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theatre

Anna Kardanova nous raconte son parcours artistique et nous présente ses actualités !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Anna,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples cordes et casquettes. D’ailleurs, d’où vous vient cette passion ?

En fait, mes deux parents sont des artistes danseurs et j’ai passé mon enfance en coulisses. Je partais avec eux lors de leurs représentations, j’ai ainsi voyagé partout dans le monde. Petite, c’était encore l’Union soviétique, du coup j’ai pu visiter des pays que je n’aurais pas pu visiter sinon. On était toujours privilégiés de voir des choses magnifiques…Lors des spectacles, j’étais entourée d’enfants d’autres membres de la troupe, on était une petite bande, on était toujours derrière à embêter les artistes car on trouvait cela drôle. J’ai donc baigné dans l’artistique depuis ma naissance !

Ce choix me paraissait évidemment : j’avais vu cela de l’intérieur, ça me plaisait, j’avais compris que c’était beaucoup de travail et de sacrifices, mais cela me convenait.

Dans votre riche parcours artistique, probablement que certaines expériences ont été encore plus marquantes que d’autres ?

Oui ! La première école professionnelle dans laquelle j’ai été prise était à Voronej. C’est une école très renommée de Russie, les solistes du Bolchoï en viennent. Voronej est une petite ville, l’école l’est aussi mais, curieusement, de nombreux artistes y sont formés, notamment ceux du Cirque du soleil. Quand, plus tard, je suis arrivée à Paris, j’ai rencontré d’autres personnes ayant suivi la même formation. C’était marrant de voir en « vrai » des gens que j’avais vus sur photos seulement.

L’éducation y était très dure, les professeurs n’étaient pas là pour nous lancer des fleurs, c’était très rude, très à la russe. On était frappés par des bâtons mais ce n’était pas fait gratuitement, cela permettait de mettre les choses en place. Je pense que cette rigueur m’a aidée pour, ensuite, intégrer le théâtre national à Moscou. Cette structure, en fait, est assez particulière : il y a l’école de danse et il y a aussi l’institut qui offre un bac+5 soit en pédagogie, soit en chorégraphie. Au début, on répète le répertoire du théâtre, on a aussi une leçon de danse classique et, après, on apprend l’histoire de la musique, de l’art, du théâtre, on apprend comment élever les enfants à la danse classique et au jazz. J’ai suivi cette méthodologie pendant 5 ans de travail acharné. C’était dur aussi parce que c’était un grand travail, de 8h à 20h. Comme j’étais maline et que je voulais bien vivre, je travaillais également le soir dans des petites troupes itinérantes. Je me couchais après les revues, vers 1h ou 2h du matin. C’était le cas six jours sur sept…C’est passé très vite mais c’était une bonne école de vie, d’endurance et de persévérance.

 

 

Nous le disions, vous avez de nombreuses cordes artistiques. Justement, les considérez-vous comme un seul et même métier ? Ou les dissociez-vous davantage ?

C’est une question très intéressante ! En vrai, je pense que ce sont des professions différentes mais je n’hésite pas à utiliser les compétences d’une profession pour m’améliorer dans une autre. Pour autant, il faut quand même les dissocier : on ne peut pas n’être, par exemple, que danseuse, il faut aussi être pédagogue, il faut également être actrice. J’essaie de doser comme lorsque je mets des épices dans un plat, pour que ça soit vraiment bien équilibré et que l’on ne se retrouve pas qu’avec du sel ou du poivre.

Actuellement, vous êtes sur scène dans des cabarets, aux ambiances féériques, qui font rêver les gens. Sans doute que les retours de ces derniers doivent être très positifs ?

Oui ! En fait, on est là pour le public, pour lui donner de la joie et pour l’émerveiller. Si on était narcissique, cela se verrait sur scène… Si on ne dégage rien, le public ne va pas se lever, ne va pas applaudir ni dire merci.

La plupart du temps, après les spectacles, les gens sont comme rechargés par l’énergie que l’on met et que l’on donne. C’est vraiment un échange qui fait particulièrement plaisir. Cela incite à continuer et à donner encore plus d’émotions.

D’ailleurs, nous pouvons vous retrouver dans plusieurs régions de notre beau pays…

Il y a, effectivement, de plus en plus de cabarets qui s’ouvrent en province, ce que les gens apprécient parce qu’ils n’avaient jamais vu de tels spectacles. Là où je travaille, nos costumes sont dignes des revues parisiennes, ce n’est pas un spectacle itinérant avec seulement deux à trois paillettes, il y a de vrais strass et de vraies plumes. Nous portons des tenues pouvant aller jusqu’à quinze kilos, elles sont vraiment très grandes et très belles !

 

 

Un mot, peut-être, sur chacun de vos trois cabarets ?

Cela fait déjà quatre ans que je travaille au cabaret de Licques, c’est un spectacle qui ne cesse de s’améliorer. On avait commencé avec trois filles et deux garçons, maintenant il y a deux filles de plus. Les costumes sont, depuis deux à trois ans, à la hauteur des plus grands cabarets. Je remercie d’ailleurs le patron des lieux pour les efforts fournis, également dans la qualité des numéros, qui sont de réelles attractions. Les gens disent ne pas voir le temps passer, tellement ils sont émerveillés ! Peut-être même que, dans quelques mois, la scène sera encore plus grande, ce qui nous laisserait davantage encore de place pour nous exprimer…

Je suis aussi sur scène dans la Meuse, près de Verdun, à L’angemont. « J’adore » est assez nouveau, c’est une amie, ancienne soliste au Lido, qui s’est découverte une autre passion et qui a fait les costumes elle-même. Ces costumes sont magnifiques, ils sont dignes d’un musée ! Le chorégraphe Toto, qui travaille au fameux théâtre Trocadéro de Liège en Belgique, a aidé au développement du spectacle…C’est très différent de la plupart des revues, la chorégraphie ne ressemble pas du tout aux autres. Je ne vous cache pas que, au début, elle était difficile à apprendre, on était un peu perdus mais, maintenant, ce n’est que du plaisir ! C’est un style particulier mais plaisant à faire, une fois qu’on le maitrise : il y a un mouvement sur chaque temps, au lieu de quatre…C’est très complexe ! Le cerveau fume beaucoup, tellement il y a du jeu à proposer. Mais c’est particulièrement agréable à faire…On se dépense beaucoup mais on retrouve une certaine passion pour la danse !

Enfin, je travaille dans un troisième cabaret, "Les soirées du Pin", à Le Pin-La-Garenne en Basse Normandie. C’est aussi nouveau, cela se met progressivement en place. Entre chaque tableau, un décor est ajouté, par exemple la tour Eiffel, des palmiers, des coffres à trésor…Ces effets spéciaux permettent de différencier ce cabaret, on se croit un petit peu au cinéma ou sur le tournage d’un film. C’est encore autre chose et c’est chouette pour moi !

Je ne m’ennuie pas avec ces programmes. Pour le corps, ils sont complètement différents…C’est plaisant de faire les trois, je ne pourrais pas dire que j’en préfère un.

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle année qui vient de commencer ?

On peut me souhaiter de l’inspiration ! Dès qu’on l’a, je pense que l’on peut vraiment atteindre son but…Pour rêver, il faut être inspiré ! Donc je souhaite aussi à tout le monde d’avoir des rêves et de les accomplir en 2025 !

Merci, Anna, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Erica Angelini nous en dit plus sur ses deux actualités théâtrales !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Erica,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène dans deux spectacles bien différents. Notamment « On ne badine pas avec l’amour », au théâtre espace marais. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! C’est, déjà, vraiment un honneur de pouvoir faire du théâtre classique…Etant arrivée aux cours Florent en deuxième année, je n’ai pas participé à la première année où, justement, les auteurs classiques sont travaillés. J’ai senti que c’était un peu un manque et une lacune dans mon parcours. Donc, là, d’avoir cette opportunité d’y revenir, après les études, est vraiment une chance !

J’apprécie particulièrement la thématique de l’amour ! J’ai, souvent, dans mes petites expériences, pu jouer les amoureuses et les petites amies, mais cela restait des personnages périphériques. Je crois que je m’y prête assez bien. Là, de jouer un tel texte, avec une telle profondeur et une telle psychologie, est un plaisir et un honneur !

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

Comme notre metteur en scène aime aussi le dire, le cerveau humain ne va pas retenir la négation dans le titre, donc ce sera plutôt « On badine avec l’amour »…Ce qui est très juste aussi et que l’on essaie de démontrer tout au long de l’œuvre. C’est, en fait, Camille qui est un peu prisonnière de son éducation religieuse, qui a l’intention de rester au couvent et qui se voit, malgré tout, engagée, par un mariage forcé, à son cousin Perdican. Mais, en fait, ni l’une ni l’autre perspectives ne l’emballent plus que cela. Dans toute la pièce, elle est en quête de sens pour savoir quelle serait la meilleure perspective pour elle.

Elle apprécie évidemment beaucoup son cousin et elle va essayer, un peu comme un mentor, de lui adresser toutes ses questions par rapport à ces deux chemins de vie qui s’offrent à elle. Pendant toute cette recherche, ils vont s’amouracher et, malheureusement, vont prendre comme appât, Rosette. Il va, ainsi, y avoir un triangle amoureux tout au long de la pièce et c’est littéralement une œuvre dramatique, qui met en exergue les sentiments amoureux, la tromperie, la trahison, la lutte pour se faire respecter. Cette pièce date de l’époque du romantisme, au XIXe siècle et cela se faisait alors beaucoup.

 

 

Autour de ces trois héros, il y a les fantoches, que vont être, en fait, le baron, le gouverneur et le curé de la paroisse. Ces petits êtres un peu cocasses représentent la société, le peuple et leurs travers. L’un est alcoolique, l’autre est gourmand, un autre encore est avare…

Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

Je joue Camille, cette jeune fille âgée de 18 ans qui doit normalement retourner au couvent et qui doit aussi être la fiancée de Perdican. Je dirais que Camille est pleine de doutes et que c’est aussi une grande romantique en fait, une jusqu’au-boutiste, qui est assez utopiste parce qu’elle est proche d’une réalité très confinée. Elle s’est construite de par des livres et de par les sœurs du couvent donc elle a une réalité qui est un peu limitée et en laquelle elle croit très très fort.

Ce que je vois beaucoup en Camille, c’est que c’est une battante, qui se veut être la porte-parole pour toutes ses sœurs du couvent, desquelles elle a pu apprendre et entendre les récits. Elle va aller à la rencontre de son cousin avec cet esprit revanchard et donneuse de leçons, lui qui, sans doute, n’a jamais croisé le destin de ces femmes-là et qui est plutôt volage, qui a déjà pu plaire et séduire jusque-là. Donc je dirais que c’est une femme déterminée, battante et idéaliste.

Camille, au fur et à mesure des discussions, est quand même interpellée par ce que Perdican dit, la vie, la légèreté. Elle écoute très attentivement ce qu’il dit, il a une autre vision qu’elle, qui l’a trouble complètement aussi. Et qui va l’amener à aller au bout du jeu aussi pour comprendre. 

Au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, quelle avait été votre méthodologie de préparation pour cette œuvre bien connue et déjà souvent jouée ?

J’avais travaillé quelques passages de l’œuvre en deuxième année, donc je l’avais alors forcément lue. Cela m’avait aussi permis de faire une remise dans le contexte mais c’était assez bref, sans aller en profondeur. J’avais ensuite vu l’œuvre au festival d’Avignon, où un ami l’avait montée : ce n’était pas la même vision, j’avais alors beaucoup apprécié de voir qu’une même œuvre pouvait complètement être détournée de par la mise en scène. C’était plutôt comique, moderne, avec des insertions de chants. Cela m’avait permis d’avoir un autre regard sur les personnages et sur l’œuvre.

 

 

Ici, le travail avec le metteur en scène a encore été tout autre parce qu’il a une manière bien à lui, que j’ai découverte, de séparer l’œuvre non pas en actes ou en chapitres mais en segments. Sur une même page, il peut y en avoir jusqu’à dix…C’est assez réduit mais ça délimite vraiment les idées. Pareil, cela donne une toute autre lecture à l’œuvre, ce que j’ai beaucoup apprécié. Ainsi, les mots résonnent d’une toute autre manière !

Donc j’ai travaillé la pièce avec cette nouvelle construction, ce qui m’a permis de mieux comprendre le texte. Puis j’ai fait mes recherches et ai regardé pas mal de films. Ces derniers m’aident beaucoup, me donnent énormément d’images et constituent mon corpus, ce qui est important. J’aime aussi beaucoup parler avec ma tante, ancienne critique de théâtre, pour avoir son avis et lui demander quelques recommandations. Cela me permet aussi d’avoir un lien plus personnel avec elle, sur un thème commun que l’on aime toutes les deux.

En complément, on peut également vous voir à la Manufacture des Abbesses dans « Profite ! ». Un mot, peut-être, sur les thèmes et sujets abordés ?

C’est une comédie contemporaine qui aborde les sujets de la vie. Au départ, on suit l’histoire d’une famille, qui va se rencontrer autour d’un podcast que je suis amenée à diriger en tant qu’intervieweuse principale. La pièce pousse à réfléchir au sens des priorités, au sens de l’existence, à la famille, à l’amour, aux blessures, au pardon. Ce sont des grands thèmes que tout le monde traverse et je trouve que c’est rudement bien écrit.

D’ailleurs, il y a des passages qui me font penser à Alfred de Musset, notamment au monologue de Perdican. Ici, « un jour, sans savoir pourquoi, on prend soudain la mesure de ce qu’il s’est passé. Alors on s’arrête, un peu perdu, un peu essoufflé. On regarde des mains creusées de rides et on murmure : « Voilà, c’était ça ma vie. » » Les thèmes principaux sont donc assez classiques mais indispensables !

 

 

Quels principaux retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

Les retours saluent l’écriture et son intelligence : d’une scène à l’autre, il y a vraiment des leviers saisis par les mots, qui permettent de changer d’ambiance, tout en restant sur le même thème. Je trouve que c’est très finement écrit !

Un autre point positif concerne les changements de personnages à l’aide d’accessoires, comme une veste ou encore une paire de lunettes. Les gens apprécient beaucoup cet aspect très cinématographique de la pièce, dans la même idée que les différentes œuvres d’Alexis Michalik.

Le fait de jouer deux spectacles différents vous permet de passer par différents registres et de proposer des palettes de jeu bien différentes…

Oui, c’est effectivement ce que j’apprécie beaucoup ! D’avoir commencé par l’interprétation de Camille m’a beaucoup appris, je pense qu’elle a vraiment énormément de facettes de personnalités que mon autre personnage a peut-être un peu moins. En tout cas, l’une nourrit beaucoup l’autre, c’est très complémentaire !

J’essaie de me remettre tout le temps en questions, de me nourrir des deux personnages mais aussi de ce que les gens en perçoivent. Parfois, notre perception n’est pas du tout fidèle à ce que les gens ressentent. A la limite, je commence même à me détacher de mon avis pour aller plus vers ceux que j’entends. C’est un exercice très difficile mais qui me permet de nourrir mon personnage et mon expérience.

 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de ces deux belles aventures théâtrales ?

Que le public continue d’être curieux et au rendez-vous de ces deux univers tout à fait particuliers et similaires en aucun point ! On le fait d’abord pour le public qui vient nous voir et pour les échanges à la sortie donc on peut nous souhaiter que le public continue d’avoir envie de nous soutenir et d’en apprendre plus avec ces mises en scène ainsi qu’avec ces regards-là !

Merci, Erica, pour toutes vos réponses !

 

 

Publié dans Théâtre

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Carolina Jurczak nous en dit plus sur son actualité au cinéma et sur les planches !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Carolina,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Le 25 décembre sortira le film « Joli joli », dans lequel nous pourrons vous retrouver. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! C’est très joyeux parce que c’est une comédie musicale. Quand on est acteur, participer à une comédie musicale est hyper rare. Cela n’arrive pas souvent je pense. Ce film offre le challenge et l’opportunité de chanter, de danser et de se remémorer aussi historiquement toutes les comédies musicales qu’il y a eu en France et de rêver à celles qu’il y a eu aux Etats-Unis. Je me sens très chanceuse d’être sur ce projet, avec des défis et un joli scénario. Je me souviens du travail d’Alex Beaupain sur « Les chansons d’amour » et le plaisir que j’avais eu à écouter sa musique et ses textes. J’étais jeune comédienne et, aujourd’hui, je le retrouve dans une comédie musicale. Le défi est grand : je dois enregistrer des chansons alors que ce n’est pas du tout mon métier et être à sa hauteur et à celle des autres comédiens. Il y a un gros casting. Il faut être au rendez-vous comme acteur mais aussi comme chanteur. C’est très enthousiasmant d’avoir autant de défis à relever !

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter ce film ?

Cela parle d’amour ! Je pense que ce qu’il y a de joyeux, dans ce film, c’est que l’amour est assumé de manière très simple, avec beaucoup de grasse et d’élégance mais aussi avec ce qu’il y a de pétillant, de beau, de cocasse là-dedans et sans jamais être mièvre. Je trouve ça bien d’assumer toutes ces histoires d’amour, sous des formes très différentes, avec des personnes qui le sont tout autant. Mais aussi avec tout ce que ça amène de drôlerie et de conflit entre les personnes. Ça fait du bien, aujourd’hui ! Surtout en ce moment avec l’actualité que l’on a et l’hiver qui arrive, d’avoir quelque chose d’absolument frais et joyeux sur nos écrans.

 

 

Un mot peut-être sur votre rôle ?

J’ai la chance d’avoir un rôle que je partage en duo avec Anne Serra, qui est aussi une très bonne amie. On se connait depuis plus de dix ans et on s’est retrouvées sur ce film, à jouer deux starlettes, deux jeunes filles du cinéma qui veulent absolument réussir. Malgré leur ambition, elles restent des êtres sensibles. Elles seront aussi au centre d’une histoire d’amour. J’adore l’idée de me retrouver avec Anne, une amie à l’écran et une amie dans la vraie vie. Travailler ensemble comme cela est, je trouve, une chance !

On comprend que ce rôle vous permet une palette de jeu large et variée, qui doit être particulièrement plaisante…

Ce qui est très réjouissant, c’est de changer de personnage d’un projet à l’autre mais aussi de changer d’émotions et d’univers. Ce film se passe dans les années 70, il y a aussi beaucoup de résonnances avec nos rapports amoureux d’aujourd’hui. Il y a quelque chose de très engageant. Ce film fait aussi écho aux années 60, à son cinéma et au cinéma en général. C’est une comédie romantique en chanson avec son lot de drame.

Le film sortira pendant les fêtes de fin d’année, une période idéale par rapport à son contenu…

Absolument ! Je pense que c’est un film pour tous les âges et pour tous les amours. Aussi, c’est un film d’acteurs avec un côté presque théâtral. Au départ, ce devait même être une petite opérette en trois actes, pleine de quiproquos. Je crois, en tout cas, que ce film apporte beaucoup de fraicheur et de comédie, il est très familial !

En complément, à partir de fin janvier, vous serez sur scène, au théâtre de Paris, dans la pièce « Le journal ». Certainement êtes-vous impatiente…

Oui, je suis tellement contente aussi de me retrouver à passer du cinéma au théâtre, sans oublier la télé. Je trouve que c’est une vraie chance, quand on est comédien, de pouvoir faire plein de choses différentes. Cela me fait toujours beaucoup rire quand certaines personnes me demandent ce que je préfère entre le théâtre et le cinéma… J’aime jouer en fait ! Évidemment, la manière de jouer, l’engagement et l’endurance ne sont pas du tout identiques selon les arts mais je trouve cela tellement heureux de pouvoir changer de projets, de méthodes, d’outils et de techniques.

La pièce commencera le 22 janvier, elle est, pour le coup, complètement différente du film. C’est une sorte de thriller dramatique où je joue en anglais et en français. Cet autre challenge est tout aussi chouette ! Oui, c’est une pièce de théâtre qui me plait beaucoup, j’aime énormément son côté très énigmatique, avec cette atmosphère qui se crée petit à petit, au travers du piège qui se referme progressivement sur les personnages. Tous vont se retrouver enfermés dans leurs peurs et dans ce qu’ils sont…

 

 

En quelques mots, comment pitcher justement cette pièce ?

« Le journal », écrit par Antoine Beauquier, est un thriller qui nous plonge dans les coulisses de la politique et des journalistes. Où les frontières entre les gentils journalistes et les méchants politiciens est remise en question. Les cartes sont rebattues en permanence. C’est une pièce qui parle de notre morale et de nos convictions. Les personnages sont complexes, ambivalents, fourbes et malins. Je pense que ça parlera à beaucoup d’entre nous.

J’y joue une jeune française prisonnière à Jakarta. Mon père, joué par Bruno Putzulu, est le patron d’un grand journal mais nous sommes en froid depuis la mort de ma mère.

C’est une pièce qui est très puissante aujourd’hui. Elle est mise en scène par Anne Bouvier avec de merveilleux acteurs, Bruno Debrandt, Bernard Malaka et Olivier Claverie.

Vous le disiez, votre personnage parle en anglais et en français…Cela vous permettra, là aussi, de proposer une palette artistique encore différente…

J’aime beaucoup les projets qui me demandent un travail spécifique. Je trouve que, dans ce projet, d’avoir le challenge de jouer en anglais est chouette. Je l’avais déjà fait à l’image dans « Carthago » une série Israélienne. Mais jouer devant une caméra n’est pas du tout la même chose que jouer sur scène tous les soirs. C’est un rôle difficile. Dans la pièce, je suis emprisonnée en Afrique pendant plusieurs semaines. C’est quelque chose d’assez lourd et complètement à l’opposé de la légèreté de « Joli Joli ». Émotionnellement, cela me demande beaucoup d’implication !

 

 

A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Il y a quelque chose d’assez étonnant : en janvier, nous montrerons au public le « produit fini » mais, pour nous, comédiens, il y a toute une étape avant, celle des répétitions. Elle a déjà un peu commencé mais va durer au total un mois et demi. Je trouve cette période tellement réjouissante, on rencontre ses partenaires, on joue de manière ludique et très simple, on cherche ce que l’on va faire pendant plusieurs mois sur scène. Ce moment de laboratoire, où on se permet de se tromper, d’aller chercher en soi les bonnes intentions, les mots justes et des enjeux forts, est, je pense, parmi les meilleurs pour un acteur. C’est là où on travaille vraiment, où on va creuser des choses en soit, où on trouve la trajectoire d’un personnage, où on fait des choix. Cela permet d’aller explorer des intentions que le public ne verra pas forcément lors des représentations mais qui seront toujours terriblement bénéfiques pour un acteur. Ca permet d’entretenir l’imaginaire. Une fois que les représentations commencent, il faut essayer d’être aussi juste et engagé chaque soir, dans le cadre donné par le metteur en scène.

Merci, Carolina, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision, Musique

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"ADN", actuellement à l'affiche au théâtre Michel : Interview croisée avec les deux autrices, Flavie Péan et Caroline Ami !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Flavie, bonjour Caroline,

Quel plaisir deffectuer cette interview avec vous deux ! Vous êtes les autrices de la pièce de théâtre « ADN », dont le pitch est le suivant :

« À la suite d’un test ADN, Tomas découvre qu’il n’est pas le père de son bébé, mais son oncle. Seulement, à sa connaissance, il n’a pas de frère. Le jour où sa mère est prête à lui faire des révélations, Tomas la retrouve assassinée »

Ce spectacle connait actuellement un très beau succès au théâtre Michel. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Flavie : Oui ! On est très très contentes ! En fait, je crois que ça ne pourrait pas mieux se passer. On est amies dans la vie et on a commencé à écrire ce projet il y a quatre ans, avec beaucoup de rêves, denvies et despoirs. Tout sest finalement hyper bien mis en place : avec le metteur en scène dont on rêvait, dans un théâtre que lon adore. Cela marche très bien, le public est au rendez-vous, il est satisfait et content…

Caroline : Il est aussi agréablement surpris par cet « OVNI » ! Cest une pièce à part, qui casse les codes. Et on a une super équipe aussi donc on est très heureuses !

Flavie : En fait, ce qui est assez rare et qui nous fait particulièrement plaisir, cest quon a le sentiment de réussir à combler et le public et les professionnels du théâtre. On a fait quelque chose de lordre du thriller mais mélangé à de la comédie, populaire - dans le très bon sens du terme - et qui plait à une large palette de gens. Cest très satisfaisant de se dire que lon a coché pas mal de cases.

Caroline : Le projet a suscité beaucoup de curiosité de la part des pros, par son côté ambitieux. Ils trouvent le pari réussi et cela nous fait très plaisir ! On est pleines de gratitude…

 

 

Si lon en revient à la genèse de ce projet, quelles principales raisons vous avaient incitées à développer ces thèmes ?

Flavie : Je pense quil y a deux facteurs qui nous ont vraiment motivées….

Caroline : Déjà, le fait divers en lui-même qui nous a paru tellement invraisemblable… Et qui, en même temps, nous semblait très intéressant, nous permettant de développer les liens familiaux, le transgénérationnel, des thématiques qui nous parlent beaucoup…

Flavie : Et notre envie commune de faire un vrai thriller au théâtre. Dun coup, avec les deux réunis, on sest dit « Allons-y ! »… Je pense que ce côté thriller était quelque chose que lon avait très envie de développer toutes les deux, individuellement et ensemble. Lire et regarder ce genre-là de livres ou de films, correspond à ce que lon aime, nous. Et c’est un style qui ne se fait pas beaucoup au théâtre.

Caroline : On adore frissonner, se faire avoir par les fausses pistes, être surprises. On voulait donner à la pièce un rythme soutenu, pour être au cœur de lenquête… On avait très envie daller dans ce registre.

 

 

En tant quautrices, quelles sensations ont prédominé en vous en étant dans la salle, au moment de la première ?

Flavie : On en rit maintenant mais on était terrifiées ! Ce qui est fou, cest que le bonheur est à la hauteur de la terreur ! Quand ça démarre, on ne maitrise absolument plus rien, on est spectatrices de notre travail et il faut vraiment lâcher prise et accepter… En même temps, quand, dun coup, on commence à entendre rire, à entendre les réactions du public, à assister à la magie des saluts, là, le plaisir et la fierté sont alors immenses !

A titre personnel, jai trouvé cela mille fois plus intense que juste de jouer. Le fait que ce soient nos mots, cest très puissant…

Caroline : Déjà, quand les répétitions commencent et que les acteurs incarnent les personnages que lon a imaginés, on se dit : ça y est, ils prennent vie, ils existent ; cette histoire va vraiment être transmise ! On souhaitait transmettre des émotions mais aussi faire passer des messages. Et puis voir le public en osmose avec les acteurs, grâce au travail de Sébastien Azzopardi à la mise en scène, c’est galvanisant : quelque chose s’est remplit en nous le soir de la première. On a frissonné, on a tremblé !  Jai eu beaucoup d’émotions ! C’était étrange mais grisant ! Cest très différent quand on est comédien et que lon est sur scène, on se jette dans le grand bain et on peut, plus ou moins, maitriser ce qu’il va se passer !

 

 

Flavie : Je crois que la grosse différence aussi, cest que lon se met à nu quand on écrit. Dun coup, il y a quelque chose de lordre de lintime, on choisit chaque mot, on pèse chaque émotion et chaque message que lon veut faire passer. On a tout inventé avec notre vécu, notre sensibilité, nos blessures donc on a le sentiment quon livre tout cela au public…On se demande toujours comment les spectateurs vont le recevoir : si ça ne plait pas, cest encore plus violent quand on est auteur…Un acteur dit des mots quon lui a offerts donc, même si, dans linterprétation, il va chercher des choses personnelles, ce nest pas son histoire. Je pense que ce nest pas comparable…

Caroline : Cest exactement cela ! En plus, on a mis beaucoup de nous dans cette pièce et cest vrai que si laccueil du public navait pas été là, je pense que ça aurait été assez « violent »… On a énormément de chance !

Flavie : On est aussi comédiennes donc on le sait, on se cache souvent derrière un personnage, cest une façon dexister à travers ses traits. Là, en tant quautrices, on ne peut pas…

 

 

Sans doute également que, tout au long de la pièce, vous avez découvert des réactions du public à des moments que vous nattendiez pas ou ne soupçonniez pas ?

Flavie : Complètement ! On a notamment été très surprises des rires : il y a eu des rires très forts à des moments où on ne sy attendait pas du tout.

Caroline : On pensait simplement faire sourire mais on a eu droit à de réels éclats de rires pendant des scènes clés de la dramaturgie.

Flavie : Après, cest peut-être aussi une sorte de soupape pour le public face à certaines annonces présentes dans la pièce, qui peuvent malgré tout mettre mal à laise. Le rire, je pense, permet aux gens daccepter un petit peu mieux la situation. Mais on a réalisé, le jour J, que lon avait entre les mains un thriller agrémenté d’une vraie comédie. On a écrit des personnages comme on les voit dans les séries américaines, avec des caractères hauts en couleurs notamment le flic un peu macho, qui fait des blagues un peu lourdes. Je crois que cela amène du rire, un peu malgré nous et, au final, cest super parce que ça permet à toute la famille de venir. Cela ouvre à un public plus large et on peut ainsi faire passer nos messages à une plus grande audience.

Caroline : Je pense qu’on a trouvé un juste dosage entre le thriller et lhumour…

 

 

Quels principaux retours du public avez-vous dailleurs déjà pu avoir jusqu’à présent ?

Caroline : Des « Waouh…. » de surprise. Lhistoire plait, la résolution surprend…

Flavie : La mise en scène de Sébastien subjugue tout le monde, cest une prouesse. On a écrit sans limite, comme un scénario de film et on sest dit quon allait bien trouver quelquun dassez fou pour nous suivre à la mise en scène, qui trouverait des astuces pour que ça prenne vie. On s’était imaginé quil allait y avoir très peu de décors, des changements de costumes à vue, pour aller vite. En fait, Sébastien a fait le pari, quil a brillamment relevé, de tout faire avec de vrais décors, de façon très réaliste.

Caroline : Sébastien a matérialisé les espaces avec des éléments de décor et des panneaux qui coulissent. Un peu comme le zoom de la caméra, il va piocher des petits bouts de vie des personnages. Quand ça souvre, on a, par exemple, juste un bout de cuisine ou de bureau qui dépasse. Lunivers ressert ainsi vraiment lintrigue autour des personnages !

Flavie : Cest assez dingue davoir réussi à faire cela ! Les comédiens se sont arrachés les cheveux pendant les répétitions parce que ce sont eux qui manipulent les panneaux en coulisse, en plus de se changer et de jouer. Ils courent partout !

Caroline : Le public ressent cela aussi je pense, cest assez spectaculaire dans le sens où ça va très vite en très peu de temps, sans faire de bruit. Quand un nouveau « tableau » apparait, une petite magie opère et participe à leffet de surprise !

Flavie : Ce que lon nous dit souvent aussi, cest quil y a une vraie promesse au départ, avec un pitch fort, et que la résolution est tout aussi forte. Cest chouette parce que, parfois, ça arrive que les fins soient un peu décevantes dans ce genre là qu’est le thriller. Cest un point fort !

 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure artistique ?

Caroline : Des prolongations, toujours et encore ! Pourquoi pas datteindre la millième, ce serait génial !

Flavie : Il a été annoncé que ça allait durer jusqu’à fin avril, cest déjà une très très belle nouvelle, on est hyper contentes. On espère que ça sera prolongé encore après, pour l’été et la rentrée. Pourvu que ce spectacle dure longtemps et parte en tournée ensuite !

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Guignol en vrai, la comédie musicale : Lucie Mantez évoque ce chouette spectacle !

Publié le par Julian STOCKY

@ Jenny Thompson / ginnifxr

 

 

Bonjour Lucie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pourrons vous retrouver dans le spectacle « Guignol en vrai, la comédie musicale », sous les traits du personnage d’Emilie. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! L’équipe est géniale, les collègues sont tous des copains. En fait, on sort tous de la même école, on a tous fait l’Ecole de Comédie Musicale de Paris à des années différentes. C’est chouette, on se connait tous plus ou moins, des liens se sont créés de suite, on a beaucoup rigolé, l’énergie de travail entre nous est top. Cela a été un peu comme une évidence, tout s’est fait de manière fluide !

C’est vrai que c’est un très beau projet, le spectacle est vraiment magnifique. On n’a pas beaucoup de décors, c’est juste un castelet sur lequel sont projetés des vidéos. Celles-ci sont qualitatives, les couleurs assez vives sont très belles, ça ne pique pas l’œil. Cela donne, je trouve, un côté poétique au spectacle ! Les costumes sont magnifiques également. Donc, à chaque fois, c’est un plaisir de se lever tôt pour ce spectacle jeune public et pour retrouver mes camarades.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

Pour moi, c’est vraiment une version ultra moderne de « Guignol ». Au début du spectacle, on retrouve le « Guignol » original, un peu à l’ancienne, derrière le castelet avec les marionnettes.

Mais Monsieur Henry, qui tient le théâtre, a de gros problèmes d’argent et va devoir fermer l’établissement…Les marionnettes se réveillent alors et décident de sauver le propriétaire. A ce moment-là, elles se transforment en humains et on part alors dans une histoire rocambolesque…Les marionnettes vont se balader et feront la rencontre d’Emilie, mon personnage. Elle aussi a des soucis personnels, son papa étant très malade…Elle et Guignol ont, en fait, tous les deux besoins de retrouver un diamant magique qui va leur permettre de réaliser leurs vœux mais…ce diamant ne peut réaliser qu’un seul vœu…Au début, c’est un peu la petite guéguerre entre les deux mais ils finissent par s’allier et faire cause commune….

 

@ Jenny Thompson / ginnifxr

 

Quelles sont les principales caractéristiques d’Emilie ?

C’est une jeune femme, sans doute entre 16 et 18 ans. Elle est hyper combattante, hyper déterminée, elle ferait tout pour sauver son père et elle ne lâche rien. Elle sait se battre, elle sait combattre, elle va de l’avant, elle ne laisse rien passer, elle ne se laisse pas faire, elle a un gros caractère. Ce n’est pas la petite princesse, elle reste une jeune première avec une robe bleue et des cheveux roses mais elle a ce petit côté un peu manga, elle part au front, elle part au combat, elle n’a peur de rien, elle n’a pas froid aux yeux.

Certainement que ce personnage vous permet une palette de jeu large et variée…

Ah oui, c’est super ! Notre metteur en scène nous laisse pas mal de libertés, il nous donne une direction puis nous redirige constamment. Ce qui est super chouette, c’est que tout n’est pas millimétré : il nous donne un axe de jeu, on va faire au mieux pour le respecter et, après chaque représentation, il nous conseille. En tout cas, on a tous une liberté dans notre jeu qui est assez chouette. C’est un jeune public, le spectacle est assez drôle donc on a plein de moments où on peut chercher de nouvelles choses. On a déjà joué ce spectacle pas mal de fois depuis l’année dernière mais j’ai l’impression de ne jamais avoir fait la même chose. A chaque fois, je cherche de nouvelles choses…C’est chouette !

 

@ Jenny Thompson / ginnifxr

 

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public à l’issue des représentations ?

On a de très bons retours. Déjà, les enfants adorent, ils trouvent l’histoire super. On le voit d’ailleurs tout au long du spectacle parce que les enfants réagissent beaucoup et parlent avec Guignol.

Les commentaires sur les sites de réservation sont, à l’unanimité, très positifs, les gens écrivent que le spectacle est très beau et font aussi de beaux retours sur nous, ce qui nous fait particulièrement plaisir car c’est un programme complet, avec du jeu, de la danse, du chant, des claquettes, du combat. C’est vraiment une petite comédie musicale condensée ! Tous ces retours sont super encourageants en tout cas, on en est très contents !

Au-delà des enfants, c’est un spectacle qui peut parler à tous, même aux adultes…

Complètement ! « Guignol » parle à tout le monde, j’ai l’impression que c’est de toutes générations. Donc les parents savent de quoi on parle et s’y retrouvent aussi. Peut-être que ça leur rappelle également leur enfance… Ils ne s’ennuient pas du coup ! Ils sont vraiment captivés parce ce qui se passe, ça marche pour eux aussi et ça fait hyper plaisir de se dire qu’on parle à un public plus large que celui que l’on s’imaginait. D’ailleurs, les commentaires vont en ce sens…

Plusieurs dates sont annoncées à Paris pour les fêtes de fin d’année mais aussi en province. Du coup, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

On aimerait beaucoup que ça continue ! J’adore ce spectacle, j’adore cette équipe donc j’adorerais avoir des dates encore l’année prochaine à la même période. Ce serait super, on croise les doigts !

 

@ Jenny Thompson / ginnifxr

 

En complément, quels sont vos autres projets et envies artistiques ?

J’ai envie de tout ! Surtout depuis cette année…En sortant d’école, j’ai de suite commencé à travailler à Disney, j’adore cela, c’est génial, vraiment, les équipes sont super, on est hyper bien traités, je me sens comme une princesse. Je n’ai pas envie que ça s’arrête, j’ai envie de continuer à travailler là-bas.

J’ai aussi envie de m’ouvrir à autre chose, comme j’ai déjà pu le faire avec ce spectacle. J’aimerais me former à d’autres techniques. En ce sens, je ferai un stage de doublage en janvier… La caméra m’intéresse aussi, c’est quelque chose que je n’ai jamais fait pour le moment.

Ma meilleure amie, Emma Kabouche, chanteuse et comédienne elle-aussi, a écrit un spectacle de style comédie musicale avec son père Aziz, bien connu du grand public. Ils m’ont proposé de participer à ce projet magnifique. Les mélodies sont folles, à mi-chemin entre l’Algérie et le Chili, deux des thèmes forts du spectacle. Les répétitions n’ont été que du bonheur, on a monté cela pendant plusieurs mois et on est arrivés à un final d’une heure.

Plus concrètement, deux jeunes filles se rencontrent un soir sur le pont des arts, elles ont deux identités complètement différentes : l’une est totalement lunaire et l’autre est très ancrée dans le présent. La rencontre est très étrange et elles comprennent rapidement qu’elles ont un point commun : toutes deux n’ont jamais connu leurs grands-mères respectives. Elles vont ainsi se lancer à la recherche de leurs histoires…Un showcase a déjà eu lieu, c’était super, la salle était remplie et on aimerait bien faire produire ce spectacle. On va sûrement refaire une résidence puis un showcase en février prochain. On adorerait que ça aboutisse, c’est un projet personnel qui nous tient énormément à cœur et qui promet d’être un très beau spectacle si, un jour, il a la chance d’être produit.

Merci, Lucie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Musique, Théâtre

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Mayel Elhajaoui évoque son seul en scène, à l'affiche à Paris prochainement et en province !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Mayel,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, en province et à Paris, avec votre spectacle « Il était une fois Mayel ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! C’est un projet qui me tient à cœur parce que, simplement, la scène est quelque chose qui me plait énormément. J’ai commencé par la scène et je trouve que les sensations que l’on y a sont uniques, le bonheur d’avoir des gens qui rient est quelque chose que l’on ne connait pas en tournant dans une série ou au cinéma. J’ai besoin de ce contact et de ce partage avec le public, qui me touchent. Cela me confirme que c’est vraiment ce métier-là que j’ai voulu faire : être acteur et être sur scène dans un spectacle vivant est quelque chose d’important pour moi !

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter ce seul en scène ?

« Il était une fois Mayel » permet aux gens de connaitre un peu mon histoire, c’est comme une fable que l’on raconterait à des spectateurs. J’y évoque qui je suis, d’où je viens, quelles sont mes origines, quelle est ma famille. Parfois, les gens confondent fiction et réalité donc ce spectacle remet les choses dans leur contexte réel. Les spectateurs apprennent que je suis né en Picardie, que je suis d’origine marocaine, que j’ai une grande grande famille, que je ne m’appelle pas Georges…C’est important, pour moi, de le dire…Les gens me connaissent et m’apprécient dans le rôle d’un personnage sur TF1 mais ce serait bien qu’ils me connaissent un peu plus que ce personnage. Mayel existait avant Georges et j’espère qu’il existera après Georges…

Ce seul en scène vous permet un panel large et varié de sujets, qui doit être très enrichissant pour vous également…

Exactement ! Cela me permet aussi de dire des choses en étant moi-même, sans être dans un costume. Je trouve que ça perturbe les gens, ils comprennent mieux qui je suis dans la vraie vie. Cela me fait rire de voir leurs têtes quand ils apprennent des choses de ma vie privée, auxquelles ils ne s’attendent pas parce que le personnage qui m’a fait connaitre ne les racontent pas à la télévision. Donc, oui, c’est toujours agréable et particulier de voir la réaction du public.

L’écriture de ce spectacle a probablement été aussi l’occasion pour vous de vous replonger dans des souvenirs personnels, qui ont dû vous faire chaud au cœur…

C’est vrai que c’est un peu thérapeutique aussi ! En me racontant, en disant qui je suis, je m’exprime et cela permet aux gens de ne pas se tromper sur moi, ce qui est hyper important. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout va vite et, parfois, le public a des idées ou des images des comédiens qui ne sont pas forcément la réalité. Donc aller sur scène pour lui parler remet les choses dans leur réalité et me replace dans la vraie vie, moins dans la fiction, moins dans le « j’imagine qu’il est comme ça ». Je trouve que c’est important de raconter qui on est quand on est un peu connu. Cela me fait du bien aussi que les gens sachent en réalité qui je suis et d’où je viens.

Certainement que vous avez dû faire des choix sur les thèmes et sujets abordés…

En vérité, si je devais dire tout ce que j’ai envie de dire, cela prendrait beaucoup de temps ! Et je n’ai qu’une heure quinze pour raconter tout cela…Donc il y a de la frustration mais bon, je me dis qu’au fond, ça peut amener un nouveau spectacle…

C’est vrai que, pour cette heure quinze, j’ai dû choisir quelques sujets, des sujets qui permettent aussi aux gens d’avoir une idée un peu plus précise sur qui je suis…C’est déjà pas mal !

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Ce sont souvent les mêmes, notamment « On ne pensait pas que Georges était d’origine marocaine »…Comme quoi, il y a toujours un petit mélange entre personnage et réalité. Ensuite, plein me disent qu’ils ne pensaient pas me voir un jour sur scène mais qu’ils trouvent le spectacle drôle, qu’ils me trouvent bien différent de l’image. Donc c’est gagné car les spectateurs me découvrent et apprennent une nouvelle facette de qui je suis. A partir du moment où les gens rentrent dans un spectacle puis en ressortent en ayant appris des choses sur moi et me découvrant autrement, je suis content !

A l’image, en télévision ou au cinéma, je ne peux pas raconter qui je suis dans la réalité, je raconte alors qui est le personnage donc les gens sont agréablement surpris par ce spectacle, ce qui me fait plaisir.

 

 

Vous serez sur scène à Paris, le mardi 10 décembre à 19h à la Comédie de Paris et d’autres dates en province sont déjà programmées. Ces rencontres avec le public de la capitale mais aussi d’autres coins de France sont probablement très enrichissantes…

Bien sûr ! Surtout que le public de province est vraiment hyper friand et très présent. Le public parisien est particulier, il voit tellement de spectacles, l’offre est tellement dense que j’aime bien aussi ne pas rester qu’à Paris. J’ai joué en Belgique, ça s’est super bien passé. Là, je vais jouer à Caen, à Décines, à Rouen, à Albert, à Auray…De pouvoir présenter ce spectacle en province est quelque chose de génial, l’accueil n’est pas le même, ce qui est cool !

Justement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure sur scène ?

Que le spectacle continue de grandir ! Au fur et mesure que l’on joue un seul en scène, il évolue, il s’étoffe, les expériences de la vie nous poussent à le peaufiner donc j’espère qu’il sera de mieux en mieux. C’est le but en tout cas ! Au fil des représentations, je vais continuer à trouver de nouvelles choses…Le public va aussi m’aider à le rendre encore meilleur ! Donc on peut me souhaiter que les gens voient un super beau spectacle et qu’ils apprennent un peu plus qui je suis…Cela serait un pari complètement gagné !

En complément, vous êtes actuellement en tournage d’un film…

En ce moment, je tourne un film avec Cécile de France, Vincent Macaigne et Gilbert Melki, c’est une comédie qui s’appelle « La poupée », qui sortira au cinéma en 2025. C’est sympa ! Je commence à faire d’autres choses et à être présent sur des formats différents de la série.

Je suis aussi à la radio sur Rire et Chanson, dans « Le morning du rire » de Bruno Roblès. Je viens quand je ne suis pas en tournage, je m’amuse à jouer des personnages et à faire le con…C’est vraiment cool !

Bref, un peu de cinéma, un peu de radio, un peu de scène…C’est pas mal, il y a de quoi faire pour 2025 !

Merci, Mayel, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Profite ! : Tanya Mattouk évoque la nouvelle pièce de théâtre qu'elle interprète à la Manufacture des Abbesses

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Tanya,

Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview ensemble !

A partir du 1er décembre prochain, vous serez sur scène, à La Manufacture des Abbesses, dans le spectacle inédit « Profite ! ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Je suis ravie, effectivement, de ce nouveau projet. C’est une pièce dans laquelle je crois énormément et qui raconte une très belle histoire, avec une très belle équipe. 

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter cette pièce ?

Le point de départ est un père mourant qui dit à son fils et à sa fille de profiter de la vie. Le fils comprend cela comme le fait d’aller voyager, de tout plaquer et de vivre de grandes expériences à travers le monde. La fille, que j’interprète, comprend cela comme profiter de chaque instant avec les siens, vivre pleinement son quotidien, composé de toutes ses petites expériences et ses petites histoires.

Dans quel registre s’inscrit ainsi ce spectacle ?

C’est une pièce chorale, très énergique, il y a aussi la situation du cœur de la pièce autour d’un podcast qui permet de donner une certaine dynamique. Il y aura un mélange de temporalités… et s’enchaînent pas mal de scènes dramatiques voire même tragiques et énormément de scènes de comédie. On n’est pas dans un seul registre, on a vraiment un mélange de genres. On est cinq comédiens sur scène et on joue une vingtaine de personnages au total. Il y a des personnages-clé avec un jeu authentique voire parfois quasi naturaliste et d’autres qui gravitent autour et qui sont, pour la plupart, plus burlesques. Ainsi, c’est une pièce qui va vite, c’est une belle épopée !

 

 

Personnellement, quel regard portez-vous sur votre personnage ?

C’est un personnage qui m’a beaucoup émue dès la lecture. C’est une pièce très très bien écrite, par deux auteurs, Anthony Giron et Lucas Zélie. Hana, mon personnage, est dense, avec beaucoup de dimensions, c’est une femme très touchante qu’on retrouve à plusieurs moments de sa vie. Elle a vraiment le sens de la famille, elle a le sens de profiter de chaque instant, comme je le disais, avec un vrai élan de vie sans vouloir tout plaquer non plus… On peut vivre une belle vie en restant là où on est, en sachant chérir chaque expérience de sa vie quotidienne. Mais il y a des choses qui la plombent, entre autres la mort de ses parents… C’est un drame familial commun mais qui est immense et unique pour chaque personne qui le vit… Il y a aussi le départ de son frère, qu’elle vit comme un abandon et qui va déterminer tout le reste de sa vie. Donc il y a une sorte de dualité dans cette envie de ne pas gâcher sa vie, comme son père le lui a suggéré et, en même temps, dans le fait d’être retenue par cet abandon. J’aime bien cette complexité dans le personnage, je trouve que ça lui donne un caractère extrêmement attendrissant. On peut tous, d’une certaine manière, s’identifier, je pense… On a tous des désirs et en même temps des choses qui nous empêchent, qui nous retiennent et, finalement, des envies de tout balancer et de vivre pleinement. 

Son histoire est vraiment poignante, c’est un personnage fort, ce n’est pas une victime pour autant, elle se bat et se débat. J’aime bien ce genre de personnage, qui ne se laisse pas aller.

 

 

On comprend que cette pièce va vous permettre une palette de jeu large et variée…

Tout à fait ! J’essaie de garder cette exigence où chaque nouvelle expérience m’aide à grandir artistiquement tout en racontant une belle histoire, en divertissant le public et en lui faisant vivre des émotions riches. Personnellement, en tant qu’actrice, ce que j’aime, c’est avoir un nouveau défi à chaque projet. Là, le défi est cette large palette de personnages aux couleurs variées en peu de temps. Ils sont tous uniques et très différents les uns des autres, dont Hana, qui est le rôle phare de ce panel. C’est super plaisant, il y a quelque chose de très enfantin dans le fait de jouer avec tous ces registres, avec des corporalités variées, des voix différentes, des trajectoires narratives diverses et pourtant précises. C’est vraiment jubilatoire ! J’aime beaucoup les pièces qui font cela, il y a de très grands et supers metteurs en scène qui le font dans le théâtre français d’aujourd’hui et j’aime bien que cette pièce s’inscrive dans cette lignée très intéressante, aussi bien pour le public que pour les artistes.

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent ?

Oh là  ! C’est un mélange ! En vrai, évidemment, c’est en travail donc on est en train de peaufiner, de faire le plus beau spectacle possible, on est encore au cœur des répétitions, de la mise en scène, de la scénographie, du travail des costumes… On est en plein dedans, tambour battant, pour proposer le meilleur spectacle possible. On est tous très alignés pour faire une pièce qui, je l’espère, va plaire et va marquer les esprits. J’ai hâte de la faire découvrir au public, pour que les gens passent un super moment ! Donc il y a et de l’appréhension et de l’excitation : l’appréhension parce qu’on est en plein dans l’attente de le présenter et l’excitation de le partager.

 

 

Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?

Que ça continue ! On est heureux de faire cette première exploitation à La Manufacture des Abbesses, c’est un beau théâtre, qui se niche au cœur de Montmartre, c’est un très beau coup d’envoi. On espère que la salle sera pleine, que les gens passeront un bon moment, que les retours du public et des critiques seront positifs, pour que ça nous permette de faire vivre ce projet le plus longtemps possible. Tout ce que l’on veut, c’est que ces personnages et cette histoire vivent et aillent voir peut-être d’autres scènes à Paris et d’autres contrées en France. Quand j’aime un projet, j’espère qu’il va durer, pour que le plaisir continue !

Merci, Tanya, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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A tout prix : Kriss Goll évoque sa pièce de théâtre actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Kriss,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La pièce « A tout prix », dont vous êtes l’autrice, se joue actuellement chaque vendredi et chaque samedi à La Divine Comédie. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

C’est vrai que, parfois, je ne réalise pas qu’elle se joue encore. Les représentations ont commencé en 2020, il y avait ensuite eu le Covid mais il y a toujours eu quelque chose pour m’inciter à me relancer et à continuer. Je me souviens notamment d’un appel, un an et demi après le confinement, d’une femme de la mairie de Bessancourt, pour me dire que la ville aimerait beaucoup accueillir la pièce. Je m’étais même demandé si ce n’était pas une blague mais non…

Cela fait maintenant bientôt cinq ans que l’aventure a commencé et je n’ai pas vu le temps passer !

 

 

Si l’on revient à la genèse de ce projet, comment vous sont venues l’envie et l’idée d’écrire cette pièce ?

C’est marrant, on a souvent des rêves en tête mais qui restent à leur état de rêves…Mais le fait d’écrire revenait souvent chez moi…Petite, je faisais des mini spectacles et, en 2013, à l’âge de 22 ans, alors que je travaillais déjà dans le milieu de la nuit, j’en avais discuté avec un collègue et cela m’avait incitée à me lancer dans l’écriture d’une pièce de théâtre.

L’histoire était ensuite sortie de mon imaginaire, j’aimais bien l’idée que ce soit un peu une énigme, avec plein de quiproquos, du comique de situations et que le sujet soit un thème universel sur l’argent. Ne sachant pas forcément alors comment écrire, je l’avais fait un peu spontanément. C’est quelques mois plus tard sur mon lieu de travail, que j’ai rencontré Fabrice Blind, auteur de pièce de théâtre, je lui ai demandé s’il pouvait prendre le temps de lire ma pièce, puis nous nous sommes rencontrés pour faire un point, et il m’a donné des conseils très précieux, notamment sur les actes et le nombre de personnages...Plus il y a de comédiens, plus ça revient cher à produire ! J’avais ainsi pu réécrire quelques extraits de mon spectacle. Mais les rencontres suivantes m’avaient ensuite découragée et j’ai laissé dormir ce projet…jusqu’en 2018.

J’ai alors eu un déclic : cette histoire de pièce me trottait tout le temps en tête, j’avais envie d’aller au bout…Et je me suis lancée ! En trois semaines seulement, au fil de rencontres et de connaissances, je me suis retrouvée à boire un verre avec trois comédiens qui voulaient jouer dans ma pièce. C’était trop dingue de voir que des comédiens croyaient en mon projet et en moi. À partir de là, je n’ai plus rien lâché !  J’ai contacté des théâtres au culot et j’ai fini par rencontrer Éric Delcourt, le futur metteur en scène du spectacle. Mais il me manquait encore des financements …Ne connaissant aucune production, ni contact, j’ai eu l’idée de trouver des sponsors pour m’aider à financer mon projet. Puis l’un des sponsors m’a proposé de jouer ma pièce dans un plus grand théâtre, j’ai alors démarché la Comédie de Paris, au culot, et je me suis présentée directement au bureau de Monsieur Jean-Pierre Bigard pour lui proposer ma pièce ! Pour lui, le décor était trop grand, mais je n’avais pas dit mon dernier mot ! Et c’est un mois plus tard, une fois l’histoire du décor réglée, que Jean-Pierre Bigard m’a appelée pour me dire «  Tu pourras jouer ta pièce les mardis et mercredis à partir de janvier ! »

Au fil des années, la pièce a continué à évoluer : c’est toujours la même histoire mais il y a plein de choses qui ont été modifiées. Même encore aujourd’hui, des choses changent….Contrairement au cinéma où tout est figé, une pièce évolue tout le temps.

 

 

Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce spectacle ?

C’est un couple qui est au bord de la rupture et qui ne sait pas qu’une grosse somme d’argent volée est cachée dans l’appartement. Argent qui doit à tout prix être récupéré par Max, un vrai bras cassé…Je ne vous dirai pas l’intrigue, il faut venir, pour cela, voir la pièce ! Mais, en gros, c’est une parodie de boulevard, c’est une pièce très cartoon, très second degré. Même un enfant de dix ans peut venir voir le spectacle car c’est quelque chose d’assez dynamique et parodique.

 

 

Quels principaux retours du public avez-vous pu avoir jusqu’à présent ?

Je sais que l’on ne peut pas plaire à tout le monde, ce que j’accepte. Je sais que c’est un style d’humour auquel certaines personnes pourraient ne pas adhérer. Oui, ça m’est arrivé d’avoir de mauvaises critiques... Au début, cela me touchait profondément, je n’étais pas bien pendant 24 heures mais, maintenant, je me dis que ça fait partie du jeu ! J’ai aussi de très bons retours…Ce que les gens aiment, c’est que c’est un spectacle dynamique, dans lequel on ne s’ennuie pas. C’est, en tout cas, assez rigolo et, surtout, je pense, dans l’air du temps…C’est un boulevard moderne.

 

 

En tant qu’autrice, lorsque vous assistez, dans la salle, à une représentation, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Honnêtement, ce n’est pas simple. Je vois toujours des choses, je trouve des idées d’amélioration donc j’avoue que, aujourd’hui, je n’ai pas encore totalement délégué …Mais ça commence ! J’ai une super équipe de comédiens, ils sont tous très pros. Avant, je jouais dans la pièce mais avoir mes propres comédiens est préférable pour moi car je me sens mieux derrière le rideau que devant. Je suis donc très contente d’avoir une talentueuse comédienne à ma place.

 

 

Justement, lorsque vous étiez sur scène, comment aviez-vous abordé cette double casquette d’autrice et d’interprète ?

Dans la vie, on ne peut pas tout faire, on ne peut pas être autrice, gérer la production et s’occuper des évolutions du spectacle. C’était beaucoup trop et, même si c’était une expérience inoubliable de rencontrer le public et d’être sur scène, je n’avais plus le point de vue de l’auteure et je me concentrais sur mon jeu …Le travail d’acteur est un véritable métier qui demande non seulement du talent mais aussi beaucoup de travail, surtout dans le boulevard, qui est rempli de ruptures et de nuances. Dans ce contexte, avoir des années d’expérience est un atout précieux, ce que je n’avais pas.

 

 

En tout cas, le fait d’avoir écrit la pièce doit certainement être aidant pour vous au moment d’accompagner et de conseiller les équipes…

Oui, oui, cela aide ! Je suis maintenant à ma place…Ce qui s’est passé est une leçon de vie, je suis mieux comme cela ! Je peux davantage me concentrer à l’évolution de la pièce. Bon, il va falloir aussi que j’arrête de changer ( rires ). Pour vous faire une confidence, j’ai modifié trois fois la scène du flashback. Il y avait des choses à améliorer et je n’arrivais pas à le trouver…Je me dis que ce n’est pas grave : l’essentiel étant d’arriver à un moment donné à une version qui ne bouge plus. Pour cela, la meilleure école est tout simplement le public : entendre ses réactions et comment il interagit avec les comédiens est le meilleur professeur pour dire ce qui va et ne va pas.

Que peut-on ainsi vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Mon rêve serait de jouer mes pièces à l’international, de partir en tournée, d’avoir plein de dates. J’ai été contactée pour la jouer à Istanbul, c’est en cours de discussion. En tout cas, je souhaite que cette pièce ne s’arrête pas, qu’elle continue dans cette dynamique, qu’elle continue à faire du bien et à apporter de la joie au public, partout.

 

 

Pour terminer, cette pièce vous a-t-elle donné l’envie de renouveler l’expérience de l’écriture théâtrale ?

Oui, carrément ! J’ai déjà ma deuxième pièce, « Totalement givrés », que l’on jouera en janvier et février prochains, lors de trois showcases. Et ma troisième pièce parlera de mes années de travail nocturne ! Je vous en dirai plus prochainement ! Mais l’écriture évolue avec l’âge et les expériences personnelles. J’y parle davantage de mon vécu.

Merci, Kriss, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Le petit chaperon rouge, au théâtre du chariot : Interview croisée avec Nina Cruveiller et Nina Ballester !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour à toutes les deux,

Quel plaisir d’effectuer cette interview tous ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre du chariot, dans le spectacle « Le petit chaperon rouge ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Nina B : Oui, oui ! C’est un spectacle qui nous tient particulièrement à cœur, que l’on porte vraiment à deux : on l’a mis en scène à deux, on joue toutes les deux dedans et on est seules sur scène. Donc c’est notre bébé !

Nina C : C’est une aventure humaine que l’on porte toutes les deux, depuis cinq ans maintenant. Ce spectacle nous ressemble autant dans le travail hors scène que sur scène. C’est un peu la carte d’identité de notre binômeJ.

Nina B : Complètement ! On essaie aussi que le travail reste vivant. Forcément, en cinq ans, il y a des choses qui évoluent, dans notre travail et dans notre vie personnelle donc on apporte, de temps en temps, des petits ajustements au spectacle.

Nina C : Récemment, on a repensé, esthétiquement, la représentation du loup. Cela a été un vrai travail en amont à la table, puis au plateau avec le régisseur. On le fait dès que c’est nécessaire à l’histoire et au spectacle.

Plus concrètement, avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?

Nina C : C’est une adaptation du conte original dans une version contemporaine, avec la magnifique langue de Joël Pommerat, un auteur que l’on ne présente plus. C’est très contemporain mais ce n’est pas anachronique : c’est contemporain dans la manière dont ça aborde les sujets, c’est beaucoup moins édulcoré que la version de Perrault, ça parle vraiment beaucoup plus frontalement d’agressions - sans qu’il n’y ait jamais le mot agression - et de violences – sans qu’il n’y ait jamais le mot violence. C’est très axé sur la relation entre la petite fille et la maman. Dans notre mise en scène, on a voulu quelque chose d’extrêmement dépouillé pour au maximum faire entendre cette histoire. A chaque fois, on se dit que, quand il est absolument nécessaire, pour l’histoire, d’amener un élément théâtral, on l’amène…Donc, en fait, notre spectacle est très pur au début et, petit à petit, il prend vie grâce aux costumes et aux lumières pour finir avec la fameuse scène de la petite fille avec le loup.

Nina B : Par rapport au conte que l’on connait toutes et tous, le rapport mère / fille est longuement traité dans la pièce. Du coup, cela questionne aussi l’émancipation, la quête de liberté, la rencontre avec l’autre, la transgression,…Tous ces thèmes sont déjà contenus dans le conte mais, là, sont vraiment remis plus en lumière. Il me semble que c’est, du coup, un accès plus direct et concret pour les spectateurs, il y a moins de circonvolutions, les formules que l’on connait par cœur sont complètement évacuées du texte pour revenir à quelque chose de plus essentiel et de plus direct.

Nina C : On a une adresse très directe au public, on leur raconte vraiment l’histoire dans les yeux. C’est parfois déroutant mais c’est comme cela que l’on a voulu traiter cette histoire.

 

 

Un mot, chacune, sur votre ou vos personnages que vous êtes amenées à interpréter tout au long du spectacle ?

Nina B : On a décidé, depuis le début, que l’on porterait ce spectacle à deux, c’était important que l’on ne soit que toutes les deux sur scène.

Nina C : On s’est distribué les rôles de manière très naturelle parce que, pour nous, ce ne sont pas vraiment des personnages, c’est plus nous avec un texte. C’est comme cela que l’on a travaillé. Evidemment que l’on s’est posé beaucoup de questions…

Nina B : Notamment sur le traitement du personnage du loup, qui n’a pas du tout une forme animale. Pour en revenir à la distribution, c’était important qu’il y ait le personnage central de la petite fille. Autour, tous les autres personnages gravitent et sont joués par une seule et même personne. Tout cela a un sens bien précis, que vous découvrirez en venant voir le spectacle ! Cela permet des niveaux de lecture différents…

Nina C : C’est vraiment la confrontation de l’enfance avec le monde extérieur, notamment la violence. Au travers de la relation conflictuelle avec la maman, on y voit l’enfance massacrée et la naïveté déchue. On est dans de l’innocence face à de la cruauté.

Cette pièce vous permet ainsi, à toutes les deux, une palette de jeu large et variée…

Nina B : Carrément ! Le texte est tellement riche, il donne des personnages très complexes, sur lesquels on s’est posé beaucoup de questions. Il y a aussi la manière dont le texte est écrit, avec quand même une grande partie narrative. On s’est beaucoup interrogé là-dessus, sur comment rendre vivant, au théâtre, le récit, la narration et ce côté conte. C’est là où on a vraiment travaillé, chacune, sur comment chaque personnage prend en charge le récit pour raconter cette histoire le mieux possible. Oui, c’est un bonheur à jouer ! En plus, on adore jouer ensemble…Je pense que ça tient du texte, de ce que l’on a mis en place dans la mise en scène et de notre rapport à toutes les deux dans notre travail. Alors que l’on connait par cœur ce spectacle que l’on joue depuis cinq ans, on continue à se surprendre l’une l’autre…C’est hyper plaisant de se renvoyer la balle en permanence ! On joue ensemble, il se passe des choses à deux…Cela me plait énormément !

Nina C : On est un binôme qui fonctionne bien parce que l’on est toujours très ensemble. On arrive à sentir au plateau l’énergie de l’autre, à la prendre et à la transformer. Le fait que l’on mette en scène le spectacle aide : on a la conscience, à la fois, d’être à deux et du fait que le spectacle doit se jouer donc ce sont comme deux omnisciences qui font que ça se construit bien. Le texte est tellement bien écrit que ce n’est jamais rébarbatif de le jouer. On n’en a jamais marre ! Surtout, on découvre de nouvelles choses à chaque fois, alors que l’on a quand même fait de grosses exploitations. C’est sûr que c’est vraiment un plaisir !

Au travers des différents niveaux de lecture, on comprend que la pièce s’adresse aux enfants et aux grands. Justement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir à l’issue des représentations ?

Nina C : C’est très varié ! Il y a des gens qui se prennent le spectacle en pleine figure : il est déjà arrivé que beaucoup de femmes en soient bouleversées à n’en pas trouver les mots. Les adolescents comprennent très bien la double lecture du viol, sans avoir encore cette barrière de protection qui s’est créée pour se protéger. Eux, généralement, réceptionnent le spectacle vraiment fortement. Les plus petits enfants sont chez Guignol, ils passent un trop bon moment.

Nina B : Ils ont peur et ils aiment avoir peur. On désamorce en plus toujours les situations, c’est en cela qu’il y a différents niveaux de lecture. On a voulu que le spectacle s’adresse à tout le monde et on a joué autant devant des salles remplies d’adultes uniquement que devant des salles remplies d’enfants, de familles ou de scolaires. Les âges sont vraiment hyper variés mais chacun y ressort avec quelque chose. Les retours sont aussi beaucoup sur le visuel car on a créé un univers lumière très fort. On a également pas mal de retours sur le décor modulable dans l’espace.

Nina C : Ce qui est fou, c’est que les retours dépendent vraiment des gens !

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Nina B : Des salles remplies et beaucoup de public pour découvrir ou redécouvrir cette histoire.

Nina C : Que cette histoire continue à toucher les gens, que notre travail continue à étonner…Notre spectacle est un peu un OVNI donc on peut nous souhaiter que les gens continuent à être déroutés et intrigués autant qu’amoureux de notre travail. Aussi des grandes salles de tournéeJ.

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Passage en revue : Estelle Danière évoque sa belle actualité à La Divine Comédie !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Estelle,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, à La Divine Comédie, dans le spectacle « Passage en revue ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Bien sûr ! C’est un spectacle qui me tient à cœur parce que ça parle d’une période proche de mes débuts. Cela me remémore plein de souvenirs de scène, de coulisses, de rencontres, d’anecdotes, que j’exprime sur le plateau. En même temps, après, petit à petit, on va plus dans l’intime, dans la femme, dans les choses plus personnelles. C’est vrai que ça va creuser des choses et des passages de ma vie qui peuvent être drôles ou moins drôles, et que je prends plaisir à me remémorer malgré tout. Le tout en chanson en plus, chansons issues de répertoires que j’aime beaucoup. Donc, forcément, c’est toujours un plaisir de le faire, vraiment !

 

@ Philippe Fretault

 

Si l’on revient à la genèse de ce projet, comment vous sont venues l’envie et l’idée de le développer ?

En fait, je suis très amie avec Flannan Obé, le metteur en scène et coauteur du spectacle. Il fait plein de choses différentes, notamment du seul en scène. On se voyait souvent pour déjeuner et pour échanger. Un jour, je lui dis « Qu’est-ce que tu es courageux ! J’adorerais faire la même chose mais je m’en sens complètement incapable »…C’est vrai que c’est presque un autre métier que d’être seul sur scène, de raconter des choses et de parler au public, au lieu de parler à un partenaire. Donc c’est très différent ! Et il me demande, en retour, pourquoi je ne voudrais pas essayer…

Il m’a alors incitée à lui envoyer des textes afin qu’il puisse voir s’il lui était possible de faire quelque chose avec. Je ne savais alors pas de quoi parler, ayant l’impression d’avoir une vie banale…Mais, en rentrant chez moi, j’ai commencé à avoir quelques idées, en lien notamment avec mon passé aux Folies Bergère. J’ai ainsi continué à creuser, pour chercher des sujets qui pourraient parler à tout le monde : peu importe le métier que l’on fait, on a tous les mêmes problèmes, les mêmes doutes, les mêmes angoisses, les mêmes déceptions, les mêmes joies,…Nous sommes tous des êtres humains avec des états d’âme !

Je me suis alors rendue compte qu’il y avait plein de choses dans lesquelles les gens pouvaient s’identifier et qui avaient, en même temps, un côté un petit peu paillettes, au travers de l’artistique. Avec Flannan, on a commencé à en faire un puzzle, que l’on a ensuite complété de chansons que j’aimais. Notamment de Zizi Jeanmaire, dont le répertoire peut passer pour superflu et guilleret mais, si on écoute bien les mots, il y a des messages qui, finalement, petit à petit, se sont très bien incrustés dans mes textes parlés. Il y a même des gens qui m’ont demandé si c’étaient des chansons originales ou si les textes existaient déjà. Tout s’enchaine tellement bien que l’on a presque l’impression que c’est le texte qui continue dans la chanson.

Le fait de vous replonger dans tous ces souvenirs a certainement fait ressurgir de belles émotions en vous…

Complètement ! C’est mon histoire…J’ai commencé ce métier très tôt, dès l’âge de 15 ans. Je suis rentrée aux Folies Bergère à 17 ans donc c’est vrai que ça a fait remonter des sensations et des émotions de mon adolescence, qui me touchent particulièrement. Le public, je pense, le sent : il comprend que des choses qui se passent en moi ressurgissent dans ces mots et ces chansons. C’est assez fort, bien sûr !

 

@ Philippe Fretault

 

Ce spectacle vous permet également une palette de jeu large et variée…

On a construit ce spectacle avec, justement, un côté un peu music-hall de poche. Quand je suis à La Divine Comédie, il y a un mur qui nous sépare des Folies Bergère où je suis entrée à 17 ans. J’en parle d’ailleurs au début du spectacle, je me replonge dans cette ambiance et, au fur et à mesure, je le disais, je vais vers des choses plus intimes et plus profondes au sujet de ma vie de femme. C’est vrai que, du coup, il y a une palette très large, qui va de la fantaisie, des paillettes vers des chansons plus amusantes, et, progressivement, des émotions beaucoup plus profondes et intimes. C’est plaisant de pouvoir passer, dans un même spectacle, de quelque chose de très léger à quelque chose de plus sombre, pour bien faire comprendre que cette femme qui est sur scène, avec ses strass, ses paillettes et ses plumes, reste une femme qui, lorsque le rideau se baisse, a ses problèmes de femme. Je parle ainsi de ces deux facettes extrêmement différentes d’une seule et même personne.

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Très souvent, les gens me disent être très émus. Certains ne savaient pas forcément ce qu’ils venaient voir et ne s’attendaient pas, en voyant le début du spectacle, au chemin pris ensuite. Du coup, le public est surpris, il se reconnait et, en même temps, il aime apprendre des choses sur le music-hall et le cabaret, des lieux qu’il ne connait pas vraiment.

La salle de La Divine Comédie est certainement aussi un lieu propice à ces réactions, de par notamment la proximité qu’il permet entre vous et la salle…

Je le disais, c’est presque un autre métier que je fais car je m’adresse carrément aux gens. Il y a même un moment, dans le spectacle, où je m’assieds en bord de scène, très proche des spectateurs, sentant presque leurs souffles. Je les regarde alors dans les yeux…C’était d’ailleurs très difficile, pour moi, au tout début, de faire cela. Maintenant, j’y prends un plaisir extrême parce que j’amène les gens à moi pour, ensuite, les embarquer. Je leur parle aussi bien de moi que d’eux-mêmes, ils peuvent donc se laisser aller. A ce moment-là, je sens qu’il se passe quelque chose dans leur regard …Cette proximité permet justement cela, c’est magique et merveilleux ! Ce qui me faisait peur avant me crée maintenant un très grand plaisir.

 

@ Philippe Fretault

 

Au fur et à mesure des représentations, sans doute continuez-vous à peaufiner le spectacle…

C’est exactement cela ! Je vais voir les retours sur les sites de réservation et, il n’y a pas très longtemps, un monsieur a écrit avoir beaucoup apprécié le spectacle et a ajouté regretter que la fin soit un peu trop nostalgique à son goût. J’y avais déjà pensé et, en écoutant ce retour, j’ai changé la fin, grâce à trois phrases musicales qui font complètement évoluer le ressenti. Des spectateurs réguliers m’ont d’ailleurs dit, depuis, apprécier cette évolution. Je remercie donc le monsieur qui avait écrit cette remarque car, grâce à lui, j’ai osé faire le pas ! Donc c’est vrai que les retours sont importants pour moi ! Pourvu que ça dure, j’ai la chance d’en avoir beaucoup de très positifs, ce qui est un réel bonheur !

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Qu’il y ait beaucoup de monde dans la salle pour que l’on puisse se permettre de faire une prolongation, que l’on puisse également faire des dates de tournée en France et, pourquoi pas, à l’étranger. Que ce spectacle permette de rebondir sur d’autres spectacles, dont un qui me tient tout particulièrement à cœur, avec davantage de monde sur scène. Je croise très fort les doigts !

Merci, Estelle, pour toutes vos réponses !

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