Overblog Tous les blogs Top blogs Célébrités Tous les blogs Célébrités
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

theatre

France 2 / L'or bleu : German de Diego nous présente Diego, son personnage dans cette nouvelle mini-série évènement !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour German,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 2 pourront très prochainement vous retrouver dans “L’or bleu”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! Je me suis senti très honoré de pouvoir rentrer dans cette intrigue et de pouvoir développer mon personnage, Diego. C’est le compagnon de Matthias et, en fait, c’était déjà bien que l’on puisse voir, dans une série, une relation entre deux hommes. Diego est un peu une pièce rapportée de la famille et il assiste à pas mal d’évènements. C’était un plaisir de faire partie de l’équipe, de rencontrer tous les autres comédiens et comédiennes, mais aussi d’être dans ces magnifiques paysages du Vaucluse et du Lubéron. J’ai adoré, c’était trop bien, c’était un plaisir !

 

D’habitude, je suis beaucoup plus au théâtre et, là, j’ai apprivoisé le fait d’être dans une aventure à la télé, où les codes et les timings sont différents. C’est un autre monde, un autre univers et c’est un immense plaisir !

 

Vous l’avez dit, ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting, ce qui a certainement été très enrichissant humainement aussi…

 

Tout à fait ! J’ai eu la chance de travailler avec ce chouette casting et on a passé de beaux moments, on était souvent en voiture ensemble pour aller vers les différents décors, on pouvait papoter et rigoler, c’était sympa ! Lors du déjeuner, on passait aussi d’agréables moments. Avec Barbara, très vite, on a dû jouer une scène d’amitié, alors qu’on ne se connaissait pas donc c’est très beau de devoir avoir ce genre d’énergie aussi vite, c’est ça également la magie de la télévision. Cela a été très intense et on s’est apprivoisés au fur et à mesure. C’était fort et très intéressant !

 

Il y a pas mal de séquences d’action quand même, c’était, pour moi, un peu comme un jeu. Juste avant la scène, j’étais déjà dans mon personnage…J’ai hâte de voir le rendu final, j’espère que les téléspectateurs en profiteront également, parce que je trouve la trame très intéressante. Ça parle d’un sujet que l’on vit tous aujourd’hui, la sécheresse au travers du dérèglement climatique. En plus de cela, il y a toute l’émotion des personnages et toute l’histoire.

 

J’ai trouvé intéressant que chaque personnage ait un monde émotionnel très fort et très intense. Il y a plusieurs ingrédients : l’amour, le meurtre, la comédie, les beaux paysages, les relations humaines, les flashbacks, … J’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer les comédiens qui jouaient ces flashbacks et c’était très marrant, car on n'était pas habillés de la même façon. On rigolait de nos époques, de nos coiffures et de nos tenues…

 

Quel regard portez-vous sur Diego, votre personnage ?

 

Surtout, je me suis concentré sur sa relation amoureuse avec Matthias, avec lequel j’ai juste une séquence. C’est mon mari, c’est avec lui que je construis une famille et, tout de suite, il se passe beaucoup de choses dans notre relation. Donc toute ma vision était liée à cet axe amoureux…Je me suis également concentré sur ma relation d’amitié avec le personnage de Barbara mais aussi sur ma place dans la famille. Je suis une pièce rapportée mais qui se trouve au milieu de toute cette salade et, du coup, je dois m’adapter aux circonstances. J’essaie de le faire comme je peux mais c’est vrai que j’ai une vulnérabilité, que l’on va découvrir au fur et à mesure des épisodes, et qui révèle un peu aussi ma situation personnelle, où je passe des moments fragiles.

 

Donc mes intentions personnelles étaient liées à mon amour pour mon compagnon, et à ma détresse personnelle, que je vis en cachette, pleine de solitude. Il va aussi y avoir un impact émotionnel fort pour mon personnage, qui va le porter tout au long de l’histoire.

 

Sans doute que la palette de jeu à défendre a été très intéressante ?

 

Oui…Et même les silences ! Pour moi, c’est aussi très intéressant quand on ne parle pas mais qu’on est là, qu’on est présent. Parfois, tu dois défendre un texte et, parfois, tu dois défendre un silence, une présence, une connexion avec les autres et j’ai trouvé cela challengeant. J’étais là, je ne disais rien mais c’était très important. C’était donc aussi un plaisir de jouer cette présence, qui se passe à l’intérieur de soi-même. C’est une spécificité qui m’attire beaucoup !

 

J’ai aimé également l’avant et l’après : quand une personne est impactée par un évènement important dans la vie, ça la structure et j’ai vraiment travaillé cela. Comme je le disais, j’ai adoré aussi tous les moments d’action, où il y avait du physique à mettre en place, c’était très intéressant !

 

D’ailleurs, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau de Diego ?

 

Oui, j’avais regardé quelques films pour me mettre dans l’énergie de son histoire d’amour. J’ai également beaucoup essayé d’être dans la justesse du moment présent parce que le personnage était tellement dépassé par tout ce qui se passait et tout ce qui lui arrivait. 

 

La sécheresse est le thème de départ de la série mais l’histoire va plus loin que ça, en évoquant, notamment, des histoires personnelles et des histoires familiales…

 

Pour moi, la sécheresse était un vrai protagoniste…C’était fou, il y avait comme une métaphore avec tout ce qui se passe dans ces familles. J’ai trouvé intéressant de faire le lien entre la terre et les personnes ! Cela m’avait plu dès le début…Ce programme parle donc d’un sujet qui me touche personnellement et, dans la trame ainsi que dans l’histoire, j’ai trouvé comme une poésie entre tout ce qui se passait.

 

Ce qui se joue entre les familles est très important dans cette série, on voit comment les choses se dégradent ou, parfois, comment il y a une lueur d’espoir. On y parle d’amour mais aussi de soutien et d’amitié. Grâce à cela, on voit également comment on peut prendre soin de la nature et de l’autre…Ce que j’ai aussi adoré, c’est que les personnages féminins soient importants, avec des histoires intéressantes et fortes à développer. 

 

Certainement êtes-vous impatient de découvrir le rendu final et les retours des téléspectateurs ?

 

Oui, j’ai hâte ! Je n’ai vu que quelques images au combo mais je n’y allais pas très souvent. J’avais confiance dans le réalisateur. A Canneseries, les collègues étaient très contents des deux épisodes diffusés donc il me tarde de les voir moi aussi. Je suis curieux également de découvrir les émotions que ressentiront les gens, notamment dans mon couple avec le personnage de Matthias. 

 

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

J’ai écrit un seul en scène, “Vies merveilleuses”, je l’ai joué au Lavoir moderne parisien en octobre 2025. Je le cuisinais depuis quelques temps et, là, ça a été une belle expérience de le partager avec le public parisien. Je vais faire une petite tournée, je vais débarquer, en juin, en Espagne, dans ma ville natale de Barcelone. Ce sera la première fois que je jouerai ce spectacle là-bas, j’en suis très ému et j’ai hâte. Après, je rentrerai en France pour jouer à Sète, toujours en juin. Un festival à Nanterre ainsi que d’autres dates sont en attente de confirmation.

 

J’écris déjà le deuxième volet… Les deux univers, de la télévision et du théâtre, me plaisent donc beaucoup ! Et le cinéma évidemment !

 

Merci, German, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

France 3 / Les mystères des grottes du Régulus : Sacha Vanbockestal évoque ce téléfilm inédit, ainsi que la pièce de théâtre qu'il jouera au festival d'Avignon!

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Sacha,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver le samedi 2 mai prochain, en prime-time, dans “Les mystères des grottes du Régulus”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Exactement ! En plus, c’était mon premier projet télévisuel donc c’était un peu le téléfilm baptême, on va dire. Quand j’ai passé les auditions, en vidéo dans un premier temps, je ne savais pas que c’était Lorie qui allait réaliser donc, quand je l’ai vue en présentiel au call back, j’étais très heureux de découvrir que c’était elle. Quand mon agent m’a appelé pour me dire que j’étais pris, je me réjouissais de partir sur le tournage faire cette aventure !

 

Je ne connaissais pas encore Shemss ni Antoine, j’étais vraiment comme un jeune acteur qui démarrait dans le milieu de la télé et je n’ai pas été déçu. J’ai été bien accueilli et bien reçu. Antoine, Shemss et Lorie, qui ont une expérience du milieu artistique, m’ont beaucoup aidé sur mes deux jours de tournage. C’était donc un vrai plaisir !

 

Le cadre global de tournage a certainement dû accentuer le plaisir pris ?

 

Oui, c’est ça ! On était à Rochefort…J’ai tourné dans un bâtiment désaffecté et dans un commissariat, ce n’étaient donc pas forcément les plus beaux décors de la ville 🙂 mais la production nous avait mis dans un bel hôtel près des bâteaux. C’était très agréable de démarrer la journée en passant devant, c’était vraiment chouette, oui !

 

Quel regard portez-vous sur Théodore, votre personnage ?

 

Là où ça a été “facile”, c’est que c’était un peu mon emploi ! On m’associe souvent au côté bad boys, un peu rebelle…C’est un peu paradoxal, je fais souvent des castings de voyou ou…de flic. Du coup, quand j’ai vu que Théodore devait être désagréable, nonchalant et pas commode, cela me parlait tout de suite ! C’est vrai qu’il y a un plaisir à se dire “Ok, avec ce personnage, tu as le droit d’être désagréable et de mal parler”. Lorie, d’ailleurs, m’a bien aidé, elle était très bienveillante, ce qui m’a permis de me sentir bien dans la peau de ce gars-là.

 

Sans doute que la palette de jeu associée a été plaisante à interpréter ?

 

En fait, ce qui était très plaisant, c’est de jouer un gars qui pouvait, à l’écran, passer pour le coupable aux yeux des téléspectateurs, mais qui devait se défendre auprès de la police pour convaincre que ce n’est pas lui. Il y avait un peu ce double-jeu, qui était vraiment très intéressant à incarner.

 

 

 

 

Avez-vous d’ailleurs eu certaines sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans sa peau ?

 

Pour ma part, je dirais qu’il faut jouer simple, ce qui veut dire aussi ne pas trop se tourmenter la tête. Il faut rendre le personnage complexe mais ne pas non plus en faire une équation impossible à résoudre. Quand j’ai vu Théodore, je me suis dit qu’il fallait penser basique donc j’ai pensé vraiment aux petites frappes, dans les films, ces bras droits qui font un peu le sale boulot. En partant de là, j’ai rajouté ma touche personnelle, en y mettant ma sévérité et mon côté pas très sympa. Ce qui m’a amené rapidement à Théodore…Je n’ai pas dû chercher trop longtemps pour y arriver.

 

Certainement êtes-vous impatient de découvrir le rendu final mais aussi les retours des téléspectateurs ?

 

Oui, c’est toujours plaisant de montrer un produit au public et d’avoir un retour. Mais j’ai un peu triché : je suis belge, je rentre régulièrement en Belgique et le film est déjà passé sur la RTBF donc j’ai pu le voir. J’étais très content de découvrir le produit fini et ce qui a été joué. 

 

S’agissant d’une de vos premières expériences significatives à l’image, comment avez-vous appréhendé cet exercice de vous voir à l’écran ?

 

Là où ça a été plus facile, c’est que je suis créateur de projets. Pendant mes trois ans de cours, j’ai eu la chance de rencontrer un très bon ami, Adrian Vanouche, qui, d’ailleurs, a gagné le Nikon Film Festival l’année passée et, ensemble, on avait envie de faire. Donc on tournait beaucoup et, du coup, dès le début, je me voyais déjà à l’image. Je suis donc habitué à avoir ce regard sur moi-même, du coup ce n’est pas nouveau, déstabilisant ou inconnu, pour moi, de me voir sur un écran. C’est toute cette expérience de faiseur de projet qui me permet de ne plus voir uniquement mes défauts…Non, je sais que je suis un personnage, je sais qu’il faut faire confiance au réalisateur et je suis donc très à l’aise avec cela, clairement.

 

Ce projet vous a-t-il donné envie de faire toujours et encore plus d’image ?

 

Bien sûr ! L’acting est un vrai plaisir…Tous les acteurs et actrices vous le diront, le chemin est très difficile mais, une fois que l’on a touché au plaisir de la caméra, on en redemande ! Si je continue à faire mes propres projets, c’est aussi pour avoir le plaisir de continuer à jouer…

 

En parallèle, vous serez sur les planches du festival d’Avignon, en juillet prochain…

 

C’est une pièce sur Jeanne d’Arc, qui raconte l’histoire de son procès. Ce spectacle dénonce l’injustice, qu’il peut encore y avoir aujourd’hui, de ces faux-procès, comme on les appelle et qu’elle a subi. C’est, en fait, un ancien avocat, qui s’est reconverti dans la mise en scène de théâtre, qui a écrit cette pièce. Lui qui connaît les rouages de la justice, avait envie de raconter cette histoire mais de façon décalée, en version comédie. Du coup, on suit Jeanne d’Arc depuis son arrestation jusqu’à sa fin tragique, dans tout le chemin qu’elle a dû traverser, en passant par un avocat, des experts, des gendarmes…

 

Je joue divers personnages qui accompagnent cette aventure : un avocat, un des experts, un juge d’instruction. C’est surtout de la comédie mais qui n’enlève en rien le fond dramatique. Certaines scènes le rappellent, on est un peu dans la veine de “Kaamelott”. 

 

On sera en plein air, à la cour de la Reine, au théâtre du Roi René, à 20h55, en Avignon.

 

L’exercice artistique, pour vous, doit être imposant…

 

Exactement ! C’est ultra plaisant mais ultra difficile parce que, quand on sort d’une scène, qu’on est en plein dans un personnage et que, dix secondes après, il faut y retourner pour en faire un totalement opposé, c’est de l'entraînement et de la concentration. Il faut, pour autant, garder une sincérité, tout en changeant d’univers de personnage…sans surjouer.

 

Au début des répétitions, mes personnages n’étaient pas encore assez marqués. Du coup, j’ai dû apprendre à mettre des gros traits pour démarquer chaque rôle. Mais c’est vraiment super plaisant à travailler !

 

 

 

 

D’ailleurs, vous êtes-vous documenté aussi sur le contexte de l’époque, pour mieux encore le maîtriser ?

 

Même quand on me donne, lors d’exercices, une scène issue d’un film, je ne regarde jamais ce dernier avant. Sinon, je sais que ça peut m’influencer…Ici, évidemment, je me suis renseigné sur l’époque et sur, notamment, la façon de parler mais je ne me suis pas plongé non plus à 100% dans le chemin suivi par Jeanne d’Arc, pour les mêmes raisons. En plus, la pièce est très informative… J’ai donc préféré créer de moi-même, avec l’appui et les conseils du metteur en scène.

 

A quelques semaines de la première, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?

 

Une cour bien remplie chaque soir, que les gens se marrent et apprennent ! On peut également nous souhaiter que l’on arrive à s’amuser quotidiennement sur scène pour que le public s’amuse aussi et qu’il demande à nous revoir, afin de jouer encore, encore et encore.

 

L’idéal serait que des directeurs de théâtre soient intéressés et nous programment à Paris. D’ailleurs, avant Avignon, on sera à l’Apollo théâtre, les 6, 11, 20 et 27 mai prochains, à 19h30.

 

Merci, Sacha, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

…

Grand vide, au théâtre de Belleville : Interview croisée avec Gary Guénaire et Mélanie Robert !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Gary, bonjour Mélanie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

 

Vous serez, du 4 au 31 mai prochain, sur la scène du théâtre de Belleville, dans “Grand vide”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Gary : Carrément ! Oui, c’est excitant ! C’est chouette de travailler ensemble, avec Mélanie, sur ce projet. On a une super équipe, je suis content parce que j’ai réuni pas mal de personnes avec lesquelles j’avais déjà travaillé, que ce soient Damien, Louise et Alexiane, ou Vincent, avec qui je collabore à la mise en scène. Ensemble, il y a une alchimie assez géniale donc c’est très excitant de se dire que, dans moins de deux semaines, on démarre cette exploitation. C’est un spectacle que j’ai beaucoup rêvé pendant deux ans et d’être dans le concret est chouette !

 

Mélanie : Ce qui est bien aussi, c’est qu’on est tous un peu différents et, en même temps, complémentaires. Cette pièce est, bien sûr, unique par son écriture et par ce que ça engendre mais, ce qui est intéressant à voir, c’est qu’on vient tous de différents endroits, du théâtre, de la télé, du cinéma et, qu’en même temps, ce spectacle nous rassemble et crée quelque chose d’assez chouette. On a, je pense, surtout très hâte que les gens découvrent l’univers de Gary, qui est quand même assez particulier, il faut bien le dire. C’est un humour que j’adore ! Souvent, les gens me disent “Ah, mais il est comme ça, en fait ?”...Oui, il est comme ça et cela se retranscrit dans son écriture ainsi que dans cet humour très noir.

 

Plus concrètement encore, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?

 

Gary : En une phrase, je dirais que c’est un drame burlesque, sur une satire du monde de la télévision que j’ai bien connu plus jeune. Plus concrètement, dans l’histoire, Eva, une jeune dealeuse, se retrouve être l’intruse, un matin, dans une réunion d’une grande chaîne de télévision, alors que les audiences de la série à succès vont tomber. Elle est donc entourée de personnages qui, eux, font partie de la chaîne et qui vont se révéler quasiment monstrueux. Contrairement à Eva, ils n’ont pas de prénom, ils sont représentés par leur fonction : la directrice, le secrétaire, l’artiste,...Au fur et à mesure de la réunion, Eva va se rendre compte que c’est une sorte de cauchemar et on va se demander si elle va réussir à sortir de cette salle, elle qui est venue par ambition, afin d’atteindre le milieu de la télévision, qui fait tant rêver. Mais ce dernier va se révéler bien plus sombre qu’elle ne l’aurait imaginé.

 

Quel personnage aurez-vous plaisir, chacun, à défendre ?

 

Gary : Je joue le rôle du secrétaire. Il est méchant avec ceux qui sont en-dessous de lui, écrasé par ceux qui sont au-dessus et il est vraiment représentatif de ce système dans lequel il est. Parfois, il se rebelle puis, à un moment, il reboote, il revient au niveau 0, avant de se rebeller à nouveau puis de se rééteindre. C’est comme un symbole de ce système et de cette chaîne qui se renouvellent perpétuellement. 

 

Mélanie : Je joue deux rôles. Au début, on me découvre en femme de ménage qui parait toute gentille et assez classique. Le deuxième est un enfant, qui débarque dans cette fameuse réunion et que personne n’attendait. On ne sait pas si c’est un garçon ou une fille, on ne sait pas réellement quel âge il a donc on ne sait pas qui il est ni ce qu’il fait là. On apprend, plus tard, que son père travaille dans l’entreprise et que lui est en stage…

 

Certainement que la palette de jeu doit être très plaisante à défendre ?

 

Gary : Il y a un registre qui m’intéresse beaucoup, celui dit burlesque. C’est aussi un endroit de recherche dans mes courts-métrages, dont “Indomptables”. Je l’ai réalisé avec le soutien de l’Adami et de France Télévisions Studio, c’est un peu dans la même veine que “Grand vide”. J’appelle cela de la comédie physique : le travail du corps est très assumé, les corps sont très présents dans la direction d’acteurs, c’est un comique sec et quasiment froid, parfois. J’aime bien prendre cette référence de Jim Carrey, qui n’est pas un acteur naturaliste mais qui est profondément juste. C’est là où je veux emmener les acteurs et les actrices avec moi, en allant vers des choses grandioses, qui sortent physiquement de l’ordinaire mais en ayant un jeu profondément juste. C’est ce qui m’intéresse, c’est ce que l’on développe et c’est ce qui est en jeu. C’est également ce qui rend l’explication des personnages plus compliquée parce que ce ne sont pas des personnages psychologiques, ils représentent un peu plus des entités. Ils ne sont pas classiques, ce sont des thèmes en eux-mêmes. C’est ce qui est assez particulier dans la pièce mais qui est chouette à voir !

 

Mélanie : C’est particulier pour moi parce que je n'ai pas fait de théâtre depuis dix ans donc je me remets dans le bain de quelque chose qui est complètement différent de la télé ou du cinéma. Là, il y avait plein de nouvelles choses : se remettre dans le théâtre, se faire diriger pour la première fois par Gary, comprendre son écriture qui n’est, comme il vient de le dire, pas toujours simple. On fait, je pense, ce métier aussi pour ça, pour travailler, pour découvrir, pour chercher et c’est ce qui est très intéressant dans les répétitions actuelles. C’est très plaisant de chercher sur le plateau ce que l’on doit faire, où aller, comment se déplacer, comment parler…Le costume entre aussi en jeu. J’aime tellement avoir plusieurs personnages à jouer donc, là, d’en interpréter deux est parfait !

 

De devoir switcher, Mélanie, dans une même pièce, entre deux personnages très différents doit être très riche artistiquement et très plaisant personnellement ?

 

Mélanie : Totalement !

 

Gary : J’invite vraiment les gens à venir découvrir le travail de Mélanie. On avait fait une lecture publique au début de l’année et certaines personnes n’avaient pas remarqué que ce n’était pas la même personne qui jouait l’enfant et la femme de ménage. Donc c’est assez chouette, oui ! Il y a quelque chose de très intéressant dans le travail de ces deux rôles ! 

 

D’ailleurs, avez-vous eu, Mélanie, des sources particulières d’inspiration pour vos deux personnages ?

 

Mélanie : Je les ai surtout prises dans les retours de Gary et de Vincent, qui nous aide pour la mise en scène. Je sais que je psychologise beaucoup les choses, j’ai toujours besoin de poser mille questions et de comprendre. En fait, ce qui est plus difficile là, c’est quand Gary me demande de jouer la réalité de la situation. 

 

Gary : L’endroit de recherche, pour moi, est qu’il n’y a pas de personnage. On ne va pas créer des choses avec. On est nous, on se glisse dans la peau et on rencontre une identité écrite, en fait. Mélanie, comme elle le disait, n’a pas fait de théâtre depuis un bout de temps et revenir comme cela est particulier, c’est hyper dur car la scène a vraiment une grammaire particulière. 

 

Pour la femme de ménage, il y avait le film “Ouistreham” et, pour l’enfant, “Charlie et la chocolaterie”.  

 

Mélanie : Oui, il y a plein d’inspirations mais ce qui est plus complexe, en tout cas avec mes personnages, c’est d’essayer de copier un phrasé. A un moment, je faisais des propositions de gestuelles de l’enfant mais ce n’est pas pareil quand vous êtes sur un plateau, où les choses sont décuplées et où on peut se permettre de faire des choses que l’on ne pourrait pas faire au cinéma. Pour le coup, ce que j’apprécie là, c’est de me laisser totalement diriger, je fais des propositions mais moins que d’habitude, dans le sens où j’ai plus besoin qu’on m’emmène quelque part. Chacun son métier, je ne suis pas metteuse en scène, je laisse ça à Gary et à Vincent 🙂.

 

 

 

 

Si l’on en revient, Gary, à la genèse de ce projet, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

 

Gary : Quand je travaille en écriture, je travaille pas mal en ramifications, avec plein d’univers et de thèmes différents, que j’aime ramener ensemble. Ce qui me permet de créer quelque chose qui me plait et qui est original. Dans “Grand vide”, il y a, d’une part, le côté formel, avec le comique burlesque et, d’autre part, le grand thème de l’ambition, en se demandant jusqu’où on est prêt à aller par ambition. Il y avait aussi, encore plus concrètement, le parcours d’une amie, qui était dealeuse quand elle est arrivée à Paris, pour financer ses études de cinéma. Cela m’avait un peu fasciné de me dire qu’elle avait toujours frôlé de se faire prendre, sans jamais que ce ne soit le cas. Au début de l’écriture, je me suis demandé ce qui se passerait si ça tournait mal pour elle…

 

C’est l’univers de l’entreprise et j’ai aimé vouloir le situer dans le monde de la production de la télé, que je connais bien mais ça aurait pu être également dans le monde de la banque ou dans n’importe quel autre système capitaliste, avec des hiérarchies, pour raconter la violence sourde et les rapports absurdes. C’était tout aussi passionnant de raconter les coulisses de la télé, notamment des chiffres d’audiences et de comment sont gérées les statistiques. En fait, ces dernières sont derrière tout, notamment dans le fait qu’une série continue ou non, ou qu’un personnage soit développé ou pas. 

 

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

Mélanie : J’ai cette hâte de revenir sur scène, j’adore le projet mais Gary a quand même plus de stress à mon avis, c’est son bébé, il l’a écrit et il joue dedans. En tout cas, c’est marrant, je pensais que je serais méga stressée (bon, on s’en reparle quand même deux heures avant la première 🙂) mais, là, j’ai surtout hâte. Cela fait longtemps que l’on est en répétition donc il me tarde que le public découvre la pièce. On en fait la promotion sur les réseaux, avec des photos notamment mais avant d’avoir vu cette pièce, je pense qu’on ne peut pas la comprendre. Du coup, j’ai très envie que les gens se projettent et qu’en sortant, ils nous disent avoir compris. C’est vraiment ce moment-là que j’attends donc je suis actuellement plus dans l’impatience et l’excitation !

 

Gary : Je dirais que je ne m’en rends pas compte, pour l’instant, parce qu’en fait, il y a encore tellement de travail. On est dans un process de création qui est particulier puisqu’on va travailler jusqu’à la veille de la première. On est encore dans les découvertes avec les costumes de Jules, il y a des éléments de scénographie qui sont en fin de construction avec Margot, il y a toute la création lumière qui va être faite avec Enzo. Donc ce n’est tellement pas palpable pour l’instant que je n’ai pas encore de stress. Même si c’est demain, je sais…

 

Que peut-on vous souhaiter pour ce premier mois de distribution ?

 

Mélanie : Du rire, du soutien du public, de l’amour !

 

Gary : Des salles pleines et des gens qui sont heureux ! Avant tout chose, c’est une comédie et, dans le monde dans lequel on vit, pour moi la comédie a une forte résonance. Par son biais, on peut dénoncer et raconter plein de choses, ce n’est pas un art gratuit et mineur et c’est très exigeant comme travail. Donc j’espère que ça va toucher les gens à cet endroit-là et, surtout, j’espère que ce ne sera que le début. 

 

Mélanie : Comme je le disais, j’ai envie que les gens s’approprient la pièce, qu’ils en ressortent en ayant découvert un humour qu’ils ne connaissent peut-être pas et en se disant que ça leur a fait du bien, dans ce monde complexe. Je me souviens avoir voulu faire ce métier en découvrant Louis de Funès, en découvrant “Le père Noel est une ordure”, en découvrant “Le dîner de cons”, des comédies et comédiens qui m’ont donné envie de faire rire. Je nous souhaite donc que les gens ressortent avec la banane et qu’ils aient envie d’en parler autour d’eux. 

 

En complément, quels sont vos autres projets et actualités ?

 

Gary : “Indomptables” est un projet sur lequel je travaillais depuis longtemps, c’est une comédie en duo, avec Louise Massin. C’est un film de comédie burlesque qui vient de se finir, on a fait la projection équipe il y a deux semaines donc c’est tout neuf. On commence à l’envoyer en festivals ! Je suis vraiment très content de ce film, tourné à la Grande-Motte, une ville que j’aime beaucoup et qui est architecturalement assez dingue. J’espère que ce sera la version courte de quelque chose de plus long…

 

Il y a également “Vents contraires”, un autre court-métrage, qui est en préparation. On vient de recevoir le soutien de la région Pays de la Loire. Le projet est quasiment en fin de financement et on tournera cet automne. Mélanie fera, à priori, partie du casting. Le thème est plus dramatique, cela retrace un peu mes derniers moments d’amitié avec mon meilleur ami, que j’ai perdu il y a huit ans, à la sortie du lycée. Ce projet est donc beaucoup plus intime et me tient très à cœur. Il est hyper excitant à faire !

 

Personnellement, en plus de “Grand vide”, je vais jouer dans “Alpenstock”, au théâtre du Funambule, tout le mois de mai ! Je suis très heureux de tous ces projets, dans un monde culturel secoué. D’avoir du travail n’a pas de prix donc c’est trop chouette, je me sens privilégié !

 

Mélanie : J’ai tourné, fin 2025, dans un téléfilm pour France Télévisions, “Triple peine”, de Noémie Kocher. Cela parle d’une histoire vraie et assez dure, d’harcèlement sexuel qu’ont vécu de jeunes actrices. Fleure Geffrier, une comédienne que j’aime beaucoup et mon amie dans la vie, a le premier rôle. 

 

Merci à tous les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

…

Un Si Grand Soleil, Scènes de ménages, Les fanfarons : Pablo Carolini évoque sa belle et variée actualité artistique, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Pablo,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez sur scène, cet été, au festival d’Avignon dans “Les fanfarons”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Tout à fait ! En plus, ça va être assez particulier pour moi parce que ce sera mon premier Avignon, que ce soit en tant que comédien ou que spectateur. Je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller donc je pense que je vais découvrir un peu toute l’effervescence que ça peut être. J’ai vraiment hâte de découvrir tout cela et, notamment, la parade…C’est vrai que c’est quelque chose qui me questionne, c’est une grande excitation de tester cela pour la première fois ! D’autant plus que, pour nous, ce sera assez agréable car, pendant le spectacle, nous jouons de la musique donc nous allons pouvoir expérimenter la fanfare dans son état un peu brut, en jouant dans la rue, devant les gens. 

 

L’équipe est super, j’ai hâte de vivre cela avec tout le monde, on va être ensemble pendant plus d’un mois, sans compter le festival de la Bonne Mère, à Marseille, les 19 et 20 juin prochains. C’est donc vraiment une très très grande joie, il n’y a pas trop de stress, juste de l’excitation. Je crois à 100% au projet, je suis sûr qu’il va cartonner !

 

D’ailleurs, plus concrètement encore, sans tout en dévoiler, comment présenter cette pièce ?

 

C’est une rencontre, qui se fait assez rarement, entre deux mondes que l’on oppose souvent. L’un n’a pourtant pas plus de raisons d’exister que l’autre…D’un côté, les polytechniciens, où, dans la pièce, la famille n’a pas de soucis d’argent, c’est une élite intellectuelle et financière. De l’autre, on a des jeunes qui sont les témoins directs d’une plus grande précarité, au niveau financier mais aussi dans l’accès à la culture, à Marcoussis, en banlieue éloignée voire marginalisée.

 

On y verra les clashs qui peuvent en découler, ainsi que les incompréhensions des uns envers les autres et la méfiance.

 

Quel personnage avez-vous le plaisir de défendre ?

 

J’interprète le personnage de Kévin, qui fait partie du groupe de jeunes des “Apprentis d'Auteuil” de Marcoussis. Il est en décrochage scolaire et suit des cours de soutien. A 17 ans, il est le plus âgé de la bande… 

 

Ce que j’aime dans ce personnage, c’est qu’au début, il a cette apparence assez dure et agressive et qu’il a aussi une sensibilité masquée par l’humour, lui qui accepte assez peu d’être touché par les choses. Plus on avance dans la pièce, plus ce personnage accepte sa part de sensibilité et, notamment, il se montre plus doux avec certains camarades, dont un avec lequel il aimerait peut-être avoir une histoire d’amour. C’est par le biais de la musique qu’il arrive à se transformer un peu, à prendre plus soin des autres, à assumer son humanité et sa sensibilité.

 

 

 

 

La palette de jeu doit certainement être riche et variée…

 

Complètement ! C’est quelque chose qui me plait beaucoup. La pièce est très bien écrite, tous les personnages ont cette progression-là et cet espace-là de pouvoir jouer sur une palette de jeu qui est très vaste. Cela m’attire énormément, d’autant plus que c’est quelque chose, je pense, qui est assez loin de moi, à l’origine. Je n’ai pas vécu les mêmes choses que le personnage, comme c’est le cas dans beaucoup de pièces que l’on a à défendre mais, là, j’ai eu l’impression d’avoir à faire, quelque part, une vraie composition. Pourtant, cela s’est fait naturellement, dès l’audition, alors que je ne pensais pas que ça me correspondait. Assez vite, je me suis senti bien dans le personnage et dans son récit. Ce projet est donc d’autant plus agréable pour moi que j’ai découvert, en tant que comédien, que je pouvais aller dans ces zones-là. 

 

Au-delà du festival, l’objectif est probablement de jouer la pièce, ensuite, à Paris voire en tournée ?

 

Bien sûr ! C’est en discussions…Il y a la volonté de la production de nous faire jouer la saison prochaine sur Paris puis, la suivante, en tournée mais cela dépendra beaucoup d’Avignon. 

 

En parallèle, les téléspectateurs de France 3 peuvent régulièrement vous retrouver dans la série quotidienne “Un Si Grand Soleil”...

 

Encore une fois, c’est marrant : quand j’ai passé le casting pour intégrer cette quotidienne, là aussi, je ne m’attendais pas à l’obtenir car c’est encore un personnage que je jugeais loin de moi. Après, c’est toujours le truc des comédiens de ne jamais vraiment se connaître et de ne jamais projeter les choses sur soi. Du coup, c’était aussi assez surprenant ! J’étais hyper curieux, c’est une grande première pour moi, j’ai déjà fait un peu d’image mais surtout dans des courts métrages, jamais au cinéma ni en télévision. Donc c’était beaucoup d’appréhension…

 

On entend pas mal de choses sur les quotidiennes qui sont, je pense, complètement fausses. Par exemple, on nous dit que ça va à un rythme effréné…Alors, sans doute plus que sur un film d’auteur, où on va passer une journée sur une séquence. Là, c’est impressionnant, il y a une vraie machinerie derrière : tous les jours, quatre équipes tournent, avec quatre réalisateurs différents, dans quatre endroits. Ce sont toutes ces personnes qui travaillent pour ce programme qui nous permettent, à tous, de tenir un rythme qui est quand même assez agréable. Je n’ai jamais été, sur une séquence, pressé par le temps, on n’a jamais bâclé parce qu’il fallait avancer. Cela est rassurant ! 

 

L’expérience est super, je ne m’attendais pas à cela. En plus, j’ai la chance que tout le monde soit sympa, tous les réalisateurs sont hyper à l’écoute et ont chacun leur touche personnelle. On sent qu’ils s’amusent sur le programme et c’est assez exaltant pour eux aussi ! Ce n’est pas l’usine, il y a un vrai travail artistique en amont et ils ont un temps de préparation. L’écriture, aussi, est top et on est tous en recherche artistique, on a tous à cœur de faire des propositions sur chaque séquence. Beaucoup de choses sont donc mises en place pour que le rendu final soit à la hauteur ! Donc c’est d’autant plus agréable, en tant que comédien, d’être dans ce programme !

 

La quotidienne aborde des sujets très variés, notamment au travers de l’arrivée de votre personnage, permettant de mettre en avant des valeurs d’intégration et d’acceptation notamment…

 

Complètement ! C’est quelque chose qui m’a beaucoup plu dans les scènes que j’ai eu à tourner. Sur les réseaux sociaux, j’étais content de lire des personnes qui pouvaient se rattacher à mon personnage, pour avoir rencontré des difficultés similaires d’intégration. 

 

A l’origine, pour mon personnage, on m’avait parlé de schizophrénie mais les spectres sont très larges, cela donnait un côté moins précis et je trouve que c’est un très bon choix d’avoir ciblé plus sur de l'anxiété sévère généralisée. Je suis d’autant plus heureux de défendre ce rôle, en voyant que beaucoup de téléspectateurs se sentent concernés et touchés. Cela donne une joie supplémentaire de défendre ces situations-là, dans l’intégration au travail, aussi dans comment on peut gagner alors en estime de soi, et dans les séances de psy. J’ai trouvé cela très intéressant et cela m’a donné envie, en amont, de me renseigner sur ces problèmes-là et sur comment les gens qui sont touchés réussissent à les combattre, pour avoir une vie sociale et pour s’épanouir. Cela me porte beaucoup !

 

 

 

 

Aimez-vous regarder le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?

 

Oui, oui, je regarde, et pas uniquement mes séquences mais les épisodes en entier. Même quand mon personnage n’est pas diffusé, je suis la série chaque semaine pour voir l’intrigue en cours. Cela m’intéresse d’autant plus pour ne pas être complètement largué au moment de revenir sur le plateau. En tournant une séquence, ça change quand même quand on est, ou pas, au courant de l’intrigue en cours…On est aussi aidés par les scripts et j’ai beaucoup d’admiration pour eux car leur boulot est costaud. Idem pour les costumes…C’est tellement dense, il y a tellement de choses à savoir ! Donc, c’est pour cela que, si je peux alléger leur travail, en ayant conscience de ce qui se passe pour mon personnage et pour ceux qui l’entourent, ça aide !

 

Je le fais également pour l’interprétation. Au début, c’était horrible, pour moi, de me voir mais, après, plus on se familiarise avec cela, plus on a un regard critique pertinent, permettant de déceler ce qui pourrait aller mieux. J’ai aussi la curiosité de savoir comment ça a été monté…Dès mes premières séquences, j’avais d’ailleurs été agréablement surpris du rendu à l’image, j’étais soulagé !

 

Plus globalement, c’est vrai que les studios de tournage sont à la pointe de la technologie…

 

Je tourne beaucoup en studio, à Vendargues, c’est une petite ville, tout est très bien organisé, tout est bien pensé, tout est très agréable. On est très bien lotis, tout ce qui est mis en place pour nous est assez surprenant, quand on n’en a pas l’habitude, l'équipe de transport aussi est au top, la logistique qui nous entoure fait qu’on a l’espace de se concentrer uniquement sur notre travail de comédien, ce qui est hyper agréable !

 

C’est plaisant aussi d’avoir le texte bien à l’avance…Son apprentissage ne me pose pas, du coup, de gros problème. 

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

 

D’être dans des intrigues stimulantes, qui me permettent de défendre ce personnage et qui suivent les raisons de son existence. On a beaucoup axé sur son travail donc peut-être qu’on pourrait le voir dans d’autres cadres, plus sociaux. Là, je repars pour un an au moins, pour mon plus grand plaisir et j’espère donc avoir l’occasion juste de continuer à vivre de belles aventures et de belles intrigues. Ça pourrait même m’intéresser de jouer une éventuelle rechute du personnage…Il va pouvoir traverser encore beaucoup de choses, je pense…Il reste beaucoup à dire et à voir avec lui ! 

 

 

 

 

Toujours à l’image, sur M6 cette fois-ci, vous avez tourné dans “Scènes de ménages”, où l’organisation technique sur le plateau était encore différente…

 

C’était très enrichissant ! J’y ai retrouvé, là-aussi, une bonne ambiance mais c’était assez intéressant de prendre le son uniquement à la perche. J’avais l’impression d’être à mi-chemin entre le théâtre et la télévision. Ce n’est que du plan séquence, avec une caméra fixe, dans un cadre qui l’est aussi…Tous les comédiens sont alignés, épaules contre épaules. Quand on n’a pas l’habitude, c’est assez déstabilisant au début mais c’était très agréable ! 

 

Cela prouve que, d’un programme à un autre, les habitudes sont complètement différentes. J’ai même fait une rustine, pour préciser un mot que j’avais mal prononcé. C’était, là aussi, intéressant !

 

Pour finir, vous avez un projet de court-métrage, où vous seriez comédien mais pas uniquement…

 

La création est quelque chose qui me stimule beaucoup, j’aime écrire et j’aime de plus en plus ce que l’on peut raconter avec l’image. Donc cela me tient à cœur de faire ce projet ! Je trouve que c’est assez complémentaire, quand on est aussi comédien, de se retrouver derrière la caméra, parce qu’on a une approche différente, notamment dans la direction d’acteurs. C’est très intéressant également de se rendre compte des choix à faire, celui des plans, de la lumière, de la façon de découper le film,... C’est utile dans les deux sens car, en tant que comédien, cela nous permet d’avoir une meilleure connaissance de qui fait quoi, et de comprendre les choix qui sont faits. La considération que l’on a est alors globale !

 

Merci, Pablo, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

Dérapage(s), à l'affiche au théâtre La flèche : Interview croisée avec Laura Charpentier et Barbara Castin !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Laura, bonjour Barbara,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

 

Vous êtes actuellement sur scène, chaque mercredi, au théâtre La Flèche, dans “Dérapage(s)”, pièce que vous avez écrite, Laura. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Laura : Tout à fait ! C’est un plaisir de se retrouver, déjà, entre nous. Je suis super contente parce que, sans faire trop l’historique du projet, c’est une joie de retrouver ces comédiens qui sont tous des amis, et des artistes que j’apprécie aussi professionnellement. Donc c’est joyeux ! Et puis, évidemment, on est contents de retrouver le public…Pour le moment, on a fait deux salles pleines, on est heureux !

 

Barbara : Oui, c’est un bonheur de se retrouver parce qu’on s’entend tous très bien, on s’aime autant artistiquement qu’humainement. On avait déjà travaillé avec Laura sur un projet mais c’était au moment du Covid et j’avais déjà énormément aimé ce travail ensemble, où je faisais la mise en scène. Là, c’est la première fois que je collabore avec elle en tant que comédienne, donc cette nouveauté est chouette aussi !

 

J’avais travaillé également avec Etienne et j’adore le côté famille qu’a le théâtre, j’adore retrouver des gens. 

 

Laura : C’est une super équipe ! Véronique, qui joue avec nous, et Sophie, qui fait la mise en scène, sont des amies que j’ai rencontrées en stage, je suis très heureuse de les avoir sur ce projet. J’avais rencontré Barbara et Etienne en cours de théâtre, il y a quelques années maintenant, et Guillaume est mon compagnon. Un belle troupe ! 

 

Plus concrètement, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce spectacle ?

 

Barbara : C’est une enquête policière : un homme est retrouvé mort, assassiné et on va essayer de comprendre ce qui s’est passé, en suivant un enquêteur, Laurent Cape, et son assistante, Elisa Parx. Il y a deux figures féminines, Laura joue Rose, et moi qui joue Fanny, qui vont être suspectes…

 

Laura : Je rajoute juste que c’est un thriller psychologique, sous forme d’enquête. Une spectatrice a écrit sur les réseaux : “C’est difficile de vous en parler mais c’est une véritable immersion”. Je trouve cela hyper intéressant, c’est vrai que c’est difficile d’évoquer la pièce sans trop en dévoiler.

 

Un mot chacune, si vous le voulez bien, sur votre personnage ?

 

Laura : Je suis Rose, une prostituée, dont l’amant vient d’être assassiné. Je pensais que c’était l’amour de ma vie et qu’on allait finir nos jours ensemble…Sauf que, malheureusement aussi, il était marié !

 

Barbara : Marié avec Fanny, mon personnage ! Je joue donc la femme de la victime, une grande bourgeoise, fille à papa, qui s’est mariée et qui a un petit garçon avec cet homme là. Mais leur couple se délite gentiment….

 

 

 

 

Sans doute que la palette de jeu associée doit être très plaisante ?

 

Barbara : C’est une super belle partition que Laura m’a offerte ! Déjà, parce qu’il y a quand même de la composition, ce qui est sympa ! En même temps, cette femme est présentée sous plein de jours différents, pour qu’on essaie de la comprendre. 

 

Laura : Il faut dire que plusieurs scènes sont rejouées, en fonction des points de vue des personnages. Donc ces derniers changent selon la vision et, du coup le prisme du public change également.

 

Barbara : C’est génial à faire, cela m’amuse énormément, j’adore ça ! Cela me fait penser un peu à la série “The affair”, où on suit le vécu d’un personnage avant de revivre la scène avec un autre point de vue.

 

Laura : C’est vrai que cela offre une palette de jeu qui permet de s’amuser, à l’intérieur d’un personnage, de plein de manières différentes et d’aller explorer tous ces endroits.

 

Barbara : Tout en cherchant quand même à être, bien sûr, à un endroit de sincérité et de vérité. C’est périlleux mais passionnant à faire !

 

Si l’on en revient à l’origine de ce projet, Laura, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

 

Laura : Je n’en ai aucune idée ! Je crois qu’il n’y a jamais d’idées nouvelles, il n’y a que des idées qui sont reprises. Pour tout vous dire, je faisais partie d’un groupe d’écriture de nouvelles que l’on postait, sur un site, chaque jour. C’est comme cela que j’avais écrit la première version de cette histoire, qui n’est pas du tout la même que l’actuelle. La première partie était le point de vue de la prostituée, qui a été gardé et, d’ailleurs, on suivait l’histoire de cette femme qui avait perdu son amant, on voyait comment, devant la police, elle devait faire face à cette situation, alors qu’elle était, elle-même, plutôt mal vue. Puis ça a évolué !

 

Ce qui est drôle, c’est qu’il y a eu énormément de réécritures mais une grosse a été faite après notre lecture au Lucernaire, où j’ai tiré un fil qui n’apparaissait pas dans la première version…Aujourd’hui, ce fil est devenu la thématique principale de la pièce ! Je ne vous en dis pas plus, pour ne pas tout dévoiler. Donc je pense que les idées sont venues avec le temps, avec les retours et grâce à Sophie, notre metteuse en scène, qui écrit aussi, et qui m’a apporté son regard. Elle m’a vraiment accompagnée tout au long de ce projet. 

 

Barbara : Elle t’a posé les bonnes questions mais tu étais hyper disponible à cela aussi, ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes qui écrivent. On est toujours vulnérable dans cette situation mais Laura a cette force assez admirable. Tu étais très claire sur là où tu voulais aller mais tu savais aussi prendre les retours et en faire quelque chose de constructif.

 

Laura : Ce que tu me dis me fait plaisir ! Quand on écrit, c’est très personnel et je pense que, quand on fait appel à quelqu’un, il faut arriver, ce n’est pas facile, à accepter que l’autre fasse des retours qui ne sont pas que positifs sur notre écriture et à les corriger. J’ai essayé, justement, d’accepter…Ce n’est pas toujours simple mais c’est pour le bien du spectacle !

 

Barbara : Même tardivement, lors des répétitions, tu as accepté nos remarques…Tu as hyper bien géré cela, tout en tenant sur ce qui t’importait. 

 

Laura : Je l’ai beaucoup dit, je pense que ce qui m’a également beaucoup aidée, c’est que je n’ai pas fait la mise en scène, ce qui m’a permis de me concentrer sur le jeu. Je n’étais « que » comédienne, cela me permettait aussi, quand les autres comédiens me posaient des questions sur l’écriture, d’avoir du recul.

 

 

 

 

D’ailleurs, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

 

Barbara : Que la fin est dingue ! Mais on n’en dira pas plus…

 

Laura : Les gens sont très emballés par l’histoire, par la façon dont elle est construite, par la façon dont on arrive au dénouement. Les spectateurs nous disent qu’ils vont faire venir du monde.  Mais aussi que c’est émouvant !

 

Certainement que vous continuez à peaufiner et à affiner votre jeu, représentation après représentation ?

 

Laura : On va peaufiner encore certains endroits. Globalement, ça marche très bien mais il y a des moments où on pourrait resserrer le jeu et quelques endroits d’écriture. Donc on va les retravailler. C’est du spectacle vivant donc, oui, on sera toujours amenés à peaufiner.

 

Barbara : On a beau répéter des semaines voire des mois une pièce, il faut qu’il y ait l’autre partie, à savoir les spectateurs…Cela révèle toujours des choses, que l’on ne peut pas voir avant, malgré l’exigence et l’intensité que l’on met dans le travail de répétitions. Donc c’est hyper normal de faire ces modifications. En plus, comme on joue une fois par semaine, ça nous donne aussi l’opportunité de s’en reparler d’une fois sur l’autre. On est très attentifs à ça !

 

Au-delà des premières dates jusqu’au 3 juin prochain, probablement que l’envie est grande de prolonger l’aventure ?

 

Laura : Tout à fait ! On est à la naissance de ce spectacle et l’idée serait d’avoir une exploitation plus longue l’année prochaine, puis de jouer en Avignon pour organiser une tournée.

 

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

Barbara : Il y a des spectacles que je tourne depuis quelques temps maintenant et qui ont encore des dates. Notamment “Danton, les derniers jours du lion”. J’avais aussi écrit un seule-en-scène sur l’écologie, “La beauté sauvera le monde” et j’ai des ateliers suite à des représentations.

 

Laura : J’ai vu ces deux spectacles, ils sont très beaux !

 

Barbara : J’ai deux projets d’écriture en tête, un toute seule et un autre où je serai accompagnée. 

 

Laura : Je vais faire la 150è de “Fake news” dans quelques jours, toujours avec Pascal et Didier. D’autres dates sont déjà prévues, notamment à Strasbourg. J’ai aussi un autre projet en cours, qui devrait se concrétiser, je pense, en 2027. On a déjà fait une lecture…C’est l’adaptation de “La dame au petit chien” de Tchekhov, mise en scène par Jean-Pierre Bouvier. 

 

Je suis également sur un autre spectacle, on a déjà fait plusieurs résidences. C’est une adaptation de “La petite sirène” en conte musical moderne pour adultes, et ça s’appelle “Le chant des possibles”. C’est mis en scène par Albin Duvert, l’équipe est assez géniale, tous sont chanteurs…sauf moi donc c’est très drôle de me retrouver à chanter. 

 

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

…

Danseuse retraitée : Marie Yahmi évoque son spectacle, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Marie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, chaque jeudi soir, au théâtre Le Bout, dans “Danseuse retraitée”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance, alors que ce spectacle est tout récent, d’avoir un créneau où je peux jouer chaque semaine. C’est un jeune spectacle, il a encore besoin d’être rodé et le fait d’avoir une régularité me permet de le peaufiner à chaque fois. Chaque semaine, je peux tester les changements et je sens vraiment, depuis que j’ai commencé en février, qu’il évolue encore, ce qui est chouette !

 

Si l’on en revient à l’origine de cette aventure, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

 

Il y a eu plusieurs temps, je dirais. Alors que j’étais encore danseuse, j’avais voulu faire un stage de clown et, au premier jour, je me suis fait une entorse au genou, qui m’a arrêtée pendant deux mois. Frustrée de ne pas avoir pu faire ce stage, je me suis inscrite à celui de stand-up, sur 12 jours intensifs. Cela a été une révélation ! 

 

J’avais toujours beaucoup aimé l’humour et le stand-up mais je ne m’étais jamais lancée, je n’avais jamais osé passer le cap. Là, c’était le moment, d’autant plus qu’une amie m’avait incitée en ce sens. Je me suis éclatée, j’avais même commencé à écrire des sketchs. Suite à cela, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’école…Rapidement, j’ai pu jouer 30 minutes sur scène, déjà au théâtre Le Bout, dont l’école est partenaire. C’est là, alors, que le lieu m’a proposé de faire une heure pleine de show ! Cela me correspond bien, je m’éclate encore plus qu’en participant à des plateaux…

 

En tout cas, je ne regrette pas du tout de m’être lancée. Ce n’était pas forcément le chemin traditionnel mais je m’y plais !

 

Plus concrètement encore, comment pitcher ce seule-en-scène ?

 

J’essaie de faire vivre aux spectateurs un instant de ma vie, où je suis perdue. J’ai voulu arrêter la danse parce que j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais donner là-dedans, sans aigreur mais par choix. Comme je le dis dans le spectacle, “j’aime trop la danse et je la respecte trop pour la faire à moitié”. C’est quelque chose que je pense vraiment : si je ne suis plus en phase, si je n’arrive plus à me donner artistiquement à 100%, cela ne m’intéresse plus…Je voulais donc évoquer mon quotidien, maintenant que je ne danse plus et comment je m’en sors à 34 ans, après avoir changé de vie, moi qui ai dû tout réapprendre, notamment à me gérer toute seule. J’explique comment tout a changé, sans avoir, pour autant, l’impression d’une totale volte face.

 

 

 

 

Après ces premières représentations, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les gens me disent que c’est touchant et, pour ceux qui me connaissent, que l’on me reconnaît bien, que c’est assez fidèle à ce que je suis. Oui, ce n’est pas que drôle, je ne suis pas totalement dans les codes du stand-up, les gens y voient un fil rouge et une histoire. Le public trouve que ça passe vite car il ne s’attend pas à ce que ça se déroule ainsi. Les spectateurs passent un bon moment ! Quelqu’un m’a écrit, et j’aime beaucoup, que “je fais genre d’être en surface mais pas superficielle” : c’est léger mais je vais tout de même titiller des choses de la vie de tous les jours, quand on est un peu entre deux…Tout est dans la nuance !

 

Plus personnellement, ce spectacle est-il, quelque part, thérapeuthique ?

 

Carrément ! Je n’aime pas trop ce terme de “thérapeutique” mais, en soi, il y a quand même une part de réalité. Après, je ne pense pas que j’en souffrais ni que c’était quelque chose que j’avais besoin d’exprimer absolument sur scène…C’est vrai que de me prendre la tête sur certaines choses m’a aidé à ne plus les faire : typiquement, en sortant de chez moi, c‘était seulement après avoir fermé les verrous que je me demandais si j’avais bien coupé ma plaque de cuisson…Je faisais de nombreux allers retours, alors que tout était OK…De l’avoir écrit et dit sur scène m’a aidé, dans le sens où, maintenant, je vérifie mes plaques avant de sortir 🙂. 

 

En tout cas, je pense que ça m’a permis de n’avoir aucune aigreur à arrêter la danse…Je ne le vis pas mal, alors qu’il y a des spectacles que j’aurais encore adorer faire et que je n’ai pas pu faire, comme “Notre Dame de Paris”. C’est ça, la vie : on prend d’autres voies, auxquelles on ne pensait pas et ce sera tout aussi bien…Sans pour autant que ce que l’on a réalisé avant n’ait été fait pour rien. Cela me permet d’être assez en phase avec moi-même et de relativiser plus facilement les moments plus difficiles. 

 

 

 

 

Artistiquement parlant, ce projet est l’occasion de développer une corde supplémentaire à votre arc …

 

Bien sûr ! J’ai toujours aimé la danse, j’ai toujours aimé danser mais je pense que, au fond de moi, j’avais le sentiment de ne pas être totalement à ma place. Je savais que j’aimais la danse mais je ne me suis jamais trouvée belle danseuse, je détestais me voir, je n’avais aucun recul sur moi-même. Là, je reste critique parce que c’est important mais je trouve que j’ai plus de recul et je me sens davantage à ma place ! D’être autrice et interprète est une nouvelle corde qui, au final, me correspond encore plus que celle de mes 12 ans de danse. En tout cas, j’espère que ça m'amènera encore d’autres cordes supplémentaires, ce serait génial ! 

 

Pour terminer, au-delà des dates parisiennes, vous serez, en juillet prochain, en alternance à 13h15 au festival d’Avignon, ce qui doit être encore une autre grande joie pour vous ?

 

Oui, j’ai vraiment hâte ! J’ai l’impression que je serai comme un poisson dans l’eau pendant trois semaines, moi qui adore le spectacle vivant ! Je sais que c’est fatiguant mais, pour l’instant, je ne vois que du positif. Cela va me permettre de rencontrer plein de gens, d’autres comédiens, des producteurs, des directeurs artistiques,...Ça va être super !

 

Merci, Marie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

…

Jean Yvorra évoque sa belle actualité, sur scène, à l'image et à la réalisation !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Jean,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, à Bordeaux, au théâtre des Chartrons, dans trois spectacles très différents. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, évidemment ! En plus, c’est une passion que j’ai depuis tout petit, depuis que j’ai 5 ans donc d’être tout le temps sur scène, quasiment tous les week-ends, de retrouver des camarades, d’apprendre des nouvelles pièces et de nouveaux textes est, évidemment, quelque chose qui me comble complètement. Donc, oui, c’est un privilège et une chance !

 

Certainement que chaque spectacle est l’occasion, pour vous, d’une palette de jeu très différente ?

 

C’est ça ! Oui, évidemment, on est obligé de se réinventer à chaque fois, même quand des pièces se ressemblent dans le style, que ce soit comédie, drame ou public enfants. C’est également une chance !

 

Le fait d’alterner ces différents spectacles vous permet sans doute de garder une certaine fraîcheur ?

 

Les spectacles s’enchaînent assez régulièrement mais il y a des nouveautés tout le temps donc on n’est jamais dans la routine, on est tout le temps en recherche de création.

 

 

 

 

En parallèle, les téléspectateurs de France 2 pourront prochainement vous retrouver dans plusieurs épisodes de “Haute saison”. Un mot sur votre personnage ?

 

C’est un personnage assez sombre mais aussi attachant d’une certaine manière, il est vraiment au coeur de l’intrigue et de la série, même s’il n'apparaît pas dans tous les épisodes.

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Je travaille beaucoup avec la méthode actors studio, à mon niveau modeste. Du coup, j’essaie de me plonger dans ses dialogues parce que, comme ça va très vite sur les plateaux, j’essaie aussi, le plus possible, de le rapprocher de moi-même, pour pouvoir l’interpréter au mieux. Je me document également beaucoup, je regarde pas mal de films ou de reportages en lien avec mon personnage.

 

Je savais que l’on allait repartir pour la série, vu que le pilote avait bien marché mais je ne savais pas, en fait, comment allait être réécrit mon personnage ni combien de jours de tournage j’allais avoir. Donc j’ai pris un peu de recul, même si j’étais hyper excité à l’idée de pouvoir retourner sur le plateau, pour retrouver de la fraîcheur.

 

 

 

 

Le cadre de tournage était particulièrement agréable, à tous points de vue…

 

C’était magnifique ! Les rendez-vous au HMC ou sur le plateau étaient merveilleux : je tournais la tête, à gauche j’avais l’océan, à droite j’avais les montagnes…Oui, c’était un cadre idéal pour pouvoir interpréter au mieux un personnage.

 

Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final mais aussi les retours des téléspectateurs ?

 

Oui, déjà, je suis très curieux du résultat que ça a donné parce qu’il y a eu deux réalisateurs qui ont bossé dessus. Et, évidemment, on attend le retour du public parce que, de toute façon, c’est lui qui décide s’il va y avoir une deuxième saison, ou pas. On espère qu’il va suivre et qu’il va aimer !

 

Toujours à l’image, vous avez réalisé votre premier film, l’année dernière. D’où vous est venue cette envie ?

 

Je crois que j’ai toujours, depuis tout petit, quand j’ai commencé à vouloir être comédien et quand j’ai commencé à monter sur les planches, eu ce besoin de raconter des histoires. Du coup, ça allait aussi, forcément, avec le fait de vouloir devenir réalisateur ! J’avais envie, d’un jour, pouvoir transmettre sur grand écran toutes les idées, toutes les images, toutes les photos que j’ai en tête, donc j’ai passé le cap !

 

 

 

 

Comment, d’ailleurs, pitcher “Turquoise” ?

 

C’est une invitation au voyage, on vient questionner les relations intrafamiliales, entre les différentes générations, entre grands-parents, parents et petits-enfants. C’est l’histoire d’un frère et d’une soeur qui partent en vacances dans le village de leur grand-mère et qui vont devoir nettoyer le grenier. Ils vont tomber sur des lettres oubliées, ainsi que sur plein d’objets de leurs grands-parents. Parmi les lettres, il y en a une sur l’adoption de leur maman…Ce qui vient questionner les non-dits dans les familles et ce qu’elles se cachent entre générations.

 

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

J’ai d’autres projets au théâtre qui devraient arriver d’ici l’année prochaine. J’attends des réponses de festivals pour mon film, ce qui pourra potentiellement lancer un deuxième court-métrage ou, pourquoi pas, un long-métrage. Je passe aussi des castings et je suis en phase finale pour un projet qui m’intéresserait beaucoup. 

 

Merci, Jean, pour toutes vos réponses !

 

 

 

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

…

Julien Goetz évoque sa belle et variée actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

crédit : Alice Lemarin

 


 

Bonjour Julien,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Votre actualité est actuellement riche et variée. Notamment, vous avez participé au Nikon Film Festival, avec un personnage qui vous a permis une belle palette de jeu…

 

Tout à fait ! Ce personnage, Georges Klinex, se rapproche évidemment du clown. Il est dans une tonalité qui me parle beaucoup, c’est-à-dire un endroit de maladresse poétique. C’est quelqu’un qui essaie sincèrement et généreusement, avec toute la bonne volonté qu’il peut avoir, de faire ce qu’il a à faire et de vivre sa vie mais il a des mains en mousse…Il se prend les pieds dans le tapis, ça ne marche jamais exactement comme il le voudrait et ça dérape toujours à un moment donné. Ce Nikon-là était aussi l’occasion de poser la question de qu’est-ce que l’on fait de tout ça, de comment on accepte nos ratés, nos failles, ce qui nous échappe, alors que l’on est dans une société qui essaie de contrôler, de lisser et d’organiser.

 

Le thème du festival, cette année, était la beauté et, avec Raphaëlle Dubois, qui m’a proposé de faire ce film, et qui l’a réalisé, on s’était rapidement dit que, pour nous, la beauté résidait surtout dans l’imperfection. Raphaelle est aussi une comédienne, je la côtoie depuis 5 ou 6 ans, on travaille beaucoup ensemble donc on se connait dans des endroits de fragilité de travail et on sait très bien que, l’endroit où on est les plus justes en tant qu’acteurs, c’est cet endroit où ça nous échappe. C’est d’ailleurs très spécifique, notamment, au travail de la caméra…À l'image, elle vient chercher des choses qui nous échappent, en tant qu’acteurs, alors qu’au théâtre, c’est un peu différent, on est un petit peu plus encore dans la technique, on ne peut pas tout lâcher. Souvent, les prises gardées sont celles avec de petits imprévus…Cela marche au moment du tournage mais c’est aussi vrai dès le casting, parce que, dans cette faille-là, c’est là où on voit le plus cet être humain qui est en face de nous ! Il casse alors la coquille de bien se présenter…C’est sans doute ce qui nous raconte le plus ! Il ne faut pas le cacher, il faut l’accepter et en rire…

 

Ce Nikon était pratiquement muet, ce qui m’a beaucoup plu car j’aime beaucoup ces vieilles techniques. Revenir à des choses très simples remet l’acteur au centre ! D’ailleurs, ce personnage, c’est tellement moi : j’ai sa maladresse et j’ai sa difficulté à accepter les erreurs…Je pense, en tout cas j’ose espérer, que j’ai aussi un peu de sa poésie et de sa tendresse…

 

Toujours à l’image, vous aviez participé à un épisode inédit de “Joséphine, ange gardien”, diffusé fin décembre sur TF1. Le succès d’audience a certainement dû vous faire particulièrement chaud au cœur ?

 

Oui, c’est super ! C’est une série qui existe depuis longtemps, je crois que c’est la plus ancienne de l’audiovisuel français, ce qui est assez fou ! C’était une super chance de pouvoir tenir ce rôle dans cet épisode, avec Jennifer, avec Mimi et avec tout le cast, qui était génial. C’était un des mes premiers rôles un peu conséquent, on va dire. Dans le cheminement d’un acteur, il y a toujours ce chemin où on fait d’abord des petits personnages qui passent une journée sur le plateau, qui n’ont pas de prénom, c’est le journaliste, l’avocat, le médecin et puis, après, petit à petit, progressant, on commence à avoir d’autres choses. Là, il y avait une vraie présence, avec quelque chose qui se développe chez le personnage, entre le début et la fin de l’épisode. C’était un vrai plaisir de faire cela !

 

On l’avait tourné près de deux ans avant la diffusion, donc il y avait une grande attente et c’était cool de voir que ça avait répondu du côté des fans de la série. La saveur du programme y était bien présente et c’était cool de venir y mettre ma petite touche, avec ce personnage d’ex-mari, de père surtout, qui me parle beaucoup, car je suis père moi-même. On a pu se demander comment gérer nos enfants dans une séparation, comment gérer les non-dits avec l’ancien conjoint, comment essayer de ne pas faire peser la situation sur nos enfants…Cela paraît tout simple mais ça croise plein de choses donc c’est un personnage que j’ai vraiment aimé traverser et par lequel j’ai été traversé aussi.

 

J’ai trouvé que ça marchait bien ! On a toujours cette petite appréhension : on tourne mais on ne voit pas le montage donc on se demande si ce que l’on a fait tient…Je pense que l’épisode fonctionne, qu’on est touché donc j’étais ravi ! Et puis, c’est drôle, cette série étant vraiment un petit trésor de l’audiovisuel français, j’ai eu des messages familiaux de gens dont j’ai découvert qu’ils suivaient ce programme. C’est super !

 

 

crédit : Alice Lemarin

 

 

L’intrigue pouvait effectivement parler à tout le monde, au travers des différentes arches…

 

C’est vrai ! D’ailleurs, les ados ont fait un sacré boulot, ils ont beaucoup nagé, ils ont eu un entraînement assez strict, ils se sont beaucoup donnés, notamment sur tout le travail de synchronisation. Pour la petite histoire, c’est drôle, ma nièce fait de la natation synchronisée depuis longtemps et, lorsque la production a cherché une équipe pour accompagner, la sienne a failli être retenue. 

 

On a tourné une partie des scènes dans la piscine de Saint-Germain en Laye, dans les Yvelines, là où je suis né donc c’était très drôle de tourner là-bas !

 

En parallèle, vous serez de retour, en juillet prochain, au festival d’Avignon, avec la pièce “Deux frères”. Très simplement, comment la pitcher ?

 

C’est une pièce très lumineuse, avec laquelle on a déjà fait deux fois ce festival. C’est l’histoire de deux frères qui viennent raconter leur enfance, pendant laquelle l’un des deux a été battu par leur père, mais pas l’autre. Donc ils vont s’interroger sur pourquoi cette différence et puis, on va les voir grandir et devenir adultes, jusqu’à se poser la question de devenir pères à leur tour. Forcément, cela va remuer beaucoup de choses en eux ! Cette pièce raconte surtout comment cet amour de frères va leur permettre de dépasser cette violence paternelle et de dire les choses, pour aller au-delà de ce qu’ils ont subi, l’un comme l’autre…Même si l’un des deux n’a pas été battu, il a quand même eu les répercussions de la violence et la culpabilité de ne pas forcément avoir pu l’empêcher donc c’est une pièce très intense…On y rit, on y pleure, on y est touchés et je pense qu’on en sort avec une sensation de se dire qu’il ne faut pas laisser faire ! Pas pour un côté donneur de leçon mais parce que, humainement, on a envie de se prendre dans les bras, en fait…

 

C’est une pièce écrite par Renaud Merviel, qui est au plateau avec moi, elle est importante pour nous aussi parce que c’est une pièce d’hommes qui raconte la violence masculine et qui raconte ce qu’on en fait. C’est une pièce d’hommes qui se prennent dans les bras et qui sont capables de se dire “Je t’aime”, sans que ce ne soit un tabou, ni moqué et qui sont capables de tendresse, en tout cas de maladresse dans cette tentative de tendresse. Cet endroit de questionnement, dans mon cheminement d’homme de 46 ans, est très important ! Ce qui m’intéresse, c’est de questionner comment on peut faire tendresse, entre hommes et comment on peut nourrir cette chose-là…

 

Je crois, d’ailleurs, que j’ai mis de cette tendresse-là dans les trois rôles que l’on vient d’évoquer me concernant. J’assume vouloir porter cette couleur-là, masculine, dans les personnages qui me sont proposés. Je crois que c’est quelque chose d’important pour moi !

 

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public sur cette pièce ?

 

Les gens sont très touchés par l’amour qui lie ces deux frères. Le mot “tendresse” revient beaucoup…Ils sont aussi très marqués par la capacité qu’a cette pièce à raconter un sujet dur, celui des violences infantiles, mais sans pathos…On passe vraiment par toutes les émotions, y compris des émotions joyeuses. On assume aussi des endroits de naïveté donc ça rigole sincèrement. Oui, les gens nous parlent souvent du fait d’avoir été surpris par ces montagnes russes émotionnelles…Ils ne s’attendaient pas du tout à cela ! Ils nous parlent également de la justesse avec laquelle est traité le sujet, c’est d’autant plus fou que, heureusement, ni Renaud ni moi n’avons été des enfants battus…On a joué cette pièce plus de cent fois mais c’est toujours l’histoire de quelqu’un dans la salle ! Renaud avait fait un gros travail documentaire au moment de l’écriture mais, surtout, je crois qu’il y a un endroit d’empathie, qui est au cœur de notre travail d’acteurs…

 

Dans la pièce, la violence n’est pas cachée mais elle n’est pas non plus démonstrative, il y a des moments un peu durs mais dans lesquels on ne s'appesantit jamais, il y a toujours un élan de vie qui repart. On nous en parle souvent…

 

 

crédit : Alice Lemarin

 

 

Vous êtes un artiste aux multiples cordes, qui, de l’extérieur, pourraient paraitre éloignées. Mais sans doute que, pour vous, elles doivent être très complémentaires ?

 

Oui, c’est juste ! Je travaille aussi en écriture, de fictions mais beaucoup de documentaires et, pour moi, il y a une complémentarité très forte : cela part de la même intention, d’une curiosité pour le monde qui m’entoure et surtout pour les humains à l’intérieur. Cela part aussi de questions irrésolues pour moi, de choses que je ne comprends pas en moi. Je pense que c’est ce que je cherche à résoudre quand j’embrasse un personnage, en me demandant ce qu’est sa vie, ce qu’il traverse et pourquoi il le vit comme cela. Quand je l’incarne ensuite, c’est moi qui l’incarne, avec ce que je suis et avec ma sensibilité. C’est la même chose en documentaire, c’est aller à la rencontre, c’est tendre un micro et écouter. Je crois que l’écoute est très centrale dans tout ça ! 

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

J’ai l’envie de travailler avec certains réalisateurs ou certaines réalisatrices, j’aimerais travailler au théâtre avec certains metteurs en scène, j’adorerais travailler sur certains formats de série pour creuser des sillons de personnages et déployer des choses…A l'image, j’ai envie, aujourd’hui, de soutenir des personnages masculins qui défendent d'autres récits et d’autres regards. J’ai envie de rôles qui me permettent de déployer ce qui m’importe, humainement. Cela ne veut pas dire que des rôles jolis et sympas…Je pense que c’est plutôt en chemin, j’ai confiance, j’ai la chance d’être dans une période ascendante. 

 

Merci, Julien, pour toutes vos réponses !

 

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

…

Publicité

Adèle Esseger évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Adèle,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez une belle actualité en cours ou à venir. Vous êtes en tournée théâtrale, avec deux pièces que vous aviez déjà pu jouer sur Paris précédemment. Un mot, peut-être, sur chacune d’elles ?

 

La première que l’on a montée a été “L’ordinaire histoire d’Ernest Boubouroche”, c’est un Courteline qui a été réécrit par le metteur en scène, Geoffrey Lopez. Tout a été un peu réarrangé pour que ça colle plus à la modernité actuelle. C’est plus actif, ça s'enchaîne davantage…On l’avait jouée au théâtre de Nesle et au Montmartre Galabru, nous avions même été nommés aux Cyrano 2024 pour la meilleure mise en scène. 

 

C’est l’histoire d’un bourgeois qui est un peu naïf. Il a des amis à qui il paie des repas tout le temps, sans dire que c’est problématique, juste par gentillesse. Il a, depuis 8 ans, une compagne, mais avec laquelle il ne vit pas…Il lui paie son logement et ses affaires mais elle vit avec son amant, qui se cache dans le placard quand son mari arrive chez elle. La situation finira par être découverte mais cette femme va réussir à retourner la situation à son avantage. 

 

Cette pièce est intéressante, dans le sens où, de base, elle a été écrite comme un drame mais qu’elle a été montée comme une comédie. Il y a donc les deux pendants, on creuse dans les méandres des sentiments humains, avec des partitions incroyables pour nous. 

 

La deuxième pièce est “Burn baby burn”, de Carine Lacroix, que l’on a jouée au théâtre du Petit Gymnase. Je trouve que c’est un spectacle incroyable, qui raconte l’histoire de deux jeunes femmes qui se retrouvent dans une station essence désaffectée. L’une vit là-bas et l’autre veut juste de l’essence, elle qui fait la transition pour vendre de la drogue pour son petit ami. Ces deux femmes sont donc inadaptées au possible à la société et cette dernière ne les aide pas non plus, elles sont vraiment laissées à l’abandon, personne ne les aime. En fait, en une seule journée, elles se trouvent et voient chez l’autre ce qu’elles n’ont pas. Tout va exploser à l’arrivée d’un jeune homme, livreur de pizzas. Comme elles n’ont pas de quoi payer, elles vont le braquer avec une arme et ça va mal finir…C’est un peu un roadtrip immobile, qui est incroyable !

 

 

 

 

La tournée doit être sans doute très différente mais, quelque part, très complémentaire des dates sur Paris…

 

C’est ça ! On est dans une troupe donc on est contents de partir entre copains. C’est épuisant parce qu’on fait tout nous-mêmes mais c’est génial ! On se rend compte que le public de province n’est pas le même qu’à Paris, il ne rigole pas aux mêmes choses, il ne réagit pas aux mêmes endroits donc, en fait, l’un dans l’autre, les deux sont super intéressants mais il faut s’adapter en fonction de là où on joue. 

 

Plus globalement, vous êtes une artiste aux nombreuses cordes artistiques. Vous avez aussi tourné pour TF1, dans “Demain Nous Appartient”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

J’ai tourné quelques jours à l’été dernier, pour une diffusion deux mois plus tard. J’ai eu deux équipes différentes, j’ai connu deux réalisateurs différents et je ne tournais pas non plus avec les mêmes acteurs. Donc, vraiment, c’étaient deux mondes totalement différents et c’est là qu’on se rend compte que tous les réalisateurs ne sont pas pareils, qu’ils ne dirigent pas de la même manière. Personnellement, j’ai préféré tourner avec la deuxième réalisatrice, c’était une femme qui dirigeait beaucoup plus. Elle savait ce qu’elle voulait et comment me guider. Cela m’a clairement aidée…En plus, j’ai adoré jouer avec ma partenaire, pendant l’interrogatoire de police, parce qu’elle est très douée mais aussi très gentille. Cela passait crème, c’était vraiment très agréable, il y avait de l’écoute et des échanges, c’était un vrai jeu entre nous. Donc je garde un super souvenir de ce moment-là ! J’ai beaucoup appris en la regardant…

 

Tourner à Sète a dû être très plaisant aussi…

 

Il y a pire comme endroit 🙂. De plus en plus, ils tournent en studio, où ils étaient en train de créer le marché, qui est trop stylé ! Le voyage jusqu’à Sète est long mais ce n’est pas grave, tellement la ville est agréable. 

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est particulièrement soutenu. Justement, comment avez-vous relevé ce défi ?

 

Il faut être prêt en amont, il faut vraiment bien travailler, avant, son texte et ses intentions. J’avais mes textes à l’avance et, du coup, pour ne pas bloquer l’équipe, je me suis dit qu’il fallait que je travaille beaucoup et bien ce que j’avais à faire. Heureusement, les textes étaient relativement “simples” à apprendre, ils étaient comme dans la vie de tous les jours. 

 

 

 

 

D’ailleurs, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?

 

Ce personnage était une mère de famille qui n’avait même plus la garde de sa fille donc, oui, j’ai dû aller chercher un peu plus loin que moi…J’ai été obligée de creuser autre part, de regarder un peu les gens autour de moi, pour comprendre le mécanisme du personnage : comment a-t-elle pu perdre ce gamin, alors qu’elle l’aime ? qu’est-ce que ça fait si on lui dit que c’est une mauvause mère ? Donc j’ai beaucoup observé et posé des questions à mon entourage. 

 

Sur ce programme, ou sur un autre, aimez-vous regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre interprétation ?

 

Là, oui, j’ai regardé et c’est marrant parce que, pour certaines scènes, j’ai été surprise de la prise retenue. Je laisse faire, c’est le métier du monteur, pas le mien. Plus globalement, je fais toujours confiance aux autres, chacun étant un professionnel dans son domaine.

 

Mais ça fait toujours bizarre de se voir à la télé, c’est étrange ! On ne s’y fait pas, je crois…

 

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?

 

Une pièce de théâtre que l’on va créer, si possible, en coproduction France - Corée. C’est pour cela que l’on est, actuellement, aussi en recherche de partenaires en Corée, ce qui est beaucoup moins facile à faire car moins accessible. On voudrait que ce soit une grosse création, on a envie qu’il y ait réellement une coopération culturelle, on ne veut pas faire ça dans le vent, on veut un vrai lien et un vrai pont entre deux pays. Je crois que ça fait 140 ans qu’il y a des relations officielles entre les deux, dans tous les domaines et on a vraiment envie que ce soit mis en place artistiquement, au niveau du théâtre parce que je n’ai pas l’impression qu’il y en ait énormément non plus. On est en contact, pour cela, avec la chambre de commerce et de l’industrie, on espère avoir le théâtre national, ce serait splendide ! Nous avons casté aussi des acteurs coréens, le but n’étant pas de faire une pièce franco-française, mais d’aller, si possible, jouer à l’autre bout du monde. C’est tellement intéressant car chaque pays a un jeu différent…L'équipe sera composée de Sulgyeom Kim, Eva Lapasin, Jordan Lambertoni, Hira Park et moi-même.

A plus long terme, une personne avec qui je suis en partenariat, étudie un scénario de série franco-coréenne. Là aussi, ce serait une belle coopération mais, du coup, il faut des autorisations de partout, et des visas notamment. Cela prend un temps monstrueux ! En faisant tout cela, j’apprends plein de choses mais c’est beaucoup de travail en dehors uniquement de mon jeu d’actrice, en fait. De toute façon, de nos jours, on n’a pas le choix que de créer…Et, quand on est acteur, on n’est aussi que l’interprète d’un texte de quelqu’un d’autre donc c’est aussi intéressant, artistiquement, d’être à l’initiative d’un projet. C’est chouette un artiste qui crée !

 

Merci, Adèle, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

Partager cet article
Repost0

…

Laura Masci évoque avec passion sa belle actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@natacha_lamblin

 

 

 

Bonjour Laura,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes actuellement sur scène, au Grand Point Virgule, dans “Tout va mâle ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, énormément ! C’est vrai, en plus, que je ne m’attendais pas du tout à être prise…On a passé trois tours d’audition, ce qui est raisonnable mais énormément de travail matériel était demandé (deux scènes, trois chansons, avec chorégraphie). Donc, quand j’ai été prise, c’était quand même une reconnaissance ! C’est mon premier vrai rôle en comédie musicale, à Paris, je n’avais jamais tenu un spectacle comme celui-ci, en rôle principal, sur plusieurs mois donc, oui, c’est une forme de revanche un peu sur la vie, peut-être. 

 

 

 

 

Justement, si l’on revient à la genèse de cette belle aventure, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?

 

Le côté comédie musicale ! Si cela n’en avait pas été une, je ne pense pas que j’aurais postulé…Je ne me voyais pas refaire du théâtre ! J’ai fait des études de théâtre, au conservatoire de Bruxelles mais j’étais plus attirée par le jeu cinéma, le côté très quotidien et le rapport au réel, très proche du vrai. Je me disais que le théâtre n’était plus pour moi, que c’était un jeu très projeté, trop technique mais le fait que ce soit une comédie musicale lie mes trois passions, avec la danse et le chant, et m’a incitée à postuler.

 

 

@julienjovelin

 

 

Plus concrètement encore, comment présenter ce spectacle ?

 

C’est un spectacle un peu hybride parce que l’on parle de plein de sujets. On parle de la masculinité toxique, des rapports homme / femme dans leur globalité, pourquoi il faut qu’on y reréfléchisse aujourd’hui impérativement et ce que tout cela va impliquer dans notre sexualité. Quand les hommes ont des problèmes d’érection, ça peut être l'andropause mais ça peut être autre chose aussi, ça peut être la pression qu’ils se mettent eux-mêmes. Du coup, c’est un spectacle qui déroule plein de sujets comme ceux-là.

 

Le rôle de Becky, la sexologue, va leader les hommes dans cette réflexion sur eux-mêmes et sur le patriarcat ainsi que sur la société en règle générale. 

 

Comment décririez-vous votre personnage, Becky ?

 

Becky est une sexologue un peu déjantée, qui a mis au point une méthode spéciale, un peu magique pour, justement, faire prendre confiance aux hommes, dans tous ces noeuds de leur approche des relations homme / femme. Elle a mis dix ans à élaborer cela, en tout cas c’est l’histoire que je me suis racontée…C’est son bébé, c’est sa fierté et elle a envie d’un changement profond dans la société. Cela reste une comédie, ça la fait beaucoup rire de voir ces hommes se questionner, être un peu vulnérables, voire ridicules, devant elle.

 

C’est un personnage que j’aime beaucoup, qui a énormément d’empathie et de fermeté à la fois. Elle pose de vraies questions, sur un sujet sérieux, que l’on traite, nous, avec légèreté, sous le filtre du divertissement. Ce thème me tient très à cœur, je pourrais être beaucoup plus féroce que Becky…

 

 

@julienjovelin

 

 

Sans doute que la palette de jeu associée est très large et donc très plaisante à défendre sur scène ?

 

Oui, parce qu’il y a, à la fois, le message, le contenu, le sens, le “pourquoi on défend cela ?”. C’est très important pour moi, je n’aurais pas envie de monter sur scène pour un boulevard, on va dire, classique. Peut-être plus aujourd’hui, maintenant que je me suis prise au jeu…Il y a le côté comédie qui est très précis, très technique, il faut être chirurgical et, en même temps, il y a cette folie que je m’autorise avec le personnage. Donc je peux mettre tout ce que l’on me reprochait au théâtre, notamment mes mimiques. Là, je peux tout m’autoriser, je peux être déjantée, je peux transformer ma voix, pas que dans le chant, aussi dans la comédie donc c’est hyper agréable. Je peux un peu me lâcher !

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans la peau de ce personnage, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Je me suis inspirée de psys ! C’est vrai qu’avec mon alternante, on a créé un peu une backstory autour d’elle et on s’est dit qu’elle nous faisait penser au personnage de Julian Anderson dans “Sex education”. Je pense aussi à une sexologue belge, qui donne des master class partout dans le monde. Après, c’est vrai que j’ai, moi, un côté très psy aussi, naturellement. Cela fait partie de ma personnalité de m’intéresser vraiment à comment les gens fonctionnent, à leurs failles, à pourquoi ils font cela, à leurs attachements…Il y avait donc déjà une grosse base !

 

 

@julienjovelin

 

 

L’alternance que vous évoquiez permet sans doute de garder une certaine fraîcheur ?

 

Oui, c’est très formateur ! Maintenant, les choses sont un peu plus fixées mais c’est vrai que le fait de devoir jongler avec les partenaires fait tourner la balle. 

 

Sans doute aussi que mêler jeu, chant et danse doit être très grisant ?

 

Oui ! Je suis un peu perfectionniste donc, au tout début, j’avais beaucoup de mal à être contente de ce que je faisais. Les chansons sont assez techniques, difficiles et exigeantes donc c’était difficile, pour moi, d’être contente. Je n’ai pas eu, de suite, le plaisir, je me flagellais un peu, j’ai énormément travaillé et, là, enfin, depuis un ou deux mois, je m’amuse. Cela m’a pris du temps, c’est vraiment personnel, c’était le temps de me détendre et de me lâcher.

 

 

@julienjovelin

 

 

Pendant les chansons, il est important, en plus, d’être particulièrement audible, pour permettre au public de bien comprendre les paroles, qui font le lien avec l’histoire…

 

C’est ça ! Il y a énormément de jeux de mots, en plus…Le vocabulaire est parfois alambiqué donc il faut être très carré, sinon la vanne tombe.

 

Quels retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les gens sont ravis, ils ne sont pas du tout avares en compliments : “C’est incroyable!”, “C’est vous qui chantez, c’est votre vraie voix ? Ce n’est pas du playback ? Oui, madame !” donc c’est assez grisant et plaisant. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi enthousiaste. 

 

Plusieurs directrices de casting ont trouvé cela top donc c’est cool aussi d’avoir enfin une reconnaissance du métier. Après, la reconnaissance du métier est une chose mais nous le faisons avant tout pour que les gens passent un bon moment, apprennent des choses et soient touchés.

 

Récemment, on a eu une femme avec les yeux humides, alors que c’est plutôt une comédie, même s’il y a des moments qui sont un peu plus touchants. Elle nous a expliqué qu’on l’avait faite pleurer trois fois, on était hyper étonnés. J’ai un autre souvenir très précis : dans la pièce, on aborde vraiment très rapidement le sujet du chemsex et une femme est venue nous dire, à la fin, “Mon mari est décédé du chemsex il y a quelques temps, merci d’en parler”. On était tous choqués qu’elle nous ait fait cette confession, comme cela. 

 

Je pense que, quand le spectacle commence, les gens se demandent “C’est quoi cet ovni ?” et, qu’après, ils sont agréablement surpris. C’est un parti-pris de parler de cela avec de l’humour, c’est un style, c’est le prisme d’Alex Goude. C’est un code à honorer et tant mieux si les messages passent comme cela.

 

 

@julienjovelin

 

 

Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

 

On peut nous souhaiter que ça remplisse toujours plus, encore plus, que ce soit complet tous les soirs. On espère peut-être une tournée et, oui, qu’on continue à trouver le plaisir d’être ensemble sur scène et de défendre cela pendant encore longtemps.

 

En parallèle, vous avez récemment sorti trois chansons et deux autres vont arriver prochainement…

 

J’ai un alter-ego pour la musique, qui s’appelle Niki Grace. C’est un projet à l’initiative de Marc Collin, qui est derrière le groupe “Nouvelle vague”, mondialement connu. On a fait un petit objet de cinq titres, avec une reprise de Genesis, “I can’t dance”, et quatre titres originaux. Trois titres, dont cette reprise, sont déjà disponibles sur Spotify et les autres le seront en avril puis en mai. C’est un projet 80s, ce n’est pas du tout dans la mouvance actuelle de ce qui se fait mais c’est rétro et assez dance. Les textes et arrangements sont de Marc, je suis à l’interprétation. J’y parle beaucoup d’amour…Cela m’a permis de me lâcher, de faire un projet à côté, où je pouvais oser faire un personnage un peu extravagant, pas toujours dans ce côté cadré, lisse, un peu froid de la comédienne. J’ai pu me faire plaisir !

 

 

@studioclotis

 

 

Au-delà de ces premiers titres, quelle suite aimeriez-vous donner ?

 

On verra ce que ça donne, en fonction des écoutes notamment…Je gribouille des petites choses de mon côté mais ce sont des esquisses. En tout cas, les premiers retours sont assez cool, cela me fait plaisir !

 

Merci, Laura, pour toutes vos réponses !

 

 

@emi.visions

 

Publié dans Théâtre, Musique

Partager cet article
Repost0

…

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 > >>