Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2026 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour “On aboie en silence”, prochainement diffusé sur France 2, et dont vous êtes la compositrice. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présente ici ?
Oui, c’est un grand plaisir, surtout qu’il y a toujours ce moment où l’on est un peu dans notre grotte, à travailler un peu en solo. Surtout sur la partie musique, c’est vrai que je suis plutôt seule dans cette partie-là mais, du coup, c’est l’occasion, déjà, de voir le résultat final, même si on l’a un peu vu, d’échanger plus en profondeur aussi avec les équipes et c’est très chouette, parce que ça concrétise le travail. Donc on est sur un bon rendez-vous !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie d’y participer ?
J’ai mon projet perso, je suis artiste, avec des albums, j’écris des chansons et, il y a à peu près 3 ans de cela, et même un peu plus maintenant, j’ai fait la rencontre de Shirley Monsarrat, la réalisatrice de ce film. Cette rencontre a provoqué, pour moi, un petit virage, en parallèle de mon travail, qui est d’écrire de la musique pour l’image. C’est un exercice que je n’avais jamais fait, j’ai adoré le faire, j’ai commencé par “Skam” avec Shirley, sur des épisodes assez courts. On a, ensuite, fait “L’intruse” il y a un an et demi maintenant, qui était dans un tout autre registre. Et puis, elle m’a proposé ce film, “On aboie en silence”, qui est, pour moi, une super expérience, parce que c’est une partie plus expérimentale, on va dire, de mon approche musicale, mais qui fait aussi partie de moi : j’ai fait les beaux arts, je fais de la pop musique dans mon travail perso mais la musique à l'image est, quelque chose, je pense, que j’ai toujours un peu porté, en fait. Donc, oui, c’est un peu une chance incroyable que d’avoir ce moyen-là de s’exprimer différemment. Et puis, c’est un travail peut-être plus introspectif, bizarrement, il y a quelque chose qui se fait un peu plus en silence et je crois que ça me va plutôt bien, en fait 🙂. J’aime bien jongler, en tout cas, entre mes projets et la musique à l’image. Là, c’est vrai que ce film a été particulier pour moi parce que la schizophrénie est un sujet complexe, pour lequel je ne suis pas touchée personnellement mais, effectivement, que j’ai pu expérimenter parfois, en étant au contact de gens schizophrènes. J’avais très peur de ne pas être à ma place ou de ne pas être juste dans la façon dont j’allais apporter une musique. Comment traduire cela à l’image, sans juste mettre des voix et être dans un cliché de l’idée qu’on pouvait se faire de la schizophrénie ? Donc c’était particulier mais c’est pour cela que j’ai voulu travailler avec ce qui s’appelle la synthèse granulaire, une synthèse qui décortique un son ou un extrait sonore. Du coup, ça permet d’exploser le son, d’en faire une autre manière, en fait de jongler avec du son et de rendre cette matière un peu multiple. Je trouve que c’était intéressant. Donc j’ai vraiment travaillé avec la voix des acteurs, avec la matière qu’on me mettait à disposition. En cela, je trouvais que ça faisait une continuité…
J’ai pris, en tout cas, énormément de plaisir à faire ce projet. C’était très expérimental pour moi d’aller sur ce terrain-là !
D’ailleurs, vous étiez-vous également renseignée sur ce sujet ?
Oui, je me suis renseignée. Shirley m’avait donné deux films à regarder, qui abordent la schizophrénie de manière totalement différente. J’ai trouvé cela très intéressant et, comme chaque personne atteinte ne va expérimenter les mêmes sensations, j’avais aussi envie de traduire ce qui me traversait à travers les témoignages et l’expérience que j’en avais faite. Je m’étais retrouvée en avion avec une femme enceinte en pleine crise de scyzophrénie, il y a quelques années de cela, je l’ai su à la toute fin, quand on est venu la chercher. Dans ses médicaments, il y avait un traitement qui, chimiquement, s’était transformé en vol et, en fait, j’ai été le bon sujet dans sa crise mais j’ai vu, dans ses yeux, des choses très profondes et très dures. J’ai été aidante, sur le moment mais ça a été très particulier comme expérience.
C’est vrai que je me suis nourrie de plein de choses mais, à un moment donné, je ne suis pas allée trop loin non plus, pour laisser la place à une forme de traduction, un peu, de ce que je ressentais par rapport à l’histoire aussi. Il y a la schizophrénie mais il y a également tout le domaine collatéral qu’il fallait traduire. Il y a des moments de douceur, des rires, il y a du chaos mais il y a plein d’autres choses aussi dans ce film. Donc, voilà, c’était montrer un spectre un peu large aussi à travers la musique !
Au moment de découvrir le rendu final, où le projet ne vous appartient presque plus, quelle a été votre réaction ?
Sur ce projet-là particulièrement, volontairement je n’ai pas assisté à toute la finalisation en montage. J’avais une bonne partie à disposition mais je n’ai pas tout vu et je n’ai pas tout regardé. Surtout les parties où il n’y avait pas de musique, pour lesquelles je n’avais pas forcément de raison de rentrer dedans. Je savais quelles scènes il y avait les unes après les autres mais je passais assez vite les images pour me prendre aussi un peu ce regard plus neuf sur le film à la toute fin. Déjà, cela me permet de me faire un petit état des lieux de à quoi je sers dans un film et de comment je peux rendre les choses plus puissantes, aider certaines scènes, parfois m’effacer aussi, parce que les silences sont très importants. Parfois, on veut en faire des caisses mais ça ne sert pas à grand-chose…J’ai vu plein de choses nouvelles en regardant le film, qu’il y avait beaucoup d’humour en fait et j’ai trouvé les réactions du public assez agréables. C’était un vrai shoot !
Ce qui est sûr, c’est que c’est toujours une expérience géniale. Même si on a été dans le processus, il y a plusieurs mois qui nous séparent de la finalisation du film donc, quoi qu’il en soit, on le voit toujours avec un regard différent.
Certainement avez-vous hâte, maintenant, de le partager avec le grand public ?
Bien sûr ! Je crois que c’est là où ça va se jouer…C’est-à-dire que ma famille suit de près mes projets, je sais qu’ils vont être au courant et que je vais avoir hâte de leurs retours. La télé a l’avantage de réunir beaucoup de monde d’un coup donc j’ai hâte de ce moment-là, oui. Notamment sur la musique, parce qu’en fait la relation que j’ai avec Shirley, et que j’ai eue aussi avec la production, c’est que personne ne m’a bridée du tout. Ce qui est une chance, parce que ce n’est pas le cas pour tous les compositeurs. Ils m’ont même encouragée à aller au bout de mes idées donc, parfois, ça va un peu loin dans les sons, c’est quand même assez radical et j’étais très heureuse qu’on me donne cette liberté-là parce que c’est là où je m’amuse, en fait. Donc j’espère que le public ne va pas se sentir un peu déstabilisé par certains sons ou certaines prises de risque.
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai sorti, en juin dernier, un nouveau titre, après trois ans sans ressortir de musiques personnelles. Mon dernier album datait de mars 2022. Après, il y a eu de petites collaborations mais, en fait, j’ai eu besoin, un peu, de me poser et la musique à l’image m’a beaucoup aidée pour cela, parce qu’elle m’a permis de continuer mon travail sous une autre forme, tout en étant très heureuse de le faire comme ça. Ça aide aussi à se concentrer sur son activité personnelle, donc, là, j’ai ressorti un titre et il y a un album qui se prépare. Je n’ai pas de date parce que je suis encore en écriture et en test de production. Je commence à m’entourer aussi d’autres artistes parce que j’ai très envie que cet album soit un peu plus collectif, avec des titres qui soient aussi le fruit de collaborations. Donc je suis en train de faire ça, c’est génial d’arriver à faire les deux, c’est une chance ! Voilà, ça se prépare !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes un artiste aux multiples cordes et vous serez, notamment, sur scène, au théâtre, en fin d’année…
C’est un théâtre du récit, qui revient sur mon histoire, depuis que je suis petit et sur comment j’ai pu incorporer mes différentes cordes à mon arc. Surtout, comme beaucoup à l’époque du Covid, je n’ai pas fait grand-chose, j’ai surtout réfléchi, j’ai pu aller voir mes parents et je me suis aperçu que, sur un coup de folie, mon père avait brûlé toutes nos photos…A partir de là, j’ai écrit, me posant la question “Pourquoi il a fait cela ?”. J’étais très en colère, j’aurais aimé montrer ces photos à mon fils…J’ai donc commencé à écrire sur l’acte de mon père, sur son histoire, sur notre histoire, sur mon histoire.
J’ai pu, ensuite, faire une proposition à l’Adami et j’ai obtenu une bourse d’écriture. Petit à petit, en avançant sur ce projet, j’ai pu le proposer à un collectif marseillais, spécialisé dans le genre. La directrice m’a même convaincu que c’était à moi de totalement prendre en charge cette pièce et de l’incarner. C’est comme cela que c’est devenu un seul-en-scène…
Je viens du rap et de la photo, et je crois que j’ai réussi à les incorporer dans ce projet, où on se demande également ce que c’est que de ne plus avoir de mémoire.
Ce projet remue certainement beaucoup de choses et de souvenirs en vous ?
Pour ma part, c’est de l’art-thérapie ! En passant par l’écrit, je vais encore plus loin que si j’allais chez un psy…Cela ne me laisse pas indifférent. Les mots ne suffisent pas, j’y ajoute des images, de la musique, de la vidéo, des odeurs, de la lumière et des silences. Cela permet d’être assez subtile pour transmettre ce par quoi on est passé et ce que l’on ressent. Ce n’est donc pas un travail qui m’a laissé sans trace et c’est un travail nécessaire, qui fait partie du chemin de vie. Pour moi, c’est une belle œuvre, que j’ai hâte de montrer !
J’ai pu faire d’autres pièces et le théâtre est quelque chose de transcendant, parce qu’on a le contact direct des gens, avant, pendant et après. Le théâtre vivant est vraiment quelque chose de très organique, que l’on ne retrouve pas sur un plateau télé. Cela bouge, c’est vivant, chaque soir est différent. Avec le temps, j’ai remarqué que c’est un exercice bien différent…
Vous l’avez dit, vous venez aussi du rap. Un EP est d’ailleurs sur le point d’aboutir. Quel en a été le déclic ?
Le temps ! Je connais beaucoup d’artistes, on a tous des projets qui ne sont jamais sortis…En tout cas, je fais partie de ces gens qui aiment la créativité mais accoucher puis présenter sont deux autres histoires. Je pense que c’est le bon moment pour moi, maintenant, de le sortir !
Cet EP reflète surtout l’époque, il y a une quinzaine d’années, au moment où je suis arrivée sur le tard dans ce milieu. Je l’ai commencé alors que j’habitais encore à Montréal. J’ai fait plusieurs maquettes, pour affiner le texte et le rendre accessible à tous. J’y parle du quotidien, je n’avais pas envie de mettre en avant mes origines par exemple. “Une semaine de plus” a sept titres, chacun du nom d’un des sept jours de la semaine, avec des sous-titres à chaque fois. J’aime beaucoup la poésie, je m’en suis inspiré, tout comme de mes observations. Musicalement, c’est un son des années 90, très américain, avec un mix un peu différent, ce n’est plus l’instrumental qui est mis en avant.
J’ai, d’ailleurs, plein d’idées pour un autre album encore !
En complément, vous l’artiste aux multiples casquettes, vous avez aussi un beau parcours à l’image…
L’un de mes plus grands rôles était dans “Le soldat blanc”, en 2014. En 2022, vous aviez pu me retrouver dans la première saison de “Furies”. Plus récemment, il y a eu “A priori”, pour France 3. D’ailleurs, ma première expérience dans une série était pour “Père et Maire”. Il y a plus de dix ans, j’avais fait une apparition dans “Plus belle la vie”, ou encore, il y a moins longtemps, dans la saison 5 de “Léo Mattei”. J’ai aussi fait de jolies choses pour Netflix.
Souvent dans des rôles assez durs : que ce soit chez les flics ou parmi les bandits, je ne suis pas quelqu’un de commode 🙂…
Vous êtes aussi directeur d’acteurs dans “Plus belle la vie, encore plus belle”, ce qui doit être très complémentaire, pour vous, du jeu devant la caméra ?
La direction d’acteurs est un poste spécifique, que l’on retrouve surtout sur les quotidiennes ou dans des courts-métrages. Je ne fais pas la mise en scène mais, en accord avec le réalisateur, je dirige les comédiens…Ce poste-là est arrivé, pour moi, par hasard, j’ai fait un essai avec Eric Hénon et je peux vraiment dire que, depuis, je suis devenu meilleur acteur en dirigeant des acteurs. Je suis tout le temps sur le plateau, ça m’enrichit. Cela me tient à cœur d’accueillir notamment les guests pour les mettre à l’aise, parce que je sais aussi la difficulté que c’est, en tant que comédien. Je cherche à les rassurer, en étant bienveillant.
Ce poste me permet de parfaire ma connaissance du plateau, je maîtrise mieux les spécificités également. C’est intéressant, je connais davantage mon environnement, ce qui m’aide à gagner du temps quand je suis de l’autre côté.
J’estime énormément les comédiens de quotidienne, qui ont une ribambelle de textes à apprendre, dans différents contextes et temporalités. Ils doivent rester frais jusqu’en fin de journée…Chapeau à eux ! On ne se rend pas compte de la difficulté que c’est, la méthode de travail est hyper compliquée. Il faut avoir de vraies qualités…C’est, je pense, une expérience à vivre, en tant que comédien.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une jeune chanteuse, au parcours déjà significatif, on aura l’occasion de l’évoquer. Si l’on s’intéresse à sa genèse, d’où vous vient cette passion ?
Cela vient de mes parents ! Mon papa chantait beaucoup à la maison, ma maman aussi mais mon papa se produisait un peu plus sur scène…Du coup, j’étais tout le temps dans un théâtre, à écouter des répétitions, et à regarder papa et maman faire. J’allais les voir partout où ils allaient et j'y ai pris goût, je pense, comme cela. J’ai des vidéos de moi, à 3 ans, avant les répétitions de mon papa, où j’ai le micro à la main et où je chante devant une salle vide. J’ai aussi beaucoup été bercée, à la maison, par les comédies musicales.
En grandissant, j’ai voulu faire un peu comme papa. Du coup, on m’a inscrite à “The Voice Kids” et c’est là que tout a commencé…
Justement, quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience significative ?
J’en garde un très bon souvenir ! Après, j’étais très jeune, je n’ai pas beaucoup de photos ni de vidéos mais j’en garde des souvenirs incroyables. C’était ma première expérience, je découvrais absolument tout et puis, c’est un regard d’enfant, donc ce n’est pas pareil que celui d’un adulte. J’ai pris un plaisir monstre à être là-bas, c’était formidable, j’ai appris plein plein de choses et ça a concrétisé cette envie de faire de la musique. En sortant de là, je me suis dit “Ah ouais, c’est vraiment ce que je veux faire !”. J’ai rencontré des gens super, que je garde encore en contact aujourd’hui donc c’était une très très belle aventure ! Même pour une enfant, c’était super chouette…
Vous évoquiez, à juste titre, le regard d’enfant que vous aviez alors. Étiez-vous pleinement consciente de ce qui se passait ?
Non, je ne pense pas ! J’étais un peu plus dans une mentalité de “Ah cool, je chante avec des copains, je suis sur scène, c’est trop bien !”. A 11 ans, c’était, pour moi, plus un jeu qu’une émission de télé. Je ne me rendais pas compte de l’audience : il y avait, je crois, trois millions de gens qui ont vu cette saison-là…J’étais très très loin de tout ça, j’étais juste trop contente de porter de belles robes à la télé…Ce qui était impressionnant, c’était de voir les stars devant nous. J’ai des flashbacks de moi sur le plateau avec les coachs devant et Nikos à ma gauche, qui était immense pour moi.
Il y a quand même la pression parce qu’on sait que c’est à la télé et qu’il ne faut pas se louper, on n’a qu’une seule chance en plus donc c’est quand même beaucoup de stress pour des enfants, mais ça allait, j’étais dans ma petite bulle, c’était un jeu pour moi.
Ce qui signifie que vous arriviez détendue sur le plateau ?
J’étais dans un petit rêve, dans un petit monde parfait de la télé, j’étais très très très loin de m’imaginer tout ce qui allait se passer et toutes les conséquences que ça pouvait avoir. Mais c’était quand même très impressionnant ! Pour un enfant, les caméras sont immenses, elles étaient plus grosses que ma tête. Pendant les auditions à l’aveugle, je me souviens que ce qui m’avait impressionnée, ce n’était même pas le plateau mais de voir Karine Ferri : elle était devant moi, j’étais en mode “Waouh, il y a Karine Ferri”, donc j’étais trop contente !
C’est tellement spécial que je ne me souviens même pas de tout. J’ai très peu de souvenirs, au final, des auditions à l’aveugle, tellement c’est impressionnant. Je pense que mon cerveau en a pris tellement plein la tête que je ne m’en souviens même plus trop…Mais je me rappelle que c’était magique ! De voir les caméras est impressionnant mais c’est le rêve donc c’était cool !
Au moment de vous voir à la télévision, quelles sensations aviez-vous alors ressenties ?
Je sais que, la première fois que je me suis vue à la télé, j’ai crié…En fait, dans une pub, il y avait plein de têtes d’enfants qui apparaissaient et, en voyant la mienne, j’ai fait “Ahhhh”. Après, au moment des portraits, j’étais choquée…En fait, je ne me rendais plus trop compte…A la télé, ça devient concret, ça montrait que les efforts ont payé. Cela m’a fait super bizarre, même au niveau des réactions autour de moi. Ce n’est pas qu’un passage à la télé, c’est une vie qui prend un autre chemin, que ce soit à l’école ou n’importe où. Donc, oui, beaucoup de fierté mais ça m’a fait un peu bizarre…
En parlant de fierté, sans doute que vos parents étaient fiers de ce parcours-là ?
Oui, ils étaient hyper contents ! J’ai beaucoup de chance, mes parents me soutiennent depuis toujours, c’est grâce à eux que j’ai fait tout ça. Je sais que je vis cela un peu, aussi, pour mon papa, je vis cette aventure également pour tous ceux qui ne peuvent pas la faire, c’est important pour moi.
Plusieurs années après, il y a quelques mois en l’occurrence, vous êtes revenue sur le plateau de “The Voice” mais, cette fois-ci, chez les adultes. Était-ce, là, la suite logique et naturelle ?
Oui et non ! Oui, parce que j’aurais pu penser revenir mais non, parce que ce n’est même pas moi qui me suis inscrite. C’est Bruno Berberes qui m’a proposé de venir. J’avais fait les castings du “Roi Soleil”, j’avais même atteint l’étape finale mais je n’avais finalement pas été prise…J’étais un peu triste mais il m’a dit qu’il me voulait dans “The Voice”. C’était finalement logique, c’était un beau challenge de revenir et d’essayer de faire mieux qu’avant. Je voulais aussi voir comment je le vivrai à cet âge-là. Même si j’avais grandi, j’étais quand même une des plus jeunes de l’émission…C’était particulier, c’était différent mais je ne regrette pas, c’était vraiment super !
Malgré les années qui se sont passées entre ces deux émissions, l’expérience et les souvenirs de la première fois vous ont-ils aidée ?
Oui, je pense. Quand tu rentres sur le plateau, il n’y a pas un bruit, tu as les sièges devant toi mais on a beau l’expliquer, tant que tu ne le vis pas, c’est un peu particulier. Donc je pense que ça m’a aidée de l’avoir déjà vécu. Je connaissais déjà la pression que c’est, je connaissais déjà un peu le mécanisme de cette émission, comment ça fonctionne, comment se passent les répétitions, quelle est l’ambiance…Donc, forcément, au pire ça n’a rien fait et, au mieux, ça m’a aidée.
Quelle raison vous avait incitée à choisir “Super trouper” comme chanson pour l’audition à l’aveugle ?
C’était plus un accord entre la production et moi. On choisit notre chanson mais il faut que la production soit d’accord et je sais que ce titre était dans les propositions qui m’ont été faites. J’adore le groupe Abba, c’est très familial donc j’étais trop contente. J’ai décidé de l’arrangement : à la base, c’est une chanson qui bouge beaucoup plus et, en disant ok, j’ai expliqué que j’aimerais bien la travailler différemment. Au final, c’était une pure découverte : la première fois que je l’ai faite, c’était à “The Voice”, je ne l’avais jamais chantée avant.
Les quatre coachs se sont retournés à tour de rôle et on le voit sur votre visage, l’émotion est montée progressivement en vous…
Oui ! C’était tellement spécial de voir les coachs se retourner…Déjà, à la base, j’étais malade, j’avais pris de la cortisone juste avant, j’étais au bout de ma vie, j’avais mal à la gorge, j’avais les yeux un peu gonflés le matin, je toussais. J’étais donc partie en mode “Ok, ça va être compliqué” donc je ne m’attendais tellement pas à avoir les quatre….Au bout de dix secondes, Tayc se retourne et je me dis “Non, incroyable !”. J’étais loin d’imaginer que ça arriverait aussi vite.
A la base, je voulais absolument Lara Fabian. Quand je vois que son siège se retourne, je ne comprends pas tout de suite que c’est Tayc qui s’était levé pour buzzer à sa place…Je ne comprends pas, je vois un siège vide, je capte qu’il se passe quelque chose mais je ne sais pas ce que c’est. En fait, il se passe tellement de choses dans ma tête que je me souviens que j’ai même complètement décroché de ma chanson : je ne savais même plus où j’en étais, mon corps connaissait la chanson donc il chantait mais, mentalement, j’étais complètement ailleurs, j’étais en mode “Lara Fabian s’est retournée”. Quand Amel buzze à la dernière seconde, j’étais trop heureuse, c’était irréel !
Au moment de choisir le coach, sans doute qu’avec l’émotion et ce qui s’était passé, vous étiez chamboulée ?
Complètement ! A la fin de la prestation, je comprends que ce n’est pas Lara Fabian qui a buzzé…Bien évidemment, elle m’a dit qu’elle me voulait quand même mais je ne pouvais pas le vérifier. Je ne savais pas trop qui choisir entre Amel Bent, Tayc et Florent Pagny, ça s’est joué entre les deux hommes, jusqu’au bout du bout du bout je ne savais pas..Je me suis dit que Florent Pagny avait quand même bercé une partie de mon enfance donc, pour le choix du coeur et de la famille, je suis allée avec lui. Même si Tayc a été très investi pour m’avoir - il a parlé tellement longtemps, une partie a d’ailleurs été coupée au montage-, j’ai beaucoup hésité mais le choix du cœur m’a orientée vers le boss, Florent Pagny !
Sans doute que les séances de travail à ses côtés ont été très enrichissantes, artistiquement et humainement ?
Bien sûr ! Tout n’a pas été filmé pour la télé, je l’ai aussi vu plus tranquillement sur le plateau, pour répéter. Il est tellement gentil et bienveillant, que c’est agréable de travailler avec lui. C’est vraiment quelqu’un de très posé, de très chill, il est pareil quand il y a des caméras et quand il n’y en a pas, il est juste trop gentil donc c’était génial ! Et puis, j’ai découvert d’autres registres, je ne connaissais pas du tout, à la base, ma chanson des “Battles”, je ne chantais pas du tout ce genre de chose donc ça m’a fait découvrir d’autres univers, ce qui était très enrichissant.
Justement, le moment des “Battles” a aussi été très marquant …
Oui, parce que je ne savais pas, au début, contre qui j’allais tomber. Je ne pouvais pas savoir si on allait s’entendre, si nos voix allaient coller, si ça allait bien rendre. On a découvert la chanson, en fait, un peu ensemble et, au final, ça s’est super bien passé. Lady’O a été super gentille avec moi, c’était vraiment un petit duo : je me souviens qu’en arrivant sur le plateau pour les répétitions, on était bras dessus - bras dessous, alors que la production nous rappelait que l’on était en compétition. J’étais juste trop contente d’être avec elle, on s’entendait bien donc c’était cool. C’était, certes, une battle mais, franchement, on l’a plus vue comme un duo…J’ai pris du plaisir à le faire et à travailler avec Lady’O. Même si je ne suis pas passée, je suis contente pour elle et, surtout, elle a gagné…
Plus globalement, quels principaux retours des téléspectateurs avez-vous pu avoir tout au long de cette nouvelle aventure ?
J’ai eu une vague de messages, c’était hyper impressionnant, je n’avais jamais vécu cela. Quand j’ai allumé mon téléphone après mon passage, j’avais gagné des milliers de gens qui me suivaient et qui m’envoyaient plein plein plein de messages d’amour, c’était incroyable ! Certaines personnes m’ont même reconnue d’avant. Franchement, j’ai eu de la chance, je n’ai eu que des commentaires bienveillants et adorables.
Cette nouvelle aventure “The Voice” a été un tremplin pour vous, cela vous a permis de passer le casting pour le rôle de Marguerite, dans la comédie musicale “La dame aux Camélias”, en tournée en Chine en fin d’année…
Je savais qu’avec “The Voice”, il y avait un petit peu la possibilité de se faire voir pour les comédies musicales et je l’espérais, au fond de moi. Aujourd’hui, je suis la plus heureuse du monde parce que les comédies musicales sont l’histoire de ma vie. La musique en général mais particulièrement les comédies musicales.
Chose improbable, j’étais sur une piste de ski quand ils m’ont appelée, et jamais de la vie je ne pensais alors être prise…Mais j’ai passé le casting et tout a bien avancé. En plus, c’est grandiose d’avoir le rôle principal, je ne pouvais pas rêver mieux. Surtout, c’est tout nouveau, c’est-à-dire que je suis la première à faire ce rôle-là donc je peux le faire comme j’en ai envie. Il n’y a pas de modèle avant donc je fais un peu ce que je veux du personnage, c’est cela aussi qui est cool ! L’équipe est super, j’ai très hâte de partir et de découvrir, également, une autre culture. On ira quand même trois mois et demi en Chine, dans un pays qui a un fonctionnement différent de la France, je vais apprendre plein plein de choses, ça va me faire grandir, ça va me faire du bien !
En quelques mots, comment présenter ce spectacle ?
A la base, c’est un roman d’Alexandre Dumas, qui parle d’une jeune femme qui vit à Paris et qui est malade de la tuberculose. En fait, elle va avoir plusieurs amants, elle va aller voir un peu à gauche et à droite avant, un jour, de tomber folle amoureuse d’un homme, Armand. Ils finissent par partir à la campagne, où il dit qu’elle va guérir. Mais le père d’Armand n’est pas d’accord avec cette relation-là, par rapport au statut de cette fille, et il demande à son fils de la quitter. Par amour, Marguerite va, du coup, faire des sacrifices….Mais, au final, elle décédera toute seule de sa maladie.
Cette histoire d’amour un peu tragique est très très triste et très dure, mais il y a plein de chansons très jolies pour l’accompagner.
Connaissiez-vous cette histoire avant de passer le casting ? Ou vous étiez-vous particulièrement renseignée au moment de le passer ?
Je savais que c’était une histoire très connue, je connaissais le nom, je pense, comme beaucoup de français. Je me suis particulièrement renseignée, notamment sur l’époque et sur le personnage, pour mieux l’interpréter et cela m’a aidée, je savais vraiment ce que je devais raconter à travers les chansons.
Entre chansons et jeu, la palette à défendre sur scène sera large et variée…
Oh oui ! C’est mon école à moi : en septembre, au lieu d’aller à l’université, je vais apprendre autrement. Cela demande plein de capacités différentes. Il y aura du chant, de la danse, du théâtre, …Le cardio devra être énorme, il va falloir aussi que je m’y prépare. Ca promet d’être très très enrichissant mais il faudra que je bosse.
A quelques semaines du début, dans quel état d’esprit êtes-vous actuellement ?
J’ai vraiment très très très hâte ! Je commence à discuter aussi un peu avec le producteur, je me projette sur comment ça va se passer et j’ai juste trop hâte d’y être ! J’ai déjà fait le clip, j’ai tourné un petit peu donc j’ai pu voir le décor et les costumes, c’est énorme. Je n’attends qu’une chose, c’est de commencer à travailler.
Partir tous ensemble pendant presque quatre mois à l’autre bout du monde sera également une grande aventure humaine…
Oh que oui ! C’est comme une énorme colonie de vacances de presque quatre mois. C’est pour cela que c’est hyper important de bien s’entendre avec les autres et d’être agréable à vivre. En tout cas, tous ont l'air d’être adorables.
Le rythme va être particulièrement soutenu, à enchaîner les représentations mais ce sera pour la bonne cause…
Il y a plein de dates prévues donc, oui, ça veut dire que c’est censé fonctionner. En tout cas, on l’espère tous…Cela demande une préparation physique importante, pour tenir tous les jours. Dans tous les cas, il y aura des doublures, c’est très important pour un show aussi important. Mais ça va être chouette !
Au-delà de cette belle aventure qui vous attend, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours musical ?
On peut me souhaiter un peu de réussite dans mes projets solos. J’ai des chansons à moi qui sont dans mes tiroirs et qui attendent juste d’être montrées, donc j’aimerais bien aussi sortir mes propres titres. Pourquoi pas en partager quelques-uns au retour de Chine, ce serait chouette !
Dans ces chansons, je parle un petit peu de tout, en fait. J’avais déjà sorti le titre “Mes chers parents”, qui évoque les relations conflictuelles entre un adolescent et un parent. Dans les autres chansons, je parle d’amour, de rupture, de maladie, de la passion pour la musique, des problèmes de société…Tout le monde peut se retrouver dans ces textes.
Pour m’inspirer, je lis aussi beaucoup les paroles d’autres chansons. J’aime notamment énormément celles de Lara Fabian et, en lisant ses textes, je comprends comment c’est formé et cela peut me donner une idée pour rebondir sur tel ou tel sujet. Et, forcément, mon œil d’enfant passe doucement à celui d’adulte donc j’ai un regard sur la société qui a un peu évolué ces dernières années. Même si je suis encore loin de m’imaginer tout ce qui peut se passer dans le monde…Je trouve joli d’avoir ce regard-là sur le monde car il n’y en a pas beaucoup qui sont partagés.
Musicalement, ces titres se rapprochent, si je devais donner des noms, de ceux de Lara Fabian, de Patrick Fiori ou de Florent Pagny. C’est très orienté variété française ! Ces mélodies-là m’inspirent pas mal. J’essaie aussi d’écrire des choses un peu plus tranquilles au niveau instrumental : j’adore le piano-voix et, là, j’adorerais écrire des choses dans le même registre que Pomme, que j’aime bien. En tout cas, j’essaie de m’ouvrir à plein d’univers et je vais tenter d’écrire au maximum avant de partir en Chine.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une jeune artiste, avec, déjà, plusieurs cordes à votre arc. Si l’on revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion ?
L’artistique est une vraie passion ! A la maison, il y avait tout le temps de la musique, mon père en écoutait énormément. Mon arrière grand-père était chanteur, du coup, chez nous, c’était très orienté artistique, j’en ai toujours entendu parler…Au début, d’ailleurs, je n’écoutais pas de titres actuels, plutôt des anciens chanteurs, comme Johnny et les années 80. En fin de compte, j’ai toujours été très créative, notamment dans le dessin et j'aimais aussi beaucoup la danse…De là, j’ai voulu faire une école de théâtre.
A 17 ans, j’ai eu mon Bac et j’ai quitté la Normandie pour venir vivre sur Paris, afin de suivre l'École du centre des arts de la scène.
Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je n’avais jamais fait de théâtre auparavant, j’avais toujours été intéressée par cet art que je trouve très très beau et un de mes rêves serait d’ailleurs de jouer au théâtre de la Madeleine. Pourquoi ce théâtre en particulier ? Je ne sais pas…Mon coeur le souhaite depuis jeune. En tout cas, je le trouve magnifique !
Cette école a été ma première expérience. En plus, à cette époque-là, j’étais très timide donc cela m’avait faite sortir de ma zone de confort. D’être devant des gens, de devoir jouer, de suivre des cours d’improvisation m’a aidée. Le théâtre m’a faite grandir. A cette époque-là, je n’avais pas encore forcément dans l’idée de faire de la chanson mais, dans cette école, on ne voyait pas que le théâtre, on avait de la danse, du chant, du solfège…Au final, moi qui aimais déjà la musique, je me suis dit que j’aimerais bien devenir chanteuse !
Aujourd’hui, êtes-vous attirée par certains styles musicaux plus particulièrement ?
En réalité, j’aime vraiment tout ! J’écoute de tout, j’ai une playlist avec aussi de vieilles chansons, je suis très disco mais, en même temps, j’apprécie la pop, le rock, …Dans mes années d’adolescente, j’écoutais beaucoup les Beatles, les Rolling Stones, ACDC, tout comme France Gall et Jeanne Mas. Encore aujourd’hui, j’écoute des styles très variés !
Certains de ces styles musicaux sont-ils des sources d’inspiration pour votre projet d’EP ?
Blondy est une source d’inspiration pour un de ces titres mais mon EP ne sera pas focalisé que sur un style musical. Je vais essayer d’apporter une certaine cohérence d’ensemble, ce sera plus pop actuelle mais une chanson aura une direction disco.
Au travers des 6 titres de l’EP, un fil conducteur thématique se dégagera-t-il ?
Cet EP s'appellera “Renaissance” parce que c’est vraiment un travail complet que j’ai fait sur moi, pendant toutes ces années. Et que je suis d’ailleurs toujours en train de faire, au niveau de la confiance en soi et du lâcher-prise, afin d’essayer de perdre un peu ce contrôle quotidien que j’ai. En même temps, dans “Renaissance”, il y a “Naissance”, en lien avec ma petite fille. Donc il y aura aussi une chanson pour elle…
Je vois, à la télé notamment, que beaucoup de gens n’ont pas confiance en eux et peuvent rester sur des traumatismes d’enfance. Je me dis, du coup, que ce que j’écris va forcément toucher du monde parce que je ne suis pas la seule à avoir vécu ce que j’ai vécu. Donc le message que j’y passe touchera, je l’espère, pas mal le public.
Cet EP de 6 titres ne serait sans doute qu’une première étape…
Ah oui ! Du live me permettrait de faire quelques scènes, afin de faire connaître mes chansons. Je fais aussi des covers, qui me permettent de montrer autre chose, en chantant en anglais.
Sur ce projet, vous êtes, notamment, autrice et interprète. Sans doute que ces différentes cordes artistiques doivent être très complémentaires pour vous ?
C’est sûr ! Tous les jours, je passe deux heures à travailler ma technique vocale. Je vois aussi un coach parce que je trouve que c’est important, il y a toujours à apprendre.
L’expression, elle, vient aussi de mon parcours : après l'École du centre des arts, j’ai fait également l’EPCM, une école de comédie musicale, puis une école d’acting. Donc je me suis quand même formée à un peu tout ! J’y ai compris que la technique vocale est une chose mais que si on ne transmet pas d’émotion lors de l’interprétation, finalement le message ne passe pas aussi bien. C’est un point sur lequel je travaille encore : je suis très technique vocale donc il faut que je lâche un petit peu, pour faire un équilibre entre les deux.
On le sait, la sortie d’un EP est un long chemin. Sous quel horizon aimeriez-vous pouvoir le proposer au public ?
Je n’ai qu’une hâte, c’est que ce soit lancé et que mes chansons soient en ligne ! Après, j’ai tout un travail de communication à faire sur les réseaux…Puis, dès l’instant où j’aurai de quoi faire, je monterai sur des petites scènes pour voir si ce que j’écris et chante plaît au public.
En parallèle, vous faites beaucoup de photos, ce qui est encore une autre corde à votre arc…
Oui, j’ai fait pas mal de shootings mode et j’avais vraiment l’envie d’avoir un pied dans ce milieu. J’ai même fait des concours de Miss, ce qui m’a permis de rencontrer des gens, d’avoir un pied dans la Fashion Week et de pouvoir défiler au sommet international de la mode. Cela a été très enrichissant ! J’adore les photos, je continue d’en faire et je pense que je continuerai toujours d’en faire. Elles me permettent, en quelque sorte, de montrer mon style ! Sur mes photos, très souvent on peut me voir en mode rock, en cuir, dans un style qui s’affirme…Actuellement, je réfléchis d’ailleurs aux photos pour illustrer l’EP.
Selon vous, quelles seraient les clés d’une photo réussie ?
Pour moi, il n’y en a pas. Tout dépend du style, de l’émotion que l’on veut faire passer, de ce que le photographe attend…J’ai envie de dire que chaque style est bien, des gros maquillages très affirmés aux maquillages très légers, des photos où l’on sourit aux photos sans expression,...J’ai fait un peu de tout, ce qui fait qu'aujourd’hui, je suis très à l’aise !
Plus globalement, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?
J’aimerais vraiment pouvoir faire passer un message, en faisant le métier de mes rêves, pour lequel je me bats quotidiennement. La musique m’a beaucoup aidée dans ma vie, quand j’étais triste mais aussi quand j’étais heureuse…Je trouve que c’est thérapeutique ! J’ai envie aussi que mes musiques vivent et qu’elles soient entendues, à la radio et ailleurs.
En tant que chanteuse, si mon profil plaît, demain je pourrais tout à fait être appelée pour faire du théâtre ou même un film. D’ailleurs, j’aime beaucoup aussi les pièces comiques anciennes, que l’on travaille à l’école. En musique, on est seul sur scène, on échange avec le public mais, au théâtre, on est plusieurs comédiens donc il y a plus d'échanges et on apprend d’autres facettes de nous.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez une belle actualité, à l’image et sur scène. Les téléspectateurs de France 3 pourront prochainement vous retrouver dans la quotidienne “Un Si Grand Soleil”, sous les traits d’un patron de boîte de nuit. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Absolument ! Déjà, j’aime bien cette série et, sans dénigrer personne, je pense que c’est la série la plus intéressante qu’il y ait dans la région, à tous points de vue. L’équipe est super, l’accueil est génial et le personnage était intéressant. La séquence était plaisante, avec de la tension, ce qu’il y avait à interpréter était vraiment sympa.
Mon personnage a été victime d’un cambriolage mais il est carrément suspecté d’en être l’auteur. Il finit par s’énerver et monter dans les tours, donc c’était intéressant de jouer cette confrontation. Il pourra peut-être revenir dans la série, ce que j’espère, tout s’étant extrêmement bien passé, avec le réalisateur et avec toute l’équipe.
Cette série est diffusée depuis huit ans, le tournage est rodé. Comment avez-vous fait pour soutenir le rythme associé ?
Je m’adapte ! Il y a toujours une petite tension avant, surtout que j’ai fait partie de la dernière séquence de la journée. On sait que tout le monde veut alors rentrer chez soi et, pour peu qu’il y ait un peu de retard, il faut aller vite…Mais ils ont été très bienveillants et sympathiques.
Je pense qu’il faut être rapide et bien, tout de suite, dans le personnage, ce qui n’est pas évident. Il ne faut pas montrer trop son stress, il faut essayer de l’oublier.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Pas spécialement…Quand j’avais fait le casting, j’avais joué un peu comme je le sentais et la directrice en était contente. Elle sentait la tension sans que je n’ai élevé la voix…Donc le réalisateur m’a simplement donné deux à trois indications supplémentaires, comme le fait de se lever avant de partir. Il était très bienveillant et sympathique, m’expliquant que je pouvais utiliser un mot que je sentais plus, si le sens de la phrase était respecté. C’était une très belle expérience !
Vous avez aussi fait d’autres tournages, pour TF1 notamment…
Il y aura, cet été, un petit rôle sympathique dans l’épisode “Pâtisserie au paradis” sur “Camping Paradis”. Il y aura aussi “Petits secrets entre voisins”, dans un rôle de tueur en série. C’est un genre de personnage que l’on me propose souvent, du fait de ma carrure et de ma voix, alors que je suis tout l’inverse dans la vie, heureusement.
Pour finir, mon rôle le plus important a été dans un docu-fiction pour France 2, qui passe à 13h 15 le dimanche. J’en avais déjà faits plusieurs et, là, c’est un agent de la CIA, qui faisait passer, de façon illégale, des livres, à l’époque de la guerre froide, de l’autre côté du rideau de fer. Je suis le personnage principal, ainsi que le narrateur, de ces quatre épisodes. C’était très intéressant à faire, avec une superbe équipe.
D’ailleurs, dans votre travail de préparation, aimez-vous vous renseigner également au travers de documents de l’époque par exemple ?
Sur les deux précédents, j’avais des rôles particulièrement lourds à porter, ceux du Général de Gaulle et du Général Massu. Ce dernier était extrêmement controversé pendant la guerre d’Algérie, il a amené la torture, en suivant les ordres mais en expliquant qu’il n’y avait pas d’autre solution. C’est un sujet toujours très sensible en France, même 60 ans plus tard…Donc j’ai pas mal stressé pour ces personnages. Mais, en général, malgré tout, comme dans la musique en fait, je fais confiance à mon instinct. Je peux me tromper mais je ne suis pas du genre à me regarder dans la glace, à essayer de faire le personnage.
Pour De Gaulle, je me suis dit qu’il ne fallait pas tomber dans la caricature et s’approcher de son phrasé. Ce qui était difficile, c’est qu’on le connaît surtout de façon vindicative, quand il faisait des discours mais on n’a pas de document où il parlait dans la vie privée. Sans doute qu’il ne faisait pas alors de grandes phases…Je l’avais donc joué plus calme.
Évidemment, j’écoute les indications du réalisateur, c’est le plus important et c’est lui qui me dit si c’est bien, si c’est trop ou si ce n’est pas assez.
Plus globalement, au moment de la diffusion, aimez-vous regarder le rendu final ?
Bien sûr ! Mais toujours avec pas mal d’appréhension…Contrairement à ce que beaucoup de gens imaginent, les artistes n’ont pas un ego surdimensionné et beaucoup ne sont pas sûrs d’eux du tout, n’aiment pas se voir et perçoivent surtout les défauts. On ne se voit jamais comme les autres nous voient…Je ne vois que mes défauts donc j’aime beaucoup demander à mon fils, qui ne me rate pas. C’est mon meilleur critique !
On peut avoir des surprises aussi, des bonnes comme des mauvaises. Beaucoup de scènes sont coupées au montage, on le sait. Ce qui ne veut pas forcément dire que l’on n’a pas été bon, c’est juste qu’il y a un timing à respecter…Parfois, on pense avoir fait quelque chose de pas terrible mais qui, finalement, rend bien. Cela tient à plein de choses, notamment au montage.
Vous êtes également chanteur. De monter sur scène doit être, à chaque fois, un réel plaisir ?
Oui, c’est un bonheur absolu ! Je suis chanteur et musicien depuis 30 ans, j’ai fait plus de 3 500 concerts, un peu partout en France et en Europe. Donc cela fait très longtemps que je tourne…Je me suis mis à la composition il y a une dizaine d’années, je ne fais donc plus uniquement des reprises.
Depuis le Covid, tout s’est cassé la figure, il y a moins d’endroits pour jouer, les gens sortent moins. C’est comme cela, en fait, que je suis arrivé à la comédie. J’en avais toujours rêvé mais je n’avais pas le temps. Avec 250 concerts par an, c’était impossible…Un jour, complètement par hasard, je suis allé faire une figuration, je n’en voyais pas l’intérêt, je stressais même mais j’ai adoré le milieu, j’ai trouvé cela extrêmement bienveillant, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. C’est passionnant de découvrir l’envers du décor.
J’ai eu envie d’essayer, on m’a conseillé de commencer par des courts métrages, afin d’avoir des images à exploiter et à envoyer aux directeurs de casting. Je n’avais aucune formation de comédien mais certaines de mes candidatures ont été validées et les gens étaient contents de mon travail. Je me suis dit que, finalement, j’étais peut-être quand même fait un peu pour ça aussi…
Depuis, j’ai fait une centaine de courts métrages et, petit à petit, j’ai réussi à décrocher des rôles à la télé. En fait, j’écoute beaucoup ce que les gens me disent et, après, je fais comme je le sens. On est tous différents donc je pense que chacun a sa chance. C’est, je trouve, un métier extraordinaire pour cela … Par contre, il y a, du coup, énormément de concurrence !
Quels registres musicaux aimez-vous plus particulièrement interpréter ?
J’ai toujours été passionné par le rock’n roll, même celui des années 50. J’aime tout ce qui va autour, la country, le gospel, le blues, …Mais je suis fan également de Serge Gainsbourg et de Renaud, donc ça ne m’empêche pas d’écouter de la musique française.
En France, on aime mettre des étiquettes : oui, j’aime la musique américaine des années 50, mais aussi celle des années 60 et des années 70…Il y a des choses qui me plaisent partout !
C’est pire encore au cinéma, j’ai pu le remarquer : je suis marrant, je sais faire le clown mais on m’oriente plus facilement vers des rôles de mafieux.
Aller en tournée en province doit être très grisant…
Exact ! Il y a même des régions où l’accueil est plus chaleureux que d’autres…Bon, je ne vous dirai pas lesquelles 🙂. Je découvre des coins incroyables de France…Je dois dire qu’à Paris, je sens que le public est habitué, les gens sont à l’écoute, ils aiment venir nous voir.
D’alterner entre la scène et le plateau doit être très complémentaire ?
C’est ça ! En ayant autant tourné en musique, je commençais quand même à sentir une petite lassitude…Là, effectivement, j’apprécie d’autant plus d’aller faire mes concerts quand, entre temps, j’ai fait des tournages, et vice versa. Je fais aussi beaucoup de pubs donc c’est assez amusant de passer d’une pub où on parle d’assurances, au Général de Gaulle, puis à chanter sur scène du rock’n roll. Je trouve cela extraordinaire ! Parfois, on perd un peu la boule mais c’est bien…C’est super, également, de rencontrer des milieux différents. C’est très étonnant d’ailleurs de voir à quel point les milieux de la musique et du cinéma ne se côtoient pas, c’est vraiment incroyable. Ils ne se connaissent pas, chaque milieu paraît très étranger à l’autre…Contrairement à la culture américaine, c’est très cloisonné.
Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?
J’ai de plus en plus d’envies dans le cinéma. Pour l’instant, je n’ai eu que des rôles en télévision, pas encore sur grand écran. Comme je le disais, j’aimerais également bien revenir sur “Un Si Grand Soleil”, j’adorerais être récurrent car j’aime beaucoup cette équipe, cette ambiance, ce studio et cette série.
Je sais jouer d’autres choses que des personnages qui font peur. J’aimerais que les directeurs de casting s’en aperçoivent davantage.
Niveau musique, je pense que je suis déjà allé au plus haut de ce que je pouvais faire…Mais sait-on jamais….
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur du quartier littéraire de Paris. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présent ici ?
Oui ! C’est très agréable…D’abord, c’est mon métier de rencontrer le public, je suis auteur-interprète, le spectacle vivant est mon métier, la rencontre des gens est mon métier. Donc je suis très content d’être ici, c’est chaleureux, c’est sympathique !
Un mot, si vous le voulez bien, sur le livre que vous présentez ?
Ce roman est le deuxième que j’ai écrit. Le premier avait été publié aux éditions de l’iconoclaste, celui-ci est chez Seuil. Comme le premier, c’est un roman en vers, c’est une grande chanson, qui raconte le voyage de mon personnage de chansons au Mexique dans les années 80. Il avait été envoyé là-bas par son père, qui souhaitait s’en débarrasser parce qu’il ne foutait rien. Il va aller au-devant d’expériences : la mort, le mysticisme, l’amour, la gastronomie…Cette expérience va le transformer et lui mettre le pied à l’étrier dans la vie, lui apprendre la vie en quelque sorte. A la fin, quand il revient en France, il se rend compte que ce voyage constitue un rite de passage vers l’âge adulte mais qu’il n’est pas complètement abouti parce que ses parents le voient toujours comme un paresseux incapable. Donc il va s’inventer un double, pour mettre une fin à cette infamie et il va commencer sa vie sous cette apparence-là…Cela se mélange un peu avec ma propre histoire, bien entendu !
Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir de vos lecteurs ?
Je pense que les gens apprécient de retrouver mon univers d’auteur de chansons, le ton, le personnage, et qu’ils entendent ma voix en lisant le livre. Effectivement, j’ai toujours travaillé dans l’oralité, y compris dans ces romans-là, qui sont destinés, après, à être créés sur scène, à en faire une adaptation pour le théâtre et la musique, ce qui est le cas encore ici, puisque je vais jouer à Avignon, à la Scala, cet été, à partir du 4 juillet, jusqu’au 12, puis à la Scala Paris, avant de partir en tournée pendant deux ans.
Sans doute que cette casquette-là d’auteur de livre est très nourrissante pour vous, en plus de toutes vos autres cordes artistiques ?
Oui ! En fait, je n’ai pas l’impression que ce ne soit qu’une casquette. C’est toujours la même personne, c’est toujours le même personnage qui déambule dans mes répertoires de chansons ou dans mes livres. Pour moi, c’est un tout ! Ces différentes activités relèvent vraiment de la même flamme…
Avez-vous déjà des envies et des projets pour poursuivre cette belle aventure littéraire ?
Je ne sais pas, parce que j’ai toujours eu du mal à me projeter à long-terme. Je marche pas à pas, et, là, je suis encore dans le roman puisque l’on vient de terminer la création. A partir du moment où il commence à être publique, là on commence à penser à quelque chose d’autre. Voilà, je suis dans cette phase de flottement en ce moment mais ça ne va pas durer longtemps parce que j’ai besoin d’être dans la création, pour mon équilibre personnel…La motivation première de mon travail est pour moi-même et puis, après, évidemment, je pense aux autres et à le partager avec les autres, éventuellement…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre EP “Echoes” vient tout juste de sortir. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Complètement ! Ca y est, cet objet musical ne m’appartient plus, maintenant il est entre les yeux et les oreilles du public…Oui, bien sûr, c’est toujours très émouvant d’avoir son projet, sur lequel on a travaillé, qui sort. Les jours de release, comme on dit, sont des jours toujours particuliers !
Si l’on en revient à sa genèse, d’où vous en était venue l’idée ?
En fait, j’ai toujours été très imprégnée par les années 80 et particulièrement par la période post punk et puck. J’ai rencontré Marc Collin, le producteur de “Nouvelle vague”, qui, lui, sort des albums depuis vingt ans, avec des reprises façon bossanova de grands standards rock aussi. On s’est rencontrés, on a discuté et on a convenu ensemble de travailler sur un EP. On a identifié cinq groupes, cinq chansons, cinq morceaux assez emblématiques, en tout cas qui résonnent fort chez moi et chez lui également. On s’est mis ensuite au travail dans son studio et c’est comme cela qu’est né cet EP, après plusieurs séances de travail.
Ces versions sont épurées, ce sont l’émotion et l’interprétation qui priment…
Si c’était pour faire une pâle copie que ce qui existe déjà, ce n’était pas intéressant. L’idée était vraiment de partir de ces morceaux emblématiques et de les déconstruire, pas dans leur forme, mais dans leur interprétation et dans leur intensité, pour proposer une version complètement nouvelle.
@ Alexy Poutrel
Un premier extrait était déjà sorti le 25 mars dernier, une reprise surprenante de "Burning Down The House" des Talking Heads. Quels premiers retours du public aviez-vous déjà pu avoir ?
Les gens ont trouvé cela très beau, très épuré, que c’était une version originale, qu’on était vraiment plus que dans une relecture, que c’était pratiquement un nouveau morceau, reggae plus que rock. Les retours étaient assez surpris de voir là où on avait emmené le morceau, par rapport à l’univers rock que je pouvais proposer avant. Donc j’ai envie de dire que je n’ai eu que de bons retours pour le moment.
Vous avez déjà pu retrouver le public sur scène, à Cannes récemment lors d’un showcase privé…
C’était la première fois, en plus, que je jouais ces morceaux, j’ai pu voir l’écho en live et, là aussi, je n’ai eu que des bons retours donc j’ai envie de dire que tout cela est de bon augure.
Certainement êtes-vous impatiente de pouvoir découvrir les retours sur le reste de l’EP ?
J’avais déjà fait des liens d’écoute en privé, c’est assez facile à écouter, et ce sont vraiment des versions complètement différentes. C’est en cela, je trouve, que c’est réussi ! On a vraiment proposé une alternative différente, qui fait sens pour nous.
Ces cinq titres pourront parler à tous, tant aux fans des versions originales qu’aux non initiés…
Effectivement, cela va peut-être aller conquérir un public qui ne connaît pas ces titres-là et, si ces versions leur donnent envie d’écouter l’original, c’est super. Finalement, un titre peut être inventé à l’infini et, si la version que vous proposez séduit, par ricochet, peut-être qu’il y aura des gens qui vont se pencher sur la discographie des groupes d’origine.
@ Alexy Poutrel
Au-delà de ces titres, auriez-vous l’envie d’aller encore plus loin ?
Oui ! J’ai aimé…Après, est-ce que ça ne veut pas dire une nouvelle orientation artistique, qui serait peut-être pour des compositions mais dans des versions un peu plus épurées que ce que je faisais avant ? Peut-être que c’est une voie que je vais travailler dorénavant, c’est-à-dire quelque chose d’assez minimaliste.
En parallèle, après y avoir joué l’année dernière, vous serez la maîtresse de cérémonie du festival d’Aix les Bains cette année …
Je vais aller voir des films, je vais rencontrer des équipes, …C’est mon deuxième élément, j’ai envie de vous dire. Donc ça va être une super semaine ! C’est très festif, c’est très joyeux, c’est un festival à dimension humaine, où vous pouvez rencontrer les gens aisément donc je suis très contente de faire partie de cette belle équipe aussi.
D’ailleurs, au moment de visionner des oeuvres, quel oeil prédomine : celui de la téléspectatrice ou celui de la professionnelle ?
Je pense que c’est un mélange des deux ! D’abord, un film, c’est une émotion, et l’émotion est une chose assez universelle. Si on en a une, après on peut, dans une seconde lecture, remarquer une réalisation par exemple. Donc c’est en un la spectatrice et en deux la professionnelle.
Vous êtes également en tournée théâtrale, depuis mars, dans la pièce “A qui la faute ?”. Un mot, si vous le voulez bien, sur le personnage que vous défendez ?
Je m’appelle Amandine, je suis la maman de Félix, qui est accusé par la famille d’une jeune fille d’être un harceleur. On passe vraiment du rire aux larmes, c’est une comédie mais qui donne à réfléchir, effectivement, sur quel est le rôle des parents dans l’éducation. On se demande s’il y a une part de responsabilité des parents quand ça se passe comme cela…C’est une question centrale dans cette pièce, où on voit s’opposer deux couples, deux styles différents d’éducation, deux visions différentes de la vie. Ce qui est génial, c’est que, quand on sort de la représentation, des spectateurs viennent nous voir pour nous dire que ça donne vraiment à réfléchir. Je crois que c’est gagné quand on vous dit ça !
Tous ces domaines et registres artistiques, bien que pouvant paraître, de l’extérieur, très différents, doivent certainement se nourrir les uns les autres ?
Ils sont très complémentaires. Le théatre et la musique sont tous les deux des arts scéniques, l’un nourrit l’autre. J’aimerais aussi participer à un spectacle musical, j’aimerais faire une pièce de théâtre musicale, c’est quelque chose qui me plairait beaucoup. Je trouve que ces arts sont extrêmement liés, c’est de l’expression scénique.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours artistique ?
Que ça continue comme ça, avec plein de jolis projets, à la fois sur scène au théâtre et dans la musique.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Cosne sur Loire. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici ?
Oui, c’est ça ! J’ai la chance, depuis que j’écris des livres, de faire beaucoup de salons et je rencontre, évidemment, tout le public, et aussi les autres auteurs, avec qui je suis amie, pour certains. Donc c’est toujours un grand plaisir de pouvoir participer à ce genre de salon !
Un mot, si vous le voulez bien, sur le livre que vous présentez ici ?
J’avais une biographie un peu plus importante, qui a été vendue entièrement hier donc je n’ai plus que les deux derniers livres. A savoir “Ma vie dans tous les sens”, qui est un livre que j’ai écrit sur tous les sujets qui m’intéressent et les rencontres que j’ai pu faire. Également un livre sur les animaux, parce que j’ai eu beaucoup de bêtes, que j’ai toujours, d’ailleurs, et j’ai une amie qui a créé un salon animalier à Périgueux et qui m’a demandé si je voulais écrire un livre là-dessus. Il y a de quoi en dire, on peut raconter beaucoup d’anecdotes à ce sujet donc j’ai écrit ce livre, avec plein de photos, sur les animaux. Et, là, j’en sors un autre à la rentrée, qui sera un roman à part entière, une histoire de fiction, que j’ai écrite parce que mon éditeur me pressait, à me dire que je ne sortais pas du côté où je parle de moi en gros. Là, au moins, j’ai complètement bifurqué vers un autre sujet et ce sera très différent !
Avez-vous d’ailleurs eu des sources particulières d’inspiration ?
Oui, oui. C’est toujours en fonction des spectacles que je vois. J’en vois beaucoup, je suis curieuse de ce qui se fait au théâtre, au cinéma, à la télévision et j’ai lu beaucoup de livres, parce que je suis une grande lectrice, indépendamment de tout ça. C’est vrai que j’ai profité de toutes ces rencontres que j’ai pu faire, de tous ces spectacles que j’ai vus…Cela m’a nourrit, à partir de là il y avait une base et je me suis dit que je pouvais proposer quelque chose de plausible et, espérons, d’intéressant.
C’est une histoire difficile à raconter comme cela…Déjà, c’est l’histoire d’un homme donc je ne suis pas du tout concernée. Cet homme est né dans les années 30 et va traverser, comme cela, le siècle. Je parle, bien sûr, beaucoup de tout ce que je connais, à savoir toutes les avancées qu’il y a eues, tous les drames qu’il y a eus…C’est très actuel ! J’ai pris plaisir à l’écrire, c’est venu au fur et à mesure que je l’écrivais et on verra, j’espère que ce sera bien accueilli !
D’ailleurs, de façon plus générale, quels retours pouvez-vous avoir de votre public ?
C’est toujours très gentil, très sympathique. C’est une grande chance, il faut reconnaître que la plupart des gens sont des gens de mon âge, des séniors, comme on dit, donc ce sont des gens qui, à l’occasion, sont venus me voir sur scène et qui ont vécu ces belles années, comme on dit, où c’était la jeunesse qui était là, les projets, les ambitions, tout ce que l’on veut. Donc, pour ces gens-là, c’est comme une impression de se retrouver parce que, quelque part, on a fait partie de leur vie. C’était vraiment, en plus, une période joyeuse, où il n’y avait pas les mêmes problèmes que maintenant donc, pour eux, ils gardent cela en mémoire en relation avec la famille, avec les fêtes aussi, les bons moments passés ensemble et tout ça. Donc c’est vrai que, quand il y a des gens qui viennent acheter les livres, il y a toujours un branchement, comme on dit.
Pour terminer, quels sont vos éventuels autres projets à venir ?
Je ne fais pas de projet à longue échéance, parce que j’estime que ça va, que j’ai bien donné et j’arrive à un âge où j’apprécie de plus en plus la tranquillité, le calme. D’ailleurs, à ce sujet, je n’habite pas très loin d’ici, dans l’Allier, dans la maison de famille et je suis très peu à Paris. J’y vais de temps en temps, bien sûr, mais j’apprécie énormément le charme de la maison, avec le jardin. J’ai six chats, je mets en place des choses pour les animaux, je me rends utile, je fais partie d’associations donc j’aime beaucoup cette vie-là et je ne recherche rien. On m’appelle parce que j’ai la chance de connaître beaucoup de gens et puis, à ce moment-là, je me fis un peu à mon fils ainé qui, lui, est beaucoup plus fort que moi dans tout ce qui est internet et tout ça, et qui gère la partie contrat, discussions, et, selon, on fait des spectacles, ou pas. Mais on ne recherche rien, ça reste vraiment des propositions, quand ça se fait, on est très content, si ça ne se fait pas, ce n’est pas grave…Je suis un peu au ralenti !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
L’aventure “Ménopause” poursuit sa belle et longue route, à Paris et en province. A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous ?
Oui, c’est impressionnant ! Alex Goude a vraiment visé tout le monde avec un humour accessible, sans prise de tête, avec des jeux de mots et des choses très légères. En même temps, il fallait qu’il y ait quand même un fond explicatif, pas loin du médical. Quand ça avait commencé, on s’était, nous, posé la question de quel public ça allait vraiment toucher. On pensait que les hommes n’allaient peut-être pas être concernés mais on a eu vraiment la surprise, sur scène, de voir un public qui passait par toutes les émotions et, surtout, à la sortie, de voir un nombre de femmes venir nous dire non pas “Bravo” mais “Merci, je me suis reconnue. D’un coup, je culpabilise moins. Mon mari a compris”. Les hommes nous disent “Ca y est, je comprends ma femme”, “Je comprends ma soeur”, “Je comprends ma mère”.
On s’est rendus compte de la portée hyper thérapeutique de ce spectacle, qui réussit à faire rire sur une souffrance que les femmes n’osaient pas exprimer. La ménopause est un sujet tabou. Ce qui est assez dingue, c’est qu’en réalité, il l’était pour moi aussi. Quand Alex m’a proposé ce rôle, j’étais limite vexée, à lui dire “Mais, Alex, je n’ai pas l’âge d’être ménopausée ! Je dois prendre comment ta proposition ?” (Rires). Il se trouve que, dedans, je joue le rôle d’une actrice qui est complètement tirée au botox dans tous les sens donc, en soi, ce n’est pas un problème que je ne fasse pas l’âge du personnage. C’est vrai que, sur le moment, j’ai eu quelques interrogations. En fait, ce n’est pas vexant car ça ne concerne pas uniquement un pourcentage des femmes, ça nous concerne toutes ! Plus je suis dans cette pièce, plus je réalise que c’est extrêmement cathartique pour moi aussi. Je ne dis pas que j’ai hâte mais j’appréhende la ménopause de manière très différente: non plus comme une triste fatalité mais comme une étape de vie. Ce n’est pas une fin en soi…C’est super important, culturellement et socialement, que les choses soient retournées dans ce sens-là parce que les femmes se sentent mal à l’aise avec ce qui n’est qu’une étape au final.
Je pense donc que le succès de cette pièce est dû au fait que ce spectacle soit thérapeutique, qu’il fasse du bien, qu’il dédouane les femmes de se sentir coupables et qu’il démystifie cette étape de vie. En plus, on rit beaucoup! La ménopause a l’avantage d’être un sujet qui ne se tarira jamais, qui ne s'arrêtera pas. Ce n’est pas un thème d'actualité, c’est un sujet humain qui concerne toutes les femmes et pour toujours…On a peut-être, du coup, une chance de jouer ce spectacle pendant 20 ans…D’ailleurs, j’aimerais bien le jouer ménopausée 🙂 donc il faut que ça dure encore ! (Rires)
Après deux ans sur scène, sans doute que vous appréhendez les représentations différemment du début ?
Totalement ! Au début, je n’avais jamais fait de comédie, j’avais fait beaucoup de théâtre mais classique, et puis, il y avait longtemps que je n’étais pas montée sur les planches. Je n’avais fait presque que de la musique pendant quinze ans donc je n’avais pas fait d’acting depuis très longtemps. Là, en plus, j’ai été confrontée à de nouveaux codes, ceux de la comédie, le tout avec un micro. Je projetais d’ailleurs beaucoup trop au départ. J’ai aussi été confrontée à des comédiennes de théâtre confirmées et j’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de me sentir légitime, j’avais l’impression d’être l’imposteur de service sur scène. En même temps, je voulais tellement prouver que l’on n’avait pas fait d’erreur en me mettant là que j’ai bossé comme une acharnée. Je me suis mis une pression d’enfer, mais je suis contente parce que j’ai énormément appris et que je continue d’apprendre.
Aujourd’hui, je m’amuse vraiment ! J’ai le personnage, je le connais, j’arrive à jouer avec et je me sens enfin légitime donc il y a une énorme différence entre le début et l’après ! Mais je continue à écouter, à prendre des conseils et à me faire coacher.
Sans doute que la palette de jeu est variée, ce qui doit être plaisant pour vous ?
Oui et, là encore, c’est hyper cathartique. J’ai toujours été habituée à devoir représenter « quelque chose de beau » sur scène. Au début, j’essayais d’être jolie malgré des moments très clownesques où il ne faut pas avoir peur de partir dans le ridicule. Cela a été un énorme travail pour moi, par exemple dans le fait d’accepter de faire une tronche qui n’est pas belle. Autant je pouvais le faire avec mes enfants chez moi, autant ça a été un réel travail d’oser le faire devant un vrai public. Cela a été extrêmement positif quand j’ai vu que les gens étaient réceptifs au moment où je lâchais la façade du paraître.
Du coup, maintenant, c’est vrai que j’ose ne plus penser au beau et c’est génial, c’est une vraie libération, même personnellement !
Le fait de jouer dans des différents endroits, à des dates non régulières, vous permet probablement de garder une certaine fraîcheur ?
C’est marrant, c’est une question que je me pose souvent. Il y a aussi la difficulté, justement, de se remettre à chaque fois dans le personnage, difficulté que n’ont pas les filles qui jouent d’affilée. Je me suis régulièrement demandé si ça me lasserait de le jouer tous les jours ou si j’y trouverais une incarnation plus naturelle. Je pense qu’il y a un peu des deux…Quand je le joue plus d’affilé, il est évident qu’à la troisième ou quatrième représentation, je continue à trouver des choses pour le personnage et, finalement, je rentre dans le vêtement de manière plus logique, je n’ai pas besoin de chercher, de me poser des questions ou de me remettre le texte en tête. En plus, en tournée, à chaque fois, il faut s’approprier l’espace et s’y adapter mais c’est aussi ce que j’aime, moi qui n’apprécie pas la routine.
En soi, quand je joue plus, je joue mieux mon personnage ! On évolue davantage ensemble…
D’ailleurs, avec le recul, quel regard portez-vous sur ce personnage ?
Au départ, je le trouvais assez désagréable et je m’amusais de son côté antipathique. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de tendresse pour ce personnage et je lui prête beaucoup moins “d’intelligence”. D’ailleurs, je pense qu’il est moins profond que ce que je lui donnais au départ. En fait, il ne faut pas le voir comme quelqu’un de trop touché par ce qui lui arrive…Je crois qu’il veut paraître et veut tenter de faire croire qu’il a cette profondeur, alors qu’en réalité, il ne l’a pas tant que ça. Son côté dilettant et fataliste est beaucoup plus présent que son côté « souffrance d’ancienne star ». En fait, la passerelle se fait moins, aujourd’hui, entre ce que je pourrais ressentir, moi, et le personnage ! En soi, c’est une vraie parenthèse de liberté que, maintenant, j’arrive à offrir au personnage
Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous, du coup, certaines sources particulières d’inspiration ?
Au départ, étant donné que c’est une reprise de jeu, j’avais comme base Marion Posta qui est la titulaire parisienne du personnage. Cela a été compliqué parce que c’est une comédienne vraiment très ancrée, qui, en plus, est très précise. Du coup, ça a été très impressionnant pour moi qui vis en fonction du temps qu’il fait et de mes humeurs (Rires). Mais les autres comédiennes m’ont un peu déculpabilisée de cette précision parce qu’elles sont vraiment dans le spectacle vivant et qu’elles ne jouent pas de la même façon tous les jours. Je pense que je fais plus partie de cette famille-là !
Au début, j’avais donc essayé de calquer un peu le jeu de Marion, ce qui était un tort parce que nous sommes très différentes. M’en détacher n’a pas été facile et j’ai mis longtemps à chercher des influences différentes. Finalement, c’est Manon, une coach fantastique, qui m’a aidée à faire cela, en m’expliquant qui est le personnage, à la base. Cela m’a permis de lui donner une identité différente et, aujourd’hui, je pense qu’il n’y a plus de comparaison possible entre ce que lui donne la titulaire parisienne et ce que je lui donne. Et c’est très bien comme ça !
En plus de quelques dates à Paris, vous assurez la grande majorité des dates en province. Cela doit certainement être très agréable d’aller rencontrer le public un peu partout ?
C’est génial et j’adore cette rencontre ponctuelle avec les gens. J’aime aussi l’énergie différente qu’il y a en province, où le côté évènement est beaucoup plus présent. C’est aussi l’occasion d’aller voir mes copains et ma famille du sud-ouest…On va à la rencontre de personnes qui ne peuvent pas forcément venir sur Paris, j’aime cette façon d’aller chez les gens et de leur permettre d’accéder à quelque chose. C’est vrai que le côté tournée me correspond plus encore, où l'ambiance est très particulière ! J’ai beau dire que, parfois, je suis fatiguée d’avoir toujours une valise à la main, au bout de quinze jours où je n’en ai pas, ça me manque…
Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?
Il y a une suite de tournée l’année prochaine, je ne sais pas si je vais la faire majoritairement mais je le souhaite plus que tout !
En réalité, je suis très heureuse dans cette aventure, je suis très heureuse sur une scène de théâtre et ce que j’aimerais, en ce qui me concerne, c’est qu’il y ait plus de comédies dans mes projets professionnels. Je voudrais pouvoir continuer Ménopause et en parallèle, des tournages télé, notamment des quotidiennes. J’aimerais vraiment beaucoup pouvoir rejoindre des troupes de séries, c’est quelque chose qui me plairait énormément.
Avez-vous d’autres projets musicaux en préparation ?
Je continue quand même à croire que j’ai encore quelque chose à faire là-dedans 🙂. J’ai toujours des idées et je n’ai pas envie d’avoir de frustrations avec des morceaux qui resteraient dans des tiroirs. Je continue d’essayer de les faire exister. J’essaie, aujourd’hui, de finaliser un projet qui devrait voir le jour d’ici peu. Je vise davantage le live, les festivals…c’est définitivement sur scène que je suis la plus heureuse.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre actualité, en cours et à venir, est riche et variée. Les téléspectateurs de France 3 ont récemment pu vous retrouver dans “A priori”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été, pour vous, de participer à ce beau projet télévisuel ?
Oui ! J’avais vu la première saison et, surtout, j’avais vu Lucia, dans l’un de ses premiers gros rôles. Quand j’ai su que j’allais participer à cette saison 2, j’étais hyper excitée par le projet, j’ai bien aimé, dès sa lecture, le scénario et c’est vrai que j’ai un très bon souvenir, même du casting. C’est Adèle Esposito qui s’en occupait, ça m’a vraiment fait du bien parce que c’était hyper bienveillant…Juste de le passer était déjà un plaisir. En vrai, de tourner dans le sud était aussi un énorme plaisir, à Montpellier, sous le soleil, dans un cadre vraiment idéal !
Quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Je crois que j’ai beaucoup de tendresse pour Manon, je l’aime bien. C’est un personnage qui est quand même assez central dans l’épisode…Au début, on sent qu’elle cache quelque chose mais on ne sait pas trop quoi. Elle a aussi une méfiance vis-à-vis de la police, elle ne se sent pas à l’aise de leur parler de ce qui s’est passé …Le sujet de l’épisode est hyper actuel et j’ai trouvé ça cool, dès la lecture du scénario, qu’on en parle.
Manon, en vrai, est juste une jeune femme qui essaie de s’en sortir et je comprends également son point de vue, même si je ne suis pas en accord avec tout ce qu’elle fait.
Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Je n’avais pas vraiment de référence très précise de personnage, je crois que j’ai plus fait le travail de revenir à moi et de réfléchir à sa vie, à pourquoi elle en est là, pour créer un pont entre nous deux et être la plus authentique possible pendant le tournage.
Sur le plateau, dans la séquence où elle apprend la mort de Lionel, c’était assez beau…J’étais un peu stressée, on était toutes les deux avec Lucia et elle m’a juste dit “T’inquiètes, respires, ça va !”, ce qui m’a fait du bien, m’a détendue et m’a permis de rencontrer ce qui se passait réellement pour Manon à ce moment-là.
La palette de jeu était, du coup, large et variée…
C’est vrai ! Il y a la culpabilité, le fait de cacher certaines choses et, en même temps, c’est aussi une femme qui s’impose face à Jim, ce que j’ai bien aimé. Elle est fière, également. C’est vrai qu’il y avait beaucoup de choses à jouer, c’était très intéressant !
La diffusion a-t-elle été l’occasion de retours des téléspectateurs ?
J’ai eu quelques retours de gens qui avaient aimé, notamment sur les réseaux. En vrai, c’est plutôt compliqué pour moi de regarder la diffusion…Je regarde très peu ce que je fais mais je trouve intéressant d’avoir plusieurs regards dessus. Un regard de plaisir de voir le résultat final de quelque chose que tu as lu puis traversé pendant plusieurs semaines, puis celui de voir un épisode de série, comme je regarderais n’importe quel épisode et un regard plus critique de moi, en tant que comédienne, qui ai envie de progresser. Souvent, j’ai besoin de plusieurs visionnages pour me détacher de la critique et revenir juste dans le plaisir de voir mon travail. En vrai, j’ai cela avec tout, notamment avec la musique.
En parallèle, vous serez de retour sur scène, en septembre, dans “Emilienne d’Alençon”. Très simplement, comment pitcher ce spectacle ?
C’est mis en scène par Elise Prévost, on est cinq femmes sur scène et on raconte la vie de cette demi-mondaine de la belle époque. C’est une femme qui a écrit des poèmes sur les femmes, et notamment sur son amour pour elles. La pièce est un peu chorale, on y retrouve les 3 Grâces de la belle époque, des figures alors très importantes mais que l’on a beaucoup oubliées : Liane de Pougy, Otero et Emilienne. Elles avaient une place même un peu artistique, elles écrivaient, dansaient et faisaient du théâtre et elles étaient essentiellement connues pour avoir des relations avec des hommes riches. Mais elles ont un peu, également, révolutionné quelque chose à cette époque, elles avaient une sorte de liberté qui était assez belle et que la metteuse en scène avait envie de retranscrire. Surtout, Elise avait envie de remettre en valeur des textes de femmes, parce qu’on en connaît peu.
Quels personnages avez-vous le plaisir de pouvoir incarner ?
J’incarne plusieurs personnages différents, j’alterne entre Jacques D’Uzès, un duc de l’époque et Coco Chanel. C’est hyper intéressant ! La pièce a la particularité, au tout début, d’être un petit peu contemporaine, avant de rentrer totalement dans la période de la belle époque. On fait plusieurs fois ce chemin, c’est plaisant à traverser !
Ces personnages ayant réellement existé, vous étiez-vous renseignée sur leurs histoires ?
Beaucoup de textes d’archives ont été récupérés et mis en dialogue. On a toutes lu la biographie d’Emilienne et la metteuse en scène nous avait donné, à chacune, des livres très précis. J’ai regardé aussi un film sur Coco Chanel, j’ai fait un vrai travail de recherche sur l’époque, sur les costumes d’alors, sur les rapports entre ces femmes-là. C’était assez passionnant de faire tout ce travail !
Vous serez sur scène le 19 septembre, dans un cadre bien particulier…
Ce sera au théâtre Berthelot, pour la journée du matrimoine. La metteuse en scène fait un gros travail de diffusion, elle aimerait bien rentrer dans un réseau de subventions de théâtre public, c’est pas mal de travail mais c’est intéressant de voir le temps que ça prend et l’évolution. On a déjà joué la pièce plusieurs fois et, à chaque fois, elle change un peu, elle évolue d’une belle façon. J’avais, avant, joué dans quelques pièces mais c’est la première fois que je suis vraiment au cœur d’un projet, et c’est hyper intéressant de voir l’autre côté, les mails, la diffusion, les subventions, …pour essayer de faire vivre le spectacle.
Vous êtes aussi chanteuse et vous préparez actuellement un EP…
Un EP de 5 titres de pop, en français ! C’est la première fois que j’écris en français, j’avais sorti, il y a deux ans, un titre en anglais et, depuis, j’étais dans un gros travail de recherche sur les sonorités dont j’avais envie pour le projet final. J’ai retravaillé mes textes, en lien avec ce que je voulais vraiment raconter et je pense qu’il y a quelque chose d’assez spontané dans chaque titre. Je parle, à la fois, de relations amoureuses et de ruptures. Dans un titre, j’évoque mon expérience en tant que comédienne, l’école que j’ai faite et, donc, les rêves que j’ai pu avoir …et des rêves qui se détruisent avec des expériences qui ne sont pas toujours hyper agréables. En fait, ce qu’il y a de commun à chaque titre, c’est qu’ils sont tous très sincères et qu’ils parlent tous de ma vie de ces cinq à dix dernières années, en traversant les relations amicales, les relations amoureuses, le travail et en se demandant comment trouver l’équilibre entre tout ça.
Pour le premier titre que j’aimerais sortir, je suis repartie d’une chanson que j’avais faite pour un tremplin, dans lequel j’avais été finaliste. J’ai repris les refrains et j’ai changé les couplets, ils ne me ressemblaient plus et, maintenant, ils me ressemblent davantage. C’est un titre un peu particulier, qui me fait du bien…La chanson s’appelle “J’aimerais que tu” et le refrain est “J’aimerais que tu prennes soin de toi”. Je crois que ça me plairait, dans cet EP, d’apporter beaucoup de douceur pour parler, avec amour, de sujets lourds, en y mettant, à la fin, une touche de lumière.
Plus globalement, ces différentes casquettes artistiques, bien que pouvant paraître très éloignées, sont sans doute très complémentaires pour vous ?
Oui, vraiment ! Je trouve hyper intéressant de faire de l’art pluridisciplinaire et je pense que c’est quelque chose vers lequel j’aimerais aller de plus en plus ! Surtout aujourd’hui, quand on fait de la musique, on fait ensuite des visuels, qui nous ramènent au cinéma, par des clips. En ce moment, la musique regroupe un peu toutes mes passions puisque sur scène, ça va plus se rapprocher, également, du théâtre et de quelque chose de plus performatif, que je trouve hyper intéressant. En même temps, juste dans le fait d’écrire et d’essayer de trouver une sincérité dans mes textes et dans ma musique, il y a quelque chose qui se rapproche juste du jeu en général…C’est la même sincérité que j’ai envie de mettre dans mes personnages quand je les interprète, et que je trouve aussi quand je chante mes titres…Oui, j’ai vraiment l’impression que tout se nourrit et que tout est très complémentaire ! J’adore faire un peu de tout, en tout cas…
Merci, Elisa, pour toutes vos réponses !
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