France 2 / Tropiques criminels : Julien Beramis évoque la diffusion à venir de la saison 7 !
Bonjour Julien,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
A partir du vendredi 13 mars prochain, les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver pour une nouvelle saison de “Tropiques criminels”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Au fil des années, tu comprends que ce n’est pas juste une équipe mais que c’est une véritable famille, avec des présences et des caractères différents, mais qui nourrissent un noyau qui est bienveillant et profondément humain. Il y a beaucoup d’amour, de sincérité et le plaisir de travailler avec nos forces. De temps en temps, si un des éléments a un peu plus de fragilité avec ce qu’il traverse, il y a, en fait, ce soutien collectif. Je peux le dire, je n’ai jamais vécu une telle expérience, dans ce type de projet.
C’est une série qui fonctionne très bien, qui a un gros succès et les femmes, que ce soient Sonia ou Béatrice, sont des êtres vraiment magnifiques et qui sont attentifs, chaque jour, au collectif, à cette bienveillance sur le plateau mais aussi en dehors…C’est une aventure humaine !
Cette belle aventure est, à chaque fois, l’occasion de côtoyer un chouette casting de récurrents et de guests…
C’est ça ! Vous savez, il y a un moment où on est tellement en phase avec ce que l’on défend, nos personnages, nos enjeux, le récit, l’endroit où on se trouve, en Martinique, qu’en fait ça simplifie tous nos rapports. Il n’y a plus la crainte de “Attends, il y a untel qui arrive, comment est-ce que je vais gérer cela ?”. On n’est plus dans la tergiversation ou dans le fait de cogiter…Non, c’est naturel ! Quand un guest arrive, on se demande comment on peut l’accueillir au mieux dans le cercle, pour qu’il puisse être à son aise et donner son meilleur. C’est un véritable enrichissement collectif : un guest qui arrive, c’est forcément un enrichissement pour nous aussi, afin que l’on puisse atteindre des espaces et des endroits inédits. Pour cela, il faut s’ouvrir et mettre en confiance l’autre, pour qu’il se sente aussi dans cette famille !
Quel regard portez-vous sur Aurélien Charlery, votre personnage ?
Pour moi, c’est celui qui est ancré en Martinique. Il porte son histoire et les différents récits liés à la Martinique mais il a cette capacité, dans la moindre complexité, dans les contextes un peu plus tendus, à garder cet enracinement. Comme un arbre qui est enraciné et qui trouve cette force de transcender les situations, avec ses partenaires. Il est très stable, il est bien ancré sur ses deux pieds ! Il peut avoir ses fragilités, être touché de façon émotionnelle, par exemple quand il se retrouve dans des enquêtes où il est lui-même mêlé parce qu’il a de la famille qui se retrouve dans des situations compliquées, mais j’aime le fait qu’il est profondément humain. Au fur et à mesure des années, je dois dire qu’il y a une forme tellement disciplinée et rigoureuse, dans sa dimension et ses enjeux à lui, que, je pense, la rencontre avec Gaëlle l’a amené à un peu plus de décontraction et de lâcher-prise, nécessaires pour qu’il puisse manifester pleinement qui il est, en fait. Je pense que ces situations avec Gaëlle ont aussi permis à Aurélien de pouvoir être léger dans la gravité. La simplicité ! “Ne te prends pas la tête mec, c’est cool !”. Au fur et à mesure, le personnage a trouvé cela !
Cela retranscrit pas mal ce que l’on a dans nos sociétés caribéennes. Bon, je suis guadeloupéen mais on a quand même une histoire similaire avec la Martinique, c’est que tout peut être à enjeu, où on ne lâche rien, où on est toujours au combat. On a cette décontraction mais un personnage comme le mien avait dû partir pour faire ses études, ce qui demande une discipline à toute épreuve.
Il vous permet une palette de jeu large et variée…
Oui, exactement ! En fait, il y a quand même l’arche du personnage. Je sais qu’il y a des endroits, par rapport à qui je suis dans la vie, où je sais que je ne peux pas me permettre. Je le vois comme un fil d’acier et difficilement malléable, par rapport à qui je suis…Dans ma tête, j’ai une forme de discipline, je suis discipliné mais, dernièrement, je suis par exemple allé sauter en parachute. Je vais faire des marches nocturnes pendant 3 jours, je participe au carnaval, je pousse mon corps, j’ai ce truc beaucoup plus lâché par rapport à ce personnage donc il y a ces limites. Mais c’est vrai que, au fur et à mesure des années, c’est un vrai plaisir de camper ce personnage parce qu’il s’est dévoilé sur le chemin des saisons. Il a commencé à se dévoiler sur son intime, sur son milieu, en accompagnant Mélissa à comprendre davantage ses racines martiniquaises. Du coup, cela l’a ancré dans quelque chose qui est lié à la tradition, à la culture et donc on est rentré dans quelque chose qui est un peu plus proche de moi, sur mes enjeux en tant que Guadeloupéen. Il y a des similitudes qui amènent à être un peu proche de ma sensibilité en tant qu’être humain. Lorsque je suis allé dans cette profondeur culturelle, cela m’a amené à offrir de nouvelles portes au personnage, à vraiment l’humaniser.
Les deux premières saisons avaient été extraordinaires mais compliquées pour plein de paramètres. J’avais d’autres projets qui faisaient que, parfois, je ne pouvais pas m’ancrer pleinement, j’avais aussi des attentes qui n’étaient finalement pas possibles et c’est à partir de la troisième saison que j’ai pu trouver mon centre, dans ce cadre imposé. J’y ai trouvé ma liberté ! Un cadre n’est pas là pour nous limiter, il faut trouver sa liberté de mouvement. Au fur et à mesure des années, ce personnage m’a offert cela : sa discipline mais, en même temps, de trouver les endroits où je peux manifester toute son humanité. Pour moi, c’étaient des moments incroyables ! Notamment, quand on est rentrés dans l’intimité de Gaëlle et d’Aurélien, pour moi, on est vraiment rentrés dans cette dimension-là. Cette nouvelle saison est un autre temps pour cette relation…Même s’il y a une forme de distance avec Gaëlle, dans mon quotidien avec mon personnage, il y a des choses qui se sont simplifiées, dans sa façon d’être, dans sa façon d’échanger…Il y a une forme de maturité et d’aisance qui est là maintenant !
Justement, à quoi pouvons-nous nous attendre pour cette nouvelle saison ?
Ce que je peux dire, c’est que nos héroïnes sont dans des situations inédites, qui les poussent à révéler d’autres parts d’elles-mêmes, liées à des enjeux tellement extrêmes qu’elles vont devoir trouver de nouvelles ressources. Pour moi, cela va magnifier et révéler des parts de leurs personnalités, auxquelles on n’a pas encore eu accès aujourd’hui. Je trouve cela magnifique !
Évidemment, ce qui fait aussi la force de cette série, dans des enjeux de gravité, sur des sujets importants, de toujours trouver cette fine ligne, où on arrive à avoir cette légèreté, avec la relation entre Gaëlle et Mélissa. Je n’oublie pas Phil, qui a une présence extraordinaire : c’est toujours un plaisir aussi de jouer avec Valentin Papoudof, son interprète. Lui et Béatrice ont cette capacité, avec leurs personnages, de proposer des choses incroyables sur le plateau, de l’ordre de l’improvisation. C’est toujours un plaisir de les suivre et d’être à ces endroits-là avec eux.
En tout cas, je peux dire qu’il y a des enjeux, dans cette saison, qui vont pousser nos héroïnes à s’arracher, pour trouver les ressources de se sortir des situations dans lesquelles elles peuvent se trouver. Le tout dans de nouveaux lieux…Oui, il y a beaucoup de happenings, de rebondissements et ça va être une saison excitante. On va déjà entamer le tournage de la huitième saison, c’est toujours quelque chose d’avoir ce petit décalage, on est déjà focusés sur la suite mais, oui, c’est une joie ! En tout cas, ce sera un plaisir de voir comment résonnent ces épisodes et l’excitation que ça génère ! J’espère que les téléspectateurs auront le même plaisir et la même surprise que ce que j’ai pu traverser.
Globalement, quels principaux retours pouvez-vous d’ailleurs avoir du public ?
En Guadeloupe, les gens ne vont pas voir untel pour lui parler de ce qu’il fait, on peut faire un clin d’oeil au loin, c’est plein de pudeur et de respect. Hier, alors que je faisais des courses, une femme est quand même venue me voir pour me dire “Je vous ai reconnu, continuez votre travail, cela nous fait un bien fou”. A mon étonnement, je me dis que cette série dépasse le cadre juste de l’épisode et du jeu d’acteur : à un moment donné, il y a un endroit où le téléspectateur se sent concerné et proche de nous. Du coup, on reçoit des messages en quantité, pour nous faire des commentaires sur l’épisode mais aussi sur le bien fou que peut faire le programme, dans certaines situations personnelles. Parfois, on ne s’en rend pas suffisamment compte mais chaque intention, chaque engagement ont un impact dans la vie des gens, ça les allège, ça leur donne le sourire, ils passent un bon moment.
Ce sera différent en métropole, il y a de la joie, du sourire, ils vont me rappeler des anecdotes dans ma relation avec Gaëlle. En Guadeloupe, c’est surtout le fait d’être porteur de la culture caribéenne. On m’en parle souvent ! Sur le plateau, j’improvise beaucoup en créole mais ça doit toujours rester intelligible…Les guadeloupéens et les martiniquais sont heureux de cela, de voir que leur culture est à l’image, sur France Télévisions, en prime time. J’ai mis du temps à comprendre cette mise en lumière mais mon engagement, maintenant, est d’être conscient que je campe un personnage caribéen, chose que les gens ont besoin de voir. Il est caribéen mais sa dimension humaine est universelle donc elle peut toucher des français mais aussi des allemands, des italiens ou des canadiens, comme le témoignent les derniers messages reçus. On ne mesure pas toujours la portée, ni à quel point ça touche les gens, au-delà de la visibilité qui est extraordinaire. C’est une vraie joie !
En conclusion, cette dimension familiale qu’il y a dans le cœur des personnes qui travaillent sur ce projet est reçue, en éco, des téléspectateurs et des gens qui viennent nous voir. Ils ont cette familiarité non pas irrespectueuse, au contraire, chaleureuse et humaine !
Merci, Julien, pour toutes vos réponses !
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