Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pouvons actuellement vous retrouver sur M6, dans « Mémoire vive », sous les traits du personnage de Célia Le Goff. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, en effet ! C’est un très beau projet, que j’ai aimé de suite, dès la lecture du scénario. Je suis très heureuse du résultat aussi parce que je trouve que la direction artistique est très belle et que le montage est vraiment intelligent. La musique, également, me plait. Je trouve qu’il y a un soin particulier amené à ce projet.
En plus, je trouve tout le monde très bon, tous les acteurs sont formidables : Clémentine, Marc, Emilie, …Je trouve le casting très bon, tous sont de super acteurs. Même les plus petits rôles sont très bien soignés…
D’ailleurs, quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Célia, votre personnage, cette jeune flic talentueuse et fonceuse ?
C’est une fille proche de moi, je me suis retrouvée dans certains traits de ce personnage, notamment son côté brut, très direct, franche du collier. En même temps, elle a une forme de boulimie de la vie, elle sort beaucoup, elle dort peu, elle travaille énormément, elle se noie même un peu dans son travail. J’avais la sensation que c’est un personnage qui a besoin de combler quelque chose en étant dans la surenchère de tout. Elle comble un vide sans savoir ce qu’est ce dernier. C’est un personnage qui est très en colère, qui a le feu, qui est tenace, qui va au bout de ses convictions, qui fait un peu fie des ordres de son commandant, elle n’en fait qu’à sa tête parce qu’elle est instinctive. Elle est aussi désinvolte, c’est lié au fait qu’il y a quelque chose d’enfui en elle qu’elle ne comprend pas et qu’elle ne connait pas. Elle va se découvrir, en fait, elle-même grâce à cette enquête et grâce au personnage d’Esther joué par Clémentine.
Il vous permet, en tout cas, une palette de jeu large et variée…
Bien sûr ! De toute façon, quand un acteur ou une actrice a la chance d’avoir la possibilité d’explorer des endroits plus intimes, plus sombres, tout en montrant de la comédie, c’est un beau cadeau ! C’est aussi lié, ici, à une très bonne écriture et une très belle réalisation. Chacun a sa partition, finalement, là-dedans : je fais la mienne, au moment où je joue mais, après, je ne sais pas ce qui est gardé au montage. Je ne suis plus maître du projet une fois que j’ai joué ma partition…
Photographe : Elodie Pichot
La diffusion des premiers épisodes a été l’occasion d’un beau succès d’audiences. Justement, quels principaux retours des téléspectateurs avez-vous pu avoir ?
J’ai eu de jolis retours…A partir du moment où quelqu’un pense que l’on est le personnage, qu’on me dit « Bravo Célia », c’est que ça marche. C’est cool ! J’ai vu les retours, les chiffres d’audiences sont très positifs et la presse est bonne. Tout cela est encourageant !
En complément, la série « Extra » est disponible sur OCS depuis le 7 janvier dernier…
C’est un projet totalement différent, c’est une série en dix épisodes assez courts, chacun durant 26 minutes. Pour le coup, c’est vraiment une thématique de société, très politique, sur l’assistanat sexuel pour les handicapés. Je connaissais le sujet mais je ne savais pas à quel point c’était compliqué en France. Ce n’est pas légal chez nous mais ça l’est en Suisse. Au-delà d’une série très drôle et très bien interprétée par tous ces acteurs que j’adore, au-delà de la joie que m’a procuré cette série quand je l’ai lue et regardée, c’est un sujet vraiment important, je trouve. C’est bien, il est traité avec beaucoup d’humour, de décalage et de légèreté. Je trouve que c’est aussi une très très bonne série !
J’ai la chance d’avoir fait la musique du dernier épisode. D’ailleurs, le morceau sortira sur les plateformes le 28 février, il a le même nom que la série.
Le 18 juin sortira le long-métrage « Avignon », où vous tenez le rôle principal, de Fanny. Long-métrage qui a déjà été couronné de succès : Prix Canal Plus, Prix Coup de cœur de l'Alpe d'Huez et Grand Prix du Jury de l'Alpe d'Huez 2025…
A la base, c’était un court-métrage, que l’on a tourné il y a trois ans et qui a eu une vraie belle vie en festival, avec de très jolis prix. On était notamment à l’Alpe d’Huez avec ce court-métrage et c’est quand même plus que fantastique que l’on se retrouve trois ans plus tard au même festival, pour le long, avec plus ou moins le même casting. J’en suis très reconnaissante !
On ne s’attendait pas à un tel engouement, c’est trop bien, c’est très encourageant !
Photographe : Elodie Pichot
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai terminé un album de musique, qui n’a pas encore de titre. Ce sont dix chansons d’amour déclinées en dix couleurs. Je vais sortir un single entre avril et mai, je garde l’album pour la rentrée.
Je suis en répétitions au théâtre avec Mathilda May, pour sa prochaine création, « Cut », sur le zapping d’aujourd’hui. C’est vraiment du clown choral, un peu satire de société. On sera sur scène à partir de septembre.
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Nous pourrons vous retrouver le lundi 3 mars prochain, sur TF1, en prime time, dans un épisode inédit de la série « Le fil d’Ariane ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Chantal Ladesou est un personnage en soi donc, quand on m’a proposé ce casting, j’ai été ravie car j’aime changer d’univers et de style. Le personnage que je dois jouer est une manouche, elle travaille dans une fête foraine, je trouvais cela intéressant car il y avait comme un cycle : vers mes 30 ans, on me demandait souvent d’interpréter des gitanes donc je trouvais intéressant et rigolo, des années plus tard, de jouer ce rôle. Ce personnage était très beau à faire !
On retrouve, au casting, aussi Lionnel Astier, un acteur que j’adore. Il joue mon frère, j’ai beaucoup aimé travailler avec lui. L’apriori positif que j’avais en arrivant s’est, ainsi, confirmé sur le tournage. Ce n’est pas toujours le cas…Le réalisateur savait ce qu’il voulait, j’ai adoré ses réactions à chaque fois qu’il aimait un plan, à sautiller comme un enfant.
J’ai découvert le Cap d’Agde, on tournait dans une fête foraine avec un décor très chouette, j’ai aussi pu découvrir la ville de Sète, que j’ai adorée. D’ailleurs, j’ai vu qu’énormément de parisiens s’y installent, je comprends pourquoi.
Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur votre personnage ?
Mon personnage est celui d’une maman, qui perd son fils au début du téléfilm. Je jouais encore la perte d’un enfant, comme dans « Meurtres au Puy-en-Velay ». J’ai, d’ailleurs, travaillé ces deux personnages de façons différentes. C’est intéressant, cela permet, à peu de temps d’intervalle, de voir deux mères dans la douleur d’avoir perdu leur enfant mais avec des personnalités différentes. J’ai hâte de découvrir le résultat final !
Ce nouveau rôle vous permet, ainsi, une palette de jeu encore différente…
Oui ! Ce qui me plait beaucoup, c’est le travail du corps, que l’on oublie souvent. Après avoir joué dans « Culte », beaucoup de gens pensaient que j’étais espagnole…C’est magnifique car je n’ai pas eu de coach, j’ai travaillé toute seule, j’ai travaillé la prosodie, j’ai travaillé le corps et ces retours montrent que j’ai été crédible.
Sur France 3, mon personnage était régisseuse lumière d’une cathédrale, il était donc dans une création artistique. Sur TF1, mon rôle est celui d’une manouche dans un camp…Il était intéressant, pour moi, de comprendre, culturellement, le caractère de ces femmes. Ici, pour les figurants et les petits rôles, il y avait des gens de la communauté, je parlais avec une dame qui fait la barbe à baba, cela m’a intéressé de comprendre les codes et les valeurs. Ces derniers impliquent que l’on tient son corps différemment.
En plus, on est dans un genre, on est dans de la comédie policière, on n’est pas dans l’hyper réalisme donc il faut aussi trouver le rythme et la grammaire qui répondent à ce que veut le réalisateur. Tout en essayant d’être vraie et honnête…J’aime bien m’éclater à chercher une vérité, sans prise de tête mais avec justesse.
Le premier épisode de la série avait connu un beau succès d’audiences. D’ailleurs, vous y étiez-vous (re)plongée avant le tournage ?
Il se trouve que j’avais vu l’épisode mais je savais aussi que c’était en évolution, le réalisateur voulant tourner un peu différemment cette fois-ci. Donc je l’aurais fait s’il y avait eu davantage d’épisodes, avec une grammaire très particulière. J’ai surtout revu des extraits de ce que le réalisateur a fait, pour comprendre son rythme et sa dynamique.
Prochainement, je vais tourner avec Eric Rochant, je sais que c’est un réalisateur qui est près de l’os, comme j’aime à dire. C’est presque du non-jeu…Quand on voit ce qu’il fait et comment il dirige les acteurs, il y a une recherche de méga vérité et de grande justesse. Donc, pour le casting, j’avais regardé « Le bureau des légendes » pour me rappeler de ses codes à lui. Il a fallu, en conséquence, que je travaille ma proposition et mon personnage de façon minimaliste.
Pour « Le fil d’Ariane », j’ai vu que l’on est dans une grammaire où le spectateur doit comprendre immédiatement donc il a besoin de codes. Cela se fait aussi par les costumes…J’ai bien analysé également le scénario et ce qui n’y est pas dit, pour faire la meilleure proposition possible. Une fois retenue, cela veut dire que mon interprétation a plu, je l’ai donc approfondie pour être encore plus dans la vérité. Sur le plateau, j’ai pris le temps d’apprendre à découvrir le réalisateur, il était très souriant et dynamique, tout en étant sérieux. Au moment des scènes, c’était comme un ping-pong, je réajustais le tir au besoin.
Plus globalement, cet épisode a été l’occasion de travailler aux côtés d’un super casting…
Je pense toujours que le réalisateur est un chef d‘orchestre qui donne la clé…Donc le fait d’avoir un chef d’orchestre extrêmement positif, solaire, qui sautillait parfois comme un enfant, n’empêche pas de faire les choses sérieusement et donne une note joyeuse. J’ai adoré travailler avec cette équipe, j’ai découvert notamment Kenza et Tim, qui viennent de quotidiennes et qui ont un rythme incroyable. Tout a été extrêmement fluide ! Ce fut un très grand plaisir.
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Nous pourrons vous retrouver le lundi 3 mars prochain, en prime time, sur TF1, dans un nouvel épisode de la série « Le fil d’Ariane ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, tout à fait ! On avait tourné, il y a un peu plus d’un an, l’épisode pilote, histoire de voir si ça pouvait plaire au public et à la chaine. C’est vrai que je m’étais bien entendu avec toute l’équipe et, tout particulièrement, avec Florent Peyre, qui est quelqu’un d’assez exceptionnel. Cela m’a fait beaucoup rire de le retrouver, j’ai eu beaucoup de barres de rire.
Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Amaury, votre personnage ?
Il faut savoir que, de base, le personnage avait été écrit sans réelle intention derrière, dans le sens où j’ai essayé d’y apporter quelque chose qui n’était pas forcément écrit dans les lignes. Merci d’ailleurs à Jason, le réalisateur, qui m’a conseillé à la production pour ce rôle. Il m’a, ainsi, donné l’opportunité d’incarner Amaury. J’ai rajouté un petit côté niai, naïf, ce sont des petites détails tout bêtes mais il est souvent en train de se tripoter les mains, de tourner les poignets, il a les pieds dirigés vers l’intérieur, il dit « bonjour » et « au revoir » à tout le monde, même aux méchants, il est toujours souriant, il est un peu dans son monde, …C’est un flic que l’on n’a pas l’habitude de voir, je voulais aller un peu à l’inverse de ce que l’on a l’habitude de retrouver en acting, en tout cas dans les séries policières actuelles en France, d’un personnage charismatique, à la voix grave, qui sert la mâchoire…J’ai voulu complètement défaire cela et ajouter quelque chose de très enfantin parce qu’il y a des policiers, en France, j’imagine, qui doivent être tout aussi gentils qu’Amaury et tout aussi naïfs à certains moments.
Il vous permet, en tout cas, une palette de jeu large et variée…
Tout simplement, c’est très jouissif de se glisser dans la peau d’un autre… Particulièrement, d’ailleurs, quand il y a des rôles qui sont un peu plus éloignés de moi. C’est pour cela, d’ailleurs, que je fais ce métier.
Souvent, on nous prend aussi pour ce que l’on est, évidemment on a alors à jouer mais il y a une grande partie du personnage qui est très inspirée de nous-même. Il y a des moments où on ne joue alors pas tant que cela, on reste sur des bases de jeu assez simples, on dit le texte, on le ressent, des choses peuvent rester superficielles…Du moins dans ce que j’ai pu ressentir dans mes expériences à la télé. Du coup, c’est vrai que c’est très sympa quand on rentre dans la peau d’un personnage que l’on construit vraiment, que l’on incarne d’une manière tout autre que si c’était, en quelque sorte, un peu soi que l’on jouait.
Ce projet est aussi l’occasion de travailler dans un chouette cadre…
J’avoue que je n’ai pas eu le temps de beaucoup visiter la ville mais elle est très sympa. Le décor principal de cet épisode est celui d’une fête foraine, j’ai beaucoup aimé les gens qui nous ont accueillis, ils étaient incroyables, avec une énergie débordante. Ils étaient très curieux en fait et c’était trop cool de pouvoir partager ce moment-là de tournage avec des gens aussi intéressés et aussi loin du milieu.
…et de côtoyer un très beau casting…
Ah oui, oui, tout à fait ! Le cadre était génial, de par la présence de certains comédiens et comédiennes qui sont juste bourrés de talent et qui, sur le plan humoristique, savent exactement comment interagir avec les équipes techniques sur un plateau. Je pense notamment à Florent Peyre, qui a ce don de placer la juste phrase avec la juste intention, au juste moment et ça arrive à faire rire toute l’équipe. Je crois que c’est ce genre de personnes que l’on aime bien avoir en tant que mentor quand on débarque sur un plateau et que l’on ne connait personne. Même, au-delà de ça, l’équipe était formidable…On est du sud, on s’éclate dans le sud, plus que dans les studios à ParisJ.
Certainement êtes-vous impatient et curieux de découvrir le rendu final ainsi que les retours des téléspectateurs, après un premier épisode qui avait connu un très beau succès ?
J’avoue que je suis curieux, tout simplement, de voir ce que ça donne, de voir le résultat final. Surtout que c’est un peu un risque car, comme je l’ai dit, je joue un personnage qui n’est absolument pas moi donc on peut vite être à la limite du sur-jeu ou du pas drôle voire du gênant. Il y a des choses qui ont très bien marché sur le plateau et qui m’ont énormément fait rire, mais qui pourraient ne pas marcher du tout au rendu à l’image. Et vice versa : peut-être qu’en voyant des choses que je n’ai pas du tout aimées, je me dirais qu’elles sont finalement cool. C’est en cela que c’est intéressant, pour voir si ça matche ou si j’étais complètement à côté de la plaque. C’est sur ça que je suis curieux !
En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
J’ai tourné, pour France Télévisions, un rôle de résistant qui se fait capturer par des nazis, c’était très très sympa à jouer. J’ai aussi donné ma voix à un livre audio, c’est un magnifique roman sur l’histoire d’un jeune marseillais de 17 ans qui arrive à s’émanciper un petit peu du milieu d’où il vient, celui de la cité. Il y parvient en rencontrant une libraire qui lui donne le goût de la littérature, de la culture et des livres, lui qui vend des substances et dont la maman est à l’hôpital. Il y avait beaucoup de personnages à incarner pour ce projet qui va être disponible sur la plateforme audiolib.
Enfin, votre personnage dans la quotidienne de TF1 « Plus Belle La Vie, encore plus belle » vient de rejoindre l’Australie. Quels souvenirs, spontanément, vous viennent à l’esprit au moment d’évoquer toutes vos années marseillaises ?
C’est un peu compliqué, c’est comme si vous preniez un jeune de 20 ans qui a grandi dans une famille nombreuse et à qui vous demandiez quels sont ses moments préférés…En a-t-il en particulier ? Ou dira-t-il que ce sont juste les moments le soir, quand toute la famille était crevée, et qu’ils étaient sur le canapé à regarder la télé ? Ces moments-là ne paient pas de mine mais, en fait c’est l’ambiance et l’aura que ça dégage qui sont le plus important. Parce que des blagues et des moments précis, en soi, oui j’en ai mais c’est plus l’atmosphère qui se dégageait du plateau et des années-là que je retiens. Il faut savoir que je suis arrivé sur « Plus Belle La Vie » à 16 ans et demi, j’en suis parti, j’en avais 21. De nos 16 ans et demi à nos 21 ans, je pense qu’on est plus ou moins d’accord pour dire qu’il n’arrive que des choses incroyables. Sur cette tranche d’âge, on découvre ce qui nous anime, ce qu’on désire, on commence à savoir ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas, on commence à gagner de l’argent pour les premières fois de notre vie, on commence à découvrir ce que sont l’amour et les vraies amitiés. Je retiens toutes ces choses-là, plus que des moments précis.
Je terminerai, si vous me le permettez, par une petite phrase de Michel Cordes, mon Dieu, qui m’a dit, un des premiers jours où je suis arrivé : « Petit, tu vas évoluer dans un monde de requins mais ne sois pas un requin, sois un dauphin ». J’avoue que j’ai fait « Waouh ! ». C’est une belle phrase qui m’est bien restée dans la tête…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Lundi 24 février sera diffusée sur TF1 une nouvelle soirée inédite de la série « Clem », où vous y interpréterez le rôle de Didier. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, tout à fait ! C’était vraiment une belle opportunité. Evidemment que, comme tout le monde, j’avais vu le succès de la série…Je n’avais pas vu tous les épisodes mais j’en avais vus quelques-uns. A l’époque, on m’avait déjà contacté, je ne sais plus pour quelle raison ça ne s’était pas fait et c’est Philippe Lellouche qui avait joué le rôle que l’on m’avait proposé, du mari de Victoria Abril. De nouveau, j’ai eu une proposition…Je connaissais un peu l’équipe, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver des anciens camarades, notamment Jean Dell. Avec Laurent Gamelon, on s’était déjà croisés plein de fois et on s’était dit qu’on aimerait bien travailler ensemble. Donc j’étais très flatté que l’on me propose de participer à l’aventure, avec cette belle troupe d’acteurs et c’était un plaisir de tourner pendant cinq semaines avec eux.
Ces nouveaux épisodes permettront également aux téléspectateurs un certain dépaysement et surtout de (re)découvrir une petite partie d’une très belle région de France…
Absolument ! La Bretagne, où il fait plusieurs saisons en une journée, mais une région pleine de charme. On tournait du côté de Dinard et de Dinan, non loin – et cela nous a servi de décor – de la propriété de Lucie. Elle y a un très beau projet, écologique, elle a plein d’ambitions avec ce lieu-là.
C’est vraiment une façon de proposer des pré-vacances aux téléspectateurs, en tout cas de découvrir cette belle région. Il s’agit, en plus, d’une grande ballade que l’on décide de faire en l’honneur de la grand-mère, qui est décédée. Elle était grande promeneuse, elle faisait partie d’un groupe de marche dont le personnage de Didier, que j’interprète, est responsable, donc nous voilà partis pour une randonnée en famille de trois jours.
Cette soirée sera aussi l’occasion, pour le public, de retrouver les principaux personnages historiques d’une série qui l’a marqué…
Tout à fait ! Il y a vraiment une fidélité qui a accompagné la série. Ce personnage de Lucie a grandi vraiment avec une génération de téléspectateurs. Quand on voit le casting global de ces je ne sais combien d’années de fiction, c’est une belle histoire ! C’est une belle histoire, d’ailleurs, qui j’espère trouvera encore son public et qui continuera.
Plus personnellement, quel regard portez-vous sur Didier, votre personnage ?
C’est un bon gars ! Pour moi, c’est vraiment une bonne pâte, comme on dit. C’est le véritable ami. C’est par le personnage de Laurent qu’il est amené à faire partie de cette famille…Il a été médecin de la grand-mère, qu’il avait donc l’habitude de soigner. C’est un peu, vous savez, le médecin de famille à l’ancienne, qui se déplace encore dans les maisons et qui est un peu proche de ses patients, comme ça devrait d’ailleurs toujours l’être…J’ai abordé ce personnage de cette façon-là.
On ne va pas révéler les choses mais il entretient un secret avec le personnage de Laurent, ça va être aussi un peu l’enjeu de cet épisode, de savoir comment ils vont se débrouiller avec ça. C’est, évidemment, sur le ton de la comédie, il y a à la fois cette légèreté propice à la comédie et puis, malgré tout, des sentiments très forts qui vont apparaitre au fur et à mesure de l’épisode.
Certainement vous a-t-il permis, une nouvelle fois, de proposer une belle palette de jeu, large et variée…
Tout à fait ! Entre, de temps en temps, du théâtre et des guests, je joue, pour l’instant, principalement dans la série « Alexandra Ehle », sur France 3, avec Julie Depardieu, qui est un peu sur le ton de la comédie mais, malgré tout, mon personnage d’Antoine est un flic un peu sérieux, qui rattrape d’ailleurs parfois les petites folies de sa sœur. Ici, le personnage de Didier est beaucoup plus solaire, engageant, plein d’enthousiasme et d’énergie, dans une température et une couleur très différentes d’Antoine. Donc c’est toujours un plaisir, effectivement, de pouvoir aborder d’autres caractères.
@ Julie GÉANT - FTV - CARMA FI
On vous imagine certainement curieux de découvrir les retours du public ?
Oui ! On croise les doigts, comme toujours…On dépend de ce dieu d’audimat, pour savoir si les gens ont voulu être au rendez-vous et ont apprécié. Donc, oui, j’espère de tout cœur que ça marchera…Je pense, en tout cas, que la série le mérite. C’est marrant, quand on tournait en Bretagne et qu’on prenait le temps d’aller boire un café en terrasse, il y avait souvent des gens qui nous repéraient et qui étaient très heureux de savoir que « Clem » continuait. On a même eu des téléspectateurs qui sont venus sur le tournage voir comment ça se passait et qui étaient des vrais fans de la série. Je crois qu’elle a créé tout un environnement propice à sa revenue sur l’écran.
En parallèle, le 11 mars prochain, sera diffusé, sur France 3, un nouvel épisode de la série à succès « Alexandra Ehle », « Feu sacré », où vous y campez, vous l’avez dit, Antoine Doisneau, commandant de police et frère d'Alexandra…
On a créé ce que l’on appelle vraiment un sentiment un peu de troupe avec tous les acteurs de la série, Julie en lead comme on dit. J’aime beaucoup ce principe en fait de la comédie policière mais où, tout à coup, on suit le parcours du médecin légiste et pas celui du flic. En fait, c’est cela qui m’avait fait partir sur le pilote, je me disais qu’il y avait une originalité, en tout cas, dramatique avec ce personnage que l’on voit, dans toutes les séries, au début pour donner deux à trois informations aux policiers avant de disparaitre et qui, là, au contraire, est suivi, avec d’ailleurs toute la dimension que Julie apporte au personnage, un peu décalée et hors des normes. Je m’entends vraiment bien avec Julie, on a ce même gout de la liberté et du jeu, on a la même philosophie de vie et on s’est vraiment retrouvés presque en famille…J’avais déjà travaillé avec son père, j’avais aussi travaillé, à l’époque, avec Guillaume, son frère, on s’était très bien entendus. J’avais déjà rencontrée Julie à cette époque-là parce qu’elle était souvent proche de son frère sur les tournages. Donc il y a comme un cousinage…Le fait de jouer son frère, moi à qui on disait, en Belgique, quand j’étais jeune, que j’avais un côté Depardieu jeune, m’a vraiment bien plu ! J’ai bien fait d’accepter car c’est une affaire qui roule depuis maintenant cinq ans. On va encore tourner deux épisodes, en mai, juin et juillet.
Pour terminer, en parallèle, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
Vous savez, je vis entre la France et la Belgique, étant de maman belge et de papa français. Mes prochaines actualités seront ce tournage puis une pièce de théâtre, « Le masque de fer », où je jouerai D’Artagnan, vingt ans après. Ce sera au théâtre royal du parc, à Bruxelles. Je serai sur les planches bruxelloises jusque mi-octobre et, après, j’enchainerai sans doute avec un cross-over retour entre « Alexandra Ehle » et « Astrid et Raphaëlle ». Cette fois-ci, ce ne sont pas Astrid et Raphaëlle qui se déplacent à Bordeaux, c’est le personnage d’Alexandra qui se déplace sur Paris et sans doute que je l’accompagnerai pour quelques jours….
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On se retrouve dans le cadre de l’édition 2024 du festival de la fiction TV de La Rochelle, pour « Carpe Diem », prochainement diffusé sur TF1. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à ce beau projet télévisuel ?
Oui, carrément ! J’ai eu d’autres expériences télé mais pas sur un si grand rôle, avec toute cette place que « Carpe Diem » m’offre. Donc, oui, je suis très heureuse et très contente d’apporter mon travail et ma personne, de mettre du Jisca dans Sigourney. Je suis très heureuse de le faire et très heureuse, oui, qu’on me laisse la place de le faire.
Justement, quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Je la trouve très attachante, je trouve que c’est quelqu’un avec un fort vécu - je me suis d’ailleurs raconté un background – et c’est pour cela qu’elle se crée cette façade d’une femme toujours de mauvaise humeur. Mais c’est une manière de se protéger et c’est une manière, aussi, de tester les gens. C’est-à-dire qu’elle va faire une blague un peu dure et va voir comment les autres vont réagir : s’ils réagissent bien, cela veut dire qu’ils sont un peu rigolos et qu’on peut un peu commencer à discuter. Je la ressens comme ça….Je la trouve également très maternelle, même avec Simon et Tom, il y a un truc où elle veut les protéger. Moi, Jisca, j’ai aussi un peu ce côté-là avec mes proches…C’est quelqu’un de bosseuse, de très cash mais très rigolote. Je la trouve hyper marrante, avec beaucoup de dérision. Au fur et à mesure de la série, ils se rencontrent vraiment avec Tom et Simon, ils apprennent à se connaitre donc elle est de plus en plus « elle-même » pour moi. Mais, au premier abord, il y a cette façade que je crois indispensable.
Artistiquement parlant, ce personnage vous permet ainsi une palette de jeu large et variée…
Carrément ! Je n’avais jamais joué un personnage comme cela…Surtout, vraiment, au fur et à mesure, c’est bien plus vaste, c’est beaucoup plus large et c’est excitant à jouer ! A l’inverse, pour moi, la difficulté a été de jouer cette jeune avocate et jeune juriste. Au départ, sur les premières semaines de tournage, c’était le décor du container et c’était difficile : oui, par le texte mais ce n’était pas que cela…C’est très technique, au même niveau que les noms des organes pour un médecin. C’était un peu difficile d’avoir ces termes techniques, du coup j’ai dû me renseigner, pour savoir vraiment ce que ça voulait dire, quelle procédure prendre à quel moment. En fait, c’est fou, grâce à notre métier, on en découvre toujours plein d’autres ! C’est très beau et c’est ce que j’adore faire…
C’était vraiment difficile mais, en même temps, c’est toujours comme cela…et c’est ce que j’aime !
Avec Samuel, on a le sentiment d’une vraie rencontre artistique et humaine…
Oui, c’est quelqu’un de généreux, c’est quelqu’un qui aime partager son savoir-faire et ses expériences. Je crois, oui, que c’est une belle rencontre, humainement et artistiquement. J’ai adoré travailler avec Samuel et Pierre. J’ai beaucoup moins rencontré Julien mais, oui, j’espère vraiment qu’on va pouvoir continuer.
On vous imagine curieuse de découvrir aussi les retours du public…
On espère vraiment que ça va plaire pour pouvoir, nous, continuer à nous amuser. En fait, on est vraiment comme des gosses à dire « Maman, tu as vu le dessin que je viens de te faire ? Tu veux que j’aille t’en refaire un autre ? ». On en est là, tellement on a pris du plaisir à créer cet objet et à donner un peu de nous. Donc, oui, on espère que ça va pouvoir continuer ! Cela permettrait de monter les curseurs et, vraiment, d’aller encore plus loin. Après, je vous dis ça mais je ne suis pas décisionnaire…Samuel, lui, est à l’origine du projet donc il a vraiment un autre rapport que moi à la série. En tout cas, je fais confiance les yeux fermés à l’équipe et on verra ce que ça donne !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Ce vendredi 21 février sera diffusé, sur France 2, en prime time, le programme inédit « Haute saison », que vous avez réalisé. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous ?
Oui, oui, un très grand plaisir que la production Summertime et Karé, avec évidemment France 2, me propose, il y a quelques mois, ce projet ! Un projet que je trouve très original : la comédie policière est un genre très couru à la télévision actuellement mais cela faisait longtemps, je trouve, que l’on n’avait pas vu une vraie bande. C’est ce qui m’a plu immédiatement : ce n’est pas seulement un binôme, j’ai développé ce programme en me disant que ces cinq protagonistes sont comme un groupe de rock. Je les ai vus comme une bande…Moi qui adore cela, ce fut un grand plaisir !
Si le pilote fonctionne, cela deviendra peut-être une série donc il fallait appeler tout l’univers : j’ai eu le plaisir, plutôt que de réaliser un épisode d’une série qui existe, ce que j’ai déjà fait et qui est très sympa, d’avoir ce côté encore plus agréable, comme sur les longs-métrages ou au théâtre, de choisir, avec les producteurs et la chaine, la musique et le casting. « Haute saison » n’existait pas avant que je commence à le réaliser, il était simplement écrit donc j’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce pilote… En tout cas, je défends tous mes projets de la même manière, jusqu’au bout.
A noter que le cadre de tournage a certainement été source d’inspiration pour vous…
Oui, oui, oui ! Je connaissais un petit peu le pays basque en tant que touriste, j’adore ce coin, c’est vraiment une région extraordinaire. Région qui est peu filmée et qui n’est pas facile parce que « la météo peut changer d’une minute à l’autre », comme le dit la commissaire Echeberria, interprétée par Cécile Rebboah. C’est d’ailleurs une ligne de texte que j’ai moi-même faite rajouter parce que, effectivement, on connaissait les quatre saisons en quinze minutes, ce qui est très difficile sur un tournage. Cela donne aussi, je trouve, un petit plus à la série : c’est magnifique d’avoir des moments gris très beaux puis un soleil pluvieux, comme même le mois d’août peut offrir là-bas. Donc j’étais très heureux de passer du temps dans ce coin, et pour le plaisir personnel et dans le cadre du travail, tellement la région est belle à filmer.
Accompagner les débuts d’un nouveau programme, en tout cas, doit certainement être plaisant, permettant une touche plus personnelle…
Oui, c’est très agréable ! C’est une grosse responsabilité, c’est un challenge pour un réalisateur, un pilote est comme le patient zéro d’une potentielle série, si jamais les téléspectateurs apprécient le téléfilm. J’ai agi en accord avec les auteurs, la chaine et la production, on a choisi ensemble beaucoup de choses, je n’étais pas le patron de la série, elle avait été écrite et développée bien avant qu’on ne me la propose. En revanche, on est venu me chercher pour, j’imagine, un certain savoir-faire, un goût et une direction artistiques que je peux proposer. A commencer par le casting, que l’on a fait ensemble, dont je suis très fier. J’ai été très heureux de leur fraicheur, de leur côté bande, j’ai adoré travailler avec tous ces comédiens.
J’ai choisi une compositrice et un compositeur, ainsi que les techniciens et la monteuse. J’avais aussi ma petite idée sur le genre de couleurs que je voulais mettre. C’est aussi pour cela que j’ai accepté. C’était ma première avec France 2, j’étais d’ailleurs hyper heureux que la chaine me sollicite. En tout cas, oui, il y a ce côté très agréable de faire quelque chose qui n’existait pas… Je suis très fier que le téléfilm existe à présent et très impatient de voir comment il va être reçu vendredi.
Travailler avec ce chouette casting a probablement été enrichissant, humainement et artistiquement…
Oui ! Je ne suis pas sur un tournage pour me faire forcément des copains mais si ça se passe bien, tant mieux et, en général, ça se passe bien. Là, en l’occurrence, c’était le démarrage et je sentais bien que j’avais à faire à des comédiens qui avaient envie de jouer tous ensemble, comme une équipe, en s’envoyant des passes décisives, afin que chacun marque son but - pour faire une métaphore sportive.
J’ai fait beaucoup de théâtre donc le côté troupe est quelque chose qui me parle et que j’aime. Cela ne me fait pas peur d’avoir cinq à dix acteurs sur un plateau, au contraire ça me plait. En l’occurrence, ça me plait de mélanger des gens qui ne se connaissent pas, pour créer une équipe qui devienne une petite famille le temps du tournage.
Donc, oui, ça s’est très bien passé ! Je crois que l’on vient aussi me chercher quand ce sont des projets que je n’ai pas écrits parce que j’aime énormément les acteurs. J’ai, moi-même, pas mal joué, j’ai fait pas mal de théâtre, j’ai adoré partir en tournée, c’est une vraie émulation. Personne, sur ce tournage, n’a tiré la couverture à lui et ça se ressent très vite, dès le début du téléfilm. En même temps, ces cinq personnages qui ne se connaissent pas du tout vont devenir une petite bande parce que chacun a besoin de l’autre. « Haute saison » est vraiment une série digne d’un sport collectif : ça ne marche pas s’ils ne sont pas tous les cinq ensemble…Je parlais précédemment d’un groupe de rock, Vinnie est le chanteur, Jeff est batteur, Lily est bassiste, Joséphine est guitariste et Paul est synthé. Il n’y aurait plus qu’à leur faire des chansons… J J’ai adoré ce côté bande, j’ai trouvé cela super, autant à fabriquer qu’à regarder. Je le disais, j’en vois peu à la télé, la plus grande étant celle de « Friends » selon moi.
Une projection d’équipe s’est déroulée il y a quelques jours. Comment l’avez-vous vécue ?
C’est toujours très agréable, les gens présents sont heureux, on est entre copains. Une grande partie de l’équipe était là, j’en étais très content : malgré le fait qu’ils travaillent tous à droite et à gauche, beaucoup ont pu se libérer, c’était très sympa ! J’ai été ravi de leur montrer ce que l’on a fait tous ensemble.
Ce n’est pas à moi de le dire mais je vais le dire quand même : la région est très belle, très cinématographie, je pense que nous l’avons bien filmée, je trouve que ce téléfilm a une exigence et une qualité artistiques que l’on ne voit pas tout le temps. En tout cas, c’est comme cela que je l’ai anticipé. Le résultat passait, du coup, très bien sur grand écran, ça ne souffrait pas le grand écran, au contraire, ça s’y prêtait très bien. C’était donc un moment très joyeux !
On vous imagine, du coup, curieux, sinon impatient, des retours du public vendredi soir ?
Maintenant, ce n’est plus de ma responsabilité, cela m’échappe complètement. J’ai fait mon travail du mieux possible, avec un beau projet que l’on m’a confié. Après, c’est toujours pareil, c’est mystérieux de savoir qui va allumer France 2 à 21h 10 pour voir « Haute saison »…J’espère, en tout cas, plein de gens.
J’ai pu lire quelques articles élogieux et positifs, c’est toujours très agréable, qui mettent en avant le casting et cette bande que l’on a envie de voir, avec qui on a envie de passer du temps. C’est vraiment ce qui ressort et ça me touche particulièrement ! J’en suis très heureux !
Pour terminer, en complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
Je suis actuellement en écriture de deux long-métrages, ce sont toujours des chantiers longs mais j’avance. C’est un travail quand même très solitaire, encore plus pour moi qui aime le sport collectif, vous l’aurez compris.
J’aimerais revenir au théâtre, en tant qu’auteur : j’ai terminé l’écriture d’une pièce, que j’adorerais monter prochainement.
Je reste, bien entendu, très ouvert à des propositions en télévision, comme j’ai pu en avoir ces dernières années, sur TF1, M6, France 2 et ARTE. J’aime arriver sur des projets que je n’ai pas écrits car je peux apporter du recul, avant de devenir chef d’orchestre.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vendredi 21 février sera diffusé, en prime time, sur France 2, « Haute saison ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, carrément ! Dès la lecture du scénario avec le réalisateur, les assistants et la majorité de l’équipe, j’ai de suite senti que ça allait être une motivation formidable pour moi. Ensuite, c’était très cool de tourner à Biarritz, au bord de la plage, c’est toujours hyper agréable de sortir de la région parisienne pour le travail. Donc, oui, c’était un plaisir immense ! Un plaisir aussi de retrouver Vinnie Dargaud, que j’avais connu sur la série « Clem » pour TF1, et que j’avais apprécié de suite. Un plaisir également de rencontrer Joséphine Draï, Jean-François Cayrey et Paul Scarfoglio, qui sont tous les trois plus talentueux les uns que les autres. Un énorme honneur de rencontrer Cécile Rebboah, dont j’étais hyper fan dans la série « Fais pas ci, fais pas ça ». J’étais un petit peu intimidée de la rencontrer, je ne lui ai d’ailleurs jamais dit. Sans oublier le réalisateur, Clément Michel, qui est extraordinaire et très drôle. J’ai donc passé un moment formidable !
Vous l’avez dit, Biarritz est un cadre de tournage magnifique mais la ville est aussi un personnage à part entière…
Exactement ! C’est le prétexte du début de programme…Alex Cerutti, joué par Vinnie, arrive de la région parisienne, il est muté dans le pays basque, tout comme ses nouveaux camarades. Mon personnage, Mélusine, arrive de Clermont-Ferrand, Timothé vient de Toulouse, Lisa de Nice et Pascal de Lille. On se rencontre tous sur place, on se cherche un petit peu, notre nouvelle petite famille se forme au fur et à mesure de cet épisode pilote…L’histoire est perçue selon le point de vue d’Alex, qui est très cool, qui est vraiment le flic qui ne stresse pas, qui porte des lunettes de soleil…
Biarritz est un personnage, avec ses vagues, ses surfeurs…C’est la haute saison évidemment, on commence le 1er juillet, il y a énormément de monde…Personnellement, j’en ai bien profité !
Petit à petit, l’enquête va s’avérer être plus complexe que ce qu’elle pouvait paraitre initialement…
En effet ! Le fond reste une enquête policière, il y a un meurtre, des suspects, on en trouve un, on le laisse tranquille, on va vers un autre, on le laisse tranquille, on se pose des questions, …Chaque policier, du club des 5 comme j’aime bien nous appeler, a sa spécialité, chacun fait son job de son côté puis revient vers les autres pour partager les informations.
Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Mélusine, votre personnage ?
Je le dis très souvent, un bon téléfilm part toujours d’un bon scénario. Bravo à Thomas Perrier et à Alexandra Echkenazi, les créateurs de la série et donc de Mélusine, qui a été particulièrement bien écrite. Je la trouve extrêmement mignonne, elle sort de l’école de police, on sent l’enthousiasme de la jeunesse, on sent qu’elle n’a pas froid aux yeux, qu’elle veut participer à tout. Cela me ressemble pas mal car, dans mon métier en général, je suis aussi très enthousiaste, j’ai toujours des étoiles plein les yeux, à chaque fois que je suis sur un plateau de tournage, ou que je découvre de nouvelles personnes, ou encore une nouvelle équipe. Elle est très chou, j’espère que, dans la suite, elle apprendra à être un peu plus dure à cuire et plus consciente de la réalité qui l’entoure, parce que c’est une réalité, on ne peut pas être que chou en tant policière. Elle a quelque chose de très attendrissant en tout cas…J’ai l’impression qu’elle a quand même besoin d’être un petit peu protégée. En fait, elle me fait penser à un chat : elle peut très bien se débrouiller toute seule sans problème mais s’il y a un confort émotionnel ou social, c’est quand même plus facile pour elle, elle n’en est alors pas mécontente.
Elle donne un côté très rafraichissant à la série, où une enquête pour meurtre se déroule, autour de gens qui ont perdu un proche, ce qui peut être très lourd. Avoir quelques personnages un peu pétillant fait, c’est vrai, aussi du bien !
Sur certains traits de sa personnalité, y avez-vous mis aussi un peu de vous ?
Oui ! C’est quelque chose que je fais toujours, je mets systématiquement un peu de moi ! Pour Mélusine, comme je le disais, je n’ai pas eu à chercher très loin ce sentiment d’enthousiasme et cette volonté de bien faire. Elle a un côté très bon élève que j’ai aussi. D’ailleurs, pour la suite, je lui souhaite d’accepter de faire des erreurs, ce n’est pas quelque chose de grave. Elle pourrait davantage faire confiance à son instinct et ne pas attendre la validation de quelqu’un qu’elle estime plus légitime. On se ressemble aussi en ce sens…
Dans ce pilote, elle connait également une petite histoire d’amour et, quand on est amoureux, on a toujours 14 ans, donc peut-être que ça ne l’aide pas non plus.
Artistiquement parlant, ce personnage vous a permis de proposer une palette de jeu large et variée…
Oui, oui ! Je me suis sentie très en confiance et très libre. Pour moi, l’artistique est lié au fait d’essayer des choses et de se tromper avant de se trouver. On a tous fait en sorte que chacun ait la place de créer…Le costume a aidé aussi : je portais un vrai costume de policier, avec la vraie ceinture mais évidemment pas la vraie arme ! Cela m’a mise dans une physicalité particulière. Je m’étais toujours demandé pourquoi ils marchaient en canard mais c’est parce que la ceinture prend beaucoup de place et que la veste ainsi que le gilet par balles sont très lourds.
Mon personnage est vététiste, cela faisait huit ans que je n’étais pas remonté sur un vélo, je flippais à mort de le faire devant deux caméras, face à une équipe de cinquante personnes qui me regardent…Mais cela s’est bien passé ! C’était aussi un travail d’avoir ce costume, ce casque, cette ceinture et de monter sur un vélo, avec des bottines particulièrement lourdes…C’était très amusant mais quand même très physique ! Tout comme, d’ailleurs, les courses dans le sable…
Artistiquement parlant, au HMC, j’ai beaucoup échangé avec la maquilleuse : on a discuté sur le fait de ne pas mettre trop de maquillage, pour faire quelque chose de plus naturel. C’est une jeune policière, il ne fallait donc pas me vieillir et, de toute façon, dans la rue, je ne crois pas que l’on croise beaucoup de policières très maquillées. Pareil, la coiffure est très simple car il y avait beaucoup de vent à Biarritz.
J’étais, moi-même, comme une enfant sur ce plateau, je n’ai donc, encore une fois, pas eu tant à chercher la joyeuseté de Mélusine. Je me réveillais avec joie à cinq heures du matin pour rejoindre quatre-vingt personnes sur une plage venteuse, voire sous la pluie, ce qui montre bien que le projet est formidable !
Vous évoquiez Clément Michel, le réalisateur, il est aussi un comédien très expérimenté, ce qui a dû être facilitant pour vous sur le plateau…
Carrément ! Je ne me lasse pas de le dire, quelle chance j’ai eue de croiser le chemin de Clément Michel. Dans son parcours, il a tout fait : il écrit, il réalise, il fait du théâtre, il met en scène, il fait de la télé, il fait du cinéma, …Je suis très admirative de son parcours très libre, il prouve à quel point on peut faire tout ce que l’on veut si on a suffisamment de persévérance et de motivation.
Il adore les acteurs, il adore travailler avec eux, cela s’est senti tout de suite, dès la lecture du scénario et même avant quand il m’a appelée pour me féliciter du casting et me souhaiter la bienvenue dans l’équipe. Tous les réalisateurs ne le font pas, cela m’a mise en confiance et nous a mis sur un pied d’égalité. Sur le tournage, il prend le temps de chercher avec vous quel geste est plus naturel, il est très lié à chaque poste de tournage, autant le comédien que le chef opérateur ou encore l’accessoiriste. Il fait tout pour que tout le monde soit le plus à l’aise possible. En même temps, il est très exigeant : j’ai, de suite, eu le sentiment qu’il me voyait avec des rayons laser, qu’il savait de quoi j’étais capable et qu’il m’amenait toujours plus loin, pour le bien-être du projet. Sa façon de travailler est sincère, elle est désintéressée, il le fait par amour du projet et de ce petit bébé qu’il portait déjà depuis des semaines. J’ai beaucoup aimé cet échange artistique pour guider l’équipe sur le même objectif, celui de raconter tous ensemble une histoire. Personne n’a tiré la couverture à lui…
On vous imagine certainement impatiente et curieuse de découvrir les retours des téléspectateurs ?
Oui, j’ai hâte ! J’étais si heureuse de le tourner, j’étais si heureuse de faire partie de cette équipe, je suis si fière de notre travail. Récemment, on a fait la projection privée et on était tous très contents du résultat. Je suis très fière de mes camarades acteurs, très fière du réalisateur, on a eu de très bons retours de la part de la chaine, de la production, de nos proches dans le milieu professionnel. Donc, oui, je n’ai qu’une hâte, c’est que ma famille et mes proches le voient enfin. J’en parle le plus possible aussi sur les réseaux sociaux. Je sais que des personnes qui me suivent depuis « Clem » sur TF1 ont hâte de voir ce téléfilm, je sais que Vinnie a aussi sa belle notoriété grâce également à « Scènes de ménages » et je pense qu’une bonne partie de ce public appréciera fortement cette soirée.
Les mots qui me viennent pour décrire cet épisode sont acidulé et fruité, parce que c’est coloré, qu’il y a un bel équilibre entre la joie de vivre, la nouveauté de faire des rencontres et le côté un peu plus sombre de l’histoire, autant sur l’enquête que sur les personnages. J’ai donc vraiment hâte ! Ce sera constructif également d’avoir des avis qui ne sont pas tous positifs, pour savoir ce que les téléspectateurs auront aimé et, à l’inverse, ce qu’ils auront moins aimé. Je suis assez disponible sur les réseaux sociaux, j’aime beaucoup échanger avec les gens qui me suivent, je leur réponds dès que j’ai le temps. Je suis très ouverte aux remarques, aux envies des autres que je peux faire remonter aux scénaristes ou y réfléchir moi pour l’évolution de mon personnage. C’est aussi l’avantage d’être dans une série, on peut faire évoluer notre personnage sur plusieurs mois voire des années.
Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour la suite éventuelle de cette belle aventure ?
J’espère, effectivement, qu’il y aura une suite ! J’espère aussi que l’on creusera un peu plus sur le côté personnel de chaque personnage, pour savoir d’où ils viennent, pourquoi ils sont comme cela et ce qui les motive, afin que le public s’attache un peu plus encore à eux. Selon moi, dans le pilote, on s’attache surtout au groupe, cela a été magnifique à faire et facile avec ce groupe-là, la synergie est naturelle et très belle à voir à l’écran.
J’espère une Mélusine plus sûre d’elle, peut-être un peu plus femme et moins jeune adulte. Je lui souhaite d’être plus mature et plus ancrée ! Je sais, en tout cas, que l’équipe sera à l’écoute des propositions…
On peut aussi nous souhaiter un peu plus de soleil car, en octobre, pendant le tournage, la météo a été capricieuse…
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
La série « La belle et le boulanger » sera prochainement diffusée sur TF1, c’est l’adaptation française de « The baker and the beauty », une série israélienne. Le personnage principal sera joué par le chanteur Amir, ce sera sa première expérience en tant qu’acteur. Il avait tellement adoré la série originale que c’est lui qui était allé voir TF1 pour évoquer une éventuelle adaptation française…Il s’avère que la chaine venait d’acheter les droits et, en discutant, une collaboration leur a semblé naturelle. Son papa sera joué par Lionel Astier, il y aura aussi Gary Mihaileanu ou encore Ludmilla von Claer.
J’ai retrouvé Lionel Astier sur un autre tournage, celui de « Enquête parallèle », pour France 3, aux côtés de Florence Pernel. Ce fut un magnifique projet, avec aussi David Baiot. Je joue de nouveau une policière mais au caractère beaucoup plus brut que Mélusine. La création artistique était aussi incroyable, on lui a fait des tresses pour lui donner un côté un peu plus dur, elle a également une expression plus sévère.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pourrons vous retrouver vendredi 21 février prochain, sur France 2, en prime, dans « Haute saison ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Absolument ! C’était une équipe que je ne connaissais pas, ils m’ont laissé une place super…On a construit cette équipe ensemble, chacun a trouvé sa place assez rapidement et c’était très plaisant.
Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Pascal, votre personnage ?
Pascal est un quarantenaire, divorcé, avec un garçon, il essaie de composer avec son travail, ce n’est pas évident. Cela doit parler à beaucoup de gens, on a tous plus ou moins traversé des périodes un peu comme celle-ci. On a essayé de lier le boulot et la vie privée, ce qui pourra parler à beaucoup de gens…
Sans doute vous permet-il une palette de jeu large et variée…
C’est la première fois que j’interprétais un flic, c’était plutôt plaisant. Avant, j’avais pu interpréter un gendarme ou un membre de la police de l’air et des frontières. Là, c’était pour une enquête donc pour quelque chose de plus profond, ce qui était bien car nouveau !
J’ai aussi eu quelques sources plus personnes d’inspiration : j’ai traversé un divorce compliqué, avec des enfants qui se sont éloignés de moi puis qui sont revenus. Donc, oui, j’y ai mis des choses personnelles, j’y ai mis ma touche personnelle mais, en même temps, ce sont des choses que beaucoup de gens traversent donc, en vérité, c’est assez universel.
Ce téléfilm sera aussi l’occasion, pour tous ces renforts de la police, d’enquêter sur une arnaque de location saisonnière qui se révèle être un crime...
Absolument ! C’est toujours en grattant sur des choses parfois anodines que l’on trouve des choses beaucoup plus importantes. Donc, oui, c’est bien monté, pour cette raison-là…
Vous avez aussi eu l’opportunité de côtoyer un chouette casting…
Oui, Joséphine Draï, Vinnie Dargaud, Paul Scarfoglio, Lila Nambininsoa, …C’était très très bien !
La ville de Biarritz est clairement un personnage à part entière…
Oui ! On a rayonné entre Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et Anglet…On avait la mer, c’était effectivement très très plaisant d’être là-bas, personne ne dira le contraire !
Certainement êtes-vous curieux, sinon impatient, de découvrir les retours des téléspectateurs ?
J’ai hâte, évidemment ! Je pense que ça peut évidemment plaire car il y a aussi beaucoup d’humour dedans, il y a une certaine légèreté. Michel, le réalisateur, a réussi à allier la légèreté et le sérieux, ce qui est très important. Cela se ressent bien au jeu, il y a quelque chose d’assez léger.
On a eu une avant-première, à Paris, il y a une semaine, c’était une projection d’équipe pour découvrir les images, et le rendu est très très sympa ! France 2 est à nos côtés et nous soutient, les retours de la presse télé sont très bons aussi, l’accueil était plutôt bon !
Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?
Ce qu’on peut nous souhaiter de mieux, c’est que ça puisse continuer, ce qui nous permettrait de retourner dans la région de Biarritz, avec ce casting formidable, pour que ça fasse une série. On peut donc nous souhaiter que le public apprécie et que ça puisse enchainer.
En conclusion, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
« Bref 2 » a commencé hier, dans lequel j’ai un rôle. Normalement, on part en tournage sur « Chasse gardée 2 » donc, oui, il y a pas mal de choses à venir. Les projets devraient sortir de terre très prochainement. Le one va commencer à prendre de l’ampleur, je le rode en ce moment en province. Donc ça travaille !
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
En ce début d’année, votre actualité théâtrale est particulièrement riche, vous proposez trois spectacles différents avec votre compagnie. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
En effet, quelle joie de pouvoir être sur scène ! Le théâtre permet la rencontre avec le public. Avec la compagnie du théâtre de l’estrade, on intervient sur ce que l’on appelle des publics dédiés, notamment le jeune public – collégien·es, lycéen·es, étudiant·es en fac-, ou encore des personnes femmes et hommes en centres de détention. A chaque fois, ce sont de belles rencontres et des échanges riches : on intervient en amont, en atelier, pendant trois heures, autour de la thématique du spectacle et de la pratique théâtrale, aussi de la dramaturgie de la pièce. On co-construit avec elles et eux une réflexion avant la représentation.
On est autonomes, on vient avec notre camion, notre décor et notre matériel, on peut ainsi s’implanter n’importe où, que ce soit dans un théâtre, dans un gymnase ou en extérieur. A l’issue de la pièce, on anime toujours un débat, en bord plateau pour échanger sur ce que les personnes ont ressenti, on partage leurs questions et leurs réflexions.
Humainement parlant, cette diversité de sujets et de publics doit être très enrichissante…
Pour moi, le théâtre est du spectacle vivant car on est dans la vie d’aujourd’hui, on est dans la société d’aujourd’hui, ces échanges-là sur ces thématiques diverses permettent, en effet, de prendre le pouls, notamment de cette jeunesse.
Le spectacle « Morphine », de Boulgakov raconte la descente aux enfers d’un jeune médecin, qui rencontre la morphine puis la cocaïne, le processus de l’addiction, avec ce que ça s’implique : le sentiment de pouvoir, le mensonge, la violence, jusqu’à la mort du personnage. Avec les ados et les jeunes, on échange sur ce sujet : selon les générations, ça ne va pas être les mêmes produits, ni le même rapport à certains produits, par exemple ils ont entièrement conscience de l’addiction aux écrans, qui est très forte. Donc on questionne tout cela avec eux…
Plus concrètement, quels sont les thèmes et sujets évoqués dans chacun des spectacles proposés ?
Il n’y a pas de spectacle vivant sans partenaires, je vais en profiter pour citer nos partenaires, qui sont très importants dans le spectacle vivant. On a la chance d’être soutenus, notamment pour « Morphine », par l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, ainsi que la MILDECA, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives.
Nous jouons également « Le problème Spinoza », d’Irvin Yalom, un auteur américain. Cet ouvrage fait partie de ses best-sellers, c’est un livre d’à peu près 500 pages, où il met en parallèle la vie du philosophe Spinoza - comment il va s’émanciper de sa condition, de sa communauté religieuse et de sa famille, en remettant en question notamment le dogme dans sa religion – et Alfred Rosenberg, historiquement l’idéologue du parti nazi, qui a construit sa pensée autour du rejet et de la haine de l’autre. C’est l’histoire d’une radicalité philosophique et d’une radicalité idéologique. Ces deux formes de radicalités sont, ainsi, mises en parallèle et on va questionner la construction de la pensée, la construction de soi. Il me semble qu’aujourd’hui, c’est d’autant plus d’actualité avec tout ce qui se passe. Nous n’apportons pas de réponse toute faite, ne voulant pas nous-mêmes être dans l’idéologie. Par contre, on est là pour questionner le public : on pose des questions pour ensuite essayer de co-construire une pensée ensemble.
@ Cris Noé
Sur cette pièce, on est soutenus par la DILCRAH, la Délégation Interministérielle de Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti LGBT et le FIPDR, Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation.
On a créé le premier spectacle « Morphine » il y a 10 ans, le deuxième « Le Problème Spinoza » il y a 5 ans et là, on vient de créer « Bambi, ou Marie parce que c’est joli… ». Les trois tournent : on est à plus de 150 représentations pour « Morphine », on approche les 100 représentations pour « Le problème Spinoza » et on commence les premières représentations avec « Bambi ».
Ce dernier spectacle, soutenu par la DILCRAH encore une fois, est l’adaptation d’un roman de Marie-Pierre Pruvot, « Marie parce que c’est joli ». Elle est née Jean-Pierre, en Algérie, dans les années 30, et a très vite senti qu’elle n’était pas en adéquation entre ce qu’elle était et ce que les gens voyaient d’elle. Dès l’âge de 4 ans, elle se sentait fille…Dans le spectacle, on voit tout son rapport avec sa mère, tout son questionnement, elle vient à 17 ans à Paris et intègre le cabaret « Madame Arthur » puis deviendra la tête d’affiche du cabaret le Carrousel et fera des tournées internationales.
Elle est l’une des premières personnes trans publique en France. Dans son parcours, Marie-Pierre va vite comprendre que d’autres personnes au cabaret vont prendre sa place et décide de suivre des cours par correspondance, à 5 heures du matin, en rentrant du cabaret. Elle reprend ses études et devient professeure de français, d’abord dans le 93 puis dans le nord de la France. Après avoir été sous les feux des projecteurs aux cabarets, elle retrouve l’anonymat le plus total. A la fin de sa carrière, elle reçoit les palmes académiques, une très grande reconnaissance pour les professeur·es. Une fois à la retraite son passé la rattrape, elle recommence à faire des interviews, des ancien·nes élèves la reconnaissent dans des émissions de radio et lui écrivent. Ils l’adulaient en classe mais ne connaissaient pas du tout son parcours…Aujourd’hui, elle a 89 ans et elle accompagne le spectacle !
Au-delà de la dimension humaine, ces différents spectacles sont l’occasion de palettes de jeu larges et variées…
Oui, la palette de jeu est très large, avec tous ces personnages. On travaille en compagnie, on s’agrandit de plus en plus…Benoit Weiler, en plus d’être médecin, est le directeur depuis plus 20 ans, ses compétences nous permettent d’élargir le champ artistique pour nourrir ce que l’on porte, c’est le pilier de la compagnie sans qui rien ne serais possible. Delphine Haber est une comédienne intense et brillante, elle fait également de la formation en prise de parole en public, en gestion de conflits, elle est un soutien important pour la technique de l’acteur·rice et pour la dramaturgie des pièces. Sébastien Dumont joue à présent, lui qui est aussi chorégraphe et vidéaste, il enrichie toutes nos créations de ses différentes propositions artistiques, il a une capacité de travail hors-norme. Nos créations sont vraiment multi médias : on a de l’art scénique, avec de la musique et de la vidéo. Geoffrey Dugas, notre talentueux musicien et compositeur, joue, ainsi, en direct ses compositions. Ensemble, en résidence, on cherche comment raconter une histoire, en utilisant les compétences et les parcours variés de chacun·e.
Depuis quelques années, Christelle Barrillet, notre administratrice, nous accompagne pour trouver des financements et pour gérer la structure, indispensable pour pérenniser notre travail. C’est une chance de l’avoir à nos côtés. Lorena Caniaux nous a rejoints récemment, pour nous accompagner sur les différents volets de la production. On est une très belle équipe qui relevons le défi du travail en compagnie et en collectif depuis plus de 20 ans !
Pour en revenir à votre question, on essaie de rester avec cette équipe que l’on fidélise. Selon les spectacles, des médias ou des comédien·es ont des partitions plus ou moins grandes. En tout cas, on joue tous en général plusieurs personnages. Sur « Le problème Spinoza » par exemple, on a 13 personnages pour 4 comédien·es…C’est un beau ratio !
On peut donc dire que le questionnement est le dénominateur commun à tous ces spectacles, sans pour autant, vous l’avez dit, donner une réponse unique…
Dans une pièce de théâtre, il y a ce que l’auteur·rice a voulu dire, il y a également ce que nous voulons raconter dans l’adaptation mais le reste, ensuite, nous échappe. Le public, suivant son vécu, ne va pas voir la même chose et, parfois, deux personnes d’un même public ne voient pas forcément la même histoire. C’est ce qui est beau au théâtre ! On est là pour ouvrir le débat…
Les ateliers en amont, de trois heures, sont également très intéressants, on est alors des facilitateurs. Notre rôle n’est surtout pas de donner notre point de vue mais d’accompagner la parole de l’autre. C’est ce que l’on essaie de faire, notamment avec de jeunes adultes en construction de pensée : on ne leur dit pas quoi penser, on leur dit que l’on peut penser certaines choses mais qu’il faut savoir les mettre en mots pour que ce soit le plus construit possible, tout en restant dans certaines limites, du respect de l’autre et de la loi notamment. Notre société nous donne droit à la liberté d’expression, mais reste encadrée, pour le bien vivre ensemble. On questionne donc comme faire société aujourd’hui et demain…
@ Cris Noé
Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des structures qui vous accueillent ?
Les retours sont excellents. Pour « Morphine », sur la prévention / addiction, on a des partenaires, comme le collège Berthelot à Montreuil, qui souhaite que toutes leurs classes de troisième voient le spectacle chaque année, pour que toute une génération soit éveillée au processus et aux risques de l’addiction. On n’est pas dans un discours à juste dire que la consommation de substances est mal, on leur dit que l’on rencontrera tous, dans nos vies, des produits mais qu’il est important de comprendre le processus d’addiction pour détecter à quel moment on se met en danger, à quel moment on met en danger les autres, à quel moment une petite lumière rouge doit s’allumer pour oser demander de l’aide. A la fin des spectacles, des personnes ressources de la ville sont là pour accompagner le processus une fois que nous sommes partis.
On a récemment joué « Bambi » à Moissy-Cramayel, ce fut un important projet porté par le grand Paris sud, la Médiathèque et le théâtre La Rotonde. On avait des ateliers dans trois villes différentes. Il faut trouver des professeurs qui nous laissent du temps, et qui comprennent que c’est important pour leurs élèves de se questionner sur l’identité et sur l’autre. On se rend compte qu’une fois que l’on en parle et que l’on fait tomber les stéréotypes et les préjugés, on est tout de suite plus dans la compréhension et la reconnaissance de l’autre dans sa différence.
Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?
Que les soutiens restent ! C’est vrai que c’est compliqué en ce moment, on sent que des coupes s’annoncent et on ressent même les premiers impacts. On peut donc nous souhaiter que l’on puisse continuer à porter ces spectacles et ces ateliers de prévention. Pour cela, il faut que les financements perdurent !
Aussi que l’on poursuive nos belles rencontres et que d’autres portes s’ouvrent encore…Il y a plein de choses à faire ! Notamment un quatrième spectacle dans quelques années…
En complément, vous avez rejoint, il y a quelques mois, la quotidienne de France 3 « Un Si Grand Soleil », sous les traits de Nicolas, le conservateur du musée. Certainement que cela doit vous faire particulièrement plaisir ?
C’est vrai que c’est un plaisir, à chaque fois, de descendre au soleil. C’est agréable de retrouver une quotidienne, un format que j’ai toujours défendu et qui n’est pas loin du théâtre que je fais, finalement. Je trouve que la quotidienne parle aussi de sujets de société. Mon personnage n’a pas encore été confronté à cela, on est, pour l’instant, sur quelque chose de plus léger. C’était beaucoup plus le cas sur « Plus Belle La Vie », où je jouais le juge Estève, amoureux de Thomas. On était un des premiers couples homosexuels, sur France 3, à cette époque-là.
C’est également un plaisir de retrouver les équipes, je connaissais beaucoup de ses membres, que je n’avais pas revus depuis 15 ans. J’ai la chance de jouer avec Nadia Fossier, une comédienne absolument extraordinaire, humainement et artistiquement. C’est une très très belle rencontre, avec quelqu’un à la palette de jeu incroyable.
J’ai commencé en mars l’année dernière, je devais arriver pour deux mois mais ça continue. On verra bien où ça ira…En tout cas, c’est vrai que c’est particulièrement agréable aussi de retrouver les studios et ce travail à la caméra. J’ai besoin du théâtre pour me nourrir et arriver à l’image avec une certaine technique, rempli de quelque chose de la scène. Mais l’image me permet aussi d’aller chercher plus en moi, intérieurement, et de revenir au théâtre avec quelque chose de plus centré.
En plus des studios, qui sont à la pointe de la technologie, la ville de Montpellier et ses alentours vous permettent des conditions de tournage très plaisantes…
C’est très plaisant ! J’ai découvert la ville et je pourrais en tomber fortement amoureux. C’est une belle ville, les gens sont chaleureux, c’est très agréable d’y vivre.
En effet, la série est à la pointe de la technologie, elle est avant-gardiste sur beaucoup de choses, sur de nouvelles technologies, où de nombreux essais sont faits. Il n’y a pas longtemps, avec Nadia on a été voir la postproduction et toutes les petites mains qui travaillent en coulisses. Ce qu’ils font est incroyable, les avancées en effets spéciaux sont impressionnantes.
Il y a environ 300 personnes par jour qui travaillent, avec 4 équipes en parallèle, dans une organisation écologique. On voit qu’une attention toute particulière y est portée : on prend le train plutôt que l’avion, les déchets sont recyclés, on utilise des gourdes plutôt que des gobelets en plastique, …Cela fait partie de convictions qui me plaisent bien !
Quel regard portez-vous sur Nicolas, votre personnage ?
Pour l’instant, il y a encore toute une part du personnage que l’on n’a pas explorée. Au départ, on s’est demandé si Nicolas était réellement sincère, au moment où Alix l’accuse d’avoir cambriolé la galerie mais, au final, ce n’était pas lui. Cela avait d’ailleurs engendré la première séparation. Ces deux personnes – Alix et Nicolas – se complètent par leurs différences. Chez Alix, il y a quelque chose de très border line, avec la légalité notamment, elle est dans une folie et a besoin d’une structure, alors que Nicolas, lui, est dans une certaine structure, il a besoin de vérité mais aussi de folie. Je trouve cela très juste : souvent, dans la vie, dans les relations amoureuses, on peut être soit en miroir soit en opposé, on va chercher soit quelqu’un qui nous ressemble, soit quelqu’un de différent, qui nous emmène ailleurs. Ces deux personnages-là cherchent la différence chez l’autre mais, après, cela pourrait devenir compliqué : est-ce que ça va tenir ? Ou pas ?
Il y a toute une partie de Nicolas que l’on ne connait pas : qu’a-t-il fait avant ? Est-il finalement aussi droit que cela ou cache-t-il certaines choses ? A-t-il une famille ? C’est toute la magie des scénarios…On verra bien !
Tant dans ses vêtements que dans sa posture, on sent en lui toute la passion de son beau métier…
Oui, c’est un passionné d’histoire, réellement, un passionné des tableaux…Le décor du musée est magnifique, c’est splendide ! On ne sait pas non plus de quelle famille il vient…Forcément, en attendant, je me raconte ma propre histoire dans ma tête. En tout cas, cette relation avec Alix est belle, on a beaucoup de complicité avec Nadia, c’est un vrai plaisir de se retrouver !
Avez-vous déjà eu l’occasion de premiers retours des téléspectateurs depuis votre arrivée dans la série ?
Cela a changé…Sur la première intrigue, on est venu me voir pour me mettre un peu en garde sur ce que j’allais faire à Alix. Les téléspectateurs que je rencontrais pensaient vraiment que j’allais lui faire à l’envers. Alix est un personnage très aimé du public donc, forcément, je pense qu’il y avait là une sorte de protection vis-à-vis d’elle. Maintenant, on a plein de témoignages de gens qui nous disent aimer notre couple et qui trouvent que l’on se complète bien. Le public semble donc se projeter dans ce couple aimant et protecteur.
Sans doute que vos expériences théâtrales et celle d’une première quotidienne vous aident à soutenir le rythme élevé du tournage ?
Le rythme sur une quotidienne est soutenu, on n’attend pas un comédien qui ne sait pas suffisamment son texte ou qui n’est pas prêt, il faut que ça avance ! J’en avais déjà totalement conscience et comme Nadia est aussi une grosse bosseuse, on travaille beaucoup en amont. On arrive sur le plateau texte su au cordeau, pour ne pas faire perdre de temps à l’équipe et pour prendre le plus de plaisir possible. Car c’est bien là l’objectif, comme sur scène d’ailleurs.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pouvons vous retrouver, chaque week-end de Ligue 1, au micro de DAZN, aux commentaires d’une rencontre. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, je pense que l’on a tous grandi avec ce championnat, pour moi de Première Division car je suis un peu plus vieux, ou de Ligue 1. Qui est, quand on aime le football, le premier championnat qui nous passionne quand on est jeune, et avec lequel on a tous une fibre un peu sentimentale. C’est un peu notre madeleine de Proust à tous et notre rendez-vous de passionnés. Donc c’est un privilège – c’est souvent le mot que j’utilise – de pouvoir suivre cela au plus près, de pouvoir avoir des échanges avec les acteurs, de pouvoir mieux comprendre aussi comment fonctionnent les clubs de l’intérieur. Parce que c’est vrai que la structuration des clubs a beaucoup évolué ces dernières années, le paysage même du football français a beaucoup évolué, avec des investisseurs étrangers et des projets qui grandissent.
Oui, c’est vraiment un honneur ! A la base, je ne savais pas que mon téléphone allait sonner et que DAZN allait me prendre, je n’étais pas parti en vacances depuis un an et, quand on m’a proposé de faire cela, j’ai annulé de suite mes vacances parce que c’est le seul job que tu ne peux pas refuser dans ta vie, quand tu es passionné par le foot et que tu as grandi avec la Ligue 1. C’est un énorme privilège et, surtout, c’est super instructif de mieux comprendre comment ça fonctionne de l’intérieur, c’est quelque chose de plutôt magique ! Pour moi, c’est un aboutissement parce que ça fait douze à treize ans que je commente, cela m’a permis de gravir les échelons et de monter de deux divisions en une saison. Je commente le championnat de national depuis des années, j’avais commenté la coupe de France, la coupe Gambardella, les championnats jeunes, les championnats de National 2 et de National 3,…Bref, j’ai fait beaucoup beaucoup de matchs et, quelque part, il y a, de mon point de vue personnel, une sorte de graal !
L’équipe DAZN est également composée de consultants de renom, pour la plupart jeunes retraités, qui viennent apporter leur regard et leur expertise…
Souvent, je suis sur le match de 17 heures le dimanche donc, dans le dispositif, je n’ai pas de consultant. Par contre, il y a quelques semaines, j’ai bossé sur un multiplex où, justement, on a pu s’appuyer sur Zoumana Camara, l’ancien joueur du PSG, passé par l’OM, l’AS Saint-Etienne et ex international français.
On apprend de ces gens-là, on se nourrit de ces gens-là, ils ont une vision parallèle sur le match…Je pense bien connaitre le football, je pense sentir les momentums, pouvoir analyser la position des blocs et le travail des pistons,…Mais ces gens-là ont un regard encore plus périphérique et parallèle sur le match et nous apprennent des choses. Ils viennent justement attirer notre attention sur des détails qui peuvent faire basculer un match, qui peuvent expliquer un changement de physionomie ou une évolution au tableau d’affichage. C’est vrai que c’est extraordinaire à l’antenne parce que ça permet d’aller toujours un peu plus loin et c’est aussi formidable hors antenne car ce sont également des gens qui étaient en activité quand j’étais plus jeune. Je disais que la Ligue 1 est la madeleine de Proust de tous les passionnés de Ligue 1 en France, donc ça permet de revenir sur certains scénarios de matchs, de poser des questions sur des situations qu’il a vécues dans certains vestiaires, dans certains moments, dans certaines équipes qui ont pu nous marquer…Le sujet reste le foot, c’est le plus important, mais le journaliste doit se nourrir, un petit peu comme une éponge, de tous ces échanges, de tout cet écosystème, de tout l’environnement en fait dans lequel il est, pour pouvoir le décrire de la manière la plus juste possible. Bien comprendre le fonctionnement est la meilleure manière aussi de mettre au mieux en valeur la Ligue 1.
Vous êtes systématiquement accompagné d’un journaliste bord pelouse, dont le rôle, sur DAZN, est particulièrement riche, l’interaction avec vous étant très régulière…
Complètement ! Avec le commentateur, ce sont deux points de vue différents, avec deux expériences différentes. Quand on est au bord terrain, on n’a peut-être pas une vision tactique parfaite mais on entend les consignes, on entend ce qui préoccupe les entraineurs et les staffs, ce qui veulent changer. Donc on comprend aussi, en étant au cœur du jeu, un petit peu mieux ce que les deux équipes veulent faire. C’est un complément d’information qui est très important, c’est un complément aussi un peu sensoriel parce que, quand on met un journaliste en bord terrain, on met aussi un micro au bord de la pelouse, qui va nous permettre de faire remonter certaines saveurs : les bruits des ballons, les colères, les différents staffs, les échanges entre les joueurs,…C’est quelque chose qui est intéressant ! L’idée est que cette personne soit le relai, en bas, en bord de terrain, que toutes les informations et saveurs qu’il va réussir à capter puissent nourrir la narration du match, raconter le match et peut-être parfois, sans prédire, permettent d’anticiper certains momentums ou certains changements de physionomie parce que tel ou tel entraineur a changé d’animation ou de joueurs.
Quelle est votre méthodologie de préparation en amont, dans les jours qui précèdent la rencontre mais aussi à votre arrivée au stade ?
Les gens vont nous écouter pendant quatre-vingt-dix minutes mais on travaille tous les jours sur chaque match, à partir du moment où la semaine recommence. A partir du lundi, ça va être un travail de recherche…J’ai deux types de fiche. La fiche équipe, je me prépare des étiquettes et des stickers, des sortes de fiches sur chacun des joueurs, avec des statistiques, des informations, des anecdotes, des parcours et, le jour du match, une fois que toutes mes étiquettes sont prêtes, j’ai une espèce de chemise et j’anime les joueurs titulaires en fonction du système dans lequel va jouer l’équipe. Cela prend du temps, il faut vraiment de la statistique très précise, cela demande beaucoup de recherche. Après, il y a une autre fiche, qui va être, elle, plus centrée sur le match, avec de la statistique autour de la rencontre, avec des choses à noter sur les séries en cours, sur le fait, par exemple, qu’une équipe marque ou encaisse beaucoup de buts sur corner, …J’essaie de disséquer tout cela, de regarder aussi le match précédent, pour voir un petit peu quelle était l’animation du coach, pour voir quelle était l’animation avec le ballon, sans le ballon, …Je note énormément.
Je me nourris aussi beaucoup du travail fait par les suiveurs au quotidien du club, j’aime bien écouter les podcasts faits par la presse quotidienne régionale ou par des gens qui suivent le club au quotidien, pour avoir quelques tendances, pour voir aussi quel est l’état d’esprit parmi les suiveurs et comment ils sentent un peu les choses. Cela peut aussi être de passer des coups de fil, d’échanger avec des gens. Par exemple, en début de saison, j’ai eu la chance d’échanger avec certains entraineurs que j’avais pu croiser par le passé en National et qui, depuis, sont montés en Ligue 1 ou en Ligue 2, et qui observent. J’étais très curieux de ce que mettait en place Liam Rosenior du côté de Strasbourg, j’avais besoin d’un deuxième avis donc j’ai appelé certains coachs qui le suivent de près. Tu te fais aussi un avis comme cela. C’est important de corroborer ton avis à certains acteurs aussi du terrain, déjà pour toujours être dans le vrai et pour aussi essayer de trouver des leviers avec des choses que l’on n’aurait pas forcément vues. Donc il y a vraiment une étude à la fois statistique et de contenu en re-regardant les matchs, ainsi qu'un travail de recherche et de fichage sur les joueurs pour préparer ces fameuses petites étiquettes.
Après, le travail au stade est très important. J’aime bien arriver entre quatre et trois heures avant, pour prendre mes marques et discuter avec les gens sur place. C’est une manière aussi de prendre des informations, qui est informelle : quand tu discutes avec le jardinier, parfois tu vas échanger trois mots et il va t’expliquer que les joueurs ont demandé à ce que la pelouse soit arrosée deux fois parce qu’ils veulent, aujourd’hui, que le jeu fuse, ou, au contraire, qu’ils sont moins bien et qu’ils ont donc demandé que la pelouse soit moins tondue. Tous les échanges au stade, des personnes de la sécurité au coach, l’acteur principal, permettent de grappiller des informations intéressantes. Il y a aussi tout un protocole avec la ligue pour des réunions, avec les équipes de production pour des briefs ou des répétitions. Donc l’emploi du temps entre le lundi qui précède le match et le jour de la rencontre est timé parce qu’il y a des choses à faire en amont. Cela ne s’arrête jamais mais c’est très bien, c’est ce que l’on aime !
En fonction de l’intensité de ce qui se passe sur le terrain, adaptez-vous aussi vos mots, votre intonation, votre dynamisme pour vous mettre en phase ?
C’est ça ! Je pense que le propre d’un journaliste et le propre d’un commentateur sportif est ce que je vous disais précédemment, à savoir la fameuse métaphore de l’éponge : on te place à un endroit, tu dois te gorger d’informations, tout aspirer, tout analyser, tout ingurgiter, tout digérer aussi et, ensuite, tu dois recracher cette information mais tu dois la recracher de manière on va dire lisible, donc c’est la narration de ton match. Tu ne dois pas tricher avec le tempo d’un match, tu ne peux pas commenter un match sans intensité comme s’il avait l’intensité d’une finale de ligue des champions, sinon tu es faux. Si on doit faire une comparaison, ce serait avec un chanteur qui n’a pas de voix et qui essayerait de chanter du Céline Dion, cela sonnerait faux. Donc tu as un devoir de justesse, d’un point de vue fond, donc dans ce que tu racontes, mais d’un point de vue forme aussi. Il faut que tu sois dans la même tonalité que l’intensité du match, c’est quelque chose qui se gère différemment suivant si tu commentes en cabine ou si tu commentes au stade : forcément, l’ambiance d’un stade va te transporter, tu auras toujours l’envie d’en donner un petit peu plus alors qu’en cabine, tu arrives à être toujours un peu plus mesuré et avoir peut-être un peu plus de recul également avec tout ça mais, en même temps, tu sens moins ces saveurs qui te donnent le ton et le la, justement, de l’intensité à laquelle tu dois être.
Maintenant, un match sans intensité est un match auquel, sans tricher dans l’intensité, tu dois lui donner de l’intensité, par justement l’histoire que tu racontes. Si tu as des temps faibles, il faut les transformer en temps forts, c’est expliquer pourquoi on n’a pas d’occasion, montrer et insister sur le jeu sans ballon plus que le jeu avec ballon, c’est-à-dire « on n’a pas d’occasion parce qu’il y a une équipe en face qui presse fort, qui presse de manière coordonnée, avec, regardez, le travail de tel ou tel joueur qui n’hésite pas, lorsque son équipe n’a plus le ballon, à se recentrer ou se désaxer ». Voilà, tu racontes une autre histoire et tu racontes aussi des histoires sur les acteurs parce que les joueurs de foot sont un peu, aussi, des super-héros pour nous tous, pour nous les passionnés. Il y a, parfois, des anecdotes qui sont intéressantes, qui illustrent l’état d’esprit d’un mec. Je pense à Andrey Santos, de Strasbourg : avant un match, on nous avait dit que c’était un top mec, avec un top état d’esprit et on nous avait expliqué pourquoi, il attendait un enfant et il était super fier que son enfant naisse à Strasbourg, c’était super important pour lui parce que c’est le club qui l’avait relancé et qu’il était tombé amoureux de cette ville…C’est une anecdote qui ne révolutionnera pas la face du monde mais c’est une petite anecdote coulisses qui montre l’attachement d’un joueur qui est devenu indispensable à un club, qui est l’un des chouchous de la Meinau et qui, quelque part, de son côté aussi, est très très bien du côté de Strasbourg. Ce peut être plein de petites choses, c’est un juste équilibre à trouver mais c’est là aussi que, sans meubler, tu te permets de sortir un peu de ton match, si jamais il n’y a pas grand-chose à dire sur la rencontre.
A froid, aimez-vous regarder le match que vous avez commenté, pour analyser vos interventions à l’antenne ?
Oui, toujours ! C’est comme un arbitre, c’est comme un joueur, c’est d’ailleurs un conseil qu’on nous donne quand on devient journaliste que de se réécouter ou de se re-regarder. Ce n’est pas de l’égocentrisme, on n’y prend d’ailleurs jamais énormément de plaisir parce que l’on ne voit que les défauts et rarement les qualités mais c’est méga important. D’autant plus qu’avec ce projet de DAZN en Ligue 1, je change de dimension, dans le sens où ce que je connaissais du travail de commentateur sportif était avec moins de caméras, moins de techniciens autour, dans d’autres types de stades, avec moins d’enjeux, moins de pression, du coup ce sont plein de déterminantes et plein de choses qui peuvent parfois être des parasites aussi dans ton adaptation à l’élite.
Je pars du principe que c’est ma première saison de Ligue 1 donc je pars du principe que j’ai beaucoup de choses à apprendre, et que ça passe systématiquement par réécouter mon match. Parfois, tu sors d’un match, tu es content donc tu as hâte de le réécouter, parfois, tu sors d’un match, tu n’es pas content, tu n’as pas hâte de le réécouter. Après, ton avis peut changer aussi en le réécoutant…En tout cas, tu notes les choses, tu notes ce que tu trouves qui ne va pas, ce que tu pourrais faire de mieux et l’idée est, un petit peu comme un sportif de haut niveau, à notre humble échelle, de se préparer pour être performant sur un instant T. C’est-à-dire que tu essaies de gommer les défauts que tu as eus sur l’instant du commentaire du match : tu essaies de les intégrer pour ne pas avoir les mauvais réflexes au moment où tu vas devoir opérer, justement, pendant quatre-vingt-dix minutes. Quand tu fais du commentaire sportif, humainement, les premières fois il y a un petit peu la sensation d’un saut dans le vide parce que, pendant quatre-vingt-dix minutes, même si le sujet est le football, même si le match est la vedette, même si tu n’es qu’un accompagnant et qu’il faut ne surtout pas prendre le pas sur le match, tu es en responsabilité de cette narration. C’est toujours quelque chose d’assez excitant mais qui, au début, peut faire un peu peur…
Nous sommes aux deux tiers environ du championnat. Quel regard portez-vous sur cette saison ?
Je suis assez hypé, je suis assez excité par ce que je vois. L’opinion générale et publique a commencé la saison par regretter le fait que beaucoup de stars avaient quitté notre Ligue 1, avec le changement de cap de projet du côté du Paris Saint-Germain et qu’on avait donc une Ligue 1 qui était au rabais. On se rend compte, en fait, que, mine de rien, des projets, aujourd’hui, émergent, par le biais aussi de nouvelles têtes et de nouveaux entraineurs. J’ai beaucoup suivi Habib Beye en National, même si c’est un débutant en Ligue 1, ce n’est pas un débutant en tant qu’entraineur et c’est quelqu’un qui, je pense, va apporter quelque chose au Stade Rennais et à notre Ligue 1. Je vous parlais de Liam Rosenior, c’est vraiment mon coup de cœur…En plus, avec un projet strasbourgeois qui peut être critiquable sur son côté multipropriété mais qui, aujourd’hui, sportivement, est quand même méga intéressant et méga charmant même, avec des profils de joueurs qui sont vraiment intéressants. Même dans une équipe de Ligue 1 qui joue le maintien, comme Auxerre, tu vas avoir un Hamed Junior Traorè qui casse la baraque et qui est une belle révélation. Même à Angers qui joue le maintien, tu vas avoir la révélation Estéban Lepaul et des mecs comme Himad Abdelli qui sont de véritables artistes. Donc, en termes de qualité de jeu, même si on peut regretter que certains favoris fassent preuve d’inconstance, ce qui explique aussi pourquoi on n’a pas véritablement de lutte pour le titre, je trouve que le niveau de notre Ligue 1, dans les intentions et dans la réalisation, est encourageant et donne envie en tout cas de suivre.
On avait beaucoup opposé les entraineurs français aux entraineurs étrangers, je suis très content que l’on ait par exemple un Carles Martinez Novell à Toulouse, qui arrive avec de vraies idées, une vraie méthodologie ou encore un Liam Rosenior, et je suis très content qu’on ait des Haise, des Genesio, des Beye, des Pellissier, des mecs qui apportent leur pierre à l’édifice. Je trouve que, quand on compare la Ligue 1 d’aujourd’hui à la Ligue 1 d’il y a dix ans, on peut regretter la défaillance de certains gros mais on peut se dire que, mine de rien, il y a un niveau qui, de manière générale, commence à être intéressant dans les intentions. Le spectacle découle aussi des intentions des entraineurs, des intentions des joueurs…On parle de concept de management et d’entrainement, aujourd’hui, en France, dont on ne parlait pas il y a cinq ans et je trouve qu’il y a quelque chose d’assez intéressant.
Avec la nouvelle formule de la Ligue des Champions, tu as une course, aujourd’hui, pour accéder à ces quatre premières places, qui est assez passionnante. Quand tu regardes le nombre de prétendants, tu te dis qu’il y aura des heureux et qu’il y aura des déçus. On est dans un contexte post JO 2024, on sait que les Jeux Olympiques de Paris ont dopé les billetteries sportives en règle générale, même la pratique sportive en termes de licenciés mais on voit que les taux d’affluence, en Ligue 1, au stade, sont un peu plus importants, sont en croissance. Je trouve que, pour le moment, c’est une belle cuvée, avec de belles histoires à raconter en tout cas.
Cet emploi du temps bien chargé vous laisse-t-il tout de même la possibilité d’intervenir sur d’autres médias ?
Clairement ! Je continue à travailler toujours sur le championnat de National parce que c’est un championnat que j’aime beaucoup, sur lequel, journalistiquement, il y a beaucoup de choses à faire. Donc c’est passionnant d’un point de vue journalistique et footballistique. Je travaille aussi sur une émission que j’ai montée, qui s’appelle « Les pistonnés », le premier talk de F1 en France en termes de vues sur Youtube. On fait deux émissions par week-end et, parfois, du commentaire en live. Avec des saisons qui font 24 grand prix, plus 34 journées de Ligue 1 et autant en National, je travaille sept jours sur sept mais sur des sujets qui me passionnent. C’est parfois éreintant mais c’est vraiment épanouissant !