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Le médias blog de Julian

Lucile Marquis : actualités, projets, envies artistiques - elle nous dit tout !

1 Août 2016 , Rédigé par Julian STOCKY Publié dans #Théâtre, #Télévision

Lucile Marquis : actualités, projets, envies artistiques - elle nous dit tout !

Bonjour Lucile,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour le blog.

1/ Vous serez de retour, à la rentrée, sur les planches avec la pièce « Le portrait de Dorian Gray ». Quel en est le contenu ? Quelle histoire y est racontée ?

La douloureuse thématique du temps qui passe y est traitée, et cela fait mal ! C’est une adaptation très réussie de l’œuvre d’Oscar Wild. Fidèle au roman, avec quelques modifications apportées par le metteur en scène.

C’est une pièce douloureuse, mais chouette justement parce qu’elle fait réfléchir. Parce que chacun veut courir, de toute façon, après le temps et conserver sa jeunesse.

2/ Comment décririez-vous vos personnages ? Quelles en sont leurs principales caractéristiques ?

Dans le roman de Wilde ne figurent pas tous les personnages que j’interprète. Certains ont été créés par le metteur en scène.

On le sait, Wilde n’aimait pas beaucoup les femmes, elles ne sont pas forcément mises en valeur dans le roman, elles ne le sont pas non plus sur scène car la pièce est hautement misogyne. Cependant, j’en interprète finalement trois, on peut même dire quatre, dont deux inventées.

Dans le prologue jensuis une meneuse de revue qui introduit la pièce. Ensuite, je joue le personnage de Sybil Wane, la seule amoureuse de Dorian. Qui existe vraiment dans le roman et qui se suicidera d’avoir été délaissée par son amour.

Puis une prostituée, qui me donne l’occasion de chanter. Elle aussi est inventée par le metteur en scène pour faire un lien et apporter ce qu’il faut de sexy et de luxure, et enfin, le personnage de la duchesse . Toutes ces femmes, de tous rangs et dans tous les domaines, sont bafouées.

Tous ces personnages servent le héros et connaissent une fin plutôt identique. Soit ils meurent, soit ils souffrent terriblement. Ils sont très sensibles. J’essaie ainsi de représenter toutes les amoureuses de Dorian.

3/ Selon vous, qu’est-ce qui plait tant aux spectateurs ? Qu’est-ce qui les incitent à venir voir la pièce ?

Je pense que les gens viennent parce que c’est un classique et parce que Wild plait. La mise en scène sobre laisse entendre le texte de Wilde. Les tableaux défilent, on se laisse prendre, je crois, par la simplicité des décors, de la scénographie et de ce qui est raconté. Le thème est intemporel et universel Mes partenaires sont géniaux et j’ai eu le plaisir de jouer avec les deux distributions.

4/ Revenons sur les derniers instants avant de rentrer sur scène. Quels sentiments prédominent alors en vous ?

Ce moment est le pire pour moi. Je le redoute à chaque fois. Je suis sur un piédestal, de l’autre côté du rideau et j’entends la salle se remplir. Les petits rituels se mettent en place, le régisseur plateau communique avec la régie pour envoyer de la fumée pour le début du specacle, je demande tous les soirs qu’il y en ait un maximum pour être cachée ! Je me laisse ensuite une minute pour faire tous mes tocs ! Puis le piano se lance, la lumière s’éteint, le rideau s’ouvre, je sais alors que je vais passer de l’invisible à la vue de toute la salle. Ce qui augmente fortement les battements de mon cœur.

Quand je lève la tête et que je vois les gens, il y a toujours une latence d’une seconde où je peux mourir ! Mais, dès que je suis lancée, je suis très heureuse, le sourire revient naturellement et ce n’est alors que de la joie, du challenge et du plaisir.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?

Je travaille avec la compagnie « Les Nomadesques », à l’Alhambra, depuis l’année dernière, dans des spectacles pour enfants. Ils nous prennent beaucoup d’énergie mais sont géniaux.

J’accompagne Pierre-Etienne Royer sur une pièce que l’on a testée à Avignon l’année dernière, « Une très belle histoire (en presque une heure douze !) ». Nous allons la reprendre à partir de novembre à Asnières. J’y travaille sur l’écriture, la mise en scène et le jeu.

J’ai appris récemment que je suis choisie pour le premier rôle féminin d’un long métrage indépendant. C’est super, je suis très heureux de participer à cette aventure .C’est un film d’anticipation, domaine que je ne connais pas. Le challenge me fait peur mais m’attire.

Sans oublier deux pilotes de séries qui sont en bonne voie de développement et qui devraient être tournés dans l’année.

6/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes. Notamment au théâtre, en télévision, au cinéma mais aussi les publicités. Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents exercices ?

Je n’ai jamais refusé un travail ! Chaque expérience est intéressante et enrichissante. J’apprends à chaque fois, même dans les pires galères. Tout est génial dans ce que l’on fait, même quand le contexte est moins bien.

La différence entre la scène et l’image est énorme. Je m’en suis d’ailleurs aperçu récemment. Je faisais beaucoup d’images, j’avais donc l’habitude de jouer uniquement avec ma tête, mon visage et mes émotions. Lorsque j’ai démarré « Le portrait de Dorian Gray » au Lucernaire, dans une salle assez petite, on me demandait de chanter mais en murmurant cela passait, on me demandait de jouer mais ma voix passait aussi.

Quand je suis arrivée à la Comédie des Champs-Elysées, cette salle immense, je me suis rendu compte que cela ne passait pas ! Donc, techniquement, il a fallu que j’apprenne à avoir un corps, pour que ma voix ne s’arrête pas au troisième rang lorsque je chante et que je joue.

Donc, au niveau artistique pur, ces deux domaines sont bien différents. Certes, on y raconte à chaque fois des histoires, mais les façons, les techniques, le parcours, la préparation, l’enjeu, la pression ne sont pas les mêmes. Ces domaines sont donc complémentaires mais distincts. Les techniques théâtrales s’apprennent et j’estime être encore en rodage.

Avez-vous une préférence pour un domaine en particulier ?

J’aurais tendance à dire que la diversité m’intéresse, mais si j’avais un choix à faire, je retiendrais les planches. Parce que les ressentis sont tellement plus forts, plus intenses et meilleurs. Le rapport avec le public est juste génial.

7/ Pour conclure, que dire aux lecteurs pour les inciter à continuer de s’intéresser à l’art, quelle qu’en soit la forme retenue ?

Que l’art est indispensable, qu’il est enrichissant, qu’il permet l’évasion, qu’il fait vivre, qu’il est beau, qu’il est source d’apprentissage, qu’il est contre l’ignorance. Vive l’art !

Ce fut un plaisir, Lucile, d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

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