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Quelques mots de présentation...

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour à toutes et à tous,

En dehors de ma passion pour mon métier d'ingénieur, je suis également intéressé par les médias auxquels je consacre ce blog pour mettre en avant mes coups de cœur artistiques.

Aussi, au travers d'interviews exclusives, j'aime à partager l'actualité, les projets et les envies d'animateurs de télévision, de journalistes de radio, de comédiens de théâtre et de musiciens.

C'est aussi l'occasion de mieux comprendre leur organisation de travail ainsi que les coulisses de leur métier.

Retrouvez ainsi tout au long de ce blog les entretiens que j'ai pu mener par passion, mais aussi avec plaisir !

Bonne lecture à tous.

Julian

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France 2 / Fort Boyard : Sébastien Pearon évoque son personnage de maitre du temps, ainsi que ses autres projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Sébastien,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Depuis quelques années, vous incarnez l’un des maîtres du temps, sur France 2, dans l’émission emblématique “Fort Boyard”. Si l’on revient à la genèse de cette aventure, comment avez-vous rejoint cette belle équipe ?

 

C’est tout d’abord une rencontre avec Passe-Partout. On travaillait, un soir, sur le même lieu, en animation, dans un club de vacances. Il faisait un show en première partie, avant moi mais il était arrivé un peu en retard et m’avait demandé s’il pouvait utiliser ma sono, mes micros et mon installation, ce que j’avais accepté sans soucis. Ça s'est bien passé, le show était sympa, l’entente était bonne et c’est là qu’il m’a proposé que l’on continue à bosser ensemble…

 

On a donc continué à se voir, on a fait des spectacles ensemble, on a bien accroché…Après, on a fait des spectacles avec Passe-Muraille, c’était bien, on faisait le tour des clubs de vacances de Charentes-Maritime. C’est comme cela que je me suis approché du fort 🙂!

 

 

 

 

On imagine sans doute la joie et le plaisir que ce doit être, à chaque fois, pour vous, de rentrer dans le fort ?

 

Oui ! Déjà, on monte avec le grappin sur la plateforme et on rejoint la petite passerelle, c’est un petit rituel. Puis, quand j’arrive et que je franchis ce mur de pierres pour rentrer dans cette cour, j’ai presque les frissons à chaque fois. Ça reste parce que c’est quelque chose de tellement énorme. J’adore voir les nouveaux qui arrivent…Récemment, on a eu une biologiste marine, qui venait faire des études des animaux autour du fort et, quand j’ai vu son regard au moment de rentrer pour la première fois, je me suis dit que j’avais été comme elle ! On est tous pareils : quand on rentre dans ce fort, il y a une magie ! On voit ce vaisseau de pierres de l’extérieur et y rentrer donne des frissons. 

 

Sans doute que le costume du maître du temps vous aide à vous projeter dans la posture et dans l’attitude ?

 

Tout à fait ! On touche quelque chose de tellement précieux…Je vois l’émission comme quelque chose de vraiment mythique. Elle peut s’arrêter demain, ça restera dans la tête et le coeur des gens. Je le vois tous les jours, où les gens me disent qu’ils regardent ou que leurs petits-enfants regardent le programme. C’est une émission vraiment à part !

 

Au conseil, tout est fait, dans les images, dans l’ambiance, avec la fumée et la pénombre, pour impressionner. Souvent, on me demande si les célébrités qui participent à l’émission sont sympas mais, sur le fort, on a vraiment un contact différent de celui que l’on peut avoir dans la rue. En arrivant, elles se demandent à quelle sauce on va les manger donc elles sont un peu sur la défensive et essayent d’avoir des indices. Elles sont vraiment différentes et j’adore ce relationnel !

 

C’est sympa de rencontrer, “en vrai”, des personnes que l’on suit. Je pense, par exemple, à Fred Musa, l’animateur de Skyrock, que j’écoute de temps en temps, tout comme mon fils de 19 ans. De voir leur simplicité est sympa ! Notamment Elie Semoun et Keen’V. Quand on est sur le fort, c’est vraiment à part, ce n’est pas le même rapport…J’ai l’impression que ce fort met tout le monde à égalité et c’est ça qui est magique. 

 

 

 

 

Les épreuves sont toutes plus différentes les unes des autres, ce qui vous demande une certaine polyvalence…

 

Oui, il y a toutes sortes d’épreuves ! C’est vrai que c’est différent…Quelquefois, on tombe sur des personnes où c’est difficile mais c’est intéressant, j’adore cette diversité.

 

J’adore le feu, j’aime bien cette épreuve. Celle que j’aime le moins, c’est la mémoire…Mais bon, on a le Père Fouras qui veille. D’ailleurs, il est impressionnant, niveau acting, c’est vraiment un comédien exceptionnel. C’est très rare de couper la caméra et de faire une reprise ! J’adore le regarder faire son show…Il est vraiment très fort ! Yann, qui joue ce rôle, m’a toujours impressionné.

 

 

 

 

Les tournages se font sur quelques jours seulement dans l’année. Le reste du temps, vous entraînez-vous pour garder les réflexes ?

 

C’est très court, sur une dizaine de jours. La France tourne une émission par jour, quelques pays en font deux et ça passe très vite. Non, je ne m’entraine pas, j’ai plein d’activités autres que “Fort Boyard” mais je sais que toute l’équipe attend ce moment du retour au fort. C’est génial, chaque année, de retrouver toute la famille ! Il n’y a vraiment pas de distance entre les stars et les techniciens, tout le monde se parle, tout le monde déjeune ensemble, il y a une super ambiance.

 

En parallèle, vous avez eu plusieurs vies, notamment, en ce moment, le cinéma…

 

C’est ce qui me plait en ce moment ! Je fais pas mal de cinéma depuis quelques années…Avant, j’ai été photographe de presse, j’ai aussi été DJ. J’aime bien changer de vie…Ce sont des cycles, plus ou moins longs, et j’aime aller où ça m’emmène.

 

J’ai adoré le métier de photographe, j’ai fait des choses extraordinaires : 3 Paris-Dakar, dont l’année où Johnny était dessus, j’ai eu la chance de photographier Jean-Paul II en portrait, c’était génial d’être face au Pape, j’ai volé dans le cockpit du Concorde, j’ai rencontré Monica Bellucci, Mike Tyson et d’autres célébrités monumentales. J’ai été photographe de Miss France…Cela m’a ouvert des portes incroyables. Ça a surpris tout le monde le jour où j’ai arrêté, alors que j’avais du travail par-dessus la tête, du lundi au dimanche non-stop. J’aimais cela !

 

Dans ma vie, je n’ai jamais eu l’impression d’aller au travail. A chaque fois, c’est du bonheur ! Aller sur le fort tous les jours est un bonheur…On paierait presque pour aller travailler 🙂. J’ai toujours vécu de métiers passion.

 

Niveau acting, quels registres vous attirent encore plus ?

 

J’ai eu quelques rôles de méchants et j’aime bien ça, moi qui ne suis pas quelqu’un de méchant du tout. Dans “Les sauvages”, j’étais un des trois frères méchants, qui faisaient des kidnappings. Moi qui n’ai jamais fumé de ma vie, j’ai appris à faire semblant, cela m’a amusé. Là, je vais avoir un rôle d’un guerrier médiéval, ça va être sympa. J’ai un tournage pour Prime Video, de six épisodes, sur “Marée noire”. J’ai eu un rôle d’avocat il n’y a pas très longtemps. C’est bien, c’est assez diversifié ! Ces masques nous permettent de changer de personnalité à chaque fois, ce qui est intéressant !

 

Sur Prime Video, je vais être moniteur de kitesurf. Mon personnage va être impacté par la marée noire qui vient d’avoir lieu et l’enquêteur, qui est son meilleur ami, revient souvent le voir pour lui demander des conseils. C’est la première fois que je m’engage sur une série.

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours déjà riche et varié ?

 

Ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les rencontres de gens de tous univers mais qui vivent de passion. J’aime m’enrichir de l’expérience et du vécu des autres ! La richesse, c’est avant tout l’humain…

 

Merci, Sébastien, pour toutes vos réponses !

 

 

 

 

 

Publié dans Télévision

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France 2 / Fort Boyard : Florian revient sur cette incroyable expérience !

Publié le par Julian STOCKY

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

 

Bonjour Florian,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez représenté les téléspectateurs dans la première émission de cette 37ème saison de “Fort Boyard”, sur France 2. Quelle avait été votre réaction au moment d’apprendre votre participation ?

 

J’avais été contacté début avril pour une émission de deuxième partie de soirée sur les fans de “Fort Boyard”. Cyril Féraud, en fait, n’avait pas encore annoncé ni qu’il serait le présentateur, ni qu’il y aurait des anonymes…On s’était bien amusés à faire la vidéo en famille pour évoquer notre engouement mais ce n'est que début mai qu’ils m’ont dit la vraie raison. Donc, quand j’ai su que j’étais pris, on était hyper contents et excités ! J’avais le sentiment de me dire que c’était dingue, je n’y croyais pas trop…Surtout qu’ils ont mis du temps à me répondre après la vidéo. Mais j’ai su le 1er ou le 2 mai que j’étais pris, pour un tournage le 12, ce qui était cool !

 

J’ai toujours rêvé de faire “Fort Boyard”. J’aimais bien regarder mais, comme je suivais pas mal l’émission, à chaque fois que je voyais les épreuves, je me disais “Non, il ne faut pas faire comme cela !”. Je m’enflammais un peu et, du coup, j’avais très envie d’y participer, comme les premiers anonymes des années 90, pour me prouver ce que je valais sur le fort. Et c’était dingue !

 

C’est une émission que vous regardez depuis longtemps et certainement que vous aviez plein de souvenirs et d’images en tête…

 

Oui, oui, c’est ça ! C’était le programme familial du samedi soir, quand j’étais petit. Ma mère, d’ailleurs, est l’une des plus grandes fans de “Fort Boyard”, elle regarde toujours, à 75 ans. Je m’y suis remis avec mes enfants, à suivre les épreuves, à commenter, à suivre les 23 années avec Olivier Minne, un monument. C’est vrai que c’est quand même cool que ce soit Cyril, puisqu’il nous a ramené les anonymes.

 

Oui, plein de bons moments passés autour de “Fort Boyard”, en famille ! C’est un programme familial, ce qui est génial !

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Au moment d’arriver sur le fort, aviez-vous, comme beaucoup, l’impression de rentrer dans la télé ?

 

Oui, c’était vraiment une excitation énorme ! En fait, on s’est retrouvés la veille, à Châtelaillon-plage, je n’ai quasiment pas dormi de la nuit et on s’est levés à 6 heures, pour aller notamment se faire maquiller. Rien que la traversée de l'embarcadère jusqu’au fort est impressionnante. Il y a déjà tout un truc…C’est à ce moment-là qu’on a rencontré Cyril Féraud. Ca commençait donc déjà à monter petit à petit…En plus, on voit le fort arriver au loin.

 

Après, pour monter sur le fort, c’est presque une première épreuve 🙂. C’est assez dingue ! On a fait des photos sur la passerelle et puis, surtout, c’est l’entrée dans le fort qui est impressionnante. Quand on arrive au milieu, et qu’on voit les murs, on se sent petit ! Cela m’a vraiment impressionné. La hauteur et l’épaisseur des murs sont, en fait, presque un peu oppressantes. A la télé, on a l’impression que c’est gigantesque, on a l’impression de quelque chose de vraiment énorme, de la façon dont c’est filmé mais j’ai trouvé, personnellement, que ça faisait plus petit. Les murs sont très hauts et très larges, c’est vraiment un monument ! Au début, tu prends un petit peu de temps, tu restes scotché, à regarder, à découvrir le proscénium ou encore la salle du trésor… C’est un sacré moment ! En plus, ils nous avaient laissé 5 à 10 minutes pour nous promener.

 

Après, ça va vite…On est appelés de partout, en fait, jusqu’à la fin du tournage quasiment. Il y a des petites pauses mais le rythme est intense. Il n’y a vraiment pas le temps…

 

Malgré cette intensité, les images ont montré, de suite, une vraie cohésion et un vrai esprit d’équipe…

 

La veille au soir, à l'hôtel, on a déjà commencé à faire connaissance, en mangeant ensemble. En plus, on avait Bruno Solo, il met quand même une sacré ambiance, à lui tout seul 🙂. Avec Isabelle, ils faisaient un sacré tandem pour nous faire rigoler. 

 

Tous les caractères s’entendaient bien, il n’y avait que des gens simples, pas compliqués donc ça va vite pour mettre la bonne ambiance. Après, avec le déroulé de l’émission, automatiquement on s’encourage. Personne, je pense, n’était sur la retenue, ça a joué aussi un petit peu. Tout le monde avait envie de bien faire donc ça a permis de mettre directement une bonne cohésion. On a pas mal performé sur les épreuves, ça aide aussi, c’est quand même plus facile ! C’était simple, chacun s’est fait plaisir.

 

Tout le monde était un peu excité, je pense. Même Isabelle et Camille, qui connaissent plus…Je pense qu’avec l’anonyme, ils se revoient un peu la première fois qu’ils étaient venus sur le fort, ça rebooste un petit peu plus, peut-être qu’un entre-soi de célébrités. Cela a dû jouer sur l’ambiance dans l’équipe et sur le fort. 

 

Parmi les nouveautés de cette année, il y avait les cinq temps forts, ces épreuves collectives, qui vous ont plutôt bien réussi…

 

On a réussi tous nos temps forts, sauf chez Willy… Je pense que ces épreuves collectives sont un vrai bon truc de cette saison. Cela manquait, il n’y avait que le mot code à la fin, en équipe. Ces temps ensemble sont, j’ai trouvé, vraiment top ! 

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Les thermes ont une entrée sympa, avec le toboggan, et l’épreuve est top. Ce n’était pas simple, ce sont quand même des crapauds, il fallait mettre la tête dedans. Il y avait une histoire de taille aussi, on a vu que c’était difficile pour Shirine à cause de ça. Les gros tubes ne sont pas très très larges et, par contre, la balle est profonde donc il faut être assez grand quand même pour arriver à la choper, à l’attraper et souffler dedans pour faire sortir les boyards. Et puis, il y a quand même un temps limite donc, si tu galères, tu as tout de suite peur de ne pas réussir. Je pense que j’avais typiquement le physique parfait pour réussir facilement, je n’étais ni trop grand ni trop petit, j’avais la bonne taille. Ce temps-là s’est plutôt bien passé !

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Après, on a été chez Blanche, avec Camille où, là, c’était un peu une chance sur deux, globalement. Il y a, chez Blanche, trois jeux possibles : les cartes, les souris et la boisson. Je pense que l’on a eu le moins fun des trois…J’aurais préféré avoir quelque chose de plus stratégique. Là, c’était juste du hasard mais c’était sympa quand même. C’était surtout sympa de voir Blanche, c’est quand même un personnage mythique de “Fort Boyard” donc c’était cool !

 

Dans la foulée, vous disputez votre première épreuve individuelle, celle de la ketchuperie…

 

Une épreuve culte, clairement ! Cela faisait bien plaisir de pouvoir la faire…J’avais dit que je ne ferai pas l’erreur d’oublier d’appuyer sur le bouton mais, voilà, évidemment, j’ai quand même oublié 🙂, pris dans le truc…Mais, après, ce qui m’a aidé, c’est que je suis plutôt sportif, je ne me suis pas mis le dos contre la paroi, tu ne vas pas vite, il faut vraiment gainer dur et être en tension à fond mais, si tu te mets dans l’autre sens comme moi, tu peux aller beaucoup plus vite à traverser. Après, il faut réussir à trouver un endroit où mettre les tomates. Dans le pull, c’est pas mal…C’est, je pense, une des meilleures solutions ! Cela va peut-être parler aux gens qui feront cette épreuve les années prochaines, parce que cette cellule est un peu dure. Après, ce qui n’est pas facile, c’est de ne pas tomber parce que, quand tu tombes…Bon, je suis tombé, j’ai réussi à le refaire mais il faut gainer vraiment très très fort ! Si tu n’es pas vraiment sportif, cette épreuve est un peu plus dure. 

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

J’ai réussi sur le gong, c’était vraiment cool de la faire et de la réussir !

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Plus tard, vous avez affronté la poutre jets d’eau…

 

Oui, avec Camille qui venait après moi. C’est une épreuve sympa et impressionnante parce qu’elle est vachement en hauteur. Après, j’étais quand même hyper concentré, forcément. Je pense que, quand tu es anonyme, tu es à fond, tu es vraiment concentré. Après, je n’ai pas peur du vide, donc ça va mais tu es tellement concentré que tu ne réfléchis pas trop au fait de tomber. La poutre est vraiment hyper épaisse, tu as 15 bons centimètres de mousse, c’est vraiment tout mou…En plus, ils ont mis un espèce de skaï de plastique, un peu glissant quand il est mouillé par les jets d’eau. Je n’ai pas réussi mais il ne manquait pas grand-chose, il me manquait deux à trois mètres pour réussir à aller jusqu’au bout mais j’ai fini par être déséquilibré par un jet d’eau. Mais, oui, une belle épreuve individuelle, une des plus dures aussi donc ils se sont dit “Tiens, celui-là, on ne va que lui mettre des épreuves hyper dures”...Sympa 🙂. Bon, Camille n’a pas réussi non plus, dommage ! 

 

Après, c’est chouette, tu sautes dans le vide et tu as une belle vue du fort ! C’est assez impressionnant quand même, et puis ça te retient un bon coup, c’est dingue. 

 

On a fini en avance et, à mon avis, j’avais une dernière épreuve à faire, je pense, que je n’ai pas pu effectuer. Ils nous présentent un peu les épreuves avant, sans nous préciser vraiment qui les fait mais je pense qu’ils nous restaient à faire l'hôtel, avec les valises. Si on n’avait pas fini avant et qu’on l’avait faite, je pense qu’elle aurait été pour moi.

 

Au moment de vous présenter face à ces épreuves emblématiques, aviez-vous alors repensé à tout ce que vous aviez vu d’elles à la télévision, lors des saisons précédentes ?

 

Oui, tu as quand même un côté où tu réfléchis un petit peu à ce qui se passe. Peut-être plus quand ce sont les autres qui font une épreuve. C’est vrai que, quand c’est toi, tu y vas à fond. Preuve en est, j’en avais marre, à la ketchuperie, de voir tout le temps des gens qui oubliaient d’appuyer sur le bouton et j’ai fait la même erreur. Tu as envie de bien faire, tu es quand même l’anonyme, tu es censé être un peu plus le spécialiste, tout du moins c’est comme cela que j’ai été présenté…Je pense que ça aide plutôt à expliquer aux autres candidats comment réussir leurs épreuves. C’est plus là où l’anonyme peut être utile…

 

Après, il faut quand même être un peu sportif, et ne pas avoir peur. Chez nous, personne dans l’équipe n’avait peur, c’est plus facile quand personne n’a de grosse crainte qui l’empêche d’aller aux serpents ou aux rats…

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Avez-vous constaté une grosse différence entre la vision que vous aviez de ces épreuves et ce que vous avez vécu sur place ?

 

Je suis content, parce que c’est vraiment sportif ! Il n’y a pas de chiqué, les épreuves qui sont dures sont vraiment dures, il y a vraiment des animaux, il y a le temps à respecter, sinon tu peux être prisonnier, …Ils ne te facilitent pas la vie, surtout quand, comme nous, tu réussis plutôt bien. Donc vraiment pas déçu du passage sur “Fort Boyard”. C’est vrai que tu pourrais avoir de grosses attentes et, au final, te dire que ce n’est pas si compliqué que cela mais non…Quand tu en parles avec les célébrités, elles te disent toutes que c’est hard, que ce n’est pas facile, que tu peux souvent te faire mal, comme Bastiaan. Les épreuves sont dures, il y a des protections mais il faut faire gaffe, tu peux vraiment te faire mal. On sent que les célébrités se passent le mot, elles savent toutes que tu n’en ressors pas forcément indemne. 

 

Au-delà de la difficulté des épreuves en elles-mêmes, l'enchaînement fait que c’est presque du non-stop…

 

Oui, c’est hyper intense ! J’étais complètement cuit le soir…C’est 8h30 - 17h30 et, à la fin de journée, tu ne sais plus où tu habites. C’est très fatiguant, autant nerveusement que physiquement. Il m’a fallu deux à trois jours pour remettre les pieds sur terre. En plus, là-bas, on est tellement chouchoutés, beaucoup de monde s’occupe de nous, c’est un super moment mais il faut redescendre un peu et récupérer, ce n’est pas simple. 

 

A froid, quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

 

L’ambiance avec les collègues mais aussi avec l’équipe de tournage, Cyril et les personnages ! C’était vraiment top, tout le monde était super sympa, c’était hyper familial, hyper bon enfant. C’est speed, il y a un timing précis à cause des marées, on ne peut repartir trop tard donc il faut aussi que ça tourne, mais il y avait vraiment une super bonne ambiance.

 

Les épreuves individuelles m’ont quand même vachement marqué, je m’en souviens forcément, c’est mythique. Aussi l’arrivée, tout en bas puis dans le fort, au milieu des murs…C’est impressionnant !

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Comment avez-vous vécu la diffusion de l’émission ?

 

Tu te “resouviens” de tout, c’est rigolo ! On a fait ça en famille, chez mes parents, dans une grange, on était une quarantaine, on avait invité les copains et la famille, on avait mis un grand tableau blanc avec un vidéoprojecteur. Oui, tu te replonges dedans ! Je faisais des petits arrêts, dès fois, pour leur expliquer des moments que l’on avait vécus, parce qu’il y a des choses que l’on ne voit pas à la télé et que tu sais. C’est rigolo de partager un peu toutes les anecdotes. Oui, c’était un super moment ! C’était top…De faire cela en famille était génial ! Ce 4 juillet restera gravé…Après, on l’a re-regardé une ou deux fois. J’ai même téléchargé l’émission et je l’ai stockée sur mon disque dur 🙂, avec toutes les photos envoyées par ALP. C’est un souvenir qui va me marquer longtemps ! C’était un truc de dingue….Je pense que je vais essayer de repostuler, dans deux ou trois ans, s’ils continuent de le faire, parce que c’est génial et que c’est une expérience hors du commun. Je tenterai, on ne sait jamais…Peut-être qu’ils voudront faire quelque chose avec les anciens anonymes ? Comme ils aiment bien faire cela avec “Koh Lanta”...

 

Maintenant que vous avez vécu cette expérience de l’intérieur, avez-vous eu un regard différent sur les autres émissions diffusées ?

 

Oui, automatiquement, un petit peu…Tu es un peu compétiteur par rapport aux autres équipes, tu es aussi un peu plus exigeant sur certaines choses, à dire “Mais non, il ne faut pas faire comme ça…”. Je dirais que tu es un poil plus critique sur les émissions que tu regardes. Après, je trouve que le renouveau, cette année, est vachement bien, avec Cyril et tout ce qu’ils ont mis en place. Je commençais à me lasser un petit peu, il y avait une certaine routine, Olivier Minne se “fatiguait” peut-être aussi. Je trouve que c’est vraiment bien ! On verra sur le long terme ce que ça donne mais je trouve que la présence d’anonymes apporte un truc en plus. Je pense que ce sera peut-être encore mieux l’année prochaine, parce que ce seront vraiment des anonymes fans. C’est un peu différent, je pense que tu ne te donnes pas pareil quand tu es vraiment un fan et que c’est ton rêve, depuis tout petit, de faire “Fort Boyard”. Donc j’attends de voir aussi la prochaine saison, qui sera peut-être encore plus intense au niveau des anonymes. Peut-être que la production choisira aussi d’autres profils mais je pense qu’il y a quand même un paquet de personnes comme moi qui vont postuler. 

 

C’est bien aussi de n’avoir mis qu’un anonyme parce que les célébrités nous entraînent. Je l’ai senti à mort ! Au fil de la journée, tu commences à comprendre comment ça marche, notamment de ne pas regarder la caméra, de mettre tout le temps l’ambiance, de se faire des câlins, de dire “Ah super, tu as réussi !”. Au début, ce n’est pas évident, quand tu ne vis pas ça au quotidien mais les célébrités t’emmènent là-dedans parce qu’elles savent comment faire. Cela fait qu’il y a une grosse ambiance sur le tournage ! 

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Pour terminer, avec l’expérience de cette première participation, selon vous, quelles sont les caractéristiques nécessaires pour être un bon candidat ?

 

Déjà, il ne faut pas être trop timide, ne serait-ce que pour qu’il y ait une bonne ambiance. C’est important ! Si tu veux vraiment profiter du fort, je pense qu’il faut être un minimum sportif, même si, au final, il y a pas mal de candidats qui ne sont pas hyper sportifs qui réussissent bien…Il faut surtout avoir la gnaque, il faut être hyper motivé pour y aller. Il faut connaître les mécanismes du jeu, je pense que c’est plus simple. Il ne faut peut-être pas tout connaître non plus, il ne faut pas essayer de savoir avant tout ce qui se passe, il faut laisser une petite part de découverte…Je pense que tu perds un peu de la magie si tu cherches à tout savoir, il y a quand même plein de choses que tu découvres sur place, surtout comment le fort est exploité pour faire le tournage, avec toutes les salles et tous les endroits qu’il y a. C’est génial, on découvre des trucs tout le temps donc je pense qu’il faut essayer de garder un peu ses yeux d’enfant. 

 

Il faut aussi se dire que ça va forcément être une bonne journée et ne pas avoir d’appréhension. Enfin, il faut être un peu fan de “Fort Boyard”, je pense 🙂.

 

Merci, Florian, pour toutes vos réponses !

 

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

Publié dans Télévision

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France 2 / Les évaporés : Alexia Barlier nous présente ce nouveau programme, prochainement diffusé !

Publié le par Julian STOCKY

© Rebecca VAUGHAN COSQUÉRIC- France Télévisions - Storia Television

 

 

 

Bonjour Alexia,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver prochainement dans “Les évaporés”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, j’ai vraiment eu la grande chance d’être choisie pour interpréter Esther Bazin. Par rapport à l’endroit où je suis dans ma carrière, souvent on me fait des propositions, parfois je passe des castings et, là, c’en était un avec Emilie Grandperret, la réalisatrice des trois premiers épisodes de cette saison 1. C’était vraiment super de la rencontrer, de faire ces deux scènes avec elle et de travailler le personnage d’Esther, afin de voir dans quelle direction l’amener…J’avais déjà eu un vrai coup de cœur pour Emilie et sa direction d’acteurs, qui est vraiment très fine, et puis pour ce personnage, donc j’étais ravie quand on m’a appelée pour me dire que j’étais choisie ! 

 

C’est vrai que je trouve que c’est un projet qui se distingue, qui est assez original. Il y a une enquête mais ce n’est pas une série policière avec un cadavre, un médecin légiste, une scène de crime, et des scènes d’interrogatoire. On ne cherche pas à trouver le coupable d’un meurtre mais les raisons qui ont poussé quelqu’un à vouloir disparaitre, et à prendre cette décision tragique de tout plaquer sans donner de nouvelles. Donc c’est vraiment une série sur la psychologie et sur l’humain, c’est une série qui développe l’empathie, la compassion et j’ai trouvé ça vraiment chouette et intéressant de jouer une flic mais dans cet environnement-là, qui, finalement, travaille avec des civils et apprend d’eux. Il y a une belle évolution d’Esther au fil de cette saison 1 et, en tant que comédien, c’est vrai que c’est un cadeau, quand on joue un personnage qui a plusieurs couleurs, plusieurs facettes et qui évolue d’un épisode à l’autre.

 

Vous l’avez dit, cette série de 6 épisodes sera l’occasion d’aborder des sujets peu mis en avant en télévision…

 

Ce n’est pas une équipe de flics de la crime qui mène des enquêtes, ce n’est pas une équipe d’avocats qui monte un dossier, ce sont deux civils : un entraineur de basket et une jeune femme qui a une application d’enquêtes fictives. Ainsi que cette commandante de police, qui a beaucoup d’expérience, qui a résolu de grosses enquêtes, dont celle du début de l’épisode, en mettant derrière les barreaux ce tueur en série qu’elle traque depuis trois ans. Donc c’est une équipe assez éclectique et originale, de trois personnages très différents, de par les milieux d’où ils viennent, leurs familles, leurs profils, leurs métiers, leurs sensibilités, leurs personnalités…et je trouve que c’est vraiment une belle rencontre de ces trois personnages, de comment ils se complètent et de comment ils apprennent les uns des autres et évoluent au contact de chacun. 

 

Souvent, un facteur d’une série est que l’on s’attache à l’équipe et aux personnages principaux. J’ai l’impression, j’espère, que ce sera le cas avec Frankie, Douma et Esther. On va voir, on saura bientôt… 

 

 

© Rebecca VAUGHAN COSQUÉRIC- France Télévisions - Storia Television

 

 

Ce programme a aussi été l’occasion, pour vous, de côtoyer un chouette casting …

 

Oui ! Je n’avais pas travaillé ni avec Foed Amara ni avec Faustine Koziel et, vraiment, c’est une super rencontre. On s’est beaucoup appréciés sur le plateau, dans le travail et dans la vie privée aussi, où on est vraiment devenus bons amis tous les trois. C’était très agréable, c’était un vrai bonheur, de les retrouver tous les matins sur le plateau et au HMC, en loges, pour se préparer. C’est important, quand on commence une série, de se dire que l’on aime travailler avec nos partenaires principaux, et je trouve que l’on est tous assez différents dans notre jeu. C’est chouette quand on a des acteurs qui n’ont pas tous le même jeu ni le même timbre, ni la même technique ou encore la même méthode de travail, parce que, du coup, on est très à l’écoute les uns des autres, je trouve que ça rend les scènes assez vivantes et authentiques, en tout cas du sentiment que j’ai eu sur le plateau quand on tournait.

 

Aussi, avec Emilie Grandperret et David Morley, on avait deux supers réals, et toute une équipe technique formidable. Je n’avais jamais travaillé avec Louis Grangé, notre producteur, qui est un jeune producteur, c’est très agréable, il est très à l’écoute de chaque personne de l’équipe et, notamment, des acteurs. Il est à l’écoute des remarques et des sentiments que l’on peut avoir sur certains dialogues et sur certaines scènes, pour pouvoir changer les choses ensemble et que tout le monde sente que ce soit juste, et que ça sorte bien. Ce n’est pas toujours le cas, c’était très agréable de collaborer avec lui donc j’espère qu’on aura d’autres saisons et que ce plaisir va pouvoir se prolonger dans le temps !

 

Quel regard portez-vous sur Esther Bazin, votre personnage ?

 

Elle m’a touchée, elle est forte, elle est déterminée, c’est quelqu'un qui a de la volonté, qui a des valeurs, qui veut essayer de faire la justice et aider les familles des victimes qu’elle rencontre à travers ses enquêtes. Elle est très investie dans son travail, elle est très pro mais au point de mettre un peu sa vie personnelle et familiale de côté, ainsi que son bien-être. Donc je trouve chouette qu’elle commence ce tournant dans sa carrière et dans sa vie, avec ce tueur en série qu’elle coffre, son n-ième déception que sa dernière victime soit décédée quand elle l’a trouvée et qu’elle n’ait pu la sauver, et qu’elle décide alors de démissionner pour essayer de sauver son couple et être plus présente pour son fils. 

 

Au départ, elle est vraiment très solitaire, un peu vide, un peu perdue, et c’est beau ce chemin, au fil de cette saison 1, de comment elle va retrouver du lien, en créant des amitiés avec Frankie et Douma, en trouvant une place au sein de cette équipe et en aidant les familles des disparus à essayer d’avoir des réponses sur ce qui est arrivé à leurs proches. Voilà, ce sont des enquêtes qui ont de l’espoir, on n’est pas à compter des morts…Ce nouveau rôle et cette nouvelle équipe dans laquelle se retrouve Esther vont l’aider à ramener un peu d’amour, de lumière et d’oxygène dans sa vie, à renouer avec son fils, même si la disparition de son mari, Mathias, qui est un peu un fil rouge, est loin d’être résolue. En tout cas, elle retrouve du soutien, de la solidarité et de l’échange autour d’elle, notamment aussi avec son ancien patron, Dominique Malherbe. Cette relation également est jolie. 

 

Donc, oui, c’est un personnage qui est touchant, elle est forte, déterminée, très courageuse et, en même temps, elle est extrêmement sensible, on le voit dans certaines scènes. C’est beau quand il y a plein de modulations à amener avec un personnage et plusieurs visages à montrer, comme on les a dans la vie, où on n’est pas qu’une chose. C’est un cadeau, pour un acteur, quand on peut montrer, comme ça, plusieurs facettes et créer un personnage tout en relief.

 

 

© Rebecca VAUGHAN COSQUÉRIC- France Télévisions - Storia Television

 

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Comme souvent, j’ai bien aimé faire des recherches sur internet, notamment sur les disparus volontaires, quelque chose dont je n’avais pas conscience de l’étendue avant de me retrouver sur ce projet. C’est vrai que l’on a tous entendu parler du type qui dit à sa femme “Je sors acheter des cigarettes” et qui n’est pas revenu, mais on ne se rend pas compte que c’est entre 5 et 10 mille personnes en France par exemple, et que c’est 100 000 personnes par an au Japon. Il y avait tout un documentaire sur ARTE sur les évaporés du pays, qui parlait de ce phénomène si important au Japon, et qui est compréhensible par rapport à leur culture, à la fierté, aux valeurs, à la honte et à l’ampleur que ça prend là-bas. 

 

Donc j’ai regardé des documentaires, vu des choses sur internet, lu des témoignages et, après, pour le côté flic, j’ai eu la chance de rencontrer et de sympathiser avec deux policiers du commissariat de Nantes, au tout début du tournage. Donc j’ai passé du temps avec eux à parler, notamment pour cette scène d’interrogatoire que j’ai dans l’épisode 4. Jeff Pasques, un romancier qui a eu le prix du Quai des orfèvres il y a quelques années pour un de ses romans, m’expliquait la particularité d’un interrogatoire, les moments forts, les tensions, les moments où on a le pouvoir par rapport à la personne que l’on interroge et les moments où on est un peu plus fébriles. Voilà, il m’a donné plein plein d’idées, ça m’a vraiment nourrie pour cette scène que j’ai adoré jouer avec Bastien Ughetto, un acteur vraiment exceptionnel. 

 

Et puis, après, à mon âge, on a aussi l’expérience de la vie, sa sensibilité et les choses que l’on a vécues, que l’on amène bien sûr dans nos rôles. C’est aussi un cadeau. Sans oublier le texte…Je travaille beaucoup sur le texte et sur le scénario, je me fais des continuités, je me résume des séquences, vu que l’on tourne tout dans le désordre, par décor, pour vraiment savoir d’où je viens, ce qui s’est passé avant, ce qui se passe après, afin de faire les bons choix sur le plateau, à chaque moment.

 

Emilie, notre réalisatrice, a été script pendant très longtemps donc elle a vraiment le soucis du détail et de l’histoire. Ce qui fait qu’elle est très fine dans sa direction et c’est vrai qu’elle nous aidait tous à aller plus loin dans nos propositions, et à amener des nuances et encore plus de précisions dans notre sous-texte et sur chaque réplique. David, l’autre réalisateur, est aussi très fort en direction d’acteurs, et également très visuel. Dans ses choix de plan, il accompagne ce que vit le personnage à ce moment-là. On a eu beaucoup de chance avec cette équipe de réalisateurs sur cette première saison.

 

 

© Rebecca VAUGHAN COSQUÉRIC- France Télévisions - Storia Television

 

 

Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final mais aussi les réactions du public ?

 

J’ai eu la chance de voir les six épisodes. On a fait une petite projection à Paris pour l’équipe il y a un mois et demi, des deux premiers épisodes. C’est toujours génial de pouvoir voir son travail, quand on fait des films ou des séries, sur un écran de cinéma, dans une salle de cinéma…Donc c’était vraiment super ! Et j’ai vu les quatre suivants chez moi à la maison. Je suis contente du résultat et du travail de chacun donc je suis très impatiente de voir comment la série va être reçue par le public, et les retours que l’on va en avoir, bien sûr, parce que c’est une série assez différente…Elle ne ressemble pas aux autres séries policières, elle ose des moments de comédie, des moments d’action, de thriller, et des moments d’émotion. Elle mélange pas mal de choses et je trouve que c’est un bel équilibre d’avoir ces moments un peu de comédie et de légèreté, pour être prêts à recevoir les moments plus dramatiques, plus plombés, parce qu’on a eu, justement, ces petits moments de respiration et d’oxygène. Donc j’ai vraiment très hâte d’entendre et de lire ce que les gens vont penser de la série.

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour ces trois soirées de diffusion ?

 

Que les gens soient au rendez-vous, que les audiences soient belles, que les téléspectateurs aient envie de suivre ces six épisodes, qu’ils s’attachent à notre équipe et qu’ils soient touchés par chaque disparu sur lequel on enquête, et que, du coup, on ait l’opportunité de tourner une saison 2, voir d’autres. C’est une belle série et on aimerait tous continuer à faire vivre ces personnages, et parler de ce sujet des disparus volontaires, pour continuer à les mettre en lumière. Donc j’espère que les gens seront devant leur télé et qu’ils vont adorer regarder ces épisodes ! 

 

Merci, Alexia, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Le sens de l'humour : Fabrice Donnio nous en dit plus sur cette pièce, qui sera prochainement à l'affiche au théâtre Antoine !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Fabrice,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Avec Sacha Judaszko, vous avez écrit et mettez en scène la pièce “Le sens de l’humour”, qui sera à l’affiche du théâtre Antoine à partir du 16 septembre prochain. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, on est ravis, c’est la troisième aventure théâtrale avec mon co-auteur, Sacha. On avait écrit “La moustache”, créée en 2018 et “Toute la famille que j’aime”, avec Michel Boujenah notamment. 

 

Là, on en fait la mise en scène, parce que l’on sait ce que l’on veut dire. C’est notre humour, on le connaît forcément bien, donc on s’est dit qu’il n’y avait aucune raison qu’on ne se lance pas. Cela a été accepté par la production et, surtout, par les comédiens. On a bien fait de le faire parce qu’on se régale !

 

Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?

 

C’est l’histoire d’un homme qui a eu un fou-rire à un moment où juste un rire était impensable…et sa femme ne lui a pas pardonné. Les invités du jour, en fait, n’ont qu’une seule envie, savoir quel est ce moment…

 

Pourquoi “Le sens de l’humour” ? On peut tous avoir un fou-rire mais peut-être pas au même moment donc on a un tous un rapport différent à l’humour et un sens de l’humour différent. Certains n’en ont pas, d’autres ont l’humour lourd, donc on traite également de cela dans la pièce. 

 

Les quatre comédiens sur scène interprètent des personnages tous très différents, aux couleurs qui le sont tout autant ….

 

Exactement ! Ils ont tous un rapport différent à l’humour…Pour Romain, son humour, c’est son métier. Sa femme, elle, n’en a pas…Dans les invités, pour Jean-François, l’humour, c’est sa passion et, pour le personnage de Claudia, l’humour, c’est son mari. Tout cela s’imbrique pour donner, forcément, pas mal de tensions, de silences et de malaises.

 

Si l’on revient à la genèse de ce projet, d’où vous sont venues cette envie et cette idée d’aborder ce sujet ?

 

Je racontais à Sacha une anecdote par rapport à mon fils et il m’a dit : “Tu t’imagines si une personne a un fou-rire à ce moment-là ?”. On était alors vraiment en recherche d’une pièce et cette discussion a été le début d’une nouvelle idée ! 

 

Vous avez, on l’a dit, plusieurs casquettes sur ce projet. Est-il, d’ailleurs, “facile” de toutes les porter ?

 

Je dirais que, quand on prend un metteur en scène extérieur au texte, forcément la personne va avoir un peu plus de recul, elle pourrait peut-être amener des idées, avoir, parfois, un peu plus de réflexion, remettre en cause quelque chose. C’est un cerveau supplémentaire, qui peut faire avancer, c’est toujours intéressant ! En même temps, là, on est déjà deux et, forcément, on n’est pas d’accord sur tout, il y a des débats, on discute et, à la fin, on tombe d’accord. 

 

A partir du moment où on était d’accord sur les messages et les positions de chaque personnage dans la pièce, on s’est dit qu’il n’y avait aucune raison qu’on ne fasse pas la mise en scène. En plus, la discussion que j’évoquais se prolonge avec les comédiens, qui sont, finalement, les derniers maillons sur scène. Le but est que l’on soit tous d’accord et je pars du principe que, quand quelqu’un fait une proposition, ce n’est jamais pour embêter l’autre. Donc on l’écoute et on réfléchit. Parfois, elle retient l’attention, tout de suite ou plus tard, et parfois pas. 

 

Sacha et moi avions, chacun, déjà fait des mises en scène en solo et, là, on s’est retrouvés. On sait ce que l’on veut dire, on sait où on veut amener les personnages et la pièce donc il n’y avait aucune raison de ne pas y aller.

 

Sans doute aussi que ce doit être très plaisant de collaborer avec ces quatre comédiens, tant artistiquement qu’humainement ?

 

Déjà, on a choisis professionnellement Claudia Tagbo, Elise Diamant, Arié Elmaleh et Florent Peyre. On les a pris parce qu’ils correspondaient aux personnages.

 

Humainement, on a toujours des surprises et, là, sincèrement, on a vraiment de la chance, ça se passe bien avec les quatre et avec tout le monde. C’est agréable, je trouve, de mettre en scène des comédiens comme ceux-là parce qu’ils sont professionnels et que ce sont des gens normaux. Cela ne veut pas dire que l’on va être d’accord sur tout, comme dans la vie mais c’est agréable d’être avec eux.

 

Pendant les répétitions qui ont lieu actuellement, les journées sont certainement riches et intenses ?

 

Oui, c’est beaucoup de travail. On avait fait une première session de travail en juillet et, là, nous avons quatre semaines et demi. Je ne dirais pas que l’on était larges mais que l’on était bien. Actuellement, je trouve que l’on est toujours bien mais c’est vrai que, plus on se rapproche de la date, plus on se dit que l’on est moins large 🙂. C’est normal, avec le stress qui va arriver…Mais on sera prêts ! Après, il y aura toujours des réajustements, par rapport à des choses que l’on pensait qui fonctionneraient mais qui ne fonctionnent pas…

 

A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit, justement, êtes-vous ?

 

Pour l’instant, il n’y a pas de stress parce que l’on est, j’ai envie de dire, encore au mois d’août, donc il y a cet esprit estival. On est encore trop loin de la date, il n’y a pas encore vraiment eu de rentrée théâtrale. 

 

J’essaie toujours de relativiser par rapport à ce que l’on fait, on n’opère pas à coeur ouvert…Je dis souvent à mes enfants qu’ils auront “la pression, un jour, dans la vie, s’ils ouvrent le frigo et qu’il n’y a rien à manger”. Donc nous n’aurons pas vraiment de pression, juste du stress, par rapport aux réactions du public.

 

En ce moment, on est surtout dans le travail et ça se passe bien. On se concentre sur le rythme pour avoir ce que nous souhaitons.

 

Justement, même si ce n’est jamais évident à dire, qu’est-ce qui pourra plaire aux spectateurs dans la salle ?

 

J’espère que le pitch donnera envie et que les gens voudront découvrir à quel moment, dans la vie, on n’a pas le droit de rire. Et puis, on a quand même une distribution qui, je pense et je l’espère, donne envie. C’est une belle affiche, je trouve ! Sans oublier le théâtre Antoine, qui est un lieu exceptionnel et mythique. Quand je passe dans les couloirs ou dans les bureaux, et que je vois d’anciennes affiches, notamment d’une pièce de Jean-Paul Sartre, avec une mise en scène de Louis Jouvet, je me sens tout humble là-dedans…et il y a une fierté, quand même, de voir notre affiche, en petit, à côté 🙂.

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure théâtrale ?

 

Que les comédiens prennent du plaisir, que les spectateurs aussi, que cette pièce puisse être programmée plus longtemps que prévue et que la tournée soit longue.

 

Plus personnellement, comment vivez-vous les premières, ces moments où le bébé fait ses premiers pas, sans que vous ne puissiez le rattraper, si besoin ?

 

C’est un exercice facile parce que je ne suis pas sur scène, que je suis assis et que je n’ai rien à faire 🙂 mais ce n’est pas un exercice agréable…Je dirais que le côté agréable peut apparaître après le premier rire. S’il arrive au moment imaginé, on est soulagés, on se sent mieux. Après, c’est compliqué de prendre énormément de plaisir sur une première, parce que l’on écoute, que l’on essaie de voir si tout se passe bien, si tout ce qui a été mis en place fonctionne, s’il y a beaucoup de rires, si les comédiens sont à l’aise. On est tout le temps dans l’analyse, pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On attend parfois la deuxième représentation pour voir si les constats sont les mêmes, ou pas. 

 

La première est quand même un peu jubilatoire, on se dit “Ça y est, on y est !’ mais c’est stressant. Quand ça fonctionne, c’est juste génial parce que, d’un seul coup, le stress est évacué.

 

Pour terminer, d’autres spectacles, comme “La moustache” ou “La photo de mon pote”, poursuivent leur beau chemin, des années après leur lancement. Cela doit probablement vous faire chaud au coeur ?

 

Oui ! Cela correspond, dans mon parcours, à une certaine résilience et à du travail. Je suis arrivé dans le théâtre parisien en 2015, j’avais écrit la pièce “Une chance inestimable”. J’ai rencontré Sacha en 2017, il m’avait alors proposé d’écrire “La moustache”. Ce n’est pas un métier facile, c’est un métier où il faut rencontrer des gens, serrer des mains, où il faut travailler…J’ai 53 ans, effectivement ce qui se passe aujourd’hui aurait pu arriver plus tôt mais ça aurait aussi pu ne jamais arriver. De toute façon, ce n’est pas fini, il faut continuer à travailler, pour monter plus de pièces et rencontrer plus de gens. 

 

C’est toujours agréable de se dire, lorsqu’il se passe vraiment quelque chose et qu’on surfe dessus, que c’est bien de ne rien avoir lâché. C’est une leçon dont je me sers aussi avec mes enfants…Ceux qui n’ont jamais rien tenté n’ont jamais échoué donc il faut essayer, il faut travailler, il faut écrire.

 

Aujourd’hui, je suis content de ce qui se passe, j’apprécie vraiment et j’essaie d’écrire encore plus pour continuer à avoir de belles pièces, dans de beaux théâtres. 

 

Merci, Fabrice, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Un succès fou : Julia Gallaux nous en dit plus sur cette pièce, qui sera très prochainement à l'affiche du théâtre des variétés !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Julia,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

La belle aventure de la pièce “Un succès fou” se poursuit au théâtre des variétés à partir du 27 août. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, tout à fait ! En plus, avec une équipe que je connais en partie, puisque j’avais travaillé avec Sébastien Castro sur sa première pièce, qui s’appelait “J’ai envie de toi”. Je retrouve aussi Guillaume Clérice, qui jouait dans ce spectacle. Sans oublier José Paul à la mise en scène. Ce sont tous des gens que j’aime beaucoup, humainement et en jeu. Travailler avec eux est un plaisir donc c’est très chouette !

 

Les comédiens que je ne connaissais pas et qui font partie de cette nouvelle pièce sont tous géniaux aussi, donc c’est vraiment une équipe que j’ai plaisir à retrouver pour les répétitions et que je vais avoir plaisir à retrouver tous les soirs (ou presque !) à partir du 27 août.

 

Le théâtre des variétés est un magnifique écrin, qui participe sans doute au plaisir pris ?

 

Oh Oui ! Le théâtre est très beau, c’est vraiment une chance de jouer là-bas. En plus, il y a une très belle jauge donc c’est assez excitant pour nous. Ce lieu a une belle histoire, plein de super pièces s’y sont jouées, on a de très belles loges, tout est très beau, c’est un théâtre à l’ancienne donc c’est assez magique ! Cela participe beaucoup au plaisir pris, en effet !

 

Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?

 

C’est l’histoire de trois personnages principaux, Simon, Antoine et Océane, qui, en ce soir du 15 août, logent tous dans le même immeuble, à des étages différents. Ils sont, chacun, à des moments pas terribles de leurs vies, c’est un peu la loose et il va y avoir un concours de circonstances qui fait que, ce soir-là, ils auront un succès fou.

 

Quel personnage avez-vous le plaisir d’incarner sur scène ?

 

Je joue le personnage de Natacha, qui est la meilleure amie d’Antoine. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, si ce n’est qu’elle est importante pour son ami et qu’elle va bouleverser pas mal de choses. Il va y avoir de nombreux quiproquos autour de mon personnage.

 

Sans doute que la palette de couleurs à défendre doit être très grisante ?

 

Oui ! C’est ce que j’adore et ce qui est, pour moi, super dans cette pièce…Il y a plusieurs couleurs. Natacha sait ce qu’elle veut, elle est très sensible et ne cache pas du tout ses émotions. Elle rêve d’amour. Comme il s’en passe des vertes et des pas mûres, elle va passer un peu par tous les états, ce qui est super à jouer pour moi. 

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous certaines sources particulières d’inspiration ?

 

J’essaie surtout de coller à ce que Sébastien et José ont en tête pour ce personnage. On a pas mal travaillé avec José Paul sur certains moments de la pièce où il voulait des choses précises en termes d’émotions, et ça c’est super à aller explorer, je lui en suis très reconnaissante.

 

A quelques jours de la première à Paris, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

C’est vraiment l’excitation…J’ai hâte ! D’autant que l’on avait fait une très belle pré-tournée, de mars à mai, avec une cinquantaine de dates….Donc on est déjà quand même pas mal dedans, on a déjà beaucoup joué ce spectacle mais, là, de commencer l’exploitation à Paris, c’est autre chose, c’est un nouveau chapitre. C’est aussi un autre public…On se sent tous, je pense, assez prêts et on est excités, un peu stressés aussi mais c’est du bon stress, celui qui donne envie de se dépasser. On est très heureux de se retrouver !

 

Quels principaux retours du public aviez-vous pu avoir en province ?

 

On a eu la chance de n’avoir que de super retours ! Franchement, nous étions ravis parce qu’un tel démarrage, c’est prometteur. Sébastien, qui a écrit la pièce et qui y tient le rôle principal, ne veut pas décevoir son public et ne prend jamais rien pour acquis. De voir donc, dès la première représentation, un public conquis, c’était un vrai bonheur !

 

Comme tout nouveau spectacle, sans doute que cette tournée avait été l’occasion d’affiner votre jeu ?

 

Bien sûr ! José Paul est très présent, il nous donne ses retours après chaque représentation et Sébastien a réécrit, tout au long de cette pré-tournée, plein de petites choses pour que ce soit exactement ce qu’il avait en tête, en termes de rythme et d’efficacité. On n'a pas cessé de faire évoluer la pièce. C’est un travail continu, en fait ! Je suis sûre, le connaissant, qu’à Paris, après les premières représentations et les premières réactions, s’il y a besoin, il continuera à changer des petites choses. C’est super que ce soit mouvant ! Il a vraiment à cœur de proposer le meilleur spectacle possible.

 

 

 

 

Le fait d’être à Paris, dans un seul et même lieu, pendant sans doute une année, change-t-il quelque chose pour vous, par rapport à la tournée ?

 

Ce que ça change surtout, c’est la logistique ! La tournée a été géniale, on a vu du pays, on a joué dans des lieux superbes, comme l’opéra de Vichy ou des Zénith, devant, parfois, plus de mille personnes, c’était fabuleux ! On a créé de magnifiques souvenirs ensemble.

 

La vie de tournée est très excitante et j’adore ça mais c’est vrai que, quand on a une famille, c’est plus d’organisation. Là, on est ravis de pouvoir jouer dans ce magnifique théâtre. Et « poser l'ancre » dans un lieu si mythique, quelle chance !

 

Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?

 

Au tout début du projet, Sébastien m’avait appelée pour simplement me demander de participer à une lecture de la pièce devant des producteurs, sans engagement de sa part pour une suite éventuelle. Dès que je l’ai lue, j’ai tout de suite aimé cette pièce. Je crois que c’est ma pièce préférée de Sébastien…Pour moi, elle a tout ! Je la trouve drôle, évidemment mais je la trouve aussi très touchante.

 

Après la lecture, quand Sébastien m’a rappelée pour me proposer le rôle, j’étais aux anges. Faire partie de ce beau projet, c’était la cerise.

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette année à venir de représentations parisiennes ?

 

On est tous très heureux de défendre cette pièce que l’on adore et j’espère que le titre sera révélateur 🙂 …donc on peut nous souhaiter que cette pièce connaisse un succès fou ! Je l’espère… On va tout donner, en tout cas, pour toute l’équipe, pour Sébastien, pour José, pour nous. 

 

Merci, Julia, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Mike Nguyen Van Le, artiste aux multiples casquettes, évoque sa belle et variée actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Mike,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes un artiste aux multiples cordes et vous serez, notamment, sur scène, au théâtre, en fin d’année…

 

C’est un théâtre du récit, qui revient sur mon histoire, depuis que je suis petit et sur comment j’ai pu incorporer mes différentes cordes à mon arc. Surtout, comme beaucoup à l’époque du Covid, je n’ai pas fait grand-chose, j’ai surtout réfléchi, j’ai pu aller voir mes parents et je me suis aperçu que, sur un coup de folie, mon père avait brûlé toutes nos photos…A partir de là, j’ai écrit, me posant la question “Pourquoi il a fait cela ?”. J’étais très en colère, j’aurais aimé montrer ces photos à mon fils…J’ai donc commencé à écrire sur l’acte de mon père, sur son histoire, sur notre histoire, sur mon histoire. 

 

J’ai pu, ensuite, faire une proposition à l’Adami et j’ai obtenu une bourse d’écriture. Petit à petit, en avançant sur ce projet, j’ai pu le proposer à un collectif marseillais, spécialisé dans le genre. La directrice m’a même convaincu que c’était à moi de totalement prendre en charge cette pièce et de l’incarner. C’est comme cela que c’est devenu un seul-en-scène… 

 

Je viens du rap et de la photo, et je crois que j’ai réussi à les incorporer dans ce projet, où on se demande également ce que c’est que de ne plus avoir de mémoire.

 

Ce projet remue certainement beaucoup de choses et de souvenirs en vous ?

 

Pour ma part, c’est de l’art-thérapie ! En passant par l’écrit, je vais encore plus loin que si j’allais chez un psy…Cela ne me laisse pas indifférent. Les mots ne suffisent pas, j’y ajoute des images, de la musique, de la vidéo, des odeurs, de la lumière et des silences. Cela permet d’être assez subtile pour transmettre ce par quoi on est passé et ce que l’on ressent. Ce n’est donc pas un travail qui m’a laissé sans trace et c’est un travail nécessaire, qui fait partie du chemin de vie. Pour moi, c’est une belle œuvre, que j’ai hâte de montrer ! 

 

J’ai pu faire d’autres pièces et le théâtre est quelque chose de transcendant, parce qu’on a le contact direct des gens, avant, pendant et après. Le théâtre vivant est vraiment quelque chose de très organique, que l’on ne retrouve pas sur un plateau télé. Cela bouge, c’est vivant, chaque soir est différent. Avec le temps, j’ai remarqué que c’est un exercice bien différent…

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous venez aussi du rap. Un EP est d’ailleurs sur le point d’aboutir. Quel en a été le déclic ?

 

Le temps ! Je connais beaucoup d’artistes, on a tous des projets qui ne sont jamais sortis…En tout cas, je fais partie de ces gens qui aiment la créativité mais accoucher puis présenter sont deux autres histoires. Je pense que c’est le bon moment pour moi, maintenant, de le sortir ! 

 

Cet EP reflète surtout l’époque, il y a une quinzaine d’années, au moment où je suis arrivée sur le tard dans ce milieu. Je l’ai commencé alors que j’habitais encore à Montréal. J’ai fait plusieurs maquettes, pour affiner le texte et le rendre accessible à tous. J’y parle du quotidien, je n’avais pas envie de mettre en avant mes origines par exemple. “Une semaine de plus” a sept titres, chacun du nom d’un des sept jours de la semaine, avec des sous-titres à chaque fois. J’aime beaucoup la poésie, je m’en suis inspiré, tout comme de mes observations. Musicalement, c’est un son des années 90, très américain, avec un mix un peu différent, ce n’est plus l’instrumental qui est mis en avant. 

 

J’ai, d’ailleurs, plein d’idées pour un autre album encore ! 

 

En complément, vous l’artiste aux multiples casquettes, vous avez aussi un beau parcours à l’image…

 

L’un de mes plus grands rôles était dans “Le soldat blanc”, en 2014. En 2022, vous aviez pu me retrouver dans la première saison de “Furies”. Plus récemment, il y a eu “A priori”, pour France 3. D’ailleurs, ma première expérience dans une série était pour “Père et Maire”. Il y a plus de dix ans, j’avais fait une apparition dans “Plus belle la vie”, ou encore, il y a moins longtemps, dans la saison 5 de “Léo Mattei”. J’ai aussi fait de jolies choses pour Netflix. 

 

Souvent dans des rôles assez durs : que ce soit chez les flics ou parmi les bandits, je ne suis pas quelqu’un de commode 🙂…

 

Vous êtes aussi directeur d’acteurs dans “Plus belle la vie, encore plus belle”, ce qui doit être très complémentaire, pour vous, du jeu devant la caméra ?

 

La direction d’acteurs est un poste spécifique, que l’on retrouve surtout sur les quotidiennes ou dans des courts-métrages. Je ne fais pas la mise en scène mais, en accord avec le réalisateur, je dirige les comédiens…Ce poste-là est arrivé, pour moi, par hasard, j’ai fait un essai avec Eric Hénon et je peux vraiment dire que, depuis, je suis devenu meilleur acteur en dirigeant des acteurs. Je suis tout le temps sur le plateau, ça m’enrichit. Cela me tient à cœur d’accueillir notamment les guests pour les mettre à l’aise, parce que je sais aussi la difficulté que c’est, en tant que comédien. Je cherche à les rassurer, en étant bienveillant.

 

Ce poste me permet de parfaire ma connaissance du plateau, je maîtrise mieux les spécificités également. C’est intéressant, je connais davantage mon environnement, ce qui m’aide à gagner du temps quand je suis de l’autre côté. 

 

J’estime énormément les comédiens de quotidienne, qui ont une ribambelle de textes à apprendre, dans différents contextes et temporalités. Ils doivent rester frais jusqu’en fin de journée…Chapeau à eux ! On ne se rend pas compte de la difficulté que c’est, la méthode de travail est hyper compliquée. Il faut avoir de vraies qualités…C’est, je pense, une expérience à vivre, en tant que comédien.

 

Merci, Mike, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Musique, Théâtre

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Braquage en cours : Noëlle Malacchina évoque la pièce qu'elle joue actuellement au théâtre Edgar, à Paris !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Noëlle,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Edgar, dans la pièce “Braquage en cours”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! Déjà, c’est un peu mon équipe de cœur ! Je les connais depuis 2019, on a vécu plein de choses, à la fois extraordinaires et, parfois, des petites galères. Tous ces bonheurs et toutes ces adversités nous ont permis, en fait, de nous rencontrer. Si je dois jouer avec des gens, c’est avec eux…Je les adore, on s’adore ! Il y a vraiment cette énergie solaire qui, je pense, se voit sur scène. C’est tellement fort entre nous que cette énergie-là crée une belle mayonnaise…

 

Cette pièce est née de l’ambition du metteur en scène, Mickael Soleirol, et de Damien Dufour, le premier comédien à avoir joué le rôle du braqueur. En fait, ils se sont demandé comment faire pour que notre dynamique de troupe fonctionne sur le long terme. Damien avait, au fin fond de son placard, une ébauche de cette pièce, qu’il a fait lire à Mickael, qui a trouvé cela génial. Ils ont planché dessus pendant une année et ont créé cette pièce…La première lecture, en juin 2023, montrait que c’était hyper bien conçu mais, en même temps, que tout était encore à finaliser. Cela a été un bonheur pour Violette et moi, alors, de pouvoir y mettre nos envies et notre énergie. On a vraiment collaboré tous ensemble donc c’est un peu notre bébé à nous tous.

 

En plus, on a tous des rôles qui sont super ! Ce sont trois premiers rôles…Les trois personnages sont hauts en couleurs, bien que très différents. Ils ne devaient pas se rencontrer, ils n’ont rien à voir les uns avec les autres, mais finissent par créer des liens, à la fin ! 

 

Le bonheur est aussi de pouvoir jouer au théâtre Edgar, à Paris, après une merveilleuse année de tournée. On est chouchoutés, on a “juste” à rentrer dans nos pantoufles et à jouer notre personnage, je dirais qu’il n’y a rien de plus facile, de beau et de super agréable pour un comédien. On est chez nous, on est bien, on est heureux d’être là et il y a du monde donc on est hyper contents ! C’est un bonheur…Le pari est d’autant plus réussi que l’on a commencé en plein mois de juillet. On est en août et il y a toujours autant de monde, pas forcément des spectateurs parisiens d’ailleurs. On a même eu des gamins qui allaient pour la première fois au théâtre et qui venaient…d’Abidjan. Ils étaient ravis ! 

 

On est tellement heureux, à la sortie, d’entendre des gens nous féliciter et d’avoir ce contact-là. C’est ce qu’il y a de plus réjouissant au monde !

 

Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment présenter ce spectacle ? Quelle en est l’histoire ?

 

Je joue la banquière, Sophie Martin, pour qui c’est une journée ordinaire. C’est la routine quotidienne, elle fait bien son travail, sauf que deux personnes vont arriver, qui n’étaient absolument pas prévues pour elle dans sa journée de travail. Un jeune homme, Armand, qui a des galères financières, a vu un tuto sur internet qui explique comment réussir un braquage de banque à tous les coups et il pense que ça va lui permettre de braquer celle où travaille Sophie. Il arrive frais comme un gardon, se disant qu’il n’y a plus qu’à, mais il s’aperçoit qu’en fin de compte, ça ne se passe pas comme ça en vrai. Du coup, il devient très très amateur, et se retrouve face à cette banquière qui n’a pas tellement envie de se faire braquer et, surtout, face à une flic, badasse, qui est justement présente ce jour-là…C’est donc plus compliqué que prévu pour lui, il aimerait bien rentrer chez lui mais va devoir gérer son braquage jusqu’au bout ! Il ne peut plus revenir en arrière, il est pris à son propre piège…

 

Quel regard portez-vous sur Sophie, votre personnage ?

 

J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup mon personnage. D’ailleurs, j’y ai mis beaucoup de moi-même : comme je le disais, on a fini d’écrire la pièce ensemble et j’ai suggéré pas mal de petites blagues. On est un peu dans les clichés mais qui sont colorés et sympas . Pour moi, c’est une amoureuse : elle aime son directeur de banque, elle a une fascination pour Tom Cruise et elle trouve Armand, le braqueur, plutôt mignon …Elle a un coeur d’artichaut, qui fait qu’elle peut être un petit peu extravertie, à s’embourber elle-même. C’est une nana qui est sexuée, mais sans le vouloir… C’est ce qui fait, je pense, la force de ce personnage ! Je ne voulais pas faire une bimbo, c’est plutôt son hyper émotivité qui fait qu’elle tombe amoureuse et qui l’incite à faire, malgré elle, des blagues osées. Sophie est un peu prise par ses émotions et, en même temps, j’aime bien jouer ça, une nana un peu fragile mais qui est mignonne. J’apprécie son authenticité ! 

 

Sophie est une fille qui veut bien faire, qui veut faire plaisir à tout le monde, quitte à se perdre un peu parfois. J’aime bien, d’ailleurs, son évolution au fil de la pièce : Sophie est un peu coachée par cette policière qui sait ce qu’elle veut dans la vie, mon personnage prend alors du poil de la bête et apprend à savoir dire non..

 

On peut imaginer que la palette de jeu à défendre doit être large et variée ?

 

Exactement ! Effectivement, il y a une possibilité d’évoluer. Tous les personnages grandissent, le mien particulièrement : d’un côté presque enfantin, elle veut ensuite prendre les choses en main et s’affirmer. C’est hyper grisant à jouer !

 

D’ailleurs, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

 

Les gens nous parlent beaucoup de notre énergie, du côté solaire et du fait qu’ils ne s’attendaient pas à cela. C’est un petit OVNI… L’énergie de cette pièce n’est pas quelque chose que l’on voit si fréquemment que cela. On entend, à la sortie, des “Waouh, vous vous donnez !”, “Quelle générosité !”, …C’est un très beau compliment !

 

On essaie de donner du plaisir au public. Je pense qu’on est là pour passer un bon moment et pour qu’il passe un bon moment. En plus, au fur et à mesure de la pièce, il y a quand même pas mal d’apartés avec le public, on ne peut pas s’empêcher de jouer avec les gens. Cette communion avec le public est hyper agréable ! C’est un peu comme si les spectateurs faisaient partie de la banque…Cette connivence est très réjouissante. 

 

On a un public varié et jeune, on en est très contents. Il y a pas mal, aussi, de références à des jeux vidéo, à Pokémon, à des chansons très connues…Sophie , qui aime beaucoup Tom Cruise, fait aussi quelques références, l'air de rien, à la filmographie de Tom Cruise. Le public n'est pas obligé de connaître ces références, mais les auteurs, cinéphiles, les y ont glissées tout de même ! 

 

C’est, là, votre première exploitation parisienne et elle est d’autant plus plaisante pour vous que le théâtre Edgar vous offre une co-réalisation…

 

Merci à Luq Hamet ! C’est, d’ailleurs, lui qui nous avait fait passer l’audition…mais de la pièce en intégralité, sans accessoire et sans musique. Cela était assez challengeant pour nous, afin de faire vivre la pièce et de lui en montrer sa quintessence. A la fin, il nous a dit la plus belle des phrases, alors que l’on était rivés à son regard, “Vous ne pouvez pas savoir à quel point cette pièce peut aller loin”. On en a eu des frissons ! Son regard critique nous a aussi incités à changer l’affiche et à modifier le pitch, en y mettant plus de cette énergie cartoonesque et virevoltante. Je pense qu’on lui doit aussi ce qui se passe en ce moment ! 

 

C’est très très chouette de jouer dans un tel théâtre pour notre première à Paris. Les gens viennent de Savoie ou encore de Sète, c’est un réel bonheur pour nous ! 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

 

Que ça se perpétue, car on aime cette pièce ! J’aimerais bien la jouer le plus longtemps possible. Notre rêve serait qu’elle soit connue pour elle-même…On est dans le top des réservations de Billetreduc, c’est très cool, on est fiers donc pourquoi pas être affichés dans le métro dans un avenir proche 🙂…

 

En complément, on a pu voir quelques vidéos dans lesquelles vous interprétez des chansons. Ces deux registres, des planches et de la musique, doivent certainement être complémentaires pour vous ?

 

Oui ! J’ai, effectivement, posté quelques vidéos sur les réseaux sociaux. Au théâtre, mon emploi est plutôt quelqu’un d’énergique et de solaire, alors que les chants que j’aime sont plutôt nostalgiques et intériorisés. Du coup, bizarrement, lorsque je chante, je suis enfin posée 🙂, ce que je ne suis pas beaucoup dans la vie… La chanson me permet un lâcher-prise en douceur, presque un peu sensuel !

 

Mon rêve serait de pouvoir allier les deux. On chante déjà dans la pièce, sur une reprise du groupe ABBA, que l’on transforme à notre sauce, mais j’adorerais faire une comédie musicale, pour allier le plaisir du jeu et celui du chant. 

 

Merci, Noëlle, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Houaria Kaidari nous en dit plus sur son actualité, théâtrale notamment !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Houaria,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez sur scène, au théâtre actuel et public de Strasbourg, en novembre prochain dans une adaptation de CRAPALACHIA, un roman de Scott McClanahan. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, évidemment ! Surtout que c’est une équipe qui, humainement, est juste extraordinaire…Cela fait du bien de pouvoir travailler dans des conditions où l’humain est mis au cœur du projet. C’est déjà quelque chose de très beau…Et puis, effectivement, entrer en répétitions m’excite et m’émeut, parce que le projet est ambitieux. C’est du théâtre récit, on campe tour à tour des rôles différents, on est tantôt dans le jeu, tantôt dans la narration, ça crée une dynamique qui fait que l’on n’a pas le temps de se reposer. 

 

Et puis c’est toujours un plaisir de démarrer un projet, de découvrir un nouveau texte, une nouvelle écriture et de plonger dans un univers loin de soi…Cela fait du bien !

 

Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

 

C’est l’histoire de la famille McClanahan, qui habite la Virginie occidentale, au milieu des mines et des montagnes. Scott, l’auteur, va dresser un tableau de sa famille, avec des personnages très hauts en couleurs : une grand-mère narcissique qui fait construire par anticipation sa tombe et qui s’y recueille chaque année, un oncle qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale mais qui adore les plaisirs de la vie et qui sirote de la bière à travers une sonde gastrique, un ami d’enfance qui a des tocs, qui adore répéter les mêmes questions et qui écoute la même chanson…Il y a aussi un fond social très profond de cette Amérique-là, qui rappelle un peu les “red necks” - les nuques rouges, avec ce côté un peu beauf mais, en même temps, hyper touchant. 

 

Scott est un peu tiraillé par tout cela…par son attachement à ces personnes et la critique de cet entourage. 

 

Quels personnages aurez-vous le plaisir de pouvoir incarner sur scène ?

 

Nous sommes 4 sur le plateau et nous allons tour à tour incarner Scott, l’auteur du texte, qui sera un peu le fil rouge de la pièce, tantôt un ami, un oncle, une vieille tante et une grand-mère. Je vais vraiment m’amuser à passer d’un personnage à un autre, ce qui est très jouissif ! 

 

 

 

 

Certainement que la palette de couleurs à défendre va être large et variée ?

 

C’est sûr ! On va surfer sur différents registres mais, pour le metteur en scène, c’est important de ne pas tomber dans le pathos. Les histoires sont parfois tristes mais la façon dont on les raconte ne l’est jamais véritablement…Malgré cette vie qui peut paraître peu envieuse, il y a beaucoup de joie et d’amour aussi. 

 

Sera-t-il si facile de switcher d’un rôle à l’autre ?

 

Ah non, je trouve que c’est un exercice qui est particulièrement difficile, mais c’est ce qui en fait sa richesse. Cela va demander une mémoire des corps, peut-être aussi du phrasé. On est en phase de recherche et de création donc beaucoup de choses sont encore à trouver…

 

A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

C’est, d’abord, encore beaucoup de travail ! Ce que j’aime, ce sont les répétitions…Je me demande parfois si je ne préfère d’ailleurs pas les répétitions aux représentations. Ce temps de recherche-là est vraiment ce qui m’anime, j’y prends beaucoup de plaisir. C’est un va et vient permanent où rien n’est réellement acquis, jusqu’au jour de la première…Tout se renouvelle même à chaque représentation.

 

En tout cas, de se dire qu’au bout de ces cinq semaines de préparation va naître un spectacle, est quelque chose d’assez merveilleux. 

 

Au-delà des cinq premières dates prévues, sans doute aurez-vous l’envie de prolonger l’aventure ?

 

Tout à fait ! C’est le travail du chargé de diffusion, il y a déjà quelques pistes, des rencontres ont été faites et on croise les doigts. On espère que les programmateurs répondront favorablement à notre invitation de venir voir le spectacle.

 

En parallèle, en prévision du mois de mars prochain, vous êtes en plein organisation d’une nouvelle édition d’un festival qui vous tient à cœur…

 

Oui, “Les Actuelles” se déroule chaque année au mois de mars. En 2027, ce sera la 29ème édition. C’est un festival de lecture qui célèbre les écritures contemporaines. Cinq textes sont sélectionnés par un comité de lecture : pendant un an, plus d’une centaine de textes sont lus et nous en sélectionnons cinq, puis nommons des directeurs et directrices de lecture et des musiciens et musiciennes. Chaque soir, un texte est lu par des interprètes et mis en musique, en présence des auteurices. Ce qui est très beau, c’est que l’on accueille, à la fois, des auteurices connus de la scène théâtrale mais aussi des personnes qui en sont à leur premier texte, et qui voient leur travail être lu pour la première fois par des professionnels. 

 

C’est un festival de rencontres, une vraie parenthèse et j’avoue que ce que j’aime particulièrement dans ce moment, c’est le pouvoir de la lecture. Les artistes n’ont pas le droit de bouger, n’ont pas de costumes, seulement trois effets lumières sont autorisés et tout cela se lit dans un écrin élaboré par des élèves de la Haute école des arts du Rhin. Donc il y a vraiment une synergie de talents, où expérimentés et plus jeunes se côtoient. Ce festival provoque, à chaque fois, des moments très forts : on s’assoie, on écoute, on est très attentifs aux mots …et ça fait du bien ! On n’est pas parasités par l’image…C’est un moment magnifique, pendant lequel on respire tous ensemble. Cela fait du bien en cette époque.

 

Les écritures choisies sont audacieuses et libres, les sujets traités lors de la prochaine édition seront très politiques. En 2027, avec les élections, c’était important pour nous de coller à l’actualité, à notre monde et à nos réalités.

 

 

crédit photos : Raoul Gilibert

 

 

Avant d’en être l’organisatrice, vous aviez connu ce festival en tant que spectatrice puis que comédienne. Cela doit vous rendre fière ?

 

Evidemment ! Je ne l’aurais jamais imaginé le jour où j’étais pour la première fois spectatrice. Je n’étais, alors, pas encore comédienne professionnelle et je me disais “Oh, qu’est-ce que j’aimerais être à leur place”. J’ai d’abord été membre du comité de lecture puis lectrice au festival, oui, pour moi, c’est une fierté absolue et je remercie l’équipe du TAPS de m’avoir fait confiance.

 

L’organisation de ce festival nécessite un travail de l’ombre, tout au long de l’année, pour que tout soit prêt le moment venu…

 

Complètement ! C’est une année de travail où notre rôle avec mon partenaire Yordan Golwdaser est de créer du lien entre toutes les équipes. On les rencontre, on organise des ateliers théâtre à destination d’élèves, on est les plus disponibles possible, on essaye de créer beaucoup de convivialité…Et cela demande, effectivement, une importante organisation. Rien que la lecture et la sélection des textes demandent du temps et du travail !

 

Pour terminer, quels souvenirs gardez-vous de votre tournage, pour TF1, dans “Monsieur Parizot” ?

 

C’était une expérience très chouette ! J’ai eu l’opportunité de tourner dans une maison absolument somptueuse, qui ressemblait vaguement à un château. J’y suis arrivée très tôt le matin, il y avait un petit brouillard, l’endroit était juste très très beau. L’équipe était très à l’écoute et très disponible.

 

C’est un autre métier, mais ça a été grisant de jouer le rôle d’une notaire. Le réalisateur  a tenu à ce que j’ai un look bien strict, La HMC s’est bien occupée de moi, tailleur gris cintré, chignon, raie au milieu, lunettes, … la totale !

 

Merci, Houaria, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Lilian Compan revient sur son parcours de footballeur professionnel et sur sa carrière d'entraineur !

Publié le par Julian STOCKY

@ Hyères FC

 

 

 

Bonjour Lilian,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez été footballeur professionnel, vous êtes aujourd’hui entraîneur, on aura l’occasion d’en parler. Si l’on revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion pour le ballon rond ?

 

Pour revenir au tout tout début, je suis originaire de Hyères et mon premier club est l’ASPTT de Hyères, au bord de mer. Je suis tombé très vite dans le football, à l’âge de 4 ou 5 ans, mes parents avaient un tabac presse à côté du club et j’ai vite mis les pieds dans le sable, sur le terrain du club. Mon papa avait joué au niveau amateur, mon grand-père également mais il n’y avait pas d’antécédent professionnel dans ma famille.

 

Comme tout gosse, mon rêve était d’aller au niveau professionnel et j’ai gravi les étapes petit à petit : l’ASPTT de Hyères, puis je suis parti au Hyères football club, l’équipe phare de la ville, je suis même entré en sélection du Var puis en sélection Ligue et, là, je suis parti à Cannes, au centre de formation, à 16 ans. Ce n’était pas facile, à cet âge, pour moi, familialement notamment.

 

Mes premières années de formation sont passées à une vitesse folle. A Cannes, il y avait des joueurs exceptionnels…Quand j’arrive, parce qu’à Hyères, j’étais le meilleur, je pensais encore l’être au centre de formation mais, en fait, pas du tout ! Là, je me suis rendu compte que le niveau était très élevé et que je n’étais pas le meilleur. Je me suis vraiment posé beaucoup de questions, notamment est-ce que j’ai fait le bon choix ? Je passais un peu à côté de ma jeunesse mais, derrière, mentalement, j’arrive à prendre le dessus sur beaucoup d’autres joueurs qui avaient peut-être plus de talent que moi. Petit à petit, j’ai fait mes marques à Cannes, pris ma place, je suis passé devant d’autres joueurs, j’ai tout simplement fait mes preuves, j’ai progressé, j’ai travaillé, je n’ai rien lâché. Je pense que c’est un point fort qui est en moi…Jusqu’à jouer ce premier match en Ligue 1, à presque 18 ans, contre Bastia.

 

Avec cette formation cannoise, on a gagné beaucoup de choses : la Gambardella, le championnat de National 2, les 17,...et puis, on avait des joueurs exceptionnels, franchement. Autour de moi, j’avais des méga joueurs, dont Patrick Vieira. Vraiment, on avait un peu d’inconscience aussi parce que Cannes est quand même une ville un peu à part. Donc ce n’est pas facile de se retrouver là-bas entre 16 et 18 ans. On n’était pas lâchés dans la nature parce que le centre de formation nous tenait bien mais c’est vrai que j’avais un appartement seul, dans une résidence trois étoiles, où il n’y avait que des touristes allemands. 

 

 

 

 

J’ai connu ma femme à 16 ans et demi à peu près, c’est elle qui m’a calmé. Finalement, ça m’a donné une stabilité très vite et une direction footballistique qui m’a permis de gravir les échelons petit à petit.

 

Justement, après Cannes, vous rejoignez Auxerre, où vous êtes prêté deux fois, d’abord à Châteauroux puis à Créteil. Ces expériences vous ont sans doute permis de vous enrichir ?

 

Cannes était un club formateur, ils avaient besoin de vendre. J’étais international français mais, en tant qu’attaquant, je me retrouvais souvent avec Thierry Henry, David Trezeguet et Nicolas Anelka, sans oublier Louis Saha ou encore Frédéric Kanouté, des tops joueurs français qui ont fait une bien plus belle carrière que la mienne. C’est vrai que le choix, à ce moment-là, était assez important…Il y avait la Juventus qui me suivait, finalement ça n’a pas abouti à cause de l'arrêt Bosman. Il y avait aussi Bordeaux, Nantes et Auxerre…Guy Roux a été très motivant, très bon, à son image et il m’a très bien amadoué…Mais ça a été, peut-être, le mauvais choix du début de ma carrière. Je n’aurais pas dû y aller, c’était trop dur pour moi, la barre était trop élevée. En partant à Auxerre à 19 ans, même si je n’ai pas l’accent, j’étais le petit sudiste qui arrive et ça a été la pire des choses qui puisse m’arriver…J’étais très malheureux, je n’étais pas bien donc, la première année, je n’ai pas beaucoup joué. Devant moi, j’avais Stéphane Guivarc'h, qui était titulaire en équipe de France. Je ne me sentais pas bien, ça n’a pas matché !

 

La deuxième année, je me fais prêter à Châteauroux, où je fais une grosse saison sous l’ère du président Michel Denisot. J’ai bien aimé, grâce au fait de jouer mais aussi de me retrouver dans un cadre peut-être plus familial qu’à Auxerre. On pense que Auxerre est un club familial mais non, ça ne l’est pas ! Sous les règles de Guy Roux, c’était professionnel, professionnel et professionel. Je reste, malgré tout, international donc je m’accroche et j’ai pas mal de sollicitations, à droite et à gauche, de bons clubs, en Ligue 1 ou à l’étranger. Mais il est hors de question, pour Guy Roux, de me vendre : pour lui, je vais réussir à Auxerre ! Sauf que, devant moi, il y a Guivarc’h et, derrière, j’ai Cissé, donc je ne peux pas exister face à ces deux pépites françaises qui sont, je l’avoue, bien plus fortes que moi. 

 

 

 

 

On ne me laisse pas partir, je suis prêté à Créteil, où le président Afflelou fait une grosse équipe de Ligue 2. Mais on a été catastrophiques, même si j’ai fait mon année, heureusement pour eux d’ailleurs. Et puis, la vie parisienne n’a pas été top pour moi, donc je veux toujours partir et je suis re-prêté à Châteauroux, où je fais encore une belle saison. Mais ce laps de temps de quatre à cinq ans m’a plombé mon lancement de carrière. Je n’étais pas aussi talentueux que mes camarades mais je pense, avec regrets, que si je n’avais pas eu ce temps de latence, j’aurais fait une carrière plus sympa. Je suis très fier de ma carrière mais c’est un petit peu mon regret sur mon début de vie footballistique !

 

S’en suit une aventure chez les verts de Saint-Etienne…

 

Saint-Etienne arrive alors ! Le club ne va pas bien en Ligue 2 mais, comme ils ont quand même un peu d’argent, ils arrivent à payer un transfert, où Guy Roux s’y retrouve économiquement. Je pense qu’il s’attend à ce que je dise non…sauf que je dis oui, parce que je n’en pouvais plus. Aussi parce que c’est Saint-Etienne. Ici, à Hyères, on a un ancien joueur professionnel, Pierre Repellini, qui a fait l’épopée 76/77 des verts et, gamin, il nous amenait là-bas pour faire des tournois. J’avais toujours eu une très bonne image de Saint-Etienne et, quand le club s’est présenté, c’était une évidence pour moi.

 

 

@ Progrès/Fabrice ROURE

 

 

J’ai relevé le défi, même si, honnêtement, on ne jouait pas grand-chose parce que l’équipe n’était pas top. La première année a été très compliquée, on finit, je crois, huitièmes ou neuvièmes, après avoir été derniers en février. A Saint-Etienne, tout est accentué fois dix donc plus de vie, les enfants sont maltraités à l’école,...Ce n’était peut-être pas le meilleur moment et je me demande presque où j’ai mis les pieds. Malgré tout, je fais une bonne saison…En fin d’année, le club a voulu restructurer, en ne gardant que les meilleurs éléments, dont je faisais partie, avec Julien Sablé, Vincent Hognon, Jérémy Janot. Les retouches ont été très très bien travaillées de la part de Frédéric Antonetti et de Vilanova, le directeur sportif. Franchement, on fait une saison exceptionnelle, que ce soit en championnat, que ce soit dans le jeu, que ce soit avec Antonetti qui était intransigeant sur l’état d’esprit et le travail. On perd en demi-finale de coupe de la ligue face à une grosse équipe de Sochaux mais, franchement, ce n’était que du positif. Personne ne nous attendait là mais on finit champion de Ligue 2 et demi-finalistes de coupe. C’est ma première montée en Ligue 1, je n’étais pas si vieux que cela, j’avais 25 ou 26 ans et je pensais que ma carrière était partie !

 

Au fond de moi, j’avais cette envie de prouver en Ligue 1 et, sur ma troisième saison, dans un grand club comme Saint-Etienne, je m’attendais à avoir une grosse concurrence. Cela n’a pas loupé, avec Frédéric Piquionne, Anthony Le Tallec, Bafé Gomis mais je m’accroche et je fais ce que j’ai à faire, jusqu’en février où j’arrive à avoir un petit peu la confiance du coach. Je joue et je marque dans le derby Lyon - Saint Etienne mais…je me casse la jambe. C’est le deuxième moment négatif de ma carrière ! Là, c’est un peu galère…Malgré tout, je reste positif, ma volonté est de rester chez les verts, où j’ai encore un an de contrat. Sauf que le club ne voyait pas les choses de la même façon ! Je n’ai jamais véritablement su qui voulait mon départ, honnêtement, et, encore aujourd'hui, je ne suis toujours pas sûr. J’ai voulu avoir des explications au moment de mon départ…Le club voulait Mazure de Caen et Caen me voulait, ça faisait un bon deal, sauf que je voulais rester. En fait, Elie Baup ne m’a jamais parlé, il n’a jamais voulu me répondre, Caïazzo était très motivé pour que je reste, je pense que le directeur sportif voulait que je parte…Bref, n’étant plus voulu, j’ai pris la décision d’aller à Caen.

 

 

 

 

Comment se sont passées ces saisons à Caen, justement ?

 

La première année a été un peu difficile…Je marque quand même, je mets mes 10 à 15 buts mais je joue avec un clou dans le tibia, que je ne supporte pas bien. On ne monte pas pour deux buts au goal average, alors que, pourtant, on avait la meilleure attaque. En fin d’année, je prends la décision de me faire enlever le clou parce qu’il me gêne. J’avais été très bien opéré mais beaucoup de chocs ou d’impacts me faisaient mal…Cela m’a aidé ! Je fais encore une grosse saison derrière, on monte, c’est ma deuxième montée en Ligue 1, j’ai des contacts de clubs sympas comme Reims mais j’ai envie encore de prouver et je décide de rester à Caen. Les normands, au début, sont rustres et dures mais, quand on connaît la personne, ils sont exceptionnels ! En Normandie, j’ai vraiment découvert quelque chose que je n’avais pas connu ailleurs.

 

 

 

 

Ma femme, cannoise, avait du mal, c’était dur pour elle mais, très motivé, je décide de rester. La troisième année se passe plutôt très bien, je joue beaucoup de matchs titulaires, je marque mes buts, un peu moins qu’en Ligue 2 mais je fais ma saison. A ce moment-là, il y avait très peu d’attaquants français dans ce championnat donc je faisais partie des trois à quatre concernés. Je n’avais pas à rougir, je me disais qu’il fallait que je continue comme cela ! A la fin de ma troisième saison, le club décide de me mettre plus de concurrence, ce que je comprends, et il y a Steve Savidan qui arrive. Il sort d’une très grosse saison avec Valenciennes donc je sais très bien que mon rôle va changer. Ce n’est pas grave, je m’accroche, comme je l’ai toujours fait, et je me dis que je vais le faire ! Mais je m’aperçois très vite que ce rôle-là, à ce moment-là de ma vie, à l’opposé de ma région natale, n’était plus pour moi. Je fais la préparation, je cherche des motivations mais le mal-être s’est accentué. 

 

J’avais encore envie de jouer et je prends une décision, un peu sur le tard de la préparation, et d’ailleurs je remercie encore le président Fortin et le coach Dumas. J’avais une valeur marchande, ils avaient refusé des propositions financières pour me garder mais, en fin de préparation, je vais les voir pour leur dire que je veux partir à Montpellier, en Ligue 2. Ils veulent bien me libérer pour le travail que j’ai fait mais Montpellier n’a pas d’argent…Ils ont cogité pendant deux jours, après leur avoir expliqué que, franchement, je n’allais rien leur apporter, et le président m’appelle pour m’annoncer qu’ils acceptent de me lâcher gratuitement. On dit souvent que le football, c’est du business, c’est vrai mais il y a des personnes très humaines ! 

 

 

 

 

J’ai été libéré fin août, je me rapprochais du sud, de ma famille et de celle de ma femme, avec une autre aventure. J’aurais pu retourner en Ligue 1 mais, pour un attaquant, entre jouer le bas du tableau de Ligue 1 et le haut du classement en Ligue 2, je suis persuadé que c’est plus sympa de faire ce que j’ai fait. D’autres ne sont pas d’accord avec moi mais j’ai préféré cela ! 

 

Vous voilà de retour dans le sud de la France…

 

A Montpellier, ça a été une nouvelle vie parce que, finalement, j’avais quitté le sud à 19 ans et j’y revenais à 31 ans, 12 ans après. La première année, il y a beaucoup de joueurs d’expérience : Carotti, Dzodic, Camara, …L’année a été exceptionnelle ! Pas dans le sens grandiose mais j’avais l’impression que c’était écrit : du début jusqu’à la fin, c’était un livre, vraiment ! Le coach, Rolland Courbis, avait tout calculé, avec Loulou Nicollin. Le début de saison avait été moyen, il y avait eu beaucoup de changements, on jouait bien mais on n’arrivait pas à se trouver vraiment et on était sixièmes, septièmes, huitièmes…Mais un groupe avait commencé à se créer depuis l’année passée, avec de jeunes joueurs comme Tino Costa, Joris Mendy, Garry Bocaly, Mapou Yanga-Mbiwa, Rémy Cabella, Montano, …et on a grimpé, grimpé, grimpé…Toute la saison, Rolland nous a dit qu’on allait monter à la dernière journée, contre Strasbourg. A chaque causerie, il le disait…Quand on perdait, on se disait qu’il nous “casse les couilles”, qu’on n’y est pas, qu’on n’arrivera pas à monter. Mais on a avancé jusqu’à enchaîner les victoires lors des dernières journées…On se retrouve à Tours, qui joue la montée avec Giroud et Koscielny, il faut faire un nul puis gagner contre Strasbourg. On s’accroche et, très péniblement, on fait le nul donc on sait très bien qu’on va recevoir Strasbourg pour les battre. Bizarrement, on arrive à ce match que Rolland nous a dessiné et façonné toute la saison ! Bon, je ne rentrerai pas en détails sur ce qu’il disait parce que c’était trop cru 🙂 mais, et je ne dis pas cela parce qu’il est décédé, ses causeries m’ont toujours foutu la chair de poule. J’en ai les larmes aux yeux aujourd’hui parce qu’il avait tout prédit. Il y croyait à fond et nous le regardions en se disant qu’il était fou…Mais pas du tout ! Il était passionné et, en fait, il avait tout compris !

 

 

@ N Le Gouic

 

 

Arrive ce jour face à Strasbourg, l’un des matchs, je pense, les plus importants et les plus beaux de l’histoire de Montpellier. Arrive ce qui était prévu, on gagne et on monte en Ligue 1 ! Pour moi, c’est la troisième fois, avec un troisième club…Ce dont je suis très fier. 

 

Je décide forcément de rester et je m’accroche. Je fais une saison moyenne, je mets quand même mes buts et ils peuvent s’appuyer sur moi, je suis un cadre important du groupe, je suis très considéré dans le vestiaire. Je finis cette saison, où même la famille Nicollin est contente de moi. Mais ça s’arrête là parce que Giroud arrive…Je savais très bien qu’à 33 ans, j’allais être son remplaçant. Je pense que je fais la troisième erreur de ma carrière, en partant, pour revenir à Cannes. Ce n’est pas le fait de faire la boucle et de revenir à Cannes, ce qui était, je pense, une bonne idée, c’est plus qu’à Cannes, ce n’était pas moi de rejoindre les gens qui géraient le club à ce moment-là. Montpellier veut que je reste mais, ma femme étant cannoise, elle appuie un petit peu…On est très bien à Montpellier, on s’entend très bien avec la famille Nicollin, je sais le rôle qu’ils attendent de moi, de joueur cadre respecté et respectable dans le vestiaire, qui dit les choses, qui est le remplaçant de Giroud. Mais je prends la décision de rejoindre Cannes qui est en National, qui a de bons moyens financiers et qui veut monter en Ligue 2. 

 

Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

Sur le niveau sportif, je me dis que je vais m’y retrouver mais ce choix a été une erreur. Physiquement, je n’étais plus le même joueur, j’avais 33 ans, je touchais à un championnat que je ne connaissais pas, qui était à l’époque très agressif. Je n’ai pas pu faire l’année que je voulais parce que, physiquement, je ne pouvais plus…Je pense que si j’avais eu des gens compétents qui m’auraient aidé à faire une bonne saison, j’aurais réussi à la faire mais je ne pouvais plus enchaîner les semaines et les matchs. On finit quand même quatrièmes au championnat, juste derrière les trois qui montent…On ne monte pas et la DNCG rétrograde le club en N2 ! J’ai 34 ans, mon corps a changé, je me blesse beaucoup plus souvent…Nîmes, en Ligue 2, était venu taper à la porte, tout comme Amiens…Je suis très hésitant, je sais que j’ai une reconversion possible au club et je reste à Cannes. On a commencé la saison plutôt bien mais mon corps est vraiment trop abîmé. Il y a un changement de coach à la trêve, avec l’arrivée de Pilorget, je lui dis que s’il veut que je l’aide, il fallait qu’il me gère la semaine pour que je réponde présent le week-end. Il ne m’a pas entendu, et m’a répondu qu’à 35 ans, je devais être présent toute la semaine…Il a été joueur donc il a dû passer par cette période-là…Aujourd’hui, en tant qu’entraineur, je peux comprendre cette situation. Donc j’arrête et je passe directeur sportif pendant trois mois mais ça se passe très mal avec la direction ! 

 

 

 

 

Ensuite, je passe entraineur des 17 nationaux, pendant deux ans. Ça a été une nouvelle aventure, je n’ai pas arrêté, j’ai tout de suite basculé dans l’après carrière. J’ai mis les mains dans le camboui et feu ! Ce fut une superbe expérience à Cannes mais très difficile, parce que ce n’était pas un club professionnel à ce moment-là. Je fais mon truc, je joue le maintien et je sauve l’équipe. Après, je rentre en contacts avec Saint-Etienne, par rapport au recrutement ou au poste d'entraîneur du centre de formation mais ils ne peuvent pas me prendre tout de suite. Je ne voulais pas ne rien faire, je n’avais en fait jamais arrêté et je décide de prendre Cannes La Bocca, un club de R2, un club de quartier. Je savais que ça allait être difficile, je savais que je mettais les deux pieds dans un endroit pas simple mais ça a été une super aventure, avec des hommes exceptionnels. On a essayé de faire les choses au mieux pendant cette saison puis j’ai rejoint Saint-Etienne, pour travailler dans le recrutement et au centre de formation. Mon premier rôle était entraîneur des attaquants, plus le recrutement en PACA. Au début, je faisais des aller-retours mais c’était très fatiguant ! Donc je vais à Saint-Etienne à plein temps, où ils me prennent comme entraîneur des attaquants, des pros jusqu’à la préformation, et je suis adjoint de Laurent Battles en N3, où on joue la montée. On ne monte pas pour un point, de mémoire.

 

 

 

 

L’année d’après, je prends les 19 nationaux de Saint-Etienne. C’est une étape de ma vie qui s’est faite naturellement, en fait. Il y avait un groupe d’éducateurs, avec Battles, Janot, Sablé, moi-même, donc beaucoup d’anciens du club qui avaient l’envie de progresser avec Saint-Etienne et de grandir en tant que coachs dans le club. On avait tous cette motivation, sauf que ça gênait d’autres personnes qui étaient là depuis longtemps et qui n’ont pas forcément eu la carrière que l’on a eue dans ce club. Je l’ai mal vécu, j’aurais préféré qu’on me le dise très clairement et je l’aurais accepté…Mais on m’a menti et on ne m’a pas donné l’équipe prévue. J’étais ambitieux, j’étais un jeune coach, j’avais envie de progresser et les résultats étant plutôt sympathiques, je ne voyais pas pourquoi on me rabaissait. Je n’avais pas prévu de prendre les 17 nationaux que le club me propose, donc je réfléchis…À ce moment-là, mon papa, qui est à Hyères, fait un petit AVC et, finalement, je me dis que je suis toujours loin de ma famille, depuis très longtemps…J’étais un peu perdu, la période était compliqué et Hyères me contacte. Le club joue alors le maintien en National 2, avec très peu de moyens financiers et, en fait, ça s’est fait naturellement parce que c’était le moment, je pense. Je n’avais projeté de revenir à Hyères et la vie a fait que…

 

C’est, pour vous, un retour aux sources…

 

Cela fait huit saisons que je suis à Hyères. Cela a été un très bon choix ! On a fait trois saisons exceptionnelles en termes sportifs, malgré les faibles moyens que l’on avait. On a essayé de trouver un investisseur pour nous aider et, de fil en aiguille, c’est tombé sur Boudjellal. Il ne reprend pas le club mais l’équipe première et, de suite, de pas de moyens, il y a beaucoup de moyens. Je commence ma saison mais il me vire au bout de deux mois, pour me passer directeur sportif. Cela m’a mis un coup sur la carafe mais j’étais encore au club….Je fais le job jusqu’à la fin de la saison où, carrément, il me vire de tous rôles…Avec un recommandé, plutôt que de me le dire en face. Cela faisait quatre ans que j’étais revenu, j’ai alors des sollicitations pour repartir en tant que coach, je me pose la question mais, finalement, je ne le fais pas et je passe directeur général de l’association. Pendant une année, je monte un projet pour les jeunes, pour le club, pour la ville…Un rôle donc carrément nouveau pour moi mais ça m’a donné encore une diversité de choses que je ne connaissais pas, dans l'administratif. Jamais, alors, je n’aurais pensé revenir sur le banc du club, sauf que l’année d’après est catastrophique et, en mars, ils viennent toquer à ma porte pour me demander de les aider à sauver l’équipe. Après tout ce qu’ils m’avaient fait, cela aurait dû être impossible pour moi de retourner avec ces gens-là…sauf que c’est mon club !

 

C’est là la naissance du duo avec Marvin Martin. J’ai relevé le challenge, en toute honnêteté, à contre-coeur contre eux. Très clairement, je leur ai dit que je ne le faisais pas pour eux mais pour ma ville et mon club. Avec Marvin, on l’a fait gratuitement, ce qui est très rare ! Eux me proposent une prime en cas de maintien, ce qui n’était pas un problème pour nous, puisque l’on restait en dehors de leur structure. Les sept matchs se passent très très bien, on sauve le club, on finit sixièmes ou septièmes. De là, ils partent mais je leur évoque notre prime…qu’ils ne nous ont jamais payée ! Pour moi, ce n’est pas droit !

 

Après, l’association reprend totalement le club et, depuis deux ans, avec des moyens très limités, on se bat pas trop loin des premiers, mais sans arriver à y aller. Les finances sont saines, l’effectif et le cadre de travail sont plutôt sympas, le staff est très agréable, Marvin m’amène un bien énorme. J’ai, d’ailleurs, le rôle de coach mais aussi de directeur sportif. 

 

 

 

 

Sans doute que votre parcours de joueur vous aide, au quotidien, dans la gestion sportive et humaine de votre équipe ?

 

Je pense ! Après, c’est l’expérience et c’est aussi le management que j’amène sur chaque individu. Avec le temps, je m’aperçois que chaque personne est différente et qu’il faut toutes les prendre différemment. Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de coachs ont de gros égaux, ce que je n’ai pas forcément, honnêtement. On dit qu’un coach a toujours raison mais je n’ai pas peur de le dire quand j’ai tort. Je trouve même que ça fait progresser ! J’ai connu des coachs qui ont de grosses carrières mais qui n’ont jamais reconnu quand ils avaient tort.

 

Même s’il ne m’a pas donné ma chance et que je lui en veux beaucoup pour ça, j’ai eu cette discussion avec Guy Roux après-carrière, où il m’a dit très clairement “Lilian, je me suis trompé sur toi, tu as fait une très belle carrière et, quand tu étais à Auxerre, je ne pensais pas que tu puisses faire une carrière aussi belle”. J’ai trouvé cela très fort de sa part ! C’est bien…Rolland Courbis, quand il se trompait, disait “J’ai fait de la merde ! La prochaine fois, je ferai mieux”. C’était clair, net et précis, c’était du Rolland ! 

 

J’ai eu la chance d’avoir des coachs exceptionnels, aussi Guy Lacombe, Patrice Garande, Joël Bats, Albert Emon, Gernot Rohr, Laurent Roussey. J’ai pris un peu de tout le monde et je l’ai mis à ma sauce, avec ma personnalité. Je pense que c’est important de rester soi-même, j’ai mis mon égo de côté, Marvin aussi, alors qu’il est quand même international. Personne n’a la science infuse, on a le droit de se tromper, comme tout le monde…Bon, c’est sûr que si je me trompe beaucoup, je ne vais pas l’avouer toutes les cinq minutes, par fierté 🙂 …

 

Aujourd’hui, diriez-vous que le poste d’attaquant est encore le même qu’à votre époque ?

 

Non, plus du tout ! Aujourd'hui, l’attaquant moderne n’a plus rien à voir sur le plan athlétique : il faut aller vite, il faut être puissant, il faut être endurant. Des Mbappé, des Henry ont tout : la vitesse, le mental, la technique…Ce sont des joueurs modernes ! Le joueur qui arrive à être encore plus fort que les autres, c’est celui qui est instinctif, qui ne cogite pas, qui est créatif, qui voit les choses avant les autres, qui a le flair de sentir les coups. A l’époque, avant tout, on cherchait un attaquant buteur et, bien évidemment, les éléments physiques venaient se greffer dessus. A l’heure actuelle, le garçon qui n’a que ça n’existe pas, il n’y a que très peu d’attaquants de surface…Le football a changé, les contraintes physiques sont plus nombreuses !

 

D’ailleurs, lorsque vous regardez des matchs de vos anciennes équipes, votre cœur bat-il un peu plus fort ?

 

J’adore regarder les matchs de Ligue des Champions, c’est fabuleux. Ce sont des moments exceptionnels ! Maintenant, bien sûr que j’ai toujours un oeil attentif aux clubs dans lesquels je suis passé, parce qu’ils sont des moments de ma vie ancrés en moi. Selon leur situation, il se passe quelque chose en moi, je peux être peiné ou embêté quand une équipe est dans une situation difficile. 

 

Pour terminer, avec le recul, quel regard portez-vous sur votre parcours ? Que peut-on vous souhaiter pour la suite de celui-ci ?

 

J’ai toujours été quelqu’un de très juste dans ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire, en tant que joueur et qu’entraineur. Bien évidemment, je suis ambitieux, il faut l’être dans la vie mais il ne faut pas l’être jusqu’à ne pas être heureux ou à écraser des gens pour réussir. C’est peut-être aussi pour cela que je suis en N2 mais ce n’est pas grave. Aujourd’hui, je suis très content de ce que j’ai fait en tant que joueur et qu’entraineur. Comme je l’ai dit, j’ai fait des choix, des mauvais choix, je ne pourrai pas revenir en arrière, je ne sais pas ce qui se serait passé si j’avais fait d’autres choix, peut-être que ça aurait été une carrière plus belle ou moins belle, je ne regrette rien du tout. 

 

Mon avenir est à Hyères, je garde quand même ce côté ambitions dans un coin de ma tête, mes présidents, qui sont des amis d’enfance, le savent. C’est-à-dire d’aller plus haut, en Ligue 3, Ligue 2, Ligue 1, en tant que numéro un ou que numéro deux. J’ai été contacté par des clubs de Ligue 2 pour être numéro deux, j’ai réfléchi, ça ne s’est pas fait, peut-être que je n’ai pas été bon mais c’est comme ça. Cela arrivera peut-être un jour, ou pas. Je suis bien où je suis mais le confort n’a jamais été mon truc, j’aime bien les challenges et les défis. Je n'exclue rien mais ce qui est sûr, c’est qu’une belle saison m’attend à Hyères, pour essayer de rester en N2, aux portes du monde pro.

 

En tout cas, je suis très fier du travail accompli jusqu’à aujourd’hui, avec tous les gens qui me supportent tous les jours !

 

Merci, Lilian, pour toutes vos réponses !

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