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theatre

Clara Huet nous en dit plus sur sa belle et riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Clara,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Votre actualité théâtrale est riche et variée. “Crystal clear” aura trois premières représentations en ce mois de janvier et vous retrouverez cette pièce au festival d’Avignon cet été. Sans tout en dévoiler, comment présenter ce spectacle ?

C’est un triangle amoureux, qui va nous permettre d’aborder la cécité. Le personnage principal est un homme, il a eu une relation plutôt assez longue avec mon personnage, qu’il va progressivement quitter, pour aller vers une autre femme. Il est diabétique, il ne s’en occupe pas très bien, ce qui fait qu’il y a, malheureusement, des conséquences irréversibles sur sa santé, à savoir qu’il perd progressivement la vue. Sa deuxième histoire d’amour sera avec une aveugle, ce qui sera l’occasion d’aborder la vie d’aveugles, leurs contraintes au quotidien, ce que ça implique…

C’est un thème qui est très rarement évoqué au théâtre et même au cinéma, donc on va aussi utiliser ce projet pour réfléchir à comment proposer un spectacle qui peut être également accessible aux personnes non voyantes. Le metteur en scène, Thierry Harcourt, a réfléchi à comment intégrer l’audiodescription, pour que cette pièce soit, par le sujet et par la mise en scène, accessible à tous.

Quelles sont les principales caractéristiques de Jeanne, votre personnage ?

C’est une battante, c’est quelqu’un qui ne lâche pas l’affaire comme cela. On va dire que ça fait cinq ou six ans qu’elle est en couple avec cet homme et elle voit bien que ça périclite, qu’il commence peu à peu à prendre la porte de sortie mais sans vraiment le dire. Elle est attentive au fait que l’amour s’entretienne, c’est aussi un travail, il faut remettre une pièce dans la machine de temps en temps pour raviver les flammes. En même temps, elle s’adapte à lui, à ses besoins, elle n’est pas totalement satisfaite non plus…C’est une institutrice, elle a quelque chose d’un peu organisé et de carré.

Il y a deux scènes dans cette pièce pour elle : dans la première, on voit un peu l’état de leur couple, qui n’est pas loin de la fin et, dans celle d’après, ils ne sont plus ensemble, entre-temps il a perdu la vue et donc, elle est un petit peu là à essayer d’être présente, tout en n’étant plus la femme qui fait partie de sa vie. Elle met les pieds dans tous les plats, c’est très compliqué…Elle utilise le mot “voir” parce qu’en fait, on l’utilise tout le temps dans la vie…Elle fait toutes les indélicatesses et maladresses possibles, tout en essayant de faire preuve de bonne volonté, parce qu’elle tient à lui et qu’elle veut être là. Cela permet de montrer que ce n’est pas simple, en fait, même pour les voyants, qui essaient d’aider et de s’acclimater à une nouvelle vie, avec des contraintes plus importantes.

 

 

Sans doute que la palette de jeu associée doit être très plaisante ?

Elle est plaisante et elle est complexe…Ce personnage n’est pas évident, le metteur en scène me disait même que, pour lui, c’est celui qui allait le moins récolter parce qu’il n’y a pas l’empathie de la personne non voyante, ni de celle qui perd la vue au fur et à mesure…Elle est la femme qui se fait quitter, qui essaie d’être là mais qui est maladroite donc il fallait que je lui trouve son humanité et son empathie. En même temps, elle aussi a ses émotions, la situation n’est pas simple pour elle, elle a aimé cet homme, qui est parti avec une autre, donc il y a du deuil, de la colère, de la souffrance, de l’amour et elle n’en reste pas moins humaine, avec ses émotions, à essayer de vivre tout cela. C’est intéressant !

D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?

Il s’avère, que personnellement, 2025 a été une année de séparation avec le papa de ma fille, ce n’est évidemment pas la même situation mais ça reste un deuil d’une histoire. Donc c’est sûr que c’est venu me nourrir à plein de moments, je n’ai pas eu besoin de chercher bien loin !

On vous imagine sans doute impatiente de pouvoir proposer la pièce au public et curieuse des retours des spectateurs ?

Oui, oui, c’est sûr ! Vraiment, quand on sent qu’un projet auquel on participe n’est pas seulement du divertissement mais qu’il y a aussi un intérêt social et politique, avec un avant et après la pièce, qui permet de réfléchir et de faire se rendre compte de certaines choses au public, je trouve très noble et très intéressant, pour un artiste, d’y participer. Ce qui est pas mal aussi, c’est que, comme mon personnage n’est pas tout le temps sur scène, je prends en charge l’audiodescription. Ce rôle est intéressant également !

C’est une petite production, c’est une petite équipe et le metteur en scène, plutôt que de voir cela comme une contrainte, l’a pris comme une qualité. Il a décidé de mettre très peu de choses en scénographie donc tout repose sur les comédiens sur scène : créer l’univers, apporter le passif, être simplement sur l’action et les émotions,...C’est très jouissif pour un acteur ! On n’a rien auquel se raccrocher, les gens ne vont pas pouvoir dire qu’ils aiment bien les rideaux, la sono ou le canapé, …Non, c’est juste nous donc il ne faut pas se planter, il faut être là !

Certainement qu’il doit y avoir beaucoup de fierté de pouvoir amener ce projet, sur ce sujet-là, en Avignon, à l’été prochain ?

Complètement ! Personnellement, c’est très excitant pour moi parce que, malgré mes plus de dix ans d’expérience dans le milieu, je n’ai jamais amené une pièce à Avignon en tant que comédienne. Cela va être mon premier Avignon en tant que festivalière, j’ai hâte !

A partir de septembre, vous serez en tournée avec une autre pièce, “L'invitation”, qui avait déjà existée à Paris. Sans doute en êtes-vous très heureuse ?

C’est assez fou pour moi cette année : je renoue avec le théâtre, que j’avais un peu laissé de côté pendant un temps, pour d’autres projets, grâce à deux spectacles très différents, en termes de registre ou de construction. Là, on a une grosse production derrière, on va avoir énormément de dates en tournée, avec des salles plutôt grandes et des comédiens qui ont leur notoriété. C’est aussi une première pour moi de participer à un projet du registre de la comédie ! C’est une mise en lumière assez exceptionnelle, je suis ravie que le metteur en scène, Éric Laugérias, me donne cette chance. J’ai hâte de commencer !

Artistiquement, comment appréhendez-vous le fait de vous réapproprier le spectacle, avec une nouvelle équipe ?

J’ai déjà lu la pièce mais j’ai toujours un peu de mal à me projeter à ce moment-là. C’est plus simple quand je l’entends, quand on fait une lecture, à table, avec les autres comédiens et que l’on voit déjà un peu ce que ça donne dans le jeu. Cela me permet de visualiser beaucoup mieux ! Mais comme cela n’a pas été possible tout de suite, je suis allée voir sur internet des extraits de la captation de la première création. Comme ça fait un moment, je n’ai plus tout en tête, ce qui n’est pas plus mal, cela va me permettre de commencer sur une feuille vierge et d’y mettre, dans le personnage, ce que j’ai envie et ce que je vais vivre sur le plateau, nourrie du lien avec mes camarades et de la vision du metteur en scène.

En comédie, il y a quelque chose de très technique dans le rythme, ça va aussi beaucoup influer sur la création.

 

 

En quelques mots, quelle est l’histoire de cette pièce à trois personnages ?

Un couple est marié depuis près de quinze ou vingt ans et la pièce s’ouvre à deux heures du matin, au moment où le mari rentre chez lui, en faisant doucement, un bouquet de fleurs à la main pour sa femme. Elle allume la lumière, lui demandant “Alors, c’est encore à cette heure-ci que tu rentres?” et son mari s’excuse, expliquant qu’il a passé la soirée avec un ami qui ne va pas bien. Mais mon personnage ne semble pas le connaître, malgré toutes ces années de mariage…et, pas dupe, elle propose de l’inviter à dîner le lendemain soir pour le rencontrer.

Évidemment, ce n’est pas la vérité, cet ami n’existe pas et donc il va falloir l’inventer, il va falloir trouver un homme qui voudra bien endosser ce rôle…S’en suit alors la scène du dîner…

En complément, vous êtes régulièrement en spectacle, sur un registre encore tout autre …

Cela fait trois saisons que je travaille dans un lieu festif, à Paris, qui s’appelle “Mondaine”. On est à mi-chemin entre un dîner spectacle et de la musique live d’accompagnement. C’est un restaurant sans scène, les artistes déambulent, vont et viennent tout au long de la soirée pour, au fur et à mesure, amener les gens à se lever, à danser, à partager cette joie et cette énergie, pour finir dans une ambiance de DJ Set. 

J’y suis artiste chanteuse et danseuse, on est une dizaine à tourner du mercredi au samedi, pour qu’il y ait, chaque soir, trois présents. Je fais aussi partie de l’équipe de création, je gère la partie mise en scène et chorégraphie. On essaie de faire en sorte de se rapprocher de plus en plus du côté spectacle, pour offrir aux gens un visuel, avec des parenthèses de danse. 

 

 

Ces différentes casquettes sont probablement très complémentaires les unes des autres…

Tout se nourrit et se recoupe. Je fais aussi de la décoration d’intérieur, c’est quand même de l’art, c’est quand même le goût du visuel et du beau, il faut une certaine aptitude à organiser l’espace et à raconter des histoires, en s’inventant un fil conducteur au fur et à mesure des pièces, avec des couleurs, des énergies et des sensations. Ce sont des choses que l’on peut retrouver, par exemple, dans une mise en scène au théâtre. Je n’ai pas encore tenté l’expérience mais cela fait deux ans que je suis Thierry Harcourt en tant qu’assistante et j’ai touché le sujet du bout des doigts. Le jour où une pièce m’animera et m’inspirera, j'adorerais pouvoir créer ma propre mise en scène ! 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle année qui démarre ?

C’est une bonne question…De continuer à prendre autant de plaisir que j’en prends dans cet univers depuis le début ! D’accepter le fait que, parfois, il y a des périodes de doute…Comme nous sommes notre propre outil de travail, ça vient nous bousculer de façon assez intense mais cela fait partie du jeu. J’ai la chance d’être dans une année pleine de promesses donc elle s’avère être très excitante. Peut-être qu’après, il y aura une petite vague descendante donc on peut me souhaiter de la sérénité et de profiter de tous les moments que nous offre ce magnifique métier !

Merci, Clara, pour toutes vos réponses !

 

 

 

 

Quelques informations complémentaires : 

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Crystal Clear de Phil Young
mise en scène: Thierry Harcourt
assistanat mise en scène: Paloma Duchesne
distribution: Jean Nicolas Gaitte, Rebecca Chateau, Clara Huet
Production: Christophe Paris
 
les 15, 16 et 17 Janvier au théâtre de l'odyssée de Levallois Perret 
lien de réservation: CRYSTAL CLEAR
 
au Festival d'Avignon du 4 au 25 Juillet 2026 au théâtre de l'Oriflamme, à 16h
 
Nous avons besoin de vous pour cette production, notamment pour que le projet puisse exister à Avignon cet été. Chaque don compte énormément. En plus, il est important de savoir que chaque don ouvre droit à un reçu fiscal, permettant au donateur de bénéficier d’une déduction d’impôt de 66 % du montant donné. Autrement dit, un geste solidaire qui a un impact réel, à la fois pour le projet et pour ceux qui le soutiennent. Alors si vous souhaitez cette année aider une petite compagnie de théâtre à aller au bout de son projet artistique n'hésitez à participer à notre campagne de financement en cliquant sur le lien suivant:
Lien don : ICI 
 
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L'invitation de Hadrien Raccah
Mise en scène: Eric Laugérias
Distribution: Frederic Chau, Guy Lecluyse, Clara Huet
Production: Les grands théâtres
En tournée France, Belgique, Suisse à partir de Septembre 2026
 
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Mondaine de Pariso 
23, rue de Ponthieu 75008 Paris
 
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Liens Instagram :
@clarus_huet
 

 

 

Publié dans Théâtre

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Raphaëlle Cambray évoque sa belle actualité, au théâtre et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Raphaëlle,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Votre actualité artistique est particulièrement riche et variée, en ce moment. Vous êtes sur scène, au théâtre du Palais Royal, dans “Du charbon dans les veines”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous, à chaque fois, de retrouver la scène, vos camarades et le public ?

Bien sûr ! C’est vrai que c’est le trio gagnant ! Le théâtre est avant tout une aventure humaine, un peu plus encore que les autres formes d’expression artistique. L’exercice du plateau est toujours une épreuve de vérité. L'idéal est d’être en bonne compagnie, avec des gens que l’on a plaisir à retrouver...Au début, on peut toujours redouter le loup dans la bergerie mais, cette fois-ci, nous sommes chanceux car nous avons sept brebis qui sont contentes d’être ensemble 🙂.

En plus, cette création théâtrale est une véritable martingale gagnante parce que le public nous suit de façon enthousiaste, particulièrement depuis les Molières, on ne va pas se mentir. Au départ, sur le papier, le sujet n'était pas très évident ...Actuellement, les gens ont plus envie de divertissement, de comédie. Le thème de notre pièce n’était pas gagné d’avance, trop misérabiliste ? Trop triste ? Trop Zola dans l'esprit ? L’affiche et le titre ne donnaient pas trop envie de venir mais, maintenant, les cinq Molières piquent la curiosité de beaucoup de monde. Comme le bouche à oreille est excellent, cela fait une belle boule de neige qui ne cesse de grandir. C’est vrai que nous sommes très très gâtés !

Plus concrètement encore, avec vos mots mais sans tout en dévoiler, comment présenteriez- vous cette pièce ?

C’est une fresque familiale, qui se déroule dans les années 60, au moment de la coupe du monde de football. Cela correspond aussi à l’arrivée de la télévision dans certains foyers. C’est très tendre, cela met en avant toutes les valeurs simples de la vie, autour de l’amitié et de l’amour. On voit comment, dans le milieu minier, où la vie est réputée pour être difficile, économiquement et physiquement, on arrive à apporter de la lumière et de la joie quelque soit l'adversité de la vie...

Votre personnage vous permet sans doute une palette de jeu très plaisante à défendre…

Oui ! Pour moi, c’est un peu une machine à remonter le temps parce que cette pièce raconte beaucoup de mon enfance. C’est l’histoire de mes arrières grands parents / grands parents qui se déroule chaque soir...Quand j’arrive sur le plateau, j’ai l’impression de réenfiler les chaussures de mon arrière grand-mère et de ma grand-mère ! C’est un projet qui restera unique pour moi. Il est profondément impliqué dans l’intime de mon histoire familiale, donc ça a une saveur particulière.

 

 

Globalement, quels principaux retours avez-vous du public ?

De façon très unanime, toutes générations confondues, tous niveaux sociaux confondus, les gens sont extrêmement bouleversés. Pas dans le sens de la tristesse mais dans celui de l’émotion procurée par les joies simples de la vie et de ses valeurs profondes. Dans notre monde si bousculé, où les pertes de repères s'accumulent, où à cause de l'IA on n'arrive plus à savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, là, pendant 1h30 sur scène, on a l’impression d’être en prise directe avec des choses extrêmement vraies et sincères. C'est ce qui bouleverse les spectateurs, ils se reconnectent à la simplicité des sentiments.

Le public est très joyeux en sortant de la pièce. Cette dernière est tellement porteuse d’optimisme, de joie de vivre et de volonté de continuer quoiqu'il arrive... Par les temps qui courent, les occasions de se réjouir et de se faire plaisir sont rares.

Pas mal de gens qui viennent nous voir sont du Nord ou bien de pays miniers. Ce que je vis sur scène chaque soir via l'histoire de mes grands-parents, eux le revivent un peu par procuration avec moi. Cela les touche personnellement, quelque chose résonne à un endroit familial pour beaucoup de spectateurs. Je ne pensais pas qu’il y aurait autant d’unanimité sur un tel sujet.

Au-delà des représentations parisiennes, de nombreuses dates sont prévues en province. De pouvoir alterner les deux doit être un vrai plus ?

Complètement ! Je suis provinciale, je le revendique haut et fort, même si je suis arrivée à Paris à peine majeure pour mes études. La tournée nous permet de faire un tour de France formidable et on se rend compte à quel point il y a des tempéraments différents de publics. C’est toujours joyeux de se demander comment la pièce va être reçue, perçue et commentée. Cette géographie du public est assez passionnante !

J’adore les voyages, j’adore prendre le train, j’adore découvrir de nouvelles villes, c’est exaltant d’être sur les routes.

En complément, vous mettez actuellement en scène deux spectacles, “Mon trésor” et “La visite”. Certainement que cette autre corde artistique est très complémentaire de celle du jeu ?

Tellement ! J’aime penser que l’on ne progresse jamais autant comme comédien que lorsqu'on fait de la mise en scène. On s’aperçoit alors de tout le processus qu’il faut activer pour obtenir des comédiens une performance sensible et véridique. A l’inverse aussi, on progresse énormément comme metteur en scène quand on est comédien, parce qu’on se rend compte de tous les manques que l’on peut éprouver. Tout cela fait une alchimie assez magique et, effectivement, les deux activités sont très complémentaires. Je ne conçois pas de faire ce métier-là différemment, je n’aurais pas envie qu’on me demande de choisir. Il y a des moments où la mise en scène prend un peu plus le pas et d’autres où c’est le travail de comédien mais je trouve cela formidable de pouvoir jongler avec les deux.

Un mot, si vous le voulez bien, sur chacun de ces deux spectacles ?

Ce sont deux spectacles absolument différents. Le premier, “Mon trésor”, est très autobiographique. C’est un spectacle écrit par mon ami Marc Samuel, qui a eu d’ailleurs la bourse Adami déclencheur, pour l’aider à la production. Ce projet très personnel raconte toute son enfance en Algérie jusqu’aux événements de 62 ... puis le violent rapatriement en France qui fut un terrible choc de vie. Il y raconte surtout la grande et belle histoire d’amour avec sa mère, dans cette famille de pieds noirs installée d'abord à Constantine, puis à Villeurbanne. Mais c’est avant tout et surtout une grande déclaration d’amour à sa mère !

 

 

Il y a un côté très poétique, très joyeux, très truculent. Une dizaine de tableaux nous permettent de traverser le temps, de ses 7 ans jusqu’à ses 65 ans. Sa maman, qui a maintenant plus de 90 ans, sera à la Première. Ce sera un grand rendez-vous affectif pour Marc, le 12 janvier au théâtre de la Scène parisienne.

Ensuite, je vais mettre en scène une jeune femme, Clara de Gasquet, qui va interpréter un texte d’Anne Berest : “La visite”. C’est un seule-en-scène, un grand exercice de saut dans le vide. C’est l'histoire d'une jeune maman qui vient d’accoucher deux à trois mois auparavant et qui reçoit la visite des cousins de son mari. Ce dernier n’étant pas là, c’est elle qui fait l’accueil et elle se retrouve à devoir faire face à cette belle-famille qu’elle ne connaît pas du tout. Cela va être l’occasion d’aborder tous les sujets qui lui passent par la tête, liés à la maternité et à tout ce qu’elle traverse depuis son accouchement. C’est donc un état des lieux des quelques mois d’après naissance, sur le bouleversement que ça opère, sur le cataclysme que ça génère, le tout avec beaucoup d’humour et des vérités assez tranchantes.

 

 

D’accompagner ces textes, ces spectacles et ces artistes est probablement très enrichissant humainement ?

Bien sûr ! C’est pour cela que je fais ce métier, de toute façon. C’est pour cela aussi que le théâtre est, pour moi, la terre primordiale. C’est cet endroit-là qui permet le plus de contacts en profondeur avec les gens. On ne se croise pas rapidement deux à trois jours, comme souvent sur les plateaux de tournage. Au théâtre, les traversées sont plus longues. On est aussi dans l’obligation de se mettre dans des situations de vérité donc, oui, je trouve qu’il n’y a pas plus enrichissant humainement.

Plus personnellement, comment appréhendez-vous les premières représentations de spectacles pour lesquels vous êtes à la mise en scène et donc pour lesquels vous ne pouvez plus agir directement ?

C’est une situation un peu particulière. Ce que j’ai remarqué, c’est que, autant je n’ai pratiquement jamais le trac en tant que comédienne - c’est plus une forme d’excitation et de joie d’être là, autant j’ai un peu le trac quand je suis metteuse en scène parce que je ne suis plus en maîtrise lorsque le rideau est levé. On a fait tout le boulot, le bateau prend la mer, le bébé doit faire ses premiers pas tout seul et, là, je me dis “A Dieu vat !”. C’est particulier ce trac...mais je crois qu'il est surtout lié à cette volonté de bien faire, qui est obsessionnelle chez moi. Aussi parce que ça engage bien évidemment ma responsabilité et que je ne veux pas décevoir les gens qui m’ont fait confiance.

En parallèle, nous pourrons vous retrouver très prochainement sur TF1 et France 2, respectivement dans “Le diplôme” et “Mitterrand confidentiel”...

Dans “Le diplôme”, c’est plus un clin d'œil...C’est une scène très drôle de speed-dating avec Bernard Campan. Une rencontre improbable qui nous a bien amusés, on a bien ri avec Bernard.

J’ai eu la chance d’être choisie par Antoine Garceau pour cette mini-série prestige de quatre épisodes sur France 2. Elle dresse un portrait intime de François Mitterrand, une partie très personnelle que l’on connaît moins, lui qui était très secret. Cet éclairage met en lumière son rapport avec les femmes, particulièrement avec Anne Pingeot et Danielle Mitterrand. Je me retrouve à incarner la mère d'Anne Pingeot, quand cette dernière avait 18 ans. Thérèse Pingeot est une grande bourgeoise clermontoise, qui reçoit les notables de la belle société, dans sa résidence secondaire d'Hossegor. C’était très drôle à faire, d’autant plus que, le reste du temps, je joue Simone, au fond de la mine. Ce grand écart de jeu a été très joyeux ! C’est un peu l’avantage de ce métier ces grands écarts d'incarnation.

 

 

La rencontre avec Antoine a été évidente ! Je ne suis pas du genre flagorneuse mais j'ai été ravie de toute cette aventure. C’est une grande chance d’avoir pu rencontrer son exigence de travail et son humanité.

Votre agenda que l’on imagine très chargé vous laisse-t-il quand même le temps de travailler déjà à d’autres projets ?

Dès que février sera passé, je vais préparer un très gros rendez-vous pour moi, très important, celui de la création, salle Réjane, au théâtre de Paris, de la pièce “Déni”, une création écrite par Sophie Cottin que je vais mettre en scène et dans laquelle je jouerai également. C'est un projet que nous portons toutes les deux de façon très personnelle. Un vrai sujet jamais abordé au théâtre.

Pour terminer, que peut-on ainsi vous souhaiter pour cette nouvelle année qui commence ?

Une santé de fer ! C’est la seule chose qui m’importe, parce que je me dis que pour le reste, on finit toujours par s'en accommoder.

Merci, Raphaëlle, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Pierre Aussedat évoque son actualité et revient aussi sur son beau parcours artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@ David Desreumaux


 

Bonjour Pierre,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous allez être de retour sur scène, dans la comédie musicale “Gypsy”, fin 2025 et en 2026. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Absolument, vous avez raison ! C’est un vrai plaisir…Je suis un homme de télévision et de cinéma aussi mais le théâtre est ce qui m’a formé. Là, il s'agit encore d’autre chose. La comédie musicale est un monde particulier, c’est une autre façon d’aborder le travail et c’est super ! Je m’amuse beaucoup dans ce spectacle parce que je regarde énormément les autres. C’est un plaisir, ils sont tous très talentueux, Natalie Dessay en tête de gondole mais il n’y a pas qu’elle. Tous sont formidables ! C’est vraiment un grand bonheur d’expérience et de plaisir, tellement l’équipe s’entend très très bien.

Je connais bien aussi le metteur en scène, Laurent Pelly, j’avais déjà fait énormément de spectacles avec lui donc le rapport de complicité est évident et permanent.

Avec vos mots, justement, comment pitcher ce spectacle ?

Le personnage que joue Natalie Dessay est une mère de famille, qui a deux filles et qui a raté la carrière qu’elle aurait voulu faire, de chanteuse de comédie musicale. C’est inspiré d’une histoire vraie, d’une femme, mère possessive, complètement obsédée par la réussite de ses filles, qui pouvait représenter, pour elle, sa propre réussite qu’elle n’avait pas eue à cet âge-là. Donc le personnage est d’une tyrannie absolue avec ses enfants et elle prête à tout pour qu’ils réussissent. 

Quels rôles avez-vous le plaisir de pouvoir défendre ?

Ici, en l’occurrence, je ne chante pas. On est deux à faire plusieurs petits personnages qui interviennent dans le spectacle. Ce sont souvent des rôles assez hauts en couleurs et très drôles à faire.

La palette de jeu est plaisante. Cela rejoint quelque chose de plus profond pour moi, qui est que mon plaisir d’acteur réside dans le fait, justement, de ne pas être toujours dans le même registre. Donc de jouer plusieurs personnages est formidable ! C’est intéressant de ne pas être tout à fait soi, tout en étant soi…Vous savez, souvent, quand je croise dans la rue des gens qui me parlent de “Mongeville”, ils me disent “Vous avez l’air plus sympathique en vrai”...

Le fait d’aller en province, à la rencontre des spectateurs, doit certainement aider au plaisir pris ?

Complètement ! J’ai toujours beaucoup aimé les tournées, j’en ai fait beaucoup. Ce sont des moments formidables…Paris est plus rude, dans le sens où il y a toujours une espèce de pression professionnelle, face à toutes les propositions de spectacles. Quand vous allez en province, les gens sont très avides d’assister à des représentations. C’est, effectivement, un bonheur de rencontrer le public, c’est sûr !

En complément, vous mettez régulièrement en ligne des vidéos sur vos réseaux, en lien avec une autre de vos passions, celle des mots et de la poésie…

En fait, mon métier d’acteur m’a appris à dire ! Je vais remonter un peu dans mon passé : quand j’avais 27 ans, j’avais pris un texte de Musset, “Namouna”, peu connu mais formidable, un long texte en alexandrins, de 882 vers à l’origine. Très souvent, Musset, qui raconte des histoires, fait des digressions de l’auteur au lecteur. Donc, sans même adapter le texte car il n’y en avait pas besoin, je me suis servi du jeu de l’auteur, qui s’adresse au lecteur…J’en ai fait un monologue et je l’ai joué plus de 100 fois. J’avais appelé cela, à l’époque, mon “chef d'œuvre”, en toute humilité, au sens du compagnonnage. Je me disais que si j’arrivais à me coltiner plus de 800 vers sur scène, seul, chaque jour, alors je n’aurais plus peur de rien après. C’était faux parce que j’ai continué à avoir peur toute ma vie 🙂 mais cela m’a aguerri et donné ce goût.

Donc, depuis presque toujours, j’aime dire les vers. J’ai même, à une époque, écrit des chansons puis j’ai laissé cela de côté car ce milieu est compliqué…Mais ça allait dans le même sens, en disant, jusqu’au chant, les mots, pour les “balancer” de belle façon.

Il se trouve que, depuis quelques années, j’ai une petite bibliothèque de textes dans ma tête, ce qui me permet de réciter des poèmes aux gens qui le souhaitent. Souvent, ça a un effet assez incroyable sur eux, aussi - et je vais me vanter un peu, si vous me le permettez -, parce que je pense savoir le faire et les dire ! J’ai tellement travaillé là-dessus, j’en suis même obsédé, à me dire des vers de Baudelaire en marchant tout seul dans la rue. Je le fais extrêmement régulièrement parce que j’adore cela ! Je trouve cela tellement formidable…J’ai peut-être une tendresse pour le XIXè siècle. C’est une passion pour moi…J’aime trouver, en disant les vers, la plus belle façon de sortir absolument de quelque chose d’un peu sépulcral…Non, c’est plus simple que ça, il faut donner, justement, de la simplicité à la beauté. 

Mon fils aîné, âgé de 23 ans, m’a incité à me filmer en train de dire des poèmes. J’en ai déjà postés plusieurs, notamment de Lamartine et de Hugo. Les retours sont incroyables : en deux jours, j’ai eu plus de 2 000 vues…Ça touche les gens ! A certaines occasions, je fais aussi des récitals de poésie dans des salles et, souvent, les gens m’incitent à continuer, argumentant que l’on “a besoin de gens comme vous”. D’entendre cela est essentiel pour moi car c’est le sens et la vision que j’ai de mon métier. 

Quelles seraient vos envies artistiques pour la suite de votre déjà très beau parcours ?

Je me rends compte que j’ai toujours un plaisir immense à jouer, j’adore ça ! Jouer est, pour moi, très important…Ce qui me motive, de façon générale, ce sont les belles partitions. C’est, pour moi, essentiel ! Plus précisément, j’aimerais beaucoup jouer Tchekhov par exemple. J’adorerais rejouer Beckett… En fait, je pense que je suis un homme assez joyeux et enthousiaste dans la relation mais, en même temps, j’aime beaucoup la tristesse, je trouve que c’est un sentiment merveilleux. Quand je dis “Demain, dès l'aube”, un texte tragique, il y a quelque chose de très jouissif à le faire. 

 

 

Vous l’avez rappelé, les téléspectateurs vous ont longtemps retrouvé dans la série “Mongeville”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Beaucoup de plaisir ! Une très grande complicité avec Francis Perrin et Gaëlle Bona, que j’aime beaucoup et avec qui je me suis très bien entendu ! Francis est un homme de théâtre, comme moi donc on s’est vite reniflés et vite mis en meute… On est devenus des ennemis intimes dans la comédie et des amis dans la vie. Dans le jeu, c’était jubilatoire de s’engueuler, de se faire la gueule…Oui, c’était vraiment bien, c’était une belle aventure ! Quand on se revoit, on se tombe dans les bras encore aujourd’hui…

Quand on a un rôle récurrent, sur un peu moins de 10 ans, on apprivoise le personnage, on l’affine et on lui trouve des ressorts toujours neufs. C’est un vrai banc d’essai pour l’acteur, j’ai beaucoup appris avec ce rôle  ! Même si j’avais déjà un peu d’expérience de l’image, il y a cette différence de moyens : le fond, pour l’acteur, est le même mais vous ne pouvez pas jouer devant une caméra comme vous jouez devant une salle de 1 000 personnes. Cela parait évident mais il faut le mettre en pratique…Donc cette série m’a beaucoup appris, avec les différents réalisateurs que j’ai vus. 

Cela m’a donné une popularité plus large, ce qui me plait. J’aime croiser des gens dans la rue, qui vous font des compliments et qui vous regardent avec un œil admiratif. C’est très bon pour le nombril mais pas seulement, cela donne du sens à ce que l’on fait : on exerce ce métier quand même pour le public ! Un acteur doit être généreux, il doit donner du plaisir et je crois même, de façon plus profonde, que s’il n’éprouve pas de plaisir à faire ce qu’il fait, les gens n’en éprouvent pas beaucoup. Le plaisir doit donc se transmettre !

Rediffusion après rediffusion, la série continue à attirer les téléspectateurs, ce qui doit certainement vous faire chaud au cœur…

Cela fait chaud au cœur mais je pense aussi que ça se relie à ce que je viens de dire…C’est-à-dire que nous avions tous du plaisir à faire cela, plaisir qui était transmis à l’image ! Je crois que c’est cela qui a fait que les gens se sont accrochés à cette série, au point même de voir les épisodes plusieurs fois. Je suis convaincu que ce qui fait la pérennité d’un acteur, c’est le plaisir qu’il a à jouer. C’est aussi ce qui fait sa popularité… 

Merci, Pierre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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France 2 / Les trois brestoises : Pierre-Louis Jozan évoque Eric, son personnage dans ce nouveau programme !

Publié le par Julian STOCKY

@ Béatrice Cruveiller

 

 

Bonjour Pierre-Louis,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver ce vendredi 19 décembre dans “Les trois brestoises”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! Pour tout vous dire, moi qui ai tourné dans pas mal de projets, c’est, je pense, mon meilleur souvenir ! J’ai adoré Stéphane Kappes, le réalisateur, il aime que ça joue et donc, ça joue ! On tourne, en fait, assez vite, on refait plusieurs fois les scènes et on peut se permettre plein de choses. Je suis arrivé au bout de 7 à 10 jours de tournage donc tu sentais qu’il y avait déjà une super osmose entre les 3 protagonistes féminins et que ça marchait super bien. Tous m’ont tout de suite intégré à la bande, c’était hyper agréable !

Souvent, lors d’un tournage, tu attends longtemps mais, là, il y avait une fluidité, j’ai vraiment adoré !

Ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting, vous l’avez dit, mais aussi de tourner dans un magnifique cadre…

Ah, oui ! Ceux qui vont voir l’épisode découvriront de très très beaux plans de Brest, qui est un personnage dans cette série. C’est super ! La maison d’Elodie et d’Eric avait vue sur la rade de Brest, c’était magnifique ! Oui, c’était vraiment super beau et génial !

Quel regard portez-vous sur votre personnage, Eric Quille ?

Eric, au départ, m’a été présenté comme le mec parfait…Les copines d’Elodie, sa femme, les chambrent un peu là-dessus mais on décèle déjà, sans spoiler, qu’il y a quelque chose qui ne plait pas à son épouse. En fait, très vite, quand on a discuté avec le réalisateur et l’équipe, je leur disais que je ne l’avais jamais pris comme tel, comme un mec parfait…C’est un mec qui en fait beaucoup à la maison, qui est très présent et, en effet, en tirant les traits, il a cette image-là…Mais c’est surtout l’histoire d’un couple avec, comme dans tous les couples, parfois quelques tensions et on va voir comment tout ça se développe…

Je me retrouve énormément dans ce personnage parce que, dans ma vie de tous les jours, je suis aussi très investi avec ma femme et mon fils. A tel point que j’en ai même fait un seul-en-scène, “Le syndrôme de l'hippocampe” parce qu’il est un peu le champion de la parité. 

J’aime beaucoup ce rôle, j’en suis très content ! Le jeu avec Garance était génial, on s’est trouvés à pas mal d’endroits. Et Stéphane a glissé, dans l’épisode, quelques petites touches, qui ne sont pas zoomées, où, tout d’un coup, il s’amusait un peu à inverser les codes du monde patriarchal…J’ai trouvé cela génial, ça casse un peu les codes ! 

 

@ Béatrice Cruveiller

 

La palette de jeu à défendre a certainement été très plaisante pour vous…

Oui, oui ! J’ai hâte, même, d’aller plus loin ! C’est un premier épisode, il y a beaucoup de choses qui sont lancées, il y a des petits prémices. Je pense notamment à cette scène, en plan séquence, qui était géniale à faire dans plusieurs salles, où ça bougeait de partout et où on voit que ça se taquine mais qu’en même temps, ils s’aiment beaucoup. Je trouve que cette scène, dans la salle de bain et la chambre, montre tout de suite l’état d’esprit du couple, avec les attentes et, en même temps, tout l’amour qu’il y a entre eux deux. J’en suis très content !

C’est marrant, je n’ai même pas réfléchi à la palette : les choses étaient tellement évidentes, on nous a laissé jouer, on nous a laissé proposer des choses, …Quand tu as, en face, des comédiennes de talent, ton seul boulot est d’être à l’écoute ! Dans les répétitions, la scène avec ma femme était beaucoup plus légère et, quand on l’a tournée, on sent qu’il y a un petit truc, à se dire mutuellement “Tu fais chier !”...Ce qui change du mec parfait, qui aurait pu dire “Oh, pardon…”. Non, ce sont deux êtres humains…C’est Garance qui a proposé cela, j’ai réagi derrière et j’ai beaucoup aimé cela !

Vous avez commencé à l’évoquer, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau d’Eric ?

Je me suis inspiré de ma vie au quotidien. Ce qui est très drôle, c’est qu’au tout départ, Clémentine Fritsch, la directrice de casting, m’avait demandé de faire une selftape, que j’ai faite avec…ma femme ! C’était génial, parce qu’elle-même balançait des choses qui m'ont beaucoup aidé. Déjà, cela m’avait donné des pistes pour Eric…

J’ai des idées pour la suite mais on va voir ce que les scénaristes tireront de toutes ces histoires annexes. En tout cas, j’ai hâte de défendre ce personnage et, notamment, je le redis, le fait qu’il n’est pas un mec parfait…C’est important pour moi !

En amont du tournage, vous étiez-vous plongé dans certains des livres dont est inspirée l’histoire ? Ou, volontairement, aviez-vous préféré garder une certaine distance ?

Je n’ai pas eu accès aux bouquins mais j’en avais vu l’état d’esprit et lu des résumés. On en avait discuté aussi…Là, pour le coup, comme le personnage a été rajouté, ce qui m’intéressait plus, c’étaient les histoires de sa femme et de ses deux copines, leurs liens et comment j’étais positionné. 

D’ailleurs, pour le coup, je crois que le scénario de ce premier épisode est le mélange de deux bouquins…De toute façon, c’est quelque chose qui va se construire et je trouve que la puissance de cette série est aussi la vie d’à côté de trois nanas…Je trouve qu’en cela également, c’est très intéressant ! En tout cas, ça me parle énormément…

On voit aussi ce qu’est le quotidien de chacune, et comment y revenir, avec les métiers qu’elles exercent et qu’elles adorent…Une des premières scènes de l’épisode montre tout de suite, chez le personnage d’Elodie, à la fois la vie de maison et le boulot…avec sa réplique “Yes, un meurtre !”. Cela montre à quel point elle aime son travail…

Certainement avez-vous hâte de découvrir les retours du public…

Bien sûr ! Je trouve que cet épisode est une belle promesse et je pense qu’il faut le regarder comme cela, au-delà de l’enquête et de ses rebondissements. On peut le visionner en se projetant…Il y a plein de petits indices pour la suite, il y a quelques personnages sur lesquels on peut s’interroger, à se dire que ce qui se passe est louche. C’est hyper intéressant !

Et puis, il y a aussi plein de choses originales…Yvan Le Bolloc'h amène une fraîcheur qui est très très chouette. J’aime beaucoup ce côté complètement perché mais, en même temps, il rappelle parfois qu’il est quand même le patron. 

Car cet épisode pourrait être le premier d’une plus longue série…

C’est une belle promesse et il y a, en plus, toute l’équipe et tous les talents pour la tenir !

En complément, à partir de février prochain, vous repartez en tournée avec votre spectacle “Le syndrôme de l’hippocampe”...

Il y a un lien direct avec le téléfilm puisque ça parle des hommes et des papas d’aujourd’hui. Je me confie beaucoup, je partage une réflexion sur la répartition des tâches ménagères, sur la parité et sur la virilité. Cela reste très drôle, il y a même des moments qui partent vraiment en vrille, quand je fais notamment parler des chaussettes 🙂. On est entre le seul-en-scène et le stand-up…Je viens du théâtre donc j’aime bien que ça joue aussi ! 

 

 

C’est un spectacle que je tourne depuis trois ans et, là, on repart en tournée pour un peu plus d’une dizaine de dates. J’adore faire cela ! Je montre mon quotidien, qui est celui d’énormément d’hommes de mon âge, où, contrairement à nos papas, on essaie de s’investir de plus en plus pour l'égalité et la parité…Mais ce n’est pas évident ! J’appelle cela “Le syndrome de l’hippocampe” parce que c’est le champion, dans le règne animal, de la parité et de la parentalité mais, malheureusement, dans le monde aquatique, tout le monde le prend pour un poney qui s’est noyé…

En même temps, on est dans une société où les concepts d’éducation sont de plus en plus dingues…On arrive, à un moment, je trouve, difficile, comme je le dis dans le spectacle : est-ce qu’on a choisi le bon moment pour se demander s’il ne serait pas grand temps que l’on s’investisse aussi dans le foyer ? C’était hyper important mais il y a énormément de choses, d’attentes et de courants à prendre en compte…Pour moi, il n’y a pas d’antinomie à garder sa masculinité, tout en passant la serpillère !

 

 

Je suis très heureux de ce spectacle, que je joue parfois même dans des endroits reculés. A chaque fois, cela permet de semer des graines et de titiller des choses chez les gens, ce que j’aime bien ! Pour tout vous dire, je travaille même sur un autre spectacle, où je vais adapter le livre de Charlotte de Vilmorin, “Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque”. Elle est en fauteuil et y raconte un peu sa vie, notamment jusqu'à son entrée dans la vie active. J’ai envie de parler d’inclusion, d’accessibilité,...Ca y est, j’ai trouvé ma comédienne, ce sera Lison Jacquet, ça va être vraiment chouette ! Au total, on sera quatre ou cinq comédiens, avec des envies importantes de mise en scène. Pas mal de personnes nous suivent déjà, c’est chouette et l’idée serait de faire une maquette d’ici fin 2026 pour une création en 2027. Cela me passionne, moi qui adore faire plein de choses différentes et que j’aime !

Merci, Pierre-Louis, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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France 3 / Un Si Grand Soleil : Julia Duchaussoy évoque son arrivée dans la série, ainsi que ses autres actualités et projets !

Publié le par Julian STOCKY

@ Nicolas Aune

 

 

Bonjour Julia,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Les téléspectateurs de France 3 peuvent actuellement vous retrouver dans la quotidienne “Un Si Grand Soleil”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Ah oui ! Pour moi, c’est vraiment un cadeau de la vie de participer à “Un Si Grand Soleil”, avec ce personnage-là en particulier ! D’abord, parce que c’est un travail assez passionnant pour un comédien, avec l'exigence que représente une quotidienne. Surtout pour moi, qui viens du théâtre…Je suis habituée à avoir un texte avec l'intégralité de l’histoire, d’avoir des mois pour le préparer, de le faire et de le refaire ensuite pendant longtemps. Là, d’un coup, je me retrouve presque face à une nouvelle discipline, en tout cas une nouvelle manière de travailler puisque j’ai une arche mais qu’on ne sait pas ce qui va se passer ensuite. Donc il y a une liberté que j’ai découverte, avec l’équipe artistique bien sûr, avec qui on travaille en collaboration pour l’élaboration du personnage. Au théâtre classique, le personnage est ce qu’il est, on peut y apporter sa lecture mais, ici, d’un coup, il y avait tout un univers de possibles par rapport à ce personnage, qui était passionnant.

Et puis, il y a une exigence au niveau du rythme de travail. Heureusement que j’avais déjà fait quelques jours de tournage sur la série “Plus Belle La Vie” mais c’était assez différent, avec un décor unique et une logique de travail qui, finalement, se rapprochait assez de celle que je connaissais dans le théâtre. Là, nouvel univers et nouvelle façon de travailler…Mais l’équipe est vraiment très très belle. Mes camarades, Jules, Victorien et Nadia, m’ont accueillie d’une manière super gentille et généreuse. On a beaucoup travaillé en amont…Avec Nadia, on a énormément répété cette scène du deep-fake, qui est une fierté pour moi : on a fait de l’IA sans IA. Avec Nadia, on s’est entrainées pendant des heures, à dire le même texte, face à un miroir, pour avoir exactement les mêmes expressions faciales et les mêmes intonations de voix. On avait toutes les deux cette même jouissance de gamines à faire cela ! C’était très agréable d’y être arrivé juste avec notre bon vieux savoir-faire et, bien sûr, du travail…

 

 

Donc, du coup, nouvelle façon de travailler, nouveaux camarades et l’opportunité de travailler avec des réalisateurs prestigieux. J’ai tourné en studio, avec un décor en fond vert, ce qui était très nouveau pour moi, avant de me retrouver en équipe extérieure, avec un effectif très réduit. J’apprends énormément, ce que j’adore, moi qui suis très curieuse, entourée d’une très belle énergie de travail, très professionnelle…C’est très sérieux, mais dans tout ce que ce terme peut avoir de positif !

Ce personnage vous permet une palette de jeu large et variée, qui doit être très plaisante à défendre…

J’en ai toujours rêvé, “Un Si Grand Soleil” l’a fait : le personnage de Sybille est, pour moi, un cadeau ! J’ai toujours rêvé de jouer une de ces femmes qui ressemblent aux héroïnes qui ont marqué mon enfance et qui me faisaient rêver quand j'étais petite. Comme Ripley dans “Alien”, ou Sarah Connor dans “Terminator 2”. J’étais fascinée par des femmes fortes, ce n’est pas une question de masculinité, c’est vraiment une question de puissance. Pour cela, Sybille se pose là, comme on dit, parce qu’elle a quelque chose de très déterminé. On ne sait pas d’où elle vient, on n’a pas beaucoup d'indices et c’est là que j’ai eu tout le plaisir, dans la création et dans l’imaginaire justement, à avoir cette liberté. Mon papa était comédien, il jouait souvent des rôles de méchants et il me disait que c’était génial parce que ça te permet de défendre ton personnage. Quand tu joues un méchant, tu ne considères pas qu’il est méchant, il y a forcément des raisons à trouver, donc j’ai pu construire, toujours en collaboration bien sûr avec la direction artistique de la série, son parcours, à se dire que cette fille avait dû grandir dans un univers sombre de gangsters, où on lui a appris à ne pas avoir d’états d’âme, à garder quelque chose de très froid et de pragmatique.

Pour autant, dans la façon dont je l’ai imaginée et dont je l’ai construite, elle n’a pas de méchanceté en elle, elle n’est pas sadique, ce n’est pas quelqu’un qui aime faire du mal aux gens. Mais elle est pragmatique, il y a une mission à faire et il faut qu’elle soit menée à bien, coûte que coûte. Surtout, je pense qu’elle a évolué toute sa vie dans un univers où la violence était banalisée…Donc, pour elle, braquer quelqu’un s’il ne veut pas lui donner les informations dont elle a besoin à ce moment-là, n’est pas méchant, en tout cas n’est pas malveillant, c’est nécessaire !

Quand on a un personnage qui a un point de départ très très sombre, on a la possibilité de l’éclaircir et de le faire évoluer. On a vu qu’elle s’est séparée de Richard…Pour moi, elle avait une forme de loyauté toxique vis-à-vis de lui, jusqu’à ce qu’il se plante vraiment. Maintenant qu’elle s’est libérée de lui, peut-être va-t-elle s’éclaircir un petit peu…Elle a rencontré Alix, j’aime beaucoup ce qu’on s’est dit avec Nadia pour baser notre rapport : lors de leur première rencontre, Sybille lui fait remarquer qu’elle “est conne de la mener en bateau parce qu’elles auraient pu s’entendre” et, effectivement, ce n'est pas impossible ! Elles pourraient faire un business ensemble…La méchanceté de Sybille n’est pas monochrome, au contraire c’est quelqu'un qui a évolué et grandi dans un univers où la violence est complètement banalisée, ce qui fait qu’elle n’a pas d’états d’âme quand elle doit travailler. En revanche, elle n’est pas sadique et reste curieuse quand elle rencontre quelqu’un d’un peu malin, comme Alix…

 

@ Nicolas Aune

 

L’arrivée de votre personnage a-t-elle déjà été l’occasion de premiers retours de la part du public ?

Oui, cela m’a fait très très plaisir ! J’avais peur : dans des séries comme celle-là, souvent, le public s’identifie et s’attache à des personnages et, d’un coup, ils finissent un peu par faire partie de la famille…Donc je craignais que les gens m'engueulent parce que je fais du mal à Lucas et à Alix. Je n’ai eu qu’un seul message en ce sens et, en revanche, j’ai eu beaucoup de retours sur ce que j’ai insufflé au personnage. On m’a dit que j’étais “odieusement insupportable” ou “délicieusement méchante” mais “qu’on adore cela”. C’étaient les plus beaux compliments que l’on puisse me faire parce que c’était justement ce que j’avais cherché à insuffler. Pour moi, Sybille fait partie de ces personnages de méchants auxquels on peut s’attacher parce que, d’un coup, il y a une forme de cynisme ou d’humour à froid, qui, à priori, a été reçue. Pourvu que ça dure ! 

Avez-vous d’ailleurs regardé le rendu final à l’écran ?

Oui ! Après, tout dépend du placement : si je me regarde en me demandant à quoi je ressemble, moi Julia, alors c’est atroce ! On est tous comme cela, on n’aime pas se voir en photos, on voit toujours le petit détail qui ne va pas …Mais, dans mon travail, si je me place en tant que comédienne, interprète du rôle de Sybille, à ce moment-là, c’est un exercice de relecture et de travail absolument nécessaire et sain. Quand je regarde les épisodes, je vois la progression que j’ai pu avoir en tant qu’actrice parce que je comprenais de plus en plus le fonctionnement du tournage et le placement des caméras. Sans oublier les conseils en or que j’ai pu recevoir… Je vois aussi ce qui ne va pas et cette correction est super importante !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite éventuelle de cette belle aventure ?

Qu’elle continue le plus longtemps possible parce que, vraiment, ce n’est que du bonheur pour moi ! En plus, j’ai la chance d’habiter maintenant à Marseille et c’est un plaisir, aussi, de pouvoir exercer ce métier ailleurs qu’à Paris. Je trouve que c’est de plus en plus important…Que ce soit à Marseille ou à Montpellier, il y a énormément de nouveaux foyers de création, ce qui est très agréable.

C’est un personnage comme j’ai toujours rêvé d’en jouer, avec des gens dont j’admire le travail et avec qui je m’entends bien, le tout dans une région que j’aime, avec, encore une fois, un possible en termes de messages, grâce à l’écriture très pertinente de la série et aux thèmes abordés, qui sont super actuels et variés. Cette série apporte de vraies sources de réflexion au public, elle est un super complément social !

 

@ Nicolas Aune

 

En parallèle, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

J’achève l’écriture d’un troisième spectacle sur la protection marine, avant de le monter pour qu’il puisse voir le jour dans les mois à venir. Je suis toujours en tournée avec “Le monde du silence gueule ! ”, sans oublier la bande dessinée adaptée du spectacle.

Ces différentes cordes peuvent, de l’extérieur, paraître très éloignées mais certainement sont-elles, pour vous, très complémentaires ?

Oui, une discipline alimente l’autre en permanence ! Je peux me servir de mon travail de plongeuse sous-marine pour préparer une scène à tourner. Notamment en termes de méthodologie…Aussi dans la créativité, où les pistes de réflexion rebondissent…La plupart du temps, les complémentarités se font de manière imprévue et surprenante ! Il n’y a pas forcément une logique très prévisible à l’avance…Comme si on avait deux objets différents, avec des petites pièces détachées, et que l’on se rendait compte qu’en fait, elles s’imbriquent très bien l’une à l’autre, permettant de fabriquer de nouvelles choses, tout en les améliorant…

 Merci, Julia, pour toutes vos réponses !

 

@ Nicolas Aune

 

Publié dans Télévision, Théâtre

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Aurélie Bargème nous en dit plus sur sa belle et riche actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Aurélie,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, à la Comédie de Paris, dans la pièce à succès “L’Heure des Assassins”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! Je dirais même que c’est un plaisir à plusieurs niveaux. D’abord, et avant tout, c’est une équipe absolument géniale, ce qui n’est pas si courant au théâtre. On est de la même génération : tous ont beaucoup de métier et sont extrêmement professionnels, sans être dans l’ego. Ils ont également été choisis, je pense, pour leur bienveillance et leur capacité à être bons partenaires, les uns avec les autres. C’est vraiment agréable de travailler avec une telle équipe ! 

La deuxième source de plaisir, c’est que ce spectacle marche bien, depuis longtemps. La troupe en est à son troisième succès et son troisième spectacle. Celui-ci est joué depuis deux ans, il est déjà parti en tournée deux fois et repart à nouveau bientôt. Résultat : on a de très belles salles, souvent complètes, ce qui est particulièrement plaisant.

Ensuite, le théâtre n’est pas loin de chez moi, et cela, c’est un vrai plus. J’y vais à pied, je reviens à pied, c’est facile et cela me permet aussi de conserver une vie privée… D’autant plus que je joue en alternance. C’est presque l’idéal, en fait ! 

Pour finir, je dirais que j’ai une partition formidable : je joue une femme un peu folle, mais d’une folie touchante… Elle est capable d’être une louve dès qu’on attaque ce qu’elle a de plus cher et, à d’autres moments, d’être complètement barrée…. L’éventail d’émotions et la palette de jeu sont très larges. C’est engageant, physique, mais aussi particulièrement satisfaisant !

Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?

Nous sommes le 31 décembre, à Londres, vers 1900. Dans ce nouveau théâtre, qui appartient à Philip Somerset, c’est le soir de la première. Le spectacle va bientôt commencer. Dans un salon privé, sont réunis quelques-uns de ses proches, qui l’attendent… Sauf qu’il ne viendra jamais car il est mort.

Toute la pièce est un huis-clos, où les personnages tentent de comprendre ce qui s’est passé et comment il est mort. Je joue la sœur de la victime…

 

 

La palette artistique variée que vous évoquiez doit être très plaisante pour vous ?

Oui, c’est un vrai plaisir… Comme le personnage est très fantaisiste, il peut se permettre beaucoup de choses, quelle liberté pour la comédienne !

Nous sommes plusieurs sur le rôle, et toutes complètement différentes. La co-metteuse en scène nous a vraiment dirigées en tenant compte de nos personnalités profondes, de telle façon qu’on puisse être « folle », chacune à notre façon ! Parfois, selon le public et la distribution du jour, le personnage va un peu plus vers le comique et, parfois, davantage vers le dramatique… Mais il est toujours profondément sincère…

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

En général, ça marche très bien : c’est un spectacle qui est extrêmement accessible. L’enquête est bien écrite, un peu à la façon d’une série policière, avec beaucoup de rebondissements, des retournements de situation et une intrigue complexe. Cette richesse d’écriture est souvent soulignée. Les décors sont beaux, les costumes sont de grande qualité. Et pour finir, on nous fait souvent des compliments sur l’homogénéité et la qualité de jeu des comédiens. Je pense que l’on a été très bien dirigés…

Même les gens qui ne sont pas férus de ce genre de théâtre trouvent que c’est de très bonne facture. C’est un vrai bon spectacle !

En complément, à partir de mars, vous serez sur la scène du Funambule Montmartre, avec votre bébé, “Les vaches laitières ont aussi de beaux yeux”. Pour en revenir à la genèse de ce projet, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

C’est un spectacle d’autofiction sur mon expérience de la boulimie, traité de façon assez cash, mais aussi et surtout avec beaucoup d’humour. J’ai été boulimique de mes 18 à mes 30 ans, je suis guérie depuis et je n’en avais jamais parlé. Mais cela me trottait dans la tête depuis un petit moment... Et quand ma fille est devenue ado, et qu’elle a commencé à avoir des questionnements sur sa propre féminité, sur son apparence physique, tout ça m’est revenu comme un boomerang. J’entendais aussi beaucoup d’histoires de jeunes filles qui n’allaient pas bien du tout, qui faisaient même des TS, suite à des régimes qu’elles avaient trouvés sur Tiktok, entre autres. Tout à coup, il y a eu ce faisceau d’événements et d’anecdotes qu’on m’a rapportés, et je me suis dit “C’est dingue : 25 ans plus tard, les choses n’ont pas changé ! Avec les réseaux sociaux, c’est même bien pire !...”. 

Là, j’ai commencé à me renseigner sur la réalité française actuelle des troubles alimentaires, et il se trouve que, depuis le Covid, ils ont énormément augmenté. Pendant cette période, les gens, les jeunes surtout, se sont sentis très seuls, beaucoup ont été dans la détresse. Malgré cette situation, on ne parle pas plus qu’avant des troubles alimentaires. Il m’a semblé urgent, nécessaire de le faire. Pour moi, c’est un sujet d’utilité publique ! 

Dans cette pièce, j’en parle, non seulement en faisant référence à ma propre expérience de la boulimie, mais également en faisant le lien avec la relation que j’ai avec ma fille. Donc ça parle beaucoup de transmission parentale, et de comment les jeunes filles d’aujourd’hui se construisent dans le monde actuel, un monde virtuel où on peut finalement être très isolé. 

 

 

Vous l’avez dit, le sujet abordé est un vrai sujet de fond, mais traité avec de la légèreté quand même…

Complètement ! C’est un mix entre un stand-up et des scènes jouées. Je joue mon propre rôle, à l’époque de ma boulimie et aujourd’hui. Marie Petiot, ma formidable partenaire, joue tous les autres personnages de mon histoire. Il y a beaucoup de scènes de jeu qui sont pleines de comédie, avec des personnages hauts-en-couleurs. C’était il y a longtemps, j’ai une distance par rapport à mon expérience, ce qui me permet de la raconter avec autodérision et tendresse. 

Bien sûr, quand je joue les flashbacks, il peut y avoir des choses qui sont très dures, frontales et dramatiques, mais, aussitôt après, je fais pencher l’écriture de l’autre côté de la balance. C’est vraiment un spectacle sur la résilience, porteur d’espoir, et on en ressortira avec le sourire et le cœur rempli d’émotions. C’était ma volonté de départ : signifier que l’on peut être vraiment au fond du trou, qu’on peut être boulimique vomisseuse pendant des années, et pourtant, s’en sortir et guérir un jour, pour, quelques années plus tard, être une femme heureuse et bien dans sa peau. C’est un vrai spectacle feel-good ! 

Sans dévoiler de grand secret, au moment de vous replonger, pour l’écriture, dans tous ces souvenirs-là, quel sentiment a prédominé ?

Je dirais qu’au départ, ça a été la lucidité et la distanciation, parce que tout cela est tout de même arrivé il y a longtemps. Il a même fallu, pour replonger dans ces années-là, que je participe à nouveau à une séance en distanciel des “Boulimiques anonymes”. Mais en une seule séance, tous les souvenirs sont remontés à la surface. À partir de là, j’ai écrit très vite, c’est sorti d’un coup. L’écriture a été extrêmement facile, je n’ai pas vraiment eu le temps de me replonger dans la douleur… Ou plutôt, j’avais accès au souvenir de la douleur, mais ça ne m’atteignait plus…

A quelques mois de la première, on vous imagine certainement très impatiente de pouvoir présenter le rendu final au public et curieuse des retours ?

Je suis très impatiente ! On a fait une première lecture enthousiasmante, les gens étaient émus, mais ça souriait aussi beaucoup. Plusieurs spectateurs nous ont attendus à la fin pour nous en parler… Je suis impatiente de cela, j’ai envie que le public soit touché et que cela ouvre le dialogue. Ce n’est pas un spectacle uniquement sur les troubles alimentaires, c’est une pièce sur la transmission, sur l’estime de soi, sur la façon dont on élève nos enfants, sur la façon dont on se construit en tant que femme. À la lecture, des hommes sont également venus nous voir pour échanger. Eux aussi se sont sentis touchés. D’ailleurs, il est intéressant de constater qu’il y a de plus en plus d’hommes chez les boulimiques. Ce n’est donc pas un spectacle réservé aux femmes ! 

En fait, c’est très universel, et j’espère qu’à la fin, les spectateurs auront envie de nous parler et de partager cela avec nous. J’aimerais que l’on touche au cœur le plus de monde possible ! Et ce qui est formidable, c’est que toute l’équipe a fondamentalement cette même foi…

Quand je pense à cette création, je suis également impatiente de voir ce que Didier Brice, le metteur en scène, qui est si bienveillant et tellement doué, va nous sortir du chapeau. Il a déjà plein d’idées… On a une scénographie qui est simple mais extrêmement poétique et ingénieuse, et je vois que cela lui donne plein d’idées. Il y aura sans aucun doute de magnifiques images et d’intenses moments de théâtre. 

 

 

Quant à Marie, c’est une super comédienne et, lorsque l’on joue ensemble, la connexion est toujours formidable. Enfin, Maxime Perrin, le musicien, est extrêmement talentueux. À chaque fois, il enrichit notre univers plus qu’il ne le complète, la bande originale du spectacle va être fantastique.

Quelle chance d’avoir cette formidable équipe autour de moi pour défendre ce projet…

Vous jouerez les mardis et les mercredis, avec l’objectif, ensuite, de pouvoir poursuivre le déploiement du spectacle…

Absolument. Parce que c’est un spectacle universel, il est aussi intemporel… On commence seulement à parler de ce sujet dans les médias : il y a de plus en plus d’articles sur les méfaits des réseaux sociaux sur l’estime corporelle des jeunes filles… Je pense que l’on n’en est qu’au début, donc on pourra sans aucun doute jouer ce spectacle longtemps ! Ça n’est que le début d’une longue aventure…

Justement, pour conclure, que peut-on vous souhaiter pour cette aventure naissante ?

Je le redis, c’est un spectacle feel-good, divertissant tout autant qu’émouvant. On a la chance de jouer dans ce ravissant petit écrin du Funambule, dans un quartier très sympathique. Mon souhait, c’est tout simplement que le public soit au rendez-vous !… 

Merci, Aurélie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Jochen Hägele évoque sa belle et riche actualité, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

@ Béatrice Cruveiller

 

 

Bonjour Jochen,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Hébertot, dans la pièce à succès “Le repas des fauves”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous?

Ah, c’est un immense bonheur ! En fait, début décembre aura lieu la 1 000ème représentation donc c’est, effectivement, une très belle histoire et un beau succès. On s’arrête le 11 janvier mais ça reste un bonheur, chaque soir, de retrouver cette pièce, ces personnages et de voir les réactions des spectateurs. C’est extraordinaire…Vraiment, on ne s’en lasse pas ! 

Avec vos mots, comment présenter cette pièce ?

Sans vouloir trop en révéler, on peut quand même donner la position de départ. Ça se passe en 1942, sous l’occupation et ce sont 7 amis qui se retrouvent dans un appartement parisien pour célébrer l’anniversaire de la maîtresse de maison. Tout se passe bien, ils font la fête :  malgré l’occupation et les restrictions, ils ont réussi à trouver des victuailles et du champagne, c’est formidable, ils s’amusent, ils sont très heureux…Quand, soudain, en bas dans la rue, il y a un attentat, où deux officiers allemands sont abattus. On ne sait pas par qui, l’auteur de l’attentat prenant la fuite. 

Evidemment, la gestapo va débarquer dans l’immeuble et il y a un officier SS qui rentre dans la pièce, pour dire qu’en guise de représailles, il va prendre, dans chaque appartement, deux otages, qui vont l’accompagner pour, toute les heures, en abattre un, jusqu’à ce que l’auteur de l’attentat se dénonce ou qu’on l’ait retrouvé. 

Donc les convives vont un petit peu essayer de le soudoyer, chacun à sa manière, mais il leur explique que, comme c’est un anniversaire, il va leur faire un cadeau, celui de les laisser choisir eux-mêmes, d’ici deux heures, les deux personnes qui vont l’accompagner. A partir de ce moment-là, évidemment, les petits copains vont commencer, de plus en plus, à se déchirer…Progressivement, ils vont révéler les aspects les moins jolis de leurs personnalités et du caractère humain en général, d’ailleurs.

Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

J’ai le très grand bonheur d’incarner cet officier SS qui manipule tout ce petit monde-là. C’est extraordinaire à jouer parce qu’à chaque fois qu’il arrive sur le plateau, vraiment tout s’arrête. C’est un bonheur pour moi parce que je fais ce que je veux sur scène, la plupart du temps. Ce personnage est extrêmement jouissif, il est étrange, sadique et manipulateur, on ne sait pas trop où il va. Parfois, à la fin, des spectateurs me disent que mon personnage est le seul qui reste fidèle à sa ligne assez étrange…

 

@ Béatrice Cruveiller

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

Les sources d’inspiration sont, je crois, très certainement aussi multiples qu’inconscientes…Tous les acteurs, finalement, viennent avec un bagage qui est d’abord culturel, de nos lectures, des films que l’on a pu voir et tout cela, à un niveau conscient ou non, quelque part, va venir nourrir nos personnages, en plus de ce qu’il y a dans le texte.

Il y a aussi une réflexion de qui sont ces gens-là. Paradoxalement je trouve, ce SS, dans le civil, est professeur de philosophie et collectionne les livres anciens. Je me dis toujours que c’est quand même assez cocasse car les nazis sont des gens qui sont plus connus pour brûler les livres que pour les collectionner…Donc je me suis vraiment demandé qui est ce personnage et quel est le chemin qu’il a dû parcourir pour arriver là. Je me suis construit toute une petite histoire dans ma tête !

Peut-être même étiez-vous venu voir le spectacle, qui était déjà à l’affiche ?

La pièce avait été créée en 2010 au théâtre Michel et j’avais rejoint l’équipe en 2013. Donc je l’avais vue à la création, avec le comédien qui la jouait à ce moment-là, qui est une toute autre personne que moi donc on ne fait pas du tout la même chose. Il faut essayer, c’est mon avis, de ne pas trop se laisser influencer par ce qu’ont fait les autres avant. Thierry Fremont aussi, qui joue le rôle d’André, a emmené son personnage à un tout autre endroit que ce que faisait le comédien précédent.

Donc, évidemment que l’on a vu ce que faisaient les autres mais essayer de copier ce que fait un autre comédien est terrible parce qu’il y a des choses qu’il va réussir par rapport à sa personnalité, son rythme, sa respiration d’acteur, qui ne sont pas des endroits où nous serons justes. Il faut essayer de ne pas trop en voir…Il y avait même une adaptation cinématographique de Christian Jacques, qui date du début des années 60, que je n’ai même pas voulu voir, pour ne pas être perturbé. Il est important de vraiment travailler avec le texte, avec ce qu’il nous raconte et, ensuite, on propose des choses en répétitions, pour que le metteur en scène nous guide en fonction de ce que l’on a proposé.

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Il y a beaucoup de gens qui nous attendent dehors, on en retrouve d’autres au café, qui viennent discuter avec nous, c’est assez passionnant. Il y a beaucoup de personnes qui nous disent que “le thème récurrent est : moi, qu’est-ce que j’aurais fait à leur place ?”. Donc je dis aux spectateurs qu’ils peuvent organiser, chez eux, des soirées “Repas des fauves” avec leurs copains…C’est un petit jeu de société tout à fait chaleureux 🙂 !

Évidemment, il y a beaucoup de réflexion sur ce qu’était cette période de l’occupation. Même si, pour moi, comme souvent dans les pièces ou dans les films, c’est un prisme, quand on met les gens dans une situation exceptionnelle de conflit, ou sur une île déserte, ou en prison. Dans des moments et des endroits particuliers, ils vont se révéler…Au quotidien, si on n’est confronté à rien de particulier, on va paraître des gens tout à fait normaux et fréquentables alors que, dans des situations d’exception, on va révéler la bravoure et toutes sortes de caractères que, parfois, on ne connaissait pas de soi-même. C’est cela, je pense, que les gens trouvent passionnant !

Autre chose, c’est que, même si la situation est terrible, les gens rient énormément. C’est très très drôle parce que c’est très bien écrit et que ces copains s’envoient des saloperies à la figure. Alors, on rit jaune mais fort…Et, parfois, il y a des gens qui sont gênés d’avoir ri autant face à des situations assez terribles. On raconte ce drame mais les spectateurs rient énormément, c’est une pièce qui est très drôle en fait.

 

@ Béatrice Cruveiller

 

En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ? Il y a, notamment, le tournage pour HBO et France Télévisions, de la série “La pilote”, avec un rôle d’attaché de presse dans le secteur automobile….

Je viens de terminer, hier, le tournage de cette série…Ca raconte l’histoire de Michèle Mouton, qui est la première femme à avoir remporté un rallye automobile. C’est une championne française du début des années 80, c’est un personnage très très fort. Je joue, là-dedans, quelqu’un de l’équipe Audi et mon personnage, lui, n’est pas très très content que ce soit une femme qui devienne pilote et qui prenne toute l’attention…Cela ne lui plait pas tellement !

C’est un très joli 4x52 minutes, avec Ana Girardot, qui est magnifique dans le rôle de Michèle Mouton. 

Ainsi que les diffusions, sur Netflix, de “Balle perdue 3” et, sur Canal +, de la série “Les sentinelles”...

Oui ! “Les sentinelles” est une très très belle série Canal, il faut absolument la regarder, le travail fait est extraordinaire. C’est une série, j’ai envie de dire de science fiction, en tout cas fantastique, il y a un mélange de genres…Ca se situe pendant la première guerre mondiale, avec des histoires de super soldats. Il y a un travail extraordinaire sur les costumes, sur les décors, la photographie est somptueuse, c’est vraiment une très très belle production ! Je suis très content aussi d’y avoir participé…

“Balle perdue” continue à être un succès mondial, c’est du cinéma d’action bien français, qui cartonne dans le monde entier donc c’est super. 

J’ai un long-métrage en préparation pour le printemps prochain, qui sera parrainé par l’association Laurette Fugain, pour la lutte contre la leucémie. Ce sera un très joli film, avec un beau casting, je ne vous en dis pas plus pour l’instant…

Merci, Jochen, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Théâtre Le Splendid / Une équipe formidable : Interview croisée avec Sophie de Fürst et Maud Baecker, deux des comédiennes de la pièce !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Sophie, bonjour Maud,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Le Splendid, dans la pièce « Une équipe formidable ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Maud : Complètement ! 

Sophie : Oui, c’est une aventure humaine géniale ! Ce qui est super, c’est que j’ai rencontré des gens extraordinaires sur ce plateau : Maud bien sûr, Ludivine de ChastenetThomas SagolsSébastien PierreBenoît Tachoires

Cela fait vraiment partie de l’aventure théâtrale, tu rencontres des gens dans une intimité très forte parce qu’on passe beaucoup de temps ensemble, sur une longue période. Il y a aussi toute cette préparation, avant de jouer, où on est confinés dans de petits endroits : j’imagine qu’il n’y a pas beaucoup de travails où l’on se retrouve en petites culottes, en train de se changer…On rentre donc dans une fragilité qui fait qu’on se marre beaucoup ! Parfois, on arrive, on est fatigué, on va se livrer alors beaucoup donc les liens humains sont vites très forts. Il faut aussi bien sûr que l’alchimie prenne, ce n’est pas toujours le cas mais, là, pour le coup, ça fonctionne bien !

Donc c’est vraiment chouette ! En plus, on est tous différents, on s’accepte comme on est et on est tous très complémentaires. C’est hyper important ! Ce côté humain fait vraiment partie intégrante de cette aventure…

Après, je suis ravie de faire une comédie ! Pour ma part, cela faisait très longtemps que je n’en avais pas faite. Je rêvais d’être chanteuse et, un jour, j’ai eu la chance de me retrouver sur scène avec M, aux Solidays et j’avais vraiment compris que c’était un échange immédiat avec le public. En musique, l’échange est instantané, dès la première note…Au théâtre, en tout cas dans mes précédentes pièces, les gens sont à l’écoute tout le long et tu n’as le résultat et le partage qu’à la fin. En fait, en rejouant une comédie, je me suis aperçue que c’était comme la musique : là, l’échange est immédiat aussi ! On peut toujours voler une émotion, une colère, une tristesse, une larme mais il est impossible de voler un rire…Donc, quand on l’obtient…

On est obligés, nous aussi, d’être à l’écoute, tout le temps, des spectateurs : on attend qu’ils aient fini de rire pour pouvoir continuer, sinon des choses passent à la trappe…Donc c’est, quelque part, une musique également ! C’est un vrai plaisir !

Maud : C’est trop beau, ce que tu dis ! En plus, c’est vrai, c’est complètement ça…Il y a un vrai partage ! Le théâtre, avant tout, est une aventure humaine, plus que les tournages, où on peut se croiser : là, on est ensemble, comme le disait Sophie, pendant des semaines et on se voit tous les jours. En plus, on est ensemble dans la loge des filles donc ce sont plein de moments de vie…On partage des moments humains ! 

On a vraiment beaucoup de chance, on rit énormément, on s’entend très bien, je dirais même que c’est une chance merveilleuse de partager une aventure comme celle-ci, en plus dans une comédie, où il y a quelque chose, évidemment, de très joyeux. Oui, on est à l’écoute des rires de la salle, pour vraiment partager quelque chose immédiatement. C’est très joyeux, pour nous, de faire rire les spectateurs : de partager cela et de sentir une salle qui rit est quelque chose de merveilleux ! 

Plus concrètement encore, comment présenter cette pièce ?

Maud : C’est une journée de tournage, vue de l’angle de la cantine, où le cuisinier a perdu le goût et l’odorat. Il y a plein de personnages différents : la star / l’actrice principale, qui ne veut plus tourner la scène qu’elle a à tourner, la directrice de production, le réalisateur, le premier assistant et la maquilleuse. Donc on voit chaque corps de métier…Avec, évidemment, tous les aléas à surmonter…

Sophie : Cette journée de tournage ne va pas très bien se passer, les problématiques de chacun vont se confronter…

Maud : On se rend compte de l’existence de situations un peu extraordinaires…Dans ce métier, on est parfois amené à faire de drôles de choses… C’est aussi le propos de la pièce !  

Un mot, chacune, sur votre personnage ?

Sophie : Je suis une comédienne fabuleuse, qui a un certain égo, qui vient d’avoir un César et qui aime bien que les gens le sachent. Elle est en pleine ascension, elle est assez connue mais…

Maud : …En apparence, elle est au sommet de sa gloire mais on va découvrir qu’en fait, c’est plus compliqué : elle a des choses à cacher et, sous ses airs de grande diva, il y a de grosses blessures, de grosses fragilités. C’est la nature humaine !

Sophie : Elle a une carapace énorme…On découvre, pendant la pièce, pourquoi …

Maud : Je joue une maquilleuse qui a l’air très enthousiaste et, comme beaucoup de personnes dans la vie, qui est en recherche de l’amour. Souvent, sur les tournages, il y a des histoires d’amour donc elle espère plein de choses…Elle est très spontanée et, du coup, se prend des portes dans la figure ! C’est donc, parfois, difficile pour elle !

Sophie : Comme elle est pleine de bonne volonté, elle y croit encore, avec beaucoup d’espoirs, même si elle connait la dureté de la vie. 

Artistiquement parlant, cela vous permet sans doute une palette de jeu plaisante à défendre…

Maud : Ah oui, tout à fait !

Sophie : Après, ce sont des personnages qui sont très dessinés, dans leurs traits de caractères et les curseurs sont évidemment accentués. Donc on a des personnages très forts mais on ne passe pas non plus par une palette de couleurs large, on reste, en fait, droit, chacun, sur notre personnage. Mais on s’amuse beaucoup !

Maud : Bien sûr ! Après, le fait que ce soit au théâtre nous permet de jouer pendant une heure et demie. C’est assez choral, on est tous mobilisés, on a tous des choses à jouer et à montrer, ce qui peut être différent des tournages où, parfois, on attend énormément, pour une seule petite scène dans la journée. 

D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

Maud : Pour le coup, l’auteur avait en référence, pour mon personnage, Phoebe dans « Friends », très enthousiaste des choses, qui y croit. Après, il y a des actrices que j’aime beaucoup, dont je me suis aussi un peu inspirée. Notamment Catherine Frot, dans « Un air de famille », avec ce côté hyper spontané et qui, en même temps, se prend des choses pas faciles dans la figure, révélant son caractère. Il y a aussi des petites références rigolotes dans la pièce : je crois que mon personnage aime bien Maryline, elle est un peu admirative, parce qu’elle dit, à un moment, « Comme Marylin Monroe, j’ai ça et ça ».

Sophie : Je n’ai pas de référence connue et, surtout, ce serait un peu indélicat…

Maud : Ton personnage est un peu le cliché de l’actrice donc ce serait dur de dire « J’ai pensé à telle personne ». Il incarne un peu tous les défauts des actrices, poussés à l’extrême mais, en même temps, hyper touchants. 

Sophie : En tout cas, j’ai essayé d’aller un peu à l’encontre de certaines de mes attitudes, je veille à avoir le dos droit, pour canaliser un peu mes gestes. Je me tiens davantage !

Maud : Ton personnage doit être dans l’image, celle d’une star de cinéma qui soit se protéger aussi un peu.

Sophie : Elle est tout le temps regardée et je me suis posé la question de savoir comment je réagirais si j’étais tout le temps en représentation. Je pense que ça devient alors naturel de se tenir un peu comme ça, c’est presque une habitude.

Maud : Au bout d’un moment, tu perds un peu les codes…On peut vite tomber dans des travers, une dérive est vite arrivée !

 

 

Quels premiers retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

Maud : On sent déjà, pendant la représentation, si ça marche ou pas…Et c’est vrai qu’on entend des rires ! Ce sont nos premiers retours, surtout pour une comédie…

Sophie : On le sait très vite, dans les dix premières minutes…

Maud : Les gens ne peuvent pas tricher, de toute façon, avec les rires, comme tu le disais, Sophie. Si ça rit, c’est que ça marche !

Sophie : Quelqu’un qui est du milieu va s’y retrouver mais c’est quand même simplifié, pour que ce soit accessible à tout le monde. 

Maud : Le trait est parfois poussé ! C’est rigolo même, pour le public, il est comme la petite souris qui vient découvrir les coulisses d’un tournage, il voit comment ça se passe, ce que se racontent les gens…

Sans doute que vous continuez encore, représentation après représentation, à peaufiner le spectacle et votre interprétation ?

Maud : Bien sûr ! 

Sophie : On cherche tous les soirs ! C’est une comédie, il y a donc des choses qui marchent parfois moins bien que la veille et on se demande alors pourquoi. Souvent, ça peut être une question de rythme, comme en musique. Donc, le lendemain, on essaie autre chose. 

Maud : Même l’auteur est en recherche, il nous fait tester de nouvelles choses à chaque fois. C’est tout le temps une recherche ! On s’adapte en permanence…

Sophie : Pour ma part, j’ai maintenant l’impression de commencer à me libérer vraiment, je ne suis plus en fragilité chaque soir, à trop changer.

La pièce est à l’affiche jusqu’au 4 janvier. Que peut-on vous souhaiter pour ces deux mois sur scène ?

Maud : Que ça marche et qu’il y ait plein de monde !

Sophie : Que le bouche à oreille fonctionne ! Il faut vraiment venir et en parler autour de soi. Je pense, dans l’atmosphère actuelle, que ça fait du bien de venir s’amuser et de rigoler. 

Maud : Tous ceux qui viennent sont ravis et trop contents d’avoir passé un bon moment…On ne fait pas ça que pour nous, pas uniquement pour s’amuser entre nous, on fait ça pour le public, pour qu’il soit présent et pour donner du plaisir aux gens.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Sophie : « Rendez-vous avec le crime » est encore disponible sur la plateforme France.Tv. Les épisodes 3 et 4 viennent tout juste d’être diffusés, j’ai d’ailleurs un gros coup de cœur pour le 4. C’est un programme vraiment sympa et drôle…

Maud : Ton personnage est vraiment hyper rigolo ! C’est trop marrant…

Sophie : Si tout se passe bien, on tournera les volets 5 et 6 en mars / avril. 

Maud : Quand ça marche, une suite est donnée…C’est comme pour la pièce : s’il y a du public, on fera une tournée ensuite. Tout se fait en fonction de l’affluence !

J’ai tourné, pour TF1, la saison 2 de la série « Erica », avec Julie de Bona et Grégory Fitoussi. Si ça marche bien, normalement il y aura une troisième saison. Et j’ai aussi tourné un téléfilm, avec Arnaud Ducret, qui s’appelle « Papa malgré lui ». Ce sera diffusé, normalement, en début d’année prochaine.

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Pauline Dallier évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pauline,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Début 2027, vous serez en tournée théâtrale dans la pièce “Réunion d’urgence”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, effectivement ! C’est mon premier projet professionnel donc c’est un projet important pour moi. 

Pendant mes études, j’ai surtout fait des rôles dramatiques. Notamment dans “Marat Sade”, je jouais le rôle de Charlotte Corday, un personnage historique mais interné dans un asile psychiatrique, qui souffrait de léthargie chronique, de dépression et de pulsions meurtrières. Donc c’était intense comme rôle…On a joué en Avignon et on a eu, en plus, dix dates à Paris et, à chaque représentation, j’étais en pleurs pendant une heure dix de spectacle. 

J’ai toujours eu envie de m’orienter plus vers la comédie et, là, c’est vraiment un timing parfait… Moralement, ça me fait beaucoup de bien d’avoir ce projet ! C’est plaisant d’avoir la sensation d’avancer et de se dire qu’on fait son métier et qu’on peut à peu près en vivre…

C’est une très belle pièce écrite par Marilyne Bal et mise en scène par Anne Bouvier. J’ai la chance d’avoir des collègues très sympas et connus, c’est très grisant. J’étais à la première lecture et j’ai été assez émerveillée, c’était vraiment trop bien ! 

 

 

Avec vos mots, justement, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est l'histoire d’un homme à femmes, divorcé trois fois, qui réunit ses ex-compagnes pour leur annoncer une grande nouvelle…Ces trois femmes ont une relation un peu amies-ennemies, elles font partie, d’une certaine manière, de la même famille mais elles adorent se tirer dans les pattes. Elles arrivent un peu paniquées, se demandant ce qu’il a à leur annoncer de si important…

Il y a beaucoup de rebondissements et de quiproquos comiques. Je pense que, de prime abord, le public sera aussi désorienté que les trois rôles féminins. Les spectateurs n’auront pas de suite toutes les clés de réponses, ils les auront au fur et à mesure, en même temps qu’elles seront découvertes par ces trois personnages. Ce sera, pour les gens, une expérience très sympa !

Quel personnage y interpréterez-vous ?

J’incarnerai le rôle d’Adèle, une très jeune fille, brute de pomme, sans filtre, au passé un peu sombre et compliqué. Elle est là pour rajouter vraiment du peps et agiter un peu tout ce petit monde ! Elle est très plaisante à incarner…

Vous retrouvez-vous en elle sur certains traits de son caractère ?

Je pense que je me sens proche du personnage d'Adèle, car elle est très naturelle et spontanée.  C’est quelqu’un qui a un très bon fond mais qui est un peu déroutante dans la forme.

On peut imaginer que ce personnage vous permettra une palette de jeu plaisante à défendre ?

Oui, et qui va me changer de mes rôles précédents. J’ai la larme facile, du coup, pendant mes études, je me tournais vers ces personnages-là, qui me plaisaient. En grandissant, j’ai plus envie d’explorer l’aspect comique de ma personnalité car l’humour fait vraiment partie de moi. Donc ça me fait vraiment très plaisir de jouer ce rôle !

 

 

Les premières représentations auront lieu en province, ce qui sera l’occasion d’aller à la rencontre du public…

Je suis vraiment contente ! Je suppose qu’on aura une date en Bretagne, où vit ma famille. Ce sera un grand plaisir pour moi que des proches, qui ne m’ont jamais vue jouer, puissent venir assister à cette représentation.

En plus, bien sûr, de l’histoire racontée sur scène, certainement aussi que le casting attirera le public…

Je l’espère ! Je le pense…Les têtes d’affiche sont assez populaires donc ça devrait ramener du monde…

Même si les premières dates sont dans de nombreux mois, sans doute êtes-vous déjà très impatiente ?

Effectivement ! J’ai aussi très hâte de commencer les répétitions et de revoir les membres de l’équipe. On ne s’est vus que deux fois, pour la première lecture et pour le shooting de l’affiche. A chaque fois, j’en suis ressortie en étant trop contente et assez émerveillée, à me dire que j’avais vraiment de la chance de me retrouver dans cette aventure, avec des gens aussi gentils. C’est très excitant ! 

Il me tarde de voir la mise en scène qu’Anne a prévue et de débuter le travail. En plus, j’ai demandé pas mal de conseils à Stéphanie Colonna, une des comédiennes de la pièce, et j’ai vraiment hâte de pouvoir en apprendre plus, de pratiquer et d’apprendre d’eux, qui ont beaucoup plus d’expérience. Je suis vraiment très très contente de cette équipe !

Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour cette belle aventure ?

Que la pièce marche bien et qu’elle puisse faire plaisir à plein de monde ! 

Vous l’avez dit, vous avez connu la joie d'être sur scène au festival d’Avignon. Sans doute que cette expérience a été très enrichissante, artistiquement et humainement ?

C’était incroyable ! Avec ma promotion, c’était notre grand projet de fin d’études…J’ai eu la chance que, pendant trois ans, on soit ultra soudés, j’ai fait vraiment de très belles rencontres. D’ailleurs, je travaille encore aujourd’hui avec mes copines, sur d’autres projets. 

C’était génial de pouvoir être dans ce bouillon de culture qu’est le festival d’Avignon, c’était génial aussi de pouvoir découvrir la ville en elle-même car je n’y étais jamais allée. Au cours de mes études, on avait fait beaucoup de spectacles mais c’étaient les amis et les familles qui venaient nous voir. Là, c’était génial de pouvoir jouer devant des gens qui ne nous connaissaient pas et d’avoir leurs retours. On jouait dans une salle de cinquante places, à l’Albatros, il y avait une réelle proximité avec le public. En Avignon, de manière générale, les gens sont quand même vachement sympas, ils ont envie de découvrir plein de pièces, ils sont en demande de voir plein de choses différentes, ils sont très réceptifs.

Sur le plan humain, c’était génial aussi de partir avec ma troupe, on était dans un camping, c’était assez fatiguant, c’était un petit challenge mais ça faisait partie de l’expérience. On était tout le temps ensemble, en collectivité…On jouait à 11 heures, ce qui est un bon créneau pour Avignon parce qu’il ne fait pas encore trop chaud, du coup on allait au théâtre en parade. Après avoir joué, on faisait une petite pause, avant de repartir en parade…Je pense que, jusqu’ici, c’était la plus belle expérience de ma vie !

 

 

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

“The village” est une émission dans la même veine que “Nouvelle école” mais centrée sur l’acting. J’ai eu la chance d’être présélectionnée, du coup mes vidéos sont disponibles sur la page Instagram, pour être soumises aux votes du public. Donc on peut me souhaiter d’avoir la chance d’être sélectionnée…Ce pourrait être une nouvelle aventure pour moi, qui s’ouvrirait en 2026.

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours ?

J’adorerais faire du cinéma parce que c’est vraiment ma passion, à la base. J’ai fait une école de cinéma et je regarde beaucoup de films. C’est d’ailleurs en en voyant que j’ai eu l’envie d’être comédienne ! Ça me plairait d'être embarquée pendant plusieurs mois sur un tournage, avant, ensuite, de voir le résultat vivre et faire son bout de chemin… 

J’aime aussi beaucoup le théâtre mais c’est très différent : je suis très traqueuse et très angoissée, du coup, à chaque fois que je monte sur scène, c’est vraiment dur pour moi…Physiquement, j’en suis malade mais je trouve que c’est un exercice tellement beau de se confronter en direct à la réaction du public, ce que l’on n’a pas en faisant un film. J’adore ce lien direct avec les spectateurs et c’est comme le sport : c’est dur d’y aller mais, ensuite, c’est une réaction très positive !

Merci, Pauline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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France 3 / Un Si Grand Soleil : Tonya Kinzinger évoque Janet, son personnage dans cette belle quotidienne !

Publié le par Julian STOCKY

© Philippe Doignon - France Télévisions

 

 

Bonjour Tonya,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Nous nous retrouvons pour l’édition 2025 du festival de la fiction Tv de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présente ici, notamment pour rencontrer une partie du public de la série ?

Tout à fait ! Grâce au théâtre, je côtoie déjà pas mal le public donc c’est toujours un plaisir…Mais c’est vrai qu’on croise plus rarement le public de la série en particulier, en dehors des personnes venant de Montpellier.

Votre personnage, Janet, a encore vécu beaucoup de choses, personnellement et professionnellement. Ce doit être un vrai cadeau artistique…

J’ai beaucoup de chance et je suis aussi très gâtée par mes partenaires de jeu ! Je tourne beaucoup avec Fred, avec Yvon, avec Mélanie, avec Léa, avec Chrystelle donc j’ai beaucoup de chance d’avoir ces partenaires, qui ont la même façon de travailler que moi. J’estime la chance que j’ai d’avoir de supers partenaires !

A la maison, on a senti que votre personnage s’affirme encore plus qu’avant, faisant part à son mari de certains points de désaccord…

Oui, oui ! C’est sympa…Ce que j’adore, avec Yvon, c’est qu’on inspire les auteurs à nous écrire pas mal de comédie aussi. Donc, quand on est ensemble, même si on parle de choses qui peuvent être pas graves mais un peu tendues, c’est souvent sur le ton de la comédie. J’adore parce que ça me sort un peu de cette gravité autour de l’hôpital, où tout ce que j’y traite est beaucoup plus sérieux. De temps en temps, il y a une petite histoire légère mais c’est plus rare…

Votre personnage a noué une amitié avec Alix, ce qui a permis des scènes cocasses, quand on sait ce que Clément, votre mari, pense d’elle…

J’adore ! Ce qui est sympa, je trouve, c’est que ça montre un côté d’Alix qu’on ne connait pas et que ça montre un côté de Janet qu’on ne connait pas trop non plus. Donc la relation Alix / Janet est assez sympa parce qu’elle dévoile des petites facettes de leur personnalité à chacune, que l’on n’a pas l’habitude de voir. Avec Janet, Alix est assez protectrice, elle est très fidèle, elle n’a pas du tout envie de rentrer dans ce côté d’arnaqueuse. Janet, justement, se lâche un peu plus avec Alix, dans la drôlerie, on la voit plus détendue…J’aimerais bien qu’on aventure un peu plus là-dessus, sur ses facettes…

La galerie est un décor naturel, un autre pour vous, qu’il doit être très plaisant d’exploiter …

Bien sûr ! C’est très beau là-bas, c’est vrai que c’est un cadre qui est très très joli mais je ne sais pas combien de temps encore on va l’avoir. En ce moment, il y a plein de choses qui arrivent à mon personnage, je n’ai même pas les infos de comment ça va se clôturer… Oui, son travail va être un petit peu en péril donc il y a plein de choses, là, qui vont arriver à Janet, c’est cool !

Janet a aussi participé à des œuvres sociales…

Oui ! Justement, ce que j’aime beaucoup, c’est que Janet défend vraiment l’hôpital public et, là, justement, ça revient un peu dans les histoires, à travers certains choix de thèses pour des médecins qu’elle doit parrainer…Elle refuse une thèse qui n’est pas assez, pour elle, destinée à l’hôpital public, qui est plus dans un côté privé. Cela va lui causer des soucis…avec la petite Laurine Laumière…Elles ne s’entendent pas très bien depuis le début à l’hôpital, ce n’est pas quelqu’un que Janet apprécie. Mais, en privé, j’adore Léa, elle est trop mignonne !

En fait, j’aime bien que Janet remette souvent à l’ordre du jour la difficulté de l’hôpital public et les choses qu’il faut y respecter. C’est bien qu’on en parle, il faudrait qu’on en parle plus !

La série est à l’écran depuis 7 ans. Globalement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

Ils aiment beaucoup le programme, ils sont très positifs. Souvent, c’est juste un petit clin d’œil « Bonjour docteur », « Comme vous allez, docteur ? », …Je suis très flattée que l’on m’appelle docteur parce que je n’ai pas fait les études pour… J. En tout cas, c’est bien reçu et les gens sont très frustrés quand la série est déprogrammée. Je reçois pas mal de commentaires là-dessus. Sinon, ils sont trop contents de nous retrouver…Certaines personnes me disent même regarder toute la semaine en une seule soirée, pour ne pas louper. Chacun a sa méthode pour visionner la série et tous sont très fidèles. Même, d’ailleurs, mon metteur en scène de théâtre, Olivier Macé, la suit, il ne rate pas un épisode. C’est marrant, même certaines personnes du métier la suivent…

Justement, vous vous lancez dans une nouvelle belle aventure sur scène, où vous retrouvez Thierry Beccaro…

Je pense que ça fait 30 ans ! C’était il y a très très longtemps, pour « Boeing boeing »…Il était même venu faire la centième de « Sous le soleil ». Au théâtre, on avait commencé dans les avions et, là, on se retrouve sur un quai de gare, c’est très drôle. C’est vraiment une comédie romantique qui est trop trop mignonne, avec plein d’émotions. C’est virevoltant ! Sylvain Boccara est formidable, il joue mon fils, il était aussi dans la série. On est trois sur scène, j’adore cette pièce, j’adore défendre cette pièce, je la trouve poétique, on se sent bien quand on sort. On était 1 200 à notre première au Cap d’Agde et beaucoup de gens m’ont dit que ce n’était pas comme s’ils étaient au théâtre, ils sont rentrés dans l’histoire avec nous. Je pense que c’est le plus beau compliment que l’on peut donner ! C’est top…

Cela vous permet d’alterner la scène et le plateau…

C’est une obligation pour moi ! J’ai trouvé mon bonheur à au moins faire une pièce par an et, quand je pars en tournée, la plupart du temps, c’est le week-end donc ça n’interfère pas sur le tournage, on arrive à trouver le bon équilibre. Pour moi, c’est un besoin d’avoir cet équilibre-là, entre les films et le théâtre.

Merci, Tonya, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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