même vadrouiller sur les routes de France.
Elise : Et aussi, on a la chance d’être accompagnés en co-production depuis peu par A360 production, ce qui nous ouvre un champ des possibles qu’on n’avait pas avant, pour la suite. Donc je pense qu’on peut nous souhaiter une belle collaboration avec Patrice, qui a vraiment l’envie de nous donner les moyens de nos ambitions.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Ambre : Avec Elise, nous avons écrit une pièce de théâtre, “Myosotis”. On a la V1, on va se repencher dessus, après l’avoir laissée au chaud pendant un an. On aimerait développer ce spectacle, dans lequel je jouerais et qu’Elise mettra en scène.
Elise : Je pense qu’une autre pièce viendra encore après, sur trois époques différentes, et qui sera vraiment un chaos total. J’ai envie de faire de l’absurde et de partir dans du rock et punk, pour que ça explose devant les spectateurs, à se demander ce qui se passe.
Le but du collectif est aussi que chacun ait sa place pour développer ses projets, parce qu’on est tous comédiens mais aussi auteurs ou metteurs en scène. Il y aura aussi de l’audiovisuel, je vais réaliser un Nikon cette année, dans lequel Ambre jouera. On aura également sûrement d’autres projets de séries pour les plateformes. Le collectif va donc continuer à s’étendre…On est un vrai collectif artistique, au sens large…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2026 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour “Au sein des autres”, programme à venir sur France 2, que vous avez réalisé. A titre personnel, sans doute êtes-vous, du coup, très heureuse d’être présente ici ?
Oui, mais j’ai du mal à dire à titre personnel, j’ai envie de dire à titre collectif, parce que c’est vraiment un film que l’on a fait en collectivité. Dès le départ, il y a deux autrices qui sont à l’origine de ce projet, il y a un groupe de producteurs, il y a une équipe technique incroyable et une équipe de comédiens incroyable. J’ai vraiment l’impression que l’on a fait ce film ensemble donc ma plus grande joie était de l’annoncer à l’équipe. On était encore en post production quand on a su qu’on était sélectionnés et j’ai pu directement dire aux gens “Voilà, on a fait tout ça, ça a été intense, parce qu’on a eu très peu de temps pour faire le film, et ce sera montré en septembre, puis diffusé en octobre. On a fait tout ça pour le donner aux gens très très bientôt”. C’était très agréable !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, quelles principales raisons vous avaient donné l’envie d’y participer ?
Le scénario ! En fait, ça s’est fait très vite…J’ai reçu le scénario il y a 9 mois donc j’ai eu une petite grossesse, là, avec ce film 🙂. En fait, je sortais d’avoir tourné “Nourrices”, une série aussi diffusée ici, que j’ai coréalisée, et sur laquelle je venais de passer 7 mois. Je suis belge, je vis à Bruxelles, je venais de passer 7 mois en France, je rentrais enfin chez moi, auprès de mon fils, de mon compagnon et de mes beaux-enfants, en leur disant que, non, je ne repartais pas en tournage tout de suite. Et puis, on m’a appelée, j’ai lu le scénario en une heure et j’ai eu envie de repartir tout de suite, parce que cette histoire m’a tellement plu. Je pense que ça nous fait ça à tous, ça venait réveiller des choses que j’avais envie de creuser.
J’ai deux amies qui ont eu des cancers du sein très jeunes et je me rends compte que le dialogue n’a pas été possible à ce moment-là. J’étais jeune, je n’ai pas réussi à comprendre ce qu’elles traversaient et peut-être que je n’ai pas osé leur poser de questions. Grâce à ce film, j’ai pu leur reparler, j’ai pu les impliquer dans le projet aussi et j’ai l’impression que, humainement, ça venait répondre à quelque chose où j’avais peut-être besoin d’en reparler. Le scénario était tellement bien que je me suis dit qu’en fait, je voulais le faire. C’était dans deux mois, de nouveau en France, il fallait repartir mais j’ai dit oui.
Pendant ces deux mois, avez-vous eu une méthodologie particulière de préparation ?
Oui, mais ça a été dans un temps très court…On avait deux mois pour se préparer, j’ai tendance à être très bosseuse et à normalement beaucoup préparer les choses. Comme j’écris, souvent je tourne des projets que j’ai écrits ou coécrits mais, là, j’étais plongée dans quelque chose et on avait deux mois pour se préparer. C’est vrai que Sofia Essaidi, qui joue Nour, a ce même syndrôme que moi de la bonne élève et de vouloir être préparée. On se disait “Ok, on a deux mois, qu’est-ce que l’on fait ?” et on a lu, on a échangé, on a rencontré, on a parlé et on n’a pas arrêté de communiquer entre nous sur ce que les gens nous apportaient. Et même encore au tournage…En fait, c’est un travail qui a continué : chaque jour de tournage était chargé du précédent et des gens qui venaient tourner avec nous. Il y a pas mal de femmes qui ont tourné dans le film pas mal de petits rôles qui, elles mêmes, ont eu le cancer du sein. A chaque fois, on se parlait, pour qu’elles nous racontent : c’était quoi leur expérience, qu’est-ce qu’elles ont retenu, une phrase qu’on leur a dite, …Tout cela a nourri tous les jours, au fur et à mesure, jusqu’au bout, en fait. On s’est plongés dedans, on n’avait que deux mois mais on voulait faire ça le mieux possible, on voulait rendre justice donc il fallait qu’on prenne et qu’on se nourrisse de tout ce qui était possible.
Sur le plateau, quel regard avez-vous voulu porter sur ce projet ?
Je voulais que ce soit humain et qu’on filme de vrais êtres humains. En fait, je laisse beaucoup de place à la recherche, à l’improvisation, au fait qu’on puisse bouger un petit peu, et c’était en collaboration avec les deux autrices. Je leur ai dit que je risquais de changer des dialogues, de changer des mots, de déplacer la scène, parce qu’il faut qu’on aille à l’endroit de la justesse. Comme tous les comédiens se sont énormément investis, tout le monde apportait énormément. Donc, parfois, on faisait la scène comme elle était écrite, parfois on improvisait. Quasiment tous les jours, on s’est retrouvés pour travailler les scènes du lendemain et se dire, par rapport à ce que l’on savait maintenant du personnage, par rapport à ce que l’on avait tourné, ce que l’on pouvait apporter, qui n’avait pas encore été dit ou ressenti. Donc, en fait, c’était du travail permanent, on était tout le temps en recherche avec, parfois, des prises très différentes pour que je puisse voir, ensuite, au montage, ce qui serait juste à ce moment-là. Parfois, les scènes se déplacent au montage donc il fallait qu’on soit justes par rapport à leur parcours, à l’évolution de cette amitié, à leur rapport, chacun, à la maladie. Parfois, on faisait différentes versions, ne sachant pas ce que l’on allait garder mais pour trouver, au montage, la bonne étape, l’endroit où ils sont dans leurs parcours.
Voilà, je laisse beaucoup les gens apporter des choses, que ce soit l’équipe ou les comédiens. Je trouve que l’on est plus intelligents ensemble que tout seul, je ne sais pas mieux que les autres donc tout ce que tout le monde peut m’apporter va enrichir le film.
L’histoire montre notamment que le cancer du sein n’arrive pas forcément qu’aux femmes…
Oui ! Je trouvais cela très bien écrit, je reviens toujours au scénario mais je trouvais que, justement, ce n’était pas pédagogique ou informatif. J’ai lu une histoire d'amitié comme j’en avais rarement lue, j’ai ri, j’ai été émue, je me suis dit “Génial si on arrive à rendre tout ça mais, derrière, voilà tout ce que l’on dit aux gens”. On les informe aussi et il y a, avec ce film, une vraie mission de service public, de prévention, de participer à une prévention et au fait que le cancer du sein devienne quelque chose de beaucoup moins grave, de pris beaucoup plus tôt, de beaucoup mieux gérer médicalement. Le personnel médical est incroyable, c’est juste qu’il y a encore trop peu de prévention….Je suis étonnée de voir à quel point les hommes ne savent pas que ça les concerne ! Moi, je ne le savais pas non plus il y a un an et donc, si on peut, en divertissant les gens et en leur donnant de l’émotion, en plus les informer, c’est génial !
Cette aventure a-t-elle changé votre vision du sujet ?
Je pense que ça m’a fait voir pas mal de parcours différents et pas mal de manières de réagir. Je peux avoir cette chose, dans la vie, un peu comme Nour, d’être un peu fermée, un peu à vouloir faire toute seule mais le film dit que l’on ne fait rien tout seul, qu’il faut se faire aider et que c’est important de se faire aider. Humainement, c’est quelque chose qui m’a marquée et que je garde…Étant très inquiète dans la vie, les films, en fait, ne viennent pas par hasard, ils viennent nous faire traverser des choses dont on a peur. Je pense toujours que, plus on sait quelque chose, moins on en a peur. Le fait d’avoir traversé cela, j’en ai moins peur maintenant, je me sens plus armée, que ce soit si ça m’arrive à moi ou à mes proches, pour affronter cela que je ne l’étais avant.
On vous imagine, maintenant, impatiente de la diffusion au grand public et curieuse des réactions ?
Oui, oui, très ! Il y a cette impatience et cette envie de rendre, et de se dire que, maintenant, le film est à tout le monde. On l’a fait collectivement, on l’offre et j’espère qu’il va toucher, qu’il va appartenir aux gens. C’est un film qui laisse la place aux gens, il y a suffisamment de personnages pour que l’on puisse se reconnaître et trouver sa porte d’entrée, donc je suis impatiente qu’il appartienne aux gens, en fait. Quand on fait de la télévision, on débarque chez les gens, dans leur intimité, et ça devient leur histoire et leurs personnages, donc je suis impatiente de ça, oui !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2026 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour “Au sein des autres”, téléfilm que vous avez coécrit et qui sera prochainement diffusé sur France 2. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
C’est presque surréaliste, en fait ! Surtout depuis hier, avec l’avant-première et les réactions que l’on a eues après…Oui, je plane un petit peu, c’est très très agréable !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, d’où vous est venue l’idée ?
Je suis à l’initiative du projet, la vie a fait que je suis passée par la case cancer. Cela m’a donné l’occasion de rencontrer un homme, qui était dans les locaux de chimio, avec moi, à Bruxelles, en Belgique, et qui m’a annoncé qu’il avait le cancer du sein. J’avoue, j’ai dû avoir un petit rictus ou une réactions étonnée. On a commencé à parler de ça, il m’a dit que, oui, effectivement, il aurait préféré avoir un cancer en-dessous de la ceinture, ça aurait fait plus sérieux et que, de fait, quand il annonçait un cancer du sein chez l’homme, souvent les premières réactions étaient la blague ou l’incrédulité. Au départ, je me suis dit que c’est dur : déjà, l’annoncer est très difficile, on minimise, parfois, le fait que, quand une personne annonce qu’elle a un cancer, c’est extrêmement difficile, parce qu’on se reprend en pleine face la peur de l’autre. On change, on n’est plus la même personne, on n’est plus qui on était, on fait un switch, quand on annonce à quelqu’un que l’on a un cancer. Ici, il y a ce switch et non pas de la moquerie ni de la bêtise, mais un peu d’ignorance. Très vite, je me suis dit que c’était intéressant à travailler…
C’est vrai que j’avais besoin d’occuper mon esprit parce que je n’avais pas forcément envie de penser à ce qu’il se passait, j’étais aussi dans une grande phase de déni. Donc, assez rapidement, ça m’a intéressée de travailler sur cette histoire d’un homme. A la base, il était encore plus macho, je l’avais vraiment poussé chez les masculinistes, je m’étais amusée…C’était l’histoire d’un homme qui, très vite, était dans un côté vélo parce qu’en Belgique, on a quand même une histoire cycliste assez importante et qui n’assumait pas ce cancer dit féminin, et qui assumait encore moins d’en parler dans son entourage. Cette idée-là est venue très très vite et c’est vrai que j’ai beaucoup travaillé pendant ce que j’appelais mon “bureau du vendredi”, à savoir ma chimio du vendredi. J’en parlais beaucoup avec mon oncologue, qui trouvait cela très drôle et qui m’a mise en contact avec pas mal d’hommes qui ont nourri vraiment ma réflexion. Et puis, assez vite, je trouvais intéressant l’homme à sein et, finalement, une femme sans sein, qui subit une masectomie. En fait, ça a fait un chassé-croisé entre ces deux personnes aux antipodes l’une de l’autre, qui se retrouvent avec des corps complètement à l’antithèse de ce que l’on attend d’un homme et d’une femme. Cela a été très très vite une histoire d’amitié, j’avoue que je déteste les comédies romantiques, ce n’est pas mon truc et puis, surtout, ce n’était pas le sujet. Voilà comment est née l’histoire…
Plus personnellement, le fait de vous replonger, pour ce projet, dans cette histoire personnelle compliquée, a-t-il été évident ?
En fait, ça a été très particulier parce qu’en fait, exactement comme Sofia dans le film, j’étais dans un long tunnel de déni total. Donc il y avait les malades et il y avait moi, j’étais sur mon ordinateur, je travaillais et j’étais juste dans un bureau comme un autre. C’est vrai que ça m’a permis d’écrire la structure de base du film, avec la froideur de ce que nécessite une structure. Et puis, sur le côté, j’écrivais un peu mon journal de bord, qui me faisait beaucoup de bien. J’étais en écriture automatique, à me dire que, de toute façon, ça ne serait jamais lu. Je me dégageais de la lourdeur…Après, quand j’ai commencé à faire lire ma première ébauche, c’est vrai que le producteur m’a dit “Maintenant, il faut que tu donnes du tien” et ça, ça a été dur parce qu’en fait, j’ai repris ce petit carnet de bord, ce qui n’était pas simple parce que je ne l’avais pas relu. Mais ça m’a permis de créer surtout le personnage de Nour, avec vraiment tous les questionnements que je me posais et qui sortaient à chaud. Donc, en fait, il m’a fallu, à un moment, casser la carapace pour créer un personnage qui était honnête. Cette honnêteté rendait, en fait, loyauté à toutes les personnes qui passaient par là…Et puis, je pense que j’ai refait un petit déni !
J’avoue que, hier, en le voyant sur grand écran, oui, c’était un vrai vrai moment où, là, je pense que j’ai conscientisé ce par quoi j’étais passée. Mais je suis tellement ravie ravie et ravie de ce film, parce qu’il est d’une telle justesse. Vania a réussi à mettre l’émotion exactement où elle se trouvait, sans pathos, sans exagération, la justesse est là et c’est le plus important.
Quels retours avez-vous pu capter ou entendre pendant et après la projection ?
J’avoue que je suis restée un peu sonnée, après, pendant un petit temps. J’ai beaucoup de gens qui sont venus me trouver après, qui étaient en pleurs, vraiment les larmes au bord des yeux, en me disant “Merci, merci, merci”. Cela m’a beaucoup touchée ! Plus qu’un mot, les gens me disaient “Pffff” donc, oui, je suis très très très contente que ça fasse cette émotion-là.
On vous imagine impatiente de pouvoir le proposer au grand public et curieuse des réactions ?
Bien sûr ! Je n’essaie pas de ne pas y penser mais c’est encore très neuf, ce sont encore beaucoup d’émotions qui viennent en une fois mais j’avoue que je n’ai pas envie de commencer à penser à la diffusion, parce que je vais penser aux audiences. Là, aujourd’hui, j’ai juste envie de profiter de ce film, dont les échos, que je reçois à gauche et à droite, m’ont vraiment touchée. Pour l’instant, je reste dans ma petite bulle, où tout va bien. En tout cas, je serai très fière, à un moment, de pouvoir le partager et de dire “Les amis, regardez !” mais, pour l’instant, je profite du “tout va bien”, ce qui est important aussi.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Ma casquette première est la jeunesse et l’animation. Là, je travaille toujours énormément sur des séries. Actuellement, je suis sur une série pour TF1 / Netflix mais c’est vrai que j’ai vraiment pris goût à ce que j’appelle pompeusement la dramédie médicale. Pour la petite histoire, je suis fille de médecins, de part et d’autre, et je pense que je n’ai pas fait d’études de médecine par rébellion un peu idiote de jeunesse. Mais, souvent, et surtout pendant ma maladie, j’ai trouvé ce métier tellement beau parce qu’il avait du sens…D’écrire sur le médical en essayent vraiment de remettre l’importance géante du corps médical me fait un bien fou et donc, là, je suis sur l’écriture de ma nouvelle dramédie médicale, qui sera vraiment dans la même atmosphère. C’est un sujet médical vrai mais polémique, où le but est de perturber monsieur et madame tout le monde, avec une réalité médicale à laquelle ils ne s’attendaient pas du tout, et où il faudra qu’ils trouvent la moins mauvaise solution pour garder leur humanité profonde. Voilà…La suite, je l’espère, à une prochaine édition …
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver prochainement dans “Au sein des autres”. On imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à cette belle aventure ?
Oui, ça a été un tournage très intense, sur un sujet très important. Je suis très honorée d’avoir pu endosser ce rôle-là et de parler de ce sujet à la télévision.
Quels retours vous feraient plaisir de la part des téléspectateurs ?
J’espère qu’ils iront se faire dépister un peu plus tôt que ce qu’ils avaient prévu. C’est vraiment, pour moi, le message très important ! On peut attraper un cancer du sein très jeune donc, moi, c’est ce qui m’a vraiment bouleversée pendant le tournage. Et puis, peut-être, de comprendre un petit peu la solitude et la difficulté de certains proches des malades. Ce serait bien…
On sent que c’est un sujet qui vous tient particulièrement à cœur…
J’ai connu le cancer de très très près, j’ai été aidante de très près donc, oui, c’est vrai que, malheureusement, je connais le cancer d’un peu trop près. Après, je ne l’ai pas eu, je m’estime très chanceuse mais c’est vrai que je le connais très très bien…
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette diffusion à venir ?
Qu’il y ait le plus de monde qui regarde ce très beau film parce que c’est une équipe extraordinaire et une réalisatrice hors pair, qui a merveilleusement bien travaillé sur ce film.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
La quotidienne de TF1 “Ici tout commence”, dont vous êtes l’une des productrices, poursuit son beau chemin, avec un succès d’audiences qui ne se dément pas, chaque soir. Cela vous fait, on peut l’imaginer, particulièrement plaisir ?
Oui, on est très heureux ! C’est vraiment très important pour nous de voir le retour du public et de voir aussi les chiffres d’audiences, cela fait plaisir ! Après, ITC est vraiment une aventure collective, on est nombreux, il y a plus de 200 personnes qui travaillent chaque semaine pour créer, tourner, monter et livrer les épisodes. Donc, oui, c’est vraiment chouette ! En tout cas, c’est toujours agréable de travailler sur une série dont on sait que les téléspectateurs sont présents, sont nombreux et ont beaucoup d’attente. Et puis, même, on les voit à Saint-Laurent-d'Aigouze, devant le château, ils sont toujours là, c’est assez chaleureux de les avoir à nos côtés !
D’ailleurs, parmis tous les retours que vous pouvez avoir, lesquels vous font particulièrement plaisir ?
Ce qui fait plaisir, c’est vraiment quand on nous dit “Ah là là, ça me fait du bien, après ma journée, surtout en ce moment, dans un contexte très anxiogène et incertain”. Donc c’est un peu une manière, pour les gens, je pense, de s’évader et d’avoir un petit peu de positif dans la journée. Cela fait toujours plaisir, pour les équipes et pour les comédiens, d’avoir ce genre de retours…On sait que, pendant une demi-heure, on apporte un peu de joie et de bonheur, on permet aux gens de s’évader.
Un an après l’arrivée de l'hôtel Jourdain, quel bilan en faites-vous ?
On est très heureux d’avoir ce nouveau décor ! C’est vrai que ça vient aussi amplifier la valeur de l’institut, les élèves peuvent aller à l’hôtel Jourdain découvrir de nouveaux métiers, ça a également créé une nouvelle famille, il y a plus de rivalités, plus d’obstacles, plus de problèmes. Et puis, c’est un décor qui est très beau à l’image, qui offre plein de possibilités, nos réalisatrices et réalisateurs adorent aussi tourner là-bas donc, pour nous, ce n’est que du positif.
La nouvelle promo vient d’arriver à l’institut, c’est une nouvelle fois l’occasion de renouveler et de renforcer le casting…
Oui, oui, c’est très important pour nous parce que ça nous aide aussi, je pense, à renouveler l’attrait de la série, puisqu’à chaque rentrée, on a de nouveaux personnages. C’est un travail qui prend beaucoup de temps avec les auteurs et qui demande beaucoup d’échanges aussi avec les équipes de la fiction de TF1, donc c’est un travail qui est toujours très intéressant et très formateur. Du coup, on essaie toujours d’imaginer quels sont les personnages qui nous manqueraient et ceux qu’on aimerait avoir. On repère aussi, au cours de l’année, des comédiens et comédiennes dont on se dit que ce pourrait être un bon profil pour leur proposer de passer des essais et d’intégrer l’institut Auguste Armand. C’est vraiment chouette !
Cette année, on a beaucoup de chance avec cette nouvelle promo ! On a des comédiens très jeunes, comme Mattias, qui joue le rôle de Félix, qui a 19 ans, mais aussi des comédiens qui ont plus d’expérience. Donc c’est chouette de les voir arriver, découvrir le château et notre manière de fonctionner, qui peut impressionner, au début, parce qu’on rentre quand même dans une famille que l’on ne connaît pas et qui nécessite donc un petit moment d’adaptation. Là, on est très heureux, parce que tout se passe très bien, ils ont l’air très épanouis. J’espère que les téléspectateurs sont aussi heureux et qu’ils ont déjà des petits chouchous 🙂. Oui, c’est vraiment chouette !
D’ailleurs, cette année a offert la possibilité à des élèves moins issus du milieu de rejoindre l’école…
C’était important ! Il y a beaucoup de gens qui sont en reconversion professionnelle ou qui sont partis dans une voie mais qui, finalement, regrettent. Cette nouveauté a un peu bousculé le concours mais ça permet aussi d’avoir des personnages un peu différents, en termes d’âges aussi. Oui, c’était chouette, c’est une bonne idée des auteurs et de notre directeur de collection, d’avoir proposé ça. Cela marche très bien, je trouve, à l’image, dans les épisodes.
Il y a quelques jours avait été diffusé le déjeuner des ALUMNI, avec 4 représentants de la promo 2020…
Je pense que c’est aussi une récompense pour les téléspectateurs qui nous suivent depuis le début, qui sont attachés aux personnages. Il y en a qui ont quitté la série et je pense que c’est toujours agréable de les retrouver, de voir qu’ils ont évolué, que certains ont fait aussi d’autres choses. Pour nous, c’est important, également, de remercier nos téléspectateurs fidèles depuis le départ, et ça permet aussi à ceux qui nous ont rejoint en cours de saison, de découvrir les anciens. En tout cas, on était très heureux de les accueillir pendant ce tournage !
Actuellement, Hector est directeur, par intérim, de l’institut et sa personnalité apporte encore autre chose…
Oui, c’était notre volonté aussi de montrer une autre facette d’un directeur, qui a une approche peut-être plus empathique et plus douce. Teyssier reste le directeur emblématique mais lui a une approche qui est peut-être plus cinglante et plus sévère. Donc c’est bien, aussi, de montrer différentes facettes. Je trouve ça hyper intéressant, quand ils s’affrontent tous les deux dans leur manière d’appréhender l’enseignement, parce que ça confronte deux points de vue. Il n’y en a pas un qui est meilleur que l’autre mais je pense qu’ils sont très complémentaires.
Il y a un attachement très fort, quand même, à Teyssier et, en même temps, il est parfois dur et sévère mais c’est vrai qu’on l’aime comme il est…Donc, quand il n’est pas là, il y a un petit manque. C’est assez touchant, aussi, de voir à quel point on a mis en scène le fait que les élèves avaient, pour lui, beaucoup d’empathie, qu’ils s’inquiétaient beaucoup pour sa santé. C’est vrai que ce qui s’est passé est assez violent, parce que recevoir un coup de couteau n’est pas banal, donc, derrière, ça a déclenché aussi plein de messages d’amour et de tendresse qui sont chouettes.
Parmi les anciens élèves de l’institut, Enzo a pris la suite de “L’annexe”, dans un décor renouvelé, qui va sans doute apporter d’autres opportunités encore…
Oui, c’est vraiment l’endroit où les élèves aiment se retrouver et s’y détendre. On a beaucoup d’intrigues comédie, Enzo est un personnage porteur de comédie aussi et il a également toute une intrigue amoureuse, parce qu’il a des sentiments pour Thelma qu’il a du mal à avouer et à mettre au grand jour. Quand il va voir que Nils lui a un peu volé la place, on a tout un triangle amoureux qui marche super bien. C’est un décor, aussi, qui est très agréable, on l’a un peu repimpé. On aura également une petite fête pour Halloween dans ce décor-là, il va se passer plein de choses…Certainement la fête aussi du jour de l’an donc c’est un décor qu’on aime beaucoup !
L’une des forces du programme est aussi d’évoquer des sujets variés, pour s’adresser à tous les téléspectateurs…
Oui, oui ! Déjà, il y a beaucoup de soap, parce que c’est un peu notre coeur de cible, donc beaucoup d’histoires d’amour, d’amitié, de trahison, mais aussi des sujets de société, qui parlent à nos téléspectateurs et à plusieurs générations. On entend aussi beaucoup dire que, parmi les téléspectateurs, il y a des grands-parents qui regardent avec leurs petits enfants et qui, du coup, découvrent des choses. Cela permet aussi d’aborder des sujets en famille, que l’on n’aborderait pas forcément de manière frontale. Le fait que ce soit abordé dans une série leur permet, après, d’échanger et d’avoir différents points de vue, pour ouvrir la discussion. C’est vrai qu’en ce moment, dans les familles, peut-être que chacun regarde sa série de son côté, que tout le monde est un peu dans son coin donc d’avoir une série qui rassemble est toujours important, je trouve.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle saison qui démarre ?
On a fêté le 1 500è épisode il n’y a pas très longtemps, avant l’été, donc on se souhaite encore autant d’épisodes à venir, si ce n’est plus 🙂. Ainsi que beaucoup d’intrigues très prenantes, beaucoup de soap, d’histoires d’amour et d’aventure, avec, évidemment, plein d’obstacles qui vont venir les joncher. En tout cas, oui, on est tous très attachés à la série, à l’institut Auguste Armand donc on espère toujours faire découvrir de nouvelles intrigues à nos téléspectateurs, les surprendre, et essayer de nous surprendre nous-même, en créant des nouveaux personnages et de nouvelles intrigues. Toujours avec beaucoup de bienveillance, d’amour, de gastronomie et de gourmandises à partager 🙂.
Visuellement, c’est vrai que la cuisine a une place importante, pour donner de l'appétit aux téléspectateurs…
Oui ! On a la chance d’avoir une équipe culinaire qui est très engagée et très investie. C’est vrai qu’à l’image, c’est hyper payant parce que ça donne envie de cuisiner, ça donne envie de goûter, c’est très gourmand, très graphique aussi. On aborde également toute une partie plus technique de la cuisine parce que c’est vraiment un art. La gastronomie est quelque chose, je pense, de très important pour les français. Dans les familles, c’est un moment de partage donc on espère aussi que, via ITC, ils passent un moment ensemble. Derrière, ça peut aussi donner l’envie à certains jeunes de se lancer dans l’aventure. C’est une voie qui est difficile et très exigeante mais, en tout cas, qui est très satisfaisante et épanouissante pour beaucoup d’entre eux. Et puis, on a des comédiens et comédiennes qui se mettent aussi à la cuisine, donc ça fait plaisir. A force de les coacher, ils ont envie aussi de réitérer l’expérience quand ils sont dans le cercle familial donc c’est chouette. On a d’ailleurs un comédien qui est devenu cuisinier : Clément Remiens, le personnage de Maxime, a ouvert un corner à Sète, dans la halle. J’y suis allé, il fait plein de petites spécialités qui sont vraiment délicieuses, je vous conseille d’y aller !