France 2 / Fort Boyard : Paul Larrouturou nous précise son meilleur souvenir de l'émission !
"Felindra tête de tigre ;)"
Ce blog met en lumière, au travers d'interviews, les animateurs de télévision, de radio ainsi que les comédiens et les musiciens !
"Felindra tête de tigre ;)"
Bonjour Florian,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez représenté les téléspectateurs dans la première émission de cette 37ème saison de “Fort Boyard”, sur France 2. Quelle avait été votre réaction au moment d’apprendre votre participation ?
J’avais été contacté début avril pour une émission de deuxième partie de soirée sur les fans de “Fort Boyard”. Cyril Féraud, en fait, n’avait pas encore annoncé ni qu’il serait le présentateur, ni qu’il y aurait des anonymes…On s’était bien amusés à faire la vidéo en famille pour évoquer notre engouement mais ce n'est que début mai qu’ils m’ont dit la vraie raison. Donc, quand j’ai su que j’étais pris, on était hyper contents et excités ! J’avais le sentiment de me dire que c’était dingue, je n’y croyais pas trop…Surtout qu’ils ont mis du temps à me répondre après la vidéo. Mais j’ai su le 1er ou le 2 mai que j’étais pris, pour un tournage le 12, ce qui était cool !
J’ai toujours rêvé de faire “Fort Boyard”. J’aimais bien regarder mais, comme je suivais pas mal l’émission, à chaque fois que je voyais les épreuves, je me disais “Non, il ne faut pas faire comme cela !”. Je m’enflammais un peu et, du coup, j’avais très envie d’y participer, comme les premiers anonymes des années 90, pour me prouver ce que je valais sur le fort. Et c’était dingue !
C’est une émission que vous regardez depuis longtemps et certainement que vous aviez plein de souvenirs et d’images en tête…
Oui, oui, c’est ça ! C’était le programme familial du samedi soir, quand j’étais petit. Ma mère, d’ailleurs, est l’une des plus grandes fans de “Fort Boyard”, elle regarde toujours, à 75 ans. Je m’y suis remis avec mes enfants, à suivre les épreuves, à commenter, à suivre les 23 années avec Olivier Minne, un monument. C’est vrai que c’est quand même cool que ce soit Cyril, puisqu’il nous a ramené les anonymes.
Oui, plein de bons moments passés autour de “Fort Boyard”, en famille ! C’est un programme familial, ce qui est génial !
Au moment d’arriver sur le fort, aviez-vous, comme beaucoup, l’impression de rentrer dans la télé ?
Oui, c’était vraiment une excitation énorme ! En fait, on s’est retrouvés la veille, à Châtelaillon-plage, je n’ai quasiment pas dormi de la nuit et on s’est levés à 6 heures, pour aller notamment se faire maquiller. Rien que la traversée de l'embarcadère jusqu’au fort est impressionnante. Il y a déjà tout un truc…C’est à ce moment-là qu’on a rencontré Cyril Féraud. Ca commençait donc déjà à monter petit à petit…En plus, on voit le fort arriver au loin.
Après, pour monter sur le fort, c’est presque une première épreuve 🙂. C’est assez dingue ! On a fait des photos sur la passerelle et puis, surtout, c’est l’entrée dans le fort qui est impressionnante. Quand on arrive au milieu, et qu’on voit les murs, on se sent petit ! Cela m’a vraiment impressionné. La hauteur et l’épaisseur des murs sont, en fait, presque un peu oppressantes. A la télé, on a l’impression que c’est gigantesque, on a l’impression de quelque chose de vraiment énorme, de la façon dont c’est filmé mais j’ai trouvé, personnellement, que ça faisait plus petit. Les murs sont très hauts et très larges, c’est vraiment un monument ! Au début, tu prends un petit peu de temps, tu restes scotché, à regarder, à découvrir le proscénium ou encore la salle du trésor… C’est un sacré moment ! En plus, ils nous avaient laissé 5 à 10 minutes pour nous promener.
Après, ça va vite…On est appelés de partout, en fait, jusqu’à la fin du tournage quasiment. Il y a des petites pauses mais le rythme est intense. Il n’y a vraiment pas le temps…
Malgré cette intensité, les images ont montré, de suite, une vraie cohésion et un vrai esprit d’équipe…
La veille au soir, à l'hôtel, on a déjà commencé à faire connaissance, en mangeant ensemble. En plus, on avait Bruno Solo, il met quand même une sacré ambiance, à lui tout seul 🙂. Avec Isabelle, ils faisaient un sacré tandem pour nous faire rigoler.
Tous les caractères s’entendaient bien, il n’y avait que des gens simples, pas compliqués donc ça va vite pour mettre la bonne ambiance. Après, avec le déroulé de l’émission, automatiquement on s’encourage. Personne, je pense, n’était sur la retenue, ça a joué aussi un petit peu. Tout le monde avait envie de bien faire donc ça a permis de mettre directement une bonne cohésion. On a pas mal performé sur les épreuves, ça aide aussi, c’est quand même plus facile ! C’était simple, chacun s’est fait plaisir.
Tout le monde était un peu excité, je pense. Même Isabelle et Camille, qui connaissent plus…Je pense qu’avec l’anonyme, ils se revoient un peu la première fois qu’ils étaient venus sur le fort, ça rebooste un petit peu plus, peut-être qu’un entre-soi de célébrités. Cela a dû jouer sur l’ambiance dans l’équipe et sur le fort.
Parmi les nouveautés de cette année, il y avait les cinq temps forts, ces épreuves collectives, qui vous ont plutôt bien réussi…
On a réussi tous nos temps forts, sauf chez Willy… Je pense que ces épreuves collectives sont un vrai bon truc de cette saison. Cela manquait, il n’y avait que le mot code à la fin, en équipe. Ces temps ensemble sont, j’ai trouvé, vraiment top !
Les thermes ont une entrée sympa, avec le toboggan, et l’épreuve est top. Ce n’était pas simple, ce sont quand même des crapauds, il fallait mettre la tête dedans. Il y avait une histoire de taille aussi, on a vu que c’était difficile pour Shirine à cause de ça. Les gros tubes ne sont pas très très larges et, par contre, la balle est profonde donc il faut être assez grand quand même pour arriver à la choper, à l’attraper et souffler dedans pour faire sortir les boyards. Et puis, il y a quand même un temps limite donc, si tu galères, tu as tout de suite peur de ne pas réussir. Je pense que j’avais typiquement le physique parfait pour réussir facilement, je n’étais ni trop grand ni trop petit, j’avais la bonne taille. Ce temps-là s’est plutôt bien passé !
Après, on a été chez Blanche, avec Camille où, là, c’était un peu une chance sur deux, globalement. Il y a, chez Blanche, trois jeux possibles : les cartes, les souris et la boisson. Je pense que l’on a eu le moins fun des trois…J’aurais préféré avoir quelque chose de plus stratégique. Là, c’était juste du hasard mais c’était sympa quand même. C’était surtout sympa de voir Blanche, c’est quand même un personnage mythique de “Fort Boyard” donc c’était cool !
Dans la foulée, vous disputez votre première épreuve individuelle, celle de la ketchuperie…
Une épreuve culte, clairement ! Cela faisait bien plaisir de pouvoir la faire…J’avais dit que je ne ferai pas l’erreur d’oublier d’appuyer sur le bouton mais, voilà, évidemment, j’ai quand même oublié 🙂, pris dans le truc…Mais, après, ce qui m’a aidé, c’est que je suis plutôt sportif, je ne me suis pas mis le dos contre la paroi, tu ne vas pas vite, il faut vraiment gainer dur et être en tension à fond mais, si tu te mets dans l’autre sens comme moi, tu peux aller beaucoup plus vite à traverser. Après, il faut réussir à trouver un endroit où mettre les tomates. Dans le pull, c’est pas mal…C’est, je pense, une des meilleures solutions ! Cela va peut-être parler aux gens qui feront cette épreuve les années prochaines, parce que cette cellule est un peu dure. Après, ce qui n’est pas facile, c’est de ne pas tomber parce que, quand tu tombes…Bon, je suis tombé, j’ai réussi à le refaire mais il faut gainer vraiment très très fort ! Si tu n’es pas vraiment sportif, cette épreuve est un peu plus dure.
J’ai réussi sur le gong, c’était vraiment cool de la faire et de la réussir !
Plus tard, vous avez affronté la poutre jets d’eau…
Oui, avec Camille qui venait après moi. C’est une épreuve sympa et impressionnante parce qu’elle est vachement en hauteur. Après, j’étais quand même hyper concentré, forcément. Je pense que, quand tu es anonyme, tu es à fond, tu es vraiment concentré. Après, je n’ai pas peur du vide, donc ça va mais tu es tellement concentré que tu ne réfléchis pas trop au fait de tomber. La poutre est vraiment hyper épaisse, tu as 15 bons centimètres de mousse, c’est vraiment tout mou…En plus, ils ont mis un espèce de skaï de plastique, un peu glissant quand il est mouillé par les jets d’eau. Je n’ai pas réussi mais il ne manquait pas grand-chose, il me manquait deux à trois mètres pour réussir à aller jusqu’au bout mais j’ai fini par être déséquilibré par un jet d’eau. Mais, oui, une belle épreuve individuelle, une des plus dures aussi donc ils se sont dit “Tiens, celui-là, on ne va que lui mettre des épreuves hyper dures”...Sympa 🙂. Bon, Camille n’a pas réussi non plus, dommage !
Après, c’est chouette, tu sautes dans le vide et tu as une belle vue du fort ! C’est assez impressionnant quand même, et puis ça te retient un bon coup, c’est dingue.
On a fini en avance et, à mon avis, j’avais une dernière épreuve à faire, je pense, que je n’ai pas pu effectuer. Ils nous présentent un peu les épreuves avant, sans nous préciser vraiment qui les fait mais je pense qu’ils nous restaient à faire l'hôtel, avec les valises. Si on n’avait pas fini avant et qu’on l’avait faite, je pense qu’elle aurait été pour moi.
Au moment de vous présenter face à ces épreuves emblématiques, aviez-vous alors repensé à tout ce que vous aviez vu d’elles à la télévision, lors des saisons précédentes ?
Oui, tu as quand même un côté où tu réfléchis un petit peu à ce qui se passe. Peut-être plus quand ce sont les autres qui font une épreuve. C’est vrai que, quand c’est toi, tu y vas à fond. Preuve en est, j’en avais marre, à la ketchuperie, de voir tout le temps des gens qui oubliaient d’appuyer sur le bouton et j’ai fait la même erreur. Tu as envie de bien faire, tu es quand même l’anonyme, tu es censé être un peu plus le spécialiste, tout du moins c’est comme cela que j’ai été présenté…Je pense que ça aide plutôt à expliquer aux autres candidats comment réussir leurs épreuves. C’est plus là où l’anonyme peut être utile…
Après, il faut quand même être un peu sportif, et ne pas avoir peur. Chez nous, personne dans l’équipe n’avait peur, c’est plus facile quand personne n’a de grosse crainte qui l’empêche d’aller aux serpents ou aux rats…
Avez-vous constaté une grosse différence entre la vision que vous aviez de ces épreuves et ce que vous avez vécu sur place ?
Je suis content, parce que c’est vraiment sportif ! Il n’y a pas de chiqué, les épreuves qui sont dures sont vraiment dures, il y a vraiment des animaux, il y a le temps à respecter, sinon tu peux être prisonnier, …Ils ne te facilitent pas la vie, surtout quand, comme nous, tu réussis plutôt bien. Donc vraiment pas déçu du passage sur “Fort Boyard”. C’est vrai que tu pourrais avoir de grosses attentes et, au final, te dire que ce n’est pas si compliqué que cela mais non…Quand tu en parles avec les célébrités, elles te disent toutes que c’est hard, que ce n’est pas facile, que tu peux souvent te faire mal, comme Bastiaan. Les épreuves sont dures, il y a des protections mais il faut faire gaffe, tu peux vraiment te faire mal. On sent que les célébrités se passent le mot, elles savent toutes que tu n’en ressors pas forcément indemne.
Au-delà de la difficulté des épreuves en elles-mêmes, l'enchaînement fait que c’est presque du non-stop…
Oui, c’est hyper intense ! J’étais complètement cuit le soir…C’est 8h30 - 17h30 et, à la fin de journée, tu ne sais plus où tu habites. C’est très fatiguant, autant nerveusement que physiquement. Il m’a fallu deux à trois jours pour remettre les pieds sur terre. En plus, là-bas, on est tellement chouchoutés, beaucoup de monde s’occupe de nous, c’est un super moment mais il faut redescendre un peu et récupérer, ce n’est pas simple.
A froid, quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?
L’ambiance avec les collègues mais aussi avec l’équipe de tournage, Cyril et les personnages ! C’était vraiment top, tout le monde était super sympa, c’était hyper familial, hyper bon enfant. C’est speed, il y a un timing précis à cause des marées, on ne peut repartir trop tard donc il faut aussi que ça tourne, mais il y avait vraiment une super bonne ambiance.
Les épreuves individuelles m’ont quand même vachement marqué, je m’en souviens forcément, c’est mythique. Aussi l’arrivée, tout en bas puis dans le fort, au milieu des murs…C’est impressionnant !
Comment avez-vous vécu la diffusion de l’émission ?
Tu te “resouviens” de tout, c’est rigolo ! On a fait ça en famille, chez mes parents, dans une grange, on était une quarantaine, on avait invité les copains et la famille, on avait mis un grand tableau blanc avec un vidéoprojecteur. Oui, tu te replonges dedans ! Je faisais des petits arrêts, dès fois, pour leur expliquer des moments que l’on avait vécus, parce qu’il y a des choses que l’on ne voit pas à la télé et que tu sais. C’est rigolo de partager un peu toutes les anecdotes. Oui, c’était un super moment ! C’était top…De faire cela en famille était génial ! Ce 4 juillet restera gravé…Après, on l’a re-regardé une ou deux fois. J’ai même téléchargé l’émission et je l’ai stockée sur mon disque dur 🙂, avec toutes les photos envoyées par ALP. C’est un souvenir qui va me marquer longtemps ! C’était un truc de dingue….Je pense que je vais essayer de repostuler, dans deux ou trois ans, s’ils continuent de le faire, parce que c’est génial et que c’est une expérience hors du commun. Je tenterai, on ne sait jamais…Peut-être qu’ils voudront faire quelque chose avec les anciens anonymes ? Comme ils aiment bien faire cela avec “Koh Lanta”...
Maintenant que vous avez vécu cette expérience de l’intérieur, avez-vous eu un regard différent sur les autres émissions diffusées ?
Oui, automatiquement, un petit peu…Tu es un peu compétiteur par rapport aux autres équipes, tu es aussi un peu plus exigeant sur certaines choses, à dire “Mais non, il ne faut pas faire comme ça…”. Je dirais que tu es un poil plus critique sur les émissions que tu regardes. Après, je trouve que le renouveau, cette année, est vachement bien, avec Cyril et tout ce qu’ils ont mis en place. Je commençais à me lasser un petit peu, il y avait une certaine routine, Olivier Minne se “fatiguait” peut-être aussi. Je trouve que c’est vraiment bien ! On verra sur le long terme ce que ça donne mais je trouve que la présence d’anonymes apporte un truc en plus. Je pense que ce sera peut-être encore mieux l’année prochaine, parce que ce seront vraiment des anonymes fans. C’est un peu différent, je pense que tu ne te donnes pas pareil quand tu es vraiment un fan et que c’est ton rêve, depuis tout petit, de faire “Fort Boyard”. Donc j’attends de voir aussi la prochaine saison, qui sera peut-être encore plus intense au niveau des anonymes. Peut-être que la production choisira aussi d’autres profils mais je pense qu’il y a quand même un paquet de personnes comme moi qui vont postuler.
C’est bien aussi de n’avoir mis qu’un anonyme parce que les célébrités nous entraînent. Je l’ai senti à mort ! Au fil de la journée, tu commences à comprendre comment ça marche, notamment de ne pas regarder la caméra, de mettre tout le temps l’ambiance, de se faire des câlins, de dire “Ah super, tu as réussi !”. Au début, ce n’est pas évident, quand tu ne vis pas ça au quotidien mais les célébrités t’emmènent là-dedans parce qu’elles savent comment faire. Cela fait qu’il y a une grosse ambiance sur le tournage !
Pour terminer, avec l’expérience de cette première participation, selon vous, quelles sont les caractéristiques nécessaires pour être un bon candidat ?
Déjà, il ne faut pas être trop timide, ne serait-ce que pour qu’il y ait une bonne ambiance. C’est important ! Si tu veux vraiment profiter du fort, je pense qu’il faut être un minimum sportif, même si, au final, il y a pas mal de candidats qui ne sont pas hyper sportifs qui réussissent bien…Il faut surtout avoir la gnaque, il faut être hyper motivé pour y aller. Il faut connaître les mécanismes du jeu, je pense que c’est plus simple. Il ne faut peut-être pas tout connaître non plus, il ne faut pas essayer de savoir avant tout ce qui se passe, il faut laisser une petite part de découverte…Je pense que tu perds un peu de la magie si tu cherches à tout savoir, il y a quand même plein de choses que tu découvres sur place, surtout comment le fort est exploité pour faire le tournage, avec toutes les salles et tous les endroits qu’il y a. C’est génial, on découvre des trucs tout le temps donc je pense qu’il faut essayer de garder un peu ses yeux d’enfant.
Il faut aussi se dire que ça va forcément être une bonne journée et ne pas avoir d’appréhension. Enfin, il faut être un peu fan de “Fort Boyard”, je pense 🙂.
Merci, Florian, pour toutes vos réponses !
Bonjour Alexia,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver prochainement dans “Les évaporés”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, j’ai vraiment eu la grande chance d’être choisie pour interpréter Esther Bazin. Par rapport à l’endroit où je suis dans ma carrière, souvent on me fait des propositions, parfois je passe des castings et, là, c’en était un avec Emilie Grandperret, la réalisatrice des trois premiers épisodes de cette saison 1. C’était vraiment super de la rencontrer, de faire ces deux scènes avec elle et de travailler le personnage d’Esther, afin de voir dans quelle direction l’amener…J’avais déjà eu un vrai coup de cœur pour Emilie et sa direction d’acteurs, qui est vraiment très fine, et puis pour ce personnage, donc j’étais ravie quand on m’a appelée pour me dire que j’étais choisie !
C’est vrai que je trouve que c’est un projet qui se distingue, qui est assez original. Il y a une enquête mais ce n’est pas une série policière avec un cadavre, un médecin légiste, une scène de crime, et des scènes d’interrogatoire. On ne cherche pas à trouver le coupable d’un meurtre mais les raisons qui ont poussé quelqu’un à vouloir disparaitre, et à prendre cette décision tragique de tout plaquer sans donner de nouvelles. Donc c’est vraiment une série sur la psychologie et sur l’humain, c’est une série qui développe l’empathie, la compassion et j’ai trouvé ça vraiment chouette et intéressant de jouer une flic mais dans cet environnement-là, qui, finalement, travaille avec des civils et apprend d’eux. Il y a une belle évolution d’Esther au fil de cette saison 1 et, en tant que comédien, c’est vrai que c’est un cadeau, quand on joue un personnage qui a plusieurs couleurs, plusieurs facettes et qui évolue d’un épisode à l’autre.
Vous l’avez dit, cette série de 6 épisodes sera l’occasion d’aborder des sujets peu mis en avant en télévision…
Ce n’est pas une équipe de flics de la crime qui mène des enquêtes, ce n’est pas une équipe d’avocats qui monte un dossier, ce sont deux civils : un entraineur de basket et une jeune femme qui a une application d’enquêtes fictives. Ainsi que cette commandante de police, qui a beaucoup d’expérience, qui a résolu de grosses enquêtes, dont celle du début de l’épisode, en mettant derrière les barreaux ce tueur en série qu’elle traque depuis trois ans. Donc c’est une équipe assez éclectique et originale, de trois personnages très différents, de par les milieux d’où ils viennent, leurs familles, leurs profils, leurs métiers, leurs sensibilités, leurs personnalités…et je trouve que c’est vraiment une belle rencontre de ces trois personnages, de comment ils se complètent et de comment ils apprennent les uns des autres et évoluent au contact de chacun.
Souvent, un facteur d’une série est que l’on s’attache à l’équipe et aux personnages principaux. J’ai l’impression, j’espère, que ce sera le cas avec Frankie, Douma et Esther. On va voir, on saura bientôt…
Ce programme a aussi été l’occasion, pour vous, de côtoyer un chouette casting …
Oui ! Je n’avais pas travaillé ni avec Foed Amara ni avec Faustine Koziel et, vraiment, c’est une super rencontre. On s’est beaucoup appréciés sur le plateau, dans le travail et dans la vie privée aussi, où on est vraiment devenus bons amis tous les trois. C’était très agréable, c’était un vrai bonheur, de les retrouver tous les matins sur le plateau et au HMC, en loges, pour se préparer. C’est important, quand on commence une série, de se dire que l’on aime travailler avec nos partenaires principaux, et je trouve que l’on est tous assez différents dans notre jeu. C’est chouette quand on a des acteurs qui n’ont pas tous le même jeu ni le même timbre, ni la même technique ou encore la même méthode de travail, parce que, du coup, on est très à l’écoute les uns des autres, je trouve que ça rend les scènes assez vivantes et authentiques, en tout cas du sentiment que j’ai eu sur le plateau quand on tournait.
Aussi, avec Emilie Grandperret et David Morley, on avait deux supers réals, et toute une équipe technique formidable. Je n’avais jamais travaillé avec Louis Grangé, notre producteur, qui est un jeune producteur, c’est très agréable, il est très à l’écoute de chaque personne de l’équipe et, notamment, des acteurs. Il est à l’écoute des remarques et des sentiments que l’on peut avoir sur certains dialogues et sur certaines scènes, pour pouvoir changer les choses ensemble et que tout le monde sente que ce soit juste, et que ça sorte bien. Ce n’est pas toujours le cas, c’était très agréable de collaborer avec lui donc j’espère qu’on aura d’autres saisons et que ce plaisir va pouvoir se prolonger dans le temps !
Quel regard portez-vous sur Esther Bazin, votre personnage ?
Elle m’a touchée, elle est forte, elle est déterminée, c’est quelqu'un qui a de la volonté, qui a des valeurs, qui veut essayer de faire la justice et aider les familles des victimes qu’elle rencontre à travers ses enquêtes. Elle est très investie dans son travail, elle est très pro mais au point de mettre un peu sa vie personnelle et familiale de côté, ainsi que son bien-être. Donc je trouve chouette qu’elle commence ce tournant dans sa carrière et dans sa vie, avec ce tueur en série qu’elle coffre, son n-ième déception que sa dernière victime soit décédée quand elle l’a trouvée et qu’elle n’ait pu la sauver, et qu’elle décide alors de démissionner pour essayer de sauver son couple et être plus présente pour son fils.
Au départ, elle est vraiment très solitaire, un peu vide, un peu perdue, et c’est beau ce chemin, au fil de cette saison 1, de comment elle va retrouver du lien, en créant des amitiés avec Frankie et Douma, en trouvant une place au sein de cette équipe et en aidant les familles des disparus à essayer d’avoir des réponses sur ce qui est arrivé à leurs proches. Voilà, ce sont des enquêtes qui ont de l’espoir, on n’est pas à compter des morts…Ce nouveau rôle et cette nouvelle équipe dans laquelle se retrouve Esther vont l’aider à ramener un peu d’amour, de lumière et d’oxygène dans sa vie, à renouer avec son fils, même si la disparition de son mari, Mathias, qui est un peu un fil rouge, est loin d’être résolue. En tout cas, elle retrouve du soutien, de la solidarité et de l’échange autour d’elle, notamment aussi avec son ancien patron, Dominique Malherbe. Cette relation également est jolie.
Donc, oui, c’est un personnage qui est touchant, elle est forte, déterminée, très courageuse et, en même temps, elle est extrêmement sensible, on le voit dans certaines scènes. C’est beau quand il y a plein de modulations à amener avec un personnage et plusieurs visages à montrer, comme on les a dans la vie, où on n’est pas qu’une chose. C’est un cadeau, pour un acteur, quand on peut montrer, comme ça, plusieurs facettes et créer un personnage tout en relief.
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Comme souvent, j’ai bien aimé faire des recherches sur internet, notamment sur les disparus volontaires, quelque chose dont je n’avais pas conscience de l’étendue avant de me retrouver sur ce projet. C’est vrai que l’on a tous entendu parler du type qui dit à sa femme “Je sors acheter des cigarettes” et qui n’est pas revenu, mais on ne se rend pas compte que c’est entre 5 et 10 mille personnes en France par exemple, et que c’est 100 000 personnes par an au Japon. Il y avait tout un documentaire sur ARTE sur les évaporés du pays, qui parlait de ce phénomène si important au Japon, et qui est compréhensible par rapport à leur culture, à la fierté, aux valeurs, à la honte et à l’ampleur que ça prend là-bas.
Donc j’ai regardé des documentaires, vu des choses sur internet, lu des témoignages et, après, pour le côté flic, j’ai eu la chance de rencontrer et de sympathiser avec deux policiers du commissariat de Nantes, au tout début du tournage. Donc j’ai passé du temps avec eux à parler, notamment pour cette scène d’interrogatoire que j’ai dans l’épisode 4. Jeff Pasques, un romancier qui a eu le prix du Quai des orfèvres il y a quelques années pour un de ses romans, m’expliquait la particularité d’un interrogatoire, les moments forts, les tensions, les moments où on a le pouvoir par rapport à la personne que l’on interroge et les moments où on est un peu plus fébriles. Voilà, il m’a donné plein plein d’idées, ça m’a vraiment nourrie pour cette scène que j’ai adoré jouer avec Bastien Ughetto, un acteur vraiment exceptionnel.
Et puis, après, à mon âge, on a aussi l’expérience de la vie, sa sensibilité et les choses que l’on a vécues, que l’on amène bien sûr dans nos rôles. C’est aussi un cadeau. Sans oublier le texte…Je travaille beaucoup sur le texte et sur le scénario, je me fais des continuités, je me résume des séquences, vu que l’on tourne tout dans le désordre, par décor, pour vraiment savoir d’où je viens, ce qui s’est passé avant, ce qui se passe après, afin de faire les bons choix sur le plateau, à chaque moment.
Emilie, notre réalisatrice, a été script pendant très longtemps donc elle a vraiment le soucis du détail et de l’histoire. Ce qui fait qu’elle est très fine dans sa direction et c’est vrai qu’elle nous aidait tous à aller plus loin dans nos propositions, et à amener des nuances et encore plus de précisions dans notre sous-texte et sur chaque réplique. David, l’autre réalisateur, est aussi très fort en direction d’acteurs, et également très visuel. Dans ses choix de plan, il accompagne ce que vit le personnage à ce moment-là. On a eu beaucoup de chance avec cette équipe de réalisateurs sur cette première saison.
Certainement avez-vous hâte de découvrir le rendu final mais aussi les réactions du public ?
J’ai eu la chance de voir les six épisodes. On a fait une petite projection à Paris pour l’équipe il y a un mois et demi, des deux premiers épisodes. C’est toujours génial de pouvoir voir son travail, quand on fait des films ou des séries, sur un écran de cinéma, dans une salle de cinéma…Donc c’était vraiment super ! Et j’ai vu les quatre suivants chez moi à la maison. Je suis contente du résultat et du travail de chacun donc je suis très impatiente de voir comment la série va être reçue par le public, et les retours que l’on va en avoir, bien sûr, parce que c’est une série assez différente…Elle ne ressemble pas aux autres séries policières, elle ose des moments de comédie, des moments d’action, de thriller, et des moments d’émotion. Elle mélange pas mal de choses et je trouve que c’est un bel équilibre d’avoir ces moments un peu de comédie et de légèreté, pour être prêts à recevoir les moments plus dramatiques, plus plombés, parce qu’on a eu, justement, ces petits moments de respiration et d’oxygène. Donc j’ai vraiment très hâte d’entendre et de lire ce que les gens vont penser de la série.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour ces trois soirées de diffusion ?
Que les gens soient au rendez-vous, que les audiences soient belles, que les téléspectateurs aient envie de suivre ces six épisodes, qu’ils s’attachent à notre équipe et qu’ils soient touchés par chaque disparu sur lequel on enquête, et que, du coup, on ait l’opportunité de tourner une saison 2, voir d’autres. C’est une belle série et on aimerait tous continuer à faire vivre ces personnages, et parler de ce sujet des disparus volontaires, pour continuer à les mettre en lumière. Donc j’espère que les gens seront devant leur télé et qu’ils vont adorer regarder ces épisodes !
Merci, Alexia, pour toutes vos réponses !
/image%2F1552669%2F20260821%2Fob_44bd65_99f9e8fb-dcca-4718-ace3-691a0cc8d110.png)
Bonjour Mike,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes un artiste aux multiples cordes et vous serez, notamment, sur scène, au théâtre, en fin d’année…
C’est un théâtre du récit, qui revient sur mon histoire, depuis que je suis petit et sur comment j’ai pu incorporer mes différentes cordes à mon arc. Surtout, comme beaucoup à l’époque du Covid, je n’ai pas fait grand-chose, j’ai surtout réfléchi, j’ai pu aller voir mes parents et je me suis aperçu que, sur un coup de folie, mon père avait brûlé toutes nos photos…A partir de là, j’ai écrit, me posant la question “Pourquoi il a fait cela ?”. J’étais très en colère, j’aurais aimé montrer ces photos à mon fils…J’ai donc commencé à écrire sur l’acte de mon père, sur son histoire, sur notre histoire, sur mon histoire.
J’ai pu, ensuite, faire une proposition à l’Adami et j’ai obtenu une bourse d’écriture. Petit à petit, en avançant sur ce projet, j’ai pu le proposer à un collectif marseillais, spécialisé dans le genre. La directrice m’a même convaincu que c’était à moi de totalement prendre en charge cette pièce et de l’incarner. C’est comme cela que c’est devenu un seul-en-scène…
Je viens du rap et de la photo, et je crois que j’ai réussi à les incorporer dans ce projet, où on se demande également ce que c’est que de ne plus avoir de mémoire.
Ce projet remue certainement beaucoup de choses et de souvenirs en vous ?
Pour ma part, c’est de l’art-thérapie ! En passant par l’écrit, je vais encore plus loin que si j’allais chez un psy…Cela ne me laisse pas indifférent. Les mots ne suffisent pas, j’y ajoute des images, de la musique, de la vidéo, des odeurs, de la lumière et des silences. Cela permet d’être assez subtile pour transmettre ce par quoi on est passé et ce que l’on ressent. Ce n’est donc pas un travail qui m’a laissé sans trace et c’est un travail nécessaire, qui fait partie du chemin de vie. Pour moi, c’est une belle œuvre, que j’ai hâte de montrer !
J’ai pu faire d’autres pièces et le théâtre est quelque chose de transcendant, parce qu’on a le contact direct des gens, avant, pendant et après. Le théâtre vivant est vraiment quelque chose de très organique, que l’on ne retrouve pas sur un plateau télé. Cela bouge, c’est vivant, chaque soir est différent. Avec le temps, j’ai remarqué que c’est un exercice bien différent…
/image%2F1552669%2F20260821%2Fob_dddfb2_img-20260604-wa0003-2.jpg)
Vous l’avez dit, vous venez aussi du rap. Un EP est d’ailleurs sur le point d’aboutir. Quel en a été le déclic ?
Le temps ! Je connais beaucoup d’artistes, on a tous des projets qui ne sont jamais sortis…En tout cas, je fais partie de ces gens qui aiment la créativité mais accoucher puis présenter sont deux autres histoires. Je pense que c’est le bon moment pour moi, maintenant, de le sortir !
Cet EP reflète surtout l’époque, il y a une quinzaine d’années, au moment où je suis arrivée sur le tard dans ce milieu. Je l’ai commencé alors que j’habitais encore à Montréal. J’ai fait plusieurs maquettes, pour affiner le texte et le rendre accessible à tous. J’y parle du quotidien, je n’avais pas envie de mettre en avant mes origines par exemple. “Une semaine de plus” a sept titres, chacun du nom d’un des sept jours de la semaine, avec des sous-titres à chaque fois. J’aime beaucoup la poésie, je m’en suis inspiré, tout comme de mes observations. Musicalement, c’est un son des années 90, très américain, avec un mix un peu différent, ce n’est plus l’instrumental qui est mis en avant.
J’ai, d’ailleurs, plein d’idées pour un autre album encore !
En complément, vous l’artiste aux multiples casquettes, vous avez aussi un beau parcours à l’image…
L’un de mes plus grands rôles était dans “Le soldat blanc”, en 2014. En 2022, vous aviez pu me retrouver dans la première saison de “Furies”. Plus récemment, il y a eu “A priori”, pour France 3. D’ailleurs, ma première expérience dans une série était pour “Père et Maire”. Il y a plus de dix ans, j’avais fait une apparition dans “Plus belle la vie”, ou encore, il y a moins longtemps, dans la saison 5 de “Léo Mattei”. J’ai aussi fait de jolies choses pour Netflix.
Souvent dans des rôles assez durs : que ce soit chez les flics ou parmi les bandits, je ne suis pas quelqu’un de commode 🙂…
Vous êtes aussi directeur d’acteurs dans “Plus belle la vie, encore plus belle”, ce qui doit être très complémentaire, pour vous, du jeu devant la caméra ?
La direction d’acteurs est un poste spécifique, que l’on retrouve surtout sur les quotidiennes ou dans des courts-métrages. Je ne fais pas la mise en scène mais, en accord avec le réalisateur, je dirige les comédiens…Ce poste-là est arrivé, pour moi, par hasard, j’ai fait un essai avec Eric Hénon et je peux vraiment dire que, depuis, je suis devenu meilleur acteur en dirigeant des acteurs. Je suis tout le temps sur le plateau, ça m’enrichit. Cela me tient à cœur d’accueillir notamment les guests pour les mettre à l’aise, parce que je sais aussi la difficulté que c’est, en tant que comédien. Je cherche à les rassurer, en étant bienveillant.
Ce poste me permet de parfaire ma connaissance du plateau, je maîtrise mieux les spécificités également. C’est intéressant, je connais davantage mon environnement, ce qui m’aide à gagner du temps quand je suis de l’autre côté.
J’estime énormément les comédiens de quotidienne, qui ont une ribambelle de textes à apprendre, dans différents contextes et temporalités. Ils doivent rester frais jusqu’en fin de journée…Chapeau à eux ! On ne se rend pas compte de la difficulté que c’est, la méthode de travail est hyper compliquée. Il faut avoir de vraies qualités…C’est, je pense, une expérience à vivre, en tant que comédien.
Merci, Mike, pour toutes vos réponses !
/image%2F1552669%2F20260817%2Fob_ef3ab7_4322e5b1-958b-49be-b46e-699085db151e.png)
Bonjour Houaria,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous serez sur scène, au théâtre actuel et public de Strasbourg, en novembre prochain dans une adaptation de CRAPALACHIA, un roman de Scott McClanahan. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, évidemment ! Surtout que c’est une équipe qui, humainement, est juste extraordinaire…Cela fait du bien de pouvoir travailler dans des conditions où l’humain est mis au cœur du projet. C’est déjà quelque chose de très beau…Et puis, effectivement, entrer en répétitions m’excite et m’émeut, parce que le projet est ambitieux. C’est du théâtre récit, on campe tour à tour des rôles différents, on est tantôt dans le jeu, tantôt dans la narration, ça crée une dynamique qui fait que l’on n’a pas le temps de se reposer.
Et puis c’est toujours un plaisir de démarrer un projet, de découvrir un nouveau texte, une nouvelle écriture et de plonger dans un univers loin de soi…Cela fait du bien !
Plus concrètement, avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?
C’est l’histoire de la famille McClanahan, qui habite la Virginie occidentale, au milieu des mines et des montagnes. Scott, l’auteur, va dresser un tableau de sa famille, avec des personnages très hauts en couleurs : une grand-mère narcissique qui fait construire par anticipation sa tombe et qui s’y recueille chaque année, un oncle qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale mais qui adore les plaisirs de la vie et qui sirote de la bière à travers une sonde gastrique, un ami d’enfance qui a des tocs, qui adore répéter les mêmes questions et qui écoute la même chanson…Il y a aussi un fond social très profond de cette Amérique-là, qui rappelle un peu les “red necks” - les nuques rouges, avec ce côté un peu beauf mais, en même temps, hyper touchant.
Scott est un peu tiraillé par tout cela…par son attachement à ces personnes et la critique de cet entourage.
Quels personnages aurez-vous le plaisir de pouvoir incarner sur scène ?
Nous sommes 4 sur le plateau et nous allons tour à tour incarner Scott, l’auteur du texte, qui sera un peu le fil rouge de la pièce, tantôt un ami, un oncle, une vieille tante et une grand-mère. Je vais vraiment m’amuser à passer d’un personnage à un autre, ce qui est très jouissif !
/image%2F1552669%2F20260817%2Fob_6b9e82_crapalachia.jpg)
Certainement que la palette de couleurs à défendre va être large et variée ?
C’est sûr ! On va surfer sur différents registres mais, pour le metteur en scène, c’est important de ne pas tomber dans le pathos. Les histoires sont parfois tristes mais la façon dont on les raconte ne l’est jamais véritablement…Malgré cette vie qui peut paraître peu envieuse, il y a beaucoup de joie et d’amour aussi.
Sera-t-il si facile de switcher d’un rôle à l’autre ?
Ah non, je trouve que c’est un exercice qui est particulièrement difficile, mais c’est ce qui en fait sa richesse. Cela va demander une mémoire des corps, peut-être aussi du phrasé. On est en phase de recherche et de création donc beaucoup de choses sont encore à trouver…
A quelques semaines de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
C’est, d’abord, encore beaucoup de travail ! Ce que j’aime, ce sont les répétitions…Je me demande parfois si je ne préfère d’ailleurs pas les répétitions aux représentations. Ce temps de recherche-là est vraiment ce qui m’anime, j’y prends beaucoup de plaisir. C’est un va et vient permanent où rien n’est réellement acquis, jusqu’au jour de la première…Tout se renouvelle même à chaque représentation.
En tout cas, de se dire qu’au bout de ces cinq semaines de préparation va naître un spectacle, est quelque chose d’assez merveilleux.
Au-delà des cinq premières dates prévues, sans doute aurez-vous l’envie de prolonger l’aventure ?
Tout à fait ! C’est le travail du chargé de diffusion, il y a déjà quelques pistes, des rencontres ont été faites et on croise les doigts. On espère que les programmateurs répondront favorablement à notre invitation de venir voir le spectacle.
En parallèle, en prévision du mois de mars prochain, vous êtes en plein organisation d’une nouvelle édition d’un festival qui vous tient à cœur…
Oui, “Les Actuelles” se déroule chaque année au mois de mars. En 2027, ce sera la 29ème édition. C’est un festival de lecture qui célèbre les écritures contemporaines. Cinq textes sont sélectionnés par un comité de lecture : pendant un an, plus d’une centaine de textes sont lus et nous en sélectionnons cinq, puis nommons des directeurs et directrices de lecture et des musiciens et musiciennes. Chaque soir, un texte est lu par des interprètes et mis en musique, en présence des auteurices. Ce qui est très beau, c’est que l’on accueille, à la fois, des auteurices connus de la scène théâtrale mais aussi des personnes qui en sont à leur premier texte, et qui voient leur travail être lu pour la première fois par des professionnels.
C’est un festival de rencontres, une vraie parenthèse et j’avoue que ce que j’aime particulièrement dans ce moment, c’est le pouvoir de la lecture. Les artistes n’ont pas le droit de bouger, n’ont pas de costumes, seulement trois effets lumières sont autorisés et tout cela se lit dans un écrin élaboré par des élèves de la Haute école des arts du Rhin. Donc il y a vraiment une synergie de talents, où expérimentés et plus jeunes se côtoient. Ce festival provoque, à chaque fois, des moments très forts : on s’assoie, on écoute, on est très attentifs aux mots …et ça fait du bien ! On n’est pas parasités par l’image…C’est un moment magnifique, pendant lequel on respire tous ensemble. Cela fait du bien en cette époque.
Les écritures choisies sont audacieuses et libres, les sujets traités lors de la prochaine édition seront très politiques. En 2027, avec les élections, c’était important pour nous de coller à l’actualité, à notre monde et à nos réalités.
Avant d’en être l’organisatrice, vous aviez connu ce festival en tant que spectatrice puis que comédienne. Cela doit vous rendre fière ?
Evidemment ! Je ne l’aurais jamais imaginé le jour où j’étais pour la première fois spectatrice. Je n’étais, alors, pas encore comédienne professionnelle et je me disais “Oh, qu’est-ce que j’aimerais être à leur place”. J’ai d’abord été membre du comité de lecture puis lectrice au festival, oui, pour moi, c’est une fierté absolue et je remercie l’équipe du TAPS de m’avoir fait confiance.
L’organisation de ce festival nécessite un travail de l’ombre, tout au long de l’année, pour que tout soit prêt le moment venu…
Complètement ! C’est une année de travail où notre rôle avec mon partenaire Yordan Golwdaser est de créer du lien entre toutes les équipes. On les rencontre, on organise des ateliers théâtre à destination d’élèves, on est les plus disponibles possible, on essaye de créer beaucoup de convivialité…Et cela demande, effectivement, une importante organisation. Rien que la lecture et la sélection des textes demandent du temps et du travail !
Pour terminer, quels souvenirs gardez-vous de votre tournage, pour TF1, dans “Monsieur Parizot” ?
C’était une expérience très chouette ! J’ai eu l’opportunité de tourner dans une maison absolument somptueuse, qui ressemblait vaguement à un château. J’y suis arrivée très tôt le matin, il y avait un petit brouillard, l’endroit était juste très très beau. L’équipe était très à l’écoute et très disponible.
C’est un autre métier, mais ça a été grisant de jouer le rôle d’une notaire. Le réalisateur a tenu à ce que j’ai un look bien strict, La HMC s’est bien occupée de moi, tailleur gris cintré, chignon, raie au milieu, lunettes, … la totale !
Merci, Houaria, pour toutes vos réponses !
"Tout était très fort...mais je pense que le vélo / tremplin restera le souvenir le plus intense, même si ça m'a demandé de puiser toute mon énergie pour dépasser ma peur"
/image%2F1552669%2F20260805%2Fob_1ce5a1_9ef7767c-47a0-449e-83d1-73cd2d4cc7af.png)
Bonjour Laetitia,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre livre “L'instinct maternel - Mémoire d’une jeune mère dérangée” est sorti en février 2024 et continue de suivre son chemin. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, absolument ! C’est un livre qui intervient à un moment particulier de mon parcours, qui a été une sorte de tournant pour moi vis-à-vis, déjà, de l’écriture, parce que je suis passée à la première personne et dans un nouveau degré d’intimité. C’est un récit à la première personne, qui traite du sujet de la maternité et de la dépression post-partum, mais pas que, de tout un trajet que j’avais fait, moi, par rapport à la manière dont j’ai vécu ma première grossesse et l’arrivée de ma première fille. Qui m’avait conduite, c’est vrai, à m’interroger énormément sur ce sujet et puis, aussi, à questionner d’autres femmes, d’autres mères, puisque ça m’avait bousculée et intriguée. Du coup, c’est vrai que le livre a fait office de déclic pour moi !
Quand on m’a proposé de l’écrire, c’était d’abord un projet de scénario de long-métrage et une éditrice l’a lu, a trouvé le sujet super et m’a demandé si j’étais ok pour passer à la première personne, parce qu’elle avait deviné qu’il y avait une histoire personnelle derrière la fiction. C’est vrai que je m’étais dit que c’était le moment, pour moi, de ne plus me servir de la fiction comme d’une espèce de rempart et d’aller vers une écriture plus crue, plus personnelle, avec un ton qui m’appartient, empreint d’ironie, à un moment où je me sentais prête à assumer ce qu’on allait pouvoir penser de cette façon-là de parler de cette thématique. C’était central dans l’écriture : j’avais fait une sorte de pacte avec moi-même, en me disant qu’il fallait que je sois la plus sincère et la plus frontale possible. Après, il s’agissait plus de comment raconter cette histoire et j’étais beaucoup plus obsédée par l’écriture elle-même que par le degré, on va dire, d’intimité que je pouvais livrer.
Tout cela pour dire qu'effectivement, c’est un livre qui a été important. Je suis toujours touchée et cueillie par les retours que je reçois, de femmes qui s’autorisent à me parler de leur propre trajet, parce qu’elles ont lu le livre. C’est vrai qu’avec un livre, c’est encore plus fort qu’avec un film : les gens s’autorisent à s’adresser à vous de manière ultra directe et aussi à se livrer. Depuis, c’est vrai que l’on réfléchit, avec mon producteur, à une adaptation possible, en gardant le ton et l’humour. Maintenant, la question est de savoir comment traduire cinématographiquement quelque chose qui est un récit, comme si on était placé dans la tête de la narratrice. J’ai vraiment voulu que ce soit comme une caméra embarquée dans la tête de quelqu’un qui découvre que la maternité peut être un tsunami et passer comme ça, oui, par des découvertes, des hauts et des bas, et s'apercevoir que la maternité est un tout un autre chemin que, dès fois, le fantasme que l’on peut en avoir. C’est vrai que je suis devenue mère juste après avoir perdu ma maman, et c’est quelque chose que j’ai mis de côté pendant ma grossesse mais qui m’a évidemment rattrapée quand j’ai tenu ma fille dans mes bras….
C’est tout ça que je raconte, avec, maintenant, le recul, deux autres expériences très différentes de la maternité, et toutes ces femmes que j’ai rencontrées et interviewées moi-même. Ce livre, c’est aussi le récit de comment, de son histoire personnelle et en se découvrant soi-même, on peut être bouleversé par quelque chose. J’ai été amenée à m’intéresser à la thématique en général puis à d’autres récits, comme pour me décentrer aussi. Quand on souffre, on pense être seul à vivre cette chose-là, il y a un regard qui est tourné vers soi mais, après, j’ai eu besoin de tourner le regard vers les autres et de m’intéresser à d’autres histoires que je trouve incroyables.
Je garde toujours, dans mon travail, ce lien entre des sujets que je crois intimes, personnels et singuliers, et la façon dont ils peuvent trouver des échos, pour, à travers l’histoire des autres, arriver à mieux se comprendre. C’est quelque chose qui est toujours présent, comme l’est l’idée de partir de lieux communs, de représentations, de clichés, pour essayer de les questionner et de faire un pas de côté. Sur la maternité, il y a beaucoup d’attendus sociétaux et cette trajectoire-là m’a fait me déplacer, pour regarder les choses sous un autre angle…
En ce moment, je travaille sur un long-métrage qui questionne la violence féminine, en partant des codes du genre et du thriller. Pareil, je me demande comment interroger certains lieux communs et certaines croyances sociétales…
L’écriture de ce livre a-t-elle joyeuse en permanence pour vous ? Ou le fait de vous replonger dans certains moments plus compliqués a-t-il été plus douloureux ?
Je dirais que, sur le processus dans son ensemble, ce qui a été assez troublant, c'était plutôt de ressentir de la joie de pouvoir enfin transformer quelque chose de très douloureux qui avait été vécu. Je ne crois pas à l’écriture thérapeutique…Mais il y avait le plaisir de constater que, par les mots et par le travail sur la langue, c’est quelque chose qui devenait joyeux. En plus, je voulais le traiter avec de la distance, de l'ironie et beaucoup d’autodérision, parce que repenser à la femme que j’étais, pleine de certitudes et de fantasmes autour de la maternité, devenait drôle, avec le recul. Par contre, j’ai trouvé que c’était parfois très physique, de repasser par l’expérience de l’accouchement, qui avait été traumatique. Je sentais que je revivais des choses physiquement, c’était plus qu’une douleur sur laquelle j’avais déjà pu travailler mentalement. C’était encore plus physique que ce que je pensais, il y avait l’idée d’une lutte avec les mots.
Honnêtement, il y a certains chapitres que j’ai écrits très vite, un peu dans un élan et une pulsion, mais que j’ai eu plus de mal à reprendre ensuite, au moment de la correction. Une fois qu’ils avaient été déposés, y revenir était plus compliqué et troublant.
/image%2F1552669%2F20260805%2Fob_c03123_3f231b7c-3acb-400a-8d0e-0542679ed200.png)
Vous évoquiez les retours reçus de lectrices. A l’inverse, avez-vous également eu des retours masculins ?
Oui ! Cela me touche beaucoup, d’autant plus que différentes générations m’écrivent…J’avais dit à mon éditrice que c’était vraiment le projet aussi. J’avais envie que ça puisse s'adresser à tout le monde, et pas seulement aux compagnons ou aux proches qui auraient pu connaître quelqu’un qui vivait une difficulté maternelle. Je me suis emparée de ce sujet qui, je l’espère, peut toutes et tous nous concerner, notamment parce que l’on est tous l’enfant de quelqu’un.
En écrivant, je voulais qu’il y ait des rebondissements, je pensais ce livre comme une aventure. Du coup, ça me touche beaucoup quand je vois que ça peut intéresser et que ça peut se lire en tant que tel, sans soi-même avoir été concerné de près ou de loin par le sujet.
Une adaptation à l’image est en réflexion. Sans doute est-ce un exercice aux nombreuses étapes intermédiaires ?
Ah oui, c’est vrai ! Là, je suis sur un autre projet qui est un peu central mais ça chemine en parallèle. Je viens de faire un court-métrage, qui est une confrontation entre une fille et son père, je l’ai tourné en noir et blanc, d’une manière particulière on va dire, et ça a commencé à me donner des idées pour le long sur la maternité. Je veux dire par là que les choses cheminent aussi en souterrain. Pour l’instant, je ne me suis pas attablé à la nouvelle écriture mais ma question est de savoir comment on peut traduire, au cinéma, le fait d’être dans la tête de quelqu’un. Est-ce que ça va passer par de la voix off ou par un autre procédé ? Je pense que, dès que j’aurai attrapé ce parti-pris, l’écriture découlera.
Peut-on dire un mot, si vous le voulez bien, sur cet autre long-métrage, qui est actuellement en financement ?
C’est un thriller sur une tueuse en série, avec un personnage de femme flic qui enquête et qui est, elle-même, un peu borderline. En fait, j’ai eu envie d’inverser la figure du serial killer, que l’on voit beaucoup et qui fascine. Je souhaitais voir en quoi on pouvait y trouver des équivalences et en quoi il peut aussi y avoir des particularités.
Je me suis inspirée d’un fait divers que j’ai fictionné mais ce que l’on questionne, ce n’est pas la violence de ces femmes, c’est que ça génère chez la flic de ne pas réussir à coincer le personnage de la criminelle. C’est un duel psychologique entre deux personnages de femmes que j’espère complexes et ambivalentes, avec une palette large à jouer pour les comédiennes. En cela, ça m’excite beaucoup de faire ce film parce que je pressens que ça va être de belles partitions pour ce binôme. J’ai hâte !
/image%2F1552669%2F20260805%2Fob_789de4_af896f5a-e007-4384-914d-b335244b12a9.png)
Que ce soit sur ce projet ou sur les autres, on peut penser que votre travail est fait de plein d’allers et de retours, au fur et à mesure de son avancée ?
C’est vrai, surtout pour les scénarios, parce que, de toute façon, ce sont des objets qui sont beaucoup lus par les partenaires possibles et les commissions. Donc il y a tout un dialogue comme cela entre ce que les gens auront pensé et le fait de savoir si ça peut, ou non, renforcer la narration. Il faut veiller quand même à garder sa ligne, un film reste un point de vue, un regard sur un sujet et certains retours peuvent être intéressants mais faire dévier de l’axe…Il donc savoir dire non à certains retours : par exemple, sur ce film-là, on m’a proposé de n’être que du point de vue de la criminelle, ce que j’ai refusé parce que ce n’était pas cela qui m’intéressait sur ce sujet.
De manier les codes de ce genre-là était également très intéressant pour moi, j’ai pu être accompagnée par un policier pour être sûre du déroulement de l’enquête et du vocabulaire employé. Idem pour le milieu hospitalier, où je me suis faite accompagner pour être certaine que les médicaments sont rangés à tel endroit et que seulement telle ou telle personnes y ont accès.
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Je suis en préparation d’un nouveau livre, qui va avoir pour thème des monologues de femmes et d’hommes sur la sexualité. C’est un projet qui m’est peut-être moins personnel et intime mais, par contre, où je m’amuse beaucoup en termes d’écriture, à inventer les voix des uns et des autres, puis à les assembler. J’ai pensé ce livre comme une mosaïque de points de vue et d’angles différents, pour se demander si la variété des ressentis des sexualités ne serait pas infinie. Si tout va bien, on va partir de ce livre pour en faire une adaptation au théâtre avec, peut-être, un homme qui jouera tous les hommes et une femme qui jouera toutes les femmes.
Je réfléchis aussi à une adaptation théâtrale de “L'instinct maternel - Mémoire d’une jeune mère dérangée”, avec un metteur en scène avec lequel j’ai souvent collaboré. On se demande quel spectacle il pourrait y avoir à l’intérieur du livre…Je m’aperçois, une nouvelle fois, que tout se répond et c’est aussi pour cela que j’aime faire de tout ! Sans doute que j’apprécie particulièrement trouver le langage le plus juste pour chaque sujet et chaque projet…
Merci, Laetitia, pour toutes vos réponses !
Livre : L'INSTINCT MATERNEL, mémoires d'une jeune mère dérangée
Sites laetitialambert.fr
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_2d5bec_dsc08929.jpg)
Bonjour Valentin,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 peuvent vous retrouver dans la série “Tropiques criminels”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Absolument ! L’aventure a débuté en 2019 donc ça ne date plus d’hier 🙂. C’est vrai que le personnage a aussi beaucoup évolué entre la première saison et la dernière, que nous tournons d’ailleurs actuellement. C’est un personnage pour lequel j’ai beaucoup d’affection, j’aime son entièreté, son intégrité, son professionnalisme et sa naïveté. Il a quelque chose d’extrêmement précis et d’infiniment enfantin, en fait, à s’émerveiller de tout. Il connaît tout, il sait tout, tout l’intéresse, il n’a pas réellement d’échelle de valeurs, exactement comme un enfant. Je crois que, inconsciemment, mes enfants m’ont beaucoup inspiré, justement, dans l’approche de ce personnage. Donc, oui, j’ai beaucoup de plaisir !
Je ne connaissais pas la Martinique, donc de pouvoir la découvrir dans ce contexte et avec ces conditions, non pas comme touriste mais pour le travail, en tant que comédien, est très particulier. Les auteurs avaient à cœur que la Martinique soit, indirectement, un personnage à part entière de la série et je trouve que ce parti-pris est très intéressant. C’est aussi ce qui a permis, au fil des saisons, d’être, à chaque épisode, dans des endroits différents et de découvrir, de s’imprégner de l’âme du lieu en question. Cela étant, il m’est arrivé aussi à titre personnel, quand je ne tournais pas, de vadrouiller à droite à gauche, à la découverte de lieux que j’avais pu apercevoir, ou pas, lors du tournage. Sans oublier, la rencontre avec des gens et avec une culture. C’est vrai que, depuis 2019, j’ai la chance d’y aller tous les ans, le tournage dure quatre mois et j’y vais au minimum deux fois un mois. Sur ces périodes, j’ai à peu près la moitié du temps en présence sur le plateau et l’autre moitié off, avec du temps pour moi. Soit pour travailler sur d’autres projets, soit pour aller découvrir ou rencontrer des sites, des lieux, des gens. Donc j’ai maintenant beaucoup d’amis là-bas et, pour en revenir à la question, un véritable attachement à la Martinique.
Votre personnage vous permet une palette de jeu et de couleurs très large et variée…
Oui, c’est vrai ! Déjà, dans le pilote je trouvais qu’il avait une forme de candeur, un peu du domaine de l’absurde presque, parce que, dans quelque chose de très concret, lui dénotait par sa candeur, justement. J’aimais beaucoup ça chez lui et je me rappelle être venu au casting avec des propositions de tenues. J’avais un chapeau, j’avais des lunettes de soleil et des chemises en wax, ces tissus africains très colorés avec beaucoup de motifs. Donc, en étant pris pour incarner Phil, la costumière, que je salue, Valérie Mascolo, m’a dit, tout de suite, “Je vais partir là-dessus parce que j’ai adoré ta tenue au casting. Ce ne sera pas de la wax, ce sera des chemises à fleurs, mais en reprenant l’idée du motif et de la couleur”. Donc il y avait ce truc-là où, déjà, en termes de silhouette, le personnage avait une identité, ce que j’aimais beaucoup aussi. Avant même qu’il n’ouvre la bouche, on pouvait se demander qui est ce mec avec un bob, des lunettes fumées et des chemises à fleurs.
Dans le jeu pur, la tenue aide aussi parce que, forcément, on ne se tient pas de la même manière si on a des chaussures à talonnettes avec un costume trois pièces, ou si on porte un bob et un bermuda… Ce que j’aimais beaucoup, c’était l’association de l’univers de Phil, qui est capable des digressions les plus étonnantes, avec le concret du cadavre, mort quelques heures plus tôt, dont il fallait faire les constatations et donner les causes du décès. De pouvoir mêler ce côté très pratique, finalement, permettait aussi de retirer complètement l’aspect glauque et morbide de la chose, en venant avec des propos extérieurs qui n’ont rien à voir. C’est maintenant en le disant que je me fais la réflexion… Ça part d’un détail, sur la cause du meurtre ou sur la victime, et ça va très très loin… Cela enlève tout le côté morbide du cadavre et l'aspect sanglant ou choquant du crime. J’aimais beaucoup justement cette distinction qui s’entremêle et ces deux choses qui n’ont rien à voir. D’ailleurs, c’est, à chaque fois, le gimmick “Phil…Phil…Phil !” parce qu’il part trop loin et que les autres essaient de reprendre le fil, voulant juste savoir quand et comment la victime a été tuée.
Ce qui est génial, c’est de pouvoir travailler avec des gens qui ne m’ont pas bridé. Ayant rapidement compris mon personnage et sa psychologie, et en l’aimant vraiment beaucoup, j’avais aussi cette liberté. J’aime beaucoup improviser mais, quand je trouve qu’il y a une bonne base dans le texte et que je peux y ajouter des choses, j’aime aller me renseigner de mon côté, avant de tourner, pour voir ce que je pourrais creuser et amener encore plus loin. Car, ce qui est intéressant dans la digression, c’est que ce soit trop. S’il y a juste un petit détail un peu anecdotique sur quelque chose sorti de nulle part, on va dire “Oui, bon”...alors que s’il y a une vraie liste, là, on a besoin de le stopper et c’est là que c’est intéressant. Sainte-Rose et Crivelli recherchent l’essentiel, c’est maintenant, alors que Phil, lui, a une approche encyclopédique : “Attendez, vous me posez la question pour ça mais il faut d’abord que je vous parle de ceci, de cela et, aussi, de ça, ça et ça…”.
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_77e56e_valentin-7.jpg)
En huit saisons, votre personnage a évolué. Justement, quel regard portez-vous sur son parcours ?
C’est un peu particulier…On va dire qu’entre la première saison et la septième, qui vient d’être diffusée, mon nombre de jours a quasiment doublé. En gros, j’avais tourné 12 jours en saison 1, là où, à partir de la troisième, j’avais à peu près 20 jours. Donc c’est vrai que de sentir cet engouement, de la part des auteurs, de la part du public et, finalement, la place que Phil prenait dans l’équipe et dans le paysage, - ce n’était plus juste la scène de crime mais aussi des interventions au commissariat et, petit à petit, d’autres aventures extérieures, avec, notamment, sa sœur -, c’est vrai que c’est quelque chose qui a été très réjouissant pour moi. J’ai vu le personnage évoluer et se développer mais, à titre personnel, je me raconte aussi des histoires de mon côté : comment dort Phil ? à quoi ressemble sa maison ? à quoi ressemble sa famille ? qu’est-ce qu’il fait le week-end ? qu’est-ce qu’il fait le matin, quand il se lève ? Tout ce que l’on ne voit pas à l’écran, qui me permet de me mettre dans un état et, après, de pouvoir faire, finalement, n’importe quoi en réaction à la situation et d’être le personnage. Lorsqu’on va mettre le projecteur sur ces zones qui normalement, restent dans l’ombre, qui n’appartiennent qu’à moi dans mon travail d’acteur, c’est très réjouissant, parce que ce sont des choses qui sont toujours inédites et que l’on n’a pas l’habitude de voir. On le sort alors de son cadre, à savoir la scène de crime ou le commissariat. Il y a eu aussi le bureau de Phil, qui n’existait pas dans les premières saisons, cela amène du jeu et des situations inédites. On se dit également que, si on montre le personnage, c’est qu’il est intéressant. Forcément, en tant qu’acteur, on se sent naturellement valorisé. Donc, de ce point de vue-là, c’est quelque chose qui m’a beaucoup plu ! Je remercie pour cela les auteurs, Eric Eider et Yvan Piettre qui, je le sais, avaient, dès le début, beaucoup d’affection pour Phil.
C’est une vraie rencontre qui s’est faite, entre des auteurs, qui dessinent un personnage, et un comédien qui l'incarne. On a eu beaucoup de discussions justement et quelqu’un d’autre l’aurait fait différemment. Le parcours aurait été autre, mais pas forcément inintéressant. Il y a des moments où j’aurais adoré que Phil soit présent, simplement dans un souci de cohérence et surtout de cohésion. Le groupe est une vraie famille, on s’en rend compte assez rapidement, une fois que Sainte-Rose a été adoptée, à la fin de la première saison…On sent qu’il y a ce rapport de chien et chat entre elle et Crivelli mais sinon, il y a quand même un profond respect et, petit à petit, une amitié naissante, qui devient même de l’amour fraternel. Quand on aime son rôle et l’univers dans lequel on évolue, on se dit qu’à certains moments, son personnage aurait pu être là, parce qu’il avait très envie de suivre ses collègues. Il faut savoir s’adapter au format, à savoir le 8 fois 52 minutes, qui a ses règles : on est sur des enquêtes uniques et indépendantes, mais avec des intrigues personnelles au long cours. Je n’ose pas imaginer le travail pour les scénaristes, qui ont des chartes et des contraintes terribles, en termes de minutage, avec une scène d’introduction, une scène de crime, l’enquête, le tout entremêlé de vie. Je me rends compte, quand je parle avec des téléspectateurs, qu’ils aiment profondément les personnages. C’est là où je pense qu’on a réussi le job. C’est également pour cela que la série a marché et perduré.
Sur le papier, il y avait déjà quelque chose d’intéressant et, ensuite, ça a matché entre nous tous, ce qui est important et apporte un supplément d’âme.
Vous l’avez dit, la huitième et dernière saison est actuellement en tournage. Vous saviez, d’ailleurs, depuis longtemps qu’elle coïnciderait avec la fin du programme. On peut imaginer que les journées doivent doucement se charger en émotions ?
Oui, complétement ! J’étais là, cette année, au premier jour de tournage, chose qui n’était pas systématique. Je crois que ça ne m’était arrivé qu’une seule fois, pour la saison 6. Il y a une énergie particulière, c’est un peu comme une rentrée des classes : on connaît l’école, on connaît plus ou moins ses camarades, on ne connaît peut-être pas le prof mais on sait où on va. Cette année, j’ai senti que l’énergie était déjà, au premier jour, très nostalgique. C’était troublant, parce que c’est comme si on commençait à travailler en se disant que c’était la fin. Alors que, les autres années, on n’a jamais commencé le tournage en se disant que, dans quatre mois, ça allait nous faire bizarre que ce soit fini. Là, les gens étaient assez pudiques mais on sentait, dans la façon de se dire bonjour et de se parler, qu’il y avait ce petit temps, comme quand on veut vraiment garder une empreinte cérébrale. Donc, oui, c’est chargé, comme si on n’avait pas pris le temps de se dire les choses les années précédentes, comme si on n’était pas vraiment conscients de la chance que l’on avait….
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_cffc41_dsc08943.jpg)
En parallèle, le film “Compostelle” poursuit sa belle aventure, la barre du million de spectateurs a été largement dépassée…
C’est ça, c’est une grande fierté. Mais c’est toujours pareil, je pense qu’une œuvre, quel que soit son support, picturale, musicale ou cinématographique, est faite par essence pour rencontrer son public, aussi nombreux soit-il. Là, 1 200 000 entrées, c’est fantastique, vraiment ! Ce qui est très touchant, c’est quand des gens viennent témoigner de l’impact que l’œuvre a eu sur eux, en disant “J’ai vu ce film, ça m’a donné envie de faire le chemin de Compostelle”, “J’ai vu ce film et j’ai pensé à mon petit neveu, qui est en difficulté et, en fait, je vois les choses autrement”, “J’ai vu le film et j’ai déjà fait le pèlerinage, c’est exactement ça, ça m’y a refait penser, j’ai envie d’y retourner”. Ce déclic permet de créer, encore une fois, une émotion et un engagement chez nous. C’est toujours pour ça que je travaille : pour qu’il se passe quelque chose chez le spectateur. A mon niveau et en fonction du rôle que je défends, j’ai envie de donner de moi pour faire partie d’un tout, qui provoque le rire, les larmes, de la colère ou de l’indignation. C’est extrêmement valorisant quand les gens viennent nous dire qu’un film les a profondément touchés, pour telle ou telle raison. Là, on se dit que l’on a été au service de l’histoire, que l’on a réussi à incarner nos personnages avec humilité, pour que le public en fasse partie.
Ici, en l’occurrence, c’est adapté d’un livre. Il y a une part de vrai, comme cette association qui aide les jeunes qui se sont marginalisés et qui leur laisse une seconde chance. C’est aussi la rencontre entre Julien et Alexandra, deux personnes adorables. Il y avait énormément de générosité, on sentait une véritable entente et je pense que c’est ça que les gens ont dû percevoir dans leur fauteuil. Je n’oublie pas Yann Samuell, le réalisateur, une personne d’une humanité immense, avec qui j’ai adoré travailler. Pour la petite histoire, au call back, avant de commencer, il me dit “Je ne sais pas, je ne vais pas te mentir, vous êtes deux, toi et un autre qui n’a rien à voir”, cela m’a mis une certaine pression mais je n’ai pas perdu mes moyens. On a fait la scène deux fois et, en partant, j’ai terminé en disant “Si tu doutes encore, sois certain d’une chose, si tu me prends je serais à 200% sur le projet et je m'engagerais de tout mon cœur et de toute mon âme”.
Je suis finalement pris, je suis ravi, je tourne en Auvergne, je découvre la région, je devais jouer un lundi mais il y a eu des problèmes de météo, je suis revenu le jeudi et on retourne une scène que l’on avait déjà faite le vendredi d’avant…et, là, Yann me dit “C’est super, c’est encore mieux !”. Il avait donc bien fait de pleuvoir, la lumière était parfaite et le réalisateur rajoute “Mais, de toute façon, tu me l’avais dit au casting, que tu serais à 200%. Je t’ai écouté, tu ne m’as pas menti. Malgré la météo, tu es parti, tu es revenu et tu as fait le job”. Je ne me souvenais plus de mes propos mais lui avait été marqué. Peut-être que c’est ça qui avait fait la différence dans le choix des comédiens ?
L’expérience a été incroyable ! C’est une grande fierté…C’est un petit rôle, avec 5 jours de tournage mais, encore une fois, il s’est passé quelque chose, on était dans un rapport humain. Le premier jour, je fais des essais de tracteur, aux côtés d’un agriculteur, et Yann, avant de commencer la scène, me prend un peu à l’écart et me demande si, généralement, je suis plutôt des premières ou des dernières…Je l’ai regardé un peu ahuri, je ne savais pas, c’était même la première fois que l’on me posait cette question. En fait, il m’a interrogé parce que Julien et Alexandra étaient plutôt des premières et il voulait savoir si ça m’allait que l’on soit d’abord sur eux…Je l’ai rassuré, en lui expliquant que j’avais l’habitude de m'adapter et que j’étais à son service. C’est fou qu’un réalisateur de son renom prenne le temps et la considération d’aller interroger un acteur qui n’est là que pour cinq jours, afin qu’il se sente bien. Cela m’a beaucoup touché aussi, parce que ça en disait long sur sa délicatesse, sur son approche et sur le respect qu’il a du comédien, cela m’a mis dans de bonnes dispositions. C’est quelque chose que je souhaite à tout le monde !
Pour terminer, un mot, si vous le voulez bien, sur le court-métrage retenu au festival de Gérardmer ?
“Gavage” est un film de genre, il s’agit d’un agriculteur qui est pris à la gorge par les dettes. Il perd tout son élevage de volailles et il y a un mania de l’agroalimentaire qui lui propose, contre 100 000 euros, de faire du foie gras humain…Donc on est dans quelque chose de gore mais qui est aussi une comédie sociale dramatique. L’équipe était vraiment super, le budget était limité, le rythme était intense et l’immersion totale ! J’ai trop rarement l’occasion d’être impliqué autant dans la psyché d’un personnage. C’était éprouvant mais cette fatigue n’était pas désagréable…Cela a été une expérience formidable parce qu’il n’y avait pas de concession. On savait tous pourquoi on était là, personne n’a rechigné, on était tous au service des autres et du projet.
D’être sélectionnés au festival du film fantastique, de présenter le film devant plus de 700 personnes, d’avoir des réactions unanimes, montre que l’on ne s’est pas plantés. Il y avait ce supplément d’âme qui n'a pas laissé le public indifférent. Je suis très fier de ce court-métrage et j’en profite pour remercier infiniment Aurélien Digard le réalisateur, pour sa confiance et sa bienveillance.
Merci, Valentin, pour toutes vos réponses !
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_1927d2_eb75f6e8-3a07-44bf-acb1-442d217382cf.jpeg)
Bonjour Salomé,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre actualité est riche, à l’image, sur scène mais aussi derrière le plateau. Commençons, si vous le voulez bien, par “Aïe”, pièce qui reprend en septembre au Théâtre de Dix Heures et que vous produisez. Certainement que ce bébé vous tient particulièrement à cœur ?
Absolument ! C’est un spectacle que j’ai co-écrit et que je coproduis donc je passe de l’autre côté, pour la première fois. C’est une aventure assez extraordinaire !
C’est une comédie musicale jeune public sur les émotions, où une joyeuse fée, la fée Bobos, celle des petits bobos que l’on ne voit pas, vient apprendre et exprimer à Aïe, cette petite fille qui a un peu mal partout, qu’on peut mettre des mots sur ses maux. Donc c’est un spectacle vraiment sur le lien parent - enfant et sur la façon de transformer les émotions négatives en émotions positives. C’est un spectacle musical, magique et interactif, qui permet aux petits et aux grands de verbaliser et de transformer.
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_21e85c_421ffdcc-f312-4bd6-a3d5-89ff17b2f2ff.png)
Au moment de l’écriture, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de ce thème en particulier ?
Je coécris, avec une amie qui était venue me parler de son idée, que j’ai trouvée extraordinaire. On a écrit ensemble, j’ai mis beaucoup de ma personne, de mon chemin parcouru et de ma thérapie, vraiment. A la première, ma psy était dans la salle et était très émue. C’est un vrai chemin pour moi…
J’ai tellement aimé ce projet que j’ai décidé de le coproduire, avec une femme qui m’a fait confiance. Ensemble, on a monté notre structure et contacté deux excellentes comédiennes et chanteuses de comédies musicales, qui jouent les rôles de Aïe et de la fée Bobos, Cassiopé Mayance et Ana Ka. J’aime mettre en valeur ces comédiennes qui ont donné vie à ce spectacle.
C’est un spectacle vraiment familial, dans lequel chacun, selon son âge, comprendra soit le texte, sinon le sous-texte…
Oui ! Au début, la volonté du metteur en scène, Sebastiao Saramago, qui est aussi le compositeur des chansons, était de rendre vraiment accessibles, aux plus jeunes, des concepts qui paraissent adultes. Donc, à la base, c’était un spectacle jeune public et c’est au début de l’exploitation que l’on s’est rendus compte que nos amis, venus pour nous soutenir, sortaient en pleurs, alors qu’ils n’ont pas d’enfant. C’est là que l’on a pris conscience de l’ampleur et de l’aspect multi générationnel de ce spectacle. Il touche des parents, des grands-parents, des oncles et des tantes qui n’ont pas d’enfants…mais le but était d’être accessible aux plus petits. C’est pour cela que l’on dit que c’est un spectacle jeune public avant tout.
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_5f5333_2a41fdbf-23ed-4aaf-9c47-0d521c48f8cc.png)
D’ailleurs, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir des spectateurs ?
On a eu la chance d’avoir, notamment, un pédopsychiatre, qui nous a dit, et ce retour nous a fait du bien, que “si ce spectacle était plus joué et qu’il existait dans toute la scolarité, il aurait moins de patients”. Beaucoup de mamans se retrouvent touchées et se permettent de récréer du lien, en prenant plus de temps avec leurs enfants. On a aussi des petits qui chantent les chansons parce qu’elles restent vraiment en tête et sont très très belles.
Les enfants nous disent que, maintenant, ils connaissent les étapes pour transformer les peurs. C’est pour cela que l’on va créer le livre au plus vite. Ils veulent aussi connaître les tours de magie, mais ça, on ne leur dira pas 🙂….
En étant de l’autre côté, comment avez-vous vécu, notamment, la première où, quelque part, votre bébé ne vous appartenait plus ?
C’est une question très intéressante ! Je n’ai jamais été autant stressée que dans la salle…J’ai l’habitude de voir des amis sur scène et d’être stressée parce que j’ai cette empathie mais, là, c’était fou ! J’ai une confiance absolue en mes comédiennes et mon metteur en scène, ils ont fait un travail extraordinaire, mais, mine de rien, à l’écriture, cette petite fille, Aïe, c’est un peu moi donc ça m’a profondément émue de la voir interprétée par quelqu’un d’autre. Cassiopé apporte une richesse folle à ce rôle et, en même temps, que ce soit ma maman, ou d’autres membres de ma famille, ils m’ont dit qu’ils me retrouvaient dans ce personnage. Ça continue encore à me bouleverser…C’est une place assez magique, où on lâche le contrôle et où on profite juste d’être spectatrice.
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_7510f7_d75d2077-d47e-4e43-803a-7a11c7a5794f.png)
Cette expérience-là fait-elle de vous, consciemment ou inconsciemment, une comédienne différente encore ?
Encore une fois, cette question est très très intéressante ! Effectivement, je suis persuadée que ça m’a fait grandir en tant que comédienne. Pas forcément dans le jeu en soit mais plutôt dans la façon d’appréhender le stress : en fait, ça m’a permis de me rendre compte que, quand je ne suis “que” comédienne, je ne suis que comédienne, qu’on m’emploie parce qu’on m’a fait confiance et que toutes les problématiques, de budget ou encore de remplissage, ne m’appartiennent pas. Ca fait un bien fou de me dire que c’est magique : c’est Noël, j’ai juste à jouer ! Le fait d’avoir, de l’autre côté, toute cette pression, qui est vraiment conséquente et que je n’avais pas forcément anticipée, me permet d’être beaucoup plus détendue dans le boulot d’actrice. Donc j’aborde les projets à venir en tant que comédienne avec beaucoup plus de sérénité !
Vous avez également tourné dans “Après la fin”, le premier film de Frédéric Lopez. On imagine sans doute la joie que cela a dû être pour vous ?
Absolument ! Cette aventure-là, c’est quelque chose ! J’ai été très très honorée et heureuse de participer à ce projet, malgré une appréhension, au début, de part le fait de jouer une personne invalide, alors que je suis valide. J’ai eu une vraie peur d'illégitimité, que j’ai partagée au réalisateur, Frédéric Lopez, qui a été merveilleux et qui a su me faire me sentir à ma juste place.
Je joue une personne qui est paraplégique et donc en fauteuil roulant. On a eu une formation d'une demi-journée, qui nous a permis de nous mettre au service de ce fauteuil et, sur le tournage, j’ai tenu à être beaucoup en chaise roulante, pour sentir cette frustration extrême que ça peut être de ne pas pouvoir se mouvoir comme on veut. C’est vrai que, en plus de cela, le soir, en se levant, on se rend compte de la chance que l’on a…Cela m’a vraiment bouleversée ! Tout comme de tourner avec Louis Derungs, qui a lui-même un handicap, dont traite le film…Je l’ai vu avec tant d’aisance dans sa vie et tant de joie de vivre…C’était un tournage qui a été vraiment la joie de vivre, justement ! C’était réellement le point commun entre nous tous. Du coup, ça montre à quel point, quand c’est vertueux, c’est vertueux.
Le tournage a eu lieu quelques mois avant que je ne lance mon spectacle et ça m’a énormément apporté, à me dire que je voulais absolument nourrir la joie de vivre dans l’équipe que je créais, à l'instar de Frédéric, qui a su faire un casting de comédiens mais aussi d’être humains, vraiment. C’est un très très très beau film ! Je suis vraiment très reconnaissante d’avoir pu y participer !
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_25828f_45cc7b63-4b16-4c67-b929-51daa40dffb9.png)
Au-delà de l’adaptation du livre “15 000 volts” de Louis, on voit cette histoire par le prisme de plein d’autres personnages. C’est vraiment un regard sur comment chacun vit le phénomène de rééducation…
Oui ! J’ai eu la chance d’incarner Océane et c’est vrai que ce personnage est génial. Je me rends compte qu’il est assez proche de moi, sur plein de choses : elle est très impétueuse et elle a une façon de gérer, dans un premier temps, le trauma par le déni…et je suis aussi un peu comme cela ! Il y a cette scène qui est terrible, où elle va jusqu’à s’inventer qu’elle ne s’est pas faite larguer et fait semblant d'être au téléphone avec son chéri …J’ai trouvé cela bouleversant à jouer et Frédéric m’a raconté qu’il avait mis cet élément, dans ce rôle-là, d’une personne qu’il avait vraiment vue vivre cela. Je me suis dit que je voulais la défendre : elle est vue comme un peu peste mais j’ai tout de suite vu sa douleur à elle et le masque qu’elle s’est mis. J’ai vraiment aimé soutenir ce personnage-là !
C’est aussi un film très drôle, dans lequel les téléspectateurs vont beaucoup rire car ces rires sont nécessaires pour les personnes qui vivent ces situations…
En fait, ce qu’il ressort de ce film, c’est qu’il y a, certes, les accidents de la vie mais qu’il reste la vie ! Tant qu’on est en vie, on a la possibilité de transformer…ce qui ramène, un peu, à “Aïe”. On peut soit être résigné, soit transformer et tous les personnages du film, à des rythmes différents, décident de faire quelque chose de leur histoire. C’est fort !
Vous avez tourné la grande majorité des scènes dans un vrai centre de rééducation, ce qui a été certainement aidant à prendre pleinement conscience des enjeux…
Cela nous a complètement aidés, en tant que comédiens, même si, pour l’équipe technique, ça a été autant une chance qu’une contrainte. Dans un premier temps, ça a été difficile, en tout cas pour moi, d’un point de vue de la légitimité comme je vous ai dit plus tôt…Je me suis dit que je prenais sur leur espace personnel, j’avais l’impression que c’était un pied de nez de se lever devant eux mais, en fait, ils étaient tellement bienveillants et ça a été merveilleusement bien organisé que j’ai eu l’impression que ça a été fluide. Il faut savoir que beaucoup des figurants sont des personnes qui étaient là-bas, on a pu être avec eux et échanger, pour de vrai. C’est en cela que ça a été vraiment une expérience humaine, on s’est adaptés à leur planning et pas l’inverse. Donc il y avait, j’ai le sentiment, ce respect total !
En tant que comédien, c’est bizarre à dire mais c’est une aubaine de pouvoir être imprégné et de pouvoir, entre deux prises, juste regarder autour de soi.
Vous avez eu la chance de déjà voir le rendu final. Comment avez-vous vécu la projection ?
J’étais tellement heureuse ! Pour tout vous dire, lors du tournage, j’avais l’impression de ne pas avoir été à la hauteur, dans ce rôle. Oui, c’est la fois, dans ma carrière, où, en tant que comédienne, j’avais le plus l’impression d’avoir été en dessous. Je ne saurais pas l’expliquer mais je l’avais verbalisé à Frédéric et quand, à la fin de la projection, il m’a dit “Bon, tu es bien !”, je lui ai répondu “Oui, je crois”. En fait, le montage est vraiment bon et il permet de faire exister ces personnages secondaires, vraiment, ce qui est rare dans ce genre de format.
J’ai énormément aimé le film et j’ai réussi à le voir autrement que dans ma petite tête ou que par cet égo d’une actrice qui voit tout à travers son prisme. Je suis simplement fière d'avoir fait partie de cette aventure collective !
Sans doute êtes-vous impatiente de pouvoir proposer le rendu final aux téléspectateurs et curieuse de leurs commentaires ?
Malheureusement, je n’ai pas eu l’opportunité d'assister à une projection en festival, mais rien que de voir la vidéo envoyée par Frédéric de cette standing ovation... C’est la première perspective extérieure que j’ai pu voir… j’ai vraiment hâte qu’il soit diffusé et qu’il soit vu !
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
J’ai tourné dans un téléfilm, qui va s’appeler “Meurtres à Epinal”, dans lequel je joue la fille du rôle tenu par Patrick Sabatier, qui a fait cet exercice et ce travail d’être acteur, et qui l’a fait de façon assez excellente, je dois dire. J’ai adoré avoir ce papa, je l’ai trouvé tellement humble et, en même temps, extraordinaire…Il est très bon, mais sans le savoir et c’est assez agréable à voir. J’ai eu de très belles scènes à partager avec lui : cette fille que je joue est enceinte, et son père n’a pas pu la voir depuis 20 ans…
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_1dd21a_a6ea2742-08db-4f47-9bac-e5837098415d.png)
/image%2F1552669%2F20260806%2Fob_3adfab_cfd91dab-4c60-42e1-bf17-753dd8a2ab28.png)
J’ai également tourné un autre téléfilm, “Le dernier hiver”, réalisé par Didier Bivel dans lequel je joue une gendarme cynophile, aux côtés de Sagamore Stévenin. Je me réjouis que vous le découvriez et vous tiendrai informés de sa diffusion !
Merci, Salomé, pour toutes vos réponses !
/image%2F1552669%2F20260804%2Fob_3dcc10_img-4407.jpg)
Bonjour Marion,
Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
La saison 2025/26 a été marquée, notamment, par le “Back to back” du PSG en Ligue des Champions. Quel regard portez-vous sur cette prestation ?
J’ai envie de vous demander “Qui avait raison depuis de nombreuses années ?” 🙂. Je vous l’avais dit : Luis Enrique est un grand coach, il ne manquait que ça à Paris. Je trouve qu’il montre qu’il est beaucoup plus qu’un simple entraîneur : c’est un manager, c’est un psy…ou presque, puisqu’il y en a un dans son équipe, et puis, porté par le drame de la mort de sa fille et celui de son adjoint, qui a perdu sa femme, il y a quelque chose qui est presque de l’ordre de la lutte pour la vie. Ce n’est pas que du sport, c’est carrément une émotion forte !
Et, aussi, cette envie de toujours prendre des jeunes, de ne pas se laisser aller par des gros caractères ou des gros égos, et ça marche. Cela nous prouve que le football est, plus que jamais, un sport collectif.
Selon vous, lequel de ces deux titres en Ligue des Champions a été le plus beau ? Et lequel a été le plus difficile ?
Je dirais que les deux avaient la même difficulté. Simplement, il y avait sans doute plus d’émotion pour la première, justement parce que c’était la première, mais surtout par le score contre l’Inter. Ce match restera quand même dans les annales, alors que celui contre Arsenal était quand même “Voyage au bout de l’ennui”. Mais, effectivement, ces deux titres consécutifs sont, je pense, d’abord une surprise pour les supporters et puis une manière, finalement, de faire oublier toutes les années difficiles qu’a vécues le Paris Saint-Germain.
En quoi cette troisième saison du coach espagnol à Paris était-elle différente des autres ?
Je n’ai pas vu de grande différence entre cette saison et la précédente. La vraie différence a été le départ de Mbappé : à partir du moment où il est parti, le coach a montré qu’il n’en avait finalement pas spécialement besoin et qu’il était sûr de lui. Maintenant, c’est la continuité dans la réussite.
Je trouve parfait ce que fait Luis Enrique ! Je suis très impressionnée par le mec, par son histoire et par sa personnalité.
Individuellement, avez-vous été quand même déçue par certains joueurs ? Ou, à l’inverse, particulièrement surprise par d’autres ?
Je n’ai pas été déçue mais un joueur qui m’a impressionnée en bien, c’est Safonov ! Je ne m’y attendais pas du tout…Je dois dire que je n’ai pas très bien vécu le départ de Donnarumma, je pensais que ce serait difficile, je me demandais comment il allait être remplacé. Je n’étais pas très emballée par l’arrivée de Chevalier mais il a fait un début de saison qui n’était pas trop mal, au point de me retourner le cerveau. Avant de finir sur le banc…Je trouve que Safonov est génial. Il faut voir la suite mais, pour ce qu’il a montré, il a été très fort et très rassurant.
Cela veut-il dire qu’il sera le gardien numéro 1 de l’équipe pendant les années à venir, sans contestations possibles ?
J’ai tendance à penser que oui. Il ne m’impressionne pas mais, en même temps, je me dis qu’un mec qui arrive à faire ces séances de tirs au but, à être présent, à avoir le mental de champion lors de matchs difficiles de Ligue des Champions, c’est 100% réussi ! Pour l’instant, je suis bluffée par Safonov, je ne m’attendais pas à cela.
Quel regard portez-vous sur le reste de l’effectif ?
Je trouve quand même que le milieu du Paris Saint-Germain, Joao Neves - Vitinha, est très fort, magnifique et fantastique. Cela commence à être comparable aux plus grands milieux de l’histoire du foot. Je suis très très heureuse de ces deux joueurs-là, vraiment. Vitinha s’est énormément donné avec le PSG, c’est pour cela qu’il n’a pas fait une coupe du monde aussi fantastique….Il y a trop de matchs donc il faut choisir, parfois, ses compétitions.
A l’inverse, avec un Marquinhos vieillissant et un Zabarnyi qui n’a pas pleinement rassuré, la défense parisienne est-elle un sujet d’inquiétude pour l’avenir ?
C’est toujours un sujet d’inquiétude parce que je trouve, de toute façon, que, dans le monde, il n’y a pas beaucoup de grands défenseurs centraux en ce moment. Même en coupe du monde…Le 6 - 4 de l’Angleterre contre la France traduit une inquiétude sur les défenseurs des deux sélections. Ce n’est pas fantastique pour l’Italie ou l’Allemagne non plus donc, pour l’instant, je crois que le PSG ne s’en sort pas trop mal. Mais je ne sais pas pour combien de temps. On verra bien…
Les supporters parisiens doivent-ils réserver leur soirée du 5 juin prochain, date de la finale de la Ligue des Champions ?
Je pense que c’est comme l’équipe de France et celles de l’Espagne ainsi que du Portugal, qui s’étaient préparées à la victoire en coupe du monde. Bon, il se trouve que ça a été l’Espagne…Oui, je dirais aux supporters du PSG de ne rien prévoir ce soir-là et de bloquer leurs soirées également du printemps. Pour moi, c’est une évidence que c’est possible. Maintenant, le PSG peut aussi sortir en demi ou en quart, face à un Bayern de folie, qui aura appris de ses erreurs de l’année dernière, mais ça ne passera pas très très loin. Je sais déjà, par contre, que si l’équipe sort au stade des quarts de finale, on dira que Luis Enrique a été catastrophique…
Ce PSG-là pourrait-il aussi chuter face au Real de Mourinho ?
J’aime beaucoup José Mourinho, depuis toujours. Pendant longtemps, je pense qu’il a été le meilleur coach du monde, sans débat possible. Ce qu’il a fait avec Porto, avec l’Inter, même avec l’AS Rome et United, montre qu’à chaque fois, il y a des titres. Reste à voir comment il va gérer les stars et s’il est encore au top…C’est la grande question ! Si Mourinho est au top, je ne vois pas comment ils peuvent passer à côté de la Ligue des Champions. Mais le coach peut aussi avoir perdu beaucoup en entraînant Fenerbahçe et Benfica. Encore une fois, ce sera fonction de l'entraîneur, pas de l’équipe, qui est belle, avec des joueurs qui sont tous magnifiques.
Plus généralement, quelle analyse faites-vous de la dernière saison de Ligue 1 ?
Je trouve que, comme d’habitude, on s’énerve trop et beaucoup trop vite à Marseille. Ce n’est pas parce que l’on se fait sortir par Bruges en Ligue des Champions et qu’on se prend une tanas contre le meilleur club du monde qu’est le PSG, que tout est fini. A un moment, il faut quand même que tout le monde se calme…A chaque fois, il faudrait tout recommencer. C’est un défaut énorme à Marseille !
Pour le reste, à Lyon, j’aime bien Michèle Kang, je trouve qu’elle fait son job et qu’elle a pris la bonne suite qu’il fallait. Je suis curieuse de voir ce que va faire le PFC, parce que je trouve que les choix sont bons, les choses avancent lentement mais sûrement. Je suis un peu déçue par Monaco, je m’attendais à mieux mais ils mettent de moins en moins d’argent, ce qui est aussi une explication.
Si je suis vraiment sincère, je pense que la Ligue 1 n’est pas vraiment à la hauteur. J’y suis attachée parce que c’est mon pays mais, sorti du PSG, ce n’est pas fou-fou quand même…
Pour la prochaine saison, Lens et Lille, deux clubs qualifiés pour la plus grande des coupes d’Europe, ont changé d'entraîneurs. Cette année sera-t-elle celle de la confirmation ? Ou sera-t-elle plus compliquée ?
Dans les équipes en construction, que je verrais monter, je mettrais le PFC et Lyon. Mais pas forcément deuxième et troisième…Après, il y a toujours une surprise, ce peut être Strasbourg. A Marseille, on nous propose surtout beaucoup de jeunes et une masse salariale réduite. Monaco, pourquoi pas…Comme cela, spontanément, je dirais Lyon sur le podium.
La coupe du monde 2026 s’est achevée il y a quelques jours. Sportivement parlant, avez-vous pris du plaisir à suivre cette compétition ?
Oui et non ! En tant que française, c’est sûr que les matchs la nuit ne sont pas ma tasse de thé. Je trouve aussi qu’il y avait trop d’équipes, je réduirais de moitié pour passer à 24, ce serait beaucoup plus serré, avec plus de niveau. Là, je trouve quand même qu’on fait surtout plaisir à de petites équipes mais je reste sur ma faim…J’aime toujours voir des stars et des nations européennes.
En revanche, je trouve que l’on a fait un procès à Infantino que je ne trouve pas juste…On oublie que, quand un pays reçoit la coupe du monde, c’est lui qui fait la loi durant la compétition. Il n’y a pas eu de coupe du monde en Europe depuis 2006. Je n’ai pas d’hypocrisie, j’adorerais que ce soit toujours chez nous mais il faut partager le gâteau. Je regrette mais c’est comme ça, c’est l’ordre des choses !
L’équipe de France a fini quatrième…Est-elle à sa place ?
Oui, oui, elle est totalement à sa place ! Elle n’a pas la génération 2018, elle n’a pas, au milieu, Matuidi - Pogba - Kanté, elle a de bons défenseurs mais pas les meilleurs du monde, il va falloir en trouver de meilleurs. En en prenant 6 contre l’Angleterre, je considère que nous n’étions pas l’équipe qui devait gagner la coupe du monde.
L’Espagne est-elle partie pour régner quelques années encore sur l’Europe et le monde ?
L’Espagne est toujours présente, dans tous les sports d’ailleurs. C’est un pays de sport, c’est une évidence ! Si, vraiment, je devais trouver des inquiétudes, offensivement, il manque quand même un attaquant star. J’ai peur que ça manque pour l’Euro dans deux ans.
Beaucoup ont critiqué l’attitude de l’équipe d’Argentine sur le terrain. Qu’en avez-vous pensé ?
C’est comme le Paraguay ! Ça a toujours été comme cela avec les équipes d’Amérique du sud…On dirait que les gens découvrent que ce sont des bouchers ! Le plus beau football est européen, il ne faut pas aller le chercher ailleurs, c’est un football mature, avec des joueurs calmes, avec une éducation, avec des gentlemen.
Pour terminer, que peut-on attendre de l’équipe de France de Zinédine Zidane ?
Je n’en attends pas grand chose, contrairement à beaucoup de monde, parce que je trouve que ça va être très très difficile d’arriver à dépasser le palmarès de Didier Deschamps. On ne lui a pas fait une fin très agréable d’ailleurs…Bonne chance à Zidane ! S’il remporte une coupe du monde, je serais la première heureuse mais j’y crois beaucoup moins, avec une génération moins intéressante. Il va obligatoirement devoir faire des changements radicaux…
On aura déjà un premier aperçu avec les quatre matchs qui vont arriver à l’automne puis on aura le temps de bien juger d’ici au prochain Euro…Mais je reste très très fan de Deschamps !
Merci, Marion, pour toutes vos réponses !