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theatre

Festival d'Avignon 2022 : Pauline Bression évoque son actualité sur place mais aussi ses autres projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pauline,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez au Festival 2022 d’Avignon, dans un tout nouveau et très beau lieu qu’est La Scala Provence, où vous reprenez une pièce jouée avec succès à Paris, « Une histoire d’amour ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

C’est un IMMENSE plaisir de venir jouer cette pièce, que l’on a quand même jouée à Paris et lors de 80 dates de tournée. Mais on n’était pas venus en Avignon, c’est merveilleux de venir y jouer, en plus dans ce tout nouveau théâtre. Ce sont évidemment les mêmes propriétaires que La Scala Paris, c’est exactement le même lieu, avec encore son bar, son restaurant, ses beaux fauteuils bleus. Il y a quatre salles et on a, du coup, la chance de jouer dans la plus grande salle du OFF d’Avignon. C’était un vrai pari, qui est déjà relevé car pas mal de dates sont complètes pour notre spectacle, mais aussi pour « La machine de Turing » notamment. C’est assez dingue, je suis très heureuse pour tout le monde. En plus, le village du OFF a ouvert cette année sur le trottoir d’en face donc on a quand même une belle visibilité, le programme est très éclectique et très chouette, il y a aussi de la musique, du one-man, du cirque, de la danse, en plus du théâtre. Les choses ont été très bien faites. Au resto et au bar, c’est notre équipe de Paris qui est descendue donc on est à la maison !

 

 

En quelques mots, pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, comment présenter cette pièce ?

Ce sont plusieurs histoires d’amour, la première qui forge le reste des histoires est celle entre deux femmes, une qui sait qu’elle est homosexuelle, l’autre qui ne le savait pas. Elles veulent avoir un enfant…Cette histoire forge le cadre de la pièce avec, autour, un tourbillon de plusieurs autres histoires d’amour, de la vie quotidienne. Ça parle évidemment d’amour mais aussi de maladie, d’abandon, …on rit, on ne fait pas que pleurer. C’est vraiment la vie quotidienne. Je trouve que c’est une des pièces qui parle le plus du quotidien des gens.

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous d’ailleurs avoir du public ?

On accroche ou on n’arroche pas, 95% des gens accrochent beaucoup parce que vraiment ça touche à l’intime. Tout le monde se reconnait. Les gens aiment, beaucoup pleurent, pour certains énormément et se laissent aller. Mais ils sont contents parce qu’on rit aussi pas mal. C’est très rythmé en tout cas.

En parallèle, à partir de mi-septembre, vous serez sur scène pour un tout autre projet…

Une toute nouvelle création sur laquelle on travaille, « Smile »…Ce sera à la Nouvelle Eve, à 19h30, à partir du 15 septembre. Je suis très heureuse parce que c’est tout nouveau pour plein de gens. C’est une création sur un des rendez-vous qui a changé la vie de Charlie Chaplin, avant qu’il ne devienne Charlot. Ce rendez-vous a vraiment existé, après la pièce ajoute un peu de fiction à tout cela. C’est une pièce en noir et blanc, pour essayer de coller à son univers.

 

 

En complément, vous continuez les tournages pour quelques semaines encore sur « Plus Belle La Vie »…

On a eu un mois de juin très intense, pour faire beaucoup d’épisodes avant le festival d’Avignon. Je crois que l’intrigue a commencé en diffusion il y a quelques jours, une nouvelle intrigue avec Baptiste, Camille, Kévin, un peu à la recherche de César. Je suis très contente de tourner à nouveau avec Théo Bertrand (Kévin), ça faisait un petit moment. C’est une grosse intrigue de l’été, qui sera en diffusion jusqu’à mi-septembre. C’était génial, on a adoré, c’est évidemment ma dernière grosse intrigue sur « Plus Belle La Vie » parce que l’on sait que le tournage s’arrête fin septembre. C’était très très très émouvant, très intense et, honnêtement, c’était encore un tournage génial. « Plus Belle La Vie » est une vraie famille, c’est la première quotidienne et c’est la première et la seule qui a réussi à avoir ce côté un peu famille. Il existe vraiment, ce ne sont pas des mots en l’air sur ce tournage-là. Evidemment que les tournages sont souvent géniaux mais encore plus là-bas. Des gens y travaillent depuis 18 ans, ce n’est pas pour rien, c’est qu’on y est bien.

 

 

Toujours à l’image, vous étiez récemment sur un unitaire pour France Télévisions. Cela annonce-t-il d’autres projets encore ?

Oui, vous m’avez vue dans « L’oubliée d’Amboise », où je jouais l’adjudante, aux côtés de Philippe Bas. Nous avions tourné en octobre, c’était super chouette de camper ce personnage, c’était la première fois que je jouais une gendarme. Ecoutez, si tout va bien, je repars en tournage, une fois que la pièce aura commencé. Les dates coïncident plutôt bien…Ce sera aussi un unitaireJ, le tournage sera en Bretagne, je change encore d’univers.

 

 

Vos actualités et projets traduisent une vraie diversité de choses à pouvoir toucher et proposer…

Honnêtement, je suis très chanceuse cette année, il se passe des choses très intéressantes parce que, en plus, très différentes les unes des autres. J’ai de la chance d’être entourée d’équipes assez formidables. Parfois, c’est dur de changer un peu d’univers mais, à chaque fois, j’ai beaucoup de chance, ça se passe bien car, vraiment, ce sont des équipes bienveillantes. Donc j’ai beaucoup de chance d’avoir été et en fiction et au théâtre. Ce fut une jolie année en termes de rôles et une jolie rentrée très intense m’attend aussi.

Merci, Pauline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Festival d'Avignon 2022 : Florence Coste nous présente les deux spectacles dans lesquels elle joue !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Vous participez actuellement au Festival d’Avignon, avec une double actualité, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

C’est assez merveilleux ! C’est mon septième festival en tant que comédienne…en tant que festivalière, je ne sais pas, au moins dix…C’est un endroit qui m’apporte vraiment énormément de joie parce qu’on joue pour un public qui est absolument passionné de théâtre. Donc ce sont des gens qui sont hyper enthousiastes. On les rencontre dans la rue, on discute du spectacle avec eux, ils nous disent, le lendemain quand on les croise, à quel point ils ont aimé. On tracte des gens, on les convainc de venir voir notre spectacle, après on a leur retour. Enfin, voilà, on est très proches des gens, il y a beaucoup d’enthousiasme, c’est une effervescence où on voit plein de pièces…je vais aussi en voir en tant que spectatrice donc je me nourris de choses, après je repars sur scène encore nourrie d’autres énergies. J’ai la moitié de mes amis qui sont en Avignon pendant le mois de juillet, je connais tous les bons restos, c’est vraiment un mois de fête, de culture, où on est bouleversé par les spectacles. Je me rappelle que, l’année dernière, c’était vraiment très intense de revenir-là et de revivre ça, je me demandais, cette année, comment j’allais le vivre et je vois que ça m’apporte toujours la même joie. Je pense que je vais passer beaucoup « d’Avignons » et de mois de juillet ici dans ma vieJ.

A 13h, vous jouez dans « Bien au-dessus du silence ». Avec vos mots, comment présentez ce spectacle ?

En fait, c’est un spectacle de poésie, sur les poètes engagés. C’est un montage de textes, on est cinq comédiens sur scène, on dit les mots, on dialogue ensemble à travers les mots de dix-sept poètes différents. On est vraiment sur la crème de la crème du poète, on a Victor Hugo, Aragon, Eluard, Pablo Neruda, …en plus, c’est dans des univers très différents et on aborde plein de thématiques. Ce sont des poètes qui se sont engagés pour lutter contre l’injustice, l’oppression, le racisme…donc des thèmes parfois lourds et forts. Mais, d’un autre côté, ils se battent avec leur plume, avec beaucoup de solidarité, d’entraide et d’espoir aussi. Parce qu’ils ont vraiment l’espoir de faire changer les choses par l’art donc ça questionne aussi le rôle du poète et de l’artiste dans notre société, ça questionne le public lui-même sur son propre engagement également. Donc c’est un très beau spectacle. Et c’est rendu accessible aussi…parfois, les gens peuvent être un peu réfractaires à la poésie, ils ont l’impression que ça ne va pas leur parvenir. Je pense que la force de ce spectacle est que, justement, on incarne ces mots à travers des personnages et des mises en situation. Ce qui fait que l’on y a plus facilement accès et accès aux émotions qui y sont associées. Il y a aussi tout un travail chorégraphique, Violaine Arsac signe une très belle mise en scène. Donc c’est un sujet fort et rendu accessible. C’est vrai que les gens sont touchés en fait. Souvent, dans les pièces de Violaine, ça va toucher à des questions essentielles de nous en tant qu’humain. J’avais fait « Les passagers de l’aube » avec elle avant, là ça parlait d’expériences de mort imminente, de spiritualité, de pourquoi on est là…des vrais sujets de fond, qui sont aussi très émotionnels.

De faire cela est aussi un tout autre exercice. Aller tracter des gens pour leur dire de venir voir un spectacle de poésie n’est pas le tractage le plus facile du monde mais, du coup, quand on a fait cela, quand on a réussi à convaincre les gens et que l’on voit leur réaction, alors qu’ils n’étaient pas particulièrement passionnés de poésie, on se dit que l’on a réussi notre pari. C’est assez satisfaisant.

 

 

Justement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public, à la sortie du théâtre ?

Les gens sont très touchés, justement parce que ce sont des sujets forts. Ces poètes ont écrit des textes magnifiques, interpréter ces mots-là et aller toucher le public avec cela est très beau. Ils sont aussi étonnés de la forme parce que ce n’est pas une pièce qui raconte une histoire mais il y a un fil rouge où on traverse le féminisme, la misère, le racisme, la guerre. Ce qui est fort aussi et qui revient beaucoup de la part des gens, c’est que ce sont des mots qui raisonnent tellement avec l’actualité du moment. Il y a l’Ukraine, il y a ce qui s’est passé sur l’avortement aux Etats-Unis. Quand on dit ensuite des mots d’Anne Sylvestre sur le féminisme, d’un coup ça a une résonnance folle. Donc, oui, je pense que c’est un spectacle qui a sa place et particulièrement en ce moment.

Si on se replonge quelques temps en arrière, lorsque vous avez commencé à préparer ce spectacle, on peut penser qu’il y avait certains textes que vous ne connaissiez pas, que vous avez découverts et qui ont sans doute dû vous marquer, vous interpeller…

Complètement ! Il y en a qui sont très connus, il y en a d’autres qui le sont moins, il y a de la poésie contemporaine. En fait, on a commencé à travailler ce spectacle il y a plus d’un an parce qu’on devait le jouer au dernier festival. Avec les histoires de timing et les horaires qui ont changé à cause du Covid, on n’avait pas l’horaire que l’on voulait…on s’est dit que l’on allait revenir mais au bon horaire. Depuis, il s’est passé des choses, j’ai lu des bouquins entre temps et, maintenant, j’ai un œil différent sur ces poèmes. En fait, c’est tellement riche…Quand on était au lycée, on en faisait des études de texte pendant quatre heures donc c’est sûr que quand on les interprète, au fur et à mesure des représentations, il y a des choses qui nous parviennent, que l’on redécouvre. C’est vrai qu’en tant qu’interprète, c’est un parcours très dense. Et puis c’est très important de rendre cela concret. Ce sont des mots qui, parfois, sont un peu lyriques. De les rattacher à des situations concrètes pour vraiment raconter des choses, pour vraiment faire ressentir des choses aux gens, c’est un travail pour une comédienne qui est très intéressant.

En début de soirée, vous reprenez « Titanic, la folle traversée », également à l’affiche à la Renaissance, à Paris. Ce doit sans doute être une chouette histoire que de poursuivre cette aventure ici, en Avignon ?

Cette aventure est un peu folle. On travaille dessus depuis quatre ans. On est douze sur scène donc ça demandait un gros travail préparatoire. Le Covid est passé par là, ça a été reporté. Ça a été un gros pari parce que c’est une petite compagnie, qui a déjà fait beaucoup de succès, qui est autofinancée. C’est donc un gros pari dans un contexte pas facile. Ce fut vraiment un gros succès l’année dernière, ce qui a fait que l’on se retrouve dans un théâtre parisien sublime et immense, alors que c’est un travail qui est très familial, presque artisanal. C’est très beau, c’est un super bel accomplissement d’arriver dans ce théâtre-là. Et, là, de revenir à Avignon, où, finalement, tout cela a commencé est génial. C’est un festival où c’est presque facile, le bouche à oreilles a été fait, les gens connaissent et, surtout, ils ont un enthousiasme fou, c’est la folie dans la salle. C’est un public très chaleureux. Sur un spectacle d’humour comme cela, où il y a beaucoup d’attente sur les réactions du public, c’est vraiment un bonheur de jouer ici.

 

 

En quelques mots, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, que dire sur ce spectacle ?

C’est une adaptation de l’histoire du Titanic, de la vraie histoire et de celle du film mais en version parodique, détournée. Donc on est vraiment dans de l’humour, avec beaucoup de fantaisie, d’inventivité. Il y a les personnages mythiques, le mien s’appelle Lise maintenant, mais c’est Rose, qui vit une histoire d’amour avec James (Jack). Autour, il y a aussi plein de personnages qui sont inventés, qui sont hauts en couleurs. C’est vraiment un spectacle de troupe, où on chante également, on danse, on a des musiciens sur scène et c’est immersif. Ça joue sur le plateau mais ça joue aussi dans la salle, on fait rentrer les gens par la salle comme s’ils montaient sur le bateau. C’est une vraie expérience ! Et le bateau coule quand même à la fin. Là où on a vraiment réussi notre pari, c’est quand on retourne le truc, après avoir faut rire les gens pendant une heure et demie, on revient au fait que ça a été un drame, que cela s’est réellement passé et que ce n’est pas que rigolo.

Concernant le festival en lui-même, globalement, les journées doivent sans doute être riches, intenses et chargées, dans le bon sens du terme, entre le jeu, le tractage et la découverte d’autres spectacles…

C’est mon grand plaisir ! L’année dernière, j’ai fait vingt spectacles, là je ne sais pas si je vais réussir à en faire autant. De toute façon, nous, pour avoir après des choses à donner sur scène, il faut aussi que l’on aille se nourrir ailleurs. C’est un vrai lieu de rencontres…Je sais que je suis sur « Titanic » parce que, il y a cinq ans, le metteur en scène était venu me voir sur un autre spectacle. On rencontre des gens dont on a été voir le travail, on les rencontre dans la rue, on parle, ils viennent te voir sur scène. Donc, en fait, là où à la télé et au cinéma, ça se passe vraiment par les agents, le monde du théâtre est vraiment un monde de relationnel. Avignon est le meilleur endroit pour cela, pour découvrir les gens avec qui tu as envie de travailler plus tard, les rencontrer, qu’ils viennent te voir jouer. C’est vraiment là que beaucoup de choses se font. C’est vraiment là que les succès de l’année prochaine commencent…C’est « The place to be », je vous le disJ.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du Festival ?

A ce moment-là du festival, les choses sont un peu jouées, les spectacles ont démarré, on a du monde, on voit que la réception est bonne. Maintenant, juste de profiter…On va continuer le tractage, c’est important mais les grosses périodes sont derrière nous. Le festival est lancé, il faut juste profiter et espérer que les spectacles aient une belle vie après, qu’ils soient programmés dans plein d’endroits en France. Et puis de profiter de ce festival….

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2022 : Interview croisée avec les trois comédiennes du spectacle "Les Vilaines" !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Margaux, bonjour Lucille, bonjour Natalia,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous trois !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec le spectacle « Les Vilaines », joué chaque soir à 21h 15 au théâtre Le petit chien (relâche les lundis). A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Lucille : C’est un peu le passage obligatoire des artistes. On m’a beaucoup dit qu’il fallait faire un Avignon pour avoir vécu quelque chose où tous les artistes passent. Donc on est super contentes d’être là, oui.

Natalia : Le Festival d’Avignon, c’est chouette. Cette année, il y a 1 600 spectacles par jour, on est nombreux. Je l’avais déjà fait en 2013 et 2014 avec un spectacle pour enfants donc je connaissais un peu. Là, c’est la première fois que « Les Vilaines » sont sur Avignon, c’est une nouvelle aventure.

Margaux : Depuis la création du spectacle, je tanne Elsa (notre autrice et metteuse en scène) pour que l’on fasse Avignon donc on a fini par arriver jusqu’iciJ. Mais on a pris le temps de faire grandir le spectacle avant de le présenter à Avignon. Là, on pense que l’on est prêtes, que c’était le moment de le faire…on est contentes d’être là.

 

 

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Lucille : C’est l’histoire, le quotidien de trois jeunes filles qui sont dans un spectacle de cabaret. On voit la scène et les coulisses, les loges, on passe de la différence entre les exigences sur scène et la réalité du quotidien de ces trois jeunes filles toutes très différentes. Ce sont vraiment des loges de filles, les nôtres sont un peu comme ça aussi, même avant que l’on joue « Les Vilaines », ça rigole, ça se dispute, ça parle de choses hyper profondes d’un coup puis, soudainement, de thèmes hyper légers. Dès fois, les dialogues sont faits dans les vraies loges du spectacleJ.

Natalia : Le spectateur voit vraiment ce qui se passe devant et derrière le rideau, il n’y a pas juste les coulisses dans notre spectacle, il y a aussi des moments où, vraiment, on fait le show, on a des dossards, des plumes, on chante, on danse, un peu comme au Lido. Lucille l’a déjà dit, effectivement nos personnages parlent de beaucoup de thèmes différents, on parle d’amour, de solitude, du temps, de la difficulté à être sur scène tous les soirs, on se chamaille, on se jalouse.

Lucille : En fait, il y a beaucoup d’amour entre ces trois filles et beaucoup aussi de rivalité. Ça dépend des personnages, il y en a un peu plus opportunistes que d’autres mais voilà, c’est la relation de ces trois filles qui est mise en avant.

Margaux : On l’a compris, c’est un spectacle qui est à la fois joué, chanté, dansé, c’est un spectacle musical. Sous une espèce d’apparente légèreté, où c’est hyper visuel et divertissant, il y a plein de thèmes qui sont abordés et qui sont hyper profonds, du rapport à l’image de soi, à la féminité, du rapport aux hommes, du rapport au métier d’artiste…C’est cette oscillation entre humour et poésie que je trouve super dans le spectacle, qui le rend hyper riche, hyper complet.

 

 

Vous évoquiez la différence entre chacun des personnages. Justement, un mot peut-être chacune sur votre personnage et sur ses principales caractéristiques ?

Lucille : Mon personnage est celui de Lou, je dirais, pour le coup, qu’elle est opportuniste, elle est émotionnellement très instable et je me positionne un petit peu comme la petite nouvelle du show, je suis la plus jeune des trois donc celle qui a encore des étoiles dans les yeux et qui n’hésite pas à marcher sur les deux autres pour arriver à ses fins.

Natalia : Je joue Lily, je dirais qu’elle est gentille, elle ne veut pas se fâcher, elle est contente d’être là, c’est une romantique, elle a beaucoup d’espoir, elle voit le bon côté des choses mais c’est vrai qu’il y a un moment dans le spectacle où elle va un peu montrer les crocs. Elle a quand même sa place, elle ne veut pas qu’on lui la pique, oui on retrouve de cela dans ce personnage.

Lucille : C’est peut-être la plus traditionnelle, des trois, du monde du spectacle. Quand on la voit dans la rue, c’est celle dont on se dit le plus « c’est une BlueBell girl ».

Margaux : Je suis la tôlière du spectacle, je suis celle qui est là et qui n’a pas d’âge, on ne sait plus depuis combien de temps elle est là. Est-ce qu’elle a 20 ans, 30 ans, 40 ans, on n’en sait rien. Mais, en tout cas, elle a la veille âme un peu fatiguée et blasée de ce monde d’apparence. C’est une féministe, elle, pour le coup, endurcie donc qui vit un peu un conflit interne d’être un objet de désir affiché, assumé mais, en même temps, avec des convictions de femme et politiques. Elle bassine les deux autres avec ça tout au long du spectacle, elle est le caractère un peu fort, tranchant, cassant. C’est Léa, quoi.

Lucille : C’est la petite maman du trio…

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public à l’issue du spectacle ?

Natalia : Une fois, je m’en souviens, il y a une dame qui est sortie en disant « ah, c’était génial, c’était jubilatoire ».

Lucille : En fait, on se change neuf fois sur scène et comme on fait découvrir les loges, on se change, du coup, devant le public. On nous parle ainsi beaucoup des costumes qui sont très variés, très beaux, très grandiloquents.

Natalia : On nous dit aussi que c’est très pétillant. Hier, on m’a dit que c’est comme un bonbon acidulé…C’est recherché !

Lucille : On nous dit aussi que nos voix se marient bien entre elles, que le travail des harmos et des chants est bien, qu’il est très agréable à écouter.

Margaux : Oui, on a de bons retours sur les chansons, les gens trouvent qu’elles sont bien, entrainantes.

Lucille : Les gens trouvent cela drôle, la plupart du temps ils nous remercient d’avoir passé un très bon moment.

Natalia : C’est vrai qu’ils rigolent beaucoup pendant le spectacle.

Lucille : C’est un moment plaisant, de détente, agréable pour le public.

Margaux : On m’a aussi parlé d’émotion, je pense que la couleur générale du spectacle est plutôt vive, plutôt enlevée mais qu’il y a des pointes d’émotion, de tendresse, de fragilité, ça peut aussi toucher le public.

Lucille : On nous a également dit que nos personnages collaient bien avec notre voix et notre physique à chacune, que l’on a été bien castées, que c’était logique.

Natalia : Et que l’on est très différentes, ce qui fait vraiment trois personnages différents sur scène.

Margaux : Le personnage et l’actrice se nourrisse l’un l’autre, Elsa fait beaucoup cela et je trouve que c’est hyper intelligent de s’inspirer aussi des acteurs que tu choisis et de leur énergie pour nourrir le rôle. Depuis que je suis sur ce spectacle, il a beaucoup évolué et à chaque fois dans le sens des comédiennes qui l’incarnaient.

 

 

Face à l’effervescence du Festival, où il faut faire sa place parmi les 1 600 spectacles que vous évoquiez, on image vos journées très riches et intenses ?

Lucille : Très intenses ! Il y a beaucoup de gens…

Margaux : On est dans le tambour d’une machine à laver pendant un mois…On ne se pose pas de question…

Natalia : On joue, on mange, on fait dodo,…On a des horaires rythmées et cadrées mais c’est pour notre bien !

Margaux : Il y a un petit côté athlète de haut niveau, un petit côté marathon, il faut assurer sur la durée. C’est un spectacle qui est physique, éprouvant pour le corps et pour la voix, on est dans des corsets, sur des talons, on chante, on joue. C’est un huis-clos d’une heure et 25 minutes et, en plus de cela, effectivement, il faut tracter, il faut faire connaitre le spectacle donc c’est intense, c’est vrai.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du Festival ?

Lucille : De continuer les salles complètes, des bonnes vibes de la part du public et des gens dehors, un tout petit peu moins de chaleur dehors, l’énergie et la santé.

Natalia : Que les gens parlent de nous, qu’il y ait un bon bouche à oreille, peut-être un peu de presse…

Margaux : Pourquoi pas une programmation parisienne à la rentrée…Ça serait une bonne chose à nous souhaiter.

Merci à toutes les trois pour vos réponses !

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Festival d'Avignon 2022 : Anaïs Raciti évoque le spectacle dans lequel elle joue chaque soir !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anaïs,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Vous participez actuellement au Festival d’Avignon 2022, avec la pièce « Tabula Rasa », de Emilie Rasseneur. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

C’est un peu le QG des artistes comme j’aime l’appeler. C’est LE rendez-vous de tous les comédiens et de tous les artistes. Evidemment, c’est une chance, je suis trop contente d’être là, c’est un pur bonheur, on s’éclate, c’est une aventure d’un mois. C’est un rythme intense, on est à fond dans l’action et ce n’est que du plaisir. C’est une toute première pour moi. Depuis le temps que j’en entendais parler, là, on a l’occasion d’être programmés et ça se passe trop bien.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

« Tabula Rasa » veut dire « table rase ». « Supposons donc qu’au commencement l’âme est ce que l’on appelle une Table Rase, vide de tout caractère, sans aucune idée, quelle qu’elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Je réponds en un mot, de l’Expérience » John Locke. « Tabula Rasa » est un spectacle très visuel qui mêle théâtre, danse, chant… Nous assistons à la naissance des sept péchés capitaux, qui nous confrontent à nos différentes manières de fonctionner et de réagir face au monde. Avec un regard amusé, ce spectacle met en avant nos schémas bien souvent répétitifs et conditionnés. Il cherche à questionner la notion de libre arbitre et à révéler certains rapports de forces pour permettre à chacun de se libérer d’une identité sociale endossée. Il propose alors, humblement et avec le sourire, de faire table rase et d’aller vers un monde où chaque différence est une force et où le collectif en est d’autant plus une.

 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Ce qui est génial, c’est que l’on peut partager, on va tous boire un verre après parce que le théâtre permet cela. Globalement, les gens sont vraiment très très contents, ils ressortent avec la banane. Cela touche tout le monde, ça résonne en chacun, on peut tous se retrouver dans les sept péchés. Donc les gens nous parlent aussi de leur bouleversement. Il y a des moments qui touchent plus que d’autres et, généralement, les retours que l’on a sont « j’ai rigolé, j’ai pleuré, j’ai passé un super bon moment et on est avec vous, vous êtes généreux, vous y allez à fond et ça nous touche beaucoup ». Donc c’est top !

Au moment de vous approprier le rôle, avez-vous eu des sources d’inspiration particulières ?

Pour la construction et l’incarnation de ces personnages, Emilie nous a fait traverser des exercices d’improvisation avec beaucoup d’interactions avec les autres péchés, afin de nourrir notre propre jeu. Nous avons cherché les définitions des péchés, le chemin émotionnel à parcourir. En tant que personnes et comédiens, nous sommes allés puiser en nous un imaginaire fait de nos émotions, nos expériences et notre sincérité. De ce fait, nous avons construit un passif à nos péchés, une histoire, une pensée. Chaque soir émergent de nouvelles choses dans la spontanéité de notre énergie collective.

 

 

L’effervescence du festival est telle qu’il faut savoir se démarquer parmi les 1 600 spectacles proposés. On imagine vos journées très riches et très chargées ?

Totalement ! Le matin, on part en parade de 11h à 14h. Avec notre groupe, on a organisé un petit show, si je peux appeler cela comme ça. En fait, on marche et, au lieu de juste donner des flyers, on a fait une petite choré. On discute ensuite beaucoup avec les gens, pour nous le contact est quelque chose de très important. Donner des flyers pour donner des flyers ne nous intéresse pas, c’est vraiment le partage, on discute de la pièce et on répond aux éventuelles questions des gens. Cela dure jusqu’à 14h, avant ensuite d’aller manger. Si on a le temps de faire une sieste, c’est super puis on se rejoint tous pour un échauffement collectif, avant d’aller au théâtre. Sur place, il faut notamment préparer le plateau et tous ses objets. On prend 10 minutes pour se donner la force tous ensemble et, hop, on part derrière les rideaux et c’est parti !

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de ce festival ?

On peut vraiment souhaiter au groupe la montée de ce spectacle et son explosion ! On espère que tous les spectateurs seront contents, on aimerait être tous portés pour que ce spectacle puisse connaitre la réussite qu’il mérite.

Merci, Anaïs, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2022 : Caroline Montier évoque ses deux actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Caroline,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec une double actualité. On imagine sans doute, à titre personnel, le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

Oh oui ! Participer au Festival d’Avignon, c’est vrai que c’est très particulier, c’est une espèce de grand marché. C’est une effervescence, c’est une émulation, avec tous ces comédiens, musiciens, artistes, qui sont dans la rue à défendre leur projet, à accrocher des affiches partout. D’un point de vue professionnel, c’est le moment d’aller chercher les programmateurs pour avoir une chance de vendre son spectacle et, ensuite, de faire des tournées.

 

 

Vous proposez deux spectacles, en fin de journée. Comment les présenter ?

L’un, c’est vraiment mon projet personnel, « Juliette Gréco, la femme », c’est un peu dans la suite du spectacle précédent que j’avais fait sur Barbara, où j’avais un solo piano voix pour un tour de chant. J’ai eu envie de rendre hommage à une autre grande dame de la chanson française, qui est morte il y a deux ans. C’est une idée que j’avais eue alors qu’elle était encore en vie. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de la rencontrer entre le moment où j’ai eu envie de faire ce projet et puis sa réalisation. Cette fois-ci, je me suis entourée d’un contre bassiste et je refais un récital avec son répertoire, qui est absolument formidable et truffé de petites poésies de la seconde moitié du XXè siècle. Certaines que l’on connait beaucoup et d’autres, souvent méconnues, que j’ai été dénicher et qui méritent d’être réentendues.

 

 

L’autre, « Salvador et Monsieur Henri » est le projet d’une amie, Anne Cadilhac, qui m’a demandé de venir faire une alternance, sur son spectacle qu’elle avait déjà créé à Paris. Pour moi, c’est un plaisir de travailler avec Anne parce que c’est une amie. Le répertoire est très varié, c’est une performance parce que, vocalement, ça couvre de Salvador le crooner à Salvador le clown, ou inversement. C’est quelqu’un qui a fait une très longue carrière, très éclectique. Donc il y a de quoi se faire plaisir musicalement, à plein de niveaux différents.

 

 

Quels sont les principaux retours que vous avez pu avoir du public ?

Comme je cours d’un théâtre à l’autre, je n’ai pas les gens directement pour le spectacle sur Salvador. Ce sont des spectacles très très différents mais je pourrais parler davantage de Gréco, le retour est positif, les gens aiment cette poésie, ce récital intimiste, comme l’était précédemment celui sur Barbara. Certains me connaissaient déjà, viennent et ne sont pas déçus. Les autres découvrent ou redécouvrent des textes qui sont absolument formidables. C’est vraiment mon propos, de faire entendre des textes, plus qu’un hommage véritablement à une artiste. Je suis chanteuse et pianiste avant tout, j’ai envie de faire un tour de chant, quelque chose de musical. Mes compagnons sont absolument formidables et l’intérêt est vraiment de proposer une heure de musique, qui soit la plus belle possible, avec des arrangements les plus personnels possibles. C’est vraiment poétique, où l’intérêt est d’écouter des mots, des grands poètes et des grands auteurs de la chanson française.

 

 

Comparativement à l’effervescence du festival, on peut penser vos journées particulièrement intenses …

Particulièrement intenses, particulièrement longues et fatigantes aussi mais on sait ce que c’est, on s’y attend, on s’y prépare, c’est un marathon, on se lève le matin, on va tracter, on va afficher, on doit vraiment drainer le public qui va venir vous écouter le soir…parce qu’il y a 1600 spectacles et une concurrence dingue. En même temps, il faut être en forme entre 21h et 23h 30…Donc c’est quand même engageant. Mais, voilà, on se reposera au mois d’aout.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Que le bouche à oreille se fasse, que les spectacles vivent de par leur qualité. Ce qui est difficile ici, c’est que les gens vont souvent voir les pièces à succès. Le succès attire le succès, l’intimité attire l’intimité. C’est dès fois difficile de remplir les salles. Les gens se risquent moins, la plupart du temps, à aller voir des choses moins connues. Souvent, ils font leur choix à l’avance et c’est vraiment une particularité qui vient d’internet, se laissant moins séduire par l’artiste qui va vraiment leur faire l’article sur leur spectacle en tractage. C’est ça le charme d’Avignon, d’aller chercher les gens, de les convaincre de venir vous voir sur scène. Du coup, il n’y en a pas forcément pour tout le monde, c’est difficile pour ceux qui ont des spectacles en horaires tardifs. Mais on ne perd pas espoir, il y a un public pour le spectacle du soir et pour le spectacle musical, il faut aller le chercher, avec force et conviction.

Merci, Caroline, pour toutes vos réponses !

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Festival d'Avignon 2022 : Marie Clotilde Ramos Ibanez nous parle de sa pièce, Les sphères ennemies 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marie Clotilde,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview.

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec la pièce « Les sphères ennemies 2 : Mary-Jane ». On imagine, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, je suis excitée mais, en même temps, au début j’étais un peu stressée parce que c’est mon premier Avignon. Comme vous le savez, je suis plus télé que théâtre mais j’avais envie de revenir sur les planches et le meilleur moyen pour cela est d’être baignée dans Avignon. Je vous avoue que je ne m’étais pas préparée au flying mais ça y est, c’est bon, je suis à fondJ. Poser des affiches à l’arrache, j’adore çaJ, souvent d’ailleurs dans les toilettes des restaurantsJ. Si vous allez dans les toilettes des restaurants d’Avignon, vous avez pas mal d’affiches des « Sphères ennemies » 1 et 2J. Oui, c’est génial, c’est cool, c’est chaud, il fait très chaud, il y a les cigales et on kiffe, ce n’est que du bonheur !

Pour en revenir plus en détails au spectacle en lui-même, comment le présenteriez-vous ?

Quand je donne le flyer, je demande aux gens s’ils veulent savoir, au travers de notre spectacle, ce qui se passe dans la tête d’une fille quand elle tombe amoureuse. Dans la pièce, il y a l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche qui s’engueulent un peu, ils ne sont pas d’accord. L’hémisphère droit, Mary, que j’interprète, est beaucoup plus solaire, elle croit au prince charmant, elle dort avec un doudou. L’hémisphère gauche, Jane, est beaucoup plus carriériste, à se dire qu’elle ne veut pas d’enfant, qu’elle veut une bonne carrière, qu’elle s’en fout du mariage. Mais, après, par moment, elles se rejoignent : Jane, quelques fois, a quand même envie d’amour et Marie se dit que c’est bien quand même de travailler pour gagner sa vie. En fait, on incarne sur scène toutes nos petites voix que l’on a dans nos têtes de femmes ou d’hommes, où l’on passe d’une émotion à une autre.

 

 

Ce spectacle a l’originalité d’être joué un soir sur deux, en l’occurrence les jours pairs, laissant la place, en alternance, à la version « masculine ». Les deux spectacles étant bien sûr indépendants mais, lorsque l’on en a vu un, on a souvent envie de découvrir l’autre…

Oui, les deux pièces sont indépendantes ! Mais on y parle d’une rencontre amoureuse dans les deux cas…On peut voir la 1 sans la 2 et inversement, mais on peut aussi voir la 2 après la 1 ou la 1 après la 2. Tout est lié…c’est l’amoureuse de l’un et l’amoureux de l’autreJ.

Au moment de vous approprier votre rôle, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

J’ai pensé beaucoup, pour mon personnage, aux princesses de Walt Disney. Notamment « Rebelle », qui est rousse comme moi, qui a ses deux hémisphères en elle, elle a ce côté princesse mais qui se rebelle. Ou sinon parfois à « La belle au bois dormant ». Après, je m’inspire aussi de ma petite âme d’enfance, qui reste en moi. Je suis beaucoup plus enfant dans ce personnage de Mary que je ne le suis avec Sofia dans « Un Si Grand Soleil ».

 

 

Quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public ?

Les gens sont émus, ont ri. En plus, on a fait des modifications qui plaisent. On parle d’un sujet de fond, je ne peux pas en dire plus…en 2022, la femme a beaucoup évolué, du coup la pièce touchent beaucoup les filles. Les retours sont plutôt positifs et les gens nous disent qu’ils ont envie d’aller voir côté garçon ce qu’il se passe.

Vous évoquiez votre envie de revenir sur les planches, vous êtes gâtée avec un tel projet…

Ah oui ! Je suis super contente. En plus, c’est Justine, qui joue le personnage de Jane, qui m’a contactée sur Instagram parce qu’elle cherchait le personnage de Mary. Elle me demandait si je n’avais pas des copines intéressées…Je lui ai dit que je voulais bien lire, moi aussi, la pièce…Ce que j’ai fait…et je lui ai alors dit que j’étais partante. Pour l’anecdote, il faut savoir que j’avais rencontré Justine aux cours Florent donc tout est lié ! On se retrouve quelques années plus tard, je suis trop contente !

 

 

Face à l’effervescence du festival, où il faut savoir se distinguer parmi les 1 600 spectacles, on peut penser vos journées très intenses et très chargées ?

Par exemple, aujourd’hui je joue à 21h 15, je me suis levée à 9h – ce qui n’est pas trop tôt-, sachant que je me suis couchée hier à 1 h. Je suis allée flyer, mettre des affiches et parler aux gens. Ce qui est drôle, c’est qu’avec ma toute petite notoriété de « Un Si Grand Soleil », je croise des fans qui me disent « oh mais vous êtes à Avignon, c’est génial, je vais venir vous voir ». C’est trop cool ! Et puis souvent les gens sont quand même très touchés, c’est un spectacle d’humour, sympa, drôle, ce n’est pas « boring ». 21h 15 est un bon horaire, il fait moins chaud. En plus, on a l’air climatisé dans la salle. Donc les gens sont souvent tentés, après avoir diné, de venir voir une petite pièce sympa.  

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de ce festival ?

Du public, du public, du public ! Plein de gens ! Du bonheur, de l’amour !

Merci, Marie-Clotilde, pour toutes vos réponses !

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Festival d'Avignon 2022 : Interview croisée des deux comédiens de la pièce à succès, Les sphères ennemies !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Jean-Baptiste, bonjour Olivier,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes présents au Festival 2022 d’Avignon, avec la pièce « Les sphères ennemies », que vous jouez chaque jour impair, à 21h 15, au théâtre Notre Dame. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Olivier : Oui, effectivement ! C’est notre deuxième Avignon, on en a fait un en 2018. C’est un projet entre potes qui a changé de dimension, on avait eu de bons retours et, du coup, on s’était dit qu’il fallait tenter l’aventure d’Avignon. On a fait 10 jours cette année-là, c’était un peu notre baptême du feu, une expérience assez incroyable, à la fois humainement entre nous et en interaction avec le milieu du théâtre, que l’on découvrait de l’intérieur cette fois-ci. Là, on est revenus pour représenter la pièce, avec un peu plus de rodage et un petit palmarès aussi, grâce aux Petits Molières. C’est également l’occasion de présenter la version féminine. On revient un peu plus gonflés à bloc, avec une équipe un peu plus conséquente et l’envie d’en profiter, afin que le public apprécie. On a envie d’avoir des échanges avec les gens, pour tous s’enrichir les uns des autres.

Jean-Baptiste : Il y a aussi une attente du public après la période du Covid, on sent qu’il est très réceptif. En tout cas, quand on explique le pitch de la pièce, on sent que les gens ont envie de découvrir des nouveaux spectacles. Il y a quand même généralement une jolie ambiance à Avignon mais, là, cette année, on sent que les compagnies ont envie de présenter leur spectacle, avec un public qui répond présent. On fera le bilan à la fin mais ça a l’air de bien partir pour un joli Avignon cette année.

Avec vos mots, comment présenter cette pièce ?

Jean-Baptiste : C’est une pièce atypique, ça ne se passe pas dans un appartement ou sur une terrasse de café, ni même dans une entreprise…Ça se passe dans le cerveau d’un jeune homme, Jonathan. Où il y a deux hémisphères, le gauche et le droit. L’hémisphère gauche, Nathan, est la partie civilisée, raffinée, romantique, rationnelle et on a Jo, l’hémisphère droit, la partie plus reptilienne, plus primaire, plus animale, le séducteur incorruptible. Ces deux-là sont des frères ennemis, des sphères ennemies et ils incarnant les petites voix que l’on a tous dans la tête, qui se disputent devant les petits et les grands dilemmes de la vie. Ça nous a beaucoup amusé de faire exister ces deux personnages un peu cartoon, ces deux archétypes, qui sont un peu le yin et le yang de la psychologie humaine. C’est l’occasion, du coup, de proposer un spectacle qui fait rire, on en profite pour parler des relations homme-femme, de ce qui se passe dans nos têtes et ça explore aussi la psychologie humaine. Donc c’est un spectacle qui, lui-même, réconcilie les hémisphères, celui qui a envie de se détendre, de passer un moment de rire et l’autre, celui qui a envie de réfléchir aux rapports humains, à la psychologie, à comment on avance dans la vie. C’est ce qui nous amusait, de faire un spectacle pas patoche, un spectacle où on apprend des choses.

 

 

Olivier : Et un spectacle un peu complet, il y a du théâtre mais il y a aussi un travail de mise en scène, un travail presque chorégraphique. On a voulu aborder cette confrontation entre les hémisphères à la fois par le texte mais aussi, sans trop dévoiler la pièce, par des combats, des chorégraphies, des joutes. L’idée est vraiment de pouvoir incarner ces clashs mais aussi ces réconciliations de plusieurs façons.

Un mot peut-être, chacun, sur les principales caractéristiques de votre rôle ?

Jean-Baptiste : Jo représente beaucoup l’égo et, finalement, l’égocentrisme, c’est-à-dire qu’il est focalisé sur la satisfaction de ses désirs personnels, quels qu’ils soient. Il a un rapport à l’amour et à la femme de sa vie, Mary Jane, extrêmement charnel, primaire et impulsif. Mais il a aussi un regard cynique sur la société, il n’y a pas beaucoup d’idéalisme dans sa tête, il va avoir, oui, un côté très individualiste, c’est lui avant tout. Du coup, ça va avec un certain nombre d’autres caractéristiques, une forme de sexisme, de machisme, d’égoïsme mais ça va aussi avec une espèce de force vitale, une capacité à agir, une capacité à avoir du courage dans les moments importants, à dépasser ses limites. Et puis aussi, tout simplement, c’est bête mais aujourd’hui, dans la tête d’un homme, au moment d’aborder une femme, il y a vraiment un combat dans la tête : est-ce qu’on la dérange ? Peut-être que c’est la femme de notre vie et ce serait trop dommage de passer à côté. Donc, quelque fois, dans la vie, il faut aussi être capable de faire preuve de force mentale et physique pour avancer. C’est ça qu’il incarne…

Olivier : Jo, qui est ancré dans l’instant présent, dans l’action sera un peu en opposition avec Nathan qui, lui, sera beaucoup plus social, civilisé, romantique, dans la prise en compte des attentes et besoins d’autrui, dans l’échange, dans le collectif, dans le long terme, dans l’empathie. Vraiment, il ne vit pas pour lui mais pour les autres, pour avancer ensemble et de façon collective. Donc ça va se traduire à travers les engagements qu’il va prendre, à travers la façon qu’il aura de programmer sa vie, de se projeter, de toujours prendre les mesures du présent à l’aune des conséquences dans le futur…Ce que Jo ne fera pas. Pour le coup, ça s’équilibre !

Jean-Baptiste : On m’a posé la question une fois de quel bord politique étaient Jo et Nathan et si on caricature extrêmement les choses, on pourrait presque dire que Jo est de droite, dans le sens où il a un côté comme ça un peu souverain, il a un esprit de compétition, il pense d’abord à sa réussite personnelle, il va être entrepreneur. Et on a la partie gauche, Nathan, qui est dans une forme de réussite collective, de bien commun, d’utopie presque, dans l’idéalisme. Jo est beaucoup plus dans l’immédiateté du réalisme et de la survie. D’ailleurs, à un moment, on s’était même dit que ce serait intéressant de faire différents chapitres des « Sphères ennemies » mais sous l’angle politique, les problématiques étant : est-ce que l’on va voter ? Est-ce que, aujourd’hui, ça sert à quelque chose d’aller voter ?

Olivier : Nathan, évidemment, voudra voter, « on contribue, c’est collectif, les gens se sont battus pour ça, il y a un sens ». Alors que Jo sera beaucoup plus cynique…

Jean-Baptiste : C’est ça…est-ce que l’on fait la grève ? est-ce que l’on va avec les gilets jaunes ? Si on décide de voter, pour qui vote-t-on ? Il y a tout un champ comme cela à explorer…

 

 

Olivier : Entre parenthèses, ça fait un peu penser aux Sophistes qui, dans la Grèce antique, partaient du principe que l’on pouvait défendre à peu près tous les avis. On peut percevoir cela un peu, avec l’idée que, dans la tête de Jonathan, on a la capacité de défendre à la fois une position mais aussi la position contraire, mais avec des arguments toujours très bien fondés et réfléchis. Du coup, après, souvent, le terrain d’entente et la conciliation se trouvent sur les concessions, la discussion, les échanges et la volonté d’avancer, d’aller plus loin. Mais c’est vrai que, théoriquement, d’un point de vue purement rhétorique, on est capable d’argumenter pour les deux positions.

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public, à l’issue des représentations ?

Jean-Baptiste : On a d’excellents retours du public depuis le début, on a toujours eu de bonnes critiques dans la presse. Il faut savoir que c’est une pièce quand même atypique et même inclassable parfois, elle réconcilie deux types de théâtre, la comédie et le conte philosophique. C’est vrai que c’est un spectacle qui s’adresse à un public qui a envie de découvrir un théâtre un peu différent.

Olivier : En gros, il faut arriver sans parti pris.

Jean-Baptiste : On est capables d’avoir aussi bien le ton d’un Alexandre Astier de « Kaamelott », tout en détournant des vers de « Cyrano ».

Olivier : Dans les retours que l’on a, les gens s’y retrouvent, homme ou femme, ou retrouvent leur conjoint. Ils font des parallèles avec leurs vies personnelles. Ça se confirme aussi dans la version féminine d’ailleurs.

Jean-Baptiste : On raconte les différents chapitres d’une histoire d’amour, il y a la première rencontre, le premier rendez-vous amoureux, la première nuit d’amour. Donc les couples de 30/40 ans sont en plein dedans. On a aussi des couples de 60/70 ans qui nous disent que l’on a raconté les 30 ans de leur histoire d’amour. Ce sont de jolis retours, sympas et touchants. On se dit que l’on a touché à quelque chose d’assez intemporel, d’assez universel, on ne s’y attendait pas du tout et c’est extrêmement flatteur.

 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Jean-Baptiste : Du public ! Que le plus de gens possible viennent découvrir ce spectacle. C’est pour ça que l’on fait ce métier. Jouer devant une salle pleine, où les gens passent une bonne soirée, est, pour nous, la meilleure des récompenses, la meilleure des reconnaissances. On est très fiers de ce bébé, de cette création qui est vraiment une aventure familiale. On a vraiment envie de la faire découvrir donc plus on aura de gens qui viendront voir la pièce et qui la partageront autour d’eux, plus on sera contents. Tout le reste n’a aucune importance.

Olivier : C’est un peu un voyage que l’on propose et si les gens arrivent à monter à bord et rire, pleurer avec nous…Voilà, des salles combles de gens heureux, qui disent « c’était sympa, on ne s’y attendait pas » ou « ah, c’est génial », c’est tout ce que l’on attend, de passer ensemble un bon moment.

Merci à tous les deux pour vos réponses !

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Festival d'Avignon 2022 : Alexandra Cholton nous présente les deux pièces dans lesquelles elle joue jusqu'à fin juillet !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alexandra,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous participez au Festival 2022 d’Avignon, avec deux spectacles à l’affiche. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

Exactement ! C’est une fierté et puis c’est fabuleux, surtout après la période que l’on a traversée. Ça fait un bien fou de voir tous ces gens présents, tout ce public, sans masque en plus, c’est magique. On va s’accrocher, même si c’est fatiguant, ce n’est pas grave, on y va, avec le sourireJ.

En début de journée, vous jouez dans « Amant malgré lui ». En quelques mots, comment caractériser ce spectacle ?

C’est une comédie cocasse, en fait je m’ennuie dans ma vie de couple et ma meilleure amie me propose de prendre un amant. Mon mari entend toute la conversation, il va s’inscrire sur le site de rencontres et, en fait, pendant des semaines, je pense échanger avec un étranger, alors que j’échange avec mon mari. Comme quoi, on ne connait jamais les gens avec qui l’on vit. C’est drôle, tendre, c’est une vraie histoire…

 

 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

Au début, elle est un peu triste, elle s’ennuie, elle est dans une routine, elle a l’impression d’être juste une maman. Après, je dirais qu’elle revit, elle se sent aimée à nouveau et là, elle rayonne, elle illumine.

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Il trouve ça incongru, osé. Le fait que l’on se mélange par moment avec lui est apprécié, les gens disent qu’ils se sentent concernés. Donc on a de très bons retours.

En début de soirée, vous êtes sur scène pour « Vingt ans après »…

C’est à l’horaire de l’apéro mais on peut le prendre après du coupJ. C’est une pièce magnifique, un couple s’est follement aimé quand ils avaient chacun 17 ans, au lycée. Ils se sont perdus de vue et ils ont l’occasion de se retrouver au bout de vingt ans, sauf qu’ils ont chacun mari, femme, enfants,…quand ils se revoient, c’est une évidence, ils s’aiment, comme au premier jour. Seulement, que fait-on dans ce cas-là ? La raison ou le cœur ? C’est une belle histoire, on rit, on pleure, on passe par toutes les phases, tout le monde peut s’identifier à un moment donné de la pièce.

Mon personnage, au départ, est la bonne copine, survoltée. Ils se retrouvent tous comme des copains de lycée en fait. Plus le temps passe, plus la mère de famille reprend un peu le pouvoir, en se disant que la femme est toujours plus raisonnable que l’homme. Mais est-ce que l’amour vaincra ? Il faut venir voir la pièce…

 

 

Les journées doivent être, du coup, bien intenses ?

Oui, entre les pièces, à chaque fois on tracte pour faire venir le public. C’est vrai que c’est sportif. Moi qui suis marathonienne dans la vie et qui cours beaucoup, là, c’est comme si je faisais un marathon. Mais c’est chouette, c’est une chance. Même si on est fatigué, on serre les dents et on sait que l’on va rencontrer notre public, ce qui est merveilleux…

En tant que comédienne, vous devez aussi switcher, dans la même journée, d’un personnage à un autre…

Ce n’est pas évident. Ma seule trouille, comme ce sont deux comédies de couple, est d’inverser les prénoms. Mais, sinon, j’arrive vraiment à faire la part des choses, je ne me mélange jamais entre les deux histoires parce que c’est complètement différent. Même s’il y a des similitudes, c’est vraiment juste le prénom qui me fait peur, à chaque fois je réfléchis quand mêmeJ.

 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Que ça continue, que ça reste au moins sur les bonnes bases et si ça pouvait augmenter, pour que l’on ait encore des jauges et que l’on fasse des complets plus souvent, ça serait juste fabuleux ! En tout cas, que l’on continue à faire rêver et à donner le sourire.

Merci, Alexandra, pour toutes vos réponses !

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Festival d'Avignon 2022 : Noémie Bousquainaud évoque ses deux spectacles à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Noémie,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous participez actuellement au Festival 2022 d’Avignon, avec deux spectacles, on aura l’occasion d’y revenir ultérieurement. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous ?

Je suis ravie, c’est vraiment un plaisir incroyable pour moi, mais aussi pour tous les comédiens et le public. On le sent beaucoup ! C’est une édition très particulière, on ne l’avait pas eue pendant le Covid et à moitié seulement l’année dernière. C’est vraiment hyper agréable, hyper gai, les gens sont heureux de retourner au théâtre et de revoir un vrai festival, c’est génial !

 

 

En début d’après-midi, à 13h 15, vous êtes sur scène avec votre one-woman show « Coucou les moches ». Avec vos mots, comment le présenter ?

C’est mon premier one-woman show, ça parle de moi, évidemment, ça parle de ce vaste sujet de : qu’est-ce que la beauté et est-ce que c’est important ? Je suis partie de ce postulat de base, où on me dit souvent « Mais Noémie, toi tu es belle… ». Même quand je passais des castings, on me disait « t’es trop belle pour le rôle », je me demandais parfois si c’était une blague, en tout cas je trouvais que c’était n’importe quoi. Dans mon spectacle, je veux dire que, pour moi, ce n’est pas du tout important d’être beau, d’être moche, …En plus, dans ma vie, c’est quelque chose qui ne m’intéresse pas du tout. Par exemple, je parle avec humour du fait que mes amis se moquent de moi, qui suis vraiment très cœur d’artichaut. Du coup, à chaque fois que je tombe amoureuse, ils me disent « encore ? Ce n’est pas possible ! C’est encore l’homme de ta vie ? » En plus, ils me disent que je n’ai aucun critère, des mecs beaux, moches, gros, maigres, … Dans mon spectacle, il n’y a aucun critère physique, mon critère principal est en fait celui du cœur. J’ai des amies qui ont des critères très très définis et qui sortent tout le temps avec le même sosie, c’est tout le temps le même mec avec un prénom différent. Je trouve ça dingue, ça me fait trop rire…Ou, souvent, des gens qui ont plein de critères mais qui se retrouvent seuls car ce n’est pas possible de satisfaire tous les critères demandés. Je parle donc de cela dans mon spectacle mais aussi de plein d’autres sujets, comme la place de la femme aujourd’hui. Je parle également de sujets qui me font rire, comme l’ASMR, qui sont des vidéos relaxantes sur Youtube. Je parle de défauts aussi énormément, je rigole de moi, qui n’ai pas que des qualités.

Je pense que c’est un spectacle qui peut parler à tout le monde, chacun peut se reconnaitre. Il y a beaucoup d’humour mais aussi un vrai message je pense.

 

 

C’est aussi un spectacle interactif et participatif avec le public…

Tout à fait ! Même si c’est un spectacle très écrit et qu’il y a pas mal de passages un peu stand-up, il y a beaucoup de passages en interaction avec le public. J’adore cela, j’avais vraiment envie de le faire, je fais monter des gens sur scène, je vais en piquer dans la salle. Avec un titre pareil, c’est pour taquiner, c’est pour piquer et je ne m’en prive pasJ.

Quels sont les principaux retours que vous avez pu avoir du public ?

Je suis ravie parce que, pour le moment, j’ai eu de très bons retours. J’ai eu des gens du métier qui sont venus me voir, j’ai eu des personnes qui veulent me programmer. Je suis hyper contente, je démarre à partir de septembre une tournée avec ce spectacle. Les retours du public sont supers, déjà c’est hyper agréable, dans la salle, d’entendre les gens rire et, en plus de cela, j’ai des retours sur de petits débats, en lien avec les sujets d’actualité que j’évoque. C’est vrai que c’est un spectacle où je fais rire mais où je n’hésite pas à parler de choses qui peuvent déranger, de sujets qui piquent un peu. Ils s’avèrent que, à la fin, j’ai des débats là-dessus, les gens me disent « ah oui, quand même, vous avez parlé de cela, c’est hyper bien parce que, au début, on se dit oh non, ce n’est pas possible, elle a osé et, après, on se dit qu’elle a raison parce que ça nous marque et, du coup, on va s’en rappeler ». Je crois que ce sont mes retours préférés, je fais ce métier pour faire passer des messages, pour faire rire et divertir.

 

 

Un peu plus tard, à 19h 10, vous reprenez, avec Yannick, la pièce « En panne », que vous aviez déjà jouée ici en 2019. Cela doit être très plaisant de continuer cette belle aventure ?

Tout à fait ! C’est un spectacle que nous avons commencé en septembre 2018, que nous avons joué à Paris quasiment jusqu’au festival, qui nous a apporté une longue tournée. Dès le deuxième jour du festival 2019, nous étions complets, les retours étaient incroyables, ça avait été une aventure incroyable. Pendant le Covid, on a retravaillé la pièce, avec une nouvelle version que l’on adore. C’est la meilleure version du spectacle, on a un accueil incroyable, on était complet au troisième jour, on est vraiment ravis. On espère que ça va continuer tout le festival. Ce spectacle nous tient à cœur car c’est le premier, avec Yannick, que nous avons co-écrit. C’est une comédie de couple, comme il y en a pas mal mais on a abordé le sujet de la libido donc de la panne sexuelle. On voulait décomplexer cela…à partir d’un certain âge, ce n’est plus du tout tabou mais, pour les jeunes, ça peut l’être. On en a fait un truc très fun, très léger, très marrant. Mais, au-delà de cela, on a quand même écrit une histoire d’amour. C’est un couple qui doit se marier dans un mois et qui tombe en panne sexuelle, traversant alors de nombreuses péripéties par rapport à cela. On a aussi d’autres personnages qu’on joue, qui viennent apporter une petite folie et nous aider, plus ou moins bien, à résoudre cette panne. Ce qui nous fait très plaisir, c’est que les gens s’attachent énormément aux personnages. Nos meilleurs retours du festival vont en ce sens. Au-delà du rire, ils nous disent avoir été émus par ce couple qui s’aime tellement malgré cette panne. Au final, ce qui ressort du spectacle, c’est que l’on peut avoir des pannes ou des moments difficiles dans un couple, mais c’est l’amour qui résout tout. Alors que les gens rient du début à la fin, c’est génial et merveilleux qu’ils nous disent avoir été émus de cela. C’est le top !

 

 

Avec ces deux actualités, vos journées doivent être particulièrement intenses ?

Je suis crevée J mais tellement heureuse de refaire un festival. Ça m’avait tellement manqué. On a quand même passé un an et demi à nous dire que l’on était non essentiels alors qu’en fait, on voit très bien que l’essentiel de la vie est de rire, de partager. Je crois que, malgré la crise qu’il y a eue, on n’a pas oublié cela et ça se sent au festival.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Que des salles pleines et une belle programmation à la rentrée pour mes deux spectacles, ça serait la plus belle chose qui puisse nous arriver dans ce festival. On vient au festival pour cela, pour l’ambiance, pour le public et pour continuer l’aventure sur toutes les routes de France à la rentrée !

Merci, Noémie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2022 : Vanessa Dolmen évoque avec nous la pièce à succès qu'elle joue en matinée !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Vanessa,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous participez au Festival 2022 d’Avignon avec la pièce « Maya, une voix », à un horaire un peu matinal…

Oui, on joue tous les jours sauf le lundi, à 10h, à l’Essaion. La mise en scène est signée d’Eric Bouvron et la pièce raconte une partie de l’histoire de l’autrice afro-américaine Maya Angelou. Qui, dans son enfance, a subi un traumatisme, ayant causé un arrêt de la parole pendant 5 ans. En fait, elle a retrouvé sa voix grâce à la littérature. C’est cette partie de sa vie que l’on raconte. On est 5 femmes sur scène et on a un musicien cette année. L’année dernière, à ce même festival, nous étions coup de cœur de Télérama, du Parisien et de La Provence, nous avions eu beaucoup de monde, c’était très chouette. En fait, là, c’est bien puisque les personnes qui ne l’ont pas vu l’année dernière – puisque l’on était complets - reviennent cette année. Ceci dit, il faut réserver car on est régulièrement complets cette année encore, ça se remplit très très vite. C’est magique, c’est évidemment une pièce de théâtre mais c’est un spectacle musical également, on chante, il y a du gospel, du blues, un peu de jazz, c’est un bonheur !

On joue plein de personnages, hommes, femmes, c’est très très chouette.

Globalement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public en sortant de scène ?

Ce qui est très impressionnant, c’est que l’on a beaucoup de spectateurs qui sont en larmes, qui n’arrivent pas à parler, qui nous prennent par les bras, qui sont émus par le spectacle. Une des choses qui revient vraiment beaucoup, c’est qu’ils ont l’impression de voir une seule et même personne : on fait corps et ça, c’est un compliment merveilleux. Ils voient beaucoup de générosité, ils ressentent ce qu’il se passe, ils sont vraiment là avec Maya et suivent ce qu’elle vit. Ils nous disent, en même temps, qu’ils passent des larmes aux rires, que c’est très joyeux et qu’ils sont contents de repartir avec cette sensation pour le reste de la journée. C’est pour cela que c’est un très bon horaireJ.

 

 

En France, Maya n’est pas très connue alors que, aux Etats-Unis, elle fait partie des classiques que l’on étudie au lycée. Tous les américains étudient « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage », c’est un classique. Ici, on connait moins, on connait peut-être, parfois, ses poèmes. On la connait aussi un tout petit peu parce qu’elle a lu un poème le jour de l’investiture de Bill Clinton. Notre mission était justement de la porter et de la faire découvrir au public français. C’est assez rigolo, on a aussi eu dans le public des enseignantes qui étaient très contentes que l’on en parle. C’est assez chouette, c’est une belle expérience.

Si on se replonge quelques temps en arrière, comment vous êtes-vous approprié tous ces personnages ?

J’ai travaillé évidemment avec l’équipe et avec Eric. Son théâtre est vraiment à base d’images, il crée des images avant même que l’on entende le texte, il y a tout qui se met en place au fur et à mesure. En fait, ça a commencé dès l’audition, on était toutes au plateau et on jouait quasiment en même temps, à tour de rôle. On passait comme cela d’un personnage à un autre, avec un mélange aussi de chant et de danse, c’était vraiment pour voir comment tout s’imbriquait et comment on prenait place dans le groupe, dans cette chorégraphie, dans cette histoire. Après, notamment pour les personnages d’hommes, il fallait trouver une gestuelle mais il était évidemment impossible de faire avec autre chose qu’avec ce que je suis…donc je n’essaie pas de caricaturer, je donne ma version de ce que serait cet homme s’il avait ma carrure. C’est vraiment du travail dans le corps. Et chaque personnage est vraiment intrinsèquement lié au suivant, du coup ça se déroule assez naturellement. Tout tourne bien sûr autour de Maya, il y a ces moments magiques avec la musique mais c’est vraiment une histoire qui se déroule, on grandit en même temps qu’elle. A part se plonger entièrement dans la lecture, dans les documentaires, j’ai aussi laissé une place à l’imaginaire. Bien que ces gens aient existé, il faut aussi laisser la place à la magie du théâtre, on raconte une histoire, c’est un spectacle. En tout cas, il est porteur d’espoir, on est content de vivre quand on en sort.

 

 

De par l’effervescence du festival, où il faut savoir se distinguer parmi les 1 600 spectacles, on imagine que le reste de la journée doit être particulièrement intense aussi ?

On essaie de se discipliner quand même, surtout quand on joue et qu’on chante le matin. Je ne sors pas le soirJ, on a généralement des raccords à faire le matin avant la représentation et on fait aussi un échauffement vocal avec notre musicien. C’est une sorte de rituel quotidien. La journée se termine en gros dans l’après-midi, vers 15h 30, sauf si je vais voir un autre spectacle. J’en profite pour reposer la voix car, l’air de rien, quand on tracte, on utilise la voix, en plus de l’heure et quart de jeu et de chant sur scène. Maintenant, c’est vrai que c’est quand même assez magique d’être plongée dans une ville qui est entièrement dédiée au théâtre, c’est quand même dingue. Un peu avant le festival, il n’y avait pas une affiche, pas un flyer, rien et, magie, du jour au lendemain, il y en a partout, c’est l’effervescence, il y a des spectacles à toutes les heures, partout, de tous les genres. On est portés par un public extrêmement bienveillant et extrêmement demandeur. On voit que l’on est post Covid, les gens ont besoin de culture, ont besoin de voir des spectacles, de sortir, de vivre…C’est ça le théâtre !

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

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