Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview ensemble !
Le lundi 3 novembre prochain, les téléspectateurs de TF1 pourront vous découvrir dans « Un meurtre (presque) parfait ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ah oui, complètement parce que c’est un projet qui est super cool ! C’est une comédie qui est super bien écrite. C’est une joie aussi de faire un autre projet pour TF1 mais dans un rôle complètement décalé de ceux que j’ai l’habitude de faire !
Ce projet est aussi l’occasion de côtoyer un chouette casting…
Ah oui, oui ! Déjà, j’ai eu la chance de jouer avec Claire Keim, qui est une nana, à la base, que j’admire…Elle a une carrière de fou, je l’adore donc c’était chouette de pouvoir jouer avec elle ! Et puis, de découvrir aussi Lionel Astier, que j’adore, qui est incroyablement sympathique et talentueux. Sans oublier Marie-Anne Chazel ou encore Nicolas Briançon…On ne va pas se mentir, j’étais ridicule à côté de tous les gens avec qui je jouais ! C’étaient de bons mentors, on va dire.
Quel regard portez-vous sur Pica, votre personnage ?
Pica est une jeune femme, qui s’assume totalement, qui n’a pas peur du ridicule. Je dirais qu’elle est un peu le genre de personnes à qui on pourrait aspirer, c’est-à-dire qui n’a pas de complexes ou, du moins, qui choisit de toujours avoir une attitude positive et de ne pas trop se prendre la tête. Ça, je trouve que c’est plutôt chouette !
Sans doute vous a-t-elle permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Complètement ! Vraiment, c’est un personnage à l’opposé et aux antipodes de ceux que j’ai pu jouer sur d’autres projets, où, en général, je fais toujours un peu les méchantes et les pestes. Là, en fait, c’est un personnage avec lequel je me suis éclatée parce que c’est une nana qui est très solaire et drôle malgré elle, donc avec des situations comiques pas possibles à jouer évidemment. Voilà, un personnage hyper plaisant à faire ! Franchement, je me suis éclatée…
@ Frédéric Pasquini / TF1
Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Alors, je vous avoue que j’ai regardé pas mal « Le diner de cons » parce que j’ai l’impression que ce personnage, d’un peu plus loin, en moins naïf, est peut-être un peu un François Pignon au féminin. J’ai aussi regardé Louis de Funes dans « Le grand restaurant » parce qu’il y a, justement, un côté un peu farfelu dans la gestuelle de mon personnage. Je trouve qu’ils se ressemblent vachement…Donc, étonnement, j’ai surtout regardé des personnages masculins, je n’en ai pas trouvés au féminin.
Le duo qu’elle forme avec Laure, sa patronne, s’annonce détonnant…
Justement ! Laure est une écrivaine très reconnue et, du coup, très austère, pas nécessairement sociale. Au demeurant, ce n’est pas la personne la plus chaleureuse qui existe donc, forcément, avec mon personnage en face, ça crée un duo très comique et un peu inattendu.
Pour autant, Pica est fan d’elle, elle a, en fait, beaucoup de respect pour elle. Comme Pica aime tout le monde, elle ne veut pas juger Laure, bien qu’elle ne soit pas très sympa.
Certainement avez-vous hâte de pouvoir proposer le rendu final aux téléspectateurs et êtes-vous curieuse de découvrir leurs retours ?
Complètement ! J’ai très très hâte de le voir, figurez-vous que je ne l’ai pas vu encore…On ne va pas se mentir, je me languie d’impatience en fait. On a une projection privée ce soir, donc je vais le découvrir un peu en avant-première mais j’ai hâte, oui, que les gens découvrent ce film. On s’est tellement marré à le faire que, j’espère, ça aura ce rendu-là. Franchement, c’est un peu une petite bulle de soleil dans le quotidien…C’est vraiment sympa comme film !
Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?
Si ce premier film plait, pourquoi pas, justement, le décliner en collection, avec plein d’aventures qui pourraient nous arriver, où notre duo comique pourrait avoir plein d’autres péripéties. C’est tout à fait possible !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Pour l’instant, je bosse plutôt de l’autre côté, en production, je suis en train d’essayer de produire mes propres films. Donc, niveau tournages, je m’arrête un peu pour me concentrer sur mes projets à moi…
J’ai aussi des grandes envies de théâtre, on m’avait proposé des choses mais c’était trop lointain dans le temps pour y aller, en attendant de savoir ce qui allait se passer avec ce film. Mais j’ai vraiment aimé l’expérience précédente et, en fait, je me dis que j’aimerais beaucoup beaucoup retourner au théâtre.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver le lundi 3 novembre prochain dans « Un meurtre (presque) parfait ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! D’autant plus qu’il y a des acteurs vraiment merveilleux : Marie-Anne Chazel, Claire Keim, Nicolas Briançon, Stanley Weber, Clémence Lassalas, …En fait, comme c’est extrêmement choral, très vite, il y a un esprit de troupe qui se met en place sur le plateau. On est beaucoup beaucoup, il y a énormément de scènes de groupe, notamment de diner…C’est extrêmement plaisant d’être dix à l’écran sur de longs moments comme ceux-là…C’est assez rare !
Ce projet a aussi été l’occasion de tourner dans un chouette cadre…
Les décors sont très très beaux ! Plus de la moitié du film se déroule dans une maison vraiment sublime. Les lumières de Bertrand sont très très belles. Comme on est souvent dans un décor unique, c’est un peu comme un décor de théâtre, où on va, puis on retourne dans les loges puis on retourne sur le décor…C’est très plaisant !
Quel regard portez-vous sur Charlotte, votre personnage ?
C’est un personnage qui m’a touchée particulièrement parce qu’elle a fait du tennis à haut niveau pendant toute sa jeunesse et, en l’occurrence, c’est aussi ce que j’ai fait. Puis elle a abandonné pour des raisons que je ne vais pas dévoiler-là et j’ai abandonné aussi pour des raisons proches mais pas exactement les mêmes. Ça en fait un personnage balafré, avec une carapace qui pourrait sembler un peu dure mais on sent que la fragilité et la vulnérabilité ne sont pas loin. Et puis, c’est peut-être la seule qui arrive à se confronter à son père, même si elle n’en est pas libérée, en tout cas c’est peut-être la seule qui arrive à hausser le ton.
Sans doute vous a-t-il permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Oui ! Finalement, c’est un personnage qui est assez solitaire parce qu’elle a un secret, une douleur, qu’elle ne partage pas. Cela me plait toujours beaucoup, ces personnages de femmes qui ont l’air, comme cela, de l’extérieur, un peu revêches et dures mais, dès qu’on gratte un petit peu, on s’aperçoit que c’est tout autre chose qui se joue.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Il y a des choses qui ne sont pas très éloignées de ce que je suis, dans le caractère. Je suis assez grande gueule mais, dans le fond, je suis assez douce donc ce personnage me correspond assez bien. En plus, j’ai été élevée par un père qui a un énorme caractère donc ce n’est pas très éloigné de moi, finalement, vue la confrontation assez frontale qu’elle a avec son père.
Certainement êtes-vous impatiente de proposer le rendu final aux téléspectateurs mais aussi curieuse de leurs retours ?
Oui ! On a rarement ce genre de retours, nous, malheureusement, une fois les projets diffusés. On sait si les gens ont regardé et suivi mais on ne connait pas le détail de ce qu’ils ont aimé ou pas aimé. Après, c’est le propre du métier : on livre mais on a très peu de retours…
En tout cas, je l’ai vu en projection sur grand écran, dans un cinéma parisien. C’est très chouette, d’ailleurs, de le voir dans ces conditions. Je l’ai découvert et j’ai découvert tout ce que je n’ai pas tourné, tout le travail des autres. Je trouve que ce téléfilm est très plaisant, ça part sur les chapeaux de roues, c’est assez original comme point de départ, cette autrice de polars, affublée d’une assistante vraiment inadaptée à la mission…Tout cela pour arriver dans un environnement de gens ultra riches et totalement névrotiques. C’est vraiment chouette !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’apparais dans la saison 2 de « Mademoiselle Holmes » donc je serai dans la saison 3, que nous allons tourner à partir du mois de janvier 2026, pour TF1 également. Et mon dernier spectacle, « La reine des abeilles », un seule-en-scène, est adapté en bande dessinée roman graphique, et va sortir en septembre 2026.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver le lundi 3 novembre prochain dans « Un meurtre (presque) parfait ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! C’est un projet que je trouve assez novateur, dans l’esprit du film « A couteaux tirés ». Je pense qu’il y a un peu d’inspiration de cela…C’est un téléfilm presque en huis-clos : même s’il y a des scènes un peu extérieures, le cœur de l’enquête se passe dans une maison, que j’ai trouvée très chouette.
Pour moi, c’était particulier parce que je fais peu de comédies, je suis plutôt dans la comédie dramatique ou le drame et j’avoue que c’était un peu une première pour moi d’avoir un rôle aussi important où j’incarne et j’interprète un personnage, finalement, assez drôle et touchant en même temps. Donc, oui, c’était un vrai plaisir de tourner ce projet…J’ai adoré l’équipe, vraiment !
Ce projet a aussi été l’occasion de tourner dans un chouette cadre, vous l’avez dit, donnant de magnifiques images…
Tout à fait ! Dans le sud de la France…Il a fait super beau temps, la maison est incroyable et ça donne forcément une couleur au projet.
…et de côtoyer un chouette casting…
Complètement ! Des acteurs, pour certains, que je connais depuis longtemps…Je pense à Marie-Anne Chazel, qui m’a accompagnée dans l’enfance et dont mon papa est fan. J’étais très honorée de tourner avec elle !
Tout le casting est chouette, les acteurs, en plus, sont de tous âges donc c’était vraiment très plaisant ! C’est un film assez choral donc on a la possibilité d’avoir des scènes, quand même, avec chaque acteur…
@ Frédéric Pasquini / TF1
Quel regard portez-vous sur Marie-Joyce, votre personnage ?
Beaucoup de compassion…Ce que j’aime dans ce personnage, c’est qu’elle est très éloignée de moi. Alors, ce qui est intéressant, quand on travaille un personnage, c’est toujours de trouver les choses qui, justement, nous rapprochent de lui. Ici, c’est sa grande sensibilité et c’est ça qui m’a permis de la travailler, d’y croire et de vouloir l’incarner de tout mon cœur mais c’est vrai qu’en soi, dans son parcours, elle me ressemble parce que c’est une fille qui veut se débrouiller et s’en sortir et, en même temps, elle a ce côté chic et un peu énervant, parfois, qui ne me ressemble pas du tout. Elle pouvait m’énerver mais, en même temps, elle est ultra touchante, avec cette immense sensibilité parfois énervante, justement. Voilà, elle est comme ça, elle est entière donc c’est comme cela que j’ai appris à l’aimer : je me suis dit que je me reconnaissais en elle, dans cette grande sensibilité qui exacerbe tout. C’est ça qui m’a donné envie de la défendre comme je l’ai fait dans le film !
Sans doute vous a-t-elle permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Complètement ! Il y a quand même une grande couleur de comédie dans ce téléfilm, ce qui est moins mon créneau, comme je vous le disais. Mais, en fait, je n’ai pas cherché à travailler ce personnage ni ce projet comme de la comédie, j’ai cherché à les travailler de manière très entière, ce qui fait que ça rend Marie-Joyce un peu comique parfois et que c’est drôle. Mais, de sa grande sensibilité et de la couleur du projet, et sans spoiler son rôle dans l’histoire, effectivement, nait un développement de ce personnage qui est très intéressant à travailler parce qu’elle passe par plein d’étapes, jusqu’à l’apogée. Je me suis vraiment amusée, parce qu’il y avait matière à faire !
@ Frédéric Pasquini / TF1
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Je me suis inspirée de certaines amies, que j’adore et qui sont très maniérées et expressives dans leur façon de parler, ainsi que dans leurs mouvements. Pourtant, Marie-Joyce ne vient pas de la haute société, on le comprend dans son histoire, mais elle s’est totalement fondue dans cette société-là…
Après, ça a été surtout un feeling et pousser ce curseur de la sensibilité, sans avoir peur d’en faire trop. Je me suis vraiment dit « Ok, de toute façon, elle est hypersensible, elle est comme ça donc à moi de m’amuser avec ce curseur-là ». Ce n’est pas grave, elle est comme ça, on le comprend très vite, ce n’est pas quelque chose qui est bizarre chez elle donc je n’avais jamais l’impression de surjouer en incarnant ce personnage. Donc pas d’immense inspiration, à part quelques amies sur leur côté un peu maniéré et ça a été, pour le reste, de la création…
Certainement êtes-vous impatiente de découvrir le rendu final ?
Je n’ai pas pu aller à la soirée de projection d’équipe mais j’ai eu de super retours par plusieurs acteurs. Du coup, je vais vraiment le découvrir lundi, en même temps que tout le monde donc j’ai très hâte.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Alors, j’ai joué dans le prochain film de Jean-Pierre Jeunet, où j’ai un petit rôle, mais c’était quand même un honneur de jouer pour ce grand monsieur. Il ne sortira, je pense, pas avant fin 2026.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de la RTBF peuvent vous retrouver dans « Un monde à part ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Cela me plait d’autant plus plaisir que c’est un projet que j’ai porté depuis le début, que j’ai créé, que j’ai conçu, qui est arrivé à un moment de ma vie qui était un peu compliqué…Parce que le programme que je présentais précédemment, un magazine d’informations hebdomadaire, s’était arrêté brutalement, d’une manière un peu injuste, dans le sens où le programme marchait très bien, avec des audiences qui faisaient le double du précédent. Donc je me suis retrouvé, du jour au lendemain, sans programme, à retourner à l’information, moi qui suis un journaliste d’information à la base, à me dire « Où en es-tu ? Tu as 40 ans, tu as encore 27 ans à travailler » donc je me suis dit que, plutôt que de m’apitoyer sur mon sort, de me plaindre et de râler sur ma hiérarchie, j’allais, au contraire, proposer et imaginer un programme qui, cette fois-ci, me ressemble à 100% et pour lequel j’allais me donner corps et âme. Donc c’est comme ça qu’est venue l’idée de « Un monde à part ». D’ailleurs, l’idée du nom m’est venue en faisant le jardin dans la maison que je retape en France, figurez-vous…
J’ai toujours été un fan absolu de voyages, j’ai beaucoup voyagé quand j’étais plus jeune, je me suis rendu au Népal pendant plusieurs mois, en Inde, au Sénégal, aux Philippines, aux Etats-Unis, tout ça avec très très peu de moyens. En plus du journalisme, j’étudiais l’anthropologie et, donc, je me suis dit que j’allais essayer de proposer un programme qui synthétise un petit peu l’ensemble de mes passions, à savoir le journalisme, raconter des histoires et le voyage…mais en ne faisant pas l’erreur d’oublier les réseaux sociaux. Parce qu’on le sait, tous les médias, en ce moment, se penchent là-dessus, à se dire qu’ils ont du retard et qu’il leur faut trouver des solutions. Là où mon programme précédent avait un petit peu mis de côté la question des réseaux sociaux – il faisait 100% de la télé-, je me suis dit que j’allais proposer un programme qui s’inspire du langage des réseaux sociaux ou encore de Youtube, pour en faire un programme en télévision et qui aura aussi une grande quantité de contenus exclusifs pour les réseaux sociaux. Donc, forcément, ça a résonné dans l’oreille de ma hiérarchie, qui s’est dit que ce pourrait être un programme intéressant…Les étoiles se sont bien alignées dans le sens où le programme historique de la RBTF « Le carnet du bourlingueur » s’arrêtait après 30 ans de diffusion, son présentateur partant à la retraite…libérant la case…et « Un monde à part » a pu se créer !
C’est, maintenant, la sixième saison qui démarre. C’est un beau succès en Belgique et nous sommes aussi diffusés sur TV5 Monde, en Suisse, désormais au Bénin ou encore sur la VRT. Sans oublier les réseaux sociaux…On a plus de 700 000 abonnés sur Facebook et alors que la page a été lancée il y a seulement un an, déjà 100 000 abonnés sur Instagram. Donc ça marche bien et ça marche bien, je pense, parce qu’il y a une authenticité que recherchent les gens, il y a un côté insolite extrême, il y a l’incarnation d’un personnage, à savoir moi-même, qui fidélise un peu le programme et, surtout, je ne triche pas, j’essaie toujours d’avoir ce regard d’enfant sur tout ce que je découvre et pour transmettre cette passion que j’ai, qui est là et qui existe vraiment. Cela fait des années que je voyage pour le travail mais je suis toujours toujours toujours ébloui par ce que je peux découvrir…La chance que l’on a dans ce métier, c’est que l’on va dans des endroits où, normalement, on ne pourrait pas se rendre. On vit des choses que l’on ne vivrait pas dans aucune autre situation. Il y a des moments où on se dit « Qu’est-ce que je fais là ? »…C’est ça que j’adore dans ce métier !
A chaque fois, c’est l’occasion, pour tous, d’un enrichissement culturel et humain…mais aussi de magnifiques images…
Oui ! Comme je le disais, j’ai étudié l’anthropologie. Je n’avais pas de plan de carrière en me disant que je voulais être reporter / journaliste. Je dirais, un peu par la force des choses, par le fait de mes études qui m’ont guidé, sans trop le savoir, vers l’anthropologie, que je me suis toujours intéressé aux autres, aux autres cultures, aux autres manières de vivre, aux autres religions, aux autres modes de fonctionnement. Cela m’a toujours fasciné et étonné…J’ai toujours essayé d’avoir ce regard d’anthropologue, à savoir un regard neutre, qui ne porte pas de jugement et « Un monde à part », par définition, c’est aller à la rencontre des gens, au plus proche. Je suis en immersion, je ne suis pas un regard extérieur, qui regarde de loin et qui ne s’implique pas…Je participe, je suis au plus proche des gens et c’est ce que j’aime, effectivement, j’aime ces rencontres ! Il y en a qui me marquent plus que d’autres, mon voyage à Cuba était particulièrement marquant, au Brésil aussi. On ne peut pas s’impliquer émotionnellement de la même façon dans tous les voyages mais c’est clair que ce sont toujours les reportages dans lesquels il y a un aspect humain qui m’intéressent le plus. Je constate aussi que ce sont ceux qui intéressent le plus les téléspectateurs !
D’ailleurs, quels principaux retours pouvez-vous avoir de la part du public ?
On a beaucoup de chance parce qu’on sait que les réseaux sociaux sont souvent un lieu où on trouve de tout et pas toujours le meilleur…Mais l’immense majorité des retours que l’on a sont extrêmement positifs et bienveillants. Ce sont des gens qui nous remercient de nous emmener dans des endroits où ils ne pourraient pas se rendre eux-mêmes, ce sont des gens qui nous encouragent à aller toujours plus loin, ce sont des gens qui, souvent, apprécient justement ce regard que je peux avoir, qui est toujours un peu dans l’étonnement, dans la contemplation et dans l’empathie, que j’essaie d’avoir dans mes interviews. Donc c’est essentiellement positif !
Il y a pas mal de gens, aussi, qui se proposent de se mettre dans nos valises, il faut le reconnaitre ! Malheureusement, on ne peut pas prendre tout le monde, on est une petite équipe avec un petit budget mais ça fait très plaisir. Ce qui est vraiment fantastique et très positif avec les réseaux sociaux également, c’est que, très souvent, on a des suggestions de lieux, de destinations ou de reportages, de la part d’internautes ou de téléspectateurs. C’est vraiment une plus-value que l’on n’avait pas par le passé : en télévision, les gens pouvaient écrire au courrier des lecteurs ou à une boite mail mais c’était assez rare qu’ils le fassent. Dans ce cas, c’était souvent pour un reproche, une critique ou une remarque sur une erreur que l’on aurait pu commettre…En 5 ans et demi, avec tous nos abonnés, il y a forcément un flux assez impressionnant de contacts mais avec plein de choses très positives !
Quels seraient les lieux que vous n’avez pas encore pu faire découvrir au public et que vous aimeriez pouvoir lui partager ?
Cette planète est une source inépuisable de reportages étonnants et de rencontres. J’aime aller dans les choses les plus extrêmes…J’ai le rêve de pouvoir, un jour, me rendre en Corée du nord parce que je pense que c’est vraiment un monde à part ! Il y a pas mal de sujets à faire en Inde, on n’y a jamais été encore mais c’est prévu, c’est dans nos projets. Et je trouve qu’on devrait se rendre plus régulièrement en Afrique subsaharienne. On a eu la chance d’aller au Congo, on s’est rendu en Afrique de l’ouest aussi, au Bénin notamment mais je trouve qu’il y a tellement de choses magnifiques, incroyables et des gens qui ont vraiment beaucoup de talent ainsi qu’une grande richesse, à mettre en lumière dans ces régions. Evidemment, on sait bien, en télévision, qu’il y a des destinations qui fonctionnent toujours très bien : les Etats-Unis sont tellement étonnants, surprenants, extrêmes, les modes de vie sont parfois tellement hors du commun que ça marche toujours pour la télévision…Mais je ne veux pas délaisser les destinations moins populaires parce que, d’expérience, je me rends compte, finalement, contrairement à ce que pensent certaines chaines ou certains éditeurs, que ce sont des régions qui intéressent le public. Mais c’est vrai qu’il y a tellement tellement tellement de sujets à faire…
Je peux vous révéler les prochaines destinations : on se rend aux iles Galápagos dans une dizaine de jours et, je l’ai dit, on va aller en Inde. Figurez-vous qu’il y aura aussi l’Azerbaïdjan…C’est un pays très peu connu mais j’ai déjà des contacts sur place parce que j’aime par-dessus tout montrer les endroits auxquels on s’attend le moins.
Certainement d’ailleurs que les préparations des émissions ne sont pas toujours des plus simples…
Cela dépend des cas de figures. Le plus souvent, ce qui prend le plus de temps, pour certaines destinations, ce sont les démarches de visas et d’autorisation de tournage. Là, par exemple, pour les iles Galápagos, c’est un enfer, je vous le dis, pour avoir des autorisations de tournage…Non seulement, ils veulent de l’argent mais aussi toutes sortes de documents très compliqués à obtenir. Au niveau logistique, c’est très compliqué ! Il y a des tas de pays où on ne rentre pas comme cela avec une caméra donc il y a beaucoup de démarches administratives…
En revanche, en ce qui concerne les contacts humains, c’est peut-être une spécificité de « Un monde à part », je veux laisser une bonne place à la surprise et à la spontanéité. Donc ça veut dire que je ne veux pas arriver dans une destination où, pendant 5 à 6 jours, tous mes contacts sont pris à telle heure, en allant d’un endroit à un autre, en sachant avant de s’y rendre ce que l’on va avoir. Pour moi, c’est important, justement, de laisser la place aux opportunités qui vont se proposer sur place et aux surprises. Et ce sont souvent souvent souvent les meilleurs résultats que l’on peut avoir ! Parce que c’est sur place que l’on se rend compte des choses, que c’est sur place que les choses se passent…On n’est pas une émission où il y a simplement des interviews et des plans de coupe, c’est une émission dans laquelle je suis en immersion et, pour cela, il faut, à un moment, que je me laisse guider par les rencontres et par mon instinct. Tout cela pour vous dire que, pour pas mal de destinations, le plus dur est de trouver une ou deux personnes de confiance qui vont nous ouvrir les portes et nous guider. La suite se fait sur place…Cela veut dire que c’est intense, une fois sur place il faut y aller, il faut avoir les yeux grands ouverts et aller au charbon mais, souvent, c’est plus fort en termes de storytelling et d’action parce que les choses sont vraies, spontanées et authentiques.
Donc beaucoup de préparation en termes logistiques, de préparation de visas et pour trouver les sujets aussi mais tout n’est pas goupillé à l’avance !
En parallèle, sera diffusée d’ici quelques semaines votre participation à la mythique émission « Fort Boyard », version Belgique. Sans doute était-ce pour vous un honneur de participer à ce programme historique de la télévision ?
Oui, complètement ! En fait, les deux se rejoignent : j’ai le sentiment, Julian, que notre rôle d’adulte est de réaliser nos rêves d’enfant et d’adolescent. Pour moi, c’est essentiel de ne jamais renier l’enfant ou l’adolescent que l’on était, et les rêves qu’il avait, quels qu’ils soient, même des choses qui peuvent paraitre futiles. Mais il ne faut pas d’ironie…J’ai toujours aimé les rencontres, les voyages, la découverte, l’aventure donc j’essaie de poursuivre dans cette voie. Et « Fort Boyard », c’était vraiment, quand j’étais gamin, une émission culte, qui me faisait rêver mais jamais, d’autant plus en tant que belge, j’aurais pu imaginer y participer parce que c’est un programme français, où les participants sont, pour la plupart, dans le paysage médiatique français. Mais il se fait que la RTBF a pu « racheter » le concept pour pouvoir l’adapter donc, quand j’ai su que c’était le cas, j’ai fait savoir que ça m’intéressait. Ça tombait bien parce que j’étais dans les personnalités de la chaine auxquelles ils pensaient donc quand on m’a dit que j’étais sélectionné, j’étais très très heureux parce que, à nouveau, c’est un rêve d’adolescent qui se réalise !
J’encourage tout le monde à se poser la question « Quels étaient mes rêves d’ado ? ». Cela peut être des choses futiles…Par exemple, j’ai beaucoup joué au basket-ball et, quand j’étais gamin, j’avais une paire de baskets par an parce que c’était comme ça mais j’adorais certaines paires. Aujourd’hui, en tant qu’adulte, je peux me le permettre, je m’offre certaines paires vintages et c’est un rêve d’ado qui se réalise ! Certains vont trouver cela futile, d’autres vont dire que c’est jeter son argent par la fenêtre mais, pour moi, de répondre justement à ces envies de gamin que l’on était nous rend plus heureux ! Cela nous rattache aussi à qui l’on est… « Fort Boyard » en fait partie, mais comme plein d’autres choses…
C’est vrai que c’est un grand honneur et une grande chance ! Toutes les équipes étaient super sympas, vraiment ! J’étais surpris, j’ai trouvé qu’ils étaient tous aimables, accueillants, sympas, disponibles, …Olivier Minne en particulier, alors que c’était sa dernière saison et qu’il est évidemment très occupé. Passe-Partout aussi, avec toujours une petite blague, et toujours très soutenant dans les épreuves parce que ce sont des épreuves vraiment sérieuses…On a l’impression peut-être d’autre chose à la télé mais non, ce sont des épreuves qui sont compliquées. Donc j’ai adoré, c’est un souvenir qui restera gravé très longtemps dans ma mémoire !
D’ailleurs, appréhendiez-vous certaines épreuves plus particulièrement, avant de vous rendre sur le fort ? A l’inverse, en attendiez-vous d’autres avec impatience ?
C’est un peu lié aussi à mon métier, il n’y a pas grand-chose qui m’effraie réellement. Les araignées, sauter de haut,…ne m’inquiètent pas vraiment. D’ailleurs, même si l’émission n’est pas encore diffusée, je peux vous dire que les araignées et les scorpions ne me font absolument pas peur. La seule chose, peut-être, qui pouvait me faire une certaine appréhension est tout ce qui est lié à la claustrophobie. Comme je suis assez grand, si, à un moment, je me retrouve bloqué dans un petit espace à ne plus pouvoir bouger, ça peut éventuellement m’inquiéter mais pas autre mesure. Après, il y a les épreuves physiques, où il faut pouvoir répondre, ainsi que les épreuves de déduction, qui peuvent parfois être compliquées, mais de là à m’inquiéter, non…J’étais plus excité qu’inquiété !
Certainement qu’au moment où les caméras ont commencé à tourner, cohésion et bonne humeur étaient au rendez-vous, pour aider au dépassement de soi…
Oui, c’est sûr ! Et c’est vrai que, aussi, mécaniquement, quand la caméra tourne, il y a beaucoup de choses que l’on fait que l’on ne ferait sans doute pas quand elle ne tourne pas. Par exemple, dans « Un monde à part », je me suis parfois retrouvé dans des situations très compliquées, à sauter d’un hélicoptère, à faire du rappel avec les forces spéciales colombiennes, à me retrouver dans certains quartiers chauds dans l’eau glacée…Ce sont des choses que j’ai dû faire pour le boulot : les gens pensent que je suis un casse-cou et que j’adore mais, en fait, je ne le ferais pas à titre privé. Quand c’est pour le travail, c’est vrai que c’est comme s’il y avait une distance qui s’installait et qui réduit un peu les appréhensions et les peurs, parce qu’on est obligé d’y aller. Et on y va sans trop réfléchir !
En plus, pour « Fort Boyard », il y a l’aspect compétition, il y a l’aspect équipe, il y a la cause que l’on veut défendre donc, évidemment, on se pose moins de questions que si c’était un dimanche matin, que l’on avait les mains dans les poches en allant se balader, c’est sûr !
@ Laurent Vu
Avec le recul, quelles sont les qualités attendues pour être un bon candidat sur le fort ?
Le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, le fait d’oser dépasser ses peurs,…Maintenant, ça reste un programme de télévision donc je pense que les personnes qui font les castings ne cherchent pas que les super champions qui vont réaliser toutes les séquences. L’idée est aussi que l’on ressente les émotions et la peur donc, si on sait que je n’ai pas peur des araignées, on ne va pas forcément me mettre sur cette épreuve-là. Je pense que les fragilités, les faiblesses et les obstacles font partie aussi du storytelling de « Fort Boyard » et donc, pour être un bon candidat, il faut aussi, quelque part, avoir ses faiblesses et ses fragilités. Pour réussir toutes les épreuves, il faut de l’audace, il faut du dépassement de soi, il faut du courage mais, pour faire un bon candidat, je mets un peu de nuance, en étant dans l’état d’esprit du producteur, il faut surtout vivre les choses à fond, sans trop réfléchir ! Une personne qui va se retrouver dans une pièce, avec des araignées et des scorpions, et qui va montrer ses émotions, parce qu’elle les a vraiment, sera une bonne candidate parce que c’est ce que l’on veut voir en tant que téléspectateur…On veut voir des émotions, on veut voir aussi des personnes qui, justement parce qu’elles ont toutes ces appréhensions, vont se dépasser. Si on n’avait que des casse-cous aventuriers, qui n’ont peur de rien, le programme serait sans doute moins excitant à regarder !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver à partir du lundi 3 novembre prochain, à 11h 20, dans « Flavie en France ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Alors, je suis ravie mais je suis même au-delà du ravi, Julian. C’est quand même quelque chose qu’il est bon de noter parce que j’ai l’impression, en ce moment, que les temps sont parfois un petit peu compliqués pour beaucoup et bien, moi, je suis à contre-courant, je suis au-delà du ravi parce que je m’éclate, parce que je fais une émission qui me ressemble, qui est un petit peu du sur-mesure, de la part d’un producteur avisé, qui avait ce projet-là depuis déjà plusieurs années. C’est un plaisir de faire une télévision qui me ressemble et qui ressemble aussi à ceux qui la regardent. Donc, en fait, tout va bien dans le meilleur des mondes !
Dans ce nouveau programme, vous allez inviter les téléspectateurs à explorer les richesses de nos territoires…
Exactement ! Non seulement les richesses de nos territoires mais on ne va pas proposer qu’une visite culturelle, même si, évidemment, on va montrer le patrimoine de notre pays, mais on va aussi parler des richesses humaines, de toutes les initiatives que l’on peut retrouver un peu partout en France, qui viennent contredire aussi ces informations qui nous disent que rien ne va, que rien n’est fait, que tout est compliqué. Non, pas toujours…et on donne la parole à une France que l’on n’entend pas assez, que l’on ne voit pas assez. Cela nous met vraiment en joie !
L’émission sera itinérante : une semaine, une région. Depuis un plateau installé dans un lieu emblématique de la ville hôte, vous et votre équipe allez révéler les richesses à travers des reportages et des témoignages…
Tout à fait ! On s’installe dans un lieu emblématique, autour duquel on va rayonner pendant toute la semaine. Donc on est, du lundi au vendredi, dans une ville de France…En fait, « Flavie en France » est une émission qui vient à la rencontre de ceux qui la regardent. Ça, c’est génial parce que c’est de plus en plus rare d’aller voir les gens…On leur demande plutôt d’allumer la télé pour venir voir une France très urbaine, très parisienne donc, du coup, une sorte de France un peu morcelée. Non, nous allons proposer aux gens de venir, nous, à leur rencontre et on est plutôt hyper bien accueillis…On est les invités, en fait, des français et, ça, c’est génial !
Des chroniqueurs dynamiques et passionnés, et bien sûr des invités ancrés dans leur territoire... la recette d'un moment de bonne humeur à partager ensemble….
Je suis avec Victor Dekyvère, qui est mon acolyte, qui est chroniqueur dans l’émission et qui va nous permettre, justement, de faire toutes ces visites culturelles, partout, tout autour de nous, dans les régions dans lesquelles on est. Victor est un mélange de culture et d’humour, on se ressemble beaucoup, sur plein d’aspects donc je suis vraiment heureuse. Il est gourmand comme moi, il est curieux comme moi, il est enthousiaste comme moi et on rigole beaucoup.
Valentine Sled, elle, nous précède toujours dans les lieux dans lesquels on va parce qu’elle va à la rencontre de ceux qui font rayonner leur région à travers l’art culinaire. Alors, elle ne s’ennuie pas, elle passe son temps chez les grands chefs, chez les producteurs locaux,…donc elle vit sa meilleure vie !
Tous les trois, en fait, on fait cette émission et on en dessine les rendez-vous.
« Flavie en France », c'est aussi le retour d'un jeu mythique dans une version revisitée : le Schmilblic. À découvrir par les jeunes générations, à revivre pour les plus anciens…
Complètement ! C’est génial, c’est ma grande découverte et ma grande surprise…C’est plus qu’un jeu en fait, c’est là où j’ai été saisie et surprise par cette émission : en fait, le Schmilblic est un rendez-vous pour les gens. Pareil, c’est, je crois, le seul jeu, en France, qui va à la rencontre des gens. D’ordinaire, quand on veut jouer à un jeu télé, on doit aller sur un plateau de télévision. Non, nous sommes le jeu qui va jouer avec les français. C’est plus qu’un jeu, c’est un rendez-vous qui est solidaire, c’est un rendez-vous d’humanité, de bonne humeur, de partage, entre des jeunes et des plus anciens. Les plus jeunes, qui ne connaissaient pas le jeu, écoutent ce que disent les plus anciens comme conseils…On est vraiment dans un grand moment d’humanité ! Je ne m’attendais pas à cela, c’est ma grande surprise et c’est ma très très bonne surprise ! J’adore ce rendez-vous…
A quelques jours de la première diffusion, on vous imagine impatiente de pouvoir proposer ce programme aux téléspectateurs mais aussi curieuse de leurs retours…
Oui, très impatiente ! Au moment même où on se parle, je viens de poser mes valises, je suis dans une chambre d’hôtel à Vienne, au sud de Lyon, où on vient d’arriver. Je vais aller voir mon décor juste après, pour faire quelques répétitions avec l’équipe. Elle est arrivée ce matin, elle a monté le décor et je viens d’arriver…Nous savons à quoi ça ressemble parce qu’on a déjà enregistré quelques semaines d’émissions et, en fait, je suis hyper impatiente, j’ai hâte. D’ailleurs, les gens commencent déjà à m’en parler, ils viennent me voir et me disent « Alors, ça y est, c’est pour bientôt ? » donc il y a une vraie attente. Mais j’ai hâte que tout le monde ait entendu et vu le générique, j’ai hâte que les téléspectateurs aient envie que l’on vienne chez eux, j’ai hâte que ça sorte ! On a tous hâte que ça sorte !
On a déjà tourné à Libourne et à Saint-Quentin, ça s’est hyper bien passé. On est toujours formidablement accueillis, les gens sont absolument adorables, il y a quelque chose de très joyeux en fait, c’est une émission qui fait du bien à plein d’égards.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure télévisuelle ?
Franchement, qu’elle dure le plus longtemps possible parce que, parfois, vous savez que vous n’avez pas spécialement envie que ça dure mais, là, je voudrais que ça dure le plus longtemps possible ! Ce que je souhaite surtout, c’est que les téléspectateurs s’y retrouvent, en fait, et qu’ils aient le sentiment d’être enfin écoutés, enfin entendus et enfin valorisés. C’est ça ce que je veux…Je suis une fille de la province, je suis une fille de la terre, de la campagne, je suis une fille de la mer, je ne suis pas une fille des grandes villes et je serais tellement heureuse que ceux qui nous suivent s’y retrouvent et soient fiers que, enfin, on leur parle et qu’enfin, on parle d’eux comme il se doit…C’est-à-dire en les valorisant ! Ça, je trouve que c’est quelque chose de très important, de nécessaire, d’attendu et j’espère qu’on sera à la hauteur !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici, notamment pour rencontrer le fidèle public de la série ?
Oui ! Je ne connaissais pas du tout ce phénomène…C’est la première fois que je fais une quotidienne, je rôle ma bosse depuis trente ans à Paris mais je ne savais même pas ce qu’était la notoriété. En arrivant, en fait, je voulais aller me balader et, tout d’un coup, les gens m’arrêtent…Je suis très surprise ! Déjà à la gare, les gens nous attendaient…Je suis la première hypra surprise, à me demander ce qui se passe. C’est très très drôle !
Le public est adorable et, parmi les six acteurs de la série présents aujourd’hui, je suis celle qui est arrivée le plus récemment donc c’est vrai que je ne mesurais, en vérité, pas du tout. A mon avis, la rencontre, demain, avec le public va être dingue ! Ça va être la folie !
En tout cas, oui, j’ai trouvé que ce premier contact était très très sympa !
Votre personnage, ces derniers mois, a vécu beaucoup de choses, personnellement et professionnellement. C’est un très beau cadeau artistique, avec un registre de jeu très varié…
Carrément ! On se dit très souvent, avec une actrice sur la série que j’aime beaucoup, Nadia Fossier, qui joue Alix, « mais quel cadeau ! ». Je trouve que c’est un cadeau que des auteurs écrivent des rôles pour des femmes qui ont dépassé 50 ans : la femme de 50 ans existe et, dans le public qui nous regarde, il y a des femmes comme cela. Donc, tout à coup, qu’elles se reconnaissent en nous, qu’elles nous voient, que ce soit Nadia, Catherine, Chrystelle ou Sophie, c’est un cadeau inouï.
On m’écrit des situations tellement fortes, notamment là, ce que j’ai pu vivre, avec la descente aux enfers de la prison…Je passe par toute la gamme par laquelle un acteur peut passer et je trouve cela exceptionnel. C’est vrai, quand même, quand on regarde un tout petit peu la fiction française, qu’il y a beaucoup de rôles de flics dans des commissariats mais nous avons la chance de jouer autre chose. Bien sûr, il y a l’intrigue policière qui est toujours ici, évidemment ils sont là et ils jouent très bien leur jeu mais nous ne faisons pas partie de l’intrigue policière…et on nous trouve des trucs à jouer et à faire ! C’est un cadeau extraordinaire pour un acteur de plus de 50 ans et encore plus pour une actrice !
Dernièrement, votre fils, joué par Jules, qui s’était éloigné, s’est à nouveau rapproché de votre personnage, comme ce peut être le cas dans beaucoup de familles…Le trio familial se reforme dans votre maison qui a l’air dingue…
La maison est incroyable ! Petit secret de diffusion et de décor : en fait, on a perdu le décor de la maison Laumière qui était dingue et on a, là, cette villa Laumière II, mais ils ont apporté toute la déco, ils ont fait un effort sur la lumière, sur les matériaux, sur l’atmosphère, sur le climat et je trouve, alors que les deux maisons n’ont rien à voir, que l’on est vraiment restés, pour moi, dans la maison Laumière. C’est comme si elle était un quatrième personnage de la famille, elle a carrément son rôle à jouer. Là, on a même gagné parce qu’il y a un parc hallucinant autour de la maison…C’est une des seules familles qui est encore en décors réels, c’est un cadeau, c’est juste fabuleux et très agréable de tourner dans un vrai décor ! C’est clair que la maison joue vraiment son rôle... En tournage, on enquille un peu toutes les scènes de la famille Laumière et on a vraiment l’impression de faire du cinéma, on est vraiment une unité de décor. Et les équipes sont extras…
C’est vrai qu’avec Boris, c’est toujours un peu les montagnes russes. Dans mon arche et aussi dans ce qui suit après, c’est vrai qu’il y a des choses très intéressantes à jouer. Ce que j’adore, c’est qu’avec Jules, c’est complètement différent de ce qui se passe avec Léa, qui joue Laurine. Donc j’adore la relation que j’ai avec tous les deux !
D’ailleurs, les récentes épreuves familiales et professionnelles ont montré que, parfois, des deux, votre fille est un peu plus la mère que ne l’est votre personnage…
Complètement ! C’est très très drôle ce qui se passe avec Laurine : dans la vraie vie, j’ai une fille qui s’appelle Ana, Léa est un peu plus âgées mais, maintenant, j’ai d’ailleurs l’impression d’avoir deux filles ! C’est vrai qu’Ana me dit « C’est fatiguant, je joue ta mère, je joue ta mère ! » et, avec Laurine, je retrouve un peu ce que j’ai dans la vraie vie : les jeunes femmes d’aujourd’hui sont très matures, elles savent très vite et très tôt ce qu’elles veulent…Si la femme de 50 ans, tout à coup, a ses états d’âme et se perd, c’est la jeune femme, entre 20 et 25, qui prend le dessus et qui joue la mère de la maman. Je trouve cela très drôle et c’est vrai que je le vis dans ma propre vie perso donc c’est très très marrant que ça se retranscrive à l’écran de cette manière-là ! C’est vrai que ce que j’adore, dans cette écriture et cette série, c’est que ce sont des situations qui pourront nous arriver. C’est pour cela que je trouve ça vraiment génial : ce n’est pas extraordinaire, je m’y retrouve complètement !
Professionnellement parlant, les divergences dans le conseil d’administration de votre entreprise sont aussi le reflet de la réalité…
Tout à fait ! C’est vrai que c’est un déchirement pour Boris, il le dit « Elisabeth m’a tout donné professionnellement et, là, de l’autre côté, j’ai ma mère et la famille ». La valeur famille, chez les Laumière, est très très importante donc de le voir comme cela, déchiré, est, je trouve, très intéressant. Aussi que l’on ait réussi à se retrouver…Bon, pour se séparer peut-être bientôt…De toute façon, ce ne seront que des montagnes russes.
Ce que je trouve chouette aussi dans cette série, c’est qu’il y a, il me semble, une volonté de centrer les histoires sur les familles. C’est super intéressant, on rentre vraiment dans l’intimité de chaque famille ! Ce que j’adore aussi dans l’écriture, c’est son côté choral… Là, j’avais une arche très forte et je vais disparaitre pendant trois à quatre mois, pendant qu’un zoom sera fait sur d’autres personnages. Je trouve cette manière d’écrire hyper riche !
Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?
Il faut l’avouer, Catherine Laumière n’est pas quelqu’un que l’on aime, non ! Elle n’est pas faite pour qu’on l’aime, contrairement à Alix que l’on adore, malgré toutes ses magouilles. Elle est peps et dynamique, on l’aime, on achète. Catherine, elle, est faite pour être détestée… Mais elle est descendue très très bas donc, en fait, ma fille, qui s’occupe de mes réseaux, m’a dit à quel point les réactions étaient dingues par rapport à l’arche où on me traine dans la boue, où je pleure, où ce qui m’arrive est horrible. Je ne crois pas que l’on puisse descendre plus bas pour mon personnage et, du coup, le public s’est mis à avoir un peu plus d’empathie à mon égard. Quand je croise des gens, ils me demandent si je vais m’en sortir et je trouve cela trop sympa en fait de jouer un personnage que l’on ne déteste pas forcément. Là, en ayant vécu des choses très dures, j’ai plus de sympathie de la part du public. Bon, ça va vite se retourner parce que je continue à être une peau de vache…mais, là, la petite descente aux enfers a été très sympathique et chaleureuse, point de vue auditoire, ce qui n’est pas toujours le cas pour moi.
En complément, vous étiez sur scène, en Avignon 2024. Avez-vous d’autres projets sur les planches ?
J’adorerais, moi qui suis née sur scène ! Mais, pour l’instant, non car faire du théâtre sur Paris serait dur avec le rythme de la quotidienne. « Un Si Grand Soleil » est, pour l’instant, mon choix numéro 1, tellement je trouve que c’est un cadeau de la vie !
Par contre, j’ai réalisé déjà deux courts-métrages et je veux vraiment passer à la réalisation, cette fois-ci en payant les gens qui travaillent avec moi. J’ai fait une formation pour devenir réalisatrice et c’est grâce, encore une fois, à la série et à France Télés, au fait qu’ils aient fait rentrer plein de femmes réalisatrices…Tout d’un coup, j’ai vécu quelque chose de très spéciale avec ces femmes réalisatrices et j’ai trouvé cela génial d’avoir des femmes face à moi. J’avais des scénarios que j’avais écrits étant plus jeune et je me suis dit « Tiens, et si je réalisais ? ». Mon rêve le plus grand, inouï, serait de réaliser sur cette quotidienne parce que je sens que je la connais par cœur, parce que j’adore tous les personnages, parce que je connais tous les rouages et que je vois comment c’est fait …Cela aurait été, je trouve, tellement riche mais la direction ne veut pas L donc, pour l’instant, je préfère rester à ma place que j’adore. Mais j’ai un projet d’unitaire pour la télé et d’un film pour le cinéma, que je vais essayer de développer !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
On se retrouve, cette fois-ci, dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction Tv à La Rochelle. Comme chaque année, c’est un plaisir pour vous de participer à ce bel évènement…
Alors, c’est un plaisir et, puis, ça fait partie du job ! On fait quand même un job qui nous plait, après je ne suis pas à la recherche des applaudissements, je suis juste content de voir des gens qui aiment bien ce que l’on fait donc c’est plutôt agréable mais je ne suis pas à la recherche constante de cela. On est, plutôt, moi, à me dire quel autre projet j’ai ou comment je peux continuer à développer le projet que j’ai, et d’arriver à en avoir d’autres. C’est un petit peu le but de La Rochelle, d’être là avec les professionnels, à se dire quel projet on pourrait faire ou vers quoi on pourrait se diriger…C’est ça qui me plait !
Justement, parmi les projets de l’année écoulée, vous avez été le guest principal d’un nouvel épisode de « Monsieur Parizot » pour TF1. Sans doute que le chouette succès d’audiences vous avait fait particulièrement chaud au cœur ?
Oui, ça fait plaisir ! J’avais un rôle important, le rôle principal après Parizot, un rôle super, des partenaires au top comme Laurent Gamelon et toute une bande d’acteurs…C’est un film choral et ça a été très plaisant de retrouver, justement, tous ces comédiens-là pendant une quinzaine de jours, c’était chouette. Donc ça fait vraiment plaisir car on sait que c’est fragile !
En parallèle, votre personnage, Florian, dans la quotidienne de France 3 « Un Si Grand Soleil », s’est retrouvé dans certains chamboulements au sein du cabinet d’avocats…
Oui, il y a eu pas mal de revirements de situations. Surtout, notre associée a décidé de nous planter et de se barrer…C’est une première chose ! Ensuite, on se retrouve tous les deux avec Aurore…Je m’étais déjà séparée de Claire il y a quelques temps, je vis une vie de patachon, je ressors avec la juge Alphand, avec des hauts et des bas parce qu’on se prend la tête. Ce sont toujours des moments un peu compliqués mais ce qui me plait, c’est que c’est très représentatif de la vie de tous les jours : un peu comme dans un vrai couple, tout n’est pas beau, tout n’est pas lisse, ce qui fait que ce sont des efforts à faire !
Je suis content du personnage qu’ils me donnent, on a plein de trucs, finalement, à jouer donc c’est ça qui est assez intéressant ! L’idée est vraiment d’avoir des choses qui peuvent faire parler les gens et d’être proches d’eux, afin qu’ils puissent s’identifier à nos vies et que l’on n’ait pas des vies qui soient trop loufoques. C’est ça qui me plait dans ce que l’on fait dans la série !
Vous évoquiez ce nouveau couple avec la juge Alphand, permettant de nouvelles situations de jeu, notamment de conflits d’intérêt lorsque vous vous retrouvez sur la même enquête…
On a un gros conflit d’intérêt, en fait, sur une affaire et c’est ça qui va un petit peu remettre les choses au clair parce qu’il se trouve que j’ai raison, là-dedans. On va bien se prendre la tête mais c’est ce qui nous permettra de se dire que l’on ne parle plus boulot, qu’on le laisse de côté et qu’on ne prend pas le risque d’aller dans le mur à cause de cela.
A noter aussi une belle relation naissante, à l’image, avec Achille, votre beau-fils…
Oui, c’est très sympa ! Je ne le considère pas comme un fils, du tout, ce n’est pas mon beau-fils, c’est le fils de ma nana et j’ai une tendresse de copain, mais pas une tendresse paternelle, je n’ai pas du tout envie de lui apprendre des trucs sur la vie, je lui rentre dedans. Ce n’est pas mon fils donc j’ai une relation de copain et de faire en sorte que ça se passe bien parce que c’est toujours mieux de bien s’entendre avec le fils de sa nana.
Au cabinet aussi, votre personnage reste le fédérateur, un peu le garant de la bonne entente…
Oui ! Après, c’est ce que, moi, j’instaure déjà dans la vie : que ça se passe bien, que les gens s’entendent bien, qu’il n’y ait pas de compétition. Je trouve que ce n’est pas utile, je trouve que l’on se complète bien les uns les autres. C’est la première chose ! Et puis, c’est mon personnage qui veut cela et on y travaille beaucoup, en n’étant pas trop lisses parce que ce qui est intéressant, c’est, justement, de mettre des aspérités. Donc chaque scène, je la travaille, en me disant qu’est-ce que peux apporter de nouveau, de neuf, où est-ce que je peux faire une rupture, qu’est-ce que je peux apporter, finalement, à la situation. Parce qu’en fait, on joue des scènes les unes derrière les autres…Ce n’est pas comme dans un long-métrage, où on se rappelle exactement d’où on vient, quel était notre état…Entre d’où je viens et le moment où je tourne la scène, il peut y avoir eu quatre épisodes, ce qui fait que c’est scène après scène. C’est très important de comprendre cela parce que, au cinéma ou à la télé, quand c’est un unitaire, on va me dire « tu viens de là, là, là », ce n’est pas tourné dans le bon ordre mais je sais d’où je viens, c’est beaucoup plus simple, le spectateur m’a juste vu ouvrir une porte et arriver à un autre endroit. Là, j’ouvre une porte et on me voit rentrer chez moi, parfois, deux semaines plus tard…Donc il faut vraiment se concentrer et faire scène après scène !
Vous êtes sur ce programme depuis six ans maintenant. C’est un vrai exercice permanent de renouvèlement, pour continuer à plaire au public et à prendre du plaisir…
Oui ! L’intérêt est de prendre du plaisir sur le plateau…Bon, le téléspectateur subit ce qu’on va lui donner. Il faut être vigilants sur ce que l’on va mettre en place… A nous de bien faire le job et, ensuite, à nous de proposer d’autres choses en trouvant d’autres productions, pour aller tourner ailleurs. Donc l’intérêt, aussi, est de se servir de la notoriété de la série pour aller sur d’autres projets donc il faut avoir une vision un petit peu à long terme !
D’ailleurs, que peut-on vous souhaiter pour la suite du développement de votre personnage ?
Qu’ils le laissent comme il est, toujours au cœur de pas mal d’intrigues, gravitant aussi bien avec des jeunes qu’avec des moins jeunes. Là, je défends un jeune qui s’appelle Jules Bahloul, qui est très sympa, et je me retrouve finalement à rester au centre de tout ça. Cela me va très bien !
Je parlais de Jules, qui est super mais tous les jeunes sont super : ils connaissant leurs textes, ils sont très à l’écoute, ils pourraient proposer davantage de choses quand ils jouent mais comme moi…C’est, pour moi, vraiment le nerf de la guerre : oser proposer…Mais, quand on démarre dans une série, parfois on n’ose pas forcément donc si je peux faire gagner du temps à des jeunes en leur disant « Attendez les gars, ne perdez pas de temps, proposez des choses, même si on vous dit non ». J’ai un copain, François Guérin, réalisateur, je lui propose plein de trucs, il me refuse tout…Mais on s’en fout, au moins on cherche et ça le fait réfléchir, ça renforce finalement son idée et c’est très bien. Donc proposez ! Notre métier, c’est de proposer…
Un an après la bascule sur France 3, la fidélité du public ne se dément pas…
Oui, oui, il ne faut pas déconner, c’est un bouton d’écart ! On aurait changé tous les personnages, je ne dis pas…Là, ils regardent le journal de France 2 puis, quand c’est terminé, ils basculent sur France 3. On le fait avec le tennis à Roland-Garros, on le fait avec plein d’autres évènements sportifs comme le tour de France, où on passe d’une chaine à une autre : où est le problème ? C’est un faux problème !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Pour l’instant, c’est un « Un Si Grand Soleil », qui me prend du temps et, en même temps, pas suffisamment de temps parce que je ne peux pas vivre que de cette série. Je tourne, en moyenne, six jours par mois donc il me faut d’autres projets. C’est pour cela aussi que je suis ici…J’ai besoin d’autres projets qui soient calés suffisamment en amont pour que je puisse m’organiser. Mais c’est primordial ! On n’est pas payé des fortunes, à tourner vingt-trois jours sur trente comme dans « Friends » par exemple…Non, c’est six jours par mois ! Donc à la chaine de se dire : on a des visages qui sont connus, mettons-les en avant ! D’autres chaines le font très bien avec leurs talents…Je parle de TF1 !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction Tv de La Rochelle, où vous venez présenter « Désenchantées », pour France Télévisions. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Capucine : Oui, absolument ! On est très contentes de retrouver toute l’équipe et, en plus, de pouvoir regarder les images, enfin, avec un public, dans une salle complète. Franchement, c’est génial ! Cette histoire nous a tant plu à raconter et à jouer, on est super heureuses !
Nelligan : Pareil ! La projection est vraiment un cadeau, de la voir comment cela, sur grand écran, plutôt que chez soi. On n’a vu que les deux premiers épisodes mais, comme le reste du public, on crève d’envie de voir les deux derniers. On est super heureux, super reconnaissants !
Si l’on revient à la genèse de ce projet, quelles raisons vous avaient incitées à y participer ?
Capucine : Je sais que la première chose qui m’a fait toucher à « Désenchantées », c’est le livre de Marie Vareille. Je ne savais pas encore quel personnage j’allais jouer mais, du coup, ça m’a permis, vraiment, de comprendre et de m’attacher à chaque personnage, plutôt que de me focaliser sur une personne. Cette histoire de solidarité féminine, des désenchantées, c’est ça qui m’a beaucoup plu. Et il y a plein de détails que j’ai beaucoup aimés dans les différents personnages, notamment cette amitié entre Sarah et Angélique. Ensuite, dans le scénario, il y a certaines séquences pour lesquelles tu te dis presque que tu fais la série pour ça et où, à la lecture, j’ai été happée et j’ai eu envie de défendre Angélique, dans son insouciance comme dans son côté meurtrier, après qu’il puisse lui arriver beaucoup de mal. J’ai eu envie de la défendre et de faire partie du projet réalisé, en plus, par David. Je savais qu’il allait emmener le projet loin, qu’il allait vraiment l’emmener ailleurs et plus loin, et faire en sorte que l’on s’approprie bien tous notre personnage, avec toute sa complicité. Du coup, c’est ça qui m’a donné envie de faire le projet !
Nelligan : Premièrement, David Hourrègue, tout simplement. On connait tous sa renommée, on a tous envie de travailler avec lui ! Il est tellement passionné, il emporte toute son équipe avec lui…Ca se sent dès le premier casting : on a, de suite, envie de continuer à travailler avec lui. Ensuite, c’était la première fois que l’on me proposait un projet sur un personnage qui était quand même plus combattant donc c’était quelque chose qui me faisait plaisir à travailler, je ne restais plus trop sur mes acquis, on va dire. Je sens que j’ai pas mal progressé sous la direction de David. Et le fait de mettre au premier plan les femmes et la sororité, de dénoncer, de replonger dans une époque que l’on n’a pas connue – les années 90 –, qui permettait aussi de découvrir des nouveaux horizons. Donc, oui, il y avait toutes les cases qui étaient cochées.
D’ailleurs, quel regard portez-vous, chacune, sur votre personnage ?
Capucine : J’ai beaucoup d’amour pour mon personnage et beaucoup de tendresse parce que, simplement, il lui arrive quelque chose de très grave donc il y a un sentiment de protection. Comment je regarde ce personnage ? Je ne l’enferme pas là-dedans et j’essaie de ne pas avoir non plus un regard trop d’adulte ou de trop me dire comment est-ce qu’on va la regarder ou, à la lecture, qu’est-ce que l’on va penser d’Angélique…Juste, moi, le lire, jouer, avoir les intentions qui me viennent en premier et, ensuite, me l’approprier dans le travail avec David, dans le travail avec les autres et pas la juger, pas la regarder de telle manière, pour pouvoir être pleinement insouciante, par exemple quand il y a des scènes de soirée où elle s’amuse avec ses amis. Pareil, la laisser totalement se morfondre à d’autres moments, quand on a besoin aussi d’être au plus mal parfois…Je la regarde également à travers ses amis et je fais toujours attention à ce que les autres personnages pensent d’elle, c’est intéressant aussi pour nourrir un personnage.
Nelligan : Oui, c’est sûr ! Quand j’ai commencé le tournage, j’avais 17 ans donc, au final, je n’étais pas si loin de l’âge du personnage. Une chose est sûre, on s’est tous rendus compte à quel point ces personnages étaient bien écrits, dans leur complexité et à quel point ils étaient réalistes. J’y voyais vraiment une adolescente, qui essaie de se battre avec les armes dont elle disposait. Je trouve que l’on peut se retrouver, honnêtement dans ce groupe des désenchantées : quand on est une adolescente, on peut vraiment s’identifier ! Sur Sarah, oui, c’est beaucoup de compassion, d’empathie et d’amour, dans le sens où je suis reconnaissante que l’on puisse offrir des personnages aussi complexes et aussi concrets.
Ces personnages vous ont permis une palette de jeu très plaisante à défendre…
Capucine : Oui, c’est clair ! Justement, je sortais d’un personnage un peu plus linéaire, sur « Anaon », une autre série avec David. Son évolution était plus claire…Avec Angélique, ça a été différent et on s’est posé des questions assez différentes. Il y a un vrai switch avec le personnage d’Angélique et ça a été hyper intéressant à travailler ! Plus difficile dans certains aspects, forcément mais très intéressant parce qu’on ne voulait pas louper la Angélique que l’on avait en tête.
Nelligan : Je sais que j’avais tendance à me reposer sur mon visage assez doux, naïf, enfantin et donc je n’allais pas tout le temps chercher la combativité, ce n’était pas trop dans mes acquis. C’est quelque chose que je suis plus allée travailler sur ce projet-là donc ça m’a fait plaisir !
Sans doute êtes-vous impatientes, à présent, de pouvoir proposer le rendu final aux téléspectateurs de France Télévisions ?
Capucine : C’est clair ! On a hâte, hâte, hâte que le public le découvre, que les deux différents publics, de France Télés et de HBO, le découvrent. Je me réjouis que les gens découvrent l’histoire des « Désenchantées » et, plus globalement, de toutes ces femmes et de tous ces hommes.
Nelligan : Surtout les femmes J ! Egoïstement, j’ai surtout hâte de les voir moi parce que je ne les ai pas vus tous, je n’ai vu que les deux premiers…Donc oui, très hâte de la sortie !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Capucine : Je suis actuellement en tournage pour la série « Oro », aussi avec France Télévisions et réalisée par DavidJ. Royal ! En plus, en Polynésie française…C’est plutôt sympathique ! J’avais très hâte que l’on débute cette nouvelle histoire et c’est encore très différent, on repart un peu sur du genre donc c’est assez intéressant !
Nelligan : Je vais essayer de reprendre – même si je ne me suis jamais arrêtée – ma fonction première, soit celle d’une étudiante. Parce que c’était sympathique de beaucoup tourner mais il faut aussi que je retourne étudier…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous êtes actuellement sur scène, à la Comédie Bastille, dans « L’affaire Corneille – Molière ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Loïs : Oui ! C’est une très belle pièce, je trouve, avec cette enquête, menée par ces trois jeunes, pour essayer de sauver leur ami, qui va les emmener à faire ce concours d’éloquence, en 1968. Ce qui est génial, c’est que l’on joue plein de personnages…Il y a plein de situations très différentes les unes des autres, même temporellement, et on est accompagnés par de la musique live….
Mathilde : Oui, il y a plein d’instruments ! Ce ne sont d’ailleurs pas que des instruments musicaux, il y a aussi des objets quotidiens, notamment pour résonner comme un vrai réveil que le musicien fait sonner.
Loïs : Cet accompagnement musical s’assimile presque à une bande son de film. Sur scène, ça nous éclate parce que, quand tu parles et que tu sens qu’il y a de la réverbe, tu te croirais dans une église ou dans une sorte de sanctuaire bizarre…C’est donc très agréable à jouer ! Cela demande une grande rigueur, c’est une bonne école !
Mathilde : C’est un spectacle qui est très choral, on repose beaucoup les uns sur les autres, les tableaux s’enchainent et s’entremêlent…En plein milieu d’une scène, un flashback peut avoir lieu, avant de revenir dans la scène du présent. C’est donc, vraiment, un voyage dans le temps, de par la musique et l’écriture de Marc. Ce n’est pas seulement une histoire avec un fil rouge, c’est une grosse bobine dans laquelle plusieurs autres viennent s’entremêler ! C’est chouette !
On est 5 comédiens sur scène, plus 1 musicien, pour jouer 30 personnages…Un comédien a même, je crois, 12 personnages à lui tout seul…L’articulation en coulisses est assez drôle, on doit vraiment se caler au mieux pour que ce soit fluide. Il y a presque un deuxième spectacle derrière…
Loïs : Ce serait intéressant de filmer les coulisses ! On s’aide les uns les autres….Pour aller plus vite, les chemises ne sont pas forcément à boutons mais à scratch : alors que ces costumes des années 60 sont très apprêtés, cela permet d’être efficaces ! De changer de costumes en aussi peu de temps est surprenant mais en même temps cool pour les spectateurs !
Plus concrètement encore, avec vos mots, comment présenter cette pièce ?
Mathilde : C’est l’histoire de trois jeunes, qui se retrouvent à préparer le concours d’éloquence, sur le thème de la vérité. Pour sauver l’année de leur pote qui risque de redoubler, ils vont vouloir explorer une théorie vraiment loufoque, qui est : est-ce que Molière a vraiment écrit ses textes ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt Corneille ? C’est une vraie théorie, qui a vraiment existé, dans les années 1910. Finalement, ils vont vraiment découvrir une profondeur assez folle dans cette théorie, au péril de leurs vies et ils vont partir dans tous les sens, à la rencontre des personnes encore vivantes qui peuvent témoigner de cette histoire-là.
Loïs : Plus ils creusent, plus ça devient intéressant, plus l’enjeu de la théorie devient assez intriguant ! Ce n’est plus juste quelque chose en surface…Il y a plein de points d’interrogation qui n’ont pas été résolus et plein de gens qui leur disent qu’ils ne doivent pas l’être. Ce qui les incite, par curiosité, à creuser encore plus…Ils se font happer par cette succession d’évènements, qui les mènent très loin…
Mathilde : Ils vont se passionner pour cette affaire, jusqu’à découvrir qu’un tabou a été enterré. C’est comme si on découvrait que la Joconde, en fait, n’avait pas du tout été peinte par Léonard de Vinci. Ils découvrent Le secret mystique de l’Histoire…
Loïs : Cela pose des questions : est-ce qu’on doit réécrire, ou pas, l’histoire quand ça arrange ceux qui la contrôlent ? C’est intéressant de s’interroger sur cela…Après coup, c’est une histoire que l’on a écrite, et non pas forcément la vérité.
Mathilde : Le point de départ, le seul élément qui a vraiment eu lieu, c’est que cette thèse a bien été déposée par un docteur de la Sorbonne et, à partir de là, tout le reste est écrit par Marc Tourneboeuf.
Artistiquement parlant, cette pièce vous permet une palette de jeu large et variée…
Mathilde : Oui, oui ! On voyage dans le temps donc la gouaille change aussi. A un moment donné, pour quelques répliques, je joue mon propre personnage mais plus jeune donc, forcément, je transforme la voix et je change le corps. Toi aussi, Loïs, tu fais le même personnage qu’un autre comédien, mais 30 ans plus jeune…
Loïs : Il faut arriver à choper à peu près les mêmes mimiques que l’acteur qui le fait mais en ayant la même voix un peu plus jeune…Il y a des successions de plans qui sont donc intéressantes !
@lignypicturemoments
Mathilde : Le plus grand écart entre deux personnages très différents, pour toi, est entre le personnage d’Arthur, en 1968 et Molière…
Loïs : Il y a 400 ans d’écart…La transformation sur scène est intéressante, il y a tout un habillage…C’est très agréable à faire, on sort alors un peu de la continuité temporelle, on met un gros coup de pied dans la fourmilière.
C’est hyper agréable, pour nous, d’avoir une telle palette mais aussi, chaque soir, de se demander jusqu’où on peut aller dans cette vérité-là…Il y a une vraie élasticité, tout en gardant de l’authenticité !
La distribution est alternante, ce qui augmente un peu plus encore, sans doute, le plaisir artistique sur scène…
Mathilde : Bien sûr ! Dans mon cas, je suis arrivée un mois après la première donc c’est une alternance qui a démarré très rapidement. Iona Cartier avait à peine eu le temps de construire son personnage qu’elle m’a donné ses clés, qu’elle travaillait d’ailleurs encore. Forcément, je me suis beaucoup appuyée sur elle, je suis allée la voir plusieurs fois pour, justement, m’en imprégner. En plus, il y a une grande mécanique que l’on se doit d’avoir…Il m’a fallu, je pense, bien trois semaines pour avoir ma propre mélodie, mes propres intentions et mes prises de risque.
Ce qui est très rigolo, c’est que l’on a formé une troisième personne, Camille Nicolas. Je lui ai donné beaucoup de mes clés et, une fois qu’elle avait commencé à jouer, je suis retournée la voir…C’était incroyable, c’était trop chouette et hyper passionnant de la revoir aussi…Je lui ai piqué plusieurs petites chosesJ, que l’on voit d’une autre manière quand on les entend dites par quelqu’un d’autre…
Loïs : Dès fois, ça marche… ou pas parce que certaines choses sont inhérentes à la façon de jouer et aux codes de jeu du comédien. Mais c’est trop cool…Quand je vois Marc tenter, je me dis que je peux tester aussi donc on se pique tous des choses, c’est bien, ça enrichit, c’est un cercle vertueux !
Mathilde : L’avantage, je pense, de l’alternance est que l’on n’a pas trop cet égo à se dire que c’est mon rôle, que je le fais selon telle interprétation et que personne ne doit faire autrement. Là, en fait, on se donne plein de cartes pour jouer ! C’est un exercice assez rigolo à faire !
Quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?
Loïs : Que ça ressemble à un film ! Il y a pas mal de comparaisons, grâce à l’écriture, au scénario et à la musique live…Les gens sont souvent très contents de l’histoire, ils ne connaissaient pas forcément cette théorie.
Mathilde : Ils saluent beaucoup la performance dynamique que l’on a. Effectivement, c’est un grand ballet …
Loïs : Oui, les spectateurs remarquent l’énergie globale qui est insufflée. Sinon, ce serait un documentaire un peu plat…C’est une pièce assez dense, il faut être à l’écoute, il y a beaucoup de dates et de protagonistes, pour évoquer des choses peu connues…
@lignypicturemoments
Mathilde : …avec la volonté, justement, de s’adresser à tout le monde, même aux personnes qui ne sont pas du tout informées. Au final, on suit une enquête et on s’attache à ces jeunes qui la mènent, peu importe, j’ai envie de dire, la thématique qu’il y a derrière…Ce pourrait être « Qui a volé le chat de la mère Michel ? », ce serait pareil ! La volonté principale est d’embarquer le public.
Loïs : Ce qui est bien, c’est que, dans la salle, il y a de tous les âges, pas uniquement des jeunes ou des retraités. C’est agréable d’avoir des gens de 7 à 77 ans. Cela permet à tous de voir d’autres choses…
Justement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?
Mathilde : Qu’elle perdure, ce pourrait être chouette !
Loïs : Que le spectacle tourne aussi peut-être dans d’autres villes, pour voir comment il sera reçu. Ce serait bien car ça pourrait marcher un peu partout, je pense…On touche au patrimoine français, le tout ficelé par une enquête, ce qui peut intéresser le plus grand nombre !
Mathilde : Aussi que l’on ait des groupes et des classes, avec, pourquoi pas, un échange ensuite. Parce que c’est génial quand les jeunes peuvent avoir accès à la culture…
Pour terminer, en complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Mathilde : Je suis sur un autre spectacle, qui est « Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? ». C’est mis en scène par la compagnie Nandi, on tourne depuis 3 ans. J’y ai le rôle de Michelle et c’est vraiment inspiré de l’histoire vraie de cette jeune fille américaine qui a posté ce selfie sur les réseaux pendant son voyage scolaire…Elle avait reçu un déferlement phénoménal de haine, si bien que je me rappelais de cette histoire qui date de 2014. Mes parents m’en avaient même parlé, montrant l’ampleur internationale de ce qui s’était passé.
On a fait Avignon l’an dernier et, possiblement, on le fera l’année prochaine. C’est un très beau spectacle, avec de la chorégraphie et de la musique. C’est très contemporain, ça parle beaucoup aux jeunes, c’est plein d’émotions.
A l’image, j’ai dernièrement joué dans « Flashback » et, avec Loïs, on avait tourné dans une série qui s’appelle « Là-haut sur la montagne », pour TV5 Monde…
Loïs : Une série décalée et humoristique, dans une sphère d’écologie, ce qui n’est pas forcément courant…
Mathilde : Ce sont des histoires loufoques qui pourraient avoir lieu en 2080, notamment : qu’est-ce qui se passerait si on va au ski et qu’il n’y a pas de neige…
Je fais aussi du doublage. Dernièrement, est sorti le jeu vidéo « Expédition 33 », où j’ai plusieurs voix.
Loïs : De mon côté, j’ai eu, cet été, pas mal de projets en parallèle du théâtre, notamment deux créations TF1. L’une s’appelle « Grandiose », qui est l’histoire de jeunes qui ont des troubles alimentaires et qui sont envoyés par leurs parents se soigner dans un endroit qui s’appelle « La ruche », une sorte de clinique pour réapprendre à manger. Je fais le second du cuisinier, interprété par Marc Riso. C’est une belle aventure humaine et c’est très intéressant de parler de ces sujets-là.
L’autre s’appelle « Marie-Line, incognito », avec Isabelle Nanty. Sans oublier un peu de doublage aussi…
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de TF1 peuvent vous retrouver régulièrement dans la quotidienne « Demain Nous Appartient ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, absolument ! C’est un souhait que j’avais depuis très longtemps, en fait…Depuis 9 ans exactement, période à laquelle j’avais tourné sur « Plus belle la vie ».
A l’époque, Maud, mon personnage, m’avait laissé un souvenir absolument incroyable…Je savais, dès le casting, que ce personnage allait mourir mais, dès ma première semaine sur place, je l’avais adoré, tout comme j’avais adoré l’ambiance de tournage, l’équipe, mes partenaires…J’anticipais la fin et, déjà, ça m’embêtait…J’avais été triste que ça s’arrête, après deux mois que j’avais adorés. Depuis, mon souhait était de rejoindre une autre quotidienne ! J’avais fait des démarches auprès des directrices de casting qui s’occupent de ces programmes, elles étaient au courant de mon souhait et, au final, je n’ai pas tant passé de castings, jusqu’à ce que ce rôle de Laurie se présente sur « Demain Nous Appartient ».
C’est vrai que, sur le papier, je ne me suis pas vue tout de suite dans le rôle mais j’en ai parlé à des amies comédiennes, qui m’ont encouragée. Finalement, j’ai été très agréablement surprise parce que j’ai pu faire une proposition qui était dans mon énergie. J’ai su après coup que c’est ça qui a convaincu lors du casting…
Je suis très contente d’avoir rejoint cette équipe, j’ai été très bien accueillie. Pour moi, les rythmes de tournage sont très intéressants, parce qu’on tourne très vite et qu’on doit fournir un énorme travail en amont, au niveau des continuités, du texte. Il faut aussi savoir donner très rapidement les bonnes intentions. Je trouve que c’est un travail qui est passionnant et, aussi, c’est un terrain de jeu qui est immense parce que c’est un des rares formats que l’on a, en tant que comédien, où l’on peut développer un personnage dans la longueur. Quand on a un téléfilm, on a, dans les bons cas, dix, quinze jours de tournage, sinon deux à trois seulement, et ça s’arrête là…Sur une quotidienne, on ne sait pas vraiment quand ça s’arrête, les auteurs développent, développent et développent, ce qui vient nourrir le personnage. A chaque fois que l’on reçoit les textes, on voit tout ce qu’ils ont rajouté et on s’aperçoit qu’ils ont déjà pensé à plein de choses. Donc je trouve que c’est un terrain de jeu absolument formidable parce qu’il est unique !
Sur place, il n’y a pas de système de stars, on est tous logés à la même enseigne. Nos vêtements sont prêts quand on arrive au HMC, on est responsabilisés, on partage tous les mêmes loges de maquillage,…Tout le monde fait attention aux autres et les équipes roulent tout le temps, ce qui fait que l’on rencontre beaucoup de gens, notamment beaucoup de réalisateurs qui font plein d’autres projets aussi à côté. Les équipes techniques, également, sont adorables….Il y a une alchimie que je trouve assez saine dans ce projet !
Sans doute aussi que le cadre de tournage doit être très aidant, tant les studios d’intérieur que les décors extérieurs…
Les studios sont très impressionnants ! On est dans une ville… C’est gigantesque ! C’est une énorme machine !
Cette machine fonctionne d’ailleurs à trois équipes tous les jours donc ça tourne tout le temps, notamment dans des décors extérieurs réguliers, comme les appartements des récurrents ou la plage. Vraiment, c’est un très gros fonctionnement mais qui marche vraiment bien ! Dès qu’il y a un imprévu, la réaction est quasi immédiate de la part de tout le monde…C’est beau à voir !
Ce programme vous permet de côtoyer un très chouette et large casting de récurrents et de guests, de générations et d’expériences très différentes…
Tout à fait ! On rencontre des comédiens dont on connait plus ou moins le travail mais que l’on découvre, là, vraiment dans le jeu.
Une grosse équipe de coachs et de répétiteurs est là pour veiller à ce que tout le monde soit à l’aise, pour présenter les comédiens entre eux s’ils doivent jouer ensemble, pour parler des scènes avec nous. Cette équipe artistique est hyper importante, permettant aux comédiens de se rencontrer dans le jeu. C’est très appréciable pour nous !
Tout le monde est là pour bosser et chacun fait en sorte que ça se passe bien ! J’ai adoré rencontrer Hector Langevin, avec qui j’ai passé beaucoup de temps, Charlotte Gaccio, Adrien Rob, Samy Gharbi, Camille Genau, Raphaëlle Volkoff, … J’adore jouer avec toutes ces personnes, on s’entend très bien, même au niveau du jeu, ce qui est très appréciable. J’ai aussi la chance de me retrouver avec Célia Diane, qui est une de mes meilleures amies dans la vie.
Avez-vous certaines sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?
Pas des choses précises mais je lis beaucoup, je regarde beaucoup de séries, je regarde beaucoup de films. Donc on va dire que j’ai une espèce de banque de données et d’images dans la tête, qui me viennent quand je découvre les textes. Après, j’ai toujours ce réflexe de ramener le personnage à du concret. Je me demande comment j’arriverais à laisser transparaitre telle émotion ou comment je la vivrais, ce qui m’aide à faire passer l’émotion, tout en ayant une continuité logique par rapport au reste du rôle. Cela me permet d’ajouter des couleurs à mon personnage, avec sincérité et intensité.
On s’aide aussi beaucoup à travailler avec d’autres amies comédiennes, on s’entraide beaucoup. Ca enrichie beaucoup le travail d’avoir le regard de quelqu’un d’autre dessus.
Ces premières semaines à l’image ont-elles déjà été l’occasion de retours des fidèles téléspectateurs de la série ?
J’ai eu pas mal de retours…On est un programme qui est regardé par beaucoup de gens. Cet été, il y avait énormément de touristes à Sète, qui étaient là aussi pour la série donc qui attendaient au studio. On se prêtait volontiers au jeu des photos et des autographes. Là, il y avait vraiment de tout : des retours très positifs et d’autres qui l’étaient moins mais qui étaient toujours bienveillants…
Par contre, je ne vais pas du tout lire les commentaires sur internet car je sais que les gens peuvent se lâcher davantage, sous couvert d’anonymat.
Vous l’avez dit, le rythme de tournage sur une quotidienne est soutenu. Certainement que, aujourd’hui encore, au fur et à mesure de vos journées sur place, vous continuez à peaufiner votre méthodologie de travail ?
Je sais que ma méthodologie de travail en amont ne bouge pas. On reçoit les textes relativement à l’avance et, à ce moment-là, j’ai toujours tendance à les lire une première fois, à plat. Après, je sais que je vais laisser un peu mariner ce que j’ai lu, pour y revenir deux semaines avant de tourner ces scènes. Là, je me mets à les apprendre et, au départ, il y a un travail très solitaire de lire, relire, rerelire…Pour vraiment m’imprégner du texte, il faut ensuite que je le dise. Du coup, soit une copine m’aide, soit même c’est mon compagnon qui me fait réciter. Tout ce travail fait en amont permet que les circonstances, la situation, les intentions, les points de bascules soient là pour, seulement après, venir mettre les mots.
Sur place, on redit le texte avec le répétiteur puis on fait des italiennes avec les partenaires de jeu. Là, on va mettre très rapidement des choses en place avec l’autre. Evidemment que je vais m’adapter à ce que la personne en face me propose, même si j’avais peut-être imaginé autre chose. C’est hyper intéressant et ça me fait venir d’autres choses que celles auxquelles j’avais pensé. C’est enrichissant, cela permet d’approfondir !
Lors du tournage, j’écoute aussi précieusement les conseils et demandes des réalisateurs, notamment sur l’intensité de mon jeu ou encore sur les gestes à faire. Ils apportent un autre regard ! Je pense notamment à la scène diffusée avec Bart, où Laurie s’aperçoit qu’il n’est pas en couple avec Gloria : c’était écrit que nos personnages jouent au mikado mais le réalisateur, sur le plateau, était arrivé avec une idée très précise de ce qu’il voulait, qui a vraiment apporté quelque chose à la scène. Cela m’apprend à rester tout le temps malléable et hyper ouverte à tout ce qui peut arriver parce que rien n’est fixé avant de passer à la séquence suivante. C’est hyper agréable aussi de tout le temps devoir accepter ce que l’on te propose, c’est hyper chouette parce que c’est très riche.
Aimez-vous aussi regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?
Oui, c’est intéressant ! J’aime bien regarder pour voir la différence entre ce que j’ai ressenti sur le plateau et ce que ça donne à l’image. Après, c’est clair qu’en termes de rythme, on n’a pas le même temps que sur un long-métrage ou même que sur un téléfilm, on va beaucoup plus vite et c’est pour cela que ça exige d’être performant. On n’a pas le temps de s’installer, il faut être efficace !
Je vois les récurrents historiques, ils connaissent tout, les caméras, les valeurs de plans donc ils savent comment gérer tout cela. C’est important car la caméra est aussi une partenaire de jeu. Eux ont cette connaissance très bonne de la technique, qui vient les aider et que quelqu’un qui tourne moins régulièrement a plus de difficultés à appréhender. C’est vrai que c’est grisant d’être sur cette quotidienne car elle permet d’apprendre cela aussi !
Votre personnage est très présent à l’image actuellement, dans une arche où vous allez chercher d’autres émotions encore…
Oui, oui ! Laurie a, à l’image, un passé et une famille, ainsi que des couleurs que l’on n’avait pas encore vues chez elle. Cela était très agréable à jouer et j’ai été vraiment hyper bien accompagnée par mes partenaires, ainsi que par les équipes techniques. On a passé beaucoup de temps ensemble et j’ai eu la chance de me sentir en confiance, ce qui est hyper important, notamment dans une arche centrée sur son personnage. Du coup, j’ai pu proposer des choses, beaucoup de choses même…A chaque fois, je savais que je pouvais être vraiment sereine par rapport à ce qu’on me disait et aux retours que je recevais. C’était très appréciable !
Il y a eu des scènes d’action très chouettes à jouer, il y avait beaucoup de scènes d’émotion également. En tout cas, j’ai mis beaucoup de cœur et je me suis vraiment amusée !
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure télévisuelle ?
Que ça continue le plus longtemps possible ! Et qu’il y ait plein d’autres projets télévisuels en parallèle.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Je serai sur scène au festival d’Avignon l’année prochaine, avec une pièce sur Jim Morrison écrite par Anne-Alice Fontaine et mise en scène par Gabrielle Gay.