L'appli Free Ligue 1, Canal+ Afrique,... : Guillaume Palacios évoque sa passion pour le commentaire et le journalisme sportifs !
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Bonjour Guillaume,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Parmi vos nombreuses casquettes de journaliste sportif, on peut vous retrouver régulièrement sur l’appli « Free Ligue 1 », aux commentaires des rencontres de championnat. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir que cela doit être pour vous ?
C’est sûr ! C’est un plaisir pour moi, de base, de commenter. Ça fait 12 ans que je fais ce métier, ça fait 12 ans que je voulais commenter et, là, on me donne la possibilité de le faire. Personnellement, je n’ai pas toujours l’impression de bosser quand je vais au micro et que je commente du foot mais bon…C’est un plaisir, c’est un bonheur, évidemment et, en plus, le format est assez intéressant. Avec l’appli Free qui permet ces extraits en quasi-direct, c’est un exercice un peu différent de d’habitude où on commente en intégralité, où il faut parfois meubler. Là, on est un peu dans l’immédiateté, on n’est pas obligé de commenter en permanence mais il faut évidemment être là au moment où une action démarre, pour ne pas louper le début. Ce serait un peu bête de rater la passe qui amène à un but. Mais, oui, l’exercice est très cool à faire, avec des collègues que je connais depuis longtemps pour certains, qui sont de super pros, il y a une bonne ambiance entre nous. C’est franchement cool !
Le produit est un peu différent et novateur, c’est chouette de faire partie justement de ce pool qui fait vivre cette appli un peu novatrice.
Justement, commentez-vous l’intégralité des 90 minutes ?
D’autres commentateurs ont, c’est une évidence, beaucoup plus d’heures de vol que moi. On a chacun nos petites techniques. J’ai trouvé ma routine, je fais des stops quand je vois qu’il n’y a pas d’action sur le terrain, j’en profite pour regarder les statistiques en direct et vérifier une ou deux informations. Pour prendre le pas de recul nécessaire afin de ne pas toujours être la tête dans le guidon du live et pour essayer de donner après la petite information utile et nécessaire pour justement apporter quelque chose en plus. Je crois qu’on peut avoir 30 minutes maximum par match, cela fait beaucoup quand même.
Sans dévoiler de grand secret, le commentaire se fait en cabine, depuis Paris. Pour autant, aimez-vous adapter votre rythme et votre tonalité à ce qui se passe sur le terrain et à l’intensité du jeu ?
Absolument ! Je dis toujours que je suis connaisseur en tout et expert en rien. C’est comme cela que j’aime bien me définir. Clairement, je sais très bien que je ne suis pas le meilleur connaisseur des joueurs car, de par mes activités, je fais plein de choses différentes à droite et à gauche. Donc, effectivement, je n’ai pas une expertise sur la Ligue 1 en particulier mais j’essaie de compenser cela par justement l’intonation et l’émotion que j’essaie de faire passer à travers mon commentaire. Je suis comme cela, je suis quelqu’un d’assez naturellement enthousiaste je pense et j’essaie de mettre un peu de punch dans les commentaires pour faire vivre aux téléspectateurs la tension, l’émotion. C’est là-dessus que j’essaie de faire la différence et de me démarquer, c’est comme cela que je conçois le commentaire, ce n’est pas forcément être le plus expert mais c’est faire passer une émotion.
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Vous êtes aussi aux commentaires sur Canal + Afrique, en linéaire. Sur des rencontres en intégralité, aimez-vous, avec votre consultant, laisser parfois l’ambiance du stade prendre le dessus ?
Absolument ! Pas forcément laisser beaucoup de silence mais au moins souligner cette ambiance. Quand il y a un moment important, qu’il y a un petit peu de tension, quand on sent que le public commence à bouillir un peu, effectivement, on souligne bien l’apport du public. Je trouve cela toujours très important. J’ai la chance d’être en binôme avec un consultant, je préfère largement cet exercice où je ne suis pas tout seul au micro, j’aime bien le ping-pong verbal en permanence, c’est toujours rebondir sur ce que l’autre dit, aller chercher un petit truc en plus, gratter pour avoir vraiment le fond de sa pensée. On partage toujours plus d’émotions quand on se nourrit mutuellement. Pour le coup, oui, on laisse des plages de silence mais à bon escient. En cela, j’aime bien les commentateurs britanniques qui laissent toujours trois à quatre secondes de silence après un but marqué, pour pouvoir laisser ce qu’ils appellent la bande son originale prendre toute sa part dans le spectacle. Parce que le public est évidemment une part incontournable du spectacle.
Donc j’essaie de le faire moi-même mais, quand il y a une action spectaculaire, le débit s’emballe et on ne contrôle pas forcément la manière dont on dit les choses. J’essaie de trouver un juste milieu entre le côté anglais que j’aime beaucoup à laisser bien vivre les choses, à dire les bonnes choses au bon moment et le côté un peu latin qui ressort d’une montée dans les tours pour faire vivre l’émotion. C’est une balance à trouver que j’essaie d’avoir, même si ce n’est pas toujours évident. J’espère qu’elle finira par arriver avec l’expérience.
En amont d’un match, avez-vous une routine particulière de préparation ?
Je pense que chaque commentateur et chaque journaliste ont leur routine. Je n’ai pas une routine démentielle, déjà je me refais un petit point rapide sur les équipes concernées, sur leurs statistiques, leur palmarès, les faits marquants de leur histoire. J’essaie surtout d’être bien conscient du contexte du match, c’est quelque chose qui, pour moi, est très important. Ce genre de chose m’importe, par exemple en coupe de France lorsqu’un petit club amateur affronte un gros de Ligue 1. Ce contexte est fondamental et le faire comprendre aux téléspectateurs est ultra important pour que, justement, ils parviennent à bien apprécier aussi le match à sa juste valeur. Cela, déjà, est une grosse part de ma préparation. Ensuite, je regarde ce qui s’est passé dans la semaine pour les deux clubs concernés et les joueurs, afin d’avoir deux à trois petits biscuits à placer dans les temps faibles et pour lancer le consultant. J’aime bien me placer dans la position du candide qui pose alors des questions un peu bêtes au consultant mais les réponses sont intelligentes, ce qui est le plus important. De temps en temps, c’est important de bien remettre les choses en perspective et que le consultant explique pourquoi les choses ont été bien faites ou pas. Notamment aussi comment l’extra sportif impacte ce qui se passe sur le terrain.
Il est important également de connaitre un minimum la biographie des joueurs, même s’ils sont nombreux. Il faut prendre du temps pour se rafraichir les infos sur les joueurs et les entraineurs. Après, une heure avant, il y a la composition des équipes puis c’est parti pour le live…
Sportivement parlant, quel regard portez-vous sur ce début de saison ?
C’est une saison qui est un petit peu étonnante dans sa globalité. On savait que le PSG allait être dominant mais, mine de rien, ils trouvent quand même le moyen de faire parler d’eux d’une autre manière. Comme le dit Christophe Galtier, « c’est dommage que l’on parle d’autres choses que du football » mais, en même temps, tout ce qui se passe autour fait partie du foot parce que ça impacte la performance sur le terrain. Mais cette saison est intéressante, dans le sens où l’OM a fait un plutôt bon début, Lorient surprend, on ne les voyait certainement pas venir, Lens continue à très très bien performer avec un projet très cohérent. La lutte pour le maintien va être extrêmement compliquée avec ces 4 descentes. Au moins, il y a de l’enjeu à chaque match, il n’y a pas un match où on se dit qu’il ne vaut pas trop la peine. Chaque match a un intérêt et je me suis rarement ennuyé, cette année, devant un match de Ligue 1 parce que, justement, les équipes sont obligées de produire un minimum pour ne pas se faire peur. Cela donne un championnat que je trouve assez intéressant à suivre.
Cinq entraineurs ont été remerciés en peu de temps, alors que la mi-saison est encore loin…
Les 4 descentes font peur à tout le monde et forcent à prendre des décisions drastiques. Il ne faut pas tarder avant d’agir. C’est aussi ce que d’autres vont probablement faire, peut-être pas d’ici la coupe du monde qui arrive vite mais pendant la compétition, c’est sûr que des têtes vont bomber.
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Plus globalement, d’où vous vient cette passion du journalisme sportif ?
C’est la passion du sport que j’ai toujours eue, d’aussi longtemps que je me souvienne. Le sport m’a toujours attiré. Quand je regardais la télé, je regardais Eurosport, qui m’a ouvert le champ des possibles dans les années 90. J’ai toujours été curieux à ce niveau-là et je me suis toujours passionné pour tout : coupe du monde, Jeux Olympiques,…mais aussi des petits championnats. Le foot est arrivé logiquement parce que c’est le sport le plus populaire mais il n’y a clairement pas que lui. Je suis, de base, spécialiste des sports mécaniques, j’adore la Formule 1, j’ai fait les 24 heures du Mans 7 à 8 fois. J’ai toujours été curieux de cela, j’ai toujours aimé l’émotion que transmet le sport et que j’essaie depuis de transférer dans mon métier. Cela m’a toujours fait vibrer et j’ai une chance énorme d’en faire mon métier. Je sais qu’il y en a un paquet qui rêveraient d’être à ma place et je mesure ma chance tous les jours. Maintenant qu’on me confie de plus en plus régulièrement des commentaires live, je suis épanoui. Evidemment, on a toujours la volonté d’en faire un peu plusJ. Je suis en train de monter en gamme gentiment, j’espère que ça va continuer et que ça va encore progresser dans les mois et années qui viennent, je ne demande que cela.
Merci, Guillaume, pour toutes vos réponses !
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