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Festival d'Avignon 2025 : Interview croisée avec Camille Lebreton et Manon Palacios, à l'affiche tous les soirs à 22h20 au 3S !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Camille, bonjour Manon,

Quel plaisir d’effectuer cette interview tous ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, au festival d’Avignon, à 22h 20, au 3S, dans « La face cachée du Walter’s cabaret ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Manon : La joie…mais la fatigue aussi ! C’est sûr que l’on est plongé, pendant un mois, dans une atmosphère hyper festive, c’est un peu le tourbillon, ce qui est super mais, aussi, on est là pour travailler. Surtout, on est confronté à la réalité financière du festival, à la difficulté que c’est de remplir les salles, au cout de la vie à Avignon pendant le festival, où tout est plus cher…Donc c’est un sentiment qui est quand même partagé : il y a des moments de joie mais il y a aussi des moments de difficulté !

Camille : Dans ce tourbillon-là, je trouve que l’on a l’avantage d’avoir un spectacle original, ce qui nous permet de faire de belles salles, de bien remplir, d’attirer le public. Cela joue beaucoup aussi sur la joie que l’on ressent ! On tracte dans la rue, on joue mais le travail paie car le spectacle plait ! Ca rééquilibre l’énergie, la motivation et ce pour quoi on est là !

Justement, comment pitcher ce spectacle ?

Camille : Quand on tracte, on n’a pas le même pitch…Je dis que c’est un spectacle musical et interactif, qu’il y a eu un meurtre dans un cabaret des années 30, à New-York, que le public verra les 4 jours suivants et, à l’issue, qu’il devra voter pour qui il croit être le ou les coupables. Deux scénarii sont alors possibles : un exhaustif, s’ils ont trouvé,  et un autre qui l’est un peu moins…

Manon : Mon pitch n’est pas très différent dans le fond, un peu plus sur la forme…Je commence d’abord par l’enquête immersive et interactive, avant d’évoquer le spectacle musical. Je leur explique donc qu’on a retrouvé un cadavre dans la chaufferie d’un cabaret, à New-York, dans les années 30 et que les enquêteurs étant débordés par l’affaire Al Capone, ils décident de faire appel au public pour résoudre l’enquête à leur place. Aussi qu’on chante, qu’on danse mais que la mission première du spectateur est, en votant à la fin, de déterminer qui sont le ou les coupables. Surtout, je leur demande d’enquêter le plus attentivement possible, pour trouver la bonne réponse…S’ils se trompent, il est possible qu’ils repartent sans tout savoir du meurtre !

Camille : Selon les réactions, comme on joue à 22h 20, je dis aux gens de ne pas s’inquiéter, on est sur fond de cabaret, avec de la musique en live et des numéros. Donc, s’ils sentent, parce qu’ils sont fatigués de leur journée, qu’ils n’ont pas l’attention nécessaire pour suivre l’enquête assidument, ils pourront apprécier simplement le spectacle, qui se suffit à lui-même, pendant que nous nous occuperons du reste.

 

 

Vous qui êtes, Manon, aussi à l’origine de ce spectacle, d’où vous en sont venues l’envie et l’idée ?

Manon : En fait, on a coécrit ce spectacle avec Raphael Plutino. Je suis très fan d’escape game, de Cluedo, de jeux de rôles et je suis aussi très fan de cabarets. Un jour, je lui ai dit avoir l’envie d’écrire un cabaret, qui mêlerait du jeu. On a mis beaucoup de temps à trouver comment y parvenir et est venue l’idée d’un escape game au plateau, qui soit interactif et immersif. J’ai donc mêlé 2 de mes passions pour en faire ce spectacle !

Quelles sont les principales caractéristiques des personnages que vous défendez ?

Camille : J’incarne Billie, qui est la vedette du cabaret. C’est une nana un peu tendue et un peu diva mais qui, derrière ses airs très assurés, est pleine de fragilité, pas sûr d’elle du tout. C’est un personnage très intéressant à incarner parce que, au fil du spectacle, ça demande de la nuance dans le jeu. En plus de cela, j’ai la liberté de le faire à ma guise, selon les soirs et selon où je veux essayer de guider le spectateur dans son choix final.

Manon : Je joue le rôle de Salie, une prostituée qui vient se reposer en fait dans cette espace d’arrière-cour. Ce n’est pas un lieu de passage donc ça lui permet de le faire tranquillement. C’est un personnage plus brutal que Billie, dans le sens où elle a une vie et un passé qui sont quand même violents. En revanche, je pense qu’elle a beaucoup de faiblesses et d’optimisme, elle a quand même gardé son âme d’enfant, il y a une candeur en elle, elle aspire à une meilleure vie et elle dit qu’un jour, ce sera possible…

Camille : A contrario, Billie, qui a une meilleure situation, est beaucoup plus pessimiste sur la vie et sur le destin des personnages.

On est 4 au plateau, il y a aussi Miles, muet, musicien, qui est plutôt le binôme de Billie et il y a également Ancelin, qui est un loubard de la rue, qui est plutôt le binôme de Salie.

 

 

Vous l’avez dit, 2 fins sont possibles, selon le choix du public. Qu’est-ce que cela change pour vous, artistiquement ?

Manon : Je constate qu’en fonction de notre énergie, de notre fatigue, de ce que l’on a vécu dans la journée entre nous, l’influence sur le public peut être importante. C’est assez marrant que notre état général, en tant que comédien, impacte les spectateurs !  

Quand les gens ont voté et que le verdict est tombé, cela ne change pas grand-chose artistiquement, dans le sens où on connait parfaitement les 2 fins. Dès lors que l’annonce est tombée, on se met dans l’état émotionnel du personnage qui correspond.

Quels principaux retours du public pouvez-vous avoir à l’issue des représentations ?

Camille : Que c’est original, que ça chante bien, que les musiques sont chouettes. Les gens apprécient aussi le côté live de la musique…

Manon : Le public retient l’originalité du concept. Souvent, ils nous disent, au-delà d’avoir vu un bon spectacle, avoir surtout été plongés vraiment dans un univers et avoir retrouvé leur âme d’enfant. Ils se rêvent enquêteurs, sont à fond pendant une heure et demie et oublient tout le reste.

Camille : On se faisait la réflexion, on a un public très diversifié : on a des familles qui viennent jouer ensemble, on a des couples du troisième âge qui viennent se tester aussi, on a des bandes de potes de 18 à 25 ans. C’est trop chouette, on a de tous les âges !

Manon : Cela fait plaisir de voir des bandes de potes au théâtre ! A chaque fois, je suis hyper contente de voir des jeunes venir nous voir…Le côté ludique crée du lien !

De façon unanime, des proches m’ont dit avoir entendu, tout au long du spectacle, des gens se faire des nœuds au cerveau pour résoudre l’enquête…Au début, quand on a commencé cette pièce, c’était déstabilisant d’entendre des gens parler, je craignais qu’ils soient en train de s’ennuyer mais j’ai fini par réaliser qu’ils menaient l’enquête. C’est chouette !

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Camille : Que ça continue à remplir ! Que le public soit toujours au rendez-vous, que des professionnels aussi viennent découvrir le spectacle pour nous permettre de continuer à le faire exister le reste de l’année !

Manon : Oui, c’est sûr que c’est le but principal, au-delà du remplissage à Avignon, qui met évidemment du baume au cœur et qui fait du bien au moral. On aimerait que le « Walter’s cabaret » vive toute l’année et parcoure un peu la France !

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Noémie Bousquainaud nous présente ses deux spectacles, de début et de fin de journée !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Noémie,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, dans deux spectacles bien différents. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à nouveau à ce bel évènement ?

Oui, oui ! C’est vrai que c’est un grand plaisir, je suis hyper contente de revenir cette année, en plus avec « Coucou les moches ! », un spectacle que j’avais déjà fait la dernière fois mais qui était en rodage. Là, je reviens avec un spectacle qui a tourné pendant 2 ans dans toute la France et qui est abouti, du coup je reviens plus sûre de moi. Ce n’est que du plaisir, parce que j’ai de super retours et parce que je me régale sur scène ! Surtout, je reviens dans un nouveau théâtre, à l’autre Carnot. Je n’y étais jamais allée et, vraiment, je l’adore ! L’ambiance est familiale…Tous les artistes se soutiennent, on voit les spectacles des autres, on parle entre nous, j’ai l’impression d’être en famille, ce n’est que de l’amour !

Même si on fait le festival plusieurs fois, ce n’est jamais le même … Les spectacles évoluent, on change d’équipe en changeant de théâtre…Donc c’est trop bien !

Plus concrètement, comment présenteriez-vous « Coucou les moches ! », votre seule en scène, que vous jouez les jours pairs, à 21h 30 ?

Cela a beaucoup évolué en 3 ans, j’ai changé énormément de sketchs, il ne reste peut-être qu’un tiers du spectacle initial. Il y a beaucoup de dérision et d’autodérision, cela s’adresse à tout le monde, le rire y est prédominant. Des messages sont passés, sur le fait que ce n’est pas si important d’être beau ou moche, sur le fait qu’on a beaucoup trop de critères en amour qui peuvent nous empêcher d’avancer… mais le plus important est de passer un bon moment tous ensemble ! J’ai énormément d’interaction avec les gens, j’en fait même monter sur scène mais c’est toujours bienveillant, c’est de la moquerie entre copains et copines. On rigole ensemble, on se charrie ensemble, c’est une bonne soirée entre potes !

 

 

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

Ils sont super positifs ! En fait, les gens me disent que ça leur fait du bien et qu’ils ont passé une super bonne soirée. Les pros me remontent aussi que le spectacle a énormément évolué, que je suis très à l’aise et qu’il y a quelque chose de très solaire : même si c’est une base piquante, on en ressort avec quelque chose de bienveillant ! Donc la moquerie n’est pas forcément quelque chose de méchant, c’est aussi une façon de tisser des liens ensemble, de se moquer de soi-même et de taquiner les autres.

En début de journée, vous jouez dans un spectacle jeune public, « Toque chef »…

On est sur deux salles, deux ambiances ! C’est un spectacle qui a un an pile, que l’on a co-écrit avec Fabienne Candela, habituée aux spectacles d’enfants. C’est un concours de pâtisserie, avec deux concurrents, où les enfants participent pleinement au spectacle, en étant le jury. Les concurrents s’embêtent, essayent de faire perdre l’autre, se font des petits coups de Trafalgar et les enfants dénoncent et soutiennent un candidat ou l’autre. C’est hyper interactif ! On leur fait aussi sentir des odeurs pour trouver l’ingrédient mystère d’un des concurrents, on en fait monter sur scène afin de faire une danse avec nous, qui peut aider le concurrent à gagner…On leur pose également des questions au travers de quizz.

 

 

C’est un pari gagné car, selon de nombreux programmateurs, c’est un spectacle pour enfants avec beaucoup de blagues à deux niveaux. Les retours sont super bons, les parents sont aussi contents que les enfants, ce qui est jouissif. Les adultes rigolent davantage des sous-textes, c’est vraiment un amusement pour nous !

Le rythme de votre journée doit être intense…

C’est fatiguant, c’est vrai ! En plus, ce sont deux spectacles très dynamiques et participatifs…A la base, je viens des pièces de théâtre mais j’adore faire mon one, c’est une tribune d’expression que j’aime, j’y fais passer tous les messages que je veux et c’est vrai que c’est jouissif d’être seule sur scène face à une salle. En revanche, le théâtre me manque alors un peu quand même…Le duo que je fais en tournée avec Thierry Marquet comble ce manque mais ça restent des personnages proches de nous, tandis que, dans le spectacle pour enfants, ce sont vraiment des personnages qui n’ont rien à voir avec nous, où on peut extrapoler les caractères, où on peut faire des bruits, où on peut parler de façon rigolote…C’est comme si nous étions redevenus des enfants, à jouer comme des gosses…On se régale, c’est vrai !

 

 

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de ces belles aventures ?

Toujours autant de monde dans les salles, de rires et de gens heureux ! On est super contents jusqu’à présent, il y a plein de spectateurs, les gens sont joviaux…C’est la première fois que je joue aussi tard, à 21h 30 et, vraiment, le public est hyper sympa et très dynamique. Il n’y a plus la chaleur de la journée, les gens peuvent encore plus se décontracter, ils sont super !

Aussi plein de nouvelles programmations, notamment dans des mairies, qui viendraient compléter la grosse tournée qui m’attend dans les cafés-théâtres jusqu’à fin 2026.

Merci, Noémie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Ana Piévic nous présente sa pièce, qu'elle interprète chaque matin à 10h10 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Ana,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, à 10h 10, au théâtre Le grand pavois, dans « Laissez mon cheval libre, il sait où aller ! ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à nouveau à ce bel évènement ?

Oui, tout à fait ! En plus, c’est ma première fois en tant que comédienne, c’est donc vraiment nouveau pour moi ! J’avais un petit peu peur, j’avais évidemment un peu d’appréhension mais, en fait, j’adore ! J’adore l’ambiance, j’adore toute cette euphorie, on est porté par cette énergie, …même pour tracter ! Ce n’est pas du tout mon truc mais je le fais car tout le monde est dans le même bain.

Je suis vraiment ravie de faire ce festival, surtout avec un texte que j’ai écrit. C’est encore plus touchant ! Je suis d’autant plus contente que l’on est dans de très bonnes conditions, le théâtre est super, on est très bien accueilli, j’ai une super équipe, tout est nickel !

Plus concrètement, comment présenteriez-vous votre pièce ?

Je dirais que c’est une quête de sens à travers la nature, c’est une très belle histoire d’amitié, c’est un voyage initiatique.

Ce sont 4 amis qui se connaissent depuis tout petits, que l’on voit à différents âges dans la pièce. Trois sont très joyeux et prennent la vie comme elle est, alors que le quatrième est très cynique et se pose toujours plein de questions. Ce dernier quitte son village parce qu’il pense que la réponse à ses questions est ailleurs…Du coup, il fait différentes rencontres, de différentes cultures et musiques. Cela éveille quelque chose en lui mais pas suffisamment…jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose d’un peu mystique !

C’est une découverte de soi, c’est vraiment une quête de soi-même, c’est quelqu’un qui, au départ, est très égoïste, très égocentré et on va voir comment il évolue. C’est un beau voyage, c’est musical, théâtral, poétique, un peu philosophique…Il y a de la vidéo, un peu de danse, du chant aussi bien sûr, il y a beaucoup de choses mais tout est à sa place et très bien structuré !

Vous qui êtes à l’origine de ce spectacle, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

Pour être honnête, c’est un ami qui m’a poussée à le faire. J’ai des origines slaves et j’avais écrit des poèmes il y a longtemps. Je me suis servie de ces textes anciens pour en faire un puzzle et je me suis évidemment fiée aussi à mon parcours personnel, en le déguisant. Pour moi, l’amitié et l’amour n’étaient pas des choses innées à la base et je les ai découvertes peu à peu dans mon parcours…J’ai, du coup, voulu partager cela d’une façon originale !

 

 

Quel regard portez-vous, plus personnellement, sur votre personnage ?

Je défends notamment Zoran, le personnage principal, tant qu’à faire ! On joue, en fait, chacun trois rôles, j’ai le rôle de deux femmes et d’un homme.

Zoran est donc en quête de lui-même et de quelque chose qu’il n’arrive pas à définir au début. Comme il fait, ensuite, des rencontres au cours de son voyage, chacun des comédiens change sa posture pour interpréter ces différents personnages.

J’adore, c’est très varié ! Cela me permet de jouer beaucoup de choses. En fait, j’avais depuis longtemps envie de jouer le rôle d’un homme et, là, je m’amuse vraiment beaucoup. Bizarrement, le rôle des femmes m’angoisse plus, c’est marrant…

Je tiens vraiment à souligner le travail de mes partenaires, qui sont formidables dans ce qu’ils amènent, en termes d’énergie, de jeu et de musicalité. Les gens nous le disent, ils nous sentent soudés, ce qui nous fait chaud au cœur ! Je suis très heureuse de cette équipe !

Plus globalement, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

On a beaucoup de chance, les gens nous ont tous dit être très émus. Ils sortent en silence, on en voit même qui pleurent et c’est une émotion, quelque part, libératrice. Cela prouve qu’il y a une sincérité dans le texte. C’est un parcours personnel, je n’ai pas menti sur le sujet… Cette pièce est également joyeuse dans certains de ses passages…Les retours sont donc super positifs, on est très heureux !

Comme ce spectacle touche à plein de choses, un spectateur m’a dit une phrase très touchante, à savoir que « l’on se retrouve tous dans le personnage de Zoran ou dans ses questionnements ou dans son parcours ou dans ses découvertes ».

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?

On espère que la salle soit complète, ce serait super ! Ce serait une belle fin de festival si ça pouvait l’être sur plusieurs dates…

On a une tourneuse donc j’espère que l’on vendra ce spectacle, pour d’autres programmations ailleurs en France. On a d’ailleurs déjà une piste…

Merci, Ana, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Julien Masdoua nous présente sa nouvelle création théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Julien,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, à 18h 50, au théâtre de l’atelier Florentin, dans « Theatrophobia ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à nouveau à ce bel évènement ?

Oui, oui, c’est super de revenir ! C’est chouette, il y a un vrai bonheur d’être là cette année encore et j’espère que l’on va pouvoir revenir plusieurs années d’affilée…

Plus concrètement, comment présenteriez-vous votre pièce ?

Charles est un homme qui a peur du théâtre, il est donc théâtrophobe et il fait 2 ans de thérapie. Sa psy l’amène au festival d’Avignon, dans un théâtre, pour la première fois depuis très longtemps dans sa vie, afin de finaliser cette thérapie. Seulement, le théâtre choisi est un mauvais théâtre puisqu’il est hanté par le fantôme d’une spectatrice, qui est morte d’ennui, tellement le spectacle qu’elle a vu 10 ans auparavant était pourri !

Vous qui êtes à l’origine de ce spectacle, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

Il y a eu plusieurs choses…Le dernier spectacle que j’avais écrit, et que j’avais d’ailleurs joué ici il y a 2 ans, était autour de Shakespeare. C’était presque onirique, il n’y avait pas vraiment d’histoire, on était sur quelque chose de proche du théâtre de l’absurde, sans vraiment de trame…Et, cette fois-ci, je voulais une vraie histoire, avec un début et une fin ! Ensuite, la deuxième chose est que j’avais découvert que la théâtrophobie existait…J’avais vu cela dans un musée lors d’un voyage à Budapest, je m’étais dit qu’il faudrait, un jour, que j’écrive là-dessus car c’est quand même assez dingue.

Puis, il me fallait un cadre, tellement je voulais faire plaisir à ma troupe. On a fêté nos 20 ans il y a quelques temps, ce sont des gens avec qui je travaille depuis très longtemps et je voulais leur offrir un beau spectacle. Je voulais que les acteurs et actrices qui jouent avec moi soient heureux de jouer un spectacle qui soit presque une commande…Cela m’arrive de faire une commande de l’extérieur, là je voulais que ce soit une commande de l’intérieur, de la part des comédiens et comédiennes. Je leur ai dit que j’allais écrire une pièce sur un thème un peu particulier mais qu’ils ne devaient pas de soucier de ce dernier, je voulais simplement qu’ils me disent ce qu’ils aimeraient jouer sur scène si c’était leur dernier spectacle…Là, ils m’ont fait des doléances, que j’ai toutes mises dans le spectacle !

Aussi, je voulais jouer avec ma filleule, qui a 8 ans, qui est la fille d’une de mes comédiennes et meilleures amies, Marion Trintignant. Elle qui baigne là-dedans depuis qu’elle est née, elle est très douée, du coup j’ai aussi fait cette pièce pour qu’elle puisse avoir un vrai rôle…Elle est donc là, avec nous, c’est son premier festival d’Avignon, à seulement 8 ans, c’est chouette !

Quel regard portez-vous, plus personnellement, sur votre personnage ?

Je suis un grand fan de cinéma, j’ai grandi dans les années 80/90 donc, pour mon personnage, je me suis basé sur celui interprété par Bruce Willis dans « Piège de cristal », John McClane. Pas pour le côté héroïque mais pour le type qui est au mauvais endroit au mauvais moment…Je me suis demandé ce que donnerait ce film dans un théâtre. Déjà, physiquement mais aussi mentalement : quelles aventures devrait-on vivre si on était en lutte et en confrontation avec ce théâtre, avec le lieu, avec ce qui s’y passe, avec les différents corps de métier ? C’est aussi pour cela que ma parade est une allusion au troisième volet de la saga, « Une journée en enfer » : lui se trimbale avec une pancarte dans les rues de Harlem, je me balade avec ma pancarte dans les rues d’Avignon, lui le fait en insultant les noirs et je dis que j’ai peur du théâtre. Donc c’est un peu le même délire et il y a plein de gens qui reconnaissent l’allusion.

 

 

Il y a pas mal d’influences comme cela, beaucoup de « Shining » aussi, ainsi que « Alice au pays des merveilles ».

Mon personnage est un pauvre type, qui est un peu le repère des spectateurs : qu’est-ce que je ferais si ça m’arrivait à moi ? En réalité, on est 7 et si on prend indépendamment chaque personnage, on pourrait considérer que la pièce est son histoire et qu’il en est le héros. Chaque personnage a vraiment un arc narratif qui boucle à la fin et on ne peut pas vraiment dire que c’est moi ou un autre comédien qui est le personnage principal…C’est chouette, je suis très content de cela !

C’est une pièce immersive, mais, comme à l’habitude, dans le respect de la tranquillité du public…

Ça commence dans la salle puisque Charles venant au théâtre avec sa psy, il suit les gens, il rentre avec les gens…Il y a quand même un bon tiers de la pièce qui se passe dans le public, avant que le spectacle que l’on est venu voir ne démarre. A ce moment-là, les gens ne sont pas déçus !

J’ai lu une chouette critique sur la pièce, il n’y a pas longtemps, où le spectateur avait eu un mot très juste, que je me permets de reprendre : « Ce n’est pas qu’on brise le quatrième mur, c’est qu’on met le quatrième mur derrière les spectateurs ». J’ai trouvé cela d’une justesse, j’étais jaloux ! En réalité, c’est exactement ce que l’on fait, comme on l’avait déjà fait sur d’autres spectacles précédemment. Il ne s’agit pas de briser le quatrième mur, il pourrait y avoir encore des spectateurs qui regardent les spectateurs donc oui, ce qu’a dit cette personne est très vrai !

C’est immersif mais ce n’est pas interactif : on ne prend pas les gens à parti, on ne leur demande ni de répondre ni de parler, ils sont là, on en tient donc compte mais on ne leur demande pas de jouer, ils ne deviennent pas des acteurs…C’est vraiment important, je trouve, car on ne vient pas forcément au théâtre pour cela. Malheureusement, souvent, c’est au prix de ridiculiser quelqu’un …C’est un métier !

Plus globalement, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

Ils sont fantastiques, ah oui ! Je n’aurais pas pu demander de plus beaux retours…C’est incroyable de voir à quel point les gens sont dithyrambiques. Il y a 2 à 3 points forts sur lesquels ils insistent et qui reviennent. D’abord l’originalité de la pièce, les gens disent que c’est un OVNI théâtral, ils ne s’attendent pas du tout à cela…Cela me flatte énormément ! Ensuite, c’est l’énergie : ça va à fond, vraiment, pendant une heure et quart, mon personnage est sur les nerfs du début à la fin, afin de résoudre un trauma. Et, bien évidemment, j’en suis très fier, les gens rient beaucoup au début, ils ont l’impression qu’ils vont assister à une pièce de café-théâtre, avant que ça ne bascule et que ça parle de choses beaucoup plus profondes. Il y a même des gens qui pleurent…

Cette pièce est une vraie réflexion en fait, déjà sur le théâtre mais aussi sur pourquoi on s’empêche de faire des choses, d’où ça remonte et comment on résout tout cela. Jusqu’à quel point doit-on encore se trimbaler des choses qui nous sont arrivées quand on était des gosses ? Il y a un gros travail là-dessus : « Theatrophobia » parle de la phobie du théâtre mais, en réalité, ça parle de la phobie d’une façon générale, avec, comme cas particulier, le théâtre parce que c’est plus rigolo. Mais on aurait pu le faire sur d’autres phobies encore, ça aurait été quasiment la même pièce !

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?

D’abord, que les gens continuent à venir et qu’ils soient toujours aussi contents ! Pour l’instant, ils sont dithyrambiques, ils se lèvent à la fin du spectacle, je les accueille dehors, ils veulent faire des photos, sont comme des fous et ont de plein de questions, pour comprendre comment on a écrit cela. Donc le plus important est vraiment que ça continue ainsi, que les spectateurs ne soient pas déçus car j’ai fait cette pièce pour eux.

De façon plus terre à terre, on est au festival d’Avignon comme tout le monde pour monter une tournée. Donc l’idée est que cette pièce ne reste pas que dans le sud de la France, pas qu’à Montpellier ou à Avignon, mais qu’elle fasse toute la France et qu’elle tourne. Elle est créée pour cela, elle est assez légère en termes de logistique et on a très envie de la montrer à un maximum de monde.

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Je continue les tournages, évidemment. Je suis toujours sur la quotidienne « Un Si Grand Soleil » et je viens de finir un mois de tournage pour un téléfilm à Bordeaux, dans lequel je joue un gendarme.

A la rentrée, on reprend bien sûr toutes nos activités théâtrales. C’est un peu comme la Comédie Française, une fois que nos pièces sont créées, elles ne sont pas mises dans un placard, elles sont potentiellement jouables. D’ailleurs, il se peut que, l’année prochaine, on vienne à Avignon non pas avec une mais avec deux pièces, on verra…Pas forcément une création d’ailleurs mais quelque chose que l’on ressortirait… J’ai aussi pas mal de commandes, pour des pièces que l’on joue dans des espaces dédiés, ce que j’adore ! Récemment, on était en Belgique, au fort de Huy, où on a monté une version immersive de « Sherlock Holmes » où le personnage se promène dans le fort. Enfin, je suis toujours sur l’écriture de scenarii pour la télévision. Il n’y a pas de quoi s’ennuyer !

Merci, Julien, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Maëlis Adalle évoque la pièce qu'elle joue à 18h50 au théâtre des Béliers !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Maëlis,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, à 18h 50, au théâtre des Béliers, dans « Le dernier cèdre du Liban ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à ce bel évènement ?

C’est ça ! C’est mon tout premier festival d’Avignon, on n’arrête pas de me le répéter et je le constate, j’ai vraiment des conditions en or. C’est un théâtre vraiment accueillant, qui a déjà son public donc notre salle s’est très vite remplie. On n’a pas eu besoin d’afficher ni de tracter…Vraiment, mon tout premier Avignon est vraiment en or, ça se passe très très bien, j’ai même le temps de me reposer…

Plus concrètement, comment présenteriez-vous votre pièce ?

C’est une histoire de transmission, entre une mère et une fille qui n’ont jamais pu se rencontrer. En fait, il y a un intelligent passage entre le présent et le passé où, à travers des enregistrements, on découvre l’histoire de la mère, tout en traversant le parcours de la fille, au travers de sa colère, elle qui a grandi en orphelinat. Le spectateur comprendra aussi pourquoi elles en sont arrivées là…

Quel regard portez-vous, plus personnellement, sur cette fille que vous interprétez ?

J’ai beaucoup de compassion pour elle…On n’a pas du tout le même parcours mais je me retrouve beaucoup en elle, dans certains morceaux de sa colère et de sa psyché. Je m’identifie beaucoup à elle !

C’est nouveau, pour moi, de jouer tous les soirs une même pièce. Généralement, quand je jouais dans des pièces amateurs, c’était terminé au bout de 2 à 3 jours alors que, là, ça fait vraiment 2 semaines que l’on est à fond et on va même partir pour 6 mois à Paris après. Du coup, je me rends compte que j’arrive de plus en plus à lui donner mon corps et j’ai énormément de compassion parce que je sens, physiquement, qu’elle souffre constamment, qu’elle a tout le temps une boule au ventre, qu’elle est tout le temps en tension…Tout cela me donne envie de pleurer et me nourrit énormément chaque soir sur toute la traversée. Je l’aime beaucoup donc l’interpréter me permet d’être là pour elle !

Les émotions traversées par votre personnage vous permettent sans doute une palette de jeu variée…

Oui ! Vraiment, c’est un personnage rêvé, qui est super intéressant ! Mais tous nos personnages sont super bien écrits. Leur trajet et leur psyché sont super bien faits. J’ai reçu un commentaire très juste, sur Instagram, disant que l’on « traverse le personnage d’Eva avec sa colère souvent refoulée » : au fil des enregistrements, on s’attache à elle, on comprend sa douleur et, même si elle n’arrive pas à l’exprimer clairement, on la ressent avec elle. Donc, oui, cela me permet énormément de choses !

Mais il y a aussi les personnages d’Azeddine Benamara…Magali Genoud et moi interprétons la mère et la fille, et Azeddine joue tous les autres personnages. C’est super intéressant pour lui, il interprète aussi bien des hommes que des femmes : à chaque fois, dans son corps et dans sa voix, les gens arrivent à reconnaitre qui est sur scène et quel personnage il est…

Comme c’est très écrit par Aida Asgharzadeh, cela nous donne énormément de choses à jouer et nous aide beaucoup !

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

Le rythme du festival fait que, généralement, les gens sont pressés ici…Mais, souvent, les spectateurs sont bouleversés…Je le vois d’ailleurs aux applaudissements, ils sont très touchés et pleurent avec nous. On sent que l’histoire fait écho !

 

 

Sans doute aussi que, au fil des représentations, vous continuez à affiner votre jeu ?

Les émotions sont tellement fortes et puissantes que tu ne peux pas faire autre chose que de les vivre dans le moment présent. Si tu essaies d’inventer ou de faire semblant, ça ne marchera pas. En fait, tu es tellement intime avec ce que tu es censé transmettre que tu ne peux pas faire semblant…Du coup, tous les soirs ça change, tous les soirs j’affine et je précise. Grâce aux merveilleux conseils de notre metteur en scène Nikola Carton, à chaque représentation, j’essaie d’approfondir et de peindre au mieux tout ce que traverse Eva…

J’ai ma sensibilité à moi, qui n’est pas forcément la sienne, du coup, au départ, je mêlais un peu les deux et c’était peut-être un peu trop dans ma sensibilité et non pas dans sa vulnérabilité à elle…J’ai travaillé sur ces petits détails et Nikola m’aide beaucoup à me concentrer, à la trouver aux bons endroits et à la nuancer tous les soirs.

Les représentations ont lieu à 18h 50 et il y en a même deux le mardi. Cet horaire est un parfait compromis pour le public…

Oh, oui ! Je le disais, c’est un Avignon doré, avec ce bel horaire ! Même pour nous….Je me faisais la remarque de ne pas trop souffrir de la chaleur d’Avignon car je ne sors qu’à 17h, quand il fait moins chaud. Bon, par contre, le mardi, en arrivant au théâtre en milieu d’après-midi, je sens la différence !

En tout cas, après la pièce, les gens peuvent tranquillement aller manger donc c’est vrai que c’est un horaire très favorable !

Le fait de ne pas avoir à tracter joue énormément sur la fatigue ! Je suis bien…

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?

Que ça continue à plaire à un maximum de personnes et que cette histoire puisse continuer à vivre encore longtemps ! On a envie de continuer à la raconter, elle est très touchante, elle parle de choses très vraies et très actuelles…Donc j’espère que les gens vont continuer à aimer le spectacle et à nous suivre, pour que cette aventure se poursuive !

Merci, Maëlis, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Clémence Camus évoque sa belle et diversifiée actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Clémence,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Le spectacle « Le sourire de Luis » sera de retour à l’affiche, au théâtre de Passy, dans quelques mois. Sans tout en dévoiler, comment le pitcher ?

On a joué tous les mardis après-midi et on sera de retour en novembre / décembre. C’est une fantaisie lyrique sur la vie de Luis Mariano, où se mêlent comédiens, danseurs et chanteurs. C’est une joyeuse troupe qui, au travers d’airs connus de Mariano, distille des informations sur sa vie, sur qui il était, sur ce qu’il avait envie d’être. C’est une pièce sans chichi et je trouve que ça fait du bien, c’est le retour que l’on nous fait en tout cas. De revivre ses grands succès permet un retour dans le temps !

 

 

Au moment de préparer ce spectacle, vous étiez-vous (re)plongée dans le parcours et dans l’œuvre de l’artiste, pour mieux encore vous en imprégner ?

Je les connaissais déjà très bien donc j’avoue que je n’ai pas eu besoin de m’y remettre plus particulièrement. Mais, en tout cas, j’ai appris des choses au travers de l’écriture et des répétitions. C’était sympa, les autres artistes distillaient aussi des informations, cela a nourri notre jeu et notre complicité sur le plateau. Comme souvent au théâtre, on a eu la liberté de s’approprier nos rôles et de sortir parfois un peu de ce qui est écrit, pour enrichir l’interprétation et les relations avec les personnages. C’était cool !

J’ai amené une équipe de danseuses, on est 4 comédiennes / danseuses et il y en avait qui ne connaissaient pas du tout, qui avaient peut-être vaguement entendu une ou deux chansons avec leurs grands-parents. Certaines m’ont dit s’être souvenues de ces moments-là et cela leur a fait bizarre ! Il y en a même qui ont des enfants et qui écoutent maintenant le chanteur avec eux, à la maison. Si on arrive, nous les artistes, à le faire, potentiellement le public fera de même à l’issue du spectacle, en réécoutant chez eux des chansons qu’ils auront découvertes.

 

 

Le théâtre de Passy est un très beau théâtre de quartier, parfait pour ce spectacle…

Oui ! Il faut le dire, le créneau du mardi à 15h n’est pas facile mais il correspond à notre style de public. Le choix du lieu n’est pas un hasard non plus…Le bouche à oreille commence à marcher : sur les 8 fois que l’on a joué la pièce, des gens nous ont déjà dit avoir eu écho de la pièce grâce à des voisins. Je crois, clairement, que c’est un spectacle qui va marcher aussi comme cela !

En complément, à la mi-juillet, du 17 au 19, vous serez sur scène, à côté de Jarnac, dans le cadre d’un festival…

Je suis chorégraphe et danseuse sur un opéra, « La Traviata », de Verdi, que l’on jouera au festival « Les 3 coups de Jarnac ». Cela a été créé par « Opéra Clandestin », qui a vocation à faire découvrir l’opéra à un public qui n’y a pas forcément accès et, parfois, dans des lieux qui ne s’y prêtent pas. On vient de fêter les 10 ans avec un grand happening à la gare Saint-Lazare, en chantant des airs d’opéra. L’idée est vraiment d’aller là où le public n’a pas l’habitude ou la possibilité d’entendre cette musique…

C’est d’ailleurs aussi ce que l’on nous dit sur le spectacle de Luis Mariano, les gens sont étonnés et ça leur fait du bien d’entendre de telles voix d’opéra au théâtre de Passy.

Pour en revenir à votre question, ce festival s’est donné pour mission, depuis 6 à 7 ans, de fidéliser son public autour de pièces de théâtre et, cette année, ils ont eu envie d’ouvrir la programmation à l’opéra aussi. C’est un pari pour eux, c’est la première fois qu’un opéra sera proposé pour l’ouverture et la clôture, en plus des pièces de théâtre.

 

 

Le principe de notre spectacle est que les solistes ainsi que les danseurs sont professionnels mais que, ensuite, on s’associe localement avec des amateurs. En qualité de chorégraphe, j’ai un travail à faire en amont avec l’école de danse ou le conservatoire qui aura été trouvé proche de la région pour participer bénévolement à ce projet. Là, j’ai formé des danseuses d’Angoulême sur deux à trois week-ends depuis février dernier, c’était intense pour moi aussi !

Un peu plus tard dans l’été, à la fin d’août, dans le Tarn, aura lieu la deuxième édition d’un autre festival, où les lieux changent chaque soir…

Avec mon compagnon, on a créé un festival non loin de chez nous, dans le Tarn, « Rencontres artistiques en montagne noire », qui propose des spectacles d’art lyrique, de musique classique et de danse. On s’est associés à plusieurs autres festivals d’Occitanie, qui sont plus anciens. L’idée de base est aussi d’éviter de faire des choses chacun de son côté, couteuses, qui demanderaient beaucoup de répétitions aux artistes pour une seule date…On se regroupe en Occitanie, on s’associe, on joue la même œuvre, une opérette, « La belle Hélène » cette année, pour permettre aux artistes de faire une mini tournée. Cela maximise le jeu et minimise les couts !

 

 

Pour la partie tarnaise, l’idée, encore une fois, est d’amener l’opéra chez nous ! On va beaucoup plus facilement au théâtre qu’à l’opéra donc on amène cette dernière aux gens, derrière des portes beaucoup plus faciles à pousser. On a déjà joué dans la cour d’un château, dans des églises, dans des temples, dans un gouffre, …Pour cette deuxième édition, on aimerait garder des lieux emblématiques et nous sommes d’ailleurs toujours en recherche d’endroits insolites. Chaque région a un super patrimoine, c’est l’occasion de le faire découvrir !

En l’occurrence, beaucoup de locaux ont profité de notre soirée pour visiter le gouffre, qui n’était qu’à quelques minutes de chez eux et qu’ils n’avaient jamais vu. On fait donc vivre le patrimoine de la montagne noire et du Tarn !

On sera une quarantaine d’artistes sur le plateau, on s’associe avec une école locale de danse et cette année, on va encore plus loin, en proposant avec eux une soirée entière sur le thème des 4 saisons de Vivaldi. Professionnels et amateurs se mêleront dans un super lieu, une abbaye qui permettra au public de vivre une soirée un peu hors du temps, ce qui est cool !

Dans cet agenda bien chargé, toujours dans le Tarn, vous finalisez avec votre compagnon la construction d’un lieu culturel permettant de donner de magnifiques conditions de travail à de jeunes compagnies…

Oui, on a eu l’opportunité de racheter un ancien corps de ferme et on a eu envie d’y créer un lieu de résidence artistique, en tout cas, un lieu éclectique. Il est actuellement déjà ouvert aux voyageurs…Donc si vous voulez venir y passer des vacances pour découvrir la région, vous êtes les bienvenus !

En plus des hébergements, on y retrouve un théâtre, un studio d’enregistrement, des salles de répétition donc le voyageur pourra croiser l’artiste sur place. On s’est servis de nos histoires personnelles, on a fait le constat qu’il y a de plus en plus de lieux de résidence pour créer des spectacles mis à disposition par des municipalités, mais qui présentent des contraintes d’horaires. Ce qui est parfois compliqué au moment d’une création…On a donc eu l’envie de proposer un lieu où les gens peuvent dormir, manger, créer, que ce soit de la musique, des spectacles, du théâtre, sans avoir à sortir. Il y a tout ce qu’il faut, en termes de matériel, de son ou encore de lumière…Les compagnies pourront même faire des photos et des vidéos ! Tout cela commence à tourner, des premiers artistes sont déjà venus enregistrer des musiques.

C’est donc un gros projet qui se finalise après quatre ans de travaux…

Merci, Clémence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Musique

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Mégane Chalard nous en dit plus sur la nouvelle pièce qu'elle jouera au festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Mégane,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

En juillet prochain, vous serez, à nouveau, au festival d’Avignon mais dans un tout nouveau spectacle, « Momo, petit prince des bleuets », au théâtre des Brunes. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oh oui, c’est toujours un plaisir d’aller à Avignon ! Il y a toujours cette belle ambiance et ce public de passionnés de théâtre. Se retrouver tous ensemble, sous le soleil et, certes, sous la chaleur, est un plaisir ! Encore plus avec une nouvelle pièce…

Justement, sans tout en dévoiler, comment présenter cette pièce ?

« Momo, petit prince des bleuets » est une adaptation du roman jeunesse de Yaël Hassan, faite par Gabriel Laborde, qui n’en est pas à sa première expérience (auteur/adaptateur de la pièce « Les Prisonniers du Château d’If »). C’est l’histoire d’un jeune garçon de cité, Momo, qui est passionné de livres et qui rencontre un vieil instituteur à la retraite pendant l’été. De là,nait une amitié forte qui touche les thèmes de la transmission intergénérationnelle, de la lecture, du savoir, de comment s’évader par la connaissance. Donc c’est une belle histoire d’amitié entre ce jeune garçon et ce vieil homme à la retraite !

 

 

Dans quel registre s’inscrit, ainsi, ce spectacle ?

Je dirais que c’est un spectacle familial qui touche tous les âges et que nous conseillerons à partir de 8 ans. Il dure plus d’une heure et aborde d’autres thématiques plus difficiles, notamment celles de la maladie et du deuil. Ce n’est ni du drame pur ni de la comédie pure, c’est un mixte, c’est la vie !

Quels personnages y interprétez-vous ?

J’ai la chance d’en faire 3 différents ! Le principal est celui de Souad, une bibliothécaire qui a décidé de monter le projet d’un bibliobus pour aller dans les cités et être au plus proche des gens, afin d’amener les livres à eux et de les inciter à lire. Elle suit Momo depuis ses débuts dans la lecture, elle n’hésite pas à lui fournir les livres dont il a besoin pour continuer à évoluer. Et elle le suit aussi dans des moments un peu plus difficiles…

 

 

Les deux autres personnages sont, on va dire, un peu plus hauts en couleurs. Je fais la maman de Momo, je prends alors quelques années, on me vieillit un peu. C’est une maman issue de l’immigration, qui a 6 enfants et qui tient la baraque. Le dernier personnage travaille à la maison de retraite mais je n’en dis pas plus, si ce n’est qu’il est un peu moins sympathique…

 

 

Artistiquement parlant, cela vous permet sans doute une palette de jeu large et variée ?

Ah oui, c’est génial ! Eventuellement, ce serait Souad qui est la plus proche de moi mais qui est, étonnement, plus difficile à interpréter. Avec les autres, je pousse davantage les curseurs… Donc c’est chouette de pouvoir s’amuser avec ces différents personnages. Le plus compliqué étant, quand même, les changements de costumes car j’ai très peu de temps…

Lors de vos précédents spectacles, vous interprétiez un même personnage mais à des âges différents. Le fait, ici, de jouer 3 personnes différentes a-t-il un impact pour vous ?

C’est une bonne question ! Ce n’est pas tout à fait le même travail…On reste sur le travail d’un personnage, on imagine justement comment telle personne en est arrivée là, que ce soit parce qu’elle doit tenir la barre, parce qu’elle monte ses projets ou parce qu’elle s’occupe de personnes âgées. Chacun a son « background » qu’il a fallu imaginer et inventer, puis interpréter. Donc je pense que le travail est similaire mais, là, ils ont chacun leur personnalité alors que, dans « Les Parents viennent de Mars, les enfants du McDo », c’était le même personnage mais à des âges différents, il fallait garder une couleur similaire ou des petits détails/tiques qui reviennent.

 

 

On peut penser que ces changements de costumes vous aident à switcher et à vous projeter dans un autre personnage ?

Totalement ! Rien qu’entre Souad et la maman de Momo… Je vais dévoiler un petit secret : j’ai un faux corps pour la mère. Je mets une sorte de justaucorps, où on m’a rajouté des formes donc je suis beaucoup plus plantureuse. J’ai plus de fesse, plus de ventre, plus de poitrine, j’ai le poids de l’âge et des responsabilités qui m’entoure. Cela me permet d’être tout de suite, littéralement, dans la peau du personnage. Là où Souad est plus dynamique et plus de ma morphologie.

Vous l’avez dit, cette pièce est l’adaptation d’un roman. Vous y étiez-vous d’ailleurs plongée ? Ou, à l’inverse, aviez-vous préféré garder une certaine distance ?

J’avais lu le livre avant, mais mon personnage a été vraiment adapté pour le spectacle, contrairement à Momo et à M. Edouard, l’instituteur retraité. Souad est présente dans le livre mais y est moins développée donc il y a eu un vrai travail d’adaptation et d’écriture de la part de Gabriel Laborde. La résidence de création du spectacle au Théâtre du Grenier à Bougival en mars dernier a beaucoup aidé aussi.

 

 

D’ailleurs, à l’issue de cette résidence, 4 premières représentations avaient pu avoir lieu, dont 3 pour des scolaires. Quels principaux retours du public aviez-vous alors pu avoir ?

Pour la toute première date, qui était tous publics, on avait énormément de gens très touchés par l’histoire, qui ont trouvé cela très beau. Ils ont trouvé la pièce poétique, digne d’un conte moderne. Pour les scolaires, on avait des élèves de CE2 jusqu’en 4ème, les retours étaient très touchant, certains ayant avoué, devant leurs camarades, qu’ils avaient été émus. C’est assez rare car, à cet âge-là, il y a souvent une certaine pudeur. D’autres se questionnaient sur l’adaptation du roman à la scène, des élèves nous ont même demandé, à la fin, pourquoi certains personnages ne venaient pas saluer… On était contents, c’était flatteur de voir qu’ils ne nous avaient pas reconnus grâce aux changements de costumes et de jeu.

Surtout, beaucoup de personnes ont été très touchées par Momo, interprété par Adam Abdo, qui est le seul, d’ailleurs, à garder le même rôle tout du long. Il nous emporte avec lui dans l’histoire, au début, à travers un enfant un peu innocent et naïf puis qui s’enrichit culturellement et cognitivement en s’ouvrant sur le monde. Cela lui permettra de faire face, plus facilement, à ce qui arrive à M. Edouard au cours de l’histoire.

A quelques semaines du début du festival, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent actuellement ?

J’ai très hâte, j’appréhende un petit peu aussi, ce qui est naturel. Mais j’ai plus hâte que je n’appréhende parce qu’on a déjà calé les dernières répétitions quelques jours avant le départ pour Avignon. Elles nous permettront d’effectuer quelques modifications pour peaufiner, suite aux retours eus lors des premières représentations et à nos nouvelles envies, idées. Donc on a encore un peu de travail mais, oui, il y a plutôt de l’impatience. On a hâte de faire découvrir cette jolie histoire à tout le monde !

 

 

Au-delà du festival, une autre date est déjà prévue, le 1er avril 2026…

Oui, et ce n’est pas un poisson J ! On jouera au théâtre Montansier, à Versailles, qui soutient le spectacle depuis sa création avec notre production « En Scène ! Productions ». C’est une vraie chance d’être dans ce magnifique lieu que je vous recommande !

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle édition du festival d’Avignon et la mise en lumière de cette belle création artistique ?

On ne peut que nous souhaiter qu’elle soit partagée à outrance à tout le monde ! Puis qu’elle trouve son public à travers toute la France, que ça incite les jeunes et les moins jeunes à lire, à continuer de se cultiver, qu’ils ne laissent pas cela tomber pour les écrans.

Pour toute l’équipe, pourquoi pas une programmation parisienne, ce serait sympa ! Et, pour tous les spectacles d’Avignon, une belle édition 2025 !

Merci, Mégane, pour toutes vos réponses !

 

 

 

Publié dans Théâtre

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Patrick Paroux évoque sa belle actualité, sur scène au festival d'Avignon et à l'image sur TF1 !

Publié le par Julian STOCKY

@ Olivier Martino / TF1

 

 

Bonjour Patrick,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous serez sur scène au festival d’Avignon, chaque matin à 10h, à l’Essaion, dans « Puisqu’il le faut », aux côtés d’Eddie Chignara et de Pierre Diot. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Le plaisir est surtout de partager ce moment avec mes partenaires et avec l’auteur, et de jouer ensemble cette pièce. Avignon est un plus ! Cela fait longtemps que j’y suis allé en tant que spectateur, encore récemment l’année dernière mais cela fait très longtemps que je n’y ai pas joué donc je suis content d’y aller ! Mais ce n’est pas tant Avignon qui me plait dans cette histoire que l’idée de nous retrouver tous les trois sur le plateau, sur une mise en scène de l’auteur et producteur qu’est César Duminil.

Les thèmes abordés dans la pièce sont très variés mais aussi très contemporains…

C’est une comédie, clairement, mais c’est une comédie subtile. J’ai été d’abord séduit par les dialogues, quand j’ai reçu cette pièce, qui m’a été envoyée par Eddie, dans un premier temps, à qui l’auteur s’était adressé. Cela m’a plu de suite et j’ai pu appeler l’auteur, que je ne connaissais pas, pour lui dire que je voulais bien être associé au projet. Pierre Diot nous a rejoint par la suite et cette histoire a commencé, ainsi, il y a un an et demi maintenant…

 

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur l’histoire et sur votre personnage ?

Ce sont trois personnages qui cohabitent. Claude est un hypocondriaque, il pense être cerné par le cancer, cela le travaille à chaque minute de sa vie…ce qui ennuie profondément ses deux colocataires, qui n’en peuvent plus. C’est un personnage aussi épris de liberté. A tel point que, si jamais on lui confie quelque chose, il se demande ce qu’il va pouvoir en faire, si ce n’est pas quelque chose qui va le contraindre à rester présent.

Mais il est aussi profondément gêné par les névroses des deux autres. L’un a un peu le syndrome de Diogène, il n’arrête pas de ramener plein de choses à la maison, qui peuvent potentiellement être infectées, ce qui est toujours très dur à supporter. L’autre vient récemment de devenir chômeur, il est fortement embêté par sa situation. Il n’y a donc pas grand-chose de positif, à priori, dans leurs situations mais, je le disais, cela reste une comédie !

Certainement que ce personnage vous permet une palette artistique de jeu très plaisante à défendre ?

Absolument ! Quand je disais que j’ai été très séduit par les dialogues, c’est agréable d’avoir des choses bien écrites. Les dialogues à trois ne sont jamais évidents à écrire et, finalement, je trouve que c’est une des qualités de cette pièce aussi. Nous ne sommes jamais deux en scène, nous sommes toujours trois et tous n’arrêtent pas de se parler ni d’intervenir. C’est un vrai plaisir !

Les personnages sont bien construits et la pièce parle de choses actuelles, dans un contexte qui peut être, dès fois, un peu absurde.

 

 

Une première représentation avait déjà eu lieu. Justement, quels principaux retours aviez-vous alors pu avoir du public ?

Comme nous avions bénéficié d’un théâtre en banlieue parisienne, à Villeneuve-Saint-Georges, dans lequel nous avions pu résider pendant trois semaines et planter un décor, le directeur des lieux a eu, avec l’auteur – metteur en scène – producteur, la riche idée de nous acheter une représentation, dans le cadre de sa programmation, aussi pour que nous puissions voir ce que ça donne. Effectivement, à l’issue de ces trois semaines, nous avons pu avoir une représentation publique, qui nous a confortés dans l’idée de continuer, puisque l’accueil du public a été très bon. On s’est dit qu’il fallait absolument que l’on poursuive l’aventure !

Après, on a des agendas, les uns et les autres, qui ont fait qu’il n’est pas facile de trouver quelques semaines communes…et le festival d’Avignon s’y prêtait bien !

Nous le disions, la pièce se jouera à 10h du matin, un horaire atypique…

Absolument ! Pour être atypique, c’est atypique…On a l’habitude de jouer le soir mais, bon, on sait que c’est différent dans le cadre d’un festival et, bien sûr, on s’adapte. Finalement, pour Avignon, je me dis que 10h est un horaire sympa, il ne fait pas encore trop chaud, c’est le début de la journée, aussi bien pour les festivaliers que pour les professionnels qui veulent venir. N’oublions pas que le but du festival d’Avignon est aussi d’intéresser des professionnels pour qu’ils achètent la pièce et pour que nous puissions, ainsi, l’exploiter.

Donc, on s’y fera, on se lèvera plus tôtJ, on pourra installer le décor sans être pressés parce qu’on ne sera pas entre deux représentations. J’ai rarement joué au théâtre à 10h, si ce n’est à l’école mais ce sera un bon horaire, j’en suis sûr !

 

 

En complément, les téléspectateurs de TF1 peuvent vous retrouver, depuis peu, dans le nouveau programme « Monsieur Parizot ». Certainement que les très belles audiences des deux premières soirées ont dû vous faire particulièrement chaud au cœur ?

Oui ! Je suis surpris par cela ! Au départ, un scénariste m’avait dit que ce serait bien que monsieur Parizot soit le héros d’une série. Je lui avais répondu que l’on n’arrêtait pas de m’appeler « Monsieur Parizot » dans la rue donc que je préférais laisser cela de côté…Trois ans après, TF1 et la production sont venus vers moi en pensant à ce programme. Je me suis alors dit que, finalement, ce serait peut-être l’occasion de voir que, derrière ce monsieur Parizot, il y a un acteur qui s’appelle Patrick Paroux. Souvent, les gens dans la rue pensent que j’habite dans une caravane ou à Colmar, et que je porte des claquettes 24 heures sur 24. Donc, finalement, je me suis dit « Tiens, faisons de ce monsieur Parizot un autre » parce que, là, c’est en dehors du camping bien sûr.

Le scénariste, Laurent Mondy, a eu la bonne idée, j’imagine avec la production, d’en faire un enquêteur. C’est quelqu’un qui se targue d’avoir lu trois fois l’intégrale de « Agatha Christie » donc qui est à même de mener une enquête aussi bien que la gendarmerie. C’est autre chose que « Camping Paradis », ça n’a rien à voir, le personnage gamberge un peu plus, il n’est pas systématiquement en train de venir embêter Delormes, même s’il en parle beaucoup. Je suis, finalement, très content de jouer ce personnage ! Deux épisodes sont passés, un troisième a été tourné donc, oui, c’est un personnage qui me poursuit, soyons clairs !

 

@ Fabien Malot / TF1

 

Chaque épisode est l’occasion d’un très chouette cadre de tournage et d’un magnifique décor, qui sont, finalement, presque un personnage à part entière…

Oui, effectivement ! Comme il y a un petit côté « Agatha Christie » dans ces « Monsieur Parizot », il faut un lieu clos, où l’intrigue se déroule à 90%. Donc il faut que le décor soit bien choisi pour l’image, parce que ça compte aussi. D’ailleurs, je trouve que, souvent, on ne met pas assez en avant d’une part le scénariste. Ce n’est pas évident d’écrire des histoires comme cela, il faut un logiciel dans la tête bien conformé. Et, d’autre part, toute l’équipe technique, qui soigne au maximum l’écrin, pour que nous, interprètes, puissions, dedans, donner le meilleur. Donc c’est vraiment un travail d’équipe ! On est souvent en haut de l’affiche, au moins au-devant mais n’oublions pas tout le travail qui est fait derrière, qui porte et qui nous amène à donner aussi le meilleur : quand on voit le travail technique, on se dit qu’il faut quand même être à la hauteur !

 

@ Fabien Malot / TF1

 

A chaque fois, un chouette casting est présent, pour le plus grand plaisir de tous…

Bien sûr ! « Monsieur Parizot » nécessite dix-neuf jours de tournage. Comme c’est un endroit clos, on se retrouve souvent ensemble, il y a un côté troupe, on n’est pas loin du théâtre. Souvent, au cinéma, des acteurs n’ont qu’un, deux ou trois jours donc on ne voit certaines personnes qu’une seule journée avant qu’elles ne repartent. Là, dans notre cadre, il y a vraiment un côté troupe qui existe et qui se ressent certainement, je crois, à l’image aussi.

 

@ Fabien Malot / TF1

 

Parmi les marqueurs forts du programme, on peut penser à cette longue scène de fin, avec l’ensemble des protagonistes, où Christian Parizot révèle sa démarche et dénonce le coupable…

Naturellement, c’est un peu comme dans « Les 5 dernières minutes » ou dans « Hercule Poirot », où tous les personnages sont là, où tous les suspects potentiels sont présents et, bien sûr, le ou la coupable. Parizot va faire en sorte de mettre en avant son immense talent de déduction. Ce qui est important, c’est qu’il est quand même le meilleur dans son domaine, soyons clair ! La gendarmerie s’est vautrée et lui a réussi, en deux jours, à mener une enquête d’un grand professionnalisme et il faut bien qu’il le mette en avant. Donc il a quand même un esprit de déduction hors du commun et il tient à le faire savoir. Il a son sens de la mise en scène lui aussi pour amener le coupable à se dévoiler à la dernière seconde. On retrouve cela tout le temps…

C’est un exercice digne du théâtre : souvent, c’est, sur cette fin, un texte très long que l’on n’a pas l’habitude d’avoir à la télévision ou au cinéma. Je crois que, sur le dernier, j’avais plus de dix minutes non-stop de texte. Après, il faut le faire deux à trois fois pour avoir un plan général et, après, c’est découpé. Mais, en tout cas, il faut quand même s’enfiler les dix minutes au moins trois à quatre fois pour, ensuite, faire des plans plus serrés. J’aime bien ce petit challenge-là ! Je crois aussi, pour le coup, que le scénariste, sachant que je viens quand même du théâtre, se dit « Bon, je sais qu’il va pouvoir se faire un petit dix minutes de texte comme cela. Ce n’est pas évident mais il y arrivera ». J’aime bien cela !

Cette nouvelle série, qui met en avant votre personnage de façon plus exhaustive et plus développée, vous permet sans doute de proposer des choses encore différentes mais complémentaires de « Camping Paradis »…

Oui ! Même moi, j’ai appris des choses sur lui dans le dernier épisode. On le sait, il est retraité, il est divorcé, il a un fils mais que l’on n’a vu qu’une seule fois, c’est un personnage assez seul. Je me demandais « Tiens, que peut-il faire ? ». Je pensais qu’il pouvait être retraité de la fonction publique, qui travaillait à la mairie, genre un peu responsable de l’état civil. Certainement que, quand quelqu’un venait avec un dossier incomplet, la pauvre personne était renvoyée tout de suite…Là, dans le dernier épisode, tourné à Nancy, qui devrait passer dans peu de temps, j’ai appris qu’il était carrément conseiller régional ! Parce que c’est en tant que conseiller régional qu’il est invité comme VIP, pendant une semaine, aux thermes de Nancy. Sa voix ayant été décisive à un moment donné, dans un certain contexte, pour le remercier il a le droit de venir pendant une semaine dans ces thermes où, naturellement, va être trouvé un cadavre…

 

@ Fabien Malot / TF1

 

Sans rien en dévoiler, on peut penser que ce sera alors l’occasion, pour votre personnage, de mener une nouvelle enquête très personnelle ?

Bien sûr ! Toutes les personnes, à un moment donné, peuvent être coupables…Il y a tout le temps quelque chose qui fait que « Ho, mais, ouh, ça peut être elle, ça peut être lui ! ». Donc il creuse toutes les pistes pour, finalement, trouver la bonne. On retrouve cela à chaque épisode et ce qui change, c’est effectivement le décor.

Je ne sais pas si ça va être une série, je crois qu’il y en aurait un quatrième en route à l’écriture mais ce sont quand même des quatre-vingt-dix minutes. Il faut les écrire, ce n’est pas évident, ça demande du temps et, après, il faut préparer la production et trouver des décors. Donc ce n’est pas une série dans le sens où j’en ferais trois ou quatre par an, le rythme est différent. Comme il y a aussi « Camping Paradis » et le théâtre, il faut également trouver le temps…Finalement, Parizot est un retraité et Patrick Paroux, aussi, est retraité…mais un retraité assez actif !

 

@ Olivier Martino / TF1

 

Effectivement, vous continuez, régulièrement, à tourner sur Martigues de nouveaux épisodes inédits de « Camping Paradis »…

Absolument ! Je ne déteste pas aller là-bas parce que c’est quand même un endroit où, globalement – ce n’est pas tout le temps le cas – on trouve le soleil, et le mistral, de temps en temps, qui balaie tout cela. C’est agréable ! Je suis très content de retrouver l’équipe ! C’est une histoire quand même étonnante : ça va faire quinze ans que ça dure pour moi…C’est plus dur pour les scénaristes mais je suis très content, c’est une belle équipe.

Finalement, je travaille avec de belles équipes, aussi bien dans « Camping Paradis » que dans « Monsieur Parizot » et je suis tellement content de travailler, en Avignon, avec Eddie et Pierre dans « Puisqu’il le faut », avec, aussi, un auteur que j’aime bien. Quand j’ai rencontré César pour la première fois et que je lui ai demandé ce qu’il avait fait avant, il m’a expliqué avoir arrêté son brillant parcours scolaire pour faire du théâtre. Donc c’est quelqu’un qui a un parcours et qui aurait pu connaitre un chemin tout à fait autre que celui qu’il a emprunté. Finalement, ce dernier est, certes, difficile mais c’est celui qui l’enrichit le plus.

Merci, Patrick, pour toutes vos réponses !

 

@ Olivier Martino / TF1

 

Publié dans Télévision, Théâtre

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Marion Limosin évoque son parcours artistique, son actualité et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

@ Marc, le chef op de "Petits Secrets en Famille"

 

 

Bonjour Marion,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une jeune artiste aux expériences déjà nombreuses et variées, sur scène et à l’image. Si l’on revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion pour l’artistique ?

Cela date d’il y a longtemps, effectivement ! En fait, un peu par hasard, quand j’avais neuf ou dix ans, j’ai suivi une copine qui s’inscrivait au théâtre. J’ai adoré ! La professeure m’avait même prise dans sa master class, on y a appris la culture théâtrale, presque comme au conservatoire. Cela m’a donné goût au théâtre et m’avait donné l’envie, pourquoi pas, d’en faire mon métier. Cette idée est restée dans ma tête jusqu’à ce qu’à mes 18 ans, mes parents m’incitent à devenir ingénieure. J’ai entamé un cycle en ce sens, j’ai fait deux années en alternance, j’ai obtenu un premier diplôme, une sorte de filet de sécurité et j’ai aussi mis de l’argent de côté. Ce qui m’a permis de tenter le concours des cours Florent, sans le dire à mes parents, évidemment…J’ai été prise et c’est comme cela que je suis arrivée sur Paris…

 

Les backstage d'un shooting photo avec le duo d'artistes Café Martini

 

Depuis, on peut imaginer que certaines de vos expériences professionnelles ont été particulièrement marquantes…

Je ne sais pas laquelle est la plus marquante…Forcément, je retiens « Monsieur Aznavour » parce que c’était ma première expérience au cinéma. A la base, je n’y allais pas pour jouer mais pour de la figuration. Mais, au fond de moi, il y avait un petit espoir d’avoir quelques lignes à dire…Le matin même, je me souviens m’être répété en boucle, dans ma tête, que « je suis actrice ». Sur le plateau, il n’y avait quasiment que des figurantes brunes. Comme je le suis un peu moins, j’ai été placée devant et il s’avérait qu’il manquait, dans la scène, quelqu’un qui parle…C’est comme cela que j’ai eu du texte ! Comme ça a plu, un plan serré a même été rajouté☺. C’était donc une expérience incroyable ! Toute l’équipe était trop gentille et s’est souvenue de moi lorsque je suis venue à la projection de Lille.

 

@ Alina Mireille

 

Récemment, les téléspectateurs de TMC ont pu vous voir dans la série « Les mystères de l’amour ». Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

J’en garde un très bon souvenir ! Il y avait vraiment une bonne ambiance, l’équipe est très gentille et les acteurs sympas. Pour l’anecdote, on m’avait donné des lunettes à porter mais qui étaient adaptées à la vue de quelqu’un de très myope, ce qui n’est pas du tout mon cas. J’avais des talons aiguilles de douze centimètres, c’était très dur, du coup, de monter les escaliers pendant les séquences, je manquais de tomber parce que je ne voyais pas bien. Mais, en fait, cela m’a donné énormément de jeu : je les ai mises sur le bout du nez, pour pouvoir voir au-dessus et, du coup, je n’ai pas arrêté de faire le clown. Je n’arrêtais pas de faire rire sur le plateau, c’était vraiment un bon moment !

Je garde aussi un super souvenir d’un autre tournage récent, celui de « Petits secrets en famille » parce que j’ai tourné en fin de bloc de l’équipe. Tout le monde avait hâte des vacances, du coup chacun se lâchait, rigolait, faisait des blagues à longueur de journées. On sentait que tous étaient habitués à travailler ensemble, la confiance régnait, c’était chouette. C’était une très bonne expérience de tournage !

Nous le disions, vous êtes une artiste aux multiples casquettes. Dans le nord de la France, vous montez sur scène avec des pièces adaptées au contexte local…

Je travaille avec la compagnie « La belle histoire », une compagnie de théâtre, basée à Villeneuve-d’Ascq. On fait ce que l’on appelle du théâtre d’intervention…Au collège, on peut parler de harcèlement scolaire par exemple…Lorsque l’on est appelés, on vient sur place recueillir des témoignages, nous servant ensuite à l’écriture du scénario du spectacle que l’on jouera plus tard sur place. Cela permet un point de vue beaucoup plus objectif, les spectateurs peuvent se rendre compte de l’impact de leurs actes et de leurs choix. On termine par un débat tous ensemble, c’est super intéressant de voir la réaction des jeunes.

Je fais partie aussi d’autres compagnies, je joue un spectacle pour enfants, avec une compagnie angevine, que l’on tourne depuis trois ans maintenant. J’en suis très fière, c’est une très belle pièce !

 

Dans le spectacle "Gagou et les Mots" : l'architecte

 

Avec une autre compagnie du nord, nous développons une pièce historique, autour de la grève des mineurs en 1941. Je sens que l’aventure sera belle ! J’ai même dû apprendre à jouer de l’accordéon pour mon rôle. Ce n’est pas simple car je dois jouer et chanter en même temps…La combinaison des deux nécessite du travail.

 

Dans le rôle de Marta dans la pièce "La Grève des Mineurs" de Margot Planque

 

Plus globalement, considérez-vous la scène et les plateaux comme un seul et même métier ? Ou les dissociez-vous davantage ?

Je dirais que ce sont deux métiers très différents. On ne travaille pas de la même manière : à l’image, la caméra est juste à côté, on peut chuchoter, les émotions peuvent être très intenses mais sont beaucoup plus légères alors qu’au théâtre, si on joue comme au cinéma, personne ne nous entend dès le deuxième rang.

Dans le sens où on apprend un texte et qu’on incarne un personnage, c’est la même chose mais, au final, ce n’est pas du tout pareil : au théâtre, on va devoir passer d’un personnage à un autre parfois en trente secondes, là où, au cinéma, on peut avoir cinq minutes pour plonger dans une émotion. On n’aborde pas du tout un personnage de la même façon. Par contre, je pense que les deux sont complémentaires et qu’on peut tirer des choses des deux côtés.

 

Lors du tournage de Marie Antoinette

 

Quelles sont vos autres actualités mais aussi vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

Je passe actuellement quelques castings et j’écris aussi. Avec mon ami, réalisateur, on travaille depuis un an sur l’écriture d’un court-métrage d’une trentaine de minutes. C’est sur la fin de vie et, bien que le sujet soit sérieux, c’est un film fantastique. Une dame âgée, malade, va mourir, alors que les liens avec sa fille sont coupés depuis vingt ans. Celle-ci est une star de la télé, elle anime une émission de quizz. Sa mère, qui la voit tous les jours à l’écran, a donc un lien unilatéral mais, face à la maladie, elle va avoir le courage de candidater à l’émission pour avoir un autre lien avec sa fille.

En même temps, j’écris un autre film, seule cette fois-ci. Ce dernier est sur la dérive d’un couple, qui vit ensemble depuis longtemps et qui ne se rend pas compte qu’il tombe dans un schéma toxique de relations sexuelles. Je veux interroger sur le fait que, parfois, les deux, l’homme et la femme, vont vers ce schéma qui mène à des violences. On a l’habitude que cela vienne plus de l’homme mais je veux questionner sur la part de responsabilité de chacun…

J’aime écrire et réaliser pour l’image, surtout si, à côté, je peux continuer la scène. C’est bien simple, je ne peux pas m’arrêter : dès que j’ai un peu de temps libre, j’écris, j’invente quelque chose,….C’est ce que l’on appelle la passion !

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Caroline Godard évoque sa belle et riche actualité artistique, à l'image, sur les planches et au micro !

Publié le par Julian STOCKY

@ Christophe Brachet

 

 

Bonjour Caroline,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Nous pourrons vous retrouver, à la rentrée de septembre, dans « Je sais pas », sur France Télévisions (France 2), sous les traits du personnage de Céline. À titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Clairement ! Cela a été une super belle nouvelle, pour moi qui étais plutôt au théâtre ces dernières années.  À la base, j’envisageais un rôle différent, avec moins de jours de tournage mais le réalisateur ayant apprécié mes essais, m’a donné le second rôle, celui de Céline, la maîtresse d’école. J’ai tourné une bonne dizaine de jours, c’était super ! Moi qui me disais que j’adorerais avoir un rôle récurrent dans une série, même s’il s’agit là de quatre épisodes, j’ai, malgré tout, eu le temps de faire évoluer mon personnage et d’y apporter des couleurs. C’est top pour un comédien ou une comédienne : au-delà du texte, c’est toujours intéressant de faire vivre son personnage !

Ce qui est passionnant dans mon métier, c’est de pouvoir interpréter des personnages d’horizons professionnels différents. Pour une maîtresse d'école, on a souvent l’image d’une gentille personne, au tableau, proche des enfants…C’est quelque chose que j’ai découvert, je n’avais jamais tourné avec les enfants, cela a été une nouvelle expérience ! Au début, je me suis demandée si j’allais être à l’aise et si j’allais m’en sortir avec eux mais, en fait, ils étaient, je trouve, très matures, ils écoutaient, je n’ai pas eu à hausser le tonJ. C’était très chouette !

Même si c’est un personnage décrit comme gentil et doux, malgré tout, avec les bons conseils de Fred Grivois le réalisateur et de Laure-Anne Nicolet sa scripte, on a pu lui donner des couleurs et apporter des nuances de jeu. C’était super intéressant ! L’histoire de la série fait aussi que l’on ne peut pas rester tout le temps de marbre…

Donc c’était une très bonne nouvelle, qui m’a fait beaucoup de bien aussi personnellement. C’est un métier qui n’est pas toujours évident, on est dans l’attente, on peut perdre confiance après plusieurs échecs et, finalement, il suffit d’une fois, des directrices de casting et du bon réalisateur pour que ça reparte…

 

 

Avec vos mots, comment pitcher cette mini-série ?

Elle est adaptée du roman éponyme de Barbara Abel, une autrice belge spécialisée en thrillers psychologiques, que je me suis fait un plaisir à lire. C’est une lecture très intense, on a dû mal à lâcher le livre!…

L’histoire commence par une sortie scolaire en forêt. Tout se déroule agréablement, jusqu’à ce que la petite Emma s’écharpe un peu avec sa maîtresse, Jade, et finit par disparaître…C’est la panique, on appelle les parents et la police, les fouilles démarrent et, heureusement, la petite finit par réapparaitre…mais Jade, elle, ne revient pas ! C’est alors qu’Emma répond « Je sais pas » à la question : où est Jade ?

D’où le titre ! Que s'est-il vraiment passé dans la forêt ? Emma a-t'elle vu ou entendu des choses ? Mais elle se borne à ne dire qu'une seule phrase : « Je sais pas ». Cela devient un peu le running-gag de la série ! Je ne veux pas en dire plus, si ce n’est que ça va plus loin qu’une disparition d’enfant en forêt et de la non réapparition de sa maîtresse d'école…On va rentrer dans la vie privée de la famille d’Emma, s’intéresser aussi à ce village de Charente, à ses habitants. On va découvrir que certains d'entre eux peuvent avoir des choses à cacher…C’est vraiment un thriller psychologique, où l'on se demande comment fonctionne la psychologie humaine, quels en sont ses vices et ses travers. Comment quelqu’un de bien sous tous rapports peut finalement avoir quelque chose de mauvais en lui, si une fillette de six ans est complètement innocente, est-ce qu'une figure d'ange ne pourrait pas cacher un démon ?…Le doute va être posé et, en cela, c’est flippant.

Ces quatre épisodes sont passionnants. Fred Grivois aime ce qui n’est pas lisse, il gère cela très bien tant techniquement qu'artistiquement, il avait notamment réalisé les séries « Piste noire » pour FR2 et « Machine » pour Arte, entre autres.

 

@ Baptiste Langinier

 

Ce projet a aussi été l’occasion de côtoyer un très chouette casting…

Oh, oui ! J’ai essentiellement joué avec Lola Dewaere, le rôle principal féminin, qui interprète la maman de la petite Emma. On a bien accroché toutes les deux, je me suis sentie à l’aise. Ainsi qu'avec David Kammenos, qui joue le papa. C’est un super comédien, vous le verrez dans la façon dont il compose son personnage. Ce sont aussi les débuts de l'adorable Elodie Batard Gaultier dans le rôle d'Emma, quel talent pour une si jeune comédienne !

Je n’oublie pas Michaël Abiteboul, qui interprète le policier en charge de l'enquête, j’ai rarement vu un comédien aussi consciencieux, il avait toujours sa tablette avec lui pour écrire ses notes et modifications sur le scénario. Il est d’une précision et d’une rigueur que j’avais rarement vues. Son jeu s’en ressent ! Il a la capacité de se fondre dans des personnages très différents, ici un flic un peu baraqué, qui peut faire penser à un ancien rugbyman.

Ma complicité avec Delphine Chuillot, qui joue la directrice d’école, est l'un de mes meilleurs souvenirs sur ce tournage. Je n’ai malheureusement pas eu de scène avec Hubert Delattre et Selma Kouchy, mais ce sont des personnes que j’apprécie beaucoup.

C’était une chouette équipe ! La Charente a la chance d’avoir de très bons techniciens, du HMC, à l’image, en passant par le son. Ces personnes sont vraiment super, bienveillantes et travaillent bien. C’est une vraie richesse, que n’ont pas forcément toutes les régions. C’est d’autant plus important que ça a créé une belle dynamique et une bonne ambiance. J’aime cet esprit d’équipe, je l’ai bien ressenti sur ce tournage !

Vous l’évoquiez, le cadre et les décors de tournage ont été très plaisants…

C’est une région assez vallonnée, on a de belles vignes à perte de vue, j’adore cela, je trouve que c’est très beau. On a aussi de belles couleurs, de belles pierres, de jolis villages,…On a beaucoup tourné à Villebois-Lavalette, dont l’histoire et le château sont à découvrir, ainsi que dans un grand domaine près d'Archiac. Comme on commençait tôt, on a souvent eu de jolis levers de soleil…Le terrain de jeu était plaisant, on avait de quoi faire, on était bien lotis.

 

 

On vous imagine, du coup, curieuse sinon impatiente de découvrir le rendu final ainsi que les retours des téléspectateurs ?

En postsynchronisation, j’ai pu visionner quelques passages, cela m’a confirmé que c’est un beau projet. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu, c’est propre, sobre et efficace. Du peu que j’ai pu voir me concernant, je suis plutôt contente ! J’y ai cru, je me suis dit que cette maîtresse d'école avait vraiment l’air inquiète (rires) donc, oui, j’ai hâte que tout le monde puisse découvrir la série, que ce soient mes proches, mes amis et les professionnels du milieu. On sait à quel point c’est aussi l’occasion de se faire découvrir par des personnes qui ne nous connaissent pas. Je sais que des gens qui me suivent sur les réseaux ont hâte de me revoir à l’image, il me tarde d’avoir leurs retours, j’espère que ça leur plaira. Certains connaissaient en plus déjà le livre…

Comme je le disais, le casting et le travail du réalisateur devraient bien plaire ! La série a déjà été présentée au festival Séries Mania de Lille. Je croise les doigts pour qu'elle soit sélectionnée au festival de la fiction TV de La Rochelle, ça serait vraiment une très bonne chose. Cela me ferait bien plaisir d’y aller avec ce beau projet !

 

@ Christophe Brachet

 

En complément, vous allez continuer à mettre en avant cette belle région, au travers de podcasts…

Avec Olivier Marvaud, producteur et auteur, on a récemment finalisé ce projet. Une première séance d’enregistrement aura lieu courant avril. On y parle de la région, de la nature, du patrimoine, pour donner envie aux gens de découvrir ou de redécouvrir leur belle Charente-Maritime. C’est, pour moi, un nouvel exercice parce que seule la voix est utilisée. Je faisais déjà des lectures à  voix haute, pour des personnes âgées en maisons de retraite, qui apprécient beaucoup ce moment de partage et d'écoute. J’ai souvent de bons retours sur ce que ma voix dégage.

 

 

C’est quelque chose que je découvre aussi moi-même : on dit souvent que c’est un métier d’images mais c’est aussi un métier sonore. La voix est très importante…Je suis donc contente de ce projet diffusé sur la radio locale « Demoiselle ». On espère pouvoir être diffusés ensuite sur RCF Charente. Mais on ne s’emballe pas, on y va petit à petit.

J’aime, en tout cas, sortir de ma zone de confort et découvrir de nouvelles choses, ce métier le permet, on apprend tout le temps.

La richesse de la région sera probablement l’occasion d’évoquer des sujets variés…

Complètement ! On sait que les vignobles font beaucoup vivre la région. Derrière, il y a l’histoire, les belles pierres des villes,… Entre le littoral, les cultures, les festivals de cinéma, de musique, de littérature, on ne peut pas s’ennuyer, il y a toujours de belles choses à raconter !

On a du tourisme mais c’est toujours bon d’aller en chercher encore plus… Voire même de donner l'envie aux auditeurs/spectateurs de venir s'y installer !

 

 

Vous l’avez rappelé au début de l’échange, vous êtes une habituée des planches de théâtre, que vous retrouverez d’ailleurs en mai prochain, à Toulouse, dans deux spectacles aux registres variés…

Je serai à la Comédie de la Roseraie, à Toulouse, au mois de mai. J’y jouerai avec Tony Atlaoui, producteur, comédien, humoriste et ami, « Mars et Vénus ». Cette pièce parle du couple, des anecdotes, des situations, dans lesquelles beaucoup de gens se reconnaissent à chaque fois. Je joue ce spectacle depuis quatre ans mais il existe depuis bien plus longtemps ! Son succès ne se dément pas. Finalement, le monde change mais pas les histoires de couple…(rires)

En parallèle, je serai dans le spectacle jeune public, « La Belle et le Bête ». Il est très agréable à jouer, j'interprète Belle depuis deux ans, c’est ma première pièce pour enfants. C’est un exercice complètement différent, il faut être à l’écoute, savoir rebondir, sans leur laisser non plus trop de temps de parole pour ne pas perdre le fil de l’histoire. C’est très mignon, il y a de l’humour, on respecte le conte mais on joue sur certains détails, c’est un peu poétique par moment…

D’ailleurs, considérez-vous tous ces domaines artistiques, que sont la scène, les planches et le micro, comme autant de métiers différents ? Ou y voyez-vous davantage de complémentarité ?

Le théâtre est plus récent dans mon parcours professionnel, je suis sur scène depuis cinq ans, ça m’a appris une autre façon de jouer. Porter la voix sur scène est différent de ce qui est demandé sur un plateau de tournage. D’ailleurs, quand je suis arrivée sur la série « Je sais pas », il a fallu que je me réadapte, après autant de dates sur scène, notamment dans le ton. Mais aussi au niveau de mes expressions du visage, pour ne pas en faire trop et rester sobre.

Au théâtre, contrairement à l’audiovisuel, le retour du public est immédiat, entre les répliques et à la sortie des lieux. C’est très agréable de pouvoir échanger avec les gens, on est contents de les voir repartir en ayant passé une bonne soirée et en nous remerciant. Après, c’est une vie un peu différente aussi, le rythme de la journée change : on voyage, on répète, on attend avant de jouer le soir. Au début, j’ai eu du mal à m’y habituer, il a fallu que je sorte de mes habitudes mais c’est aussi ce qui fait la vie d’un comédien.

Le podcast est encore un autre terrain de jeu, il faut travailler la voix différemment. C’est une autre façon d'évoluer dans mon métier de comédienne, ce qui me permet toujours d'apprendre, de découvrir de nouvelles choses et de se renouveler. Lors de mes essais, le producteur m’avait, d’ailleurs, conseillé de sourire au moment de parler car ça se ressent de suite dans le ton.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ?

Depuis peu, je travaille sur un tout nouveau projet, qui me sort complètement de ma zone de confort, le chant ! Mon ami et manager, le producteur Pascal Barbe, m'a invitée à participer à l'enregistrement du prochain single « Aktebo » pour l'association éponyme, en faveur des enfants malades. Je me forme donc avec un coach réputé dans le milieu, Michael Merle, afin de travailler ma voix, mon endurance et ma justesse. On enregistre et on tourne le clip très bientôt sur Paris ! C'est un nouveau challenge pour moi !

Merci, Caroline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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