Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
A quelques jours de la reprise officielle de la saison 2026 de Formule 1 sur les antennes de Canal+, on imagine sans doute toute l’excitation que cela doit être pour vous ?
Chaque saison est toujours excitante parce que, quand on est passionné, on a toujours envie que ça reprenne ! Je me souviens, quand j’étais adolescent, je comptais les jours avant les premiers essais et les premiers grands prix donc je suis toujours un petit peu comme cela ! Cette année, c’est renforcé par le fait qu’avec le nouveau règlement, il y a beaucoup de points d’interrogation et on n’est pas à l’abri d’une bonne ou d’une mauvaise surprise, si une écurie domine…D’être dans cette phase d’incertitude est assez cool et on a hâte d’être à la qualification à Melbourne : je veux voir le résultat, je veux voir ce que ça donne !
Les équipes Canal, dans ce contexte, se devront d’être dans la pédagogie, pour accompagner les téléspectateurs….
C’est un vrai défi, de réussir à comprendre, déjà nous, tous ces systèmes. On a l’impression que même les pilotes et les ingénieurs sont encore en phase de découverte donc il faut que nous comprenions pour avoir les bonnes explications dans l’instant. Après, il y aura forcément des moments, en début de saison, où ce ne sera pas évident : pourquoi, d’un seul coup, un pilote s’effondre, ou non ? Le DRS était très visuel, on voyait bien quand un pilote l’utilisait ou pas mais, là, aujourd’hui, on ne saura pas forcément s’il utilise son mode “Overtake” pour doubler. Donc il faudra réussir à tout comprendre pour bien lire la course et l’expliquer, tout en francisant les termes - on essaie toujours d’éviter les mots en anglais. Donc ça fait partie du défi mais c’est aussi notre boulot ! Et puis, c’est excitant de se demander comment s’y prendre pour comprendre et comment récupérer les informations auprès des pilotes et des ingénieurs.
Vous qui êtes habitué à être au plus près des pilotes, il vous faudra essayer d’aller capter la bonne information, dans le contexte actuel que vous rappeliez…
Entre la langue de bois, le bluff, le fait de mettre la pression sur l’adversaire ou de vouloir attirer le regard de la FIA sur un concurrent…Après, il y a aussi le langage corporel et je sais, par exemple, dans la zone des interviews, quand les pilotes arrivent après une qualification ou une course, qu’on peut comprendre quelque chose en les observant, quand ils échangent trois mots avec leur fisio, avant de venir au micro où, là, ils peuvent se transformer…Les quelques secondes précédentes peuvent nous permettre de comprendre certaines choses !
Le français Isack Hadjar rejoint le quadruple champion du monde Max Verstappen chez Red Bull. Ne serait-ce finalement pas le meilleur moment pour le faire ?
Ce qui est bien, avec une nouvelle génération de voitures, c’est qu’on repart presque de 0, même si l’expérience est toujours utile en F1. Donc le déficit d’expérience par rapport à Verstappen s’étiole un petit peu. En revanche, il n’y a rien qui garantit que la Red Bull soit performante…L’année dernière, c’était quasiment la meilleur voiture en fin de saison mais si, là, la Red Bull n’est que la quatrième ou cinquième force du plateau, cela voudrait dire qu’Isack pourra jouer, au mieux, entre huitième et douzième et il ne faudra pas percevoir cela comme une déception. Donc il faut quand même être prudent par rapport aux attentes autour de lui. Lui, je trouve, aborde cela avec humilité, en disant qu’il ne va pas battre Verstappen, que le but est déjà de l’observer et de s’en approcher. S’ils sont neuvième et dixième, ce sera quand même pas mal s’il est proche de Verstappen. Après, si Max gagne des courses et que c’est plus dur pour Isack, on pourra commencer à se poser des questions, comme on l’a fait avec ses prédécesseurs dans cette deuxième Red Bull.
En parallèle, “Inspecteur Dupin” est de retour, avec Jean Alesi notamment. Cet exercice doit être très différent mais aussi très complémentaire pour vous ?
Oui ! Je ne suis pas acteur donc je pense que, parfois, je suis un peu grotesque en essayant de faire le méchant flic…Mais, en fait, c’est aussi un temps long ! Souvent, sur les grands prix, on a deux à trois questions au pilote, ça va vite, c’est à chaud….Là, à la fin, l’épisode fait 45 minutes mais on a tourné une heure un quart donc, en fait, ça laisse vraiment le temps d’aller gratter des anecdotes ou de prendre, justement, son temps. La forme est un interrogatoire mais ce n’est pas tout le temps agressif, ça donne aussi le temps à Jean de revenir sur des moments clé de sa carrière, en longueur, ce que l’on ne peut pas faire dans nos émissions en direct. Ceux qui connaissent Jean vont, je pense, adorer parce qu’il est sincère et amusant, et ceux qui vont le découvrir vont aussi découvrir une certaine période de la F1, qui était très différente de la période actuelle.
Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour cette nouvelle saison à venir ?
Il faut toujours séparer ce qui se passe en piste, parce que l’on n’est pas trop responsable mais, si on parle de la piste, ce serait bien qu’il y ait une équipe différente victorieuse à chaque grand prix et qu’il y ait du suspens sur l’ensemble de la saison. Après, à nous, c’est de bien intégrer nos quelques innovations de cette année, dans les reportages que l’on veut faire, et avec également l’arrivée de Doriane Pin dans l’équipe - on devrait aussi avoir parfois Théo Pourchaire et Victor Martins, donc on a fait rentrer des forces vives et des plus jeunes, qui ont 25 ans de moins que moi. Et de continuer à avoir ce niveau d’exigence et de qualité pour nos abonnés ! C’est un sacré défi !
Pour vous, il y aura aussi quelques week-ends moto…
Oui, pour aller aussi voir comment ça se passe, apporter des idées, en prendre ! Dans nos bureaux, à Canal, on est tous ensemble, les sports mécaniques : les gens de la moto et les gens de la F1 ! Donc se mélanger un peu plus aussi sur site ne peut que nourrir tout le monde et ne peut qu’être bénéfique !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver, ce lundi 23 février, en prime time, dans un épisode inédit de “L’art du crime”, “Mourir avec Cézanne”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui ! Le tournage était lointain pour moi, c’était il y a presque un an…Vous savez, il se passe beaucoup de temps avant la diffusion mais j’ai le souvenir d’une très bonne ambiance sur le plateau. Surtout, j’étais très contente de retrouver la réalisatrice, Anne Pejan, parce que j’avais déjà tourné avec elle dans “Meurtres à l'île de Ré”, il y a très longtemps. A l’époque, elle était première assistante et on avait vraiment bien sympathisé. Du coup, quand j’ai su que c’était elle qui réalisait, j’étais encore plus contente d’avoir obtenu le rôle…
Ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting….
C’était très agréable ! Après, j’ai joué la morte donc il y a plein de moments où je ne pouvais pas vraiment être en interaction avec les acteurs principaux…
…et de tourner dans de magnifiques cadres…
J’ai tourné à Paris, dans un joli décor. Ils avaient trouvé un vrai atelier de peintre, qui était très joli, que les décorateurs avaient, en plus, évidemment amélioré pour le tournage.
Il est vrai que le succès de cette série ne se dément pas…
Oui ! Mes parents sont fans de cette série donc ils étaient très très contents que je joue dedans. C’est vrai que c’est toujours agréable de jouer dans une série qui est suivie par beaucoup de gens et, encore plus, quand ce sont des proches qui la suivent !
…Autour de sujets artistiques et historiques, qui passionnent les téléspectateurs…
Je trouve que cette série est super pour cela, à savoir qu’elle permet toujours de découvrir un peintre et, du coup, ou de rafraîchir notre culture générale, ou de l’étayer. Ce programme, en cela, est vraiment original par rapport à d’autres séries policières.
Quel regard portez-vous sur Louise Perec, votre personnage ?
Ce que j’ai aimé de ce personnage, c’était, justement, son côté artiste, son côté très amical - ses élèves l’aiment bien -, son côté chaleureux et facile d’accès. Après, j’ai surtout eu des flashbacks à jouer, notamment le moment où je comprends certaines choses…C’était intéressant de jouer ce personnage qui, à priori, a plutôt confiance dans les gens qu’il côtoie, et qui doit, d’un coup, dissimuler quelque chose pour ne pas que la personne qu’il soupçonne ne se rende compte qu’il a des soupçons.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Non, je ne me suis pas inspirée de quelqu'un en particulier ! Je l’ai prise comme je l’ai sentie en lisant le scénario et avec aussi ce que m’a donné comme indications la réalisatrice.
Peut-être aviez-vous (re)visionné certains épisodes pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère du programme ?
Oui, j’avais quand même regardé des épisodes, pour voir un peu le registre de jeu, le style et l’esthétique. C’est un guest donc il y a quand même moins de construction du personnage que les récurrents, qui ont plus le temps de jouer dans un certain registre. Le duo est un bon duo, il y a une touche humoristique dans leur interprétation et, pour le coup, il n’y avait pas de place pour cela pour mon personnage.
Sans doute êtes-vous impatiente de découvrir le rendu final ainsi que les retours du public ?
Oui, oui, j’espère que l’épisode aura autant de succès que les autres, ou plus ! J’ai hâte de voir…
Cette fois-ci, l’histoire tournera autour du célèbre peintre Cézanne, emmenant les téléspectateurs entre Paris et Aix-en-Provence…
Oui, en plein hiver, ça va faire du bien de voir ce soleil aixois !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Dernièrement, j’ai tourné dans “Ca va bien se passer”, avec Mathieu Madénian, qui est un épisode pilote. On espère qu’il remportera suffisamment d’audiences pour que ça devienne ensuite une série…En 2025, j’ai pas mal tourné, notamment dans “Tom et Lola”, qui a déjà été diffusé. Mais aussi dans “Disparition inquiétante”, à venir et “Crimes à Cluny”, ainsi que dans “Alex Hugo”.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez sorti, le 13 février dernier, votre EP en huit titres, “Itinéraire d’un amour”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, complètement ! C’est beaucoup de joie, c’était aussi, je l’avoue, énormément d’angoisse et de stress, on ne va pas se mentir, parce que c’est un EP et un projet que je prépare depuis quatre ans. Il s’est passé quatre années entre l’écriture de la première chanson et la sortie, une période pendant laquelle j’ai évolué, que ce soit artistiquement ou personnellement. Il est sorti un vendredi 13 et, pour moi qui suis superstitieuse, ça porte bonheur !
On peut sans doute imaginer, en voyant le titre, que le fil conducteur de cet EP est l’amour, décliné sous plusieurs formes ?
Exactement ! J’ai voulu l’appeler “Itinéraire d’un amour” et non “Itinéraire de l’amour” parce que ça raconte une histoire que j’ai vécue moi, qui, je l’espère, se voudra peut-être un peu universelle mais qui ne le sera peut-être pas non plus…Chaque chanson représente, en fait, une étape, de la rencontre, aux premiers émois, aux premiers désirs, à la passion puis, comme on l’imagine bien, aux premiers problèmes, à la rupture, au manque, pour arriver vers une conclusion dont je laisse un peu la surprise…J’ai voulu faire une dernière chanson qui parlait d’amour mais pas du même amour, qui vient peut-être après l’amour…Je n’en dis pas plus, il faudra écouter ! Cette chanson s’appelle “Existeras-tu ?”...
Musicalement, retrouve-t-on des registres communs ou plutôt variés ?
Cela reste un EP assez ancré chansons françaises parce que j’ai été biberonnée à la chanson française. J’adore cela, j’écoute beaucoup de titres français et j’avais envie d’aller chercher une âme un peu à l’ancienne…Je pense que je suis allée au bout de mon idée. J’ai travaillé avec un arrangeur qui s’appelle Damien Fleau, qui fait beaucoup de musiques à l’image, au cinéma et dans les documentaires, il a apporté sa touche cinématographique dans ma proposition de chansons françaises, avec un peu de tension…Je voulais que l’on ait l’impression de suivre la bande originale d’un film, celui de mon amour.
Vous l’avez dit, ce fut un long chemin. Si l’on revient d’ailleurs à la genèse de ce projet, d’où vous en sont venues l’idée et l’envie ?
En fait, cela s’est un peu imposé à moi. Ma passion première est de chanter et d’écrire des chansons. Il y a quatre ans, je n’écrivais que des chansons d’amour, j’avais envie de faire un EP mais je m’étais dit que je ne pouvais pas en faire un avec uniquement des chansons d’amour, je craignais que ce soit redondant…Mais, petit à petit, plus je vivais cette histoire en même temps, plus je ressentais des émois, plus j’écrivais des chansons hyper positives sur l’amour…et, plus ça n’allait pas, plus j’écrivais des chansons tristes. J’ai fini par assumer un EP concept sur l’amour, qui me raconte, dans lequel je me mets à nu. C’est, pour un premier projet, ce qui me correspondait le mieux ! Je me suis écoutée, je suis allée au bout de mon idée…
Vous êtes accompagnée de chouettes artistes….
Je citais Damien, qui est l'arrangeur de quasiment toutes les chansons mais il y a aussi, pour une chanson, un très cher ami à moi, avec qui je collabore depuis très longtemps, L’oiseau noir, un artiste slameur. Il a répondu présent à mon invitation sur le titre “Ce soir”. Avant même d’enregistrer cette chanson, on l’avait beaucoup testée sur scène donc il m’a accompagnée dans toute cette démarche de sincérité, à dire ce que j’avais envie de dire. Aussi Benjamin Biolay, qui est sur le titre “Tu me plais” et qui, en plus, en a fait les arrangements. Pareil, il m’a beaucoup accompagnée et il apporte une légitimité à tout ce projet, par son talent, son génie et son nom. Tout est mixé et masterisé par un ingé-son, qui s’appelle Renaud. Il mixait et m’enregistrait déjà sur les précédents titres, c’est un peu aussi ma bonne étoile. On a également fait un clip, réalisé par Maxime Garreau, avec qui on a réalisé plein de visuels. Je travaille aussi avec l’agence Juillet, qui organise mes release party, ils sont un peu mes anges gardiens.
Je vous cite plein de noms car j’ai eu la chance, en étant pourtant artiste indépendante, d’arriver à créer autour de moi une équipe hyper bienveillante, qui m’a portée. J’écris mes chansons dans ma chambre mais, sans eux, tout cela n’existerait pas !
C’est donc une aventure artistique et musicale mais c’est aussi une aventure humaine…
C’est même avant tout une aventure humaine parce que ce sont des gens avec qui j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai douté, qui m’ont, par moments, supportée…Je pense à Damien, qui m’a envoyé plusieurs versions, il a porté mes doutes et mes angoisses. Je pense aussi à ma meilleure amie, Safia, une poétesse, chroniqueuse et artiste, qui a eu un rôle de confidente et qui a vraiment porté mes doutes. Si, en tant qu'artiste, on n’est pas bien entouré, honnêtement, c’est trop dur de continuer. Je ne remercierais jamais assez tous ces gens !
Cet EP est sorti à la veille du 14 février, la date est parfaitement choisie…
Les sorties musique se font le vendredi, j’aurais même adoré que ce soit un vendredi 14 février 🙂 parce que, dans l’EP, il y a justement une chanson qui s’appelle “14 février”. La date n’est pas choisie au hasard et un clip est d’ailleurs sorti ce samedi-là. En tout cas, moi qui suis très romantique, j’avais envie que mon EP, qui parle d’amour, sorte le jour qui symbolise l’amour !
Quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir de la part du public ?
J’ai eu de très beaux retours ! Je suis très touchée par les gens qui prennent le temps de m’écouter, alors que je suis indépendante. Cela avait déjà été le cas, l’année dernière, à la sortie de “Chanson sur ma grand-mère”, les retours m’avaient permis de continuer, ils m’avaient conforté dans l’idée d’aller à fond dans la chanson française, comme j’avais envie de le faire.
J’espère que cet EP plaira aux gens et qu’ils auront leur chanson préférée !
Derrière, l’objectif sera certainement de poursuivre l’aventure avec cet EP…
Je veux faire grandir cet EP et j’espère qu’il me fera grandir aussi ! Peut-être m'emmènera-t-il vers une autre étape, notamment un album ? J’ai envie de continuer à raconter cette histoire mais aussi d’en raconter d’autres. Là, j’ai beaucoup parlé d’amour et, pour la suite, j’ai envie de parler d’autres choses et de me laisser la liberté de continuer à écrire des chansons. J’espère surtout rencontrer un public ! Je n’ai qu’une envie, c’est d’aller dans toutes les salles de France et d’essayer de convaincre, un par un, chaque siège, de la salle de vingt places à celle, je me le souhaite, de milliers. On verra bien, j’ai envie de me laisser surprendre par la vie !
Vous avez eu plusieurs casquettes sur ce projet, qui ont probablement été très complémentaires pour vous ?
C’est extrêmement lié et très enrichissant ! En même temps, il y a des artistes qui n’écrivent pas leurs chansons et ce n’est pas grave, chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il a envie de faire…Parfois, c’est dans les mots des autres que l’on se reconnaît le plus. J’avais besoin de l’écrire seule, à part pour ces deux Feat, où les chansons ont vraiment été faites à deux cerveaux.
Après, sans arrangeur, j’aurais écrit des chansons que j’aurais aimées, mais pas autant, parce qu’il fallait aussi une touche extérieure, quelqu’un qui ramène de lui. Là, j’ai été très entourée d’hommes et de visions masculines, ce qui était très bien et qui a très bien fonctionné, d’autant plus que c’était un EP sur l’amour donc j’ai adoré que, même dans les arrangements, ce soit une réponse masculine qui m’accompagne, formant un équilibre…Mais, dans mes projets futurs, j’ai envie de partager plus de choses avec des femmes, pour tester autre chose et trouver d’autres sensibilités.
Pour boucler la boucle, si l’on revenait quatre ans en arrière, auriez-vous imaginé cette sortie de ces huit titres, dont deux duos ?
Si, il y a quatre ans, on m’avait fait écouter mon EP, en me disant “Voilà, c’est ce que tu vas faire”, j’aurais été trop fière ! En tant qu'artiste, on n’est jamais complètement satisfait de son travail, on trouve toujours des choses à redire mais je suis fière de moi, notamment de la sincérité que j’ai eue. Cet EP est 100% sincère, même dans ses imperfections ! C’était ma sincérité du moment qui m’a fait écrire telle chanson de telle façon, qui m’a fait faire ces accords…Il y a des chansons qui, musicalement, se ressemblent un peu : peut-être qu’avec plus d’expérience, j’aurais changé et complexifié un peu mais ce n’est pas grave, ma sincérité du moment était celle-ci et je suis fière de cela !
En conclusion, que peut-on vous souhaiter suite à la sortie récente de cet EP ?
Du succès, de toucher les gens, d’arriver vers une autre étape, d’avoir beaucoup de scènes, …S’il peut faire du bien à certaines personnes, autant qu’il m’a fait du bien à moi - je pense en particulier à la dernière chanson, ce sera ma plus belle réussite, je crois !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 24, mais aussi ceux de LCI, peuvent régulièrement vous retrouver à l’antenne. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! A chaque fois, c’est vraiment une grande excitation et beaucoup de bonheur ! J’y vais dans la joie : c’est vrai que je suis heureuse quand je prépare mes chroniques ou mes sujets. C’est une chance, d’abord parce que j’aime ce métier et aussi de pouvoir creuser des sujets que j’ai réussis à repérer. Le fait de retrouver les équipes que j’aime beaucoup, aussi bien à LCI qu’à France 24, est plaisant. Et puis, après, l’adrénaline du direct, de retrouver les autres chroniqueurs et les présentateurs de tranches est, en effet, à chaque fois, une grande joie !
D’intervenir sur ces deux médias-là vous permet, sans doute, une certaine complémentarité ?
Absolument ! Sur France 24, on est vraiment sur de l’actualité internationale, il ne faut jamais oublier que l’on s’adresse évidemment au public français mais aussi et principalement aux publics étrangers…Sur LCI, la diffusion est uniquement nationale. Quand il y a une chronique éco, les sujets peuvent aussi se croiser ou se ressembler.
En dehors du studio, à France 24, on est plusieurs chroniqueurs dans un même grand bureau : le chroniqueur français, le chroniqueur arabophone, le chroniqueur anglophone, c’est drôle, ça parle toutes les langues et ça met une ambiance un peu spéciale, c’est rigolo !
La diversité des thèmes et sujets que vous évoquez doit être certainement très enrichissante ?
Tout à fait ! Je présente des journaux, je fais aussi des chroniques éco, ce sont mes deux casquettes et, lorsque je fais des chroniques éco, ce qui est particulièrement intéressant avec cette matière, c’est que l’on peut aussi bien capter le public en allant chercher des sujets qui relèvent de la macro-économie, mais qui vont avoir un impact direct pour les gens, ou alors en s’intéressant à des sujets de consommation, qui sont d’une richesse incroyable. A chaque fois, même sur un sujet qui n’est pas forcément hyper sexy sur le papier, je me demande comment je peux accrocher les téléspectateurs, comment ça peut leur parler, à quelles préoccupations du quotidien ça peut répondre…Quand on arrive à cela, c’est beaucoup mieux parce que ça parle tout de suite, même si le sujet peut paraître lointain. Donc, oui, il y a vraiment une richesse et une diversité dans les thèmes. J’adore cette matière !
J’aime beaucoup également présenter les journaux et, là, évidemment, c’est la surprise chaque matin. Dans tous les cas, même quand je ne suis pas en contrat, il faut suivre les sujets tous les jours donc je lis la presse au quotidien, je me renseigne et, dès fois, je prends des notes pour des sujets éventuels. Je dois tout le temps être à jour, d’autant plus que l’on peut m’appeler le matin pour travailler le soir-même…C’est très rare mais ça peut arriver, donc il faut toujours être prêt !
Probablement aussi qu’en approfondissant certains sujets, vous vous enrichissez vous-même également ?
C’est tout à fait ça ! On ne peut pas parler d’un sujet si on ne le comprend pas ou, alors, on ne sera pas bon…J’apprends tous les jours, en fait, parce que, effectivement, il y a des sujets sur lesquels je suis moins pointue donc que je vais devoir creuser. Même si je ne restitue pas un sujet en détail ou dans sa complexité, parce que ça n’a pas de sens sur des chroniques de trois à quatre minutes, je dois, moi, le savoir, ça doit être présent dans ma tête, je dois bien connaître le thème. Donc cela me force à apprendre tous les jours !
En économie, c’est marrant, il y a parfois des termes que tout le monde ne connaît pas, ce qui est normal mais il faut quand même trouver un moyen d’en parler sans dénaturer le sujet, tout en restant clair. Cela me tient à cœur de m’adresser à tout le monde !
Vous l’avez dit, le timing est concis, il faut donc, en peu de temps, être précis, tout en apportant de la valeur ajoutée…
On ne peut évidemment pas tout dire sur un sujet. C’est très personnel mais, à chaque fois, je me dis que si j’ai donné envie à certaines personnes d’aller plus loin et de se renseigner, c’est déjà gagné ! Je trouve génial de réussir à interpeller les téléspectateurs…C’est, pour moi, un objectif !
On peut imaginer que le temps de préparation est, lui, très long ?
Le temps de préparation est énorme. Déjà, comme je le disais, c’est un travail qui se fait au fil de l’eau, il faut suivre ces sujets tout le temps et, après, souvent, on parle des sujets la veille, avec les rédacteurs en chef. Je regarde ensuite sous quel angle je peux le traiter et, le jour J, par contre, si l’actualité le nécessite, on peut être amené à reporter le sujet.
Une fois la diffusion passée, aimez-vous revisionner votre intervention ?
Je regarde toujours ! Comme cela, ça me permet de voir si c’était intéressant et bien raconté. C’est le conseil que je donne, à chaque fois, aux jeunes. Ce n’est pas toujours évident de se regarder mais il faut le faire, c’est comme cela que l’on progresse.
Recevez-vous des messages et retours de la part des téléspectateurs ?
Tout le temps ! Dès que je peux, je partage mes interventions sur Instagram et Facebook. Je reçois des messages de gens qui étaient intéressés par le sujet et qui réagissant, ou de gens simplement contents de me voir à l’antenne. Cela me fait hyper plaisir et me touche beaucoup ! En plus, il y a un noyau dur qui me suit depuis très longtemps donc c’est vraiment chouette !
D’ailleurs, si l’on revient à l’origine de votre parcours, d’où vous vient cette passion du journalisme ?
Je suis curieuse de tout. En grandissant, je me disais que je voulais être “dans la vie”, dehors, pouvoir parler, être présente là où il se passe quelque chose. Mes parents ont toujours énormément suivi les informations, on regardait ensemble, en famille, le journal télévisé et, d’ailleurs, ça donnait lieu à débat derrière, on en parlait beaucoup. J’ai grandi avec les infos à la télé !
Bizarrement, je n’ai pas commencé par faire cela mais par une école de commerce. Au bout de trois ans, j’ai préféré ne pas renoncer à mon rêve de devenir journaliste et je me suis formée au CFPJ. J’ai commencé en étant enquêtrice sur M6 puis sur TF1, avant de faire des reportages à France 3, en région.
Justement, d’avoir été sur le terrain doit être très aidant, aujourd’hui, en plateau ?
Oui ! Je suis très très contente d’avoir commencé par faire du terrain et des reportages. C’est tout à fait complémentaire : quand je présente des journaux, je suis en bout de course, à la fin mais j’ai parfaitement conscience du travail qui a été fait par les équipes sur le terrain, je mesure à quel point ça peut être difficile parfois parce que je l’ai fait. C’est donc très complémentaire et c’est ce qui fait la force d’une rédaction.
Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour la suite de votre déjà beau parcours ?
J’aimerais continuer cela pendant très longtemps, jusqu’à la retraite ! J’adore mon métier, j’adore faire ces chroniques parce que l’économie est vraiment un domaine que j’aime beaucoup. Cela me plait aussi énormément de présenter des journaux. Je suis très heureuse comme cela ! Après, dans l’idéal, j’aimerais bien intégrer une rédaction sur le long terme mais ça viendra quand ça viendra…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous êtes actuellement sur scène, avec Ariane Séguillon, chaque samedi après-midi, à 16h 30, dans “Redoutables”, à La Scène Parisienne. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Sylvie : Absolument ! En fait, nous sommes amies dans la vie et nous avons énormément de plaisir à jouer ensemble. C’est très très joyeux de se retrouver sur scène. Nous avons créé la pièce à Avignon, puis nous sommes parties en tournée et maintenant Paris tous les samedis. Notre but est de jouer idéalement quatre fois par semaine, du jeudi au dimanche, à Paris, puis de repartir en tournée !
Juliette : C’est ce qui va se passer, je pense, parce que ça cartonne. Il y a beaucoup de monde, les gens rigolent beaucoup !
Plus concrètement, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?
Sylvie : C’est l’histoire de trois comédiennes, amies dans la vie, qui jouent, sur scène, un spectacle, qui cartonne tellement qu’il va être adapté en film. Et elles doivent jouer dans le film. Sauf que la veille de la dernière, elles apprennent qu’une star a été engagée pour jouer l’un des rôles : à partir de ce moment-là, c’est la guerre dans les loges !
Pour le spectateur, c’est la joie est de regarder par le petit trou de la serrure trois actrices qui sont redoutables en loge !
@ Emilie Brouchon
Quel personnage avez-vous, chacune, le plaisir d’interpréter ?
Juliette : Ce sont des comédiennes donc elles sont un peu arrivistes… C’est aussi le sujet de la pièce ! Même si elles s’aiment, jouer est ce qu’il y a de plus important donc, dès fois, l’amitié est un peu douteuse. Mon personnage est une femme-enfant, elle cache quand même pas mal de choses et on finit par en apprendre plus. Mais elle adore ses copines, elles sont hyper importantes pour elle.
Sylvie : Mon personnage, Sophie, est l’ex-femme du metteur en scène, auteur de la pièce, avec qui elle a eu un enfant. C’est donc d’autant plus une trahison quand elle apprend que, peut-être, elle va être remplacée par une star. C’est une femme qui est complètement sous l’emprise de sa mère. Depuis sa séparation qu’elle n’a clairement pas digéré, elle vit avec sa mère.
Le personnage d’Ariane Séguillon, Alma est persuadée d’être une star et c’est extrêmement drôle : elle pense que tout le monde la connaît, qu’elle est très très aimée et appréciée, elle est convaincue que c’est elle qui fait le succès du spectacle.
Ces personnages vous permettent sans doute une palette de jeu très plaisante à défendre ?
Sylvie : Absolument ! Il se passe beaucoup de rebondissements, on ne peut pas tout dévoiler, il faut venir voir la pièce mais il y a des situations extrêmement drôles. Les personnages se révèlent au fur et à mesure et autant dire qu’elles sont « redoutables »…
Juliette : C’est vrai qu’on passe un peu par tous les états, ça peut être gentil, horrible, en larmes, …C’est assez intense ! Les gens rigolent beaucoup, c’est très sympa à jouer.
Vous retrouvez-vous dans certaines caractéristiques de votre personnage ou dans certaines situations de la pièce ?
Sylvie : On a écrit cette pièce à 8 mains, avec Isabelle Alexis, autrice. On s’est donné des personnages sur mesure donc ça nous va extrêmement bien. On a écrit avec nos traits de caractères, nos défauts, notre personnalité donc, forcément, on se reconnaît !
@ Emilie Brouchon
Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public, notamment à l’issue de la représentation ?
Sylvie : Il faut aller regarder sur Billetreduc, on a 10/10 pour l’instant donc on est hyper contentes et fières. Les gens s’amusent beaucoup, trouvent que c’est un vent frais et passent un moment délicieux parce que joyeux et rigolo. C’est une heure vingt de détente absolue, où on pense à autre chose, en voyant trois nanas en train de se crêper le chignon. Les spectateurs adorent cela !
Juliette : Ce qui est intéressant, c’est que, comme ça se déroule en coulisses, ils ont l’impression d’être, un peu, dans notre intimité de comédiennes et de voir ce qui se passe. Les gens adorent ce côté voyeuriste !
Vous l’avez dit, c’est une écriture à 8 mains. Qu’est-ce qui vous avait donné l’envie d’aborder ce thème-là ?
Sylvie : Nous quatre faisons des dîners, une fois par mois, entre copines et, un jour, l’une de nous est arrivée en racontant quelque chose qui s’était passé dans le milieu théâtral, notamment qu’une comédienne assez connue qui jouait une pièce avait été remplacée pour jouer dans le film adapté de la pièce. Et comme elle jouait avec le metteur en scène, elle était folle de rage et ça tournait au pugilat. Donc on est parties de cette idée-là. On raconte la violence que c’est, pour un acteur, de se faire remplacer parce qu’on n’a pas un nom suffisant ou qu’on a pas fait assez de cinéma.
Juliette : C’est quelque chose qui arrive tout le temps, ce ne sont rarement les comédiens de théâtre qui font la film après….
Le fait d’avoir plusieurs casquettes sur ce projet doit être très complémentaire, artistiquement et personnellement ?
Sylvie : On s’est bien amusées à l’écrire et, maintenant, on s’amuse bien à la jouer. Je suis scénariste, j’écris aussi beaucoup pour la télévision et le théâtre donc c’est dans la continuité…Mais c’était vraiment un travail commun : c’est le fait d’être amies, d’avoir envie de jouer cela, de se raconter nos personnages qui a fait que l’on a pu écrire cette pièce. Isabelle Alexis, qui en a fait la première version, est extrêmement talentueuse, elle a écrit beaucoup de punchlines extrêmement drôles !
@ Emilie Brouchon
Le fait de jouer à 16h 30 est un horaire idéal pour le public…
Sylvie : C’est en matinée et, en sortant, ils peuvent aller prendre l’apéro puis diner. C’est vrai que c’est mieux que de finir à 23 heures, pour eux mais aussi pour nous…
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Juliette : Je répète une autre pièce, de Didier Caron, avec Christian Vadim, Manuel Gelin et Sandrine Quetier. On commence par une tournée, la première a lieu le 1er mars, à La Ciotat. Les dates se goupillent bien avec celles de “Redoutables”, à Paris, je suis contente.
C’est aussi une comédie mais un peu plus sérieuse peut-être, sur le thème du harcèlement scolaire. Deux couples se rencontrent à cause de cela et, comme ce sont des personnages assez hauts en couleurs, ça punche pas mal aussi et ça rigole.
Sylvie : On a aussi un autre projet ensemble, ce n’est pas une comédie, ce sera sur un thème très important pour nous, que je ne peux pas encore révéler. On écrit à 10 mains…On avait joué une pièce en Avignon, “Moms !”, il y a quatre ans. On avait adoré travailler ensemble et on a eu envie de repartir…Ce sera joyeux aussi !
J’ai eu une grosse série sortie il y a peu, “Le Diplôme”, ça a été un gros carton d’audiences, j’en suis très contente. Là, j’ai écrit un unitaire pour TF1 qui part en tournage dans quelques jours, sur les alcooliques anonymes. Ce sera un beau film sur la renaissance après l’alcool. Le film commence à partir du moment où on a posé le verre et cette difficulté de ne pas le reprendre…! Le casting, que je ne peux pas encore dévoilé est magnifique. Cela a été une vraie joie de l’écrire, avec Martyne Visciano, je suis fière de ce projet !
Mon plaisir dans l’écriture est de raconter des thèmes qui me tiennent à cœur. Même “Redoutables”, qui est une comédie pure, fait passer des messages importants…
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver, à partir du 12 février prochain, dans la nouvelle saison de la série “Léo Mattéï - Brigade des mineurs”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! On m’avait toujours parlé du fait que les séries, par leur récurrence, créent vraiment une famille et, là, c’est vrai qu’avec ce programme, j’expérimente pleinement cela. Chaque année, je retrouve tous les comédiens mais aussi toute l’équipe technique, ainsi que les maquilleuses et les coiffeuses…On se raconte tous nos petites histoires de ce qui s’est passé dans l’année et de ce qu’il y a à venir. C’est assez agréable, en fait, de retrouver un univers que l’on connait, un peu comme au théâtre, où c’est aussi une vraie équipe. C’est d’autant plus appréciable à l’image, où c’est assez rare ! En plus, il y a eu de nouveaux personnages ces dernières années, qui sont des acteurs absolument adorables. On a cette saison, par exemple, Vincent Desagnat, qui est un comédien incroyable et qui, humainement, est absolument merveilleux donc c’est vraiment agréable, chaque année, de se retrouver tous ensemble.
Vous tournez dans le sud, en région marseillaise…
Le fait d’aller dans le sud en plein hiver est très agréable. Après, on tourne à Port-de-bouc, qui est quand même une des villes les plus polluées parce qu’il y a beaucoup d’usines donc ce côté-là est un peu moins appréciable…Mais c’est vrai que le sud, les montagnes et le soleil, en plein hiver, font beaucoup de bien ! La production est vraiment chouette : quand j’ai eu mon bébé, ils m’ont pris un appartement qui était vraiment juste à côté du plateau de tournage, je faisais les aller-retours pour aller le récupérer à la pause déjeuner…Il y a un côté familial, où il s’adaptent vraiment à l’humain !
La fidélité du public ne se dément pas, ce qui doit vous faire particulièrement chaud au coeur ?
Chaque année, je suis agréablement étonnée que les saisons se poursuivent. Oui, c’est un bel accueil du public !
Les thèmes abordés sont rares en télévision et s'inscrivent pleinement dans les préoccupations du moment…
On a beaucoup de séries policières en France mais je pense que c’est la seule sur ce créneau de brigade des mineurs. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à dire…Jean-Luc Reichmann et sa femme, Nathalie Lecoultre, qui réalise les épisodes, ont eux-mêmes une grande famille et, pour eux, c’est très important, justement, de pouvoir prévenir des potentiels accidents ou des dérives à l’adolescence. C’est important, au delà du divertissement !
Le fait de retrouver chaque année votre personnage vous permet sans doute une palette de jeu toujours plus large et plus variée…
Sur un unitaire, en général, le personnage est quand même pas mal développé, dans le sens où il a vraiment un arc alors que, là, il y a d’autres aventures à chaque épisode. Ce qui fait que la brigade n’est pas forcément nécessairement énormément développée de saison en saison. Dans les premières années, mon personnage était en couple avec Alexandre Achdjian, l’année dernière j'étais avec Stomy Bugsy et, cette année, Stomy n’est plus avec nous et c’est Vincent Desagnat qui nous a rejoint. Mon personnage a eu moins d’évolution mais je dirais qu’il reste toujours fidèle à lui-même.
Justement, quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Je trouve qu’elle est assez proche de moi, étonnement. Ce n’est pas pour me lancer des fleurs, mais disons que c’est quelqu’un d’assez stable et de droit dans ses bottes, sur qui on peut compter. Elle a aussi un côté un peu sage…A la différence qu’elle est geek, alors que ce n’est pas du tout mon domaine !
Vous étiez également sur les planches l’année dernière et vous travaillez actuellement en coulisses pour trouver d’autres dates…
On a monté “Des souris et des hommes”, de Steinbeck, et c’est vrai que, quand Stéphane Peyran, le metteur en scène, m’a proposé cette pièce, je n’ai vraiment pas hésité longtemps…Steinbeck est un des mes auteurs préférés, depuis toujours et j’avais un souvenir assez fort de la lecture, pendant mon adolescence, de cette oeuvre. C’est un projet très ambitieux parce que l’on est très nombreux sur scène donc c’est un spectacle qu’il est difficile à monter à l’heure actuelle. Quand on est autant, ça coûte cher, il faut du budget pour les répétitions mais, en fait, on était vraiment une équipe passionnée par le théâtre, par cette pièce en particulier et qui avait envie de se retrouver.
On a joué aux 3 coups de Jarnac cette année et, là, on est en train de réfléchir à potentiellement jouer à Paris.
Plus concrètement, comment présenter cette pièce, ainsi que le personnage que vous défendez ?
Tous les personnages, en fait, ont des rêves et on les sent bloqués dans leur quotidien avec ce rêve qui les porte. C’est en cela que c’est vraiment touchant. Je joue la femme de Curley et c’est intéressant de voir qu’elle n’a même pas de prénom. Son rêve est, justement, de s’émanciper et d’avoir enfin un nom…Elle rêve de partir de cette ferme des Etats-Unis, au milieu des champs, où elle est mariée avec un rustre, elle n’a qu’un espoir, c’est de partir à Hollywood et de devenir une star…Elle rencontre les personnages principaux et son destin, évidemment, n’ira pas où ses rêves veulent aller. C’est très beau pour cela, chacun aspire à autre chose et on voit l’humanité de chaque personnage.
En parallèle, il y a quelques mois, est sorti l’ouvrage “Les sons chez papa, les sons chez maman”. A l’origine, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?
En fait, cela fait pas mal d’années que j’ai en tête d’écrire et d’illustrer des livres jeunesse, tout simplement parce que je suis toujours très étonnée qu’ils ne s’adressent qu’à la jeunesse…Avant même d’avoir mon fils, j’en avais des dizaines et des dizaines chez moi parce qu’en fait, ça parle à l’enfant en soi et je trouve que c’est magnifique. On fait, en France, de la littérature jeunesse absolument sublime et, forcément, quelque chose qui me touche me donne envie, moi-même, de créer aussi. Avec, en plus, la venue de mon fils, qui a maintenant deux ans et demi, ça a vraiment accentué cette envie ! J’ai la volonté de créer des livres-objets, des livres-messages, que je pourrai lui transmettre : ce ne seront pas juste les mots d’une maman, qui dira à son fils les conseils d’une mère mais ce sera fait au travers d’une oeuvre poétique et créative. J’ai envie que ça parle, évidemment, à mon fils mais aussi à tous les enfants !
J’avais précédemment envoyé deux projets à des maisons d’édition et je n'avais pas eu de réponse. Puis, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a parlé d’auto-édition sur Amazon, pour avoir plus de liberté. J’en avais marre d’attendre sans arrêt, et dans mon métier d’actrice et dans ce potentiel nouveau métier, j’en avais marre d’être toujours au dépend du désir des autres. Donc, du coup, quand j’ai eu, cet été, l’idée de cet ouvrage, qui est un livre plutôt simple, à destination des 2 à 5 ans, donc moins complexe, au niveau illustrations, que mes projets précédents, je me suis dit “Banco, je me lance dans mon projet, je n’attends pas de validation de qui que ce soit, je me valide moi-même !”. C’était vraiment agréable, j’ai évidemment vu les limites que ça peut avoir, avec moins de publicités, avec une qualité du livre qui n’est pas forcément celle que l’on espère avoir en maison d’édition mais ça a le mérite d’exister.
Là, je suis sur un deuxième projet de livre jeunesse, que, pour le coup, je vais à nouveau essayer d’envoyer aux maisons d’édition. C’est un livre auquel je crois énormément, qui va s’appeler “Un Noël pas comme les autres”.
Pour en revenir au premier ouvrage, quels retours des lecteurs avez-vous déjà pu avoir ?
J’ai de très bons retours ! Il a été apprécié par ses lecteurs…C’est aussi un beau message pour mon fils : on est très différent entre le papa et la maman, et, sur le moment, j’avais un peu d’inquiétude sur comment un enfant s’adapte face à de vraies différences d’éducation et de visions du monde… mais, en fait, d’écrire ce livre était aussi un peu cathartique, pour permettre de voir que, chez l’un c’est comme ceci, chez l’autre c’est comme cela, qu’il y a de l’amour chez les deux et que c’est ça qui compte…Il y a beaucoup de livres sur la séparation qui parle de la chambre qui est différente, du salon qui l’est aussi, des copains et des activités qui le sont également mais, là, j’avais plus envie de montrer le côté des parents qui sont différents et qui, du coup, amènent un univers différent à l’enfant, qui s’épanouit dans l’un comme dans l’autre, en fait.
Parmi les actualités à venir, dans un autre registre, du 11 au 19 avril, une exposition de sculptures aura lieu dans votre village de naissance, dans le Loiret, à Combleux…
En fait, j’ai découvert la sculpture un peu par hasard, il y a 7 à 8 ans. Je suis partie vivre à Londres pour élargir mon domaine dans l’acting, pour pouvoir travailler sur des films anglophones et, là-bas, il fallait que je trouve des activités, pour rencontrer des gens et pour parler, moi qui ne connaissais personne. J’ai fait plein de cours de peinture et j’ai aussi suivi une initiation à la sculpture, ce qui a été comme une révélation. Quand j’ai décidé de revenir en France, je me suis inscrite à des cours de modelage et c’était vraiment une évidence ! J’ai rencontré mon maître, Philippe Séené, il m’a tout appris, j’ai beaucoup de reconnaissance pour lui. Quand je vais passer un casting en tant que comédienne, j’ai quasiment systématiquement le directeur qui me félicite pour mes sculptures. Énormément de gens m’encouragent dans ce domaine, m’incitent à continuer et à exposer.
Pendant des années, je voyais cela uniquement comme un loisir et je ne me sentais pas, en fait, de montrer cela au-delà de mes proches. Mais, avec cette proposition d’exposition dans mon village d’enfance, je me suis dit que ça allait me mettre le pied à l’étrier, afin d’exposer ailleurs ensuite.
Ce lieu est très fort et très symbolique…
Oui, clairement ! C’est une reconnaissance, ne serait-ce que de ma mère, qui est très fière de ce que je fais et qui, je l’espère, sera très fière le jour du vernissage. Oui, c’est drôle de voir les mamans des mes amis d’enfance avoir déjà coché la date dans l’agenda. Tout le monde a très hâte de venir. Après, il faudrait pouvoir montrer ces œuvres au public parisien…
D’ailleurs, retrouve-t-on des thèmes communs dans chacune de vos œuvres ?
Sur le moment, quand j’ai une idée, je ne sais pas vraiment d’où elle vient et c’est une fois que la chose est faite que je réalise que l’on retrouve souvent des grands thèmes. Une sculpture s’appelle “Maternité”, une autre “Parentalité”, …On retrouve aussi, assez souvent, l’homme et l’animal et cette dualité sera encore présente dans mes prochaines sculptures.
Ces différentes casquettes artistiques que l’on vient d’évoquer pourraient paraître très éloignées mais sans doute sont-elles, pour vous, très complémentaires ?
Oui ! Pendant des années, en étant “seulement” comédienne, j’étais créatrice mais sous la direction d’un metteur en scène. J’ai, évidemment, toujours très envie de jouer, ça restera éternellement mais j’ai maintenant aussi le besoin de créer avec ma propre liberté et mes propres inspirations. Que ce soit dans la sculpture, les livres jeunesse ou le seule-en-scène que je suis en train de créer…
Justement, quels thèmes aimeriez-vous y aborder ?
Cela va s’appeler “Silence, moteur…Action!”, ce sera un spectacle interactif où on apprend comment faire un film ensemble. Donc c’est à partir de 5 ans mais évidemment agréable aussi pour les adultes ! J’ai envie de partager sur scène cette expérience que j’ai des tournages, pour que les enfants y aient accès de manière ludique et interactive. J’aimerais que ce soit vivant, tout en ayant la joie du seule-en-scène, où on peut incarner plusieurs personnages.
Je suis vraiment dans les débuts, je vais remplir les dossiers de soutien mais, d’abord, mes priorités sont d’avancer sur le deuxième livre jeunesse, pour pouvoir envoyer les éléments aux maisons d’édition. Suite à cela, il faut que j’avance sur le projet d’exposition pour avril, pour laquelle j’aimerais faire un livre de mes sculptures. Cela va prendre pas mal de temps et, après cela, je me mets à fond sur la création du spectacle.
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle année qui démarre ?
D’avoir de jolis films et de jolis rôles en tant qu’actrice, que mon deuxième livre jeunesse soit pris dans une maison d’édition, que mes sculptures soient exposées à Paris et que mon seule-en-scène trouve des dates rapidement !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver, à partir du jeudi 12 février prochain, dans la nouvelle saison de “Léo Mattéï - Brigade des mineurs”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, bien évidemment ! C’est toujours un plaisir d’avoir de nouveaux projets, de rencontrer de nouvelles personnes. Surtout, c’est challengeant parce que la série existait déjà donc on arrive dans une ambiance où tout le monde se connaît un petit peu, où ils savent comment les uns et les autres jouent, donc c’est une bonne adrénaline !
Ce projet est l’occasion de côtoyer un chouette casting, de récurrents et de guests…et d’aborder des sujets importants…
C’est vrai que, oui, je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de séries à propos des mineurs donc j’ai été super contente de faire quelque chose par rapport à des enfants. C’est la première fois que je jouais avec des enfants, c’était très intéressant et c’est vrai que c’est plus intense, je pense, pour les messages à faire passer.
Quel regard portez-vous sur votre personnage, Justine, l’une des deux nouvelles recrues de la brigade ?
Un regard plutôt bienveillant et attendri puisque comme cette Justine est hypersensible, elle est très touchante. Après, elle est assez jeune, elle sort d’école, elle est toute fraiche donc c’est sûr qu’elle a envie de bien faire, qu’elle a envie d’apprendre et, parfois, elle ne sait pas comment faire donc elle y va un petit peu spontanément, sans réfléchir…Mais, oui, franchement, je dirais que j’ai un regard plutôt bienveillant, c’est vraiment ce qui ressortirait.
Elle vous permet sans doute une palette de jeu plaisante à défendre ?
Oui, bien sûr ! Comme elle est hypersensible, c’est sûr qu’il y a beaucoup plus d’intensité à jouer qu’un flic “normal”. J’ai de la peur, de la tristesse, elle est très concernée par ce qui se passe donc c’est vrai que, du coup, il y a beaucoup plus d’intensité à jouer, c’est beaucoup plus intéressant et ça peut être moins ennuyant et linéaire qu’un flic dans une série où ce n’est que de l’enquête, sans attache particulière.
On imagine aussi que le duo avec le commandant sera l’occasion de scènes croustillantes pour les téléspectateurs…
Surtout qu’en vrai, comme j’étais nouvelle, on a joué aussi sur le fait que je ne connaissais pas du tout la brigade ni personne. Donc cela permet de développer des relations avec chacun qui sont toutes aussi différentes et intéressantes à jouer. Comme il y a plusieurs soirs, on peut les développer avec le temps et l’intensité qu’il faut. C’est vrai qu’avec Jean-Luc par exemple, on a réussi à développer une très bonne complicité tant dans la vraie vie que sur le plateau donc ça nous a permis de se lâcher un peu plus au fur et à mesure des épisodes et de créer vraiment ce côté un peu père / fille, bienveillant, qui ressort parce que j’apprends de lui et parce que je ressens un côté sensible de sa part qu’il n’y avait pas dans les autres saisons. Donc c’est toujours intéressant de suivre un peu cette évolution sur les six épisodes !
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Je fonctionne beaucoup au feeling, je fais un petit peu les choses très naturellement donc j’ai puisé, oui, dans mes émotions mais je n’ai pas puisé dans des choses particulières, je fais plus au ressenti.
En amont du tournage, vous étiez-vous (re)plongée dans les précédents épisodes, pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère du programme ?
Bien sûr, j’ai regardé la saison 12 ! Après, je savais que je ne remplaçais pas quelqu'un qui était dans la série donc cela m’a permis d’arriver avec ma liberté de jeu et de ne pas avoir de consignes particulières, à part, évidemment, les lignes directrices du rôle. Ce que je veux dire, c’est que j’ai regardé cette saison 12 parce que je ne connaissais pas particulièrement la série…J’en avais déjà entendu parler mais je n’avais jamais vu un épisode et comme, en arrivant, je voulais déjà un peu connaître le terrain sur lequel j’allais être, évidemment que je me suis renseignée et que j’ai regardé la précédente saison pour voir ce qui se passait et dans quoi j’arrivais.
Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final et les retours des téléspectateurs ?
Evidemment ! Il y a toujours une petite pression par rapport à cela, surtout qu’il peut y avoir des différences entre ce que l’on fait sur le plateau et ce que l’on voit à la télé, parce qu’il y a différentes étapes qui arrivent entre temps, avec le montage, l’étalonnage, la post-synchronisation,...Donc c’est sûr que c’est vraiment un travail de fond en comble, qui est traversé par plusieurs étapes différentes et évidemment que je suis trop curieuse de voir ce que ça va rendre. J’ai, surtout, hâte de savoir comment ce nouveau personnage va être accueilli, comment cette nouvelle saison va être prise par les téléspectateurs qui connaissaient déjà les anciennes …C’est toujours hyper challengeant et intéressant d’avoir les retours de différentes personnes de différents métiers et des téléspectateurs, c’est trop cool !
On vous imagine impatiente, du coup, de retrouver le plateau et l’équipe pour tourner la prochaine saison ?
Ce rôle est certainement très complémentaire de celui de Manon, que vous incarnez depuis plusieurs années maintenant dans la quotidienne de TF1, “Demain Nous Appartient” ?
Oui, c’est vrai que c’était plutôt pas mal parce que, déjà, j’avais une certaine connaissance du métier, ce n’était pas la première fois que je joue une flic…Là, c’est une lieutenant donc c’est encore plus haut gradé et encore plus intéressant et intense. Mais c’est sûr que, oui, je me suis un peu servie de Manon et de moi pour quelques trucs de Justine, afin d’apporter quelque chose de différent bien évidemment. Donc c’est vrai que DNA m’a bien servi !
Au moment de revenir, ensuite, dans la peau de Manon, peut-être avez-vous eu encore un autre regard sur elle, forte de ce que vous aviez pu vivre sur l’autre série ?
C’est exactement ce que j’ai ressenti, je me suis sentie plus solide ! C’est toujours intéressant d’aller sur d’autres projets : quand on revient, on revient encore plus fort, avec une nouvelle expérience. On grandit aussi parce que l’on a d’autres choses à apporter, on apprend forcément, en fait …Plus on joue plus on apprend, plus on fait des choses différentes plus on apprend donc ça permet vraiment de développer de nouvelles choses, ce qui est intéressant !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction Tv de La Rochelle, où vous venez défendre “Phoenix”, prochainement diffusé sur France.tv . A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
En effet ! C’est vraiment une chance de parler de cette série, qui nous tient tous à cœur. C’est un projet que l’on a tous porté collectivement, c’est vraiment une série chorale et ça me fait vraiment plaisir de venir la défendre ici. En plus, on a des retours très sympas donc on est très contents !
Si l’on revient à la genèse du projet, quelles principales raisons vous avaient incité à y participer ?
Rien qu’avec la logline, j’avais déjà été accroché, avec le postulat de base de ces activistes qui décident de passer à l’acte, à kidnapper des enfants de patrons de grandes entreprises polluantes. C’est un pitch comme je n’en avais jamais lu, c’est une idée qui pourrait poper dans n’importe quelle tête, qu’en tant qu’activiste, on finit par passer à des actes radicaux, comme ceux-là. Rien que cela, je me suis dit “Ouh là là, ça a l’air d’être vraiment exceptionnel!”. Ensuite, j’ai reçu le scénario et je me suis dit qu’il était vraiment à la hauteur du pitch et de la logline, les personnages sont hyper bien développés et, au-delà du fait qu’effectivement, il y ait ce côté écologique et engagé, il y a tout un thriller, derrière, hyper bien ficelé, toute une histoire qui nous tient en haleine du début à la fin. Donc j’étais très content et j’étais très partant pour faire ce projet !
Puis, vient la rencontre avec Franck, le réalisateur, avec qui on partage une vision sur ce personnage, sur laquelle on était extrêmement d’accord. Voilà, viennent cette entente et cette envie de travailler ensemble, ainsi que ce bonheur de partir trois mois pour concrétiser cette aventure.
Justement, au moment de vous glisser dans la peau de Mathias, certainement que la palette de jeu associée a été très plaisante ?
Oui ! L’aventure humaine sur ce plateau était celle d’une colonie de vacances, on est partis avec une bande de jeunes internationaux, européens, où ça parle cinq langues quand on dîne. Rien que cela est vraiment enrichissant ! En termes artistique, oui, c’est un personnage qui a plein de facettes, qui a une espèce de dualité en lui, il est extrêmement engagé et, en même temps, jusqu'au boutiste et on ne sait pas si c’est vraiment son combat et son engagement qui prennent le dessus, ou si c’est son égo qui va le pousser à aller encore plus loin, jusqu’au bout de son plan. C’est un personnage qui est extrêmement perturbé, qui est extrêmement stressé, qui est extrêmement emprisonné par son propre plan et qui, en même temps, ne peut pas perdre la face. Donc il a plein de facettes et, en même temps, je pense qu’il a un véritable amour, un véritable engagement pour cette cause…Ce n’est pas vraiment que pour lui, il a un véritable amour pour sa sœur. Je pense qu’il tient aussi beaucoup à ses amis, même s’il a une manière un peu particulière de montrer son amour, lui qui est quand même extrêmement manipulateur. Oui, il y a toutes ces facettes qui en font un personnage extrêmement humain et extrêmement plaisant à jouer.
D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources plus particulières d’inspiration ?
Oui ! J’ai quand même traîné dans un milieu militant écologique pendant très longtemps, j’ai beaucoup manifesté, j’ai fait quelques actions à droite et à gauche. Ce sont des gens qui sont vraiment passionnés, qui ont une étincelle dans leur regard mais qui ne vont pas aussi loin. Généralement, ils prônent la non-violence, en tout cas la non-violence sur les personnes. Ce que l’on voulait capter avec Marie aussi, ce sont cette envie et ce besoin d’urgence qu’ont, en fait, toutes les personnes militantes. Il y a aussi un hommage particulier, dans la première séquence, du premier épisode, avec le discours qui est un hommage total à ces jeunes-gens qui ont eux-mêmes refusé leur diplôme à AgroParistech, à l’époque, parce qu’ils ne voulaient plus faire partie de ce système, qui rejette ce qu’on leur a appris et qui ne se confond pas avec leurs valeurs. Louis et Matthieu ont voulu, je pense, rendre hommage directement à ce qui s’est passé à ce moment-là. Même l’école, dans la série, AgroBiotech, est un nom dérivé…donc c’est vraiment un hommage frontal !
Vous avez commencé à en parler, quels principaux retours avez-vous pu avoir du public?
Je croise plein de gens dans la rue, je vais aux évènements du festival, j’ai été à des réceptions et, à chaque fois, tout le monde vient nous voir pour nous dire “Ah, c’est formidable, on a adoré cette série!”. C’est toujours hyper agréable d’avoir ces réactions-là…C’est toujours plaisant !
Certainement êtes-vous impatient de pouvoir proposer plus largement ce programme au grand public ?
Là, on aura vraiment des retours secs parce que, justement, aujourd’hui, sur internet, les gens ne se gênent pas pour dire quand ils ont détesté. La série est d’excellente qualité, elle se tient vraiment même sans le message écologique autour donc je me dis que ce serait vraiment hyper cool de pouvoir toucher des gens qui ne sont pas forcément acquis à cette cause. Par ce biais-là, un peu détourné, ce serait chouette de les rallier à la cause écologique.
C’est une coproduction internationale, on a déjà une diffusion prévue par la ZDF en Allemagne. Sans doute sera-t-elle achetée aussi par une plateforme, ce qui nous donnera une diffusion encore plus large, peut-être même hors de l’Europe. Mais on a hâte, effectivement, d’avoir des retours de partout parce que c’est vrai que c’est un sujet qui divise beaucoup et que, en fonction de là où on se situe géographiquement, les gens sont plus ou moins informés, enclins et sensibles. Et puis, c’est un sujet un peu délicat et une manière de faire aussi délicate…Donc on va voir comment c’est reçu !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous trois !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez défendre “Phoenix”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présents ici pour partager autour de cette belle aventure ?
Louis : Oui, c’est incroyable parce qu’il faut savoir que c’est un voyage qui est très long. Dans le cadre de “Phoenix”, il a duré 6 ans donc, là, c’est vraiment une espèce de point d’arrivée qui, pour nous, était hyper important et on est vraiment enchantés d’être là.
Matthieu : A nous trois, on a fini par faire un projet assez incroyable qui a commencé, effectivement, entre Louis et moi, il y a 6 ans. Donc de se retrouver à La Rochelle, en plus un festival que je porte aussi dans mon cœur pour y être allé régulièrement et avoir fait des interventions ici, et d’avoir, pour la première fois, une série en compétition est vraiment très plaisant !
Franck : En vrai, cela nous fait aussi plaisir, déjà, de le projeter sur grand écran, ça a une saveur particulière ! De se confronter aux regards des professionnels et d’un public, le tout au soleil, est chouette…
Si l’on revient plus précisément encore à l’origine de ce projet, d’où vous sont venues cette idée et cette envie ?
Matthieu : Déjà, c’est un sujet qui nous concerne tous mais auquel on était particulièrement sensibles, Louis et moi. J’ai voulu rencontrer le producteur, Alexandre Charlet, avec qui je travaille sur d’autres projets, qui avait exprimé son désir de parler de cette jeunesse militante du milieu des années 2010. Avec Louis, on a réfléchi à cette thématique et, quelques mois plus tard, l’idée nous est venue. C’était parti pour l’écriture !
Plusieurs mois ont passé une fois que l’on avait écrit ce concept et on a revu Alexandre, qui nous a dit “Je veux vous accompagner sur ce projet”. Il est rentré, ça a été le premier producteur puis un autre est venu…
Louis et moi avons un peu plus d’une dizaine d'années d'écart. A l’époque, mes enfants étaient des grands adolescents et ceux de Louis de toutes petites filles, on s’est demandé ce qu’allait être leur avenir et, en pensant aussi à eux, on avait commencé à écrire.
Franck : De mon côté, absolument tout m’a plu. A la lecture, ça a été un coup de cœur, autant le sujet, l’originalité du propos, la complexité des personnages, la multitude des personnages, la dimension internationale et, narrativement, c’était très bien écrit donc j’avais les images en tête très très vite.
Le côté très international démarque aussi et sans doute que cela vous a permis, parfois, d’aller plus loin sur certains sujets…
Louis : En tout cas, c’est un parti-pris que l’on a eu dès le départ avec Matthieu. On a tous conscience que le dérèglement climatique ne s’arrête pas aux frontières donc on ne voulait pas faire une série qui soit franco-française, avec que des gens qui parlent en français…Assez vite, on a eu cette idée-là mais on n’a pas su si on arriverait à la faire parce que c’est un peu compliqué. Donc on a défendu le projet, Franck nous a suivis et on est très contents du résultat un peu tour de Babel. On trouve que le mélange de langues apporte vraiment un dynamisme et quelque chose d’hyper sympa.
Matthieu : Il y a quelque chose qui paraît contradictoire, mais qui, finalement, n’est pas opposé, c’est que c’est très compliqué de monter un projet international et en plusieurs langues. Mais, en même temps, sur ce projet, le fait que ça soit international, que la télé allemande nous ait rejoints, a fait que ça a été plus facile de parler d’un sujet aussi compliqué, avec un propos de départ qui pouvait inquiéter les diffuseurs. Le fait que ça pouvait moins inquiéter à l’étranger, parce que les mœurs sont un peu différentes, a permis que ce projet se fasse, à l’arrivée.
Sur le plateau, concrètement, cette internationalisation a certainement dû demander quelques adaptations ?
Franck : Pour avoir fait plusieurs projets en fiction française, c’est vrai qu’il y a une ambiance différente. Déjà, sur le plateau, il faut diriger en plusieurs langues donc il y a un côté très excitant mais il y a aussi des choses qui viennent des comédiens, de leur niveau de français et de leur aisance. Je me suis beaucoup adapté à cela et, en fait, je m’inspirais beaucoup d’eux. On a vécu ensemble, même les week-ends, il y avait une ambiance de colonie de vacances, plus d’auberge de jeunesse aussi et je m'inspirais pas mal de ce qui se passait comme cela, entre nous, quand on parlait. On passait d’une langue à l’autre, dès fois on n’arrivait pas à dire un mot donc on passait comme ça…En fait, c’est cette synergie entre les personnages que j’ai essayé de mettre dans les textes en plus et dans les relations. En vrai, c’était génial !
Cette diversité des profils a-t-elle apporté une autre culture encore de l’approche artistique ?
Franck : C’est vrai que les comédiens, selon les pays, travaillent d’une manière un peu différente. En tant que réalisateur, je l’ai quand même remarqué, il y a des styles de jeu, des écoles selon les pays. Après, il y avait quelque chose de très excitant, c’est que c’étaient de jeunes comédiens. Au casting, ça s’était déjà fait et une synergie de groupe s’est installée très vite, on s’entendait tous très bien, tout le monde adorait le sujet et était très très volontaire là-dedans. Après, on est passés avec les parents, où c’étaient des comédiens beaucoup plus capés mais la machine était déjà lancée donc ça s’est bien passé aussi.
Vous l’avez dit, le festival permet une projection sur grand écran. Quelles réactions avez-vous pu capter ?
Matthieu : C’est le truc génial de ce festival : on croise le public ! Après, j’ai peut-être un biais, c’est que je n’entends que les choses positives. Je n’entends pas les choses négatives…Surtout, on a vu des jeunes, collégiens, qui avaient gagné un concours de scénario pour la création de séries et ils avaient des questions très pertinentes, c’était vraiment très chouette de les rencontrer. Ils avaient été touchés par les deux premiers épisodes, ils avaient envie de voir la suite donc, pour nous, c’est presque essentiel parce qu’on fait cela pour le public.
Louis : Ce qui est super à La Rochelle, c’est que, effectivement, c’est un microcosme professionnel, beaucoup de gens sont là mais les séances sont ouvertes au public. C’est top parce que, quand on fait de la télé, on ne voit jamais son public, en fait. On a des chiffres d’audiences mais on ne rencontre pas les vrais gens, j’ai envie de dire, qui vont voir nos oeuvres. Donc, là, c’est super, c’est hyper agréable !
On imagine donc que vous avez hâte de découvrir plus globalement les retours des téléspectateurs, à l’international ?
Matthieu : Tout à fait ! Ça va être diffusé normalement aussi en Allemagne et puis sur les services publics de Scandinavie et du Benelux. Bien évidemment, nos personnages principaux sont des jeunes mais nous avons le désir quand même, avec Louis au départ et avec Franck, de créer du lien générationnel et même du débat, entre les jeunes, les parents et les grands-parents. On est tous sur cette planète donc ça concerne tout le monde et ça serait idéal que différents publics puissent voir la série et que ça crée du débat et de la discussion. Ce serait génial !
Louis : Oui, on espère que la série va trouver son public, on est contents du résultat et, après, il y a toujours ce petit frisson au moment où le bébé se met à marcher tout seul. On espère que les gens vont s’en emparer, effectivement, que ça va les faire réfléchir, qu’ils vont en parler, qu’ils vont avoir des émotions et que ça va leur plaire.
Franck : Vu les premiers échos que l’on a déjà eus ici, j’ai l’impression que c’est vraiment bien parti !
Matthieu : Ce qui est génial, c’est que, maintenant, avec le digital, toute l’offre du service public sur France.Tv permet d’être là sur la durée, de créer du bouche à oreille et aux gens de pouvoir venir le voir. Ils ne sont pas juste soumis à une diffusion donc c’est vraiment nouveau dans le mode de consommation et c’est bien aussi pour notre travail !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, au Grand Point Virgule, dans “Tout va mâle ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Carrément ! J’adore, c’est vraiment un de mes personnages préférés…J’aime le fait que ce soit une sexologue, féministe, qui a ses propres méthodes pour aider les hommes à lutter contre le patriarcat. Ce sont des sujets très importants pour moi et je trouve nécessaire de parler de la vulnérabilité des hommes. On n’en parle pas beaucoup et de le faire à travers la comédie est, je trouve, la meilleure façon de toucher les gens, c’est comme ça qu’ils pourront peut-être réfléchir et changer.
J’aime beaucoup également interpréter des chansons de divas donc, oui, c’est une très belle aventure !
Plus concrètement encore, avec vos mots mais sans tout en dévoiler, comment présenter ce spectacle ?
Ce sont trois hommes, qui ont choisi d’aller voir un sexologue et qui sont surpris de voir une femme, pensant avoir rendez-vous avec un homme…Au début, ils hésitent mais, finalement, sont convaincus et vont expérimenter ses nouvelles méthodes, pour les aider à lutter contre leurs problèmes sexuels, contre le patriarcat et pour devenir les meilleurs hommes possibles !
Ces trois hommes sont d’ailleurs de trois générations différentes, ce qui permet d’aborder différents sujets, en tout cas de différentes manières…
Exactement ! Thomas a à peu près 55 ans, il est le plus macho et machiste, il faut faire vraiment des grands efforts avec lui pour qu’il sorte du patriarcat. Romain est gai, a un enfant et ses problèmes ont commencé à l’arrivée de celui-ci…Il a des problèmes de libido, il ne peut plus faire autant l’amour avec son mari. Jérémy, quant à lui, est coach sportif donc il a cette pression de toujours être au top. Ses clientes l’apprécient beaucoup mais il a un cœur de romantique, lui qui ne veut pas être vu comme le macho alpha.
La pièce montre aussi que les relations ont évolué, que tout va plus vite maintenant…
Votre personnage, Becky, vous permet sans doute une palette de jeu large et variée…
Oui, oui ! C’est une des choses que j’adore dans ce personnage, surtout le fait qu’elle a créé sa propre méthode. C’est vraiment sa passion, elle a passé sa vie à y penser, on peut même dire qu’elle a des pouvoirs magiques…
Aussi, une des choses les plus importantes est que Becky fait cela parce qu’elle a vu sa mère souffrir, elle qui était très frustrée sexuellement. Mon personnage le dit d’ailleurs dans la pièce, elle veut aider les hommes et les femmes pour qu’ils soient plus épanouis. C’est son moteur ! Ce métier est une vocation pour elle…
Il y a beaucoup de chants, avec des registres différents. Le jeu est aussi hyper important, il faut vraiment jouer la situation et ne pas uniquement chanter… Chaque chanson est une histoire, chacune veut dire quelque chose pour mon personnage…Il y a beaucoup de choses à exprimer pour, ensuite, que le public les reçoive…
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Plein ! Déjà, beaucoup de sexologues, notamment Esther Perel. Elle a écrit un livre, c’est une femme très sûre d’elle-même, qui est là pour aider, qui est dans l’empathie. Aussi Michelle Obama, pour ses idées très claires, pour sa façon de parler en public et, en même temps, pour sa douceur. En effet, pour que les hommes fassent rapidement confiance à mon personnage, il faut un côté très doux et calme. En plus, elle est beaucoup dans l’explication également donc c’est pour ça que je pense à des femmes politiques !
Vous êtes en alternance. Cela vous permet de revenir, à chaque fois, avec sans doute plus de fraîcheur ?
Carrément ! Je sens, quand je fais une pause, que les choses se stabilisent en moi. Cela me laisse du temps pour répéter chez moi et pour proposer de nouvelles choses. Entre temps, j’ai pu travailler avec d’autres personnes, ce qui m’aide.
Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?
Les gens aiment beaucoup, surtout les chansons et les voix. Ils nous trouvent tous très unis, en harmonie. D’ailleurs, David Jean, le directeur musical, nous a beaucoup aidés et ça marche super bien !
Le public trouve que le rythme de la pièce est super, les spectateurs apprécient ce que ça raconte, ils apprennent des choses sur des thématiques pas toujours faciles à aborder. Cela les fait réfléchir…. Entre femmes, c’est vrai qu’on parle souvent de sexualité et des relations mais j’ai l’impression que c’est plus difficile, pour les hommes, de le faire. Donc, d’avoir une pièce qui évoque ces problèmes peut ouvrir le débat !
Ce spectacle, c’est vrai, s’adresse à tout le monde…
Oui…La cible est un peu l’homme à partir de 40 ans, comme en témoigne le choix des chansons, même si le personnage du coach sportif a 28 ans. Donc ça peut quand même parler à tout le monde ! En tout cas, on a vu toutes les générations dans la salle…
Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure ?
Que ça continue, qu’il y ait beaucoup de public, que les gens aiment et soient heureux, qu’ils rigolent, qu’ils passent un bon moment, qu’ils apprennent des choses aussi, surtout qu’ils soient émus…et qu’il y ait une tournée. Vraiment, ce serait super de pouvoir faire bouger les choses, par rapport au féminisme et à l’égalité homme / femme. On aimerait arriver à normaliser les problèmes sexuels des hommes, pour qu’ils ne soient pas tabous !
C’est, d'ailleurs, pour aider à ce que les choses bougent que j’ai eu envie de jouer dans cette pièce !