Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Nous nous retrouvons pour l’édition 2025 du festival de la fiction Tv de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présente ici, notamment pour rencontrer une partie du public de la série ?
Tout à fait ! Grâce au théâtre, je côtoie déjà pas mal le public donc c’est toujours un plaisir…Mais c’est vrai qu’on croise plus rarement le public de la série en particulier, en dehors des personnes venant de Montpellier.
Votre personnage, Janet, a encore vécu beaucoup de choses, personnellement et professionnellement. Ce doit être un vrai cadeau artistique…
J’ai beaucoup de chance et je suis aussi très gâtée par mes partenaires de jeu ! Je tourne beaucoup avec Fred, avec Yvon, avec Mélanie, avec Léa, avec Chrystelle donc j’ai beaucoup de chance d’avoir ces partenaires, qui ont la même façon de travailler que moi. J’estime la chance que j’ai d’avoir de supers partenaires !
A la maison, on a senti que votre personnage s’affirme encore plus qu’avant, faisant part à son mari de certains points de désaccord…
Oui, oui ! C’est sympa…Ce que j’adore, avec Yvon, c’est qu’on inspire les auteurs à nous écrire pas mal de comédie aussi. Donc, quand on est ensemble, même si on parle de choses qui peuvent être pas graves mais un peu tendues, c’est souvent sur le ton de la comédie. J’adore parce que ça me sort un peu de cette gravité autour de l’hôpital, où tout ce que j’y traite est beaucoup plus sérieux. De temps en temps, il y a une petite histoire légère mais c’est plus rare…
Votre personnage a noué une amitié avec Alix, ce qui a permis des scènes cocasses, quand on sait ce que Clément, votre mari, pense d’elle…
J’adore ! Ce qui est sympa, je trouve, c’est que ça montre un côté d’Alix qu’on ne connait pas et que ça montre un côté de Janet qu’on ne connait pas trop non plus. Donc la relation Alix / Janet est assez sympa parce qu’elle dévoile des petites facettes de leur personnalité à chacune, que l’on n’a pas l’habitude de voir. Avec Janet, Alix est assez protectrice, elle est très fidèle, elle n’a pas du tout envie de rentrer dans ce côté d’arnaqueuse. Janet, justement, se lâche un peu plus avec Alix, dans la drôlerie, on la voit plus détendue…J’aimerais bien qu’on aventure un peu plus là-dessus, sur ses facettes…
La galerie est un décor naturel, un autre pour vous, qu’il doit être très plaisant d’exploiter …
Bien sûr ! C’est très beau là-bas, c’est vrai que c’est un cadre qui est très très joli mais je ne sais pas combien de temps encore on va l’avoir. En ce moment, il y a plein de choses qui arrivent à mon personnage, je n’ai même pas les infos de comment ça va se clôturer… Oui, son travail va être un petit peu en péril donc il y a plein de choses, là, qui vont arriver à Janet, c’est cool !
Janet a aussi participé à des œuvres sociales…
Oui ! Justement, ce que j’aime beaucoup, c’est que Janet défend vraiment l’hôpital public et, là, justement, ça revient un peu dans les histoires, à travers certains choix de thèses pour des médecins qu’elle doit parrainer…Elle refuse une thèse qui n’est pas assez, pour elle, destinée à l’hôpital public, qui est plus dans un côté privé. Cela va lui causer des soucis…avec la petite Laurine Laumière…Elles ne s’entendent pas très bien depuis le début à l’hôpital, ce n’est pas quelqu’un que Janet apprécie. Mais, en privé, j’adore Léa, elle est trop mignonne !
En fait, j’aime bien que Janet remette souvent à l’ordre du jour la difficulté de l’hôpital public et les choses qu’il faut y respecter. C’est bien qu’on en parle, il faudrait qu’on en parle plus !
La série est à l’écran depuis 7 ans. Globalement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?
Ils aiment beaucoup le programme, ils sont très positifs. Souvent, c’est juste un petit clin d’œil « Bonjour docteur », « Comme vous allez, docteur ? », …Je suis très flattée que l’on m’appelle docteur parce que je n’ai pas fait les études pour… J. En tout cas, c’est bien reçu et les gens sont très frustrés quand la série est déprogrammée. Je reçois pas mal de commentaires là-dessus. Sinon, ils sont trop contents de nous retrouver…Certaines personnes me disent même regarder toute la semaine en une seule soirée, pour ne pas louper. Chacun a sa méthode pour visionner la série et tous sont très fidèles. Même, d’ailleurs, mon metteur en scène de théâtre, Olivier Macé, la suit, il ne rate pas un épisode. C’est marrant, même certaines personnes du métier la suivent…
Justement, vous vous lancez dans une nouvelle belle aventure sur scène, où vous retrouvez Thierry Beccaro…
Je pense que ça fait 30 ans ! C’était il y a très très longtemps, pour « Boeing boeing »…Il était même venu faire la centième de « Sous le soleil ». Au théâtre, on avait commencé dans les avions et, là, on se retrouve sur un quai de gare, c’est très drôle. C’est vraiment une comédie romantique qui est trop trop mignonne, avec plein d’émotions. C’est virevoltant ! Sylvain Boccara est formidable, il joue mon fils, il était aussi dans la série. On est trois sur scène, j’adore cette pièce, j’adore défendre cette pièce, je la trouve poétique, on se sent bien quand on sort. On était 1 200 à notre première au Cap d’Agde et beaucoup de gens m’ont dit que ce n’était pas comme s’ils étaient au théâtre, ils sont rentrés dans l’histoire avec nous. Je pense que c’est le plus beau compliment que l’on peut donner ! C’est top…
Cela vous permet d’alterner la scène et le plateau…
C’est une obligation pour moi ! J’ai trouvé mon bonheur à au moins faire une pièce par an et, quand je pars en tournée, la plupart du temps, c’est le week-end donc ça n’interfère pas sur le tournage, on arrive à trouver le bon équilibre. Pour moi, c’est un besoin d’avoir cet équilibre-là, entre les films et le théâtre.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous êtes actuellement sur scène, à la Comédie Bastille, dans « L’affaire Corneille – Molière ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Loïs : Oui ! C’est une très belle pièce, je trouve, avec cette enquête, menée par ces trois jeunes, pour essayer de sauver leur ami, qui va les emmener à faire ce concours d’éloquence, en 1968. Ce qui est génial, c’est que l’on joue plein de personnages…Il y a plein de situations très différentes les unes des autres, même temporellement, et on est accompagnés par de la musique live….
Mathilde : Oui, il y a plein d’instruments ! Ce ne sont d’ailleurs pas que des instruments musicaux, il y a aussi des objets quotidiens, notamment pour résonner comme un vrai réveil que le musicien fait sonner.
Loïs : Cet accompagnement musical s’assimile presque à une bande son de film. Sur scène, ça nous éclate parce que, quand tu parles et que tu sens qu’il y a de la réverbe, tu te croirais dans une église ou dans une sorte de sanctuaire bizarre…C’est donc très agréable à jouer ! Cela demande une grande rigueur, c’est une bonne école !
Mathilde : C’est un spectacle qui est très choral, on repose beaucoup les uns sur les autres, les tableaux s’enchainent et s’entremêlent…En plein milieu d’une scène, un flashback peut avoir lieu, avant de revenir dans la scène du présent. C’est donc, vraiment, un voyage dans le temps, de par la musique et l’écriture de Marc. Ce n’est pas seulement une histoire avec un fil rouge, c’est une grosse bobine dans laquelle plusieurs autres viennent s’entremêler ! C’est chouette !
On est 5 comédiens sur scène, plus 1 musicien, pour jouer 30 personnages…Un comédien a même, je crois, 12 personnages à lui tout seul…L’articulation en coulisses est assez drôle, on doit vraiment se caler au mieux pour que ce soit fluide. Il y a presque un deuxième spectacle derrière…
Loïs : Ce serait intéressant de filmer les coulisses ! On s’aide les uns les autres….Pour aller plus vite, les chemises ne sont pas forcément à boutons mais à scratch : alors que ces costumes des années 60 sont très apprêtés, cela permet d’être efficaces ! De changer de costumes en aussi peu de temps est surprenant mais en même temps cool pour les spectateurs !
Plus concrètement encore, avec vos mots, comment présenter cette pièce ?
Mathilde : C’est l’histoire de trois jeunes, qui se retrouvent à préparer le concours d’éloquence, sur le thème de la vérité. Pour sauver l’année de leur pote qui risque de redoubler, ils vont vouloir explorer une théorie vraiment loufoque, qui est : est-ce que Molière a vraiment écrit ses textes ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt Corneille ? C’est une vraie théorie, qui a vraiment existé, dans les années 1910. Finalement, ils vont vraiment découvrir une profondeur assez folle dans cette théorie, au péril de leurs vies et ils vont partir dans tous les sens, à la rencontre des personnes encore vivantes qui peuvent témoigner de cette histoire-là.
Loïs : Plus ils creusent, plus ça devient intéressant, plus l’enjeu de la théorie devient assez intriguant ! Ce n’est plus juste quelque chose en surface…Il y a plein de points d’interrogation qui n’ont pas été résolus et plein de gens qui leur disent qu’ils ne doivent pas l’être. Ce qui les incite, par curiosité, à creuser encore plus…Ils se font happer par cette succession d’évènements, qui les mènent très loin…
Mathilde : Ils vont se passionner pour cette affaire, jusqu’à découvrir qu’un tabou a été enterré. C’est comme si on découvrait que la Joconde, en fait, n’avait pas du tout été peinte par Léonard de Vinci. Ils découvrent Le secret mystique de l’Histoire…
Loïs : Cela pose des questions : est-ce qu’on doit réécrire, ou pas, l’histoire quand ça arrange ceux qui la contrôlent ? C’est intéressant de s’interroger sur cela…Après coup, c’est une histoire que l’on a écrite, et non pas forcément la vérité.
Mathilde : Le point de départ, le seul élément qui a vraiment eu lieu, c’est que cette thèse a bien été déposée par un docteur de la Sorbonne et, à partir de là, tout le reste est écrit par Marc Tourneboeuf.
Artistiquement parlant, cette pièce vous permet une palette de jeu large et variée…
Mathilde : Oui, oui ! On voyage dans le temps donc la gouaille change aussi. A un moment donné, pour quelques répliques, je joue mon propre personnage mais plus jeune donc, forcément, je transforme la voix et je change le corps. Toi aussi, Loïs, tu fais le même personnage qu’un autre comédien, mais 30 ans plus jeune…
Loïs : Il faut arriver à choper à peu près les mêmes mimiques que l’acteur qui le fait mais en ayant la même voix un peu plus jeune…Il y a des successions de plans qui sont donc intéressantes !
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Mathilde : Le plus grand écart entre deux personnages très différents, pour toi, est entre le personnage d’Arthur, en 1968 et Molière…
Loïs : Il y a 400 ans d’écart…La transformation sur scène est intéressante, il y a tout un habillage…C’est très agréable à faire, on sort alors un peu de la continuité temporelle, on met un gros coup de pied dans la fourmilière.
C’est hyper agréable, pour nous, d’avoir une telle palette mais aussi, chaque soir, de se demander jusqu’où on peut aller dans cette vérité-là…Il y a une vraie élasticité, tout en gardant de l’authenticité !
La distribution est alternante, ce qui augmente un peu plus encore, sans doute, le plaisir artistique sur scène…
Mathilde : Bien sûr ! Dans mon cas, je suis arrivée un mois après la première donc c’est une alternance qui a démarré très rapidement. Iona Cartier avait à peine eu le temps de construire son personnage qu’elle m’a donné ses clés, qu’elle travaillait d’ailleurs encore. Forcément, je me suis beaucoup appuyée sur elle, je suis allée la voir plusieurs fois pour, justement, m’en imprégner. En plus, il y a une grande mécanique que l’on se doit d’avoir…Il m’a fallu, je pense, bien trois semaines pour avoir ma propre mélodie, mes propres intentions et mes prises de risque.
Ce qui est très rigolo, c’est que l’on a formé une troisième personne, Camille Nicolas. Je lui ai donné beaucoup de mes clés et, une fois qu’elle avait commencé à jouer, je suis retournée la voir…C’était incroyable, c’était trop chouette et hyper passionnant de la revoir aussi…Je lui ai piqué plusieurs petites chosesJ, que l’on voit d’une autre manière quand on les entend dites par quelqu’un d’autre…
Loïs : Dès fois, ça marche… ou pas parce que certaines choses sont inhérentes à la façon de jouer et aux codes de jeu du comédien. Mais c’est trop cool…Quand je vois Marc tenter, je me dis que je peux tester aussi donc on se pique tous des choses, c’est bien, ça enrichit, c’est un cercle vertueux !
Mathilde : L’avantage, je pense, de l’alternance est que l’on n’a pas trop cet égo à se dire que c’est mon rôle, que je le fais selon telle interprétation et que personne ne doit faire autrement. Là, en fait, on se donne plein de cartes pour jouer ! C’est un exercice assez rigolo à faire !
Quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?
Loïs : Que ça ressemble à un film ! Il y a pas mal de comparaisons, grâce à l’écriture, au scénario et à la musique live…Les gens sont souvent très contents de l’histoire, ils ne connaissaient pas forcément cette théorie.
Mathilde : Ils saluent beaucoup la performance dynamique que l’on a. Effectivement, c’est un grand ballet …
Loïs : Oui, les spectateurs remarquent l’énergie globale qui est insufflée. Sinon, ce serait un documentaire un peu plat…C’est une pièce assez dense, il faut être à l’écoute, il y a beaucoup de dates et de protagonistes, pour évoquer des choses peu connues…
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Mathilde : …avec la volonté, justement, de s’adresser à tout le monde, même aux personnes qui ne sont pas du tout informées. Au final, on suit une enquête et on s’attache à ces jeunes qui la mènent, peu importe, j’ai envie de dire, la thématique qu’il y a derrière…Ce pourrait être « Qui a volé le chat de la mère Michel ? », ce serait pareil ! La volonté principale est d’embarquer le public.
Loïs : Ce qui est bien, c’est que, dans la salle, il y a de tous les âges, pas uniquement des jeunes ou des retraités. C’est agréable d’avoir des gens de 7 à 77 ans. Cela permet à tous de voir d’autres choses…
Justement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?
Mathilde : Qu’elle perdure, ce pourrait être chouette !
Loïs : Que le spectacle tourne aussi peut-être dans d’autres villes, pour voir comment il sera reçu. Ce serait bien car ça pourrait marcher un peu partout, je pense…On touche au patrimoine français, le tout ficelé par une enquête, ce qui peut intéresser le plus grand nombre !
Mathilde : Aussi que l’on ait des groupes et des classes, avec, pourquoi pas, un échange ensuite. Parce que c’est génial quand les jeunes peuvent avoir accès à la culture…
Pour terminer, en complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Mathilde : Je suis sur un autre spectacle, qui est « Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? ». C’est mis en scène par la compagnie Nandi, on tourne depuis 3 ans. J’y ai le rôle de Michelle et c’est vraiment inspiré de l’histoire vraie de cette jeune fille américaine qui a posté ce selfie sur les réseaux pendant son voyage scolaire…Elle avait reçu un déferlement phénoménal de haine, si bien que je me rappelais de cette histoire qui date de 2014. Mes parents m’en avaient même parlé, montrant l’ampleur internationale de ce qui s’était passé.
On a fait Avignon l’an dernier et, possiblement, on le fera l’année prochaine. C’est un très beau spectacle, avec de la chorégraphie et de la musique. C’est très contemporain, ça parle beaucoup aux jeunes, c’est plein d’émotions.
A l’image, j’ai dernièrement joué dans « Flashback » et, avec Loïs, on avait tourné dans une série qui s’appelle « Là-haut sur la montagne », pour TV5 Monde…
Loïs : Une série décalée et humoristique, dans une sphère d’écologie, ce qui n’est pas forcément courant…
Mathilde : Ce sont des histoires loufoques qui pourraient avoir lieu en 2080, notamment : qu’est-ce qui se passerait si on va au ski et qu’il n’y a pas de neige…
Je fais aussi du doublage. Dernièrement, est sorti le jeu vidéo « Expédition 33 », où j’ai plusieurs voix.
Loïs : De mon côté, j’ai eu, cet été, pas mal de projets en parallèle du théâtre, notamment deux créations TF1. L’une s’appelle « Grandiose », qui est l’histoire de jeunes qui ont des troubles alimentaires et qui sont envoyés par leurs parents se soigner dans un endroit qui s’appelle « La ruche », une sorte de clinique pour réapprendre à manger. Je fais le second du cuisinier, interprété par Marc Riso. C’est une belle aventure humaine et c’est très intéressant de parler de ces sujets-là.
L’autre s’appelle « Marie-Line, incognito », avec Isabelle Nanty. Sans oublier un peu de doublage aussi…
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble!
Vous avez une belle actualité en ce moment, à l’image et sur les planches. Il y a notamment cette nouvelle soirée, sur TF1, de « Section de recherches ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a dû être pour vous de retrouver l’équipe?
Oui, oui! A chaque fois, on se dit que c’est quand même incroyable que ça continue, dans le sens où on pensait vraiment avoir dit au-revoir à la série. Et on est encore là ! C’est un plaisir de se retrouver, après toutes ces années : le temps passe et on est présents !
Donc les retrouvailles ont été très joyeuses, tout comme les rencontres…C’était quasiment la même équipe technique que dans les iles mais les guests, eux, sont forcément renouvelés. Claire Borotra a un rôle important dans ce double-épisode, c’est une super actrice mais aussi une passionnée d’écriture, j’étais ravie de la rencontrer. Je n’oublie pas Stéphanie Fatou, Shemss Audat, Marie Mallia, Fatah Boudia, Renaud Leymans…Sans en dévoiler trop, c’est une vie de village qu’il a fallu reconstituer donc il y a beaucoup de rôles!
J’ai donc été amenée à rencontrer tous ces acteurs et actrices, sous la neige dans un endroit assez magique! Il nous est arrivé de partir de nuit, rejoindre le décor sur une sorte de luge etvoir le soleil se lever… j’imagine que les téléspectateurs vont aimer nous retrouver danscette ambiance de vie de chalet après nous avoir vus sous le soleil !
Les scénaristes s’amusent aussi avec ce qui se jouait entre nous par le passé. Entre Vicky et Bernier, il y a forcément eu des petites choses à jouer, qui sont marrantes à retrouver. Ainsi que la suite de l’histoire entre Jeanne et Lucas…Que devient ce couple? Sont-ils toujours ensemble, ou pas? Un an plus tard, on va voir où ils en sont…
Malgré l’intervalle de temps entre deux tournages, certainement que les réflexes sont revenus rapidement?
Quand on travaille longtemps avec un acteur, au bout d’un moment, on se connait. Quand on se retrouve, effectivement, c’est sans effort, il y a quelque chose qui existe, qui est là, sur lequel on peut travailler.
J’ai adoré aussi retrouver l’équipe de réalisation, Stéphane Kappes, Sophie Ardisson, Alice Di Giacomo et aussi en découvrir de nouveaux, notamment Alexandre Yvon, en assistant mise en scène! Ça compte, ça marque un tournage.
On vous imagine impatiente de pouvoir proposer le rendu final aux téléspectateurs mais aussi curieuse de découvrir leurs retours?
Oui! C’est intéressant de savoir, un an après, si on a des fidèles et si on a des nouveaux. Je suis toujours curieuse de savoir quelles générations sont attrapées par l’histoire…On le saura le 24 au matin!
Evidemment, il y aura un meurtre avec ce côté Agatha Christie, qui avait déjà été développé en Martinique. Le fait qu’il y ait beaucoup de personnages, dans la vie de ce petit village, multiplie forcément les suspects et les doutes. Donc les téléspectateurs vont être amenés à passer d’un coupable potentiel à un autre…et les fausses pistes seront nombreuses…
Si, d’aventure, une autre soirée inédite venait à être proposée l’année prochaine encore, sans doute iriez-vous sur le tournage en courant?
Ce serait un grand plaisir pour tout le monde d’y retourner! Et de se retrouver encore dans de nouvelles situations et de nouveaux lieux.
On n’est plus sur un rythme de série mais la réception du scénario est à chaque fois très attendue…On se demande ce qui a été réservé à son personnage. Il y a un aspect un peu cadeau, je trouve, quand on découvre le texte…
En complément, vous serez sur scène, à partir du 6 novembre prochain, à la Reine Blanche, dans un tout autre registre artistique…
Oui, un tout autre univers! « Coupables d’amour » a été écrit par Nathalie Kanoui, qui est également au plateau. La pièce raconte l’histoire de trois femmes, qui sont des criminelles: elles sont, un jour, passées de l’autre côté, de façon assez violente. Ce qui serait le point commun de ces trois femmes, c’est que l’amour s’est mêlé à leurs actes… Donc on va être devant la vie de ces trois femmes, qui viennent de milieux très différents et qui sont à des âges et des moments de leur vie qui le sont aussi. On va les voir évoluer en cellule et on va les voir au cours de leur jugement, donc on va découvrir également le monde des pénalistes. Le tout étant interprété par nous trois, Josette Stein, Nathalie Kanoui et moi-même. On joue donc, tour à tour, ces détenus, les avocates, les présidentes, pour rendre compte d’instants marquants.
On s’est beaucoup documenté, on a posé des questions à des gens du métier, à la fois sur comment ça se passe en cellule mais aussi pour les plaidoiries. Ce sont des sujets tellement délicats que l’on doit casser les apriori. C’était important de se rapprocher au plus de la réalité, pour donner à voir un objet symbolique mais qui est très nourri de concret.
C’est Anne Le Guernec qui met en scène : il y aura peu de choses au plateau, des signes, comme le sont pièces à conviction, on va être amenées à donner à voir et à sentir les atmosphères avec très peu mais il y a toute une chorégraphie d’accessoires qui est très réfléchie. Anne est d’une finesse et d’une intelligence d’interprétation remarquables donc, vraiment, on plonge dans les situations avec toujours la question de ce qui se joue au fond entre nous trois.
Ces personnages vous vont permettre une palette de jeu large et variée…
Complètement! A la lecture, je me demandais si je serais capable d’interpréter une criminelle. J’ai plutôt l’habitude, au théâtre, des textes d’auteurs classiques, il y a une sorte de distance et là, on est sur une écriture contemporaine. Mais, ce qui m’a aidé dans la direction, c’est de travailler sur la vitalité hors norme de mon personnage et m’interroger sur son niveau de conscience : ce n’est pas sûr, en fait, qu’elle ait eu pleinement conscience de ce qu’elle a fait, il fallait sauver sa peau.
Quand on joue une avocate, il faut alors défendre sa cliente avec tout son cœur mais, en même temps, avec la volonté de dire et de faire entendre un argumentaire. Bref, ça pose tout un tas de questions…et c’est très intéressant à jouer : à la fois, il faut être dans cette humanité mais, en même temps, il faut quand même être dans la fonction.
Effectivement, cela me permet de travailler sur des registres très très différents, tout cela au sein d’une même pièce, qui durera à peu près 1h20.
A quelques jours de la première, quels sentiments prédominent actuellement?
On est complètement dans le travail…On est encore dans une phase de recherche. Comme on a d’abord eu la salle, on a commencé par faire une sorte d’échafaudage des lumières et des déplacements. On a pu se « débarrasser » des questions de mise en scène pour être pleinement, maintenant, dans le jeu. Donc on travaille très tranquillement à décortiquer toutes les scènes, on est vraiment au présent du travail, avec le sentiment que ça va se déposer et que l’on sera prêtes le jour J.
J’adore mes camarades de cellule donc c’est un plaisir de se regarder travailler les unes les autres !
Pour terminer, un autre projet théâtral est déjà en développement, un projet 100% féminin, qui vous tient particulièrement à cœur aussi…
En ce moment, je suis en développement d’une adaptation de « Iphigénie » de Racine qui s’appellera « Une autre Iphigénie ». J’avais envie de travailler ses alexandrins mais ce qui m’intéressait particulièrement dans cette pièce, c’est l’histoire du sacrifice d’une fille par son père, pour répondre au désir d’une déesse, qui, pourtant, proposait une sorte de trêve à la guerre.
L’idée est d’embarquer six actrices, de plusieurs générations, pour jouer à la fois les guerriers et les femmes. Il y aura un personnage ajouté, qui fera office de narrateur, pour contextualiser l’histoire et permettre de mieux suivre l’intrigue. J’ai aussi l’envie d’être dans une esthétique un peu pop et rock endiablée, avec du faux sang, des paillettes, du sable…Je voudrais me permettre également des chorégraphies…J’aimerais donc me donner beaucoup de liberté dans cette adaptation!
On est vraiment au tout début de travail et, en avril, au TGP, on présentera une première étape, devant des pros, afin de continuer à trouver des partenaires.
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Votre actualité est très riche et très variée. Vous êtes actuellement sur scène, un peu partout en France, avec votre seule en scène, « Héroïnes ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, le contact avec le public est irremplaçable ! C’est quelque chose, c’est vrai, que j’ai pas mal connu pendant 15 ans avec les « Airnadettes » et, là, je ne me lasse pas d’être seule sur scène avec le public. Je prends même de plus en plus de plaisir…J’en suis à 109 représentations et c’est hyper agréable de pouvoir raconter ce que l’on veut, pour faire rire les gens, pour les émouvoir aussi et pour pouvoir réfléchir ensemble à des questions qui me taraudent. Donc ce contact avec le public est unique et je suis ravie d’avoir encore une quarantaine de dates de tournée pour pouvoir en profiter.
Si l’on revient à l’origine de ce projet, comment vous en sont venues l’idée et l’envie ?
Un peu par accident…Je n’étais pas censée écrire ce spectacle…On devait monter une pièce pour une chaine de télé, ça ne s’est pas fait mais la salle était bookée…Du coup, il y avait ce créneau qui était là, qui était annoncé dans la plaquette du théâtre et on s’est dit que j’allais y aller toute seule…Comme c’était un spectacle que l’on devait faire sur Molière, l’idée m’est venue de faire quelque chose sur les héroïnes de Molière et des héroïnes de Molière, finalement j’ai tiré une espèce de portrait-robot de l’héroïne…Et, tout à coup, en fait, je me suis rendue compte que cette figure de l’héroïne était très importante pour moi donc j’en ai tiré les fils et puis c’est devenu un spectacle de plus en plus personnel…Molière n’est quasiment plus là mais ça m’a permis de raconter, par une galerie de portraits et par ma propre expérience, un portrait-robot de la figure de l’héroïne qui, finalement, raconte beaucoup pour moi sur la figure du féminin. Du coup, cela permet de réfléchir à ce que c’est qu’être une femme, à ce que c’est qu’être un homme, à ce que l’on raconte de la féminité aujourd’hui, à comment je ne m’y retrouve pas du tout et à comment je redéfinis le féminin avec des figures d’héroïnes qui sont, pour moi, beaucoup plus parlantes sur le féminin, c’est-à-dire quelque chose de fort, de libre, de puissant, …
Tout cela, évidemment, avec pas mal de rigolade et des personnages qui sont assez forts !
Ce spectacle est plein de montagnes russes, pour vous et pour le public…
Oui, on passe du rire à l’émotion, on réfléchit aussi un peu et je crois que c’est un parcours assez joyeux et rafraichissant. C’est super agréable que les gens, en sortant, me disent ne pas du tout s’attendre à voir cela…Ils ne s’attendent à rien mais sont quand même surpris.
Les montagnes russes sont une belle image, c’est complètement cela : une fois que les spectateurs sont dans le wagon, ils ne se posent plus de question et se laissent décoiffer par le spectacle donc c’est un bon voyage, je crois !
Nous évoquions la tournée en cours…Ce doit être très plaisant d’aller à la rencontre des gens un peu partout…
Et de visiter la France, mine de rien ! C’est quand même très agréable aussi…Je découvre à quel point je suis une nomade…J’adore la tournée, je fais cela depuis 20 ans. J’aime les tournages aussi pour cela : cela permet de s’installer dans un endroit pendant un petit moment donc autant vous dire que je connais bien bien la Martinique J mais le côté nomade de la tournée est très agréable aussi !
Là, c’est quand même très sympa car la Comédie de La Rochelle a eu la bonne idée de me faire venir pendant le festival de la fiction donc c’est un bonheur ! Déjà, j’adore La Rochelle et j’ai pu croiser, en deux jours, tous les gens du métier. Je n’ai plus de voix, j’ai dormi deux heures par nuit depuis que je suis là, c’est une effervescence, je suis très gâtée…Merci la vie, je suis pleine de gratitude, je suis vraiment très heureuse de découvrir la France mais aussi les spectateurs ! Il y a beaucoup de téléspectateurs de « Tropiques criminels » qui viennent voir le spectacle. Quand je suis dans l’écran, je ne les vois pas alors que, là, je les vois, ce qui est très agréable !
En complément, sortira le 8 octobre prochain « Mammomia », un livre que vous avez co-écrit avec Bénédicte Voile…
C’est un roman graphique qui est à l’initiative d’une illustratrice autrice géniale, qui m’a contactée après un post que j’ai fait sur Instagram, pour encourager les femmes à aller faire une mammo. J’ai fait ce poste pour « Octobre rose », la première année après ma propre guérison et je ne sais pas, il y a quelque chose dans le ton qui lui a plu et elle s’est dit que ce serait génial de faire un roman graphique qui puisse encourager les femmes au dépistage. Du coup, on s’est vues, je lui ai raconté mon histoire, elle s’en est emparée. Vraiment, bravo à Bénédicte, qui a réussi, au travers de son dessin et de sa plume, à rendre vraiment le ton que je donnais à cela.
Je n’ai pas cherché à dédramatiser mais j’aime raconter cette histoire avec un peu de distance et un peu d’humour. Déjà, parce que c’est une histoire que j’ai acceptée et que j’ai traversée…et que c’est ma façon d’en parler avec du recul. Mais elle trouvait que c’était aussi une façon de décomplexer les femmes qui, parfois, ont peur d’aller faire cette mammo. Ce que je raconte, c’est que, plus c’est dépisté tôt, moins lourd est le traitement dans le meilleur des cas. Donc l’idée était de partager une expérience et de dire que la maladie n’est pas honteuse, qu’il ne faut pas en avoir peur. C’est surtout important d’en parler, pour que l’on puisse communiquer au maximum. Le cancer est de plus en plus répandu donc il faut en parler et il faut pouvoir, chacune, approcher la chose à sa façon.
L’originalité du format permettra sans doute à beaucoup de femmes d’oser s’emparer du sujet…
Exactement ! Vraiment, c’est un petit guide ludique et rigolo, qui est assez drôle à lire…Donc l’idée est celle de La Fontaine : « Pour instruire, il faut plaire ». Et évidemment que le rire est un vecteur de communication…L’objectif est que ce bouquin puisse se refiler facilement, j’aimerais que l’on ait envie de l’offrir. Il est joli, il a une couverture assez pop, le contenu est à la fois mon témoignage raconté de façon drôle et décomplexée mais il y a aussi plein de tips réconfortants pour les femmes…Et puis, il y a pas mal d’informations médicales aussi, même si ce livre n’a aucune prétention médicale…Cela permet aussi de dire ce que l’on sait aujourd’hui, c’est une façon de vulgariser le savoir actuel…En fait, c’est comme boire un café avec moi pendant une heure !
C’est un peu ce qui m’est arrivé quand j’ai eu mon cancer : j’ai bu pas mal de cafés avec pas mal de femmes à qui c’était arrivé, j’en ai eues au téléphone aussi et, pour moi, ça a été vraiment hyper précieux, beaucoup plus qu’un médecin qui vous parle scientifiquement de qui vous arrive…ou que les amis qui vous réconfortent comme ils peuvent mais qui n’ont pas vécu cela. Là, c’est un partage d’expérience qui, pour moi, avait été ma plus grosse source de réconfort !
Enfin, la prochaine saison de « Tropiques criminels » sera bientôt à l’image…
On est rentrés fin juillet d’encore quatre mois de tournage en Martinique…Je ne vais pas vous mentir, c’est un plaisir de plus en plus grand tous les ans. Chaque fois, je me dis que ça ne peut pas être mieux que cette année et, l’année d’après, c’est encore mieux…Donc, oui, on est ravis. On a mis huit épisodes en boite, pour encore des aventures nouvelles. Les auteurs m’épatent à chaque fois, ils sont pleins de ressources…C’est toujours une très belle aventure, qui se poursuivra avec le tournage d’une saison 8 l’année prochaine, qui sera un final puisque la fin du programme a été annoncée. C’est bien, on a quand même tous le temps de faire le deuil très tranquillement de cette fin de série, que l’on aura eu évidemment un plaisir dingue à tourner. Cela m’aura changé la vie, évidemment !
De pouvoir retrouver un personnage sur une telle longueur vous permet sans doute de le développer davantage…
Oui, oui, c’est comme un mille feuilles : la première année, on découvre un peu le personnage, on en fait toute la forme extérieure et, plus les saisons avancent, plus on rentre dans le détail et dans l’intimité de ce personnage. Ce qui est très agréable, c’est que et les auteurs et les réalisateurs sont vraiment à l’écoute de l’actrice ou de l’acteur qui interprète…Donc, tous, on a pu dessiner et ciseler nos personnages au fur et à mesure des années, en échangeant sur nos souhaits d’actrices / d’acteurs, sur ce que les auteurs perçoivent de nous ou avaient envie d’explorer. C’était, oui, un très très beau cadeau, là encore, de pouvoir affiner notre palette de jeu au travers de ces personnages que l’on aime tellement !
Au-delà des récurrents, la présence des guests permet d’enrichir le contenu…
Bien sûr ! Il y a la famille de base qui s’est agrandie et les guests. Là aussi, les auteurs s’arrachent la tête…On adore les enfants, les amants,…toute cette petite nébuleuse autour de nos personnages…Avec les années, on les aime tous mais les auteurs ont dû faire des choix. C’est évidemment compliqué parce que tout le monde s’attache, nous, l’équipe, les téléspectateurs…Mais tant mieux, c’est une bonne nouvelle !
Il y a eu aussi des rencontres de jeu extraordinaires…D’avoir joué avec Edouard Montoute ou Francis Perrin a été de gros cadeaux. Cela ouvre le jeu : tout à coup, ils viennent appuyer sur d’autres touches, ce qui déclenche encore de nouvelles palettes…C’est merveilleux ! On a encore quatre épisodes pour s’éclater donc on ne va pas passer à côté...
D’ailleurs, allez-vous rejouer votre spectacle sur place ?
C’est prévu ! Je l’ai joué déjà trois fois cette année, dans un nouveau Comédy Club et, comme c’était complet à chaque fois, on s’est dit, avec mon producteur, que l’on allait se lancer dans une grande aventure…Du coup, je jouerai dans une salle de 800 places fin janvier, ce qui sera ma plus grande salle avec ce spectacle ! Je jouerai aussi en Guadeloupe, deux jours après…Donc bien sûr que l’aventure martiniquaise me tient à cœur…
Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview ensemble !
Vous êtes actuellement sur scène, dans « Le gout du bonheur », aux côtés de Tonya Kinzinger et de Thierry Beccaro. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Je pense que vous n’imaginez pas, non J ! C’est même difficile à décrire, tellement je suis content…Je viens du théâtre, j’ai fait des écoles, des formations, des petits spectacles…J’avais même commencé avec « Les aventures de Guz », un spectacle pour enfants. A chaque fois, c’étaient des pièces intimistes on va dire et, là, d’être pris sur cette pièce, avec ces deux acteurs, est génial ! Je connaissais Tonya mais on n’avait pas pu travailler ensemble sur « Un Si Grand Soleil » - on avait fait une seule scène – et, là, on a une complicité très agréable. Je découvre Thierry, il est super intéressant, tout comme Olivier Macé, le metteur en scène.
Oui, ce sont mes premiers amours et, même temps, d’être passé par la télé pendant 3 ans m’a fait découvrir d’autres choses sur mon jeu. Du coup, je reviens avec de nouvelles armes…Par exemple, rien que sur la portée vocale : en chanson et en télé, tu dois aller chercher la justesse la plus absolue, dans quelque chose qui va être enregistré et diffusé seulement après. Là, il faut qu’au moment où tu dis chaque phrase, tout soit reçu…J’adore, je me sens vivant, vraiment !
Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?
Ça parle du bonheur ! C’est une relation tumultueuse entre Margot, qui tient un kiosque à journaux dans une gare déserte, et un artiste peintre, Alexandre, qui revient là souvent. Ils se chamaillent, ils se chamaillent, ils se chamaillent…Je suis le fils de Margot, je dois partir faire de la musique et, en même temps, je ne veux pas non plus laisser ma mère toute seule. Je suis fanatique également de cet artiste peintre…Je suis au milieu de tout cela, j’amène la joie.
Du coup, c’est toute une intrigue qui se tisse et, en même temps, ça reste quand même une bonne comédie !
Sans doute que des sujets importants sont ainsi abordés, sous les traits de la comédie, pour mieux les faire entendre du public ?
Oui, oui. On a fait notre couturière il y a quelques jours, devant 1 200 personnes, c’était incroyable. Dans la pièce, il y a pas mal de blagues sur la SNCF, qui sont plutôt justes et on sent que les gens réagissent…Il y a aussi toute la question de vivre des aventures pour une femme qui a déjà connu une bonne partie de la vie et qui, en même temps, est pleine de rêves. Egalement les secrets familiaux qui peuvent exister et qui ont besoin, souvent, d’être résolus. C’est comme cela, je trouve, que l’on peut toucher le bonheur : tant qu’il y a des secrets, ça ne sent pas très bon !
Votre personnage vous permet vraisemblablement une palette de jeu très plaisante à défendre…
Oui, oui, oui, oui, oui ! Il est vraiment haut en couleurs. Le rapport avec la mère est très dans le rire, à la charrier et, en même temps, elle, aussi, est un personnage donc, dès fois, il est un peu mal à l’aise et gêné par sa mère, comme tous les jeunes, à dire « Arrêtes maman, tu me gênes ! ». Elle est assez libre sexuellement, c’est toujours un peu gênant pour son fils mais, en même temps, il veut son bonheur. Il veut la suivre mais il veut aussi partir…Il y a tous ces enjeux-là !
Sans oublier le rapport au personnage d’Alexandre, où je le connais de réputation et où lui ne me connait pas. Mais il me découvre et m’adore aussi. En fait, peut-être qu’on va avoir plus que ce lien-là ?
Oui, du coup, il y a vraiment une grande palette, dans toutes les émotions et, en même temps, je reste un personnage moteur. C’est une belle pièce, construite sur l’équilibre d’un trio où Tonya tient la pièce de A à Z, à être tout le temps-là, que l’on suit et qui est très touchante, où Thierry est très drôle par sa présence, tout en étant un misanthrope attachant. Je suis là pour équilibrer ce duo, car il y a plein de moments entre eux où on se dit « Ce n’est pas possible, ça ne va pas le faire » et mon personnage vient toujours rallumer cette petite flamme, c’est trop bien !
Au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?
Déjà, Tonya m’a parlé de son fils, qui fait aussi de la musique donc j’y ai trouvé des similitudes. Il faut toujours essayer de rapprocher le personnage à soi donc j’ai pensé à moi…J’ai une petite sœur qui a un âge un peu plus jeune donc j’ai essayé d’analyser son rapport à notre mère. J’ai, du coup, picoré un peu partout !
A la couturière, j’ai pu rencontrer le fils de Tonya, ce qui va me nourrir encore pour la suite car ils ont un chouette rapport, à se charrier, en étant très joueurs.
Peut-être aussi qu’il y a eu d’autres inspirations inconscientes…Je ne sais pas si ça fait cela à tout le monde mais, quand je bosse sur un rôle, en fait j’y rapproche un peu tout ce que je vois. Même un article de journal…C’est Tiago Rodrigues qui nous parle des fantômes qui nous suivent pour nos personnages, à dire qu’ils augmentent notre quotidien. Je ne suis pas du tout dans la méthode de l’acteur studio, à penser que je suis le personnage, non je ne suis qu’un comédien mais, par contre, ça m’habite parce que c’est mon travail. Donc, en permanence, je vois des échos et je m’en nourris, sans être avare.
Tonya et Thierry avaient déjà joué ensemble sur scène, il y a quelques années. Ce qui a probablement aidé à la complicité au moment des répétitions notamment…
Complètement ! Cela m’a aidé pour m’intégrer, leur complicité naissante a facilité cela. On sent la joie qu’ils ont de se retrouver. C’est comme si deux anciens copains se retrouvaient dans la cour de récréation. Cela fait plaisir aussi aux spectateurs, qui nous en ont parlé, et qui retrouvent ce lien-là !
J’ai senti un environnement sain, où ils se connaissaient et dans lequel ils savaient ce qu’ils faisaient. C’est quand même agréable !
Vous évoquiez la couturière, à Agde. A-t-elle été l’occasion de premiers retours du public ?
Oui…Les gens ont beaucoup ri, les réactions étaient franchement bonnes et, en même temps, on en est d’ailleurs toujours surpris, il y avait des moments de tension où on entendait les gens réagir. Sans en dire trop, il y a un moment où je laisse un petit suspense et j’ai été surpris des chuchotements où les spectateurs imaginaient ce que mon personnage allait dire. Le public était donc avec nous !
Un grand merci pour la scénographie, pour les décors, pour les lumières, que l’on a pu créer sur place. La pièce a pris vie là-bas et on y retrouve quelque chose de très cinématographique, un peu de comédie romantique italienne. Du coup, les gens nous ont dit, à plusieurs reprises, qu’ils se sentaient avec nous et que c’était presque immersif. C’est vraiment pas mal !
Certainement aussi que vous avez eu des étonnements quant aux moments de quelques réactions, comparativement à la projection que vous vous en étiez faite ?
Complètement ! On était surpris nous-mêmes…A certains moments, les gens ont réagi encore plus que ce à quoi on s’attendait. Ils ont également réagi à des moments auxquels on ne s’attendait pas… En même temps, c’est ça le spectacle vivant : on va aller dans d’autres endroits, où ça rigolera d’autres choses…C’est marrant de voir comment chaque public se comporte et quelle est l’ambiance de chaque salle. En tant que comédiens, on est alors pleinement vivants parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre !
On a beaucoup réécrit la pièce, même la veille car Olivier, dans son travail, veut trouver une connerie par jour. Ca a super bien marché, on en est très contents !
De toute façon, représentation après représentation, vous allez continuer à affiner…
On a la base, on peut maintenant se concentrer sur les détails et sur ces moments de tension dont je vous parlais. Au théâtre, ça peut se jouer à une seconde donc il faut être à l’écoute, de ses partenaires et du public.
On a hâte de montrer cette histoire au plus grand nombre ! On a senti que ça faisait aussi plaisir aux gens de nous voir, par rapport à « Un Si Grand Soleil » ou à « Motus ». Les gens sont ravis et nous voient autrement ! De leur point de vue, on appartient à leur environnement et, de la même manière qu’un ami te dit « mais tu sais que je fais de la peinture aussi ? », tu as envie d’aller voir et, après, tu le perçois autrement. Je pense que c’est un peu la même chose ! Et puis, si ça peut aussi amener des gens au théâtre, je suis content…
En conclusion, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Je continue la musique, on a fini un album et on va s’atteler aux clips…Je suis comédien donc j’ai envie d’un côté théâtre. On fera surement aussi des concerts en région parisienne…
J’ai également un projet de théâtre sur l’Arménie. C’est une pièce documentaire, à partir des travaux de ma mère, qui est sociologue. Ce sera un beau projet, en collaboration probable avec la maison de l’Arménie en France. Peut-être même que l’on ira jouer en Arménie aussi. Pour l’instant, j’aide à la création, je ne sais pas encore si je vais vraiment être à la mise en scène et j’aimerais m’occuper de la musique. En tout cas, c’est un projet qui me tient à cœur !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
« Le Cactus » est à suivretous les matins à8h15 du lundi au vendredi dans « Le 8/9 »en radio sur VivaCité et en télé sur la Une. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous chaque jour ?
Oui, c’est super chouette à faire, l’équipe est trop chouette ! Livia a remplacé Sara, je n’étais pas là depuis longtemps donc voir Sara partir n’était pas facile, c’était un peu mon pilier. Mais, oui, Cyril et Livia sont très chouettes, comme tous les autres membres de l’équipe. Je m’amuse beaucoup là-bas, ils me laissent beaucoup de liberté, c’est trop chouette !
Cela vous permet, ainsi, des registres variés et une palette qui l’est tout autant…
Oui, oui, oui ! J’essaie toujours de coller au maximum à l’actualité mais, après, je n’aime pas me répéter en fait dans l’actualité non plus. Sinon, il faudrait faire des chroniques toutes les semaines sur Gaza…Ce n’est pas pour autant que ce n’est pas important, c’est juste que c’est compliqué de se renouveler là-dedans…A taper sur le même clou tout le temps, je ne sais pas si c’est forcément ça qui fait que les choses évoluent absolument. Mais j’essaie d’être le plus nourri possible par l’actualité…Même pour des choses, parfois, qui ne m’intéresseraient pas de base, j’essaie de me renseigner sur le sujet et de trouver des blagues dessus.
D’ailleurs, êtes-vous sensible à l’horaire, un peu après 8h du matin, dans le choix des mots ou encore dans la façon d’amener votre propos ?
Oui, un peu ! Au début, je n’y faisais pas attention et c’est en parlant un peu avec des auditeurs ou auditrices ou encore avec mes parents, qu’ils m’ont dit que tel mot, à la sortie du réveil, est un peu violent…Donc j’ai essayé de ne pas être trop vulgaire le matin parce que c’est bof d’entendre des mots grossiers en prenant son café ! Je cherche donc à avoir de l’impact avec des mots, mais sans être non plus choquant tout le temps parce que c’est le matin, un moment où on se réveille, où on rebranche son cerveau après la nuit.
Quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs ou des téléspectateurs ?
Beaucoup de gens m’envoient des messages sur Instagram, c’est un peu le réseau que j’utilise, même si je suis nul en réseaux. C’est très chou…Je croise aussi beaucoup de gens dans la rue qui me reconnaissent, ce qui est trop mignon, et qui me disent que mes chroniques sont trop bien…Ils sont très gentils avec moi !
J’ai aussi des retours négatifs, qui me construisent également, notamment sur Facebook, où il y a beaucoup de trolls. Comme je dis toujours, les commentaires Facebook sont la boite de Pandore sans l’espoir donc c’est compliqué d’y trouver du bon là-dedans. Mais il y a parfois des critiques négatives qui sont importantes sur ma diction et sur mon rythme de parole. Je sais que je dois bosser dessus…Parfois, je réécoute la chronique et je vois que, oui, j’ai parlé vite, que, oui, j’ai mangé quelques mots donc je sais que je dois faire attention pour la prochaine. Ecrire une chronique, c’est bien mais la jouer et l’écrire, c’est mieux !
En parallèle, votre spectacle « Spécial » poursuit son chemin sur les routes. Vous y parlez sans doute beaucoup de votre propre parcours…
Oui, oui. C’est une manière un peu drôle de prendre une revanche pour tous les gens qui ont été un petit peu laissés pour compte à l’école primaire, pour telle ou telle raison…
En tout cas, la scène est probablement, pour vous, un lieu d’expression complémentaire à celui évoqué en radio et télévision ….
Oui ! J’ai même commencé par le stand-up avant de faire de la radio. C’est complémentaire, oui. Cela permet d’avoir toujours du matériel à tester sur scène mais, après, la transition entre les deux n’est pas la même chose…En fait, le stand-up est un art vivant, qui doit se baser sur les retours, les énergies, les réactions de la salle donc on est plus dans une sorte de connivence avec le public. La radio bien sûr aussi, mais on parle à beaucoup de gens qui ne sont pas dans la pièce, on parle à beaucoup de gens qui sont loin donc il faut être le plus intelligible possible, il faut être le plus clair possible et c’est suivi par beaucoup beaucoup de gens. Donc ce n’est pas exactement le même exercice…
C’est complémentaire : la folie du stand-up apporte la folie dans la radio et la clarté de la radio apporte de la clarté sur scène…Mais ce n’est pas la même chose : je ne peux pas prendre une chronique et la ramener sur scène, c’est impossible !
En parallèle, sera diffusée d’ici quelques semaines votre participation à la mythique émission « Fort Boyard », version Belgique. Sans doute était-ce pour vous un honneur de participer à ce programme historique de la télévision ?
Oui, oui ! Franchement, c’était trop bien ! En plus, c’étaient les dernières émissions qu’enregistrait Olivier Minne donc c’était vraiment trop chouette à faire.
Quand j’étais petit, j’adorais cela…J’avais fait une petite pause sans visionner parce que je regardais moins la télé mais ça a toujours été un peu mythique dans ma tête. Donc d’aller sur le fort, de faire les épreuves, de rencontrer le Père Fouras était quand même très marrant…C’était très très chouette à faire et un peu irréel. Du coup, j’étais vraiment comme un enfant toute la journée !
Toute l’équipe technique de l’émission est incroyable, tout le monde est extrêmement professionnel et gentil, tout est très bien expliqué donc on a vraiment l’impression de passer une journée en aventure avec des potes. Donc, franchement, c’était incroyable à faire !
D’ailleurs, appréhendiez-vous certaines épreuves plus particulièrement ? A l’inverse, en attendiez-vous d’autres avec impatience ?
Oui…Tout ce qui est vertige et vide, ce n’est pas possible donc ça, j’appréhendais beaucoup. Et tout ce qui est animaux, par contre, même des animaux qui sont considérés comme horribles, moi ça me va très bien, il n’y a pas de soucis. J’aurais été content d’encore plus interagir avec les animaux un peu exotiques…En plus, c’est trop chouette parce que l’équipe technique, avant, nous a appris un peu comment prendre les araignées, comment prendre les serpents donc ce sont des trucs que je sais faire maintenant, je suis content !
Certainement qu’au moment où les caméras ont commencé à tourner, cohésion et bonne humeur étaient au rendez-vous, pour aider au dépassement de soi…
Oui, oui, oui ! On était là la veille déjà à La Rochelle, bon on se connaissait tous mais, après, c’était vraiment le moyen d’échanger, de se dire que l’on se soutient les uns les autres, que l’on se pousse vers le haut, que s’il y a des choses que l’on ne veut absolument pas faire on essaiera de négocier pour que ce soit l’un ou l’autre…Bon, ça n’a pas été fait mais s’il y avait vraiment eu une peur paralysante, j’aurais dit que je le faisais, moi, ou un autre aurait dit qu’il le ferait, lui. Donc, oui, il y a eu beaucoup de connivence, c’était trop chouette à faire !
Avec le recul, quelles sont les qualités attendues pour être un bon candidat sur le fort ?
Ah ah ah, aucune idée ! Je pense que c’est débrancher son cerveau…Il ne faut pas se laisser dominer par la peur : même si elle est là et présente, j’imagine que c’est arriver à dire « Allez, je fais confiance à l’habillage de l’émission, je fais confiance à mes coéquipiers et coéquipières, je débranche mon cerveau, je fais quelque chose de fou que je ne ferai jamais dans la vie et je vais à fond dans l’expérience ». Voilà, je dirais que c’est ça…
Pour terminer, plus globalement, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle saison qui démarre depuis peu ?
D’être complet tout le temps, ce serait super ! De continuer à bien écrire plein de nouvelles blagues, pour préparer un nouveau spectacle pour la rentrée prochaine. Et de faire un Cirque Royal avec…Là, je joue au centre culturel d’Auderghem le 16 juin 2026 mais, après, ce serait trop bien de terminer l’année 2026, en décembre, par un Cirque Royal…Ce serait l’objectif absolu parce que c’est la plus belle salle de Bruxelles…C’est, pour moi, un rêve de gosse donc je trouverais cela cool !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre du chariot, pour quelques dates exceptionnelles, avec votre spectacle « Faire semblant d’être moi ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! On l’avait déjà joué dans un autre théâtre, celui de la flèche, où la directrice, Flavie Fontaine, nous avait demandé de prolonger, tellement ça avait bien marché. On faisait complet tous les jours, ça avait eu beaucoup de succès !
Le metteur en scène, Xavier Maurel, connaissant une personne au théâtre du chariot, il m’a été proposé d’y jouer 8 dates exceptionnelles….Plus on le joue, mieux c’est ! On devrait aussi jouer au festival d’Avignon, en juillet 2026. On a également quelques dates, entre deux, en Belgique, ou encore à la scène nationale de Dieppe. Il est beaucoup question de cette ville dans le spectacle car elle représente mon enfance…Je jouerai devant une salle de 600 places donc j’espère qu’il y aura du monde !
Si l’on en revient à la genèse de ce projet, d’où vous en sont venues l’envie et l’idée ?
Comment vient l’idée de parler de sa vie ? C’est une question à laquelle je n’ai pas répondu encore…Mais je sais que ça a été déclenché par la perte de mes parents. J’ai eu envie de parler, en fait, des vieux et de la vieillesse. Ma mère avait Alzheimer, elle est morte de cela…Cette maladie est une tragi-comédie en permanence…A la fois, je voulais raconter cela, je voulais aussi raconter ce que ça veut dire pour le couple, ensemble depuis 60 ans, quand une personne est malade, entre drame et cocasserie. Mais bon, c’était peut-être trop proche et je n’y arrivais pas…Donc j’ai décidé de parler de mes parents mais quand j’étais petite.
Donc je parle de l’enfance, comme une chronique familiale, avec une certaine folie sous-jacente. Je tire le fil, je parle de l’adolescence puis de la naissance de ma vocation de comédienne dans une famille où strictement rien ne prêtait à ce devenir-là, au contraire. J’utilise une langue particulière pour parler de cela et cette langue évolue : au début, c’est une langue de l’enfance et de l’enfant, même si je ne singe pas l’enfant mais il y a quand même une manière de raconter l’enfance avec des mots d’enfant. Puis ça évolue avec l’adolescence, où toutes les adolescences d’aujourd’hui peuvent se retrouver. Même si la société a bien évidemment évolué, les questions autour des parents, de la sexualité, de ce que l’on va faire plus tard sont toujours les mêmes. C’est amusant d’explorer cela ! Puis de parler du théâtre qui arrive, en même temps qu’arrive un drame dans la famille…Tout cela, concomitant, fait le spectacle !
Au départ, je ne pensais pas en faire un spectacle et, maintenant, j’ai envie d’en faire un vrai roman. Comme Philippe Caubère a fait le roman d’un acteur, je voudrais, modestement, faire le roman d’une vie, à la fois ordinaire et extraordinaire, comme dans beaucoup de familles. Quand on va creuser, il y a toujours des choses un peu folles dans une famille, un peu violentes, un peu aberrantes et pleines d’amour aussi. Donc j’ai envie de faire le roman d’une vie, sous forme de triptyque, avec l’âge adulte puis la vieillesse des parents, où je voulais arriver initialement.
Ce spectacle vous permet sans doute une palette de jeu large et variée…
Totalement ! Un jour, une spectatrice m’a dit, de manière très juste, que « l’on rit au début d’une phrase et que l’on pleure à la fin ». C’est sans arrêt un mélange, on est chahuté par plein d’émotions, à la fois drôles et, en même temps, toujours un peu tragiques. L’enfance, quand on en parle, a toujours des accents un peu tragiques, parce qu’elle ne dure pas et que c’est là que se forge plus ou moins facilement une personnalité.
Je joue l’enfant, encore une fois sans le singer, j’ai l’enfance dans le corps, dans la voix, dans le phrasé, ce qui donne lieu à une interprétation particulière. Après, il y a l’adolescence puis du tragique au début de l’âge adulte…Donc je peux jouer beaucoup beaucoup de choses ! En tant que comédienne, j’ai toujours eu une palette assez large et, là, je me régale parce que je peux jouer vraiment beaucoup d’états différents.
Plus globalement, quels autres retours avez-vous déjà pu avoir du public ?
Les gens sont toujours très bouleversés à la fin. C’est marrant, je pense que cette histoire très personnelle, en fait, touche tout le monde et est très universelle, par l’effet boomerang chez chacun. Chacun voit les drames qu’il a pu vivre dans sa famille, les interrogations sur son devenir, les réactions des parents dès fois complètement dingues et, en fait, ça fait ressurgir les familles de chacun. Donc tout le monde est très touché par ce que je raconte, en écho avec sa propre histoire. C’est un pari qui est réussi parce que je ne voulais pas que ce soit ma petite histoire personnelle, où je raconte mes malheurs et mes petits bonheurs. Au début, bien sûr, c’était une nécessité pour moi de parler de cela, pour exorciser peut-être des choses et pour refaire vivre les morts mais, au-delà de ça, j’avais envie que ça devienne l’histoire universelle de comment on grandit, de comment il faut se battre pour faire ce que l’on a envie dans la vie et de comment les envies viennent. Je pense que ça a touché et concerné beaucoup de gens…
Dans quel registre s’inscrit ainsi votre spectacle ?
Je pense que c’est quand même assez léger…Les gens sont bouleversés mais c’est une belle émotion. Le spectacle n’est pas noir du tout, il est lumineux ! En tout cas, c’est virevoltant. Il y a du piano, il y a de la musique et puis, il y a de la continuité, on suit cette petite fille qui grandit et qui va jusqu’à ses 18 ans. Oui, c’est assez léger mais, dans ce léger-là, il y a du lourd ! Je n’aime pas faire du pathos, j’aime faire avec les drames de chacun : mon personnage a une manière assez drôle de les traverser…
Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure ?
Je voudrais reprendre le spectacle, peut-être dans une salle parisienne avec encore plus de visibilité. Puis partir avec la suite, pour faire le roman d’une vie, pour captiver les gens.
Je ne veux absolument pas m’arrêter, j’ai envie de continuer, je pense qu’Avignon va nous aider pour cela et j’ai vraiment une grande envie de partager avec un maximum de monde. C’est intéressant aussi au niveau de l’époque : je parle des années 80, plein de jeunes sont venus et, en même temps, ils se reconnaissent ! C’est pour cela que je dis qu’il y a vraiment un caractère universel…
Cette belle aventure, en plus, est très complémentaire pour vous de ce que vous faites à la télévision…
Bien sûr ! Depuis que je suis beaucoup à l’image, je n’ai jamais abandonné le théâtre, j’ai toujours fait du spectacle. Là, je dois dire que ce n’est pas du stand-up. Mon metteur en scène a été très vigilant sur le fait qu’il y a quand même un quatrième mur. Je raconte une histoire mais ce n’est pas avec un rapport direct au public. De temps en temps, je m’adresse à lui mais, sinon, c’est un monde que je propose…Je suis dans mon monde, il n’y a pas d’interaction directe ! Il y a très peu de choses : 4 chaises, 1 piano et 1 miroir, tout cela est très artisanal et il fallait vraiment l’œil de Xavier, très averti à la mise en scène, pour arriver à construire une histoire qui se passe sur 15 ans. Il a été très intelligent, pour bien construire le spectacle. J’en profite pour remercier également toutes les autres personnes qui m’accompagnent sur ce projet !
Beaucoup de fans de la série sont venus, c’est toujours bien de voir ce que fait une actrice, ou un acteur, théâtralement avec son corps.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous serez prochainement sur scène, dans une toute nouvelle pièce, « Partenaires particuliers ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Alex : Ah ben, pour Laurent surtout parce que c’est sa première au théâtre ! Moi, c’est ma 128 000ème, je suis vieux mais, pour toi, c’est cool…
Laurent : C’est une aventure toute nouvelle pour moi, vu que je n’ai jamais fait de théâtre. Donc, oui, c’est un peu stressant, c’est en même temps excitant parce que c’est quelque chose de nouveau. Justement, comme je connais Alex, c’est plus facile pour moi, j’avais déjà une complicité avec lui, il m’épaule…Mais ce n’est pas évident, c’est un petit stress quand même !
Alex : Mais tu es un champion ! Regardes, tu gagnes tout : « Koh Lanta », « Danse avec les stars »,…Tu vas gagner le public samedi…
Laurent : Il y a un gros trophée à la clé…
Alex : C’est juste que, quand il est perdu, il crie « Trou »…
Laurent :…et puis Alex arrive en courant !
Sans tout en dévoiler, avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?
Alex : C’est une histoire un petit peu à la french, d’une bande de potes. Ils sont trois, deux filles, jouées par Kim Schwarck et Sévérine Ferrer, et moi. On est très amis, je suis l’homo de la bande…Il y a aussi ma mère dans l’histoire, ainsi qu’un pompier. En fait, Jo arrive au milieu de ce triptyque d’amis et va foutre un petit peu le bordel parce que, on ne va pas se le cacher, il est un peu sexy…Il va y avoir beaucoup de questionnements qui vont arriver chez les uns et les autres et, au final, plein de relations amoureuses qui vont se nouer, se dénouer et ça va être un peu complexe alors pour mon personnage parce qu’il joue un homosexuel qui, peut-être, va tenter quelque chose d’un peu particulier pour lui…et peut-être virer sa cuti…On va voir ce qui se passe…C’est assez amusant à voir, c’est vraiment un truc de bande, entre copains, où il y a plein d’histoires, sentimentales ou rigolotes, qui se déroulent les unes après les autres.
Sans doute que vos personnages vous permettent une palette de jeu large et variée, qui doit être plaisante ?
Alex : Oui ! Nous, on rigole ! Pour moi, c’est drôle parce que je fais le parcours inverse de ma vie : j’étais hétérosexuel et je suis devenu homosexuel alors que, dans le spectacle, je fais un peu l’opposé. C’est rigolo surtout de jouer entre amis…C’est quand même une comédie, on ne va pas faire pleurer Laurent pour sa première au théâtre, il n’a pas une scène où, d’un coup, il doit se jeter pour faire Andromaque…Pour toi, Laurent, c’est rigolo…
Laurent : Ah oui, c’est rigolo parce que c’est un rôle, aussi, qui me correspond. Je suis prof de danse, je fais des blagues à deux balles, je suis le beau gosse séducteur, j’en joue un peu donc c’est un rôle qui me correspond bien.
Alex : C’est toi, en fait ! Mais tu sais, le plus dur est de jouer soi-même : au théâtre, c’est extrêmement dur de jouer soi-même. C’est plus facile d’aller chercher autre chose que soi parce que c’est difficile de se dévoiler. On est moins naturel quand on joue soi…Après, c’est une gageure que tu fais !
Laurent : Oui, c’est ça ! J’écoute les conseils des anciens…
Alex : Je te remercie de dire que je suis vieux…
Laurent : Non, mais des anciens du métier on va dire…
Alex : En vrai, je suis l’un des plus vieux de la troupe…
D’ailleurs, l’esprit de troupe que l’on ressent doit certainement être très agréable également…
Alex : Oui ! C’est une grosse équipe, je connais Séverine depuis « Fan de », on se connait personnellement depuis longtemps. Je connais Kim parce qu’elle joue dans le même théâtre que celui où se joue « Ménopause » depuis quelques années maintenant. Et je connais Laurent, pour le coup, depuis très longtemps. C’est très sympathique d’être tous ensemble…
Laurent : C’est l’éclate ! On s’éclate !
Alex : Là, on est sur un roof top à Agde à répéter, on rigole bien…Bon, on n’est pas tous nus, je vous rassure J !
A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent : de l’appréhension ou de l’excitation ?
Laurent : Pour ma part, c’est les deux parce que je n’ai jamais fait de théâtre donc je ne sais pas comment je vais réagir. Ça aurait été de la danse, bon, plus ou moins je me débrouille pas mal mais, là, …
Alex : Il y a un peu de danse quand même dans le spectacle…
Laurent : Oui, je danse aussi mais je ne sais pas comment je vais être. J’ai déjà fait de la scène mais jamais avec des textes comme ceux-là. Donc c’est de l’excitation, avec un petit peu non pas de doute, mais je ne sais pas comme je vais être, on ne sait jamais…En tout cas, il y a une bonne osmose, on s’entend tous bien, je suis entourés de pros donc je pense que ça va très bien se dérouler, je suis hyper positif là-dessus.
Alex : Oui, c’est plutôt l’envie de s’amuser et d’être ensemble. J’adore faire des conneries sur scène quand je suis avec les autres, avec des private jokes et des trucs entre nous…Laurent ne sait pas encore les surprises qui vont lui tomber sur la figure… C’est cela qui m’excite beaucoup, j’ai très hâte que l’on s’amuse !
En complément, Alex, « Men en pause », sera à l’affiche du Grand Point Virgule à partir d’octobre…
Alex : Oui, il y aura « Ménopause » à 19h et « Men en pause » à 21h. Ce sera la suite logique, en espérant rencontrer le même succès, parce que « Ménopause » a été le plus gros succès de ma vie. Ça reste incroyable, on est blindés tous les jours, c’est hallucinant. Cela fait un an et demi maintenant et tout va très très bien. Les gens me demandaient à quand une version masculine et, finalement, je me suis exécuté, en espérant les surprendre quand même, parce que ce n’est pas forcément ce qu’ils attendent. Mais c’est vrai qu’on va parler des problèmes d’érection des hommes, de trucs que Laurent ne connait pas du tout, ou encore de la fin du patriarcat. Voilà, j’espère que l’on va autant s’amuser ! On a un casting du feu de dieu donc j’espère que ça va être génial aussi !
…et nous pourrons vous retrouver, à l’image, le 19 septembre prochain, dans le premier épisode de la nouvelle saison de « Simon Coleman » sur France 2…
Alex : Exactement ! Je fais un professeur de piano…moi qui n’ai jamais touché un piano de ma vie. C’est un vrai rôle de composition.
Laurent, quant à vous, nous pourrons vous retrouver à partir du 22 septembre dans l’émission « Les maternelles XXL », sur France 4…
Laurent : Oui, c’est ça ! C’est un nouveau format, plus long qu’auparavant…J’aurai, on va dire, un plus gros rôle, je serai plus présent, c’est sûr. Il y aura plus de choses donc c’est plus intéressant pour moi. J’avais quoi, un créneau de trois minutes, j’avais juste un truc de sport et, là, ce sera un peu plus approfondi, ce qui est super !
Vous avez aussi participé à la dernière émission de « Fort Boyard » animée par Olivier Minne. Un moment sans doute riche en émotions…
Laurent : Surtout à la fin…On ne savait pas trop où se placer parce que c’était une vraie famille. Je ne dis pas que l’on n’était pas une famille, nous l’équipe, mais je veux dire que ça fait 23 ans qu’il présente « Fort Boyard », c’était sa dernière donc il y avait vraiment une nostalgie présente.
Nous étions encore dans l’énergie d’essayer d’avoir le plus de boyards, dans les épreuves,…donc on était dans une atmosphère un peu mélangée entre le triste, l’énergie et la niaque pour les épreuves. Mais, à la fin, quand on a eu notre butin, là, Olivier Minne a fait un discours de fin et on était tous sous l’émotion, c’était hyper triste ! Donc, oui, c’était vraiment quelque chose…C’était ma huitième participation à « Fort Boyard » et c’était de loin la plus émouvante on va dire.
Vous avez d’ailleurs remporté brillamment deux clés, sur les épreuves du Muséum et de l’Horlogerie, ce qui a certainement dû vous faire très plaisir, à la vue de leur complexité…
Alex : Il ne faut pas exagérer non plus…Même moi, je les ai eues aussi ces épreuves !
Laurent : Tu as fait le musée ? Ce n’est pas facile…
Alex : C’est quoi le musée ?
Laurent : Le musée ? Comme une sorte de cambriolage, tu dois voler une clé en plein milieu et tu ne dois pas toucher le sol. Si tu touches le sol, tu es coincé, tu es enfermé, t’es prisonnier. Oui, je m’entraine toujours un peu avant de faire « Fort Boyard » et, dès fois, je participe à des épreuves que j’avais déjà vues avant, où je voyais d’autres participants les faire donc ça m’aide un peu. Bon, là, ça va, cette année, j’ai eu de la chance, je n’ai pas eu trop d’épreuves d’insectes donc j’avais toutes mes chances…
Alex : Le mec a fait « Koh Lanta » et il n’aime pas les insectes ! Non, mais c’est un truc de dingue !
Laurent : Tu sais que, d’habitude, on remplit toujours un dossier avant de faire « Fort Boyard »…
Alex : Il ne faut jamais le faire, ils te demandent toujours ce que tu n’aimes pas et tu es sûr que tu vas l’avoir…
Laurent : Et bien, cette année, justement, j’ai voulu faire la maison des poupées, cette épreuve avec les araignées que tu dois prendre…
Alex : Je l’ai faite, celle-là et je l’ai réussie…
Laurent : Je voulais absolument la faire parce que, justement, j’ai une phobie des insectes et je voulais voir si j’allais réussir. Bon, ils ne me l’ont pas faite faire…Je me fais des propres défis en fait maintenant !
Alex : C’est l’histoire de ta vie, de toute façon !
En conclusion, à quelques jours de votre première ensemble sur scène, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?
Alex : Il y aura une date tout près de Paris le 19 septembre, une sur Aubagne fin octobre puis une quarantaine l’année prochaine. Vous pouvez nous souhaiter qu’on rigole et qu’on s’amuse…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre de Passy, dans la pièce « La soirée avait si bien commencé ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Charlotte : Je rigole parce que je pense au fou-rire que l’on a eu hier…C’est vrai que l’on s’amuse beaucoup sur scène !
Thibaut : Hier, il y a eu quelque chose de très drôle : dans la toute première scène, Charlotte boit de l’eau et…
Charlotte : ….je me suis étouffée ! Mais parce qu’Enora tardait à se retourner. Cela m’a fait mourir de rire !
Thibaut : Il lui était alors impossible de dire sa phrase et, là, le public a commencé à comprendre qu’il y avait quelque chose qui clochait. On en a rigolé, on a fait un peu d’improvisation et, effectivement, on s’est beaucoup amusés !
Charlotte : C’est la première fois qu’un fou-rire durait aussi longtemps !
Thibaut : Cela dit, l’idée était bonne !
Charlotte : Oui ! Il faut qu’on s’en reparle d’ailleurs parce qu’il y a quelque chose à approfondir : le fait qu’Enora tarde à se retourner est intéressant…On met plus de temps à faire ce que l’on a à faire et c’est hyper drôle !
Thibaut : Exactement ! Comme vous le voyez, on travaille et on avance tous les jours…En plus, on s’écoute mutuellement, c’est très agréable ! On se dit les choses, on essaie, si ça marche on garde et si ça ne marche pas, on essaie autre chose…Vraiment, ça se fait très simplement !
Les gens le sentent : ça revient très souvent dans les commentaires que l’on peut lire sur les sites de réservation ! Ils nous disent que cette bonne entente dégage quelque chose de positif, en plus de l’histoire.
Charlotte : C’est vrai que l’on est contents de se retrouver, on se marre, on s’entend bien, c’est cool !
Plus concrètement, comment présenter cette pièce, sans tout en dévoiler bien sûr ?
Charlotte : Là, je laisse peut-être l’un des auteurs pitcher, sans spoiler, ce qui n’est pas évident….
Thibaut : Le personnage joué par Enora organise l’anniversaire des 40 ans de son mari et, pour l’occasion, invite le couple de meilleurs amis, joués par Charlotte et moi. On arrive donc pour préparer vraiment une belle soirée mais il va y avoir une nouvelle qui va un peu tout foutre en l’air … Du coup, il va y avoir une succession de rebondissements, de quiproquos, de malentendus et de drôleries, tout ce que le public adore !
Un mot, si vous le voulez bien, sur vos personnages respectifs et sur leurs caractéristiques ?
Charlotte : Je suis Claire, la femme d’Alexandre, et nous sommes les meilleurs amis, invités pour l’anniversaire. Je suis une femme sympa, un peu discrète, qui n’en fait pas des caisses, qui a sa personnalité mais qui n’est pas non plus haute en couleurs. Elle a quand même pas mal de drôleries, finalement mais elle essaie aussi de concilier tout le monde et de faire en sorte que personne ne s’énerve. Elle est au milieu, un peu à faire tampon, pour que tout se passe bien. Elle ne veut pas qu’il y ait de vagues, elle est, en fait, la bonne copine !
Thibaut : Charlotte réussit cette prouesse de jouer ce personnage, à la base, un peu discret tout en faisant qu’on le voit beaucoup. C’est très bien !
Charlotte : Parce que, au final, c’est un personnage très intéressant à jouer !
Thibaut : Au début, avec la co-autrice, Sophie Depooter, on s’était dit que ce personnage était un peu discret mais Charlotte en a fait quelque chose de formidable. On la voit très bien et tant mieux !
Mon personnage est très bien dans ses baskets, il est sûr de lui, il aime bien sa femme et la domine sans problème, comme il domine sa vie. C’est un garçon grande gueule, un peu lourd dingue, pas méchant et peut-être par qui il va arriver certaines choses, on ne sait pas …. J
Ces personnages vous permettent sans doute une palette de jeu plaisante à défendre…
Charlotte : Ah, oui ! J’aime beaucoup la palette que mon personnage me permet de développer.
Thibaut : De base, son personnage est très calme et très poli, c’est une brave fille, bienveillante et gentille. Mais ce n’est pas que ça…Mon personnage est très sûr de lui, il roule des mécaniques mais, entremêlés, ces personnages vont créer beaucoup de rebondissements ! En tout cas, dans mon interprétation, je ne me pose pas trop de questions, je fonce, j’assume et ça se passe bien.
Le personnage joué par Nicolas est également très haut en couleurs. Il est très typé, un peu vieille France, un peu coincé, très cultivé, un peu perché d’ailleurs dans sa culture. Le personnage d’Enora est colérique, impulsif, très énergique, une boule d’énergie. Dès la lecture, j’avais compris qu’elle était la bonne personne pour l’interpréter, ce qui était un point très important.
Vous qui êtes, Thibaut, à l’origine, avec Sophie, de ce projet, quelles avaient été vos sources d’inspiration au moment de l’écriture ?
Thibaut : C’est une très bonne question parce que l’on est passés par de nombreuses étapes. C’est comme les potiers, ils écrasent la pâte, ils écrasent la pâte, ils écrasant la pâte et, un beau jour, un vase sort…C’est vraiment ce que l’on a fait : nous n’avons pas démarré en nous disant que l’on allait raconter un anniversaire surprise. Non, on a commencé devant une page blanche, au début on est partis sur une influenceuse, sur une mère toxique et sur plein d’autres choses qui n’existent plus…pour arriver, finalement, à un tronc solide, celui d’un anniversaire surprise organisé par une femme pour son mari, qui invite leurs meilleurs amis.
Ça s’est fait au fur et à mesure : on a pétri la pâte, on a pétri la pâte, on a pétri la pâte puis on coupait, on coupait, on coupait et, finalement, il est resté l’axe que j’évoquais. Nous avons donc trouvé les marques des différents personnages au fur et à mesure de notre travail.
D’ailleurs, en parlant encore de sources d’inspiration, en avez-vous eues au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?
Charlotte : Je dois dire qu’au début, je le trouvais peut-être un peu loin de moi. Donc je ne savais pas comment aborder ce personnage. En plus, dans l’histoire, elle est plus âgée que moi, je me demandais si j’allais être crédible. Mais, en fait, le metteur en scène, Guillaume Mélanie, m’a rassurée et m’a expliqué qu’il y aurait un peu de composition mais pas tant que cela au final…
Thibaut : Tu as commencé à composer pendant les répétitions donc toi aussi, tu as pétris la pâte…Un comédien, comme un auteur, passe par des étapes, va à droite, va à gauche et, finalement, au bout d’un moment, trouve le centre. C’est ce que tu as fait !
Charlotte : Guillaume m’a orientée, il m’a donné un cadre et une direction et, ensuite, on a ajusté le curseur. Comme c’est un peu haut en couleurs, que le niveau est un peu bourge et coincé, il m’a parlé d’une influence à la Catherine Frot. Une fois que j’avais traversé cette composition-là de personnage, j’ai ensuite pu revenir vers moi mais j’étais toujours empreinte de ce que j’avais travaillé, qui est resté. Donc c’est un mix, entre ce que j’ai composé au début et moi-même, Charlotte.
Je me suis vraiment appropriée le personnage, à me dire que ça pourrait être moi dans deux ans, si j’étais un peu plus rangée. Je pense que c’est aussi la bonne direction. Je me sens plus à l’aise, à m’imaginer que c’est moi mais un peu plus bon chic, bon genre.
Thibaut : En tout cas, tu es crédible dès que tu arrives sur scène : les gens ne se posent aucune question !
Charlotte : La robe m’aide aussi. On a travaillé, on a cherché avec Flora Gihr, la costumière. Ce n’est clairement pas une robe que je mettrais dans ma vie mais ce look fait partie de la composition de mon personnage et, clairement, il m’aide beaucoup. Je me sens Claire, quand j’arrive avec cette robe, ces talons et ce sac à main. Tout de suite, je suis assise dans mon personnage.
Au-delà des costumes, le décor de l’appartement est sans doute, lui aussi, aidant pour vous projeter ?
Thibaut : Oui ! Il a un style un peu classique et bourgeois… C’est drôle, d’ailleurs, qu’il arrive des choses bizarres à des gens ordinaires ! Cela fait marrer !
Charlotte : C’est vrai que le décor est crédible, on se sent tout de suite chez eux. On y croit beaucoup !
Vous l’avez rapidement évoqué précédemment, vous continuez toujours, après un mois et demi d’exploitation, à peaufiner et à affiner votre jeu et votre interprétation …
Thibaut : C’est sûr et certain ! Cela a été flagrant les deux premières semaines, il y a eu une évolution dingue…Maintenant, on arrive effectivement sur des choses un peu plus posées mais, tous les soirs, on pense à quelque chose.
Charlotte : On tente des choses, par ci, par là…Souvent, c’est une seule chose par jour !
Thibaut : C’est comme un buisson : au début, il est sauvage et tu le tailles avec des grosses cisailles…Au bout d’un moment, tu utilises un sécateur et tu termines à la pince à épiler. Plus tu le tailles, plus tu vois apparaitre le petit défaut que tu n’aurais jamais pu voir quand il était mal taillé.
Charlotte : Effectivement, ça ne s’arrête jamais, on continue de travailler, tout le temps !
Thibaut : En plus, on s’amuse à le faire, ça nous permet de nous renouveler. Même si, après un mois et demi, on n’est pas du tout usés…Pour l’instant, c’est encore frais, c’est encore la découverte qui nécessite quelques petits réglages.
Vous êtes à l’affiche jusqu’à début octobre, pour le moment. Certainement seriez-vous ravis que l’aventure puisse se prolonger ?
Thibaut : On serait ravis, effectivement ! C’est un peu dans les tuyaux mais ce n’est pas encore officiel. Cet été, on a rencontré un beau succès, au-delà de nos espérances : sincèrement, on ne pensait pas du tout que ce serait si souvent complet.
Charlotte : On a remplis pendant l’été, c’est dingue !
Thibaut : Je me faisais encore la remarque hier : Paris est désert actuellement, les gens ne vont pas tarder à rentrer et je me demandais comment il pouvait y avoir aussi peu de monde dans les rues mais autant de monde au théâtre…C’est bluffant, on remercie les gens et on est ravis ! On a été extrêmement gâtés…
Nous sommes ravis de jouer dans ce théâtre, dont l’équipe est absolument charmante ! Cela aide aussi…
Charlotte : L’équipe est chaleureuse, le directeur est adorable, hyper pro et très proche de nous…
Thibaut : Il est très investi : il a plus de 250 spectacles à son actif en tant que producteur, il a été metteur en scène, il a été acteur donc on ne la lui fait pas, il voit quand quelque chose est bien. Dès la lecture, il a de suite senti le potentiel de la pièce. Il m’avait rappelé une semaine après pour m’annoncer qu’on allait jouer…dès cet été, moins de deux mois plus tard. Personne ne s’y attendait ! Mais tout s’est bien passé, les planètes se sont parfaitement alignées !
Charlotte : Dans l’équipe, n’oublions pas Marguerite, qui fait à peu près tout dans ce théâtre : elle est l’âme du lieu ! Elle est là au début, pendant et à la fin. Elle s’occupe de nos costumes, elle filme, elle gère les réseaux sociaux,…Elle est hyper drôle, elle nous encourage, elle est avec nous !
Thibaut : C’est une équipe passionnée et bienveillante ! Véronique Genest, qui a beaucoup joué dans ce théâtre, et que l’on avait croisée pendant les répétitions, nous avait dit que l’on y serait bien. C’est très agréable, chaleureux et familial !
Charlotte : On se sent soutenus, cela joue énormément !
Thibaut : Pour que ce soit un succès, il faut qu’il y ait plusieurs raisons : l’artistique, avec les comédiens mais aussi la production ! On a eu la chance que tout s’aligne, avec une belle campagne de publicité !
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure théâtrale ?
Charlotte : Qu’il y ait 200 personnes tous les soirs ! J
Thibaut : Oui, que l’on soit complets le plus longtemps possible. Que ça se traduise également par une belle tournée, afin que l’on puisse aller visiter la province et les pays francophones frontaliers. Que ça continue aussi dans la meilleure ambiance possible !
On a cartonné en juillet et en août, c’est vrai mais c’est une période particulière, estivale. En septembre, il va y avoir une rentrée théâtrale, les spectacles vont exploser, ça va être multiplié par cinq ou dix, de grosses têtes d’affiche vont arriver, la concurrence va s’élever. Evidemment, le public parisien sera rentré….On va voir comment réagira la pièce en septembre, octobre, novembre et décembre…A priori, il y a des chances que ça fonctionne bien : la pièce a bien marché en juillet et août donc, en toute logique, ça devrait fonctionner ! On l’espère et on a tous énormément travaillé pour cela en tout cas.
Charlotte : Je suis confiante, les planètes se sont alignées depuis le départ, ça marche bien, les gens aiment beaucoup la pièce donc il n’y a pas de raison que ça s’arrête…On se sent dans un paquebot solide, j’ai confiance en la pièce et on verra bien…On croise les doigts !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre de Passy, dans « La soirée avait si bien commencé ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, c’est un vrai plaisir ! Surtout que c’est un rôle qui me va très bien, je pense… C’est un bourgeois et on commence à savoir que je suis bon dans ce type de personnage, via ce que je fais sur les réseaux sociaux. Du coup, sans passer d’audition, on me propose des rôles qui me correspondent très bien et cela me permet de vraiment m’éclater sur scène.
J’en suis à ma troisième pièce de comédie en un an, je suis hyper content de refaire autant de théâtre. J’avais un peu laissé tomber pendant 6 à 7 ans, pour me consacrer davantage à la caméra et j’avais un peu quitté le milieu. Au final, ce sont mes activités sur les réseaux sociaux qui ont fait que j’ai été appelé pour des rôles…
Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter cette pièce ?
C’est très simple : ma femme, jouée par Enora Malagré, et un couple d’amis, interprétés par Charlotte Gouillon et Thibaut de Lussy, m’attendent chez moi pour mon anniversaire surprise, le soir de mes 40 ans. Tout se passe bien, la soirée avait si bien commencé, comme le nom l’indique, c’est très joyeux au début quand ils m’attendent, mais ils finissent par apprendre que je vais voir ailleurs… Donc cela va procurer un accueil, par mon épouse, moins chaleureux que prévu quand j’arrive ! S’en suivront plein de rebondissements…C’est du vrai boulevard, c’est du Vaudeville moderne, c’est vraiment du comique de situation, ce sont quatre personnages bien dessinés, aux caractères différents…Il y a tous les ingrédients d’une bonne comédie ! Et, très vite, nous avons eu des belles salles. Le public est au rendez-vous.
Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?
C’est quelqu’un de plutôt joyeux, il est un peu bourgeois dans son phrasé, il a de l’argent et il est un peu à côté de la plaque. D’une certaine manière, il est souvent victime de ce qu’il traverse dans la pièce…
Artistiquement parlant, il vous permet sans doute une belle palette de jeu…
Oui, il y a pas mal de choses à jouer dans cette pièce, du fait des diverses situations et des nombreux quiproquos. J’ai de quoi défendre un beau personnage et une belle palette d’émotions…
Quels principaux retours du public avez-vous déjà pu avoir ?
On est contents parce que beaucoup de gens nous disent n’avoir plus ri comme cela au théâtre depuis longtemps. Ils nous recommandent aux autres… A la fin, on sent bien que les gens ont la banane, les applaudissements sont chaleureux, ils semblent avoir tous passé un bon moment et avoir déconnecté de leur quotidien. Une telle comédie fait du bien, je pense, en ce moment !
Et puis c’est une pièce qui a la bonne durée, le public n’a pas le temps de s’ennuyer, il y a des rebondissements tout le temps. En plus de la drôlerie, les gens suivent une histoire, sans qu’il n’y ait de longueur…
Certainement continuez-vous encore à peaufiner et à affiner le spectacle, selon vos ressentis sur scène notamment ?
Tout le temps ! Encore cette semaine, on a rajouté des petites répliques et modifié certains échanges. Il y a toujours des petits gags qui semblent marcher en répétitions mais qui ne fonctionnent en fait pas sur scène... alors on essaie de comprendre pourquoi… Par exemple, cette semaine, une réplique qui ne fonctionnait pas dans ma bouche, on l’a fait dire à un autre personnage, ironiquement, et ça a marché, on a eu des rires.
On a tous cette exigence de s’améliorer et de se remettre en question, c’est bien ! J’adore, de toute façon, le travail de la sincérité sur scène, on n’a pas le droit d’être dans l’effet avec du comique de situation, il faut que les gens s’identifient à ce que l’on traverse. Donc on peaufine, toujours et encore ! On a maintenant une qualité constante dans nos représentations, en termes de rythme et de sincérité, ce qui est top !
L’été est une période de l’année qui n’est pas toujours évidente en termes de remplissage des théâtres parisiens. Sans doute que l’affluence que vous évoquiez doit vous faire d’autant plus chaud au cœur ?
Oui ! On se maintient à un bon niveau, on est quasiment remplis tous les soirs, on s’en sort très bien ! Il y a quand même moins de pièces à Paris pendant l’été donc il y a moins de concurrence mais on a un bon remplissage. On est programmés jusqu’au 5 octobre et tout porte à croire que ça devrait être prolongé. Je touche du bois mais on a plutôt la sensation que le théâtre veut nous prolonger derrière, ce qui serait très chouette !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Je reprends la pièce « Blind test », les samedis après-midi, à 17h 30, au théâtre du gymnase. C’est une comédie que j’adore, j’ai un personnage de bourgeois hautain, qui se la raconte avec sa culture générale. Il reçoit un couple d’amis pour un blind test de musique classique …
Les musiques que j’essaie de faire deviner aux autres personnages sont en fait jouées en live, par un pianiste, un violoniste et un violoncelliste présents sur le côté de la scène. Ils font pleinement partie du show et c’est un vrai plus.
C’est très drôle, ça marche bien, je suis ravi de reprendre cette pièce ! En plus, les comédiens étant maintenant tous en alternance, je n’aurai plus la même distribution à chaque fois, ce qui va me faire trouver de nouvelles choses et je vais m’amuser encore différemment.
Parallèlement, je suis aussi dans l’écriture de mon one-man show, avec ce personnage du bourgeois, où j’avance doucement mais surement. J’ai déjà rodé trente minutes de sketch dans un cercle un peu restreint et je dois maintenant en écrire trente de plus… J’ai eu des bons retours de ce que j’ai pu produire donc ça me motive à continuer !
Vous aurez donc l’occasion d’enchainer deux pièces les samedis après-midi, dans deux lieux différents. Même si cela fait aussi partie du métier de comédien, sans doute que ça vous permettra un plaisir artistique encore différent ?
Oui, oui ! C’est un challenge…En plus, je prends ma bicyclette entre le théâtre du Gymnase et celui de Passy. Je serai un peu frustré, du coup, de ne pas avoir beaucoup de temps pour rester avec les spectateurs ou amis qui viendront me voir dans « Blind test » parce que je devrai filer…mais ce sera marrant !
Il y a de nombreuses années, j’avais déjà joué deux pièces dans la même journée, lors d’un festival d’Avignon. J’étais dans un spectacle pour enfants le matin puis dans un autre, plus sérieux, l’après-midi et c’était crevant ! Là, ce sont deux rôles assez fatigants aussi mais je m’amuse trop avec… Franchement, je ne me plains pas parce qu’il y a eu tellement d’années où je n’ai pas trop bossé que, là, je suis vraiment content d’avoir de l’actualité et d’avoir un public qui vient me voir notamment grâce aux réseaux sociaux. Les gens me le font savoir, m’envoient de gentils messages et certains, même, m’attendent à la sortie du théâtre pour des selfies…Tout cela est assez nouveau pour moi, c’est cool, ça me fait chaud au cœur !