Sandrine Seubille évoque sa belle actualité théâtrale !
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Bonjour Sandrine,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous serez sur les planches de La Scène Libre, à partir du 3 septembre prochain, avec la pièce “Un espoir : Les trois reflets d’une adoption”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, c’est toujours grisant de rencontrer une nouvelle équipe et de travailler un nouveau rôle. Pour “Un espoir”, je suis gâtée : le rôle de Minette est magnifique et l’équipe super sympa. Je connaissais déjà Christine Gagnepain, j’adore cette comédienne et je découvre Jenny Trehoux qui joue ma fille, merveilleuse, puis Diana Iliescu, notre metteuse en scène. Quelle belle rencontre ! Nous avons commencé à répéter le 3 août et depuis ce jour, je suis sur un nuage !
J’adore les débuts d’aventure, les créations…Celle ci est extrêmement exigeante, l’écriture de Wendy Beckett cinglante, le rôle est complexe, la partition plutôt dramatique, intense, une présence au plateau quasi non stop pendant toute la pièce, on bosse comme des dingues.
Plus concrètement, avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher ce spectacle ?
Le thème général est celui de l’adoption. On suit trois destins croisés : une mère biologique (moi), une mère adoptive (Christine Gagnepain) et une jeune fille, Deidre (Jenny Tréhoux). L’intrigue se passe dans un laps de temps assez court, une semaine, où la mère biologique écrit et envoie des lettres à la mère adoptive et tente aussi de se rapprocher de son enfant, qu’elle a abandonné quand elle avait trois ans. Minette a peur de cette intrusion, à tel point qu’elle cache ces lettres, que sa fille va finir par découvrir…Deidre savait qu’elle avait été adoptée mais elle découvre enfin cette femme ! Elle s’en était fait plein d’images et, à travers ces lettres, elle découvre qui est vraiment sa mère, son histoire, son passé…Elle remet en question sa vie avec Minette : qui est-elle ? D’où vient-elle, qui est cette mère biologique, pourquoi a-t-elle été abandonnée ?
Minette elle, a peur de perdre sa fille et de finir seule…A 17 ans, c’est l’âge où sa fille commence à sortir, s’échappe de la maison, tombe amoureuse mais Minette veut la garder pour elle toute seule…et la présence d’Harpie, la mère adoptive, menace également ce huis clos mère/fille
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Je ne vais pas spoiler la fin mais la pièce s’appelle “Un espoir” donc ça s’ouvre sur des blessures qui, peut être, peuvent s’apaiser, une quête d’identité qui, peut être, s’achève, des vérités qui, peut être, apparaissent et font grandir.
Quel regard portez-vous sur votre personnage, Minette, la mère adoptive ?
On vient de passer la première semaine de répétitions, je suis en plein dans une phase de laboratoire. C’est toujours tout un cheminement passionnant pour moi, de tenter chaque jour de mieux comprendre cette femme, de rentrer dans son histoire, de lui donner vie. Les scènes sont beaucoup dans la confrontation avec sa fille. Il y a beaucoup d’excès, de colère, d’humour aussi parfois, tant Minette esquive par tous les moyens le conflit avec sa fille.
Elle est victime de ses peurs et elle fait porter, sur Deidre, beaucoup trop de poids. Elle a une immaturité affective. On se demande parfois qui est la mère et qui est la fille. Et en même temps elle aime Deidre, elle fait tout pour elle, elle est très investie dans son éducation et tente de lui donner le meilleur. Son mari l’a quittée et depuis, elle l’élève seule du mieux qu’elle peut. Elle est extrêmement touchante par son humanité et ses fragilités.
Je suis moi même maman d’une fille de 16 ans et j’adore jouer les mères et raconter des histoires sur la maternité. Les deux spectacles que j’ai joués précédemment : “La Voix d’or” (Eric Bu et Thibaud Houdinière) et “Les Téméraires” (Charlotte Matzneff) m’ont offert des personnages de femmes magnifiques également.
La rencontre que l’on a, nous les comédiens, avec un personnage, est toujours magique. Il y a son histoire et ce que nous allons y mettre de nous. On voit ensuite comment les deux se rencontrent et comment on fait exister l’ensemble…C’est une alchimie entre les deux !
On imagine que la palette de couleurs à défendre doit être très plaisante ?
Oui, parce que la partition est très riche, très complexe. Le fond est plutôt dramatique mais il y a aussi de la comédie, on se marre bien en répétitions. Le personnage de Minette apporte également beaucoup de fantaisie, elle a un côté un peu “too much “.
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A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous actuellement ?
Pour l’instant, je ne préfère pas penser au jour J, sinon j’aurais de quoi flipper parce que, là, on est encore en laboratoire, on découvre, on cherche et on construit ensemble. Je vis plus au jour le jour, je préfère, cela évite de brûler des étapes et de penser tout de suite au résultat.
C’est formidable de travailler avec Diana, elle est extrêmement dans l’écoute, dans la recherche, dans l’échange…C’est une construction, ensemble ! Les 3 rôles sont très complexes, Diana très exigeante mais également pleine de confiance, nous avançons ensemble. Cette confiance qu’elle nous accorde est une grande force. Même si le spectacle a déjà été fait, c’est s’en détacher pour reconstruire à nouveau, avec nos personnalités.
Selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux spectateurs qui viendront voir la pièce ?
L’adoption est un sujet passionnant, qui n’est pas forcément souvent abordé au théâtre. Ici, j’aime la façon dont il est traité parce qu’il va assez loin dans le dessin de la psychologie humaine et les trois personnages féminins sont magnifiques. D'ailleurs, Wendy connaît bien le sujet et s’est inspirée de son histoire. Elle a été adoptée et a adopté sa fille… On sent que ça vient des tripes ! C’est subtil parce que, si l’on va assez loin dans l’intensité dramatique, à aucun moment, il n’y a de jugement.
Minette, par exemple, peut dire parfois des choses horribles mais elle n’est jamais caricaturale ou dans le cliché. C’est plus complexe que cela ! C’est comment les êtres humains, tous, avec leur part sombre et leur part de lumière, s'imbriquent les uns avec les autres. On n’est pas dans un théâtre qui juge, pas de vision manichéenne. Il y a une part de mystère, tout n’est pas dit, et la dernière scène laisse, à chacun, la possibilité d’imaginer une suite…J’aime bien ce théâtre qui pose des choses, qui interroge. A chacun de se faire son histoire..
En complément, deux dates exceptionnelles sont programmées pour la reprise du spectacle musical “Cher Evan Hansen”...
C’est un tout autre registre et c’est ce que j’aime ! Ma formation initiale est vraiment pluridisciplinaire, j’ai suivi à Chaillot des cours de danse, de chant, de théâtre…J’ai un rapport assez physique au plateau et, pour moi, il n’y a pas de clivage entre la comédie musicale et le théâtre, je me sens vraiment comme un poisson dans l’eau dans ces deux disciplines-là. En France, je trouve que, malheureusement, ces deux domaines sont parfois séparés. Ça me met toujours hors de moi d’entendre cette question : “Mais tu es comédienne ou chanteuse ?”.....Je revendique ce droit de pouvoir passer de l’un à l’autre, avec aisance et bonheur. Là, c’est formidable parce qu’en septembre, je vais vivre une semaine géniale où je jouerai "Un espoir” et “Cher Evan Hansen” !
C’est super de reprendre ce spectacle que l’on avait joué, cet hiver, au théâtre de la Madeleine et qui, selon moi, s'était arrêté un peu trop tôt. Aux dernières, on refusait des gens, tellement ça avait plu…C’est hallucinant de voir, sur les réseaux sociaux, le nombre de messages que l’on reçoit pour nous demander de revenir sur une scène parisienne ou en tournée.. On a eu plusieurs récompenses aux Trophées de la Comédie Musicale, les gens ont donc aimé notre spectacle et veulent que l’on revienne. C’est super parce que ces deux dates en laisseront peut-être présager d’autres ? En tout cas, j’aimerais beaucoup !
C’est une magnifique comédie musicale, qui a rencontré son public, avec un sujet actuel, sur le mal-être des adolescents, sur le harcèlement scolaire et les réseaux sociaux. C’est une pièce qui parle à beaucoup d’entre nous, pas seulement aux jeunes mais aussi aux familles. Je jouais le rôle de Cynthia Murphy, la mère de Connor, son fils disparu. C’était très émouvant de l’interpréter, je n’avais pas eu souvent l’occasion, dans une comédie musicale, d’avoir un personnage avec autant de profondeur. Et puis, c'était un bonheur immense de travailler avec Olivier Soliveres et tous mes partenaires !!
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Pour terminer, et boucler la boucle, que peut-on vous souhaiter pour ce mois à venir d’exploitation, en septembre prochain ?
Que la salle soit pleine tous les jours, que le spectacle plaise, qu’on continue d’avoir autant de bonheur à jouer ensemble, à raconter cette histoire et la partager ! Bref, que la magie opère !
Merci, Sandrine, pour toutes vos réponses !
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