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theatre

Les sphères ennemies 2 : Justine Daaé évoque la pièce qui sera à l'affiche au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Justine,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

En juillet, vous serez à l’affiche, au Festival d’Avignon, de la pièce « Les sphères ennemies 2 ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de participer, pour la première fois, à ce beau Festival ?

Oui, je l’ai déjà fait plusieurs fois en tant que spectatrice. Là, de revenir en artiste est une fierté bien sûr et c’est une joie mais qui n’est pas dénuée de stress ni de trac, par rapport au fait que c’est aussi la pièce de mon compagnon, l’auteur et comédien Jean-Baptiste Thomas-Sertillanges. C’est lui qui l’a écrite, c’est lui qui m’a fait confiance pour porter le personnage de Jane et je n’ai pas envie de le décevoir. J’ai vraiment envie d’être à la hauteur, pour lui, le public et les professionnels qui viendront.

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

On est deux comédiennes sur scène, qui incarnons l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit du cerveau. C’est une image pour dire qu’il y a des gens qui sont plus cerveau gauche, qui sont plus analytiques, qui sont très carrés et les gens qui sont plus cerveau droit, qui sont plus créatifs, plus rêveurs, plus artistes. On incarne donc ces deux facettes de la personnalité d’une seule et même femme, qui s’appelle Mary-Jane. On joue ainsi Mary et Jane, ces petites voix dissonantes que l’on peut avoir dans la tête, face à des choix que l’on doit faire dans la vie, où on n’est pas forcément sûrs de nous, où on oscille entre le bien et le mal, l’ange ou le démon, le cœur ou la raison, le féminisme ou le conservatisme, …Parfois, on est écartelés dans les choix et on incarne donc ces deux points de vue d’une et même femme, qui a des décisions à prendre dans sa vie, à des moments clés. Comme faire un enfant ou pas, faire une carrière corporate ou artistique, se marier ou pas. C’est à ce moment-là que l’on voit ce qui se passe dans le cerveau de Mary-Jane…

Elle va tomber amoureuse, à un moment où elle ne s’y attend pas et les deux hémisphères, les deux rôles vont craquer pour Jonathan, l’homme de la version 1 mais pas pour les mêmes raisons au départ parce que ce ne sont pas les mêmes choses qui leur plaisent chez lui. Une fois marié, se poseront des questions sur les choix à faire et c’est là que l’on va devoir trouver un terrain d’entente…

 

 

Vous y interprétez donc Jane…

Oui, je joue l’hémisphère gauche, l’hémisphère raisonnable, ambitieux, carriériste, indépendant, féministe. L’autre côté est celui de l’artiste rêveuse, sensible, plus femme-enfant, moins carriériste, rêvant plus d’être mère de famille tradi. L’hémisphère droit est joué par Marie-Clotilde Ramos-Ibanez.

Avez-vous eu, pour son interprétation, des sources plus personnelles d’inspiration ?

Le metteur en scène et auteur aime bien nous donner des modèles, ça a été des personnages de séries, de dessins-animés, notamment Jafar de « Aladdin » ou encore « Maléfique » pour le côté vilaine, méchante, afin d’aller chercher cette gestuelle très lente et cette manière de parler très lente aussi, très sûre d’elle, un peu maléfique. C’est ce que j’ai essayé de capter pour mon rôle car j’ai tendance à parler très vite, j’ai dû un peu ralentir mon rythme, être plus posée. Après, je ne vous cache pas que comme l’auteur de la pièce est aussi mon compagnon dans la vie, il s’est également inspiré de qui je suis dans la vie pour écrire le rôle, il y a donc aussi des traits de caractère qui me sont propres et que j’ai pu intégrer dans le personnage.

Même si ce n’est jamais évident à dire en amont, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux, on l’espère, nombreux spectateurs qui viendront voir le spectacle ?

En tant que spectatrice, j’avais vu la version 1, celle des hommes et ce qui m’avait plu, c’est l’humour de Jean-Baptiste, c’est très drôle. Il prend des sujets sérieux, qui nous parlent à tous, qui sont des aléas typiques de la vie et il y a quand même un angle humoristique. Ça marche sur moi, j’ai eu de bons fous rires mais on n’est pas là que pour rire, on peut aussi être touchés par l’histoire, par la philosophie qui émane de tout cela. C’est une comédie mais pas potache, elle est aussi intelligente et à réflexion.

 

 

Vous serez en alternance une soirée sur deux avec la version masculine d’ailleurs…

Exactement ! C’est l’histoire de Jonathan, qui est l’homme de Mary-Jane, c’est aussi l’histoire de ce couple, de leur rencontre, de ce qu’ils vont faire de leurs vies. D’un côté, on voit la vie à travers les yeux de Jonathan et de l’autre côté, on verra cette même vie à travers les yeux de Mary-Jane. On vit donc leurs vies à chacun d’eux, à travers les deux hémisphères qui vont parfois se disputer ou être d’accord. Si on a vu la version pour hommes et qu’on l’a aimée, il n’y a pas de raison que l’on ne vienne pas voir la version pour femmes et vice versa. C’est assez complémentaire !

Nous sommes à environ deux semaines de la première, on vous imagine en plein dans les répétitions finales ?

Oui, on est à deux semaines mais j’ai l’impression que le travail est un puit sans fond car plus on travaille, plus on peut améliorer. Au final, on n’arrive jamais à un moment où l’on se dit qu’il n’y a plus rien à faire. Plus on va jouer, plus on va préciser, plus ça va gagner en fluidité, en maturité, en comédie, en rythme. Donc, en soi, on aurait pu continuer à répéter des mois et des mois, ça aurait encore amélioré la pièce mais il y a un moment où il faut se jeter à l’eau. Effectivement, c’est la dernière ligne droite donc on affine tout ce que l’on peut dans la comédie, c’est quand même un rythme très carré, très précis, c’est presque comme quand on joue d’un instrument, où il faut répéter ses gammes. C’est le registre de la comédie qui veut ça, il faut que ce soit vraiment au cordeau. Après, on a aussi des scènes plus dans l’émotion où, là, c’est un autre type de travail, il faut vraiment aller chercher des émotions en nous, il faut se nourrir d’émotions que l’on a vécues pour nourrir le personnage. Je pense à des situations que je n’ai jamais vécues en tant que femme, il faut imaginer ce que ça peut faire quand on nous annonce une très mauvaise nouvelle. Je dois donc aussi me placer parfois dans la peau d’une femme à qui il arrive des choses difficiles, il n’y a pas que de la comédie, il y a aussi un travail plus profond de comédienne sur les émotions.

Il s’agit là de votre première expérience professionnelle sur une scène de théâtre, vous qui êtes habituée des scènes musicales. La vivre avec ce projet doit être sans doute très plaisant ?

C’est plaisant de faire de l’acting, j’en avais fait plus jeune, j’adore jouer, je suis contente d’avoir l’occasion de faire cela aussi. Je suis chanteuse, le chant me nourrit complètement mais j’adore essayer aussi la comédie parce que c’est une autre de mes passions. C’est comme un retour, c’est très plaisant ! Il y a des points communs avec le chant, savoir gérer le trac, avoir une bonne posture, projeter, ne pas perdre l’attention des gens…Je ne suis donc pas non plus complètement tétanisée, grâce à mon expérience en tant que chanteuse.

 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour cette pièce ?

J’espère que les gens vont être réceptifs à l’humour de Jean-Baptiste Thomas, qui, pour moi, est quelqu’un d’exceptionnellement drôle. J’espère que les gens vont rire autant que j’ai pu le faire en découvrant les textes.

En complément, un mot sur votre actualité musicale ?

J’ai le projet de ma vie, un projet solo de métal gothique industriel, qui s’appelle « Elyose ». Je suis en plein dans l’enregistrement de mon sixième album. Je me concentre sur le théâtre mais, juste après, je reprendrai ma casquette de chanteuse pour finir cet album, qui devrait sortir à la fin de l’année. Parallèlement, j’ai aussi un groupe de musique, un groupe de femmes, on est trois chanteuses, on vient de sortir notre premier clip, il y a une semaine. C’est aussi du métal, mais plus années 80. Je slalome entre tout ça…

Merci, Justine, pour toutes vos réponses !

 

"Les sphères ennemies 2" : les jours pairs à partir du 8 juillet à 21H15 sauf le 26 juillet
au Théâtre Notre Dame 
En alternance avec "Les sphères ennemies 1" les jours impairs

Publié dans Théâtre

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Laura Charpentier évoque sa belle actualité artistique au Festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Laura,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Au mois de juillet, vous participerez à votre troisième Festival d’Avignon, avec une double casquette, de comédienne et de metteuse en scène. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être de retrouver ce Festival culte du théâtre ?

Surtout en cette période actuelle, post Covid, démasqués, ça fait du bien, même si ça reste une période compliquée. Oui, je suis ravie d’y retourner ! C’est une période de travail intense et ça j’adore. Ce n’est  pas uniquement un plaisir en tant que comédienne mais aussi en tant que spectatrice, souvent, à partir de la deuxième semaine, j’essaie d’aller voir un spectacle par jour. Ce qui permet, même si on le fait déjà tout au long de l’année, de se nourrir d’autres spectacles, de nouvelles créations et découvrir de nouvelles troupes. Oui, je suis vraiment contente d’y retourner, ça va être chouette… Et puis les cigales… et les copains…  C’est vrai, pendant le festival, il y a presque autant de comédiens que de festivaliers donc on croise des copains à tous les coins de rue, c’est trop bien !  Les fins de journées sont chouettes J…un peu festives...mais pas trop.

 

 

Vous serez sur scène avec la pièce « Fake News » que vous interprétez déjà depuis 2019. En quelques mots, comment la pitcher et que dire sur votre personnage ?

« Fake News » est l’histoire d’Edmond, un personnage un peu à la François Pignon, qui se retrouve au chômage, et qui a besoin de manger et de nourrir ses enfants. Alors il se met à cambrioler des villas  des beaux quartiers parisiens. Lors de son deuxième cambriolage, il se retrouve nez à nez avec un propriétaire, Jean-Pierre, qui n’est autre que le présentateur du journal de 20 heures. Cette rencontre improbable va entraîner une discussion entre les deux papas tout en essayant de ne pas réveiller Carmela, la fille de Jean Pierre, qui passe son bac le lendemain.  En réalité, elle est sortie avec des potes pour décompresser du Bac, qui la saoule. C’est sans compter une fake news qui va venir chambouler la vie de ces trois personnages. J’interprète ce personnage, Carmela, qui va rencontrer Edmond, le cambrioleur pas commun.

 

 

C’est une comédie familiale. On s’amuse beaucoup, je chante aussi, avec Pascal, qui joue de la guitare. On jouera au théâtre l’Albatros, dans la salle de l’Alibi, à 21h 15, tous les jours, sauf le lundi. C’est un lieu que nous connaissons bien, nous y étions déjà en 2019, c’était complet tous les soirs. Touchons du bois pour que ce soit aussi le cas cette année.

 

Voici le lien vers la bande annonce : 

https://www.youtube.com/watch?v=wCoKkDReFL0&t=1s&ab_channel=CompagnieVistemboirs

Quels principaux retours vous ont fait les spectateurs depuis le début ?

Souvent, ils nous disent que ça fait du bien, qu’ils ont passé un bon moment, que c’est une comédie intelligente, que ça change… Je joue une fille qui a un rôle un peu différent de celui que l’on donne d’habitude aux filles dans ce genre de comédie.

 

 

J’ai, dans ma tête, un souvenir un peu émouvant : l’an dernier, post Covid, on a fait une date dans un théâtre de Verdure, à Saint André, c’était un retour au théâtre pour beaucoup de gens et, en sortie de scène, une dame âgée est venue nous pleurer dans les bras, pour nous dire « merci, ça fait tellement de bien ». 

En complément, vous effectuez la mise en scène de « A.I.R », un seul en scène…

« Artifices Intelligence et Rires » est un spectacle écrit et interprété par Guillaume Loublier. « Sommes-nous plus proches de nos machines que de nous-même ? ». AIR questionne avec humour l’évolution de l’humanité sous l’effet des technologies.

 

 

Dans un futur de plus en plus « connecté » et « technologisé »,  Jacques vieux philosophe, entreprend une démonstration sur les émotions humaines. Il est accompagné de son robot Simone. Pour appuyer ses propos, il va faire intervenir trois personnages débordant d’humanité et très déjantés. Mais Pierre, son rival de toujours, va perturber la démonstration venant prôner l’homme de demain : l’homme augmenté par la technologie.

 

 

AIR, c’est une rêverie drôle et poétique qui ne prend pas parti mais dont l’objectif est d’inviter à la réflexion, plus que de donner des réponses. La pièce se jouera en Avignon tous les jours, sauf le mardi, à 16h 35, à l’Espace Alya.

La bande annonce est visible sur le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=eGtfF-7Q-HU&ab_channel=GuillaumeLoublier

Pour la mise en scène, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

La chance que j’aie, c’est que Guillaume est mon partenaire de vie, je l’ai suivi tout au long de la création de ce projet.  C’est un comédien incroyable, qui, en plus, est très grand et qui a une présence scénique très forte. Pour la scénographie j’ai fait appel à Lucie Cathala.

 

 

Pour moi, l’idée était quand même de ne pas noyer Guillaume dans une mise en scène trop chargée, donc c’est assez épuré. Il y a trois éléments de décors : une cabine, une table et son robot avec qui il interagit beaucoup, Simone, dont je fais la voix. Au début, j’avais l’inspiration un peu d’un laboratoire de savant fou, style steampunk et plus on a évolué, plus on a épuré. Aussi, on était partis sur des costumes par personnage mais on a enlevé l’idée, on a juste des accessoires pour les identifier. C’est Guillaume lui-même, avec son jeu, qui fait vivre les personnages, on passe de l’un à un autre, sans se poser trop de questions.

Et il  y a la lumière… Avec Martin Gandrillon et Thibaut Hok, nos deux régisseurs, on a fait une création lumières de malade, c’est la lumière qui fait quasiment tout ce qui est de l’ordre de la mise en scène. J’adore les jeux de lumière, les couleurs, le bleu sur scène, on joue beaucoup avec les chauds/froids, les ambiances…Voilà pour la scénographie et mise en scène.

 

 

Pour la direction d’acteur, j’ai surtout aidé Guillaume à choisir les directions que devaient prendre ses personnages. C’est un comédien à la personnalité artistique forte, et mon objectif était de la mettre en valeur. Je voulais conserver son originalité tout en lui apportant ma « patte ».

Sans doute que ces deux cordes artistiques sont, pour vous, riches et complémentaires ?

Oui, c’est génial ! J’écris aussi un peu, j’aime beaucoup. Tout cela me permet de voir les histoires dans leur ensemble, ça permet d’avoir une autre approche du travail et du spectacle. Quand on est comédien, on est sur soi, sur ses partenaires, sur ses scènes. Là, ça permet d’avoir une vision globale de tout, c’est chouette, c’est hyper intéressant. C’est ma première mise en scène, j’ai beaucoup aimé, je trouve que ça permet de travailler différemment, ça permet d’observer les autres travailler. Je fais aussi beaucoup de stages, l’idée est la même. Je vais dire une lapalissade de comédien mais c’est bien réel : quand on est sur le plateau en tant que comédien et que l’on nous donne des indications, on est perdu, on galère et, quand on voit les autres, ça nous permet de comprendre les choses.
En faisant de la mise en scène, ça oblige à verbaliser, à formuler les choses que tu voudrais transmettre, c’est donc un échange qui est hyper riche.

 

 

En conclusion, quels sont vos autres projets et actualités artistiques en ce moment ?

En images, je suis en diffusion bientôt avec la série « Prière d’enquêter », pour France 3. Je viens de participer à un 48h environnement, avec l’équipe géniale de Slipday (. Nous avons collaboré en écriture et en jeu. Voici le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=FDeGUWwa1dM&t=1s&ab_channel=LesfilmsdeSlipday

 

 

A la rentrée, normalement, j’attaque les répétitions pour un seule en scène sur Jean Harlow, on est en discussion avec quelques théâtres. Il y a une autre création pour laquelle on a fait une sortie de résidence cette année, « Ella monologuent », on a trouvé preneur et on jouera certainement en 2023 vers mai-juin. Sans oublier la tournée « Fake News » qui ne s’arrête jamais.

Merci, Laura, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Le rencard : Alice Duin évoque la pièce de théâtre, actuellement à l'affiche à la Divine Comédie !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alice,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, en alternance les samedis, à la Divine Comédie, de la pièce « Le rencard ! ». A titre personnel, après la période compliquée que l’on vient de traverser, on imagine sans doute le plaisir et la joie que ce doit être pour vous de monter sur scène, en plus pour la première fois ?

Oui, tout à fait ! Le confinement, en fait, m’a permis, finalement, de me dire que c’était vraiment ce que je voulais faire et de me donner les moyens de cela. J’avoue que quand Leslie m’a appelée, c’était un peu comme un cadeau qui tombait du ciel…après deux ans d’attente, ça arrive donc c’est hyper agréable et ça me motive encore plus pour la suite.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Un homme, Léo, a l’habitude d’enchainer les histoires d’un soir et il arrive à un moment de sa vie où il a envie de se poser, où il veut trouver la femme de sa vie pour fonder une famille. Ca fait quelques mois qu’il discute avec Gladys, que j’interprète. Ils se sont rencontrés sur internet et la pièce commence le soir de ce fameux premier rencard entre eux deux.

Il s’avère que la sœur de Léo, Arielle, habite sur le palier d’en face, c’est une sœur très envahissante et donc, forcément, ça ne va pas se passer comme prévu, ça ne va pas être un rencard très tranquille. Une autre femme, Ketty, va également arriver dans cette soirée, elle a aussi une très forte personnalité. Donc Léo va être entouré de trois femmes pendant cette soirée, qui vont lui en faire voir de toutes les couleurs.

 

 

On l’a dit, vous y interprétez Gladys. Qui est-elle, quelles sont ses principales caractéristiques ?

Gladys a une très forte personnalité mais différente de celles d’Arielle et de Ketty. En fait, elle réfléchit à côté. On ne peut pas dire qu’elle soit idiote mais elle va s’arrêter sur des mots, dans une conversation, sur lesquels personne ne s’arrêterait, sur des petits détails qui, pour elle, prennent une grosse proportion. C’est aussi quelqu’un qui va droit au but dans ce quel veut. En fait, elle vient voir Léo, c’est son rencard, elle veut finir avec lui, c’est son but de la soirée. Ce n’est pas quelqu’un de timide, elle veut Léo, elle va tout faire pour l’avoir.

Vous êtes en alternance, sur ce rôle, avec Floriane Muller. On peut penser qu’un travail en commun a été fait sur ce personnage ? Avez-vous eu d’autres sources complémentaires plus personnelles d’inspiration ?

Je suis venue voir comment la première équipe travaillait, ce qu’elle faisait. Comme c’est ma première au théâtre, en fait, au départ, je me disais que j’allais m'inspirer de Floriane. Mais Leslie m'a dit d'utiliser ma personnalité pour construire le personnage. Donc je suis partie sur autre chose sans vraiment savoir où j'allais atterrir et au final, ça fonctionne bien. Ce que j'ai beaucoup aimé dans le personnage de Gladys, j'en parlais, c'est qu'elle pense à côté, et ça m'amuse beaucoup. Parfois elle sort des trucs et on se demande "Mais pourquoi ? Où va-t-elle chercher ça ?". J'adore ce décalage et je prends beaucoup de plaisir à le jouer. Dans la vie de tous les jours, je peux parfois rester bloquée sur des détails de conversations que j'ai entendues et cogiter assez longtemps dessus, donc mon inspiration, je ne suis pas allée la chercher très loin... 

Après, comme Gladys est quelqu’un qui peut être très dévergondée, extravertie, ce que je ne suis pas dans la vie, j’essaie vraiment de m’amuser à faire cela sur scène. Parce que c’est là où j’ai le droit de le faire. Je sais que, pour la première, j’avais l’excitation d’entrer sur scène, d’être sur les planches et ça m’a beaucoup plu de me dire « j’ai le droit de tout, je suis Gladys J ».

 

 

Quels principaux retours avez-vous pu avoir du public, notamment à l’issue de la représentation ?

Je viens de jouer ma cinquième, les gens se marrent, c’est hyper appréciable, les rires nous portent beaucoup.

C’est votre première expérience théâtrale. Quels sentiments prédominent en vous après ces quelques dates ?

De l’excitation et l’envie de revenir. J’ai envie de me retrouver dans les loges. Je ne suis pas la première à entrer sur scène, du coup j’aime entendre les rires que les autres ont, cela me permet aussi de me chauffer. Quand je suis sur scène et qu’il y a un retour du public, c’est génial, ça fait du bien, ça pousse ! La pièce dure une heure et dix minutes, c’est hyper excitant, ça procure beaucoup d’énergie. Après chaque représentation, je ne dors pas avant deux heures du matin…

En fait, le stress que j’avais sur ma première m’a beaucoup portée, justement, à être Gladys dans cette excentricité qu’elle a. Je voudrais ne pas perdre cela parce que le stress que j’ai n’est pas bloquant, il amène beaucoup d’énergie et de couleurs au personnage.

 

 

L’alternance est totale, entre vous et Floriane mais aussi sur le reste de la distribution. Vous n’avez donc pas forcément toujours les mêmes partenaires sur scène. En fonction de l’équipe, il y a sans doute de petites différences et donc de petites adaptations nécessaires…

Oui et c’est hyper agréable de se dire que chaque soir va être différent. Leslie, en travaillant, voulait vraiment que l’on cale certaines choses pour ne pas être trop perturbés quand on alterne. Mais, quand on change de partenaire, forcément l’énergie est différente et je réagis différemment en fait. J’ai l’image de Ketty, qui est jouée soit par Sevy, soit par Déborah, c’est pareil, elles ont une touche, une énergie qui sont différentes et je pense que mon personnage, sur scène, a un comportement différent en fonction de la partenaire présente en face. Sevy va plus me piquer à certains moments donc je réagis forcément différemment que si c'était Déborah. C’est la même chose mais en étant différent, c’est paradoxalJ.

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure qui est naissante ?

Que ça continue ! On joue jusqu’au 31 juillet et on aimerait que ça reparte à la rentrée, en septembre. J’aimerais faire d’autres spectacles aussi. Egalement que d’autres projets à l’image arrivent. En tout cas, c’est une super belle expérience et je suis hyper contente de la vivre, je remercie beaucoup Leslie de m’avoir fait confiance !

Merci, Alice, pour toutes vos réponses !

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La peau d'Elisa : Elina Gaumondie et Julie Macqueron évoquent leur pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elina, bonjour Julie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes respectivement comédienne et metteuse en scène de la pièce que nous allons aborder pendant l’échange.

La pièce « La peau d’Elisa » est actuellement à l’affiche, au théâtre Les Déchargeurs. Après la période compliquée que l’on a connue, ce doit sans doute être une joie et un plaisir de rencontrer le public ?

Elina : Oui, effectivement, c’est vraiment l’apothéose de pouvoir jouer et enfin pouvoir présenter notre pièce au théâtre des Déchargeurs. C’est un projet qui a été rythmé par, malheureusement, les confinements, le Covid, les reports, les annulations, on a vécu beaucoup de moments difficiles.

Julie : Normalement, la première série de 12 dates devait être en octobre 2020, finalement ça avait été reporté. Quelques mois plus tard, on a fait une date puis les théâtres ont refermé, ça a été annulé. Les projets qui reprennent, revenir au théâtre, avoir du monde, ça fait du bien.

Elina : Il y a vraiment eu de la frustration, pour ma part, même de la colère, de la tristesse énorme et un gros questionnement : est-ce qu’on va vraiment pouvoir, à un moment, remonter sur les planches ? Est-ce qu’on va pouvoir vraiment montrer ce spectacle  ? Est-ce qu’il va vraiment voir le jour ? Alors qu’on était prêt.es…!!! On a refait des répétitions, forcément et je crois que tous ces évènements ont nourri d’une certaine manière la mise en scène. Notre rapport aux spectateur.trices, ces retrouvailles avec le public ont été encore plus approfondis, je pense, grâce, ou à cause,  des confinements.

 

@ Sarah Cotten

 

Avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

Julie : « La peau d’Elisa », c’est une femme qui raconte des histoires d’amour, différentes histoires, différents amour, dont on ne sait pas si elles lui appartiennent ou pas. Elle a besoin de les raconter pour sauver sa peau. 

Elina : Elle a un “je” qui est un petit peu déstabilisant, au début, pour les spectateurs.  Tantôt une femme, un homme, une personne âgée…Elle pose beaucoup de questions au public pour lui demander régulièrement s’il comprend bien, si elle raconte bien et s’il voit des différences notables sur sa peau depuis le début de la représentation. 

Julie : Il y a des interactions avec les spectateur.trices, du moins s’ils.elles le souhaitent. Il y a des représentations où il n’y en a pas. Ce n’est pas un spectacle interactif dans le sens où on ne fait monter personne sur scène et on ne force pas les gens à parler s’ils n’ont pas envie mais, en tout cas, il y a plein de portes et de fenêtres ouvertes où, s’il.elles le souhaitent, il.elles peuvent répondre ou prendre la parole.

 

 

Après plusieurs dates à l’affiche, quels premiers retours avez-vous pu avoir du public ?

Elina : On a eu des retours extrêmement chaleureux, des personnes qui étaient très touchées, certaines histoires ont même bouleversé des gens. Chacun.e va trouver une histoire qui va peut-être lui parler plus que les autres, parce que ça fera écho à un souvenir personnel. 

Julie : Je dirais même plus largement, qu’il s’agit d’histoires d’amour de rencontres, de coups de foudre, de frissons, de cœurs qui battent. Il y a quelque chose d’universel, chacun.es peut être touché.es. L’amour est bien une des choses que l’on partage quel qu’il soit et quelle que soit sa forme. Il y a des gens qui en sortent bouleversé.es, il y a aussi des gens qui en sortent très heureu.ses, optimistes. Selon l’humeur du jour, le spectacle peut être reçu très différemment.

Elina : On a aussi eu cette grande chance, qui est que lors des deux premières représentations, au théâtre des Déchargeurs, on a pu organiser deux évènements spéciaux. D’une certaine manière,la pièce a continué après le spectacle, je suis restée dans mon personnage d’Elisa, Jean-Baptiste le comédien qui est avec moi et qui dessine aussi sur scène, a pu dessiner les gens et leur proposer de repartir avec leur croquis. Il y a eu vraiment toute une sorte de happening, durant lequel le public a pu venir continuer à raconter ses propres souvenirs amoureux à Elisa. On a la chance d’avoir pu enregistrer cela, le filmer. Ça a été un vrai moment d’échanges merveilleux, le public a été extrêmement généreux, j’ai reçu des histoires magnifiques qui m’ont bouleversée, ils.elles ont vraiment participé.es à la suite de la pièce. C’était super d’avoir ces moments magiques, hors du temps.

On ne l’a pas encore dit, Elina, en plus d’être sur le plateau, vous accompagnez aussi Julie à la mise en scène…

Elina : Je dirais que le terme de “co- mise en scène” est surtout là parce que, je suis la porteuse du projet, j’ai découvert le texte, j’ai eu envie d’en faire quelque chose, de le monter, j’en suis tombée amoureuse. J’ai proposé l’aventure à Julie, dont je connaissais le travail et la sensibilité artistique, et avec qui j’avais très envie de travailler. Je suis arrivée avec des idées, évidemment, des propositions puisque j’avais rêvé sur ce texte. 

Au fur et à mesure des répétitions,cette passation s’est faite naturellement. J’avais amené des idées de base et Julie m’a ensuite emmenée dans son univers. Etant sur le plateau,la mise en scène, le son, la direction d’acteurs,  c’est Julie.

Julie : Il fallait lâcher prise, se laisser diriger, ce qui n’empêche pas de discuter des axes pris.

Elina : C’est elle qui a le dernier mot là-dessus et je lui fais totalement confiance.

 

@ LifeStream

 

Pour vous, Julie, sans doute que ces textes, très beaux, ont été très inspirants pour la mise en scène ?

Julie : Je ne voulais pas aller dans l’effet de mise en scène, au risque de perdre le texte. Ce que l’on veut mettre au centre, ce sont les mots de Carole Fréchette. Comment les mettre en valeur ? De manière très poétique ? ou très concrète ? Nous avons décidé de nous amuser à jongler entre les deux … On a essayé plein de choses, on a changé, changé, changé et, là, je pense que l’on s’approche de la forme finale. Même si, avec le recueil de témoignages des spectateur.trices des représentations précédentes, on est encore en réflexion sur l’intégration de ces souvenirs. Le tout sans dénaturer le travail de l’autrice.

Elina : Pour le moment, l’enregistrement du public précédent se fait entendre lors de l’entrée spectateurs. Quand le public entre, il y a une bande son, on entend les anciens publics des représentations précédentes et leurs échanges. Le spectacle commence donc dès que le public passe la porte.

Julie : Chaque représentation est unique. Dans ce que l’on a voulu faire, le public repart avec un petit secret supplémentaire de ce que les autres spectateur.trices donnent ce soir-là. 

Elina, concernant l’interprétation, avez-vous eu des sources complémentaires d’inspiration ?

Elina : Déjà, j’essaye de ne jamais oublier que ce sont de véritables histoires d’amour qui sont racontées. Nous avons à cœur d’honorer chacune d’elles et de respecter les singularités de ces paroles intimes que Carole Fréchette est allée recueillir dans la ville de Bruxelles. Justement pour s’inspirer de cela, on s’est rendues à Bruxelles, dans chacun des lieux bien précis dont on parle dans la pièce. Pour moi, c’était hyper important de voir ces lieux, d’imaginer les personnes là-bas, ça a été une grosse source d’inspiration. Et puis, évidemment, il y a forcément des histoires qui vont rappeler quelque chose de plus personnel, de ma propre vie. Forcément, je pars un petit peu de moi pour chacune d’elles. Je m’inspire donc de mon expérience, de mon ressenti pour prendre et donner corps à chacune de ces histoires.

Julie : Ça fait du bien d’avoir 12 dates, ça permet au spectacle de prendre de l’ampleur. Ce n’est forcément pas le même rendu qu’avant.

Elina : Ce rapport régulier au public, je le sens, j’en avais besoin et je me sens progresser, je suis de plus en plus à l’aise quand je parle avec eux, j’ai de moins en moins peur de l’improvisation. J’ai une confiance totale maintenant sur ce qui peut se passer, sur le fait de laisser le public prendre la parole. Cela s’aiguise au fur et à mesure des représentations, on s’amuse de plus en plus ensemble. C’est vraiment super ! C’est d’ailleurs mon moment préféré dans le spectacle.

 

 

Pour terminer, au-delà des 12 dates de juin, on imagine que vous avez l’envie de poursuivre l’aventure plus loin ?

Julie : Évidemment ! L’idée est que ça nous serve de tremplin. On invite plein de salles, plein de professionnels, plein de programmateurs. On espère que ce n’est que le début, en tout cas ça a l’avantage d’enfin ancrer le spectacle pour nous permettre de nous déployer plus pleinement qu’avec des dates trop séparées les unes des autres.

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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beIN Center : Vanessa Le Moigne évoque son émission hebdomadaire sur les antennes de beIN SPORTS !

Publié le par Julian STOCKY

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Bonjour Vanessa,

C’est un plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Chaque dimanche, vous animez « beIN Center » sur les antennes de beIN SPORTS. Sans doute que ce doit être une vraie joie de retrouver chaque semaine le plateau mais aussi le lien avec les téléspectateurs !

Oui ! En fait, j’ai animé  surtout des quotidiennes avant, avec « L’Expresso » et « Happy Sports ». « beIN Center » est un programme un petit peu différent, ça regroupe un peu tout ce que j’aime faire. C’est un vrai marathon, ça dure six heures mais j’aime bien en fait. J’ai toujours un truc, depuis que je suis dans le métier, c’est de casser le mur avec le téléspectateur et d’être la plus naturelle possible. En six heures, forcément, je suis naturelle….Ce que j’aime bien, c’est qu’il y a à la fois des news, du magazine, de l’interview, de l’avant-match et du debrief. Ça me permet d’être collée au maximum aux droits diffusés sur beIN SPORTS et, moi, de progresser, au fur et à mesure, dans mon approche. Cela m’a permis, derrière, de passer un cap pour des compétitions un peu plus premium comme l’Euro ou la CAN.

Avec vos mots, comment décrire ce programme et ce long dimanche après-midi d’antenne ?

En vérité, c’est une continuité. Je n’aimais pas le mot au départ parce qu’il y a un côté un peu « c’est la forme sans le fond » mais c’est bien une continuité en proposant aux téléspectateurs finalement de passer, je pense, un bon moment et d’avoir la possibilité de venir picorer. On a la mosaïque où, pour le coup, on vend aussi ce qui se passe sur les autres chaines et sur les canaux max, histoire d’orienter au maximum les téléspectateurs. Pour ceux qui ont envie de rester avec nous tout au long de l’après-midi, on leur montre les buts, dès qu’il y en a. Sans oublier des points sur la Ligue 1. En gros, on balaie toute l’actualité du dimanche, tout en passant un bon moment.

Il y a un parallèle qui m’avait fait marrer de la part de l’Equipe, « c’est Michel Drucker mais version sport et au féminin ».

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Parmi les rendez-vous clés, il y a ces entretiens avec des personnalités de l’actualité sportive du moment…

Il y a des entretiens que l’on va faire en extérieur, notamment pour des joueurs à l’étranger ou à l’emploi du temps particulièrement chargé. Il y a aussi la partie interview en plateau, où l’on fait venir des sportifs de partout car j’ai un profil omnisports. Cela permet de découvrir en fait leur histoire, c’est ce que j’aime bien. Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient. Quel est le facteur X chez les sportifs ? Qu’est-ce qui fait que cette personne-là a le petit truc en plus ? J’aime bien aussi me dire que le téléspectateur va pouvoir découvrir la personne que je connais en coulisses, que je rencontre. Donc ces interviews sont plutôt longues, entre 30 à 40 minutes, le tout en direct. Donc, parfois, on les voit un peu stressés puis, petit à petit, se relâcher.

Il y a un autre aspect, c’est le « beINSPIRED », initié à la base par beIN MEDIA GROUP. L’objectif était orienté RSE, de parler de thèmes sociétaux et de balancer une petite musique pour commencer à habituer les gens, à les sensibiliser à de véritables causes. J’ai repris cela dans l’émission quelques mois plus tard, j’ai trouvé ça intéressant, moi qui avais envie de parler de profils différents mais qui ne savais pas où les mettre. Généralement, c’est dans cette partie-là où on s’intéresse à des parcours un peu atypiques, à des associations, à des causes comme le handicap dans le sport ou la place des femmes, voire même les violences faites aux enfants. C’est une parenthèse dans laquelle je me retrouve bien, moi qui ai beaucoup d’engagements. Je me dis que ça pourra peut-être servir à quelque chose, c’est ma petite étoile de mer à moi que je remets à l’eau.

Face à cette richesse et cette diversité de contenus pendant toutes ces heures d’antenne, sans doute que la préparation doit être particulièrement intense ?

C’est beaucoup de travail. Quand j’étais en quotidienne, notamment en matinale, je me couchais très tard pour regarder les matchs, j’écrivais la veille, j’arrivais très tôt le matin et, après l’émission, j’étais libre, je pouvais rentrer chez moi faire une sieste. C’était une course de fond, parsemée de petits sprints. Là, c’est vraiment un marathon parce qu’il faut éditorialiser beaucoup. Quand on a un seul rendez-vous, il faut avoir un peu de hauteur et savoir anticiper. Il y a la recherche des invités mais pas seulement sur la semaine, sur celles qui suivent également. Je mets deux jours à écrire mes interviews, je cherche beaucoup d’infos, on contacte l’entourage.

Sans oublier le choix des thèmes et le calage des tournages, à anticiper deux à trois semaines avant. J’aime bien parfois faire aussi des petits coups, c’est un travail au long cours, il faut rester en contact avec la personne, essayer de trouver une date, j’ai une programmatrice, Charlotte Prato, qui m’aide aussi pour cela. Je travaille un peu la personne, je discute avec elle sur les réseaux sociaux …

Il y a aussi les avant-matchs de foot, c’est également beaucoup de travail pour le coup. Je suis un peu tombée amoureuse des stats avancées qui, je trouve, donnent toutes les infos. Au-delà des meilleurs buteurs ou passeurs, elles nous indiquent aussi qui a le plus gros travail sur le terrain, qui réussit le mieux ses dribbles, qui fait le plus de passes…ça permet de mettre en exergue des profils, ça m’aide beaucoup pour les avant-matchs.

Je prépare les news sur mon samedi, je regarde tous les matchs, j’écris, j’écris, j’écris. En fait, c’est un travail un peu en cascade et c’est aussi évidemment un travail d’équipe. J’ai une équipe qui me suit depuis des années, certaines personnes sont avec moi depuis près de vingt ans. Comme c’est un gros conducteur, j’écris tout, j’aime bien avoir un filet sur un drive, où tout le monde peut aller regarder sa partie. On essaie surtout de ne rien oublier, de ne pas faire d’erreur mais c’est vrai que sur un conducteur de six heures, c’est presque le plus difficile. La rigueur est donc très présente.

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Cela fait partie de la force des antennes du groupe, vous êtes accompagnée en plateaux de journalistes mais aussi de consultants de renom expérimentés et souvent jeunes retraités de leur sport…

C’est ma petite fierté…en toute pas humilité J J, j’ai le nez pour sentir les profils. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours fait de bons castings, dans toutes mes émissions. Le dernier en date est Damien Perquis qui se révèle être super bon, pour moi c’est vraiment très confortable de travailler avec lui. Il est très à l’aise sur les palettes notamment, un peu comme au foot, je lui fais des passes décisives et il met beaucoup de buts. Louisa Necib aussi, c’est un profil différent, c’est une ancienne numéro dix, elle « pue » le football, l’entendre parler foot est génial. On a aussi des nouveaux, qui viennent de la CAN, notamment Benjamin Monkandjo, il vit foot en permanence, c’est un puit de foot et c’est très appréciable.

Un consultant, pour moi, est celui qui va faire la force d’une émission. J’ai besoin de rester connectée à mes téléspectateurs, je veux que les personnes qui incarnent mon programme à l’antenne leur ressemblent. C’est très important, c’est comme cela que l’on s’attache aussi à une chaîne.

On peut d’ailleurs noter une chaleureuse ambiance dominicale entre vous tous…

Oui mais ça se fait un peu naturellement. Ma différence fait ma force, j’ai un côté un peu « normale », j’ai un peu de mal à rentrer dans un personnage et à être très propre à l’antenne. Du coup, on parle football et sport mais de façon normale, comme si on était à la maison, dans notre canapé, en train de discuter. Je sais qui nous regarde, je sais que les téléspectateurs sont en jogging donc on s’adapte. Pour moi, la simplicité est la base, le fond est très important mais la forme aussi, la forme doit surtout être au service du fond. Je veux donc que les téléspectateurs s’identifient à nous et qu’ils aient l’impression d’être un peu nos copains, c’est le cas je pense. 

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Justement, quels principaux retours pouvez-vous avoir sur ce programme ?

Je ne pense pas que les gens aient identifié finalement la marque « beIN Center », ce qu’ils ont identifié, c’est notre présence à nous pendant un long moment à l’antenne, depuis des années. C’est pour cela que je parlais de venir picorer finalement. « beIN Center » est juste un nom, je trouve qu’il est parfait justement, c’est un peu le centre de beIN SPORTS à ce moment-là. Les gens viennent, prennent ce qu’ils ont à prendre, vont voir un autre match, reviennent…

J’ai beaucoup de chance, les gens sont très gentils avec moi, ils sont bienveillants, je suis un peu « the girl next door », la bonne copine voire maintenant un peu la tata. On est regardés partout dans le monde, c’est cool. J’ai aussi, du coup, beaucoup de retours de l’étranger, via les réseaux sociaux notamment. Ce que j’aime bien, c’est que, maintenant, j’ai quand même de moins en moins de « retournes dans ta cuisine ». Même si j’aime bien répondre parce que ça me fait marrer.

Aujourd’hui, grâce à l’Euro et à la CAN, je suis validée, j’ai ma « football card », ça me fait plaisir, j’aime bien. Mêmes les joueurs parlent maintenant facilement avec moi de 4-4-2. J’aime les défis, j’ai fait ces deux compétitions sans doute aussi parce que j’avais des choses à prouver, à moi et à d’autres et je pense que j’ai réussi.

On sent en tout cas tout le plaisir que vous avez à faire tout ce que vous faites ….

J’ai le plaisir de pouvoir faire le métier de mes rêves. Je suis une passionnée de télévision, je suis une passionnée de sport, j’ai la chance que mes deux passions se soient croisées à un moment donné. Aujourd’hui, je vis ma meilleure vie, sincèrement. Alors ce n’est pas tous les jours facile, c’est un milieu qui est compliqué mais le prix à payer vaut cela. Parce que c’est trop bien. Ce n’est pas un travail, c’est une vie, c’est trop cool.

Parmi les autres évènements sur lesquels on avait pu vous retrouver à l’antenne récemment, il y a eu l’Euro et la CAN. Quels principaux souvenirs en gardez-vous ?

De la pression, beaucoup de stress, alors que je ne suis pas quelqu’un de stressée normalement. Surtout les débuts, les entrées en lice sont compliquées pour moi, j’ai une boule au ventre et je sais très bien que mon principal ennemi est moi-même. Pour éviter cela, je travaille beaucoup beaucoup beaucoup. Mais je suis fière du résultat.

Sur l’Euro, je suis contente, même si j’ai des mauvais souvenirs aussi…il m’arrive toujours des trucs…le match du Danemark, avec l’arrêt cardiaque d’Eriksen, est tombé sur moi. A ce moment-là, je me suis sentie à ma place, l’expérience des années d’avant m’a permis, je pense, d’avoir les bonnes réactions. Mais c’était assez traumatisant, sincèrement. Il y a tout qui se mélange, plein d’émotions et c’est difficile de vivre cela à l’antenne. Cela m’a particulièrement marquée.

La CAN était extraordinaire, c’est la première fois que j’incarnais un programme premium toute seule. J’avais une petite pression, j’ai fait tous les matchs mais bon, j’avais aussi envie de prouver. Franchement, j’ai passé de bons moments avec les consultants. Pour eux, c’était leur nation, il y avait donc ce côté émotionnel. J’étais triste avec eux, j’étais contente avec eux, oui c’était chouette ! J’ai eu beaucoup de retours dans la rue ou sur les réseaux. Avec la diffusion mondiale, j’en ai eu de partout, du Cameroun, de l’Algérie, de la Cote d’Ivoire, c’était assez incroyable.

 

@ PANORAMIC / beIN SPORTS

 

Du coup, quels sont les autres prochains grands évènements que vous attendez avec particulièrement d’impatience ?

Je ne sais pas si le mot est impatience parce qu’il y a, en même temps, un peu d’appréhension mais il y a le Mondial, évidemment. C’est un peu l’aboutissement. Il fait partie de mes objectifs finaux. J’ai passé les étapes avec l’Euro et la CAN, je vais essayer d’en profiter un maximum. Je vais essayer surtout d’assurer, de ne pas faire de bêtises, en plus ce sera au Qatar, je ne serai pas dans mon cocon, il va falloir que j’adapte ma façon de travailler à mon environnement. Mais oui, ça va être cool, je l’espère du moins !

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

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Berlin Berlin : Anne Charrier évoque sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Depuis janvier dernier, vous êtes à l’affiche, au théâtre Fontaine, de la pièce « Berlin Berlin ». Après la période compliquée que l’on a tous connue, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela a dû être de retrouver la scène et la proximité du public ?

Absolument ! C’est un projet que nous avions depuis deux ans, on l’a attendu, vraiment, on avait tous très envie de cette pièce. Il y avait aussi, effectivement, ces retrouvailles avec le public et le fait d’être sur scène…Le soir où on a retrouvé le visage des gens, lorsque les masques ont pu être enlevés, je vous assure, on avait une petite émotion…On a besoin de ça, l’humain, c’est ça aussi, c’est lire l’expression des gens, c’est lire quand ils sont heureux, quand ils ne le sont pas.

C’était très très important, après ces deux années. On a beaucoup de chance aussi que ce soit un succès, que le public soit revenu pour cette pièce. Ça reste très dur pour le théâtre en général et on est vraiment très heureux de se dire que les gens sont là. C’est vraiment la pièce en elle-même qui donne envie aux gens de venir, le nom aussi de Patrick Haudecoeur, son humour, son sens de la comédie. Mais c’est vrai que l’on est très heureux d’avoir fédéré un public très différent, c’est aussi bien pour les grands-parents que pour les petits enfants, le public est très familial, tout le monde peut venir voir « Berlin Berlin », c’est la grande qualité de la pièce.

Justement, en quelques mots, comment pitcher cette pièce ?

« Berlin Berlin », c’est l’histoire d’Emma et Ludwig, qui sont en couple, ils vivent en Allemagne de l’Est et souhaitent passer en Allemagne de l’Ouest. Emma trouve un passage par les caves qui leur permettra de passer sous le mur…mais ce passage est dans l’appartement d’un officier de la Stasi. Tout part de là, la comédie nait ici, les quiproquos aussi. L’agent de la Stasi va tomber amoureux d’elle, je ne peux pas vous en dire plus mais c’est très truculent !

 

 

Comment caractériseriez-vous votre personnage ?

C’est une femme très déterminée, assez désespérée aussi je crois, elle est prête à tout parce qu’elle n’en peut plus de cette vie-là. Elle est harassée par le système, elle n’y voit que de l’absurdité, elle n’a pas de conviction politique qui puisse lui faire accepter la situation. Donc elle est absolument déterminée et, en même temps, elle a peur, elle est terrifiée par ce dans quoi elle se lance, parce qu’elle sait aussi que si jamais ça échoue, c’est la mort ou la déportation.

Quels principaux retours vous font les spectateurs à la sortie du théâtre ?

Les gens qui n’aiment pas ne viennent pas nous dire qu’ils n’aiment pas, en revanche les gens qui aiment ont à cœur de nous le dire. Les spectateurs sortent en nous disant qu’ils ont « tellement ri qu’ils ont mal au ventre », qu’ils ont « ri tout le temps », qu’ils ont « hurlé de rire ». Je crois que c’est vrai, c’est ce que l’on entend dans la salle, c’est là la grande qualité du texte, c’est une farce politique, c’est un Vaudeville d’aventure, c’est complètement crétin au sens noble du terme, ce sont des personnages clownesques aussi.

Emma est une leader de l’action et elle est celle, je pense, à laquelle le public s’identifie le plus facilement. Elle est entourée d’une bande de chèvres incompétentes et très drolatiques.

Parmi les autres petites satisfactions, notons quatre nominations aux Molières. Cela doit sans doute faire plaisir à tout le monde ?

Bien sûr, on est très heureux de cela. Le succès, c’est la reconnaissance du public, les Molières, c’est la reconnaissance de nos pairs, c’est la reconnaissance de la profession, c’est la reconnaissance aussi d’un travail commun. Souvent, la comédie est dévalorisée, dans toutes les catégories, pas seulement au théâtre, aussi au cinéma parce qu’on a l’impression que c’est plus facile ou que ça traite de sujets moins forts. Mais la comédie est extrêmement difficile à faire, à réussir, ça demande une précision, un rythme, une concentration vraiment de tous les instants, on est beaucoup moins lâchés dans le jeu, c’est beaucoup moins confortable que même certains drames peuvent l’être. Là, quoi qu’il arrive, il y a des rendez-vous qui dépendent du rythme de la comédie et on le sait, si on les rate, il y a moins de rires.

 

 

Vous évoquiez tout le travail effectué. En amont, vous êtes-vous replongée dans le contexte historique de l’époque ?

Bien sûr, on a regardé, ne serait-ce que pour l’aspect graphique, des photos mais je ne peux pas vous dire qu’il y avait une identité très marquée de ces années. Parce que, finalement, même s’ils étaient coincés, ça s’était déjà un peu ouvert, les Allemands de l’Est arrivaient à avoir un jean par exemple. Ensuite, on s’est bien sûr plongés dans la vie de ces gens, j’ai rencontré une journaliste qui avait écrit sur l’Allemagne de l’Est et, surtout, notre auteur, Gérald Sibleyras a vécu cette période-là. Sa mère est allemande, elle est partie juste après la seconde guerre mondiale mais son frère est resté en Allemagne de l’Est. Donc les vacances familiales se passaient à Berlin-Est, ce qui fait que cette période est concrète pour lui. Les absurdités qu’il a mises en exergue dans la pièce sont réelles, elles naissent de quelque chose de véridique.

Vous serez, personnellement, sur scène jusqu’au 15 juin et la pièce, elle, continuera sur Paris. Que peut-on vous souhaiter pour vos dernières représentations ?

De l’énergie J… parce que c’est vrai que, là, au bout de cinq mois, on court un peu après. Toujours de la joie de retrouver mes camarades chaque soir et avoir la chance que le public soit là pour rire de nos bêtises.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Alors, il y a une sortie de film pour septembre, « L’astronaute » de Nicolas Giraud et je vais tourner pour la télé, prochainement, avec Isabelle Gélinas et Arthur Mazet, que je retrouve, avec qui j’ai fait « 36 15 Monique ». Enfin, on partira en tournée avec « Berlin Berlin » en janvier…

Merci, Anne, pour toutes vos réponses !

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Maud Buquet évoque son parcours mais aussi ses projets artistiques actuels !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Maud,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours. Si l’on en revient à l’origine de votre parcours, qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire de l’artistique votre quotidien ?

J’ai commencé toute petite, avec un tournage à l’âge de 9 ans, aux côtés de Jacques Baratier, un réalisateur, ami de la famille. Je pense que ça m’a marquée. Ma maitresse de CM1 m’a dit-je ne m’en rappelais pas- que petite, je parlais déjà d’être comédienne. Là où j’ai vraiment fait mon choix, c’est au moment où j’ai vu « Lawrence d’Arabie ». Ce film m’a marquée par sa puissance, son envergure, sa narration. J’aime beaucoup la dimension biographique et politique que peut avoir le cinéma, quand il apporte un éclairage, un regard sur le monde. Je me suis dit que c’était passionnant et que je voudrais y participer. Par la suite, j’ai oublié complètement cette envie, je l’ai mise de côté pendant des années et je me suis dit que j’allais travailler avec les animaux. Je voulais aider la terre. Arrivée au Bac, il s’est avéré que mon profil était beaucoup plus littéraire que scientifique, ça m’a orienté vers les langues, vers la Fac et c’est là qu’une amie m’a proposé de faire des essais pour l’école de Gérard Philippe. Je n’avais jamais pris de cours, ils demandaient deux ans d’expérience mais j’ai été prise quand même. J’ai fait une année avec eux avant de rejoindre l’école de Niels Arestrup. C’était une école éclectique, plein de gens du métier venaient y faire des stages, cela m’a ouvert sur l’international et sur plein d’horizons.

En sortant de l’école, je me suis retrouvée à une audition avec des anglais, pour un film sur Arte. Je n’avais pas fini l’école que je travaillais déjà. J’ai fait ce premier film et, juste après, j’ai eu vent d’un casting à Rome. Ils m’ont fait venir en me disant que le rôle me correspondait mais qu’il fallait que je parle italien et arabe, sous un mois. Je ne parlais ni l’un ni l’autre mais je leur ai dit « d’accord! ». J’ai bossé pendant un mois non-stop toute seule pour y parvenir… Ce premier rôle féminin a lancé ma carrière en Italie avant celle en France. J’ai eu un agent et ça s’est enchainé là-bas avec pas mal de rôles importants en télé et cinéma. J’ai partagé la tête d’affiche avec Alessandro Gassman sur une longue série télé. J’ai tourné mon dernier long métrage « Pizza e datteri » à Venise, dans lequel j’ai le rôle féminin principal. En France, j’ai travaillé aussi assez vite après l’école, j’ai fait l’un des premiers rôles de « Promenons-nous dans les bois », aux côté de François Berléand, un film qui a relancé le film de genre en France à l’époque. Après, j’ai fait beaucoup de télé et des rôles dans des longs métrages, comme « Agent Secret » où je jouais avec Vincent Cassel, ou le « Prix à payer » avec Christian Clavier. J’ai fait aussi un rôle principal dans un film américain qui m’a amenée à New York.

 

 

Au théâtre, j’ai été introduite dans une famille de comédie, j’ai fait pas mal de boulevards modernes, j’ai joué au théâtre Fontaine pendant un an, au Trévise aussi. Je pense qu’il y a eu un tournant dans ma vie à mes 30 ans, je voulais voir une ligne dans ce que je faisais. Cela m’a orientée vers aussi la mise en scène. J’ai commencé par une comédie satirique. Puis, pendant deux ans, j’ai fait une création autour d’un Best-seller, « Dialogues avec l’ange » (Gitta Mallasz), cela a été le démarrage de cette recherche un peu plus personnelle de questionnement et de sens. A la troisième création, j’ai collaboré avec des chanteurs de l’opéra de Paris.

Là, je viens de monter une comédie de Shakespeare, « Les Deux Gentilshommes de Vérone », au sein de la troupe de la Pépinière du Nouveau Monde, avec une quinzaine d’acteurs. Après avoir joué quelques dates à Paris, ce spectacle vient d’être programmé dans des théâtres prestigieux en 2023 : au grand Théâtre de la Garenne Colombes, pour le festival Shakespeare d’Avril à l’Auditorium de Vincennes et nous ferons même l’ouverture du Festival Shakespeare au Théâtre élisabéthain d’Hardelot, classé le plus beau théâtre en bois au monde!

 

 

La Pépinière est un collectif solidaire, un lieu de rassemblement et de création, c’était un besoin pour moi de le créer. C’est un lieu de mutualisation des savoirs entre cinquante artistes professionnels qui s’entraident, qui s’entrainent. On a une salle pour cela dans le centre de Paris. Chacun peut y créer des spectacles, c’est un peu de la co-production. On se donne le luxe du temps: on a créé le Shakespeare en deux ans!

On imagine que ces différentes cordes artistiques sont très complémentaires, artistiquement parlant ?

J’ai toujours eu le goût pour les groupes. Ce qui amène souvent l’excellence, c’est d’avoir le temps de faire des créations, de sortir des modes de production actuels qui sont très rapides et qui nous imposent aussi des choix artistiques que l’on n’a pas forcément envie de faire. Nous avons choisi ce terrain de jeu pour monter des œuvres qui ont plus de sens pour nous. J’ai créé la Pépinière au moment où j’avais besoin de retrouver de grands textes…pour me donner un nouveau souffle sans doute et une nouvelle stimulation. Je suis un peu comme la gardienne de ce groupe, mais on fonctionne de façon circulaire, collégiale, tout le monde est un peu leader dans ce groupe, chaque cercle collabore et on remet tout au centre. On est quatre metteurs en scènes dans la Pépinière qui œuvrent en ce moment. Pour ma part, j’ai plein de projets qui sont en train de se développer.

 

 

Je commence actuellement les auditions pour monter « Roméo et Juliette », en y mélangeant du chant. Je vais aussi monter une pièce sur Tchernobyl qu’une jeune auteure m’a proposé après avoir vu les « Deux Gentilshommes de Vérone ». C’est un très beau texte qui a reçu un prix à France Culture. Ce thème s’inscrit dans la droite lignée de la charte « Nature et culture » mise en place à la Pépinière. On est engagés dans la protection de la terre et on a décidé d’agir en créant un pacte avec la Nature : Pour une place achetée, un arbre est planté avec Reforest’Action. On a aussi des actions pour protéger les abeilles, les forêts, les coraux… Tout cela est important à mes yeux. Mais pour moi l’écologie passe aussi par les mots, la poésie et la beauté. Alors je crée des grands textes en troupe, tout en agissant pour l’environnement. J’ai réuni mes deux centres d’intérêts et j’accomplis mon rêve.

Merci, Maud, pour toutes vos réponses !

Pour plus d'informations : 

https://maud-buquet.webnode.fr

Publié dans Télévision, Théâtre

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Elena Lemercier évoque sa nouvelle pièce de théâtre, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Elena,

Quelle joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Le passage vers les étoiles, avec la pièce « Une variante russe ». Après la période que l’on a connue, ce doit sans doute être une vraie joie et un réel plaisir pour vous ?

Tout à fait ! Oui, oui, ça fait vraiment plaisir de retrouver la scène, surtout que je ne l’ai jamais vraiment connue en tant que comédienne, j’y ai souvent dansée. Donc ça me fait vraiment plaisir de découvrir cela, de l’apprécier et de pouvoir enfin m’exprimer après cette pause cause Covid. C’est une joie énorme de pouvoir s’exprimer, de pouvoir faire ressentir des choses au public et que ce dernier puisse aussi nous en faire ressentir. Quand tu joues et que tu entends sa réaction, c’est incroyable, c’est vraiment ce rendu-là que j’attendais, que j’ai et que j’apprécie.

Avec vos mots, comment pitcheriez-vous ce spectacle ?

Une arme de collection a été volée, « le diamant », le revolver le plus cher du monde. Un journaliste se retrouve bousculé dans ce monde de faux semblant où personne n’est ce qu’il prétend être. Entre mensonges, manipulations et amour naissant, ce thriller théâtral, est à la fois nouveau en son genre, original et totalement barré ! Pour en savoir plus, venez le découvrir directement !

 

 

Vous y interprétez deux personnages. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs principales caractéristiques ?

Le personnage important s’appelle Mona et ne comprend rien à ce qui se passe. C’est pour cela que, au début, je ne m’étais volontairement pas intéressée à l’histoire de la pièce. On lui donne des informations mais elle ne comprend rien. C’est une actrice internationale et j’ai choisi de l’interpréter superficielle. On serait dans un registre de cinéma, le texte se suffirait à lui-même pour montrer qu’elle est superficielle, au théâtre je trouve cela beaucoup plus marrant de montrer qu’elle l’est et le public réagit bien. Je trouve cela plus drôle et, même moi, ça m’amuse plus. Elle est contemporaine, est présente sur les réseaux, elle est, comme dit, superficielle mais cherche à défendre sa pureté de cœur.

L’autre personnage est Mylène, son mari travaillait pour la mafia, il était dans le blanchiment d’argent. Sauf qu’elle a subi un traumatisme qui fait qu’elle ne s’exprime plus qu’avec un jouet pour enfant. Donc ce personnage ne me demande pas de m’exprimer avec la voix mais avec le corps, sachant en plus qu’elle est censée être amorphe. Après, j’ai choisi de montrer quand même quelques réactions….

Les personnages sont totalement opposés, physiquement. L’une se tient droite, poitrine en avant tête haute, regard pétillant, et bouche en cul de poule, sans oublier qu’elle se touche tout le temps les cheveux et sa robe. C’est un personnage qui se veut complexé et qui donc en rajoute une tonne pour camoufler son manque de confiance en elle. L’autre a le dos courbé, tété en avant, bouche presque tout le temps ouverte, les yeux qui se ferment, regard éteint, elle marche avec une faible amplitude de hanche, elle fait donc de petit pas, elle titube aussi puisqu’elle est shooté aux médicaments, drogues et alcools en tout genre !

Du coup, à titre personnel, comment passez-vous facilement d’un personnage à l’autre ?

Tout acteur a sa propre façon de se mettre dans un personnage, il y en a qui vont écouter de la musique, il y en a qui vont penser à un animal ou à un objet. Je sais que j’aime jouer avec mon corps et je vais chercher le côté extérieur pour aller trouver le côté intérieur. Quand j’ai mon intérieur, ça se reflète dans mon extérieur. La concentration joue beaucoup aussi, il en faut énormément, sans oublier le travail en amont.

Sur le rôle principal, vous êtes en alternance une semaine sur deux, ce qui n’est pas le cas pour l’autre rôle. Selon le nombre de personnages à jouer, appréhendez-vous différemment les représentations ?

Au final, comme je fais Mylène tout le temps, je n’ai jamais eu à faire Mona sans avoir à préparer Mylène avant. Sachant que les deux sont séparées d’une scène seulement, me laissant peu de temps pour me changer. Je n’ai pas le temps de me reconcentrer dans mon personnage, je suis à peine habillée, coiffée, maquillée que je suis poussée sur scène. Ce qui est marrant aussi, c’est que ce personnage d’actrice a notamment un monologue, je dois donc faire encore un autre personnage, celui dans la peau duquel rentre cette actrice. Mais c’est très sympa à défendre. J’aime ce défi et le fait de m’amuser à trouver ces personnages, même sans préparation sur l’instant, sur le moment. Comme je le disais, c’est une préparation que j’ai faite depuis très longtemps, je sais ce que mes personnages ont en tête, ce qu’ils veulent et comment me reconcentrer là-dessus. Je m’arroche à des pensées et, du coup, le corps suit.

 

 

Neuf représentations sont attendues au total. Jusqu’à présent, quels sont les principaux retours du public à l’issue de la pièce ?

Les gens passent un très bon moment, les scènes comiques plaisent beaucoup, le public est très réceptif. Après, je vais en parler quand même car je trouve ça intéressant, le principal retour est que c’est bien, que l’on ne s’ennuie pas mais que les gens ne comprennent pas ce qui se passe. On a choisi de prendre cette critique négative et d’en faire quelque chose. Même si on avait déjà commencé les représentations, on s’est dit que l’on allait presque tout changer, afin que le public comprenne. On est restés positifs, on a refait les trois quarts pour que ce soit beaucoup plus lisible. On a choisi de réécrire, de réaménager les scènes, de changer l’ordre aussi et on hâte de voir ce que les gens vont en penser.

Que peut-on vous souhaiter alors pour la suite de cette aventure ?

Des retours positifs sur ces modifications mais pas uniquement, pour justement continuer à affiner. Au final, c’est bien d’avoir des retours constructifs, ça booste, c’est stimulant.

Merci, Elena, pour toutes vos réponses !

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Le rencard : Interview croisée avec Déborah Durand et Floriane Muller, deux des comédiennes de la pièce jouée à la Divine Comédie !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour Déborah, bonjour Floriane,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous, à quelques jours de la première !

A partir du 16 avril prochain, vous serez sur la scène de La Divine Comédie dans la pièce « Le rencard ! ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Floriane : Oui, oui, c’est motivant. Toi, Déborah, tu n’avais d’ailleurs pas quitté la scène ?

Déborah : Cela fait presque un an que je suis sur scène tout le temps, sur d’autres spectacles. Du coup, je n’ai pas cette fraicheur mais je l’ai eue au mois de juillet dernier. De retrouver le public était très très chouette et agréable. Là, on le retrouve sans masque aussi…

Floriane : C’est vrai que c’est énorme, tu vois les expressions…En plus, il y aura un peu d’interactivité avec le public, dans une salle où il est proche. C’est toujours porteur d’avoir, en plus du rire, le regard des gens. C’est différent de les voir sans leur masque, il y a alors un vrai échange. C’est un bonheur !

Déborah : Carrément ! Ça va être chouette !

Avec vos mots, comment décririez-vous ce spectacle ?

Floriane : Je dirais que c’est une comédie bon enfant, qui parle à tout le monde. Où il se passe beaucoup de choses, où il y a beaucoup d’actions. C’est une comédie de situation.

Déborah : C’est l’histoire d’un trentenaire célibataire, « célibatant » qui, d’un coup, se dit « bon, allez, ça suffit les plans cul, cette fois-ci je vais avoir une vraie histoire avec une fille ». Il sympathise sur un site avec le personnage de Floriane et, ce soir-là, c’est leur vraie rencontre. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui peuvent s’identifier à cela car il y a énormément de célibataires. J’avais lu un article qui disait qu’il y avait une recrudescence, qui ne s’est pas arrangée avec le Covid. Du coup, il y a plein de situations assez cocasses, de comiques de situation, où le rencard ne va pas du tout se passer comme il faudrait qu’il se passe. Ça va être une catastrophe pour lui mais ça va être très jubilatoire pour le public.

Floriane : Avec une petite surprise à la fin, que l’on ne dévoilera pas…où on parle d’un sujet de société qui est très intéressant…

 

 

Un mot, chacune, sur votre personnage peut-être ?

Floriane : Je dirais que Gladys est un personnage haut en couleurs, qui a envie de s’amuser, qui est fofolle, un peu dans son monde. C’est vraiment un personnage de comédie, elle a par moment un côté un peu romantique dans sa manière de voir l’amour.

Déborah : Gladys est le rencard de Léo, le personnage de Yoann. On peut imaginer, au début en tout cas, que ça peut se concrétiser de manière très chouette et puis, bon, arrivera ce qui va arriver…Elle est très glamour, elle a le sens de l’humour et elle adore chanter.

Me concernant, Ketty est gogo danseuse, pour mettre un peu de beurre dans les épinards. A la base, elle est assistante médicale mais on ne s’en rend compte qu’après. Elle est très très motivée, quand elle vient faire des lap dance, ça ne rigole pasJ. Un peu folle-dingue avec, aussi, un gros caractère. Elle rentre un peu en fight avec Gladys…

Floriane : Ce qui est bien, c’est que ce sont quatre personnages typiquement de comédie. Donc ça permet d’avoir un spectacle vraiment enlevé. On vient pour rire, c’est ce que les gens vont trouver, il y a beaucoup d’actions, de rire, de folie, de légèreté.

Déborah : Beaucoup de rebondissements aussi du fait que l’on soit quatre. Plus il y a de personnages, plus il y a de possibilités de conneries, on ne va pas se mentir.

Avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour leur interprétation ?

Floriane : Je dirais que c’est comme pour n’importe quel personnage que l’on travaille, évidemment on pense à des gens que l’on connait dans la vie ou même à des personnages que l’on a pu voir dans d’autres films. Forcément, ça nous vient pour alimenter notre personnage.

Déborah : Comme il y a un côté danse, j’essaie de tenir un corporel qui corresponde au personnage. Je m’amuse sur cela, moi qui, dans la vie, suis assez masculine et garçon manqué. Comme elle a un côté danseuse un peu sexy, je travaille ce côté tigresse.

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent actuellement en vous ?

Floriane : On l’a déjà jouée une fois, ça s’est très bien passé. Pour moi, ce n’est pas parce que l’on est maintenant sur Paris que j’ai un stress supplémentaire. Je stresse une heure avant, pas des jours avant, sinon ce serait trop fatiguantJ. Je suis plus dans la recherche du personnage, dans l’envie de m’amuser avec mes copains de jeu, dans l’envie de trouver des choses, de créer vraiment mon personnage, de l’approfondir pour m’amuser aussi sur scène avec le public.

Déborah : Pareil ! On l’a déjà jouée une fois donc on sait que ça fonctionne quand même pas mal, même très très bien. Après, c’est le public parisien donc c’est encore autre chose. Je stresse plus sur l’aspect « on est à Paris, il y a beaucoup de concurrence, il faut qu’on ait du monde, c’est difficile ». Je joue déjà dans d’autres spectacles donc je sais que ce n’est pas si simple mais j’ai très très envie de m’amuser dans une nouvelle configuration. On va surprendre, on va se marrer avec les gens, c’est ce qui est chouette, on est là pour ça.

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle aventure ?

Floriane : Du monde, pour qu’elle puisse durer le plus longtemps possible ! Je crois que les gens ont envie de partager des moments sympas, des moments de communion, que ce soit à travers une pièce de théâtre ou autre. J’ai envie de partager une heure vingt de rire, de bonne humeur, pour que l’on s’éclate, pour que le public s’amuse et qu’il reparte content. J’ai envie que l’on se nourrisse tous de choses positives et belles.

Déborah : Que l’on ait du monde, du monde, du monde, que les gens se marrent avec nous.

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

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Un Si Grand Soleil : Tonya Kinzinger évoque Janet, son personnage dans la série à succès de France 2 et en profite pour nous présenter sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Tonya,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver régulièrement dans la série quotidienne à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil ». On imagine le plaisir et la joie que ce doit être de faire partie de cette belle famille artistique ?

Oui, bien sûr, c’est un plaisir ! Surtout que j’avais connu auparavant plein de ces personnes qui font partie de cette famille-là, je les retrouve de « Sous le soleil ».

Le tout dans un cadre de tournage particulièrement agréable, tant la région que les studios de Vendargues….

C’est vrai, je n’avais jamais vraiment travaillé en studio. D’ailleurs, quand j’ai commencé sur la série, mon hôpital n’était pas un studio, il a été construit en décembre 2020. Je découvre les plaisirs de travailler dans ce confort d’un studio d’intérieur, vraiment il est très très beau.

C’est confortable et je ne connaissais pas cela dans tout ce que j’ai fait avant, que ce soient les films ou les séries, qui ont toujours été en extérieur.

 

 

Vous y interprétez le rôle du docteur Janet Lewis, chef de service à l’hôpital. Avec le recul, comment la décririez-vous ?

Janet est une femme extrêmement professionnelle, qui est vraiment passionnée par son travail. Elle était, au départ, surtout intéressée par le côté médical, ce n’est pas quelqu’un qui facilement peut se livrer aux autres au niveau de son empathie, elle en a bien entendu mais elle fait ce métier avant tout pour aider les autres, elle n’a pas cette naturelle empathie.

On l’a découverte un peu dure, sur son côté professionnel et on a vu ses failles à l’arrivée de sa fille. Avec la prise en otage et le retour de sa fille sur le fait que ça n’a pas été une bonne mère, on comprend qu’elle n’a pas fait ce qu’il fallait en tant que maman, elle a choisi sa carrière plutôt que de se battre pour sa fille parce qu’elle pensait qu’elle allait perdre. Quand sa fille arrive, on voit les profondeurs émotionnelles de Janet et avec la rencontre en même temps du commissaire Becker, on découvre cette part de fragilité qu’elle laisse très peu percevoir.

Maintenant, dans son travail, on se rend compte qu’elle se bat comme une lionne pour son service, que ce soient pour les aides soignantes ou pour les infirmières, contre la direction qui lui impose certaines choses financières. Elle est vraiment là pour se battre pour son équipe, même si eux ne se rendent pas compte à quel point elle se bat car elle n’est pas quelqu’un qui va se vanter. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’humanité, qui n’est pas forcément visible au premier abord, elle qui ne s’ouvre pas à tout le monde.

La fidélité des téléspectateurs ne se dément pas depuis toutes ces années. Justement, quels principaux retours peuvent-ils vous faire sur la série et sur votre personnage ?

C’est marrant, justement au tout début, les gens qui me connaissaient et qui ne m’avaient pas vu depuis 10 ans à l’écran, en dehors de « Danse avec les stars », étaient restés sur le personnage de Jessica, quelqu’un d’extrêmement ouverte, la bonne amie de tout le monde. Quand je suis arrivée dans la série avec Janet, les gens me trouvaient très très dure, très fermée, ce n’était pas du tout le même personnage. Alors qu’ils étaient habitués à me voir depuis 20 ans à l’écran dans un autre rôle, il fallait qu’ils s’y habituent. Le producteur, Thomas, m’avait expliqué qu’ils allaient me faire venir petit à petit, dans ma profession, sans me voir dans ma vie personnelle de suite. Ils voulaient m’installer petit à petit pour que, justement, les gens s’habituent à me voir différemment. C’était une stratégie en fait, qui a bien fonctionné. Au bout de 6 mois, ils ont ouvert le personnage au travers d’une partie personnelle via sa fille et Becker. Là, voilà, ça s’ouvre de plus en plus. Et encore, il y a énormément de choses à découvrir sur ce personnage, elle n’a pas encore une amie, on ne la voit jamais se confier à qui que ce soit, sauf à son mari. On voit des moments très tendres et très doux entre eux deux mais c’est tout. Pour l’instant, cette femme est encore pleine de mystères.

 

 

Le rythme de tournage d’une quotidienne, on le sait, est soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail ?

J’ai toujours la même méthode de travail, j’ai besoin d’avoir mes textes en avance, de les travailler bien avant pour pouvoir m’en libérer avant d’arriver sur le plateau. J’ai ce challenge en plus de la langue, ce n’est pas ma langue maternelle. Un défi de plus est lié aux termes médicaux de chaque service, il y a des mots que je ne connaissais même pas, je fais des recherches sur internet, par moment je suis obligée d’appeler des amis médecins pour savoir même comment prononcer certains mots. Donc c’est super parce que ça ouvre mon vocabulaire, même si ce sont peut-être des choses que je ne vais jamais utiliser dans la vie courante. Mais j’aime beaucoup apprendre, je suis friande de cela. Voilà, j’aime bien me débarrasser des textes, même s’il y a des modifications après, ce n’est pas grave, il faut que je puisse arriver sur le plateau et être ouverte à tout suggestion du réalisateur et travailler main dans la main avec lui.

Avez-vous ou avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour l’interprétation de votre personnage ?

Je puise dans plusieurs choses de ma vie personnelle, j’ai passé du temps dans le milieu hospitalier, j’ai vu comment les gens travaillaient. J’ai des gens proches qui travaillent également dans ce milieu donc je me renseigne beaucoup par rapport à la réalité des choses, dont j’essaie de m’approcher le plus possible. Je suis même allée à l’hôpital pour suivre les chefs de service, afin de voir comment ils travaillent. Quand on a des scènes où on doit manipuler des machines, où on doit faire des actions pour que ce soit le plus réaliste possible, par exemple quand j’utilise un défibrillateur, je travaille pendant près d’une heure avec un médecin pour que le protocole soit légitime. Je pense que c’est peut-être cela qui aide cette série à dénoter de certaines autres, on a les moyens pour être les plus réalistes possibles dans ce que l’on est en train de faire.

 

 

En complément, vous êtes actuellement sur scène, à l’Alhambra, dans la pièce « Promesses de campagne ». Cette autre aventure artistique doit être certes différente mais sans doute complémentaire de la série ?

C’est génial parce que, oui, c’est complètement différent. Le plateau est un confort même si, toutes les deux semaines, il y a des rotations d’équipes et de réalisateurs. C’est quand même un confort, on y va comme chez nous, on connait la plupart des gens, on est en studio, on connait notre entourage et on travaille main dans la main avec le réalisateur. Quand on est sur scène, c’est différent tous les soirs. Tous les soirs, le public change donc toute l’énergie change. Tous les soirs, j’ai le trac avant de monter sur scène. Il y a cette excitation justement de l’inconnu, de ne pas savoir comment ça va se passer. Sur scène, on se met à nu, on se met en danger, on est là les uns pour les autres, pour s’entraider, il y a une énergie totalement différente et c’est très complémentaire. Pouvoir toucher aux deux est une bonne chose, le théâtre nous sort de notre zone de confort et ça nous propulse devant le public, en live, avec une réaction immédiate. On ressent cette énergie de suite et on voit si ça marche ou pas, c’est vraiment intéressant comme travail, j’aime beaucoup. Je ne peux vraiment pas faire de comparaison entre les deux, c’est vraiment différent, ça ne se compare pas en fait mais c’est complémentaire !

Un mot sur le pitch et sur votre personnage ?

Je suis la femme du premier ministre, c’est bien entendu une comédie. On part le week-end dans notre maison de campagne, on est censés se reposer pendant deux jours sans recevoir personne. Mais, en fait, il y a un député qui arrive avec une proposition indécente et des papiers compromettants contre mon mari. Donc tout part en vrille et c’est là où on se demande si des hommes politiques, avec leur pouvoir, avec leur stature, peuvent vraiment rester honnêtes. A un moment donné, est-ce que chacun n’en sait pas un peu trop sur la vie de l’autre ? Surtout quand on tente avec la puissance et le pouvoir de marchander certaines choses ? Voilà, c’est une comédie où beaucoup d’actualités sont injectées dans le spectacle chaque semaine. C’est vraiment pour se détendre et se décontracter, afin de passer un bon moment. On va partir en tournée mais on n’a pas encore les dates, ce sera pour la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Merci, Tonya, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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