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theatre

VivaCité, La Une, son spectacle, sa participation à "Fort Boyard" : Gaëtan Delferière évoque sa belle et riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

©Lilian Muller

 

 

Bonjour Gaëtan,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

« Le Cactus » est à suivre tous les matins à 8h15 du lundi au vendredi dans « Le 8/9 » en radio sur VivaCité et en télé sur la Une. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous chaque jour ?

Oui, c’est super chouette à faire, l’équipe est trop chouette ! Livia a remplacé Sara, je n’étais pas là depuis longtemps donc voir Sara partir n’était pas facile, c’était un peu mon pilier. Mais, oui, Cyril et Livia sont très chouettes, comme tous les autres membres de l’équipe. Je m’amuse beaucoup là-bas, ils me laissent beaucoup de liberté, c’est trop chouette !

Cela vous permet, ainsi, des registres variés et une palette qui l’est tout autant…

Oui, oui, oui ! J’essaie toujours de coller au maximum à l’actualité mais, après, je n’aime pas me répéter en fait dans l’actualité non plus. Sinon, il faudrait faire des chroniques toutes les semaines sur Gaza…Ce n’est pas pour autant que ce n’est pas important, c’est juste que c’est compliqué de se renouveler là-dedans…A taper sur le même clou tout le temps, je ne sais pas si c’est forcément ça qui fait que les choses évoluent absolument. Mais j’essaie d’être le plus nourri possible par l’actualité…Même pour des choses, parfois, qui ne m’intéresseraient pas de base, j’essaie de me renseigner sur le sujet et de trouver des blagues dessus.

D’ailleurs, êtes-vous sensible à l’horaire, un peu après 8h du matin, dans le choix des mots ou encore dans la façon d’amener votre propos ?

Oui, un peu ! Au début, je n’y faisais pas attention et c’est en parlant un peu avec des auditeurs ou auditrices ou encore avec mes parents, qu’ils m’ont dit que tel mot, à la sortie du réveil, est un peu violent…Donc j’ai essayé de ne pas être trop vulgaire le matin parce que c’est bof d’entendre des mots grossiers en prenant son café ! Je cherche donc à avoir de l’impact avec des mots, mais sans être non plus choquant tout le temps parce que c’est le matin, un moment où on se réveille, où on rebranche son cerveau après la nuit.

Quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs ou des téléspectateurs ?

Beaucoup de gens m’envoient des messages sur Instagram, c’est un peu le réseau que j’utilise, même si je suis nul en réseaux. C’est très chou…Je croise aussi beaucoup de gens dans la rue qui me reconnaissent, ce qui est trop mignon, et qui me disent que mes chroniques sont trop bien…Ils sont très gentils avec moi !

J’ai aussi des retours négatifs, qui me construisent également, notamment sur Facebook, où il y a beaucoup de trolls. Comme je dis toujours, les commentaires Facebook sont la boite de Pandore sans l’espoir donc c’est compliqué d’y trouver du bon là-dedans. Mais il y a parfois des critiques négatives qui sont importantes sur ma diction et sur mon rythme de parole. Je sais que je dois bosser dessus…Parfois, je réécoute la chronique et je vois que, oui, j’ai parlé vite, que, oui, j’ai mangé quelques mots donc je sais que je dois faire attention pour la prochaine. Ecrire une chronique, c’est bien mais la jouer et l’écrire, c’est mieux !

En parallèle, votre spectacle « Spécial » poursuit son chemin sur les routes. Vous y parlez sans doute beaucoup de votre propre parcours…

Oui, oui. C’est une manière un peu drôle de prendre une revanche pour tous les gens qui ont été un petit peu laissés pour compte à l’école primaire, pour telle ou telle raison…

 

 

En tout cas, la scène est probablement, pour vous, un lieu d’expression complémentaire à celui évoqué en radio et télévision ….

Oui ! J’ai même commencé par le stand-up avant de faire de la radio. C’est complémentaire, oui. Cela permet d’avoir toujours du matériel à tester sur scène mais, après, la transition entre les deux n’est pas la même chose…En fait, le stand-up est un art vivant, qui doit se baser sur les retours, les énergies, les réactions de la salle donc on est plus dans une sorte de connivence avec le public. La radio bien sûr aussi, mais on parle à beaucoup de gens qui ne sont pas dans la pièce, on parle à beaucoup de gens qui sont loin donc il faut être le plus intelligible possible, il faut être le plus clair possible et c’est suivi par beaucoup beaucoup de gens. Donc ce n’est pas exactement le même exercice…

C’est complémentaire : la folie du stand-up apporte la folie dans la radio et la clarté de la radio apporte de la clarté sur scène…Mais ce n’est pas la même chose : je ne peux pas prendre une chronique et la ramener sur scène, c’est impossible !

En parallèle, sera diffusée d’ici quelques semaines votre participation à la mythique émission « Fort Boyard », version Belgique. Sans doute était-ce pour vous un honneur de participer à ce programme historique de la télévision ?

Oui, oui ! Franchement, c’était trop bien ! En plus, c’étaient les dernières émissions qu’enregistrait Olivier Minne donc c’était vraiment trop chouette à faire.

Quand j’étais petit, j’adorais cela…J’avais fait une petite pause sans visionner parce que je regardais moins la télé mais ça a toujours été un peu mythique dans ma tête. Donc d’aller sur le fort, de faire les épreuves, de rencontrer le Père Fouras était quand même très marrant…C’était très très chouette à faire et un peu irréel. Du coup, j’étais vraiment comme un enfant toute la journée !

Toute l’équipe technique de l’émission est incroyable, tout le monde est extrêmement professionnel et gentil, tout est très bien expliqué donc on a vraiment l’impression de passer une journée en aventure avec des potes. Donc, franchement, c’était incroyable à faire !

D’ailleurs, appréhendiez-vous certaines épreuves plus particulièrement ? A l’inverse, en attendiez-vous d’autres avec impatience ?

Oui…Tout ce qui est vertige et vide, ce n’est pas possible donc ça, j’appréhendais beaucoup. Et tout ce qui est animaux, par contre, même des animaux qui sont considérés comme horribles, moi ça me va très bien, il n’y a pas de soucis. J’aurais été content d’encore plus interagir avec les animaux un peu exotiques…En plus, c’est trop chouette parce que l’équipe technique, avant, nous a appris un peu comment prendre les araignées, comment prendre les serpents donc ce sont des trucs que je sais faire maintenant, je suis content !

 

 

Certainement qu’au moment où les caméras ont commencé à tourner, cohésion et bonne humeur étaient au rendez-vous, pour aider au dépassement de soi…

Oui, oui, oui ! On était là la veille déjà à La Rochelle, bon on se connaissait tous mais, après, c’était vraiment le moyen d’échanger, de se dire que l’on se soutient les uns les autres, que l’on se pousse vers le haut, que s’il y a des choses que l’on ne veut absolument pas faire on essaiera de négocier pour que ce soit l’un ou l’autre…Bon, ça n’a pas été fait mais s’il y avait vraiment eu une peur paralysante, j’aurais dit que je le faisais, moi, ou un autre aurait dit qu’il le ferait, lui. Donc, oui, il y a eu beaucoup de connivence, c’était trop chouette à faire !

Avec le recul, quelles sont les qualités attendues pour être un bon candidat sur le fort ?

Ah ah ah, aucune idée ! Je pense que c’est débrancher son cerveau…Il ne faut pas se laisser dominer par la peur : même si elle est là et présente, j’imagine que c’est arriver à dire « Allez, je fais confiance à l’habillage de l’émission, je fais confiance à mes coéquipiers et coéquipières, je débranche mon cerveau, je fais quelque chose de fou que je ne ferai jamais dans la vie et je vais à fond dans l’expérience ». Voilà, je dirais que c’est ça…

Pour terminer, plus globalement, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle saison qui démarre depuis peu ?

D’être complet tout le temps, ce serait super ! De continuer à bien écrire plein de nouvelles blagues, pour préparer un nouveau spectacle pour la rentrée prochaine. Et de faire un Cirque Royal avec…Là, je joue au centre culturel d’Auderghem le 16 juin 2026 mais, après, ce serait trop bien de terminer l’année 2026, en décembre, par un Cirque Royal…Ce serait l’objectif absolu parce que c’est la plus belle salle de Bruxelles…C’est, pour moi, un rêve de gosse donc je trouverais cela cool !

Merci, Gaëtan, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision, Radio

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Luce Mouchel évoque sa belle actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Luce,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre du chariot, pour quelques dates exceptionnelles, avec votre spectacle « Faire semblant d’être moi ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! On l’avait déjà joué dans un autre théâtre, celui de la flèche, où la directrice, Flavie Fontaine, nous avait demandé de prolonger, tellement ça avait bien marché. On faisait complet tous les jours, ça avait eu beaucoup de succès !

Le metteur en scène, Xavier Maurel, connaissant une personne au théâtre du chariot, il m’a été proposé d’y jouer 8 dates exceptionnelles….Plus on le joue, mieux c’est ! On devrait aussi jouer au festival d’Avignon, en juillet 2026. On a également quelques dates, entre deux, en Belgique, ou encore à la scène nationale de Dieppe. Il est beaucoup question de cette ville dans le spectacle car elle représente mon enfance…Je jouerai devant une salle de 600 places donc j’espère qu’il y aura du monde !

Si l’on en revient à la genèse de ce projet, d’où vous en sont venues l’envie et l’idée ?

Comment vient l’idée de parler de sa vie ? C’est une question à laquelle je n’ai pas répondu encore…Mais je sais que ça a été déclenché par la perte de mes parents. J’ai eu envie de parler, en fait, des vieux et de la vieillesse. Ma mère avait Alzheimer, elle est morte de cela…Cette maladie est une tragi-comédie en permanence…A la fois, je voulais raconter cela, je voulais aussi raconter ce que ça veut dire pour le couple, ensemble depuis 60 ans, quand une personne est malade, entre drame et cocasserie. Mais bon, c’était peut-être trop proche et je n’y arrivais pas…Donc j’ai décidé de parler de mes parents mais quand j’étais petite.

Donc je parle de l’enfance, comme une chronique familiale, avec une certaine folie sous-jacente. Je tire le fil, je parle de l’adolescence puis de la naissance de ma vocation de comédienne dans une famille où strictement rien ne prêtait à ce devenir-là, au contraire. J’utilise une langue particulière pour parler de cela et cette langue évolue : au début, c’est une langue de l’enfance et de l’enfant, même si je ne singe pas l’enfant mais il y a quand même une manière de raconter l’enfance avec des mots d’enfant. Puis ça évolue avec l’adolescence, où toutes les adolescences d’aujourd’hui peuvent se retrouver. Même si la société a bien évidemment évolué, les questions autour des parents, de la sexualité, de ce que l’on va faire plus tard sont toujours les mêmes. C’est amusant d’explorer cela ! Puis de parler du théâtre qui arrive, en même temps qu’arrive un drame dans la famille…Tout cela, concomitant, fait le spectacle !

Au départ, je ne pensais pas en faire un spectacle et, maintenant, j’ai envie d’en faire un vrai roman. Comme Philippe Caubère a fait le roman d’un acteur, je voudrais, modestement, faire le roman d’une vie, à la fois ordinaire et extraordinaire, comme dans beaucoup de familles. Quand on va creuser, il y a toujours des choses un peu folles dans une famille, un peu violentes, un peu aberrantes et pleines d’amour aussi. Donc j’ai envie de faire le roman d’une vie, sous forme de triptyque, avec l’âge adulte puis la vieillesse des parents, où je voulais arriver initialement.

 

 

Ce spectacle vous permet sans doute une palette de jeu large et variée…

Totalement ! Un jour, une spectatrice m’a dit, de manière très juste, que « l’on rit au début d’une phrase et que l’on pleure à la fin ». C’est sans arrêt un mélange, on est chahuté par plein d’émotions, à la fois drôles et, en même temps, toujours un peu tragiques. L’enfance, quand on en parle, a toujours des accents un peu tragiques, parce qu’elle ne dure pas et que c’est là que se forge plus ou moins facilement une personnalité.

Je joue l’enfant, encore une fois sans le singer, j’ai l’enfance dans le corps, dans la voix, dans le phrasé, ce qui donne lieu à une interprétation particulière. Après, il y a l’adolescence puis du tragique au début de l’âge adulte…Donc je peux jouer beaucoup beaucoup de choses ! En tant que comédienne, j’ai toujours eu une palette assez large et, là, je me régale parce que je peux jouer vraiment beaucoup  d’états différents.

Plus globalement, quels autres retours avez-vous déjà pu avoir du public ?

Les gens sont toujours très bouleversés à la fin. C’est marrant, je pense que cette histoire très personnelle, en fait, touche tout le monde et est très universelle, par l’effet boomerang chez chacun. Chacun voit les drames qu’il a pu vivre dans sa famille, les interrogations sur son devenir, les réactions des parents dès fois complètement dingues et, en fait, ça fait ressurgir les familles de chacun. Donc tout le monde est très touché par ce que je raconte, en écho avec sa propre histoire. C’est un pari qui est réussi parce que je ne voulais pas que ce soit ma petite histoire personnelle, où je raconte mes malheurs et mes petits bonheurs. Au début, bien sûr, c’était une nécessité pour moi de parler de cela, pour exorciser peut-être des choses et pour refaire vivre les morts mais, au-delà de ça, j’avais envie que ça devienne l’histoire universelle de comment on grandit, de comment il faut se battre pour faire ce que l’on a envie dans la vie et de comment les envies viennent. Je pense que ça a touché et concerné beaucoup de gens…

Dans quel registre s’inscrit ainsi votre spectacle ?

Je pense que c’est quand même assez léger…Les gens sont bouleversés mais c’est une belle émotion. Le spectacle n’est pas noir du tout, il est lumineux ! En tout cas, c’est virevoltant. Il y a du piano, il y a de la musique et puis, il y a de la continuité, on suit cette petite fille qui grandit et qui va jusqu’à ses 18 ans. Oui, c’est assez léger mais, dans ce léger-là, il y a du lourd ! Je n’aime pas faire du pathos, j’aime faire avec les drames de chacun : mon personnage a une manière assez drôle de les traverser…

Que peut-on, du coup, vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure ?

Je voudrais reprendre le spectacle, peut-être dans une salle parisienne avec encore plus de visibilité. Puis partir avec la suite, pour faire le roman d’une vie, pour captiver les gens.

Je ne veux absolument pas m’arrêter, j’ai envie de continuer, je pense qu’Avignon va nous aider pour cela et j’ai vraiment une grande envie de partager avec un maximum de monde. C’est intéressant aussi au niveau de l’époque : je parle des années 80, plein de jeunes sont venus et, en même temps, ils se reconnaissent ! C’est pour cela que je dis qu’il y a vraiment un caractère universel…

Cette belle aventure, en plus, est très complémentaire pour vous de ce que vous faites à la télévision…

Bien sûr ! Depuis que je suis beaucoup à l’image, je n’ai jamais abandonné le théâtre, j’ai toujours fait du spectacle. Là, je dois dire que ce n’est pas du stand-up. Mon metteur en scène a été très vigilant sur le fait qu’il y a quand même un quatrième mur. Je raconte une histoire mais ce n’est pas avec un rapport direct au public. De temps en temps, je m’adresse à lui mais, sinon, c’est un monde que je propose…Je suis dans mon monde, il n’y a pas d’interaction directe ! Il y a très peu de choses : 4 chaises, 1 piano et 1 miroir, tout cela est très artisanal et il fallait vraiment l’œil de Xavier, très averti à la mise en scène, pour arriver à construire une histoire qui se passe sur 15 ans. Il a été très intelligent, pour bien construire le spectacle. J’en profite pour remercier également toutes les autres personnes qui m’accompagnent sur ce projet !

Beaucoup de fans de la série sont venus, c’est toujours bien de voir ce que fait une actrice, ou un acteur, théâtralement avec son corps.

Merci, Luce, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Partenaires particuliers : Interview croisée avec Alex Goude et Laurent Maistret !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Alex, bonjour Laurent,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

Vous serez prochainement sur scène, dans une toute nouvelle pièce, « Partenaires particuliers ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Alex : Ah ben, pour Laurent surtout parce que c’est sa première au théâtre ! Moi, c’est ma 128 000ème, je suis vieux mais, pour toi, c’est cool…

Laurent : C’est une aventure toute nouvelle pour moi, vu que je n’ai jamais fait de théâtre. Donc, oui, c’est un peu stressant, c’est en même temps excitant parce que c’est quelque chose de nouveau. Justement, comme je connais Alex, c’est plus facile pour moi, j’avais déjà une complicité avec lui, il m’épaule…Mais ce n’est pas évident, c’est un petit stress quand même !

Alex : Mais tu es un champion ! Regardes, tu gagnes tout : « Koh Lanta », « Danse avec les stars »,…Tu vas gagner le public samedi…

Laurent : Il y a un gros trophée à la clé…

Alex : C’est juste que, quand il est perdu, il crie « Trou »…

Laurent :…et puis Alex arrive en courant !

Sans tout en dévoiler, avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

Alex : C’est une histoire un petit peu à la french, d’une bande de potes. Ils sont trois, deux filles, jouées par Kim Schwarck et Sévérine Ferrer, et moi. On est très amis, je suis l’homo de la bande…Il y a aussi ma mère dans l’histoire, ainsi qu’un pompier. En fait, Jo arrive au milieu de ce triptyque d’amis et va foutre un petit peu le bordel parce que, on ne va pas se le cacher, il est un peu sexy…Il va y avoir beaucoup de questionnements qui vont arriver chez les uns et les autres et, au final, plein de relations amoureuses qui vont se nouer, se dénouer et ça va être un peu complexe alors pour mon personnage parce qu’il joue un homosexuel qui, peut-être, va tenter quelque chose d’un peu particulier pour lui…et peut-être virer sa cuti…On va voir ce qui se passe…C’est assez amusant à voir, c’est vraiment un truc de bande, entre copains, où il y a plein d’histoires, sentimentales ou rigolotes, qui se déroulent les unes après les autres.

Sans doute que vos personnages vous permettent une palette de jeu large et variée, qui doit être plaisante ?

Alex : Oui ! Nous, on rigole ! Pour moi, c’est drôle parce que je fais le parcours inverse de ma vie : j’étais hétérosexuel et je suis devenu homosexuel alors que, dans le spectacle, je fais un peu l’opposé. C’est rigolo surtout de jouer entre amis…C’est quand même une comédie, on ne va pas faire pleurer Laurent pour sa première au théâtre, il n’a pas une scène où, d’un coup, il doit se jeter pour faire Andromaque…Pour toi, Laurent, c’est rigolo…

Laurent : Ah oui, c’est rigolo parce que c’est un rôle, aussi, qui me correspond. Je suis prof de danse, je fais des blagues à deux balles, je suis le beau gosse séducteur, j’en joue un peu donc c’est un rôle qui me correspond bien.

Alex : C’est toi, en fait ! Mais tu sais, le plus dur est de jouer soi-même : au théâtre, c’est extrêmement dur de jouer soi-même. C’est plus facile d’aller chercher autre chose que soi parce que c’est difficile de se dévoiler. On est moins naturel quand on joue soi…Après, c’est une gageure que tu fais !

Laurent : Oui, c’est ça ! J’écoute les conseils des anciens…

Alex : Je te remercie de dire que je suis vieux…

Laurent : Non, mais des anciens du métier on va dire…

Alex : En vrai, je suis l’un des plus vieux de la troupe…

D’ailleurs, l’esprit de troupe que l’on ressent doit certainement être très agréable également…

Alex : Oui ! C’est une grosse équipe, je connais Séverine depuis « Fan de », on se connait personnellement depuis longtemps. Je connais Kim parce qu’elle joue dans le même théâtre que celui où se joue « Ménopause » depuis quelques années maintenant. Et je connais Laurent, pour le coup, depuis très longtemps. C’est très sympathique d’être tous ensemble…

Laurent : C’est l’éclate ! On s’éclate !

Alex : Là, on est sur un roof top à Agde à répéter, on rigole bien…Bon, on n’est pas tous nus, je vous rassure J !

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent : de l’appréhension ou de l’excitation ?

Laurent : Pour ma part, c’est les deux parce que je n’ai jamais fait de théâtre donc je ne sais pas comment je vais réagir. Ça aurait été de la danse, bon, plus ou moins je me débrouille pas mal mais, là, …

Alex : Il y a un peu de danse quand même dans le spectacle…

Laurent : Oui, je danse aussi mais je ne sais pas comment je vais être. J’ai déjà fait de la scène mais jamais avec des textes comme ceux-là. Donc c’est de l’excitation, avec un petit peu non pas de doute, mais je ne sais pas comme je vais être, on ne sait jamais…En tout cas, il y a une bonne osmose, on s’entend tous bien, je suis entourés de pros donc je pense que ça va très bien se dérouler, je suis hyper positif là-dessus.

Alex : Oui, c’est plutôt l’envie de s’amuser et d’être ensemble. J’adore faire des conneries sur scène quand je suis avec les autres, avec des private jokes et des trucs entre nous…Laurent ne sait pas encore les surprises qui vont lui tomber sur la figure… C’est cela qui m’excite beaucoup, j’ai très hâte que l’on s’amuse !

En complément, Alex, « Men en pause », sera à l’affiche du Grand Point Virgule à partir d’octobre…

Alex : Oui, il y aura « Ménopause » à 19h et « Men en pause » à 21h. Ce sera la suite logique, en espérant rencontrer le même succès, parce que « Ménopause » a été le plus gros succès de ma vie. Ça reste incroyable, on est blindés tous les jours, c’est hallucinant. Cela fait un an et demi maintenant et tout va très très bien. Les gens me demandaient à quand une version masculine et, finalement, je me suis exécuté, en espérant les surprendre quand même, parce que ce n’est pas forcément ce qu’ils attendent. Mais c’est vrai qu’on va parler des problèmes d’érection des hommes, de trucs que Laurent ne connait pas du tout, ou encore de la fin du patriarcat. Voilà, j’espère que l’on va autant s’amuser ! On a un casting du feu de dieu donc j’espère que ça va être génial aussi !

…et nous pourrons vous retrouver, à l’image, le 19 septembre prochain, dans le premier épisode de la nouvelle saison de « Simon Coleman » sur France 2…

Alex : Exactement ! Je fais un professeur de piano…moi qui n’ai jamais touché un piano de ma vie. C’est un vrai rôle de composition.

Laurent, quant à vous, nous pourrons vous retrouver à partir du 22 septembre dans l’émission « Les maternelles XXL », sur France 4…

Laurent : Oui, c’est ça ! C’est un nouveau format, plus long qu’auparavant…J’aurai, on va dire, un plus gros rôle, je serai plus présent, c’est sûr. Il y aura plus de choses donc c’est plus intéressant pour moi. J’avais quoi, un créneau de trois minutes, j’avais juste un truc de sport et, là, ce sera un peu plus approfondi, ce qui est super !

Vous avez aussi participé à la dernière émission de « Fort Boyard » animée par Olivier Minne. Un moment sans doute riche en émotions…

Laurent : Surtout à la fin…On ne savait pas trop où se placer parce que c’était une vraie famille. Je ne dis pas que l’on n’était pas une famille, nous l’équipe, mais je veux dire que ça fait 23 ans qu’il présente « Fort Boyard », c’était sa dernière donc il y avait vraiment une nostalgie présente.

 

© Philippe LE ROUX - ALP - France Télévisions

 

Nous étions encore dans l’énergie d’essayer d’avoir le plus de boyards, dans les épreuves,…donc on était dans une atmosphère un peu mélangée entre le triste, l’énergie et la niaque pour les épreuves. Mais, à la fin, quand on a eu notre butin, là, Olivier Minne a fait un discours de fin et on était tous sous l’émotion, c’était hyper triste ! Donc, oui, c’était vraiment quelque chose…C’était ma huitième participation à « Fort Boyard » et c’était de loin la plus émouvante on va dire.

 

© Philippe LE ROUX - ALP - France Télévisions

 

Vous avez d’ailleurs remporté brillamment deux clés, sur les épreuves du Muséum et de l’Horlogerie, ce qui a certainement dû vous faire très plaisir, à la vue de leur complexité…

Alex : Il ne faut pas exagérer non plus…Même moi, je les ai eues aussi ces épreuves !

Laurent : Tu as fait le musée ? Ce n’est pas facile…

Alex : C’est quoi le musée ?

Laurent : Le musée ? Comme une sorte de cambriolage, tu dois voler une clé en plein milieu et tu ne dois pas toucher le sol. Si tu touches le sol, tu es coincé, tu es enfermé, t’es prisonnier. Oui, je m’entraine toujours un peu avant de faire « Fort Boyard » et, dès fois, je participe à des épreuves que j’avais déjà vues avant, où je voyais d’autres participants les faire donc ça m’aide un peu. Bon, là, ça va, cette année, j’ai eu de la chance, je n’ai pas eu trop d’épreuves d’insectes donc j’avais toutes mes chances…

Alex : Le mec a fait « Koh Lanta » et il n’aime pas les insectes ! Non, mais c’est un truc de dingue !

Laurent : Tu sais que, d’habitude, on remplit toujours un dossier avant de faire « Fort Boyard »…

Alex : Il ne faut jamais le faire, ils te demandent toujours ce que tu n’aimes pas et tu es sûr que tu vas l’avoir…

Laurent : Et bien, cette année, justement, j’ai voulu faire la maison des poupées, cette épreuve avec les araignées que tu dois prendre…

Alex : Je l’ai faite, celle-là et je l’ai réussie…

Laurent : Je voulais absolument la faire parce que, justement, j’ai une phobie des insectes et je voulais voir si j’allais réussir. Bon, ils ne me l’ont pas faite faire…Je me fais des propres défis en fait maintenant !

Alex : C’est l’histoire de ta vie, de toute façon !

 

© Philippe LE ROUX - ALP - France Télévisions

 

En conclusion, à quelques jours de votre première ensemble sur scène, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?

Alex : Il y  aura une date tout près de Paris le 19 septembre, une sur Aubagne fin octobre puis une quarantaine l’année prochaine. Vous pouvez nous souhaiter qu’on rigole et qu’on s’amuse…

Laurent : Et que l’on soit augmentés aussi J !

Merci à tous les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Théâtre de Passy / La soirée avait si bien commencé : Interview croisée avec Thibaut de Lussy et Charlotte Gouillon !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Charlotte, bonjour Thibaut,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre de Passy, dans la pièce « La soirée avait si bien commencé ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Charlotte : Je rigole parce que je pense au fou-rire que l’on a eu hier…C’est vrai que l’on s’amuse beaucoup sur scène !

Thibaut : Hier, il y a eu quelque chose de très drôle : dans la toute première scène, Charlotte boit de l’eau et…

Charlotte : ….je me suis étouffée ! Mais parce qu’Enora tardait à se retourner. Cela m’a fait mourir de rire !

Thibaut : Il lui était alors impossible de dire sa phrase et, là, le public a commencé à comprendre qu’il y avait quelque chose qui clochait. On en a rigolé, on a fait un peu d’improvisation et, effectivement, on s’est beaucoup amusés !

Charlotte : C’est la première fois qu’un fou-rire durait aussi longtemps !

Thibaut : Cela dit, l’idée était bonne !

Charlotte : Oui ! Il faut qu’on s’en reparle d’ailleurs parce qu’il y a quelque chose à approfondir : le fait qu’Enora tarde à se retourner est intéressant…On met plus de temps à faire ce que l’on a à faire et c’est hyper drôle !

Thibaut : Exactement ! Comme vous le voyez, on travaille et on avance tous les jours…En plus, on s’écoute mutuellement, c’est très agréable ! On se dit les choses, on essaie, si ça marche on garde et si ça ne marche pas, on essaie autre chose…Vraiment, ça se fait très simplement !

Les gens le sentent : ça revient très souvent dans les commentaires que l’on peut lire sur les sites de réservation ! Ils nous disent que cette bonne entente dégage quelque chose de positif, en plus de l’histoire.

Charlotte : C’est vrai que l’on est contents de se retrouver, on se marre, on s’entend bien, c’est cool !

Plus concrètement, comment présenter cette pièce, sans tout en dévoiler bien sûr ?

Charlotte : Là, je laisse peut-être l’un des auteurs pitcher, sans spoiler, ce qui n’est pas évident….

Thibaut : Le personnage joué par Enora organise l’anniversaire des 40 ans de son mari et, pour l’occasion, invite le couple de meilleurs amis, joués par Charlotte et moi. On arrive donc pour préparer vraiment une belle soirée mais il va y avoir une nouvelle qui va un peu tout foutre en l’air … Du coup, il va y avoir une succession de rebondissements, de quiproquos, de malentendus et de drôleries, tout ce que le public adore !

 

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur vos personnages respectifs et sur leurs caractéristiques ?

Charlotte : Je suis Claire, la femme d’Alexandre, et nous sommes les meilleurs amis, invités pour l’anniversaire. Je suis une femme sympa, un peu discrète, qui n’en fait pas des caisses, qui a sa personnalité mais qui n’est pas non plus haute en couleurs. Elle a quand même pas mal de drôleries, finalement mais elle essaie aussi de concilier tout le monde et de faire en sorte que personne ne s’énerve. Elle est au milieu, un peu à faire tampon, pour que tout se passe bien. Elle ne veut pas qu’il y ait de vagues, elle est, en fait, la bonne copine !

Thibaut : Charlotte réussit cette prouesse de jouer ce personnage, à la base, un peu discret tout en faisant qu’on le voit beaucoup. C’est très bien !

Charlotte : Parce que, au final, c’est un personnage très intéressant à jouer !

Thibaut : Au début, avec la co-autrice, Sophie Depooter, on s’était dit que ce personnage était un peu discret mais Charlotte en a fait quelque chose de formidable. On la voit très bien et tant mieux !

Mon personnage est très bien dans ses baskets, il est sûr de lui, il aime bien sa femme et la domine sans problème, comme il domine sa vie. C’est un garçon grande gueule, un peu lourd dingue, pas méchant et peut-être par qui il va arriver certaines choses, on ne sait pas …. J

Ces personnages vous permettent sans doute une palette de jeu plaisante à défendre…

Charlotte : Ah, oui ! J’aime beaucoup la palette que mon personnage me permet de développer.

Thibaut : De base, son personnage est très calme et très poli, c’est une brave fille, bienveillante et gentille. Mais ce n’est pas que ça…Mon personnage est très sûr de lui, il roule des mécaniques mais, entremêlés, ces personnages vont créer beaucoup de rebondissements ! En tout cas, dans mon interprétation, je ne me pose pas trop de questions, je fonce, j’assume et ça se passe bien.

Le personnage joué par Nicolas est également très haut en couleurs. Il est très typé, un peu vieille France, un peu coincé, très cultivé, un peu perché d’ailleurs dans sa culture. Le personnage d’Enora est colérique, impulsif, très énergique, une boule d’énergie. Dès la lecture, j’avais compris qu’elle était la bonne personne pour l’interpréter, ce qui était un point très important.

Vous qui êtes, Thibaut, à l’origine, avec Sophie, de ce projet, quelles avaient été vos sources d’inspiration au moment de l’écriture ?

Thibaut : C’est une très bonne question parce que l’on est passés par de nombreuses étapes. C’est comme les potiers, ils écrasent la pâte, ils écrasent la pâte, ils écrasant la pâte et, un beau jour, un vase sort…C’est vraiment ce que l’on a fait : nous n’avons pas démarré en nous disant que l’on allait raconter un anniversaire surprise. Non, on a commencé devant une page blanche, au début on est partis sur une influenceuse, sur une mère toxique et sur plein d’autres choses qui n’existent plus…pour arriver, finalement, à un tronc solide, celui d’un anniversaire surprise organisé par une femme pour son mari, qui invite leurs meilleurs amis.

Ça s’est fait au fur et à mesure : on a pétri la pâte, on a pétri la pâte, on a pétri la pâte puis on coupait, on coupait, on coupait et, finalement, il est resté l’axe que j’évoquais. Nous avons donc trouvé les marques des différents personnages au fur et à mesure de notre travail.

 

 

D’ailleurs, en parlant encore de sources d’inspiration, en avez-vous eues au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage ?

Charlotte : Je dois dire qu’au début, je le trouvais peut-être un peu loin de moi. Donc je ne savais pas comment aborder ce personnage. En plus, dans l’histoire, elle est plus âgée que moi, je me demandais si j’allais être crédible. Mais, en fait, le metteur en scène, Guillaume Mélanie, m’a rassurée et m’a expliqué qu’il y aurait un peu de composition mais pas tant que cela au final…

Thibaut : Tu as commencé à composer pendant les répétitions donc toi aussi, tu as pétris la pâte…Un comédien, comme un auteur, passe par des étapes, va à droite, va à gauche et, finalement, au bout d’un moment, trouve le centre. C’est ce que tu as fait !

Charlotte : Guillaume m’a orientée, il m’a donné un cadre et une direction et, ensuite, on a ajusté le curseur. Comme c’est un peu haut en couleurs, que le niveau est un peu bourge et coincé, il m’a parlé d’une influence à la Catherine Frot. Une fois que j’avais traversé cette composition-là de personnage, j’ai ensuite pu revenir vers moi mais j’étais toujours empreinte de ce que j’avais travaillé, qui est resté. Donc c’est un mix, entre ce que j’ai composé au début et moi-même, Charlotte.

Je me suis vraiment appropriée le personnage, à me dire que ça pourrait être moi dans deux ans, si j’étais un peu plus rangée. Je pense que c’est aussi la bonne direction. Je me sens plus à l’aise, à m’imaginer que c’est moi mais un peu plus bon chic, bon genre.

Thibaut : En tout cas, tu es crédible dès que tu arrives sur scène : les gens ne se posent aucune question !

Charlotte : La robe m’aide aussi. On a travaillé, on a cherché avec Flora Gihr, la costumière. Ce n’est clairement pas une robe que je mettrais dans ma vie mais ce look fait partie de la composition de mon personnage et, clairement, il m’aide beaucoup. Je me sens Claire, quand j’arrive avec cette robe, ces talons et ce sac à main. Tout de suite, je suis assise dans mon personnage.

Au-delà des costumes, le décor de l’appartement est sans doute, lui aussi, aidant pour vous projeter ?

Thibaut : Oui ! Il a un style un peu classique et bourgeois… C’est drôle, d’ailleurs, qu’il arrive des choses bizarres à des gens ordinaires ! Cela fait marrer !

Charlotte : C’est vrai que le décor est crédible, on se sent tout de suite chez eux. On y croit beaucoup !

 

 

Vous l’avez rapidement évoqué précédemment, vous continuez toujours, après un mois et demi d’exploitation, à peaufiner et à affiner votre jeu et votre interprétation …

Thibaut : C’est sûr et certain ! Cela a été flagrant les deux premières semaines, il y a eu une évolution dingue…Maintenant, on arrive effectivement sur des choses un peu plus posées mais, tous les soirs, on pense à quelque chose.

Charlotte : On tente des choses, par ci, par là…Souvent, c’est une seule chose par jour !

Thibaut : C’est comme un buisson : au début, il est sauvage et tu le tailles avec des grosses cisailles…Au bout d’un moment, tu utilises un sécateur et tu termines à la pince à épiler. Plus tu le tailles, plus tu vois apparaitre le petit défaut que tu n’aurais jamais pu voir quand il était mal taillé.

Charlotte : Effectivement, ça ne s’arrête jamais, on continue de travailler, tout le temps !

Thibaut : En plus, on s’amuse à le faire, ça nous permet de nous renouveler. Même si, après un mois et demi, on n’est pas du tout usés…Pour l’instant, c’est encore frais, c’est encore la découverte qui nécessite quelques petits réglages.

Vous êtes à l’affiche jusqu’à début octobre, pour le moment. Certainement seriez-vous ravis que l’aventure puisse se prolonger ?

Thibaut : On serait ravis, effectivement ! C’est un peu dans les tuyaux mais ce n’est pas encore officiel. Cet été, on a rencontré un beau succès, au-delà de nos espérances : sincèrement, on ne pensait pas du tout que ce serait si souvent complet.

Charlotte : On a remplis pendant l’été, c’est dingue !

Thibaut : Je me faisais encore la remarque hier : Paris est désert actuellement, les gens ne vont pas tarder à rentrer et je me demandais comment il pouvait y avoir aussi peu de monde dans les rues mais autant de monde au théâtre…C’est bluffant, on remercie les gens et on est ravis ! On a été extrêmement gâtés…

Nous sommes ravis de jouer dans ce théâtre, dont l’équipe est absolument charmante ! Cela aide aussi…

Charlotte : L’équipe est chaleureuse, le directeur est adorable, hyper pro et très proche de nous…

Thibaut : Il est très investi : il a plus de 250 spectacles à son actif en tant que producteur, il a été metteur en scène, il a été acteur donc on ne la lui fait pas, il voit quand quelque chose est bien. Dès la lecture, il a de suite senti le potentiel de la pièce. Il m’avait rappelé une semaine après pour m’annoncer qu’on allait jouer…dès cet été, moins de deux mois plus tard. Personne ne s’y attendait ! Mais tout s’est bien passé, les planètes se sont parfaitement alignées !

Charlotte : Dans l’équipe, n’oublions pas Marguerite, qui fait à peu près tout dans ce théâtre : elle est l’âme du lieu ! Elle est là au début, pendant et à la fin. Elle s’occupe de nos costumes, elle filme, elle gère les réseaux sociaux,…Elle est hyper drôle, elle nous encourage, elle est avec nous !

 

 

Thibaut : C’est une équipe passionnée et bienveillante ! Véronique Genest, qui a beaucoup joué dans ce théâtre, et que l’on avait croisée pendant les répétitions, nous avait dit que l’on y serait bien. C’est très agréable, chaleureux et familial !

Charlotte : On se sent soutenus, cela joue énormément !

Thibaut : Pour que ce soit un succès, il faut qu’il y ait plusieurs raisons : l’artistique, avec les comédiens mais aussi la production ! On a eu la chance que tout s’aligne, avec une belle campagne de publicité !

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà belle aventure théâtrale ?

Charlotte : Qu’il y ait 200 personnes tous les soirs ! J

Thibaut : Oui, que l’on soit complets le plus longtemps possible. Que ça se traduise également par une belle tournée, afin que l’on puisse aller visiter la province et les pays francophones frontaliers. Que ça continue aussi dans la meilleure ambiance possible !

On a cartonné en juillet et en août, c’est vrai mais c’est une période particulière, estivale. En septembre, il va y avoir une rentrée théâtrale, les spectacles vont exploser, ça va être multiplié par cinq ou dix, de grosses têtes d’affiche vont arriver, la concurrence va s’élever. Evidemment, le public parisien sera rentré….On va voir comment réagira la pièce en septembre, octobre, novembre et décembre…A priori, il y a des chances que ça fonctionne bien : la pièce a bien marché en juillet et août donc, en toute logique, ça devrait fonctionner ! On l’espère et on a tous énormément travaillé pour cela en tout cas.

Charlotte : Je suis confiante, les planètes se sont alignées depuis le départ, ça marche bien, les gens aiment beaucoup la pièce donc il n’y a pas de raison que ça s’arrête…On se sent dans un paquebot solide, j’ai confiance en la pièce et on verra bien…On croise les doigts !

Merci à tous les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Nicolas Audebaud évoque sa belle actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Nicolas,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre de Passy, dans « La soirée avait si bien commencé ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est un vrai plaisir ! Surtout que c’est un rôle qui me va très bien, je pense… C’est un bourgeois et on commence à savoir que je suis bon dans ce type de personnage, via ce que je fais sur les réseaux sociaux. Du coup, sans passer d’audition, on me propose des rôles qui me correspondent très bien et cela me permet de vraiment m’éclater sur scène.

J’en suis à ma troisième pièce de comédie en un an, je suis hyper content de refaire autant de théâtre. J’avais un peu laissé tomber pendant 6 à 7 ans, pour me consacrer davantage à la caméra et j’avais un peu quitté le milieu. Au final, ce sont mes activités sur les réseaux sociaux qui ont fait que j’ai été appelé pour des rôles…

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter cette pièce ?

C’est très simple : ma femme, jouée par Enora Malagré, et un couple d’amis, interprétés par Charlotte Gouillon et Thibaut de Lussy, m’attendent chez moi pour mon anniversaire surprise, le soir de mes 40 ans. Tout se passe bien, la soirée avait si bien commencé, comme le nom l’indique, c’est très joyeux au début quand ils m’attendent, mais ils finissent par apprendre que je vais voir ailleurs… Donc cela va procurer un accueil, par mon épouse, moins chaleureux que prévu quand j’arrive ! S’en suivront plein de rebondissements…C’est du vrai boulevard, c’est du Vaudeville moderne, c’est vraiment du comique de situation, ce sont quatre personnages bien dessinés, aux caractères différents…Il y a tous les ingrédients d’une bonne comédie ! Et, très vite, nous avons eu des belles salles. Le public est au rendez-vous.

 

 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

C’est quelqu’un de plutôt joyeux, il est un peu bourgeois dans son phrasé, il a de l’argent et il est un peu à côté de la plaque. D’une certaine manière, il est souvent victime de ce qu’il traverse dans la pièce…

Artistiquement parlant, il vous permet sans doute une belle palette de jeu…

Oui, il y a pas mal de choses à jouer dans cette pièce, du fait des diverses situations et des nombreux quiproquos. J’ai de quoi défendre un beau personnage et une belle palette d’émotions…

Quels principaux retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

On est contents parce que beaucoup de gens nous disent n’avoir plus ri comme cela au théâtre depuis longtemps. Ils nous recommandent aux autres… A la fin, on sent bien que les gens ont la banane, les applaudissements sont chaleureux, ils semblent avoir tous passé un bon moment et avoir déconnecté de leur quotidien. Une telle comédie fait du bien, je pense, en ce moment !

Et puis c’est une pièce qui a la bonne durée, le public n’a pas le temps de s’ennuyer, il y a des rebondissements tout le temps. En plus de la drôlerie, les gens suivent une histoire, sans qu’il n’y ait de longueur…

 

 

Certainement continuez-vous encore à peaufiner et à affiner le spectacle, selon vos ressentis sur scène notamment ?

Tout le temps ! Encore cette semaine, on a rajouté des petites répliques et modifié certains échanges. Il y a toujours des petits gags qui semblent marcher en répétitions mais qui ne fonctionnent en fait pas sur scène... alors on essaie de comprendre pourquoi… Par exemple, cette semaine, une réplique qui ne fonctionnait pas dans ma bouche, on l’a fait dire à un autre personnage, ironiquement, et ça a marché, on a eu des rires.

On a tous cette exigence de s’améliorer et de se remettre en question, c’est bien ! J’adore, de toute façon, le travail de la sincérité sur scène, on n’a pas le droit d’être dans l’effet avec du comique de situation, il faut que les gens s’identifient à ce que l’on traverse. Donc on peaufine, toujours et encore ! On a maintenant une qualité constante dans nos représentations, en termes de rythme et de sincérité, ce qui est top !

L’été est une période de l’année qui n’est pas toujours évidente en termes de remplissage des théâtres parisiens. Sans doute que l’affluence que vous évoquiez doit vous faire d’autant plus chaud au cœur ?

Oui ! On se maintient à un bon niveau, on est quasiment remplis tous les soirs, on s’en sort très bien ! Il y a quand même moins de pièces à Paris pendant l’été donc il y a moins de concurrence mais on a un bon remplissage. On est programmés jusqu’au 5 octobre et tout porte à croire que ça devrait être prolongé. Je touche du bois mais on a plutôt la sensation que le théâtre veut nous prolonger derrière, ce qui serait très chouette !

 

 

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Je reprends la pièce « Blind test », les samedis après-midi, à 17h 30, au théâtre du gymnase. C’est une comédie que j’adore, j’ai un personnage de bourgeois hautain, qui se la raconte avec sa culture générale. Il reçoit un couple d’amis pour un blind test de musique classique …

Les musiques que j’essaie de faire deviner aux autres personnages sont en fait jouées en live, par un pianiste, un violoniste et un violoncelliste présents sur le côté de la scène. Ils font pleinement partie du show et c’est un vrai plus.

C’est très drôle, ça marche bien, je suis ravi de reprendre cette pièce ! En plus, les comédiens étant maintenant tous en alternance, je n’aurai plus la même distribution à chaque fois, ce qui va me faire trouver de nouvelles choses et je vais m’amuser encore différemment.

Parallèlement, je suis aussi dans l’écriture de mon one-man show, avec ce personnage du bourgeois, où j’avance doucement mais surement. J’ai déjà rodé trente minutes de sketch dans un cercle un peu restreint et je dois maintenant en écrire trente de plus… J’ai eu des bons retours de ce que j’ai pu produire donc ça me motive à continuer !

Vous aurez donc l’occasion d’enchainer deux pièces les samedis après-midi, dans deux lieux différents. Même si cela fait aussi partie du métier de comédien, sans doute que ça vous permettra un plaisir artistique encore différent ?

Oui, oui ! C’est un challenge…En plus, je prends ma bicyclette entre le théâtre du Gymnase et celui de Passy. Je serai un peu frustré, du coup, de ne pas avoir beaucoup de temps pour rester avec les spectateurs ou amis qui viendront me voir dans « Blind test » parce que je devrai filer…mais ce sera marrant !

Il y a de nombreuses années, j’avais déjà joué deux pièces dans la même journée, lors d’un festival d’Avignon. J’étais dans un spectacle pour enfants le matin puis dans un autre, plus sérieux, l’après-midi et c’était crevant ! Là, ce sont deux rôles assez fatigants aussi mais je m’amuse trop avec… Franchement, je ne me plains pas parce qu’il y a eu tellement d’années où je n’ai pas trop bossé que, là, je suis vraiment content d’avoir de l’actualité et d’avoir un public qui vient me voir notamment grâce aux réseaux sociaux. Les gens me le font savoir, m’envoient de gentils messages et certains, même, m’attendent à la sortie du théâtre pour des selfies…Tout cela est assez nouveau pour moi, c’est cool, ça me fait chaud au cœur !

Merci, Nicolas, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Lia Mouchenik évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Lia,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous avons pu retrouver, il y a quelques jours, sur TF1, dans un épisode inédit de la série « Camping paradis ». Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

Il y en a beaucoup mais uniquement des bons moments. Il n’y a eu que cela, c’était vraiment chouette ! Aussi de super rencontres…C’était un super tournage, tous les participants sont très humains, ils savent ce qu’ils font, les équipes se connaissent depuis très longtemps donc c’était très agréable de travailler avec elles. Laurent était adorable, il jouait dans l’épisode et le réalisait aussi, c’était, je pense, une plus-value. Il était très patient, on pouvait refaire les scènes autant de fois que l’on en avait envie, il venait nous voir à la fin des prises pour nous demander ce que l’on en avait pensé, si on en était satisfait…En tant que comédien, cela fait plaisir d’avoir quelqu’un qui prend du temps pour savoir comment tu vis les séquences.

 

 

J’ai aussi rencontré Mélanie sur le tournage, elle a été adorable avec moi ! Il y a eu une forme de mentor qui s’est installée, on a parlé beaucoup du fait d’être une jeune comédienne dans ce milieu et dans cette époque. On a pu partager sur tous les changements qu’il y a eus entre le moment où elle a commencé et le moment où j’ai commencé. Nous en avons aussi parlé avec Carole Brana avec qui j’ai eu la chance de revoir ensuite car on a joué dans le même court-métrage. Je trouve cette femme incroyable…Toutes ces rencontres-là, de personnes que je reverrai plus tard, me font dire que c’était franchement un tournage incroyable…

Le cadre était particulièrement agréable aussi…

C’est le rêve ! Il commençait à faire un peu froid à Paris et, moi, j’étais en plein soleil, dans le sud, dans un super hôtel, on était juste à côté de la mer, l’accueil était super, les régisseurs venait même me chercher tous les matins. Je suis, parfois, sur des tournages beaucoup plus low cost…

Donc, franchement, ça a été un kiff : des acteurs à la production, en passant par la réalisation ou encore par l’équipe technique, tout était super !

 

 

Votre personnage vous a permis une palette de jeu large et variée…en interagissant avec plein d’autres participants…

Je connaissais déjà Youri, on avait l’habitude de tourner ensemble donc je n’appréhendais pas du tout le fait de jouer avec lui. Mais c’est vrai que j’avais une petite pression avec Pierrick, c’est quelqu’un qui est dans le milieu depuis longtemps, il connait plus la télé que moi…Mais, en fait, c’était super ! On se donnait mutuellement des conseils, on demandait à l’autre comment il nous avait trouvé, il y avait un réel échange…Franchement, on est devenus très bons copains, on se faisait des blagues entre les prises, c’était excellent !

 

 

Ce qui a été un petit challenge, c’était de jouer avec des gens plus jeunes que moi…Cela a été étonnant. Au début, je ne savais pas du tout comment me placer vis-à-vis de la comédienne qui jouait ma petite sœur… Je ne savais pas si je devais avoir ce truc de grande sœur ou pas et, en fait, dès la première séquence, elle avait en tête que l’on allait être copines donc on l’a été hyper vite. Elle m’a demandé plein de conseils, elle me faisait aussi des blagues…C’est une chouette comédienne, qui était très spontanée.

 

 

Je regrette même de ne pas avoir tourné plus avec Carole et Hubert, qui étaient dans l’autre intrigue. On n’a fait qu’une seule scène ensemble, celle du quizz et on s’est vus de temps en temps au HMC mais j’aurais adoré que l’on en passe davantage ensemble.

La diffusion a été, pour vous, l’occasion de nombreux retours du public…

Oui, j’ai eu beaucoup de retours, sur les réseaux sociaux notamment. Aussi beaucoup de ma famille…D’ailleurs, je n’ai eu que des messages gentils et mignons. Comme, par exemple, « Je t’ai trouvée vraiment bien dans cette série, j’espère que tu vas continuer ! ».

J’ai cru comprendre que la chaine avait placé beaucoup d’espoirs dans cet épisode et, avant même qu’il ne soit diffusé, j’avais eu beaucoup de retours de Laurent, me disant « Merci beaucoup, on a passé un super tournage, vous avez été super les loulous, TF1 est ravi ». Donc, moi qui l’ai découvert en même temps que le public, j’avais aussi très envie de le voir !

 

 

D’ailleurs, aimez-vous, généralement, regarder le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre propre jeu ?

Je pense qu’il n’y a jamais pire juge que soi-même, du coup j’appréhende très souvent de me voir ! En même temps, je n’ai pas commencé par du facile : le premier tournage que j’avais fait était pour Canal+ et j’avais découvert les deux premiers épisodes de la saison en même temps que tout le monde, dans un cinéma, au festival de La Rochelle. Donc ce n’était pas juste moi qui me voyais, je me découvrais avec 2 000 personnes autour de moi qui découvraient aussi le rendu et qui pouvaient réagir en live.

 

 

En tout cas, globalement, ça va, c’est rare que je me dise que c’est catastrophique mais je vois tous les petits trucs que je ne fais pas bien ou qui auraient pu être mieux. Sur « Camping paradis », j’ai moins eu cela. Il faut le dire, j’étais avec mon amoureux donc, forcément, ça rajoute de la bienveillance…Les autres jeunes étaient super sympas aussi, les adultes étaient extrêmement présents et très gentils. Les équipes techniques l’étaient également…Après la scène où je dois me mettre à pleurer parce que je me rends compte que mon père n’est pas heureux, le chef opérateur était venu me serrer la main pour me dire que je l’avais eu. Donc, au final, il n’y avait que des gens qui aiment ce qu’ils font et qui le font bien. Du coup, quand je me suis redécouverte, j’avais surtout cela en tête…et il n’y a pas eu un moment où je me suis dit « Ah non, là, je n’aime pas ! » car il n’y avait que des bons souvenirs qui en découlaient.

En complément, toujours à l’image, vous avez récemment terminé le tournage du court-métrage « Lueur ». Pour en revenir à sa genèse, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

J’ai écrit ce court-métrage il y a presque 2 ans, d’abord sous forme d’une nouvelle, quand j’étais moi-même hospitalisée. J’ai eu un long problème de santé il y a quelques années et, pendant toute une partie de mon hospitalisation, j’étais tellement shootée qu’il m’était impossible de tenir un stylo…mais quand j’ai recommencé à avoir un petit peu conscience de mon existence, j’avais envie de penser à autre chose ! Il fallait que mon cerveau aille ailleurs et s’imagine des histoires…Du coup, j’ai écrit cette histoire-là qui se passait dans le même cadre que le mien alors, celui d’un hôpital. Par contre, je ne voulais pas parler de moi…

Donc c’est l’histoire d’un jeune garçon, qui, lui, est en train de mourir… Il ne place plus aucun espoir dans sa survie, il se laisse un peu dessécher. En fait, il va retrouver une lueur d’espoir, à essayer de rester présent et à se raccrocher à quelque chose, en rencontrant une jeune fille dans le bâtiment en face du sien.

 

 

Au début, je ne voulais pas réaliser cette nouvelle parce que c’était une histoire trop personnelle. Je savais aussi, à ce moment-là, que je n’avais ni les épaules ni les connaissances suffisantes pour faire un beau projet, comme je le souhaitais. Mais, il y a quelques temps, j’ai rencontré Quentin, qui fait du montage, pour TF1 et M6 notamment…Nous avons beaucoup discuté de sa vision en tant que réalisateur et ça m’a ouvert les yeux sur pas mal de choses et donné envie de réaliser par moi-même cette histoire. Et j’y suis allée !

Je me suis entourée de personnes de confiance, que je connaissais, on a monté une cagnotte en ligne et, avec une équipe de 22 personnes en technique et de 4 comédiens, on a vécu 3 jours super. J’en profite d’ailleurs pour remercier tous les donateurs et toutes les équipes !

 

 

2 jours se passaient en huis-clos, dans la chambre d’un Ehpad…C’était quelque chose ! Il y avait, en plus, très peu de dialogues car, selon moi, beaucoup d’histoires ne passent pas forcément par les mots mais, surtout, par des regards, du jeu, du corps. Je sais que c’est difficile pour un comédien : quand on n’a pas de mots auxquels s’accrocher, c’est un travail supplémentaire ! Mais tous ont été tops !

Dans un autre registre, celui des planches, vous préparez actuellement une pièce d’une quinzaine de minutes…

C’est un autre registre ! Après, si ça se trouve, c’est une pièce qui ne verra jamais le jour…Je la proposerai au théâtre à la minute, un très beau lieu parisien. Ecrire une pièce de 15 minutes et faire ressentir des émotions aux spectateurs n’est pas, de base, un exercice facile…C’est très formateur par contre ! En tout cas, au moins, je m’exerce…

C’est l’histoire d’un homme d’une cinquantaine d’années, hypocondriaque et agoraphobe, qui se retrouve à devoir aller chercher des médicaments pour sa femme. Il va un peu raconter son épopée au téléphone, à l’un de ses amis. On est sur un registre un peu plus absurde et comique mais je ne vais pas trop en dévoiler…

Ça change d’écrire pour des personnages plus « âgés » : là, d’écrire sur un homme beaucoup plus mature est amusant j’espère que ça plaira à la direction du théâtre et que la pièce verra le jour…

Toujours au théâtre, vous serez cette fois-ci sur scène, le 6 septembre prochain, avec une pièce au contexte original, savoureux mélange de pros et d’amateurs…

Exactement ! Laure Grandjean en est la metteuse en scène, elle dirige la compagnie Madeloc. Je me suis beaucoup attachée à elle, je la trouve créative et, rapidement, j’ai eu envie de collaborer avec elle. Très vite, elle m’a proposé de devenir l’un des personnages de la pièce qu’elle mettait en scène…A ce moment-là, moi qui n’étais encore jamais montée sur scène, j’étais un peu en panique ! En fait, elle m’a poussée à sortir de ma zone de confort et je l’en remercie.

C’est une adaptation du roman « L’herbe rouge », de Boris Vian, sur une bande de jeunes. La pièce évoque la recherche du bonheur : le personnage principal n’est pas heureux et va créer une machine pour retourner à l’intérieur de lui, afin de remplacer ses souvenirs problématiques. En fait, ça va aller jusque dans les dérives, montrant que l’on ne peut pas supprimer ses mauvais souvenirs sans supprimer des choses qui sont importantes et qui nous caractérisent.

 

 

Je joue une fille très solaire, qui ne se pose pas la question de savoir si elle est heureuse ou non, elle vit juste ce qui se passe. Dans le roman, elle explique qu’elle est trop pressée pour être malheureuse, elle n’en a pas le temps donc, en fait, elle représente un peu le côté complètement loufoque de la pièce…Elle peut se mettre à danser en pleine rue, s’enfichant du regard des autres, là où tous les autres personnages sont très ancrés par leurs côtés sombres.

J’aime beaucoup ce personnage et je trouve cette pièce très jolie ! Cette adaptation est vraiment chouette…Il y a même un travail fait avec des masques, qui est hyper intéressant : il faut alors s’oublier pour incarner le masque ! Cela nécessite du temps mais c’est vraiment un apprentissage du corps.

Pour terminer, considérez-vous les différents domaines artistiques évoqués comme un seul et même ensemble ? Ou les dissociez-vous davantage ?

J’ai toujours aimé écrire, j’ai commencé à l’âge de 6 ans par des chansons. Dans ma chambre, je faisais même des minis concerts donc j’ai toujours aimé faire de l’art ! J’ai même participé à « L’école des fans » : j’ai eu le trac de ma vie mais j’ai tout oublié pour tout balancer. Cela m’avait donné cette envie de refaire de la scène et de me mettre en spectacle, pour donner quelque chose aux gens !

A l’école, j’étais très forte en rédaction, j’aimais beaucoup l’exercice. En troisième, j’ai eu une super professeure de français, qui m’a mise dans une pièce de théâtre qu’elle avait écrite. J’avais un des rôles principaux et j’ai alors compris que j’aimais vraiment cela !

Un jour, je me suis lancée dans mes premiers castings. Ce n’était pas simple tous les jours mais je me suis accrochée…A côté de cela, j’ai fait une formation technique en tant que monteuse : c’est encore une autre façon de raconter une histoire, ce sont des morceaux qui existent déjà et que l’on doit faire comprendre au plus de gens possible. Il faut alors ressortir le meilleur de l’histoire ! C’est un exercice hyper intéressant…

Mais écrire, réaliser, filmer, jouer…tout s’imbrique : si on m’enlève l’un, je vais être triste et ne voudrais pas forcément continuer l’autre. J’adore jouer, j’aime beaucoup aussi quand on me demande d’interpréter un rôle que je n’ai pas écrit mais il me plait tout autant de proposer des histoires qui seront interprétées par d’autres. Cela me fascine et me passionne également !

Merci, Lia, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Mathilde Sternat évoque le spectacle dans lequel on peut la retrouver à 15h30 au Tremplin !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Mathilde,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, à 15h 30, au Tremplin, dans le spectacle « Sur les ailes de l’invisible ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, d’autant que j’avais déjà participé au festival, il y a quelques années, mais jamais sur toute sa période. Là, c’est la première fois que je joue tous les jours, pendant trois semaines, sauf les mercredis. Donc c’est vraiment une approche complètement différente, c’est sûr…Mais j’ai la chance d’être entourée de Brigitte Deruy, que j’accompagne sur scène, qui avait déjà fait notamment un spectacle sur René Char. En tant que musicienne, j’aborde des poésies, ce qui est super intéressant, moi qui m’intéresse aussi beaucoup à la littérature.

Justement, plus concrètement, comment pitcher ce spectacle ?

Je le pitche d’ailleurs tous les jours au moment du tractage, chose à laquelle je n’étais pas habituée non plus…En fait, c’est un spectacle à la fois poétique et philosophique, qui parle de l’infiniment grand, de l’infiniment petit, de quelle façon, nous, humains, nous nous retrouvons dans cet univers, des enseignements que l’on peut en retirer…Aussi, ça pose question de ce que l’on fait de notre place, vis-à-vis de la planète elle-même et, au-delà de ça, de notre condition d’humains.

Dans ce spectacle, il y a de la musique originale enregistrée que j’ai écrite, de la musique live que j’interprète au violoncelle mais il y a aussi de la scénographie, avec beaucoup d’images très belles de l’espace, qui nous ont été données par Philippe Durville, qui en a même vendues certaines à la NASA. J’y joue également un peu la comédie, je chante…C’est une première expérience, pour moi, de chansons originales, après un spectacle où j’avais fait simplement quelques reprises.

Cela vous permet une palette de jeu riche et variée…

Absolument ! Cela m’ouvre des perspectives un peu différentes. C’est un désir que j’avais depuis plusieurs années mais, prise par mes activités avec d’autres chanteurs, je n’avais pas forcément eu le temps de le faire. Brigitte, en me proposant ce spectacle, m’en a donné l’occasion !

 

 

Vous êtes à la composition et à l’interprétation musicale. Quelles ont été vos éventuelles sources d’inspiration ?

Les textes eux-mêmes…Je suis très sensible aux mots et, étant amie avec Brigitte depuis de nombreuses années, on partage une vision commune de cette fameuse place dans l’univers. Donc je me suis vraiment laissée inspirer par ses mots pour écrire cette musique ! J’ai écrit cette dernière en fonction de ce texte mais aussi en fonction des besoins et de la vision de la metteuse en scène, Geneviève Brett, sans oublier la scénographie de Christel Grevy ni les sons et lumières d'Emmanuel Delaire. C’était très intéressant à faire ! J’ai très envie de renouveler l’expérience…Pour n'oublier personne dans l'équipe, citons aussi Aaris Deshayes aux décors. 

Mon parcours m’amène principalement à accompagner des chanteurs mais c’est vrai que de se retrouver un petit peu à leur place est rigolo. Ce n’est vraiment pas du tout la même posture : en tant que musicien, on est quand même derrière quelqu’un, on est à la fois dans la lumière et dans l’ombre et, ici, à Avignon, je suis beaucoup plus exposée ! C’est sympa aussi comme expérience, j’aime bien !

Globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public à l’issue des représentations ?

Les gens sont très touchés par la densité du texte. Je crois que la plupart aiment aussi beaucoup la musique, ils sont très surpris de m’entendre chanter car c’est assez rare qu’une violoncelliste sorte de derrière pour le faire, mais ils aiment bien.

Le texte n’est pas du tout léger, les spectateurs sont complètement pris, ils ne restent pas indifférents car ça parle de choses importantes.

 

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

D’avoir le plus de monde possible, que les spectateurs continuent à être touchés, que ce spectacle puisse vivre par la suite. A titre personnel, de pouvoir continuer à exprimer des choses par ce biais-là, ce qui serait génial pour moi ! En tout cas, c’est ce que je souhaite…

En conclusion, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Je sors d’une tournée très chouette avec Michel Polnareff, c’était super ! Avant cela, j’étais en tournée avec Renaud pendant deux ans et, là aussi, c’était une merveilleuse expérience.

En août, je serai en Corse avec I Muvrini. Je les retrouverai à nouveau en automne, un peu partout en France et nous serons à l’Olympia en mars de l’année prochaine.

J’accompagnerai également Julie Zenatti dans sa tournée des églises, de septembre à décembre. C’est un autre très beau projet : Julie chante très très bien, elle est adorable et c’est assez œcuménique…Julie étant de confession juive, je trouve que de faire cette tournée qui lui a été proposée dans les églises est une belle mission ! Cela reflète un peu ce que je crois aussi, à savoir que la musique se partage, qui qu’on soit, quoi qu’on fasse…Si les êtres humains pouvaient tous penser cela, peut-être qu’il y aurait moins de problèmes ! Cela peut paraitre caricatural mais c’est important de le dire : si on pouvait tous fonctionner davantage sur ce qui nous unit, plutôt que sur ce qui nous désunit, on s’en porterait beaucoup mieux…C’est aussi ce que l’on dit dans le spectacle que l’on joue en Avignon !

Merci, Mathilde, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Karina Testa nous en dit plus sur le spectacle qu'elle interprète à 16h30 au théâtre des gémeaux !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Karina,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre du festival d’Avignon 2025, à 16h30, au théâtre des gémeaux, dans « Le procès d’une vie ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui ! On est tous ravis d’être là, on attendait cela depuis longtemps puisque c’est un spectacle que l’on essaie de monter depuis près de 7 ans. Les premières écritures datent de 2018, on l’avait créé au Ciné 13, qui est maintenant le théâtre Lepic, à Paris, à l’occasion du Festival des mises en capsules. Suite à cela, on avait écrit une version longue, qui a mis quand même un certain temps à naitre pour le public et à trouver des producteurs qui aient confiance en nous qui sommes 7 au plateau. On a eu un prix d’aide à la création pour le texte, qui nous a donné un coup de pouce…C’est un gros projet donc ça a mis du temps !

Vous qui êtes à l’origine de ce projet, d’où vous en étaient venues l’idée et l’envie ?

J’étais tombée sur un article qui parlait du procès de Bobigny et j’avais entendu aussi une émission à la radio. J’avais pris des notes sur un coin de mon ordinateur, en me disant que ça pourrait être une bonne pièce de théâtre…L’histoire, pleine d’injustice, m’avait touchée et je crois que ce sentiment peut bouleverser beaucoup de monde. Je trouvais, dans ces femmes, un courage dont j’ai l’impression, de temps en temps, de manquer…Le modèle ultime est Gisèle Halimi, un modèle de courage incroyable mais toutes les femmes qui ont été inculpées dans ce procès ont dû faire preuve d’énormément de courage et de solidarité entre elles. Il y avait une humanité incroyable…Toutes ces valeurs me touchent et me portent, elles sont universelles, d’une certaine manière.

Quelle forme a, ainsi, pris la pièce ?

C’est une libre interprétation ! Nous nous sommes appuyés sur le procès en lui-même mais il n’est qu’une toute petite partie de la pièce, celle de la fin. Les témoignages du procès nous ont permis de recréer l’histoire de ces 5 femmes, on leur a reconstitué un passé et une vie pour que le public puisse s’identifier à elles et comprendre le mécanisme les ayant menées à devoir provoquer l’avortement de cette femme, ou à le vouloir ou encore à être complice. C’est donc l’histoire de ces femmes que l’on creuse, on essaie de rentrer dans leur intimité pour que les spectateurs comprennent ce qu’elles ont vécu.

 

 

En plus d’être à l’origine de ce projet, vous êtes également sur scène. Laquelle de ces femmes interprétez-vous ?

Je joue, pendant le procès, Micheline Bambuck, qui est l’avorteuse, celle qui a avortée disons illégalement la jeune Marie-Claire. C’est une femme qui n’avait jamais fait cela sur personne d’autre, ce n’est pas quelqu’un qui en a fait un métier pour en tirer profit, elle le faisait « seulement » sur elle-même parce que son mari, malade, ne voulait pas qu’elle ait d’enfant. Se confiant à une amie, lui disant ses malheurs, quelqu’un l’a alors contactée pour faire exactement la même chose sur cette gamine.

Dans le reste de la pièce, je joue également d’autres personnages, même un homme, qui sont plus secondaires dans l’histoire.

Cela vous permet sans doute une palette de jeu riche et variée…

Oui, c’est super ! C’est quand même du stress parce qu’il y a beaucoup de changements rapides, je vais d’un état à un autre, d’une jeune fille de 15 ans à un homme médecin, d’une cinquantaine d’années. Je commence à trouver mon rythme mais, au début, j’ai quand même eu un peu peur, face à tous ces changements à effectuer. J’ai notamment un début de pièce assez sportif quand même mais c’est génial et très plaisant !

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Les gens trouvent la pièce très émouvante, ils pleurent énormément, je ne m’attendais pas à une telle intensité. Ils sont très touchés, ça leur rappelle une grand-mère, une grand-tante,…Ça leur rappelle aussi leur vie parce que j’ai l’impression qu’il y a toutes les générations qui viennent nous voir. Les spectateurs viennent en famille, ils ont le sentiment de partager quelque chose, qui leur permet, après, d’ouvrir un débat.

Il y a différentes lectures du sujet, pour les spectateurs initiés et pour ceux qui le sont moins. On retrace l’histoire de façon assez globale et compréhensive, pour que les gens s’y retrouvent.

 

 

On parle aussi beaucoup des premiers émois amoureux et du consentement, de la religion et de la foi,  donc beaucoup de thèmes sont familiaux et universels, ils touchent forcément plein de gens, à plein de niveaux différents.

On entend donc beaucoup de personnes pleurer pendant le spectacle, mais aussi rire…Il y a quand même une grosse partie de la pièce qui est assez légère, où on se moque gentiment de plein de choses. On rit avec le public, on est là pour le divertir.

A une semaine de la fin du festival, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

On espère avoir une belle salle à Paris, bien remplie, et plein de dates de tournée. Avec un public à fond, comme on l’a au festival…C’est le but en tout cas !

Egalement que l’on soit toujours heureuses de jouer ce spectacle !

Pour terminer, quels sont vos autres projets à venir ?

Je viens de finir un film en Thaïlande, « Lady Chang », de Xavier Gens, qui sortira au cinéma certainement l’année prochaine. C’était un tournage très sympa et assez fou !

J’ai fait un autre film, « Tanger blues », d’Ali Mesbahi, qui a été tourné au Maroc.

Merci, Karina, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Festival d'Avignon 2025 : Cléa Goletto nous présente la nouvelle pièce qu'elle défend cette année !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Cléa,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, dans le cadre de l’édition 2025 du festival d’Avignon, chaque matin à 10h30, à l’Albatros, dans « Petite linotte ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est sûr ! Vraiment, le festival d’Avignon est, pour moi, le moment de l’année, en tant que festivalière et encore plus en tant que comédienne…En plus, cette année, on revient avec notre propre création, la première de notre compagnie, qui a tout juste un an. Donc c’est une grande fierté, encore plus que les autres fois !

Justement, plus concrètement, comment pitcher ce spectacle jeune public, pour les 7 ans et plus ?

« Petite linotte » parle d’une petite fille de 9 ans, Assa, qui est confiée à sa grand-mère le temps que sa maman se « remplume ». Elle se retrouve donc dans un village paumé en pleine campagne et, un jour, sa grand-mère se met à la surnommer linotte, surnom qu’elle donnait déjà à sa maman quand elle était petite. De là, Assa va commencer à se poser des questions et on aborde des sujets comme la transmission, la filiation, l’héritage familial, l’émancipation de l’enfant,…

 

 

Quel personnage défendez-vous sur scène ?

Je joue Assa. On est trois comédiens sur scène, mais il y a plus que trois personnages, avec Assa, sa maman, sa grand-mère et deux copains qu’elle rencontre, Yasmine et Diego. Les deux autres comédiens, Ghislain et Camille, interprètent donc plusieurs rôles, et je n’oublie pas Arthur, qui fait de la musique live sur le plateau.

D’ailleurs, quel regard portez-vous sur Assa, votre personnage ?

Si j’ai décidé de monter ce texte, c’est qu’il me parle beaucoup, personnellement. Mais c’est vrai qu’il résonne aussi pour beaucoup de personnes…Dès la première lecture, je me suis, de suite, accrochée à ce personnage. Les questions qu’elle se pose à 9 ans sont très touchantes, c’est une enfant très mature !

Elle vous permet sans doute une palette de jeu large et variée ?

Complètement ! C’est vrai que de jouer des enfants, sans les caricaturer et en étant concret, tout en ayant des expressions un peu spontanées, est un vrai travail. Rester dans le concret est un peu un des enjeux, pour nous comédiens, sur cette pièce.

 

 

Cette pièce avait aussi été primée en 2004, aux cours Florent de Montpellier…

Exactement ! Initialement, c’est un projet de fin d’études, que l’on a monté à l’issue de notre formation aux cours Florent. Notre pièce avait été primée par le jury, on en était très contents et c’est aussi ce qui nous avait donné confiance pour se dire qu’il y avait peut-être quelque chose à faire avec, en continuant sur notre lancée et en se professionnalisant.

On l’a dit, la pièce est conseillée à partir de 7 ans. On peut donc penser qu’il y a une double lecture possible, pour les enfants et les adultes ?

Ah oui ! Pour le coup, ça nous est même arrivé d’avoir des salles exclusivement remplies d’adultes. Quand des parents accompagnent leurs enfants à un spectacle jeune public, ils n’ont alors pas vraiment d’attentes particulières mais, quand ils sortent de là et qu’ils se sont pris autant d’émotions que leurs enfants mais pas au même endroit, ils font « Waouh, je ne m’attendais pas à cela ! ». C’est vrai qu’ils sont souvent surpris de leur état et de ce qu’ils peuvent recevoir.

Notre scénographie est assez particulière, avec notre musicien en live donc les plus jeunes enfants ne vont pas comprendre toutes les métaphores poétiques de la pièce mais, pour le coup, c’est vraiment un atout. Cette double lecture est assez magique !

Sans doute que les retours du public doivent vous faire d’autant plus chaud au cœur, s’agissant là de votre propre projet ?

Oui ! D’autant plus que, dans l’équipe, trois en sont à leur premier festival sur scène. Une n’était même jamais venue en tant que spectatrice…C’est trop bien, je trouve que l’on a beaucoup de chance de venir au festival avec notre petit bébé ! On peut être fiers de le porter tous ensemble…

Peut-être leur avez-vous donné quelques tips par rapport au festival ?

C’est ça ! C’est plus sur le rythme en fait, car il faut durer…Il faut avoir une bonne hygiène de vie, il faut être des sportifs. Ils s’en rendent compte et tous se gèrent très bien. Mais c’est vrai qu’entre l’ambiance, l’agitation, le tractage, j’ai pu leur donner quelques conseils par ci par là et, globalement, ils s’en sortent très bien !

 

 

En plus d’être sur le plateau, vous êtes aussi à la mise en scène du spectacle…

C’est très complémentaire, surtout que c’est un projet que j’ai imaginé. En l’ayant lu, j’ai voulu le monter mais, comme je suis moi, je voulais aussi jouer…Donc j’ai commencé par avoir, dans ma tête, une idée d’univers et d’imaginaire mais j’ai co mis en scène car, comme je joue, il me fallait quelqu’un pour la direction d’acteurs.

Pour moi, tout est lié, je n’arrive pas à me détacher d’un poste ou de l’autre. Dès fois, ce n’est pas facile, justement. C’est là que je me rends compte de l’importance d’un metteur en scène extérieur…En tout cas, je suis très fière de ces deux casquettes-là, même si ce n’est pas facile tous les jours. Pour les prochains projets, je pense que je laisserai une des deux casquettes et que je ne serai soit que comédienne, soit que metteuse en scène…

A une semaine de la fin du festival, que peut-on vous souhaiter pour cette dernière ligne droite ?

Un grand succès ! De continuer, d’encore mieux remplir la salle et, pour après le festival, on espère que les pros qui seront venus nous voir nous permettront de prolonger l’aventure.

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

J’ai cofondé la compagnie avec Ghislain et on se rend compte que la ligne artistique se dessine autour des liens transgénérationnels. Il est en train d’écrire « Transmission », une pièce qui parle de ça : c’est l’histoire d’une famille où l’un des membres remonte dans le temps pour essayer de voir ce qui s’est passé dans les autres époques et pour tenter de déverrouiller tout cela, afin que sa situation s’améliore. Toute une famille sera donc en plateau mais à des époques différentes : en 70, en 90, en 2014. Tout se mélange : étant dans le même appartement, les dialogues s’entrecoupent…C’est une pièce que l’on a déjà pu jouer cette année sous une certaine forme et, là, on voudrait reprendre la création depuis le début pour remettre les choses à plat. L’objectif serait de faire un Avignon 2026 avec, peut-être, les deux projets, on ne sait pas…

Merci, Cléa, pour toutes vos réponses !

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Festival d'Avignon 2025 : Jessica Astier nous présente les deux spectacles dans lesquels elle joue quotidiennement !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Jessica,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au festival d’Avignon, dans deux spectacles. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! C’est un grand plaisir, c’est certain, c’est aussi une grande folie parce que ce sont deux nouvelles créations, qui, par définition, n’avaient pas pu trouver leurs publics avant. Donc les premières représentations nous ont permis de continuer à peaufiner ces spectacles ! C’est aussi plaisant qu’épuisant mais c’est génial parce que, ça y est, on a enfin les retours des spectateurs, après tant de mois de travail entre nous. C’est super !

Plus concrètement, comment pitcher la pièce « Niki, la femme au fusil », jouée à 10h au Petit Louvre ?

Je vais partir d’un mot, qui est le nom du roman de Caroline Deyns dont on s’est inspirés et que l’on a adapté, c’est « Trencadis ». En fait, c’est le nom que l’on donne pour les petits morceaux de céramique qui sont brisés et que l’on va réassembler…Ils symbolisent totalement l’œuvre de Niki de Saint Phalle, construite à partir de choses brisées, qu’elles cassaient elle-même, notamment des assiettes. Ce roman a été construit comme cela, ce sont des fragments de vie assemblés les uns aux autres et qui, avec le recul, tous assemblés, forment une œuvre ! On a travaillé de cette manière-là aussi pour la pièce : ce sont des fragments de vie intime d’une personne qui permettent ensuite, une fois que l’on a vu tout l’ensemble, de se dire « Ok, c’est ça, l’œuvre de Niki »…C’est un internement dans un hôpital psychiatrique à Nice, c’est une rupture sentimentale, c’est une rencontre artistique, c’est un inceste qu’elle a vécu quand elle était enfant et qu’elle a pu transcender par son art, tirant avec une carabine dans des œuvres, pour faire jaillir sa colère et la transformer en beauté. C’est donc toute une histoire d’alchimie intérieure pour évoluer !

 

 

Quel rôle avez-vous le plaisir de défendre ?

Je joue le personnage de Niki, j’y suis aussi co-metteuse en scène, avec Thierry Surace, avec qui j’ai également travaillé sur l’adaptation du roman. C’est en avril 2024 que l’envie de raconter l’histoire de cette artiste puissante a germée en moi, quand je suis tombée sur des textes évoquant son rapport aux arcanes du Tarot. Je ne savais pas encore qu’un film sortirait l’année suivante, ni que de nombreuses expositions de Niki verraient le jour en 2025 ! J’ai simplement ressenti de nombreuses résonances avec la vie de Niki. Le fait d’être comédienne et artiste plasticienne, l’approche exutoire de l’art pour ne pas sombrer, son rapport à la spiritualité, son engagement… m’ont donné envie de porter sa voix sur scène.

Sur scène, ce personnage vous permet sans doute une belle palette de jeu…

Oh, oui ! Ça commence dans une forme de fragilité, on la voit évoluer petite fille, on la voit brisée à l’hôpital, on la voit grandir et trouver son art, on la voit en colère et on la voit ensuite apaisée. Donc c’est une palette qui est très intéressante et jubilatoire !

Etre devant et derrière le rideau doit être un exercice très plaisant…

Complètement ! Pour moi, c’était important de travailler à 2 sur ce projet. Avec Thierry, on a une vraie complicité artistique, qui se retrouve d’ailleurs dans nos personnages, lui jouant le compagnon artistique de Niki. On travaille ensemble depuis 10 ans et je savais que son rapport masculin fonctionnerait très bien avec mon rapport féminin, pour la mise en scène.

En parallèle, l’après-midi, vous jouez au théâtre du Balcon, dans « Charlotte »…

C’est l’adaptation du roman exceptionnel de David Foenkinos, qui avait reçu de nombreux prix. C’est l’histoire de Charlotte Salomon, encore une fois une jeune peintre, juive allemande. On y parle beaucoup des lignes familiales, de l’héritage, de la souffrance des femmes et, évidemment, de la shoah, parce que ça se passe pendant la guerre. On voit comment Charlotte a créé pour ne pas sombrer dans la folie et comment son œuvre, en fait, lui a permis de survivre. Avant d’être déportée à Auschwitz, elle s’était mise à peindre, laissant 1 300 tableaux, enfermés dans une valise, au docteur qui la suivait. Retrouvée après sa mort, cette valise a fait connaitre son œuvre…C’est le premier roman graphique de l’histoire parce qu’elle y avait mis du texte et des annotations musicales disant quelle musique écouter avec quel dessin…

Sa lignée s’est arrêtée avec elle et, pourtant, sa création vit encore aujourd’hui, à travers les spectacles et les expositions.

 

 

Quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

Beaucoup de retours nous disent que c’est très poétique, très touchant, qu’il y a beaucoup d’émotion qui en ressort, que ce destin tragique est bouleversant. C’est le propre de notre compagnie, on parle de choses lourdes et fortes mais, en même temps, on arrive à faire rire les spectateurs parce que ça swingue, que les personnages sont attachants, qu’ils sont drôles chacun dans leur folie. Donc c’est un spectacle qui fait rire et pleurer !

Aussi, que peut-on vous souhaiter pour la suite du festival ?

Le meilleur serait que ces spectacles aient une longue vie, qu’ils tournent, comme les autres projets que l’on a pu avoir précédemment, dans toute la France et à l’étranger éventuellement. A titre personnel, je pense aussi que ça va me permettre de renouer avec la peinture, qui est mon premier amour.

Merci, Jessica, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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