En dehors de ma passion pour mon métier d'ingénieur, je suis également intéressé par les médias auxquels je consacre ce blog pour mettre en avant mes coups de cœur artistiques.
Aussi, au travers d'interviews exclusives, j'aime à partager l'actualité, les projets et les envies d'animateurs de télévision, de journalistes de radio, de comédiens de théâtre et de musiciens.
C'est aussi l'occasion de mieux comprendre leur organisation de travail ainsi que les coulisses de leur métier.
Retrouvez ainsi tout au long de ce blog les entretiens que j'ai pu mener par passion, mais aussi avec plaisir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une artiste aux multiples cordes, on aura l’occasion de l’évoquer. Si l’on revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion pour l’artistique ?
Je crois que j’ai toujours voulu faire cela depuis enfant. Mes parents m’avaient inscrite à un cours de théâtre et j’ai eu comme une espèce de révélation, j’ai su que ce serait mon métier.
Etudiante, j’ai fait un DEA d’anglais et, en 1ère année de master, j’ai travaillé sur l’adaptation de Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee ; j’ai comparé le film et la pièce. L’année suivante, j’ai travaillé sur l’esthétique des comédies musicales de Bob Fosse. En plus, j’allais aux Cours Simon donc j’ai eu une espèce de parcours à la fois universitaire, où j’ai adoré travailler la dramaturgie, la théâtralité, l’esthétique des films, et j’ai parallèlement appris le métier de comédien, dans cette école du XIè arrondissement.
Au moment de commencer à travailler, j’avais aussi envie d’explorer les métiers de la voix, je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Alors j’ai fait des stages et j’ai eu la chance de travailler rapidement à l’issue de ma formation.
Je trouve que, dans ce métier, pour une très grande majorité de personnes, il est indispensable d’avoir plusieurs cordes à son arc. C’est un métier trop difficile et trop frustrant pour ne pas savoir faire plusieurs choses. J’ai vraiment voulu construire ma carrière comme cela. J’ai toujours beaucoup joué au théâtre et derrière un micro, c’est un équilibre qui me convient et j’en suis très reconnaissante.
Probablement que, dans votre parcours, certaines expériences ont été encore plus marquantes que d’autres ?
Tout à fait ! De toute façon, je pense que tous les projets comptent, surtout quand on démarre. Pour un jeune comédien, un projet va nous faire rencontrer des personnes qui, un jour, penseront peut-être à nous et nous apporteront d’autres projets. Ça s'appelle construire un réseau..
J’ai adoré les comédies et les spectacles jeune public que j’ai faits, j’ai adoré jouer Shakespeare avec la Cie Viva (Hamlet et Le Songe d’une nuit d’été mis en scène par Anthony Magnier)... La garçonnière, aussi, est un beau souvenir, mis en scène par José Paul au Théâtre de Paris, il y a presque dix ans. Ça a été une grande aventure et un marqueur pour moi. J’avais un tout petit rôle mais je l’ai vécu comme quelque chose de grand, parce que c’était une équipe géniale et que le spectacle était beau. Cela a été une aventure dingue, qui nous a emmenés aux Molières, puis il y a eu une tournée, une reprise à Paris et un prime sur France 2 (assurés par Astrid Roos car je venais d’avoir un bébé). On est tous toujours en contact donc c’est super, c’est une belle histoire ! Le théâtre, ce n’est pas qu’une première, une dernière et des dates entre les deux, ce sont des liens permanents avec les gens, ce sont des histoires d’amitié, ce sont des moments très forts.
La deuxième pièce que je citerais est évidemment celle que je joue toujours, Le Menteur, de Corneille, mis en scène par Marion Bierry que l’on a montée en 2022 au théâtre de Poche Montparnasse avec Alexandre Bierry, Benjamin Boyer, Serge Noël, Brice Hillairet et Mathilde Riey. Le spectacle a été joué plus de 500 fois et vit toujours. Cela aussi est très important pour moi : je trouve merveilleuse et belle la traversée dans le temps d’un spectacle, surtout de nos jours, avec l’économie du théâtre que l’on connaît. Là aussi, c’est une aventure humaine géniale et c’est toujours un plaisir de jouer cette pièce, du théâtre classique, joyeux, inventif qui a fait venir plein de jeunes au théâtre, la pièce étant au programme du Bac. On a eu beaucoup de représentations scolaires, avec des ados hyper emballés, ce qui est une vraie récompense également.
@ Pascal Gély
Considérez-vous ces différentes cordes artistiques comme faisant parties d’un seul et même ensemble ? Ou les dissociez-vous davantage ?
Je ne les dissocie pas, parce que je pense que c’est toujours le métier de comédien. Quand tu vas faire du doublage, tu es comédien. Quand tu fais de la voix off, tu es comédien. Quand tu vas enregistrer un livre audio, tu es comédien. Quand tu fais du théâtre, tu es comédien. Quand tu tournes, tu es comédien. Ce sont juste des techniques différentes. Mais c’est tout ce qui change. La base, le socle, sont toujours ceux du métier d’acteur. Surtout, ça fait tellement longtemps que je fais les deux ; les métiers de la voix et le théâtre sont vraiment une façon pour moi de vivre mon métier. Je trouve que tout se nourrit : quand on fait du doublage, on doit attraper au vol, en regardant une scène, beaucoup d’indications de jeu de l’acteur VO, que l’on doit restituer et, en faisant beaucoup de doublage, au bout d’un moment, cette technique là, tu peux l’utiliser au théâtre en répondant plus rapidement à une direction d’acteur par exemple. Et quand tu joues au théâtre, tu développes aussi une certaine dextérité dans la création de personnages. Donc tout est lié !
Justement, dans l’exercice dans la voix, sans doute que l'instantanéité est bien plus forte que sur scène ?
Oui, d’une certaine façon ! Au théâtre, en général, même si on a peu de temps pour monter le spectacle, on a quand cinq ou six semaines pour le faire, parfois plus, elles sont intenses mais il y a du temps. En doublage, on arrive, on ne sait pas ce que l’on va jouer, on n’a jamais vu le film, on ne sait pas quel est ce personnage et on doit y aller. Donc, effectivement, il y a une instantanéité et une spontanéité qui peuvent faire peur, alors qu’en réalité, il faut en faire une arme. Je crois aussi que ça permet de débrancher le cerveau et de se lâcher..
Niveau actualités, vous l’avez dit, vous serez de retour sur scène, en tournée, en 2027, avec la pièce “Le menteur”...
Le spectacle a déjà fait deux tournées et une troisième devrait avoir lieu. On est très contents de pouvoir encore le jouer …Ma dernière date était à Versailles, fin mars, donc, si on reprend bien en 2027, cela fera pratiquement un an que je n’aurais pas joué la pièce. Je pense que le texte va revenir facilement parce que j’ai l’impression que le cerveau le conserve en mémoire tant qu’on ne l’autorise pas à zapper…
@ Pascal Gély
A côté de cela, vous êtes toujours très régulièrement derrière un micro…
C’est quelque chose que je fais pratiquement quotidiennement, j’en suis très reconnaissante. Je vais bientôt enregistrer un livre audio, il fait partie des titres de la rentrée littéraire. Je suis une des voix antenne de la chaîne TFX, j’en fais les bandes-annonces. Et puis, j’ai des séries en documentaire pour ARTE et France 5, des animés, de la fiction, donc toujours des produits très différents.
Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours ?
Je crois qu’étant donné la difficulté de ce beau métier, j’aimerais surtout que ça continue, en fait. Et plus spécifiquement, concernant le métier du doublage, j’aimerais que l’on puisse légiférer l’utilisation de l’IA, ce serait vraiment très triste et catastrophique que l’on soit remplacés un jour par une machine.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Depuis quelques années, vous incarnez l’un des maîtres du temps, sur France 2, dans l’émission emblématique “Fort Boyard”. Si l’on revient à la genèse de cette aventure, comment avez-vous rejoint cette belle équipe ?
C’est tout d’abord une rencontre avec Passe-Partout. On travaillait, un soir, sur le même lieu, en animation, dans un club de vacances. Il faisait un show en première partie, avant moi mais il était arrivé un peu en retard et m’avait demandé s’il pouvait utiliser ma sono, mes micros et mon installation, ce que j’avais accepté sans soucis. Ça s'est bien passé, le show était sympa, l’entente était bonne et c’est là qu’il m’a proposé que l’on continue à bosser ensemble…
On a donc continué à se voir, on a fait des spectacles ensemble, on a bien accroché…Après, on a fait des spectacles avec Passe-Muraille, c’était bien, on faisait le tour des clubs de vacances de Charentes-Maritime. C’est comme cela que je me suis approché du fort 🙂!
On imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être, à chaque fois, pour vous, de rentrer dans le fort ?
Oui ! Déjà, on monte avec le grappin sur la plateforme et on rejoint la petite passerelle, c’est un petit rituel. Puis, quand j’arrive et que je franchis ce mur de pierres pour rentrer dans cette cour, j’ai presque les frissons à chaque fois. Ça reste parce que c’est quelque chose de tellement énorme. J’adore voir les nouveaux qui arrivent…Récemment, on a eu une biologiste marine, qui venait faire des études des animaux autour du fort et, quand j’ai vu son regard au moment de rentrer pour la première fois, je me suis dit que j’avais été comme elle ! On est tous pareils : quand on rentre dans ce fort, il y a une magie ! On voit ce vaisseau de pierres de l’extérieur et y rentrer donne des frissons.
Sans doute que le costume du maître du temps vous aide à vous projeter dans la posture et dans l’attitude ?
Tout à fait ! On touche quelque chose de tellement précieux…Je vois l’émission comme quelque chose de vraiment mythique. Elle peut s’arrêter demain, ça restera dans la tête et le coeur des gens. Je le vois tous les jours, où les gens me disent qu’ils regardent ou que leurs petits-enfants regardent le programme. C’est une émission vraiment à part !
Au conseil, tout est fait, dans les images, dans l’ambiance, avec la fumée et la pénombre, pour impressionner. Souvent, on me demande si les célébrités qui participent à l’émission sont sympas mais, sur le fort, on a vraiment un contact différent de celui que l’on peut avoir dans la rue. En arrivant, elles se demandent à quelle sauce on va les manger donc elles sont un peu sur la défensive et essayent d’avoir des indices. Elles sont vraiment différentes et j’adore ce relationnel !
C’est sympa de rencontrer, “en vrai”, des personnes que l’on suit. Je pense, par exemple, à Fred Musa, l’animateur de Skyrock, que j’écoute de temps en temps, tout comme mon fils de 19 ans. De voir leur simplicité est sympa ! Notamment Elie Semoun et Keen’V. Quand on est sur le fort, c’est vraiment à part, ce n’est pas le même rapport…J’ai l’impression que ce fort met tout le monde à égalité et c’est ça qui est magique.
Les épreuves sont toutes plus différentes les unes des autres, ce qui vous demande une certaine polyvalence…
Oui, il y a toutes sortes d’épreuves ! C’est vrai que c’est différent…Quelquefois, on tombe sur des personnes où c’est difficile mais c’est intéressant, j’adore cette diversité.
J’adore le feu, j’aime bien cette épreuve. Celle que j’aime le moins, c’est la mémoire…Mais bon, on a le Père Fouras qui veille. D’ailleurs, il est impressionnant, niveau acting, c’est vraiment un comédien exceptionnel. C’est très rare de couper la caméra et de faire une reprise ! J’adore le regarder faire son show…Il est vraiment très fort ! Yann, qui joue ce rôle, m’a toujours impressionné.
Les tournages se font sur quelques jours seulement dans l’année. Le reste du temps, vous entraînez-vous pour garder les réflexes ?
C’est très court, sur une dizaine de jours. La France tourne une émission par jour, quelques pays en font deux et ça passe très vite. Non, je ne m’entraine pas, j’ai plein d’activités autres que “Fort Boyard” mais je sais que toute l’équipe attend ce moment du retour au fort. C’est génial, chaque année, de retrouver toute la famille ! Il n’y a vraiment pas de distance entre les stars et les techniciens, tout le monde se parle, tout le monde déjeune ensemble, il y a une super ambiance.
En parallèle, vous avez eu plusieurs vies, notamment, en ce moment, le cinéma…
C’est ce qui me plait en ce moment ! Je fais pas mal de cinéma depuis quelques années…Avant, j’ai été photographe de presse, j’ai aussi été DJ. J’aime bien changer de vie…Ce sont des cycles, plus ou moins longs, et j’aime aller où ça m’emmène.
J’ai adoré le métier de photographe, j’ai fait des choses extraordinaires : 3 Paris-Dakar, dont l’année où Johnny était dessus, j’ai eu la chance de photographier Jean-Paul II en portrait, c’était génial d’être face au Pape, j’ai volé dans le cockpit du Concorde, j’ai rencontré Monica Bellucci, Mike Tyson et d’autres célébrités monumentales. J’ai été photographe de Miss France…Cela m’a ouvert des portes incroyables. Ça a surpris tout le monde le jour où j’ai arrêté, alors que j’avais du travail par-dessus la tête, du lundi au dimanche non-stop. J’aimais cela !
Dans ma vie, je n’ai jamais eu l’impression d’aller au travail. A chaque fois, c’est du bonheur ! Aller sur le fort tous les jours est un bonheur…On paierait presque pour aller travailler 🙂. J’ai toujours vécu de métiers passion.
Niveau acting, quels registres vous attirent encore plus ?
J’ai eu quelques rôles de méchants et j’aime bien ça, moi qui ne suis pas quelqu’un de méchant du tout. Dans “Les sauvages”, j’étais un des trois frères méchants, qui faisaient des kidnappings. Moi qui n’ai jamais fumé de ma vie, j’ai appris à faire semblant, cela m’a amusé. Là, je vais avoir un rôle d’un guerrier médiéval, ça va être sympa. J’ai un tournage pour Prime Video, de six épisodes, sur “Marée noire”. J’ai eu un rôle d’avocat il n’y a pas très longtemps. C’est bien, c’est assez diversifié ! Ces masques nous permettent de changer de personnalité à chaque fois, ce qui est intéressant !
Sur Prime Video, je vais être moniteur de kitesurf. Mon personnage va être impacté par la marée noire qui vient d’avoir lieu et l’enquêteur, qui est son meilleur ami, revient souvent le voir pour lui demander des conseils. C’est la première fois que je m’engage sur une série.
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours déjà riche et varié ?
Ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les rencontres de gens de tous univers mais qui vivent de passion. J’aime m’enrichir de l’expérience et du vécu des autres ! La richesse, c’est avant tout l’humain…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez représenté les téléspectateurs dans la première émission de cette 37ème saison de “Fort Boyard”, sur France 2. Quelle avait été votre réaction au moment d’apprendre votre participation ?
J’avais été contacté début avril pour une émission de deuxième partie de soirée sur les fans de “Fort Boyard”. Cyril Féraud, en fait, n’avait pas encore annoncé ni qu’il serait le présentateur, ni qu’il y aurait des anonymes…On s’était bien amusés à faire la vidéo en famille pour évoquer notre engouement mais ce n'est que début mai qu’ils m’ont dit la vraie raison. Donc, quand j’ai su que j’étais pris, on était hyper contents et excités ! J’avais le sentiment de me dire que c’était dingue, je n’y croyais pas trop…Surtout qu’ils ont mis du temps à me répondre après la vidéo. Mais j’ai su le 1er ou le 2 mai que j’étais pris, pour un tournage le 12, ce qui était cool !
J’ai toujours rêvé de faire “Fort Boyard”. J’aimais bien regarder mais, comme je suivais pas mal l’émission, à chaque fois que je voyais les épreuves, je me disais “Non, il ne faut pas faire comme cela !”. Je m’enflammais un peu et, du coup, j’avais très envie d’y participer, comme les premiers anonymes des années 90, pour me prouver ce que je valais sur le fort. Et c’était dingue !
C’est une émission que vous regardez depuis longtemps et certainement que vous aviez plein de souvenirs et d’images en tête…
Oui, oui, c’est ça ! C’était le programme familial du samedi soir, quand j’étais petit. Ma mère, d’ailleurs, est l’une des plus grandes fans de “Fort Boyard”, elle regarde toujours, à 75 ans. Je m’y suis remis avec mes enfants, à suivre les épreuves, à commenter, à suivre les 23 années avec Olivier Minne, un monument. C’est vrai que c’est quand même cool que ce soit Cyril, puisqu’il nous a ramené les anonymes.
Oui, plein de bons moments passés autour de “Fort Boyard”, en famille ! C’est un programme familial, ce qui est génial !
Au moment d’arriver sur le fort, aviez-vous, comme beaucoup, l’impression de rentrer dans la télé ?
Oui, c’était vraiment une excitation énorme ! En fait, on s’est retrouvés la veille, à Châtelaillon-plage, je n’ai quasiment pas dormi de la nuit et on s’est levés à 6 heures, pour aller notamment se faire maquiller. Rien que la traversée de l'embarcadère jusqu’au fort est impressionnante. Il y a déjà tout un truc…C’est à ce moment-là qu’on a rencontré Cyril Féraud. Ca commençait donc déjà à monter petit à petit…En plus, on voit le fort arriver au loin.
Après, pour monter sur le fort, c’est presque une première épreuve 🙂. C’est assez dingue ! On a fait des photos sur la passerelle et puis, surtout, c’est l’entrée dans le fort qui est impressionnante. Quand on arrive au milieu, et qu’on voit les murs, on se sent petit ! Cela m’a vraiment impressionné. La hauteur et l’épaisseur des murs sont, en fait, presque un peu oppressantes. A la télé, on a l’impression que c’est gigantesque, on a l’impression de quelque chose de vraiment énorme, de la façon dont c’est filmé mais j’ai trouvé, personnellement, que ça faisait plus petit. Les murs sont très hauts et très larges, c’est vraiment un monument ! Au début, tu prends un petit peu de temps, tu restes scotché, à regarder, à découvrir le proscénium ou encore la salle du trésor… C’est un sacré moment ! En plus, ils nous avaient laissé 5 à 10 minutes pour nous promener.
Après, ça va vite…On est appelés de partout, en fait, jusqu’à la fin du tournage quasiment. Il y a des petites pauses mais le rythme est intense. Il n’y a vraiment pas le temps…
Malgré cette intensité, les images ont montré, de suite, une vraie cohésion et un vrai esprit d’équipe…
La veille au soir, à l'hôtel, on a déjà commencé à faire connaissance, en mangeant ensemble. En plus, on avait Bruno Solo, il met quand même une sacré ambiance, à lui tout seul 🙂. Avec Isabelle, ils faisaient un sacré tandem pour nous faire rigoler.
Tous les caractères s’entendaient bien, il n’y avait que des gens simples, pas compliqués donc ça va vite pour mettre la bonne ambiance. Après, avec le déroulé de l’émission, automatiquement on s’encourage. Personne, je pense, n’était sur la retenue, ça a joué aussi un petit peu. Tout le monde avait envie de bien faire donc ça a permis de mettre directement une bonne cohésion. On a pas mal performé sur les épreuves, ça aide aussi, c’est quand même plus facile ! C’était simple, chacun s’est fait plaisir.
Tout le monde était un peu excité, je pense. Même Isabelle et Camille, qui connaissent plus…Je pense qu’avec l’anonyme, ils se revoient un peu la première fois qu’ils étaient venus sur le fort, ça rebooste un petit peu plus, peut-être qu’un entre-soi de célébrités. Cela a dû jouer sur l’ambiance dans l’équipe et sur le fort.
Parmi les nouveautés de cette année, il y avait les cinq temps forts, ces épreuves collectives, qui vous ont plutôt bien réussi…
On a réussi tous nos temps forts, sauf chez Willy… Je pense que ces épreuves collectives sont un vrai bon truc de cette saison. Cela manquait, il n’y avait que le mot code à la fin, en équipe. Ces temps ensemble sont, j’ai trouvé, vraiment top !
Les thermes ont une entrée sympa, avec le toboggan, et l’épreuve est top. Ce n’était pas simple, ce sont quand même des crapauds, il fallait mettre la tête dedans. Il y avait une histoire de taille aussi, on a vu que c’était difficile pour Shirine à cause de ça. Les gros tubes ne sont pas très très larges et, par contre, la balle est profonde donc il faut être assez grand quand même pour arriver à la choper, à l’attraper et souffler dedans pour faire sortir les boyards. Et puis, il y a quand même un temps limite donc, si tu galères, tu as tout de suite peur de ne pas réussir. Je pense que j’avais typiquement le physique parfait pour réussir facilement, je n’étais ni trop grand ni trop petit, j’avais la bonne taille. Ce temps-là s’est plutôt bien passé !
Après, on a été chez Blanche, avec Camille où, là, c’était un peu une chance sur deux, globalement. Il y a, chez Blanche, trois jeux possibles : les cartes, les souris et la boisson. Je pense que l’on a eu le moins fun des trois…J’aurais préféré avoir quelque chose de plus stratégique. Là, c’était juste du hasard mais c’était sympa quand même. C’était surtout sympa de voir Blanche, c’est quand même un personnage mythique de “Fort Boyard” donc c’était cool !
Dans la foulée, vous disputez votre première épreuve individuelle, celle de la ketchuperie…
Une épreuve culte, clairement ! Cela faisait bien plaisir de pouvoir la faire…J’avais dit que je ne ferai pas l’erreur d’oublier d’appuyer sur le bouton mais, voilà, évidemment, j’ai quand même oublié 🙂, pris dans le truc…Mais, après, ce qui m’a aidé, c’est que je suis plutôt sportif, je ne me suis pas mis le dos contre la paroi, tu ne vas pas vite, il faut vraiment gainer dur et être en tension à fond mais, si tu te mets dans l’autre sens comme moi, tu peux aller beaucoup plus vite à traverser. Après, il faut réussir à trouver un endroit où mettre les tomates. Dans le pull, c’est pas mal…C’est, je pense, une des meilleures solutions ! Cela va peut-être parler aux gens qui feront cette épreuve les années prochaines, parce que cette cellule est un peu dure. Après, ce qui n’est pas facile, c’est de ne pas tomber parce que, quand tu tombes…Bon, je suis tombé, j’ai réussi à le refaire mais il faut gainer vraiment très très fort ! Si tu n’es pas vraiment sportif, cette épreuve est un peu plus dure.
Plus tard, vous avez affronté la poutre jets d’eau…
Oui, avec Camille qui venait après moi. C’est une épreuve sympa et impressionnante parce qu’elle est vachement en hauteur. Après, j’étais quand même hyper concentré, forcément. Je pense que, quand tu es anonyme, tu es à fond, tu es vraiment concentré. Après, je n’ai pas peur du vide, donc ça va mais tu es tellement concentré que tu ne réfléchis pas trop au fait de tomber. La poutre est vraiment hyper épaisse, tu as 15 bons centimètres de mousse, c’est vraiment tout mou…En plus, ils ont mis un espèce de skaï de plastique, un peu glissant quand il est mouillé par les jets d’eau. Je n’ai pas réussi mais il ne manquait pas grand-chose, il me manquait deux à trois mètres pour réussir à aller jusqu’au bout mais j’ai fini par être déséquilibré par un jet d’eau. Mais, oui, une belle épreuve individuelle, une des plus dures aussi donc ils se sont dit “Tiens, celui-là, on ne va que lui mettre des épreuves hyper dures”...Sympa 🙂. Bon, Camille n’a pas réussi non plus, dommage !
Après, c’est chouette, tu sautes dans le vide et tu as une belle vue du fort ! C’est assez impressionnant quand même, et puis ça te retient un bon coup, c’est dingue.
On a fini en avance et, à mon avis, j’avais une dernière épreuve à faire, je pense, que je n’ai pas pu effectuer. Ils nous présentent un peu les épreuves avant, sans nous préciser vraiment qui les fait mais je pense qu’ils nous restaient à faire l'hôtel, avec les valises. Si on n’avait pas fini avant et qu’on l’avait faite, je pense qu’elle aurait été pour moi.
Au moment de vous présenter face à ces épreuves emblématiques, aviez-vous alors repensé à tout ce que vous aviez vu d’elles à la télévision, lors des saisons précédentes ?
Oui, tu as quand même un côté où tu réfléchis un petit peu à ce qui se passe. Peut-être plus quand ce sont les autres qui font une épreuve. C’est vrai que, quand c’est toi, tu y vas à fond. Preuve en est, j’en avais marre, à la ketchuperie, de voir tout le temps des gens qui oubliaient d’appuyer sur le bouton et j’ai fait la même erreur. Tu as envie de bien faire, tu es quand même l’anonyme, tu es censé être un peu plus le spécialiste, tout du moins c’est comme cela que j’ai été présenté…Je pense que ça aide plutôt à expliquer aux autres candidats comment réussir leurs épreuves. C’est plus là où l’anonyme peut être utile…
Après, il faut quand même être un peu sportif, et ne pas avoir peur. Chez nous, personne dans l’équipe n’avait peur, c’est plus facile quand personne n’a de grosse crainte qui l’empêche d’aller aux serpents ou aux rats…
Avez-vous constaté une grosse différence entre la vision que vous aviez de ces épreuves et ce que vous avez vécu sur place ?
Je suis content, parce que c’est vraiment sportif ! Il n’y a pas de chiqué, les épreuves qui sont dures sont vraiment dures, il y a vraiment des animaux, il y a le temps à respecter, sinon tu peux être prisonnier, …Ils ne te facilitent pas la vie, surtout quand, comme nous, tu réussis plutôt bien. Donc vraiment pas déçu du passage sur “Fort Boyard”. C’est vrai que tu pourrais avoir de grosses attentes et, au final, te dire que ce n’est pas si compliqué que cela mais non…Quand tu en parles avec les célébrités, elles te disent toutes que c’est hard, que ce n’est pas facile, que tu peux souvent te faire mal, comme Bastiaan. Les épreuves sont dures, il y a des protections mais il faut faire gaffe, tu peux vraiment te faire mal. On sent que les célébrités se passent le mot, elles savent toutes que tu n’en ressors pas forcément indemne.
Au-delà de la difficulté des épreuves en elles-mêmes, l'enchaînement fait que c’est presque du non-stop…
Oui, c’est hyper intense ! J’étais complètement cuit le soir…C’est 8h30 - 17h30 et, à la fin de journée, tu ne sais plus où tu habites. C’est très fatiguant, autant nerveusement que physiquement. Il m’a fallu deux à trois jours pour remettre les pieds sur terre. En plus, là-bas, on est tellement chouchoutés, beaucoup de monde s’occupe de nous, c’est un super moment mais il faut redescendre un peu et récupérer, ce n’est pas simple.
A froid, quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?
L’ambiance avec les collègues mais aussi avec l’équipe de tournage, Cyril et les personnages ! C’était vraiment top, tout le monde était super sympa, c’était hyper familial, hyper bon enfant. C’est speed, il y a un timing précis à cause des marées, on ne peut repartir trop tard donc il faut aussi que ça tourne, mais il y avait vraiment une super bonne ambiance.
Les épreuves individuelles m’ont quand même vachement marqué, je m’en souviens forcément, c’est mythique. Aussi l’arrivée, tout en bas puis dans le fort, au milieu des murs…C’est impressionnant !
Comment avez-vous vécu la diffusion de l’émission ?
Tu te “resouviens” de tout, c’est rigolo ! On a fait ça en famille, chez mes parents, dans une grange, on était une quarantaine, on avait invité les copains et la famille, on avait mis un grand tableau blanc avec un vidéoprojecteur. Oui, tu te replonges dedans ! Je faisais des petits arrêts, dès fois, pour leur expliquer des moments que l’on avait vécus, parce qu’il y a des choses que l’on ne voit pas à la télé et que tu sais. C’est rigolo de partager un peu toutes les anecdotes. Oui, c’était un super moment ! C’était top…De faire cela en famille était génial ! Ce 4 juillet restera gravé…Après, on l’a re-regardé une ou deux fois. J’ai même téléchargé l’émission et je l’ai stockée sur mon disque dur 🙂, avec toutes les photos envoyées par ALP. C’est un souvenir qui va me marquer longtemps ! C’était un truc de dingue….Je pense que je vais essayer de repostuler, dans deux ou trois ans, s’ils continuent de le faire, parce que c’est génial et que c’est une expérience hors du commun. Je tenterai, on ne sait jamais…Peut-être qu’ils voudront faire quelque chose avec les anciens anonymes ? Comme ils aiment bien faire cela avec “Koh Lanta”...
Maintenant que vous avez vécu cette expérience de l’intérieur, avez-vous eu un regard différent sur les autres émissions diffusées ?
Oui, automatiquement, un petit peu…Tu es un peu compétiteur par rapport aux autres équipes, tu es aussi un peu plus exigeant sur certaines choses, à dire “Mais non, il ne faut pas faire comme ça…”. Je dirais que tu es un poil plus critique sur les émissions que tu regardes. Après, je trouve que le renouveau, cette année, est vachement bien, avec Cyril et tout ce qu’ils ont mis en place. Je commençais à me lasser un petit peu, il y avait une certaine routine, Olivier Minne se “fatiguait” peut-être aussi. Je trouve que c’est vraiment bien ! On verra sur le long terme ce que ça donne mais je trouve que la présence d’anonymes apporte un truc en plus. Je pense que ce sera peut-être encore mieux l’année prochaine, parce que ce seront vraiment des anonymes fans. C’est un peu différent, je pense que tu ne te donnes pas pareil quand tu es vraiment un fan et que c’est ton rêve, depuis tout petit, de faire “Fort Boyard”. Donc j’attends de voir aussi la prochaine saison, qui sera peut-être encore plus intense au niveau des anonymes. Peut-être que la production choisira aussi d’autres profils mais je pense qu’il y a quand même un paquet de personnes comme moi qui vont postuler.
C’est bien aussi de n’avoir mis qu’un anonyme parce que les célébrités nous entraînent. Je l’ai senti à mort ! Au fil de la journée, tu commences à comprendre comment ça marche, notamment de ne pas regarder la caméra, de mettre tout le temps l’ambiance, de se faire des câlins, de dire “Ah super, tu as réussi !”. Au début, ce n’est pas évident, quand tu ne vis pas ça au quotidien mais les célébrités t’emmènent là-dedans parce qu’elles savent comment faire. Cela fait qu’il y a une grosse ambiance sur le tournage !
Pour terminer, avec l’expérience de cette première participation, selon vous, quelles sont les caractéristiques nécessaires pour être un bon candidat ?
Déjà, il ne faut pas être trop timide, ne serait-ce que pour qu’il y ait une bonne ambiance. C’est important ! Si tu veux vraiment profiter du fort, je pense qu’il faut être un minimum sportif, même si, au final, il y a pas mal de candidats qui ne sont pas hyper sportifs qui réussissent bien…Il faut surtout avoir la gnaque, il faut être hyper motivé pour y aller. Il faut connaître les mécanismes du jeu, je pense que c’est plus simple. Il ne faut peut-être pas tout connaître non plus, il ne faut pas essayer de savoir avant tout ce qui se passe, il faut laisser une petite part de découverte…Je pense que tu perds un peu de la magie si tu cherches à tout savoir, il y a quand même plein de choses que tu découvres sur place, surtout comment le fort est exploité pour faire le tournage, avec toutes les salles et tous les endroits qu’il y a. C’est génial, on découvre des trucs tout le temps donc je pense qu’il faut essayer de garder un peu ses yeux d’enfant.
Il faut aussi se dire que ça va forcément être une bonne journée et ne pas avoir d’appréhension. Enfin, il faut être un peu fan de “Fort Boyard”, je pense 🙂.
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver prochainement dans “Les évaporés”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, j’ai vraiment eu la grande chance d’être choisie pour interpréter Esther Bazin. Par rapport à l’endroit où je suis dans ma carrière, souvent on me fait des propositions, parfois je passe des castings et, là, c’en était un avec Emilie Grandperret, la réalisatrice des trois premiers épisodes de cette saison 1. C’était vraiment super de la rencontrer, de faire ces deux scènes avec elle et de travailler le personnage d’Esther, afin de voir dans quelle direction l’amener…J’avais déjà eu un vrai coup de cœur pour Emilie et sa direction d’acteurs, qui est vraiment très fine, et puis pour ce personnage, donc j’étais ravie quand on m’a appelée pour me dire que j’étais choisie !
C’est vrai que je trouve que c’est un projet qui se distingue, qui est assez original. Il y a une enquête mais ce n’est pas une série policière avec un cadavre, un médecin légiste, une scène de crime, et des scènes d’interrogatoire. On ne cherche pas à trouver le coupable d’un meurtre mais les raisons qui ont poussé quelqu’un à vouloir disparaitre, et à prendre cette décision tragique de tout plaquer sans donner de nouvelles. Donc c’est vraiment une série sur la psychologie et sur l’humain, c’est une série qui développe l’empathie, la compassion et j’ai trouvé ça vraiment chouette et intéressant de jouer une flic mais dans cet environnement-là, qui, finalement, travaille avec des civils et apprend d’eux. Il y a une belle évolution d’Esther au fil de cette saison 1 et, en tant que comédien, c’est vrai que c’est un cadeau, quand on joue un personnage qui a plusieurs couleurs, plusieurs facettes et qui évolue d’un épisode à l’autre.
Vous l’avez dit, cette série de 6 épisodes sera l’occasion d’aborder des sujets peu mis en avant en télévision…
Ce n’est pas une équipe de flics de la crime qui mène des enquêtes, ce n’est pas une équipe d’avocats qui monte un dossier, ce sont deux civils : un entraineur de basket et une jeune femme qui a une application d’enquêtes fictives. Ainsi que cette commandante de police, qui a beaucoup d’expérience, qui a résolu de grosses enquêtes, dont celle du début de l’épisode, en mettant derrière les barreaux ce tueur en série qu’elle traque depuis trois ans. Donc c’est une équipe assez éclectique et originale, de trois personnages très différents, de par les milieux d’où ils viennent, leurs familles, leurs profils, leurs métiers, leurs sensibilités, leurs personnalités…et je trouve que c’est vraiment une belle rencontre de ces trois personnages, de comment ils se complètent et de comment ils apprennent les uns des autres et évoluent au contact de chacun.
Souvent, un facteur d’une série est que l’on s’attache à l’équipe et aux personnages principaux. J’ai l’impression, j’espère, que ce sera le cas avec Frankie, Douma et Esther. On va voir, on saura bientôt…
Ce programme a aussi été l’occasion, pour vous, de côtoyer un chouette casting …
Oui ! Je n’avais pas travaillé ni avec Foed Amara ni avec Faustine Koziel et, vraiment, c’est une super rencontre. On s’est beaucoup appréciés sur le plateau, dans le travail et dans la vie privée aussi, où on est vraiment devenus bons amis tous les trois. C’était très agréable, c’était un vrai bonheur, de les retrouver tous les matins sur le plateau et au HMC, en loges, pour se préparer. C’est important, quand on commence une série, de se dire que l’on aime travailler avec nos partenaires principaux, et je trouve que l’on est tous assez différents dans notre jeu. C’est chouette quand on a des acteurs qui n’ont pas tous le même jeu ni le même timbre, ni la même technique ou encore la même méthode de travail, parce que, du coup, on est très à l’écoute les uns des autres, je trouve que ça rend les scènes assez vivantes et authentiques, en tout cas du sentiment que j’ai eu sur le plateau quand on tournait.
Aussi, avec Emilie Grandperret et David Morley, on avait deux supers réals, et toute une équipe technique formidable. Je n’avais jamais travaillé avec Louis Grangé, notre producteur, qui est un jeune producteur, c’est très agréable, il est très à l’écoute de chaque personne de l’équipe et, notamment, des acteurs. Il est à l’écoute des remarques et des sentiments que l’on peut avoir sur certains dialogues et sur certaines scènes, pour pouvoir changer les choses ensemble et que tout le monde sente que ce soit juste, et que ça sorte bien. Ce n’est pas toujours le cas, c’était très agréable de collaborer avec lui donc j’espère qu’on aura d’autres saisons et que ce plaisir va pouvoir se prolonger dans le temps !
Quel regard portez-vous sur Esther Bazin, votre personnage ?
Elle m’a touchée, elle est forte, elle est déterminée, c’est quelqu'un qui a de la volonté, qui a des valeurs, qui veut essayer de faire la justice et aider les familles des victimes qu’elle rencontre à travers ses enquêtes. Elle est très investie dans son travail, elle est très pro mais au point de mettre un peu sa vie personnelle et familiale de côté, ainsi que son bien-être. Donc je trouve chouette qu’elle commence ce tournant dans sa carrière et dans sa vie, avec ce tueur en série qu’elle coffre, son n-ième déception que sa dernière victime soit décédée quand elle l’a trouvée et qu’elle n’ait pu la sauver, et qu’elle décide alors de démissionner pour essayer de sauver son couple et être plus présente pour son fils.
Au départ, elle est vraiment très solitaire, un peu vide, un peu perdue, et c’est beau ce chemin, au fil de cette saison 1, de comment elle va retrouver du lien, en créant des amitiés avec Frankie et Douma, en trouvant une place au sein de cette équipe et en aidant les familles des disparus à essayer d’avoir des réponses sur ce qui est arrivé à leurs proches. Voilà, ce sont des enquêtes qui ont de l’espoir, on n’est pas à compter des morts…Ce nouveau rôle et cette nouvelle équipe dans laquelle se retrouve Esther vont l’aider à ramener un peu d’amour, de lumière et d’oxygène dans sa vie, à renouer avec son fils, même si la disparition de son mari, Mathias, qui est un peu un fil rouge, est loin d’être résolue. En tout cas, elle retrouve du soutien, de la solidarité et de l’échange autour d’elle, notamment aussi avec son ancien patron, Dominique Malherbe. Cette relation également est jolie.
Donc, oui, c’est un personnage qui est touchant, elle est forte, déterminée, très courageuse et, en même temps, elle est extrêmement sensible, on le voit dans certaines scènes. C’est beau quand il y a plein de modulations à amener avec un personnage et plusieurs visages à montrer, comme on les a dans la vie, où on n’est pas qu’une chose. C’est un cadeau, pour un acteur, quand on peut montrer, comme ça, plusieurs facettes et créer un personnage tout en relief.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Comme souvent, j’ai bien aimé faire des recherches sur internet, notamment sur les disparus volontaires, quelque chose dont je n’avais pas conscience de l’étendue avant de me retrouver sur ce projet. C’est vrai que l’on a tous entendu parler du type qui dit à sa femme “Je sors acheter des cigarettes” et qui n’est pas revenu, mais on ne se rend pas compte que c’est entre 5 et 10 mille personnes en France par exemple, et que c’est 100 000 personnes par an au Japon. Il y avait tout un documentaire sur ARTE sur les évaporés du pays, qui parlait de ce phénomène si important au Japon, et qui est compréhensible par rapport à leur culture, à la fierté, aux valeurs, à la honte et à l’ampleur que ça prend là-bas.
Donc j’ai regardé des documentaires, vu des choses sur internet, lu des témoignages et, après, pour le côté flic, j’ai eu la chance de rencontrer et de sympathiser avec deux policiers du commissariat de Nantes, au tout début du tournage. Donc j’ai passé du temps avec eux à parler, notamment pour cette scène d’interrogatoire que j’ai dans l’épisode 4. Jeff Pasques, un romancier qui a eu le prix du Quai des orfèvres il y a quelques années pour un de ses romans, m’expliquait la particularité d’un interrogatoire, les moments forts, les tensions, les moments où on a le pouvoir par rapport à la personne que l’on interroge et les moments où on est un peu plus fébriles. Voilà, il m’a donné plein plein d’idées, ça m’a vraiment nourrie pour cette scène que j’ai adoré jouer avec Bastien Ughetto, un acteur vraiment exceptionnel.
Et puis, après, à mon âge, on a aussi l’expérience de la vie, sa sensibilité et les choses que l’on a vécues, que l’on amène bien sûr dans nos rôles. C’est aussi un cadeau. Sans oublier le texte…Je travaille beaucoup sur le texte et sur le scénario, je me fais des continuités, je me résume des séquences, vu que l’on tourne tout dans le désordre, par décor, pour vraiment savoir d’où je viens, ce qui s’est passé avant, ce qui se passe après, afin de faire les bons choix sur le plateau, à chaque moment.
Emilie, notre réalisatrice, a été script pendant très longtemps donc elle a vraiment le soucis du détail et de l’histoire. Ce qui fait qu’elle est très fine dans sa direction et c’est vrai qu’elle nous aidait tous à aller plus loin dans nos propositions, et à amener des nuances et encore plus de précisions dans notre sous-texte et sur chaque réplique. David, l’autre réalisateur, est aussi très fort en direction d’acteurs, et également très visuel. Dans ses choix de plan, il accompagne ce que vit le personnage à ce moment-là. On a eu beaucoup de chance avec cette équipe de réalisateurs sur cette première saison.
Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final mais aussi les réactions du public ?
J’ai eu la chance de voir les six épisodes. On a fait une petite projection à Paris pour l’équipe il y a un mois et demi, des deux premiers épisodes. C’est toujours génial de pouvoir voir son travail, quand on fait des films ou des séries, sur un écran de cinéma, dans une salle de cinéma…Donc c’était vraiment super ! Et j’ai vu les quatre suivants chez moi à la maison. Je suis contente du résultat et du travail de chacun donc je suis très impatiente de voir comment la série va être reçue par le public, et les retours que l’on va en avoir, bien sûr, parce que c’est une série assez différente…Elle ne ressemble pas aux autres séries policières, elle ose des moments de comédie, des moments d’action, de thriller, et des moments d’émotion. Elle mélange pas mal de choses et je trouve que c’est un bel équilibre d’avoir ces moments un peu de comédie et de légèreté, pour être prêts à recevoir les moments plus dramatiques, plus plombés, parce qu’on a eu, justement, ces petits moments de respiration et d’oxygène. Donc j’ai vraiment très hâte d’entendre et de lire ce que les gens vont penser de la série.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour ces trois soirées de diffusion ?
Que les gens soient au rendez-vous, que les audiences soient belles, que les téléspectateurs aient envie de suivre ces six épisodes, qu’ils s’attachent à notre équipe et qu’ils soient touchés par chaque disparu sur lequel on enquête, et que, du coup, on ait l’opportunité de tourner une saison 2, voir d’autres. C’est une belle série et on aimerait tous continuer à faire vivre ces personnages, et parler de ce sujet des disparus volontaires, pour continuer à les mettre en lumière. Donc j’espère que les gens seront devant leur télé et qu’ils vont adorer regarder ces épisodes !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Avec Sacha Judaszko, vous avez écrit et mettez en scène la pièce “Le sens de l’humour”, qui sera à l’affiche du théâtre Antoine à partir du 16 septembre prochain. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, on est ravis, c’est la troisième aventure théâtrale avec mon co-auteur, Sacha. On avait écrit “La moustache”, créée en 2018 et “Toute la famille que j’aime”, avec Michel Boujenah notamment.
Là, on en fait la mise en scène, parce que l’on sait ce que l’on veut dire. C’est notre humour, on le connaît forcément bien, donc on s’est dit qu’il n’y avait aucune raison qu’on ne se lance pas. Cela a été accepté par la production et, surtout, par les comédiens. On a bien fait de le faire parce qu’on se régale !
Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?
C’est l’histoire d’un homme qui a eu un fou-rire à un moment où juste un rire était impensable…et sa femme ne lui a pas pardonné. Les invités du jour, en fait, n’ont qu’une seule envie, savoir quel est ce moment…
Pourquoi “Le sens de l’humour” ? On peut tous avoir un fou-rire mais peut-être pas au même moment donc on a un tous un rapport différent à l’humour et un sens de l’humour différent. Certains n’en ont pas, d’autres ont l’humour lourd, donc on traite également de cela dans la pièce.
Les quatre comédiens sur scène interprètent des personnages tous très différents, aux couleurs qui le sont tout autant ….
Exactement ! Ils ont tous un rapport différent à l’humour…Pour Romain, son humour, c’est son métier. Sa femme, elle, n’en a pas…Dans les invités, pour Jean-François, l’humour, c’est sa passion et, pour le personnage de Claudia, l’humour, c’est son mari. Tout cela s’imbrique pour donner, forcément, pas mal de tensions, de silences et de malaises.
Si l’on revient à la genèse de ce projet, d’où vous sont venues cette envie et cette idée d’aborder ce sujet ?
Je racontais à Sacha une anecdote par rapport à mon fils et il m’a dit : “Tu t’imagines si une personne a un fou-rire à ce moment-là ?”. On était alors vraiment en recherche d’une pièce et cette discussion a été le début d’une nouvelle idée !
Vous avez, on l’a dit, plusieurs casquettes sur ce projet. Est-il, d’ailleurs, “facile” de toutes les porter ?
Je dirais que, quand on prend un metteur en scène extérieur au texte, forcément la personne va avoir un peu plus de recul, elle pourrait peut-être amener des idées, avoir, parfois, un peu plus de réflexion, remettre en cause quelque chose. C’est un cerveau supplémentaire, qui peut faire avancer, c’est toujours intéressant ! En même temps, là, on est déjà deux et, forcément, on n’est pas d’accord sur tout, il y a des débats, on discute et, à la fin, on tombe d’accord.
A partir du moment où on était d’accord sur les messages et les positions de chaque personnage dans la pièce, on s’est dit qu’il n’y avait aucune raison qu’on ne fasse pas la mise en scène. En plus, la discussion que j’évoquais se prolonge avec les comédiens, qui sont, finalement, les derniers maillons sur scène. Le but est que l’on soit tous d’accord et je pars du principe que, quand quelqu’un fait une proposition, ce n’est jamais pour embêter l’autre. Donc on l’écoute et on réfléchit. Parfois, elle retient l’attention, tout de suite ou plus tard, et parfois pas.
Sacha et moi avions, chacun, déjà fait des mises en scène en solo et, là, on s’est retrouvés. On sait ce que l’on veut dire, on sait où on veut amener les personnages et la pièce donc il n’y avait aucune raison de ne pas y aller.
Sans doute aussi que ce doit être très plaisant de collaborer avec ces quatre comédiens, tant artistiquement qu’humainement ?
Déjà, on a choisis professionnellement Claudia Tagbo, Elise Diamant, Arié Elmaleh et Florent Peyre. On les a pris parce qu’ils correspondaient aux personnages.
Humainement, on a toujours des surprises et, là, sincèrement, on a vraiment de la chance, ça se passe bien avec les quatre et avec tout le monde. C’est agréable, je trouve, de mettre en scène des comédiens comme ceux-là parce qu’ils sont professionnels et que ce sont des gens normaux. Cela ne veut pas dire que l’on va être d’accord sur tout, comme dans la vie mais c’est agréable d’être avec eux.
Pendant les répétitions qui ont lieu actuellement, les journées sont certainement riches et intenses ?
Oui, c’est beaucoup de travail. On avait fait une première session de travail en juillet et, là, nous avons quatre semaines et demi. Je ne dirais pas que l’on était larges mais que l’on était bien. Actuellement, je trouve que l’on est toujours bien mais c’est vrai que, plus on se rapproche de la date, plus on se dit que l’on est moins large 🙂. C’est normal, avec le stress qui va arriver…Mais on sera prêts ! Après, il y aura toujours des réajustements, par rapport à des choses que l’on pensait qui fonctionneraient mais qui ne fonctionnent pas…
A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit, justement, êtes-vous ?
Pour l’instant, il n’y a pas de stress parce que l’on est, j’ai envie de dire, encore au mois d’août, donc il y a cet esprit estival. On est encore trop loin de la date, il n’y a pas encore vraiment eu de rentrée théâtrale.
J’essaie toujours de relativiser par rapport à ce que l’on fait, on n’opère pas à coeur ouvert…Je dis souvent à mes enfants qu’ils auront “la pression, un jour, dans la vie, s’ils ouvrent le frigo et qu’il n’y a rien à manger”. Donc nous n’aurons pas vraiment de pression, juste du stress, par rapport aux réactions du public.
En ce moment, on est surtout dans le travail et ça se passe bien. On se concentre sur le rythme pour avoir ce que nous souhaitons.
Justement, même si ce n’est jamais évident à dire, qu’est-ce qui pourra plaire aux spectateurs dans la salle ?
J’espère que le pitch donnera envie et que les gens voudront découvrir à quel moment, dans la vie, on n’a pas le droit de rire. Et puis, on a quand même une distribution qui, je pense et je l’espère, donne envie. C’est une belle affiche, je trouve ! Sans oublier le théâtre Antoine, qui est un lieu exceptionnel et mythique. Quand je passe dans les couloirs ou dans les bureaux, et que je vois d’anciennes affiches, notamment d’une pièce de Jean-Paul Sartre, avec une mise en scène de Louis Jouvet, je me sens tout humble là-dedans…et il y a une fierté, quand même, de voir notre affiche, en petit, à côté 🙂.
Du coup, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure théâtrale ?
Que les comédiens prennent du plaisir, que les spectateurs aussi, que cette pièce puisse être programmée plus longtemps que prévue et que la tournée soit longue.
Plus personnellement, comment vivez-vous les premières, ces moments où le bébé fait ses premiers pas, sans que vous ne puissiez le rattraper, si besoin ?
C’est un exercice facile parce que je ne suis pas sur scène, que je suis assis et que je n’ai rien à faire 🙂 mais ce n’est pas un exercice agréable…Je dirais que le côté agréable peut apparaître après le premier rire. S’il arrive au moment imaginé, on est soulagés, on se sent mieux. Après, c’est compliqué de prendre énormément de plaisir sur une première, parce que l’on écoute, que l’on essaie de voir si tout se passe bien, si tout ce qui a été mis en place fonctionne, s’il y a beaucoup de rires, si les comédiens sont à l’aise. On est tout le temps dans l’analyse, pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On attend parfois la deuxième représentation pour voir si les constats sont les mêmes, ou pas.
La première est quand même un peu jubilatoire, on se dit “Ça y est, on y est !’ mais c’est stressant. Quand ça fonctionne, c’est juste génial parce que, d’un seul coup, le stress est évacué.
Pour terminer, d’autres spectacles, comme “La moustache” ou “La photo de mon pote”, poursuivent leur beau chemin, des années après leur lancement. Cela doit probablement vous faire chaud au coeur ?
Oui ! Cela correspond, dans mon parcours, à une certaine résilience et à du travail. Je suis arrivé dans le théâtre parisien en 2015, j’avais écrit la pièce “Une chance inestimable”. J’ai rencontré Sacha en 2017, il m’avait alors proposé d’écrire “La moustache”. Ce n’est pas un métier facile, c’est un métier où il faut rencontrer des gens, serrer des mains, où il faut travailler…J’ai 53 ans, effectivement ce qui se passe aujourd’hui aurait pu arriver plus tôt mais ça aurait aussi pu ne jamais arriver. De toute façon, ce n’est pas fini, il faut continuer à travailler, pour monter plus de pièces et rencontrer plus de gens.
C’est toujours agréable de se dire, lorsqu’il se passe vraiment quelque chose et qu’on surfe dessus, que c’est bien de ne rien avoir lâché. C’est une leçon dont je me sers aussi avec mes enfants…Ceux qui n’ont jamais rien tenté n’ont jamais échoué donc il faut essayer, il faut travailler, il faut écrire.
Aujourd’hui, je suis content de ce qui se passe, j’apprécie vraiment et j’essaie d’écrire encore plus pour continuer à avoir de belles pièces, dans de beaux théâtres.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
La belle aventure de la pièce “Un succès fou” se poursuit au théâtre des variétés à partir du 27 août. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, tout à fait ! En plus, avec une équipe que je connais en partie, puisque j’avais travaillé avec Sébastien Castro sur sa première pièce, qui s’appelait “J’ai envie de toi”. Je retrouve aussi Guillaume Clérice, qui jouait dans ce spectacle. Sans oublier José Paul à la mise en scène. Ce sont tous des gens que j’aime beaucoup, humainement et en jeu. Travailler avec eux est un plaisir donc c’est très chouette !
Les comédiens que je ne connaissais pas et qui font partie de cette nouvelle pièce sont tous géniaux aussi, donc c’est vraiment une équipe que j’ai plaisir à retrouver pour les répétitions et que je vais avoir plaisir à retrouver tous les soirs (ou presque !) à partir du 27 août.
Le théâtre des variétés est un magnifique écrin, qui participe sans doute au plaisir pris ?
Oh Oui ! Le théâtre est très beau, c’est vraiment une chance de jouer là-bas. En plus, il y a une très belle jauge donc c’est assez excitant pour nous. Ce lieu a une belle histoire, plein de super pièces s’y sont jouées, on a de très belles loges, tout est très beau, c’est un théâtre à l’ancienne donc c’est assez magique ! Cela participe beaucoup au plaisir pris, en effet !
Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?
C’est l’histoire de trois personnages principaux, Simon, Antoine et Océane, qui, en ce soir du 15 août, logent tous dans le même immeuble, à des étages différents. Ils sont, chacun, à des moments pas terribles de leurs vies, c’est un peu la loose et il va y avoir un concours de circonstances qui fait que, ce soir-là, ils auront un succès fou.
Quel personnage avez-vous le plaisir d’incarner sur scène ?
Je joue le personnage de Natacha, qui est la meilleure amie d’Antoine. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, si ce n’est qu’elle est importante pour son ami et qu’elle va bouleverser pas mal de choses. Il va y avoir de nombreux quiproquos autour de mon personnage.
Sans doute que la palette de couleurs à défendre doit être très grisante ?
Oui ! C’est ce que j’adore et ce qui est, pour moi, super dans cette pièce…Il y a plusieurs couleurs. Natacha sait ce qu’elle veut, elle est très sensible et ne cache pas du tout ses émotions. Elle rêve d’amour. Comme il s’en passe des vertes et des pas mûres, elle va passer un peu par tous les états, ce qui est super à jouer pour moi.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous certaines sources particulières d’inspiration ?
J’essaie surtout de coller à ce que Sébastien et José ont en tête pour ce personnage. On a pas mal travaillé avec José Paul sur certains moments de la pièce où il voulait des choses précises en termes d’émotions, et ça c’est super à aller explorer, je lui en suis très reconnaissante.
A quelques jours de la première à Paris, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
C’est vraiment l’excitation…J’ai hâte ! D’autant que l’on avait fait une très belle pré-tournée, de mars à mai, avec une cinquantaine de dates….Donc on est déjà quand même pas mal dedans, on a déjà beaucoup joué ce spectacle mais, là, de commencer l’exploitation à Paris, c’est autre chose, c’est un nouveau chapitre. C’est aussi un autre public…On se sent tous, je pense, assez prêts et on est excités, un peu stressés aussi mais c’est du bon stress, celui qui donne envie de se dépasser. On est très heureux de se retrouver !
Quels principaux retours du public aviez-vous pu avoir en province ?
On a eu la chance de n’avoir que de super retours ! Franchement, nous étions ravis parce qu’un tel démarrage, c’est prometteur. Sébastien, qui a écrit la pièce et qui y tient le rôle principal, ne veut pas décevoir son public et ne prend jamais rien pour acquis. De voir donc, dès la première représentation, un public conquis, c’était un vrai bonheur !
Comme tout nouveau spectacle, sans doute que cette tournée avait été l’occasion d’affiner votre jeu ?
Bien sûr ! José Paul est très présent, il nous donne ses retours après chaque représentation et Sébastien a réécrit, tout au long de cette pré-tournée, plein de petites choses pour que ce soit exactement ce qu’il avait en tête, en termes de rythme et d’efficacité. On n'a pas cessé de faire évoluer la pièce. C’est un travail continu, en fait ! Je suis sûre, le connaissant, qu’à Paris, après les premières représentations et les premières réactions, s’il y a besoin, il continuera à changer des petites choses. C’est super que ce soit mouvant ! Il a vraiment à cœur de proposer le meilleur spectacle possible.
Le fait d’être à Paris, dans un seul et même lieu, pendant sans doute une année, change-t-il quelque chose pour vous, par rapport à la tournée ?
Ce que ça change surtout, c’est la logistique ! La tournée a été géniale, on a vu du pays, on a joué dans des lieux superbes, comme l’opéra de Vichy ou des Zénith, devant, parfois, plus de mille personnes, c’était fabuleux ! On a créé de magnifiques souvenirs ensemble.
La vie de tournée est très excitante et j’adore ça mais c’est vrai que, quand on a une famille, c’est plus d’organisation. Là, on est ravis de pouvoir jouer dans ce magnifique théâtre. Et « poser l'ancre » dans un lieu si mythique, quelle chance !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?
Au tout début du projet, Sébastien m’avait appelée pour simplement me demander de participer à une lecture de la pièce devant des producteurs, sans engagement de sa part pour une suite éventuelle. Dès que je l’ai lue, j’ai tout de suite aimé cette pièce. Je crois que c’est ma pièce préférée de Sébastien…Pour moi, elle a tout ! Je la trouve drôle, évidemment mais je la trouve aussi très touchante.
Après la lecture, quand Sébastien m’a rappelée pour me proposer le rôle, j’étais aux anges. Faire partie de ce beau projet, c’était la cerise.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette année à venir de représentations parisiennes ?
On est tous très heureux de défendre cette pièce que l’on adore et j’espère que le titre sera révélateur 🙂 …donc on peut nous souhaiter que cette pièce connaisse un succès fou ! Je l’espère… On va tout donner, en tout cas, pour toute l’équipe, pour Sébastien, pour José, pour nous.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes un artiste aux multiples cordes et vous serez, notamment, sur scène, au théâtre, en fin d’année…
C’est un théâtre du récit, qui revient sur mon histoire, depuis que je suis petit et sur comment j’ai pu incorporer mes différentes cordes à mon arc. Surtout, comme beaucoup à l’époque du Covid, je n’ai pas fait grand-chose, j’ai surtout réfléchi, j’ai pu aller voir mes parents et je me suis aperçu que, sur un coup de folie, mon père avait brûlé toutes nos photos…A partir de là, j’ai écrit, me posant la question “Pourquoi il a fait cela ?”. J’étais très en colère, j’aurais aimé montrer ces photos à mon fils…J’ai donc commencé à écrire sur l’acte de mon père, sur son histoire, sur notre histoire, sur mon histoire.
J’ai pu, ensuite, faire une proposition à l’Adami et j’ai obtenu une bourse d’écriture. Petit à petit, en avançant sur ce projet, j’ai pu le proposer à un collectif marseillais, spécialisé dans le genre. La directrice m’a même convaincu que c’était à moi de totalement prendre en charge cette pièce et de l’incarner. C’est comme cela que c’est devenu un seul-en-scène…
Je viens du rap et de la photo, et je crois que j’ai réussi à les incorporer dans ce projet, où on se demande également ce que c’est que de ne plus avoir de mémoire.
Ce projet remue certainement beaucoup de choses et de souvenirs en vous ?
Pour ma part, c’est de l’art-thérapie ! En passant par l’écrit, je vais encore plus loin que si j’allais chez un psy…Cela ne me laisse pas indifférent. Les mots ne suffisent pas, j’y ajoute des images, de la musique, de la vidéo, des odeurs, de la lumière et des silences. Cela permet d’être assez subtile pour transmettre ce par quoi on est passé et ce que l’on ressent. Ce n’est donc pas un travail qui m’a laissé sans trace et c’est un travail nécessaire, qui fait partie du chemin de vie. Pour moi, c’est une belle œuvre, que j’ai hâte de montrer !
J’ai pu faire d’autres pièces et le théâtre est quelque chose de transcendant, parce qu’on a le contact direct des gens, avant, pendant et après. Le théâtre vivant est vraiment quelque chose de très organique, que l’on ne retrouve pas sur un plateau télé. Cela bouge, c’est vivant, chaque soir est différent. Avec le temps, j’ai remarqué que c’est un exercice bien différent…
Vous l’avez dit, vous venez aussi du rap. Un EP est d’ailleurs sur le point d’aboutir. Quel en a été le déclic ?
Le temps ! Je connais beaucoup d’artistes, on a tous des projets qui ne sont jamais sortis…En tout cas, je fais partie de ces gens qui aiment la créativité mais accoucher puis présenter sont deux autres histoires. Je pense que c’est le bon moment pour moi, maintenant, de le sortir !
Cet EP reflète surtout l’époque, il y a une quinzaine d’années, au moment où je suis arrivée sur le tard dans ce milieu. Je l’ai commencé alors que j’habitais encore à Montréal. J’ai fait plusieurs maquettes, pour affiner le texte et le rendre accessible à tous. J’y parle du quotidien, je n’avais pas envie de mettre en avant mes origines par exemple. “Une semaine de plus” a sept titres, chacun du nom d’un des sept jours de la semaine, avec des sous-titres à chaque fois. J’aime beaucoup la poésie, je m’en suis inspiré, tout comme de mes observations. Musicalement, c’est un son des années 90, très américain, avec un mix un peu différent, ce n’est plus l’instrumental qui est mis en avant.
J’ai, d’ailleurs, plein d’idées pour un autre album encore !
En complément, vous l’artiste aux multiples casquettes, vous avez aussi un beau parcours à l’image…
L’un de mes plus grands rôles était dans “Le soldat blanc”, en 2014. En 2022, vous aviez pu me retrouver dans la première saison de “Furies”. Plus récemment, il y a eu “A priori”, pour France 3. D’ailleurs, ma première expérience dans une série était pour “Père et Maire”. Il y a plus de dix ans, j’avais fait une apparition dans “Plus belle la vie”, ou encore, il y a moins longtemps, dans la saison 5 de “Léo Mattei”. J’ai aussi fait de jolies choses pour Netflix.
Souvent dans des rôles assez durs : que ce soit chez les flics ou parmi les bandits, je ne suis pas quelqu’un de commode 🙂…
Vous êtes aussi directeur d’acteurs dans “Plus belle la vie, encore plus belle”, ce qui doit être très complémentaire, pour vous, du jeu devant la caméra ?
La direction d’acteurs est un poste spécifique, que l’on retrouve surtout sur les quotidiennes ou dans des courts-métrages. Je ne fais pas la mise en scène mais, en accord avec le réalisateur, je dirige les comédiens…Ce poste-là est arrivé, pour moi, par hasard, j’ai fait un essai avec Eric Hénon et je peux vraiment dire que, depuis, je suis devenu meilleur acteur en dirigeant des acteurs. Je suis tout le temps sur le plateau, ça m’enrichit. Cela me tient à cœur d’accueillir notamment les guests pour les mettre à l’aise, parce que je sais aussi la difficulté que c’est, en tant que comédien. Je cherche à les rassurer, en étant bienveillant.
Ce poste me permet de parfaire ma connaissance du plateau, je maîtrise mieux les spécificités également. C’est intéressant, je connais davantage mon environnement, ce qui m’aide à gagner du temps quand je suis de l’autre côté.
J’estime énormément les comédiens de quotidienne, qui ont une ribambelle de textes à apprendre, dans différents contextes et temporalités. Ils doivent rester frais jusqu’en fin de journée…Chapeau à eux ! On ne se rend pas compte de la difficulté que c’est, la méthode de travail est hyper compliquée. Il faut avoir de vraies qualités…C’est, je pense, une expérience à vivre, en tant que comédien.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Edgar, dans la pièce “Braquage en cours”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Déjà, c’est un peu mon équipe de cœur ! Je les connais depuis 2019, on a vécu plein de choses, à la fois extraordinaires et, parfois, des petites galères. Tous ces bonheurs et toutes ces adversités nous ont permis, en fait, de nous rencontrer. Si je dois jouer avec des gens, c’est avec eux…Je les adore, on s’adore ! Il y a vraiment cette énergie solaire qui, je pense, se voit sur scène. C’est tellement fort entre nous que cette énergie-là crée une belle mayonnaise…
Cette pièce est née de l’ambition du metteur en scène, Mickael Soleirol, et de Damien Dufour, le premier comédien à avoir joué le rôle du braqueur. En fait, ils se sont demandé comment faire pour que notre dynamique de troupe fonctionne sur le long terme. Damien avait, au fin fond de son placard, une ébauche de cette pièce, qu’il a fait lire à Mickael, qui a trouvé cela génial. Ils ont planché dessus pendant une année et ont créé cette pièce…La première lecture, en juin 2023, montrait que c’était hyper bien conçu mais, en même temps, que tout était encore à finaliser. Cela a été un bonheur pour Violette et moi, alors, de pouvoir y mettre nos envies et notre énergie. On a vraiment collaboré tous ensemble donc c’est un peu notre bébé à nous tous.
En plus, on a tous des rôles qui sont super ! Ce sont trois premiers rôles…Les trois personnages sont hauts en couleurs, bien que très différents. Ils ne devaient pas se rencontrer, ils n’ont rien à voir les uns avec les autres, mais finissent par créer des liens, à la fin !
Le bonheur est aussi de pouvoir jouer au théâtre Edgar, à Paris, après une merveilleuse année de tournée. On est chouchoutés, on a “juste” à rentrer dans nos pantoufles et à jouer notre personnage, je dirais qu’il n’y a rien de plus facile, de beau et de super agréable pour un comédien. On est chez nous, on est bien, on est heureux d’être là et il y a du monde donc on est hyper contents ! C’est un bonheur…Le pari est d’autant plus réussi que l’on a commencé en plein mois de juillet. On est en août et il y a toujours autant de monde, pas forcément des spectateurs parisiens d’ailleurs. On a même eu des gamins qui allaient pour la première fois au théâtre et qui venaient…d’Abidjan. Ils étaient ravis !
On est tellement heureux, à la sortie, d’entendre des gens nous féliciter et d’avoir ce contact-là. C’est ce qu’il y a de plus réjouissant au monde !
Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment présenter ce spectacle ? Quelle en est l’histoire ?
Je joue la banquière, Sophie Martin, pour qui c’est une journée ordinaire. C’est la routine quotidienne, elle fait bien son travail, sauf que deux personnes vont arriver, qui n’étaient absolument pas prévues pour elle dans sa journée de travail. Un jeune homme, Armand, qui a des galères financières, a vu un tuto sur internet qui explique comment réussir un braquage de banque à tous les coups et il pense que ça va lui permettre de braquer celle où travaille Sophie. Il arrive frais comme un gardon, se disant qu’il n’y a plus qu’à, mais il s’aperçoit qu’en fin de compte, ça ne se passe pas comme ça en vrai. Du coup, il devient très très amateur, et se retrouve face à cette banquière qui n’a pas tellement envie de se faire braquer et, surtout, face à une flic, badasse, qui est justement présente ce jour-là…C’est donc plus compliqué que prévu pour lui, il aimerait bien rentrer chez lui mais va devoir gérer son braquage jusqu’au bout ! Il ne peut plus revenir en arrière, il est pris à son propre piège…
Quel regard portez-vous sur Sophie, votre personnage ?
J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup mon personnage. D’ailleurs, j’y ai mis beaucoup de moi-même : comme je le disais, on a fini d’écrire la pièce ensemble et j’ai suggéré pas mal de petites blagues. On est un peu dans les clichés mais qui sont colorés et sympas . Pour moi, c’est une amoureuse : elle aime son directeur de banque, elle a une fascination pour Tom Cruise et elle trouve Armand, le braqueur, plutôt mignon …Elle a un coeur d’artichaut, qui fait qu’elle peut être un petit peu extravertie, à s’embourber elle-même. C’est une nana qui est sexuée, mais sans le vouloir… C’est ce qui fait, je pense, la force de ce personnage ! Je ne voulais pas faire une bimbo, c’est plutôt son hyper émotivité qui fait qu’elle tombe amoureuse et qui l’incite à faire, malgré elle, des blagues osées. Sophie est un peu prise par ses émotions et, en même temps, j’aime bien jouer ça, une nana un peu fragile mais qui est mignonne. J’apprécie son authenticité !
Sophie est une fille qui veut bien faire, qui veut faire plaisir à tout le monde, quitte à se perdre un peu parfois. J’aime bien, d’ailleurs, son évolution au fil de la pièce : Sophie est un peu coachée par cette policière qui sait ce qu’elle veut dans la vie, mon personnage prend alors du poil de la bête et apprend à savoir dire non..
On peut imaginer que la palette de jeu à défendre doit être large et variée ?
Exactement ! Effectivement, il y a une possibilité d’évoluer. Tous les personnages grandissent, le mien particulièrement : d’un côté presque enfantin, elle veut ensuite prendre les choses en main et s’affirmer. C’est hyper grisant à jouer !
D’ailleurs, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?
Les gens nous parlent beaucoup de notre énergie, du côté solaire et du fait qu’ils ne s’attendaient pas à cela. C’est un petit OVNI… L’énergie de cette pièce n’est pas quelque chose que l’on voit si fréquemment que cela. On entend, à la sortie, des “Waouh, vous vous donnez !”, “Quelle générosité !”, …C’est un très beau compliment !
On essaie de donner du plaisir au public. Je pense qu’on est là pour passer un bon moment et pour qu’il passe un bon moment. En plus, au fur et à mesure de la pièce, il y a quand même pas mal d’apartés avec le public, on ne peut pas s’empêcher de jouer avec les gens. Cette communion avec le public est hyper agréable ! C’est un peu comme si les spectateurs faisaient partie de la banque…Cette connivence est très réjouissante.
On a un public varié et jeune, on en est très contents. Il y a pas mal, aussi, de références à des jeux vidéo, à Pokémon, à des chansons très connues…Sophie , qui aime beaucoup Tom Cruise, fait aussi quelques références, l'air de rien, à la filmographie de Tom Cruise. Le public n'est pas obligé de connaître ces références, mais les auteurs, cinéphiles, les y ont glissées tout de même !
C’est, là, votre première exploitation parisienne et elle est d’autant plus plaisante pour vous que le théâtre Edgar vous offre une co-réalisation…
Merci à Luq Hamet ! C’est, d’ailleurs, lui qui nous avait fait passer l’audition…mais de la pièce en intégralité, sans accessoire et sans musique. Cela était assez challengeant pour nous, afin de faire vivre la pièce et de lui en montrer sa quintessence. A la fin, il nous a dit la plus belle des phrases, alors que l’on était rivés à son regard, “Vous ne pouvez pas savoir à quel point cette pièce peut aller loin”. On en a eu des frissons ! Son regard critique nous a aussi incités à changer l’affiche et à modifier le pitch, en y mettant plus de cette énergie cartoonesque et virevoltante. Je pense qu’on lui doit aussi ce qui se passe en ce moment !
C’est très très chouette de jouer dans un tel théâtre pour notre première à Paris. Les gens viennent de Savoie ou encore de Sète, c’est un réel bonheur pour nous !
Du coup, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?
Que ça se perpétue, car on aime cette pièce ! J’aimerais bien la jouer le plus longtemps possible. Notre rêve serait qu’elle soit connue pour elle-même…On est dans le top des réservations de Billetreduc, c’est très cool, on est fiers donc pourquoi pas être affichés dans le métro dans un avenir proche 🙂…
En complément, on a pu voir quelques vidéos dans lesquelles vous interprétez des chansons. Ces deux registres, des planches et de la musique, doivent certainement être complémentaires pour vous ?
Oui ! J’ai, effectivement, posté quelques vidéos sur les réseaux sociaux. Au théâtre, mon emploi est plutôt quelqu’un d’énergique et de solaire, alors que les chants que j’aime sont plutôt nostalgiques et intériorisés. Du coup, bizarrement, lorsque je chante, je suis enfin posée 🙂, ce que je ne suis pas beaucoup dans la vie… La chanson me permet un lâcher-prise en douceur, presque un peu sensuel !
Mon rêve serait de pouvoir allier les deux. On chante déjà dans la pièce, sur une reprise du groupe ABBA, que l’on transforme à notre sauce, mais j’adorerais faire une comédie musicale, pour allier le plaisir du jeu et celui du chant.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous serez sur scène, au théâtre actuel et public de Strasbourg, en novembre prochain dans une adaptation de CRAPALACHIA, un roman de Scott McClanahan. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, évidemment ! Surtout que c’est une équipe qui, humainement, est juste extraordinaire…Cela fait du bien de pouvoir travailler dans des conditions où l’humain est mis au cœur du projet. C’est déjà quelque chose de très beau…Et puis, effectivement, entrer en répétitions m’excite et m’émeut, parce que le projet est ambitieux. C’est du théâtre récit, on campe tour à tour des rôles différents, on est tantôt dans le jeu, tantôt dans la narration, ça crée une dynamique qui fait que l’on n’a pas le temps de se reposer.
Et puis c’est toujours un plaisir de démarrer un projet, de découvrir un nouveau texte, une nouvelle écriture et de plonger dans un univers loin de soi…Cela fait du bien !
Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?
C’est l’histoire de la famille McClanahan, qui habite la Virginie occidentale, au milieu des mines et des montagnes. Scott, l’auteur, va dresser un tableau de sa famille, avec des personnages très hauts en couleurs : une grand-mère narcissique qui fait construire par anticipation sa tombe et qui s’y recueille chaque année, un oncle qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale mais qui adore les plaisirs de la vie et qui sirote de la bière à travers une sonde gastrique, un ami d’enfance qui a des tocs, qui adore répéter les mêmes questions et qui écoute la même chanson…Il y a aussi un fond social très profond de cette Amérique-là, qui rappelle un peu les “red necks” - les nuques rouges, avec ce côté un peu beauf mais, en même temps, hyper touchant.
Scott est un peu tiraillé par tout cela…par son attachement à ces personnes et la critique de cet entourage.
Quels personnages aurez-vous le plaisir de pouvoir incarner sur scène ?
Nous sommes 4 sur le plateau et nous allons tour à tour incarner Scott, l’auteur du texte, qui sera un peu le fil rouge de la pièce, tantôt un ami, un oncle, une vieille tante et une grand-mère. Je vais vraiment m’amuser à passer d’un personnage à un autre, ce qui est très jouissif !
Certainement que la palette de couleurs à défendre va être large et variée ?
C’est sûr ! On va surfer sur différents registres mais, pour le metteur en scène, c’est important de ne pas tomber dans le pathos. Les histoires sont parfois tristes mais la façon dont on les raconte ne l’est jamais véritablement…Malgré cette vie qui peut paraître peu envieuse, il y a beaucoup de joie et d’amour aussi.
Sera-t-il si facile de switcher d’un rôle à l’autre ?
Ah non, je trouve que c’est un exercice qui est particulièrement difficile, mais c’est ce qui en fait sa richesse. Cela va demander une mémoire des corps, peut-être aussi du phrasé. On est en phase de recherche et de création donc beaucoup de choses sont encore à trouver…
A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
C’est, d’abord, encore beaucoup de travail ! Ce que j’aime, ce sont les répétitions…Je me demande parfois si je ne préfère d’ailleurs pas les répétitions aux représentations. Ce temps de recherche-là est vraiment ce qui m’anime, j’y prends beaucoup de plaisir. C’est un va et vient permanent où rien n’est réellement acquis, jusqu’au jour de la première…Tout se renouvelle même à chaque représentation.
En tout cas, de se dire qu’au bout de ces cinq semaines de préparation va naître un spectacle, est quelque chose d’assez merveilleux.
Au-delà des cinq premières dates prévues, sans doute aurez-vous l’envie de prolonger l’aventure ?
Tout à fait ! C’est le travail du chargé de diffusion, il y a déjà quelques pistes, des rencontres ont été faites et on croise les doigts. On espère que les programmateurs répondront favorablement à notre invitation de venir voir le spectacle.
En parallèle, en prévision du mois de mars prochain, vous êtes en plein organisation d’une nouvelle édition d’un festival qui vous tient à cœur…
Oui, “Les Actuelles” se déroule chaque année au mois de mars. En 2027, ce sera la 29ème édition. C’est un festival de lecture qui célèbre les écritures contemporaines. Cinq textes sont sélectionnés par un comité de lecture : pendant un an, plus d’une centaine de textes sont lus et nous en sélectionnons cinq, puis nommons des directeurs et directrices de lecture et des musiciens et musiciennes. Chaque soir, un texte est lu par des interprètes et mis en musique, en présence des auteurices. Ce qui est très beau, c’est que l’on accueille, à la fois, des auteurices connus de la scène théâtrale mais aussi des personnes qui en sont à leur premier texte, et qui voient leur travail être lu pour la première fois par des professionnels.
C’est un festival de rencontres, une vraie parenthèse et j’avoue que ce que j’aime particulièrement dans ce moment, c’est le pouvoir de la lecture. Les artistes n’ont pas le droit de bouger, n’ont pas de costumes, seulement trois effets lumières sont autorisés et tout cela se lit dans un écrin élaboré par des élèves de la Haute école des arts du Rhin. Donc il y a vraiment une synergie de talents, où expérimentés et plus jeunes se côtoient. Ce festival provoque, à chaque fois, des moments très forts : on s’assoie, on écoute, on est très attentifs aux mots …et ça fait du bien ! On n’est pas parasités par l’image…C’est un moment magnifique, pendant lequel on respire tous ensemble. Cela fait du bien en cette époque.
Les écritures choisies sont audacieuses et libres, les sujets traités lors de la prochaine édition seront très politiques. En 2027, avec les élections, c’était important pour nous de coller à l’actualité, à notre monde et à nos réalités.
crédit photos : Raoul Gilibert
Avant d’en être l’organisatrice, vous aviez connu ce festival en tant que spectatrice puis que comédienne. Cela doit vous rendre fière ?
Evidemment ! Je ne l’aurais jamais imaginé le jour où j’étais pour la première fois spectatrice. Je n’étais, alors, pas encore comédienne professionnelle et je me disais “Oh, qu’est-ce que j’aimerais être à leur place”. J’ai d’abord été membre du comité de lecture puis lectrice au festival, oui, pour moi, c’est une fierté absolue et je remercie l’équipe du TAPS de m’avoir fait confiance.
L’organisation de ce festival nécessite un travail de l’ombre, tout au long de l’année, pour que tout soit prêt le moment venu…
Complètement ! C’est une année de travail où notre rôle avec mon partenaire Yordan Golwdaser est de créer du lien entre toutes les équipes. On les rencontre, on organise des ateliers théâtre à destination d’élèves, on est les plus disponibles possible, on essaye de créer beaucoup de convivialité…Et cela demande, effectivement, une importante organisation. Rien que la lecture et la sélection des textes demandent du temps et du travail !
Pour terminer, quels souvenirs gardez-vous de votre tournage, pour TF1, dans “Monsieur Parizot” ?
C’était une expérience très chouette ! J’ai eu l’opportunité de tourner dans une maison absolument somptueuse, qui ressemblait vaguement à un château. J’y suis arrivée très tôt le matin, il y avait un petit brouillard, l’endroit était juste très très beau. L’équipe était très à l’écoute et très disponible.
C’est un autre métier, mais ça a été grisant de jouer le rôle d’une notaire. Le réalisateur a tenu à ce que j’ai un look bien strict, La HMC s’est bien occupée de moi, tailleur gris cintré, chignon, raie au milieu, lunettes, … la totale !