beIN SPORTS : Interview croisée avec Charlotte Gabas et Frédéric Viard, qui commentent le tennis !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : PANORAMIC

 

 

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Bonjour Charlotte, bonjour Frédéric,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

 

On peut vous retrouver aux commentaires des principaux évènements tennistiques diffusés sur les antennes de beIN SPORTS. Très simplement, pour commencer, d’où vous vient cette passion pour la petite balle jaune ?

Charlotte : J’ai commencé le tennis à l’âge de 5 ans, dans un petit club à côté de Tarbes, dans le sud. Initiée par mon frère qui a 5 ans de plus, comme je voulais tout faire comme lui, j’ai suivi ses pas. On a baigné là-dedans tout au long de notre enfance et de notre adolescence. J’ai joué sérieusement jusqu’à mes 18 ans, j’ai fait notamment les championnats départementaux et régionaux, je suis même montée 15. En parallèle, je faisais beaucoup de violon, je ne me suis pas consacrée qu’au tennis.

Mon frère est devenu ensuite arbitre international, j’ai voulu faire comme lui et je suis devenue juge de ligne et arbitre régional. Même si je n’ai pas continué sur ma lancée, c’est vrai que c’est le sport que je connais le mieux et dans lequel j’ai baigné toute mon enfance.

Frédéric : J’ai découvert le tennis tard, quand mes parents ont déménagé à Mennecy, en Essonne. J’avais alors 9 ans, c’était la première fois que j’allais sur des courts de tennis. Je n’ai jamais fait de compétition, j’ai toujours pratiqué cela en loisirs. J’aime cela, tout simplement et quand j’ai eu l’opportunité de le commenter en arrivant à Eurosport, je me suis jeté dessus. Depuis, c’est mon quotidien.

Est-ce que le tennis était une vocation ? Non, le sport était une vocation. J’ai pratiqué en compétition le foot, le rugby, le tennis de table mais pas le tennis. Depuis mes débuts à l’antenne, j’ai commenté un paquet de rencontres, je pense que Charlotte, petite, a dû m’entendre.

Charlotte : Oui, justement, c’était une de mes références. D’ailleurs, je te l’avais dit quand on s’était rencontré au Mans, tu travaillais pour Canal + et moi pour beIN SPORTS. Je m’en souviens très bien, je m’étais alors dit que je touchais du doigt la référenceJ.

Frédéric : Tu t’étais surtout dit : « ce n’est pas une légende, il est chauveJ ».

Charlotte : Je l’écoutais, c’est vrai, tout comme Agathe Roussel car, forcément, je m’identifiais à une femme. Sans oublier naturellement Nelson Monfort. Je l’avais d’ailleurs rencontré au Future de Bagnères-de-Bigorre, j’avais échangé avec lui étant toute jeune en lui disant que je voulais faire ce qu’il faisait déjà.

A la base, je voulais être journaliste, j’ai fait des études de cinéma aussi, je me voyais même critique donc c’étaient plus l’écriture et l’image qui m’intéressaient. Quand je suis arrivée à beIN SPORTS et que nous avons eu les droits du tennis, je me suis positionnée, j’ai sauté dessus même. Je suis rentrée dans le bureau de Florent Houzot en ce sens parce que, à la base, je n’étais pas forcément prévue dans le dispositif. Il a été gentil avec moi et a accepté.

Frédéric : Pour ma part, j’ai croisé Hervé Duthu, j’ai eu beaucoup de chance. C’est un vieux papy, je le dis avec beaucoup de respect, c’est lui qui a commenté la finale de Roland-Garros de Yannick Noah. J’avais 14 ans cette année-là, j’étais dingue de Noah donc la voix d’Hervé me parlait. Quand je suis arrivé à Eurosport, assez rapidement il y a eu assez rapidement une fusion avec TV Sport, où commentait Hervé Duthu. Donc je me suis retrouvé à côté de ce dernier et, un jour, il y avait besoin de remplacer en cabine le journaliste parti commenter le tournoi d’Estoril car la liaison ne marchait pas. Je me suis porté candidat, je l’ai fait, ça a plu à Hervé, qui m’a « cornaqué » et qui m’a dit de continuer les commentaires.

C’est fantastique d’avoir un gars comme ça, qui a tout connu, qui était revenu de tout, mais sans être aigri, sans vouloir non plus tout croquer ni tout manger. Accompagner un petit jeune et savoir lui taper dessus quand il commence à prendre feu, c’est très bien. J’ai eu cette chance là. Chaque fois que je le revois, c’est avec beaucoup d’émotions. Je n’ai pas pris sa suite car on ne prend la suite d’Hervé Duthu comme ça mais c’est bien d’avoir été accompagné. Maintenant, je me retrouve avec des jeunots et c’est moi qui ai l’image du papy.

On évoquait les commentaires des matchs de tennis. A titre personnel, avez-vous une méthodologie particulière de préparation, en amont des rencontres ?

Charlotte : Oui, forcément, on ne vient pas sans avoir rien lu ni préparé. En général, je prépare des fiches sur les joueurs et les joueuses tout au long de l’année, je les remplis en fonction de leur actualité. Spécifiquement sur un tournoi, je vais m’intéresser à ce qui se passe dans la ville, à l’histoire du tournoi, au palmarès. Par rapport au programme qui va nous être proposé dans la journée, on connait à peu près tous les joueurs et toutes les joueuses, sinon ce serait quand même problématique. Je me base sur mes fiches, je les remets à jour et, surtout, je fais pas mal de veille, au jour le jour. J’ai mes sites favoris pour cela, je note mes dernières infos pour pouvoir les distiller au gré du commentaire. Et puis je prends beaucoup exemple sur Frédéric Viard…

Frédéric : Ah bon, tu bois de la bière avant les matchs J ?

Charlotte : Non, mais je t’observe, en silence, quand nous sommes sur les déplacements et que je te vois préparer religieusement tes matchs sur ton petit cahier. C’est vrai que c’est intéressant de comparer les méthodologies. Je suis plus sur l’ordi, tu es encore au cahier et au stylo.

Frédéric : Je prends mes infos sur l’ordi mais je prépare sur mon cahier. Je fais pareil sur le rugby. Ecrire me met en tête. Je m’aperçois que je ne regarde quasiment jamais la fiche mais l’avoir faite m’a mis en mémoire les infos.

Hormis pour une finale de Grand Chelem ou de Masters, où nous avons le temps car il n’y a qu’un seul match dans la journée, où il y a une vraie spécificité et où il y a un vrai travail sur cahier, il n’y a pas une préparation pour un match en particulier, c’est une préparation de tous les jours en fait. Notre job est de prendre les infos au quotidien, de lire « L’Equipe » chaque matin, d’aller sur les sites spécialisés. Car on se nourrit de cela et ce sont ces éléments qui vont venir dans le commentaire. Après, notre rôle est aussi de raconter le match, pas forcément de donner 150 000 infos autour de la rencontre mais de donner la bonne info intéressante au bon moment dans le match.

Si une fille se retrouve à couler alors qu’elle mène 6-1 / 5-1, ça ne va pas être très intéressant pour moi de dire qu’elle a fait troisième tour au tournoi précédent mais peut-être de dire que, il y a 6 mois déjà, dans cette situation, elle avait eu une sortie de match terrible. Récemment, j’ai commenté Kiki Bertens en Fed Cup, où elle avait pleuré après avoir remporté le premier point car elle avait cru perdre le match, où aussi elle avait pleuré après le double parce que son équipe était éliminée. Lorsque, quelques jours après, je l’ai commentée pour sa première rencontre depuis ce moment-là, il aurait été dommage de ne pas avoir le petit background de ce qui s’était passé en Fed Cup. On n’aborde pas alors ce genre de matchs de la même manière.

Charlotte : Pour rebondir sur tout cela, c’est vrai que ce travail que l’on fait au quotidien n’est presque pas du travail, c’est juste la logique et le minimum que l’on doit faire. C’est limite un réflexe, le matin, de regarder les infos sportives.

Frédéric : On est comme des athlètes de haut niveau, on est obligé de s’entrainer tous les jours. Sinon, ça va se voir. On a « un peu de chance » car, sur le tennis, on fait tellement de commentaires que l’on peut passer à côté sans que ça se voit trop. A l’inverse, quelqu’un qui commente un match de Ligue des Champions par semaine sera davantage scruté. D’autant plus que, maintenant, les gens qui nous écoutent sont super pointus. Ils ont quand même une masse de connaissances à disposition qui est conséquente.

On a le hashtag  #TennisExtra sur lequel on pousse les gens à s’exprimer en direct, les téléspectateurs nous corrigent de suite si on dit une bêtise. Il y a peu, j’ai fait un lapsus sur la victoire de Kristina Mladenovic à Saint-Pétersbourg, j’ai dit 2016 alors que c’était 2017 et 10 secondes après les premières réactions sont tombées. Ça nous aide aussi.

On a évoqué l’avant antenne. Au moment du direct, avez-vous des petites astuces et préférences personnelles ? Aimez-vous, par exemple, laisser l’action se dérouler pour la commenter ensuite ? A l’inverse, vous plait-il d’intervenir pendant l’échange ?

Charlotte : La règle enseignée par Frédéric Viard qui, clairement, m’a lancée aux commentaires, est de ne pas parler pendant l’échange. De mon expérience de téléspectatrice, j’aime bien effectivement que ce soit le cas. L’important est de commenter ce qui se passe, de commenter l’action, de commenter la fin d’un beau point. On la décrypte alors avant l’échange suivant. C’est encore mieux quand il y a un consultant qui nous explique techniquement et stratégiquement ce qui est en train de se passer.

C’est vrai que je suis plus à l’anglo-saxonne, avec des moments de silence où je préfère voir ce qui se passe, pour ensuite distiller des infos entre les points.

Frédéric : Je crois que les gens n’aiment pas trop que l’on parle pendant les échanges. Si on est trop bavard, ils viennent nous le dire. Après, ça dépend aussi des matchs. Parfois, certains sont pénibles, il ne se passe absolument rien. On est obligé alors de sortir un peu de la rencontre et de raconter autre chose. Dans ce cas, c’est aussi notre rôle de maintenir l’éveil. Généralement, j’essaie quand même de ne pas trop parler pendant l’échange mais ça dépend aussi si on est seul ou deux.

Charlotte : Quand on est deux, c’est vrai que l’on va peut-être un peu plus parler pendant l’échange. Il y a, du coup, une humeur qui se met en place. On peut alors plus développer certains sujets. Evidemment, on ne va pas parler pendant des points très importants ou des moments clés d’un match.

Frédéric : Le commentaire, c’est un peu comme le rythme du match. Il y a des moments où l’on peut échanger et des moments où l’on ne peut pas. Charlotte faisait référence aux commentaires à l’anglo-saxonne, on a nous aussi notre style et les Italiens, par exemple, sont encore différents. Je me souviens d’un Murray-Wawrinka, à Wimbledon, match qui se joue le soir, peu de temps après l’installation du toit, mais que je ne commentais pas et que j’avais pu suivre sur la BBC. Au tie-break du 4ème set, des moments de dingue s’enchaînent et pendant 4 à 5 points, il n’y a pas de commentaires. Je pensais même m’être trompé et avoir activé l’option sans commentaires mais non, pas du tout. D’un coup, j’ai entendu un « Oh lovely shot ». Alors que j’aurais été debout sur la table si j’avais été aux commentaires. Donc on a vraiment des styles différents. Je crois d’ailleurs que c’est important que l’on ait chacun le nôtre et que l’on n’essaie pas de s’uniformiser. Je trouve que c’est important pour les gens qui nous écoutent d’entendre des façons de faire différentes. Notre façon de vivre le match est aussi notre manière d’être dans la vie. Donc je me laisse porter généralement par le rythme.

Charlotte : Moi aussi, je me laisse pas mal porter. De toute façon, ce n’est pas bien compliqué.

Frédéric : Il y a des jours où l’on est en forme et il peut y avoir des jours où l’on est fatigué, où l’on ne dit pas grand-chose, il y a des jours où, moi surtout, je raconte des « saucisses » tout le temps. Le tennis est quand même, avec le golf, le seul sport où l’on peut être à l’antenne 5 heures d’affilée. On passe alors par tous les états d’âme. Je ne crois pas qu’il y ait une ligne directrice possible, mais ça n’engage que moi.

Charlotte : J’ai passé 7 heures d’affilée récemment aux commentaires, de nuit, sur USA-Lettonie en Fed Cup. Les Américaines menaient 2-0, j’y étais allée en me disant que ce ne serait peut-être que pour un match mais j’ai fini à 8 heures du matin, sur le double décisif. J’ai dû prendre un petit café avant cette rencontre car je me doutais qu’il y aurait du suspense, je me devais donc d’être au rendez-vous, à l’heure où les gens se réveillent. Avec, du coup, potentiellement plus de monde devant sa télé. C’est vrai que j’étais un peu dans le dur.

Frédéric : C’est ce qui est difficile dans les commentaires de nuit. A 7 heures du matin, on est au fond de la marmite mais c’est l’heure à laquelle les gens se réveillent.

Charlotte : Il ne faut pas les oublier mais j’avais des bonbons sur mon bureau pour tenir.

Frédéric : Avec Hervé Duthu, nous faisions l’Open d’Australie sur Eurosport. Lui était sur place et je faisais les plateaux à Paris. A 1 heure du matin, on est pleine bourre, à 4 heures on fait des séances de tirs au but dans le couloir, à 6 heures on est décalqués et à 7 heures les gens allument leur télé. Sur le plateau, on a des cernes plein le visage, on a qu’une seule envie, celle de rentrer chez soi. J’avais pris un tir via Melbourne d’Hervé qui m’avait demandé de faire quelque chose – de prendre une douche, de me mettre des claques,… – parce que, si à 7 heures les gens voient un commentateur endormi, ils n’ont pas envie de regarder et vont se recoucher. C’était vrai mais la solution était en fait qu’un autre commentateur prenne le relais à 5 heures.

 

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Toujours en lien avec vos commentaires, quelles différences ressentez-vous lorsque vous êtes sur l’évènement, comparativement aux cabines ?

Charlotte : Ça n’a rien à voir. Rien que dans l’appréhension de l’évènement, on a plein de petites infos en discutant avec les gens. On aime bien arriver au stade un peu tôt avec Fred. Je prends l’exemple de Doha, quand on est tous les deux et que l’on couvre toute la semaine, il nous plait de discuter avec le directeur du tournoi, avec un coach, avec le père d’une joueuse. On a pas mal d’infos que l’on a moins lorsque l’on reste à Paris. Les formidables notes préparées par la WTA ne remplacent pas le terrain.

Frédéric : C’est une lapalissade mais c’est beaucoup plus facile sur place car on est portés. Après, on fait tellement de cabine que je mets quiconque au défi de voir la différence. Pourtant, il y en a une.

Charlotte : Dans l’enthousiasme, dans l’énergie, je trouve qu’il y a une vraie différence.

Frédéric : C’est même le cœur de notre métier. Comme un journaliste de presse écrite ne pourrait pas faire tous ses papiers en restant au bureau. On ne peut pas chiffrer précisément dans un bilan comptable la différence dans le commentaire quand on prend un vol et que l’on réserve une nuit d’hôtel pour être sur place mais plein de petits trucs vont faire que ce ne sera pas le même rendu.

Charlotte : Notamment la discussion au petit déjeuner parce que l’on aura croisé un coach. On est baigné dans l’évènement et les infos viennent à nous. Je pense aussi à la Coupe Davis, où l’on est au cœur de l’évènement. On a vécu similairement l’ATP Cup 6 semaines après. On n’a pas l’impression de vivre la même compétition.

Frédéric : On est porté, nourri de petites infos. Même visuellement. Un de mes combats est d’être à l’hôtel des joueurs et des joueuses. Pas uniquement parce qu’ils sont dans de beaux lieux, même si ça aideJ. En fait, ça nous permet de les voir hors du match. On détecte plein de petites choses, le joueur qui est bien, celui qui ne l’est pas. On remarque aussi qui parle avec qui. On comprend d’autres choses, notamment en termes d’état d’esprit. J’entends que ça coute cher mais ça se voit à l’antenne, sans qu’on le sache.

Je suis intimement persuadé que, au bout d’un moment, si on ne le fait plus, les gens qui nous écoutent vont trouver que nos commentaires sont un peu différents.

Charlotte : La valeur ajoutée n’est pas exactement la même quand on est en cabine, loin de l’évènement, pour quelqu’un qui est devant sa télé et qui a aussi accès à toutes nos sources d’informations. On peut passer des coups de fil mais on n’est pas baigné par l’ambiance, ni par le petit aléa qui va se passer le matin sur le cours d’entrainement.

Frédéric : Sur un grand évènement, il y a quelque chose en plus. On était à Perth pour la finale de Fed Cup et j’ai pleuré là-bas.

Charlotte : Je pense que je n’ai jamais autant vibré sur une compétition. J’ai été étonnée que ce soit à Perth. Je m’attendais que ce soit en finale d’une Coupe Davis, compétition qui a une plus grande histoire encore. Là, j’étais prise par l’émotion. J’ai trouvé cela fabuleux. Cela aurait été différent si nous avions été en cabine à Paris. Ça n’aurait rien eu à voir, parce qu’on les a suivies, parce qu’on les a vues avant et après.

Frédéric : En commentant de journée sur place, on a mis une énergie qui n’aurait pas été la même si nous avions commenté de nuit à Paris. Je pense que le téléspectateur le ressent. De la même manière, quand on commente une épreuve qui est très loin, la distance même involontaire que l’on a avec l’évènement lorsque l’on est en cabine, n’existe plus sur place. De nos jours, les moyens techniques font que l’on n’entend plus de différence à l’oreille. J’aimais bien quand ce n’était pas le cas, ça donnait encore un peu plus de grain, de sel aux commentaires.

Notre quotidien est généralement d’être en cabine, car les déplacements coûtent chers, surtout sur le tennis, où les tournois durent une semaine en général. Mais c’est capital de garder le lien pour les grands évènements, en se rendant sur place. Je pense que, si certaines chaînes, aujourd’hui, perdent des abonnés, c’est parce qu’elles ont fait des économies là-dessus. Ce qui faisait la petite différence n’est plus entendu par les téléspectateurs, qui refusent donc de payer un peu plus cher. Cela n’engage que moi.

Quels sont les prochains grands évènements de tennis à venir sur les antennes de beIN SPORTS ?

Charlotte : Le tournoi WTA de Doha cette semaine, un gros tournoi, où l’on est sur place. Avec toutes les meilleures joueuses du monde qui présentes. On est dans de très bonnes conditions pour travailler, on commence à connaître tout le monde sur place, à force de couvrir l’évènement depuis 2014. Aussi parce que c’est un peu la maison. On a accès aux joueuses, on les voit à l’hôtel le matin, on les voit ensuite à l’entraînement, on peut avoir des discussions avec elles.

Viendra ensuite la tournée américaine, avec Indian Wells et Miami. Ce sera aussi un gros temps fort.

Frédéric : On recommencera « Court Central » tous les jours, on commentera aussi de nuit. Oui, c’est un gros rendez-vous, au mois de mars, qui est toujours très intense. Dans la foulée, il y aura la Fed Cup en Hongrie, avec un tirage au sort qui est jouable pour la France, contre la Russie et la Hongrie, le pays hôte. Sans oublier les ¼ de finale de la Coupe d’Europe de rugbyJ.

Pour finir, quels sont les principaux moments marquants vécus que vous retenez plus encore que tous les autres ?

Charlotte : J’en parlais avant, la finale de Fed Cup à Perth, c’était énormément d’émotions, ce fut de très beaux matchs, des exploits fabuleux. Etre témoin de ce genre d’expérience, de ce genre d’évènement est toujours une chance et un privilège. Il y a aussi eu le dernier Wimbledon, clairement, avec cette finale de dingue entre Federer et Djoko. J’ai eu la chance d’être off ce jour-là et d’être dans le stade grâce à Sébastien Grosjean qui m’avait obtenu une place au tout dernier moment, via le système du « Last 8 ». Après, c’est toujours difficile de choisir des moments en particulier, il y en a beaucoup.

Frédéric : La première fois que je suis allé à l’Open d’Australie, en 1997, j’avais l’impression d’être un gamin chez un marchand de bonbons. J’étais fou de joie, ça s’entendait à l’antenne. Aussi les Jeux Olympiques d’Atlanta l’année d’avant. C’est le graal pour un journaliste.

Charlotte : C’est mon rêve, clairement.

Frédéric : J’ai commenté sur place les 4 finales du tournoi du Grand Chelem, j’ai quasiment commenté dans tous les pays du rugby, j’ai fait l’équipe de France à l’Eden Park d’Auckland. J’ai commenté aussi des matchs de la coupe du Monde, j’ai eu de la chance, énormément de chance même. J’ai vécu des moments magnifiques, j’ai pleuré sur des Marseillaises, j’ai fait la finale de la coupe Davis 2010 à Belgrade. J’ai cru qu’on allait la gagner, pensant alors commenter une victoire des Bleus puis on s’est effondré. J’ai commenté aussi Amélie Mauresmo et Marion Bartoli qui gagnent à Wimbledon. A l’inverse, j’ai commenté également la plus grande raclée de l’équipe de France de rugby en Nouvelle-Zélande. Je suis passé par des hauts et des bas. J’ai trop de moments en tête et tant mieux. J’espère surtout en avoir encore plein d’autres à vivre.

 

Ce fut un plaisir, Charlotte et Frédéric, d’échanger avec vous deux !

Publié dans Télévision

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