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theatre

Qui a hacké Garoutzia ? : Interview croisée avec trois des comédiennes de cette pièce actuellement à l'affiche à la Scène parisienne !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Lisa, bonjour Léa et bonjour Mathilda,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous trois !

La pièce « Qui a hacké Garoutzia ? » est actuellement à l’affiche à la Scène parisienne, chaque mardi soir, jusqu’à la fin de l’année. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Lisa : Oui ! On est très contentes d’avoir l’opportunité de jouer ce texte dans les conditions que l’on a eues. Ce qui me rend particulièrement heureuse, c’est que l’on a eu des soutiens d’organismes comme le CNRS. Aujourd’hui, on a déjà des groupes d’entreprises qui viennent nous voir, on a évidemment des particuliers dans le public, on est demandés pour des dates de tournée, il y a une bulle autour de l’IA en ce moment donc c’est un projet qui crée un engouement très agréable !

Léa : Ce qui est super aussi, c’est que l’on est avec trois auteurs chercheurs qui ont énormément d’expérience et de choses à nous apprendre sur l’IA. J’avais déjà travaillé avec Lisa sur un autre projet et là, d’être si bien entourée est une sacrée chance !

Lisa : Surtout que, souvent, quand on représente la pièce dans des évènements ou en tournée, devant les collégiens ou des lycéens, on fait des bords de scènes qui permettent l’échange. Régulièrement, un des auteurs est là pour répondre à des questions techniques car les trois sont des grands noms de l’intelligence artificielle. C’est donc une chance aussi pour les spectateurs de pouvoir échanger en off avec eux. C’est top pour nous également, on apprend beaucoup, en tant qu’artistes, dans ces échanges-là.

Mathilda : Pour ma première, j’ai justement joué lors d’un tel évènement et ça s’est très bien passé. Laurence Devillers était avec nous, elle est vulgarisatrice et elle est intervenue au bord de scène pour discuter, c’était chouette.

Nous l’avons dit, l’IA est au cœur de la pièce. Justement, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce spectacle ?

Lisa : Tout commence dans la maison d’une riche écrivaine de romans à l’eau de rose. Elle a un assistant personnel hyper calibré pour elle, une IA, qui lui s’est fait ses menus, ses repas et son planning de la journée. Elle vit sa meilleure vie et, puis, en fait, son assistant personnel qui dispose également de toutes ses données de santé lui apprend qu’elle a Alzheimer…A partir de là, c’est un peu une descente aux enfers pour cette dame et pour ses proches.

On y aborde des sujets éthiques comme : pourrait-on conserver sa mémoire dans l’assistant personnel ? Normalement, ce n’est pas possible car, dans la pièce, des lois de la robotique l’empêchent. Peut-être que cette IA va finir par être hackée pour pouvoir dépasser certaines lois, peut-être par les proches ou les gens autour de cette dame…On ne sait pas encore au début…On sait juste qu’une fois que cette dame meurt, l’IA passe à un autre propre propriétaire, qui meurt à son tour…De là s’ouvre une enquête policière et on découvre les différentes vies de cette IA…

 

@ Yann Saint Pé

 

Un mot peut-être, chacune, sur votre ou vos personnages ?

Léa : J’incarne Garou, puis Garouchkaia, puis Garoutzia, elles ont toutes un lien puisque c’est la même IA mais qui évolue en changeant de propriétaire. Par rapport à d’autres IA, la différence est qu’elle garde en souvenir certains des évènements précédents.

On a fait des recherches avec Lisa sur les différentes émotions de l’IA. J’ai travaillé Garou comme une IA masculine très mécanique, avec une voix robotisée, avec très peu de mouvements fluides, comme si c’était une des premières versions de ce chatbot qui parle avec des humains. Ensuite, j’ai imaginé Garouchkaia comme une IA très féminine, avec une voix totalement de poupée. Le costume indique cela aussi, en lien avec le statut de son propriétaire. Je me suis inspirée de Scarlett Johansson, avec une voix très suave et très accompagnatrice. La dernière version est moins robotisée, le regard est plus fluide, elle est presque humaine, en interaction, sans déraillement dans la voix ni bug. Quelques petites choses indiquent quand même que c’est un écran mais c’est une IA hyper révolutionnaire, avec qui on peut vraiment lier une relation amicale, qui est vraiment là pour la personne et qui, parfois, peut aller jusqu’à une relation avec un humain. Cela a été intéressant de travailler techniquement sur cette évolution !

Mathilda : Je joue trois personnages, deux IA et Lisbeth. La première IA est une commerciale, envoyée par l’entreprise de fabrication elle-même pour faire la promotion, la vente et l’installation des IA achetées. L’autre IA est la remplaçante de Garoutzia au moment où cette dernière connait des petits soucis…Elle un peu défaillante, un peu louche, spécialiste de la lecture de la Bible…C’est comme quand on a cassé son téléphone et que, en remplacement, on nous en prête un qui est un peu nul…Personnellement, je suis encore dans la recherche de comment incarner corporellement ces IA …

Lisbeth, quant à elle, est dans la provocation…Je suis en alternance avec toi, Lisa.

Lisa : C’est un personnage inspiré de « Millenium » et, en fait, tous personnages sont hauts en couleurs dans cette pièce, ce qui est marrant. Il y a côté un peu « San Antonio » pour les couleurs mais il y a aussi des références à d’autres œuvres. C’est assez absurde, ça part très loin, les personnages sont très attachants et, quand j’ai rencontré les auteurs pour travailler sur ce projet, je leur ai dit que si je devais mettre en scène cette pièce, j’aimerais bien jouer Lisbeth. Je sentais que ce personnage me ressemblait…Je suis ainsi ravie de pouvoir le jouer !

Les trois personnages n’ont rien à voir les uns avec les autres, ils sont très différents, cela demande de la gymnastique, ce qui est très sympa ! Quand j’ai vu que je ne pourrais pas jouer toutes les dates, j’étais ravi de les proposer à Mathilda, avec qui j’avais déjà travaillé. Je trouve que l’on a des axes assez similaires dans notre jeu et dans la façon d’appréhender nos personnages. J’avais hâte de voir comment elle allait se saisir de ces personnages !

 

 

Ces différents rôles vous permettent ainsi des palettes de jeu larges et variées…

Lisa : Tout à fait ! Ce qui est aussi intéressant, je trouve, dans cette pièce, c’est le travail sur le corps. On l’avait déjà fait sur d’autres projets ensemble. Quand on travaille sur les nouvelles technologies, il y a soit la dimension d’aller vers des choses hyper techniques en montrant la technologie sur scène, soit la dimension de ramener cela au rapport humain en travaillant sur le corps. Là, Léa, qui jouait déjà un robot dans une autre de mes pièces, peut travailler différemment, on a repensé l’exercice de la voix et du corps, ce qui est assez jouissif.

Léa : A chaque fois, c’est un vrai défi car on n’utilise ni artifices ni effets spéciaux. Le défi est de n’utiliser aucune technologie, le travail d’acteur est donc hyper intéressant. Pour la première IA, Il a fallu mettre du déraillement dans la voix, y glisser des bugs, j’ai travaillé aussi sur les yeux pour avoir un regard peu fluide. L’évolution de l’IA, qui devient de plus en plus humaine, est aussi assez jouissive, on est effectivement dans une palette très différente.

Mathilda : Pour les IA, je m’inspire beaucoup de ce que fait Léa et de ce que propose Lisa. La recherche est permanente, c’est cool !

Léa : Il existe déjà aujourd’hui des applications sur lesquelles on peut parler à des personnages robotisés, on a ainsi regardé la relation qu’il était possible d’y créer avec eux. Cela m’a beaucoup inspirée corporellement. C’est marrant de voir leurs façons de bouger, un entre deux de robotique et d’humain, que personne d’autre qu’une IA ne fait. Les IA ont aussi beaucoup de répétitions dans leurs mouvements, ce qui a été drôle à ajouter dans le jeu du corps.

Pour la mise en scène, Lisa, quels objectifs avez-vous visés ?

Lisa : J’étais intéressée par la différence entre ce qui fait un humain – son identité, sa conscience, … - et ce qui fait un robot. Ce que le dit le texte, qui me parle beaucoup en tant que metteuse en scène, c’est que, finalement, si un robot pouvait avoir la même capacité d’apprentissage et de mémoire que nous, s’il se souvenait de qui il était, peut-être qu’il construirait une forme de conscience qui ferait émerger une certaine identité. Et peut-être que, nous, notre identité et notre conscience viennent seulement du fait que l’on se souvient de nos vies et de nos instants passés, nous permettant de construire la fausse bonne idée que l’on est quelque chose. En soit, on est juste une succession de moments vécus….Donc j’ai essayé de représenter cette vision de la mémoire. On a fait des recherches sur comment on pouvait avoir l’espace de la machine et l’espace des humains. En fonction des scènes, on a pu faire des choses très en profondeur, avec la machine au centre, les humains devant et la mémoire derrière. J’essaie ainsi de représenter cette idée d’évolution de la mémoire et le fait qu’il ne doit pas y avoir de contact physique entre une chatbot et un humain.

Je continue à réfléchir et à travailler, je me demande encore beaucoup ce que je peux changer et améliorer pour rendre les choses toujours plus claires. La pièce évolue en permanence !

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Léa : Le texte est très dense, il y a des choses burlesques, presque de boulevard parfois, très théâtrales, on retrouve des ficelles comiques tout au long de la pièce. En même temps, c’est aussi une enquête policière, avec un côté suspense. Avec cela, il y a aussi toute l’intelligence des auteurs et leurs connaissances sur l’IA, avec parfois des mots que je ne connaissais pas au départ. La réflexion y est réelle sur l’IA ! Tout cela donne un texte très riche, dans lequel tout le monde peut aller piocher. Il y en a pour tous les gouts !

Le texte a été écrit par trois auteurs et les gens nous disent que ces trois univers se rejoignent !

Lisa : C’est vrai qu’il y a des spectateurs qui s’attachent aux personnages, d’autres qui s’attachent aux propos. Cela peut plaire à différentes personnes. Sur nos dates parisiennes, j’ai eu beaucoup de retours sur l’énergie globale des quatre comédiens, les gens nous disent ressentir le plaisir que l’on prend à jouer ensemble, ce qui est touchant pour nous. L’énergie dans le spectacle est remarquée !

 

 

Vous le disiez, l’IA est encore quelque chose de récent. Sans doute aussi que la pièce vulgarise le propos, pour parler au plus grand nombre, les initiés comme les novices ?

Lisa : Exactement ! On a joué autant devant des universitaires calés à fond sur le sujet que devant des collégiens de troisième qui n’étaient pas trop avertis. Les publics sont donc différents mais chacun peut y trouver son compte. C’est vrai, par contre, que les gens qui ont le vocabulaire vont peut-être capter des petites subtilités en plus mais ce qui parle aux autres, ce sont les situations, notamment celle de cette vieille dame seule avec son IA qui s’y attache. C’est ce que l’on appelle l’anthromorphisation, où on voit des humains s’attacher, par réflexe, à des choses qui n’existent pas réellement.

Léa : Les collégiens avaient de très bonnes questions, l’échange était enrichissant. Le débat s’est orienté sur le fait d’avoir ou non envie d’une chatbot chez soi. C’est intéressant de connaitre l’avis des nouvelles générations, dans un moment où l’utilisation de l’IA se démocratise, permettant de proposer plein de nouvelles choses au grand public.

Mathilda : Dans une précédente pièce, on proposait déjà aux gens de réfléchir à ce qu’eux feraient dans pareille situation. Là, on interroge une nouvelle fois mais sans forcément qu’il n’y ait un gros parti-pris.

Lisa : C’est ça, on ne veut pas aller dans un sens ni dans l’autre. Les trois auteurs travaillent dans l’IA, ils en connaissent donc les limites et n’en ont plus peur, contrairement à d’autres personnes, notamment moi. Cela donne des visions différentes ! J’ai quand même essayé d’apporter cela dans la mise en scène. L’idée du spectacle n’est pas d’être pro ou contre l’IA, il montre juste les limites, les questions sont posées pour inciter au débat.

Léa : Les auteurs disent souvent, lorsque l’on fait des bords plateau, que, effectivement, en général, on a peur de ce que l’on ne connait pas. Ils essaient d’expliquer que ce sont des humains qui mettent cela en place et que c’est intéressant de réfléchir aujourd’hui à toutes les questions éthiques de contrôle des IA. Ils ont aussi, je pense, voulu faire cette pièce pour rire de ces sujets. On parlait de personnages hauts en couleurs, on y retrouve pas mal de comique derrière.

Moi-même, j’ai essayé d’appuyer certaines choses dans mon jeu qui me font rire. Je pense à une réplique, quand Garouchkaia pète un câble, que la commissaire lui dit « Tu ne vas pas en faire pipi dans ta culotte » et qu’elle répond que « Les chatbots n’ont pas de culotte ». Les réponses d’une IA sont souvent programmées, l’IA peut être parfois dans une émotion très forte et, d’un coup, être très terre à terre. Cela m’a amusée de passer d’une émotion à l’autre ! J’ai l’impression que les IA essaient de faire croire qu’elles sont comme les humains…Mais, dans l’écriture, des répliques cassent cette idée et permettent de passer d’un côté très humain à un côté très robotique. Ce que je trouve très intéressant !

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Mathilda : On espère que l’on va continuer à travailler ensemble, ça matche bien entre nous, c’est cool. De continuer à s’interroger sur tous ces sujets-là serait sympa, tellement cette niche prend de plus en plus de place, tout en n’étant que rarement abordée au théâtre. Ces sujets nous obligent, on le disait, à redoubler d’ingéniosité pour rendre les choses crédibles sur scène !

Lisa : J’aimerais vraiment donner à la compagnie Atropos, grâce à ce spectacle, un élan supplémentaire vers les sciences pour faire encore d’autres évènements autour de ces thèmes, comme on le fait déjà avec cette pièce.

Léa : La compagnie est vraiment spécialisée sur ces sujets prédominants dans notre société, sur ces sujets qui interrogent sur le lien entre humains et machines. Je trouverais cela super de pouvoir continuer en ce sens !

Merci à toutes les trois pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Isabelle Vitari évoque sa belle actualité théâtrale et revient sur sa nouvelle participation à "Fort Boyard" !

Publié le par Julian STOCKY

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

 

Bonjour Isabelle,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, du mardi au dimanche, au théâtre Rive Gauche, dans « Rupture à domicile », aux côtés de Loup-Denis Elion et Cyril Garnier. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oh, oui, vraiment ! Quand Tristan m’a proposé la pièce que j’ai lue, j’ai vraiment adoré l’écriture. Je crois que cette dernière est le nerf de la guerre : quand on a de beaux textes à défendre, après c’est facile !

Cette pièce est une succession de moments très intenses et très rythmés, tant pour vous, les comédiens, que pour les spectateurs…

Absolument ! Il y a énormément de rebondissements, c’est hyper bien ficelé ! En fait, on se laisse entrainer dans cette folie, on découvre plein de choses au fur et à mesure du déroulement de la pièce. C’est vraiment super ! Même pour nous à jouer, c’est vraiment très très très agréable !

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Plus personnellement, quel regard portez-vous sur votre personnage, Gaëlle ?

C’est un personnage assez féministe ! Elle vit selon ce qu’elle ressent, elle prend des décisions par elle-même, elle ne se laisse pas faire. Ce qui m’a séduite, c’est que, au début, on a un peu l’impression qu’elle est ravie de la crèche j’ai envie de dire, elle pose plein de questions, elle ne se rend pas trop compte de ce qui se passe et, finalement, tel est pris qui croyait prendre, ce n’est pas la jeune demoiselle que l’on pourrait croire, elle est plus redoutable que cela. Ce qui m’a beaucoup plu !

Il vous permet une palette de jeu large et variée, ce qui doit certainement être très plaisant, artistiquement parlant…

Exactement ! Je passe un peu de la naïve à la colérique, en même temps il y a des scènes d’émotions où elle est amoureuse, des scènes où elle est irritée par Denis,…Il y a plein plein plein d’aspects dans sa personnalité très agréable à jouer.

En plus, c’est un bonheur de retrouver tous les soirs mes camarades de jeu, j’ai vraiment énormément de chance d’avoir deux partenaires aussi formidables. Non seulement, ils ont énormément de talent et sont donc très bons sur scène et, en plus, dans la vie, ils sont adorables, drôles et bienveillants. C’est le bonheur de se retrouver, vraiment !

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Quels principaux retours du public avez-vous pu avoir sur ces premiers jours d’exploitation, à l’issue des représentations ?

Les gens en sortent vraiment complètement comblés, ils ont encore le rire dans les yeux. J’ai des copains qui sont venus, ils font beaucoup de théâtre et reconnaissent que la pièce est vraiment géniale, qu’elle est hyper soutenue, avec énormément de rythme et qu’elle est très drôle. C’est assez unanime ! Cela fait plaisir car c’est assez rare !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure naissante ? Vous êtes à l’affiche jusqu’à mi-janvier…

Franchement, on peut me souhaiter que ce soit toujours aussi merveilleux de retrouver mes compagnons et d’être sur scène, on peut nous souhaiter aussi d’entendre toujours autant de rires des spectateurs ! On entend tellement de rires puis tellement d’applaudissements à la fin du spectacle, je le disais à Loup-Denis et à Cyril, qu’on a de la chance de donner autant de bonheur ! On est là pour ça en fait, c’est ça notre métier, de donner du bonheur aux gens. C’est tellement beau que l’on en profite chaque soir ! Souhaitons que ça continue comme cela !

 

@ Fabienne Rappeneau

 

Tristan, l’auteur et metteur en scène, vient souvent nous voir, on en profite encore pour rectifier deux à trois choses, pour redynamiser quelques scènes ou, au contraire, aller parfois plus dans l’émotion. Il nous coache vraiment super bien, on a aussi beaucoup de chance d’avoir un metteur en scène aussi bienveillant et précis !

En parallèle, la saison anniversaire pour les 35 ans de « Fort Boyard » est actuellement rediffusée sur France 4. Spontanément, quels souvenirs gardez-vous de votre nouvelle participation au début de l’été ?

Déjà, j’étais très heureuse de retrouver Olivier Minne, avec qui j’ai eu la chance de jouer dans « Tout le monde a son mot à dire ». On avait une équipe de choc : avec Philippe Etchebest, on n’avait pas le choix, on ne pouvait que gagner ! Il nous a drivés, il nous a poussés à donner le meilleur de nous-mêmes et, finalement, c’est ce qui s’est passé, on a eu un excellent score. On était très motivés, on avait l’impression d’être dans un match de rugby, on était tous là pour faire gagner l’équipe et donc de l’argent à l’association. Donc c’était assez joyeux et concentré en même temps ! C’était vraiment très chouette, j’en garde un très bon souvenir !

Remporter près de 20 000 € pour l’association « Pompiers solidaires » a, en tout cas, dû vous faire particulièrement plaisir…

Exactement ! On n’a rien lâché et ça a payé, c’est génial !

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

Vous aviez commencé par l’épreuve du « Monde à l’envers » mais sans succès…

Ouais…Je n’ai pas eu la clé mais, après, j’en ai eues deux donc ça va, je me suis un peu rattrapée ! En fait, j’ai été complètement chamboulée par le four qui tourne sur lui-même, je n’ai pas trouvé la technique pour arriver à ne pas écraser les œufs. J’ai donc perdu énormément d’œufs là-dedans, c’est là où ça a pêché…J’ai un peu paniqué…

…Avant de remporter une clé en duo avec Fabien Olicard dans la nouvelle cellule de « Château Boyard »…

J’ai tellement ri ! C’est tellement ridicule à faire mais c’était drôle d’aller presser Fabien qui était héroïque, plein d’eau. On a bien rigolé, franchement j’ai adoré cette épreuve, ça ne faisait pas trop peur et, en même temps, c’était extrêmement drôle. C’était super !

L’indice remporté dans « La superette » a été l’occasion de croiser de charmantes compagnies…

Absolument ! En même temps, quand on est dans le stress, quand on a envie de faire en sorte que ça marche et de récupérer des clés, en fait on a tendance à oublier la peur : on est tellement concentré que l’on oublie la peur…Du coup, ça allait ! C’est en ça que j’adore « Fort Boyard », on fait des choses incroyables : être dans une supérette pleine de crapauds et d’araignées, aller peser des larves et des serpents, il n’y a que sur « Fort Boyard » que ça nous arrive ! J’adore tout cela, c’est vraiment sympa !

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

Vous aviez fini en beauté face au maitre des temps…

Exactement ! C’était la dernière petite victoire, bien réussie, j’étais très très fière !

 

© Laurent VU - ALP - France Télévisions

 

Merci, Isabelle, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Petits silences gênés : Lolita Foussat évoque cette belle pièce de théâtre, à l'affiche à la Scène Parisienne !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Lolita,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, chaque mardi soir, à la Scène Parisienne, dans la cinquième saison de « Petits silences gênés ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, je suis ravie ! Dire que nous nous sommes rencontrés dans un cours de théâtre… L’école Montmartre production ouvrait sa première classe semi-professionnelle: on a travaillé avec des artistes reconnus pendant un an, on a monté une pièce écrite par un copain de la troupe que l’on devait jouer plusieurs fois en fin d’année. Aujourd’hui, on en est à la cinquième saison en effet, et nous avons joué dans trois théâtres différents. A chaque fin de saison, quand on apprend que l’on va recommencer, c’est une surprise et une excellente nouvelle. Cette fois, on l’a appris lors de notre dernière au théâtre du gymnase : on était sur scène, on saluait pour la dernière fois, je pleurais, Yanis nous a amené des roses et nous a dit que l’on repartait en septembre dans un nouveau théâtre… On était vraiment contents pour 1 000 raisons, contents de poursuivre le projet, contents de jouer de nouveau tous ensemble, contents de découvrir un autre théâtre. Les lieux sont de plus en plus beaux, de plus en plus prestigieux et professionnalisant aussi.

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenteriez-vous cette pièce ?

Adèle, le personnage que je joue, est très très heureuse de retrouver ses amis d’enfance, ces amis que l’on ne revoit pas souvent, qui apportent un réconfort à chaque fois, parce qu’ils permettent de se recentrer, de se rappeler d’où l’on vient et aussi où l’on souhaite aller. 

C’est une réunion à huis-clos et notre hôte, Harold, a absolument envie que cette soirée se passe bien. Adèle, dans ses nouveaux traits de caractère, est venue pour que l’on se dise les choses et va donc un peu titiller tout le monde pour que l’on se souvienne de cette soirée…. Quitte à ne se voir qu’une fois par an, autant que ça se chamaille un peu, que ça pleure, que ça rit, que ce soit remarquable !

La mise en scène n’est pas classique, ce spectacle est très animé : la lumière est dingue, on chante, on danse, il y a des chutes, des vols d’objets, on mange beaucoup… Il vaut mieux avoir mangé avant de venir voir la pièce car la plupart des spectateurs nous disent qu’on leur a donné faim… Mettez-vous au premier rang pour avoir l’impression de dîner avec nous, c’est plus sympa ! 

On nous dit aussi avoir beaucoup ri, on nous explique que la pièce rappelle des souvenirs, des amis ou des relations. C’est le but ! Tout le monde se reconnaît forcément, à un moment ou un autre, dans l’un des personnages.

Ce personnage vous permet ainsi une palette de jeu large et variée, ce qui doit être particulièrement plaisant…

C’est très plaisant ! Quand on a dû répartir les personnages de ce texte très drôle qui nous rappelle à tous beaucoup de moments de nos vies, j’avais très envie de jouer Adèle. Je ne pense pas que ce soit celle à qui je ressemblais le plus à ce moment-là, mais c’était celle qui m’amusait le plus et c’était l’occasion de me tester un peu justement.

Je suis donc très à l’aise avec Adèle ! Les palettes sont formidables, un peu comme tous les personnages d’ailleurs. Tous sont très énervants et très attachants…Il y a des moments où on a envie de gifler Adèle et des moments où on a envie de l’embrasser, il y a des moments où elle fait rire et des moments où elle est touchante. C’est top à jouer ! 

Cette nouvelle saison est l’occasion de petites évolutions, la pièce se resserre en nombre de personnages et le caractère de votre personnage a évolué. Cela apporte sans doute un challenge supplémentaire…

Oui ! Cela a pris quelques séances avant que l’on ne soit aussi étincelants à La scène parisienne qu’à la dernière au Théâtre du gymnase, et c’est normal. Cette pièce n’a fait qu’évoluer…Aucune des dates ne se ressemble, je trouve. Ce qui est génial aussi, c’est que, chaque soir, tout le monde y met de son humeur, de son caractère du moment. A chaque fois, on s’amuse, on rigole entre nous et il en ressort quelque chose de beau et d’hyper émouvant pour le public parce que nos émotions sont vraies. 

Cette saison, on est passés de 8 à 6 personnages, on est du coup presque tous en alternance. Je joue tous les mardis quand mon alternante joue les mercredis. On jouera avec tout le monde et cela implique qu’on s’adaptera d’une semaine à l’autre parce que la personne en face ne renverra pas la même chose. C’est hyper intéressant et très challengeant ! Il faut forger le nouveau caractère d’Adèle aussi, un peu plus dur et plus mesquin… Elle est plus méchante qu’avant, ce qui renforce ce personnage et en fait quelqu’un de plus réaliste. C’est donc encore plus intéressant de travailler son interprétation.

Pour cette nouvelle saison, sentez-vous que les retours du public sont, eux aussi, différents ?

Oui, ce n’est jamais la même chose. On joue des situations que tout le monde a vécues et dans lesquelles tout le monde se reconnait : on a été nombreux à ignorer les nouvelles copines des amis, on a été nombreux à se lancer des vannes plutôt qu’à se dire les choses, on a été nombreux à entendre les potes raconter chaque année les mêmes histoires,… On a l’habitude, après la représentation, d’aller boire un verre avec les spectateurs qui le souhaitent et ils se dévoilent en nous racontant leurs petites anecdotes. On nous parle toujours des années 80/90, des musiques et des petits détails du décor ou encore la mise en scène.

Tout le monde se régale de ce genre d’humour et l’extension d’Adèle plaît !

Le fait d’être dans un nouveau lieu oblige aussi à avoir de nouveaux repères et peut-être même de nouveaux réflexes…

La scène fait la même taille donc on n’a pas eu besoin de beaucoup modifier les décors mais on améliore, on a un nouveau canapé par exemple. Ce théâtre est confortable aussi pour le public, ce qui est important ! Les gens arrivent dans de bonnes conditions, ils sont bien accueillis et dans un bon mood dès le début. Cela nous aide à proposer une belle rupture avec la scène d’ouverture… Forcément, ce nouveau théâtre nous plait beaucoup…Les régisseurs sont archi sympathiques et à l’écoute. Tout se passe bien !

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Qu’on remplisse la salle tous les soirs idéalement ! Cela nous permettrait de continuer et de prendre encore plus de plaisir sur scène, bien qu’il soit déjà très grand. On a été nommés pour Les Cyranos, on peut nous souhaiter d’avoir un prix. Peut-être aussi Avignon, qui sait…avec une autre mise en scène…

Merci, Lolita, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Elisa Sergent évoque sa belle et riche actualité artistique, notamment à la mise en scène !

Publié le par Julian STOCKY

@ Carl

 

 

Bonjour Elisa,

Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

La pièce « Coiffeuse d’âmes » se joue chaque mercredi soir au Théo théâtre. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’en assurer la mise en scène ?

Oh oui ! C’est jusqu’au 18 décembre 2024, les mercredis à 20h30. C’est vraiment un plaisir ainsi qu’un honneur d’avoir eu la confiance de ces trois actrices qui m’ont demandé de les mettre en scène. Je m’étais mise en scène dans mon spectacle « Le voyage de Tohé », un conte musical pour les petits mais là c’est ma première mise en scène, avec d’autres acteurs… De temps en temps, je coache des amis comédiens pour leurs castings donc je sais m’adresser à un acteur et j’aime ça. Là, d’avoir le temps de le faire sur une comédie, avec un texte profond, c'était un cadeau : j’ai adoré faire naître les personnages avec les actrices ! Je suis très fière d’elles…

Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?

C’est une comédie belge, c’est important à dire parce que je trouve que, comme les anglais, ils ont un sens de l’humour délicat, fin et profond en même temps. Je ne peux dévoiler la trame de fond car c’est une surprise : pourquoi se rencontrent-elles ? pourquoi vont-elles être bouleversées ? pourquoi les spectateurs en rient ? Ce sont des choses à venir découvrir…

On se demande finalement si ce que l’on nous présente n’est pas la réalité. Ces auteurs belges l’ont écrite au confinement, ils se sont intéressés aux relations humaines : a-t-on fait ce que l’on a voulu ? aimerions nous corriger certaines choses ? avons-nous une deuxième chance ? Les situations sont cocasses donc ça prête aussi à rire. Le spectateur comme les personnages vont se prendre les surprises en direct : les situations évoluent, la compréhension s’installe au fur et à mesure du spectacle pour tous, …C’est assez jubilatoire !

La pièce a été écrite par Valériane de Maerteleire et Thierry Debroux et je les remercie pour cette magnifique écriture !

Quels principaux retours du public avez-vous pu avoir à l’issue des premières représentations ?

Ces retours m’émeuvent moi et les comédiennes, c’est vrai…Une comédie peut être ingrate à répéter, dans le bon sens du terme, car il n’y a que la réponse du public qui nous dit si on a été sur le bon chemin. On a eu une réponse tellement positive,  les spectateurs nous ont fait des retours vraiment agréables. Je les entends rire, être surpris, être enthousiastes, je les vois avoir une tellement grande banane en sortant… C’est génial, c’est cadeau !

Pour en revenir à la mise en scène de ce spectacle, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

J’en ai forcément de façon inconsciente. Quand j’ai lu le texte, ça m’a plu et je savais que j’avais envie d’en tirer toute la fantaisie pour mettre en valeur la profondeur. Je voulais vraiment que les deux contrastes se rejoignent, que la tristesse et la joie s’entremêlent et que le public y prenne du plaisir. Je savais où j’avais envie d’aller…J’ai emmené mes actrices dans un voyage. Chacune prenait son personnage d’une certaine façon mais, pour que ce soit cohérent, il fallait les emmener toutes sur le même chemin. C’est au long terme que ça se construit et ça m’a plu… On ne peut pas attendre la justesse de la situation collective tout de suite, il faut laisser le temps aux acteurs d’y venir chacun à son rythme. Et c’est jubilatoire quand ça arrive… Elles m’ont donné de l’émotion ! C’était vraiment une belle complicité.

Nous le disions, trois personnages sont présents sur scène…Ce sont sans doute autant de choses différentes à aller chercher avec chaque comédienne ?

Un jour, la prof de maths de mon fils, au collège, lui a dit devant moi : « si tu ne sais pas, viens me voir, j’ai cinq façons différentes d’expliquer les choses », j’ai adoré et l’en ai remerciée, car c’est rare. Là, j’ai eu plaisir à parler de façon différente aux comédiennes, en me retrouvant un peu dans chacune d’elles. Toutes ont une perception différente des mots et du ressenti, c’est génial de voir qu’avec une personne, on peut dire ceci, qu’avec une autre il faut faire autrement, en s’adaptant, et que toutes vont se rejoindre. J’ai adoré faire ce travail avec elles ! En fin de séance, elles étaient toujours enthousiastes, ce qui était un cadeau pour moi car ce n’est pas toujours évident d’accepter les remarques et conseils... J’ai aussi beaucoup appris, en tant que comédienne, car ça fait miroir !

Il y a également de la musique dans la pièce, David Lustyk a composé les arrangements et amené les sons, j’ai eu plaisir à créer la mélodie de la chanson qui est comme une bulle de fantaisie, une image hors du temps. C’est vraiment un spectacle joyeux et surprenant !

Plus personnellement, comment avez-vous vécu les premières représentations ? Est-ce si évident que cela d’être dans la salle et non pas sur la scène ?

Oh, la, la, j’étais impatiente et en même temps saisie de trac. Car le jour J, la pièce ne nous appartient plus et c’est au public d’accueillir le spectacle. Avec la troupe, on a créé et, sur scène, l’alchimie s’est faite avec les spectateurs. Cela leur appartient et ça s’est super bien passé ! Donc maintenant, je suis là juste pour rappeler les grandes directions et donner quelques conseils clés, mais le travail est fait. Je suis très fière de mes actrices !

C’est vraiment agréable d’entendre les silences et les rires parce que ça conforte qu’on a été dans la bonne direction. C’est chouette !

En parallèle, vous l’avez rapidement évoqué, votre spectacle jeune public « Le voyage de Tohé » poursuit sa belle histoire…

C’est le début de la troisième année, déjà ! Je joue le dimanche après-midi au Théâtre du Marais. C’est un cadeau parce que le théâtre a un public très large, qui vient en nombre voir le spectacle. C’est génial, il y a un super accueil, j’en suis ravie !

C’est un magnifique voyage pour moi. Je devais jouer dans un théâtre à Boulogne qui m’a déprogrammée à la dernière minute, ayant décidé, cette année, de ne pas faire de spectacles pour enfants. On m’avait parlé du Théâtre du Marais, je les ai contactés pour savoir si une place pouvait être disponible début 2025 et ils m’ont répondu que c’était possible dès septembre…La proposition était telle que je ne pouvais pas la refuser. Je me suis arrangée pour que ce soit faisable !

Lors de notre précédent échange, vous veniez évoquer « Hot flash », votre premier court-métrage. La version longue de 8 minutes a un magnifique parcours, ce qui doit être une grande fierté pour vous…

Je ne me rends pas bien compte, tellement c’est dingue. C’était ma première réalisation, il y a bientôt un an…L’équipe avait été montée en un mois, j’avais écrit dix minutes de film et en avais proposé une version de deux minutes vingt au Nikon Film Festival 2024. Ce court-métrage avait été retenu dans les cinquante donc dans les 2% de sélectionnés, ce qui est une récompense hallucinante. J’ai eu besoin de temps, après, avec la monteuse pour valider la version plus longue car le rythme de la narration change. J’ai été super bien entourée !

On a fait deux projections à la SACD, j’ai trouvé l’écoute vraiment émouvante. Les retours ont été hyper encourageants. Le film a été sélectionné dans des festivals en Uruguay et dans le sud de la France. C’est génial ! J’ai envie que ça vive, que ça voyage car c’est un sujet qui me tient à cœur, qui touche les femmes, un sujet qui commence à sortir, qui est le dernier tabou féminin. Je n’ai plus envie que les femmes soient surprises par la nature, j’ai envie qu’elles soient informées et que l’entourage le soit aussi. J’ai des retours de jeunes hommes qui me touchent énormément, me disant s’être pris une claque en regardant le film. Juste pour cela, je suis émue et fière de l’avoir réalisé !

Enfin, vous avez récemment tourné dans un court-métrage en costumes d’époque…

Je connaissais des membres de La French Corp et c’était l’occasion de se retrouver. Je joue Marie-Antoinette dans « La fuite de Varennes », une comédie. Maxime Chefdeville, super réalisateur, a fait un sacré travail avec toute l’équipe. C’était génial de tourner en costumes, dans un beau château en Normandie. On avait même une calèche. Tout cela au service d’une histoire aux situations tellement cocasses et ridicules qui fait écho à ce que l’on peut vivre avec les politiques de tout temps, en déconnexion avec les gens ! J’ai adoré interpréter ce personnage et j’ai hâte de découvrir le film.

 

©elisasergent

 

Merci, Elisa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Sandra Gaugué évoque Ulysse, la nouvelle comédie musicale à l'affiche du théâtre des variétés !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Sandra,

Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview ensemble !

La comédie musicale jeune public « Ulysse » sera à l’affiche du théâtre des Variétés, à partir de ce mois d’octobre. A titre personnel, on peut sans doute imaginer la joie que cela doit être pour vous de participer à cette nouvelle belle aventure ?

Je suis hyper heureuse, d’autant plus que ça faisait un petit moment que je ne m’étais pas prêtée à l’exercice de la composition d’un spectacle. La dernière fois, c’était en 2019 pour « Pinocchio ». Je suis super contente aussi de retrouver la même production.

C’est un spectacle très challengeant, je suis contente du travail déjà réalisé et de l’équipe. Je suis vraiment très heureuse de ce qui est en train de se mettre en place…

Justement, plus concrètement, comment présenter ce spectacle ?

C’est l’Odyssée racontée par Homère, on y retrace les aventures d’Ulysse depuis la guerre de Troie jusqu’à son retour à Ithaque, avec, évidemment, le cyclope, les sirènes,…tous ces contes mythologiques que l’on a entendus à priori souvent. On y verra ainsi toutes les péripéties qui l’amènent à rejoindre sa famille et il sera vraiment question des dieux qui ont une implication sur le destin des humains : est-on vraiment maitres et maitresses de notre destinée ? Comment fait-on pour se dépêtrer de ce destin tout tracé et pour essayer de se faire son propre chemin ?

C’est un spectacle musical, avec 11 titres et de nombreux slams, qui sera sans doute très coloré…

Oui, c’est hyper riche, il y a plein de musiques assez différentes, avec des côtés pop, jazz, musiques de film, sons anciens, sons modernes …Il y a plusieurs inspirations, ce sera effectivement très coloré ! Au-delà des chansons, un univers musical se déroule tout au long du spectacle, il y a des musiques pendant les scènes, telles des musiques de film.

Plus personnellement, comment organisez-vous votre travail ? Partez-vous des paroles pour trouver le bon arrangement ? Ou est-ce plutôt l’inverse ?

Généralement, les paroles ont été écrites en amont et me sont données, ici par Igor De Chaillé et Ely Grimaldi. Ensuite, dessus, j’écris une chanson que j’orchestre. Pour certaines musiques, on a plus fait cela en parallèle, j’avais un commencement de paroles et, sur mes propositions, d’autres paroles ont ensuite été ajoutées. Tout au long de la création, les discussions ont d’ailleurs été régulières, importantes et nécessaires…

Vous évoquiez vos différentes sources d’inspiration : quelles étaient-elles ?

Dès le début du projet, le metteur en scène, Guillaume Bouchède, avait dans l’idée une comédie musicale moderne et voulait quelque chose qui se rapproche un peu de « Hercule » de Disney, où beaucoup de sonorités lui plaisaient. Du coup, j’ai pas mal écouté ce spectacle mais aussi des choses qui pouvaient s’en inspirer, comme du gospel, un univers que je connaissais alors assez mal. J’ai ainsi découvert des choses et je me suis aussi inspirée d’univers connus, comme celui de Disney, une source assez inépuisable d’inspiration. J’ai récupéré des éléments d’orchestration d’anciens Disney que j’aimais bien, tout en y mettant des structures plus modernes et dynamiques de la musique pop de maintenant. Adorant la musique de film, j’ai essayé d’y ajouter un peu de fantastique et d’instruments que l’on ne trouve pas généralement dans les comédies musicales, comme la harpe par exemple. J’ai fait pas mal de tests pour trouver le bon mix de tout cela, c’était un processus assez long mais passionnant. Je suis contente du style obtenu !

Au moment de votre composition, vous projetez-vous déjà sur le fait que, dans la salle, il y aura probablement des jeunes spectateurs mais aussi leurs parents ?

Je ne vais pas forcément y penser dans mon travail, je pense davantage à ce que ça raconte : à priori, les auteurs du spectacle savent pour qui c’est fait donc, à partir de là, tout est possible : je suis assez convaincue qu’il y a des styles qui peuvent plaire à tout le monde et qu’en mettant de la passion ainsi que de l’histoire dans ce qui se passe, le public ne se demandera pas si tel morceau est davantage fait ou non pour les enfants.

J’ai donc plus pensé au fait que je voulais faire quelque chose qui plaise…J’ai vraiment pris l’histoire telle qu’elle est, en complément des souhaits des metteurs en scène et m’y suis adaptée musicalement.

Avant les dates parisiennes en octobre, la province aura l’opportunité de découvrir le spectacle. Deux premières représentations ont déjà eu lieu, d’autres sont encore à venir. Sur ces deux premières d’ailleurs, quel ressenti avez-vous eu personnellement et quels retours le public avait-il pu vous faire ?

Dans la salle, il y avait une très bonne ambiance ! On était globalement contents de nos premières…Sur la première date, il y avait près de 700 enfants dans la salle et, quand les lumières se sont éteintes, ils ont tous hurlé d’un coup, c’était vraiment la folie ! Au première rang, certains ont dansé tout au long du spectacle…Cela nous a vraiment enthousiasmés ! On a vu aussi les choses à changer, ce qui est normal à ce stade-là…C’est déjà un bon spectacle, je pense, dans lequel nous allons encore travailler certains détails.

Plus personnellement, c’est toujours hyper émouvant d’entendre ses compositions être chantées et jouées. En vrai, cette sensation commence dès la première fois où on fait répéter les chansons aux comédiens et aux comédiennes : c’est alors déjà une sacrée émotion ! En plus, j’ai de la chance, ce casting est vraiment génial : ils sont adorables mais aussi super talentueux ! Du coup, j’ai adoré répéter avec eux et, le jour de la première, leur appropriation m’a explosé à la figure, dans le bon sens du terme. J’avais les larmes aux yeux ! Je me suis laissée embarquer…J’étais très très contente !

Un mot peut-être, justement, sur le casting de ce spectacle ?

Il y a 8 personnes sur scène et, à part le personnage d’Ulysse, tous les autres font du multi-rôles, jusqu’à 5 par personne.

Dans le rôle d’Ulysse, on a Christophe Mai, qui est une découverte pour moi. Je ne l’avais jamais vu, je ne le connaissais pas du tout et il est incroyable. Il joue très intelligemment, il a une voix magnifique, il comprend exactement tout ce que je veux...

On a aussi les très talentueux Maud Saint-Jean, Sophie Maksimovic, Hannah-Jazz Mertens, Candice Chevillard, Benjy Rouire, Tullio Cipriano et Stanislas De Lachapelle. Le casting est vraiment génial, j’en suis fan ! C’est l’une des forces de ce spectacle…Je l’ai dit, ils sont tous adorables et talentueux, c’était un bonheur total de travailler avec eux. Je n’avais encore jamais vécu quelque chose à ce point-là, c’est merveilleux !

A quelques jour des premières à Paris, vous devez certainement être impatiente d’être déjà au jour J, pour profiter du spectacle dans ce lieu absolument magnifique qu’est le théâtre des Variétés…

Bien sûr, j’ai hyper hâte ! Personnellement, j’ai déjà joué dans ce théâtre, j’y ai vu beaucoup de pièces donc, évidemment, il me tarde que l’on démarre. Ce spectacle a demandé et demande encore tellement de travail qu’en fait, j’ai envie d’y être et de me dire « ça y est, c’est fait, maintenant profitons de ce super et monstrueux travail accompli par toute l’équipe ! ».

Merci, Sandra, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Musique

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Le guerrier enfant / Théâtre Montmartre Galabru : Interview croisée avec Marianna Hamon et Anaïs Spinelli Herry !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Marianna, bonjour Anaïs,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, chaque mercredi soir, au théâtre Montmartre Galabru, dans la pièce « Le guerrier enfant ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Marianna : Oui ! Pour ma part, c’est la première fois que je vais jouer une pièce de théâtre sur plusieurs dates donc je le prends aussi comme une opportunité d’avoir une vitrine qui pourrait m’amener de futurs projets. Je suis assez fière que ce soit cette pièce de théâtre, aux textes intéressants, avec des décors, des costumes, des belles musiques,…Je suis heureuse de ce projet !

Anaïs : Je suis, moi aussi, ravie. J’ai terminé mon école en 2020, et à cause de la période Covid, j’ai dû commencer par le cinéma et même si je suis formée aux deux, là, c’est la première fois depuis 4 ans que je vais jouer sur scène devant un public. Ça ramène donc une saveur particulière et de l'excitation…J’aime l’énergie du public, je trouve qu’il y a quelque chose d’incroyable sur scène. Comme le dit Marianna, la pièce est vraiment magnifique, tant dans les décors que les costumes et les musiques. Ce ne sont que des créations spécialement imaginées pour la pièce en plus, c’est un bonheur de jouer dans ce contexte là avec toutes ces petites mains, métiers et artisanats. Le texte est également très joli, un peu à la Shakespeare comme j’aime le dire….C’est pour cela que j’ai dit oui à Lou, que j’ai senti passionné. Il m’a embarqué dans son univers…

En plus, j’ai deux personnages qui sont très différents donc très intéressants et complexes à travailler et à jouer. Le TMG est vraiment chouette, on y a senti de bonnes énergies dès la première fois. C’était comme un rêve pour Lou de pouvoir présenter ce spectacle là-bas, après un an et demi de travail sur le projet.

 

 

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenteriez-vous cette pièce ?

Anaïs : Souvent, quand je présente la pièce à des personnes que je rencontre ou à des amis, je leur dis que c’est une pièce autobiographique : c’est l’histoire d’un homme qui part sur les traces de son père et à la quête du calice de la paix et qui, sur son chemin, va rencontrer différentes personnes. Que ce soient des entités ou encore des êtres fantastiques. C’est une pièce épique, comme l’a qualifiée le théâtre. On va suivre cet homme dans ses aventures et il va se passer pas mal de choses inattendues…

Marianna : J’ajoute que, au fur et à mesure de ses aventures, il y a aussi une remise en question de son identité et, un peu, de ses quêtes existentielles : emprunte-t-il le bon chemin pour arriver à la paix ? Ce cheminement de remise en question est intéressant au fur et à mesure de la pièce…

Anaïs : C’est vrai que c’est chouette d’avoir ces pensées et cheminement intérieurs. Il y a aussi beaucoup de questionnements qui touchent tout le monde, les petits comme les grands : c’est vraiment ouvert à tout le monde et tout public.

 

 

Un mot, peut-être, chacune sur votre ou vos personnage(s) ?

Marianna : Mon personnage est l’entité, il n’a pas vraiment de dénomination précise d’ailleurs. C’est un personnage qui est difficile à expliquer : la pièce est médiévale mais mon personnage n’a pas forcément un look qui l’est aussi parce qu’il est hors du temps. Elle peut être partout dans le temps et dans l’espace, c’est un personnage omniscient. Elle est mystérieuse, et est clairement l’antagoniste de la pièce, mais on n’est pas non plus sur quelque chose de manichéen, c’est beaucoup plus subtile que cela.

Je trouve que mon personnage passe par différentes phases très intéressantes, on le voit donc à plusieurs reprises dans le parcours de Lloyd, le personnage principal.

 

 

Anaïs : Pour ma part, dans l’ordre, je joue d’abord Diane, une guerrière qui va rencontrer Lloyd. Pour elle, le plus important, c’est sa patrie, son dieu et son roi. Il n’y a rien d’autre qui compte. Elle le dit beaucoup d’ailleurs (rigole). Elle n’est jamais tombée amoureuse de quelqu’un d’autre, ne voyant rien d’autre que son armée, son roi et ses yeux. C’est une grande chevaleresse, elle doit s’imposer en tant que femme dans un milieu d’hommes. Elle a tout plein de subtilités intéressantes, entre la force, la détermination, le courage et le fait, à un moment, de se montrer plus vulnérable, de “baisser un peu les armes” dans un sens…

 

 

Le deuxième personnage que j'interprète est l’Esprit de la nature et apparaît dans le dernier acte. Avec un côté beaucoup plus posé et sage, elle a un peu ce rôle de psychologue ou de maman bienveillante qui rappelle les choses essentielles de la vie et dédramatise, rassure, cherche le bon côté des choses pour retrouver la confiance en soi. C’est un peu une suspension dans la pièce : après tout plein de combats, de quêtes, d’aventures, de recherche, de désespoir, tout d’un coup on arrive dans un univers qui nous ramène au moment présent et nous permet de respirer un peu…elle va être la guide presque spirituelle de Lloyd en lui posant des questions sur l’amour et sur la réflexion de soi-même.

 

 

Ces personnages vous permettent ainsi des palettes de jeu larges et variées…

Marianna : Oui ! En plus, on a la chance d’être les premières d’une création, on peut donc travailler et apprivoiser ces personnages. En un an de répétitions, la pièce a beaucoup évolué, on a apporté différentes couches. On a donné du relief à nos personnages, cela donne des moments de sourire et d’autres d’intense émotion. Les gens vont apprécier de se faire embarquer dans tout un tas de sentiments.

Anaïs : C’est chouette pour moi de travailler deux personnages totalement différents. Je me rends compte que le fait de répéter régulièrement me sert dans mes castings et dans mes rôles, j’ai l’impression que ce processus m’aide beaucoup dans ma vie artistique. Et oui, il y a une vraie large palette de jeu dans ce spectacle, ce n’est pas tout noir tout blanc, on a travaillé les enjeux et les couleurs. On a travaillé les subtilités de la vie pour que ce ne soit pas quelque chose d’uniforme et que ça parle aux gens car après tout, le comédien sert à refléter et à parler aux spectateurs à travers la pièce ou le projet, c’est aussi pour ça que je fais ce métier : je veux que les personnes qui regardent se sentent bien, se rassurent et se disent “ah mais moi aussi j’ai vécu ça, je ne suis pas tout seul”…

 

 

Marianna : C’est le projet de Lou, il a écrit la pièce et, la confiance s’installant, il nous a laissé apporter notre regard et nos intentions. Il faut avoir l’humilité de l’accepter et de laisser son projet être trituré. On touche à son “bébé” mais c’est dans l’intérêt du spectacle….

Anaïs : On a toutes eu notre mot à dire, il nous a toutes écoutées. On est les premières de sa création et on apporte toutes notre touche pour desservir au mieux son “bébé” qui est Le Guerrier Enfant et qui rend hommage à son père…on se sent vraiment incluses. Cela me fait plaisir de donner mon avis et mon ressenti et de me sentir écoutée, prise en compte.

La pièce se joue chaque mercredi soir, laissant une semaine d’intervalle d’une représentation à la suivante…

Marianna : Je pense que c’est mieux, justement, qu’il n’y ait qu’une représentation par semaine, cela va certainement nous permettre de retravailler tranquillement entre deux dates. On peut être surpris notamment de certaines réactions du public… Cela permet aussi de laisser le temps au bouche à oreille de se faire !

Anaïs : C’est pour le coup un vrai exercice. D’autant plus que les réactions du public sont chaque fois différentes…Le nombre de personnes peut aussi jouer sur l’ambiance. Sur scène, c’est vrai que l’on est à l’écoute du public, il nous porte. Ces dix premières semaines de représentation vont être incroyables en ce sens…

 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour toutes ces représentations ?

Marianna : Des salles pleines !

Anaïs : Que ce projet grandisse : on sait qu’il n’est pas fini, on va en fait grandir avec lui. C’est aussi un bel exercice…

Marianna : Lou a aussi dans l’idée, plus tard, de faire d’autres créations autour de cet univers. Donc si ce projet-là fonctionne bien, cela lui permettra aussi de faire fleurir ses idées…

Anaïs : Si ça prend bien, un autre bébé naîtra peut-être…

Marianna : L’entente est réelle entre nous : on a fait cet été une résidence tous ensemble, entre travail et détente, ce qui a renforcé notre cohésion. Cela aide à la communication entre nous !

Anaïs : Une autre étape serait de faire Avignon l’année prochaine, on attend des réponses de théâtres. D’ici là, on espère avoir du monde à Paris, pour partager ces réflexions sur toutes ces choses de la vie…

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Mélanie Page nous parle en détails de son actualité sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

@ Nathalie Mazeas

 

 

Bonjour Mélanie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous serez sur scène cette semaine à Antibes, avec votre spectacle « Ce qui ne nous tue pas ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! C’est ça, le théâtre, on a envie que ça bouge, on a envie d’aller voir les gens. Là, il se trouve que le directeur du théâtre m’a demandé très tôt, quand je venais de commencer à Paris, si je pouvais venir jouer ce seule en scène, j’ai dit oui avec grand plaisir. On a un peu échangé ensemble sur les dates possibles et le faire en début de saison est cool. J’y suis du 19 au 24, je suis vraiment ravie d’y aller. En plus, je sais qu’il va y avoir du monde, c’est chouette !

Plus je joue ce spectacle, plus je pense qu’il se bonifie. Quand je m’arrête de le jouer et que je le reprends, c’est encore mieux parce qu’il a continué à voyager un peu dans ma tête. Un seule en scène est quand même une aventure assez dingue ! J’ai travaillé avec Nicolas Briançon, c’est une expérience assez inoubliable. J’ai adoré et, à la fois, c’était très dur ! Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai grandi et beaucoup appris…

Ce qui est difficile avec un seule en scène, c’est que, avant de le posséder, il faut laisser passer du temps…Au début, on est un peu en panique et on n’est pas en pleine possession de ce que l’on pourrait donner au public. C’est pour cela que, plus je le joue, mieux c’est et plus je prends du plaisir donc, à présent, on est plus dans la partie plaisir : je l’ai en moi maintenant, je suis libre de pouvoir le jouer un peu comme ça me vient et c’est comme cela qu’il faut faire avec un seule-en-scène.

Donc je livre vraiment cette histoire au public…Ce qui est génial aussi, c’est de parler aux gens : ça commence vraiment comme un stand-up, même si ce n’est pas aussi comique : il y a beaucoup d’humour mais il n’y a pas que ça, c’est vraiment une histoire de vie, je parle de la vie, de la mort et de tout ce qu’il y a entre les deux.

Je me souviens d’un énorme pépin technique à Avignon, je n’avais plus de lumière, les gens attendaient en bas. Le régisseur du lieu m’a demandé si on annulait, ce que je trouvais impossible et j’ai alors demandé s’il était possible d’avoir un plein-feu qui me suive au fur et à mesure. J’ai quand même raconté cette histoire, c’était assez dingue, ça a créé une proximité supplémentaire avec le public et ça a été, au final, l’une des meilleures représentations. Je vous raconte cette anecdote mais il m’est arrivé tellement de choses sur ce spectacle…Toutes ces expériences me donnent une force de dingue pour jouer autre chose, je pense que je peux tout vivre et ne jamais m’effondrer. Donc ça me rend plus forte !

Ce spectacle est l’adaptation française d’une histoire vraie, l’auteur est venu me voir spécialement de New-York, cela m’a beaucoup touchée. C’est la première fois que son spectacle était repris par quelqu’un d’autre, il était hyper ému, il a adoré et, surtout, il m’a dit avoir tellement aimé ma façon de raconter cette histoire qu’il m’a proposé d’écrire ce que j’avais envie de jouer…C’est la première fois que l’on va m’écrire une pièce sur-mesure.

Je trouve que c’est beau ! Etre acteur, c’est aussi prendre possession de ce métier, ne pas être passif ni attendre le désir des autres, il faut aller vers ce que l’on veut faire ! D’autant plus que c’est encore plus gratifiant d’être à l’origine d’un projet…

Plus globalement, quels principaux retours du public avez-vous pu avoir sur ce spectacle ?

Ils m’ont beaucoup émue ! Je n’avais jamais eu autant de retours intimes de la part des gens. C’est vrai que j’ai davantage joué de franches comédies où c’était gratifiant de savoir que les gens avaient passé une bonne soirée. Là, j’aborde des thèmes assez profonds, qui parlent à beaucoup de monde…Ça parle du fait de s’empêcher dans la vie, de se mettre soi-même des bâtons dans ses propres roues, à cause de choses que l’on nous a dites ou fait croire sur nos incapacités. Donc c’est sur le fait de prendre confiance en soi et, surtout, sur le fait de faire, de prendre le risque de vivre. Parce qu’on s’empêche souvent de vivre…On vit à 20% de nos capacités sans prendre de risque. Comme le personnage de cette histoire passe très très près de la mort, elle réalise qu’en fait, elle passait à côté de sa vie… et elle a un déclic. C’est vrai que plein de gens aimeraient avoir ce même déclic, sans avoir évidemment à passer à côté de la mort…Donc ça parle beaucoup au public.

 

@ Nathalie Mazeas

 

Je parle aussi des camps de concentration et d’une histoire assez méconnue d’une héroïne, qui a créé une école illégale dans le camp de Therezin : en fait, elle a réuni les enfants pour leur apprendre à dessiner et à s’exprimer à travers l’art. Avant de partir du camp et de se faire gazer, elle avait caché les dessins dans des valises retrouvées des années plus tard.

Ces 4 500 dessins sont exposés dans le musée de la ville et c’était un peu sa façon de rendre immortels ces enfants voués à la mort eux-aussi. Ce qui est dingue, c’est de leur avoir donné une petite échappatoire, une façon de s’exprimer et une possibilité de laisser une trace, tant qu’ils étaient vivants. Je trouve extraordinaire qu’au milieu de l’horreur, cette femme ait pensé aux autres, ait pensé aux enfants.

Une spectatrice m’a dit être venue avec son ado qui n’avait pas vraiment envie de faire grand-chose et qu’en rentrant, sa fille lui avait demandé de faire des recherches sur la shoah. Dans le spectacle, en parlant de cette histoire, je fais le parallèle avec l’importance de la création dans la vie et cela touche beaucoup les gens. Franchement, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie utile dans l’intimité des gens, au-delà du simple divertissement.

Des spectateurs m’ont dit qu’ils allaient reprendre ce qu’ils avaient arrêté, un peu comme s’ils remettaient leur vie en cause après le spectacle. Je trouve cela fou d’avoir cette influence sur les gens grâce à l’art et au message que l’on veut faire passer.

Donc, clairement, ce spectacle est le premier où j’ai eu des retours des spectateurs aussi gratifiants pour moi !

En complément, vous reprendrez, en janvier prochain, au théâtre La Bruyère, la pièce « Je m’appelle Georges »…

Pour le coup, on est beaucoup plus dans le divertissement. Après le seule en scène, j’avais envie d’une petite soupape, qui est aussi très qualitative. C’est très bien écrit, c’est original, c’est très drôle. On est une bande, une équipe, j’avais aussi besoin de retrouver des acteurs, tellement cet esprit de troupe m’avait manqué. On est 5, on s’entend super bien, on s’éclate, on se marre. À Avignon, les gens nous ont dit avoir passé un « vrai bon moment », je trouve que c’est bien de pouvoir leur faire passer 1 heure 30 d’un vrai bon divertissement. C’est une comédie romantique donc il y a ce côté « on a envie qu’ils soient ensemble ». À la fin, j’ai un monologue et j’entends alors le public réagir par des « ohhhh » et des « ahhhh ». C’est super, ça montre que les gens sont avec nous : ils rient et, en même temps, sont touchés.

A l’image, vous commencerez fin septembre le tournage d’un épisode de « Léo Mattei – Brigade des mineurs », pour TF1…

On est sur autre chose ! Le rôle m’a plu, celui d’une maman à qui il arrive quelque chose à son enfant. La peur d’un parent pour son enfant est quelque chose que l’on connait tous à partir du moment où on a mis un enfant au monde. Pour le coup, je n’avais jamais joué cela, je trouve ça intéressant à explorer et, en plus, l’équipe de comédiens me plait beaucoup.

J’y retrouve, par hasard, 2 amis, c’était la cerise sur le gâteau…Bénabar va faire mon mari, on se connait depuis très longtemps avec Bruno, c’est vraiment un ami, je pense qu’on va bien se marrer. Arthur Jugnot fera un copain de mon personnage. Il y aura aussi Natasha Saint-Pier et Natacha Regnier, pour qui j’ai beaucoup de sympathie ! Donc, vraiment, j’ai hâte !

Cette série est un super programme, qui véhicule des messages et des valeurs fortes, sur l’enfance. Elle peut aussi permettre un dialogue dans les familles, ce qui est super !

 

@ Nathalie Mazeas

 

Pour terminer, toujours à l’image, nous pouvons vous retrouver régulièrement sur France 2 dans « Tout le monde a son mot à dire »…

Je suis tellement contente à chaque fois de tous les retrouver. On a créé une famille au fil des années, Sidonie et Olivier sont vraiment devenus des potes pour le coup, les sociétaires sont aussi mes amis à présent. J’ai même fait rentrer des copains dans la bande, comme Virginie Lemoine par exemple. Collégialement, on a réussi à créer cette bande de potes hyper contents de se retrouver. Donc, quand on se vanne, c’est toujours hyper bienveillant…On se marre 10 fois plus quand on est avec des potes, on ne fait pas semblant…

J’adore gagner donc, forcément, j’adore jouer et le faire avec des potes est encore plus agréable. Je crois d’ailleurs que les gens le ressentent. Cette bonne humeur non feinte et cette amitié entre nous font le succès de la case horaire ! 

Quand on tourne cette émission, on doit brancher notre cerveau… Cela demande de la concentration ! Mais on essaie tout le temps d’être à fond pour le candidat…On s’attache facilement aux champions qui restent d’une émission à l’autre. C’est un vrai moment d’amusement exigeant pour les neurones !

Merci, Mélanie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Fort Boyard : Agnès Pat' évoque sa participation à l'émission anniversaire et en profite pour aborder ses autres actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Agnès,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous avons pu vous retrouver il y a quelques jours dans une émission anniversaire pour les 35 ans de « Fort Boyard » sur France 2, sous les traits d’un des esprits frappeurs. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous ?

Oui ! S’il y a un mot à dire, c’est joie ! C’est une émission que je regardais quand j’étais petite et c’était juste magique de se retrouver propulsée dans ce lieu très très beau. Rien que l’entrée est complètement « croquignolesque », on était suspendus dans les airs sur un panier au milieu de la mer, c’était très drôle ! J’ai pu découvrir le fort et toute l’équipe, l’ambiance était très professionnelle mais très sympathique, très familiale, très bon enfant. Ce que l’on voit à l’écran reflète ce qui se passe en coulisses. Tous les gens qui nous accompagnent sont là pour le show, dans une ambiance très festive. On a beaucoup ri ! Oui, c’était un très chouette moment !

Vos nombreuses cordes artistiques ont certainement été très aidantes dans chaque séquence car il y a un mélange de jeu et d’improvisation en fonction notamment des réactions des candidats…

En fait, c’est comme cela que j’ai pu être recrutée. Lors du casting, ils voulaient des gens qui pouvaient être à la fois clowns et qui pouvaient présenter une palette émotionnelle et de réactivité…Il fallait des gens aguerris car c’est un show… « Fort Boyard », c’est du musical donc il faut pouvoir rebondir, être totalement adaptable tout en gardant son âme enfant…C’est vraiment l’esprit du clown, que j’ai beaucoup travaillé ! Le fait que je sois chanteuse a beaucoup plu…Cela ne s’est pas vu, je suis aussi claquettiste…Il est possible que les esprits frappeurs reviennent donc peut-être que je pourrais faire du hula-hoop…

 

 

Je me suis très bien entendue aussi avec mon partenaire, Victor Lainé, qui est un super clown acrobate et comédien, il a beaucoup de talent. On n’avait jamais travaillé ensemble donc c’était important que notre duo fonctionne. Comme il est clown aussi, on s’est vraiment trouvés, c’était chouette et important pour le show.

Certainement avez-vous dû trouver le bon équilibre entre le fait d’embêter les candidats et l’objectif final qui est de ramener des sous pour une association…

Absolument ! Oui, on était des gentils embêtants, le but est de les accompagner vers la gagne, c’est sûr car c’était pour la bonne cause. L’enjeu était important mais ça reste dans une comédie : tout est bien qui finit bien.

Vous ne connaissiez pas la plupart des cellules dans lesquelles vous êtes intervenue. Peut-être que cela vous a aidé dans l’improvisation ?

C’est possible…Après, ce qui est super avec le clown, c’est que l’on découvre tout le temps, tout est toujours étonnant. Cela correspond bien à l’esprit du fort, tout est un émerveillement, on joue à. Tous les personnages s’amusent énormément, comme des enfants donc c’était chouette aussi de découvrir l’envers du décor.

En plus de taquiner les candidats, votre personnage s’est amouraché d’Olivier, ce qui a dû être plaisant pour vous à faire…

Oui, c’était chouette ! Quand j’ai proposé cela à la production, ils ont trouvé ça très drôle, cela a permis de tisser un lien, on en a beaucoup joué, c’était très chou et très drôle à faire, tellement c’était improbable. Olivier est vraiment formidable, c’est un plaisir de le voir travailler parce qu’il est tellement aguerri. Pour le coup, il est en impro mais c’est une machine de guerre, dans le bon sens du terme, on sent qu’il est comme un roc : il peut se passer n’importe quoi, les candidats sont rassurés avec lui. C’est un super pro !

 

 

Au global, ce fort a été pour vous un terrain de jeu géant…

Oui, c’était très drôle ! Je me souviens d’une séquence où il fallait balancer des tomates avec un patator. En off, on m’a montré comment le remplir et on a tellement ri : j’ai fait 30 ans de théâtre, j’ai eu des prix et c’est tellement drôle de se retrouver-là à remplir ce patator à tomates. J’avais 4 ans, j’ai beaucoup ri, c’était cool !

Vous avez également tourné quelques petites scénettes, avec beaucoup de fou-rires…

On a énormément ri avec le Père Fouras, qui est très très drôle. C’était très chouette dans ce décor improbable…

Quels souvenirs gardez-vous de cette journée de tournage ?

Je garde la joie au cœur, le côté famille, l’aventure. Oui, s’il y a un terme à retenir, c’est aventure. C’était nouveau, c’est vraiment un registre dans lequel j’ai pu explorer encore une nouvelle palette, ce qui était très chouette à vivre.

En parallèle, vous serez sur scène début 2025 au théâtre Saint-Georges, dans une adaptation théâtrale au casting 100% féminin…

Cela va être un super projet, je suis très enthousiaste. Je rêvais depuis longtemps de travailler sous la houlette de Johanna Boyer, qui est une metteuse en scène exceptionnelle. Rien qu’aux auditions, sa direction de jeu et d’acteurs était merveilleuse. L’équipe qui l’encadre est aussi formidable et on sera 5 comédiennes chanteuses au plateau pour une adaptation du roman de Jane Austen « Orgueil et préjugés ». Cette pièce avait déjà connu un très gros succès en Angleterre et, là, c’est notamment Virginie Hocq qui l’a adaptée pour la version française. Ça va dépoter ! On est 5 à interpréter tous les rôles de la pièce, on a une musicienne avec nous qui va nous accompagner. Forcément, comme on est 5 femmes, on va interpréter aussi des rôles d’hommes, on va se transformer, ça va être vraiment très très chouette, ce sera du féminisme joyeux et hilarant.

Je jouerai Miss Bingley, la méchante sœur, aussi le frère amoureux ainsi que Charlotte, une femme amoureuse d’une autre femme. On interprétera tous également des servantes, qui vont faire le lien dans la pièce. C’est vraiment très très bien écrit et les comédiennes au plateau sont vraiment exceptionnelles, je suis très heureuse de travailler avec elles : il y a Magali Genoud, Emmanuelle Bougerol, Céline Espérin et Lucie Brunet. On se complète, il y a vraiment 5 énergies très très fortes, ça va dépoter à partir de janvier prochain !

Ces différents rôles que vous serez amenée à jouer vous permettront, eux aussi, une palette de jeu large et variée, dans un espace-temps réduit…

Ça va être génial ! C’est ce que je préfère dans ce métier, de pouvoir rentrer dans des peaux émotionnelles différentes, parfois même, ici, en l’espace de 2 phrases. Les équipes costumes sont exceptionnelles, elles nous aident à switcher d’un rôle à l’autre donc, forcément, d’une énergie à une autre. Cela va être une super aventure, j’ai vraiment hâte de commencer les répétitions en novembre.

 

 

A plus court terme, vous proposerez un concert piano voix à Louvres…

Je suis ravie ! Je retrouve un super ami de cœur avec lequel j’ai déjà travaillé, François Zabelski, qui est pianiste et arrangeur. Il avait été mon directeur musical sur un de mes shows et, depuis, on ne se quitte plus, on fait plein de choses ensemble. Nous serons le 27 septembre à l’espace Bernard Dague, pour l’ouverture de la saison. Cela va être un magnifique concert où on va chanter et jouer autour du piano, il y aura plein de surprises autour de la chanson française. Ce seront uniquement des reprises revisitées, ce sera à la fois drôle et émouvant, ce sera un chouette concert !

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle saison artistique qui va s’ouvrir prochainement ?

Encore plus de liberté intérieure pour continuer à créer et à écrire. J’ai des choses sur le feu…Toujours de nouvelles rencontres, avec des personnes aussi passionnées.

En parallèle, je prépare tous mes cours pour la rentrée car je suis coach vocale et professeure de claquettes.

Merci, Agnès, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Antoine Bernard évoque sa belle actualité et ses projets, dans différents domaines artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Antoine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Il y a quelques semaines ont eu lieu, sur Marseille, les premières représentations d’une pièce de théâtre que vous avez montée, et qui se rejouera à la rentrée, « Ça change des fleurs ! ». Spontanément, quels souvenirs en gardez-vous ?

Le souvenir que j’en garde, c’est le plaisir de voir prendre forme et réalité ce qui, à la base, n’était qu’un délire dans ma tête. Est-ce que le public va rigoler? Est-ce que l’humour va fonctionner? Est-ce que je ne ferais pas mieux de trouver un autre job? …Et puis tout d’un coup, le public rigole, et on pousse un soupir de soulagement. Je me souviens d’avoir été surpris par certains rires. Parfois, on se casse la tête à essayer de peaufiner une blague et elle fait un bide,  alors qu’une petite vanne écrite en quelques secondes devient un gros succès. C’est toujours étonnant! On ne sait jamais rien en fait quand on se lance dans l’écriture.

Plus concrètement, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Une comédie avec 3 personnages, 2 hommes, 1 femme, qui s’embourbent dans des situations qui amènent quiproquos sur quiproquos. Les mensonges s'enchaînent, et les personnages essaient de garder la face, alors qu’ils sont en train de s'effondrer intérieurement. J’adore ! Je suis parti d’un petit sketch de 5 minutes que j’avais imaginé pour le prolonger et en faire un spectacle de 1h10. J’ai voulu intégrer un quatrième personnage, une intelligence artificielle qui vient perturber tout ça…J’ai souhaité aussi mettre un peu de musique, la fin du spectacle devient un peu comme une comédie musicale, sans vraiment l’être, avec un tas de chansons qui illustrent le propos. C’est kiffant ! Toutes les petites idées, mises bout à bout, donnent “Ça Change Des Fleurs”.

Quels principaux retours avez-vous pu avoir du public ?

J’étais étonné par les critiques, des gens voient des choses que je ne voyais pas forcément : c’est agréable de constater que les spectateurs peuvent projeter ce qu’ils souhaitent. S’ils ont rigolé et oublié leurs soucis, c’est un pari gagné pour moi ! Je voulais juste que le public s’amuse, et c’est le cas…Des personnes ont même comparé le spectacle au film « On connaît la chanson », d’Alain Resnais. …Je trouve la comparaison flatteuse !

 

 

J’ai préféré rester sur des sujets légers, avec pour seul objectif de faire rire, je veux juste que le public passe un bon moment. Ce sont juste des personnages un peu déjantés qui mentent et qui essaient de se dépatouiller des situations dans lesquelles ils se sont mis. J’aurai le temps d’aborder des sujets sérieux dans des futures pièces…

Le fait que la pièce revienne à la rentrée est sans doute une autre source de fierté…

Quand le public et les professionnels du spectacle valident la pièce, c’est chouette ! Ce n’est pas évident de faire rire. L’humour demande une précision, parfois à la virgule près. Les comédiens m’ont également dit que c’était un plaisir pour eux de jouer ce spectacle. Volontairement, je n’ai pas fait plus de 5 lignes par réplique, c’est un ping-pong très rythmé. La pièce va se rejouer à Marseille puis pourrait venir à Paris, ce sont des choses auxquelles je ne croyais pas au début…

Vous êtes un artiste aux multiples cordes artistiques, vous étiez récemment à l’image dans la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil ». Certainement y avez-vous pris beaucoup de plaisir ?

Oui ! Je ne m’attendais pas à décrocher ce casting, mais j’ai fini par me retrouver dans le quotidien d’une quotidienne, si je peux le dire ainsi. C’est très formateur ! C’est militaire, on tourne assez rapidement, on a peu de temps, c’est exaltant.  Sur scène, on joue avec les comédiens, on se nourrit de l’autre alors qu’à la caméra, on peut avoir l’impression de jouer avec soi-même, c’est une relation beaucoup plus introvertie, plus subtile, 3 minutes à la caméra mobilisent autant que ¾ d’heure sur scène…

Ce rôle vous a aussi permis une palette de jeu un peu plus large …

Oui, tous les rôles m’ont appris quelque chose sur la manière dont je les aborde… Il faut sortir de sa zone de confort si on veut que la magie opère, et avec ce rôle, j’ai pu explorer une facette de ma personnalité. J’ai souvent eu des rôles “de fonction” comme on dit, policier, médecin, avocat…cette fois ci, j’étais braqueur!

Ce n’est pas évident pour un nouveau comédien d’arriver dans une équipe qui est déjà très formée, avec des récurrents habitués à l’exercice. Il faut essayer d’être au niveau, tout en apportant sa touche personnelle…C’est une expérience extrêmement formatrice, et j’ai encore tellement à apprendre, comme surmonter cette envie d’être bon pour être plus authentique.

En tout cas, toute l’équipe a été adorable et bienveillante, les réalisateurs étaient top, le HMC aussi. Ils encouragent les guests, j’ai eu le sentiment d’avoir eu ma place. C’était un réel plaisir de travailler avec les équipes d’«Un Si Grand Soleil», j’en garde un excellent souvenir.

 

 

Pour finir, quels sont vos projets et actualités en cours ou à venir ?

Une quinzaine de représentations de ma pièce de théâtre “Ça change des fleurs” au théâtre l’Antidote à Marseille du 12 septembre au 12 octobre, du jeudi au samedi. Ensuite, elle continue à la Comédie d’Aix-en-provence, le 14 et 15 novembre.

Je remonte sur scène en tant que comédien en décembre à la Comédie des Suds dans une comédie.

Et dans l’idéal, si je pouvais également développer mes compétences dans le chant : l’an dernier, je suis arrivé, à ma très grande surprise, en finale du casting de la comédie musicale « Mamma Mia ! ». Je ne sais toujours pas comment j’ai fait,  mais j’ai kiffé…

Merci, Antoine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Justine Thibaudat évoque sa belle et riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@ Mohamed Khalil

 

 

Bonjour Justine,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La rentrée sera l’occasion, pour vous, d’une belle actualité, riche et variée. Vous serez notamment en tournée théâtrale avec la pièce « Secret de famille ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être ?

Oui, tout à fait ! Cela faisait 3 ans que je n’étais pas montée sur scène et ça commençait à sérieusement me manquer. D’avoir décroché ce rôle est pour moi une joie immense !

Comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est une pièce d’Eric Assous, mise en scène par Philippe Hersen. C’est l’histoire d’un jeune couple de futurs mariés, je joue le personnage de cette jeune femme qui, on ne sait pas pourquoi, va décider d’avouer à son futur beau-père qu’elle est tombée amoureuse de lui. C’est un véritable coup de foudre ! Au début, le beau-père pense que c’est une blague mais il comprend finalement que c’est sincère et que ce n’est pas juste un délire. Mais mon personnage reste toujours très amoureuse du fils…C’est là toute la dualité : elle aime sincèrement son futur mari, elle a envie de se marier avec lui mais elle a cet amour pour cet homme. Le beau-père tente de la résonner, lui dit qu’ils vont oublier tout cela… mais ça ne va pas se passer comme cela…Il va y avoir de nombreux rebondissements, des moments très comiques, des quiproquos, ….C’est vraiment très très drôle !

Avec Xavier Deluc, on a eu, de suite, une alchimie et ça s’est confirmé avec le reste de l’équipe très rapidement : les lectures que l’on fait actuellement se passent très bien, on se marre déjà beaucoup !

 

 

Ce personnage semble vous permettre une palette de jeu large et variée, qui doit être plaisante…

Je viens plutôt du théâtre classique, j’ai beaucoup joué de pièces dans ce registre. J’avais déjà fait une comédie il y a fort longtemps, c’était une de mes premières pièces. Là, je retrouve beaucoup de comédie dans le texte donc un autre rythme de jeu et d’autres codes. C’est moderne et, franchement, je suis très contente de retourner au théâtre avec un tel spectacle, frais et drôle. Je pense que les gens ont envie de venir au théâtre aussi pour rire et c’est ce que dégage la pièce. Donc, oui, c’est très plaisant pour moi !

D’autant plus que mon personnage traverse pas mal d’émotions, entre de la peur, de la timidité, de la sensualité, de la joie, des larmes,…Franchement, je pense que je passe par toutes les émotions dans cette pièce !

Au-delà du texte et de la mise en scène, avez-vous certaines sources plus personnelles d’inspiration pour ce personnage ?

Petite anecdote croustillante mais qui date, je le dis bien : je suis déjà tombée amoureuse d’un homme plus âgé que moi. Je ne pensais pas que ça allait m’arriver et, quand c’est là, c’est assez étonnant. C’est quelque chose qui nous dépasse : le fait de tomber amoureux ne se contrôle pas et, quand on aime, on ne compte pas. En fait, quel que soit l’âge ou le statut social, l’alchimie avec une personne ne se contrôle pas…Donc, effectivement, comme j’ai déjà ressenti cette sensation, peut-être que ça m’aidera dans le travail de mon personnage. Pour moi, c’est totalement crédible et c’est totalement dans l’air du temps : j’ai l’impression que, aujourd’hui, les gens assument un peu plus le fait d’avoir une différence d’âge. Dans le travail de mon personnage, je pense qu’il faut jouer vraiment la sincérité car on est dans une comédie. Ce sera d’autant plus facile qu’avec Xavier, on a eu une vraie rencontre…

A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quels sentiments prédominent entre l’impatience et l’appréhension ?

Cette pièce commence par une tournée alors que j’ai eu plutôt l’habitude de d’abord jouer à Paris. Donc ce sera nouveau pour moi de roder la pièce en province. Mais je suis contente car je sais à quel point le public est content d’être là et à quel point il est convivial. C’est pour cela, qu’en général, les tournées ne sont que du bonheur : le public est content de nous voir, il y a une proximité avec les spectateurs. Je suis hyper contente, c’est assez jouissif car je sais déjà que j’ai du travail pour plusieurs mois, ce qui est quand même un beau cadeau. En tout cas, je suis hyper excitée et j’ai hâte !

En complément, aura lieu en octobre prochain, du 9 au 12, un nouveau festival sur Sète…Quelles en seront les thématiques ?

Le festival s’appelle « Créatvty », joli jeu de mots trouvé par le directeur, Stéphane Caput. Il a eu l’envie de créer ce festival de créations audiovisuelles, à Sète. Il n’y avait pas d’offre de festival comme celui-ci, dans cette région. J’insiste, on n’est pas là pour être en compétition avec d’autres festivals, on est en plus. Il a pour ambition de diffuser toutes les nouvelles créations audiovisuelles de télévision et de mettre en avant-première certains films de cinéma. On mettra également en avant des séries, on récompensera aussi des unitaires. On sera en partenariat avec le conservatoire national de musique de Sète et avec le grand théâtre Molière, qui sont magnifiques. Ce qui sera l’occasion de mettre en avant la musique. 

On a envie d’offrir un joli festival au public sétois et à la région Occitanie, c’est une très belle ville, on a de jolis partenaires, franchement ça va être magnifique ! Ce festival a l’ambition d’être un très très gros festival et j’ai hâte !

 

 

Justement, ce festival sera certainement l’occasion pour le public de rencontrer les artistes des œuvres mises en avant …

Oui, une bonne partie des acteurs et réalisateurs des œuvres projetées seront présents ! C’est une première édition, on voudrait faire tellement de choses… En tout cas, on est hyper fiers des œuvres qui seront projetées pour cette première ! Il y aura également des master class, c’est chouette ! Sans oublier un ou deux concerts de musiqueJ.

Plus personnellement, quel est votre rôle dans l’organisation de ce bel évènement ?

A la base, on m’avait contactée pour être membre du jury mais je n’étais pas sûre de mes disponibilités…J’ai alors proposé mon aide pour l’organisation et a ainsi été évoqué le fait que je puisse accompagner la programmation. Je trouvais l’idée géniale et, au départ, pour être tout à fait honnête, je pensais que l’on allait m’envoyer des séries à visionner, des films à regarder et que j’allais pouvoir donner mon avis. Mais non, comme c’est une première édition et que les productions ne savent pas encore que l’on existe, mon job a été de passer des coups de téléphone, d’appeler les productions, d’appeler les réalisateurs et d’appeler tous mes contacts. Ce qui m’a permis de me rendre compte que j’avais un sacré réseau, ce qui est évidemment plaisant. C’était passionnant et hyper intéressant, j’ai eu un autre rapport aux personnes appelées, avec qui, pour la plupart, j’avais déjà travaillé : là, je les appelle pour mettre en avant leur projet, du coup ça me donne une autre casquette, qui me plait beaucoup ! Je m’occupe aussi de certains invités et des membres du jury.

Donc ma casquette première est vraiment de m’occuper de la programmation mais on aide tous en donnant des idées, cela se fait en équipe ! C’est un travail costaud, je ne suis évidemment pas seule, je tiens à le dire, je travaille sur la programmation avec Emmanuelle Aymard et Stephane Caput, le directeur du festival. Franchement, je suis hyper fière !

Dans un autre registre, vous serez aussi à l’image le vendredi 13 septembre, en tant que guest, dans la série « Simon Coleman » pour France 2, dans l'épisode "Confiserie amère"…

C’est un super projet, avec une super équipe ! Je joue une jeune femme, d’une famille aixoise plutôt riche, qui a une entreprise de calissons. Cette demoiselle a le désir de fonder une famille avec l’homme qui partage sa vie. Ce garçon travaille dans l’entreprise familiale, il fait des vidéos sur les réseaux pour montrer la fabrication et, pendant une vidéo en direct, il se fait kidnapper ! Ainsi démarre l’intrigue…Il va ensuite finir à l’hôpital…Il va y avoir un meurtre et se pose la question de ce qui s’est passé.

 

 

On a tourné au mois de mars, il faisait très beau, c’était très chouette ! Jean-Michel Tinivelli et son acolyte Flavie Pean sont de super partenaires, Rebecca Hampton, qui joue ma maman aussi. C’était vraiment très cool !

Pour terminer, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

Je suis sur un projet qui me tient énormément à cœur mais qui prend son temps, un seule en scène sur Jeanne d’Arc. J’avais déjà joué seule sur scène pendant 5 ans et ça me manquait de retrouver un personnage si fort et si emblématique. Mon ami Vincent Mottez a écrit ce spectacle pour moi, l’idée est de le retravailler pour qu’il puisse aller au théâtre.

Il y a aussi le tournage d’un pilote de Pascal Jardel, sur les fantasmes féminins. L’idée est de filmer une histoire où les femmes pourront librement parler de leurs fantasmes sans que ce ne soit filmé. On dit souvent que l’on n’a pas besoin de montrer pour susciter le désir et c’est exactement ce que Pascal veut mettre en avant. Cela devrait être tourné l’année prochaine.

Je ferai également une petite  apparition dans la prochaine série de Marc Fitoussi « Ça c’est Paris », série sélectionnée au Festival de la Fiction TV à La Rochelle. Il m’a proposé de faire un petit coucou grâce à notre collaboration dans la série « Dix pour cent ».

 

 

Enfin, une autre pièce est en projet…

A titre personnel, je suis en écriture d’un long-métrage, qui est, pour le coup, une histoire familiale. Aujourd’hui, je ressens le besoin de le faire et je pense, maintenant, avoir les épaules pour…Je sais que je suis, à présent, prête à écrire ce film, il me faut simplement trouver le temps.

Merci, Justine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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