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theatre

Elie Rapp évoque sa très belle et riche actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Elie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Dans le cadre du festival d’Avignon, puis, ensuite, à Paris, au Lucernaire à partir du 2 septembre, vous mettez en scène la pièce “Hemingway”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Tout à fait ! C’est une aventure un peu particulière puisque le projet existe depuis l’année dernière. Le spectacle avait déjà été monté et la production a voulu retravailler la mise en scène ainsi que le visuel, pour pouvoir le présenter à Paris, en collaboration avec le théâtre du Lucernaire. C’est à ce moment-là que Jérôme Paquatte et l’auteure Pascale Moine-Frémy m’ont demandé de retravailler la direction d’acteurs et donc la mise en scène, ainsi que la scénographie. C’est une première pour moi d’accompagner un seul en scène, c’est épuisant au niveau des répétitions (rires) puisque Jérôme est tout seul à prendre toutes les informations et que je me concentre sur un seul point d’attention. Mais c’est très enthousiasmant ! 

 

Justement, qu’est-ce que ça change pour vous d’être dans une reprise, à non pas à la création originale ?

 

Ce n’est presque pas le même métier ! Lorsqu’on fait une création totale, on lit le texte et on laisse son imagination un peu voler au gré des mots, le comédien est une page blanche : nous créons le personnage ensemble. Là, Jérôme avait tout un spectacle en tête, avec une autre scénographie et une autre gestuelle. Forcément, à présent, il a une autre vision de son parcours sur scène. Il doit donc effacer une partie pour en reconstruire une autre. C’est très délicat pour lui, c’est une gymnastique intellectuelle qui peut être très pesante.

 

 

 

 

J’ai choisi un autre fil rouge que la création d’origine et c’est ce qui fait qu’il vit une autre aventure à travers les mêmes mots. Donc à moi aussi de le rassurer ! Je n’ai pas eu besoin de le convaincre de ma vision puisqu’on travaille ensemble depuis longtemps, il fait partie de la troupe du “Renard argenté” qui, depuis 2016, a monté plusieurs pièces. Cela l’intéressait d’avoir un directeur d’acteurs qui le connaisse, avec ses forces et ses faiblesses, avec sa sensibilité et son émotivité. Donc c’est vrai que l’on a, de suite, travaillé en confiance, je n’avais pas besoin de me justifier, il n’avait pas besoin de me justifier non plus ses états émotionnels, on avance bien et vite.

 

Au moment de rejoindre cette aventure, connaissiez-vous déjà le spectacle ?

 

Il m’avait invitée à la sortie de résidence, je l’avais vu et, déjà, il y avait énormément de matière au plateau. Il avait connu un premier succès en Avignon, puis en tournée mais ce spectacle méritait d’être encore précisé. Pour le Lucernaire, il manquait une certaine dimension. J’ai déjà travaillé avec les équipes du Lucernaire et c’est pour cela que, finalement, Jérôme a fait appel à moi.

 

Sans tout en dévoiler, comment présenter ce spectacle ?

 

C’est un biopic sur l’auteur, Hemingway, et plus précisément c’est le rapport que cet auteur entretient avec son écriture. On parle peu de lui dans son intimité ni dans sa vie privée, mais de comment le jeune écrivain arrive à devenir le célèbre Hemingway, quels obstacles franchir jusqu’à obtenir le prix Nobel de littérature. La pièce est construite avec des flashbacks, qui dévoilent comment il a consolidé son travail que certains ont jugé enfantin, voire simpliste. On raconte dans le spectacle que c’est une écriture extrêmement épurée mais riche, condensée, concentrée et taillée telle une sculpture dans le marbre.

 

Pour la mise en scène, j’ai vraiment repris ce fil-là, la construction de son écriture, pour que le spectateur sache vraiment à quoi servent nos flashbacks et comment le personnage est touché par ses souvenirs. On « fictionne » son apogée à l’époque du prix Nobel et sa déchéance par la suite : son écriture ne peut plus exister au milieu de ses hallucinations et de son alcoolisme.

 

 

 

 

Plus généralement, dans quel état d’esprit êtes-vous lors d’une première, dans ce moment où vous ne pouvez plus intervenir directement ?

 

Je continue à apprendre des comédiens et des expériences, j’apprends à garder une petite distance. Effectivement, le spectacle ne m’appartient plus dès lors que le comédien met un pied sur scène. Donc j’essaie de voir si on rentre dans le cahier des charges de ce que l’on s’était dit, si ça raconte l’histoire, si le comédien traverse son jeu et arrive à travailler sur la complexité du personnage. Mais il faut aussi, à un moment donné, que la mise en scène fasse un pas en arrière…Ce qui compte, c’est ce qui va se passer en direct sur scène, pas tellement ce que l’on s’est dit en coulisses ! C’est la magie de la scène… 

 

De commencer par Avignon avant de venir à Paris implique-t-il des vigilances particulières ?

 

Oui ! C’est à Avignon que le spectacle va rencontrer pour la première fois le public : l’écoute du public vous renseigne sur un spectacle. Ceci dit, on n’est pas non plus là pour répondre à la demande particulière des spectateurs (rires). Il faut faire attention…Les réactions de la salle sont un super renseignement mais parfois ce n’est pas ce qu’on attendait en termes d’émotion ou de compréhension.

 

C’est aussi l’enjeu et la responsabilité du metteur en scène de vérifier que l’on répond à l’esprit de l’auteur.

 

En parallèle, “L’heure des assassins” poursuit son beau chemin en tournée, ce qui doit certainement vous faire particulièrement plaisir ?

 

C’est vrai que la fidélité du public est superbe ! Notre trilogie a eu un tel succès qu’un quatrième spectacle a même été développé… « Les Aventuriers de Minuit »

 

Depuis 2016, nous produisons les spectacles avec la même qualité : on tient à ce qu’il y ait un beau décor, de beaux costumes, de belles lumières, une vraie charte graphique, avec, pour cette trilogie, un petit côté théâtre classique qui répond à l’époque dans laquelle s’inscrivent les histoires, c’est à dire début XXème siècle en Angleterre. La modernité se situe davantage dans l’écriture, dans les ruptures de mise en scène, dans la fantaisie que j’aime bien apporter…Mon co-metteur en scène joue dans chaque pièce le rôle d’Arthur Conan Doyle, il fait donc également office de metteur en scène résident. Je reviens de temps en temps pour apporter des précisions dans la direction d’acteurs. Mais les comédiens sont très autonomes. Ils ont maintenant une telle maîtrise qu’ils arrivent presque à s’auto-corriger, c’est donc très agréable pour moi de travailler avec ce niveau de confiance.

 

La dernière création, « Les Aventuriers de Minuit », est très différente de la trilogie. Au bout d’un moment, on ne peut pas toujours non plus proposer la même chose, c’est pour cela que c’était important pour nous, sur le quatrième opus, de sortir du huis-clos pour aller mener une aventure sur les routes anglaises et écossaises. C’est une pièce plus large public, qui ravira toute la famille.

 

 

 

 

Justement, si l’on revient à la naissance de ce quatrième opus, d’où en sont venues l’idée et l’envie ?

 

Nous devions monter l’adaptation de Blake et Mortimer mais l’obtention des droits n’a pas abouti. Alors les deux auteurs, Florence et Julien Lefebvre, se sont appuyés sur leurs recherches pour nous proposer une comédie policière montée comme un « Road Théâtre » sur les routes du Nord de l’Angleterre et de l’Ecosse. Nous démarrons à Londres en 1893. Cette fois-ci, Arthur Conan Doyle fait équipe avec Jules Verne, un duo franco-britannique que tout oppose mais qui va se révéler très complémentaire.

 

Des dates auront lieu sur Paris à la rentrée…

 

Oui, on va jouer au Studio Marigny à partir du 16 septembre, une très belle salle sur les Champs-Elysées, on est ravis et ce sera une première parisienne pour cette pièce, “Les aventuriers de minuit”. On espère donc bien revoir tous les spectateurs de la trilogie…

 

La première a eu lieu le 5 novembre au théâtre des Herbiers en Vendée. Cette pièce est depuis sur les routes françaises, on est souvent complets, c’est une vraie chance !

 

 

 

 

Plus globalement, le fait d’alterner entre ces différents projets vous permet sans doute une large palette…

 

Les choses s’additionnent et je peux déjà vous annoncer deux prochains projets, pour moi, l’année prochaine. 

 

Une nouvelle enquête, que j’ai écrite cette fois-ci, une comédie policière « Le Mystère Long John Silver » qui se passe au temps des corsaires et des pirates…Je reviens au huis-clos : ça se passe en 1715, après la mort de Louis XIV : on va mélanger la culture bourgeoise et populaire, la culture anglaise et française, la culture des pirates et celle des corsaires. Je suis très excitée de travailler sur ce nouveau projet ! Ce sera une nouvelle production du “Renard argenté”, qui commencera, comme d’habitude, par une tournée d’une vingtaine de dates, avant Paris.

 

Et je vais co-mettre en scène “La fin heureuse de Félix Faure”, un vaudeville historique écrit par Nicolas Poiret et Sébastien Blanc. C’est une formidable comédie sur le jour du décès accidentel, dans les bras de sa maîtresse, de cet ancien président de la République…On revit cette journée-là où il ne faut rien dire à personne mais où, évidemment, tout le monde vient au moment le plus inopportun. On lancera le spectacle en Avignon 2027 à l’Atelier théâtre Actuel. 

 

 

 

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours ?

 

J’en ai plein ! J’aimerais bien, déjà, revenir à mon univers de fables pour adultes. J’avais écrit deux spectacles en ce sens, dont un qui avait tourné pendant près de 3 ans. J’ai aussi le projet d’un spectacle jeune public : moi qui suis maman d’un petit garçon, j’ai envie de lui faire ce cadeau ! Petit à petit, il me plairait aussi d’ajouter un côté un peu plus musical à mes mises en scène. Parallèlement, je continue à écrire des romans… et je ne mets pas de côté la réalisation ! Bref, au travail ! (rires)

 

Merci, Elie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Nathalie Marquay nous présente son dernier livre, qui est déjà un véritable succès !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Nathalie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Cosne sur Loire. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici ?

 

Bien sûr, bien évidemment ! Et puis, surtout, je sais que c’est Marguerite qui organise ce salon et dès que c’est Marguerite, le salon est très très bien organisé, donc c’est un vrai plaisir de venir rien que pour elle, déjà et, après, bien évidemment, le livre venant de sortir le 5 mai, c’est bien que je puisse avoir les lecteurs. Malheureusement, je n’ai pas pu venir avant, en général, je viens le vendredi, samedi, dimanche et, là, je n’ai pas pu par rapport à mes devoirs professionnels. Donc je n’ai pratiquement pas dormi mais j’ai sauté dans le train ce matin pour être là 🙂.

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur votre nouveau livre ?

 

Le pitch est très simple : c’est une influenceuse, tout va bien et, du jour au lendemain, sa vie bascule, elle perd ses deux parents dans un accident de voiture. D’abord, on pense que c’est un accident mais, après, est-ce que c’est vraiment un accident, est-ce que ce n’est pas un meurtre ? Là, il y a toute une enquête, avec du surnaturel dedans en plus, avec de vrais signes. A savoir que pratiquement tous les personnages sont des gens qui m’ont entourée, c’est-à-dire qu’Angèle, l'héroïne de mon livre, c’est ma fille, donc je me suis inspirée de ma fille, qui est influenceuse. Parce que c’est vrai que, quand on est influenceuse, tout est jugé, commenté, il y a de la violence, il y a de la haine et tout ça, je m’en suis servi après comme des ingrédients pour les incorporer dans mon livre. Donc ça donne encore plus de réalité. Mon fils aussi…J’ai donné le deuxième prénom de tout le monde : il y a Alfred et Marguerite, c’est Jean-Pierre et moi, a famille Dubois, c’est très particulier, c’est parce que, quand on était à l'hôpital pour Jean-Pierre, on ne donnait pas le nom de Pernaut mais le nom de Dubois, pour pas qu’on se fasse embêter par les paparazzis. Voilà, il y a plein plein de clins d'œil à ma vie et, bien sûr, il y a une grande grande enquête. Je laisse une ouverture, à la fin, s’il se vend bien, d’en faire un deuxième, puis un troisième…Après, j’aimerais le faire en téléfilm ou en série, et que ma fille puisse jouer dedans.

 

Quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir depuis sa sortie ?

 

Tout ce que je sais pour l’instant, et qui est déjà pas mal, c’est que, sur les 500 Amazon tout mélangé, je suis en place 80. Donc c’est déjà pas mal ! C’est à peine sorti donc je sais qu’il va monter encore. Il est bien parti pour l’instant et tous les journalistes qui l’ont lu pour mes interviews, même en Belgique où j’ai fait le 13h, ce qui est génial, ont tous adoré. Il n’y en a pas un qui m’a dit qu’il n’a pas aimé : “Vraiment, pas besoin d’attendre le deuxième et le troisième, il faut en faire une série, vous pouvez faire tout de suite la série, ça serait génial !”, “Je veux savoir la suite…”. C’est vrai que j’ai déjà 50% de la suite du livre…

 

En complément, quelles sont vos autres actualités du moment ?

 

Il y en a plein. Je suis au théâtre en ce moment, je suis à la radio aussi, tous les matins, de 6h à 10h, j’ai un oracle des défunts qui va sortir au mois d’octobre et le livre “Un signe de toi” va sortir en poche aussi, et il y a normalement une émission que je vais faire, ce n’est pas encore signé…

 

Au théâtre, je suis en tournée avec Laurent Petitguillaume, jusqu’en 2027. Il y a encore un autre projet que j’avais démarré, à écrire une pièce dans laquelle je voulais que Jean-Pierre joue, parce que ça allait parler du 13h, malheureusement il est décédé donc j’ai arrêté l’écriture mais je n’en avais pas encore écrit beaucoup. Ma meilleure amie, qui devait aussi être dans la pièce, m’a dit “Écoutes, si ça ne te dérange pas, je vais l’écrire”, elle a fini et, là, on a encore les confirmations pour celui qui pourrait jouer le rôle de Jean-Pierre. Cette pièce de théâtre sera, bien sûr, un Vaudeville… Donc ça aussi est en prévision pour 2027 ou 2028, à voir.

 

Merci, Nathalie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Anny Duperey nous parle de toute sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Photo MAXPPP-Nice Matin /Jean François OTTONELLO

 

 

 

Bonjour Anny,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Cosne sur Loire. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici ?

 

Oui, oui, oui ! C’est vrai que j’ai, au niveau écrivaine, puisqu’on peut le mettre au féminin et que c’est mieux qu’autrice, une longue carrière, puisque ça fait plus de 50 ans que j’écris. Mon premier roman avait été à mes 24 ans et j’ai fait 15 livres. Alors, c’est très mignon parce qu’il y a souvent des gens qui me disent “Ah bon, vous écrivez ?” et, d’autres, notamment une dame qui m’a dit avoir tout lu, ce qui est merveilleux. Donc j’ai un rapport très simple et formidable avec les lecteurs, avec le public. J’avais écrit un livre à propos de la mort de mes parents, qui avait eu un tel succès que, maintenant, et j’en suis très fière, il est étudié souvent en classe, en troisième et en première, dans les classiques de l’autobiographie. Je travaille avec des professeurs qui, souvent, m’envoient les questions des élèves et, en fait, je suis peut-être un des seuls auteurs dont les lecteurs ont changé la vie. J’ai reçu 8 000 lettres, dont certaines m’ont appris ce qui s’était passé vraiment le matin de la mort de mes parents: des anesthésistes, des médecins…et ils m’ont déculpabilisée d’une chose, moi qui gardais la culpabilité vague de ne pas m’être réveillée, de m’être rendormie, paresseusement, je pensais, et que, si j’avais pu ouvrir la porte plus tôt, peut-être que j’aurais pu les sauver. Un jour où un anesthésiste m’a dit “Relisez le texte, vous dites que vous ne pouvez pas bouger un bras ni une jambe, que vous entendez les bruits de manière bizarre…C’est ce que disent tous les gazés. Vous n’y avez jamais pensé mais vous étiez asphyxiée vous-même…” Oh, le jour où j’ai reçu cela, ça m’a fait un tel choc que je suis tombée de ma chaise, ça m’a jetée par terre. Après, plusieurs médecins ont continué et donc ça fait un rapport très spécial, hein ? Je ne vais pas me donner des airs de star, face à des gens qui ont changé ma vie ! Donc, voilà, on a des rapports très agréables.

 

Avez-vous des projets d’autres livres encore ?

 

Oui, j’en ai un nouveau en route, là. Le dernier que j’avais écrit était tellement plaisant à écrire et à lire. On m’avait proposé, évidemment, de faire ma biographie, ce que je ne veux pas parce que je veux continuer à travailler. Si un tome paraît et que je continue à travailler, le deuxième sera de quoi, de dix pages ? C’est ridicule ! Par contre, j’ai pensé aux petites phrases qui m’ont marquée dans ma vie. La première étant celle de ma grand-mère, lorsqu’elle m’emmenait, tous les dimanches, respirer le bon air sur le port, qui puait le gasoil, le poisson pourri, la gargotte frites, et qui pensait que plus ça sentait fort, plus c’était bon, “Respires, c’est de l’iode !”. Donc, comme c’est la première phrase dont je me souviens, j’ai appelé ce livre de la même façon. Il y a 32 petits textes, variés, des drôles, des moins drôles, du métier, du personnel, …En fait, on m’a dit que c’était un véritable autoportrait et je préfère cela à une biographie. Donc je suis en train de faire un deuxième tome de petites phrases qui m’ont marquée. J’en ai notées déjà plus de 40…C’est très agréable d’écrire des petits textes dessus. Je fais aussi des lectures de ça, c’est très marrant à faire !

 

En complément, vous êtes toujours au théâtre…

 

Je reprends “Le duplex” jeudi 28, avec toujours Francis Perrin, Corinne Touzet et un nouveau partenaire, Philippe Lelièvre, qui est merveilleux. On continue !

 

Sans oublier la peinture…

 

Je vais exposer, grâce à Frédéric Julien Bonheur, qui m’a fait faire le salon des indépendants, où j’ai rencontré une adorable galeriste de Barbizon, Lila Rose. Elle va m’exposer, pour la première fois de ma vie ! C’était ma première vocation : j’étais aux Beaux Arts et j’ai bifurqué, au moment d’entrer en section peinture, avec mon maître Robert Savary, que j’adorais. Je crois que l’on en a pleuré ensemble, il m’a dit “Ce n’est pas vrai, tu ne vas pas rentrer dans ma classe..”. J’ai suivi les copains au conservatoire et, en fait, je m’interdisais de montrer mes tableaux par respect pour les peintres qui ont consacré leur vie à leur art. Je ne me sentais pas le droit, moi étant restée amateur, de montrer mes toiles. Frédéric m’a convaincue, je me suis dit qu’après tout, à mon âge, j’allais m’y remettre et reprendre cette vocation.

 

Merci, Anny, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Manon Giraudon Nicolai évoque sa belle actualité, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Manon,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

vous effectuez la mise en scène d’un autre spectacle, qui sera à l’affiche du festival d’Avignon en juillet prochain…

 

C’est “On ne badine pas avec l’amour”, d’Alfred de Musset, un texte classique absolument merveilleux. Quand j’ai relu la pièce, je l’ai trouvée d’une telle modernité…Elle parle d’un triangle amoureux : Camille et Perdican sont deux cousins qui doivent se marier mais Rosette est également amoureuse de lui…Perdican va en jouer, entre orgueil et égo mal placé. On passe d’une comédie légère, au début, à un drame…

 

Le fait d’être, cette fois-ci, à l’extérieur de la scène doit être très enrichissant pour vous, humainement et artistiquement….

 

C’est passionnant, il y a 7 comédiens et 2 régisseurs, soit 9 personnes…Donc 9 personnalités, 9 humanités différentes, 9 histoires différentes. Évidemment, quand ils se retrouvent sur les planches, il y a une espèce de mise à nu et je dois faire avec les fragilités et les facilités de chacun. C’est une aventure humaine incroyable ! Pour moi, le théâtre, d’autant plus quand il y a beaucoup de comédiens, est une aventure extraordinaire.

 

D’ailleurs, comment vivez-vous alors les premières, sans filet pour vous, à ne plus pouvoir intervenir ou les aider ?

 

Ce n’est pas facile du tout ! Les comédiens jouent leur partition et, quand ils sortent de leur scène, ils restent concentrés mais peuvent souffler un peu…Alors que, moi, j’ai l’impression de jouer les 7 rôles donc je suis, en fait, en tension constante, je suis en apnée. C’est clairement épuisant pour moi : à la fin d’une première, je suis lessivée, c’est comme un accouchement, les émotions sont incroyables.

 

Le festival d’Avignon est la grande fête annuelle du théâtre, à laquelle il doit être très grisant de participer….

 

Ah, oui ! On a eu une chance immense…La dernière fois que l’on a joué cette pièce, le 14 février dernier, au théâtre de l’olivier, je suis montée sur scène, à la fin du spectacle, pour dire que je cherchais un producteur afin de l’amener un peu plus loin. Un couple est ensuite venu me voir, le monsieur n’est absolument pas producteur mais a eu un coup de cœur pour la pièce et, en tant qu’homme d’affaires, il a envie d’investir. De là est née cette coproduction pour le festival d’Avignon ! 

 

C’est une aventure incroyable : on est 10 au total, il a fallu trouver une grande maison et un grand théâtre, tout est décuplé, il a tout fallu faire en grand…

 

En complément, vous êtes actuellement sur scène dans “Le morpion”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Exactement ! Je joue, depuis quatre ans, “L’art du mensonge”, je l’ai interprétée plus de 200 fois, je prends toujours autant de plaisir, c’est vrai mais, au bout d’un moment, on s'essouffle un peu, on ne trouve plus de nouveautés qui redonnent la lumière. Là, quand le producteur m’a donné ce nouveau projet, “Le morpion”, j’y ai vu une nouvelle aventure ! Je suis super contente, d’autant plus que c’est la première fois que je joue avec mon producteur et aussi que je joue une pièce à trois. 

 

Je pense que ce triangle fonctionne vachement bien donc je suis hyper heureuse ! 

 

Plus concrètement encore, comment pitcher ce spectacle ?

 

C’est l’histoire de trois colocataires, avec trois personnalités bien définies. C’est une chiche colocation, ils n’ont vraiment pas beaucoup d’argent. Je joue Sarah, la radine…

 

Sébastien, qui paye 80% du loyer, va trouver un billet de 50 euros sous leur boîte aux lettres et il va se questionner pour savoir à qui il appartient. Toute la question est de savoir ce qu’ils vont faire de ce billet et s’en suivent, évidemment, des péripéties très drôles.

 

Quel regard portez-vous sur Sarah, votre personnage ?

 

Elle est une écrivaine ratée, elle rêve d’écrire un roman mais elle n’a toujours pas le titre, ni même écrit les premières lignes. Elle est également profondément radine…

 

Mon chéri, qui est venu voir la pièce, me disait que c’était rigolo parce que ce personnage est à l’exact opposé de ce que je suis. Je pense, dans la vie, être quelqu’un de quand même assez généreuse, de solaire et d’active, alors que Sarah est une radine qui reste à la maison toute la journée, à regarder CNews. Elle procrastine et, en plus de cela, ne veut rien partager, même pas son tube de dentifrice.

 

Quels premiers retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

 

Notre première était le 6 mai, au théâtre de l’olivier, que je dirige et on a eu de belles réactions. Une quinzaine de critiques sur Billetreduc nous indiquent que c’est super et que les gens allaient partager, donc on est très contents ! Disons que c’est de bon augure pour la tournée qui commence prochainement à la Comédie de Tours.

 

Vous l’avez dit, vous dirigez un théâtre, qui a l’originalité d’être dans un lycée….

 

Effectivement ! Il est à l’intérieur du lycée de l’olivier, dans le 12ème, à Marseille. Il a été monté il y a une vingtaine d’années et j’ai récupéré le théâtre il y a deux ans. Je m’occupe de dispenser les ateliers aux élèves de l’option théâtre du lycée, en plus de la programmation, en passant par l’accueil des artistes ou encore la billetterie. Une fois par mois, on y reçoit donc une compagnie, professionnelle ou non…

 

A l’image, vous avez récemment tourné dans “Temps mort”, de Stéphanie Pillonca, qui vous a offert beaucoup de liberté sur le plateau…

 

Tout à fait ! Je ne connaissais pas cette réalisatrice, elle est absolument incroyable. Ce fut une très belle rencontre humaine…Quand je suis arrivée, elle m’a dit “Fais toi plaisir sur le texte, j’ai vu tes essais en casting, repars en impro !”. Je me suis régalée ! J’avoue que, quand on tombe sur des réalisateurs qui nous laissent une telle liberté, c’est une pépite en tant qu’acteur. 

 

Quel rôle avez-vous interprété ?

 

Je joue le rôle d’Hasnah, qui est en couple avec Francky. Je suis interrogée dans le cadre d’une enquête policière, moi la prothésiste ongulaire du sud de la France, qui est complètement barrée et loufoque. Avec Francky, on ne va pas du tout ensemble, si bien qu’en arrivant au salon, les enquêteurs sont étonnés de savoir que je suis sa compagne. Notre couple n’est pas assorti, ce qui est rigolo…

 

Depuis peu, vous accompagnez également les directeurs de casting…

 

C’est tout nouveau. Un de mes meilleurs amis, directeur de casting, m’a proposé d’être son assistante et de donner la réplique, ce que j’ai accepté avec grand plaisir. Cela me permet de voir l’envers du décor, c’est très très intéressant. J’accueille les comédiens avec bienveillance, pour les mettre à l’aise.

 

Toutes ces casquettes doivent probablement être très complémentaires pour vous ?

 

Oui ! Le fait d’avoir toutes ces casquettes-là me permet d’avoir un espèce de liant et de voir tous les tenants et aboutissants. Ce matin, je passais un casting alors que, hier, j’étais moi-même assistante casting. Donc cela m’aide en tant que comédienne, je sais ce qui est attendu. De même, de diriger un théâtre me permet de savoir ce que les producteurs veulent pour Avignon…

 

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou vos envies pour la suite de votre parcours ?

 

J’aimerais bien réaliser “On ne badine pas avec l’amour” en long-métrage, moi qui me suis beaucoup inspirée, pour la mise en scène, du film “Roméo + Juliette”, avec Léonardo DiCaprio. J’ai déjà réalisé plusieurs courts-métrages, soit seule soit en coréalisation et certains de mes films ont été primés, même à l’international, ce dont je suis très contente. 

 

Merci, Manon, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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France 2 / L'or bleu : Sarah Chovelon nous en dit plus sur Solange, son personnage et en profite pour nous partager son actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

@ Antony Rodriguez

 

 

 

Bonjour Sarah,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 2 peuvent actuellement vous retrouver dans “L’or bleu”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

C’est sûr ! C’est une série chorale, qui m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. Notamment des partenaires de jeu car on était souvent très nombreux sur le plateau à se partager les scènes, ce qui est toujours un plaisir. Mais aussi, évidemment, une grosse équipe de tournage. Mes jours se sont étalés sur plusieurs mois, ce qui faisait que c’était toujours un plaisir, quelques semaines après, de retrouver tout le monde.

 

Le cadre de tournage a certainement été très plaisant également…

 

C’était absolument magnifique. Il y a vraiment de très beaux décors, qui ont été très travaillés à l’image pour donner ces trois époques. C’est vrai que, certains jours, on partait en préparation le matin pendant que “l’équipe de 2025” était en train de tourner puis, à la pause déjeuner, tout bougeait pour que l’on puisse ensuite jouer les années 80 dans le même décor. 

 

Cela porte aussi, en tant que comédienne, d’être entourée de si beaux décors !

 

 

 

 

La sécheresse est le point de départ mais c’est aussi un point d’entrée pour d’autres sujets encore…

 

C’est une série très complète et c’est en ça que c’est une véritable saga : entre trahisons, amours, complications, survie économique… Je trouve cela chouette et assez moderne de mettre ce genre de sujets dans un format comme une saga d’été.

 

Vous y interprétez le personnage de Solange, dans les années 80. Quel regard avez-vous porté sur elle ?

 

Un regard d’abord très tendre parce que, quand on aborde un personnage, je pense qu’il faut d’abord l’aimer, peu importe ce qui lui arrive. Ce personnage nous est présenté, dans la série, comme quelqu’un de plutôt joyeux, qui est très loyal, notamment avec Fanny, Mathias et Lucien, dans une position un peu de grande sœur. C’est un personnage qui m’a beaucoup touchée de prime abord, en proie à des questionnements profonds. C’est quelqu’un d’actif, qui récupère la ferme de son père et qui veut en faire quelque chose. Dans les années 80, mon personnage en est au début de cette exploitation-là mais je pense que ça prend sens aussi dans la manière dont Solange se construit en tant qu’adulte, expliquant également ce que l’on voit en 2025.

 

La palette de jeu et de couleurs a été très large…

 

Complètement ! Cela rejoint ce que l’on disait sur la saga, c’est très complet, avec des scènes très joyeuses de cérémonies et de fêtes, mais aussi des scènes plus dramatiques. C’est une série policière donc certaines scènes se rapprochent du thriller, ce que je n’avais encore jamais approché en tant que comédienne. C’était très agréable d’aller aussi dans un registre dramatique et de suspens…

 

 

 

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Oui ! Un travail a été mené avec le réalisateur, Hippolyte Dard, et Alexandra London à la direction artistique, qui ont voulu faire en sorte que les personnages soient logiques et complémentaires, des années 40 à 2025. En cela, pour ma part, dès que j’ai su que Guilaine Londez allait interpréter le même personnage quelques années plus tard, je suis allée voir comment elle bougeait et comment elle parlait. Pour aussi replacer la série dans la région, on l’entend, la famille Pageon a l’accent du sud donc on m’a demandé de retravailler mon accent puisque, dans la vie, je n’ai pas vraiment d’accent marseillais même si je suis originaire de la région…Il ne fallait pas non plus qu’il soit trop fort ou trop caricatural pour que les petites intonations de Guilaine soient cohérentes dans l’histoire de vie du personnage.

 

Elle a aussi un placement de voix naturellement plus aigu que moi donc j’ai essayé de faire pareil et je suis contente, je trouve qu’on sent une filiation à l’écran. C’était, en tout cas, très agréable à travailler.

 

Le fait aussi de porter des tenues d’époque et d’avoir les coupes de cheveux associées a été aidant à vous plonger dans les intentions de jeu…

 

Tout de suite, on devient le personnage malgré nous, avant même de commencer. J’ai quand même accepté de me couper les cheveux, qui étaient très longs et sans frange. J’ai maintenant une coupe plus courte et je trouve, effectivement, que ça met dans le contexte et que ça plonge dans le personnage.

 

A chaque fois que l’on arrivait sur le set avec les autres comédiens des années 80, on se charriait entre nous pour savoir qui allait avoir la tenue la plus colorée et c’est vrai que mon personnage ressort beaucoup, ce qui est cool. J’ai aussi tourné plusieurs jours avec un faux ventre, ce qui m’a mise dans une certaine posture, forcément.

 

 

 

 

Les épisodes sont déjà tous disponibles sur la plateforme de France Télévisions…

 

J’ai évidemment tout regardé ! Il y a quelques jours, on a aussi fait une projection d’équipe dans les studios de la chaîne. J’étais assise à côté de l’interprète de Fanny, Eléonore Sarrazin, et c’était marrant parce qu’on riait aux mêmes moments et qu’on était tendues aux mêmes instants. Notamment parce que l’on se rappelait d’anecdotes du tournage… C’était très agréable de voir, avec l’équipe, ce que ça rendait puis, chez moi, de découvrir la suite. Je trouve que le rythme est très bien géré : on prend le temps dans les premiers épisodes de montrer, et heureusement parce qu’il y a beaucoup de personnages, de lieux et d’intrigues qui s’entremêlent, avant que tout s’accélère. Donc je salue le montage et la réalisation, je trouve qu’ils aident aussi à créer des personnages avec des enjeux qui ressortent encore plus. 

 

Certainement avez-vous hâte de découvrir les retours du public ?

 

Oui, j’ai hâte que ce soit sur le linéaire pour avoir les retombées !

 

 

 

 

En complément, vous êtes sur scène, avec votre compagnie, dans un spectacle jeune public, “Zou !”…

 

Ce spectacle, que j’ai coécrit avec une comédienne et un musicien, est à destination des maternelles. On est tous les trois sur scène pour raconter ce voyage un peu farfelu d’animaux de la ferme, qui partent à l’aventure. C’est un spectacle qui me tient beaucoup à cœur, que j’ai créé en mars 2025, à la suite d’une rencontre avec une programmatrice lyonnaise qui avait aimé un autre de mes spectacles et qui m’a fait une commande. C’était un exercice tout nouveau pour moi….Depuis sa création, cette pièce a déjà été jouée plus d’une trentaine de fois et a une jolie vie à venir encore. 

 

C’est un spectacle pluridisciplinaire, mélangeant le concert, le théâtre et la rétroprojection d’images et de papiers découpés. 

 

Ces différentes actualités vous permettent des cordes artistiques variées mais sans doute très complémentaires…

 

Tout se nourrit. Je pense qu’il y a également une question de personnalité : je suis assez dynamique, je ne peux pas rester en place à attendre que l’on m’appelle, je suis très curieuse aussi, ce qui me permet d’avoir des actualités dans des univers assez différents. 

 

Je dirais même que cette complémentarité permet de digérer les projets en quelque sorte. En même temps que je tournais sur “L’or bleu”, j’étais en tournée avec un texte classique en alexandrins. C’est un métier très riche et, pour rien au monde, je ne changerais cette palette très diverse. Ouvrir autant d’univers est, je crois, l’une des choses qui me motive le plus !

 

Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?

 

Mes prochains projets sont plutôt en théâtre, avec la compagnie L’Autre Rive. Je commence déjà à écrire la prochaine pièce, qui sera une adaptation de roman. Sans oublier la tournée du spectacle jeune public…On pourra aussi me voir sur scène, à partir de novembre, avec une autre compagnie que je viens de rejoindre à Marseille : la compagnie La Dérivante.

 

J’espère aussi que “L’or bleu” va me permettre de densifier mon activité à l’image, qui est assez nouvelle pour moi. C’était une première occasion de défendre un personnage aussi complet dans une série et j’espère qu’il y en aura d’autres !

 

Merci, Sarah, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Emmanuel Lemire évoque sa belle et riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@ Sarah Robine

 

 

 

Bonjour Emmanuel,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez présent, cet été, au festival d’Avignon…A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! J’y ai joué quatre fois et cela a toujours bien marché donc je n'ai que des bons souvenirs… J’adore l’ambiance qui y règne ! Alors, oui, c’est sûr que, parfois, il fait un peu chaud, et qu'il y a du monde, mais cette espèce de foire au théâtre est magique. Il y a près de 1 600 spectacles, c’est vrai que c’est beaucoup, mais vaut mieux trop que pas assez… Des spectateurs vont voir cinq pièces dans la journée, c’est vraiment ce phénomène de foire, dans le sens noble du terme, que j’adore donc, oui, je suis vraiment très content d'y retourner. 

 

Très simplement, comment pitcher le spectacle dans lequel vous jouerez ?

 

Le spectacle, “Louison et Monsieur Molière”, est l'adaptation d’un roman de Marie-Christine Helgerson. C’est l’histoire de la petite Louison, du “Malade imaginaire”, qui était une enfant de dix ans, fille de deux comédiens de la troupe de Molière, Jean et Jeanne Beauval, elle rêvait d’être comédienne, jusqu'à faire le singe devant Molière pour attirer son attention ! Ce qui a marché ! Elle était visiblement très attachante puisque Molière lui a écrit une scène, celle où elle ment à son papa, le malade imaginaire, affirmant que sa sœur Angélique (prénom bien choisi !) n’a pas de petit copain qui vient dans sa chambre…Le père va réussir à la faire parler, après qu'elle lui aura fait la peur de sa vie, par ruse, pour ne pas être battue. C'était "révolutionnaire" de mettre une enfant de dix ans sur scène devant le roi Louis XIV...

 

Je joue Molière, j'en suis très honoré et, en même temps, c’est très émouvant, c'est un peu magique et mystique. La pièce est très imagée, il y a de la musique, du chant, de multiples espaces scéniques. 

 

La metteuse en scène et adaptatrice, Axelle Masliah, est très jeune et déjà incroyablement mûre artistiquement. Elle se donne les moyens de ses ambitions et de ses rêves, c’est impressionnant. C’est très agréable, pour moi qui aurai 57 ans cet été, de jouer avec des jeunes. J’adore ce brassage !

 

 

 

 

Quelques semaines plus tard, vous enchaînerez, d’abord en tournée, puis à la Scala, à Paris, avec une autre pièce, dans laquelle vous jouerez plusieurs personnages…

 

Oui !! Coline Serreau en est la metteuse en scène, j’ai une chance folle de l’avoir rencontrée en atelier, elle qui va adapter “La crise” au théâtre. On sera six comédiens et, effectivement, nous serons plusieurs à jouer plein de rôles différents. J’aurai quatre personnages… Je ne sais même pas quel adjectif trouver, c’est une chance inouïe de côtoyer Coline Serreau ! Et aussi sur scène, car elle va elle-même jouer trois rôles. Elle est d’une exigence impitoyable, je pense que c’est une génie. Oui, au féminin, c'est quand même mieux, non ? Elle a fait des films qui restent ancrés dans la mémoire collective, c'est une précurseuse, elle avait raison sur tant de choses, et elle est à mourir de rire, elle a un clown en elle qui surgit tout le temps. Voir tout cela jour après jour dans le travail est une chance inimaginable, que je savoure profondément. Nous irons également à Avignon, à la Scala, mais en 2027 !

 

Le fait d'enchaîner ces différents personnages vous permettra sans doute une palette de jeu large et variée ?

 

Oui, oui, on va s’amuser ! Cela va du député snob au père qui se fait larguer, en passant par un médecin homéopathe contrarié par sa femme et un communiste au cœur grand comme ça, le frère de Michou, qui l'a élevé. Donc ils sont tous différents mais je pense qu'on sera toujours dans le code de jeu de Coline, que j'appellerais le "comique vrai", ou le "comique profond" : l'Auguste ET le clown blanc. Ce qui fait que c’est touchant, car profondément humain. Sans parler de son sens du rythme. C'est une grande musicienne. 

 

 

 

 

Commencer en province puis venir à Paris sera l’occasion de rencontrer des publics très différents…

 

J’avais arrêté le théâtre pendant près de 15 ans parce que c’était trop compliqué avec mes quatre enfants. J’ai obliqué vers des dramatiques à la radio, puis du doublage, des voix de pub, puis des livres audio… Mais avant cela, j’en avais fait quinze ans et c’est vrai que le public de Paris est très exigeant, ce qui est tout à son honneur mais il est un peu plus froid quand même. En tournée, les gens apprécient de façon plus simple ce qu’on leur propose…Ils sont encore plus contents de venir au théâtre pour se détendre et se distraire. Donc j’imagine que ce sera une pure joie de jouer devant eux une pièce mythique comme “La crise” ! 

 

En parallèle, vous jouez une autre pièce dans des endroits improbables et participez au développement aussi d’un autre spectacle…

 

Ce dernier est très beau, écrit par deux jeunes également, Melchior Lebeaut et Marié Vaisy, sur l’inceste. “Ogre”, ou peut-être “La Poucet”, le titre n'est pas définitif. C’est une sorte de conte qui raconte l’histoire d'une famille dont le père a violé la majorité de ses enfants et dans laquelle je jouerai le violeur. C’est quand même assez particulier d’interpréter un tel rôle. Je le disais précédemment, jouer avec de jeunes comédiens est vraiment un enrichissement énorme ! On a tout à apprendre de leur façon de faire ce métier … J’espère que ce spectacle se montera (nous avons obtenu l'Adami déclencheur) car c’est un thème, malheureusement, qui concerne 10% des français, 6 millions et demi de personnes ! Nous avons fait deux présentations publiques qui ont été extrêmement bien reçues. C'est incroyable qu'on m'ait proposé ce rôle, car j'ai moi-même été violé par mon père dans ma jeunesse. Je l'ai dénoncé à vingt ans, il s'est suicidé six mois plus tard. Je me permets de le dire ici car mon petit frère, Romain Lemire, a écrit un livre magnifique sorti le 9 avril de cette année 2026, aux éditions du cherche midi, qui s'appelle “Clément”, et qui raconte tout cela sous la forme d'un roman d'autofiction. C'est un livre incroyable que je recommande à tout le monde. Il permet de comprendre à hauteur d'enfant comment se vit cette situation abominable. C'est un scandale sociétal, un crime de masse, qui devrait être pris à bras le corps par les autorités. Il vient d’ailleurs d'obtenir le prix Goncourt du Premier roman 2026.

 

L’autre spectacle raconte - superbement, c'est un texte qu'Eduardo Manet a coécrit avec Aphrodite de Lorraine - l’histoire d’amour entre Saint-Exupéry et sa femme Consuelo Suncin. Un mariage qui a duré 14 ans, qui a commencé par un coup de foudre, un baiser en avion au-dessus de Buenos Aires et qui s’est terminé à la mort d'Antoine, abattu dans son avion la veille de sa démobilisation. On connait mal l’histoire de cette femme et de cet amour car sa belle-famille l’a un peu évincée. C’était une magnifique peintre salvadorienne, trompée en permanence par son mari, malgré leur amour passionné. Effectivement, on a joué dans des endroits étonnants, au Kosovo, en Mauritanie - et d’autres endroits lointains pourraient bien advenir. Mais Paris serait évidemment parfait pour jouer ce spectacle remarquablement mis en scène par Patrick Alluin. 

 

 

@ Sarah Robine

 

 

Votre parcours est très riche et très varié. Récemment, les téléspectateurs de TF1 ont pu vous voir dans la série quotidienne “Demain Nous Appartient”. Quels souvenirs gardez-vous de ces 15 jours de tournage à Sète ?

 

C’est la première fois que je participais à un tournage aussi long, même si, juste avant, j’avais passé trois jours sur un très beau long-métrage, “L'Abandon”, de Vincent Garenq. qui raconte l’assassinat de Samuel Paty. Il sort le 13 mai 2026. Cela n’a rien à voir avec une quotidienne de télévision, où il y a trois équipes différentes qui tournent en même temps et où on peut faire six séquences en une journée, ce qui est énorme. Mais, dans les deux cas, qui sont donc à l’opposé l’un de l’autre en termes de rythme, j’ai adoré le travail. C’est quand même, à chaque fois, magique d’être comédien !

 

C’est bien de savoir faire et de savoir dire mais le cœur du métier reste dans l’émerveillement, la surprise et l’étonnement. Il y a des auteurs magnifiques et, nous, comédiens, moins nous allons faire de choses, mieux ce sera. C’est encore plus vrai à l’image parce que la caméra voit tout, elle vient voler la vérité. J’ai donc pu éprouver cela à la télévision et au cinéma, à quelques semaines d'intervalle, c'était étonnant et passionnant.

 

Votre personnage, sur DNA, vous a permis une palette de jeu large et variée…

 

Oui, c’est vrai que, au début, ils voulaient qu’on croit qu'il s'agissait d'un individu dangereux, en tout cas un "méchant" et, en fait, on se rend compte qu'il protège ses filleules et qu'il les aide. C’était assez drôle d’ailleurs, parce qu'il y a des coachs sur la série, qui sont assez présents et c’était compliqué pour eux avec mon personnage : je peux facilement avoir l’air très méchant et faire peur donc, au début, ils venaient me dire que c'était trop…Il fallait quand même doser pour que, à la fin, on comprenne que c’est un gentil et, en même temps, il ne fallait pas qu’il soit trop gentil au début, sinon ça gâchait le suspens. C’était un dosage assez subtil et très drôle à faire ! J'étais content parce qu'au début, sur les réseaux et les forums, les commentaires disaient que j'étais terrifiant, et ensuite, les gens s'étaient attachés à moi et voulaient que je revienne !

 

J’ai adoré cette expérience et cette ville, j’ai adoré le professionnalisme des équipes. La série existe depuis 8 ans, tous se connaissent très bien, c’est familial et l’ambiance est très bonne. Sans parler de la lumière de Sète… Cette ville est magique !

 

Soutenir un tel rythme sur le plateau doit être une vraie école ?

 

C'est vrai. Mais le théâtre est très requérant également. C’était effréné, oui, mais, même les jours où j’ai eu six séquences, l'adrénaline est là, il y a toujours des petits moments d’attente, les coachs en profitent pour donner des conseils. On est très bien pris en charge. Tous sont tellement pros ! Je n’ai pas du tout paniqué ni même été désarçonné, je me suis senti un peu comme un poisson dans l’eau. C'était juste très excitant, très rigolo. Vraiment ludique… Et j'ai sympathisé avec beaucoup de comédiens, récurrents ou guests. 

 

 

@ Sarah Robine

 

 

Avez-vous regardé le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre jeu ?

 

J’ai réussi, sur le plateau, à être dans l’instant mais j’ai vraiment apprécié aussi de regarder les épisodes…En fait, je me découvrais à l’image. Je l’ai trouvé très belle, c’est bien filmé, l’éclairage et la photo sont très beaux donc j’ai été positivement surpris de ce que ça donne, moi qui ai quand même passé 30 ans de ma vie à penser que je n’étais pas photogénique…

 

Au même moment, étiez-vous aussi curieux des réactions des téléspectateurs ?

 

Oui, oui, cela m’amusait d’aller voir un peu les réactions ! Il y a même quelqu’un d’adorable qui m'a demandé l'autorisation de créer un compte Instagram en soutien à mon personnage… Il y a toute une vie autour de la série et ça m’a fait plaisir de communiquer avec ces fans. Beaucoup m’ont écrit des choses très gentilles, d’ailleurs. 

 

Pour terminer, on pourrait penser que toutes vos cordes artistiques sont très éloignées les unes des autres mais ne sont-elles pas, finalement, complémentaires ?

 

C’est une question quand même compliquée…mais, oui, j’aurais tendance à dire que tous ces cousinages se nourrissent les uns les autres ! De même que l’art se nourrit de la vie. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’émerveillement, l’étonnement, le lâcher-prise, le fait de se mettre au service d’un texte ou d'une situation sont, je trouve, toujours présents. C’est le même phénomène qui se produit à chaque fois. Je le retrouve en enregistrant des livres audios (j'en ai enregistrés plus de cent...) alors que je suis tout seul en studio, avec un ingénieur du son bien sûr, enfermé pendant 40 heures d’enregistrement. C’est pareil, je me projette alors dans les situations, je joue les dialogues, je suis un peu plus en recul quand je suis le narrateur, je crée des voix et je me laisse traverser par des vies qui ne sont pas la mienne…

 

C'est fondamentalement chaque fois la même chose, tout est complémentaire : se laisser happer, surprendre. C'est un métier extraordinaire, quand on a la chance de le pratiquer.



 

Merci, Emmanuel, pour toutes vos réponses !

 

Merci beaucoup de votre gentillesse et de vos questions. C'était une joie d'y répondre...

À bientôt dans les salles de théâtre ou à l'écran !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Jeanne Pajon nous en dit plus sur sa belle et variée actualité, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Jeanne,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

Vous êtes actuellement sur scène, à la Comédie Bastille, dans la pièce “Napo”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Ah oui, oui, c’est vraiment une grande joie de jouer avec toute cette équipe ! Ils sont tous géniaux, et m’ont accueillie à bras ouverts au moment où j’ai rejoint l’aventure, qui était déjà en cours depuis quelques mois. Je suis en alternance avec Salomé Granelli sur le rôle. Cela me permet de pouvoir aller à fond dans ce que j’adore, c’est-à-dire la comédie et je joue avec des acteurs qui renvoient très bien la balle. Oui, c’est un bonheur tous les lundis et mardis soir, on s’amuse bien sur scène… ! En plus, c’est un texte qui est très proche de l’actu, du coup, on peut le remodeler, ce n’est jamais vraiment la même pièce à chaque fois. Il y a toujours, bien sûr, le même texte mais il y a des petits trucs en plus, on trouve des choses, on se surprend les uns les autres et c’est en cela que ça se différencie d’une pièce de Molière par exemple. J’avais adoré jouer Célimène dans “Le Misanthrope”, mais évidemment il est impossible de modifier les alexandrins, c’est là la beauté, trouver la liberté dans la précision… Dans « Napo », c’est une liberté différente. Pouvoir moduler, essayer différentes répliques sur scène est génial. Eric Delcourt est connu pour ses comédies et on comprend pourquoi, les gens sont vraiment avec vous, ça rigole beaucoup. C’est une joie, oui c’est le bon mot, de retrouver le plaisir de jouer, d’être sur scène avec ses partenaires, devant le public…c’est super !

 

Sans tout en dévoiler, avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

 

Souvent, quand on me demande d’expliquer la pièce, je dis que c’est Napoléon qui est en train de « pilonner » les anglais, selon ses mots, à Waterloo. Sauf que, lors d’une explosion, il se retrouve propulsé dans une faille spatio temporelle en 2026, en plein milieu d’une manifestation de gilets jaunes. Il se rend compte qu’il n’est plus empereur de France et que  l’empire est beaucoup plus petit maintenant… forcément il se demande ce qui s’est passé. De là, il va rencontrer toute une équipe de jeunes, dont Sarah, mon personnage, une féministe écolo de gauche, tout l’inverse de Napoléon… ce qui va créer une friction qui est très amusante.

 

C’est une comédie, évidemment, les gags s'enchaînent, c’est très rythmé !

 

Quel regard portez-vous justement sur Sarah, votre personnage ?

 

Je trouve que c’est une femme forte, qui est engagée. Elle a également beaucoup de douceur et d’empathie, c’est pour ça qu’elle décide d’aider quelqu’un qui est à son opposé, mais non sans avoir quand même un côté très businesswoman, où elle y voit ses fins. Elle se dit que Napoléon est ce qu’il est, elle sait très bien qu’elle ne va pas pouvoir le changer intrinsèquement mais qu’elle va peut-être pouvoir le diriger, pour arriver à son objectif, celui d’avoir un président sensible à l’écologie, sensible aux droits des femmes et à leur protection. Là où, malheureusement, Napoléon veut juste détruire les anglais, c’est son leitmotiv…

 

La palette de jeu associée doit être très plaisante pour vous ?

 

C’est super plaisant ! Je le disais, Sarah est très empathique mais, à côté de cela, c’est une femme qui sait aussi où elle va. Elle est le seul personnage féminin de la pièce, il y a ce côté où elle maintient les trois gugus qu’elle a en face d’elle. Néo, son frère, joué par Boubacar Kabo, un excellent comédien, est complotiste et Sarah n’arrive pas à le tenir en place. Elle qui est très droite dans ses idées, se retrouve avec son frère qui est prêt à croire à la moindre théorie du complot…Il y a aussi son ex, Stan, joué par Solay, c’est un avocat un peu véreux, qui ne va que là où il y a de l’argent. Au milieu de tout cela, Sarah est un peu la seule qui a de vraies valeurs, elle qui veut aller quelque part où ça fera le bien dans le monde. 

 

Donc c’est un plaisir d’interpréter ce personnage de femme forte et droite dans ses bottes ! Il y a plein de choses à jouer, il y a beaucoup de réceptions aussi, notamment des dingueries dites par Napo, c’est très cool.

 

Et je joue d’autres rôles, au début de la pièce. J’ai la chance de pouvoir interpréter une commissaire de police intransigeante, ainsi qu’une infirmière complètement cagole et désabusée. Il y a donc toute une palette de personnages à jouer, et toute une palette de situations aussi, c’est très corporel, c’est très physique, on sue sur le plateau et Napo sous son bicorne.

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous avez rejoint cette aventure après son lancement. Au moment de vous glisser dans la peau de ces personnages, aviez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

 

Pour l’infirmière, j’ai beaucoup pensé au sketch des Inconnus, aussi parce qu’Eric m’en avait parlé lorsqu’on l’avait travaillé ensemble, avec ces infirmières lentes dans leur corps, qui ont le droit de faire ce qu’elles veulent de toute manière parce que, sans elles, on est mal…Donc, maintenant, c’est à leur rythme et c’est comme ça ! J’adore ce côté un peu pleins pouvoirs qu’elles utilisent, elles ont bien raison…

 

Pour Sarah, ce n’était pas compliqué, je me sens assez proche d’elle, c’est un personnage actuel, jeune, féministe, écolo, je pense que j’arrive assez bien à me représenter ce que Sarah peut ressentir et comment elle vit. J’admire ce personnage-là par sa détermination et sa manière de gérer les situations complexes. C’est en cela aussi que je prends plaisir à la jouer, elle sait où elle va. Mais, du coup, je chope également l’inspiration en pensant à toutes ces femmes qui sont activistes et qui sont sur le devant de tous les combats féministes ou écologiques. Je pense à elles dans ces moments-là, c’est ce qui me donne le ton pour incarner Sarah sur scène et essayer de la faire de la manière la plus juste possible.

 

D’ailleurs, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

 

Souvent, on nous dit qu’on a beaucoup d’énergie ! Les gens trouvent ça génial que ce soit aussi actuel, politique mais sans prendre forcément parti. C’est vrai que tout le monde en prend pour son grade dans cette pièce, il n’y a pas du tout de bord politique qui est mis en avant.

 

Les spectateurs ressortent en ayant passé un bon moment. C’est vrai qu’Eric, dans le personnage de Napo, fait une vraie performance. Il tient la pièce du début à la fin. C’est grâce à ce personnage-là que la comédie peut exister. Donc, à la fin, les gens nous félicitent pour notre jeu et notre implication, ils sont ravis, ils ont passé le bon moment qu’ils étaient venus chercher.

 

En parallèle, à la rentrée, vous ferez vos premiers pas au cinéma, dans un long métrage…

 

“La maison de nos rêves” est réalisé par Claude Zidi Jr. J’étais ravi de pouvoir participer à ce film, c’est mon premier rôle au cinéma. Je joue Eden, la meilleure amie du personnage principal interprété par Camille Aguilar, aux côtés de Kev Adams. Mon personnage est marié à Guillaume, incarné par Paul Deby, on est le couple de blonds par excellence…Tout nous réussit dans la vie, on est riches, on est blonds, on est insupportables, on boit du matcha le matin, on fait du yoga… On a réussi notre vie, on ne sait pas comment, mais on ne manque pas de le montrer à tout le monde. C’était très drôle à jouer. En plus, de retrouver mon ami Paul en acolyte, c’était encore mieux ! 

 

A l’image, l’épisode inédit de “Joséphine, ange gardien”, “Les sirènes”, avait été diffusé en fin d’année dernière sur TF1. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

 

On avait tourné l’épisode il y a un peu plus de deux ans. J’étais très heureuse d’avoir obtenu ce rôle-là, d’autant plus que ça mêlait le sport et le jeu. Dans l’épisode, notre jeune bande apprenait à pratiquer la natation synchronisée et, pour se faire, on avait dû prendre de vrais cours. Ça avait été extraordinaire, on avait eu des leçons intensives pendant un mois et demi. Je me rappelle que, dans les dernières semaines avant le tournage, on nageait chaque jour pendant quatre heures, c’était énorme. On avait même appris une chorégraphie avec des portées. C’était un grand bonheur et un vrai épuisement en même temps ! Cela nous a permis aussi de créer une bonne team car, on le sait, le sport d’équipe a plein de bienfaits, notamment celui de souder les gens entre eux.

 

Et puis, l’équipe était formidable, c’était un tournage très familial. Le réalisateur, Nicolas Herdt, était super sympa et très à l’écoute. Jennifer Lauret et Mimie Mathy étaient très professionnelles, c’était un bonheur de tourner avec elles.

 

 

 

 

Le succès d’audiences a certainement dû vous faire chaud au coeur ?

 

Oui, oui ! Nous l’avons, nous aussi, attendu pendant deux ans donc on était très heureux, déjà, d’apprendre sa diffusion. De voir à quel point il a été bien reçu nous a terminés de joie ! C’était fait, jusqu’au bout, et bien. Enfin, on avait la récompense des retours du public, qui était très content de cet épisode. J’ai reçu des messages de gens qui avaient adoré. C'était un beau cadeau de fin d’année !

 

Quels sont, en complément, vos autres projets en cours et à venir ?

 

Vous pouvez toujours me suivre sur les réseaux sociaux, où je fais beaucoup de pastilles humoristiques et où je mets mon actualité.. 

 

À côté de ça, je suis également dans la web-série “On vous rappellera”, visible sur la plateforme Playzer, ou sur leurs réseaux sociaux. Ce programme humoristique se passe dans un bureau de production. La saison 2 devrait se tourner bientôt…

 

Depuis plusieurs années, nous écrivons un film avec Eva Ramos, Romain Compagny, Vera Stadler et Thibaud Erpicum… Depuis plusieurs mois, nous avons la chance de le développer avec une production, donc nous espérons qu’il verra bientôt le jour ! C’est une comédie-dramatique en huis clos. 

 

C’est vrai qu’il y a de quoi faire et je m’amuse partout. Donc, pour l’instant, je continue sur cette lancée ! L’idée est de pouvoir, avant tout, être heureuse dans ce que je fais et avec qui je le fais. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans des cases, j’espère pouvoir toucher à tout pour la suite de ma carrière, garder de la comédie, bien-sûr, mais aussi faire du drame !

 

Merci, Jeanne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Ménopause : Kareen Antonn évoque ce chouette spectacle, ainsi que ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Kareen,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

L’aventure “Ménopause” poursuit sa belle et longue route, à Paris et en province. A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’est impressionnant ! Alex Goude a vraiment visé tout le monde avec un humour accessible, sans prise de tête, avec des jeux de mots et des choses très légères. En même temps, il fallait qu’il y ait quand même un fond explicatif, pas loin du médical. Quand ça avait commencé, on s’était, nous, posé la question de quel public ça allait vraiment toucher. On pensait que les hommes n’allaient peut-être pas être concernés mais on a eu vraiment la surprise, sur scène, de voir un public qui passait par toutes les émotions et, surtout, à la sortie, de voir un nombre de femmes venir nous dire non pas “Bravo” mais “Merci, je me suis reconnue. D’un coup, je culpabilise moins. Mon mari a compris”. Les hommes nous disent “Ca y est, je comprends ma femme”, “Je comprends ma soeur”, “Je comprends ma mère”. 

 

On s’est rendus compte de la portée hyper thérapeutique de ce spectacle, qui réussit à faire rire sur une souffrance que les femmes n’osaient pas exprimer. La ménopause est un sujet tabou. Ce qui est assez dingue, c’est qu’en réalité, il l’était pour moi aussi. Quand Alex m’a proposé ce rôle, j’étais limite vexée, à lui dire “Mais, Alex, je n’ai pas l’âge d’être ménopausée ! Je dois prendre comment ta proposition ?” (Rires). Il se trouve que, dedans, je joue le rôle d’une actrice qui est complètement tirée au botox dans tous les sens donc, en soi, ce n’est pas un problème que je ne fasse pas l’âge du personnage. C’est vrai que, sur le moment, j’ai eu quelques interrogations. En fait, ce n’est pas vexant car ça ne concerne pas uniquement un pourcentage des femmes, ça nous concerne toutes ! Plus je suis dans cette pièce, plus je réalise que c’est extrêmement cathartique pour moi aussi. Je ne dis pas que j’ai hâte mais j’appréhende la ménopause de manière très différente: non plus comme une triste fatalité mais comme une étape de vie. Ce n’est pas une fin en soi…C’est super important, culturellement et socialement, que les choses soient retournées dans ce sens-là parce que les femmes se sentent mal à l’aise avec ce qui n’est qu’une étape au final. 

 

Je pense donc que le succès de cette pièce est dû au fait que ce spectacle soit thérapeutique, qu’il fasse du bien, qu’il dédouane les femmes de se sentir coupables et qu’il démystifie cette étape de vie. En plus, on rit beaucoup! La ménopause a l’avantage d’être un sujet qui ne se tarira jamais, qui ne s'arrêtera pas. Ce n’est pas un thème d'actualité, c’est un sujet humain qui concerne toutes les femmes et pour toujours…On a peut-être, du coup, une chance de jouer ce spectacle pendant 20 ans…D’ailleurs, j’aimerais bien le jouer ménopausée 🙂 donc il faut que ça dure encore ! (Rires)

 

 

 

 

Après deux ans sur scène, sans doute que vous appréhendez les représentations différemment du début ?

 

Totalement ! Au début, je n’avais jamais fait de comédie, j’avais fait beaucoup de théâtre mais classique, et puis, il y avait longtemps que je n’étais pas montée sur les planches. Je n’avais fait presque que de la musique pendant quinze ans donc je n’avais pas fait d’acting depuis très longtemps. Là, en plus, j’ai été confrontée à de nouveaux codes, ceux de la comédie, le tout avec un micro. Je projetais d’ailleurs beaucoup trop au départ. J’ai aussi été confrontée à des comédiennes de théâtre confirmées et j’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de me sentir légitime, j’avais l’impression d’être l’imposteur de service sur scène. En même temps, je voulais tellement prouver que l’on n’avait pas fait d’erreur en me mettant là que j’ai bossé comme une acharnée. Je me suis mis une pression d’enfer, mais je suis contente parce que j’ai énormément appris et que je continue d’apprendre. 

 

Aujourd’hui, je m’amuse vraiment ! J’ai le personnage, je le connais, j’arrive à jouer avec et je me sens enfin légitime donc il y a une énorme différence entre le début et l’après ! Mais je continue à écouter, à prendre des conseils et à me faire coacher. 

 

Sans doute que la palette de jeu est variée, ce qui doit être plaisant pour vous ?

 

Oui et, là encore, c’est hyper cathartique. J’ai toujours été habituée à devoir représenter « quelque chose de beau » sur scène. Au début, j’essayais d’être jolie malgré des moments très clownesques où il ne faut pas avoir peur de partir dans le ridicule. Cela a été un énorme travail pour moi, par exemple dans le fait d’accepter de faire une tronche qui n’est pas belle. Autant je pouvais le faire avec mes enfants chez moi, autant ça a été un réel travail d’oser le faire devant un vrai public. Cela a été extrêmement positif quand j’ai vu que les gens étaient réceptifs au moment où je lâchais la façade du paraître.

 

Du coup, maintenant, c’est vrai que j’ose ne plus penser au beau et c’est génial, c’est une vraie libération, même personnellement !

 

Le fait de jouer dans des différents endroits, à des dates non régulières, vous permet probablement de garder une certaine fraîcheur ?

 

C’est marrant, c’est une question que je me pose souvent. Il y a aussi la difficulté, justement, de se remettre à chaque fois dans le personnage, difficulté que n’ont pas les filles qui jouent d’affilée. Je me suis régulièrement demandé si ça me lasserait de le jouer tous les jours ou si j’y trouverais une incarnation plus naturelle. Je pense qu’il y a un peu des deux…Quand je le joue plus d’affilé, il est évident qu’à la troisième ou quatrième représentation, je continue à trouver des choses pour le personnage et, finalement, je rentre dans le vêtement de manière plus logique, je n’ai pas besoin de chercher, de me poser des questions ou de me remettre le texte en tête. En plus, en tournée, à chaque fois, il faut s’approprier l’espace et s’y adapter mais c’est aussi ce que j’aime, moi qui n’apprécie pas la routine. 

 

En soi, quand je joue plus, je joue mieux mon personnage ! On évolue davantage ensemble…

 

D’ailleurs, avec le recul, quel regard portez-vous sur ce personnage ?

 

Au départ, je le trouvais assez désagréable et je m’amusais de son côté antipathique. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de tendresse pour ce personnage et je lui prête beaucoup moins “d’intelligence”. D’ailleurs, je pense qu’il est moins profond que ce que je lui donnais au départ. En fait, il ne faut pas le voir comme quelqu’un de trop touché par ce qui lui arrive…Je crois qu’il veut paraître et veut tenter de faire croire qu’il a cette profondeur, alors qu’en réalité, il ne l’a pas tant que ça. Son côté dilettant et fataliste est beaucoup plus présent que son côté « souffrance d’ancienne star ». En fait, la passerelle se fait moins, aujourd’hui, entre ce que je pourrais ressentir, moi, et le personnage ! En soi, c’est une vraie parenthèse de liberté que, maintenant, j’arrive à offrir au personnage

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous, du coup, certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Au départ, étant donné que c’est une reprise de jeu, j’avais comme base Marion Posta qui est la titulaire parisienne du personnage. Cela a été compliqué parce que c’est une comédienne vraiment très ancrée, qui, en plus, est très précise. Du coup, ça a été très impressionnant pour moi qui vis en fonction du temps qu’il fait et de mes humeurs (Rires). Mais les autres comédiennes m’ont un peu déculpabilisée de cette précision parce qu’elles sont vraiment dans le spectacle vivant et qu’elles ne jouent pas de la même façon tous les jours. Je pense que je fais plus partie de cette famille-là ! 

 

Au début, j’avais donc essayé de calquer un peu le jeu de Marion, ce qui était un tort parce que nous sommes très différentes. M’en détacher n’a pas été facile et j’ai mis longtemps à chercher des influences différentes. Finalement, c’est Manon, une coach fantastique, qui m’a aidée à faire cela, en m’expliquant qui est le personnage, à la base. Cela m’a permis de lui donner une identité différente et, aujourd’hui, je pense qu’il n’y a plus de comparaison possible entre ce que lui donne la titulaire parisienne et ce que je lui donne. Et c’est très bien comme ça ! 

 

 

 

 

En plus de quelques dates à Paris, vous assurez la grande majorité des dates en province. Cela doit certainement être très agréable d’aller rencontrer le public un peu partout ?

 

C’est génial et j’adore cette rencontre ponctuelle avec les gens. J’aime aussi l’énergie différente qu’il y a en province, où le côté évènement est beaucoup plus présent. C’est aussi l’occasion d’aller voir mes copains et ma famille du sud-ouest…On va à la rencontre de personnes qui ne peuvent pas forcément venir sur Paris, j’aime cette façon d’aller chez les gens et de leur permettre d’accéder à quelque chose. C’est vrai que le côté tournée me correspond plus encore, où l'ambiance est très particulière ! J’ai beau dire que, parfois, je suis fatiguée d’avoir toujours une valise à la main, au bout de quinze jours où je n’en ai pas, ça me manque…

 

Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?

 

Il y a une suite de tournée l’année prochaine, je ne sais pas si je vais la faire majoritairement mais je le souhaite plus que tout ! 

 

En réalité, je suis très heureuse dans cette aventure, je suis très heureuse sur une scène de théâtre et ce que j’aimerais, en ce qui me concerne, c’est qu’il y ait plus de comédies dans mes projets professionnels. Je voudrais pouvoir continuer Ménopause et en parallèle, des tournages télé, notamment des quotidiennes. J’aimerais vraiment beaucoup pouvoir rejoindre des troupes de séries, c’est quelque chose qui me plairait énormément.

 

Avez-vous d’autres projets musicaux en préparation ?

 

Je continue quand même à croire que j’ai encore quelque chose à faire là-dedans 🙂. J’ai toujours des idées et je n’ai pas envie d’avoir de frustrations avec des morceaux qui resteraient dans des tiroirs. Je continue d’essayer de les faire exister. J’essaie, aujourd’hui, de finaliser un projet qui devrait voir le jour d’ici peu. Je vise davantage le live, les festivals…c’est définitivement sur scène que je suis la plus heureuse. 

 

Merci, Kareen, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Musique

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Farida Rahouadj évoque son actualité et ses projets, à l'image mais aussi sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Farida,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France Télévisions pourront prochainement vous retrouver dans “Une place au soleil”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Laly Vannucci, la réalisatrice, est une femme merveilleuse et une directrice d’acteurs géniale. Ce tournage était câlin et joyeux ! Un moment d’une grande gaieté passé avec, entres autres, Béatrice de la Boulaye, Philippe Duquesne, … Nous avons tourné dans le sud, pas très loin de Montpellier…J’espère que cela évoluera en série !

 

Ce n’était pas un rôle attendu compte tenu de mes origines, Patricia tient une boutique, fait partie du conseil municipal et a une  histoire d’amour avec le maire. Il y a pas mal de péripéties, c’est très vivant, le tout dans un village merveilleux. C’est d'une grande qualité !

 

Quel regard portez-vous justement sur Patricia, votre personnage ?

 

Patricia est épicière, elle fait partie intégrante du village, on y retrouve d’autres personnages assez hauts en couleurs. Notamment une dame qui a un coq comme animal de compagnie, une jeune femme qui débarque avec ses 2 enfants pour remplacer l’ancienne secrétaire de mairie car elle veut fuir la ville où elle vivait suite aux soucis de son fils. Notre rencontre, dans la fiction, sera explosive !

 

On va suivre l’intégration de cette femme dans le village. Au début, Patricia regarde son arrivée d’un mauvais œil mais, après moults péripéties, elles finiront par être très amies.

 

Sans doute que la palette de jeu a été très plaisante à défendre ?

 

Oui ! Vous savez, quand vous êtes avec des gens qui sont très précis dans la direction, chaleureux et bienveillants, vous avez des ailes et êtes assez détendu pour accueillir tout ce qui peut se passer. Vous vous laissez aussi plus facilement surprendre, offrant plusieurs strates au personnage. 

 

Avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans sa peau 

Pas du tout ! En fait, il faut surtout s’intégrer à l’équipe, être à l’écoute…et puis, le scénario est là, c’est quand même la matière numéro une. Il y a le scénario invisible que l’on invente, je n’ai pas eu besoin d’une préparation particulière. 

 

Par contre, au théâtre, sur “Les paravents”, on a dû faire un training physique énorme avant, c’était très physique, le décor est un immense escalier, avec des marches de trente centimètres. 

 

 

 

 

Que peut-on vous souhaiter pour la diffusion à venir et la suite éventuelle ?

 

J’espère retrouver cette équipe  formidable. Caroline Lassa, la productrice est  merveilleuse, chaleureuse et présente, c’est assez rare pour le souligner. 

 

En parallèle, vous serez prochainement de retour sur scène, à Rennes, dans “Les paravents”....

 

Nous avons  créé ce spectacle à Rennes, avant de le jouer à l’Odéon, à Paris. Nous avons  aussi eu l’immense chance de le jouer  en Chine, à Pékin. C’était une magnifique  expérience ! Les Chinois ont  construit  le décor sur place, c’était  remarquable et impressionnant. 

 

On va heureusement le reprendre à Rennes, en décembre, puis, je l’espère, en tournée. Nous sommes seize acteurs sur scène, c’est merveilleux ! Dommage qu’il y ait de moins en moins de productions comme celle-ci.

 

Avec vos mots, très simplement, comment pitcher ce spectacle ?

 

C’est une  pièce de Jean Genet, elle a été créée dans les années 60, à l’Odéon. Il y a eu d’autres mises en scène ensuite, j’avais fait partie de la distribution dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 1982, j’avais un petit rôle.  

 

C’était très émouvant pour moi de retrouver cette pièce , quarante ans plus tard, dans la mise en scène d’Arthur Nauzyciel. C’est un beau cadeau et j’y interprète Warda la reine du bordel. 

 

Cela se passe pendant la guerre d’Algérie mais ce n’est pas le sujet de la pièce. C’est un spectacle sur les fantômes qui reviennent hanter les vivants. On comprend également comment, au cours de l’histoire, les événements se reproduisent inlassablement, éternellement, dans leur cruauté. Notamment comment  les opprimés reproduisent le schéma des oppresseurs.. 

 

L’auteur écrivait  qu’il faudrait  jouer cette pièce comme s’il n’y avait pas de public. Comme si nous étions dans un cimetière. Il est très compliqué de parler de cette pièce … C’est un théâtre métaphorique, ce n’est pas un théâtre réaliste ni psychologique. C’est une écriture poétique, transfigurée. 

 

J’ai été très impressionnée par la direction d’acteur d’Arthur, qui était de nous amener à nous laisser agir par les mots, que cela devienne organique sans chercher à calquer une illusion.

 

Warda, mon personnage, est la reine du bordel, elle vient exposer son agonie. C’est un personnage christique, elle est  en train de mourir quand elle arrive sur le plateau. Elle rêvait d’un monde idéal, vertical, comme si son bordel avait été une chapelle et elle La Pute Céleste avec ses rituels. Les événements la tirent vers le bas, vers le monde terrestre sans spiritualité et elle devient la pute d’un petit bordel pour soldats et hommes du village, elle ne peut y survivre.  

 

 

 

 

Quels retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les retours étaient très enthousiastes, la presse a été très élogieuse, c’était magnifique ! En Chine, Arthur a eu deux prix au festival auquel nous participions. Son courage et son audace ont  été recompensés, c’est mérité !

 

En complément, vous êtes en préparation d’un seule-en-scène…

 

Oui, le producteur, Nicolas Boualami qui m’avait proposé de me produire, m’accompagne depuis plusieurs années, c’est une personne extraordinaire qui a cru dans ce projet dès le début. Une première résidence a eu lieu à Châteauvallon, pendant cinq jours. J’espère être en mesure de présenter notre travail dans un an environ.

 

L’histoire a pris un tournant inattendu. Nicolas avait été impressionné par une exposition sur les divas, à l’institut du monde arabe, il m’avait alors proposé de faire un spectacle sur ce thème. Comme je ne sentais pas de liens émotionnels, particuliers, avec « Les Divas », j’ai eu besoin d’écrire des monologues intérieurs, qui, au départ, n’avaient ni queue ni tête, jusqu’à ce que Nicolas me dise que la matière principale serait cette écriture . 

 

Il m’a encouragée à écrire, l’écriture s’est axée sur l’enfance, cette période de vie où on se sent un peu reines et princesses. Et cela s’est mis, malgré moi, à se centrer autour de la figure de  ma mère. Mon héroïne en quelque sorte, cette femme veuve à 25 ans, avec cinq enfants à charge, dans notre petit village de la région PACA avec toutes les difficultés surmontées tout au long de sa vie. Ma diva à moi était de toute évidence ma mère. 

 

C’est très drôle et joyeux aussi malgré les difficultés. C’est le récit de la vie d’une famille d’origine maghrébine en Provence qui essaye de s’intégrer dans ce pays qu’elle considère comme sa patrie.

 

Certainement que le fait de vous replonger dans tous ces souvenirs a été riche en émotions ?

 

Tout à fait ! C’est un voyage auquel je ne m’attendais pas. C’est un tsunami intérieur parce qu’il y a des choses que l’on a oubliées, d’autres que l’on a voulu oublier. Plus on va profondément dans ce qui nous a remué, plus on rentre en connexion avec les autres et on les rejoint. 

 

Merci, Farida, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Le cours de trop : Interview croisée avec Mathilde Morin et Marie Breton-Violet !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Mathilde, bonjour Marie,

 

Quel plaisir de vous retrouver pour effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

Vous êtes actuellement sur scène dans la pièce “Le cours de trop”. À titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Mathilde : Oui, c’est super, d’autant plus qu’on est amies et qu’on s’est rencontrées en école de comédie musicale. C’était notre premier projet professionnel, en plus ensemble, puisqu’on l’avait créé en dernière année de cours. C’était vraiment stimulant de pouvoir commencer à travailler et de jouer cette pièce avant même de sortir d’école. Depuis, elle continue à tourner donc c’est très agréable de retrouver à la fois ce spectacle et ses amies sur scène.

 

Marie : Je suis arrivée en deuxième équipe et j’ai beaucoup aimé rejoindre ce spectacle, que j’avais vu et que j’avais adoré. J’étais très contente quand les filles m’ont proposé de rejoindre l’aventure. C’est, je trouve, facile de jouer ensemble quand on est amies. J’ai été hyper bien accueillie, ça a été fluide et comme c’est un spectacle que l’on joue assez ponctuellement, on est toujours super contentes de renfiler le costume. Il y a quelque chose de vraiment chouette et de plaisant dans cette pièce !

 

Mathilde : C’est une comédie, avec des tableaux chantés et dansés. Et on n’a pas toujours le luxe d’avoir ces trois disciplines dans d’autres pièces, donc on savoure celle-ci d’autant plus ! On adore le fait de jouer du théâtre mais c’est très satisfaisant de se dire que les scènes sont ponctuées de moments où la musique explose et où on danse entre amies. Et c’est satisfaisant d’avoir créé ensemble un projet : on a pu apporter notre touche, il y a de nous dedans ! On s’amuse sur scène et c’est trop cool, à chaque fois, de le redécouvrir. On essaie de se renouveler tout le temps, encore récemment on a ajouté une chanson…

 

Plus concrètement encore, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?

 

Mathilde : C’est un cours de généalogie, avec une professeure complètement passionnée par son sujet, qui n’a qu’une hâte : celle que ça commence. Le public et les élèves sont là pour assister au cours…Chacune des quatre étudiantes a une problématique généalogique différente : l’une a été adoptée, ne sait pas qui sont ses parents et cherche sa famille, l’autre a des ancêtres un peu partout dans le monde... Mais, en fait, ça ne va pas du tout se passer comme prévu. Le cours va exploser et des personnalités extérieures vont également venir déranger le déroulé. Ces petits moments vont donc pimenter ce cours qui n’a aucun sens…

 

Marie : Ce qui est drôle, je pense, avec ce spectacle, c’est que, sur le papier, on se dit que ça va être très scolaire et qu’on pourrait ne pas être concerné si on n’est pas connaisseur, mais c’est abordé de manière très grand public. Donc tout le monde peut s’y retrouver ou apprendre des choses. Les grands connaisseurs de généalogie vont avoir des références que les autres n’auront pas forcément mais ce n’est pas un problème pour la compréhension de l’histoire. Le cours explose, ça part dans tous les sens, c’est surprenant ! Et le public sort en étant ravi de ce moment, surpris d’un tel tourbillon comique et musical. 

 

Quel personnage avez-vous le plaisir de pouvoir défendre ?

 

Mathilde : Je joue, justement, la professeure. Mais ce qui est très plaisant dans ce spectacle, et qui fait que ça m’amuse encore plus, c’est que j’interprète aussi trois autres personnages. Un savant fou qui fait des recherches ADN : il est dans son monde et dans sa tête, c’est une boule d’énergie qui ne s’arrête jamais. Il faut avoir du cardio pour le jouer ! Je suis aussi une psychogénéalogiste, qui est là pour décortiquer l’arbre de chacun et démontrer à quel point les ancêtres, les prénoms et les traumatismes du passé ont une influence sur nous. Et une centenaire qui n’a rien à faire dans ce cours, et qui entre en pensant que c’est encore le restaurant d’il y a cinquante ans. Elle est odieuse mais parvient à nous toucher quand elle raconte ses souvenirs de guerre. C’est génial d’avoir une si grande palette sur une même pièce, et c’est très satisfaisant de passer aussi vite d’un personnage à un autre.

 

 

@ Yann Cado

 

 

Marie : C’est un peu un marathon pour Mathilde, avec des personnages très marqués et très hauts en couleurs ! Les quatre autres, par contre, n’avons pas de multirôles. Astrid est très exubérante, elle prend beaucoup de place, elle veut tout le temps parler et s’exprime très fort. Irina est complètement renfermée, elle ne rigole jamais. Camille est la première de la classe et tente dès qu’elle peut de prendre la place de la prof. Je joue Juliette, qui est un peu le fil conducteur de la pièce. Elle arrive en expliquant être née sous X puis avoir été adoptée. Elle assiste au cours dans l’espoir de trouver enfin une piste. C’est un peu de sa faute si la psychogénéalogiste et le savant arrivent parce qu’elle a donné l’adresse de l’école, au lieu de celle de ses parents adoptifs… Elle est en quelque sorte la caution « normale » du spectacle : les autres personnages sont tellement poussés qu’elle devient celle à laquelle le public s’identifie. Elle est un peu plus calme et mesurée, ce qui n’est pas forcément évident à jouer au milieu de cette explosion d’évènements mais c’est ce qui fait tout le charme ! J’aime jouer ce personnage qui subit un peu tout ce qui se passe et qui ne connait pas grand-chose en généalogie. Elle a du mal à trouver des réponses, à vous de voir si, à la fin, les choses s’arrangent…

 

Effectivement, la palette de jeu et de couleurs doit être très plaisante à défendre…

 

Mathilde : Oui, c’est tellement satisfaisant ! C’est aussi ce qui est jubilatoire dans le fait de jouer des comédies. On est portées alors par les rires du public, on fait participer les gens également, on y intègre des tableaux chantés... À chaque fois que je joue ce spectacle, je me fais la réflexion sur scène que c’est quand même génial de faire ça de sa vie, et en plus avec ses amies ! 

 

La plupart des informations racontées dans la pièce sont vraies. On le précise à la fin parce que c’est assez fou ! Et la mise en scène d’Éléa est très dynamique ! Donc les infos passent comme une lettre à la poste et on s’amuse, en apprenant même des choses sans s’en rendre compte ! C’est très satisfaisant !

 

Marie : Je me rappelle de la première fois que j’avais vu ce spectacle, donc bien avant que je n’intègre l’équipe. Je m’étais laissée embarquer et, à chaque changement de lumière, où l’on savait qu’un nouveau personnage allait arriver ou qu’une musique allait démarrer, j’avais hâte de savoir ce que ça allait être. Les tableaux sont très épurés, l’ambiance change à chaque fois, on passe par plein de palettes, entre des moments très comiques et d’autres plus dans l’émotion. C’est, effectivement, très chouette à faire, on danse, on chante et on joue la comédie, autant de registres sur lesquels on a été formées à l’école. Donc c’est toujours agréable d’avoir un spectacle qui nous permet de montrer l’étendue de tout ce que l’on sait faire. 

 

Ce que j’aime bien également, c’est que l’on est très à l’écoute. On se connait tellement bien, on connait maintenant tellement bien le spectacle aussi qu’on se permet de tester de nouvelles choses et qu’on ressent des moments de grâce de temps en temps. J’ai des frissons en chantant certaines chansons, on vit des instants suspendus… Je suis vraiment trop contente d’être sur ce spectacle !

 

Mathilde : Les chansons sont toutes très différentes. Il y en a deux a cappella, une autre est complètement déjantée, type tango, une encore rappelle les années 20… Il y a plein de styles, qui s’adaptent aux époques que l’on aborde au fur et à mesure. C’est aussi un challenge : on touche à tout !

 

Plus globalement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

 

Marie : Souvent, les gens nous disent que ce spectacle est leur préféré ! Les spectateurs se font embarquer et ressortent boostés pour la semaine ! 

 

Mathilde : On joue également ce spectacle, en tournée, dans des salons de généalogie ou des médiathèques, avec un public pointu. Sans surprise, les gens sont comblés qu’on ait fait quelque chose d’exubérant avec leur passion qui, à première vue, ne semble pas particulièrement drôle et dynamique. Ils sortent ravis et rigolent à des blagues qui leur parlent complètement ! 

 

C’est avant tout une comédie drôle et rafraîchissante, qui parle de généalogie. Les gens aiment beaucoup le dynamisme et les chansons. C’est loufoque, ça plaît à tout le monde ! 

 

Marie : Les spectateurs se font surprendre et, du coup, ça les met de bonne humeur ! Ils passent un bon moment et en sortent ravis.

 

 

 

 

Si l’on revient, Mathilde, à l’origine de ce spectacle, comment en étaient nées l’envie et l’idée ?

 

Mathilde : Il faut savoir que la généalogie est le troisième loisir préféré des Français. Ma mère a commencé la généalogie quand elle avait douze ans, donc elle baigne dedans depuis toujours. Elle connaît tout sur le sujet et elle écrit depuis des années des guides de généalogie pour aider les gens à faire la leur en autonomie. 

 

Quand j’ai commencé à faire du théâtre, elle a eu l’idée de créer une pièce. Elle m’a d’abord écrit un seule-en-scène sur la mémoire familiale, où je dansais également. Puis j’ai eu envie de partager le sujet avec d’autres personnes et c’est alors que ma mère a écrit cette pièce musicale. 

 

Au moment, Marie, de rejoindre l’équipe un peu plus tard, quelles ont été vos éventuelles sources d’inspiration pour vous glisser dans la peau de ce personnage ?

 

Marie : En fait, je pense que ça a été assez simple ! Au moment où j’ai intégré l’équipe, ce personnage était pleinement mon emploi : celui de la jeune première. Sur le papier, je suis moins à l'aise dans les rôles très exubérants et comiques comme, par exemple, Clara qui joue Astrid. C’était le rôle le plus facile pour moi et c’est sans doute aussi pour ça que les autres filles me l’ont proposé. Donc ça a été assez facile de m’intégrer à la troupe et de me glisser dans la peau de ce personnage !

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure théâtrale ?

 

Mathilde : On adore jouer cette pièce depuis trois ans maintenant et on aimerait qu’elle ait encore une longue vie ! Elle tourne beaucoup en médiathèques ou en archives mais, comme elle est accessible au grand public, on aimerait que ces spectateurs puissent également la découvrir et qu’ils passent la barrière mentale de la généalogie, en y voyant surtout une simple comédie tout public. Cette pièce est tellement satisfaisante à jouer et tellement sympa à regarder que ce serait dommage qu’elle s’arrête en si bon chemin !

 

Marie : On joue assez ponctuellement et ce serait un plaisir, pour nous, de la jouer plus souvent, afin de s’amuser encore plus avec le public !

 

 

@ Nathan Laferrère

 

 

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

Mathilde : Je joue dans “Le loup des archives”, un jeune public qui raconte l’histoire d’une jeune orpheline qui, à minuit, s’introduit dans les archives pour essayer de retrouver sa famille. Elle tombe nez à nez avec le loup qui tient l’accueil des archives magiques ! C’est très sympa, ça dure quarante-cinq minutes, c’est à partir de trois ans et la pièce revient à Paris à la rentrée.

 

La même autrice s’est lancée dans l’écriture d’une pièce sur la guerre 14-18 qui sortira à la rentrée, “Par-delà les tranchées”. Elle sera d’un tout autre genre puisque c’est un drame. On sera quatre au plateau : deux hommes et deux femmes. Ce sera très touchant, je pense…

 

Marie : Avec Mathilde et toutes les filles de l’équipe, on est toujours dans la pièce Sortez- moi de là ! qui tourne depuis deux ans maintenant. La tournée continue en province au moins jusqu’en 2027. 

 

Je suis également en train d’écrire une nouvelle pièce avec Éléa… On continue donc à se suivre, on garde le même noyau dur et on a envie de continuer à créer et à travailler ensemble !

 

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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