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theatre

Malyka Johany revient sur son parcours artistique et évoque son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Malyka,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples casquettes et aux diverses cordes, comme en témoigne votre parcours. Si l’on en revient à son origine, quelles principales raisons vous avaient donné l’envie de faire de l’artistique votre métier ?

Très petite, j’ai eu un appel de la scène. Avec mes parents, on a beaucoup déménagé et j’ai habité dans des patelins un peu perdus. Issue de la seule famille noire, j’ai malheureusement dû faire face à quelques mauvais comportements mais je me souviens d’un atelier théâtre – je devais avoir 3 à 4 ans – où il n’y avait plus d’histoire de couleur puisque nous jouions d’autres personnages. J’étais madame oiseau, j’avais un énorme chapeau et je me suis sentie à ma place sur le plateau. Peu de temps après, dès que j’ai su lire, j’ai demandé à mes parents à faire du théâtre, un choix étrange parce que dans ma famille personne n’en faisait mais ils m’ont laissé m’exprimer à travers cet art. C’était sécurisant pour moi, je n’imaginais pas encore en faire un métier plus tard. 

Pour la musique, c’est quelque chose de culturel du côté de mes parents. On a toujours vécu avec, on a toujours chanté, on a toujours dansé. Ce n’est pas quelque chose que j’ai travaillé spécifiquement, c’est juste que ça faisait partie du quotidien et que ça m’amusait. Je devais avoir 8 ou 9 ans quand mes parents m’ont enregistré « Grease », j’ai vrillé totalement et c’était parti, la comédie musicale est devenue ma vie. Je passais mon temps à toutes les refaire dans ma chambre, je chantais toutes les chansons, je refaisais toutes les chorégraphies. Mais, pareil, c’était pour le plaisir avant tout.

Mon année de terminale a été décisive, j’ai eu un gros déclic sur scène, je jouais la travestie Sadia, dans « Starmania » et, sur la deuxième représentation, j’ai de nouveau ressentie cet appel de la scène que j’avais eu enfant, c’était très très fort. Trop pour que je l’ignore. Je suis allée voir ma mère pour lui dire que je voulais en faire mon métier. J’ai été alors lâchée dans la nature, j’ai fait, après le Bac, une école de comédie musicale et j’ai commencé assez vite derrière à travailler dans le disque. Ce qui n’était pas du tout prévu, mais une chance immense. A 19 ans, je signe chez Warner pour mon premier EP en artiste interprète chez eux. Ce n’était pas une de mes meilleures expériences, je ne suis pas sortie de là avec la meilleure confiance en moi. J’avais peu de prise sur ce qui se passait, j’étais très jeune, beaucoup de choses n’étaient pas claires,  je ne savais pas quelle artiste je voulais être. On m’a donc imposé beaucoup de choses. En parallèle, je commençais à faire pas mal de projets sur scène qui me plaisaient profondément donc il y avait quelque chose d’assez frustrant. Quand ça s’est terminé avec Warner, j’ai commencé à écrire mes premières chansons et j’ai fait mon premier EP comme ça. Je l’ai fait pour moi parce que ça me faisait plaisir et que j’avais envie de me retrouver.

 

 

J’ai été approchée ensuite par Sony pour un girls-band reprenant des tubes des années 90. Ils ont été super cool, me laissant poursuivre mes projets à côté. Je suis partie sur une aventure avec deux autres filles, avec qui on s’entendait merveilleusement bien. Ce que l’on a vécu a été incroyable. Déjà, le premier clip a été tourné à Los Angeles, c’était dingue. On est ensuite parties en tournée, on a fait le NRJ Tour, on a sorti un album, c’était vraiment un très très beau projet. Mais qui n’a pas pris comme tout le monde l’aurait souhaité, causant son arrêt.

C’est alors que je me suis dit que le disque m’avait beaucoup appris mais que ce n’était pas, à la base, ce que je voulais faire. Je suis alors retournée au théâtre, qui m’avait trop manqué. Sans réseau, je suis repartie de 0…et c’est comme cela que je me suis retrouvée ensuite sur mon seule-en-scène.

Nous venons d’évoquer ces différentes cordes et ces différents supports artistiques. Les considérez-vous comme un seul et même ensemble ? Ou les différenciez-vous ?

Je crois franchement que ça dépend des périodes. En ce moment, je suis en mode tiroirs parce que les projets qui se présentent sont très ciblés. Quand je me retrouve en comédie musicale par exemple, tout est global et tout fait sens pour moi, le corps vient accompagner la voix, qui accompagne le jeu. 

Sur mon seule en scène, j’ai également eu l’impression que c’était un tout : même si ce n’était pas musical, je chantais aussi dedans et je sais que le fait d’avoir fait du chant m’aidait à jouer. Et le fait d’avoir fait de la danse m’aidait aussi sur le plateau. Clairement, quand on est seule sur scène, tout fonctionne ensemble et on est soi à 300%. On transmet son imaginaire aux spectateurs. A l’inverse, sur « Cuisine interne », j’ai plutôt ouvert et fermé des tiroirs. J’apprends encore à lier tous cela quand il s’agit d’image. 

 

 

Vous l’avez évoqué, vous êtes montée seule sur scène pendant de nombreux mois. Avec le recul, quels principaux souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Ce spectacle a tout changé et a tout bouleversé, en tant que femme et comédienne. Je n’avais jamais joué seule c’était comme une mise-à-jour, une remise à niveau en version accélérée. Cela faisait longtemps que je n’avais pas joué au théâtre et je me suis retrouvée à devoir porter sur les épaules une histoire si forte et si belle. C’était une énorme confiance que le metteur en scène a eue en moi, je lui en suis tellement reconnaissante. Cet homme est incroyable et a changé ma vie en me faisant confiance avec ce bijou. Cette aventure m’a ouverte sur un autre monde, ça parlait d’immigration, de religion, …des sujets auxquels j’avais été confrontée mais pas de si près. Là, j’y ai été plongée, j’ai rencontré des gens extraordinaires qui avaient vécu ce périple. Cela m’a également aidé à mieux comprendre l’histoire de mes parents qui, eux aussi, avaient quitté leur pays. Ça m’a rapprochée de moi, de ma famille, vraiment ce spectacle a été un grand tournant. C’est également grâce à « Samia » que j’ai rencontré mon agent actuel et que je me retrouve sur d’aussi beaux projets que celui de « Cuisine interne ». 

 

 

5 ans de scènes et de rencontres. C’est bizarre de se dire que c’est terminé, qu’il faut passer à autre chose. Mais les projets se succèdent, sont tous très différents et c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce métier.

Justement, à propos de jeu, on a pu vous retrouver récemment sur 13è Rue avec « Cuisine interne ». Quels principaux retours avez-vous pu avoir sur cette aventure ?

Nous avons eu de très beaux retours, du public et de la presse. La sélection au Festival de La Rochelle était un très beau cadeau, on est très fiers. Personne n’avait quitté la salle durant la projection. On est ravis de tout ce qui se passe, la série est disponible sur 13ème rue et sur Prime / Universal+, c’est super. Les copains sont fantastiques dedans et mon personnage a plu, il apporte un peu de légèreté et de joie dans cet univers très dark. On m’a dit qu’il faisait du bien, qu’il faisait respirer. J’ai eu un retour très drôle sur ma première scène, dénudée, où mon papa, à la sortie de la projection à La Rochelle m’a dit que « le programme était très bien mais que, vraiment, cette première scène n’était pas très utile ». J’ai répondu: « C’est pas game of thrones non plus! Et… papa? Peut on ne plus jamais avoir cette conversation? Genre…jamais.»

 

 

C’est vrai que ce projet regroupe plusieurs rôles métis, ce qui a sans doute aidé aussi à mettre en avant le programme…

Oui, je pense que ça fait partie de son charme et des raisons pour lesquelles les gens s’y intéressent. C’est quand même encore une rareté dans le PAF d’avoir une actrice principale noire, suivie d’une autre actrice noire et du métissage un peu partout. Mais c’est la France d’aujourd’hui…cette série est métissée et ça fait plaisir à voir, à défendre. On se dit que les temps changent parfois aussi en bien. Je fais ce métier depuis 10 ans et je vois le changement, ne serait-ce que dans l’intitulé des rôles recherchés. La couleur de peau n’y est plus forcément précisée, je ne joue plus forcément une noire, je joue, tout simplement. C’est important en tout cas que l’on soit représentéscela peut donner des modèles populaires. Ce dont j’ai manqué dans mon enfance. On montre que l’on peut devenir qui l’on veut. Les rôles qu’on défend auront également un impact, c’est ce que je souhaite. A travers l’histoire d’une athlète prête à tout pour son rêve ou le destin d’une grande cheffe étoilée. 

La série est placardée partout dans le métro et c’est top de voir de nouveaux visages et de la diversité sur les murs. Cette représentation-là fait du bien, je suis trop heureuse d’être dans cette série, j’ai l’impression de faire partie du changement, du mouvement.

 

 

Pour la suite, quels sont vos autres projets artistiques ?

Je me suis remise à écrire des chansons car je voudrais refaire quelques concerts avec mes compos. Et je sors tout juste de tournage, in English please! C’est un film indépendant, « COLD », thriller psychologique, très dark, j’adore! Et puis hâte de découvrir ce que 2023 me réserve!

Merci, Malyka, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Merlin, la légende musicale : Mathilde Libbrecht évoque ce chouette spectacle, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Mathilde,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, aux Folies Bergère, dans le spectacle «Merlin, la légende musicale». On image sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est une salle magnifique, une scène un peu mythique à Paris, très agréable pour jouer, les coulisses le sont tout autant. C’est vraiment un plaisir d’être là-bas, c’est incroyable comme lieu, c’est très joli, rien que l’entrée avec les décorations. Donc c’est très chouette. C’est la première fois que j’ai la chance d’y jouer.

Les représentations ont repris depuis quelques semaines, après de premières dates il y a plusieurs mois en arrière…

Oui, on a eu la chance d’être choisis pour ce spectacle pendant le 2ème confinement.
La première avait malheureusement été reportée, pour les raisons que tout le monde connait. On avait alors démarré en juin 2021, pour six previews, avant une « vraie » première programmation à partir d’octobre de la même année, jusqu’à début 2022. Là, nous avons repris depuis fin octobre pour plusieurs semaines.

C’est une adaptation musicale dirons-nous simplifiée, dans le sens positif du terme…

Oui, dans le sens positif. La légende d’Arthur est une légende vraiment extrêmement complexe, il y a plein de choses. Il y a le rapport entre Merlin et Viviane la dame du Lac, il y a le rapport entre Merlin et Morgane, le triangle amoureux entre Lancelot, Guenièvre et Arthur, … Il pourrait presque y avoir un spectacle sur chaque partie de cette légende. Sur cette version, le spectacle reprend et parle de tous ces éléments, il y a Morgane, Viviane, Lancelot, Guenièvre. Il a fallu peindre tout cela en deux heures, de manière ludique et fidèle malgré tout pour que ça plaise aux enfants et aux adultes. Marie-Jo Zarb, auteure de la pièce, a vraiment voulu se concentrer sur Merlin, et ce côté magique, enchanteresque, en faisant intervenir toutes ces femmes bien sûr.

 

 

Vous y interprétez, au total, trois personnages, en alternance, tout au long du spectacle avec, du coup, à chaque fois, des changements de costumes…

J’ai été prise pour jouer le rôle de Viviane, la dame du lac. Une créature d’énergies et d’amour, c’est avant tout une créature céleste. Elle vient planter le décor au départ, expliquant notamment le rôle d’Excalibur. Puis il y a des scènes d’ensemble dans lesquelles Vivianne n’intervient pas, mais dans lesquelles je joue une villageoise par exemple ou une noble, notamment dans le banquet du mariage de Guenièvre. On danse, on chante, … Cela me permet d’être sur scène et de m’amuser avec les autres. Puis la Dame du Lac revient pour ponctuer les histoires, tout au long du spectacle.

D’un point de vue artistique, il y a une certaine richesse à jouer ce spectacle : plusieurs personnages à interpréter, le tout avec un mélange de jeu, de danse, de chant… Cela permet sans doute une palette de couleurs très large ?

Je trouve toujours très chouette de pouvoir faire les trois : chanter, jouer, danser. En plus, changer de personnages me permet d’explorer des états et des énergies complètement différents. En Dame du Lac, forcément, il y a une posture à garder, et elle est rarement en interaction avec d’autres personnages, en dehors de Merlin. Pour le reste, je peux davantage interagir, dans des scènes chorale. On se fait souvent de petites blagues entre nous. Mais chut, il ne faut pas le dire ! 😉

Globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

Les gens sont très contents, les enfants sont ravis. Un maitre d’armes, Amédeo Cazzella, a fait des combats incroyables, qui fascinent les enfants. Ils sont vraiment très bien faits et sont une vraie plus-value au spectacle. Les très beaux costumes de Jackie Tadeoni font rêver les petites filles. Il faut avouer que la grande robe bleue que j’ai la chance de porter fait toujours son petit effet ! 😉  Il y a des tours de magie sur scène, les enfants adorent. Les chansons d’Erik Sitbon et les chorégraphies de Florie Sourice fonctionnent très bien aussi, elles amènent du liant et du jeu. Tous ces éléments-là font qu’il y a vraiment de quoi se nourrir, il y en a pour tout le monde, autant pour les enfants que pour les adultes. Il y a même l’histoire d’amour à la fin dans laquelle certains peuvent peut-être se retrouver.
Il y a le combat entre le bien et le mal, entre Merlin et Morgane, cela aussi peut parler. Pour le coup, c’est très clair pour les enfants, il y a quelque chose de plus évident à comprendre.
Je pense qu’il y en a pour tous. En tout cas, lors du photocall à la fin, les gens sont ravis. Et les enfants peuvent même acheter une petite épée, ou d’autres objets à l’effigie de Merlin.

Pour boucler la boucle sur ce spectacle, au moment de vous approprier ces rôles, vous étiez-vous renseignée sur le côté historique ? Ou aviez-vous préférée arriver avec une certaine fraicheur ?

Je me suis quand même un peu renseignée, pour savoir qui était Viviane et connaitre son rapport avec Merlin. Il est important de savoir de quoi je parle, ce qui se raconte, ce qui les unie, quel est son but lorsqu’elle lui parle. Cela m’a permis de comprendre qu’il y avait vraiment un rapport de séduction entre les deux. Là où elle apparait plutôt au départ comme une énergie et une créature, il y a vraiment quelque chose de plus profond, de séduction. C’est une grande énergie d’amour mais qui n’est pas si pure que cela puisque, à la fin, elle ensorcelle quand même Merlin pour le garder avec elle. J’ai donc été creuser un petit peu pour comprendre tout cela et cerner le personnage que j’allais devoir défendre sur scène.

 

 

En complément, vous finalisez l’écriture d’une pièce de théâtre, un autre projet qui vous tient particulièrement à cœur…

Oui, tout à fait, j’ai écrit ma première pièce. J’avais cela en tête depuis plusieurs années, pas le sujet de fond mais la forme que je voulais que ça prenne. Mais j’avais beaucoup de mal à trouver la porte d’entrée, et là, j’ai réussi à accoucher de ce projet. C’est assez récent, ça s’est fait cet été.
Je l’ai proposé à la commission Artcena, une bourse d’aide à la création, pour confronter mon texte et avoir des retours neutres. Si je peux en plus avoir la bourse, ce serait un coup de pouce, évidemment ! Mais je le verrais avant tout comme un encouragement plus personnel de reconnaissance du travail effectué.

Dans quel registre artistique s’inscrit cette pièce ?

C’est de l’intime, c’est de l’ordre du développement personnel, du chemin de vie. Donc on est sur de la profondeur. Malgré tout, c’était important pour moi d’y mettre de l’humour et de la légèreté, justement parce que le texte est déjà suffisamment dense. J’ai essayé d’y amener un côté un peu plus léger pour mieux véhiculer le message que j’ai envie que la pièce transmette.

Quelles seraient vos espérances quant à la concrétisation sur scène ?

C’est ma première fois, alors j’avance pas à pas. Ce n’est pas tout tracé. Je prends contact actuellement avec des metteurs en scène, c’est important pour moi d’avoir quelqu’un qui comprendra mon univers et qui ait cette sensibilité-là. Il me reste des petites choses à modifier sur le texte, des chansons à composer… J’attends le retour d’une metteure en scène, on va voir ce qu’elle va me dire.
Une lecture aura probablement lieu aussi. J’aimerais beaucoup faire Avignon, avant une programmation à Paris. Je compte jouer dans cette pièce musicale, et m’entourer au maximum de gens que la pièce a touchés et qui ont envie d’ajouter leur pierre à l’édifice. Le but plus grand étant que la pièce puisse transmettre le message qu’elle a à transmettre bien sûr. 😊

Merci, Mathilde, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Coline Mattel évoque son actualité télévisuelle ainsi qu'artistique, et en profite pour revenir sur sa carrière de sportive de haut niveau !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Coline,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

La saison de sports d’hiver a commencé il y a quelques semaines maintenant et nous pouvons vous retrouver régulièrement aux commentaires sur Eurosport. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est un vrai plaisir. C’est un boulot aussi, il faut bosser, il faut se préparer. Même si le travail de consultant est un travail d’analyse qui peut être fait dans l’instant, il faut quand même venir en sachant ce qui s’est passé précédemment, il faut étoffer un petit peu. J’essaie donc de préparer correctement chaque compétition avant d’y aller. Par contre, c’est un vrai plaisir à faire parce que, effectivement, c’est un sport que j’ai fait pendant 15 ans. Même quand je ne commente pas, j’essaie de regarder les compétitions. C’est toujours un vrai plaisir de retrouver des têtes que je connais, des filles avec qui j’ai fait de la compétition pendant 10 ans et qui sont devenues des vraies amies. Je suis les performances des unes et des autres. Le saut à ski est un sport magnifique donc si je peux le regarder et, en plus, discuter avec quelqu’un en direct, oui, c’est un vrai plaisir !

On note d’ailleurs une vraie complémentarité avec le commentateur à vos côtés…

Il y a deux rôles qui sont un peu définis. Le journaliste, dans l’absolu, est plutôt celui qui va meubler et qui va mettre l’énergie. Je trouve que le commentaire d’une compétition est hyper intéressant parce que c’est lui qui la rend vivante. On peut être passionné de sport et regarder sans le son mais ce moment joyeux qu’est une compétition est vraiment créé, à la télé, par les commentateurs. Donc c’est plutôt le journaliste qui amène cet entrain, cette dynamique. Dans l’absolu, le rôle du consultant est plutôt l’analyse, dans la vulgarisation, avec l’aspect technique. Quand, en plus, on se connait bien avec le journaliste, en fait c’est juste un échange, les deux ont des choses à dire pendant les moments de creux et les deux ont des choses à dire sur la technique. C’est super agréable de travailler avec les journalistes avec lesquels je bonne à Eurosport, ils sont tous très doués, ils font leur métier très très bien. Je me laisse porter et on se retrouve finalement à deux personnes passionnées de ce qu’elles regardent, qui en parlent. C’est intéressant quand on arrive au stade de la discussion, il y a toujours cette idée que l’on parle pour quelqu’un qui nous écoute mais, en fait, avant tout, c’est un échange entre les deux, avec le micro comme troisième personne, sans oublier le public. Oui, d’avoir vraiment cet échange permet d’équilibrer les deux rôles, c’est plus un ping-pong. Les deux vont de pair.

 

 

Quand vous commentez des sportifs français, arrivez-vous à procéder de la même façon que pour des athlètes étrangers que vous connaitriez peut-être moins ?

Les deux choses ne sont pas incompatibles, on peut être supporter et éventuellement un peu plus encourageant. On peut très bien glisser un « Allez untel » juste avant son saut, sans pour autant perdre la capacité de faire une analyse correcte et de dire, le cas échéant, que c’est un mauvais saut. Ce n’est pas l’entrain que l’on va mettre avant le résultat qui enlève l’analyse technique que l’on pourrait faire d’un saut. Au contraire, c’est hyper enthousiasmant, à la télé, quand on voit des français gagner. Je suis pour la beauté du sport d’une manière générale et d’avoir l’opportunité de voir des français faire un bon résultat et de le voir arriver donne des moments incroyables.

Les françaises ont plutôt bien commencé la saison, l’une a fait un top 15 et un top 10, l’autre deux top 20. C’est un beau début de saison, qui promet de belles choses. Il leur reste un mois de préparation avant la compétition suivante. Elles sont vraiment à un bon niveau et on peut espérer des top 6 voire des podiums pour la saison, ce qui serait trop cool. De vraiment pouvoir s’enthousiasmer et de commenter en direct un podium français est quelque chose de chouette, ça fait un petit moment que ce n’est pas arrivé en saut en ski.

Vous évoquiez le lien que vous pouvez avoir encore avec certaines sportives. En profitez-vous, au moment de préparer une compétition, pour passer quelques coups de fil ?

Oui, complètement ! Quand j’ai l’occasion de le faire, j’appelle. C’est intéressant d’appeler autant les athlètes que, dès fois, le coach. Je connais aussi des entraineurs à l’étranger, je pense à mon ancien coach Fred, maintenant entraineur adjoint des hommes en Finlande, il est très axé sur la partie matériel, notamment il fait des combinaisons. Face à des règles très précises qui changent tous les ans, lui est capable de m’expliquer ce qui a changé dans la règle. Je vais aussi appeler le coach de l’équipe de France pour avoir un peu les infos sur quelle équipe a fait son stage de préparation à quel endroit. Je vais appeler les françaises pour savoir comment elles se sentent et pour avoir différentes choses à dire à différents moments. Une compétition de sauts à ski peut être très longue car très soumise aux intempéries. S’il se met à neiger ou à venter très fort au milieu de la compétition, en général on fait une pause. Donc, en direct, dès fois il faut meubler. Rappeler les nouvelles règles sur la longueur des skis ou la compensation du vent par exemple sont des choses intéressantes à amener dans ces moments-là de creux.

Parmi tous les commentaires que vous avez eus l’opportunité de faire jusqu’à présent, certains moments vous ont-ils particulièrement marquée ?

L’an dernier, j’ai eu l’occasion de commenter les JO, c’était magnifique. On essaie d’avoir toujours le même niveau d’enthousiasme quelle que soit la compétition, encore plus quand des athlètes ne sautent pas bien. Mais les JO sont quelque chose de magique, c’est tous les 4 ans, c’est la compétition ultime, c’est le graal et, du coup, ça crée ce truc en plus. Que l’on soit athlète ou pas…Beaucoup de gens qui ne regardent pas de sport à la télé le reste du temps se retrouvent à chialer en voyant des équipes qui ne sont même pas françaises gagner des médailles. Aux commentaires, c’est un moment hors du commun et je me suis effectivement retrouvée à lâcher ma petite larme en regardant la cérémonie de médailles à la fin. Cela me rappelle aussi des souvenirs mais quand même, c’est beau, c’est émouvant, c’est la magie du sport…

Il y a une compétition qui m’a vachement marquée, en plus de cela, c’est la compétition par équipe mixte aux JO d’hiver. C’était la première fois qu’il y avait cette épreuve aux JO, c’est top pour l’avancée du sport féminin. C’était une compétition atrocement difficile à commenter parce qu’il y avait plein de disqualifications, pour des soucis d’équipements non conformes. Ce sujet fait parler depuis un moment…la plupart des disqualifiés étaient des filles que je connais. On dit souvent que la règle, c’est la règle mais voir les pionnières de la discipline être disqualifiées a fait passer certaines à côté d’une médaille d’or qu’elles n’auront probablement jamais. Dommage, elles l’auraient méritée. Le moment était bizarre parce que l’on n’avait pas forcément toutes les infos en direct donc, en plus, on avait des messages par textos pour nous informer d’une disqualification. C’étaient des espèces de coups de massue les uns après les autres, tous hyper émouvants. C’est du sport, ce n’est pas la fin du monde mais de la voir en larmes en bas du tremplin était un moment assez fort. Je crois que je n’ai pas réussi à parler pendant plus de 10 minutes après certaines disqualifications, tellement c’est sorti de nulle part. En plus, aux JO, c’est dur, ça envoie une mauvaise image du sport féminin, alors que les garçons avaient des combinaisons toutes aussi grandes, voire plus…C’était particulier, c’était un moment en direct où on était presque sans voix, sans savoir ce qui se passait et sans tout comprendre…

 

 

Vous parliez des souvenirs que cela vous rappelait. On peut penser que votre médaille olympique fait justement partie des moments les plus marquants de votre carrière ?

Oui, un des moments les plus marquants et aussi le plus récent. C’est le dernier gros résultat que j’ai fait, c’est celui qui est le plus frais dans ma tête et celui dont j’ai beaucoup reparlé, ce qui rend forcément le souvenir encore plus vivant. Mais, oui, oui, les JO de Sotchi étaient fous parce que c’est énormément de travail. J’ai eu d’autres moments comme ça où on travaille pendant des années, avant d’être récompensés à la fin mais là, c’étaient les JO, les premiers de l’histoire du saut féminin. C’était un des moments où j’ai fourni le plus d’efforts dans ma carrière, aussi parce qu’il y a eu une période où les résultats étaient un peu plus faciles, où j’avais plus confiance en moi. Avant cette période des JO, j’avais été un peu plus en difficultés la saison précédente et il y avait aussi ce truc de la confiance qui était moins là. Après, elle est revenue, je suis allée la chercher avant les Jeux mais ça a été un travail un peu plus long, avec quelques moments de doute. Du coup, ça rend la chose encore plus chouette je pense parce que, oui, il a ce truc de « je me suis vraiment battue pour aller chercher cette médaille ». Du coup, contrairement à d’autres moments, il y a absolument 0 déception. Même en regardant la liste des résultats et en constatant que je suis à 90 centimètres de la médaille d’or, pas de regret parce que je me suis battue pour y aller. Cela aurait pu être une autre, c’est passé à pas grand-chose. C’est la compétition d’une journée et je ressors de là sans aucun regret. Alors que j’ai pu en avoir sur d’autres très bons résultats que j’ai faits, où j’avais vraiment les moyens de faire mieux.

Sur ces Jeux, je pourrais avoir une petite aigreur mais pas du tout. Même 8 ans après, en re-regardant la compétition et me rendant vraiment compte de ce qui s’est passé, de qui a fait quelle faute, je ressors en me disant que j’ai une chance incroyable d’avoir pu vivre ce moment et d’avoir pu mettre en place ce qu’il fallait pour le vivre.

 

 

En complément, dans un autre registre, pour votre deuxième vie professionnelle, vous vous êtes orientée vers l’artistique…Vous avez notamment tourné récemment un court-métrage, qui est en montage…

C’est drôle parce que ce n’est même pas un tel tout autre registre que cela, pour deux choses. Déjà, le sport de haut niveau et le théâtre, dans l’absolu, fonctionnent tout à fait de la même manière. C’est beaucoup de travail en amont, on ne monte pas sur scène comme ça. L’apprentissage du texte est une chose mais travailler son rôle en est une autre. Et il y a un travail qui est autant technique que de corps, de voix. Donc je trouve que, comme au saut à ski, il y a tout un travail à faire en amont. Il y a aussi le moment où on monte sur scène comme on lâche la barre d’élan avant n’importe quelle compétition. Il y a ce truc un peu grisant de « on se jette dans le vide », qui pourrait être du trac avant de monter sur scène ou un petit peu de stress avant de faire un saut. En fait, on est parti et ça déroule parce qu’il y a ce travail en amont qui permet de faire en sorte que les choses soient fluides et qu’on ne soit plus que dans l’instant. Je pourrais le dire autant d’un bon saut que d’une interprétation d’une pièce sur scène. Donc je fais des liens vraiment forts entre les deux.

Ce court-métrage raconte l’histoire d’une jeune sauteuse à ski française. Donc je pense qu’il n’y avait pas 40 comédiennes qui auraient pu faire du saut à ski. Ce n’est pas du tout de mon initiative, on aurait pu penser que c’est moi qui l’ai écrit mais non. J’ai été contactée au printemps dernier par une réalisatrice française qui habite à Munich. Elle m’a appelée pour, dans un premier temps, discuter avec moi du saut à ski, de ma carrière et du sport. En fait, je comprends qu’elle écrit un film qui parle d’une sauteuse à ski. Au début, elle voulait simplement poser des questions pour que le scénario soit proche de la réalité. Elle voulait aussi y évoquer la professionnalisation du sport féminin ainsi que la problématique dans le sport de vivre via les sponsors, de se financer et de trouver des fonds en faisant de la publicité. Donc de la problématique de comment vivre de cette manière pour faire sa passion. Et puis, on a discuté aussi de théâtre et, assez rapidement, elle m’a envoyé le scénario et m’a proposé de passer des essais. On est finalement parties pour 8 jours de tournage en Allemagne, c’est un court-métrage d’une trentaine de minutes qui devrait faire tous les festivals. C’est un projet conséquent pour un film de fin d’études.

On était à Oberstdorf, en Allemagne, dans un endroit où je suis allée passer chaque été 10 jours de stage depuis que j’ai 12 ans. C’était la première fois que je jouais vraiment devant la caméra. Pour mon personnage, beaucoup de choses sont inspirées de mon expérience et, en même temps, c’est une fiction. En plus de cela, j’ai sauté pour le film, j’ai littéralement fait les deux choses de ma vie ensemble, sur un même projet, avec une super équipe. Oui, c’était une expérience de fou. C’était la meilleure connexion entre ces deux domaines, c’était une belle connexion des deux grandes parties de ma vie. Je n’ai pas encore vu les images mais, en tout cas, l’expérience était super chouette. C’est un joli projet, le message du film est beau et ça remet en question beaucoup de choses que j’ai vécues, sans que je ne puisse le faire alors. Le sport de haut niveau est très capitaliste, c’est le meilleur qui gagne le plus et le problème est que les grandes nations de saut à ski ont un maximum d’argent à investir et vont faire de meilleurs résultats que les petites nations. En même temps, quand tu es une petite nation, que tu n’as pas beaucoup de sponsors, tu n’as pas forcément beaucoup d’argent donc tu ne peux pas forcément te développer au-delà d’un certain stade. On parle de cela de manière générale et c’est marrant, c’est une opinion que j’avais au moment où je faisais du sport mais que l’on pouvait difficilement chambouler donc c’est aussi l’occasion de mettre le doigt sur quelque chose qui ne fonctionne pas très bien. En même temps, cela reste difficile de répondre à la question de comment faire autrement. Le film parle de cela, c’était intéressant de pouvoir aussi émettre ce questionnement. J’ai hâte du coup de voir le résultat !

Merci, Coline, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Marion Huguenin évoque son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marion,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver chaque week-end sur TMC dans la série à succès « Les Mystères de l’Amour », où vous y interprétez le personnage de Chloé. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de revenir régulièrement sur le plateau, entourée de toute l’équipe ?

Ah oui, ça c’est sûr ! J’exerce le métier que j’aime avec une équipe que j’adore ! Donc c’est un engouement à chaque fois de pouvoir retrouver une équipe que l’on aime, qui nous connait, avec ses avantages et ses défauts bien sûr. Mais c’est vraiment comme une famille, comme une bande de potes avec qui je travaille. On fait de gros horaires donc, franchement, heureusement que l’on s’entend bien. C’est beaucoup beaucoup de travail mais c’est autant de plaisir, effectivement, de retrouver tout le monde. Je crois que je m’entends bien avec tout le monde en plus, j’ai cette chanceJ. Je ne peux qu’être contente de revenir, oui c’est vrai que ça se passe bien.

Après, bien sûr, il y a des affinités mais tout le monde est hyper cool. J’ai toujours été bien accueillie et bien accueillie à nouveau lors de mon retour d’ailleurs. C’est comme, en fait, si je n’étais jamais partie.

On voit à présent beaucoup Chloé dans son environnement de travail, le milieu hospitalier, contrairement à avant où elle évoluait avant tout dans son environnement personnel. Cette évolution-là semble bien lui correspondre, dans ses valeurs humaines, d’entraide et de solidarité qu’on lui connait…

Oui, c’est vrai ce que vous dites. J’ai été contente, déjà, de la voir travailler. Avant, elle faisait des shootings, elle était peut-être un peu modèle mais je n’ai pas le souvenir, je réfléchis, de l’avoir vue travailler. Je sais qu’elle suivait des études d’infirmière mais qu’elle avait lâchée avant la fin. C’est pour cela qu’ils avaient accepté de l’embaucher en tant qu’aide-soignante à l’hôpital. Et, là, dans les dialogues, il y a un moment de cela, je disais que j’allais passer mon diplôme d’infirmière, je ne sais pas si je ne l’ai pas eu ou si je suis encore en préparation, en tout cas mon statut n’a pas changé. Il faudra que je redemande quand même à Jean-Luc où ça en est.

Je suis contente de la voir à ce poste, ce sont de belles valeurs à montrer et, surtout, le métier d’aide-soignant me touche particulièrement, j’ai accompagné pas mal de personnes en fin de vie et je pense que je suis plutôt souvent dans le soutien, le partage et l’entraide. Donc ça me va bien. Cela me permet aussi de voir tous les personnages puisque, à tour de rôle, ils sont accidentés ou malades. C’est chouette ! En plus, avec tout ce qui s’est passé avec le Covid notamment, aide-soignante dans une équipe médicale est un boulot que je trouve remarquable. Alors, je ne sais pas si j’en aurais eu le courage, très honnêtement mais j’ai toujours eu beaucoup d’atomes crochus avec la psychologie et la médecine. Donc, finalement, c’est un bon mix des deux. En tout cas, je trouve très chouette de pouvoir faire ce métier, j’ai dit à Jean-Luc que je suis hyper contente et lui, à priori, est content aussi de l’évolution de Chloé. Elle se rapproche de plus en plus d’Hélène finalement, elle a arrêté toutes ses conneries, elle se range un peu plus. Cela me va très bien de ne plus avoir plusieurs partenaires, de tromper,…C’était très marrant de faire ce personnage rock’n roll et je pense qu’elle a toujours un petit côté comme ça en elle… au final il y a toujours un petit revirement de situation de temps en temps. Mais le côté un peu plus posée me fait plus penser à Hélène et, quelque part, c’est pas mal qu’en vieillissant elle ait de la maturité. Donc, oui, c’est un plaisir, carrément !

Depuis peu, un grand décor d’hôpital a été créé, crédibilisant le lieu mais permettant aussi un terrain de jeu très large et diversifié…

En plus, l’équipe déco a fait un super boulot. Je trouve ça super chouette, c’est beau, c’est bien fait, c’est crédible. La lumière également. Un département de réa a été construit, il y a aussi la salle des infirmières et le vestiaire que l’on voit de temps en temps. Donc ils n’ont pas fait qu’un décor d’hopital avec des couloirs et une chambre. Même l’entrée avec les ascenseurs ainsi que le coin machine à café donnent l’impression d’un petit salon d’hôpital, où les bouquins trainent. C’est du détail, c’est de la déco de télé mais j’ai été vraiment bluffée de voir à quel point c’était bien terminé. Il y a même tout ce petit département d’accueil avec les secrétaires médicales. On n’a pas l’habitude, sur LMA, d’avoir de gros décors parce que l’on tourne quasiment tout le temps en décors naturels. Donc, tout d’un coup, quand un décor se monte pour la série, ça fait toujours plaisir. Je me sens valorisée d’être dans un joli décor, c’est chouette.

Au-delà de la stabilisation professionnelle de Chloé, elle commence aussi à se stabiliser personnellement, au travers de sa relation amoureuse avec Fabrice. Les choses ont mis du temps à se concrétiser mais ça y est, leur couple est maintenant officiel…

Pour l’instant, en tout cas car il y a souvent des rebondissements avec Jean-Luc. Mais, oui, oui, elle est épanouie avec quelqu’un de sympa, qui a l’air d’avoir des sentiments sincères aussi envers elle. On n’est jamais à l’abri de rien mais, pour l’instant, je trouve qu’effectivement, ils ont une jolie histoire. Ça commence bien, pourvu que ça dure.

On peut voir aussi ponctuellement Chloé dans l’appartement de Fanny et Christian. Là-aussi, ce trio est très plaisant à l’image et s’inscrit, pour elle, dans une certaine continuité : on retrouve sa logique à soutenir ses camarades et à être bienveillante envers eux…

Oui, c’est vrai ! En plus, ce qui est bien, c’est qu’il n’y a pas d’histoire de jalousie et d’animosité envers Fanny, alors que Chloé a quand même été mariée avec Christian. Bon, Fanny était avec lui avant Chloé mais elles en parlent ouvertement dans les séquences, c’est plutôt sympa. Pareil, elle a divorcé d’avec Christian, ça se passe toujours aussi bien, ils sont contents les uns pour les autres de leurs histoires d’amour respectives. Donc, c’est vrai, Chloé est toujours un soutien pour ses amis, en toutes circonstances. En plus, elle est posée donc un peu plus lucide qu’avant.

De façon plus globale, on le sait, le rythme de tournage est soutenu. Au fur et à mesure des années, on peut penser que vous appréhendez différemment ces conditions-là ?

En fait, je pense que l’on chope le rythme assez vite, sinon le personnage ne reste pas. Parce que les journées sont à rallonge, on fait 26 minutes utiles par jour, là où, sur un long-métrage, on en fait 3. Donc on va quasiment dix fois plus vite. Pour quelqu’un qui n’arriverait pas à suivre la cadence, le personnage s’arrêterait naturellement, sinon la personne ne pourrait pas tenir. On est, malgré tout, un peu obligés de s’habituer à cela très rapidement. Moi qui suis la sœur d’Hélène, on aurait pu penser que c’est normal que je reste pendant plusieurs années mais pas du tout : quand on arrive, on ne sait pas pour combien de temps on est là. Je pensais rester un épisode ou deux, quand on m’a appelé. Mais, très honnêtement, pas du tout 10 ans, c’est sûr que non.

Il faut que ça se passe bien, il faut que ça aille vite. Quand j’ai passé le casting, la directrice de casting m’avait prévenue que je n’aurai qu’une seule prise parce que, sur le plateau, ça va très vite. Donc, déjà, la pré-sélection se fait comme cela. Je me souviens, j’avais trois pages de texte avec énormément de noms de personnages, du genre : « Ah, salut Laly, tu as des nouvelles de José ? Parce que, là, j’ai vu John avec Fanny qui m’ont dit qu’Hélène avait appelé Béatrice en urgence pour aller chez Cathy ». Je ne savais pas du tout de quoi ça parlait, je ne savais pas que c’était la suite de « Hélène et les garçons » à ce moment-là, je ne savais pas qui était qui, c’était honnêtement très compliqué à apprendre. J’ai réussi à le faire d’une traite, à la fin j’avais l’impression d’avoir couru un marathon mais j’essayais de ne pas trop le montrer à la directrice de casting. Et là, elle me dit qu’elle a eu un problème et que le son n’a pas été enregistré, nous obligeant à refaire. Je me suis dit que ce n’était pas possible mais, pour autant, j’ai recommencé et j’ai réussi. Je me suis débrouillée comme j’ai pu mais, en réalité, déjà à la pré-sélection, ils te montrent qu’ils ont besoin de quelqu’un de très efficace, qui sache son texte, qui soit à l’heure. Pour rester sur la longueur sur une série comme cela, il faut être très pointilleux et très scrupuleux. On est mis dans le bain dès le départ…On a rarement plusieurs prises bonnes, il faut être au taquet de suite.

J’ai trouvé cela très instructif et même bénéfique pour la suite. Maintenant, quand j’arrive en casting, je ne mets pas tant de temps que cela à apprendre mon texte, je suis complètement déstressée face à une caméra. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un petit pincement, je pense qu’on en a toujours besoin, ça peut être un petit moteur, le challenge nous pousse à faire mieux, à essayer de convaincre le plus possible et à faire plaisir. En tout cas, je trouve que c’est une très bonne école, c’est dur mais c’est formateur.

La série est à l’antenne depuis fin 2011, la fidélité des téléspectateurs ne se dément pas. Cette assiduité du public doit sans doute vous faire particulièrement chaud au cœur ?

C’est sûr ! En plus, une série n’est pas forcément faite pour durer, tous les ans on se demande si on recommence et si le public va encore nous suivre. On n’a peu de réelle concurrence en fait, sur la durée ou sur le format. En termes de fidélité, je ne pense pas qu’il y ait d’autres programmes similaires au nôtre. Les gens ont grandi avec nous, les quarantenaires ou cinquantenaires aujourd’hui se voyaient certainement ados à l’époque. J’ai l’impression que l’affection pour les anciens de « Hélène et les garçons » est très particulière, les gens sont nostalgiques. C’est comme si les anciens faisaient partis de la famille.

Souvent, on me demande si, dans la vraie vie, ils sont aussi sympas : mais oui ! Alors, ils ne sont pas toujours exactement comme leurs personnages mais il y a beaucoup de nous dans nos rôles. D’ailleurs, Jean-Luc se sert beaucoup de nos vies personnelles. Heureusement pas de la mienne pour Chloé parce que, très honnêtement, vues toutes les conneries qu’elle a faites…il a plutôt pris le contrepied pour me faire flancher sur certaines choses, je le sais très bien et ça le fait rire. Par exemple, je suis quelqu’un de vraiment très très fidèle, je ne dis pas que Chloé ne l’était pas mais il y a quand même eu des moments où elle a trompé Christian, où elle a eu des doubles histoires, à la fois avec des hommes et des femmes, …C’est vrai que j’ai un côté un peu puritain, en tout cas très très droite et donc je pense que ça a fait marrer Jean-Luc. Mais, sinon, les traits de caractères de nos personnages – pas forcément ce qu’ils vivent – sont quand même assez souvent proches de nous, je trouve. Typiquement, Hélène est quelqu’un de très fidèle et ça se ressent, je pense, à l’image. Ce que dégage Patrick aussi, le personnage de Nicolas, à la fois solide, touchant, émouvant, rigolo, se ressent. La connivence qu’ont les gens entre eux fait le succès de la série, il ne faut pas se leurrer, les personnages anciens s’apprécient toujours et, contre vents et marées, vont toujours réussir à s’en sortir, unis. Il n’y a jamais d’histoire entre eux, jamais. Ou, alors, c’est réglé très très rapidement mais, franchement, en général, ce sont des éléments extérieurs qui viennent perturber la bande. Ce n’est pas la bande en elle-même, elle est toujours soudée et je pense que c’est rare dans les autres séries, c’est vraiment clairement ce qui fait le succès de celle-ci, j’en suis sûre.

Même si ce n’est pas forcément toujours évident pour un comédien, aimez-vous regarder le rendu final à l’image, pour capitaliser sur ce qui va bien et détecter des points d’amélioration ?

Très honnêtement, je ne regarde que de temps en temps. J’ai du mal à m’entendre, comme la plupart des comédiens. Mais, oui, je regarde pour justement affiner, en me disant : « tiens, ça, ça a marché », « mince, cela n’a pas marché, je pensais que ça aurait fonctionné mais pas du tout » ou « je pourrais essayer cela la prochaine fois ». Ça me fait parfois la même chose quand je regarde une autre série, je me dis « tiens, je n’aurais pas pensé à faire cela, ce qu’il a fait est incroyable ». Souvent aussi, je m’inspire beaucoup de ce que je vois, de comédiens que j’apprécie dans d’autres films ou d’autres séries. Je me demande comment j’aurais fait. Voilà, je vais avoir beaucoup de sources d’inspiration, soit de mes proches, soit de comédiens que j’ai vus dans des situations de films qui m’ont plu. C’est quelque chose que je ne faisais jamais avant. Alors, bien sûr, j’apporte toujours ma touche personnelle mais je peux me poser ces questions à présent dans des situations bloquantes.

Pour en revenir à ma réponse, je me regarde mais pas très souvent. C’est toujours dans un but d’amélioration, je n’arrive pas à simplement me regarder, comme le fait un téléspectateur. En fait, c’est une déformation professionnelle, je vois avant tout les défauts mais j’essaie de le faire quand même. C’est très instructeur !

 

 

Dans un autre registre, on a pu vous retrouver il y a quelques temps sur les planches, au théâtre La Boussole. Quels principaux souvenirs gardez-vous de ces nombreux mois quotidiens sur scène, avec deux pièces différentes au final ?

Pour « Dans la peau de ma femme », c’était incroyable. J’avais déjà fait du théâtre mais sur de courtes périodes, notamment en Avignon. C’était la première fois pour moi que je faisais cela sur le long terme. On a fait beaucoup de complets, c’est quelque chose que je n’avais jamais vécu. La sensation que nous donne le public est incroyable. Même le timing…Quand une salle était complète, le temps que l’on fasse la vanne, que les gens la comprennent, la reçoivent et la transmettent en riant, il fallait attendre la fin des rires pour repartir sur une autre blague. C’est assez impressionnant, ça fait comme une petite butte en fait et, tout d’un coup, quand ça commence à redescendre, il faut attendre un peu mais relancer avant même qu’ils n’aient terminé de rire, pour que le rythme ne se rompe pas. C’est quelque chose que je ne connaissais pas. Très honnêtement, plus il y a du monde, plus ça met du temps et plus les pièces sont longues en général. C’était assez bluffant.

Concernant « Un écran, ça trompe énormément » qui, après, a été renommé « Love stories », le souvenir le plus frappant est presque la connivence que j’avais avec les acteurs. Qu’il y avait aussi dans l’autre pièce. C’était très fort pour moi. Pareil, je n’avais pas été dans une troupe de théâtre sur le long terme. C’était un esprit de famille. J’avais rencontré Thibault sur la première pièce, je connaissais déjà le théâtre via ce spectacle, j’avais l’impression d’être à la maison mais avec un autre décor. On enchainait les deux avec Thibault, en gros on jouait deux pièces d’affilé dans la même salle donc c’était assez fou de pouvoir switcher comme cela de l’une à l’autre. On enlevait un décor, on en mettait un autre, on partait dans une nouvelle énergie avec pas du tout le même personnage. Pas à l’opposé mais presque, puisque je jouais une assistance sociale assez stricte avant de passer à une influenceuse très jeune. De switcher était, oui, assez incroyable.

Avec « Dans la peau de ma femme », on a fait des tournées donc il y avait aussi cette connivence de déplacements, où tu fais des visites dans la journée avant de jouer le soir. C’était sympa !

Artistiquement parlant, considérez-vous la scène et le plateau comme le même métier ? Ou les dissociez-vous vraiment ?

Non, non, c’est clairement le même métier. Pour moi, c’est un peu comme un boulanger qui ferait du pain et des pains au chocolat. Oui, ce n’est pas la même chose, ce n’est pas la même façon de l’aborder, ce n’est pas la même technique mais c’est clairement le même métier. Je viens du théâtre et cela ne m’a pas empêché de faire de l’image. Au théâtre, on doit plus porter la voix parce que l’on n’a pas de micro alors que la caméra vient chercher une émotion. En fait, ce n’est pas que l’on n’a rien besoin de faire à l’image mais, limite, moins on en fait, plus ce sera juste parce qu’il faut que ce soit à l’intérieur sans que ça ne se voit à l’extérieur. C’est à la caméra de venir capter. Cette dernière va voir le moindre mouvement de cil, là où les gestes sont beaucoup plus amples au théâtre. La voix est portée, le rythme est complètement différent, il n’y a pas de montage,…Ce sont vraiment vraiment des techniques différentes mais clairement le même métier, selon moi. Je ne fais pas de différence et je ne sais pas ce que je préfère…je dirais presque peut-être l’image parce que j’ai plus l’habitude…mais encore que…Je viens du théâtre, j’en fais depuis que j’ai six ou sept ans donc ça fait partie de moi en fait. Je ne pourrais pas dire…

Parmi vos projets en cours, sans tout en dévoiler, un pilote pour l’image est en cours de finalisation. Cela a d’ailleurs été l’occasion pour vous de vous remettre à l’écriture…

Oui, c’est vrai ! Cela faisait un moment que je m’étais penchée sur l’écriture puisque j’avais co-écrit une pièce il y a des années de cela. Je crois que j’avais commencé fin 2013 une comédie de boulevard avec Michel La Rosa que j’avais reprise par la suite avec un autre auteur, Julien Wagner. Quand on change de coéquipier, par la force des choses, une autre énergie se met en place. En amenant sa touche, forcément ça a changé beaucoup de choses. La pièce n’est aujourd’hui pas encore complètement aboutie mais, en tout cas, ça fait longtemps que j’ai commencé l’écriture. J’avais écrit aussi un court-métrage, que j’avais réalisé, « Je suis le bon choix », où Edouard Valette m’avait aidée. J’avais structuré l’histoire et écrit les dialogues. J’avais commencé depuis aussi à écrire une autre pièce, avant que le projet que vous évoquez ne se lance en même temps.

C’est un programme court pour lequel, effectivement, je me remets à l’écriture, avec Marine Périat cette fois-ci. Je me rends compte que c’est une mécanique. Par exemple, le matin, quand je sais que je vais devoir écrire un sketch, je me demande systématiquement sur quel thème je vais pouvoir le faire. Puis je pense à un sujet qui me plait bien. Je ne sais pas où je vais dans la chute mais ça vient naturellement et assez rapidement finalement. Plus on écrit, plus on trouve des mécaniques. Là, c’est quelque chose de comique et je pars souvent sur le thème de la mauvaise foi. A chaque fois que je veux écrire un sketch, souvent ça me vient, des personnages sont affirmés dans quelque chose puis se rendent compte par un élément extérieur que ça ne les arrange pas, finissant par retourner leur veste, ce qui me fait mourir de rire. C’est un peu l’école Louis de Funès. Le personnage de Jean dans « Un gars, une fille » m’inspire aussi beaucoup.

Que peut-on vous souhaiter à l’issue de ce pilote ? Une concrétisation positive et une belle suite ?

Oui ! Qu’on puisse en faire une série viable. On a notre plan d’attaque, on aimerait que ça sorte à la télévision et que ça parle au plus de monde possible. Sinon, on trouvera un autre biais et, si ça se trouve, ça sera encore mieux, qui sait… J.

Pour terminer, dans cette richesse de cordes artistiques qui vous caractérise, il y a aussi le doublage. Un exercice différent mais très complémentaire et ce n’est sans doute qu’un tiroir de plus que vous ouvrez et refermez…

Absolument ! Pour moi, c’est pareil, c’est le même métier. Il y a beaucoup de chanteurs aussi qui doublent. Je peux également être scotchée en voyant quelqu’un doubler, à me dire que je n’aurais jamais pensé à faire ce qu’il a fait, tellement c’est incroyable. Une fois, j’étais en séance d’enregistrement avec une comédienne que je ne connaissais pas et que je voyais à l’œuvre pour la première fois, j’ai été incroyablement surprise par ce qu’elle a pu faire. Pourtant, même ceux qui font cela depuis trente ou quarante ans refont des boucles et ne sont pas forcément de suite au taquet, à réussir du premier coup.

C’est encore une autre technique mais ça reste le même métier. Là, ce seraient des croissants et non plus des pains au chocolatJ. Ce qui est très rigolo, c’est que, petite, je voulais faire du doublage avant de faire de l’image, c’était mon rêve de gamine, en plus de celui d’être dessinatrice. Déjà à l’époque et encore aujourd’hui, je reste quelqu’un de réservée, malgré mon métier de comédienne. Ce côté-là me manque parfois un peu mais je préfère rester discrète. De même, je sais dire non quand je pense ne pas être capable d’effectuer quelque chose que l’on me propose. Je pense être objective, de plus en plus en tout cas. Jean-Luc m’a, par exemple, demandé plusieurs fois de chanter, je lui ai dit que je ne me voyais pas en faire mon métier. J’ai rejoint depuis peu le collectif des Acteurs TV en concert mais je ne chante qu’occasionnellement, comme prochainement, pour le Téléthon, à Canet en Roussillon. Mais sortir un l’album n’est pas pour moi, je laisse ça aux gens qui savent faire. Elsa, par exemple, est très bonne dans ce qu’elle fait, c’est très bien mais ce ne sera pas pour moi. On ne peut pas savoir tout faire ni être partout non plus, c’est un peu compliqué.

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Hélène Péquin évoque avec nous son beau parcours artistique ainsi que son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une artiste aux multiples cordes, aux multiples casquettes, comme en témoignent notamment vos expériences à l’image et sur scène. Pour prendre un peu de recul sur votre parcours, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de faire de l’artistique votre métier et votre quotidien ?

Il y a plusieurs étapes. Enfant, l’été, j’aimais participer aux spectacles dans ma colonie de vacances en Ardèche. Puis, à 16 ans, quand je suis partie un an aux Etats-Unis, j’ai fait partie de la compagnie de théâtre du lycée. Mais je n’étais pas encore consciente que je voulais en faire mon métier. Plus tard, j’ai vu Nathalie Baye dans un film puis dans une émission télévisée où elle était interviewée. C’est une étape qui m’a marquée, la voir me donnait envie de jouer et je m’amusais à improviser toute seule. Puis, en Hypokhâgne à Grenoble, il y avait un atelier théâtre en cité universitaire. Je me suis inscrite et ça a été un peu un déclencheur, particulièrement parce que la personne qui s’occupait des ateliers avait commencé à parler de Paris et des Cours Florent. A cette période-là, je voulais devenir journaliste mais, au fond de moi, intuitivement, je n’avais pas l’impression que c’était pour moi, il y avait autre chose qui m’appelait. Je suis alors partie à Paris et je me suis inscrite justement aux Cours Florent. J’ai tout de suite senti à quel point ça me plaisait de jouer mais sans avoir conscience encore du métier que c’était.

Je dirais que quand je suis arrivée à Paris, c’est le plaisir du jeu qui m’a plu, le côté ludique, le fait de créer à partir de soi et avec les autres. J’étais très scolaire à la base et là tout un univers s’ouvrait, celui du jeu et de l’imaginaire. Après, petit à petit, il y a des raisons plus profondes qui viennent, quand on commence à plonger dans les textes et qu’on est vraiment touchés, que ça raconte des choses qui nous dépassent. Cela me fascine et c’est ce qui continue de me nourrir aujourd’hui. Il y a tout qui s’amplifie ensuite : avec le temps, j’ai encore plus envie de jouer avec les autres, d’exprimer les multiples couleurs de la vie et d’aller à la fois dans les profondeurs et dans la légèreté grâce à des textes d’auteurs qui sont magnifiques. 

Il y a certainement aussi ce côté hypersensible, cette envie, ce besoin d’exprimer plein de choses à travers ces histoires, de mettre notre humanité avec toutes ses nuances et ses paradoxes au service d’une histoire. 

Parmi toutes les expériences que vous avez pu avoir jusqu’à présent, en retenez-vous certaines plus encore que d’autres ?

Les deux premières images qui me viennent sont mes deux premiers tournages télé. La première, c’est le téléfilm « La Promesse du feu » réalisé par Christian Faure. Parce que ça demandait d’aller dans des endroits qui peuvent être très inconfortables. C’était une expérience riche et je me suis surprise à prendre plaisir à jouer des choses sombres. Le film avait été adapté d’un roman et ce fut un cadeau de pouvoir le lire avant de commencer le tournage. Ça aide à développer tout un imaginaire qui nous habite ensuite pendant nos scènes. Je me souviens tout particulièrement de mon tout premier jour de tournage. On a tourné la scène finale dans les ruines du Château d’Aumelas qui surplombe un paysage magnifique. Les pompiers allumaient le feu et l'éteignaient à la fin de nos scènes, c’était intense et assez unique comme expérience.

Après, la deuxième image qui m’est venue, c’est  « Candice Renoir ». C’était mon tout premier jour de tournage télé dans ma vie d’actrice, je jouais une danseuse de salsa accusée de meurtre. On a passé la journée à danser la salsa et j’ai adoré passer autant par le corps. Je suis assez traqueuse et le fait de commencer par la danse m’a aidée à me détendre, à entrer dans le ludique et à ensuite passer ce cap de la première scène parlée. J’ai une image magnifique en tête de ma découverte du plateau où d’autres comédiens étaient déjà en train de tourner. Il était tôt, la lumière naturelle était particulièrement belle et il y avait quelque chose de singulier dans l’air pendant leur scène, une qualité de présence qui m’a marquée. C’est mon tout premier souvenir de tournage. 

Après, au théâtre, je pense à « Antigone » de Sophocle. Pouvoir jouer, rejouer, traverser et retraverser cette histoire, c’est sûr que ça marque à vie. C’était très intense et engageant. C’est un rôle que j’aimerais jouer à nouveau, différemment. Une fois de plus, c’est un souvenir qui correspond à mes débuts.

Considérez-vous ces deux domaines artistiques que sont l’image et le théâtre comme le même métier, où il faut ouvrir et fermer des tiroirs ? Ou comme deux arts différents ?

En fait, ça dépend du style de jeu. D’une manière générale,  je les considérerais à la base de la même manière. Idéalement, je fais des recherches sur le contexte de l’histoire puis je me pose plein de questions sur l’histoire du personnage, sur ses valeurs, ses rêves, ses intentions, ses secrets, ses enjeux, son challenge du moment… J’essaie d’imaginer son univers et je me laisse traverser dans le jeu par des impulsions physiques, émotionnelles en aspirant à une certaine vérité de jeu. Je peux très bien utiliser la même méthode à l’écran et au théâtre en ajustant le volume et l’expression corporelle. Après, c’est en fonction aussi du metteur en scène avec qui on travaille. Sans oublier l’écriture et la forme théâtrale. Si c’est un spectacle jeune public, comme une adaptation des Fables d’Esope dans un style burlesque, je ne vais pas du tout travailler de la même manière. Mais j’ai encore tellement à apprendre et à expérimenter. J’ai toujours cette impression et cette sensation que ce n’est que le début. Là, je termine un stage de théâtre/cinéma avec le coach américain Robert Castle et je sens qu’il y a encore des fenêtres qui s’ouvrent, ce n’est qu’un autre début, je peux aller tellement plus loin dans l’exploration des histoires et j’en ai envie. C’est ce qui me passionne. 

Plus récemment, vous avez participé à plusieurs quotidiennes en télévision. On le sait, le rythme de tournage y est très soutenu. Artistiquement parlant, ce doit être une très belle école ?

Oui ! Il vaut mieux arriver prête, disponible et détendue. On n’a souvent que deux ou trois prises. Personnellement, j’aime préparer en amont, m’approprier au mieux l’histoire et connaitre le texte comme une seconde nature. J’ai croisé sur « Plus Belle La Vie » des acteurs tellement expérimentés et si bien installés dans leurs personnages qu’ils ont des méthodes complètement différentes. Ils découvrent le texte juste avant de tourner la scène et ils ont développé une telle mémoire immédiate qu’ils sont capables de l’apprendre au dernier moment et de jouer de manière vivante comme s’ils improvisaient mais en ayant vraiment le texte. C’est assez admirable.

J’ai une autre manière de travailler, même si pour le casting de “Plus Belle la Vie” j’ai dû justement apprendre la scène juste avant de la jouer parce que le directeur de casting voulait me voir sur ce rôle de directrice de casting pour enfants (alors que j’étais venue pour un rôle de photographe). Je me suis amusée à le faire pour le casting mais quand il y a plusieurs scènes à jouer dans la même journée, j’aurais peur de m’emmêler les pinceaux et de faire perdre du temps à l’équipe. 

Du coup, oui, j’aime travailler en amont, imaginer plein de choses, j’ai même un questionnaire que je reprends à chaque fois pour chaque personnage, j’aime écrire pour répondre à ces questions et quand j’écris, je sens et découvre différents aspects de l’histoire. Il y a également beaucoup de choses qui se passent sur le plateau, quand on rencontre les comédiens, dans la spontanéité. J’aime préparer, je pense que ça me rassure, j’aime me raconter une histoire mais j’aime aussi quand c’est transformé sur le plateau et qu’il se passe des choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout. J’adore ça même! Je me suis laissé surprendre souvent sur « Plus Belle La Vie », j’étais partie dans une direction et, naturellement, c’est allé ailleurs. Ça m’a plu. 

En tous cas j’étais ravie de ce tournage avec Stéphane Hénon et Jérôme Bertin. Ils ont été des partenaires de jeu à la fois drôles, généreux et attentionnés. Et ce fut un vrai plaisir de tourner avec les quatre réalisateurs/réalisatrices que j’ai rencontrés ainsi que toute l’équipe de la série, une belle famille, une belle aventure !

Même si ce n’est jamais toujours évident, aimez-vous voir le rendu final lors de la diffusion à l’écran, pour capitaliser les points forts et ceux à améliorer ?

Oui, bien sûr ! Dès fois je suis contente et parfois, c’est l’inverse. J’apprends à accepter que mon jeu aurait pu être différent et que mon image ne correspond pas forcément toujours à celle que j’aimerais avoir. Sur le plateau d’une quotidienne, on a un coach pour nous accompagner face à ce rythme soutenu. J’ai principalement travaillé avec Eric Hénon. Il est très doué, il y voit clair et sait dire des choses précises qui aident dans l’ajustement du jeu. 

J’ai une scène en tête, tournée en fin de journée, c’était la huitième. Je manquais de repos et pour garder l’énergie, j’étais malgré moi en mode efficace. A la base, j’avais eu l’intention de traverser la scène différemment mais au moment de jouer, je suis allée droit au but et j’ai trouvé ça dommage.  Il y avait du rythme, oui, mais ça a enlevé des couleurs, il y aurait pu en avoir d’autres, plus vivantes et plus intéressantes à mes yeux. Donc je me suis dit « ok, la prochaine fois, même si c’est la fin de journée et que j’ai l’impression que l’équipe a envie d’arrêter, prends le temps quand-même ». J’ai failli poser une question au réalisateur pour proposer une autre version et je me suis ravisée mais peut-être qu’il aurait bien voulu. Il était adorable en plus. Comme si je n’avais pas voulu déranger…

Sur une autre scène, j’avais un peu peur du résultat et plus tard, en voyant les images, j’ai été rassurée. C’est au final une de mes scènes préférées. Ce qui est important pour moi, en tant qu’actrice, c’est d’apprendre à lâcher prise là-dessus, de faire au mieux puis d’accepter que, dans le parcours, il peut y avoir des loupés, des déceptions ou des bonnes surprises.  En tout cas, ça fait partie du métier de lâcher prise sur le résultat, même si ce n’est pas toujours évident, comme vous le dites.

On pourra vous retrouver le 7 novembre en prime-time sur TF1 dans « Le sentier des loups ». Cela a dû être pour vous une belle aventure et un chouette tournage ?

Oui, oui, carrément ! Quand je suis arrivée sur le tournage, j’ai retrouvé un accessoiriste que je connais depuis mes débuts à la télé, ça m’a fait tellement plaisir de le revoir. Tout de suite, juste avant de tourner une scène, il m’a dit « Hélène, tu vas voir, il y a une bonne ambiance sur ce tournage ». A ce moment-là, c’est marrant, il y a eu un grand silence et je me suis demandé s’il me faisait une blague. Mais non, ça a été un tournage très joyeux et riche en belles rencontres!

Julien Seri, le réalisateur, est à la fois très pro, très doué et très jovial. C’était un plaisir de tourner dans ces conditions-là. J’étais très heureuse de jouer avec Karim Belkhadra et de rencontrer Philippe Bas, Sara Mortensen, Jérôme Anger, Edouard Montoute, Denis Braccini, John Guedj, Maximilien Fussen… C’était super de pouvoir échanger avec eux à la fois sur nos passions en tant qu’acteurs et sur d’autres sujets. Et puis on a beaucoup ri, je me souviens d’énormément de bonne humeur sur ce tournage. On avait également des scènes avec beaucoup de personnages, avec toute la bande d’ados notamment, c’était très chouette de les voir jouer et de sentir leur complicité. J’ai aimé ces scènes où on était tous ensemble. Vous le verrez, il y a un chouette tableau à la fin du téléfilm où on est tous ensemble. J’ai un beau souvenir de notre dernière scène collective. C’était la toute dernière soirée de tournage. C’était juste magique, magique par l’humour, par les rires, l’atmosphère… Il faisait nuit, on a attendu que tous les avions de la base aérienne aient atterri pour commencer à tourner et  il y avait une pleine lune magnifique. Tout cela est important pour moi, les liens qui se tissent, l’ambiance, le décor…. Là, découvrir la base militaire aérienne de Salon de Provence et une partie des personnes qui y travaillait, c’était très chouette. En tant que comédien, on raconte des histoires qui nous amènent à découvrir des lieux, des métiers, des personnes, des univers que l’on n’aurait jamais découverts autrement, pour moi c’est une chance !

En complément, quels sont vos autres projets du moment ?

Je suis en pleine préparation d’un casting pour un téléfilm. Au théâtre, j’ai rendez-vous dans quelques jours avec un acteur et metteur en scène anglais pour la lecture d’une pièce. J’ai très envie de remonter sur scène. Je sors du stage dont je vous ai parlé, qui m’a passionnée et donné une grande énergie. Je vais continuer à explorer ce que j’ai commencé à travailler, « La Femme Juive » de Brecht. J’aime me laisser guider par mon intuition et voir où les projets me mènent. Cette année, je me lance dans la mise en scène de spectacles en anglais avec des lycéens. Je donne, en parallèle, des cours de théâtre en anglais et en français dans une école de théâtre à Montpellier et à la fac de Nîmes. Ce côté transmission est important pour moi, ça me nourrit à la fois en tant que personne, en tant que professeur/accompagnant et en tant qu’actrice. J’apprends beaucoup et je partage des moments merveilleux avec les élèves. Je fais aussi de la voix-off, pour des livres audio, du documentaire et des pubs. Je me suis équipée récemment de mon propre matériel et même si j’aime beaucoup aller enregistrer en studio avec l’équipe, je suis aussi contente d’avoir cette possibilité d’enregistrer chez moi, en prenant bien le temps de tout peaufiner. Tout me passionne, je n’ai rien envie de mettre de côté.

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Ingrid Dupont évoque sa belle et riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Ingrid,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

On peut actuellement vous retrouver sur scène, chaque mercredi soir, au théâtre Montmartre Galabru dans le spectacle d’improvisation « La brigade voltige ». Avant de s’intéresser au programme en lui-même, on imagine sans doute le plaisir hebdomadaire que cela doit être pour vous de monter sur les planches ?

Tout à fait ! C’est vraiment le plaisir numéro un parce que l’improvisation est encore, pour beaucoup de personnes, une activité amateur. Très peu peuvent en être professionnels et avoir un spectacle programmé aussi régulièrement, toutes les semaines, avec un beau public, dans un beau théâtre est déjà une chance en soi, effectivement. Parce que la plupart des spectacles d’impro ont lieu dans des bars, les gens peuvent consommer en même temps ou discuter, c’est un peu moins formel, les rémunérations se font au chapeau donc à la discrétion des spectateurs. Alors que, là, on paie son billet, on s’installe dans un joli fauteuil rouge, on a un beau rideau, une belle scène. Donc, oui, oui, c’est vraiment une chance de faire rentrer l’improvisation dans les murs d’un beau théâtre.

Avec vos mots, comment caractériser ce spectacle ?

C’est un spectacle d’improvisation long format, c’est-à-dire que c’est une histoire qui dure une heure et quart, différente d’un format cabaret où les impros sont des histoires courtes. Là, l’univers reste le même tout au long du spectacle, il est connu, ça se passe dans les années 80 et nous sommes les trois personnages principaux (trois des quatre agents de la Brigade Voltige). On est quatre comédiens et, chaque semaine, les trios tournent. Nos personnages sont définis, on a des archétypes et, ensuite, chacun de ces personnages a sa propre mission, donnée par le public. Nous sommes en 1984, le public remplit donc des faxes, que nous recevons aux QG, nous choisissons chacun celle qui nous parait la plus urgente pour sauver le monde. Comme, bien entendu, on ne peut pas conclure une mission seul, les deux autres font tous les personnages secondaires qui alimentent notre mission. Du coup, on a trois histoires entremêlées. Il y a une petite gymnastique parce que les histoires sont vraiment entrecoupées. On a les mêmes costumes, on n’a pas d’accessoire pour faire comprendre que l’on est un autre personnage, on a notre voix, notre corps, notre texte, on écrit au fur et à mesure. C’est ce qui fait la richesse de ce spectacle en tout cas.

 

 

Chaque spectacle est donc unique...

Ah oui, il est unique. Les gens du public et les comédiens sont les seuls à connaitre l’histoire, il n’y a qu’eux qui l’ont vue. Le spectacle ne sera jamais rejoué, jamais diffusé, c’est tous les mercredis une nouvelle histoire et un nouveau spectacle. C’est pour cela que l’on peut revenir très régulièrement puisque c’est différent toutes les semaines. Les agents, eux, ne changent pas, c’est un peu le repère pour nous et le public. Mais, effectivement, ce sera quelque chose de nouveau, avec trois missions différentes.

A titre plus personnel, comment appréhendez-vous votre jeu ? Vous êtes sans filet, vous n’avez pas le texte d’une pièce traditionnelle à dérouler…

Tout à fait ! Quel que soit le spectacle d’impro, on est à la fois acteur, metteur en scène et auteur. Effectivement, les trois viennent se cumuler sur un instant très très court, très précis. Alors, c’est difficile, je ne vais pas le cacher mais c’est aussi ce qui fait qu’il y a de l’adrénaline et qui fait que, oui, c’est un peu plus risqué qu’une pièce de théâtre classique. Donc, forcément, il y a de la peur liée à l’inconnu, on dépend aussi de nos partenaires : qu’est-ce qu’ils vont nous donner ce soir-là pour nous permettre d’avancer ? Ce qui est rassurant, je dirais - et c'est ce que j'enseigne en tant que prof d'impro par ailleurs - c’est qu'il ne faut pas chercher à avoir une bonne idée. Il ne faut pas chercher non plus ni à être drôle ni original. On vient vide et on voit ce que l’autre nous propose. Donc, finalement, on n’est jamais seul puisque c’est l’autre qui va alimenter nos idées, il va envoyer quelque chose, un mouvement du corps, une idée, il va dire quelque chose et, en fait, normalement, on n’a plus qu’à dérouler. Donc, si on est bien à l’écoute de ce qui se passe et de ce que l’autre a envie de jouer ou de l’idée qu’il propose, normalement les deux n’ont plus qu’à faire la même chose, à s’écouter pour que ça se construise. Donc, d’un côté, c’est très dur et, d’un autre, il y a quand même ce cadre qui nous permet de savoir que l’on n’est pas complètement sans filet parce que l’on n’est pas vraiment seul, tout est là. Il y a aussi les attentes du public et celui-ci s’invente ce qu’on ne lui a pas forcément montré. Il comble, naturellement, les trous et notre job est aussi de satisfaire cette attente. Il y a alors deux choses : soit on la satisfait et il y a ce soulagement, « c’est bon, c’est ce que l’on attendait, tout va bien », soit on ne le fait pas, il y a l’effet de surprise, qui est aussi génial parce que surprendre un public, c’est le pompon, la cerise sur le gâteau. Mais, oui, c’est flippant parce que, cinq minutes avant, on n’a aucune idée des personnages. En moyenne, je dirais que l’on a cinq à six personnages minimum par spectacle. Dès fois même plus…

 

 

A la fin, en sortant, ce doit être un vrai plaisir et une réelle satisfaction d’avoir su répondre, une fois encore, à l’enjeu et aux attentes ?

Oui ! Effectivement, il y a deux choses. On est allés jusqu’au bout, on a bouclé les histoires, on a réussi, on a rempli la promesse, en général le public est quand même très très content et assez impressionné parce qu’il y a une performance pas négligeable. Après, on reste des comédiens, des artistes, on est exigeants donc on n'est jamais pleinement contents (rires). A chaque fois, on se demande ce que l’on pourrait améliorer, comment on aurait pu mieux réussir. Nous, de l’intérieur, voyons les choses qui auraient pu être encore mieux. Donc on ne se contente pas simplement de se féliciter, on a toujours cette posture de se dire « ok, c’est génial mais il faut qu’on continue encore de s’améliorer, d’aller plus loin, d’être encore plus impressionnants ». Mais, oui, on est contents quand même…et fatigués.

D’ailleurs, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

C’est vraiment le côté « waouh ! Comment vous faites ? ». Parfois, on fait des transitions tellement rapides que le public n’a pas forcément pris conscience qu’on avait changé de personnages que nous sommes déjà sur le fil de l’autre histoire. Dans notre têtecette mécanique est devenue une seconde nature, pour nous c'est évident. Il y a un côté très cérébral dans le fait de pouvoir entremêler et comprendre ces histoires. C'est assez complexe et le public est à la fois impressionné et satisfait de cette complexité. Ils aiment aussi beaucoup nos personnages. Encore une fois, on a des costumes très marqués, qui sont ceux des agents officiels mais ça n’empêche pas de devoir faire croire par exemple à une hooligan très violente et très vulgaire. En costume de Pamela, je peux aussi être amenée à faire une voyante ou une animatrice radio, voire même un extraterrestre ou encore un animal. La performance est donc de faire croire à ce nouveau personnage alors que l'on est habillé avec la tenue de l'agent que l'on a présenté.

On nous remercie aussi souvent pour l’humour. En ce moment, l'improvisation chercher à s’intellectualiser un petit peu, à être plus « sérieuse » (parler du deuil, jouer des émotions sincères, moins être dans la caricature...). Ce n’est pas notre truc, on sait le faire mais on a vraiment choisi d’être du divertissement, notre but est que le public se marre. On peut être un peu caricaturaux et c’est aussi pour cela que ça se passe dans les années 80, c’est plus facile de rigoler de quelque chose qui est passé et qui n’est plus vraiment nous. C’est aussi une période qui s’y prête vachement, que ce soient la mode ou la musique, c’était très marqué. Souvent, le public nous remercie de les avoir fait rire, tout simplement. Les gens rigolent bien et voient que l’on prend du plaisir sur scène. Ils voient que l’on s’amuse et le public prend un peu les émotions du comédien. Donc le côté drôle ressort beaucoup. Et puis la performance d’avoir écrit pendant une heure et quart, alors que l’on n’avait aucune idée de ce que l’on allait jouer dix minutes avant.

 

 

Au travers des différents rôles et personnages que vous devez interpréter dans la même représentation et d’une date à une autre, cela doit sans doute être très plaisant, artistiquement parlant, de pouvoir utiliser une palette de jeu très large ?

Oui, tout à fait ! Ce personnage doit rester le même finalement, son carcan est tout petit – un super héros qui sait tout faire et qui peut tout réussir. Après, en effet, tout est possible, plus c’est diversifié plus c’est agréable et plus on fait de spectacles plus on s’autorise de nouvelles choses. Au fur et à mesure, on s’ouvre un peu plus sur les différentes choses que l'on sait faire les uns les autres, nous qui avons quatre personnalités bien différentes, en tant que comédiens et personnes. C'est génial de pouvoir faire autant de personnages différents et d'essayer de nouveaux trucs. De temps en temps, on a des personnages refuges, que l’on maitrise et avec lesquels on sait que ça va marcher mais, là, en jouant toutes les semaines, je suis obligée d’aller me renouveler, de me surprendre moi-même en essayant des choses que je n’aurais peut-être pas eu besoin de faire si c’était un spectacle moins exigeant. Il y a aussi la demande des autres comédiens. Un soir, ils ont eu besoin d'une humoriste avec un gros costume pour les enfants. Alors question : comment on improvise un comique déguisé ? Il a fallu y aller. J´ai aussi dû faire des extraterrestres, ce n'est pas du tout mon truc (rires). On l’essaie en live, est-ce que ça marche ou pas ? Donc, oui, ça oblige à aller chercher, comme un comédien classique mais lui a des mois et des mois pour trouver le personnage, là où nous n’avons que quelques secondes. On y va, l’urgence en général fait qu’il sort.

En complément, vous développez un autre projet, celui des « Imparfaits ». Un mot sur cette autre aventure ?

Avec les autres membres des « Imparfaits »,  nous nous sommes rencontrés parce que l'on est improvisateurs-comédiens. C’est un savant mélange des deux, nous avons les deux casquettes. A l’origine, on devait surtout proposer un spectacle sur ce que l’on appelle le jeu de scène, qui est quelque chose que l’on développe moins en improvisation en France. Souvent, en improvisation, on raconte une histoire, on a un début puis une évolution. Le jeu de scène est tout l’inverse, on prend une bizarrerie sur une scène et on l’étire, on l’étire, on l’étire, on l’exagère, on la transpose, on s’amuse avec. De ces spectacles d’improvisation est née l’idée d’en faire des sketchs. L’impro n’est donc pas très loin, elle est quand même source de cette écriture. On fait des impros entre nous et si le sketch nous fait rire, on se dit « ok, on l’écrit ». Là, on s’autorise à le refaire, on teste des trucs, on improvise, on part – c’est la magie de l’impro – sur une autre piste,… Quand on a suffisamment de matière, on l'écrit, on l’apprend, on le tourne et on le partage sur les réseaux. Depuis le 26 octobre, on en diffuse trois par semaine sur notre chaine Youtube « lesimparfaits.latroupe », un beau rythme, très intense. Une fois par mois, en général le quatrième samedi, on se produit dans un bar très célèbre de l’impro, l'Improvi'bar. C’est chouette aussi !

Merci, Ingrid, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Alexiane Torres évoque son spectacle, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Alexiane,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, chaque vendredi soir, au théâtre La Flèche, pour « Pièce à conviction ». Avant de s’intéresser au spectacle en lui-même, on imagine, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Tout à fait ! Oui, oui, il y a eu cette période Covid qui a fait que, forcément, on est très heureux de retrouver le public. Surtout, le seule en scène amène cette proximité que je recherchais lors de la création de ce spectacle, c’est-à-dire vraiment un lien direct avec le public. Puisqu’il y a un petit côté one woman-show dans le spectacle, qui fait que je suis en interaction directe et c’est un plaisir qui, oui, est plus nuancé dans un spectacle où il y a un quatrième mur. Cette proximité, dans mon seule en scène, est précieuse, c’est sûr.

Avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

« Pièce à conviction » est une enquête humoristique de police. Ce sont les pièces à conviction elles-mêmes qui viennent apporter les éléments de l’enquête. Donc il y a un couteau qui parle canadien, un pistolet qui parle allemand. Ils viennent en fait apporter des éléments à cette enquête, suite à l’assassinat de Joy, une chanteuse. Tous les personnages gravitent forcément autour de cette résolution d’enquête, j’aimais bien l’idée d’un polar, je trouve qu’au niveau de la tension, un polar reste une source sûre, pour un public, lui permettant d’être accroché à une histoire, à une dramaturgie. C’était un prétexte pour jouer plein de personnages mais avec ce film conducteur, aussi pour inclure de façon ludique les spectateurs dans la résolution de cette enquête, pour qu’ils se fassent leur chemin mental pendant le spectacle. Je trouvais cela très actif pour le public.

 

@ Marie Charbonnier

 

Cela doit sans doute être un vrai challenge artistique de switcher aussi souvent de personnages ?

Oui mais c’est vraiment un bonheur. Lors de la création, j’avais pensé mettre un paravent pour y faire mes changements derrière. Mon metteur en scène m’avait finalement suggéré de les faire à vue. C’est vrai que c’est mieux ainsi, c’est formidable au niveau du jeu, cela donne une liberté géniale. Il faut être un peu précis mais c’est vraiment très chouette. En tant que comédienne, se dire que, pendant une heure, on va passer d’un personnage à un autre, ça reste très jouissif.

Sans doute aussi que ces changements vous aident à vous projeter dans la peau du personnage suivant ?

C’est, en fait, un jeu très corporel que je fais puisque mon costume est un très simple, avec un jean et un haut. J’avais demandé une costumière et, finalement, les costumes étaient un peu parasites. Comme le dit Al Pacino, « l’humour, c’est le corps ». Je suis assez d’accord avec lui, je fais beaucoup passer les choses dans le corps. Donc Gabrielle, la petite stagiaire, a les épaules très recroquevillées, c’est quelqu’un qui est peu sûre d’elle donc elle a les mains un peu nerveuses. Ensuite, on a le médecin légiste, c’est un vieux monsieur donc il se tient très courbé. L’enquêtrice a la main sur la hanche, elle est très ouverte. En fait, les changements passent beaucoup par ce jeu corporel-là, je transforme ma voix et ma veste devient en fait un accessoire. J’ajoute parfois autre chose, par exemple le rappeur a une casquette, la chanteuse porte des lunettes. Les accents sont aussi des prétextes pour des personnages un peu affirmés mais rigolos. C’est une manière de cantonner des rôles différents et pour que chaque personnage ait une personnalité bien propre. Il n’y a pas mieux qu’un accent pour donner le ton d’un personnage.

Si on revient à l’origine de ce projet, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de développer ce seule-en-scène ?

J’avais envie de défendre un spectacle humoristique. J’ai fait pas mal de classiques en sortant du conservatoire, j’adore, c’est formidable mais j’avais aussi envie de revenir à l’humour pur et dur. Parce que le jeu que cela apporte est très libre, sans oublier la joie des spectateurs et la promiscuité avec eux, forcément. Un seule-en-scène est le meilleur moyen d’avoir un vrai lien avec le public, directement. Et puis j’aime beaucoup raconter une histoire. Surtout, de pouvoir jouer des rôles que l’on ne m’aurait pas donnés, que je me suis donnés à moi-même, en me demandant ce que je rêverais de jouer et qui me ferait rire. De là est née la chanteuse de pop par exemple. J’ai réalisé des petits rêves de comédienne via certains personnages, je me les suis octroyés et les ai partagés avec le public.

 

@ Marie Charbonnier

 

Plus globalement, quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public ?

A l’issue de la première, un journaliste avait écrit un article en disant quelque chose de très juste, à savoir que c’est un univers un peu à la « Tex Avery » ou à la « Agatha Christie ». Ce n’est pas faux, comme il y a beaucoup de bruitage et, en même temps, une enquête de police, il y a un mélange de plein de personnages très caractérisés. Souvent, les gens aiment beaucoup la galerie de personnages, la pluralité que l’on a créée, ils passent un bon moment, rigolent bien. Ils me disent être impressionnés aussi mais bon, c’est du travail avant tout. Il y a également un sketch où des organes parlent entre eux, ça marche bien. Je demande au médecin légiste s’il peut me parler de l’autopsie du corps et il me dit « oui, j’ai reconstitué la valse des organes entre 21h 15 et 21h 35, le cerveau nous parlait ainsi »…Tout d’un coup, je fais le cerveau qui parle au poumon, le couteau qui se plante dans celui-ci, …En fait, cet échange entre les organes, souvent, ressort et fait beaucoup rire les gens.

Même si, sans doute, vous les appréciez tous, aimez-vous peut-être certains personnages encore plus que les autres ?

Finalement, le personnage de Gabrielle, la stagiaire. C’est une stagiaire très timide, je voulais en faire une espèce d’anti-héroïne. Parfois, les enquêtes sont résolues par ceux que l’on n’imagine pas, j’aime bien cette anti-héroïne, c’est celle que l’on considère moins et, finalement, c’est celle qui a l’intelligence la plus accrue mais que l’on ne soupçonne pas. J’aime bien ce genre de personnages où les autres ne voient pas le potentiel qu’ils peuvent avoir parce que ce ne sont pas des gens très sociables au début et qui, tout d’un coup, se révèlent. Comme je joue des personnages très exubérants, tout d’un coup il y a cette fille qui arrive. Dans les prochaines versions, je pense que je vais vraiment retravailler pour que ce soit elle le fil rouge. J’aime ce personnage un peu timide, moins sûr de lui, qui a cette intelligence un peu cachée. Je l’aime bien, je l’aime de plus en plus parce qu’il met tous les autres en relief. Lui, par sa timidité, par le fait qu’il soit un peu plus réservé, met les autres en exergue.

 

@ Marie Charbonnier

 

En parallèle, quels sont vos autres projets du moment ?

J’ai des dates de tournée avec « Andromaque » et pour « Phèdre ». Ainsi qu’un projet avec la compagnie Arts et Cendre, ce seront trois spectacles qui formeront un ensemble de sept heures de représentation, une comédie qui se situe dans Paris à l’orée des grandes guerres du XXème siècle. Et plein d’autres petites choses à côté, notamment un monologue d’une tenniswoman que l’on va jouer à Metz, dans un lycée, mi-novembre.

Merci, Alexiane, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Florence Coste évoque son actualité théâtrale et télévisuelle !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

Vous êtes de retour sur scène, à Paris, au théâtre le Ranelagh, dans la pièce « Les Muses ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de revenir sur scène ?

Oui, c’est très important pour moi de continuer à être sur les planches.  Le rythme des tournages sur « Ici tout commence » est intense mais je fais en sorte d’arranger mon planning pour pouvoir jouer au théâtre dès que possible. C’est agréable de pouvoir passer de l’un à l’autre, de traverser d’autres personnages, d’autres histoires. 

Je suis ravie aussi que l’on soit programmé à Paris parce que c’est toujours une consécration pour une pièce. On peut faire venir les copains, les gens du métier. En plus, c’est une équipe avec qui j’ai beaucoup joué donc c’est aussi une petite famille, je suis contente de les retrouver.

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est une comédie écrite par Claire Couture et Mathilde Le Quellec. On est  quatre comédiennes sur scène, et on incarne des  œuvres d’art que tout le monde connaît. Il y a la petite danseuse de Degas, la Vénus de Botticelli, la Joconde de Léonard de Vinci et la Marilyn rose d’Andy Warhol qui sortent de leur cadre la nuit, quand il n’y a plus de public dans le musée. Et elles comptent bien faire entendre leurs voix car un concours les met en concurrence pour élire la plus belle œuvre du monde. 

Cela permet de traiter différents sujets comme l’image de soi, le féminisme, le beau, le beau dans le temps, la différence etc. A l’heure des réseaux sociaux et de la mise en scène de soi à tout prix, ça permet, par l’humour, d’aborder des problématiques très actuelles. Les 4 personnages sont hauts en couleurs, drôles et rafraîchissants mais permettent également de traiter un vrai fond. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, la Marilyn rose ?

C’est un rôle de composition. Elle est vraiment loin de moi, du moins je l’espère. C’est la star dans toute sa splendeur, avec un ego démesuré. Elle a besoin de prendre toute la place et elle est dans une mise en scène permanente d’elle-même. Bon, elle a aussi des côtés sympas hein : Elle apporte beaucoup de fraîcheur, d’énergie et, malgré tous ses défauts, elle est touchante car on sent chez elle une grande solitude et une grande fragilité. Dans l'œuvre d’Andy Warhol, il y a quatre Marilyn, sauf que, dans la pièce, il n’y a plus qu’elle. En arrivant, elle raconte qu’elle est partie parce qu’elle n’en pouvait plus des autres. Mais, au fur et à mesure du spectacle, on apprend que ce sont les autres qui sont parties parce qu’elle était insupportable. Elle se sent terriblement seule parce qu’elle n’arrive pas à se lier avec les gens. Ce qui est joli, c’est que, finalement, elle va réussir cette chose-là, avec les œuvres qui sont sur scène. 

 

 

Au moment de vous approprier ce personnage, avez-vous fait quelques recherches pour mieux vous renseigner ?

En tout cas, je connaissais déjà pas mal la comédienne Marilyn Monroe, j’avais lu un roman sur sa vie, j’avais vu des séries etc.  J’avais donc tout à fait l’imaginaire de ce qu’elle peut représenter, de son aura, d’un côté aussi très sensuel qu’il fallait apporter au personnage. Mais dans le cadre de cette pièce, le travail est encore plus spécifique car je n’interprète pas Marilyn Monroe mais la Marilyn rose d’Andy Warhol. Donc j’ai pu lui apporter de la folie et pousser les curseurs dans le jeu. Ce spectacle est très exigeant, déjà du fait de cette  grosse composition mais également car c’est un type de comédie particulièrement basé sur le rythme. Tout est très précis dans nos échanges, dans nos corps aussi. Il y a également des parties musicales avec des chansons en polyphonie qui ont été écrites de façon très talentueuse mais avec des voix très difficiles à apprendre. 

Ce spectacle avait été joué en Avignon avant le Covid, vous venez de débuter les premières dates parisiennes, avec une distribution qui s’enrichit. En l’occurrence, vous êtes trois sur votre rôle. Il y a donc sans doute eu un vrai travail en commun, en concertation pour l’appropriation de ce personnage ?

Ce qui est hyper important, c’est que l’on a des rendez-vous qui doivent être précis pour que, quand on change de distribution, les partenaires ne soient pas désarçonnés. On a besoin d’être extrêmement précis sur le cadre pour, ensuite, trouver notre liberté d’interprétation. On est des comédiennes différentes, on ne va pas faire la même Marilyn et faire un copier-coller. Ce qui est intéressant, c’est de s’approprier le personnage. Ça a été tout l’objet de notre  travail en amont de Paris.

Ce spectacle mélange des arts qui vous tiennent particulièrement à cœur, avec le jeu et la musique. Cela doit être très plaisant ?

J’adore le spectacle musical, je trouve que c’est génial de pouvoir s’exprimer à travers autant de disciplines différentes. Et puis ça me rappelle mes débuts. 

 

 

En complément, vous l’avez dit, vous retrouvez régulièrement les équipes de tournage de la série quotidienne de TF1 « Ici tout commence ». Là aussi, ce doit être également un plaisir à chaque fois de retrouver votre personnage de Laetitia que vous interprétez depuis un an et demi maintenant ?

Oui, j’y vais presque toutes les semaines donc c’est ma deuxième maison. J’ai un appartement maintenant dans lequel je suis installée quand je vais là-bas, j’ai ma petite famille du sud avec Axelle qui joue Kelly, Kathy qui joue Deva, Julien qui joue Zacharie, Pascal notre coach avec qui on travaille nos scènes. Ils sont devenus bien plus que des collègues de travail, ce sont mes amis. Et professionnellement, c'est une grande joie d'interpréter Laetitia. Je la trouve surprenante et fantasque. Il n'y a pas de sensation d'ennui car les auteurs trouvent toujours des situations improbables pour ce personnage. Je suis très heureuse sur la série.

Personnellement et professionnellement, elle a quand même vécu beaucoup de choses depuis dix-huit mois…

Oui, elle a connu une grosse évolution, elle a beaucoup mûri car, au début, elle faisait quand même pas mal de conneries et elle mentait beaucoup. Je pense qu’elle s’est apaisée en trouvant un endroit où s’installer et où elles peuvent enfin être heureuses avec Kelly, elle qui a toujours été déracinée. Elle rêvait que sa fille intègre l’institut et réalise son rêve, ça a marché. Elle voulait aussi une belle relation stable avec quelqu’un de sain, ça a marché un temps mais ça a été une étape importante dans son parcours. Professionnellement, elle a été promue. Elle a retrouvé aussi sa demi-sœur. C’est-à-dire qu’elle est vraiment en train de construire sa vie comme elle n’avait jamais pu le faire avant. J'aime son évolution mais aussi qu'elle garde sa fraicheur et sa fantaisie, qui font son charme et qui en font un personnage un peu à part. C'est très épanouissant  d'avoir la chance de travailler comme ça un personnage sur la durée, de l’accompagner.

Pour terminer, notons aussi un cadre de tournage sublime, qui laisse un champ des possibles très important, avec la beauté, la richesse, la diversité du lieu, sans oublier le travail de l’équipe artistique, qui est allé jusque dans les moindres détails de décoration….

Oui, c’est magnifique. Le château est sublime, on est dans de très beaux décors, c’est une chance d’avoir un aussi beau cadre de travail. La Camargue est une très belle région également. Je prends le temps d'aller découvrir les alentours dès que possible. J'adore le sentiment de déconnexion que j'ai là-bas. Je suis très citadine, j’adore Paris, j’aime son effervescence culturelle mais d’avoir ces moments de pause en pleine nature dans le sud pour tourner ITC, c’est juste parfait comme équilibre.

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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L'argent fait le bonheur, le TMG, Acting Paris : Marina Gauthier évoque sa rentrée artistique très chargée !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marina,

Quelle joie de vous retrouver pour cette nouvelle interview !

A partir du 1er septembre prochain, la pièce « L’argent fait le bonheur », dont vous assurez la mise en scène, sera à l’affiche de la comédie Saint-Michel. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous de participer à cette nouvelle aventure ?

Absolument ! Je suis très heureuse de démarrer cette nouvelle aventure. J’ai rencontré l’équipe au mois de mars et tout s’est passé très vite. Ils m’ont présenté une scénette de la pièce et j’y ai vu le potentiel. Ils m’ont alors proposé de faire la mise en scène et j’ai bien évidemment accepté. Un joli pari car nous n’avions que 2 mois devant nous.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ? De quoi parle-t-il ?

C’est une comédie, tout se passe dans une mairie située en plein cœur de Cajarc. Commune du sud de la France où il transpire bon vivre, chant des cigales et oliviers verdoyants. L’Histoire semble s'être arrêtée il y a fort longtemps. Un tableau de Jacques Chirac trône dans le bureau de la mairie.  Monsieur Dubois, le maire de Cajarc, fidèle et amoureux de ses habitants veille au bon fonctionnement. Tandis que son conseiller Clément se démène tant bien que mal à assurer la mission qui lui a été confiée, combler le déficit du budget municipal. Pendant ce temps, Monsieur de la Vigne, aristocrate, rêve avec nostalgie de l'époque où la commune était le fief de ses ancêtres. Etienne Formentier, l'agriculteur, travaille... Enfin compte ses haricots. Quand les chemins de ses protagonistes vont se croiser pour de gros enjeux financiers, le calme à Cajarc ne sera que de courte durée ! Car c’est bien connu ; « L’argent fait le bonheur » …ou pas !

Même si ce n’est jamais évident à dire en amont, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire, selon vous, au public ?

Déjà, on parle d’un sujet qui interpelle tout le monde, l’argent. Finalement, tout le monde se pose la question dans cette course à la consommation, ai-je besoin de posséder pour me sentir vivant ? « L’argent fait le bonheur » est une comédie qui, au départ, semble légère et qui, petit à petit, s’amorce en profondeur, dénonçant un système gouvernemental peu glorieux. Le public se retrouve dans un rythme joyeux et loufoque.

 

 

Nous le disions, vous participez à la mise en scène du spectacle. Avez-vous eu, en ce sens, des sources particulières d’inspiration ?

Comme c’était une pièce qui avait déjà été montée par le passé, l’auteur avait dessiné un squelette que je ne voulais pas dénaturer. Je lui ai proposé ma vision par la suite, instinctive. J’attends toujours de rencontrer l’équipe, de voir quel jeu les comédiens me proposent et c’est à partir de là que tout commence à se dessiner, petit à petit, avec beaucoup d’écritures au plateau. Je suis d’ailleurs ravie de collaborer avec une équipe si bienveillante et réactive.

On imagine que le rythme de préparation doit être particulièrement intense ?

Il est très intense puisqu’on aura eu, en tout et pour tout, trois semaines de répétitions. Mais c’est ce qui est excitant. Ils sont très généreux dans le travail donc les répétitions se sont accélérées, s’accélèrent encore dans la bonne humeur. Le fait d’avoir une deadline aussi courte met vraiment de l’huile dans le moteur pour toute l’équipe !

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

J’essaie de ne pas communiquer mon appréhension puisque l’on est encore en répétitions. Même si personnellement, je suis plutôt sereine. A force d’avoir monté des projets rapidement, j’essaie d’anticiper tout ce qui pourrait arriver et il y a surtout de l’excitation qui prend le dessus. Ce sera plus le jour J que ça va monter, en plus c’est le jour où on fait le filage donc je vais essayer de les économiser. Il va y avoir cette effervescence tant appréciée par les équipes, où c’est le bordel, où tout le monde est excité, stressé, angoissé…  La routine  des artistes !

Justement, le jour J, à 21h 30, lorsque le rideau s’ouvrira et que ça démarrera, le bébé ne vous appartiendra plus pendant un peu plus d’une heure et vous ne pourrez alors plus rien faire. Ce doit être des sensations très étranges, non ?

C’est ça, je serai spectatrice, comme toutes les autres personnes dans la salle. Là, c’est le moment où il faut lâcher prise. Un metteur en scène, c’est un peu comme un peintre. Il prend ses pinceaux, ses outils, avec ses comédiens qui sont la palette de couleurs, ensemble ils dessinent la toile et, le jour où elle est achevée, il faut savoir s’en détacher. Il y a une part d’abandon, de lâcher-prise, ils offrent leur œuvre au public.

Au-delà de ce rôle de spectatrice, on peut penser que, sur les premières représentations, vous garderez un œil très avisé et très aiguisé pour pouvoir ensuite leur débriefer et affiner ensemble en fonction de ce qu’eux auront ressenti et des retours du public ?

Evidemment ! Pour les deux premières, je serai avec le régisseur, avec mon petit calepin et mon petit stylo. Même si je ne pourrai pas interagir, je serai là pour écouter et noter. Ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, quel est le rendu. On a beau répéter, faire des filages, c’est en conditions réelles que l’on voit tout ce qui se passe.

A noter que la pièce sera à l’affiche tous les jeudis et tous les samedis, à 21h 30. Avec Jules Altur-Ortiz, Clément Hernandez, Enzo Pinducciu et Vincent Rousseau. 

 

 

En complément, la rentée approchant au TMG, vous devez être sans doute très impatiente de pouvoir proposer au public la nouvelle programmation ?

Absolument ! Je suis ravie de pouvoir vivre cette rentrée, sans encombre. C’est l’excitation, on repart avec de nouvelles rencontres, de nouveaux artistes, avec une programmation toujours aussi éclectique. J’ai hâte de voir un petit peu les avis du public, comment ils vont la recevoir et de revoir le théâtre s’activer. J’ai hâte de revoir la vie, l’animation au sein du théâtre, de retrouver mes équipes et toute cette effervescence bien sûr.

Pour finir, parmi vos différentes casquettes artistiques, vous allez proposer des master-class, dans le cadre d’une nouvelle école qui va ouvrir ses portes…

Exactement ! Une école qui s’appelle Acting Paris, une nouvelle école de cinéma qui propose plein de cours divers et variés, dans un lieu atypique, sur une péniche à Asnières. Personnellement, j’ai voulu travailler avec la personne qui est en charge de la création de cette école puisqu’il avait une idée nouvelle, avec des valeurs et l’envie vraiment de proposer un programme de qualité pour les jeunes interprètes. C’est ce qui m’a donné l’envie de collaborer avec son équipe, j’ai hâte de démarrer cela et de pouvoir rencontrer tous types d’artistes et de travailler avec eux. Me concernant, ce sera pour travailler des scènes de théâtre.

Cette rentrée se fait sur les chapeaux de roues mais avec des bonnes nouvelles. Ce doit être très chouette ?

C’est plutôt très chouette ! Il se passe plein de choses, j’en suis la première ravie, je suis chanceuse, je travaille pour et c’est ce que je souhaite à tout artiste, de trouver la passion et le travail pour faire des projets et des rencontres.

Merci, Marina, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Marion Cador évoque sa pièce de théâtre, actuellement à l'affiche !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marion,

Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre La Boussole, dans la pièce « Les Demoiselles ». A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, c’est un grand plaisir parce que, déjà, c’est six shows semaine, avec le lundi off. Ce qui est très plaisant, c’est que l’on est cinq nanas, avec Stan Cramer, le pianiste, on s’entend vraiment hyper bien, c’est un plaisir de se retrouver tous les jours pour se préparer, jouer ensemble et, ensuite, de temps en temps, on va boire un coup après. Vraiment, c’est une aventure, en plus d’être artistique, qui est très humaine et ça fait du bien.

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?

Ca raconte l’histoire de cinq jeunes femmes, qui se retrouvent à travailler en tant que réceptionnistes téléphoniques d’un bureau de poste, rue Drouot, dans les années 50. Il y a un certain traintrain avec Nicole, celle qui dirige ces réceptionnistes. On va rencontrer Joe et Lili, qui sont là depuis pas mal de temps, on pense que Lili est celle qui a le plus de background dans cette équipe. Il va y avoir Claudine, la femme du patron, ancienne réceptionniste, qui soupçonne son mari de la tromper avec les autres réceptionnistes. Il y a donc quand même un poids dans ce bureau de poste, face auquel Nicole va devoir faire face. Quelqu’un vient d’être viré donc il y a une stagiaire qui arrive, Catherine, mon personnage, qui débarque, de sa Normandie, en étant toute contente, heureuse de pouvoir faire carrière à Paris et d’avoir un travail. A l’époque, ce n’était pas gagné, pour une femme d’avoir un travail... Catherine, qui est assez carriériste, est contente de pouvoir être indépendante, elle est prête à tout pour réussir, pour y arriver et elle va se rendre compte que ça ne va pas être aussi simple que cela. Parce qu’être une femme à l’époque, c’est bien sympa, on a de belles coiffures, de belles robes, de beaux jupons mais il faut quand même avoir du caractère pour survivre dans ce milieu-là.

Je pense que, au-delà de parler des années 50, ce qui est bien dans cette pièce, c’est que justement on est dans une période passée, qui est actée pour tout le monde comme étant un moment où être une femme faisait grandir dans un monde très misogyne. Donc les gens ne font pas tout de suite le parallèle avec aujourd’hui mais il y a des choses que l’on peut trouver encore, qui sont assez similaires, au niveau de la condition, du travail. On essaie de faire passer ce message-là mais d’une façon très douce, très subtile, en monde « il n’y a aucun jugement » parce que l’on a quand même fait du progrès, beaucoup de pas ont été réalisés depuis les années 50. Mais ce n’est pas encore totalement corrigé, oui, à l’époque c’était dur d’être une femme mais, encore aujourd’hui, on se retrouve dans des situations un peu injustes et misogynes, surtout dans le travail. Il est bon de savoir que ça existe encore de nos jours, c’est un peu le message de cette pièce qu’a voulu faire passer l’autrice, Hélène Buannic…

 

 

C’est aussi, on l’a compris, un spectacle musical…

Dans la comédie musicale, j’aime bien décliner les sous-catégories. Ici, c’est du théâtre musical, c’est une pièce musicale, avec une base de théâtre où il y a de petits interludes musicaux. J’aime bien cette définition de la comédie musicale, qui n’est pas de moi mais que je ressors à chaque fois : « quand l’émotion est trop forte pour juste la dire, on la chante et quand elle est encore plus forte, on la danse ». Je trouve cela très poétique. Du coup, c’est ce qui se passe dans cette pièce-là, on a toute notre moment un peu très expressif où on va se mettre à chanter une composition originale. Mais ce qui est le plus important, c’est le jeu, c’est l’interprétation. Ce n’est pas juste du chant, on n’est pas là pour un concert, on est là avant tout pour interpréter et jouer les moments musicaux, comme le souhaite notre metteur en scène Julien Husser. Notons que la musique est signée Grégory Garell et les paroles Louise Salle.

Quels sont les principaux retours que vous pouvez avoir du public ?

En étant dedans, il est sûr que l’on a perdu un peu d’objectivité par rapport à la pièce. On espère et on souhaite qu’elle plaise au plus grand nombre de personnes. On est très contentes et agréablement surprises des retours que l’on a quand on sort du théâtre. Il y a des gens qui nous attendent pour nous féliciter, ils ressortent très contents de la pièce, le message passe très bien. La petite subtilité de la fin plait énormémentJ. On voit même des femmes pleurer….Mais je ne vous en dis pas plus. En tout cas, ça fait vraiment chaud au cœur, je suis encore surprise de ces réactions, je me dis « oh là là, on arrive à faire ressentir cela aux gens, c’est fort ». C’est là que je remercie la vie de m’avoir offert ce cadeau.

Les commentaires sur internet sont aussi très bons, on nous dit passer par toutes les émotions, les gens rient beaucoup au début puis il y a un moment où ça bascule un peu dans le drame, embarquant aussi le public.

Au moment de vous approprier ce personnage, vous étiez-vous plongée dans le contexte historique de l’époque pour bien en percevoir les enjeux ?

Oui, bien sûr ! Ça fait quand même quelques années que je m’intéresse à la condition de la femme et que je la défends. Surtout l’équité et l’égalité entre les hommes et les femmes. Donc, oui, je me suis penchée dessus, pour comprendre si les femmes, en général, étaient ok avec ces conditions-là, si c’était vraiment dans les habitudes et les mœurs. Je me suis rendue compte que non, on se taisait parce qu’il fallait se taire. Mais il y avait quand même des combats qui commençaient à se mener. Par exemple, les femmes tatouées étaient rejetées et mal vues. Aujourd’hui, ça devient vraiment quelque chose de banal…Le droit de vote est arrivé pas longtemps avant et, encore, sous certaines conditions.

On a toutes les cinq regardé des documentaires pour savoir comment travaillaient les réceptionnistes, pour ne pas faire des gestes inappropriés. On est beaucoup avec des dossiers dans le spectacle, c’est quelque chose que l’on a ramené dans la pièce car, à l’époque, les femmes devaient surtout répondre au téléphone et n’avaient pas forcément beaucoup le droit d’écrire.

Catherine a un peu une « singularité », elle est homosexuelle, elle le cache, elle se dit qu’en arrivant à Paris, elle ne peut pas en parler, qu’elle aura une vie différente, en épousant un homme et en ramenant elle-même l’argent à la maison. Ce qui en fera la fierté de la famille. C’est son but, de se cacher elle-même, de débarquer avec une toute autre identité, c’est un nouveau départ pour elle. Au final, elle se rend compte que le naturel revient au galop, elle rencontre une lesbienne dans son centre rue Drouot, ça la perturbe un peu de voir qu’il peut y avoir des femmes qui défendent cela et qui sont quand même assez courageuses pour le revendiquer. Donc elle se laisse prendre au jeu et, finalement, elle va totalement se libérer de cela. C’est quelque chose que l’on retrouve encore aujourd’hui d’ailleurs.

 

 

La pièce est à l’affiche jusqu’au 11 septembre. Sans doute aimeriez-vous voir l’aventure se prolonger ?

Exactement ! On espère aller vraiment loin avec cette pièce. Là, il est encore trop tôt pour annoncer d’éventuelles prolongations ou un éventuel déménagement. Mais on en a très envie !

En complément, quels sont vos autres projets artistiques du moment ?

Je suis en création d’un trio vocal, « Les jingle ladies », avec deux amies, Marianne Millet et Nina Brégeau. On essaie de ramener un petit peu de modernité, on se concentre sur les musiques de télé, notamment les génériques à partir des années 80, avec « Une nounou d’enfer », « Pokémon », « Friends »,…et on les décline en country, en jazz, en rock, … pour que les gens reconnaissent les musiques sans les reconnaitre. Il y aura un côté un peu interactif avec le public, on travaille avec un compositeur qui nous réarrange les musiques justement et, sans trop en divulguer, ce sera le public qui choisira la musique et le style. Du coup, on va faire un petit melting pot avec tout cela.

Merci, Marion, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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