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theatre

Marion Huguenin évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marion,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver chaque week-end sur TMC dans la série à succès « Les Mystères de l’Amour », où vous y interprétez le personnage de Chloé. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de revenir régulièrement sur le plateau, entourée de toute l’équipe ?

Ah oui, ça c’est sûr ! J’exerce le métier que j’aime avec une équipe que j’adore ! Donc c’est un engouement à chaque fois de pouvoir retrouver une équipe que l’on aime, qui nous connait, avec ses avantages et ses défauts bien sûr. Mais c’est vraiment comme une famille, comme une bande de potes avec qui je travaille. On fait de gros horaires donc, franchement, heureusement que l’on s’entend bien. C’est beaucoup beaucoup de travail mais c’est autant de plaisir, effectivement, de retrouver tout le monde. Je crois que je m’entends bien avec tout le monde en plus, j’ai cette chanceJ. Je ne peux qu’être contente de revenir, oui c’est vrai que ça se passe bien.

Après, bien sûr, il y a des affinités mais tout le monde est hyper cool. J’ai toujours été bien accueillie et bien accueillie à nouveau lors de mon retour d’ailleurs. C’est comme, en fait, si je n’étais jamais partie.

On voit à présent beaucoup Chloé dans son environnement de travail, le milieu hospitalier, contrairement à avant où elle évoluait avant tout dans son environnement personnel. Cette évolution-là semble bien lui correspondre, dans ses valeurs humaines, d’entraide et de solidarité qu’on lui connait…

Oui, c’est vrai ce que vous dites. J’ai été contente, déjà, de la voir travailler. Avant, elle faisait des shootings, elle était peut-être un peu modèle mais je n’ai pas le souvenir, je réfléchis, de l’avoir vue travailler. Je sais qu’elle suivait des études d’infirmière mais qu’elle avait lâchée avant la fin. C’est pour cela qu’ils avaient accepté de l’embaucher en tant qu’aide-soignante à l’hôpital. Et, là, dans les dialogues, il y a un moment de cela, je disais que j’allais passer mon diplôme d’infirmière, je ne sais pas si je ne l’ai pas eu ou si je suis encore en préparation, en tout cas mon statut n’a pas changé. Il faudra que je redemande quand même à Jean-Luc où ça en est.

Je suis contente de la voir à ce poste, ce sont de belles valeurs à montrer et, surtout, le métier d’aide-soignant me touche particulièrement, j’ai accompagné pas mal de personnes en fin de vie et je pense que je suis plutôt souvent dans le soutien, le partage et l’entraide. Donc ça me va bien. Cela me permet aussi de voir tous les personnages puisque, à tour de rôle, ils sont accidentés ou malades. C’est chouette ! En plus, avec tout ce qui s’est passé avec le Covid notamment, aide-soignante dans une équipe médicale est un boulot que je trouve remarquable. Alors, je ne sais pas si j’en aurais eu le courage, très honnêtement mais j’ai toujours eu beaucoup d’atomes crochus avec la psychologie et la médecine. Donc, finalement, c’est un bon mix des deux. En tout cas, je trouve très chouette de pouvoir faire ce métier, j’ai dit à Jean-Luc que je suis hyper contente et lui, à priori, est content aussi de l’évolution de Chloé. Elle se rapproche de plus en plus d’Hélène finalement, elle a arrêté toutes ses conneries, elle se range un peu plus. Cela me va très bien de ne plus avoir plusieurs partenaires, de tromper,…C’était très marrant de faire ce personnage rock’n roll et je pense qu’elle a toujours un petit côté comme ça en elle… au final il y a toujours un petit revirement de situation de temps en temps. Mais le côté un peu plus posée me fait plus penser à Hélène et, quelque part, c’est pas mal qu’en vieillissant elle ait de la maturité. Donc, oui, c’est un plaisir, carrément !

Depuis peu, un grand décor d’hôpital a été créé, crédibilisant le lieu mais permettant aussi un terrain de jeu très large et diversifié…

En plus, l’équipe déco a fait un super boulot. Je trouve ça super chouette, c’est beau, c’est bien fait, c’est crédible. La lumière également. Un département de réa a été construit, il y a aussi la salle des infirmières et le vestiaire que l’on voit de temps en temps. Donc ils n’ont pas fait qu’un décor d’hopital avec des couloirs et une chambre. Même l’entrée avec les ascenseurs ainsi que le coin machine à café donnent l’impression d’un petit salon d’hôpital, où les bouquins trainent. C’est du détail, c’est de la déco de télé mais j’ai été vraiment bluffée de voir à quel point c’était bien terminé. Il y a même tout ce petit département d’accueil avec les secrétaires médicales. On n’a pas l’habitude, sur LMA, d’avoir de gros décors parce que l’on tourne quasiment tout le temps en décors naturels. Donc, tout d’un coup, quand un décor se monte pour la série, ça fait toujours plaisir. Je me sens valorisée d’être dans un joli décor, c’est chouette.

Au-delà de la stabilisation professionnelle de Chloé, elle commence aussi à se stabiliser personnellement, au travers de sa relation amoureuse avec Fabrice. Les choses ont mis du temps à se concrétiser mais ça y est, leur couple est maintenant officiel…

Pour l’instant, en tout cas car il y a souvent des rebondissements avec Jean-Luc. Mais, oui, oui, elle est épanouie avec quelqu’un de sympa, qui a l’air d’avoir des sentiments sincères aussi envers elle. On n’est jamais à l’abri de rien mais, pour l’instant, je trouve qu’effectivement, ils ont une jolie histoire. Ça commence bien, pourvu que ça dure.

On peut voir aussi ponctuellement Chloé dans l’appartement de Fanny et Christian. Là-aussi, ce trio est très plaisant à l’image et s’inscrit, pour elle, dans une certaine continuité : on retrouve sa logique à soutenir ses camarades et à être bienveillante envers eux…

Oui, c’est vrai ! En plus, ce qui est bien, c’est qu’il n’y a pas d’histoire de jalousie et d’animosité envers Fanny, alors que Chloé a quand même été mariée avec Christian. Bon, Fanny était avec lui avant Chloé mais elles en parlent ouvertement dans les séquences, c’est plutôt sympa. Pareil, elle a divorcé d’avec Christian, ça se passe toujours aussi bien, ils sont contents les uns pour les autres de leurs histoires d’amour respectives. Donc, c’est vrai, Chloé est toujours un soutien pour ses amis, en toutes circonstances. En plus, elle est posée donc un peu plus lucide qu’avant.

De façon plus globale, on le sait, le rythme de tournage est soutenu. Au fur et à mesure des années, on peut penser que vous appréhendez différemment ces conditions-là ?

En fait, je pense que l’on chope le rythme assez vite, sinon le personnage ne reste pas. Parce que les journées sont à rallonge, on fait 26 minutes utiles par jour, là où, sur un long-métrage, on en fait 3. Donc on va quasiment dix fois plus vite. Pour quelqu’un qui n’arriverait pas à suivre la cadence, le personnage s’arrêterait naturellement, sinon la personne ne pourrait pas tenir. On est, malgré tout, un peu obligés de s’habituer à cela très rapidement. Moi qui suis la sœur d’Hélène, on aurait pu penser que c’est normal que je reste pendant plusieurs années mais pas du tout : quand on arrive, on ne sait pas pour combien de temps on est là. Je pensais rester un épisode ou deux, quand on m’a appelé. Mais, très honnêtement, pas du tout 10 ans, c’est sûr que non.

Il faut que ça se passe bien, il faut que ça aille vite. Quand j’ai passé le casting, la directrice de casting m’avait prévenue que je n’aurai qu’une seule prise parce que, sur le plateau, ça va très vite. Donc, déjà, la pré-sélection se fait comme cela. Je me souviens, j’avais trois pages de texte avec énormément de noms de personnages, du genre : « Ah, salut Laly, tu as des nouvelles de José ? Parce que, là, j’ai vu John avec Fanny qui m’ont dit qu’Hélène avait appelé Béatrice en urgence pour aller chez Cathy ». Je ne savais pas du tout de quoi ça parlait, je ne savais pas que c’était la suite de « Hélène et les garçons » à ce moment-là, je ne savais pas qui était qui, c’était honnêtement très compliqué à apprendre. J’ai réussi à le faire d’une traite, à la fin j’avais l’impression d’avoir couru un marathon mais j’essayais de ne pas trop le montrer à la directrice de casting. Et là, elle me dit qu’elle a eu un problème et que le son n’a pas été enregistré, nous obligeant à refaire. Je me suis dit que ce n’était pas possible mais, pour autant, j’ai recommencé et j’ai réussi. Je me suis débrouillée comme j’ai pu mais, en réalité, déjà à la pré-sélection, ils te montrent qu’ils ont besoin de quelqu’un de très efficace, qui sache son texte, qui soit à l’heure. Pour rester sur la longueur sur une série comme cela, il faut être très pointilleux et très scrupuleux. On est mis dans le bain dès le départ…On a rarement plusieurs prises bonnes, il faut être au taquet de suite.

J’ai trouvé cela très instructif et même bénéfique pour la suite. Maintenant, quand j’arrive en casting, je ne mets pas tant de temps que cela à apprendre mon texte, je suis complètement déstressée face à une caméra. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un petit pincement, je pense qu’on en a toujours besoin, ça peut être un petit moteur, le challenge nous pousse à faire mieux, à essayer de convaincre le plus possible et à faire plaisir. En tout cas, je trouve que c’est une très bonne école, c’est dur mais c’est formateur.

La série est à l’antenne depuis fin 2011, la fidélité des téléspectateurs ne se dément pas. Cette assiduité du public doit sans doute vous faire particulièrement chaud au cœur ?

C’est sûr ! En plus, une série n’est pas forcément faite pour durer, tous les ans on se demande si on recommence et si le public va encore nous suivre. On n’a peu de réelle concurrence en fait, sur la durée ou sur le format. En termes de fidélité, je ne pense pas qu’il y ait d’autres programmes similaires au nôtre. Les gens ont grandi avec nous, les quarantenaires ou cinquantenaires aujourd’hui se voyaient certainement ados à l’époque. J’ai l’impression que l’affection pour les anciens de « Hélène et les garçons » est très particulière, les gens sont nostalgiques. C’est comme si les anciens faisaient partis de la famille.

Souvent, on me demande si, dans la vraie vie, ils sont aussi sympas : mais oui ! Alors, ils ne sont pas toujours exactement comme leurs personnages mais il y a beaucoup de nous dans nos rôles. D’ailleurs, Jean-Luc se sert beaucoup de nos vies personnelles. Heureusement pas de la mienne pour Chloé parce que, très honnêtement, vues toutes les conneries qu’elle a faites…il a plutôt pris le contrepied pour me faire flancher sur certaines choses, je le sais très bien et ça le fait rire. Par exemple, je suis quelqu’un de vraiment très très fidèle, je ne dis pas que Chloé ne l’était pas mais il y a quand même eu des moments où elle a trompé Christian, où elle a eu des doubles histoires, à la fois avec des hommes et des femmes, …C’est vrai que j’ai un côté un peu puritain, en tout cas très très droite et donc je pense que ça a fait marrer Jean-Luc. Mais, sinon, les traits de caractères de nos personnages – pas forcément ce qu’ils vivent – sont quand même assez souvent proches de nous, je trouve. Typiquement, Hélène est quelqu’un de très fidèle et ça se ressent, je pense, à l’image. Ce que dégage Patrick aussi, le personnage de Nicolas, à la fois solide, touchant, émouvant, rigolo, se ressent. La connivence qu’ont les gens entre eux fait le succès de la série, il ne faut pas se leurrer, les personnages anciens s’apprécient toujours et, contre vents et marées, vont toujours réussir à s’en sortir, unis. Il n’y a jamais d’histoire entre eux, jamais. Ou, alors, c’est réglé très très rapidement mais, franchement, en général, ce sont des éléments extérieurs qui viennent perturber la bande. Ce n’est pas la bande en elle-même, elle est toujours soudée et je pense que c’est rare dans les autres séries, c’est vraiment clairement ce qui fait le succès de celle-ci, j’en suis sûre.

Même si ce n’est pas forcément toujours évident pour un comédien, aimez-vous regarder le rendu final à l’image, pour capitaliser sur ce qui va bien et détecter des points d’amélioration ?

Très honnêtement, je ne regarde que de temps en temps. J’ai du mal à m’entendre, comme la plupart des comédiens. Mais, oui, je regarde pour justement affiner, en me disant : « tiens, ça, ça a marché », « mince, cela n’a pas marché, je pensais que ça aurait fonctionné mais pas du tout » ou « je pourrais essayer cela la prochaine fois ». Ça me fait parfois la même chose quand je regarde une autre série, je me dis « tiens, je n’aurais pas pensé à faire cela, ce qu’il a fait est incroyable ». Souvent aussi, je m’inspire beaucoup de ce que je vois, de comédiens que j’apprécie dans d’autres films ou d’autres séries. Je me demande comment j’aurais fait. Voilà, je vais avoir beaucoup de sources d’inspiration, soit de mes proches, soit de comédiens que j’ai vus dans des situations de films qui m’ont plu. C’est quelque chose que je ne faisais jamais avant. Alors, bien sûr, j’apporte toujours ma touche personnelle mais je peux me poser ces questions à présent dans des situations bloquantes.

Pour en revenir à ma réponse, je me regarde mais pas très souvent. C’est toujours dans un but d’amélioration, je n’arrive pas à simplement me regarder, comme le fait un téléspectateur. En fait, c’est une déformation professionnelle, je vois avant tout les défauts mais j’essaie de le faire quand même. C’est très instructeur !

 

 

Dans un autre registre, on a pu vous retrouver il y a quelques temps sur les planches, au théâtre La Boussole. Quels principaux souvenirs gardez-vous de ces nombreux mois quotidiens sur scène, avec deux pièces différentes au final ?

Pour « Dans la peau de ma femme », c’était incroyable. J’avais déjà fait du théâtre mais sur de courtes périodes, notamment en Avignon. C’était la première fois pour moi que je faisais cela sur le long terme. On a fait beaucoup de complets, c’est quelque chose que je n’avais jamais vécu. La sensation que nous donne le public est incroyable. Même le timing…Quand une salle était complète, le temps que l’on fasse la vanne, que les gens la comprennent, la reçoivent et la transmettent en riant, il fallait attendre la fin des rires pour repartir sur une autre blague. C’est assez impressionnant, ça fait comme une petite butte en fait et, tout d’un coup, quand ça commence à redescendre, il faut attendre un peu mais relancer avant même qu’ils n’aient terminé de rire, pour que le rythme ne se rompe pas. C’est quelque chose que je ne connaissais pas. Très honnêtement, plus il y a du monde, plus ça met du temps et plus les pièces sont longues en général. C’était assez bluffant.

Concernant « Un écran, ça trompe énormément » qui, après, a été renommé « Love stories », le souvenir le plus frappant est presque la connivence que j’avais avec les acteurs. Qu’il y avait aussi dans l’autre pièce. C’était très fort pour moi. Pareil, je n’avais pas été dans une troupe de théâtre sur le long terme. C’était un esprit de famille. J’avais rencontré Thibault sur la première pièce, je connaissais déjà le théâtre via ce spectacle, j’avais l’impression d’être à la maison mais avec un autre décor. On enchainait les deux avec Thibault, en gros on jouait deux pièces d’affilé dans la même salle donc c’était assez fou de pouvoir switcher comme cela de l’une à l’autre. On enlevait un décor, on en mettait un autre, on partait dans une nouvelle énergie avec pas du tout le même personnage. Pas à l’opposé mais presque, puisque je jouais une assistance sociale assez stricte avant de passer à une influenceuse très jeune. De switcher était, oui, assez incroyable.

Avec « Dans la peau de ma femme », on a fait des tournées donc il y avait aussi cette connivence de déplacements, où tu fais des visites dans la journée avant de jouer le soir. C’était sympa !

Artistiquement parlant, considérez-vous la scène et le plateau comme le même métier ? Ou les dissociez-vous vraiment ?

Non, non, c’est clairement le même métier. Pour moi, c’est un peu comme un boulanger qui ferait du pain et des pains au chocolat. Oui, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas la même façon de l’aborder, ce n’est pas la même technique mais c’est clairement le même métier. Je viens du théâtre et cela ne m’a pas empêché de faire de l’image. Au théâtre, on doit plus porter la voix parce que l’on n’a pas de micro alors que la caméra vient chercher une émotion. En fait, ce n’est pas que l’on n’a rien besoin de faire à l’image mais, limite, moins on en fait, plus ce sera juste parce qu’il faut que ce soit à l’intérieur sans que ça ne se voit à l’extérieur. C’est à la caméra de venir capter. Cette dernière va voir le moindre mouvement de cil, là où les gestes sont beaucoup plus amples au théâtre. La voix est portée, le rythme est complètement différent, il n’y a pas de montage,…Ce sont vraiment vraiment des techniques différentes mais clairement le même métier, selon moi. Je ne fais pas de différence et je ne sais pas ce que je préfère…je dirais presque peut-être l’image parce que j’ai plus l’habitude…mais encore que…Je viens du théâtre, j’en fais depuis que j’ai six ou sept ans donc ça fait partie de moi en fait. Je ne pourrais pas dire…

Parmi vos projets en cours, sans tout en dévoiler, un pilote pour l’image est en cours de finalisation. Cela a d’ailleurs été l’occasion pour vous de vous remettre à l’écriture…

Oui, c’est vrai ! Cela faisait un moment que je m’étais penchée sur l’écriture puisque j’avais co-écrit une pièce il y a des années de cela. Je crois que j’avais commencé fin 2013 une comédie de boulevard avec Michel La Rosa que j’avais reprise par la suite avec un autre auteur, Julien Wagner. Quand on change de coéquipier, par la force des choses, une autre énergie se met en place. En amenant sa touche, forcément ça a changé beaucoup de choses. La pièce n’est aujourd’hui pas encore complètement aboutie mais, en tout cas, ça fait longtemps que j’ai commencé l’écriture. J’avais écrit aussi un court-métrage, que j’avais réalisé, « Je suis le bon choix », où Edouard Valette m’avait aidée. J’avais structuré l’histoire et écrit les dialogues. J’avais commencé depuis aussi à écrire une autre pièce, avant que le projet que vous évoquez ne se lance en même temps.

C’est un programme court pour lequel, effectivement, je me remets à l’écriture, avec Marine Périat cette fois-ci. Je me rends compte que c’est une mécanique. Par exemple, le matin, quand je sais que je vais devoir écrire un sketch, je me demande systématiquement sur quel thème je vais pouvoir le faire. Puis je pense à un sujet qui me plait bien. Je ne sais pas où je vais dans la chute mais ça vient naturellement et assez rapidement finalement. Plus on écrit, plus on trouve des mécaniques. Là, c’est quelque chose de comique et je pars souvent sur le thème de la mauvaise foi. A chaque fois que je veux écrire un sketch, souvent ça me vient, des personnages sont affirmés dans quelque chose puis se rendent compte par un élément extérieur que ça ne les arrange pas, finissant par retourner leur veste, ce qui me fait mourir de rire. C’est un peu l’école Louis de Funès. Le personnage de Jean dans « Un gars, une fille » m’inspire aussi beaucoup.

Que peut-on vous souhaiter à l’issue de ce pilote ? Une concrétisation positive et une belle suite ?

Oui ! Qu’on puisse en faire une série viable. On a notre plan d’attaque, on aimerait que ça sorte à la télévision et que ça parle au plus de monde possible. Sinon, on trouvera un autre biais et, si ça se trouve, ça sera encore mieux, qui sait… J.

Pour terminer, dans cette richesse de cordes artistiques qui vous caractérise, il y a aussi le doublage. Un exercice différent mais très complémentaire et ce n’est sans doute qu’un tiroir de plus que vous ouvrez et refermez…

Absolument ! Pour moi, c’est pareil, c’est le même métier. Il y a beaucoup de chanteurs aussi qui doublent. Je peux également être scotchée en voyant quelqu’un doubler, à me dire que je n’aurais jamais pensé à faire ce qu’il a fait, tellement c’est incroyable. Une fois, j’étais en séance d’enregistrement avec une comédienne que je ne connaissais pas et que je voyais à l’œuvre pour la première fois, j’ai été incroyablement surprise par ce qu’elle a pu faire. Pourtant, même ceux qui font cela depuis trente ou quarante ans refont des boucles et ne sont pas forcément de suite au taquet, à réussir du premier coup.

C’est encore une autre technique mais ça reste le même métier. Là, ce seraient des croissants et non plus des pains au chocolatJ. Ce qui est très rigolo, c’est que, petite, je voulais faire du doublage avant de faire de l’image, c’était mon rêve de gamine, en plus de celui d’être dessinatrice. Déjà à l’époque et encore aujourd’hui, je reste quelqu’un de réservée, malgré mon métier de comédienne. Ce côté-là me manque parfois un peu mais je préfère rester discrète. De même, je sais dire non quand je pense ne pas être capable d’effectuer quelque chose que l’on me propose. Je pense être objective, de plus en plus en tout cas. Jean-Luc m’a, par exemple, demandé plusieurs fois de chanter, je lui ai dit que je ne me voyais pas en faire mon métier. J’ai rejoint depuis peu le collectif des Acteurs TV en concert mais je ne chante qu’occasionnellement, comme prochainement, pour le Téléthon, à Canet en Roussillon. Mais sortir un l’album n’est pas pour moi, je laisse ça aux gens qui savent faire. Elsa, par exemple, est très bonne dans ce qu’elle fait, c’est très bien mais ce ne sera pas pour moi. On ne peut pas savoir tout faire ni être partout non plus, c’est un peu compliqué.

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Hélène Péquin évoque avec nous son beau parcours artistique ainsi que son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples cordes, aux multiples casquettes, comme en témoignent notamment vos expériences à l’image et sur scène. Pour prendre un peu de recul sur votre parcours, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de faire de l’artistique votre métier et votre quotidien ?

Il y a plusieurs étapes. Enfant, l’été, j’aimais participer aux spectacles dans ma colonie de vacances en Ardèche. Puis, à 16 ans, quand je suis partie un an aux Etats-Unis, j’ai fait partie de la compagnie de théâtre du lycée. Mais je n’étais pas encore consciente que je voulais en faire mon métier. Plus tard, j’ai vu Nathalie Baye dans un film puis dans une émission télévisée où elle était interviewée. C’est une étape qui m’a marquée, la voir me donnait envie de jouer et je m’amusais à improviser toute seule. Puis, en Hypokhâgne à Grenoble, il y avait un atelier théâtre en cité universitaire. Je me suis inscrite et ça a été un peu un déclencheur, particulièrement parce que la personne qui s’occupait des ateliers avait commencé à parler de Paris et des Cours Florent. A cette période-là, je voulais devenir journaliste mais, au fond de moi, intuitivement, je n’avais pas l’impression que c’était pour moi, il y avait autre chose qui m’appelait. Je suis alors partie à Paris et je me suis inscrite justement aux Cours Florent. J’ai tout de suite senti à quel point ça me plaisait de jouer mais sans avoir conscience encore du métier que c’était.

Je dirais que quand je suis arrivée à Paris, c’est le plaisir du jeu qui m’a plu, le côté ludique, le fait de créer à partir de soi et avec les autres. J’étais très scolaire à la base et là tout un univers s’ouvrait, celui du jeu et de l’imaginaire. Après, petit à petit, il y a des raisons plus profondes qui viennent, quand on commence à plonger dans les textes et qu’on est vraiment touchés, que ça raconte des choses qui nous dépassent. Cela me fascine et c’est ce qui continue de me nourrir aujourd’hui. Il y a tout qui s’amplifie ensuite : avec le temps, j’ai encore plus envie de jouer avec les autres, d’exprimer les multiples couleurs de la vie et d’aller à la fois dans les profondeurs et dans la légèreté grâce à des textes d’auteurs qui sont magnifiques. 

Il y a certainement aussi ce côté hypersensible, cette envie, ce besoin d’exprimer plein de choses à travers ces histoires, de mettre notre humanité avec toutes ses nuances et ses paradoxes au service d’une histoire. 

Parmi toutes les expériences que vous avez pu avoir jusqu’à présent, en retenez-vous certaines plus encore que d’autres ?

Les deux premières images qui me viennent sont mes deux premiers tournages télé. La première, c’est le téléfilm « La Promesse du feu » réalisé par Christian Faure. Parce que ça demandait d’aller dans des endroits qui peuvent être très inconfortables. C’était une expérience riche et je me suis surprise à prendre plaisir à jouer des choses sombres. Le film avait été adapté d’un roman et ce fut un cadeau de pouvoir le lire avant de commencer le tournage. Ça aide à développer tout un imaginaire qui nous habite ensuite pendant nos scènes. Je me souviens tout particulièrement de mon tout premier jour de tournage. On a tourné la scène finale dans les ruines du Château d’Aumelas qui surplombe un paysage magnifique. Les pompiers allumaient le feu et l'éteignaient à la fin de nos scènes, c’était intense et assez unique comme expérience.

Après, la deuxième image qui m’est venue, c’est  « Candice Renoir ». C’était mon tout premier jour de tournage télé dans ma vie d’actrice, je jouais une danseuse de salsa accusée de meurtre. On a passé la journée à danser la salsa et j’ai adoré passer autant par le corps. Je suis assez traqueuse et le fait de commencer par la danse m’a aidée à me détendre, à entrer dans le ludique et à ensuite passer ce cap de la première scène parlée. J’ai une image magnifique en tête de ma découverte du plateau où d’autres comédiens étaient déjà en train de tourner. Il était tôt, la lumière naturelle était particulièrement belle et il y avait quelque chose de singulier dans l’air pendant leur scène, une qualité de présence qui m’a marquée. C’est mon tout premier souvenir de tournage. 

Après, au théâtre, je pense à « Antigone » de Sophocle. Pouvoir jouer, rejouer, traverser et retraverser cette histoire, c’est sûr que ça marque à vie. C’était très intense et engageant. C’est un rôle que j’aimerais jouer à nouveau, différemment. Une fois de plus, c’est un souvenir qui correspond à mes débuts.

Considérez-vous ces deux domaines artistiques que sont l’image et le théâtre comme le même métier, où il faut ouvrir et fermer des tiroirs ? Ou comme deux arts différents ?

En fait, ça dépend du style de jeu. D’une manière générale,  je les considérerais à la base de la même manière. Idéalement, je fais des recherches sur le contexte de l’histoire puis je me pose plein de questions sur l’histoire du personnage, sur ses valeurs, ses rêves, ses intentions, ses secrets, ses enjeux, son challenge du moment… J’essaie d’imaginer son univers et je me laisse traverser dans le jeu par des impulsions physiques, émotionnelles en aspirant à une certaine vérité de jeu. Je peux très bien utiliser la même méthode à l’écran et au théâtre en ajustant le volume et l’expression corporelle. Après, c’est en fonction aussi du metteur en scène avec qui on travaille. Sans oublier l’écriture et la forme théâtrale. Si c’est un spectacle jeune public, comme une adaptation des Fables d’Esope dans un style burlesque, je ne vais pas du tout travailler de la même manière. Mais j’ai encore tellement à apprendre et à expérimenter. J’ai toujours cette impression et cette sensation que ce n’est que le début. Là, je termine un stage de théâtre/cinéma avec le coach américain Robert Castle et je sens qu’il y a encore des fenêtres qui s’ouvrent, ce n’est qu’un autre début, je peux aller tellement plus loin dans l’exploration des histoires et j’en ai envie. C’est ce qui me passionne. 

Plus récemment, vous avez participé à plusieurs quotidiennes en télévision. On le sait, le rythme de tournage y est très soutenu. Artistiquement parlant, ce doit être une très belle école ?

Oui ! Il vaut mieux arriver prête, disponible et détendue. On n’a souvent que deux ou trois prises. Personnellement, j’aime préparer en amont, m’approprier au mieux l’histoire et connaitre le texte comme une seconde nature. J’ai croisé sur « Plus Belle La Vie » des acteurs tellement expérimentés et si bien installés dans leurs personnages qu’ils ont des méthodes complètement différentes. Ils découvrent le texte juste avant de tourner la scène et ils ont développé une telle mémoire immédiate qu’ils sont capables de l’apprendre au dernier moment et de jouer de manière vivante comme s’ils improvisaient mais en ayant vraiment le texte. C’est assez admirable.

J’ai une autre manière de travailler, même si pour le casting de “Plus Belle la Vie” j’ai dû justement apprendre la scène juste avant de la jouer parce que le directeur de casting voulait me voir sur ce rôle de directrice de casting pour enfants (alors que j’étais venue pour un rôle de photographe). Je me suis amusée à le faire pour le casting mais quand il y a plusieurs scènes à jouer dans la même journée, j’aurais peur de m’emmêler les pinceaux et de faire perdre du temps à l’équipe. 

Du coup, oui, j’aime travailler en amont, imaginer plein de choses, j’ai même un questionnaire que je reprends à chaque fois pour chaque personnage, j’aime écrire pour répondre à ces questions et quand j’écris, je sens et découvre différents aspects de l’histoire. Il y a également beaucoup de choses qui se passent sur le plateau, quand on rencontre les comédiens, dans la spontanéité. J’aime préparer, je pense que ça me rassure, j’aime me raconter une histoire mais j’aime aussi quand c’est transformé sur le plateau et qu’il se passe des choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout. J’adore ça même! Je me suis laissé surprendre souvent sur « Plus Belle La Vie », j’étais partie dans une direction et, naturellement, c’est allé ailleurs. Ça m’a plu. 

En tous cas j’étais ravie de ce tournage avec Stéphane Hénon et Jérôme Bertin. Ils ont été des partenaires de jeu à la fois drôles, généreux et attentionnés. Et ce fut un vrai plaisir de tourner avec les quatre réalisateurs/réalisatrices que j’ai rencontrés ainsi que toute l’équipe de la série, une belle famille, une belle aventure !

Même si ce n’est jamais toujours évident, aimez-vous voir le rendu final lors de la diffusion à l’écran, pour capitaliser les points forts et ceux à améliorer ?

Oui, bien sûr ! Dès fois je suis contente et parfois, c’est l’inverse. J’apprends à accepter que mon jeu aurait pu être différent et que mon image ne correspond pas forcément toujours à celle que j’aimerais avoir. Sur le plateau d’une quotidienne, on a un coach pour nous accompagner face à ce rythme soutenu. J’ai principalement travaillé avec Eric Hénon. Il est très doué, il y voit clair et sait dire des choses précises qui aident dans l’ajustement du jeu. 

J’ai une scène en tête, tournée en fin de journée, c’était la huitième. Je manquais de repos et pour garder l’énergie, j’étais malgré moi en mode efficace. A la base, j’avais eu l’intention de traverser la scène différemment mais au moment de jouer, je suis allée droit au but et j’ai trouvé ça dommage.  Il y avait du rythme, oui, mais ça a enlevé des couleurs, il y aurait pu en avoir d’autres, plus vivantes et plus intéressantes à mes yeux. Donc je me suis dit « ok, la prochaine fois, même si c’est la fin de journée et que j’ai l’impression que l’équipe a envie d’arrêter, prends le temps quand-même ». J’ai failli poser une question au réalisateur pour proposer une autre version et je me suis ravisée mais peut-être qu’il aurait bien voulu. Il était adorable en plus. Comme si je n’avais pas voulu déranger…

Sur une autre scène, j’avais un peu peur du résultat et plus tard, en voyant les images, j’ai été rassurée. C’est au final une de mes scènes préférées. Ce qui est important pour moi, en tant qu’actrice, c’est d’apprendre à lâcher prise là-dessus, de faire au mieux puis d’accepter que, dans le parcours, il peut y avoir des loupés, des déceptions ou des bonnes surprises.  En tout cas, ça fait partie du métier de lâcher prise sur le résultat, même si ce n’est pas toujours évident, comme vous le dites.

On pourra vous retrouver le 7 novembre en prime-time sur TF1 dans « Le sentier des loups ». Cela a dû être pour vous une belle aventure et un chouette tournage ?

Oui, oui, carrément ! Quand je suis arrivée sur le tournage, j’ai retrouvé un accessoiriste que je connais depuis mes débuts à la télé, ça m’a fait tellement plaisir de le revoir. Tout de suite, juste avant de tourner une scène, il m’a dit « Hélène, tu vas voir, il y a une bonne ambiance sur ce tournage ». A ce moment-là, c’est marrant, il y a eu un grand silence et je me suis demandé s’il me faisait une blague. Mais non, ça a été un tournage très joyeux et riche en belles rencontres!

Julien Seri, le réalisateur, est à la fois très pro, très doué et très jovial. C’était un plaisir de tourner dans ces conditions-là. J’étais très heureuse de jouer avec Karim Belkhadra et de rencontrer Philippe Bas, Sara Mortensen, Jérôme Anger, Edouard Montoute, Denis Braccini, John Guedj, Maximilien Fussen… C’était super de pouvoir échanger avec eux à la fois sur nos passions en tant qu’acteurs et sur d’autres sujets. Et puis on a beaucoup ri, je me souviens d’énormément de bonne humeur sur ce tournage. On avait également des scènes avec beaucoup de personnages, avec toute la bande d’ados notamment, c’était très chouette de les voir jouer et de sentir leur complicité. J’ai aimé ces scènes où on était tous ensemble. Vous le verrez, il y a un chouette tableau à la fin du téléfilm où on est tous ensemble. J’ai un beau souvenir de notre dernière scène collective. C’était la toute dernière soirée de tournage. C’était juste magique, magique par l’humour, par les rires, l’atmosphère… Il faisait nuit, on a attendu que tous les avions de la base aérienne aient atterri pour commencer à tourner et  il y avait une pleine lune magnifique. Tout cela est important pour moi, les liens qui se tissent, l’ambiance, le décor…. Là, découvrir la base militaire aérienne de Salon de Provence et une partie des personnes qui y travaillait, c’était très chouette. En tant que comédien, on raconte des histoires qui nous amènent à découvrir des lieux, des métiers, des personnes, des univers que l’on n’aurait jamais découverts autrement, pour moi c’est une chance !

En complément, quels sont vos autres projets du moment ?

Je suis en pleine préparation d’un casting pour un téléfilm. Au théâtre, j’ai rendez-vous dans quelques jours avec un acteur et metteur en scène anglais pour la lecture d’une pièce. J’ai très envie de remonter sur scène. Je sors du stage dont je vous ai parlé, qui m’a passionnée et donné une grande énergie. Je vais continuer à explorer ce que j’ai commencé à travailler, « La Femme Juive » de Brecht. J’aime me laisser guider par mon intuition et voir où les projets me mènent. Cette année, je me lance dans la mise en scène de spectacles en anglais avec des lycéens. Je donne, en parallèle, des cours de théâtre en anglais et en français dans une école de théâtre à Montpellier et à la fac de Nîmes. Ce côté transmission est important pour moi, ça me nourrit à la fois en tant que personne, en tant que professeur/accompagnant et en tant qu’actrice. J’apprends beaucoup et je partage des moments merveilleux avec les élèves. Je fais aussi de la voix-off, pour des livres audio, du documentaire et des pubs. Je me suis équipée récemment de mon propre matériel et même si j’aime beaucoup aller enregistrer en studio avec l’équipe, je suis aussi contente d’avoir cette possibilité d’enregistrer chez moi, en prenant bien le temps de tout peaufiner. Tout me passionne, je n’ai rien envie de mettre de côté.

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Ingrid Dupont évoque sa belle et riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Ingrid,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

On peut actuellement vous retrouver sur scène, chaque mercredi soir, au théâtre Montmartre Galabru dans le spectacle d’improvisation « La brigade voltige ». Avant de s’intéresser au programme en lui-même, on imagine sans doute le plaisir hebdomadaire que cela doit être pour vous de monter sur les planches ?

Tout à fait ! C’est vraiment le plaisir numéro un parce que l’improvisation est encore, pour beaucoup de personnes, une activité amateur. Très peu peuvent en être professionnels et avoir un spectacle programmé aussi régulièrement, toutes les semaines, avec un beau public, dans un beau théâtre est déjà une chance en soi, effectivement. Parce que la plupart des spectacles d’impro ont lieu dans des bars, les gens peuvent consommer en même temps ou discuter, c’est un peu moins formel, les rémunérations se font au chapeau donc à la discrétion des spectateurs. Alors que, là, on paie son billet, on s’installe dans un joli fauteuil rouge, on a un beau rideau, une belle scène. Donc, oui, oui, c’est vraiment une chance de faire rentrer l’improvisation dans les murs d’un beau théâtre.

Avec vos mots, comment caractériser ce spectacle ?

C’est un spectacle d’improvisation long format, c’est-à-dire que c’est une histoire qui dure une heure et quart, différente d’un format cabaret où les impros sont des histoires courtes. Là, l’univers reste le même tout au long du spectacle, il est connu, ça se passe dans les années 80 et nous sommes les trois personnages principaux (trois des quatre agents de la Brigade Voltige). On est quatre comédiens et, chaque semaine, les trios tournent. Nos personnages sont définis, on a des archétypes et, ensuite, chacun de ces personnages a sa propre mission, donnée par le public. Nous sommes en 1984, le public remplit donc des faxes, que nous recevons aux QG, nous choisissons chacun celle qui nous parait la plus urgente pour sauver le monde. Comme, bien entendu, on ne peut pas conclure une mission seul, les deux autres font tous les personnages secondaires qui alimentent notre mission. Du coup, on a trois histoires entremêlées. Il y a une petite gymnastique parce que les histoires sont vraiment entrecoupées. On a les mêmes costumes, on n’a pas d’accessoire pour faire comprendre que l’on est un autre personnage, on a notre voix, notre corps, notre texte, on écrit au fur et à mesure. C’est ce qui fait la richesse de ce spectacle en tout cas.

 

 

Chaque spectacle est donc unique...

Ah oui, il est unique. Les gens du public et les comédiens sont les seuls à connaitre l’histoire, il n’y a qu’eux qui l’ont vue. Le spectacle ne sera jamais rejoué, jamais diffusé, c’est tous les mercredis une nouvelle histoire et un nouveau spectacle. C’est pour cela que l’on peut revenir très régulièrement puisque c’est différent toutes les semaines. Les agents, eux, ne changent pas, c’est un peu le repère pour nous et le public. Mais, effectivement, ce sera quelque chose de nouveau, avec trois missions différentes.

A titre plus personnel, comment appréhendez-vous votre jeu ? Vous êtes sans filet, vous n’avez pas le texte d’une pièce traditionnelle à dérouler…

Tout à fait ! Quel que soit le spectacle d’impro, on est à la fois acteur, metteur en scène et auteur. Effectivement, les trois viennent se cumuler sur un instant très très court, très précis. Alors, c’est difficile, je ne vais pas le cacher mais c’est aussi ce qui fait qu’il y a de l’adrénaline et qui fait que, oui, c’est un peu plus risqué qu’une pièce de théâtre classique. Donc, forcément, il y a de la peur liée à l’inconnu, on dépend aussi de nos partenaires : qu’est-ce qu’ils vont nous donner ce soir-là pour nous permettre d’avancer ? Ce qui est rassurant, je dirais - et c'est ce que j'enseigne en tant que prof d'impro par ailleurs - c’est qu'il ne faut pas chercher à avoir une bonne idée. Il ne faut pas chercher non plus ni à être drôle ni original. On vient vide et on voit ce que l’autre nous propose. Donc, finalement, on n’est jamais seul puisque c’est l’autre qui va alimenter nos idées, il va envoyer quelque chose, un mouvement du corps, une idée, il va dire quelque chose et, en fait, normalement, on n’a plus qu’à dérouler. Donc, si on est bien à l’écoute de ce qui se passe et de ce que l’autre a envie de jouer ou de l’idée qu’il propose, normalement les deux n’ont plus qu’à faire la même chose, à s’écouter pour que ça se construise. Donc, d’un côté, c’est très dur et, d’un autre, il y a quand même ce cadre qui nous permet de savoir que l’on n’est pas complètement sans filet parce que l’on n’est pas vraiment seul, tout est là. Il y a aussi les attentes du public et celui-ci s’invente ce qu’on ne lui a pas forcément montré. Il comble, naturellement, les trous et notre job est aussi de satisfaire cette attente. Il y a alors deux choses : soit on la satisfait et il y a ce soulagement, « c’est bon, c’est ce que l’on attendait, tout va bien », soit on ne le fait pas, il y a l’effet de surprise, qui est aussi génial parce que surprendre un public, c’est le pompon, la cerise sur le gâteau. Mais, oui, c’est flippant parce que, cinq minutes avant, on n’a aucune idée des personnages. En moyenne, je dirais que l’on a cinq à six personnages minimum par spectacle. Dès fois même plus…

 

 

A la fin, en sortant, ce doit être un vrai plaisir et une réelle satisfaction d’avoir su répondre, une fois encore, à l’enjeu et aux attentes ?

Oui ! Effectivement, il y a deux choses. On est allés jusqu’au bout, on a bouclé les histoires, on a réussi, on a rempli la promesse, en général le public est quand même très très content et assez impressionné parce qu’il y a une performance pas négligeable. Après, on reste des comédiens, des artistes, on est exigeants donc on n'est jamais pleinement contents (rires). A chaque fois, on se demande ce que l’on pourrait améliorer, comment on aurait pu mieux réussir. Nous, de l’intérieur, voyons les choses qui auraient pu être encore mieux. Donc on ne se contente pas simplement de se féliciter, on a toujours cette posture de se dire « ok, c’est génial mais il faut qu’on continue encore de s’améliorer, d’aller plus loin, d’être encore plus impressionnants ». Mais, oui, on est contents quand même…et fatigués.

D’ailleurs, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

C’est vraiment le côté « waouh ! Comment vous faites ? ». Parfois, on fait des transitions tellement rapides que le public n’a pas forcément pris conscience qu’on avait changé de personnages que nous sommes déjà sur le fil de l’autre histoire. Dans notre têtecette mécanique est devenue une seconde nature, pour nous c'est évident. Il y a un côté très cérébral dans le fait de pouvoir entremêler et comprendre ces histoires. C'est assez complexe et le public est à la fois impressionné et satisfait de cette complexité. Ils aiment aussi beaucoup nos personnages. Encore une fois, on a des costumes très marqués, qui sont ceux des agents officiels mais ça n’empêche pas de devoir faire croire par exemple à une hooligan très violente et très vulgaire. En costume de Pamela, je peux aussi être amenée à faire une voyante ou une animatrice radio, voire même un extraterrestre ou encore un animal. La performance est donc de faire croire à ce nouveau personnage alors que l'on est habillé avec la tenue de l'agent que l'on a présenté.

On nous remercie aussi souvent pour l’humour. En ce moment, l'improvisation chercher à s’intellectualiser un petit peu, à être plus « sérieuse » (parler du deuil, jouer des émotions sincères, moins être dans la caricature...). Ce n’est pas notre truc, on sait le faire mais on a vraiment choisi d’être du divertissement, notre but est que le public se marre. On peut être un peu caricaturaux et c’est aussi pour cela que ça se passe dans les années 80, c’est plus facile de rigoler de quelque chose qui est passé et qui n’est plus vraiment nous. C’est aussi une période qui s’y prête vachement, que ce soient la mode ou la musique, c’était très marqué. Souvent, le public nous remercie de les avoir fait rire, tout simplement. Les gens rigolent bien et voient que l’on prend du plaisir sur scène. Ils voient que l’on s’amuse et le public prend un peu les émotions du comédien. Donc le côté drôle ressort beaucoup. Et puis la performance d’avoir écrit pendant une heure et quart, alors que l’on n’avait aucune idée de ce que l’on allait jouer dix minutes avant.

 

 

Au travers des différents rôles et personnages que vous devez interpréter dans la même représentation et d’une date à une autre, cela doit sans doute être très plaisant, artistiquement parlant, de pouvoir utiliser une palette de jeu très large ?

Oui, tout à fait ! Ce personnage doit rester le même finalement, son carcan est tout petit – un super héros qui sait tout faire et qui peut tout réussir. Après, en effet, tout est possible, plus c’est diversifié plus c’est agréable et plus on fait de spectacles plus on s’autorise de nouvelles choses. Au fur et à mesure, on s’ouvre un peu plus sur les différentes choses que l'on sait faire les uns les autres, nous qui avons quatre personnalités bien différentes, en tant que comédiens et personnes. C'est génial de pouvoir faire autant de personnages différents et d'essayer de nouveaux trucs. De temps en temps, on a des personnages refuges, que l’on maitrise et avec lesquels on sait que ça va marcher mais, là, en jouant toutes les semaines, je suis obligée d’aller me renouveler, de me surprendre moi-même en essayant des choses que je n’aurais peut-être pas eu besoin de faire si c’était un spectacle moins exigeant. Il y a aussi la demande des autres comédiens. Un soir, ils ont eu besoin d'une humoriste avec un gros costume pour les enfants. Alors question : comment on improvise un comique déguisé ? Il a fallu y aller. J´ai aussi dû faire des extraterrestres, ce n'est pas du tout mon truc (rires). On l’essaie en live, est-ce que ça marche ou pas ? Donc, oui, ça oblige à aller chercher, comme un comédien classique mais lui a des mois et des mois pour trouver le personnage, là où nous n’avons que quelques secondes. On y va, l’urgence en général fait qu’il sort.

En complément, vous développez un autre projet, celui des « Imparfaits ». Un mot sur cette autre aventure ?

Avec les autres membres des « Imparfaits »,  nous nous sommes rencontrés parce que l'on est improvisateurs-comédiens. C’est un savant mélange des deux, nous avons les deux casquettes. A l’origine, on devait surtout proposer un spectacle sur ce que l’on appelle le jeu de scène, qui est quelque chose que l’on développe moins en improvisation en France. Souvent, en improvisation, on raconte une histoire, on a un début puis une évolution. Le jeu de scène est tout l’inverse, on prend une bizarrerie sur une scène et on l’étire, on l’étire, on l’étire, on l’exagère, on la transpose, on s’amuse avec. De ces spectacles d’improvisation est née l’idée d’en faire des sketchs. L’impro n’est donc pas très loin, elle est quand même source de cette écriture. On fait des impros entre nous et si le sketch nous fait rire, on se dit « ok, on l’écrit ». Là, on s’autorise à le refaire, on teste des trucs, on improvise, on part – c’est la magie de l’impro – sur une autre piste,… Quand on a suffisamment de matière, on l'écrit, on l’apprend, on le tourne et on le partage sur les réseaux. Depuis le 26 octobre, on en diffuse trois par semaine sur notre chaine Youtube « lesimparfaits.latroupe », un beau rythme, très intense. Une fois par mois, en général le quatrième samedi, on se produit dans un bar très célèbre de l’impro, l'Improvi'bar. C’est chouette aussi !

Merci, Ingrid, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Alexiane Torres évoque son spectacle, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alexiane,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, chaque vendredi soir, au théâtre La Flèche, pour « Pièce à conviction ». Avant de s’intéresser au spectacle en lui-même, on imagine, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Tout à fait ! Oui, oui, il y a eu cette période Covid qui a fait que, forcément, on est très heureux de retrouver le public. Surtout, le seule en scène amène cette proximité que je recherchais lors de la création de ce spectacle, c’est-à-dire vraiment un lien direct avec le public. Puisqu’il y a un petit côté one woman-show dans le spectacle, qui fait que je suis en interaction directe et c’est un plaisir qui, oui, est plus nuancé dans un spectacle où il y a un quatrième mur. Cette proximité, dans mon seule en scène, est précieuse, c’est sûr.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

« Pièce à conviction » est une enquête humoristique de police. Ce sont les pièces à conviction elles-mêmes qui viennent apporter les éléments de l’enquête. Donc il y a un couteau qui parle canadien, un pistolet qui parle allemand. Ils viennent en fait apporter des éléments à cette enquête, suite à l’assassinat de Joy, une chanteuse. Tous les personnages gravitent forcément autour de cette résolution d’enquête, j’aimais bien l’idée d’un polar, je trouve qu’au niveau de la tension, un polar reste une source sûre, pour un public, lui permettant d’être accroché à une histoire, à une dramaturgie. C’était un prétexte pour jouer plein de personnages mais avec ce film conducteur, aussi pour inclure de façon ludique les spectateurs dans la résolution de cette enquête, pour qu’ils se fassent leur chemin mental pendant le spectacle. Je trouvais cela très actif pour le public.

 

@ Marie Charbonnier

 

Cela doit sans doute être un vrai challenge artistique de switcher aussi souvent de personnages ?

Oui mais c’est vraiment un bonheur. Lors de la création, j’avais pensé mettre un paravent pour y faire mes changements derrière. Mon metteur en scène m’avait finalement suggéré de les faire à vue. C’est vrai que c’est mieux ainsi, c’est formidable au niveau du jeu, cela donne une liberté géniale. Il faut être un peu précis mais c’est vraiment très chouette. En tant que comédienne, se dire que, pendant une heure, on va passer d’un personnage à un autre, ça reste très jouissif.

Sans doute aussi que ces changements vous aident à vous projeter dans la peau du personnage suivant ?

C’est, en fait, un jeu très corporel que je fais puisque mon costume est un très simple, avec un jean et un haut. J’avais demandé une costumière et, finalement, les costumes étaient un peu parasites. Comme le dit Al Pacino, « l’humour, c’est le corps ». Je suis assez d’accord avec lui, je fais beaucoup passer les choses dans le corps. Donc Gabrielle, la petite stagiaire, a les épaules très recroquevillées, c’est quelqu’un qui est peu sûre d’elle donc elle a les mains un peu nerveuses. Ensuite, on a le médecin légiste, c’est un vieux monsieur donc il se tient très courbé. L’enquêtrice a la main sur la hanche, elle est très ouverte. En fait, les changements passent beaucoup par ce jeu corporel-là, je transforme ma voix et ma veste devient en fait un accessoire. J’ajoute parfois autre chose, par exemple le rappeur a une casquette, la chanteuse porte des lunettes. Les accents sont aussi des prétextes pour des personnages un peu affirmés mais rigolos. C’est une manière de cantonner des rôles différents et pour que chaque personnage ait une personnalité bien propre. Il n’y a pas mieux qu’un accent pour donner le ton d’un personnage.

Si on revient à l’origine de ce projet, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de développer ce seule-en-scène ?

J’avais envie de défendre un spectacle humoristique. J’ai fait pas mal de classiques en sortant du conservatoire, j’adore, c’est formidable mais j’avais aussi envie de revenir à l’humour pur et dur. Parce que le jeu que cela apporte est très libre, sans oublier la joie des spectateurs et la promiscuité avec eux, forcément. Un seule-en-scène est le meilleur moyen d’avoir un vrai lien avec le public, directement. Et puis j’aime beaucoup raconter une histoire. Surtout, de pouvoir jouer des rôles que l’on ne m’aurait pas donnés, que je me suis donnés à moi-même, en me demandant ce que je rêverais de jouer et qui me ferait rire. De là est née la chanteuse de pop par exemple. J’ai réalisé des petits rêves de comédienne via certains personnages, je me les suis octroyés et les ai partagés avec le public.

 

@ Marie Charbonnier

 

Plus globalement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public ?

A l’issue de la première, un journaliste avait écrit un article en disant quelque chose de très juste, à savoir que c’est un univers un peu à la « Tex Avery » ou à la « Agatha Christie ». Ce n’est pas faux, comme il y a beaucoup de bruitage et, en même temps, une enquête de police, il y a un mélange de plein de personnages très caractérisés. Souvent, les gens aiment beaucoup la galerie de personnages, la pluralité que l’on a créée, ils passent un bon moment, rigolent bien. Ils me disent être impressionnés aussi mais bon, c’est du travail avant tout. Il y a également un sketch où des organes parlent entre eux, ça marche bien. Je demande au médecin légiste s’il peut me parler de l’autopsie du corps et il me dit « oui, j’ai reconstitué la valse des organes entre 21h 15 et 21h 35, le cerveau nous parlait ainsi »…Tout d’un coup, je fais le cerveau qui parle au poumon, le couteau qui se plante dans celui-ci, …En fait, cet échange entre les organes, souvent, ressort et fait beaucoup rire les gens.

Même si, sans doute, vous les appréciez tous, aimez-vous peut-être certains personnages encore plus que les autres ?

Finalement, le personnage de Gabrielle, la stagiaire. C’est une stagiaire très timide, je voulais en faire une espèce d’anti-héroïne. Parfois, les enquêtes sont résolues par ceux que l’on n’imagine pas, j’aime bien cette anti-héroïne, c’est celle que l’on considère moins et, finalement, c’est celle qui a l’intelligence la plus accrue mais que l’on ne soupçonne pas. J’aime bien ce genre de personnages où les autres ne voient pas le potentiel qu’ils peuvent avoir parce que ce ne sont pas des gens très sociables au début et qui, tout d’un coup, se révèlent. Comme je joue des personnages très exubérants, tout d’un coup il y a cette fille qui arrive. Dans les prochaines versions, je pense que je vais vraiment retravailler pour que ce soit elle le fil rouge. J’aime ce personnage un peu timide, moins sûr de lui, qui a cette intelligence un peu cachée. Je l’aime bien, je l’aime de plus en plus parce qu’il met tous les autres en relief. Lui, par sa timidité, par le fait qu’il soit un peu plus réservé, met les autres en exergue.

 

@ Marie Charbonnier

 

En parallèle, quels sont vos autres projets du moment ?

J’ai des dates de tournée avec « Andromaque » et pour « Phèdre ». Ainsi qu’un projet avec la compagnie Arts et Cendre, ce seront trois spectacles qui formeront un ensemble de sept heures de représentation, une comédie qui se situe dans Paris à l’orée des grandes guerres du XXème siècle. Et plein d’autres petites choses à côté, notamment un monologue d’une tenniswoman que l’on va jouer à Metz, dans un lycée, mi-novembre.

Merci, Alexiane, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Florence Coste évoque son actualité théâtrale et télévisuelle !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous êtes de retour sur scène, à Paris, au théâtre le Ranelagh, dans la pièce « Les Muses ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de revenir sur scène ?

Oui, c’est très important pour moi de continuer à être sur les planches.  Le rythme des tournages sur « Ici tout commence » est intense mais je fais en sorte d’arranger mon planning pour pouvoir jouer au théâtre dès que possible. C’est agréable de pouvoir passer de l’un à l’autre, de traverser d’autres personnages, d’autres histoires. 

Je suis ravie aussi que l’on soit programmé à Paris parce que c’est toujours une consécration pour une pièce. On peut faire venir les copains, les gens du métier. En plus, c’est une équipe avec qui j’ai beaucoup joué donc c’est aussi une petite famille, je suis contente de les retrouver.

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est une comédie écrite par Claire Couture et Mathilde Le Quellec. On est  quatre comédiennes sur scène, et on incarne des  œuvres d’art que tout le monde connaît. Il y a la petite danseuse de Degas, la Vénus de Botticelli, la Joconde de Léonard de Vinci et la Marilyn rose d’Andy Warhol qui sortent de leur cadre la nuit, quand il n’y a plus de public dans le musée. Et elles comptent bien faire entendre leurs voix car un concours les met en concurrence pour élire la plus belle œuvre du monde. 

Cela permet de traiter différents sujets comme l’image de soi, le féminisme, le beau, le beau dans le temps, la différence etc. A l’heure des réseaux sociaux et de la mise en scène de soi à tout prix, ça permet, par l’humour, d’aborder des problématiques très actuelles. Les 4 personnages sont hauts en couleurs, drôles et rafraîchissants mais permettent également de traiter un vrai fond. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, la Marilyn rose ?

C’est un rôle de composition. Elle est vraiment loin de moi, du moins je l’espère. C’est la star dans toute sa splendeur, avec un ego démesuré. Elle a besoin de prendre toute la place et elle est dans une mise en scène permanente d’elle-même. Bon, elle a aussi des côtés sympas hein : Elle apporte beaucoup de fraîcheur, d’énergie et, malgré tous ses défauts, elle est touchante car on sent chez elle une grande solitude et une grande fragilité. Dans l'œuvre d’Andy Warhol, il y a quatre Marilyn, sauf que, dans la pièce, il n’y a plus qu’elle. En arrivant, elle raconte qu’elle est partie parce qu’elle n’en pouvait plus des autres. Mais, au fur et à mesure du spectacle, on apprend que ce sont les autres qui sont parties parce qu’elle était insupportable. Elle se sent terriblement seule parce qu’elle n’arrive pas à se lier avec les gens. Ce qui est joli, c’est que, finalement, elle va réussir cette chose-là, avec les œuvres qui sont sur scène. 

 

 

Au moment de vous approprier ce personnage, avez-vous fait quelques recherches pour mieux vous renseigner ?

En tout cas, je connaissais déjà pas mal la comédienne Marilyn Monroe, j’avais lu un roman sur sa vie, j’avais vu des séries etc.  J’avais donc tout à fait l’imaginaire de ce qu’elle peut représenter, de son aura, d’un côté aussi très sensuel qu’il fallait apporter au personnage. Mais dans le cadre de cette pièce, le travail est encore plus spécifique car je n’interprète pas Marilyn Monroe mais la Marilyn rose d’Andy Warhol. Donc j’ai pu lui apporter de la folie et pousser les curseurs dans le jeu. Ce spectacle est très exigeant, déjà du fait de cette  grosse composition mais également car c’est un type de comédie particulièrement basé sur le rythme. Tout est très précis dans nos échanges, dans nos corps aussi. Il y a également des parties musicales avec des chansons en polyphonie qui ont été écrites de façon très talentueuse mais avec des voix très difficiles à apprendre. 

Ce spectacle avait été joué en Avignon avant le Covid, vous venez de débuter les premières dates parisiennes, avec une distribution qui s’enrichit. En l’occurrence, vous êtes trois sur votre rôle. Il y a donc sans doute eu un vrai travail en commun, en concertation pour l’appropriation de ce personnage ?

Ce qui est hyper important, c’est que l’on a des rendez-vous qui doivent être précis pour que, quand on change de distribution, les partenaires ne soient pas désarçonnés. On a besoin d’être extrêmement précis sur le cadre pour, ensuite, trouver notre liberté d’interprétation. On est des comédiennes différentes, on ne va pas faire la même Marilyn et faire un copier-coller. Ce qui est intéressant, c’est de s’approprier le personnage. Ça a été tout l’objet de notre  travail en amont de Paris.

Ce spectacle mélange des arts qui vous tiennent particulièrement à cœur, avec le jeu et la musique. Cela doit être très plaisant ?

J’adore le spectacle musical, je trouve que c’est génial de pouvoir s’exprimer à travers autant de disciplines différentes. Et puis ça me rappelle mes débuts. 

 

 

En complément, vous l’avez dit, vous retrouvez régulièrement les équipes de tournage de la série quotidienne de TF1 « Ici tout commence ». Là aussi, ce doit être également un plaisir à chaque fois de retrouver votre personnage de Laetitia que vous interprétez depuis un an et demi maintenant ?

Oui, j’y vais presque toutes les semaines donc c’est ma deuxième maison. J’ai un appartement maintenant dans lequel je suis installée quand je vais là-bas, j’ai ma petite famille du sud avec Axelle qui joue Kelly, Kathy qui joue Deva, Julien qui joue Zacharie, Pascal notre coach avec qui on travaille nos scènes. Ils sont devenus bien plus que des collègues de travail, ce sont mes amis. Et professionnellement, c'est une grande joie d'interpréter Laetitia. Je la trouve surprenante et fantasque. Il n'y a pas de sensation d'ennui car les auteurs trouvent toujours des situations improbables pour ce personnage. Je suis très heureuse sur la série.

Personnellement et professionnellement, elle a quand même vécu beaucoup de choses depuis dix-huit mois…

Oui, elle a connu une grosse évolution, elle a beaucoup mûri car, au début, elle faisait quand même pas mal de conneries et elle mentait beaucoup. Je pense qu’elle s’est apaisée en trouvant un endroit où s’installer et où elles peuvent enfin être heureuses avec Kelly, elle qui a toujours été déracinée. Elle rêvait que sa fille intègre l’institut et réalise son rêve, ça a marché. Elle voulait aussi une belle relation stable avec quelqu’un de sain, ça a marché un temps mais ça a été une étape importante dans son parcours. Professionnellement, elle a été promue. Elle a retrouvé aussi sa demi-sœur. C’est-à-dire qu’elle est vraiment en train de construire sa vie comme elle n’avait jamais pu le faire avant. J'aime son évolution mais aussi qu'elle garde sa fraicheur et sa fantaisie, qui font son charme et qui en font un personnage un peu à part. C'est très épanouissant  d'avoir la chance de travailler comme ça un personnage sur la durée, de l’accompagner.

Pour terminer, notons aussi un cadre de tournage sublime, qui laisse un champ des possibles très important, avec la beauté, la richesse, la diversité du lieu, sans oublier le travail de l’équipe artistique, qui est allé jusque dans les moindres détails de décoration….

Oui, c’est magnifique. Le château est sublime, on est dans de très beaux décors, c’est une chance d’avoir un aussi beau cadre de travail. La Camargue est une très belle région également. Je prends le temps d'aller découvrir les alentours dès que possible. J'adore le sentiment de déconnexion que j'ai là-bas. Je suis très citadine, j’adore Paris, j’aime son effervescence culturelle mais d’avoir ces moments de pause en pleine nature dans le sud pour tourner ITC, c’est juste parfait comme équilibre.

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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L'argent fait le bonheur, le TMG, Acting Paris : Marina Gauthier évoque sa rentrée artistique très chargée !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marina,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

A partir du 1er septembre prochain, la pièce « L’argent fait le bonheur », dont vous assurez la mise en scène, sera à l’affiche de la comédie Saint-Michel. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de participer à cette nouvelle aventure ?

Absolument ! Je suis très heureuse de démarrer cette nouvelle aventure. J’ai rencontré l’équipe au mois de mars et tout s’est passé très vite. Ils m’ont présenté une scénette de la pièce et j’y ai vu le potentiel. Ils m’ont alors proposé de faire la mise en scène et j’ai bien évidemment accepté. Un joli pari car nous n’avions que 2 mois devant nous.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ? De quoi parle-t-il ?

C’est une comédie, tout se passe dans une mairie située en plein cœur de Cajarc. Commune du sud de la France où il transpire bon vivre, chant des cigales et oliviers verdoyants. L’Histoire semble s'être arrêtée il y a fort longtemps. Un tableau de Jacques Chirac trône dans le bureau de la mairie.  Monsieur Dubois, le maire de Cajarc, fidèle et amoureux de ses habitants veille au bon fonctionnement. Tandis que son conseiller Clément se démène tant bien que mal à assurer la mission qui lui a été confiée, combler le déficit du budget municipal. Pendant ce temps, Monsieur de la Vigne, aristocrate, rêve avec nostalgie de l'époque où la commune était le fief de ses ancêtres. Etienne Formentier, l'agriculteur, travaille... Enfin compte ses haricots. Quand les chemins de ses protagonistes vont se croiser pour de gros enjeux financiers, le calme à Cajarc ne sera que de courte durée ! Car c’est bien connu ; « L’argent fait le bonheur » …ou pas !

Même si ce n’est jamais évident à dire en amont, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire, selon vous, au public ?

Déjà, on parle d’un sujet qui interpelle tout le monde, l’argent. Finalement, tout le monde se pose la question dans cette course à la consommation, ai-je besoin de posséder pour me sentir vivant ? « L’argent fait le bonheur » est une comédie qui, au départ, semble légère et qui, petit à petit, s’amorce en profondeur, dénonçant un système gouvernemental peu glorieux. Le public se retrouve dans un rythme joyeux et loufoque.

 

 

Nous le disions, vous participez à la mise en scène du spectacle. Avez-vous eu, en ce sens, des sources particulières d’inspiration ?

Comme c’était une pièce qui avait déjà été montée par le passé, l’auteur avait dessiné un squelette que je ne voulais pas dénaturer. Je lui ai proposé ma vision par la suite, instinctive. J’attends toujours de rencontrer l’équipe, de voir quel jeu les comédiens me proposent et c’est à partir de là que tout commence à se dessiner, petit à petit, avec beaucoup d’écritures au plateau. Je suis d’ailleurs ravie de collaborer avec une équipe si bienveillante et réactive.

On imagine que le rythme de préparation doit être particulièrement intense ?

Il est très intense puisqu’on aura eu, en tout et pour tout, trois semaines de répétitions. Mais c’est ce qui est excitant. Ils sont très généreux dans le travail donc les répétitions se sont accélérées, s’accélèrent encore dans la bonne humeur. Le fait d’avoir une deadline aussi courte met vraiment de l’huile dans le moteur pour toute l’équipe !

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

J’essaie de ne pas communiquer mon appréhension puisque l’on est encore en répétitions. Même si personnellement, je suis plutôt sereine. A force d’avoir monté des projets rapidement, j’essaie d’anticiper tout ce qui pourrait arriver et il y a surtout de l’excitation qui prend le dessus. Ce sera plus le jour J que ça va monter, en plus c’est le jour où on fait le filage donc je vais essayer de les économiser. Il va y avoir cette effervescence tant appréciée par les équipes, où c’est le bordel, où tout le monde est excité, stressé, angoissé…  La routine  des artistes !

Justement, le jour J, à 21h 30, lorsque le rideau s’ouvrira et que ça démarrera, le bébé ne vous appartiendra plus pendant un peu plus d’une heure et vous ne pourrez alors plus rien faire. Ce doit être des sensations très étranges, non ?

C’est ça, je serai spectatrice, comme toutes les autres personnes dans la salle. Là, c’est le moment où il faut lâcher prise. Un metteur en scène, c’est un peu comme un peintre. Il prend ses pinceaux, ses outils, avec ses comédiens qui sont la palette de couleurs, ensemble ils dessinent la toile et, le jour où elle est achevée, il faut savoir s’en détacher. Il y a une part d’abandon, de lâcher-prise, ils offrent leur œuvre au public.

Au-delà de ce rôle de spectatrice, on peut penser que, sur les premières représentations, vous garderez un œil très avisé et très aiguisé pour pouvoir ensuite leur débriefer et affiner ensemble en fonction de ce qu’eux auront ressenti et des retours du public ?

Evidemment ! Pour les deux premières, je serai avec le régisseur, avec mon petit calepin et mon petit stylo. Même si je ne pourrai pas interagir, je serai là pour écouter et noter. Ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, quel est le rendu. On a beau répéter, faire des filages, c’est en conditions réelles que l’on voit tout ce qui se passe.

A noter que la pièce sera à l’affiche tous les jeudis et tous les samedis, à 21h 30. Avec Jules Altur-Ortiz, Clément Hernandez, Enzo Pinducciu et Vincent Rousseau. 

 

 

En complément, la rentée approchant au TMG, vous devez être sans doute très impatiente de pouvoir proposer au public la nouvelle programmation ?

Absolument ! Je suis ravie de pouvoir vivre cette rentrée, sans encombre. C’est l’excitation, on repart avec de nouvelles rencontres, de nouveaux artistes, avec une programmation toujours aussi éclectique. J’ai hâte de voir un petit peu les avis du public, comment ils vont la recevoir et de revoir le théâtre s’activer. J’ai hâte de revoir la vie, l’animation au sein du théâtre, de retrouver mes équipes et toute cette effervescence bien sûr.

Pour finir, parmi vos différentes casquettes artistiques, vous allez proposer des master-class, dans le cadre d’une nouvelle école qui va ouvrir ses portes…

Exactement ! Une école qui s’appelle Acting Paris, une nouvelle école de cinéma qui propose plein de cours divers et variés, dans un lieu atypique, sur une péniche à Asnières. Personnellement, j’ai voulu travailler avec la personne qui est en charge de la création de cette école puisqu’il avait une idée nouvelle, avec des valeurs et l’envie vraiment de proposer un programme de qualité pour les jeunes interprètes. C’est ce qui m’a donné l’envie de collaborer avec son équipe, j’ai hâte de démarrer cela et de pouvoir rencontrer tous types d’artistes et de travailler avec eux. Me concernant, ce sera pour travailler des scènes de théâtre.

Cette rentrée se fait sur les chapeaux de roues mais avec des bonnes nouvelles. Ce doit être très chouette ?

C’est plutôt très chouette ! Il se passe plein de choses, j’en suis la première ravie, je suis chanceuse, je travaille pour et c’est ce que je souhaite à tout artiste, de trouver la passion et le travail pour faire des projets et des rencontres.

Merci, Marina, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Marion Cador évoque sa pièce de théâtre, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marion,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre La Boussole, dans la pièce « Les Demoiselles ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est un grand plaisir parce que, déjà, c’est six shows semaine, avec le lundi off. Ce qui est très plaisant, c’est que l’on est cinq nanas, avec Stan Cramer, le pianiste, on s’entend vraiment hyper bien, c’est un plaisir de se retrouver tous les jours pour se préparer, jouer ensemble et, ensuite, de temps en temps, on va boire un coup après. Vraiment, c’est une aventure, en plus d’être artistique, qui est très humaine et ça fait du bien.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

Ca raconte l’histoire de cinq jeunes femmes, qui se retrouvent à travailler en tant que réceptionnistes téléphoniques d’un bureau de poste, rue Drouot, dans les années 50. Il y a un certain traintrain avec Nicole, celle qui dirige ces réceptionnistes. On va rencontrer Joe et Lili, qui sont là depuis pas mal de temps, on pense que Lili est celle qui a le plus de background dans cette équipe. Il va y avoir Claudine, la femme du patron, ancienne réceptionniste, qui soupçonne son mari de la tromper avec les autres réceptionnistes. Il y a donc quand même un poids dans ce bureau de poste, face auquel Nicole va devoir faire face. Quelqu’un vient d’être viré donc il y a une stagiaire qui arrive, Catherine, mon personnage, qui débarque, de sa Normandie, en étant toute contente, heureuse de pouvoir faire carrière à Paris et d’avoir un travail. A l’époque, ce n’était pas gagné, pour une femme d’avoir un travail... Catherine, qui est assez carriériste, est contente de pouvoir être indépendante, elle est prête à tout pour réussir, pour y arriver et elle va se rendre compte que ça ne va pas être aussi simple que cela. Parce qu’être une femme à l’époque, c’est bien sympa, on a de belles coiffures, de belles robes, de beaux jupons mais il faut quand même avoir du caractère pour survivre dans ce milieu-là.

Je pense que, au-delà de parler des années 50, ce qui est bien dans cette pièce, c’est que justement on est dans une période passée, qui est actée pour tout le monde comme étant un moment où être une femme faisait grandir dans un monde très misogyne. Donc les gens ne font pas tout de suite le parallèle avec aujourd’hui mais il y a des choses que l’on peut trouver encore, qui sont assez similaires, au niveau de la condition, du travail. On essaie de faire passer ce message-là mais d’une façon très douce, très subtile, en monde « il n’y a aucun jugement » parce que l’on a quand même fait du progrès, beaucoup de pas ont été réalisés depuis les années 50. Mais ce n’est pas encore totalement corrigé, oui, à l’époque c’était dur d’être une femme mais, encore aujourd’hui, on se retrouve dans des situations un peu injustes et misogynes, surtout dans le travail. Il est bon de savoir que ça existe encore de nos jours, c’est un peu le message de cette pièce qu’a voulu faire passer l’autrice, Hélène Buannic…

 

 

C’est aussi, on l’a compris, un spectacle musical…

Dans la comédie musicale, j’aime bien décliner les sous-catégories. Ici, c’est du théâtre musical, c’est une pièce musicale, avec une base de théâtre où il y a de petits interludes musicaux. J’aime bien cette définition de la comédie musicale, qui n’est pas de moi mais que je ressors à chaque fois : « quand l’émotion est trop forte pour juste la dire, on la chante et quand elle est encore plus forte, on la danse ». Je trouve cela très poétique. Du coup, c’est ce qui se passe dans cette pièce-là, on a toute notre moment un peu très expressif où on va se mettre à chanter une composition originale. Mais ce qui est le plus important, c’est le jeu, c’est l’interprétation. Ce n’est pas juste du chant, on n’est pas là pour un concert, on est là avant tout pour interpréter et jouer les moments musicaux, comme le souhaite notre metteur en scène Julien Husser. Notons que la musique est signée Grégory Garell et les paroles Louise Salle.

Quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public ?

En étant dedans, il est sûr que l’on a perdu un peu d’objectivité par rapport à la pièce. On espère et on souhaite qu’elle plaise au plus grand nombre de personnes. On est très contentes et agréablement surprises des retours que l’on a quand on sort du théâtre. Il y a des gens qui nous attendent pour nous féliciter, ils ressortent très contents de la pièce, le message passe très bien. La petite subtilité de la fin plait énormémentJ. On voit même des femmes pleurer….Mais je ne vous en dis pas plus. En tout cas, ça fait vraiment chaud au cœur, je suis encore surprise de ces réactions, je me dis « oh là là, on arrive à faire ressentir cela aux gens, c’est fort ». C’est là que je remercie la vie de m’avoir offert ce cadeau.

Les commentaires sur internet sont aussi très bons, on nous dit passer par toutes les émotions, les gens rient beaucoup au début puis il y a un moment où ça bascule un peu dans le drame, embarquant aussi le public.

Au moment de vous approprier ce personnage, vous étiez-vous plongée dans le contexte historique de l’époque pour bien en percevoir les enjeux ?

Oui, bien sûr ! Ça fait quand même quelques années que je m’intéresse à la condition de la femme et que je la défends. Surtout l’équité et l’égalité entre les hommes et les femmes. Donc, oui, je me suis penchée dessus, pour comprendre si les femmes, en général, étaient ok avec ces conditions-là, si c’était vraiment dans les habitudes et les mœurs. Je me suis rendue compte que non, on se taisait parce qu’il fallait se taire. Mais il y avait quand même des combats qui commençaient à se mener. Par exemple, les femmes tatouées étaient rejetées et mal vues. Aujourd’hui, ça devient vraiment quelque chose de banal…Le droit de vote est arrivé pas longtemps avant et, encore, sous certaines conditions.

On a toutes les cinq regardé des documentaires pour savoir comment travaillaient les réceptionnistes, pour ne pas faire des gestes inappropriés. On est beaucoup avec des dossiers dans le spectacle, c’est quelque chose que l’on a ramené dans la pièce car, à l’époque, les femmes devaient surtout répondre au téléphone et n’avaient pas forcément beaucoup le droit d’écrire.

Catherine a un peu une « singularité », elle est homosexuelle, elle le cache, elle se dit qu’en arrivant à Paris, elle ne peut pas en parler, qu’elle aura une vie différente, en épousant un homme et en ramenant elle-même l’argent à la maison. Ce qui en fera la fierté de la famille. C’est son but, de se cacher elle-même, de débarquer avec une toute autre identité, c’est un nouveau départ pour elle. Au final, elle se rend compte que le naturel revient au galop, elle rencontre une lesbienne dans son centre rue Drouot, ça la perturbe un peu de voir qu’il peut y avoir des femmes qui défendent cela et qui sont quand même assez courageuses pour le revendiquer. Donc elle se laisse prendre au jeu et, finalement, elle va totalement se libérer de cela. C’est quelque chose que l’on retrouve encore aujourd’hui d’ailleurs.

 

 

La pièce est à l’affiche jusqu’au 11 septembre. Sans doute aimeriez-vous voir l’aventure se prolonger ?

Exactement ! On espère aller vraiment loin avec cette pièce. Là, il est encore trop tôt pour annoncer d’éventuelles prolongations ou un éventuel déménagement. Mais on en a très envie !

En complément, quels sont vos autres projets artistiques du moment ?

Je suis en création d’un trio vocal, « Les jingle ladies », avec deux amies, Marianne Millet et Nina Brégeau. On essaie de ramener un petit peu de modernité, on se concentre sur les musiques de télé, notamment les génériques à partir des années 80, avec « Une nounou d’enfer », « Pokémon », « Friends »,…et on les décline en country, en jazz, en rock, … pour que les gens reconnaissent les musiques sans les reconnaitre. Il y aura un côté un peu interactif avec le public, on travaille avec un compositeur qui nous réarrange les musiques justement et, sans trop en divulguer, ce sera le public qui choisira la musique et le style. Du coup, on va faire un petit melting pot avec tout cela.

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2022 : Pauline Bression évoque son actualité sur place mais aussi ses autres projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pauline,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez au Festival 2022 d’Avignon, dans un tout nouveau et très beau lieu qu’est La Scala Provence, où vous reprenez une pièce jouée avec succès à Paris, « Une histoire d’amour ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

C’est un IMMENSE plaisir de venir jouer cette pièce, que l’on a quand même jouée à Paris et lors de 80 dates de tournée. Mais on n’était pas venus en Avignon, c’est merveilleux de venir y jouer, en plus dans ce tout nouveau théâtre. Ce sont évidemment les mêmes propriétaires que La Scala Paris, c’est exactement le même lieu, avec encore son bar, son restaurant, ses beaux fauteuils bleus. Il y a quatre salles et on a, du coup, la chance de jouer dans la plus grande salle du OFF d’Avignon. C’était un vrai pari, qui est déjà relevé car pas mal de dates sont complètes pour notre spectacle, mais aussi pour « La machine de Turing » notamment. C’est assez dingue, je suis très heureuse pour tout le monde. En plus, le village du OFF a ouvert cette année sur le trottoir d’en face donc on a quand même une belle visibilité, le programme est très éclectique et très chouette, il y a aussi de la musique, du one-man, du cirque, de la danse, en plus du théâtre. Les choses ont été très bien faites. Au resto et au bar, c’est notre équipe de Paris qui est descendue donc on est à la maison !

 

 

En quelques mots, pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, comment présenter cette pièce ?

Ce sont plusieurs histoires d’amour, la première qui forge le reste des histoires est celle entre deux femmes, une qui sait qu’elle est homosexuelle, l’autre qui ne le savait pas. Elles veulent avoir un enfant…Cette histoire forge le cadre de la pièce avec, autour, un tourbillon de plusieurs autres histoires d’amour, de la vie quotidienne. Ça parle évidemment d’amour mais aussi de maladie, d’abandon, …on rit, on ne fait pas que pleurer. C’est vraiment la vie quotidienne. Je trouve que c’est une des pièces qui parle le plus du quotidien des gens.

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous d’ailleurs avoir du public ?

On accroche ou on n’arroche pas, 95% des gens accrochent beaucoup parce que vraiment ça touche à l’intime. Tout le monde se reconnait. Les gens aiment, beaucoup pleurent, pour certains énormément et se laissent aller. Mais ils sont contents parce qu’on rit aussi pas mal. C’est très rythmé en tout cas.

En parallèle, à partir de mi-septembre, vous serez sur scène pour un tout autre projet…

Une toute nouvelle création sur laquelle on travaille, « Smile »…Ce sera à la Nouvelle Eve, à 19h30, à partir du 15 septembre. Je suis très heureuse parce que c’est tout nouveau pour plein de gens. C’est une création sur un des rendez-vous qui a changé la vie de Charlie Chaplin, avant qu’il ne devienne Charlot. Ce rendez-vous a vraiment existé, après la pièce ajoute un peu de fiction à tout cela. C’est une pièce en noir et blanc, pour essayer de coller à son univers.

 

 

En complément, vous continuez les tournages pour quelques semaines encore sur « Plus Belle La Vie »…

On a eu un mois de juin très intense, pour faire beaucoup d’épisodes avant le festival d’Avignon. Je crois que l’intrigue a commencé en diffusion il y a quelques jours, une nouvelle intrigue avec Baptiste, Camille, Kévin, un peu à la recherche de César. Je suis très contente de tourner à nouveau avec Théo Bertrand (Kévin), ça faisait un petit moment. C’est une grosse intrigue de l’été, qui sera en diffusion jusqu’à mi-septembre. C’était génial, on a adoré, c’est évidemment ma dernière grosse intrigue sur « Plus Belle La Vie » parce que l’on sait que le tournage s’arrête fin septembre. C’était très très très émouvant, très intense et, honnêtement, c’était encore un tournage génial. « Plus Belle La Vie » est une vraie famille, c’est la première quotidienne et c’est la première et la seule qui a réussi à avoir ce côté un peu famille. Il existe vraiment, ce ne sont pas des mots en l’air sur ce tournage-là. Evidemment que les tournages sont souvent géniaux mais encore plus là-bas. Des gens y travaillent depuis 18 ans, ce n’est pas pour rien, c’est qu’on y est bien.

 

 

Toujours à l’image, vous étiez récemment sur un unitaire pour France Télévisions. Cela annonce-t-il d’autres projets encore ?

Oui, vous m’avez vue dans « L’oubliée d’Amboise », où je jouais l’adjudante, aux côtés de Philippe Bas. Nous avions tourné en octobre, c’était super chouette de camper ce personnage, c’était la première fois que je jouais une gendarme. Ecoutez, si tout va bien, je repars en tournage, une fois que la pièce aura commencé. Les dates coïncident plutôt bien…Ce sera aussi un unitaireJ, le tournage sera en Bretagne, je change encore d’univers.

 

 

Vos actualités et projets traduisent une vraie diversité de choses à pouvoir toucher et proposer…

Honnêtement, je suis très chanceuse cette année, il se passe des choses très intéressantes parce que, en plus, très différentes les unes des autres. J’ai de la chance d’être entourée d’équipes assez formidables. Parfois, c’est dur de changer un peu d’univers mais, à chaque fois, j’ai beaucoup de chance, ça se passe bien car, vraiment, ce sont des équipes bienveillantes. Donc j’ai beaucoup de chance d’avoir été et en fiction et au théâtre. Ce fut une jolie année en termes de rôles et une jolie rentrée très intense m’attend aussi.

Merci, Pauline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Festival d'Avignon 2022 : Florence Coste nous présente les deux spectacles dans lesquels elle joue !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Vous participez actuellement au Festival d’Avignon, avec une double actualité, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

C’est assez merveilleux ! C’est mon septième festival en tant que comédienne…en tant que festivalière, je ne sais pas, au moins dix…C’est un endroit qui m’apporte vraiment énormément de joie parce qu’on joue pour un public qui est absolument passionné de théâtre. Donc ce sont des gens qui sont hyper enthousiastes. On les rencontre dans la rue, on discute du spectacle avec eux, ils nous disent, le lendemain quand on les croise, à quel point ils ont aimé. On tracte des gens, on les convainc de venir voir notre spectacle, après on a leur retour. Enfin, voilà, on est très proches des gens, il y a beaucoup d’enthousiasme, c’est une effervescence où on voit plein de pièces…je vais aussi en voir en tant que spectatrice donc je me nourris de choses, après je repars sur scène encore nourrie d’autres énergies. J’ai la moitié de mes amis qui sont en Avignon pendant le mois de juillet, je connais tous les bons restos, c’est vraiment un mois de fête, de culture, où on est bouleversé par les spectacles. Je me rappelle que, l’année dernière, c’était vraiment très intense de revenir-là et de revivre ça, je me demandais, cette année, comment j’allais le vivre et je vois que ça m’apporte toujours la même joie. Je pense que je vais passer beaucoup « d’Avignons » et de mois de juillet ici dans ma vieJ.

A 13h, vous jouez dans « Bien au-dessus du silence ». Avec vos mots, comment présentez ce spectacle ?

En fait, c’est un spectacle de poésie, sur les poètes engagés. C’est un montage de textes, on est cinq comédiens sur scène, on dit les mots, on dialogue ensemble à travers les mots de dix-sept poètes différents. On est vraiment sur la crème de la crème du poète, on a Victor Hugo, Aragon, Eluard, Pablo Neruda, …en plus, c’est dans des univers très différents et on aborde plein de thématiques. Ce sont des poètes qui se sont engagés pour lutter contre l’injustice, l’oppression, le racisme…donc des thèmes parfois lourds et forts. Mais, d’un autre côté, ils se battent avec leur plume, avec beaucoup de solidarité, d’entraide et d’espoir aussi. Parce qu’ils ont vraiment l’espoir de faire changer les choses par l’art donc ça questionne aussi le rôle du poète et de l’artiste dans notre société, ça questionne le public lui-même sur son propre engagement également. Donc c’est un très beau spectacle. Et c’est rendu accessible aussi…parfois, les gens peuvent être un peu réfractaires à la poésie, ils ont l’impression que ça ne va pas leur parvenir. Je pense que la force de ce spectacle est que, justement, on incarne ces mots à travers des personnages et des mises en situation. Ce qui fait que l’on y a plus facilement accès et accès aux émotions qui y sont associées. Il y a aussi tout un travail chorégraphique, Violaine Arsac signe une très belle mise en scène. Donc c’est un sujet fort et rendu accessible. C’est vrai que les gens sont touchés en fait. Souvent, dans les pièces de Violaine, ça va toucher à des questions essentielles de nous en tant qu’humain. J’avais fait « Les passagers de l’aube » avec elle avant, là ça parlait d’expériences de mort imminente, de spiritualité, de pourquoi on est là…des vrais sujets de fond, qui sont aussi très émotionnels.

De faire cela est aussi un tout autre exercice. Aller tracter des gens pour leur dire de venir voir un spectacle de poésie n’est pas le tractage le plus facile du monde mais, du coup, quand on a fait cela, quand on a réussi à convaincre les gens et que l’on voit leur réaction, alors qu’ils n’étaient pas particulièrement passionnés de poésie, on se dit que l’on a réussi notre pari. C’est assez satisfaisant.

 

 

Justement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public, à la sortie du théâtre ?

Les gens sont très touchés, justement parce que ce sont des sujets forts. Ces poètes ont écrit des textes magnifiques, interpréter ces mots-là et aller toucher le public avec cela est très beau. Ils sont aussi étonnés de la forme parce que ce n’est pas une pièce qui raconte une histoire mais il y a un fil rouge où on traverse le féminisme, la misère, le racisme, la guerre. Ce qui est fort aussi et qui revient beaucoup de la part des gens, c’est que ce sont des mots qui raisonnent tellement avec l’actualité du moment. Il y a l’Ukraine, il y a ce qui s’est passé sur l’avortement aux Etats-Unis. Quand on dit ensuite des mots d’Anne Sylvestre sur le féminisme, d’un coup ça a une résonnance folle. Donc, oui, je pense que c’est un spectacle qui a sa place et particulièrement en ce moment.

Si on se replonge quelques temps en arrière, lorsque vous avez commencé à préparer ce spectacle, on peut penser qu’il y avait certains textes que vous ne connaissiez pas, que vous avez découverts et qui ont sans doute dû vous marquer, vous interpeller…

Complètement ! Il y en a qui sont très connus, il y en a d’autres qui le sont moins, il y a de la poésie contemporaine. En fait, on a commencé à travailler ce spectacle il y a plus d’un an parce qu’on devait le jouer au dernier festival. Avec les histoires de timing et les horaires qui ont changé à cause du Covid, on n’avait pas l’horaire que l’on voulait…on s’est dit que l’on allait revenir mais au bon horaire. Depuis, il s’est passé des choses, j’ai lu des bouquins entre temps et, maintenant, j’ai un œil différent sur ces poèmes. En fait, c’est tellement riche…Quand on était au lycée, on en faisait des études de texte pendant quatre heures donc c’est sûr que quand on les interprète, au fur et à mesure des représentations, il y a des choses qui nous parviennent, que l’on redécouvre. C’est vrai qu’en tant qu’interprète, c’est un parcours très dense. Et puis c’est très important de rendre cela concret. Ce sont des mots qui, parfois, sont un peu lyriques. De les rattacher à des situations concrètes pour vraiment raconter des choses, pour vraiment faire ressentir des choses aux gens, c’est un travail pour une comédienne qui est très intéressant.

En début de soirée, vous reprenez « Titanic, la folle traversée », également à l’affiche à la Renaissance, à Paris. Ce doit sans doute être une chouette histoire que de poursuivre cette aventure ici, en Avignon ?

Cette aventure est un peu folle. On travaille dessus depuis quatre ans. On est douze sur scène donc ça demandait un gros travail préparatoire. Le Covid est passé par là, ça a été reporté. Ça a été un gros pari parce que c’est une petite compagnie, qui a déjà fait beaucoup de succès, qui est autofinancée. C’est donc un gros pari dans un contexte pas facile. Ce fut vraiment un gros succès l’année dernière, ce qui a fait que l’on se retrouve dans un théâtre parisien sublime et immense, alors que c’est un travail qui est très familial, presque artisanal. C’est très beau, c’est un super bel accomplissement d’arriver dans ce théâtre-là. Et, là, de revenir à Avignon, où, finalement, tout cela a commencé est génial. C’est un festival où c’est presque facile, le bouche à oreilles a été fait, les gens connaissent et, surtout, ils ont un enthousiasme fou, c’est la folie dans la salle. C’est un public très chaleureux. Sur un spectacle d’humour comme cela, où il y a beaucoup d’attente sur les réactions du public, c’est vraiment un bonheur de jouer ici.

 

 

En quelques mots, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, que dire sur ce spectacle ?

C’est une adaptation de l’histoire du Titanic, de la vraie histoire et de celle du film mais en version parodique, détournée. Donc on est vraiment dans de l’humour, avec beaucoup de fantaisie, d’inventivité. Il y a les personnages mythiques, le mien s’appelle Lise maintenant, mais c’est Rose, qui vit une histoire d’amour avec James (Jack). Autour, il y a aussi plein de personnages qui sont inventés, qui sont hauts en couleurs. C’est vraiment un spectacle de troupe, où on chante également, on danse, on a des musiciens sur scène et c’est immersif. Ça joue sur le plateau mais ça joue aussi dans la salle, on fait rentrer les gens par la salle comme s’ils montaient sur le bateau. C’est une vraie expérience ! Et le bateau coule quand même à la fin. Là où on a vraiment réussi notre pari, c’est quand on retourne le truc, après avoir faut rire les gens pendant une heure et demie, on revient au fait que ça a été un drame, que cela s’est réellement passé et que ce n’est pas que rigolo.

Concernant le festival en lui-même, globalement, les journées doivent sans doute être riches, intenses et chargées, dans le bon sens du terme, entre le jeu, le tractage et la découverte d’autres spectacles…

C’est mon grand plaisir ! L’année dernière, j’ai fait vingt spectacles, là je ne sais pas si je vais réussir à en faire autant. De toute façon, nous, pour avoir après des choses à donner sur scène, il faut aussi que l’on aille se nourrir ailleurs. C’est un vrai lieu de rencontres…Je sais que je suis sur « Titanic » parce que, il y a cinq ans, le metteur en scène était venu me voir sur un autre spectacle. On rencontre des gens dont on a été voir le travail, on les rencontre dans la rue, on parle, ils viennent te voir sur scène. Donc, en fait, là où à la télé et au cinéma, ça se passe vraiment par les agents, le monde du théâtre est vraiment un monde de relationnel. Avignon est le meilleur endroit pour cela, pour découvrir les gens avec qui tu as envie de travailler plus tard, les rencontrer, qu’ils viennent te voir jouer. C’est vraiment là que beaucoup de choses se font. C’est vraiment là que les succès de l’année prochaine commencent…C’est « The place to be », je vous le disJ.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du Festival ?

A ce moment-là du festival, les choses sont un peu jouées, les spectacles ont démarré, on a du monde, on voit que la réception est bonne. Maintenant, juste de profiter…On va continuer le tractage, c’est important mais les grosses périodes sont derrière nous. Le festival est lancé, il faut juste profiter et espérer que les spectacles aient une belle vie après, qu’ils soient programmés dans plein d’endroits en France. Et puis de profiter de ce festival….

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2022 : Interview croisée avec les trois comédiennes du spectacle "Les Vilaines" !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Margaux, bonjour Lucille, bonjour Natalia,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous trois !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec le spectacle « Les Vilaines », joué chaque soir à 21h 15 au théâtre Le petit chien (relâche les lundis). A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Lucille : C’est un peu le passage obligatoire des artistes. On m’a beaucoup dit qu’il fallait faire un Avignon pour avoir vécu quelque chose où tous les artistes passent. Donc on est super contentes d’être là, oui.

Natalia : Le Festival d’Avignon, c’est chouette. Cette année, il y a 1 600 spectacles par jour, on est nombreux. Je l’avais déjà fait en 2013 et 2014 avec un spectacle pour enfants donc je connaissais un peu. Là, c’est la première fois que « Les Vilaines » sont sur Avignon, c’est une nouvelle aventure.

Margaux : Depuis la création du spectacle, je tanne Elsa (notre autrice et metteuse en scène) pour que l’on fasse Avignon donc on a fini par arriver jusqu’iciJ. Mais on a pris le temps de faire grandir le spectacle avant de le présenter à Avignon. Là, on pense que l’on est prêtes, que c’était le moment de le faire…on est contentes d’être là.

 

 

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Lucille : C’est l’histoire, le quotidien de trois jeunes filles qui sont dans un spectacle de cabaret. On voit la scène et les coulisses, les loges, on passe de la différence entre les exigences sur scène et la réalité du quotidien de ces trois jeunes filles toutes très différentes. Ce sont vraiment des loges de filles, les nôtres sont un peu comme ça aussi, même avant que l’on joue « Les Vilaines », ça rigole, ça se dispute, ça parle de choses hyper profondes d’un coup puis, soudainement, de thèmes hyper légers. Dès fois, les dialogues sont faits dans les vraies loges du spectacleJ.

Natalia : Le spectateur voit vraiment ce qui se passe devant et derrière le rideau, il n’y a pas juste les coulisses dans notre spectacle, il y a aussi des moments où, vraiment, on fait le show, on a des dossards, des plumes, on chante, on danse, un peu comme au Lido. Lucille l’a déjà dit, effectivement nos personnages parlent de beaucoup de thèmes différents, on parle d’amour, de solitude, du temps, de la difficulté à être sur scène tous les soirs, on se chamaille, on se jalouse.

Lucille : En fait, il y a beaucoup d’amour entre ces trois filles et beaucoup aussi de rivalité. Ça dépend des personnages, il y en a un peu plus opportunistes que d’autres mais voilà, c’est la relation de ces trois filles qui est mise en avant.

Margaux : On l’a compris, c’est un spectacle qui est à la fois joué, chanté, dansé, c’est un spectacle musical. Sous une espèce d’apparente légèreté, où c’est hyper visuel et divertissant, il y a plein de thèmes qui sont abordés et qui sont hyper profonds, du rapport à l’image de soi, à la féminité, du rapport aux hommes, du rapport au métier d’artiste…C’est cette oscillation entre humour et poésie que je trouve super dans le spectacle, qui le rend hyper riche, hyper complet.

 

 

Vous évoquiez la différence entre chacun des personnages. Justement, un mot peut-être chacune sur votre personnage et sur ses principales caractéristiques ?

Lucille : Mon personnage est celui de Lou, je dirais, pour le coup, qu’elle est opportuniste, elle est émotionnellement très instable et je me positionne un petit peu comme la petite nouvelle du show, je suis la plus jeune des trois donc celle qui a encore des étoiles dans les yeux et qui n’hésite pas à marcher sur les deux autres pour arriver à ses fins.

Natalia : Je joue Lily, je dirais qu’elle est gentille, elle ne veut pas se fâcher, elle est contente d’être là, c’est une romantique, elle a beaucoup d’espoir, elle voit le bon côté des choses mais c’est vrai qu’il y a un moment dans le spectacle où elle va un peu montrer les crocs. Elle a quand même sa place, elle ne veut pas qu’on lui la pique, oui on retrouve de cela dans ce personnage.

Lucille : C’est peut-être la plus traditionnelle, des trois, du monde du spectacle. Quand on la voit dans la rue, c’est celle dont on se dit le plus « c’est une BlueBell girl ».

Margaux : Je suis la tôlière du spectacle, je suis celle qui est là et qui n’a pas d’âge, on ne sait plus depuis combien de temps elle est là. Est-ce qu’elle a 20 ans, 30 ans, 40 ans, on n’en sait rien. Mais, en tout cas, elle a la veille âme un peu fatiguée et blasée de ce monde d’apparence. C’est une féministe, elle, pour le coup, endurcie donc qui vit un peu un conflit interne d’être un objet de désir affiché, assumé mais, en même temps, avec des convictions de femme et politiques. Elle bassine les deux autres avec ça tout au long du spectacle, elle est le caractère un peu fort, tranchant, cassant. C’est Léa, quoi.

Lucille : C’est la petite maman du trio…

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public à l’issue du spectacle ?

Natalia : Une fois, je m’en souviens, il y a une dame qui est sortie en disant « ah, c’était génial, c’était jubilatoire ».

Lucille : En fait, on se change neuf fois sur scène et comme on fait découvrir les loges, on se change, du coup, devant le public. On nous parle ainsi beaucoup des costumes qui sont très variés, très beaux, très grandiloquents.

Natalia : On nous dit aussi que c’est très pétillant. Hier, on m’a dit que c’est comme un bonbon acidulé…C’est recherché !

Lucille : On nous dit aussi que nos voix se marient bien entre elles, que le travail des harmos et des chants est bien, qu’il est très agréable à écouter.

Margaux : Oui, on a de bons retours sur les chansons, les gens trouvent qu’elles sont bien, entrainantes.

Lucille : Les gens trouvent cela drôle, la plupart du temps ils nous remercient d’avoir passé un très bon moment.

Natalia : C’est vrai qu’ils rigolent beaucoup pendant le spectacle.

Lucille : C’est un moment plaisant, de détente, agréable pour le public.

Margaux : On m’a aussi parlé d’émotion, je pense que la couleur générale du spectacle est plutôt vive, plutôt enlevée mais qu’il y a des pointes d’émotion, de tendresse, de fragilité, ça peut aussi toucher le public.

Lucille : On nous a également dit que nos personnages collaient bien avec notre voix et notre physique à chacune, que l’on a été bien castées, que c’était logique.

Natalia : Et que l’on est très différentes, ce qui fait vraiment trois personnages différents sur scène.

Margaux : Le personnage et l’actrice se nourrisse l’un l’autre, Elsa fait beaucoup cela et je trouve que c’est hyper intelligent de s’inspirer aussi des acteurs que tu choisis et de leur énergie pour nourrir le rôle. Depuis que je suis sur ce spectacle, il a beaucoup évolué et à chaque fois dans le sens des comédiennes qui l’incarnaient.

 

 

Face à l’effervescence du Festival, où il faut faire sa place parmi les 1 600 spectacles que vous évoquiez, on image vos journées très riches et intenses ?

Lucille : Très intenses ! Il y a beaucoup de gens…

Margaux : On est dans le tambour d’une machine à laver pendant un mois…On ne se pose pas de question…

Natalia : On joue, on mange, on fait dodo,…On a des horaires rythmées et cadrées mais c’est pour notre bien !

Margaux : Il y a un petit côté athlète de haut niveau, un petit côté marathon, il faut assurer sur la durée. C’est un spectacle qui est physique, éprouvant pour le corps et pour la voix, on est dans des corsets, sur des talons, on chante, on joue. C’est un huis-clos d’une heure et 25 minutes et, en plus de cela, effectivement, il faut tracter, il faut faire connaitre le spectacle donc c’est intense, c’est vrai.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du Festival ?

Lucille : De continuer les salles complètes, des bonnes vibes de la part du public et des gens dehors, un tout petit peu moins de chaleur dehors, l’énergie et la santé.

Natalia : Que les gens parlent de nous, qu’il y ait un bon bouche à oreille, peut-être un peu de presse…

Margaux : Pourquoi pas une programmation parisienne à la rentrée…Ça serait une bonne chose à nous souhaiter.

Merci à toutes les trois pour vos réponses !

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