Le gout du bonheur : Sylvain Boccara nous en dit plus sur la nouvelle pièce de théâtre qu'il interprète actuellement !
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Bonjour Sylvain,
Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview ensemble !
Vous êtes actuellement sur scène, dans « Le gout du bonheur », aux côtés de Tonya Kinzinger et de Thierry Beccaro. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Je pense que vous n’imaginez pas, non J ! C’est même difficile à décrire, tellement je suis content…Je viens du théâtre, j’ai fait des écoles, des formations, des petits spectacles…J’avais même commencé avec « Les aventures de Guz », un spectacle pour enfants. A chaque fois, c’étaient des pièces intimistes on va dire et, là, d’être pris sur cette pièce, avec ces deux acteurs, est génial ! Je connaissais Tonya mais on n’avait pas pu travailler ensemble sur « Un Si Grand Soleil » - on avait fait une seule scène – et, là, on a une complicité très agréable. Je découvre Thierry, il est super intéressant, tout comme Olivier Macé, le metteur en scène.
Oui, ce sont mes premiers amours et, même temps, d’être passé par la télé pendant 3 ans m’a fait découvrir d’autres choses sur mon jeu. Du coup, je reviens avec de nouvelles armes…Par exemple, rien que sur la portée vocale : en chanson et en télé, tu dois aller chercher la justesse la plus absolue, dans quelque chose qui va être enregistré et diffusé seulement après. Là, il faut qu’au moment où tu dis chaque phrase, tout soit reçu…J’adore, je me sens vivant, vraiment !
Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?
Ça parle du bonheur ! C’est une relation tumultueuse entre Margot, qui tient un kiosque à journaux dans une gare déserte, et un artiste peintre, Alexandre, qui revient là souvent. Ils se chamaillent, ils se chamaillent, ils se chamaillent…Je suis le fils de Margot, je dois partir faire de la musique et, en même temps, je ne veux pas non plus laisser ma mère toute seule. Je suis fanatique également de cet artiste peintre…Je suis au milieu de tout cela, j’amène la joie.
Du coup, c’est toute une intrigue qui se tisse et, en même temps, ça reste quand même une bonne comédie !
Sans doute que des sujets importants sont ainsi abordés, sous les traits de la comédie, pour mieux les faire entendre du public ?
Oui, oui. On a fait notre couturière il y a quelques jours, devant 1 200 personnes, c’était incroyable. Dans la pièce, il y a pas mal de blagues sur la SNCF, qui sont plutôt justes et on sent que les gens réagissent…Il y a aussi toute la question de vivre des aventures pour une femme qui a déjà connu une bonne partie de la vie et qui, en même temps, est pleine de rêves. Egalement les secrets familiaux qui peuvent exister et qui ont besoin, souvent, d’être résolus. C’est comme cela, je trouve, que l’on peut toucher le bonheur : tant qu’il y a des secrets, ça ne sent pas très bon !
Votre personnage vous permet vraisemblablement une palette de jeu très plaisante à défendre…
Oui, oui, oui, oui, oui ! Il est vraiment haut en couleurs. Le rapport avec la mère est très dans le rire, à la charrier et, en même temps, elle, aussi, est un personnage donc, dès fois, il est un peu mal à l’aise et gêné par sa mère, comme tous les jeunes, à dire « Arrêtes maman, tu me gênes ! ». Elle est assez libre sexuellement, c’est toujours un peu gênant pour son fils mais, en même temps, il veut son bonheur. Il veut la suivre mais il veut aussi partir…Il y a tous ces enjeux-là !
Sans oublier le rapport au personnage d’Alexandre, où je le connais de réputation et où lui ne me connait pas. Mais il me découvre et m’adore aussi. En fait, peut-être qu’on va avoir plus que ce lien-là ?
Oui, du coup, il y a vraiment une grande palette, dans toutes les émotions et, en même temps, je reste un personnage moteur. C’est une belle pièce, construite sur l’équilibre d’un trio où Tonya tient la pièce de A à Z, à être tout le temps-là, que l’on suit et qui est très touchante, où Thierry est très drôle par sa présence, tout en étant un misanthrope attachant. Je suis là pour équilibrer ce duo, car il y a plein de moments entre eux où on se dit « Ce n’est pas possible, ça ne va pas le faire » et mon personnage vient toujours rallumer cette petite flamme, c’est trop bien !
Au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Déjà, Tonya m’a parlé de son fils, qui fait aussi de la musique donc j’y ai trouvé des similitudes. Il faut toujours essayer de rapprocher le personnage à soi donc j’ai pensé à moi…J’ai une petite sœur qui a un âge un peu plus jeune donc j’ai essayé d’analyser son rapport à notre mère. J’ai, du coup, picoré un peu partout !
A la couturière, j’ai pu rencontrer le fils de Tonya, ce qui va me nourrir encore pour la suite car ils ont un chouette rapport, à se charrier, en étant très joueurs.
Peut-être aussi qu’il y a eu d’autres inspirations inconscientes…Je ne sais pas si ça fait cela à tout le monde mais, quand je bosse sur un rôle, en fait j’y rapproche un peu tout ce que je vois. Même un article de journal…C’est Tiago Rodrigues qui nous parle des fantômes qui nous suivent pour nos personnages, à dire qu’ils augmentent notre quotidien. Je ne suis pas du tout dans la méthode de l’acteur studio, à penser que je suis le personnage, non je ne suis qu’un comédien mais, par contre, ça m’habite parce que c’est mon travail. Donc, en permanence, je vois des échos et je m’en nourris, sans être avare.
Tonya et Thierry avaient déjà joué ensemble sur scène, il y a quelques années. Ce qui a probablement aidé à la complicité au moment des répétitions notamment…
Complètement ! Cela m’a aidé pour m’intégrer, leur complicité naissante a facilité cela. On sent la joie qu’ils ont de se retrouver. C’est comme si deux anciens copains se retrouvaient dans la cour de récréation. Cela fait plaisir aussi aux spectateurs, qui nous en ont parlé, et qui retrouvent ce lien-là !
J’ai senti un environnement sain, où ils se connaissaient et dans lequel ils savaient ce qu’ils faisaient. C’est quand même agréable !
Vous évoquiez la couturière, à Agde. A-t-elle été l’occasion de premiers retours du public ?
Oui…Les gens ont beaucoup ri, les réactions étaient franchement bonnes et, en même temps, on en est d’ailleurs toujours surpris, il y avait des moments de tension où on entendait les gens réagir. Sans en dire trop, il y a un moment où je laisse un petit suspense et j’ai été surpris des chuchotements où les spectateurs imaginaient ce que mon personnage allait dire. Le public était donc avec nous !
Un grand merci pour la scénographie, pour les décors, pour les lumières, que l’on a pu créer sur place. La pièce a pris vie là-bas et on y retrouve quelque chose de très cinématographique, un peu de comédie romantique italienne. Du coup, les gens nous ont dit, à plusieurs reprises, qu’ils se sentaient avec nous et que c’était presque immersif. C’est vraiment pas mal !
Certainement aussi que vous avez eu des étonnements quant aux moments de quelques réactions, comparativement à la projection que vous vous en étiez faite ?
Complètement ! On était surpris nous-mêmes…A certains moments, les gens ont réagi encore plus que ce à quoi on s’attendait. Ils ont également réagi à des moments auxquels on ne s’attendait pas… En même temps, c’est ça le spectacle vivant : on va aller dans d’autres endroits, où ça rigolera d’autres choses…C’est marrant de voir comment chaque public se comporte et quelle est l’ambiance de chaque salle. En tant que comédiens, on est alors pleinement vivants parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre !
On a beaucoup réécrit la pièce, même la veille car Olivier, dans son travail, veut trouver une connerie par jour. Ca a super bien marché, on en est très contents !
De toute façon, représentation après représentation, vous allez continuer à affiner…
On a la base, on peut maintenant se concentrer sur les détails et sur ces moments de tension dont je vous parlais. Au théâtre, ça peut se jouer à une seconde donc il faut être à l’écoute, de ses partenaires et du public.
On a hâte de montrer cette histoire au plus grand nombre ! On a senti que ça faisait aussi plaisir aux gens de nous voir, par rapport à « Un Si Grand Soleil » ou à « Motus ». Les gens sont ravis et nous voient autrement ! De leur point de vue, on appartient à leur environnement et, de la même manière qu’un ami te dit « mais tu sais que je fais de la peinture aussi ? », tu as envie d’aller voir et, après, tu le perçois autrement. Je pense que c’est un peu la même chose ! Et puis, si ça peut aussi amener des gens au théâtre, je suis content…
En conclusion, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Je continue la musique, on a fini un album et on va s’atteler aux clips…Je suis comédien donc j’ai envie d’un côté théâtre. On fera surement aussi des concerts en région parisienne…
J’ai également un projet de théâtre sur l’Arménie. C’est une pièce documentaire, à partir des travaux de ma mère, qui est sociologue. Ce sera un beau projet, en collaboration probable avec la maison de l’Arménie en France. Peut-être même que l’on ira jouer en Arménie aussi. Pour l’instant, j’aide à la création, je ne sais pas encore si je vais vraiment être à la mise en scène et j’aimerais m’occuper de la musique. En tout cas, c’est un projet qui me tient à cœur !
Merci, Sylvain, pour toutes vos réponses !
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