Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, chaque jeudi soir, au théâtre Le Bout, dans “Danseuse retraitée”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance, alors que ce spectacle est tout récent, d’avoir un créneau où je peux jouer chaque semaine. C’est un jeune spectacle, il a encore besoin d’être rodé et le fait d’avoir une régularité me permet de le peaufiner à chaque fois. Chaque semaine, je peux tester les changements et je sens vraiment, depuis que j’ai commencé en février, qu’il évolue encore, ce qui est chouette !
Si l’on en revient à l’origine de cette aventure, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?
Il y a eu plusieurs temps, je dirais. Alors que j’étais encore danseuse, j’avais voulu faire un stage de clown et, au premier jour, je me suis fait une entorse au genou, qui m’a arrêtée pendant deux mois. Frustrée de ne pas avoir pu faire ce stage, je me suis inscrite à celui de stand-up, sur 12 jours intensifs. Cela a été une révélation !
J’avais toujours beaucoup aimé l’humour et le stand-up mais je ne m’étais jamais lancée, je n’avais jamais osé passer le cap. Là, c’était le moment, d’autant plus qu’une amie m’avait incitée en ce sens. Je me suis éclatée, j’avais même commencé à écrire des sketchs. Suite à cela, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’école…Rapidement, j’ai pu jouer 30 minutes sur scène, déjà au théâtre Le Bout, dont l’école est partenaire. C’est là, alors, que le lieu m’a proposé de faire une heure pleine de show ! Cela me correspond bien, je m’éclate encore plus qu’en participant à des plateaux…
En tout cas, je ne regrette pas du tout de m’être lancée. Ce n’était pas forcément le chemin traditionnel mais je m’y plais !
Plus concrètement encore, comment pitcher ce seule-en-scène ?
J’essaie de faire vivre aux spectateurs un instant de ma vie, où je suis perdue. J’ai voulu arrêter la danse parce que j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais donner là-dedans, sans aigreur mais par choix. Comme je le dis dans le spectacle, “j’aime trop la danse et je la respecte trop pour la faire à moitié”. C’est quelque chose que je pense vraiment : si je ne suis plus en phase, si je n’arrive plus à me donner artistiquement à 100%, cela ne m’intéresse plus…Je voulais donc évoquer mon quotidien, maintenant que je ne danse plus et comment je m’en sors à 34 ans, après avoir changé de vie, moi qui ai dû tout réapprendre, notamment à me gérer toute seule. J’explique comment tout a changé, sans avoir, pour autant, l’impression d’une totale volte face.
Après ces premières représentations, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir ?
Les gens me disent que c’est touchant et, pour ceux qui me connaissent, que l’on me reconnaît bien, que c’est assez fidèle à ce que je suis. Oui, ce n’est pas que drôle, je ne suis pas totalement dans les codes du stand-up, les gens y voient un fil rouge et une histoire. Le public trouve que ça passe vite car il ne s’attend pas à ce que ça se déroule ainsi. Les spectateurs passent un bon moment ! Quelqu’un m’a écrit, et j’aime beaucoup, que “je fais genre d’être en surface mais pas superficielle” : c’est léger mais je vais tout de même titiller des choses de la vie de tous les jours, quand on est un peu entre deux…Tout est dans la nuance !
Plus personnellement, ce spectacle est-il, quelque part, thérapeuthique ?
Carrément ! Je n’aime pas trop ce terme de “thérapeutique” mais, en soi, il y a quand même une part de réalité. Après, je ne pense pas que j’en souffrais ni que c’était quelque chose que j’avais besoin d’exprimer absolument sur scène…C’est vrai que de me prendre la tête sur certaines choses m’a aidé à ne plus les faire : typiquement, en sortant de chez moi, c‘était seulement après avoir fermé les verrous que je me demandais si j’avais bien coupé ma plaque de cuisson…Je faisais de nombreux allers retours, alors que tout était OK…De l’avoir écrit et dit sur scène m’a aidé, dans le sens où, maintenant, je vérifie mes plaques avant de sortir 🙂.
En tout cas, je pense que ça m’a permis de n’avoir aucune aigreur à arrêter la danse…Je ne le vis pas mal, alors qu’il y a des spectacles que j’aurais encore adorer faire et que je n’ai pas pu faire, comme “Notre Dame de Paris”. C’est ça, la vie : on prend d’autres voies, auxquelles on ne pensait pas et ce sera tout aussi bien…Sans pour autant que ce que l’on a réalisé avant n’ait été fait pour rien. Cela me permet d’être assez en phase avec moi-même et de relativiser plus facilement les moments plus difficiles.
Artistiquement parlant, ce projet est l’occasion de développer une corde supplémentaire à votre arc …
Bien sûr ! J’ai toujours aimé la danse, j’ai toujours aimé danser mais je pense que, au fond de moi, j’avais le sentiment de ne pas être totalement à ma place. Je savais que j’aimais la danse mais je ne me suis jamais trouvée belle danseuse, je détestais me voir, je n’avais aucun recul sur moi-même. Là, je reste critique parce que c’est important mais je trouve que j’ai plus de recul et je me sens davantage à ma place ! D’être autrice et interprète est une nouvelle corde qui, au final, me correspond encore plus que celle de mes 12 ans de danse. En tout cas, j’espère que ça m'amènera encore d’autres cordes supplémentaires, ce serait génial !
Pour terminer, au-delà des dates parisiennes, vous serez, en juillet prochain, en alternance à 13h15 au festival d’Avignon, ce qui doit être encore une autre grande joie pour vous ?
Oui, j’ai vraiment hâte ! J’ai l’impression que je serai comme un poisson dans l’eau pendant trois semaines, moi qui adore le spectacle vivant ! Je sais que c’est fatiguant mais, pour l’instant, je ne vois que du positif. Cela va me permettre de rencontrer plein de gens, d’autres comédiens, des producteurs, des directeurs artistiques,...Ça va être super !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, à Bordeaux, au théâtre des Chartrons, dans trois spectacles très différents. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, évidemment ! En plus, c’est une passion que j’ai depuis tout petit, depuis que j’ai 5 ans donc d’être tout le temps sur scène, quasiment tous les week-ends, de retrouver des camarades, d’apprendre des nouvelles pièces et de nouveaux textes est, évidemment, quelque chose qui me comble complètement. Donc, oui, c’est un privilège et une chance !
Certainement que chaque spectacle est l’occasion, pour vous, d’une palette de jeu très différente ?
C’est ça ! Oui, évidemment, on est obligé de se réinventer à chaque fois, même quand des pièces se ressemblent dans le style, que ce soit comédie, drame ou public enfants. C’est également une chance !
Le fait d’alterner ces différents spectacles vous permet sans doute de garder une certaine fraîcheur ?
Les spectacles s’enchaînent assez régulièrement mais il y a des nouveautés tout le temps donc on n’est jamais dans la routine, on est tout le temps en recherche de création.
En parallèle, les téléspectateurs de France 2 pourront prochainement vous retrouver dans plusieurs épisodes de “Haute saison”. Un mot sur votre personnage ?
C’est un personnage assez sombre mais aussi attachant d’une certaine manière, il est vraiment au coeur de l’intrigue et de la série, même s’il n'apparaît pas dans tous les épisodes.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Je travaille beaucoup avec la méthode actors studio, à mon niveau modeste. Du coup, j’essaie de me plonger dans ses dialogues parce que, comme ça va très vite sur les plateaux, j’essaie aussi, le plus possible, de le rapprocher de moi-même, pour pouvoir l’interpréter au mieux. Je me document également beaucoup, je regarde pas mal de films ou de reportages en lien avec mon personnage.
Je savais que l’on allait repartir pour la série, vu que le pilote avait bien marché mais je ne savais pas, en fait, comment allait être réécrit mon personnage ni combien de jours de tournage j’allais avoir. Donc j’ai pris un peu de recul, même si j’étais hyper excité à l’idée de pouvoir retourner sur le plateau, pour retrouver de la fraîcheur.
Le cadre de tournage était particulièrement agréable, à tous points de vue…
C’était magnifique ! Les rendez-vous au HMC ou sur le plateau étaient merveilleux : je tournais la tête, à gauche j’avais l’océan, à droite j’avais les montagnes…Oui, c’était un cadre idéal pour pouvoir interpréter au mieux un personnage.
Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final mais aussi les retours des téléspectateurs ?
Oui, déjà, je suis très curieux du résultat que ça a donné parce qu’il y a eu deux réalisateurs qui ont bossé dessus. Et, évidemment, on attend le retour du public parce que, de toute façon, c’est lui qui décide s’il va y avoir une deuxième saison, ou pas. On espère qu’il va suivre et qu’il va aimer !
Toujours à l’image, vous avez réalisé votre premier film, l’année dernière. D’où vous est venue cette envie ?
Je crois que j’ai toujours, depuis tout petit, quand j’ai commencé à vouloir être comédien et quand j’ai commencé à monter sur les planches, eu ce besoin de raconter des histoires. Du coup, ça allait aussi, forcément, avec le fait de vouloir devenir réalisateur ! J’avais envie, d’un jour, pouvoir transmettre sur grand écran toutes les idées, toutes les images, toutes les photos que j’ai en tête, donc j’ai passé le cap !
Comment, d’ailleurs, pitcher “Turquoise” ?
C’est une invitation au voyage, on vient questionner les relations intrafamiliales, entre les différentes générations, entre grands-parents, parents et petits-enfants. C’est l’histoire d’un frère et d’une soeur qui partent en vacances dans le village de leur grand-mère et qui vont devoir nettoyer le grenier. Ils vont tomber sur des lettres oubliées, ainsi que sur plein d’objets de leurs grands-parents. Parmi les lettres, il y en a une sur l’adoption de leur maman…Ce qui vient questionner les non-dits dans les familles et ce qu’elles se cachent entre générations.
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai d’autres projets au théâtre qui devraient arriver d’ici l’année prochaine. J’attends des réponses de festivals pour mon film, ce qui pourra potentiellement lancer un deuxième court-métrage ou, pourquoi pas, un long-métrage. Je passe aussi des castings et je suis en phase finale pour un projet qui m’intéresserait beaucoup.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre actualité est actuellement riche et variée. Notamment, vous avez participé au Nikon Film Festival, avec un personnage qui vous a permis une belle palette de jeu…
Tout à fait ! Ce personnage, Georges Klinex, se rapproche évidemment du clown. Il est dans une tonalité qui me parle beaucoup, c’est-à-dire un endroit de maladresse poétique. C’est quelqu’un qui essaie sincèrement et généreusement, avec toute la bonne volonté qu’il peut avoir, de faire ce qu’il a à faire et de vivre sa vie mais il a des mains en mousse…Il se prend les pieds dans le tapis, ça ne marche jamais exactement comme il le voudrait et ça dérape toujours à un moment donné. Ce Nikon-là était aussi l’occasion de poser la question de qu’est-ce que l’on fait de tout ça, de comment on accepte nos ratés, nos failles, ce qui nous échappe, alors que l’on est dans une société qui essaie de contrôler, de lisser et d’organiser.
Le thème du festival, cette année, était la beauté et, avec Raphaëlle Dubois, qui m’a proposé de faire ce film, et qui l’a réalisé, on s’était rapidement dit que, pour nous, la beauté résidait surtout dans l’imperfection. Raphaelle est aussi une comédienne, je la côtoie depuis 5 ou 6 ans, on travaille beaucoup ensemble donc on se connait dans des endroits de fragilité de travail et on sait très bien que, l’endroit où on est les plus justes en tant qu’acteurs, c’est cet endroit où ça nous échappe. C’est d’ailleurs très spécifique, notamment, au travail de la caméra…À l'image, elle vient chercher des choses qui nous échappent, en tant qu’acteurs, alors qu’au théâtre, c’est un peu différent, on est un petit peu plus encore dans la technique, on ne peut pas tout lâcher. Souvent, les prises gardées sont celles avec de petits imprévus…Cela marche au moment du tournage mais c’est aussi vrai dès le casting, parce que, dans cette faille-là, c’est là où on voit le plus cet être humain qui est en face de nous ! Il casse alors la coquille de bien se présenter…C’est sans doute ce qui nous raconte le plus ! Il ne faut pas le cacher, il faut l’accepter et en rire…
Ce Nikon était pratiquement muet, ce qui m’a beaucoup plu car j’aime beaucoup ces vieilles techniques. Revenir à des choses très simples remet l’acteur au centre ! D’ailleurs, ce personnage, c’est tellement moi : j’ai sa maladresse et j’ai sa difficulté à accepter les erreurs…Je pense, en tout cas j’ose espérer, que j’ai aussi un peu de sa poésie et de sa tendresse…
Toujours à l’image, vous aviez participé à un épisode inédit de “Joséphine, ange gardien”, diffusé fin décembre sur TF1. Le succès d’audience a certainement dû vous faire particulièrement chaud au cœur ?
Oui, c’est super ! C’est une série qui existe depuis longtemps, je crois que c’est la plus ancienne de l’audiovisuel français, ce qui est assez fou ! C’était une super chance de pouvoir tenir ce rôle dans cet épisode, avec Jennifer, avec Mimi et avec tout le cast, qui était génial. C’était un des mes premiers rôles un peu conséquent, on va dire. Dans le cheminement d’un acteur, il y a toujours ce chemin où on fait d’abord des petits personnages qui passent une journée sur le plateau, qui n’ont pas de prénom, c’est le journaliste, l’avocat, le médecin et puis, après, petit à petit, progressant, on commence à avoir d’autres choses. Là, il y avait une vraie présence, avec quelque chose qui se développe chez le personnage, entre le début et la fin de l’épisode. C’était un vrai plaisir de faire cela !
On l’avait tourné près de deux ans avant la diffusion, donc il y avait une grande attente et c’était cool de voir que ça avait répondu du côté des fans de la série. La saveur du programme y était bien présente et c’était cool de venir y mettre ma petite touche, avec ce personnage d’ex-mari, de père surtout, qui me parle beaucoup, car je suis père moi-même. On a pu se demander comment gérer nos enfants dans une séparation, comment gérer les non-dits avec l’ancien conjoint, comment essayer de ne pas faire peser la situation sur nos enfants…Cela paraît tout simple mais ça croise plein de choses donc c’est un personnage que j’ai vraiment aimé traverser et par lequel j’ai été traversé aussi.
J’ai trouvé que ça marchait bien ! On a toujours cette petite appréhension : on tourne mais on ne voit pas le montage donc on se demande si ce que l’on a fait tient…Je pense que l’épisode fonctionne, qu’on est touché donc j’étais ravi ! Et puis, c’est drôle, cette série étant vraiment un petit trésor de l’audiovisuel français, j’ai eu des messages familiaux de gens dont j’ai découvert qu’ils suivaient ce programme. C’est super !
crédit : Alice Lemarin
L’intrigue pouvait effectivement parler à tout le monde, au travers des différentes arches…
C’est vrai ! D’ailleurs, les ados ont fait un sacré boulot, ils ont beaucoup nagé, ils ont eu un entraînement assez strict, ils se sont beaucoup donnés, notamment sur tout le travail de synchronisation. Pour la petite histoire, c’est drôle, ma nièce fait de la natation synchronisée depuis longtemps et, lorsque la production a cherché une équipe pour accompagner, la sienne a failli être retenue.
On a tourné une partie des scènes dans la piscine de Saint-Germain en Laye, dans les Yvelines, là où je suis né donc c’était très drôle de tourner là-bas !
En parallèle, vous serez de retour, en juillet prochain, au festival d’Avignon, avec la pièce “Deux frères”. Très simplement, comment la pitcher ?
C’est une pièce très lumineuse, avec laquelle on a déjà fait deux fois ce festival. C’est l’histoire de deux frères qui viennent raconter leur enfance, pendant laquelle l’un des deux a été battu par leur père, mais pas l’autre. Donc ils vont s’interroger sur pourquoi cette différence et puis, on va les voir grandir et devenir adultes, jusqu’à se poser la question de devenir pères à leur tour. Forcément, cela va remuer beaucoup de choses en eux ! Cette pièce raconte surtout comment cet amour de frères va leur permettre de dépasser cette violence paternelle et de dire les choses, pour aller au-delà de ce qu’ils ont subi, l’un comme l’autre…Même si l’un des deux n’a pas été battu, il a quand même eu les répercussions de la violence et la culpabilité de ne pas forcément avoir pu l’empêcher donc c’est une pièce très intense…On y rit, on y pleure, on y est touchés et je pense qu’on en sort avec une sensation de se dire qu’il ne faut pas laisser faire ! Pas pour un côté donneur de leçon mais parce que, humainement, on a envie de se prendre dans les bras, en fait…
C’est une pièce écrite par Renaud Merviel, qui est au plateau avec moi, elle est importante pour nous aussi parce que c’est une pièce d’hommes qui raconte la violence masculine et qui raconte ce qu’on en fait. C’est une pièce d’hommes qui se prennent dans les bras et qui sont capables de se dire “Je t’aime”, sans que ce ne soit un tabou, ni moqué et qui sont capables de tendresse, en tout cas de maladresse dans cette tentative de tendresse. Cet endroit de questionnement, dans mon cheminement d’homme de 46 ans, est très important ! Ce qui m’intéresse, c’est de questionner comment on peut faire tendresse, entre hommes et comment on peut nourrir cette chose-là…
Je crois, d’ailleurs, que j’ai mis de cette tendresse-là dans les trois rôles que l’on vient d’évoquer me concernant. J’assume vouloir porter cette couleur-là, masculine, dans les personnages qui me sont proposés. Je crois que c’est quelque chose d’important pour moi !
Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public sur cette pièce ?
Les gens sont très touchés par l’amour qui lie ces deux frères. Le mot “tendresse” revient beaucoup…Ils sont aussi très marqués par la capacité qu’a cette pièce à raconter un sujet dur, celui des violences infantiles, mais sans pathos…On passe vraiment par toutes les émotions, y compris des émotions joyeuses. On assume aussi des endroits de naïveté donc ça rigole sincèrement. Oui, les gens nous parlent souvent du fait d’avoir été surpris par ces montagnes russes émotionnelles…Ils ne s’attendaient pas du tout à cela ! Ils nous parlent également de la justesse avec laquelle est traité le sujet, c’est d’autant plus fou que, heureusement, ni Renaud ni moi n’avons été des enfants battus…On a joué cette pièce plus de cent fois mais c’est toujours l’histoire de quelqu’un dans la salle ! Renaud avait fait un gros travail documentaire au moment de l’écriture mais, surtout, je crois qu’il y a un endroit d’empathie, qui est au cœur de notre travail d’acteurs…
Dans la pièce, la violence n’est pas cachée mais elle n’est pas non plus démonstrative, il y a des moments un peu durs mais dans lesquels on ne s'appesantit jamais, il y a toujours un élan de vie qui repart. On nous en parle souvent…
crédit : Alice Lemarin
Vous êtes un artiste aux multiples cordes, qui, de l’extérieur, pourraient paraitre éloignées. Mais sans doute que, pour vous, elles doivent être très complémentaires ?
Oui, c’est juste ! Je travaille aussi en écriture, de fictions mais beaucoup de documentaires et, pour moi, il y a une complémentarité très forte : cela part de la même intention, d’une curiosité pour le monde qui m’entoure et surtout pour les humains à l’intérieur. Cela part aussi de questions irrésolues pour moi, de choses que je ne comprends pas en moi. Je pense que c’est ce que je cherche à résoudre quand j’embrasse un personnage, en me demandant ce qu’est sa vie, ce qu’il traverse et pourquoi il le vit comme cela. Quand je l’incarne ensuite, c’est moi qui l’incarne, avec ce que je suis et avec ma sensibilité. C’est la même chose en documentaire, c’est aller à la rencontre, c’est tendre un micro et écouter. Je crois que l’écoute est très centrale dans tout ça !
Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?
J’ai l’envie de travailler avec certains réalisateurs ou certaines réalisatrices, j’aimerais travailler au théâtre avec certains metteurs en scène, j’adorerais travailler sur certains formats de série pour creuser des sillons de personnages et déployer des choses…A l'image, j’ai envie, aujourd’hui, de soutenir des personnages masculins qui défendent d'autres récits et d’autres regards. J’ai envie de rôles qui me permettent de déployer ce qui m’importe, humainement. Cela ne veut pas dire que des rôles jolis et sympas…Je pense que c’est plutôt en chemin, j’ai confiance, j’ai la chance d’être dans une période ascendante.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez une belle actualité en cours ou à venir. Vous êtes en tournée théâtrale, avec deux pièces que vous aviez déjà pu jouer sur Paris précédemment. Un mot, peut-être, sur chacune d’elles ?
La première que l’on a montée a été “L’ordinaire histoire d’Ernest Boubouroche”, c’est un Courteline qui a été réécrit par le metteur en scène, Geoffrey Lopez. Tout a été un peu réarrangé pour que ça colle plus à la modernité actuelle. C’est plus actif, ça s'enchaîne davantage…On l’avait jouée au théâtre de Nesle et au Montmartre Galabru, nous avions même été nommés aux Cyrano 2024 pour la meilleure mise en scène.
C’est l’histoire d’un bourgeois qui est un peu naïf. Il a des amis à qui il paie des repas tout le temps, sans dire que c’est problématique, juste par gentillesse. Il a, depuis 8 ans, une compagne, mais avec laquelle il ne vit pas…Il lui paie son logement et ses affaires mais elle vit avec son amant, qui se cache dans le placard quand son mari arrive chez elle. La situation finira par être découverte mais cette femme va réussir à retourner la situation à son avantage.
Cette pièce est intéressante, dans le sens où, de base, elle a été écrite comme un drame mais qu’elle a été montée comme une comédie. Il y a donc les deux pendants, on creuse dans les méandres des sentiments humains, avec des partitions incroyables pour nous.
La deuxième pièce est “Burn baby burn”, de Carine Lacroix, que l’on a jouée au théâtre du Petit Gymnase. Je trouve que c’est un spectacle incroyable, qui raconte l’histoire de deux jeunes femmes qui se retrouvent dans une station essence désaffectée. L’une vit là-bas et l’autre veut juste de l’essence, elle qui fait la transition pour vendre de la drogue pour son petit ami. Ces deux femmes sont donc inadaptées au possible à la société et cette dernière ne les aide pas non plus, elles sont vraiment laissées à l’abandon, personne ne les aime. En fait, en une seule journée, elles se trouvent et voient chez l’autre ce qu’elles n’ont pas. Tout va exploser à l’arrivée d’un jeune homme, livreur de pizzas. Comme elles n’ont pas de quoi payer, elles vont le braquer avec une arme et ça va mal finir…C’est un peu un roadtrip immobile, qui est incroyable !
La tournée doit être sans doute très différente mais, quelque part, très complémentaire des dates sur Paris…
C’est ça ! On est dans une troupe donc on est contents de partir entre copains. C’est épuisant parce qu’on fait tout nous-mêmes mais c’est génial ! On se rend compte que le public de province n’est pas le même qu’à Paris, il ne rigole pas aux mêmes choses, il ne réagit pas aux mêmes endroits donc, en fait, l’un dans l’autre, les deux sont super intéressants mais il faut s’adapter en fonction de là où on joue.
Plus globalement, vous êtes une artiste aux nombreuses cordes artistiques. Vous avez aussi tourné pour TF1, dans “Demain Nous Appartient”. Quels souvenirs en gardez-vous ?
J’ai tourné quelques jours à l’été dernier, pour une diffusion deux mois plus tard. J’ai eu deux équipes différentes, j’ai connu deux réalisateurs différents et je ne tournais pas non plus avec les mêmes acteurs. Donc, vraiment, c’étaient deux mondes totalement différents et c’est là qu’on se rend compte que tous les réalisateurs ne sont pas pareils, qu’ils ne dirigent pas de la même manière. Personnellement, j’ai préféré tourner avec la deuxième réalisatrice, c’était une femme qui dirigeait beaucoup plus. Elle savait ce qu’elle voulait et comment me guider. Cela m’a clairement aidée…En plus, j’ai adoré jouer avec ma partenaire, pendant l’interrogatoire de police, parce qu’elle est très douée mais aussi très gentille. Cela passait crème, c’était vraiment très agréable, il y avait de l’écoute et des échanges, c’était un vrai jeu entre nous. Donc je garde un super souvenir de ce moment-là ! J’ai beaucoup appris en la regardant…
Tourner à Sète a dû être très plaisant aussi…
Il y a pire comme endroit 🙂. De plus en plus, ils tournent en studio, où ils étaient en train de créer le marché, qui est trop stylé ! Le voyage jusqu’à Sète est long mais ce n’est pas grave, tellement la ville est agréable.
On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est particulièrement soutenu. Justement, comment avez-vous relevé ce défi ?
Il faut être prêt en amont, il faut vraiment bien travailler, avant, son texte et ses intentions. J’avais mes textes à l’avance et, du coup, pour ne pas bloquer l’équipe, je me suis dit qu’il fallait que je travaille beaucoup et bien ce que j’avais à faire. Heureusement, les textes étaient relativement “simples” à apprendre, ils étaient comme dans la vie de tous les jours.
D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?
Ce personnage était une mère de famille qui n’avait même plus la garde de sa fille donc, oui, j’ai dû aller chercher un peu plus loin que moi…J’ai été obligée de creuser autre part, de regarder un peu les gens autour de moi, pour comprendre le mécanisme du personnage : comment a-t-elle pu perdre ce gamin, alors qu’elle l’aime ? qu’est-ce que ça fait si on lui dit que c’est une mauvause mère ? Donc j’ai beaucoup observé et posé des questions à mon entourage.
Sur ce programme, ou sur un autre, aimez-vous regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre interprétation ?
Là, oui, j’ai regardé et c’est marrant parce que, pour certaines scènes, j’ai été surprise de la prise retenue. Je laisse faire, c’est le métier du monteur, pas le mien. Plus globalement, je fais toujours confiance aux autres, chacun étant un professionnel dans son domaine.
Mais ça fait toujours bizarre de se voir à la télé, c’est étrange ! On ne s’y fait pas, je crois…
Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?
Une pièce de théâtre que l’on va créer, si possible, en coproduction France - Corée. C’est pour cela que l’on est, actuellement, aussi en recherche de partenaires en Corée, ce qui est beaucoup moins facile à faire car moins accessible. On voudrait que ce soit une grosse création, on a envie qu’il y ait réellement une coopération culturelle, on ne veut pas faire ça dans le vent, on veut un vrai lien et un vrai pont entre deux pays. Je crois que ça fait 140 ans qu’il y a des relations officielles entre les deux, dans tous les domaines et on a vraiment envie que ce soit mis en place artistiquement, au niveau du théâtre parce que je n’ai pas l’impression qu’il y en ait énormément non plus. On est en contact, pour cela, avec la chambre de commerce et de l’industrie, on espère avoir le théâtre national, ce serait splendide ! Nous avons casté aussi des acteurs coréens, le but n’étant pas de faire une pièce franco-française, mais d’aller, si possible, jouer à l’autre bout du monde. C’est tellement intéressant car chaque pays a un jeu différent…L'équipe sera composée de Sulgyeom Kim, Eva Lapasin, Jordan Lambertoni, Hira Park et moi-même.
A plus long terme, une personne avec qui je suis en partenariat, étudie un scénario de série franco-coréenne. Là aussi, ce serait une belle coopération mais, du coup, il faut des autorisations de partout, et des visas notamment. Cela prend un temps monstrueux ! En faisant tout cela, j’apprends plein de choses mais c’est beaucoup de travail en dehors uniquement de mon jeu d’actrice, en fait. De toute façon, de nos jours, on n’a pas le choix que de créer…Et, quand on est acteur, on n’est aussi que l’interprète d’un texte de quelqu’un d’autre donc c’est aussi intéressant, artistiquement, d’être à l’initiative d’un projet. C’est chouette un artiste qui crée !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, au Grand Point Virgule, dans “Tout va mâle ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, énormément ! C’est vrai, en plus, que je ne m’attendais pas du tout à être prise…On a passé trois tours d’audition, ce qui est raisonnable mais énormément de travail matériel était demandé (deux scènes, trois chansons, avec chorégraphie). Donc, quand j’ai été prise, c’était quand même une reconnaissance ! C’est mon premier vrai rôle en comédie musicale, à Paris, je n’avais jamais tenu un spectacle comme celui-ci, en rôle principal, sur plusieurs mois donc, oui, c’est une forme de revanche un peu sur la vie, peut-être.
Justement, si l’on revient à la genèse de cette belle aventure, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?
Le côté comédie musicale ! Si cela n’en avait pas été une, je ne pense pas que j’aurais postulé…Je ne me voyais pas refaire du théâtre ! J’ai fait des études de théâtre, au conservatoire de Bruxelles mais j’étais plus attirée par le jeu cinéma, le côté très quotidien et le rapport au réel, très proche du vrai. Je me disais que le théâtre n’était plus pour moi, que c’était un jeu très projeté, trop technique mais le fait que ce soit une comédie musicale lie mes trois passions, avec la danse et le chant, et m’a incitée à postuler.
@julienjovelin
Plus concrètement encore, comment présenter ce spectacle ?
C’est un spectacle un peu hybride parce que l’on parle de plein de sujets. On parle de la masculinité toxique, des rapports homme / femme dans leur globalité, pourquoi il faut qu’on y reréfléchisse aujourd’hui impérativement et ce que tout cela va impliquer dans notre sexualité. Quand les hommes ont des problèmes d’érection, ça peut être l'andropause mais ça peut être autre chose aussi, ça peut être la pression qu’ils se mettent eux-mêmes. Du coup, c’est un spectacle qui déroule plein de sujets comme ceux-là.
Le rôle de Becky, la sexologue, va leader les hommes dans cette réflexion sur eux-mêmes et sur le patriarcat ainsi que sur la société en règle générale.
Comment décririez-vous votre personnage, Becky ?
Becky est une sexologue un peu déjantée, qui a mis au point une méthode spéciale, un peu magique pour, justement, faire prendre confiance aux hommes, dans tous ces noeuds de leur approche des relations homme / femme. Elle a mis dix ans à élaborer cela, en tout cas c’est l’histoire que je me suis racontée…C’est son bébé, c’est sa fierté et elle a envie d’un changement profond dans la société. Cela reste une comédie, ça la fait beaucoup rire de voir ces hommes se questionner, être un peu vulnérables, voire ridicules, devant elle.
C’est un personnage que j’aime beaucoup, qui a énormément d’empathie et de fermeté à la fois. Elle pose de vraies questions, sur un sujet sérieux, que l’on traite, nous, avec légèreté, sous le filtre du divertissement. Ce thème me tient très à cœur, je pourrais être beaucoup plus féroce que Becky…
@julienjovelin
Sans doute que la palette de jeu associée est très large et donc très plaisante à défendre sur scène ?
Oui, parce qu’il y a, à la fois, le message, le contenu, le sens, le “pourquoi on défend cela ?”. C’est très important pour moi, je n’aurais pas envie de monter sur scène pour un boulevard, on va dire, classique. Peut-être plus aujourd’hui, maintenant que je me suis prise au jeu…Il y a le côté comédie qui est très précis, très technique, il faut être chirurgical et, en même temps, il y a cette folie que je m’autorise avec le personnage. Donc je peux mettre tout ce que l’on me reprochait au théâtre, notamment mes mimiques. Là, je peux tout m’autoriser, je peux être déjantée, je peux transformer ma voix, pas que dans le chant, aussi dans la comédie donc c’est hyper agréable. Je peux un peu me lâcher !
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Je me suis inspirée de psys ! C’est vrai qu’avec mon alternante, on a créé un peu une backstory autour d’elle et on s’est dit qu’elle nous faisait penser au personnage de Julian Anderson dans “Sex education”. Je pense aussi à une sexologue belge, qui donne des master class partout dans le monde. Après, c’est vrai que j’ai, moi, un côté très psy aussi, naturellement. Cela fait partie de ma personnalité de m’intéresser vraiment à comment les gens fonctionnent, à leurs failles, à pourquoi ils font cela, à leurs attachements…Il y avait donc déjà une grosse base !
@julienjovelin
L’alternance que vous évoquiez permet sans doute de garder une certaine fraîcheur ?
Oui, c’est très formateur ! Maintenant, les choses sont un peu plus fixées mais c’est vrai que le fait de devoir jongler avec les partenaires fait tourner la balle.
Sans doute aussi que mêler jeu, chant et danse doit être très grisant ?
Oui ! Je suis un peu perfectionniste donc, au tout début, j’avais beaucoup de mal à être contente de ce que je faisais. Les chansons sont assez techniques, difficiles et exigeantes donc c’était difficile, pour moi, d’être contente. Je n’ai pas eu, de suite, le plaisir, je me flagellais un peu, j’ai énormément travaillé et, là, enfin, depuis un ou deux mois, je m’amuse. Cela m’a pris du temps, c’est vraiment personnel, c’était le temps de me détendre et de me lâcher.
@julienjovelin
Pendant les chansons, il est important, en plus, d’être particulièrement audible, pour permettre au public de bien comprendre les paroles, qui font le lien avec l’histoire…
C’est ça ! Il y a énormément de jeux de mots, en plus…Le vocabulaire est parfois alambiqué donc il faut être très carré, sinon la vanne tombe.
Quels retours du public avez-vous déjà pu avoir ?
Les gens sont ravis, ils ne sont pas du tout avares en compliments : “C’est incroyable!”, “C’est vous qui chantez, c’est votre vraie voix ? Ce n’est pas du playback ? Oui, madame !” donc c’est assez grisant et plaisant. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi enthousiaste.
Plusieurs directrices de casting ont trouvé cela top donc c’est cool aussi d’avoir enfin une reconnaissance du métier. Après, la reconnaissance du métier est une chose mais nous le faisons avant tout pour que les gens passent un bon moment, apprennent des choses et soient touchés.
Récemment, on a eu une femme avec les yeux humides, alors que c’est plutôt une comédie, même s’il y a des moments qui sont un peu plus touchants. Elle nous a expliqué qu’on l’avait faite pleurer trois fois, on était hyper étonnés. J’ai un autre souvenir très précis : dans la pièce, on aborde vraiment très rapidement le sujet du chemsex et une femme est venue nous dire, à la fin, “Mon mari est décédé du chemsex il y a quelques temps, merci d’en parler”. On était tous choqués qu’elle nous ait fait cette confession, comme cela.
Je pense que, quand le spectacle commence, les gens se demandent “C’est quoi cet ovni ?” et, qu’après, ils sont agréablement surpris. C’est un parti-pris de parler de cela avec de l’humour, c’est un style, c’est le prisme d’Alex Goude. C’est un code à honorer et tant mieux si les messages passent comme cela.
@julienjovelin
Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?
On peut nous souhaiter que ça remplisse toujours plus, encore plus, que ce soit complet tous les soirs. On espère peut-être une tournée et, oui, qu’on continue à trouver le plaisir d’être ensemble sur scène et de défendre cela pendant encore longtemps.
En parallèle, vous avez récemment sorti trois chansons et deux autres vont arriver prochainement…
J’ai un alter-ego pour la musique, qui s’appelle Niki Grace. C’est un projet à l’initiative de Marc Collin, qui est derrière le groupe “Nouvelle vague”, mondialement connu. On a fait un petit objet de cinq titres, avec une reprise de Genesis, “I can’t dance”, et quatre titres originaux. Trois titres, dont cette reprise, sont déjà disponibles sur Spotify et les autres le seront en avril puis en mai. C’est un projet 80s, ce n’est pas du tout dans la mouvance actuelle de ce qui se fait mais c’est rétro et assez dance. Les textes et arrangements sont de Marc, je suis à l’interprétation. J’y parle beaucoup d’amour…Cela m’a permis de me lâcher, de faire un projet à côté, où je pouvais oser faire un personnage un peu extravagant, pas toujours dans ce côté cadré, lisse, un peu froid de la comédienne. J’ai pu me faire plaisir !
@studioclotis
Au-delà de ces premiers titres, quelle suite aimeriez-vous donner ?
On verra ce que ça donne, en fonction des écoutes notamment…Je gribouille des petites choses de mon côté mais ce sont des esquisses. En tout cas, les premiers retours sont assez cool, cela me fait plaisir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver ce mardi 31 mars dans le deuxième épisode de la nouvelle saison de “A priori”. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, je suis très heureuse ! C’est un format de 10 épisodes et il y en aura 2 par soir, tous les mardis. Le tout dans un très joli cadre de tournage, à Sète, et, surtout, avec une très chouette équipe. Celui qui concerne mon personnage, c’est le deuxième. Il y a deux réalisateurs sur cette série, j’ai été dirigée par Sébastien Perroy, qui est vraiment génial ! C’est très agréable d’être sur son plateau et il se trouve que l’équipe, autour, était super aussi, donc que de la joie !
Ça fait partie des tournages, où l’on ressent de manière flagrante que tout le monde est content d’être là…
Quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Ce qui m’a plu, c’est que, dans l’épisode, on en voit différentes facettes. Elle se fait assassiner et on découvre les flashbacks de ce qui lui est arrivé. En termes de jeu, c’était une palette d’émotions à traverser.
Ce personnage essaie de bien faire, je crois que c’est sa particularité… donc je n’étais pas sur un rôle de composition où j’aurais dû aller chercher quelque chose que je ne connais pas, une personnalité atypique. Elle est assez facile à comprendre, c’est une personne dynamique, qui est dans le positif, qui se bouge pour ses convictions. Ce sont plutôt les scènes qui étaient différentes, en termes de jeu mais, dans sa continuité à elle, elle est cohérente.
Même si un guest n’a pas de lien direct avec les précédents épisodes, vous étiez-vous quand même (re)plongée dans les diffusions, pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère ?
Je trouve, même quand on n’arrive que sur une intrigue, que c’est important de connaître le programme. Il y a eu quelques changements artistiques et de casting, entre la saison 1 et la saison 2… donc il ne fallait pas non plus se concentrer à fond sur la première mais, en même temps, on ne peut pas non plus intégrer une série sans la connaître… Ce serait absurde, il y a quand même une continuité artistique sur le projet. Il y a beaucoup de séries policières et chacune à sa particularité, ici c’est un registre de comédie, même si ça ne concerne pas directement mon personnage, c’est fondamental de savoir dans quoi il s’inscrit.
Vous avez déjà pu découvrir le rendu final…D’ailleurs, est-ce un exercice facile pour vous ?
Non, je n’éprouve pas de grand plaisir à me regarder… J’aime plutôt faire, c’est joyeux d’être dans un rôle, de jouer ces situations-là, puis de les partager, mais de se regarder, c’est autre chose…Ce n’est ni plaisant ni déplaisant, c’est le résultat d’un travail et avec le temps, on apprend surtout à être plus doux avec soi-même. Mais c’est un apprentissage… Aujourd’hui, en casting, on nous demande beaucoup de vidéos selftape (ce qui heureusement n’était pas le cas pour ce rôle), et je pense que, pour beaucoup d’entre nous, c’est surtout là qu’est la difficulté à se regarder. Avant, après avoir passé une audition, on rentrait chez nous et on ne se questionnait pas, on avait donné ce que l’on avait à donner. Mais maintenant, comme nous devons souvent nous filmer nous-mêmes, ces images-là sont dures parce qu’on se retrouve à juger notre propre performance avant de l’envoyer... Ce n’est pas évident ! Alors que, sur le plateau, il y a d’autres personnes qui ont choisi pour nous : il y a quelqu’un qui nous a coiffé, il y a quelqu’un qui nous a habillé, éclairé, cadré, dirigé… ce ne sont pas nos choix personnels donc ce que l’on découvre, c’est le regard qu’a porté sur nous un ou une metteuse en scène. Et c’est ça qui est enthousiasmant à découvrir dans un rendu, et non pas soi-même à l’image.
J’étais contente, aussi, de visionner l’épisode par rapport au montage. Même si je l’avais lu, je l’avais oublié en me concentrant sur la chronologie de mes scènes, j’ai donc eu l’impression de redécouvrir comment ont été organisés les flashbacks. J’ai redécouvert aussi certains dialogues de mes partenaires de jeu, donc j’ai eu la sensation d’être en train de regarder l’enquête pour la première fois 🙂 !
On vous imagine, à présent, curieuse des retours du public ?
Carrément, je suis très curieuse ! Je suis une très bonne téléspectatrice de séries policières… je regarde assez peu la télé mais, si j’ai le malheur de tomber sur un épisode, c’est fini : il faut que je sache comment ça se termine. Cette saison d’”À priori”, je la trouve lumineuse, créative et rigolote. Le projet est chouette, donc oui, je suis impatiente de voir comment il sera reçu.
En parallèle, vous serez, en juillet prochain, au festival d’Avignon avec “Le voyage d’Alice en Suisse”. Comment pitcher cette pièce ?
C’est l’histoire d’une jeune femme qui est atteinte d’une maladie incurable, et qui décide de partir en Suisse pour faire un parcours de suicide assisté. Elle va être accompagnée d’un médecin et, au fur et à mesure des consultations, ils vont tomber amoureux…
Au sein de la compagnie Esbaudie, je développe des spectacles qui abordent des thématiques sociétales et qui permettent, à la fin, de faire des débats et un échange avec le public. L’idée est, par le biais du théâtre, et d’une histoire, d’ouvrir à la réflexion… Autour du sujet de la fin de vie, il y a beaucoup à dire…Au-delà de “Je suis pour” ou “Je suis contre”, il y a “Dans quelles conditions ?”, “Pour qui ?”, “De quelle manière ?”, “Pratiquée par qui ?”. En fait, ça balaie beaucoup de problématiques et c’est ce que j’ai trouvé beau avec ce texte, c’est que, justement, il n’en oublie aucune. Quand j’ai lu cette pièce, je me suis dit que c’était exactement ce que je cherchais, une histoire originale et profondément humaine.
Malheureusement, dans le cadre du festival, on ne pourra pas faire de débats mais, en tout cas, c’est comme cela que j’aimerais qu’il soit diffusé. Je trouve que ces discussions sont des moments passionnants !
Quel personnage avez-vous le plaisir de défendre ?
J’ai un petit rôle dans la pièce, je suis l’assistante du médecin, même si je dirais que c’est une pièce chorale. J’aime quand un groupe raconte une histoire, quand ça joue ensemble et que tout se mélange. C’est l’histoire d’une jeune femme, et celle du médecin, mais tous les personnages ont des rôles importants et sont des figures majeures. Je pense qu’on ressort du spectacle en emportant un peu de chacun d’entre eux…
Cette assistante est dans une démarche très engagée et elle va découvrir ce qu’est ce parcours-là, ce que c’est que de travailler à cet endroit-là, sur le terrain. Et réinterroger ses convictions. Finalement, son parcours est également mon parcours à moi, quand je me suis plongée dans ce sujet et quand j’en ai saisi l’ampleur civilisationnelle.
Quels premiers retours du public aviez-vous déjà pu avoir en septembre dernier, lors des premières dates à Paris ?
Je me suis rendue compte, et c’était mon but, que c’est une thématique difficile à aborder, je ne vais pas m'en plaindre vu que c’était justement ma volonté, mais ça a suscité de vives réactions. Comme le projet de loi autour de la fin de vie était censé passer au Sénat en octobre, je pensais que ce serait un peu dans l’air…Et j’ai été très surprise parce que ça n’était pas le cas. J’ai remarqué que la plupart des personnes qui venaient me parler après les représentations, en tant que metteuse en scène, ne connaissaient pas le sujet, et avaient beaucoup de questions ! Cela m’a beaucoup étonnée, je m’en doutais un petit peu mais pas à ce point. Il faut dire aussi que la rentrée dernière était très mouvementée, et disons que ce n’était pas le sujet le plus bouillant…
Nous relançons des répétitions le mois prochain et je pense que, sur les choix de jeu et de direction, je prendrais en compte ces discussions. D’ailleurs, au fur et à mesure déjà de l’exploitation, on avait modifié des éléments, on distribuait même une feuille de salle, pour que les spectateurs puissent lire, avant que le spectacle commence, les différentes pratiques existantes dans différents pays et comprennent mieux certains mots de vocabulaire. Cela nous semblait nécessaire ! Le projet de loi est d’ailleurs encore reporté et n’est toujours pas passé au Sénat.
D’autres personnes sont venues me voir pour me dire “J’ai traversé ce parcours-là, j’étais très sceptique avant de venir et, finalement, je suis content que ce soit abordé de manière ouverte, sans tabou”. Ces retours nous ont fait chaud au cœur, désacraliser la mort était très important pour nous, tout comme que l’art puisse donner la possibilité de transcender nos blessures.
Le fait d’être au festival d’Avignon doit être une grande source de fierté ?
Oui, c’est un endroit merveilleux quand on aime le théâtre ! C’est la grande fête annuelle du spectacle vivant, c’est rentrer dans les remparts et, tout d’un coup, découvrir des performances, partout… Évidemment ce n’est pas que ça, c’est aussi le nerf de notre industrie, mais je continue de trouver ce festival fabuleux. Chaque année, je me fais un plaisir à dénicher la pièce la plus singulière et improbable possible…Il y a quelques années, j’avais vu une compagnie japonaise, qui proposait “Huis clos” de Sartre…mais dans l’espace, avec des tenues de cosmonautes. Je trouve que le festival a cette magie-là aussi, d’accueillir des propositions originales du monde entier.
Pour terminer, vous écrivez actuellement une pièce, sur un thème qui vous tient particulièrement à cœur, à titre personnel…
Oui, j’avais envie que la compagnie évolue vers des propositions originales, même si je trouve qu’il y a plein d’auteurs fabuleux, que j’aimerais mettre en scène. L’année prochaine, j’ai envie de développer des projets d’écriture sur des thématiques qui me touchent.
J’ai choisi de commencer par me questionner sur ce que signifie être binational, car c’est une réalité qui me touche profondément et, je pense, beaucoup d’autres personnes. J’avais envie d’explorer comment cette double appartenance façonne l’identité d’une personne. C’est une démarche que j’aime : partir de l’intime pour observer ce qu’elle révèle à l’échelle de la société. Nous sommes nombreux à nous interroger sur nos racines, notre ancrage, sur l’endroit où l’on peut vraiment se dire : “Là, je suis chez moi.”
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Ce lundi 30 mars, les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver dans “Cure mortelle”, un épisode inédit de la série “Monsieur Parizot”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui ! Les tournages sont toujours super à faire, vraiment ! Là, en plus, même si c’est un petit rôle, j’avais cinq ou six jours. C’était rigolo à faire, avec une équipe artistique et de production vraiment très sympa, donc c’était réellement très agréable !
L’histoire se passe dans un spa, dans lequel il y a un meurtre et je fais le gardien. J’aurais pu tourner en une journée mais, comme c’est une sorte de Cluedo, on me voit dans plusieurs endroits différents. Du coup, comme j’ai été dans plusieurs décors, j’ai eu plusieurs jours sur le plateau.
C’est une comédie, c’est léger, c’était un rôle marrant à faire, on me voit écouter des conversations et danser la Soyotte !!!
Le côté Cluedo permet aussi de côtoyer un chouette casting…
Oui , un adorable casting ! On s’est tous bien entendu, avec l’équipe technique aussi…
Sur ce programme, ou sur un autre d’ailleurs, aimez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?
Oui…Il y a dès fois où on est déçu, où on se dit “J’aurais dû faire attention à cela”. Après, je suis très mauvais juge parce que je n’aime pas trop me voir. Je suis plutôt dur avec moi-même, c’est assez rare que je me dise “C’est pas mal, ça rend bien!”. Mais c’est vrai aussi que ça ne m’appartient plus. Autant le théâtre, c’est tous les jours, il faut recréer chaque soir, y aller, on est dans l’instant, dans le présent, avec un public différent chaque jour. Autant, à la caméra, la façon dont on est filmé et le montage final sont impactants. Donc je ne me pose pas la question, je fais mon boulot et fais confiance à l’équipe.
Cet été, vous serez sur un autre projet, “Les fanfarons”...
Il a été écrit par Bérangère Gallot, Estelle Kitzis et Lauriane Lacaze, trois filles qui sont comédiennes, auteurs et metteuse en scène de cette jolie pièce. Elles ont travaillé aux apprentis d'Auteuil, où elles ont fait du théâtre forum et où elles ont rencontré des éducateurs qui accompagnent des jeunes en difficultés.
Elles se sont rendu compte qu’il y avait des professeurs de soutien qui sortaient de polytechnique pour effectuer un stage d’enseignement. Ce sont des personnes qui, certes, suivent de belles études mais qui n’ont pas forcément appris à enseigner et ce sont aussi deux mondes qui se confrontent, qui n’ont rien à voir et qui ont, forcément, du mal à se comprendre.
C’est cette confrontation qui est mise en avant et j’y joue le rôle de l’éducateur qui est à fond dans ce qu’il fait. Pour lui, c’est une profession de foi et ils finissent par créer une fanfare avec les jeunes…De là, un lien va se nouer ! C’est une romance sociale, qui est belle et drôle à la fois, mais qui met bien en évidence les difficultés d’enseigner face aux parcours chaotiques de ces jeunes.
Suite à une lecture au Lucernaire, des producteurs nous ont suivis et on sera en Avignon, cet été chez Atelier Théâtre Actuel à 17h 30.
Sans doute que la palette de jeu associée doit être très plaisante pour vous ?
Le premier challenge est d’apprendre le tuba : je chante mais je n’ai jamais fait d’instrument à vent…Honnêtement, j’ai eu une rencontre avec l'instrument, il m’a plu de suite et j’ai rapidement trouvé un professeur, avec qui je m’entends très bien. Je bosse tous les jours mais je ne suis pas le seul dans ce cas, on s’accroche tous à ce projet, les jeunes sont magnifiques, pour certains, c’est leur premier pas sur scène. A leurs côtés, je rajeunis de dix ans, ils sont tous très talentueux et ce sont des bosseurs. J’espère vraiment que la pièce va plaire et que le public prendra autant de plaisir que nous à la jouer.
Ce ne sera d’ailleurs pas votre première participation au festival d’Avignon…
Mon premier festival date de 1996, j’en ai fait quatre à cinq au total. A l’époque, il y avait déjà 750 spectacles et on trouvait que c’était beaucoup. Il y en a le double actuellement…Il y a de plus en plus de spectacles mais pas plus de spectateurs. Cela reste cependant magnifique parce que le public qui vient à Avignon est un public à part, les gens sont des amoureux du théâtre.
Cette année, ce qui est bien, c’est que l’on y va avec une création et c’est cela la base même de ce festival…Le but n’est pas d’y produire des spectacles parisiens qui se jouent déjà depuis des années…
A quelques mois de la première, qu’est-ce qui prédomine dans votre esprit ? L’excitation de rencontrer le public ? Ou la montagne de travail encore restante ?
Je suis actuellement dans la fin de la mémorisation du texte, en plus de travailler mon instrument tous les jours. Je suis dans une évolution mentale et physique du personnage tout au long de la pièce et, en revanche, il me tarde que l’on soit ensemble et qu’on rentre dans le vif du sujet, avec la scénographie, les lumières, les costumes…
Récemment, vous avez participé à “La vie parisienne”. Quels souvenirs en gardez-vous ?
C’était aussi un challenge ! J’aime bien, de temps en temps, ça booste un peu. Je fais beaucoup de chant mais je n’avais pas pratiqué le lyrique depuis longtemps. Le rôle que j’ai défendu m’intéressait depuis un moment, ce fut l’occasion de relever le défi, avec un orchestre. C’est fait !
Vous pratiquez aussi régulièrement le doublage…
Oui, depuis 4 ans ! Cela me plait aussi beaucoup, c’est un nouveau métier pour moi ou plutôt une continuité, et j’adore vraiment !
Ces différentes cordes artistiques pourraient paraître très éloignées mais sans doute sont-elles très complémentaires pour vous ?
Oui, bien sûr, elles sont complémentaires ! En plus, grâce à cela, j’ai réussi à toujours travailler, moi qui ai navigué entre la comédie musicale, le théâtre, la télé et le cinéma. En ayant plusieurs cordes à mon arc, j’ai pu alterner et j’ai toujours aimé cela, d’ailleurs. Je pense que c’est important, pour un artiste !
Enfin, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?
De trouver des projets théâtraux ! Et j’aimerais tourner davantage encore, j’aimerais avoir un rôle un peu plus important, au cinéma notamment. Faire un récurrent sur une série me plairait aussi, pour suivre un personnage tout au long d’une histoire. Ce serait génial, j’adorerais vivre cela ! J’arrive à un âge où plein de rôles d’hommes mûrs, dans le répertoire classique, me plairaient également. J’aimerais aussi refaire de la mise en scène. Mais ça prend du temps et on ne peut pas tout faire…Mais, oui, bien sûr, j’ai plein de rêves !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Dans le cadre du Nikon Film Festival 2026, vous avez récemment mis en ligne “Macaron”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, tout à fait ! Je suis très contente, parce que l’idée de ce film est née suite à une formation de cascadeur que j’ai faite en août dernier au Campus Univers Cascades. À l’issue du stage, on devait créer une séquence d’action. J’ai travaillé avec Coline Le Bellec et, autant dire qu’on a beaucoup ri ! Même si notre scène se voulait sérieuse au départ, on s’est dit que ça pouvait très vite basculer dans quelque chose d'assez ridicule, notamment en crêpage de chignons.
Maquillage Sophie Fauquet
L’idée a germé là : j’ai écrit le scénario, puis monté une équipe autour de ce projet que nous avons tourné dans les mois qui ont suivi. Et c’est évidemment Coline que j’ai choisie comme partenaire-rivale dans "Macaron".
Le fait d’avoir écrit et réalisé ce projet, dans lequel je joue également, avec en plus des chorégraphies de combat… J’étais heureuse d’être entourée d'une équipe technique et artistique vraiment au top ! Notre cadreur, Bob Fokoua, nous a aussi aidés à régler la cascade comme c’est un habitué des scènes d’action. Le rendu est au-delà de ce que je pouvais imaginer. Évidemment, en tant que réalisatrice, on a toujours envie de peaufiner certains détails, mais je suis très heureuse du travail que l’on a tous accompli ensemble.
En plus d’un temps imparti, le festival impose une thématique, dans laquelle le court-métrage doit s’inscrire…
Pour le coup, j’ai eu l’idée avant de savoir le thème du Nikon qui est cette année "La Beauté" et "Macaron" s’inscrit totalement dedans ! Aussi, j’ai deux versions du film : une de 2 minutes 20, la durée imposée par le Nikon film festival et une deuxième un peu plus longue, de 2 minutes 55, qui va partir dans d’autres festivals.
Comédien Gabriel Laborde
Notamment, il concourt en ce moment pour la première édition du Festival de la Cascade et de l’Action (FCA). Je suis très contente de participer à cet évènement car, pendant le stage, j’ai vu que la cascade est vraiment une discipline à part entière, qui est fascinante et que l’on oublie souvent de mettre en avant. J’espère que cette première édition sera un succès et que ça continuera !
En quelques mots, comment pitcher simplement votre court-métrage, “Macaron” ?
« Tout part d'un macaron… Quand un concours de Miss tourne mal ! ». C’est une comédie d’action féminine, drôle et punchy, qui montre que l’ambition de ces jeunes femmes va bien au-delà d’un simple concours de beauté. Elles s'engagent dans une vengeance, un peu mesquine au début, mais qui prend une ampleur démesurée. Ça devient totalement absurde, et c’est précisément ce qui crée la drôlerie de ce court-métrage !
Affiche du film : photo de Marinelly, graphisme Manimona Djona
Quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir du public ?
J’ai eu énormément de retours positifs ! Ça fait toujours peur de montrer le rendu de son travail et celui de toute une équipe, mais je suis très contente. Le projet a fait rire, la fin a surpris, la qualité d’image et le montage ont été appréciés… j’en suis ravie !
J’ai également eu de très bons retours sur l’acting. C’est d’autant plus important pour moi que mon métier de base est comédienne, et j'avais vraiment à cœur que le jeu de toutes les actrices, acteur soit juste. J’en suis heureuse car il fallait diriger l’équipe, tout en jouant.
Ah et aussi, la magnifique chanson de Miss Rouge, interprétée par Eloïse Marcenac et composée par Colin Sinoussi, reste bien dans la tête !
Photo pendant le tournage avec l’équipe technique : Dorian Levray, Axell Luquet, Bob Fokoua, Virginie Jousset, Antoine Clinet, Mégane Chalard et Coline Le Bellec
Que retenez-vous de cette expérience ?
Le montage ! C’est la première fois que je montais entièrement un film de fiction, et j’ai trouvé ça génial ! J’ai été très bien épaulée par mon équipe technique, qui m’a fait les retours nécessaires. Encore merci à eux !
Capter l’attention n’est pas toujours quelque chose d’évident, surtout dans le monde d’aujourd’hui où l’on perd cette attention. Réflexion à part : je me rends compte que, ces dernières années, le montage des films que je regarde est très dynamique, trop parfois…Il manque un peu ces moments de contemplation qu’on avait dans beaucoup de vieux films. J’espère qu’on y reviendra un jour.
Après, j’ai quand même voulu rester dans un côté très dynamique pour "Macaron", le rythme jouant avec la comédie. Comme ça fait quelques années maintenant que je joue des pièces de comédie, je pense que c’est un rythme que j’ai bien apprivoisé et que j’aime beaucoup aussi.
Avec les comédiennes Marinelly Vaslon, Eloïse Marcenac, Ludmila Barré-Gaillard et Noëlie Servan
Sans doute que l’expérience a été particulièrement intense pour vous ?
Je connaissais déjà un peu l’envers du décor grâce à d’autres projets, notamment mon premier film, "Jeu Rallie", réalisé en 2020/2021. Il était totalement différent, avec une approche plus personnelle et une équipe ultra réduite en période Covid.
Cette année, j’étais mieux préparée. J’ai pu travailler les détails en amont et prendre le temps pour la chorégraphie de combat, pour être sûre que tout soit sécurisé. On a tourné sur deux jours. C’était peu, mais mon assistante réalisatrice, Virginie Jousset, a su organiser le planning pour que tout rentre dans les journées sans dépasser 19h. On commençait tôt, mais on finissait à l’heure pour libérer la salle. C'étaient deux journées éreintantes mais incroyables !
Photo de toute l’équipe – clap de fin ! Avec Eloïse Marcenac, Marinelly Vaslon, Ludmila Barré-Gaillard, Noëlie Servan, Coline La Bellec, Mégane Chalard, Gabriel Laborde, Bob Fokoua, Vincent Le Chaffoctec, Antoine Clinet, Axell Luquet, Virginie Jousset, Sophie Fauquet et Dorian Levray
Après la post-production (montage, mixage son, étalonnage), je découvre la diffusion : la vie du film en festivals et tout l'après… et ce n’est pas si simple ! On est actuellement en plein dans les festivals Nikon et FCA, mais il faudra ensuite continuer à faire vivre le film. Ce n'est pas évident car il y a énormément de concurrence, ça demande de l'énergie et des finances. Il faut prospecter, mais aussi savoir cibler, car proposer un film ne veut pas dire être pris dans la sélection.
En attendant, ce 17 mars, je suis conviée par Vanina Leroux à une soirée avec d'autres réalisateurs du Nikon Film Festival. On va projeter une trentaine de courts-métrages dans le cinéma parisien Les 5 Caumartin : ce sera l’occasion d’échanger et de les voir sur grand écran !
Cette première expérience complète vous donne-t-elle l’envie de renouveler l’exercice ?
Totalement ! C’est une énergie que j’aime énormément. J'adore le fait que la création d’un film soit avant tout une rencontre : chaque personne, selon son métier, apporte ses propres idées et sa vision. C’est la mise en commun de tous ces savoir-faire qui permet de créer, ensemble, un beau projet. Oui, j'aimerais continuer à réaliser, c'est certain !
Pourquoi pas réitérer l'exercice sur un format un peu plus long, un court-métrage de 15 minutes par exemple.
Maquillage Sophie Fauquet
En complément, vous êtes toujours sur scène, dans “Momo, petit Prince des Bleuets”...
C’est vrai ! La première avait eu lieu il y a un an, déjà, le 16 mars 2025. On fête donc son anniversaire et quelle plus belle manière de célébrer cette première année que de commencer notre tournée à Monaco ! Nous y étions la semaine dernière dans le beau Théâtre des Muses.
Le 1er avril à 15h, nous serons sur la scène du Théâtre Montansier à Versailles. Et ceci n’est pas un poisson d’avril ! C’est une chance de jouer dans cette magnifique salle à l’italienne, d'autant que le Montansier nous a soutenus dès la création du spectacle.
Et pour la suite, la pièce repartira au Festival d’Avignon OFF 2026 !
Merci, Mégane, pour toutes vos réponses !
Votre court-métrage est visible sur le lien suivant :
Pour soutenir la version intégrale du film pour le Festival de la Cascade et de l’Action, il suffit d’un like sur la vidéo youtube : https://youtu.be/Ol3CgUr6Umw
Pour voir "Momo, petit Prince des Bleuets" à Versailles :
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes un jeune artiste, au parcours déjà riche et varié. A sa genèse, d’où vous vient cette passion ?
Cela a commencé très jeune ! A 3 ou 4 ans, je faisais déjà du théâtre et, depuis, je n’ai jamais lâché. Au début, je faisais cela en amateur, dans mon village et, au fil du temps, c’est devenu une évidence ! Quand j’étais gamin, je me posais plein de questions sur ce que je voulais faire plus tard et, en fait, finalement, le théâtre a été une voie naturelle. A la sortie du lycée, je n’ai pas trop eu à me poser de questions, le chemin était tracé…
Vous êtes un homme de scène et de plateau. Sans doute que ces deux domaines, bien que pouvant paraître très différents, restent très complémentaires, artistiquement et humainement ?
C’est sûr ! Je suis tellement heureux de faire les deux. A la base, je ne voulais faire que du théâtre, je pensais que la télé et le cinéma étaient inaccessibles et que ce n’était pas le même métier. Par erreur de ma part, parce que je me suis trompé de mail, je me suis retrouvé à passer des essais pour une série et ça l’a fait. Depuis, ça s'enchaîne ! Donc c’est hyper bien et, pour moi, c’est un gros gros bonus ! J’ai envie de continuer le théâtre, je ne peux pas vivre sans et je suis hyper heureux d’avoir les deux, c’est hyper bien. Les deux se nourrissent dans le travail, c’est une super chose !
On peut penser que certaines expériences ont été encore plus marquantes que d’autres, pour différentes raisons ?
Oui, il y a toujours des choses qui te marquent plus que d’autres…Que ce soit au théâtre ou dans l’audiovisuel…Au théâtre, on a monté un festival, depuis 4 ou 5 ans, c’est vraiment une expérience marquante et ça me construit aussi en tant qu’artiste. Et puis, dans l’audiovisuel, un court-métrage pour Canal m’a marqué, c’était un projet sans trop d’argent mais il y a eu un tel engouement autour qu’il a fini à Clermont, ce qui était énorme. Là, évidemment, l’entrée dans DNA est marquante aussi, c’est une grosse usine qui tourne depuis longtemps, c’est assez impressionnant et les gens sont super. Tout cela permet de se construire !
Prochainement, vous ferez une incursion dans l’unitaire “A la vie”, réalisé par Louis Choquette pour TF1…
Le tournage aura lieu fin mars. Je joue un des amis du personnage principal mais je ne peux pas encore trop en dire…
Vous l’avez évoqué, les téléspectateurs de “Demain Nous Appartient” vous ont découvert, il y a peu, sous les traits du personnage de Waren. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui, c’est super ! Humainement, ça se passe super bien parce que les gens sont super. On s’entend très bien avec mes partenaires, ça matche très vite donc je suis vraiment très content. C’est une super expérience ! Je commence à me sentir comme un poisson dans l’eau là-bas…Il ne faut pas trop que je prenne la confiance non plus 🙂…
Travailler un personnage sur une certaine durée permet aussi, sans doute, une palette de jeu encore plus large et encore plus intéressante ?
Oui, oui, la longueur est intéressante mais on ne sait pas non plus ce que les auteurs nous réservent donc on découvre au fur et à mesure. Je trouve cela assez rigolo ! Aussi, c’est un rôle que je n’ai pas trop l’habitude de faire, un personnage un peu feel-good, qui sourit, qui a la tchatche, qui est amoureux…Ce n’est pas mon fond de commerce : c’est vachement bien pour moi, en tant qu’acteur, de pouvoir travailler cela ! C’est super !
Ce personnage, mine de rien, est proche de moi : on est sympas tous les deux mais chacun à sa manière, lui est très souriant, hyper avenant, il est commerçant et, pour le coup, je ne suis pas tout le temps très souriant, je n’ai pas la tchatche, je mets du temps à me dévoiler aux gens. C’est un vrai travail parce que, vraiment, je n’ai pas l’habitude d’aller vers ces rôles-là. C’est pour ça que c’est hyper bien de travailler cela et d’avoir à être smooth là-dedans, pour que ça glisse. En même temps, j’essaie aussi, toujours, dans mon travail d’acteur, que ce ne soit jamais tout noir ou tout blanc. Bien qu’il y ait cette limite-là et cette frontière, c’est aussi que ça me définit, de ne pas être ou tout noir ou tout blanc, et de ne pas être tout le temps sympa. Donc j’essaie d’apporter cela…En tout cas, d’avoir ces nuances-là m’intéresse !
On le sait, le rythme de tournage est soutenu. Sans doute que votre parcours et vos expériences vous aident ?
C’est sûr ! Je connaissais un peu ce rythme parce que j’en avais déjà faits quand même. Il faut être solide : dès le premier jour, j’avais 6 séquences à tourner, ce qui est énorme. En termes de texte et d’énergie, il faut tenir sur la longueur mais, en même temps, c’est tellement formateur parce que, dans une journée, en 6 séquences, tu joues 6 situations différentes et donc 6 choses différentes à interpréter. Il faut aller hyper vite : en général, on tourne une séquence en une heure ou une heure et demie, avec 5 à 6 plans donc ça va hyper vite et il faut être là, tout de suite. En termes de mise en jeu et de mise en route, c’est hyper intéressant et c’est vachement bien. Oui, je le redis, c’est hyper formateur !
D’ailleurs, aimez-vous regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre jeu?
Je ne suis pas fan de me regarder. Mais je regarde, évidemment, oui, pour voir ce qui va, ce qui ne va pas mais aussi pour voir comment ça se passe avec mes partenaires à l’écran, d’autant plus que c’est tout nouveau.
En fait, j’apprends surtout des autres, des gens qui me donnent la réplique, avec qui je joue, j’apprends des réals. Je préfère cela !
Avez-vous déjà pu avoir des premiers retours des téléspectateurs ?
Il y a une grosse communauté de DNA mais je ne suis pas hyper fan des réseaux sociaux donc j'en reste assez loin. Je repartage simplement quelques posts.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Il y a toujours du théâtre. Le 14 mars, je joue un spectacle, “La vente”, vers Saint-Etienne. On est aussi en pleine organisation de notre festival “37° C à l’ombre”, qui a lieu les deux derniers week-ends de septembre, à Uzès, dans le Gard. Cette année, il y aura beaucoup de reprises de spectacles et il y en aura des nouveaux. Je jouerai “Yago”, on a aussi une création, “Le vorace”, à partir de l’oeuvre “Les démons”, de Dostoïevski, où ça se passe dans un garage, pendant le confinement. Je monte également un spectacle, “La vie est un songe”, de Pedro Calderon. On va attaquer les répétitions…Rendez-vous fin septembre !
Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre déjà très beau parcours?
J’avance vraiment au jour le jour…Je n’avais pas prévu de faire d'audiovisuel et puis ça se passe…Donc on verra ! Mon souhait le plus profond est de continuer le théâtre parce que j’aime trop ça et que l’aventure de groupe que je suis en train de vivre me rend très heureux. Et puis, l’audiovisuel n’est que du bonus et je suis déjà très heureux de ce que j’ai maintenant ! Donc je vais continuer à travailler pour essayer de multiplier les projets et faire en sorte que ça puisse continuer !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement en tournée théâtrale, avec la pièce “Ca patine à Tokyo”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Parce que, déjà, ça me permet d’être toujours associé à mon ami Nelson Monfort…Même si on n’a pas le même âge, on est devenus des amis, après avoir travaillé 19 ans pour commenter le patinage. Finalement, dans cette pièce, on se retrouve avec une certaine légèreté et liberté d’expression parce que ça reste une comédie ! On ne va pas dire que tout est permis mais pratiquement, presque. On a un texte à tenir mais, en même temps, on est proches de nos personnalités : on est très très proches de ce que l’on faisait à l’époque pour commenter le patinage mais on exprime en fait ce qui se passe en dehors de ce que les gens pouvaient voir à la télévision. Donc, finalement, c’est plutôt quelque chose qui tombe à pic, ne serait- ce que parce qu’on ne savait pas, à l’époque, qu’on n’allait plus travailler, moi en tant que consultant et lui en tant que journaliste, à France Télévisions. Cette pièce est tombée un peu à point, ce qui nous permet d’être toujours proches et en contact avec notre public, qui nous aime bien.
A la lecture du pitch, on peut imaginer que ce spectacle est plein de rebondissements, pour le plus grand plaisir du public…
Ce qui est amusant au théâtre, qui n’est pas notre métier de base ou d’origine, même si j’ai fait du théâtre sur glace, plus du mime, devant des audiences allant parfois jusqu’à 20 ou 25 000 personnes, c’est que, là, c’est forcément beaucoup plus intimiste et donc beaucoup plus proche aussi du public. Ceux qui viennent voir sont déjà ceux qui nous aiment, parce que, comme je le dis souvent, on ne vient pas faire la première partie de Jul, par exemple, où les gens ne seraient pas avertis que l’on soit là et ça pourrait faire un bide…Là, on a un public qui nous apprécie.
Je pense que, à la base, les gens ne savent pas trop ce qu’ils viennent voir…Ils viennent surtout voir les deux gars qui les ont fait sourire, marrer, tout en regardant un sport très artistique et très beau à suivre. Et puis, à la fin, ils se disent que, finalement, c’était une pièce très sympa et qu’ils ont bien rigolé. Ce n’est pas burlesque, ce n’est pas une pièce de boulevard non plus mais je trouve qu’on s’en sort plutôt pas mal pour des gens qui, à la base, n’étions pas des professionnels de ce métier. Cela nous sort un petit peu de notre zone de confort donc on se met un peu en danger mais, au final, on apprécie parce que, dans le petit quart d’heure ou la demie-heure que l’on passe avec le public après la pièce, on voit bien qu’on a donné aux gens, sur une heure dix de spectacle, bien vingt minutes de sourire et de rigolade.
Chacun rigole à un moment précis, où il va se retrouver, et sentir les choses Donc, ce qui est important pour nous, c’est de continuer à apporter du bonheur aux gens, quand on en a l'occasion.
…et qu’il vous permet une palette de jeu agréable à défendre…
Disons que le théâtre, c’est vrai, est un travail spécifique, c’est technique, surtout à deux, parce que l’on a des répliques, on doit s’écouter, on doit balancer les vannes au bon moment. Et puis, le plus amusant au théâtre, c’est de bien maîtriser aussi son texte, ses intentions, ses intonations, pour qu’on puisse, de temps en temps, sortir du texte et surprendre l’autre. C’est souvent ce qui nous fait rigoler et les gens le ressentent bien, quand on est un peu déstabilisé par l’un ou par l’autre. Alors, c’est vrai que c’est plus souvent moi qui déstabilise Nelson, que l’inverse, comme je le faisais de toute façon lors des retransmissions de télé. On s’amuse beaucoup !
En complément, jusqu’au jeudi 5 mars, les téléspectateurs de W9 peuvent vous retrouver dans “Les Apprentis Champions au ski”. C’est encore un autre exercice dans lequel vous devez certainement prendre beaucoup de plaisir ?
Alors, c’est un exercice un peu différent pour moi parce qu’on est venu me chercher pour que je sois coach d’une équipe de personnalités issues de la téléréalité. Nelson se retrouve toujours dans cette position de journaliste qui commente mais il est avec Benoit, la personnalité de téléréalité donc il a pris un peu ma place dans le duo avec Nelson et c’était une volonté de la production de me mettre plus en tant que coach parce que, en face, on avait Surya Bonaly. Chacun de nous avons une équipe à gérer…J’entraine de temps en temps mais Surya est plus assidue dans ce métier-là parce qu’elle enseigne beaucoup aux Etats-Unis. Manager des gens qui n’ont pas forcément le niveau, alors qu’on n’a pas quinze heures d'entraînement par jour pour les rendre plus sportifs, est un exercice difficile et compliqué mais assez marrant et assez sympa à vivre. Parce que c’est là que l’on voit la capacité que l’on a à motiver une équipe. On a essayé de faire ce que l’on a pu…C’est un tournage qui a duré dix jours : aujourd’hui, c’est très découpé parce que le programme veut que ce soit la téléréalité qui prenne le pas sur les exploits sportifs…Il y a un thème général, où on réunit des personnalités de téléréalité ensemble et, avec Surya, on est très à l’écart, on va dire, de 70% du programme et on n’intervient que sur les épreuves sportives, qui ne sont pas toujours les nôtres, parce qu’il y a du ski et du curling…En patinage artistique, on sait la difficulté que c’est de rendre les gens potablement regardables dans une prestation donc on n’est pas là pour se prendre au sérieux…
Ce qu’a bien fait W9, déjà, c’est que c’est une émission où ils ont mis beaucoup de moyens, la qualité de tournage est quand même très propre. Après, on adhère ou on n’adhère pas au concept de la téléréalité…Avec Nelson, je crois que l’on a tous les deux le même but, un c’est de continuer à nous voir tous les deux ensemble, même si on n’a pas le même rôle prédéfini que l’on a vécu pendant 19 ans et, deux, ça nous rajeunit, auprès d’une population qui ne nous connaît pas. Les gens qui regardent la téléréalité ne connaissent pas forcément, déjà maintenant, le Philippe Candeloro ou la Surya Bonaly que l’on a été il y a 25 ou 30 ans.
Prochainement, vous serez aussi le président du jury Sport 2026 du “Multi screen grand prix”...
Effectivement ! Vous savez, dans une carrière, on rencontre des gens, on ne les voit pas peut-être pendant 4 à 5 ans et, puis, l’organisateur a pensé à moi. Étant encore une personnalité du sport français, je reste encore assez populaire pour certains et un nom qui est encore connu aujourd’hui. Je trouve cela très bien parce qu’étant parti pour la présidence de la fédération française des sports de glace, ça pourrait me donner que plus de crédibilité encore pour faire comprendre aussi aux électeurs, que sont les 159 présidents de clubs français, ma personnalité, qui est la mienne, et que je ne vais pas non plus foudre à la poubelle du jour au lendemain, parce que c’est ce qui m’a rendu populaire.
Tous ces petits éléments, que ce soit W9 ou cette présidence du jury, me font, en fait, toucher une catégorie de personnes qui vont venir, finalement, élargir encore mon spectre de connaissances et de reconnaissance aussi, et peut-être d’appréciation. Mine de rien, je vois bien qu’aujourd’hui, il faut arriver à me séparer de cette image de sexiste qu’on veut me donner alors qu’en fait, je n’ai pas l’impression d’être insultant envers les femmes. J’ai eu un rôle d’ambassadeur pour le patinage qui a tenu pendant plus de 19 ans donc ça veut dire qu’à la base, il y a 19 ans, France Télévisions est venue me chercher aussi parce que j’avais cette personnalité de pouvoir sortir un petit peu des phrases, des “Candeloettes”, comme disait Nelson. Cela n’a jamais été méchant, c’était plus par valorisation aussi pour mon sport, ce qui a amené de la notoriété pendant plus de 19 ans. Si Nelson et moi n’avions pas été là, peut-être que ça ferait 10 ou 15 ans que nous n’aurions pas eu de patinage en télévision. Aujourd’hui, c’est vrai que cette image me colle un peu à la peau, malgré moi, parce que je n’ai pas l’impression d’avoir fait du mal…Sauf que, quand on me traite de sexiste, j’ai l’impression qu’on m’insulte et qu’on m’empêche, demain, de pouvoir travailler parce que c’est ça ma personnalité. Même si, aujourd’hui, je comprends qu’il faille éliminer un certain nombre d’éléments de langage, qui continuent finalement à faire rire 90% des gens dans la rue, le problème est que ces 10% sont peut-être une minorité dans certaines catégories et font du mal. Et ceux qui veulent me faire du mal pour m’empêcher de devenir président de fédé s’en servent contre moi…On est rentrés dans un jeu politique mais, maintenant, j’espère que les présidents de clubs ne seront pas dupes et qu’ils verront, à travers ma candidature, finalement un avenir plus vertueux et plus médiatique pour cette fédération qui, aujourd’hui, n’est pas à la hauteur, en fin de compte, de l’aura qu’elle peut dégager. Quand on voit les audiences en patinage lors des Jeux Olympiques de Milan, on se dit que ça ne devrait pas arriver qu’une fois tous les 4 ans mais plutôt tous les ans.
En conclusion, on peut penser que ces différentes actualités, combinées à toutes vos activités, sont très complémentaires ?
Oui ! En fait, ce qui me permet, aujourd’hui, de dire que j’ai la compétence et que je pense être un des candidats capables de gérer une fédération, c’est que je connais le spectre à 360 degrés de tout ce que ça représente. J’ai acquis toute cette expérience et cette expertise, d’abord en démarrant en tant que scolaire. J’étais un champion de patinage, j’ai eu des médailles olympiques, donc j’ai cette expérience-là. Ma mère était présidente de club, j’ai été moi-même élu dans certains comités donc j’ai vadrouillé. J’ai été un homme de spectacle, je suis consultant pour concevoir des patinoires et je crois que je me sers beaucoup de l’expérience, comme un Alain Prost, qui avait dit, un jour : “J’ai gagné de l’argent avec mon sport, la Formule 1, donc je me sens redevable de réinvestir toute cette connaissance et tout ce que je peux apporter financièrement à mon sport. C’est mon devoir de le faire parce que c’est ce qui a finalement rendu ma vie agréable”. Donc, aujourd’hui, à 54 ans, si je peux transmettre…Il faut essayer de prendre le taureau par les cornes et se dire “Est-ce que je laisse crever mon sport ? Ou le laisser linéaire jusqu’à tant que cette fédération tombe en croûte?” ou “Bon, ma qualité de sportif, en étant devenu entrepreneur, de spectacle ou général, peut aider”...Être président de fédé, c’est aussi aller chercher des partenariats, augmenter la capacité financière à pouvoir élaborer des projets, …S’il n’y a pas d’argent, il n’y a pas d’aide possible…Les clubs, c’est pareil : on ne peut pas les aider si la maison mère est une coquille vide, financièrement parlant donc on ne peut pas vivre sur les subventions de l’état, parce qu’il y en aura de moins en moins.
Et puis, surtout, il y a l’enjeu des Jeux Olympiques de 2030. Oui, là, on a fait une très belle moisson de médailles en général, puisque l’on a augmenté notre nombre de médailles mais il y a deux choses qu’il ne faut pas oublier : déjà, il y a plus de sports mixtes qui sont apparus dans ces JO de Milan et il n’y avait pas les russes, ni les biélorusses. Donc ça veut dire que, quand ils vont revenir, la moisson sera peut-être encore plus difficile à atteindre. Quand on fait le bilan, sur la cinquantaine de médailles en sports de glace que l’on pouvait ramener à la France, on n'en a ramenée qu’une…Cela veut dire qu’il y a du potentiel…Je ne vais pas critiquer le bilan de notre présidente actuelle mais, quelque part, si on veut être gentil, on dit “Super, on a une médaille d’or, elle a été extrêmement belle” et on reste à s’endormir avec le soir mais, si on veut être méchant, ou réaliste, le bilan n’est pas non plus si fabuleux que cela ! Maintenant, c’est de savoir ce que l’on veut faire d’ici 2030 parce qu’en fin de compte, on ne peut pas critiquer les athlètes. Ils sont venus pour essayer de faire leur boulot le mieux possible, certains sont passés à côté, d’autres ont réussi leurs objectifs personnels mais, pour 2030, on a un enjeu colossal, comme l’on fait les italiens, à avoir trois ou quatre fois plus de médailles que les olympiades précédentes ! Je crois que les jeux en France doivent être une source de motivation pour l'État et pour les investisseurs, qui pourraient être des partenaires privés. On en est là aujourd’hui, on a quand même 7 sports olympiques à défendre et on en a 12 en développement donc si on ne sait pas développer ces disciplines, dans ces cas-là, il faut peut-être revoir la gestion générale de la fédération, face au peu de moyens financiers que l’on a…