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Koh Lanta : Claudia se remémore son aventure aux Fidji !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Claudia,

Merci de nous accorder un peu de votre temps.

On a pu voir, lors du premier épisode de cette nouvelle saison de « Koh Lanta », que vous avez malheureusement dû abandonner, pour raisons médicales, dès le deuxième jour. Déjà, très simplement, comment avez-vous vécu la diffusion des images ?

Forcément, c’est toujours un moment un peu émouvant. Parce que ça reste un échec personnel pour moi. J’ai énormément aimé participer à cette aventure et j’aurais adoré que ça aille le plus loin possible pour moi. J’avais imaginé tous les scénarios, de remporter la victoire, peut-être de me faire éliminer par mes camarades mais certainement pas celui-ci. Bien sûr, ce fut un peu émouvant de revoir ces images-là mais elles étaient très plaisantes quand même car c’est une aventure exceptionnelle. Même si je n’ai fait que deux jours, j’ai pu en avoir un aperçu.

C’est une belle aventure que j’aurais aimé vivre plus en profondeur, malheureusement elle s’est arrêtée pour moi très brusquement et très rapidement.

Sur place, quels sentiments ont prédominé au moment de l’annonce de Denis de votre abandon? La déception on imagine ?

Je suis quelqu’un de très fière, donc, sur le moment, j’ai essayé de retenir un peu mes larmes et de ne pas m’effondrer devant mes camarades. J’ai essayé de garder un peu de dignité, même si, intérieurement, je me suis écroulée parce que c’est un échec personnel.

Ce n’est pas un échec en soi, j’y ai participé à cette aventure, j’ai été sélectionnée parmi les milliers de personnes qui candidatent et j’ai réussi à arriver jusque là-bas. Personnellement, ce n’était pas mon premier voyage, j’ai toujours eu une date de début et une date de fin. En l’occurrence, j’espérais que cette dernière soit le plus tard possible et pas aussi tôt, et encore moins pour ces raisons-là.

Quelques mois après, avez-vous pu digérer ce départ précipité ?

Digérer, oui, je suis passée à autre chose. Bien sûr, il reste un sentiment d’amertume et d’inachevé que j’espère pouvoir combler dans une prochaine aventure, si j’en ai l’occasion. Donc, oui, ça reste là, maintenant c’est digéré mais il y aura toujours ce petit vide que j’espère remplir avec une prochaine aventure. J’ai toujours un pied en France, un pied à l’extérieur, donc je compte bien repartir de plus belle. Si ce n’est pas avec « Koh Lanta », ce sera moi seule dans mes voyages, comme je l’ai toujours fait. Je pense repartir prochainement donc ça me permettra d’un peu compenser.

Les premières heures de l’aventure ont été riches en émotion pour tous les candidats. Quels principaux souvenirs en gardez-vous ?

Des belles rencontres, de tous les candidats en général. Notamment sur le bateau, où on a tous fait connaissance les uns avec les autres. On était des aventuriers dans la même mouvance, avec les mêmes objectifs et dans le même bateau, au sens propre comme au sens figuré. Du coup, cela nous a permis tous de créer une certaine cohésion dès le départ. C’est pour cela que je n’ai pas du tout appréhendé mon équipe par la suite et que je me suis très bien entendue d’ailleurs avec mes camarades. Notamment avec Joseph ou encore Folien, avec qui j’avais plus d’affinités sur l’ile.

 

 

Quel regard portez-vous sur les premiers moments passés sur le camp rouge ?

Au niveau de l’équipe rouge, je trouve que nous étions très polyvalents. Nous avions plein de profils très différents, très éclectiques. Le stratège qui était plutôt Ahmad, de gros physiques comme Folien et Joseph, aussi des femmes de caractère comme Delphine et Charlotte. On était vraiment une équipe très diversifiée, on arrivait à avoir de la cohésion tous ensemble et à faire un joli melting-pot. Il y avait ainsi plein de personnes aux traits de caractères différents et aux qualités différentes, humainement et physiquement. Donc c’était une belle équipe.

Après, j’avais plus d’affinités avec certains, comme Joseph et Folien. Le premier pour son côté un peu baroudeur et le deuxième pour son côté très solaire. Je n’ai pas forcément eu le temps de découvrir tout le monde en deux jours, je n’ai pas eu le temps d’approfondir avec chacun.

Les images vous ont montrée plutôt à l’aise dans la vie de camp. On image que votre personnalité et vos nombreux voyages n’y sont pas étrangers ?

Tout à fait. Je suis partie, à mes 18 ans, traverser les Indes en solitaire pendant pratiquement 4 mois. Donc j’ai l’habitude de me retrouver dans des situations qui me sortent de ma zone de confort, plutôt périlleuses quelques fois, voire dangereuses. Je m’adapte facilement et je suis très intuitive, donc c’est vrai que c’est moi qui ai engendré le dialogue pour créer une bonne base à la cabane. Après, on en a tous discuté pour pouvoir la peaufiner et pour que chacun apporte sa pierre à l’édifice. Mais, oui, j’ai eu tendance à prendre en main les choses rapidement et à aller vers les autres facilement, de par les rencontres que j’ai l’habitude de faire quand je voyage.

Justement, est-ce que ce sont ces voyages-ci et ces rencontres-là, que vous venez d’évoquer, qui vous ont poussée à candidater ?

Oui parce que j’ai voyagé pendant deux ans, avant, par la suite, de reprendre mes études supérieures. En me disant que toutes les bonnes choses ont une fin et qu’il serait peut-être temps de retourner sur les bancs de l’école avant que je n’ai trop de retard. Ca faisait un an que j’étais en études supérieures et c’est vrai que, quand on prend gout aux voyages, c’est un peu comme une drogue. Je ne bois pas, je ne fume pas, il faut bien que j’ai des travers et les voyages en font partis. Donc j’avais décidé de repartir.

En voyant l’appel à candidatures pour « Koh Lanta », je m’étais dit « pourquoi pas moi ? ». J’ai bien fait parce que j’ai été prise et je ne regrette pas, même maintenant avec ce qui s’est passé. Je me dis que ce n’est que partie remise, que ce n’était peut-être pas mon moment. Je prends les choses avec beaucoup de philosophie. Je suis partie pour mieux revenir.

Même si c’est sans doute encore tôt pour le dire, voyez-vous certaines personnalités ressortir davantage et montrer leurs capacités à aller loin dans le jeu ?

Dans mon équipe, je n’ai malheureusement pas pu connaitre Marie sur le tournage. Pour ceux qui étaient avec moi, Folien ressortait énormément. J’adorais Joseph mais c’est quelqu’un à qui il faut du temps pour qu’on l’apprivoise. Je pense qu’il ne l’a pas forcément eu sur « Koh Lanta », bien que ce soit une très belle personne. Folien a des qualités physiques et humaines, tout en allant beaucoup plus facilement vers les autres. C’est quelqu’un de bien, profondément, et ça se ressent.

Dans l’équipe jaune, la personne qui, selon moi, ressortait le plus était Naoil, une femme très forte et déterminée. On avait vu tout de suite, dès le bateau, qu’elle était droite dans ses bottes.

Ce fut un plaisir, Claudia, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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beIN SPORTS : Interview croisée avec Charlotte Gabas et Frédéric Viard, qui commentent le tennis !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : PANORAMIC

 

 

Crédits photo : PANORAMIC

 

Bonjour Charlotte, bonjour Frédéric,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

 

On peut vous retrouver aux commentaires des principaux évènements tennistiques diffusés sur les antennes de beIN SPORTS. Très simplement, pour commencer, d’où vous vient cette passion pour la petite balle jaune ?

Charlotte : J’ai commencé le tennis à l’âge de 5 ans, dans un petit club à côté de Tarbes, dans le sud. Initiée par mon frère qui a 5 ans de plus, comme je voulais tout faire comme lui, j’ai suivi ses pas. On a baigné là-dedans tout au long de notre enfance et de notre adolescence. J’ai joué sérieusement jusqu’à mes 18 ans, j’ai fait notamment les championnats départementaux et régionaux, je suis même montée 15. En parallèle, je faisais beaucoup de violon, je ne me suis pas consacrée qu’au tennis.

Mon frère est devenu ensuite arbitre international, j’ai voulu faire comme lui et je suis devenue juge de ligne et arbitre régional. Même si je n’ai pas continué sur ma lancée, c’est vrai que c’est le sport que je connais le mieux et dans lequel j’ai baigné toute mon enfance.

Frédéric : J’ai découvert le tennis tard, quand mes parents ont déménagé à Mennecy, en Essonne. J’avais alors 9 ans, c’était la première fois que j’allais sur des courts de tennis. Je n’ai jamais fait de compétition, j’ai toujours pratiqué cela en loisirs. J’aime cela, tout simplement et quand j’ai eu l’opportunité de le commenter en arrivant à Eurosport, je me suis jeté dessus. Depuis, c’est mon quotidien.

Est-ce que le tennis était une vocation ? Non, le sport était une vocation. J’ai pratiqué en compétition le foot, le rugby, le tennis de table mais pas le tennis. Depuis mes débuts à l’antenne, j’ai commenté un paquet de rencontres, je pense que Charlotte, petite, a dû m’entendre.

Charlotte : Oui, justement, c’était une de mes références. D’ailleurs, je te l’avais dit quand on s’était rencontré au Mans, tu travaillais pour Canal + et moi pour beIN SPORTS. Je m’en souviens très bien, je m’étais alors dit que je touchais du doigt la référenceJ.

Frédéric : Tu t’étais surtout dit : « ce n’est pas une légende, il est chauveJ ».

Charlotte : Je l’écoutais, c’est vrai, tout comme Agathe Roussel car, forcément, je m’identifiais à une femme. Sans oublier naturellement Nelson Monfort. Je l’avais d’ailleurs rencontré au Future de Bagnères-de-Bigorre, j’avais échangé avec lui étant toute jeune en lui disant que je voulais faire ce qu’il faisait déjà.

A la base, je voulais être journaliste, j’ai fait des études de cinéma aussi, je me voyais même critique donc c’étaient plus l’écriture et l’image qui m’intéressaient. Quand je suis arrivée à beIN SPORTS et que nous avons eu les droits du tennis, je me suis positionnée, j’ai sauté dessus même. Je suis rentrée dans le bureau de Florent Houzot en ce sens parce que, à la base, je n’étais pas forcément prévue dans le dispositif. Il a été gentil avec moi et a accepté.

Frédéric : Pour ma part, j’ai croisé Hervé Duthu, j’ai eu beaucoup de chance. C’est un vieux papy, je le dis avec beaucoup de respect, c’est lui qui a commenté la finale de Roland-Garros de Yannick Noah. J’avais 14 ans cette année-là, j’étais dingue de Noah donc la voix d’Hervé me parlait. Quand je suis arrivé à Eurosport, assez rapidement il y a eu assez rapidement une fusion avec TV Sport, où commentait Hervé Duthu. Donc je me suis retrouvé à côté de ce dernier et, un jour, il y avait besoin de remplacer en cabine le journaliste parti commenter le tournoi d’Estoril car la liaison ne marchait pas. Je me suis porté candidat, je l’ai fait, ça a plu à Hervé, qui m’a « cornaqué » et qui m’a dit de continuer les commentaires.

C’est fantastique d’avoir un gars comme ça, qui a tout connu, qui était revenu de tout, mais sans être aigri, sans vouloir non plus tout croquer ni tout manger. Accompagner un petit jeune et savoir lui taper dessus quand il commence à prendre feu, c’est très bien. J’ai eu cette chance là. Chaque fois que je le revois, c’est avec beaucoup d’émotions. Je n’ai pas pris sa suite car on ne prend la suite d’Hervé Duthu comme ça mais c’est bien d’avoir été accompagné. Maintenant, je me retrouve avec des jeunots et c’est moi qui ai l’image du papy.

On évoquait les commentaires des matchs de tennis. A titre personnel, avez-vous une méthodologie particulière de préparation, en amont des rencontres ?

Charlotte : Oui, forcément, on ne vient pas sans avoir rien lu ni préparé. En général, je prépare des fiches sur les joueurs et les joueuses tout au long de l’année, je les remplis en fonction de leur actualité. Spécifiquement sur un tournoi, je vais m’intéresser à ce qui se passe dans la ville, à l’histoire du tournoi, au palmarès. Par rapport au programme qui va nous être proposé dans la journée, on connait à peu près tous les joueurs et toutes les joueuses, sinon ce serait quand même problématique. Je me base sur mes fiches, je les remets à jour et, surtout, je fais pas mal de veille, au jour le jour. J’ai mes sites favoris pour cela, je note mes dernières infos pour pouvoir les distiller au gré du commentaire. Et puis je prends beaucoup exemple sur Frédéric Viard…

Frédéric : Ah bon, tu bois de la bière avant les matchs J ?

Charlotte : Non, mais je t’observe, en silence, quand nous sommes sur les déplacements et que je te vois préparer religieusement tes matchs sur ton petit cahier. C’est vrai que c’est intéressant de comparer les méthodologies. Je suis plus sur l’ordi, tu es encore au cahier et au stylo.

Frédéric : Je prends mes infos sur l’ordi mais je prépare sur mon cahier. Je fais pareil sur le rugby. Ecrire me met en tête. Je m’aperçois que je ne regarde quasiment jamais la fiche mais l’avoir faite m’a mis en mémoire les infos.

Hormis pour une finale de Grand Chelem ou de Masters, où nous avons le temps car il n’y a qu’un seul match dans la journée, où il y a une vraie spécificité et où il y a un vrai travail sur cahier, il n’y a pas une préparation pour un match en particulier, c’est une préparation de tous les jours en fait. Notre job est de prendre les infos au quotidien, de lire « L’Equipe » chaque matin, d’aller sur les sites spécialisés. Car on se nourrit de cela et ce sont ces éléments qui vont venir dans le commentaire. Après, notre rôle est aussi de raconter le match, pas forcément de donner 150 000 infos autour de la rencontre mais de donner la bonne info intéressante au bon moment dans le match.

Si une fille se retrouve à couler alors qu’elle mène 6-1 / 5-1, ça ne va pas être très intéressant pour moi de dire qu’elle a fait troisième tour au tournoi précédent mais peut-être de dire que, il y a 6 mois déjà, dans cette situation, elle avait eu une sortie de match terrible. Récemment, j’ai commenté Kiki Bertens en Fed Cup, où elle avait pleuré après avoir remporté le premier point car elle avait cru perdre le match, où aussi elle avait pleuré après le double parce que son équipe était éliminée. Lorsque, quelques jours après, je l’ai commentée pour sa première rencontre depuis ce moment-là, il aurait été dommage de ne pas avoir le petit background de ce qui s’était passé en Fed Cup. On n’aborde pas alors ce genre de matchs de la même manière.

Charlotte : Pour rebondir sur tout cela, c’est vrai que ce travail que l’on fait au quotidien n’est presque pas du travail, c’est juste la logique et le minimum que l’on doit faire. C’est limite un réflexe, le matin, de regarder les infos sportives.

Frédéric : On est comme des athlètes de haut niveau, on est obligé de s’entrainer tous les jours. Sinon, ça va se voir. On a « un peu de chance » car, sur le tennis, on fait tellement de commentaires que l’on peut passer à côté sans que ça se voit trop. A l’inverse, quelqu’un qui commente un match de Ligue des Champions par semaine sera davantage scruté. D’autant plus que, maintenant, les gens qui nous écoutent sont super pointus. Ils ont quand même une masse de connaissances à disposition qui est conséquente.

On a le hashtag  #TennisExtra sur lequel on pousse les gens à s’exprimer en direct, les téléspectateurs nous corrigent de suite si on dit une bêtise. Il y a peu, j’ai fait un lapsus sur la victoire de Kristina Mladenovic à Saint-Pétersbourg, j’ai dit 2016 alors que c’était 2017 et 10 secondes après les premières réactions sont tombées. Ça nous aide aussi.

On a évoqué l’avant antenne. Au moment du direct, avez-vous des petites astuces et préférences personnelles ? Aimez-vous, par exemple, laisser l’action se dérouler pour la commenter ensuite ? A l’inverse, vous plait-il d’intervenir pendant l’échange ?

Charlotte : La règle enseignée par Frédéric Viard qui, clairement, m’a lancée aux commentaires, est de ne pas parler pendant l’échange. De mon expérience de téléspectatrice, j’aime bien effectivement que ce soit le cas. L’important est de commenter ce qui se passe, de commenter l’action, de commenter la fin d’un beau point. On la décrypte alors avant l’échange suivant. C’est encore mieux quand il y a un consultant qui nous explique techniquement et stratégiquement ce qui est en train de se passer.

C’est vrai que je suis plus à l’anglo-saxonne, avec des moments de silence où je préfère voir ce qui se passe, pour ensuite distiller des infos entre les points.

Frédéric : Je crois que les gens n’aiment pas trop que l’on parle pendant les échanges. Si on est trop bavard, ils viennent nous le dire. Après, ça dépend aussi des matchs. Parfois, certains sont pénibles, il ne se passe absolument rien. On est obligé alors de sortir un peu de la rencontre et de raconter autre chose. Dans ce cas, c’est aussi notre rôle de maintenir l’éveil. Généralement, j’essaie quand même de ne pas trop parler pendant l’échange mais ça dépend aussi si on est seul ou deux.

Charlotte : Quand on est deux, c’est vrai que l’on va peut-être un peu plus parler pendant l’échange. Il y a, du coup, une humeur qui se met en place. On peut alors plus développer certains sujets. Evidemment, on ne va pas parler pendant des points très importants ou des moments clés d’un match.

Frédéric : Le commentaire, c’est un peu comme le rythme du match. Il y a des moments où l’on peut échanger et des moments où l’on ne peut pas. Charlotte faisait référence aux commentaires à l’anglo-saxonne, on a nous aussi notre style et les Italiens, par exemple, sont encore différents. Je me souviens d’un Murray-Wawrinka, à Wimbledon, match qui se joue le soir, peu de temps après l’installation du toit, mais que je ne commentais pas et que j’avais pu suivre sur la BBC. Au tie-break du 4ème set, des moments de dingue s’enchaînent et pendant 4 à 5 points, il n’y a pas de commentaires. Je pensais même m’être trompé et avoir activé l’option sans commentaires mais non, pas du tout. D’un coup, j’ai entendu un « Oh lovely shot ». Alors que j’aurais été debout sur la table si j’avais été aux commentaires. Donc on a vraiment des styles différents. Je crois d’ailleurs que c’est important que l’on ait chacun le nôtre et que l’on n’essaie pas de s’uniformiser. Je trouve que c’est important pour les gens qui nous écoutent d’entendre des façons de faire différentes. Notre façon de vivre le match est aussi notre manière d’être dans la vie. Donc je me laisse porter généralement par le rythme.

Charlotte : Moi aussi, je me laisse pas mal porter. De toute façon, ce n’est pas bien compliqué.

Frédéric : Il y a des jours où l’on est en forme et il peut y avoir des jours où l’on est fatigué, où l’on ne dit pas grand-chose, il y a des jours où, moi surtout, je raconte des « saucisses » tout le temps. Le tennis est quand même, avec le golf, le seul sport où l’on peut être à l’antenne 5 heures d’affilée. On passe alors par tous les états d’âme. Je ne crois pas qu’il y ait une ligne directrice possible, mais ça n’engage que moi.

Charlotte : J’ai passé 7 heures d’affilée récemment aux commentaires, de nuit, sur USA-Lettonie en Fed Cup. Les Américaines menaient 2-0, j’y étais allée en me disant que ce ne serait peut-être que pour un match mais j’ai fini à 8 heures du matin, sur le double décisif. J’ai dû prendre un petit café avant cette rencontre car je me doutais qu’il y aurait du suspense, je me devais donc d’être au rendez-vous, à l’heure où les gens se réveillent. Avec, du coup, potentiellement plus de monde devant sa télé. C’est vrai que j’étais un peu dans le dur.

Frédéric : C’est ce qui est difficile dans les commentaires de nuit. A 7 heures du matin, on est au fond de la marmite mais c’est l’heure à laquelle les gens se réveillent.

Charlotte : Il ne faut pas les oublier mais j’avais des bonbons sur mon bureau pour tenir.

Frédéric : Avec Hervé Duthu, nous faisions l’Open d’Australie sur Eurosport. Lui était sur place et je faisais les plateaux à Paris. A 1 heure du matin, on est pleine bourre, à 4 heures on fait des séances de tirs au but dans le couloir, à 6 heures on est décalqués et à 7 heures les gens allument leur télé. Sur le plateau, on a des cernes plein le visage, on a qu’une seule envie, celle de rentrer chez soi. J’avais pris un tir via Melbourne d’Hervé qui m’avait demandé de faire quelque chose – de prendre une douche, de me mettre des claques,… – parce que, si à 7 heures les gens voient un commentateur endormi, ils n’ont pas envie de regarder et vont se recoucher. C’était vrai mais la solution était en fait qu’un autre commentateur prenne le relais à 5 heures.

 

Crédits photo : PANORAMIC

 

Toujours en lien avec vos commentaires, quelles différences ressentez-vous lorsque vous êtes sur l’évènement, comparativement aux cabines ?

Charlotte : Ça n’a rien à voir. Rien que dans l’appréhension de l’évènement, on a plein de petites infos en discutant avec les gens. On aime bien arriver au stade un peu tôt avec Fred. Je prends l’exemple de Doha, quand on est tous les deux et que l’on couvre toute la semaine, il nous plait de discuter avec le directeur du tournoi, avec un coach, avec le père d’une joueuse. On a pas mal d’infos que l’on a moins lorsque l’on reste à Paris. Les formidables notes préparées par la WTA ne remplacent pas le terrain.

Frédéric : C’est une lapalissade mais c’est beaucoup plus facile sur place car on est portés. Après, on fait tellement de cabine que je mets quiconque au défi de voir la différence. Pourtant, il y en a une.

Charlotte : Dans l’enthousiasme, dans l’énergie, je trouve qu’il y a une vraie différence.

Frédéric : C’est même le cœur de notre métier. Comme un journaliste de presse écrite ne pourrait pas faire tous ses papiers en restant au bureau. On ne peut pas chiffrer précisément dans un bilan comptable la différence dans le commentaire quand on prend un vol et que l’on réserve une nuit d’hôtel pour être sur place mais plein de petits trucs vont faire que ce ne sera pas le même rendu.

Charlotte : Notamment la discussion au petit déjeuner parce que l’on aura croisé un coach. On est baigné dans l’évènement et les infos viennent à nous. Je pense aussi à la Coupe Davis, où l’on est au cœur de l’évènement. On a vécu similairement l’ATP Cup 6 semaines après. On n’a pas l’impression de vivre la même compétition.

Frédéric : On est porté, nourri de petites infos. Même visuellement. Un de mes combats est d’être à l’hôtel des joueurs et des joueuses. Pas uniquement parce qu’ils sont dans de beaux lieux, même si ça aideJ. En fait, ça nous permet de les voir hors du match. On détecte plein de petites choses, le joueur qui est bien, celui qui ne l’est pas. On remarque aussi qui parle avec qui. On comprend d’autres choses, notamment en termes d’état d’esprit. J’entends que ça coute cher mais ça se voit à l’antenne, sans qu’on le sache.

Je suis intimement persuadé que, au bout d’un moment, si on ne le fait plus, les gens qui nous écoutent vont trouver que nos commentaires sont un peu différents.

Charlotte : La valeur ajoutée n’est pas exactement la même quand on est en cabine, loin de l’évènement, pour quelqu’un qui est devant sa télé et qui a aussi accès à toutes nos sources d’informations. On peut passer des coups de fil mais on n’est pas baigné par l’ambiance, ni par le petit aléa qui va se passer le matin sur le cours d’entrainement.

Frédéric : Sur un grand évènement, il y a quelque chose en plus. On était à Perth pour la finale de Fed Cup et j’ai pleuré là-bas.

Charlotte : Je pense que je n’ai jamais autant vibré sur une compétition. J’ai été étonnée que ce soit à Perth. Je m’attendais que ce soit en finale d’une Coupe Davis, compétition qui a une plus grande histoire encore. Là, j’étais prise par l’émotion. J’ai trouvé cela fabuleux. Cela aurait été différent si nous avions été en cabine à Paris. Ça n’aurait rien eu à voir, parce qu’on les a suivies, parce qu’on les a vues avant et après.

Frédéric : En commentant de journée sur place, on a mis une énergie qui n’aurait pas été la même si nous avions commenté de nuit à Paris. Je pense que le téléspectateur le ressent. De la même manière, quand on commente une épreuve qui est très loin, la distance même involontaire que l’on a avec l’évènement lorsque l’on est en cabine, n’existe plus sur place. De nos jours, les moyens techniques font que l’on n’entend plus de différence à l’oreille. J’aimais bien quand ce n’était pas le cas, ça donnait encore un peu plus de grain, de sel aux commentaires.

Notre quotidien est généralement d’être en cabine, car les déplacements coûtent chers, surtout sur le tennis, où les tournois durent une semaine en général. Mais c’est capital de garder le lien pour les grands évènements, en se rendant sur place. Je pense que, si certaines chaînes, aujourd’hui, perdent des abonnés, c’est parce qu’elles ont fait des économies là-dessus. Ce qui faisait la petite différence n’est plus entendu par les téléspectateurs, qui refusent donc de payer un peu plus cher. Cela n’engage que moi.

Quels sont les prochains grands évènements de tennis à venir sur les antennes de beIN SPORTS ?

Charlotte : Le tournoi WTA de Doha cette semaine, un gros tournoi, où l’on est sur place. Avec toutes les meilleures joueuses du monde qui présentes. On est dans de très bonnes conditions pour travailler, on commence à connaître tout le monde sur place, à force de couvrir l’évènement depuis 2014. Aussi parce que c’est un peu la maison. On a accès aux joueuses, on les voit à l’hôtel le matin, on les voit ensuite à l’entraînement, on peut avoir des discussions avec elles.

Viendra ensuite la tournée américaine, avec Indian Wells et Miami. Ce sera aussi un gros temps fort.

Frédéric : On recommencera « Court Central » tous les jours, on commentera aussi de nuit. Oui, c’est un gros rendez-vous, au mois de mars, qui est toujours très intense. Dans la foulée, il y aura la Fed Cup en Hongrie, avec un tirage au sort qui est jouable pour la France, contre la Russie et la Hongrie, le pays hôte. Sans oublier les ¼ de finale de la Coupe d’Europe de rugbyJ.

Pour finir, quels sont les principaux moments marquants vécus que vous retenez plus encore que tous les autres ?

Charlotte : J’en parlais avant, la finale de Fed Cup à Perth, c’était énormément d’émotions, ce fut de très beaux matchs, des exploits fabuleux. Etre témoin de ce genre d’expérience, de ce genre d’évènement est toujours une chance et un privilège. Il y a aussi eu le dernier Wimbledon, clairement, avec cette finale de dingue entre Federer et Djoko. J’ai eu la chance d’être off ce jour-là et d’être dans le stade grâce à Sébastien Grosjean qui m’avait obtenu une place au tout dernier moment, via le système du « Last 8 ». Après, c’est toujours difficile de choisir des moments en particulier, il y en a beaucoup.

Frédéric : La première fois que je suis allé à l’Open d’Australie, en 1997, j’avais l’impression d’être un gamin chez un marchand de bonbons. J’étais fou de joie, ça s’entendait à l’antenne. Aussi les Jeux Olympiques d’Atlanta l’année d’avant. C’est le graal pour un journaliste.

Charlotte : C’est mon rêve, clairement.

Frédéric : J’ai commenté sur place les 4 finales du tournoi du Grand Chelem, j’ai quasiment commenté dans tous les pays du rugby, j’ai fait l’équipe de France à l’Eden Park d’Auckland. J’ai commenté aussi des matchs de la coupe du Monde, j’ai eu de la chance, énormément de chance même. J’ai vécu des moments magnifiques, j’ai pleuré sur des Marseillaises, j’ai fait la finale de la coupe Davis 2010 à Belgrade. J’ai cru qu’on allait la gagner, pensant alors commenter une victoire des Bleus puis on s’est effondré. J’ai commenté aussi Amélie Mauresmo et Marion Bartoli qui gagnent à Wimbledon. A l’inverse, j’ai commenté également la plus grande raclée de l’équipe de France de rugby en Nouvelle-Zélande. Je suis passé par des hauts et des bas. J’ai trop de moments en tête et tant mieux. J’espère surtout en avoir encore plein d’autres à vivre.

 

Ce fut un plaisir, Charlotte et Frédéric, d’échanger avec vous deux !

Publié dans Télévision

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Un Si Grand Soleil : Hélène Bizot évoque son arrivée dans la série à succès de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien.

Vous avez rejoint, il y a peu, la grande famille « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. On imagine la joie et la fierté que cela vous procure ?

Effectivement, oui, les deux. C’est un grand bonheur et je suis vraiment ravie de cette expérience, à tous les points de vue. C’est source de très très belles rencontres, j’ai eu un vrai coup de cœur artistique avec Léo Guillaume, qui joue mon mari, avec Nathan Bensoussan, qui joue mon fils. Une vraie jolie petite famille s’est créée. C’est du bonheur, vraiment, on continue à se voir en dehors du tournage. C’est un beau cadeau.

Nathan vient du stand-up, Léo fait beaucoup de théâtre, on a énormément travaillé ensemble, en préparation de nos scènes. Tout a été très spontané, naturel, les choses se sont faites avec magie. Ce n’est que du bonheur, vraiment.

On a travaillé avec plusieurs réalisateurs différents sur l’arche. Pareil, plein de rencontres magiques et magnifiques se sont faites, avec toute l’équipe. Il y a énormément de monde sur ce projet, énormément de rôles, énormément de gens à la technique, à l’administratif et j’ai été impressionnée de cette organisation sans faille. En plus, j’ai tourné pendant toute la période des grèves, il y avait aussi des intempéries. C’est là que je me suis rendue compte que l’organisation est incroyable. Surtout, il y a un respect de l’humain, de l’artistique, du travail et c’est vrai que j’ai été impressionnée de cela. J’ai savouré chaque petit moment, vraiment.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles sont les clés du succès de ce programme ?

En tant que spectatrice, j’avoue que je n’étais pas cliente de regarder régulièrement une série, je préfère regarder tout en une seule fois. Je ne voulais pas me laisser prendre à une quotidienne. Evidemment, j’ai commencé à regarder lorsque l’on m’a contactée pour le casting, afin de savoir vers quoi j’allais. Je me suis laissée prendre en tant que spectatrice, c’est génial. A présent, quand je peux, le soir, à la maison, me poser après avoir diné, je trouve ça super agréable. Je me suis attachée aux personnages. Je pense que la bienveillance sur le tournage se ressent à l’image.

Je me dis que, certainement, le fait que les choses soient tellement bien gérées avec ce respect, comme je le disais, de l’artistique, y est pour beaucoup. Les scénaristes sont incroyables, ils écrivent en s’intéressant à l’actualité, qui est inclue dans les sujets. C’est super bien fait. Il y a à peine deux mois d’avance par rapport à la diffusion, ce qui est très peu. Il faut arriver à le gérer et ils le font très bien. Je leur tire mon chapeau.

Pour ce que vous pouvez en dire, comment caractérisez-vous votre personnage ?

Nathan, qui joue Antonin, est là depuis le début de la série. Etant le petit copain de Léa, il a été un peu plus mis en avant. C’était bien que ses parents arrivent à un moment donné. J’ai abordé le personnage d’Aude comme si c’était moi en fait, il est proche de moi. Je l’ai abordée comme une mère de famille qui aime son fils, qui aime son mari, avec qui tout se passe bien, qui essaie de gérer la vie au mieux.

Avec son mari, ils sont en train de monter leur entreprise d’escape game, ils tentent d’organiser cela au mieux, avec tout le stress que ça peut engendrer. Ils ont envie que ça se passe bien.

Leur vie n’a pas toujours dû être évidente, on ne met pas particulièrement en avant le fait que leur fils est en fauteuil roulant, mais ça a forcément été une épreuve énorme à traverser et face à ce genre d’épreuve, il est important de faire au maximum comme si tout était normal. C’est une difficulté, il ne faut pas en faire trop non plus pour que la vie reste le plus normal possible.

Je me suis merveilleusement entendue avec Nathan et Léo. Du coup, j’aborde mon rôle avec beaucoup de naturel. Ce coup de cœur d’amitié fait que, toute la tendresse que je peux avoir pour mon fils et mon mari existe vraiment. Je le répète, c’est un beau cadeau.

 

 

Au moment de préparer votre rôle, vous êtes-vous renseignée notamment sur l’univers de l’escape game ?

Ouiiii. Je savais un peu de quoi il en retournait mais je n’en avais jamais fait. Donc j’ai emmené mes deux enfants, qui sont grands maintenant, en faire un et j’ai adoré. J’ai trouvé ça génial, à tel point que je pense en refaire. Ce sont des sorties hyper agréables à faire en famille et aussi entre amis. C’est vrai que c’était important pour moi de comprendre ce que c’était. Quand Aude parle des énigmes à résoudre, ça correspond à quelque chose qui existe vraiment dans mon esprit.

En dehors de cela, on a aussi bien travaillé nos scènes avec Léo. On s’est vu avant en ce sens. On a parlé ensemble du passé de nos personnages. Léo fait également de la mise en scène au théâtre, là encore c’était un beau cadeau pour moi car il a une analyse très intelligente et approfondie des scènes. Il parle notamment de ce qui se passe avant la scène, c’est important car, même si ce n’est pas forcément stipulé dans les dialogues, le fait d’évoquer l’antériorité amène en nous des choses qui ne sont pas forcément évidentes mais qui sont là et qui existent. Ne serait-ce que le vécu de nos personnages. On est les parents de Nathan, qui a 17 ans, donc ça veut dire que l’on vit ensemble depuis une vingtaine d’années. Sauf que, avec Léo, on s’est découvert au casting. C’était donc bien d’avoir de suite une grande complicité !  Idem avec Nathan, ce qui est super.

On le sait, le rythme de tournage est soutenu. Au fur et à mesure, avez-vous affiné votre propre méthodologie de travail, pour être toujours plus efficace et disponible ?

Je ne veux pas rabâcher mais, comme il y avait cette belle énergie, tout s’est fait naturellement. C’était assez incroyable. J’avais cette appréhension de devoir travailler vite mais, en fait, comme tout est fait de manière très pro et que tout est très bien organisé, aller vite n’est pas un problème. Chacun à son poste est hyper opérationnel, personne ne bouscule personne, on n’a pas la sensation qu’il faut travailler vite, on n’a pas la sensation de travailler vite. Je n’ai pas eu à m’adapter à des contraintes particulières, ce qui est assez énorme et assez fou. Je pense que c’est le résultat de tout le travail en amont.

C’est une énorme machine dans laquelle tout le monde est à sa place. C’est tellement bien organisé qu’on a l’impression d’avoir le temps. Le tout dans la bonne humeur. Tout se fait ainsi naturellement. J’ai beaucoup travaillé avec le réalisateur Julien Seri. Il est un autre coup de foudre artistique. Il est passionné par ce qu’il fait et facilite la création.

Si le scénario le permet, aimeriez-vous poursuivre l’aventure ?

Carrément, avec joie ! Cette expérience n’a été que du bonheur.

En parallèle, quels sont vos autres actualités et projets en ce moment ?

Je continue le doublage, je suis actuellement sur la septième saison de « Brooklyn nine nine », une série de Canal +. Ce programme est toujours aussi drôle, je ne m’en lasse pas. Je retrouve régulièrement avec bonheur toute l’équipe du doublage de cette série. Je commence aussi une série allemande, pour Netflix.

Récemment, le téléfilm « L’Archer Noir » a été diffusé sur France 3. Plus de 4 millions de téléspectateurs nous ont suivis, toute l’équipe est super contente. On avait tourné il y a pile un an. Ce fut une super aventure, une petite famille s’est créée, on continue à rester en contact. Christian Guerinel, le réalisateur, a réussi à créer quelque chose d’assez magique. Là encore, je pense que ça s’est ressenti à l’image.

J’ai eu un prix d’interprétation au Festival des Hérault de la Télé et du Cinéma, en 2019, pour mon rôle dans le court métrage « Bel Ange », de Franck Victor. On y parle des maltraitances faites aux femmes, un sujet qui me touche particulièrement. Ce court continue à être présenté en festivals, dont celui de Pontault-Combault en mars.

Je gère toujours l’association que j’ai créée il y a deux ans, de défense des droits des femmes, « Aux larmes citoyennes », où l’on fait des expositions de photos de comédiennes en tenue de Marianne, avec des colombes. Pour parler de la fragilité des droits des femmes et ne pas oublier, comme le dit Simone de Beauvoir, qu’il suffirait d’une crise politique, économique ou religieuse pour que nos droits soient remis en question. Il faut donc rester vigilant. Les photos sont actuellement exposées dans un studio de doublage, à Levallois-Perret, le studio O’Bahamas, où je travaille de temps en temps. On a fait récemment un vernissage, qui s’est super bien passé. Les photos seront également à Pontault-Combault.

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses.

Publié dans Télévision

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Plus Belle La Vie, son parcours, les liens avec sa vie personnelle, sa façon d'envisager son métier : Pierre Martot se livre comme il ne l'avait jamais fait auparavant !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pierre,

C’est un plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez un parcours, au sens global, très hétérogène et très atypique. Vous avez commencé par des études de psy, vous avez été aussi journaliste, vous êtes à présent comédien, sur les planches et à l’image. De façon générale, si l’on revient sur ce parcours-ci, comment passe-t-on d’un registre à un autre ? Y a-t-il eu des moments clé ? Des déclics ? Des envies ?

En fait, j’ai commencé par des études d’économie, pendant 4 ans. J’ai eu mon Bac assez jeune – je venais tout juste d’avoir 17 ans – et je ne savais pas trop quoi faire. Alors j’ai fait les mêmes études que mon frère aîné. Jusqu’en licence. L’économie m’intéressait mais il y a eu alors, dans ma vie, un événement au bout de ces 4 ans-là, qui est venu tout bouleverser. Ma petite amie est tombée malade et elle est décédée deux ans après – d’une tumeur au cerveau. J’avais 20 ans. J’avoue que la vie avait été assez facile pour moi jusque-là et j’avais grandi sans trop me poser de questions. Après ça, évidemment, c’était autre chose. J’ai voulu comprendre ce qui s’était passé. Comme s’il y avait quelque chose à comprendre. Je m’interrogeais sur mon existence, sur le sens de la vie, sur celui que je voulais lui donner.

J’ai donc quitté les études d’économie pour aller vers un questionnement plus intime, à travers les études de psychologie. J’ai mené ces études jusqu’à leur terme, à Paris, à la Sorbonne. J’avais ce que l’on appelait un DESS, ce qui s’appelle maintenant un Master II, qui est le diplôme nécessaire à l’exercice de la profession de psychologue. Ce que j’ai fait pendant 1 an. J’intervenais dans une association, dans une maison qui accueillait des jeunes gens qui vivaient dans la rue ou qui sortaient de prison, pour les accompagner pendant quelques semaines. Je donnais aussi des cours à des infirmiers en hôpital psychiatrique, et il m’est aussi arrivé, pendant cette période, de recevoir des personnes en entretien privé.

Je me suis donc retrouvé face à des gens qui me racontaient la difficulté qu’ils avaient à vivre et qui attendaient de moi une aide. J’étais jeune, j’avais 25 ans, et je me trouvais face à des gens qui avaient en réalité une expérience de la vie beaucoup plus remplie et plus riche que la mienne. Dans l’institution où j’accueillais des jeunes gens en difficulté, j’étais le seul psy, je n’avais pas quelqu’un au-dessus de moi qui aurait pu me conseiller, et je me sentais donc totalement démuni face à ces gens.

Au bout d’un an, j’ai eu le sentiment que quelque chose me manquait, que je n’étais pas mûr. Il se trouve que j’étais dans un poste de remplacement. La personne que je remplaçais revenait, et j’ai décidé d’arrêter d’être psy.

J’ai aussi compris, après cette première expérience professionnelle d’un an, que j’avais besoin de jeu et de lumière dans ma vie. C’était déjà cela qui m’avait intéressé dans les études de psycho. Pendant mes études, j’avais l’espoir un peu naïf que j’allais être un grand psy, que j’allais sauver les gens parce que j’allais « comprendre ». Evidemment, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées… comprendre la vie, c’est un tout petit peu plus compliqué que de faire ce qu’il faut pour obtenir son diplôme à l’université.

Au bout de cette année-là, nous étions dans les années 80, c’était l’ère Mitterrand, ça respirait beaucoup dans la société française et il y a eu ce que l’on appelait les radios libres. On pouvait quasiment, juste en en ayant envie, travailler dans une radio, même si on n’avait pas la formation nécessaire. C’est ce que j’ai fait. Je me suis formé et, du coup, après, j’ai été salarié. J’étais animateur, je faisais aussi les flashs infos ainsi que les interviews d’artistes. J’ai été amené à aller dans les théâtres et à voir beaucoup de spectacles. Cela m’a énormément intéressé, notamment la façon dont le théâtre, je parle là du grand théâtre, interroge la condition humaine.

 

 

 

Un metteur en scène m’a proposé alors de travailler dans l’un de ses spectacles, ça m’a beaucoup plu et j’ai compris que c’était cela que je voulais faire : jouer à être un autre.

Complètement naïvement là encore, après deux ans de journalisme, j’ai décidé que je serai acteur et je suis monté à Paris alors que je ne connaissais rien du métier. Dans mon esprit, je partais pour conquérir le monde. Mais, encore une fois, ce n’est évidemment pas comme cela que les choses se sont passées.

Il a d’abord fallu que j’apprenne ce métier. Je l’ai fait au théâtre, avec des gens merveilleux, les plus belles personnes que j’ai jamais rencontrées dans ce métier. Et on a la chance, en France, d’avoir des écrivains de théâtre vraiment merveilleux. Je me suis formé au classique. J’ai travaillé sur Corneille, Racine, Molière, et aussi Claudel...

Puis j’ai eu beaucoup de chance. J’ai très vite rencontré Claude Chabrol qui cherchait un acteur originaire de Normandie pour un film qu’il s’apprêtait à tourner dans la région normande, à Dieppe. 

Je devais jouer un soldat allemand. Je laissais tomber une pièce dans un café en allant payer. Un enfant ramassait la pièce pour me la rendre et je devais lui dire « Danke Schön ». Ce n’était presque rien – la scène dure quinze secondes dans le film - mais j’étais carrément ivre de peur. Quand même, c’était Claude Chabrol, un des cinéastes français les plus prestigieux de l’époque ! Un film avec Isabelle Huppert, François Cluzet, Marie Trintignant. Et moi, je n’avais jamais fait ce genre de trucs. Je n’avais quasiment pas dormi de la nuit tellement j’étais impressionné, tellement j’avais le trac. Et je me suis servi de cette ivresse. Il faut se servir de tout sur un plateau de tournage. Je me suis levé de table, je tremblais, l’enfant a ramassé cette pièce et je lui ai caressé la joue, dans un état de grande fatigue. Je me suis imaginé sur l’instant que ce soldat allemand que je jouais à l’époque, qui avait 30 ans, avait peut-être une famille et des enfants en Allemagne et que, se sentant très seul, il était ému par cet enfant devant lui. Je pensais aussi qu’il était très fatigué, peut-être un peu saoul. J’ai laissé venir ces émotions-là, toutes simples, sur le moment, sans les appuyer. A la fin du tournage, une assistante est venue me voir pour me dire que Claude Chabrol avait beaucoup aimé mon travail. J’ai cru qu’elle se moquait de moi. Ce n’était que quinze secondes mais, en réalité, elles ont décidé de toute ma vie…

Quelques années après, j’ai retravaillé avec lui. Au total, nous avons fait 5 films ensemble. Dans certains de ces films, je ne faisais pas grand-chose, trois silhouettes – quasiment de la figuration – mais il m’a tout de même donné deux vrais seconds rôles. Il se souvenait de moi et me rappelait. Je crois que ce qu’il aimait en moi, c’est que je n’ai pas un côté acteur. Et cela a lancé ma carrière. C’est ce qui m’a permis de trouver un agent après « Betty », un très beau film avec Marie Trintignant dans lequel je joue son beau-frère, un militaire de grande famille. Fallait y penser : moi, en militaire issu d’une famille du XVI arrondissement parisien. C’est cet agent qui, après, m’a permis de rencontrer des gens du cinéma et de la télévision et de travailler avec eux.

La loi de ces changements dans ma vie, puisque vous me demandez s’il y en a une, c’est ma curiosité pour tout ce qui touche à la condition humaine. Même dès les études d’économie, c’était déjà ça. Je suis convaincu que tout ce que nous vivons est politique. Mais cette curiosité s’est repointée et reprécisée pendant mes études de psycho, qui m’ont davantage recentré sur l’individu. Mais ce qui a été nouveau dans le théâtre et le cinéma, c’est que ça s’est fait dans le jeu. J’ai besoin que ça joue. J’ai besoin que, dans ma vie, il y ait du jeu et de la liberté.

Psy, c’est un métier magnifique parce que ça permet à des gens de se comprendre et, à partir de là, de vivre mieux, mais c’était peut-être trop sérieux pour moi à ce moment-là de ma vie. Je crois que j’y serais davantage prêt aujourd’hui. Mais j’ai besoin de lumière. J’aime la lumière, l’excitation sur les plateaux de tournage, la montée d’adrénaline avant d’entrer en scène et, encore une fois, j’ai besoin de liberté.

 

Voyez-vous certains liens, certaines complémentarités entre ces différents registres ? Vos premières expériences vous aident-elles encore aujourd’hui, dans votre quotidien d’acteur ?

Ça m’aide parce que je ne peux pas me refaire : dans la vie, j’ai la passion de comprendre. Quand je suis face à un texte de théâtre, je l’aborde en essayant de comprendre le moindre instant de la scène, la moindre réplique, le moindre silence. C’est la base du travail de l’acteur. Il ne suffit pas d’apprendre son texte par cœur et de faire le beau sur une scène. Il faut l’étudier seconde par seconde, mètre par mètre.

Et je travaille exactement de la même façon dans « Plus Belle La Vie ». Je pars de ce qui est écrit et je vais l’étudier dans les moindres détails. Evidemment, les situations sont souvent plus simples dans « Plus Belle La Vie » qu’au théâtre. Mais, à chaque réplique, je vais essayer de comprendre pourquoi Léo prononce exactement ces mots plutôt que d’autres. Quels rapports il entretient avec les autres personnages qui sont présents dans la scène. Ce qu’il veut obtenir, ce qu’il cherche, dans quel état émotionnel il est. Il y a des étapes, dans une scène, des rendez-vous, ça avance réplique après réplique.

Et après cela, quand je me retrouve sur le plateau, le jour du tournage, j’essaie de jouer d’instinct, de tout oublier de ce que j’ai étudié, de ce que j’ai compris. Il faut se laisser faire. Il y a quelque chose qui vient, de toute façon, et, si on a suffisamment travaillé, on peut faire confiance à ce qui arrive. Je me sers de tout ce qui se passe à ce moment-là, vraiment j’essaie de me défaire de tout le travail de préparation et d’être absolument disponible à ce qui se passe. Je joue en fonction du réalisateur et des partenaires, de ce qu’ils me proposent. Je peux faire quelque chose de complètement différent de ce que j’avais imaginé si la proposition du réalisateur m’ouvre sur une chose à laquelle je n’avais pas pensée et que je trouve plus intéressante que ce que j’avais imaginé. Mais je suis nourri du travail que j’ai fait en amont. Et puis, bon, je suis un acteur qui a besoin de beaucoup travailler. C’est ma passion. Si je ne travaille pas beaucoup, je m’ennuie.

Jouer, pour moi, c’est comme un shoot, c’est comme une drogue. Entrer dans le jeu, c’est à la fois être avec soi et partir en voyage, c’est quitter ce monde qui peut être terrible. On part ailleurs ; on s’emmène ailleurs. C’est de l’enfance ; moi, je suis un gamin quand je joue...

On peut faire toutes les théories qu’on veut sur le métier d’acteur, il y a un moment où ça échappe à toute explication. Ça se voit avec les grands acteurs : à un moment, ça décolle... Si on pense à Joachim Phoenix dans "Joker", par exemple. C’est un acteur qui a tellement pris le rôle à son compte. Il a tellement travaillé pour s’imaginer que c’était à lui qu’arrivait tout ce qui arrive à son personnage : cette petite-enfance maltraitée, le rejet et la souffrance que ça entraîne, la folie. Et, à un moment, ça décolle. Parce qu’il a tellement préparé son rôle dans le détail qu’il peut se permettre de laisser faire le jeu, parfois à la limite d’en faire beaucoup mais, à ce moment-là, il faut compter sur le réalisateur qui doit le canaliser, poser des limites…

 

 

Dans un registre totalement différent, on peut aussi penser à Michel Simon dans « Boudu sauvé des eaux », par exemple, où là le jeu c’est de la poésie pure, ça reste totalement inexplicable. Là, on a à faire à un acteur poète… Pour revenir à aujourd’hui, on a à l’heure actuelle en France des acteurs comme Reda Kateb ou Roschdy Zem, par exemple. Evidemment, là, le jeu est plus intériorisé. On sent que ça vibre à l’intérieur, mais on est incapable de dire comment ça marche. Je ne me compare pas à ces acteurs-là, évidemment, mais c’est pour dire qu’il y a un moment où le travail de l’acteur échappe à toute tentative de compréhension.

Donc toute cette formation que j’ai, qui vient de toute ma vie d’une certaine façon, ces 40 ans de formation que j’ai derrière moi, ça a des avantages et des inconvénients. Parce que j’ai la passion de comprendre. Et que, quand arrive le moment de jouer, il faut renoncer à comprendre. Il faut accepter d’être nu, ne rien savoir, se laisser faire et faire un truc qui s’appelle simplement « jouer ». Mais, ce dont je suis sûr, c’est qu’il faut avoir beaucoup travaillé avant. On sera plus fort, plus intéressant, si on a beaucoup travaillé avant d’arriver sur le plateau.

Parce que c’est aussi un travail. Il faut entendre De Funès quand il parle de comédie, le sérieux avec lequel il en parle. Il dit que la comédie ne tient à rien, c’est à un dixième de seconde près que ça se joue. Pour une réplique, pour un geste, ça peut être raté. Evidemment, il y a du jeu, on s’amuse ; mais un plateau de tournage, c’est un lieu de travail. Quand ils jouent, les enfants sont très sérieux. Moi, au foot, je voulais tout faire : les touches, les coup-francs, les corners. Je suis toujours comme ça : je joue à fond. Si je rate quelque chose, je suis triste, vraiment, j’ai du chagrin. Si on me dit que c’est bien, et surtout si je sens que c’est bien, je suis très heureux et j’ai une profonde reconnaissance envers tout le monde, envers tous les gens qui ont rendu cela possible. A ce moment-là, j’adore la vie.

 

Parmi vos activités artistiques, il y a aussi beaucoup de lectures publiques. Justement, comment les préparez-vous ? Avez-vous une méthodologie particulière, face à ce jeu sans doute différent des plateaux et des planches ?

Là, encore une fois, je travaille énormément mes lectures. Je les prépare énormément. L’enjeu, dans une lecture, c’est de faire entendre le texte, cela paraît évident. Pour ça, il faut essayer de mettre à jour ce qui a rendu ce texte possible, les pensées et les émotions de l’auteur qui l’ont fait naître, ce que l’auteur veut dire. Tout ça, c’est de l’évidence. Et après, ce travail fait, il faut s’effacer et faire entendre le texte. Il ne faut pas que le public soit happé par le comédien, il faut qu’il soit saisi par le texte qui est en train d’être lu. Je suis très touché quand quelqu’un vient me voir à la fin d’une lecture et me dit : j’ai complètement oublié que je vous avais vu à la télévision. On s’en fout de l’acteur ; ce qui compte, c’est le texte. J’essaie d’accompagner le texte pour faire entendre ce que l’écrivain a voulu transmettre. J’essaie de l’aider. Les émotions qui le traversent, les sensations, les idées. Une phrase, ça a une couleur, un « sentiment » comme dit Fabrice Lucchini. C’est un équilibre à trouver. Ce sens du service, s’effacer derrière le texte, c’est le b.a-ba du travail de l’acteur.

Ça se travaille phrase par phrase. Il faut relever les enjeux de chaque phrase, de chaque mot. Les idées qui dominent, les émotions qui dominent, il faut faire tout entendre. C’est un travail énorme d’écrire un livre. Ça peut prendre toute une vie. On ne peut pas trahir cela, il faut le respecter, tout faire entendre, tout faire vibrer à sa juste mesure. Dernièrement, pour la lecture de textes autour de Chopin, j’étais accompagné par une pianiste qui travaille un peu partout dans le monde. Ça me tirait vers le haut. Il n’y a rien qui tire plus l’âme humaine vers le haut qu’un grand musicien. Il fallait la voir travailler. La quantité de travail que représente chaque phrase musicale. Le retrait derrière l’instrument. Faire vibrer l’instrument. Le don absolu à l’instrument. C’est cela, le modèle, pour un acteur. Et l’instrument, c’est le texte.

 

Vous évoquiez précédemment vos instants de concentration sur les plateaux de tournage avant de jouer. Au théâtre, dans les derniers moments avant de rentrer sur scène, avez-vous là aussi une méthodologie particulière de concentration ?

Je crois qu’il n’y a pas trop de questions à se poser, à ce moment-là, en fait. Parce que, là aussi, on est nourri par le travail de répétition. Ça va revenir. Ce qu’on a travaillé va revenir. C’est peut-être ce moment-là qu’il faut retrouver : un moment où l’on est totalement démuni, un moment où l’on n’a pas peur de l’être, un moment où l’on a envie de vivre cette vie nouvelle qui se présente et qui va être d’entrer en scène. Et ça va revenir : quelque chose va se passer. Il ne se peut pas que la représentation n’ait pas lieu. Il va y avoir de la vie, c’est obligé. Evidemment, il faut autant que possible ne pas trahir ce qui a été décidé en répétition pour ne pas mettre les copains dans l’embarras. Le temps de répétition, c’est la grossesse. Et la représentation, c’est l’accouchement. J’essaie de ne pas penser à ce qui s’est passé la veille, de ne pas essayer de refaire la même chose. Je fais « comme si » j’oubliais. « Comme si » j’avais oublié. Là encore, il s’agit de faire complètement confiance à l’instant présent, à ce qui va se passer et de le faire vivre de la façon la plus intéressante possible. On est là pour donner à voir et à entendre, pour donner du plaisir, des émotions, de la joie et, au théâtre, c’est un moment de partage parce que les gens sont là. On sent leur présence, leurs corps, leur souffle. On sent s’ils écoutent ou s’ils s’ennuient. Et quand la salle écoute, quand on entend son silence, ses rires, quand on sent que le public est là, qu’il accompagne chacun de nos mouvements physiques ou sensibles, qu’on est tous ensemble et que c’est grâce à soi qu’on est tous ensemble, on est dans un état de reconnaissance absolu envers le monde entier.

 

Dans un autre registre, que vous avez précédemment commencé à aborder, la série de France 3 « Plus Belle la Vie » fête ses 15 ans. Vous qui êtes présent depuis le début, quel regard portez-vous sur ces 15 années de cette folle aventure ?

La bonne idée de départ, c’est celle de faire vivre un quartier de 15 ou 16 personnes représentatives de la société. Chaque français peut se reconnaitre dans un des personnages. C’est une très belle idée qui a eu comme conséquence de choisir des acteurs qui puissent porter cette histoire-là. C’est-à-dire que, d’emblée, a été posée l’idée qu’il n’y aurait pas de star, qu’il n’y aurait que des gens que l’on peut croiser dans la rue. Il fallait donc des français moyens pour jouer ces personnages-là. Michel Cordes en est un, par exemple, Sylvie Flepp en est une, j’en suis un, on est des gens normaux qui jouent une histoire normale. Ça, c’est la base de « Plus Belle la Vie » : la proximité avec les gens, incarnée par des acteurs qui peuvent la porter. C’est la richesse de ce programme et c’est ce qui fait son succès : des histoires quotidiennes, avec des acteurs très quotidiens, sans star, un jeu simple, sur lesquelles se sont mêlées ensuite des histoires policières qui mettent un peu d’aventure là-dedans et des histoires qui échappent même par moment un peu à la réalité, à la vie de tous les jours telle qu’on l’imagine. Mais, dans la vie de tous les jours, il peut se passer les choses les plus étranges, les plus inattendues. Dans « Plus belle la vie », ça arrive aussi.

Après, c’est une expérience qui a complètement transformé notre vie à tous. Parce qu’elle nous a offert l’accès au grand public, ce qui est moins le cas au théâtre – les acteurs du début venaient presque tous du théâtre. C’était une volonté de Michelle Podroznyk afin de créer un esprit de troupe... Il y a des côtés très agréables à cette notoriété, notamment l’affection que les gens nous témoignent. Parfois ça peut être un peu difficile à gérer aussi, il faut le reconnaître, parce que l’on a une vie privée qu’il faut sauvegarder. Des endroits où on va en vacances en famille, des endroits où on se rend pour être seul. Mais quelle chance, au final, de connaître cette vie tout de même un peu spéciale !

 

 

C’est vraiment intéressant de jouer le même personnage sur une aussi longue durée. On est entièrement libre. Un personnage, ça a des possibilités infinies. En quinze ans, Léo Castelli a tout connu : les difficultés de son métier, l’amour, l’amitié, le deuil, la séparation, les joies et l’inquiétude d’un père… tout ce que la vie peut proposer d’agréable ou de terrible… et plus encore, comme une tentative de meurtre sur sa personne. Les gens qu’il aime le plus, peuvent être amenés à se méfier de lui pour le simple fait qu’il est flic. Il est donc très solitaire, très sensible derrière sa carapace, et il est passionnant à jouer.

Léo, c’est un ami. C’est mon meilleur ami, même. Il ne peut pas se passer un jour sans que je pense à lui, même peut-être qu’il ne se passe pas une heure sans que je ne pense à lui. Les gens qui me reconnaissent dans la rue me renvoient aussi tout le temps à lui. Il y a même eu un temps, au début du travail, où, dans ma propre vie, je pouvais réagir comme un flic. Je pouvais avoir la même intransigeance à l’égard des gens qui font des erreurs, qui ne respectent pas les règles qui font qu’une vie en commun est possible. En plus, à cette période, j’avais pas mal de contacts avec des flics pour voir avec eux comment se passait leur métier. A présent, j’ai mis des nuances. Heureusement…

 

En quinze ans, il a beaucoup changé. On a aussi découvert des facettes plus personnelles de son histoire, il a également été amoureux, il a retrouvé sa fille. Dans son parcours, dans ce qu’il peut être amené à proposer, en échangez-vous parfois avec les scénaristes ? Ou, à l’inverse, aimez-vous vous laisser surprendre par ce qu’ils peuvent vous proposer ?

Je n’en parle pas tellement avec les scénaristes parce que j’aime bien me laisser surprendre par ce qu’ils ont écrit, et je trouve important que les auteurs se sentent libres vis-à-vis des acteurs. Le succès de la série, tout de même, il commence par les histoires que les auteurs ont envie de raconter. Et c’est important, pour leur plaisir, qu’ils puissent envisager pour chaque personnage l’évolution qu’ils veulent. 

On a une réunion annuelle où chaque acteur peut parler, avec la production, de ses envies. On a des échanges à ce moment-là. J’aime bien être surpris par ce qui est écrit mais, par moments, j’ai aussi des envies, c’est vrai. Dans l’intrigue qui vient de commencer, le « cold case » de Léo, il redevient un peu plus le capitaine Castelli, il redevient un peu plus flic. Ça me plaît bien qu’on le voie un peu plus sur le terrain. J’aime bien l’idée de retrouver par moments le côté qu’avait Léo avant, ce côté pas toujours très fréquentable, le côté « bad-guy ». Il est devenu très gentil, très compréhensif, ça ne me dérangerait pas que, parfois, il le soit un peu moins, qu’il soit un peu plus animal, peut-être un peu moins prévisible. Mais, encore une fois, ce n’est pas moi qui décide et il est important que les auteurs soient libres. Et je m’amuse beaucoup aussi dans les scènes de comédie qu’ils écrivent pour Léo depuis mon retour dans la série.

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est très soutenu, au travers du nombre de minutes utiles à défendre chaque jour. Au fur et à mesure de ces années, affinez-vous toujours votre propre préparation ?

J’essaie, en tous les cas. C’est dans la nature d’un acteur de vouloir toujours améliorer son travail. Et « Plus Belle la Vie », c’est un super-terrain d’entraînement. Au début de « Plus Belle la Vie », il y avait pas mal de gens qui se moquaient de nous. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est normal d’ailleurs et ça ne doit pas être une excuse, c’est que, normalement, en télé, on tourne 4 à 5 minutes de film par jour. Au cinéma, on fait à peu près 1 minute et 30 secondes. Sur « Plus Belle La vie », on fait 20 minutes. Ce qui veut dire que l’on travaille 4 à 5 fois plus vite qu’à la télévision et plus de 12 fois plus vite qu’au cinéma.

Demandez à un menuisier de construire son escalier 4 à 5 fois plus vite que ce qu’il fait d’habitude, je vous conseille, quand l’escalier sera fini, de prendre l’ascenseur. Parce que je crains que ce ne soit un peu risqué de passer par les marches. Je sais de quoi je parle, mon père était menuisier et il a construit beaucoup d’escaliers - qui tenaient, je tiens à le préciser.

Donc, à l’époque, les gens étaient très critiques en nous voyant. Maintenant, on commence à voir des acteurs de « Plus Belle la Vie » un peu partout. Quand on regarde des acteurs qui arrivent chez nous, il y a toujours un temps d’adaptation au début, c’est évident. Pour essayer de rentrer dans cette machine qui est exigeante, qui est même parfois brutale. Quand vous devez jouer 7 à 8 séquences dans la journée, quand vous finissez en larmes dans l’un d’elles, par exemple, et que vous êtes dans un sentiment amoureux sur une autre, quand vous avez une conversation ordinaire en buvant simplement votre café au Mistral dans la suivante, vous allez avoir à peu près le même temps consacré à chacune de ces scènes. Il faut tellement passer à la suivante que, une fois que vous avez éprouvé une émotion très forte dans une scène, le réalisateur n’a pas le temps de venir s’inquiéter de vous, il est déjà focalisé sur la scène suivante.

C’est hyper exigeant mais c’est aussi notre métier, hein, de nous adapter. Je ne vais pas me plaindre.

 

 Vous l’avez dit, c’est vous qui aviez fait part de votre envie de revenir dans le programme. Quelques années auparavant, étiez-vous aussi à l’origine de ce souhait de prendre du recul ?

Oui, c’est moi. Là, je vais vous parler d’une chose dont je n’ai jamais parlé. Je vais vous dire la raison pour laquelle je suis parti car je n’ai pas voulu le faire à l’époque. Ce qui s’est passé, c’est qu’un de mes enfants a eu un accident très grave. Le tournage a dû être complètement chamboulé d’ailleurs à cette occasion-là, cet accident s’étant passé à l’étranger, à une période où je travaillais beaucoup, presque tous les jours. Il fallait que je me rende en Afrique, là où ça s’était passé. J’y suis resté 10 jours et tout avait été réaménagé pour que je puisse faire à mon retour les scènes que je n’avais pas eu le temps de tourner avant mon départ.

C’était très éprouvant, évidemment, de me remettre au travail après avoir été au côté de l’un de mes enfants gravement blessé en Afrique. Ce furent des moments très difficiles. Mon enfant a été rapatrié en France un mois après son accident mais il est resté à l’hôpital pendant 2 ans. Au bout d’une année, j’étais totalement épuisé. D’autant plus que, comme je le disais, je travaillais alors beaucoup sur « Plus Belle la Vie ». Léo était le personnage qu’on voyait le plus à ce moment-là, j’étais donc l’acteur qui travaillait le plus, et je passais tous mes week-ends à l’hôpital à Garches.

J’ai alors eu un moment d’épuisement total, un épuisement à la fois physique et surtout moral, dont je ne me suis d’ailleurs pas rendu compte parce qu’il fallait tenir à la fois auprès de mon enfant et dans mon travail. J’ai éprouvé le besoin de me mettre à l’écart, j’ai voulu partir du monde, m’éloigner du bruit de l’existence, et donc aussi de « Plus Belle La Vie ». Je l’ai dit à Hubert Besson, qui était alors le producteur. Il s’est montré très compréhensif. Il m’a dit que je pouvais revenir quand je le voulais.

J’étais arrivé à un tel état d’épuisement que je pensais ne jamais revenir, me consacrer à l’écriture et à ma famille. Je n’ai pas voulu rendre publiques les raisons de mon départ, à l’époque, d’abord parce que je n’étais pas en état de le faire. J’avais besoin de calme et de tranquillité, et je voulais aussi qu’il y ait le moins de bruit possible autour de ce qui me poussait à partir. Je veux d’ailleurs remercier les acteurs de « Plus Belle La Vie » qui savaient tous ce qui s’était passé et n’ont rien dit. La solidarité entre nous n’est pas une façade. Elle est réellement très forte. Tous les acteurs qui viennent tourner chez nous le disent : l’ambiance y est très chaleureuse.

Pendant les 4 ans durant lesquels je me suis éloigné, la santé de mon enfant s’est stabilisée même s’il n’a jamais retrouvé la totalité de ses moyens physiques. Et il y a eu un moment où j’ai éprouvé le besoin de revenir. J’avais à nouveau besoin du monde, de l’excitation, de la lumière. A peu près à cette époque-là, je suis tombé par hasard sur un sondage de Télé Loisirs qui indiquait que Léo Castelli était le personnage qui manquait le plus au public de « Plus Belle La Vie ». Cela m’a profondément touché et même ému. Je pensais à revenir depuis quelques mois mais je n’étais pas encore tout à fait prêt. Puis je me suis décidé à reprendre contact avec Hubert Besson qui a immédiatement accepté. Les auteurs, deux mois plus tard, ont réussi à trouver un créneau pour mon retour dans un prime...

 

 

 

Est-ce que votre expérience-ci sur « Plus Belle la Vie » et la notoriété qu’elle génère vous aident aujourd’hui à développer d’autres projets en télévision ?

Alors, en fait, pas du tout ! Et j’essaie de comprendre. Peut-être que je dégage quelque chose de trop rugueux, y compris physiquement, et que ça peut faire peur. Je ne sais pas. Je ne suis pas un acteur lisse. Je n’essaie pas de gommer les aspérités qu’il y a en moi. Le côté pas-acteur dont je disais que c’était peut-être ce qui avait séduit Claude Chabrol. Mais je regrette de ne pas pouvoir m’exprimer davantage. J’ai tout de même beaucoup travaillé, ces derniers temps, pour mettre davantage de souplesse dans mon jeu. Peut-être que j’en manquais. Je ne lâche pas l’affaire, hein : je me dis que ça finira bien par payer un jour.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies ? Qu’aimeriez-vous pouvoir défendre et interpréter ?

N’importe quoi, pourvu que ce soit avec des gens qui ont un besoin réel de faire ce qu’ils font. J’aime ce qui est à la marge. J’ajoute que si ces gens sont gentils et braves, c’est un plus. Je recommence à avoir des propositions de théâtre. Je suis également depuis très longtemps à l’écriture d’un livre sur mon père. Et je vais continuer Plus belle la vie et la télévision, bien sûr. J’ai fait des lectures et on m’a redemandé d’en faire. J’ai un projet autour du « Mythe de Sisyphe » d’Albert Camus. C’est un livre qui m’accompagne depuis de longues années. Je suis entré en contact avec sa famille. Toutes ces choses-là vont se développer. Je continuerai aussi longtemps que je serai en état de travailler. 90 ans me paraît un bon âge pour arrêter...

 

Merci, Pierre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Vanessa Dolmen évoque sa belle et riche actualité, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Vanessa,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Bonjour Julian, plaisir partagé !

 

Nous pourrons vous retrouver, ce jeudi 6 février, dans « Munch », la série à succès de TF1. Quels thèmes seront abordés dans cet épisode ?

 

L’épisode tourne autour d’un procès en huit clos, Munch fait partie des jurés. Elle n’est donc pas au bureau et mon personnage en profite pour se rapprocher d’un des membres de son équipe, afin d’essayer de le débaucher. Je suis une chasseuse de têtes ambitieuse, habile, qui a en même temps un petit côté manipulateur mais sous des airs sympathiques.

 

Avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment d’aborder votre personnage ? Notamment sur le métier de chasseuse de têtes ?

 

Je connais quelqu’un dont c’est le métier. Je ne lui ai pas posé de questions mais j’ai observé son attitude, sa façon de regarder, ses intonations de voix. Pour voir comment son ambition transparaissait .Elle arrive, sans chercher à vraiment rassurer sa cible, à lui faire miroiter quelque chose qui vaille le coup.

 

 

 

 

 

Lorsque je rejoins une série qui existe déjà, je regarde bien sûr les épisodes des saisons précédentes ou je lis les scripts, histoire de m’inscrire dans le même état d’esprit, le même ADN.

 

Qui serai-je si j’étais chasseuse de têtes ? J’y ai mis ma touche personnelle. Tom Villa, mon partenaire de jeu, Thierry Binisti (le réalisateur) et l’équipe en général ont été très accueillants et chaleureux. Je me suis sentie assez libre. L’ambiance était joyeuse.

 

En parallèle, toujours à l’image, vous tournez actuellement la saison 2 de « Mytho » pour Arte. Pour ce que vous pouvez en dire, quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

 

Je suis très contente d’être sur cette série. D’abord parce que je la trouve très chouette et, en plus, certains de mes proches sont fans de la saison 1. C’est un clin d’œil personnel rigolo.

 

Je joue une femme de tête, encore, mystérieuse, peut être un brin inquiétante ou déstabilisante. On vient tout juste de commencer à tourner. C’est un personnage qui est très éloigné de moi. Pour la jouer, je suis partie du corps plus que du ressenti. Le premier jour, j’ai trouvé une démarche, une façon de se tenir différentes de la mienne, qui sont venues assez naturellement. C’est rigolo de jouer quelqu’un de bien différent de soi, c’est un challenge excitant. Je dois vraiment me projeter dans une situation que je ne rencontrerai jamais, en le faisant avec sincérité. Même si ses opinions, sa façon de faire, sa façon d’être sont extrêmement éloignées de moi. C’est un plaisir !

 

C’est l’occasion, une nouvelle fois, pour moi, d’observer mes collègues en action. Sur les tournages, je le fais souvent, cela me plait beaucoup, j’apprends tout le temps, quelle que soit la durée et le format du tournage. J’aime cela, je prends des notes mentalement.

 

Sur ces deux tournages-ci, avez-vous constaté des différences de rythme notamment, vous obligeant à adapter votre travail ?

 

La façon d’aborder le rôle reste la même. Que ce soit TF1 ou Arte, honnêtement, je n’ai pas senti de différence de rythme. Là où j’ai senti une différence, c’est plus entre une série et « Rendez-vous chez les Malawas » de James Huth, qui est en ce moment en salle. Nous avons tourné en Afrique du Sud, au milieu de dunes incroyables, dans des paysages plus hallucinants les uns que les autres. En raison du soleil, de la chaleur, la dynamique n’était pas la même. Alors que, d’une série à une autre, celles-ci ou encore « Access » l’année dernière pour C8 avec Ahmed Sylla, je n’ai pas senti de différence.

 

 

 

 

Quoi qu’il arrive, encore une fois, ma façon d’aborder mes personnages ne change pas. C’est plus la mise en condition qui évolue.

 

Dans un autre registre, vous allez reprendre en avril, à la Réunion puis en juillet, au Festival d’Avignon, la pièce « Maya, une voix ». Spectacle que vous aviez déjà joué aux beaux jours derniers à l’Essaion, à Paris. Quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience ?

 

Une expérience intense ! D’abord, de l’émerveillement. Un mélange d’excitation et de peur. Surtout lors de la première, avec ce trac que je ne connaissais pas et qui, finalement, m’a accompagnée lors de chacune des représentations, même si j’ai géré différemment par la suite. Une énergie incroyable, un engagement de tout mon être, en étant sur scène, un peu comme les enfants qui inventent lorsqu’ils jouent. Egalement la complicité avec mes partenaires et le metteur en scène Eric Bouvron, la générosité du public, son énergie. Oui, je crois que l’on peut parler de communion avec le public, qui était très différente d’un soir à l’autre, bien entendu. Mais elle était très forte, on recevait des vagues d’énergie, d’émotions, de force, d’amour. Et puis le sentiment de grandir dans le travail, de donner corps à des personnages et de les faire évoluer, pour les accompagner ou pour qu’ils m’accompagnent. J’ai aussi eu le sentiment de sauter dans le vide, chaque soir.

 

 

 

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, comment présenteriez-vous ce spectacle-ci ?

 

Il raconte l’histoire incroyable d’une femme exceptionnelle, Maya Angelou, auteure afro-américaine et une militante qui a travaillé avec Martin Luther King. Très connue aux Etats-Unis, elle est même étudiée au lycée, son œuvre fait partie des classiques. Notamment « I know why the caged bird sings » qui est autobiographique. C’est elle qui, juste avant le discours d’investiture de Bill Clinton, avait lu un poème incroyable.

 

La pièce revient sur son enfance et, sans tout en dévoiler, raconte sa résilience grâce à des rencontres déterminantes. Elle est devenue une femme de convictions, investie, un modèle et une figure très forte de la littérature. C’est un spectacle d’espoir, on n’est pas du tout dans quelque chose de plombant. Le public nous l’a souvent dit, il est touché, bouleversé.

 

Il y a également de la musique, gospel notamment, ces passages sont imprégnés de l’histoire de Maya Angelou. Nous jouons plusieurs personnages, ce qui est très excitant ! C’est une adaptation libre bien sûr mais l’idée est de contribuer, à notre manière, à faire découvrir Maya au public français. Nous sommes très fiers lorsque nous donnons envie au public de lire son œuvre!

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous interprétez plusieurs personnages sur scène. Comment passez-vous facilement d’un rôle à un autre ?

 

Les changements de personnages se font à vue, cela fait partie de la pièce. Le public nous accompagne dans la métamorphose. Le travail sur le corps des personnages, la posture, la façon de se déplacer, le rythme du phrasé également, cela m’a beaucoup aidé et bien sûr la mise en scène très vivante et très joyeuse !

 

En conclusion, quels sont vos autres actualités et projets artistiques du moment ?

 

Si vous aimez la SF, j’ai prêté ma voix au capitaine Ayo Kumo dans « Une odyssée martienne » de Stéphane Michaka sur France Culture. C’est un registre extrêmement différent mais très ludique ! (https://www.franceculture.fr/fictions/polarsf)

 

Et à suivre des projets fictions plus …effrayants !

 

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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