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theatre

Pierre Samuel évoque son actualité et ses projets, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

Bonjour Pierre,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes régulièrement sur scène, au théâtre des Mathurins, dans “Dernier coup de ciseaux”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’est un plaisir de revenir, de repartir et d’y revenir ! C’est la troisième fois que je reviens, j’en suis à 800 représentations de cette pièce qui se joue depuis 15 ans. Mon personnage dit tout ce qu’il pense, à n’importe quel moment, il n’a aucun jugement de lui-même ni aucun surmoi. C’est très pratique de savoir que l’on va avoir un moment, dans la soirée, où on va pouvoir s’exprimer vraiment, sans aucune limite. C’est aussi un personnage qui évolue en fonction de ce que j’apprends à côté : cela m’est arrivé de travailler, par exemple, la discipline de la danse et, depuis, le personnage danse beaucoup plus…Quand je travaille le doublage, je vais m’intéresser beaucoup à l’intensité de la voix, à son rythme et à sa hauteur, puis j’utilise ces outils pour rendre mon personnage le plus expressif possible. En fait, ça devient une pièce-exercice, en plus du plaisir que c’est de jouer devant des gens.

 

D’ailleurs, avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

 

C’est un concept ! C’est une pièce extrêmement originale qui propose, aux spectateurs, un rôle qu’ils n’ont jamais l’habitude d’avoir. Généralement, on propose aux gens de ressentir des émotions, de réagir à ce qui se passe sur scène et, là, on leur propose d’avoir, s'ils le souhaitent, un rôle dans la pièce. Il y a eu un meurtre dans un salon de coiffure, les présumés coupables sont devant le public, avec des personnages très hauts en couleurs, un petit peu comme dans le “Cluedo”. Mon personnage est tout jaune, la coiffeuse est toute rouge, …

 

Au public, on propose d’abord de devenir le témoin de ce meurtre puis d’aider la police à reconstituer ce qui s’est passé. Enfin, on propose aux gens de devenir les jurés d’un procès, pour déterminer qui sera le coupable. Tout cela est accessible de 7 à 107 ans, c’est extrêmement ouvert à tous les publics. D’ailleurs, dans la salle, il y a des spectateurs qui voient une pièce pour la première fois, d’autres sont des auteurs intéressés de voir la mécanique d’écriture, …Chacun peut y trouver son compte et on rit tous ensemble ! La lumière, dans la salle, est allumée, on joue donc en voyant les gens et c’est un grand plaisir de passer deux heures à les surprendre, à les faire rire et à vivre une expérience positive ensemble. Ce qui, je crois, est très important en ce moment !

 

Sans doute qu’en fonction des réactions du public, chaque soir est différent du précédent ?

 

Oui, parce que la pièce est écrite à partir des réactions du public. Ce sont les gens qui initient les scènes, ce qui leur donne la sensation que tout est créé sous leurs yeux. Mais, en fait, la pièce est beaucoup moins improvisée que ce que l’on croit…C’est ce qui donne un côté magique à ce spectacle, qui se joue sur scène mais aussi dans le hall. Nous jouons au temps présent, dans l’espace réel, les personnages ont nos noms et prénoms, donc il y a un peu cette illusion de mélange de réalité et de fiction, où les spectateurs s’y perdent et se prêtent au jeu. Si bien que, dès fois, des gens viennent me parler pendant la pause et s’adressent à moi comme si mon personnage existait vraiment, à m’évoquer leur cousin qui est coiffeur, à me demander si j’habite vraiment dans le théâtre…Il y a une confusion qui se fait : les gens se prêtent tellement au jeu qu’ils ne savent plus où il est, ce qui est très amusant et crée beaucoup de proximité.

 

 

 

 

La distribution est alternante, ce qui doit certainement permettre une fraîcheur supplémentaire…

 

Il y a un grand plaisir à voir comment chaque comédien s’approprie son rôle et le joue de manière très personnelle, avec son propre rythme. La bible de chaque personnage est très précise mais on amène ce dernier à nous, là où on sera le plus émouvant et le plus drôle. On ne sait jamais à l’avance avec qui on va jouer sur scène, ni dans la salle, on ne sait pas dans quel ordre la pièce va se jouer, puisqu’il est déterminé par le public, et on ne sait pas comment le spectacle va se terminer. Donc, tous les soirs, on est face à ces questions, qui peuvent paraître angoissantes à entendre mais qui, en réalité, sont hyper jouissives à vivre.

 

D’ailleurs, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

 

La première chose que les gens nous disent est “Qu’est-ce que c’était bien, qu’est-ce que l’on a rigolé. Merci ! C’était très surprenant”. On leur a fait du bien ! Je me sens très utile à faire cela, je vois des personnes détendues, souriantes, heureusement surprises, qui repartent avec de l’espoir. C’est très important !

 

Concernant mon personnage, pas mal de spectateurs se posent des questions sur mon orientation sexuelle, moi qui joue un cliché de coiffeur gay. Je suis flatté d’ailleurs que les gens n’arrivent pas à savoir si je suis vraiment homosexuel, ou si je suis hétérosexuel…Donc ils me posent la question mais je ne leur réponds jamais 🙂…

 

En parallèle, à l’image, vous avez tourné pour ARTE…

 

“Fertile” est une série en comédie dramatique, c’est un humour très sombre, à l’anglaise. C’est réalisé par Cédric le Gallo, qui avait fait “La revanches des crevettes pailletées”, dans lequel j’avais joué, il a même coécrit cette série avec Anaïs Fabre. C’est l’histoire d’une jeune femme qui n’arrive pas à avoir d’enfant, jouée par Laurence Arné, et qui découvre accidentellement que le fait de tuer des gens augmente sa libido et sa fertilité. Elle va donc devenir serial killeuse, dans le but de donner la vie…

 

Je joue l’ami du couple, mon personnage est fertile, il n’a aucun problème pour faire des enfants et il en est insupportable, à donner des conseils tous plus inutiles et énervants les uns que les autres. C’était agréable de jouer ce mec insupportable, qui pense tout savoir !

 

Vous êtes actuellement en tournage, pour France Télévisions, de la saison 2 de “Bugarach”...

 

C’est une série de science-fiction, réalisée par Nicolas Capus. Dans cette région de l’Aude, le maire de la ville avait expliqué, en 2012, qu’au pied de cette montagne très particulière, la fin du monde n’aurait pas lieu là-bas, alors même qu’elle avait été annoncée. Cela avait attiré une foule de gens hors normes et ça a donné l’idée aux auteurs d’écrire une série sur les mondes parallèles, notamment les vortex spatio-temporels. Je joue un chercheur de vortex, ces endroits où on passe dans le temps et dans l’espace, pour se retrouver dans des mondes où tout est différent, où la vie a pris un autre chemin. Ce programme est très original en télévision. 

 

Audrey Dana est ma partenaire, pour ce tournage qui aura lieu tout au long de ce mois de juillet.

 

Toujours à l’image, les téléspectateurs de France 3 avaient récemment pu vous retrouver dans “C’est qui le chef ?”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

C’est un téléfilm de comédie, qui raconte le milieu des influenceurs culinaires, avec notamment Bruno Solo et Michel Cymes. C’était super sympa de tourner avec ces deux acteurs ! Bruno Solo a énormément d’expérience, c’est un super acteur de comédie, il m’a énormément aidé. Même si on n’avait pas toutes nos scènes ensemble, cela l’amusait beaucoup de voir comment je construisais mon personnage. Il m’a donné des petits tuyaux…Michel Cymes a beaucoup moins d’expérience mais c’est un gros travailleur. Il s’en est très bien sorti ! C’est aussi quelqu’un de très humble et de très intéressant.

 

Je retrouvais Anaïs Fabre, une amie. Notre scène de talk-show était très inspirée de l’équipe de Cyril Hanouna, avec des personnages très hauts en couleurs. Pour jouer ce présentateur qui fait le show, j’ai aussi utilisé le rôle que j’interprète sur scène, qui n’a pas du tout peur de jouer très corporel, en étirant les phrases, ni d’en faire des caisses. C’était très agréable à jouer, je me suis beaucoup amusé !

 

Aude Gogny-Goubert, la réalisatrice, m’a fait confiance, elle a été très encourageante et très aimante. J’en garde un excellent souvenir !

 

Le succès d’audiences a certainement dû vous faire chaud au coeur ?

 

Cela fait très plaisir quand ce que tu fais est vu ! C’est comme un peintre, il a envie que ses tableaux soient regardés, ou un romancier, qui a envie que ses livres soient lus. Sinon, ça n’a pas de sens…On ne fait pas de l’art pour soi-même, on fait de l’art pour que ce soit reçu et que ça provoque quelque chose chez les gens, du rire, de l’émotion, ou encore des questions. Donc, oui, j’étais content que ça marche ! Cela veut aussi dire qu’il y a une possibilité qu’on fasse une suite…

 

Quand je suis content sur un tournage et qu’il y a la possibilité qu’il y en ait d’autres derrière, j’ai tout gagné !

 

Pour finir, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

Cet été, je vais partir avec “Les grooms”, une fanfare qui existe depuis 40 ans et qui adapte des opéras dans la rue. Nous irons jouer, dans les rues de Faro, au Portugal, des airs du “Bel Canto” italien, en cachant des chanteurs au milieu des touristes. La fanfare déambulera dans les rues et les artistes, cachés dans le décor, viendront apporter des surprises, avec la voix lyrique qui est toujours très spectaculaire en pleine rue.

 

Le but étant de créer de l’émotion dans des endroits où on ne s’y attend pas…Je trouve cela super quand l’art et la poésie peuvent débarquer à n’importe quel moment mais aussi n’importe où.

 

 

 

 

Enfin, je vais travailler, à la rentrée, avec Daisy Raynal, qui dirige la compagnie ‘Apparente”, dans le XXème arrondissement de Paris, composée, notamment de personnes handicapées. Elle a monté un spectacle autour du thème du cabaret et du rire. Elle fait appel à moi en tant qu’intervenant de comédie musicale et nous allons travailler, avec cette troupe, sur le thème de la fabrication du rire. Je suis impatient de commencer cela en septembre ! Cela va dans cette idée de qui que tu sois, on peut faire de l’art ensemble, on peut se présenter aux autres, on peut transmettre des émotions et en vivre ensemble. 

 

Merci, Pierre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Festival d'Avignon ou encore Camping Paradis, Mathieu Coniglio évoque sa belle actualité, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

@ Lou Sarda

 

 

 

Bonjour Mathieu,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Vous serez sur scène, en juillet, au festival d’Avignon, dans la pièce “Nos Dimanches”, que vous avez créée. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’est vrai que c’est un réel plaisir ! D’autant plus que l’on a quand même eu pas mal de chance…Quand on crée quelque chose, le process normal veut que ça parte au bout de deux à trois ans. On fait des lectures, il faut rencontrer des producteurs,...Ici, on a décidé de monter la pièce par nous-mêmes, avec notre compagnie. 

 

On a joué notre première il y a un an, à la Comédie de Paris et on a eu plein de retours super positifs. Nous ont alors rejoint dans l’aventure Jean-Pierre Bigard, avec sa société de production Agence BJP, et Pierre Boiteux, de En Scène ! Productions, ce qui nous permet, cette année, de partir au festival d’Avignon. On est très contents parce que, finalement, à partir du moment où on l’a présentée au public, il a fallu à peu près un an et demi pour y aller…

 

Sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?

 

C’est bien, vous m’entrainez pour le flyage d’Avignon 🙂…On va essayer de faire court : c’est l’histoire de Ben et Sophia, un couple, qu’on suit sur 30 ans à travers le prisme des repas de famille du dimanche midi. On y voit les dix dimanches les plus importants de leur vie !

 

Nous ne sommes que deux sur scène. C’est un peu le concept de la pièce, une seule partie du dialogue est écrite…Quand je réponds à mon père, on n’entend pas sa question, on entend uniquement ma réponse. Tout le challenge, en tant qu’auteur, était de faire quelque chose qui ne soit pas explicatif. Par exemple, si mon père me demande “Vous partez où en vacances cet été en août ?”, dans ma réponse, il ne faut pas que je dise “Cet été, en vacances, en août ?”, mais “Je ne sais pas, papa, on verra, Cuba probablement”. En fait, dans la façon dont je parle à mon père, on découvre une partie des traits de mon personnage. C’est aussi pour cela que l’on a pris Tigran Mekhitarian pour la mise en scène : j’aime beaucoup son travail, il est d’une précision assez implacable dans la façon de verrouiller ses intentions chez ses comédiens, j’avais besoin de quelqu’un comme lui pour monter la pièce.

 

Si l’on en revient à la genèse, comment vous en sont venues l’envie et l’idée ?

 

Il y a plusieurs choses…Avec ma compagne, qui joue ce spectacle avec moi, nous avons un enfant. Au début, on évitait d’être sur scène ensemble, pour limiter le budget nounou. Maintenant que notre fils a 10 ans, c’est plus facile de l’emmener avec nous en tournée donc on avait une vraie envie de rejouer ensemble. On a alors cherché ce que l’on pouvait interpréter…Un couple ! Mais il y a quand même 1 000 histoires de couples donc il fallait un prisme intéressant. 

 

Un jour, alors que l’on mangeait, avec ma sœur, chez ma mère, cette dernière, voyant notre frère par la fenêtre de la cuisine, nous dit “Il s’est engueulé avec sa copine”. Elle l’avait vu dans son corps…Et, effectivement, alors que mon frère et sa copine restaient polis, tout le corps et tout le non-dit étaient en action, on sentait qu’ils s’étaient pris la tête, sans doute pour une broutille. J’avais pris un plaisir assez dingue à regarder tout ce qui se passait pendant ce repas-là entre eux. A un moment donné, j’avais vu une main se rapprocher, comme pour dire pardon. Et puis, ça s’est arrangé…

 

Je trouve ses rapports beaux, fascinants et poétiques parce qu’on les traverse tous. On cherchait une histoire universelle aussi, c’est l’une des raisons pour laquelle on est partis là-dessus. Ce prisme de la famille est intéressant, comme s’il y avait un voile. De la même façon, on ne va pas être pareil chez sa belle-famille que dans sa famille. 

 

Certains des dimanches évoqués dans le spectacle sont-ils inspirés de situations que vous avez réellement vécues ?

 

Complètement ! Il y a des situations qui me sont arrivées mais que l’on ne reproduit pas intégralement. Ce sont des points de départ et, surtout, il y a des scènes qui sont fantasmées chez moi, dans le mauvais sens du terme, qui me font énormément peur et que j’ai voulu coucher sur le papier. C’est une comédie romantique donc il y a des choses drôles mais il y a aussi des choses plus sérieuses, tendres, poétiques. C’est la vie d’un couple sur 30 ans donc tout n’est pas rose tout le temps, et tout le monde le sait. 

 

Mais ce n’est pas la faute de quelqu’un en particulier dans l’histoire que j’ai voulu raconter : le temps, le quotidien, l'érosion et la rouille sont l’ennemi de la pièce. Comme le dit Maxime Le Forestier dans une de ses chansons, “contre la rouille, il n’y a rien à faire”. Il a raison, le temps passe et érode un peu, c’est comme ça. Parfois, dans des situations compliquées, il faut également être tolérant, et se dire que le temps va faire son affaire.

 

Sans doute que la palette de jeu offerte par votre personnage, sur 30 ans, doit être très agréable ?

 

En fait, c’était un peu le but, on s’est fait plaisir ! En écrivant, je voulais vraiment qu’il y ait une sorte de ping-pong entre les deux personnages, et que les moments qu’ils vivent ne soient pas les mêmes, au même moment. Je parlais du temps comme ennemi, mais il y a le timing aussi. C’est là qu’on se rend compte que de continuer à s’aimer, au bout de 30 ans, est quand même un petit miracle. Je trouve cela beau !

 

A quelques semaines du festival, dans quel état d’esprit êtes-vous actuellement ? Quels sentiments prédominent ?

 

Pas tellement l’appréhension des réactions car elles avaient été bonnes l’année dernière. Il y avait quelques modifications à faire, on en a déjà tenu compte. Je dirais que le plus grisant est l’excitation parce que c’est la première fois de ma vie que je pars en Avignon avec un projet personnel et en tant qu’auteur. Je comprends enfin l’énergie des gens qui, les autres années, m’avaient fait confiance en m’appelant simplement comme comédien.

 

C’est une pièce que l’on co-produit et j’y emmène aussi ma compagne donc il y a un peu de vie familiale dans tout ça. Ce qui m’anime le plus, c’est de la jouer tous les jours : on sait que c’est aux premières représentations que l’on commence à comprendre les choses, j’adore ces moments-là, cela me grise énormément et je suis très content de partager ces instants avec ma compagne. 

 

 

 

 

Au-delà de ces premières dates en Avignon, probablement avez-vous l’envie, ensuite, de continuer à proposer ce spectacle, à Paris et/ou en province ?

 

Oui, on aimerait bien la jouer la saison prochaine à Paris, on a quelques pistes pour l’instant mais rien de définitif on va dire. On adorerait évidemment également faire quelques dates de tournée. Le but étant aussi de revenir au festival l’année prochaine pour confirmer. 

 

Plus personnellement, le fait de jouer vos propres mots est-il un exercice facile ?

 

Cela ne change pas grand chose. Ce qui est assez curieux, c’est que j’ai eu du mal à l’apprendre. J’ai plutôt une très bonne mémoire, j’apprends quand même des pavés entiers rapidement mais, là, j’ai tellement galéré pour ma pièce, c’était incroyable. Je ne sais pas si c’est inconscient…Peut-être ? Dès fois, je me prenais la tête à me dire “Mais pourquoi est-ce que tu as écrit cela ? Ça ne veut rien dire…”. Je me jugeais énormément, je ne me laissais aucune chance en tant qu’auteur. C’était assez curieux !

 

C’est génial, du coup, de bosser avec Tigran, qui prend vraiment le texte au mot près. Du coup, tout est clair et précis ! C’est vraiment super…

 

En parallèle, vous avez réalisé un court-métrage qui a été sélectionné parmi les 50 finalistes du Nikon Film Festival. Sans doute que cela a été une vraie fierté pour vous ?

 

Oui, il y a évidemment de la fierté mais également de la surprise. Et, surtout, de la reconnaissance pour l’équipe qui m’a accompagné. En vrai, ce n’est pas le travail d’une seule réalisation, ça serait mentir, c’est un peu le fruit d’un précédent travail que j’ai fait avec Charlie Fargialla, avec qui on avait coécrit une série. Il avait admirablement bien construit une équipe autour de nous et j’ai pu reprendre, sur ce projet, cette belle bande. Je n’étais jamais seul, tous ont été géniaux avec moi. Un film, quand il se fait, c’est un petit miracle…

 

Ce projet derrière la caméra vous a-t-il donné l’envie de renouveler l’expérience ?

 

Tout à fait ! Je suis déjà en train de coécrire quelque chose…C’est encore un peu secret mais on aimerait bien tourner en cette fin d’année. J’adorerais retrouver toute l’équipe dont je vous parlais, cela nous permettrait de gagner un temps précieux car tout le monde se connaît.

 

Il y a aussi un court-métrage, dans lequel je tournerai en septembre. C’est un super projet ! Je suis très content d’avoir été sollicité pour ce rôle…Je me réjouis, le scénario est vraiment très bon. 

 

Pour terminer, vous avez également tourné dans un nouvel épisode de “Camping paradis”, sur TF1…

 

J’en avais déjà fait un, qui était super. Je m’étais bien marré, c’était un épisode très original, dans lequel Tom se faisait piquer par une abeille, tombait dans les pommes et découvrait sa vie si les choses avaient été différentes. C’était chouette, pour moi, de jouer le même personnage mais, à chaque fois, dans un registre différent : une fois BCBG, une fois cool,...C’était sympa à faire !

 

Là, j’ai rencontré une réalisatrice géniale, Sophie Vigneu, c’était son premier épisode sur “Camping Paradis” et j’espère qu’elle en fera d’autres. C’était un super bon moment, j’étais très content de retrouver Laurent Ournac, toujours aussi sympa et accueillant. J’ai revu des gens qui étaient déjà là la première fois et c’est toujours hyper agréable d’aller là-bas. 

 

J’avais de nouveaux partenaires de jeu, notamment Martin Barlan, Ariane Aggiage et Margaux Van Den Plas. On était assez souvent ensemble tous les quatre et c’était une super expérience. 

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur votre personnage ?

 

Avec ma femme, nous sommes en voiture mais arrivons en retard au camping, contrairement à nos amis, qui sont plus ordonnés que nous qui sommes un peu à la cool. Après les avoir eu au téléphone pour leur dire que l’on arrive, ils raccrochent mal …et nous critiquent. Donc on arrive sur place, avec ça en tête…Il y a également une autre arche, avec Margaux et Martin, et tout se rejoint à un moment donné. 

 

C’était sympa de jouer ce malaise, ce malentendu, les situations se rapprochent du Vaudeville.

 

Le tout dans un cadre plutôt sympa…

 

Oui, même si on s’est quand même caillés car on était le dernier épisode de la saison. Mais l’équipe était adorable et aux petits soins. En tout cas, le cadre est toujours aussi magique…

 

Merci, Mathieu, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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La découvreuse oubliée : Marie Toscan évoque cette pièce qu'elle jouera au festival d'Avignon !

Publié le par Julian STOCKY

@ India L’ange

 

 

 

Bonjour Marie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez sur la scène du Festival d’Avignon, en juillet prochain, dans “La découvreuse oubliée”, au théâtre de la Reine Blanche. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

C’est une grande joie et un grand plaisir ! C’est une grande aventure qui m’attend, c’est un peu stressant aussi, parce qu’Avignon est quand même l’endroit où on vient voir du théâtre et où les gens attendent beaucoup de choses. Surtout, c’est un public qui vient très nombreux…Il y a quand même une petite pointe de stress de vouloir bien faire.

 

Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher cette pièce ?

 

C’est l’histoire du docteur Marthe Gautier, qui s’est spécialisée dans une technique précise, aux Etats-Unis et qui rentre en France…mais qui se retrouve dans un service qui n’était pas prévu. Elle rencontre alors un professeur qui fait des recherches sur la trisomie 21 et sur son origine. Revenant des Etats-Unis avec cette technique qu’elle est la seule à connaître, elle va pouvoir trouver le chromosome surnuméraire. De là, les choses vont se compliquer puisqu’elle va se faire voler ses recherches…

 

La pièce parle de trisomie 21 mais aussi d’avortement, du droit des femmes, de la place des femme dans ce milieu scientifique d’hommes. Il y a aussi des moments où on rigole, des petites choses de mise en scène apportent un peu de légèreté et font sourire mais ce sont des sujets très sérieux.

 

Quels personnages avez-vous le plaisir de défendre ?

 

Au tout début, je joue un huissier. Ensuite, je joue une journaliste qui vient interviewer Marthe Gautier, interprétée alors Marie-Christine Barrault. De là, la scientifique, par un petit tour de passe-passe, me donne sa place et je joue donc son rôle, pour faire exister son histoire plus jeune. Ensuite, j’interprète une autre journaliste, des années 70, puis une nonne…J’ai donc cinq rôles, les deux majeurs étant la journaliste qui vient interviewer Marthe Gautier et cette dernière jeune.

 

 

@ Pascal Gély

 

 

Sans doute que la palette de jeu doit être très plaisante ?

 

Elle est très très large et il faut réussir à switcher d’un personnage à l’autre…L’huissier est muet mais il a une démarche un peu particulière, la première journaliste est hyper énervée et révoltée, Marthe Gautier jeune a beaucoup d’aplomb mais, en même temps, reste dans ce milieu hyper masculin donc elle n’ose pas forcément parler, cette journaliste des années 70 est très speakerine des années 50, qui sourit mais qui n’en pense pas moins, la nonne fait des signes de croix tout le temps…Il  a donc eu toute une palette de jeu à trouver ! On a eu quand même six semaines de répétition dans des conditions optimales, sur le plateau, au théâtre, avec la lumière, le décor, la musique et la vidéo. On a tout construit ensemble, ce qui est hyper rare au théâtre, tous les corps de métier se sont accordés et on a tous travaillé ensemble pour créer ce spectacle. Surtout, on a pris le parti de ne jamais quitter la scène. C’est donc une mise en scène très intéressante, faite par l’incroyable Julie Timmerman. Je ne suis pas la seule, d’ailleurs, à jouer plusieurs personnages, c’est le cas également pour Matila Malliarakis et Mathieu Desfemmes.

 

Avez-vous, d’ailleurs, eu des sources particulières d’inspiration pour certains de ces personnages ?

 

Pour la journaliste des années 70, justement j’ai beaucoup regardé des vidéos des speakerines des années 50, pour voir un peu comment elles souriaient et comment elles parlaient. Pour Marthe Gautier jeune, j’ai lu pas mal de choses. Pour la nonne, je vous avoue que j’ai dû apprendre le signe de croix parce que je pensais que c’était dans l’autre sens 🙂.

 

C’est vrai que celle qui m’a demandé le plus de recherches en solo, étonnement, n’était pas Marthe Gautier, mais la journaliste. C’était la scène que je détestais le plus pendant les répétitions, ça n’allait pas et, en fait, trois jours avant, Julie, la metteuse en scène, m’a donné une indication qui a tout changé et c’est devenu ma scène préférée. Les gens applaudissent d’ailleurs à la fin…Comme quoi…

 

 

@ Pascal Gély

 

 

Vous avez déjà joué 52 fois entre janvier et fin mars. Quels principaux retours aviez-vous pu avoir du public ?

 

Les retours étaient très bons ! Les gens nous disaient que la mise en scène était très fine, très bien amenée et qu’il y avait une notion de transmission avec Marie-Christine, qui est ma grand-mère, qui m’a transmis cette passion et dont le personnage me demande de reprendre son rôle jeune. A un moment, elle me jette sa blouse et me met sur le devant de la scène, cela nous émeut beaucoup. Le public ne sait pas toujours que l’on est de la même famille et il nous dit quand même que l’on a une complicité incroyable…Cela fait 33 ans qu’on la pratique et qu’on la cultive comme un petit jardin.

 

On a eu beaucoup de monde d’horizons très variés, mais aussi beaucoup de membres de la famille de Marthe Gautier. Elle avait 7 frères et soeurs donc elle avait énormément de neveux et de nièces, ils sont venus très nombreux et étaient tous très émus que l’on rende la parole ainsi que l’honneur de leur tante. C’est super et très beau !

 

Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait plu et donné l’envie d’y participer ?

 

Déjà, la perspective de faire évoluer, avec ma grand-mère, mon métier de comédienne, qui en est à ses débuts puisque j’ai commencé il y a 5 ans, était incroyable ! Surtout, d’interpréter une personne aussi forte de l’histoire, une femme qui s’est battue jusqu’à la fin de sa vie pour être reconnue était, pour moi, un honneur ! Je trouvais également que le jeu de Matila Malliarakis, qui joue celui qui a volé la recherche, allait être très ambivalent : à la fois, on a envie de le détester mais, en même temps, il a fait beaucoup de choses pour les enfants trisomiques. J’avais très envie de découvrir ce que c’était de travailler avec lui, Mathieu et Matila. J’avais très envie d’apprendre à leurs côtés ! 

 

Le fait d’être sur scène avec votre grand-mère a dû être un autre grand plaisir pour vous ?

 

Bien sûr ! J’ai aimé la perspective de se retrouver tous les jours et de créer cette pièce ensemble. Il faut savoir qu’elle me fait des notes tous les soirs, en sortant de scène : “Là, tu l’as dit trop aigu”, “là, ce n’était pas assez”, “là, dis le plus comme ci”, “là, dis le plus comme ça”... Donc j’apprends tous les soirs grâce à ses notes personnalisées 🙂, j’adore ! 

 

On s’est toujours très bien entendues avec Marie-Christine, j’allais dormir chez elle quand j’étais bébé, elle s’est occupée de moi donc ce spectacle nous a encore plus rapprochées, si c’était seulement possible. A la fin de la pièce, pour célébrer, on est parties en Turquie ensemble, je lui ai fait faire de la montgolfière, vous n’avez pas idée de tout ce qu’elle a fait à 82 ans ! Cette femme est incroyable…

 

 

@ Gala

 

 

De jouer en Avignon change-t-il quelque chose comparativement à des dates à Paris ?

 

La mise en scène change un peu parce que l’espace n’est pas le même à Avignon. A Paris, il y a deux colonnes, de chaque côté, desquelles on se sert pour ranger les accessoires. A priori, on va mettre un portant mais il y a donc des réadaptations à faire. Surtout, l’espace est plus petit donc il y a une mise en scène à faire évoluer. Et puis, cela fera trois mois que l’on n’aura pas joué…Je me suis remise à potasser mon texte du coup, je ne l’ai pas oublié parce que je l’ai joué beaucoup et qu’il sort maintenant un peu tout seul mais il y a peut-être des automatismes qui se seront un peu effacés. 

 

Au-delà de ces trois semaines en festival, cette belle aventure reprendra, pendant six semaines, en novembre et en décembre, à Paris…

 

Les quatre pièces de l’auteur vont être remises à l’honneur au théâtre de la Reine Blanche à partir de la rentrée et nous rejouerons cette pièce avant la fin de l’année. 

 

 

@ Pascal Gély

 

 

En parallèle, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

J’ai deux écritures en cours. Une première, d’un court-métrage d’une durée de moins de 10 minutes, qui parlera du jour de la sortie de prison. On se demandera ce que c’est que de sortir de prison, dans le dénuement total d’affaires et d’argent. On se focalisera sur cette journée uniquement donc il y aura beaucoup de plans séquence, pour notamment réussir à capter l’angoisse que c’est de réussir à prendre le RER pour la première fois de sa vie, comme ce fut le cas de la personne que j’ai accompagnée et dont je m’inspire. Pour vous dire, ce monsieur saluait tout le monde dans les transports en commun puisque, pour lui, c’était normal. Il y a plein de choses qui m’avaient beaucoup émue lorsque j’avais aidé cet ex-détenu et c’est d’ailleurs Marie-Christine qui m’avait conseillé d’en écrire un film. L’idée est superbe ! 

 

L’autre écriture concerne un documentaire sur ce qu’est l’enfermement pour certains types de publics, notamment des détenus carcéraux, des adolescents en hôpital psychiatrique, des prostituées enfermées dans des réseaux, à qui on confisque leur passeport et des gens du voyage, plus libres et sans attaches. Pour cela, j’ai fait des demandes de subventions culture justice pour intervenir en prison, j’espère les avoir l’année prochaine. Ensuite, il me faut encore toutes les autorisations car c’est très compliqué de venir tourner devant une prison… 

 

Ces différents domaines, entre le jeu d’un côté et l’écriture de l’autre, doivent certainement être très complémentaires pour vous ?

 

L’un nourrit l’autre parce que, en fait, je n’avais jamais écrit et le fait d’avoir joué ces 52 fois m’a un peu donné des indices sur ce qui doit être présent pour qu’une histoire avance et ce qui est en trop. C’est vrai que cela me donne des idées.

 

J’avais également joué dans un long-métrage, j’avais alors pu découvrir l’organisation. Avant cela, j’étais assistante réalisateur pendant 6 ans et donc je connais très bien le plateau. C’est un univers que je maîtrise presque par cœur, avec lequel j’ai grandi également, ma mère et ma grand-mère étant comédiennes. Mais c’est vrai que la pièce a complété tout cela, pour m’aider à tenir un fil rouge et pour savoir ce que l’on veut dire ou montrer. 

 

 

@ India L’ange

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour le festival d’Avignon à venir ?

 

Un franc-succès et plus de reprises après, dans d’autres théâtres, en province notamment. C’est une pièce qui mérite d’être vue donc on peut nous souhaiter d’aller la jouer dans plein d’endroits en France et ailleurs !

 

Merci, Marie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Cindy Maria évoque sa belle et diversifiée actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Cindy,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez à l’affiche, en juillet prochain, du festival d’Avignon, avec la pièce “L’affaire Collini”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! C’est la deuxième fois que j’y vais en tant que comédienne, après y être allée pendant quinze ans en tant que spectatrice. C’est une expérience à part, c’est un mois dans une bulle remplie d'émotions et de rencontres. J’adore…C’est un rêve, en fait ! Je me revois, il y a six ou sept ans, discuter avec les comédiens de leur vie et me dire que, “jamais, je ne pourrais faire cela car ça manque de sécurité”. Mais, quand, il y a deux ans, je me suis retrouvée à mon premier festival en tant que comédienne, je me suis dit “Waouh, ça y est, j’y suis, j’ai réussi à dépasser mes peurs et à réaliser mon rêve !”. C’était alors avec mon école, c’était le projet de fin d’année donc, même si on était dans les conditions d’une représentation par jour et que l’on flyait, on n’était pas payés. L’enjeu était différent…Cette année, il va falloir ramener du monde en salle ! Et puis jouer sans public, cela n’a pas de sens :)

 

Avec vos mots, comment présenter cette pièce ?

 

A la base, c’est un roman d’un auteur allemand, Ferdinand Von Schirach, dont mon metteur en scène, Franck Bouchet, a obtenu les droits pour pouvoir l’adapter au théâtre. C’est un procès tiré d’une histoire vraie : on sait qu’il y a eu un meurtre et toute la pièce est sur non pas le “est-ce qu’il l’a fait ?” mais sur le “pourquoi il l’a fait ?” En enquêtant sur le dossier, l’avocat du meurtrier va découvrir un gros scandale juridique de l’histoire allemande, et une vérité à laquelle personne ne veut se confronter.

 

 

 

 

 

Quels personnages avez-vous le plaisir de défendre ?

 

C’est un vrai challenge pour moi : j’en incarne trois ! Avec, en plus, des changements très rapides de costumes…Je joue la juge, je joue Johanna, la petite-fille de la personne assassinée et je joue un témoin, une juriste spécialisée dans l’Histoire. Je change de voix pour chaque personnage, c’est nouveau pour moi et cela représente un gros travail. C’est hyper intéressant ! Emotionnellement, c’est un vrai exercice également : en l’espace de trente secondes, je dois passer d’une juge, qui doit être la plus neutre et la plus droite possible, à une Johanna qui vient d’apprendre la mort de son grand-père et qui est donc chargée d’émotions. Passer d’un état à un autre a été le plus difficile pour moi ! 

 

J’ai fait, cette année, une formation passionnante, qui m’a aidée à passer plus facilement d’une émotion à la suivante. Les méthodes y étaient particulières mais hyper enrichissantes.

 

En tout cas, on peut imaginer que cette diversité de personnages vous permet une palette de jeu riche en couleurs ?

 

Ah oui, c’est génial de jouer trois personnages en une pièce, avec des tessitures, des postures et des corps différents. Cette recherche a été passionnante et c’est tellement enrichissant d’avoir tout cela à jouer, cela rend un peu schizo mais c’est un travail très intéressant.

 

 

 

 

D’ailleurs, au moment de travailler cette pièce, vous étiez-vous renseignée sur le roman ? Ou, au contraire, aviez-vous préféré garder une certaine distance ?

 

Je suis restée focus sur le texte théâtral. Il existe aussi une adaptation télé mais je ne l’ai pas regardée. Quand je joue des pièces, je ne m’intéresse volontairement pas à ce qui a été fait d’autre sur le sujet parce que, sinon, je suis forcément influencée. Sur mes deux premières pièces, je remplaçais une comédienne qui jouait depuis longtemps, j’avais dû apprendre la mise en scène sur vidéo et, pendant très longtemps, je copiais cette comédienne-là plutôt que de m’approprier le personnage…Cela m’avait permis de comprendre qu’il valait mieux éviter ce genre de chose…Donc je suis restée sur le texte de mon metteur en scène et sur sa vision. Même lui m’avait déconseillé de regarder le téléfilm… Une adaptation est une vision propre à celui qui la fait, et qui n’est pas forcément celle de l’auteur initial….et qui ne serait pas forcément la mienne non plus. Je préfère donc rester, ici, sur les directives de Franck 🙂.

 

A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

Avant, dans mon ancienne vie, je serais certainement déjà dans l’anticipation mais, aujourd’hui, ce métier m’a appris à être beaucoup plus dans le moment présent. Ce qui fait que c’est, à la fois, demain et dans un mois. Donc je n’y suis pas encore…Je suis une grosse traqueuse, je sais très bien ce que ça va me provoquer quand on y sera, un mélange d’excitation et de stress. Donc, pour l’instant, je ne suis pas encore connectée à Avignon. J’y vais step by step, pour rester concentrée. 

 

Je sais que la première sera dure : cette pièce, je le disais, est un vrai challenge pour moi, je ne fais pas ce métier depuis très longtemps, c’est le premier drame que je défends sur scène et, en Avignon, le public sera différent de celui devant lequel j’ai l’habitude de jouer, où ce sont plutôt des gens qui viennent s’aérer l’esprit en regardant une comédie. A Avignon, c’est un public de connaisseurs qui enchainent les pièces et qui sont donc beaucoup plus critiques, il faut, du coup, les tenir en haleine. La barre est beaucoup plus haute, l’enjeu est encore différent. 

 

 

 

 

On le sait, ce festival est un moment privilégié d’échanges et de proximité avec le public…

 

Oui…Justement, le challenge sera de ne pas trop se laisser influencer, ni par les bonnes critiques, ni par les mauvaises. D’une personne à l’autre, sur trois semaines, on n’aura jamais les mêmes avis, c’est très subjectif finalement. 

 

On a quand même été rassurés par nos deux premières représentations, les retours étaient bons. En première lecture, la pièce n’est pas forcément facile à comprendre mais les spectateurs avaient bien capté ce qui se jouait. Mon dernier personnage, celui du témoin, explique et dénoue d’ailleurs pas mal de choses par rapport aux lois de l’époque notamment.  

 

Du coup, que peut-on vous souhaiter pour ces trois semaines d’exploitation en Avignon ?

 

De s’éclater sur scène, ensemble, avec le public ! Ce qui est génial aussi avec Avignon, c’est qu’on joue tous les jours donc je sais qu’on va évoluer dans nos personnages. Ce sera l’occasion, très rapidement, de faire grandir la pièce. Je sais déjà qu’entre le 3 juillet et le 25, la pièce va évoluer et …c’est génial ! En moyenne, il est dit qu’on peut se lâcher au bout de 10 représentations, car le texte est là et nous traverse. On peut alors s’amuser à aller chercher de nouvelles choses et jouer avec son personnage…Avignon va nous le permettre, c’est trop bien !

 

Et un peu de monde quand même 🙂 car, sans public, on n’est rien. Cela reste du spectacle vivant…

 

 

 

 

En complément, parmi vos autres casquettes, vous accompagnez la mise en scène d’un spectacle jeune public…

 

Jeune public, oui, mais qui est assez poétique pour être accessible aux enfants et aux grands enfants 🙂. “Les fabuleuses rencontres de Buffito” est un spectacle joué par un comédien, Jean-Philippe Mabbit, qui est également psychologue scolaire en milieu difficile et qui a donc une grande connaissance de l’enfant. Il a voulu travailler sur les objets d’attachement et leurs rôles, notamment des nounours que l’on avait quand on était enfants. Il montre aussi comment, avec rien, on peut trouver la joie…et donc qu’on a besoin de peu pour vivre heureux. La notion de prendre soin est aussi mise en avant.

 

C’est l’histoire d’un clown, qui est balayeur mais qui est un peu tristouille…Pendant son épopée, il va faire des rencontres, avec des objets, entre autres un ours en peluche qui va lui faire voir le monde un peu autrement, de manière un peu plus colorée. On va donc également traverser l’histoire de Boubou, cet ourson, qui a perdu sa petite fille et que notre clown va aider dans sa recherche…Il me paraissait important de montrer que les attributs sont une chose mais, grâce à un jeu de miroir, on finira par se rendre compte qu’on se suffit à soi-même. La notion d’estime de soi est quelque chose d’important.

 

Justement, dans votre travail de mise en scène, quel est l’impact de s’adresser principalement à des enfants ?

 

Les enfants ne réagissent pas aux mêmes choses que les adultes donc c’était un challenge pour moi, qui connais beaucoup plus le public adulte. Avec ma petite fille, on va souvent voir des spectacles de son âge, j’adore cela ! J’aime bien ceux qui parlent autant aux petits qu’aux adultes mais il y en a peu qui y arrivent…C’est vraiment ce que l’on essaie de faire nous aussi, avec un côté poétique qui peut emporter les adultes et avec des répétitions qui plaisent beaucoup aux enfants. Pour le personnage du clown, il est important d’aller au bout de ses mouvements car le corps est quelque chose qui compte. Ses gestes doivent aussi être explicites, plus encore qu’avec les adultes. Donc, oui, les points d’attention sont un peu différents.

 

Pour garder les enfants en éveil, il faut également de l’interaction et éviter la monotonie. Il faut les étonner ! Ils aiment quand c’est multidisciplinaire, ce qui est un peu le cas dans notre spectacle.

 

Plus globalement, ces différentes casquettes artistiques peuvent paraître très éloignées mais, à l’inverse, y trouvez-vous des complémentarités ?

 

Forcément, parce que tu sais ce que c’est que d’être sur scène. Donc je pense que c’est un plus…Cela aide à la connaissance de l’espace scénique également. Je sais aussi mieux ce qu’il est possible de faire et ce qu’il n’est pas possible de faire. J’ai moi-même fait des expérimentations sur scène et mon expérience me permet d’en suggérer d’autres. En tant que comédienne, j’ai moi-même été mise en scène donc j’ai eu à faire avec des metteurs en scène. 

 

 

 

 

En conclusion, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

J’ai beaucoup aimé cette première expérience de mise en scène professionnelle, c’est quelque chose que j’aimerais continuer. Peut-être pas tout de suite mais, à termes, j’aimerais écrire ma propre pièce et la mettre en scène. 

 

Globalement, depuis que j’ai commencé, j’ai beaucoup joué dans des comédies parce que j’adore cela et aussi parce que c’est clairement le registre le plus programmé, on ne va pas se mentir. Mais j’aimerais bien jouer quand même dans des pièces qui me parlent profondément, qui me touchent encore plus…La formation que j’évoquais m’a rappelé pourquoi j’ai choisi ce métier, à savoir pour vivre et faire ressentir des émotions, ainsi que pour faire passer des messages, messages qui ont du sens pour moi. Je n’abandonnerai pas la comédie parce que j’adore cela mais ça me plairait d’avoir du temps pour d’autres projets qui iraient dans ce sens. 

 

Je mets en scène une pièce avec mes élèves, c’est une création avec plein de textes, de théâtre bien-sûr mais pas uniquement, aussi de poésies, de courts-métrages, de chansons,...Le tout sur l’affirmation de soi. Je suis fière de ce que l’on est en train de faire donc pourquoi pas, ensuite, créer ce genre de choses à titre professionnel. 

 

Cette année, mon objectif était aussi de commencer à aller plus vers la caméra. J’aimerais bien expérimenter cela. Le théâtre est mon premier choix de cœur mais l’acting m’attire aussi. Le jeu y est quand même différent…Tout en portant la voix au théâtre, il faut rester dans la sincérité alors que, à l’image, on peut parler plus doucement pour dire la même chose, la caméra et le micro faisant leur travail. 

 

Merci, Cindy, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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France 3 / C'est qui le chef ? : Hervé Rey évoque ce petit bijou télévisuel, diffusé ce mardi 9 juin !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Hervé,

 

Quelle joie d’effectuer cet échange avec vous !

 

Le téléfilm “C’est qui le chef ?” sera diffusé ce mardi 9 juin, en prime-time, sur France 3. Y participer sous les traits du personnage de Benoît Debruyne a certainement été très plaisant ?

 

C’était dingue ! Ce tournage a vraiment été un cadeau. Tout d’abord, parce que je trouve que c’est très bien écrit. C’est un très joli unitaire, une délicieuse comédie, avec de bons dialogues, chose à laquelle je suis assez sensible. Ensuite, comme vous le savez, puisque vous l’avez interviewée, j’ai retrouvé Céline Ronté, qui est une amie intime depuis 25 ans, qui jouait ma femme. Donc, pour créer une intimité de couple, tout était déjà là…Et puis, on a rencontré Alice Daubelcour, dont on est tombés raides dingues, l’un comme l’autre. Le coup de cœur à 3 a été immédiat ! Quand elle me laisse des messages, elle m’écrit “Daddy” et je l’appelle “Ma princesse” ou “Ma puce”. J’ai retrouvé aussi Bruno Solo, avec qui j’avais travaillé en doublage et avec qui on s’était très bien entendus. C’était chouette de le revoir ! Enfin, je ne pourrais dire que le plus grand bien, à tous les endroits, d’Aude Gogny-Goubert, la réalisatrice. Elle est brillante, sensible, drôle, …Je ne la connaissais pas du tout, je ne savais même pas qui elle était en fait, j’étais passé un peu à côté du “Palmashow” et de “Golden Moustache”. J’avais découvert son parcours en me renseignant au moment de faire la selftape pour l’audition…Elle a su créer une famille, elle a sû s’entourer de gens qui, humainement et artistiquement, s’entendaient bien. Mon premier jour de tournage était celui de la scène de fin, à plusieurs caméras, avec tous les protagonistes qui étaient là. C’était le premier unitaire d’Aude mais j’étais halluciné de la façon dont elle gérait ce plateau, avec douceur, drôlerie et fermeté. C’était une scène compliquée techniquement et avec plein de comédiens, en petits groupes et je trouve qu’elle a été très bien réalisée !

 

Aude avait un code couleurs sur tout le film. Avec le chef opérateur, Rémi Mestre, ils en avaient 6 et, vous le verrez, elles sont toutes déclinées et cela donne quelque chose que l’on n’identifie pas forcément mais qui donne une grande cohérence esthétique. C’est d’une vraie finesse !

 

Aude comme formidable directrice d’acteurs, l’ambiance, les comédiens… tout était un cadeau ! Je ne connaissais pas vraiment Michel Cymes en tant que comédien mais je l’ai trouvé vachement bien. En plus, il est adorable. 

 

Je n’ai jamais vu, à la télé, une productrice comme Gabrielle Gerin. Elle est très intelligente, accessible, présente pour nous, elle connaît son métier mais aussi celui des autres : elle sait ce que sont les acteurs et les actrices, elle sait ce qu’est une équipe technique, elle est discrète mais elle est hyper présente, et elle est tellement gentille. C’était vraiment idyllique !

 

Je n’oublie pas toute l’équipe technique. C’étaient des gens de la Fabrique France Télévisions, ils font plein de choses mais, comme nous, je crois qu’ils ont été séduits par Aude et sa garde rapprochée. Je pense que, quand le chef de projet est humainement bien et met une super ambiance, tout se passe mieux ! Là, ça a été dingue ! J’avais d’ailleurs vu, dès mon arrivée, que tout le monde était heureux sur le tournage…

 

La cuisine est le point de départ de ce téléfilm, on la retrouve en toile de fond mais elle est aussi un “prétexte” à plein d’autres sujets, familiaux et personnels, dans lesquels s’inscrit pleinement votre personnage…

 

Effectivement, il y a aussi, notamment, cette thématique du secret et du non-dit familial. Je pense que toutes les familles ont leur secret, qu’on le sache ou non. C’est une thématique qui m’est chère : avec ma compagnie, Seizième étage, l’axe fort est la notion de transmission, ce que l’on récupère, comment on se débrouille avec, ce que l’on veut transmettre ou pas, et comment on arrive à le faire ou pas. C’est un sujet un peu vaste mais qui concerne chacune et chacun d’entre nous… Quand on parle de transmission, il y a souvent des secrets qui surgissent.

 

Le film parle aussi de la communication entre les générations et, là encore, ces relations intergénérationnelles sont quelque chose qui me fascine, particulièrement en ce moment, où les gens de ma génération prennent conscience que les choses doivent évoluer. C’est aussi pour ça que je disais que ce téléfilm est très bien écrit. C’est une comédie, qui est bien faite en tant que telle mais, si on a envie de voir tout ce que ça traite derrière, on peut trouver plusieurs couches, qu’Aude a su voir et nous rappeler aux bons moments. Le film est plus profond qu’il n’y paraît de prime abord. Je trouve toujours bien que, dans un divertissement, chacun puisse y prendre ce qu’il veut. Parfois même, le téléspectateur ne prend que la première couche au moment de la diffusion et, un petit peu plus tard, un écho se fait. Là, je pense qu’au-delà d’une comédie de divertissement, c’est un film qui peut accompagner les gens un peu plus que ce qu’ils imaginent. C’est agréable d’être fier, comme cela, de participer à une œuvre. J’aime bien ce que fait France Télévisions en général, je trouve que c’est qualitatif et, là, vraiment, je pense que ce téléfilm est un petit bijou…

 

 

@ Hélène Delfine

 

 

Vous incarnez le papa du personnage joué par Alice et, dès les premières minutes, on sent que votre couple soutient beaucoup sa fille dans ses projets et l’encourage vivement…

 

Oui, oui ! Il y a, effectivement, cette famille, avec des parents aimant, la mère surprotectrice et très volontaire, ainsi que le père qui semble très effacé mais dont on comprendra après que ce n’est pas parce qu’il est un peu en retrait, qu’il est inexistant dans le couple ou dans la famille…Mais je trouve que ce qui était aussi très intéressant, dès l’écriture, c’est qu’on montre également une famille standard, un papa, une maman et une enfant, avec, comme ça existe beaucoup, des polarités qui ne sont pas toujours celles qu’on représente dans les fictions : l’image de l’homme fort et de la femme qui accompagne…Là, c’est un peu l’inverse, ça donne un équilibre, avec un papa qui est plutôt sur la douceur, et une maman qui est plutôt sur la force,  l’autorité et la détermination, ce qui arrive dans énormément de familles mais qui est beaucoup moins représenté. Il existe des familles et des couples de plein de sortes et c'est toujours plus complexe que ça en a l'air…Il me semble que c'est aussi un des atouts du film.

 

Dans l’histoire, notre famille s’aime et notre fille grandit bien, elle est une jeune femme intelligente, sensible, talentueuse, avec des ambitions, que nous laissons, en tant que parents, s’accomplir. C’est une très belle famille, je trouve !

 

D’ailleurs, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration pour votre personnage ?

 

On ne sait pas toujours d’où vient l’inspiration... Je n’ai pas d’enfant mais j’ai autour de moi plein de papas qui correspondent à mon personnage, qui sont des papas doux et tendres et qui ne craignent pas de le montrer. Je pense à deux amis en particulier, qui ont des enfants hyper chouettes. Probablement qu’ils m’ont inspiré, sans que je ne m’en rende compte... en réalité, je trouvais le personnage assez proche de moi. C’est probablement aussi pour cela que j’ai été choisi. Parfois, on a des choses à composer, ce qui est très bien aussi et, parfois, on n’a plus qu’à mettre les chaussons du personnage. Évidemment qu’il y avait quand même un travail personnel à faire avant d’arriver sur le plateau mais je n’ai pas eu à chercher très loin. Tout était à disposition assez facilement, d’autant plus que je me suis retrouvé avec une femme qui est quelqu’un que j’aime.

 

De plus, je ne pense jamais que je vais jouer un personnage : je joue des situations et, quand c’est bien écrit, l'enchaînement des situations fait un personnage. D’autant plus ici, où Aude était une merveilleuse garante de cela. Elle nous a pris en main mais en douceur.

 

 

 

 

Ce genre de tournage est, pour vous, sans doute très complémentaire de vos autres cordes artistiques, que sont notamment le doublage, la mise en scène et la direction d’une compagnie de théâtre ?

 

Absolument ! J’ai fini par comprendre que, si je suis dans une zone de confort, je m’ennuie et je m'éteins. Donc j’ai besoin que ça bouge, j’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de me challenger…alors que je passe ma vie à me dire “mais qu’est-ce que tu serais bien dans ton confort”, parce que c’est de l’angoisse, de la fatigue, des doutes, du découragement…Mais je suis comme ça : si je veux avancer et être heureux, en réalité il faut que je fasse ça ! Donc, oui, j’ai besoin que ces domaines interfèrent consciemment ou inconsciemment, pour m’épanouir et être animé. 

 

En fait, j’ai commencé à tourner à l’âge de 10 ans, parce que je n’ai toujours voulu faire que ça. Puis je me suis post-synchronisé…A 22 ans, j’ai eu envie de faire de la mise en scène mais j’avais très peur. J’aurais mis 30 ans mais je l’ai fait 🙂! A un moment, je me suis senti aussi prêt à faire mes propres gestes artistiques…

 

J’ai eu beaucoup de chance, j’ai fait des choses incroyables, avec des gens qui le sont aussi, et je suis extrêmement fier de tout cela. Que ce soit au théâtre, en doublage ou à l’image, j’ai vraiment été très gâté ! J’ai toujours adoré travailler et quel que soit le sujet, je prends toujours ce même plaisir fou.

 

Encore une fois, j’ai été profondément heureux de jouer dans cette jolie comédie pour France 3, à quelques mois d'intervalle avec un guest sur “HPI” ou sur “A priori”. La caméra est une drogue dure pour moi, c’est un shoot d’existence et d’adrénaline. En parallèle, je mettais en scène la création d'un texte contemporain. Le théâtre est une autre drogue... Toutes ces expériences et ces registres différents se nourrissent et me nourrissent, j'ai besoin de ça.

 

Merci, Hervé, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Charles-Eric Petit nous en dit davantage sur son actualité et ses projets, à l'image ainsi que sur les planches !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

Bonjour Charles-Eric,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Depuis trois ans maintenant, les téléspectateurs de France Télévisions peuvent vous retrouver dans la série quotidienne “Un Si Grand Soleil”. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, oui, effectivement ! Cela commence à être une petite famille, d’autant que je « joue à domicile », moi qui suis un comédien local, comme on dit. 

 

L’aventure “Un Si Grand Soleil” a même, en vérité, démarré pour moi il y a sept ans, en tant que coach d’acteurs sur la série. Ainsi, je suis régulièrement présent derrière la caméra avec le réalisateur ou la réalisatrice et la script. L’air de rien, j’ai beaucoup appris des deux côtés, et l’un a nourri l’autre sans que je m’en rende compte.  

 

Quel regard portez-vous sur Maitre Bauchère, que vous incarnez depuis trois ans ?

 

On pourrait dire que c’est un personnage-fonction. C’est normal, il en faut. Il est avocat commis d’office mais pas uniquement…De temps en temps, il est dit que c’est le meilleur avocat de Montpellier mais, après, on se rend compte qu’il ne gagne quand même pas beaucoup d’affaires… C’est en jouant que je peux donc lui donner un ton et une direction, comme un petit hameçon que je chope au vol pour lui donner.

 

Je me suis dit qu’il était un peu dans la « zone grise ». Il a déjà donné un portable prépayé à quelqu’un, ce qui n’est pas tout à fait légal… Parmi mes influences, il y a Saul Goodman dans la série “Breaking Bad”. En parlant avec le directeur artistique, il me disait qu’il voyait plutôt mon personnage comme quelqu’un d’engagé dans ce qu’il fait et qui est absolument enthousiaste, ce que, peut-être, je renvoie aussi j’imagine. J’ai donc pris cet endroit-là…Peu importe dans le fond, tant qu’il n’est pas développé, j’ai un peu un endroit de liberté. Donc ça se joue beaucoup, finalement, avec mes partenaires.

 

Je défends souvent des méchants, qui sont des personnages de passage, qui ne restent pas, donc j’ai aussi cette fonction de les accueillir et d’être avec eux. Je joue souvent avec Constantin, qui interprète Yann, et avec Malya, qui joue Elise, c’est toujours un plaisir de les retrouver. 

 

Toujours à l’image, vous aviez joué, l’été dernier, Napoléon Bonaparte…

 

Oui, dans deux épisodes du programme “Notre histoire de France”, avec de vraies séquences de jeu. La diffusion a eu lieu en décembre dernier et c’était l’occasion, pour moi, d’un premier rôle, ce qui était une super expérience.

 

Sans oublier “Meurtres à Millau”...

 

C’était un petit rôle, aux côtés d’Elodie Frégé notamment. Cette scène de comédie a été chouette à jouer, cela m’a permis de montrer autre chose.

 

Cette année, vous tournez aussi dans pas mal de courts-métrages…

 

Oui, certains sont même assez ambitieux. L’un est un pilote de série à proposer à Arte, sur l’autre on était 60 dans l’équipe…Les univers sont différents et me plaisent bien. Ces personnages hauts en couleurs me changent un peu des fonctions. Souvent, en région, on a accès plutôt à ces deuxième, troisième… dixième rôles, au cadre limité, qui visent avant tout à servir l’histoire. Quand, tout d’un coup, on a l’occasion de jouer autre chose, cela ouvre un peu le panel de jeu !

 

Vous avez de nombreuses cordes artistiques à votre arc. Notamment, vous tournez un spectacle depuis trois ans…

 

En sortant de l’école, j’ai dirigé une troupe de théâtre. On était une dizaine, j’écrivais, je mettais en scène, j’ai monté une quinzaine de spectacles. 

 

Dans les derniers que j’ai créés récemment, et qui tourne encore, il y a: “Bestiaux !”, écrit, sur, à partir et avec deux anciens footballeurs de l’AS Saint-Etienne, qui se sont rencontrés en 1996. Ces deux numéros 6 étaient, au départ, concurrents mais sont, depuis, devenus meilleurs amis. Ce sont deux destins croisés : l’un était fils d’un footballeur fameux de la grande équipe de 76 mais a fait une carrière un peu dans son ombre, et l’autre était jeune capitaine en équipe de France, à l’époque de Thierry Henry mais s’était gravement blessé aux ligaments croisés à deux reprises. Donc c’est une histoire de blessures, d’amitié, de vie au bout du compte et c’est un spectacle que l’on a beaucoup de plaisir à tourner. C’est un peu plus qu’un spectacle, c’est leur récit de vie, c’est leur bande, c’est l’occasion de retrouver aussi, pour moi, un vieux copain sur scène, avec qui on était rentrés ensemble au conservatoire à Tours. 

 

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

 

A chaque fois, les gens sont extrêmement touchés et emballés. C’est une forme un peu particulière, c’est musical, avec un récit performatif, on revit un match de 98, on suit cette rencontre depuis le terrain pour l’un des joueurs et depuis la chambre d'hôpital pour l’autre…Dans une rêverie, ça devient même, pour eux, le plus beau match du monde.

 

On rejoue ce spectacle au mois d’août, dans un festival dans le sud-ouest. On aimerait bien le jouer à Paris également…

 

Ce spectacle s’adresse à tous, et non pas uniquement aux initiés du ballon rond…

 

Exactement ! Dans le fond, ça permet de se rendre compte que la vie est plus grande que le foot …Ou que la balle ne va pas toujours là où on veut, que le vent… ça fait dévier les balles.

 

Vous serez également présent au festival d’Avignon 2027, avec un spectacle que vous commencerez à répéter à la rentrée de septembre…

 

Cela fait quelques temps que je tourne autour de la question de la musique et du théâtre. Avant “Bestiaux !”, j’avais créé “Looking for Quichotte”, qui transformait Don Quichotte en chevalier rockeur pour venir sauver le monde avec l’esprit du rock’n roll. Suite à cela, j’avais créé un groupe de reprises de rock, avec lequel on a fait deux concerts. Voyant ça, une metteuse en scène, qui cherchait un comédien qui puisse chanter et jouer de la guitare sur scène, pour interpréter Kurt Cobain, a fait appel à moi ! 

 

Cette pièce s’inspire de ses carnets intimes d’ado, dans une période où elle était amoureuse d’un garçon toxique qui ressemblait à cet artiste. Avant que la violence ne la gagne…Elle voudrait donc mélanger tout cela, elle dans sa chambre et moi interprétant le fantôme de Kurt Cobain. Elle en est à l’écriture et je travaille les partitions. 

 

Quels sont vos autres projets et actualités du moment ?

 

“L’érosion” est un autre spectacle qui continue de tourner, ainsi que “Sans flamme”. Dans ce dernier, j’évoque la difficulté de parler à son fils de l’effondrement ou encore de la crise climatique. Je suis accompagné d’un guitariste mais aussi d’un plasticien, qui crée une peinture en direct. 

 

“R.I.P.” est une rétro comédie morbide de science fiction, qui est pour le moment en lecture et que j’espère pouvoir créer à un moment donné. Je cherche d’ailleurs des financements pour cela…

 

 

 

 

Toutes vos cordes artistiques peuvent paraître très éloignées mais sans doute sont-elles, pour vous, très complémentaires ?

 

Tout se relie, en vérité ! L’écriture m’a donné la possibilité de me nourrir autrement. Le travail de coach permet de côtoyer des acteurs et actrices qui viennent d’horizons différents. En sortant de l’ERAC, j’ai fait énormément de fictions radiophoniques et, déjà là, j’avais été frappé par le fait qu’il y avait des personnes qui venaient du théâtre public, d’autres de la télé ou du cinéma. Je trouvais cela super qu’un espace puisse réunir des gens de formations et d’espaces différents. Je dirais que la quotidienne permet aussi cela. On ne vient pas du même endroit et, pourtant, on est dans la même fabrique. En tant que coach, c’est alors superbe de pouvoir trouver comment on va pouvoir travailler avec les univers et les imaginaires de chacun pour, finalement, arriver à faire qu’ils se rencontrent. C’est un peu la même chose quand je joue : j’ai toujours la sensation d’apprendre, il me semble que c’est infini ! Même dans mon personnage de Bauchère, il y a toujours à chercher…Je m’appuie sur le décor. C’est de la finesse et de l’horlogerie, cela me plait beaucoup.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

Je serais très content que Maître Bauchère soit développé, c’est évidemment à la discrétion des auteurs. Maintenant qu’il est rentré dans le cabinet de Claudine, peut-être que ça arrivera, je ne sais pas…Le personnage de Napoléon m’a plu, c’est quand même chouette d’avoir le premier rôle 🙂.

 

Je vais également travailler, avec des chercheurs, sur la thématique de l’eau, je voudrais m’intéresser à la question des conflits associés qui vont arriver, pour proposer des pièces d’anticipation, en 2050, de manière à jouer un peu les lanceurs d’alerte. Ces spectacles seraient un outil pour faire évoluer les consciences !

 

Merci, Charles-Eric, pour toutes vos réponses !

 

Publié dans Théâtre, Télévision

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France 3 / C'est qui le chef ? : Céline Ronté nous partage sa vision sur Valérie, son personnage dans ce téléfilm qui sera diffusé ce mardi 9 juin !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Céline,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 3 pourront vous retrouver en prime-time, ce mardi 9 juin, dans le téléfilm inédit “C’est qui le chef ?”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Ah oui, ça a été un plaisir à plein de niveaux ! Déjà, de comédienne d’avoir la chance de jouer ce personnage. Ensuite, d’équipe, on s’est tous extrêmement bien entendus, c’était une expérience riche humainement. En plus, j’ai eu la surprise de tourner avec Hervé Rey qui fait mon mari et qui est mon ami depuis 25 ans, et d’être dirigée par Aude Gogny-Goubert, la réalisatrice, avec qui j’adore collaborer. C’est une chance de travailler avec des gens qu’on respecte humainement et artistiquement. Je n’oublie pas Gabrielle Gerin, la productrice, qui est quelqu’un de formidable, de très à l’écoute. C’était joyeux et chaleureux, une expérience incroyable!

 

Quel regard portez-vous sur Valérie, votre personnage ?

 

C’est un personnage à la fois sympathique parce que c’est une maman très attachée à sa fille, qui veut le meilleur pour elle mais, en même temps, sa plus grande qualité devient son plus grand défaut. Elle peut être très étouffante et intrusive, elle vit beaucoup au travers de sa fille. C’était une vraie composition pour moi. C’est un personnage riche, elle est à la fois rassurante et fragile, douce et pleine de caractère, quand il s’agit de défendre sa fille elle peut même être très dure. Elle et son mari partagent beaucoup de non-dits avec leur fille, c’est ce qui n’est pas dit qu’il faut jouer, c’est très intéressant à travailler. Et puis pour jouer une mère, il faut une fille ! Et Alice Daubelcour a été une partenaire précieuse.  

 

Sa palette de couleurs a certainement été plaisante à défendre ?

 

Bien sûr ! Et puis, la chance que, dans chaque scène, elle ait des choses différentes à jouer. C’était très agréable ! Cela va de l’amour inconditionnel, à la méfiance, à la colère, à la déception, à sa relation de couple, aux non-dits dans la famille…Donc, oui, c’était intéressant à jouer, la palette était large. Et la direction d’Aude Gogny Goubert tellement précise, elle nous a vraiment guidés tout au long du tournage. J’avais une confiance entière en son regard, c’est le plus important pour être libre de défendre un personnage.

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Je me suis beaucoup inspirée de ma maman, pour tout vous dire, elle est très « Valérie », elle nous aime plus que tout, on est sa raison de vivre, c’est extraordinaire de recevoir tout cet amour mais ça peut aussi devenir étouffant parfois. Même si tout part d’une bonne intention, on a besoin de s’émanciper. C’est le cœur de la relation entre Alice et Valérie.

 

 

 

 

Découvrir le rendu final avec le reste de l’équipe avait probablement permis de belles retrouvailles ?

 

J’ai déjà vu le film lors de l’avant-première d’équipe et en participant à un festival dans les Charentes. C’était dans de très belles conditions, dans des salles de cinéma, c’était magique de découvrir le film comme ça. Moi qui suis originaire des Charentes, le présenter là-bas a été la cerise sur le gâteau, c’était très émouvant de me retrouver dans le cinéma où j’allais quand j’étais petite. Et de découvrir les réactions en direct du public. On n’a pas cette chance quand ça passe à la télé.

 

Et retrouver l’équipe, Michel Cymes, Bruno Solo, Alice Daubelcour, Gabrielle Gérin et Aude Gogny Goubert, on s’entend très bien. C’est toujours un plaisir d’être ensemble. 

 

Les projections étaient très émouvantes. Surtout de découvrir le travail de tout ce que l’on ne voit pas : le montage, la musique…On ne se rend pas toujours compte de ce que ça va donner quand on est sur le tournage. En cela, Aude, la réalisatrice, a vraiment eu une vision de bout en bout, c’est une directrice d’acteurs exceptionnelle, une artiste qui a une vision et des partis pris forts. Le film est très drôle, très rythmé, l’image est belle. Elle a travaillé sur une palette de couleurs qui donne beaucoup de cohérence à l’ensemble. Donc, oui, c’était très agréable de voir le résultat ! 

 

Certainement avez-vous maintenant hâte des retours des téléspectateurs ?

 

Bien sûr ! C’est toujours un peu le stress mais, maintenant, j’ai hâte que les gens le voient, il est temps qu’il soit rendu au public et qu’il ne nous appartienne plus !

 

En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

Cet été, je vais jouer une pièce de théâtre, “Volpone”, du 29 juillet au 16 août, au Jardin de Bagatelle, à l’Orangerie. C’est un super projet, que l’on est en train de répéter en ce moment. La mise en scène est de Carine Montag, je me régale bien, c’est très drôle aussi, c’est une comédie dramatique du XVIIe siècle de Ben Johnson. C’est également une aventure géniale, humainement, à tous les niveaux. Le lieu est super étonnant, on joue dans un jardin magnifique, c’est un endroit bucolique pour l’été, je conseille vraiment aux gens de venir. En plus, c’est tout un festival, il y aura plein de pièces de théâtre à voir. 

 

J’ai la chance de partager l’affiche avec Xavier Fagnon, Damien Boisseau, Jean-François Vinciguerra, Cyril Ripoll, Patrick Courtois…On est une joyeuse bande et on s’amuse beaucoup à monter cette pièce pour cet été. 

 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour cette diffusion à venir sur France 3 ?

 

Qu’il y ait beaucoup beaucoup beaucoup de téléspectateurs 🙂, que les gens aiment le téléfilm pour qu’on en fasse d’autres et qu’on nous réunisse à nouveau, parce que, vraiment, c’est une équipe formidable. Que les gens soient contents, que le public soit ému, qu’il rit et que, du coup, il y ait du monde sur France 3 !

 

Merci, Céline, pour toutes vos réponses !

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Jean-Philippe Daguerre évoque sa riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Jean-Philippe,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur du quartier littéraire de Paris. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présent ici ?

 

C’est sûr que c’est toujours magnifique d’enfin rencontrer les gens pour de vrai, ceux qui lisent nos textes donc c’est toujours hyper émouvant. Comme je le fais avec le théâtre - je viens vraiment du monde du théâtre, j’ai écrit beaucoup de pièces de théâtre, on essaie toujours d’avoir des rendez-vous, à la fin de nos spectacles, avec les spectateurs, là on a un rendez-vous avec nos lecteurs. C’est vrai que c’est très émouvant !

 

D’ailleurs, quels retours pouvez-vous avoir, notamment sur les ouvrages que vous présentez ici ?

 

Il y a ceux qui ont lu le livre et qui viennent m’en parler…C’est hyper intéressant parce qu’il vient de sortir, donc d’avoir les retours en direct des gens est très très important. On écoute énormément…Et puis, il y a ceux qui veulent découvrir et qu’il faut quand même convaincre d’avoir envie de le lire, parce que ça reste quand même un salon. On a envie qu’ils lisent le livre…Plus il y en a qui prennent le livre, plus on a des chances d’en écrire d’autres. Donc on est, à la fois, à l’écoute du dialogue et à discuter théâtre, littérature, à raconter l’histoire…Les gens, aussi, ont besoin de se raconter, ils aiment bien parler, c’est bien parce qu’on échange beaucoup. Ils sont inspirants, aussi. Donc, à la fois, je suis en train de vendre mon livre et, en même temps, j’écoute les histoires des gens, qui peuvent m’inspirer pour écrire le prochain…

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur votre dernier roman, “La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob" ?

 

Je l’ai écrit suite à une anecdote terrifiante, qui est une histoire vraie, d’une femme qui a détourné un avion le jour de la sortie de “Rabbi Jacob”, parce qu’elle ne voulait pas que le film sorte. A partir de cette histoire, j’ai évidemment enquêté un petit peu et, après, j’ai imaginé toute l’histoire de cette histoire : comment une femme peut en arriver là ? Cette histoire est un peu incroyable et, du coup, ça m’a inspiré de plonger au milieu de cette époque, avec Louis de Funès, Gérard Oury, une époque politiquement très particulière, avec le choc pétrolier. Voilà, j’ai enquêté, j’ai inventé plein de choses et j’ai rêvé sur cette femme un peu incroayble, qui a eu cet acte un peu fou de détourner un avion pour que le film ne sorte pas.

 

Cette casquette-là, d’auteur de romans, est sans doute très complémentaire de toutes vos autres cordes au théâtre ?

 

C’est sûr que, pour moi qui n’écris que des pièces de théâtre, c’est un vrai défi d’écrire un roman, parce que ce n’est pas du tout la même chose. On écrit mais ce n’est pas le même objectif…Je trouve tous les défis excitants ! On a une petite vie et, dans notre petite vie, je trouve hyper intéressant de se challenger sur plein de choses. Là, mon éditeur, Albin Michel, qui avait édité mes deux dernières pièces, m’avait lancé ce challenge, je l’ai relevé, je ne sais pas si c’est bien ou pas mais j’y ai pris énormément de plaisir et j’espère que les lecteurs en prendront autant que j’en ai eu à explorer l’aventure du roman.

 

Cela vous a-t-il donné l’envie de renouveler l’expérience ?

 

Je pense que oui, c’est sûr mais, pour l’instant, je n’ai pas de sujet. Ca m’a pris beaucoup de temps de faire ce roman et puis, j’ai aussi écrit la pièce à partir du roman et je la mets en scène. J’ai aussi d’autres spectacles à l’affiche en ce moment à Paris, donc je suis très très pris…Il faut que je me libère un espace et prenne quelques jours de vacances pour rêver à une autre histoire mais, évidemment que j’espère trouver un autre sujet pour en écrire un nouveau.

 

Peut-on, pour finir, rappeler vos pièces à l’affiche à Paris ?

 

Actuellement, j’ai, à l’affiche, “Du charbon dans les veines”, au théâtre du Palais royal, et “La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob”, issue de ce roman, au théâtre Montparnasse. J’ai également “Adieu Monsieur Haffmann” à Bordeaux et je mets aussi beaucoup de pièces classiques en scène, “Marius”, “Le Cid”,...et bientôt, “Les enfants du paradis”, à la rentrée, au théâtre du Ranelagh.

 

Merci, Jean-Philippe, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Catherine Ceylac nous parle de sa belle et variée actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Catherine,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur du quartier littéraire de Paris. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici ?

 

Quel que soit le salon, qu’il soit à Saint-Germain-des-Prés ou qu’il soit ailleurs, à Nice, à Nancy, ou dans des villages, j’aime effectivement rencontrer ceux qui ont été fidèles à “Thé ou café” pendant 23 années. C’est un grand plaisir, effectivement, de rencontrer les téléspectateurs et téléspectatrices qui vous ont permis de célébrer, en fait, une émission qui était très intimiste, d’où, d’ailleurs, mon livre qui s’appelle “Intime”.

 

Justement, peut-on dire un mot sur celui-ci ?

 

Avec joie ! En fait, ce livre est un peu autobiographique : pour la première fois, je raconte un peu mon parcours, de quelqu’un qui est arrivée de province, de Bretagne, dans la capitale et, par effraction, dans l’audiovisuel…qui, peu à peu, step à step, comme on dit en bon français, est arrivée à devenir rédactrice en chef à France 2 et à créer une émission qui s’appelle “Thé ou café”, avec des invités très marquants, qu’ils soient hexagonaux ou internationaux.

 

D’ailleurs, quels retours pouvez-vous avoir de vos lecteurs et lectrices sur cet ouvrage en particulier ?

 

Je suis heureuse, en fait, qu’ils perçoivent ce besoin que j’avais de raconter et de dévoiler un petit peu de ma personne, alors que, toutes ces années, ce sont eux qui m’ont apporté beaucoup et qui se sont dévoilés. Donc je pense que c’était une dette que je leur devais et j’ai essayé que ce livre soit aussi un cadeau pour moi, parce que je suis un peu rentrée en introspection pour l’écrire et, aussi, de me livrer un peu à tous ceux qui m’ont fait confiance durant toutes ces années.

 

D’autres livres sont-ils déjà en projet ?

 

Vous savez, je fais quelque chose qui m’occupe beaucoup, je fais des émissions au théâtre, ça s’appelle “Conversation intime”, et je reçois des personnalités du monde de la scène et pendant une heure et demie, devant un public, on parle du rapport à la scène, du rapport au texte, du rapport à la mémoire et du rapport donc au métier de comédienne ou de comédien. C’est quelque chose que j’aime beaucoup !

 

Merci, Catherine, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Macha Méril nous présente sa belle actualité, en librairies et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Macha,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre du salon du livre de Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur du quartier littéraire de Paris. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présente ici ?

 

C’est surtout un pèlerinage à ma jeunesse. Car j’étais championne de bebop rue Saint-Benoît, dans des endroits où, à l’époque, il n’y avait pas que des magasins de fripes, où il y avait des clubs de jazz, et où on allait, tous les jeunes, avec Belmondo, Bedos, Cassel. Attention, le bebop n’est pas le rock’n roll, c’est une danse beaucoup plus calée, c’est “un deux, un deux trois, un deux, un deux trois”, ce n’est pas le “boum boum” du rock. Donc, pour moi, c’est un pèlerinage ! A chaque fois que je viens ici, je ne peux pas m’empêcher de penser à quel point le monde a changé…

 

Mais le monde n’a pas changé qu’en pire ! Je ne suis pas de ceux qui croient que le monde est foutu. Le monde du livre n’est pas en très bonne posture parce que la lecture, qui est pourtant essentielle, n’est maintenant pratiquée que par les gens d’un certain âge. Si vous regardez l’assemblée ici, il n’y a pas de jeunes…Donc j'œuvre pour cela ! Mais pas que cela…J’oeuvre aussi pour la parole : je pense que nous en sommes chargés, nous les écrivains, nous les acteurs - je fais un spectacle extraordinaire en ce moment, où je dis les mots de Georges Sand et où un musicien me répond avec du Chopin -, et je vois l’engouement et le besoin des mots. Les gens sont affamés de mots ! Nous sommes chargés d’être des radars, d’être en avance sur notre époque et de vous signaler dans quelle direction va le monde. Ceux qui comprennent cela nous lisent, avidement. Ceux qui ne comprennent pas le comprendront, un jour et nous liront, quand on sera dans la Pléiade. Mais c’est vraiment quelque chose que j’ai compris et qui donne du sens à ma vie…

 

On se demande pourquoi, tout d’un coup, on décide d’être actrice ou écrivaine, comment ça vient ? Et bien, c’est instinctif et, maintenant, je l’ai compris parce que je vois les effets sur les gens qui me lisent et qui me recherchent. C’est formidable, vous savez, ça a des effets multiples. Ça a des effets sur mes lecteurs mais ça a des effets sur moi : je tiens debout ! J’ai 86 ans et je suis vraiment animée par cette fonction que je me suis auto attribuée, mais qui est très forte et très importante. Non seulement, je n’en ai pas honte mais je ne la regrette pas une minute, parce que c’est la chose principale de trouver un sens à sa vie, de trouver pourquoi on est sur terre, à quoi on sert. Il y a beaucoup de choses : quand tu es médecin, infirmier ou chauffeur de taxi, c’est clair, on comprend…Nous, c’est plus flou, c’est plus compliqué ! Moi, je suis paisible parce que je sais que je fais du bien. Vous voyez, je suis très prétentieuse, mais heureusement. Parce que si, moi-même, je n’étais pas confiante dans ce que je fais, qui à ma place ?

 

Un mot, si vous le voulez bien, sur les livres que vous présentez ?

 

Je présente deux livres seulement, parmi les 25 que j’ai écrits. Le dernier correspond à tout ce que je viens de vous dire. Vous savez, on s’améliore au cours de la vie…J’aime beaucoup les œuvres tardives de tous les auteurs parce que c’est la somme de tout ce que l’on a compris. Ce livre-là, qui s’appelle “Je marche vers elle” et qui a été publié il y a un mois chez Albin Michel, est un événement, parce que je l’ai écrit en novembre et qu’il est sorti en février. C’est unique dans le monde de l’édition…Pourquoi ? C’est un journal que j’ai tenu sur la disparition de ma soeur, qui avait dix ans de plus que moi, donc 96 ans, et qui était consciente jusqu’à la fin, qui savait qu’elle partait et, moi aussi, je savais qu’elle nous quittait, et nous avons fait ce voyage ensemble. Et bien, voyez vous, elle m’a grandie ! La mort n’est pas une épreuve, la mort est un évènement, c’est grandiose la mort ! Je vois que, dans les sociétés occidentales, on vit la mort comme si c’était quelque chose que l’on subit, une catastrophe qui nous tombe sur la tête…Non ! D’abord, on y va tous, je marche vers elle et, en plus de ça, il faut se rendre compte d’une chose : qui dit que ce n’est pas mieux là-bas et qui dit que ce n’est pas formidable ? Ma soeur m’a un peu indiqué cela…Elle savait que j’étais là pour l’accompagner, on ne parlait jamais de la mort, on ne parlait jamais de choses sérieuses, on parlait des cuisines que je lui apportais mais je suis devenue une meilleure personne et, surtout, je me suis améliorée, parce que j’ai traversé cette épreuve avec elle et parce que j’ai écrit le livre. Donc c’est la force des mots : je reviens sur ce que je vous disais, je pense que les mots sont vraiment notre protection principale, il faut savoir mettre des mots sur les choses. Je le fais en tant que comédienne, je le fais en tant qu’écrivaine et je le fais aussi de mieux en mieux. Je donne beaucoup d’importance à ce que je fais…Il ne faut pas être modeste, vous savez…A quoi ça sert ? Cette audace que j’ai se voit dans mon écriture et je crois qu’elle se voit sur mon visage aussi.

 

Un 26è livre est-il déjà en projet ?

 

Il est même déjà écrit et sera publié, je pense, en janvier de l’année prochaine. C’est un roman autobiographique, comme j’aime bien, en mélangeant les choses. Vous savez, les formes d’écriture ont beaucoup changé depuis quelques temps, avec toutes ces approches que nous avons avec nos lecteurs. Cette communication un peu rapide, qui n’existait pas avant, qui est nouvelle, a des incidences sur l’écriture. On n’écrit plus de la même façon ! Ce prochain livre s’appelle “Khira”, un prénom féminin russe, d’une camarade de classe à moi, j’ai écrit un peu son histoire et la mienne, et aussi mes expériences de cinéma, de quelle manière le cinéma m’a construite, en essayant de me détruire mais ça a été l’effet contraire ! 

 

Merci, Macha, pour toutes vos réponses !

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