Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 pourront vous retrouver très prochainement dans la nouvelle mini-série « Montmartre ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à ce magnifique projet ?
Oui, oui, carrément ! Un projet aussi ambitieux et aussi riche, on a envie d’y aller…Après, une fois qu’on rencontre l’équipe et le réalisateur, on sait que l’on est au bon endroit et que l’on va passer cinq mois formidables.
Les décors et les costumes ont sans doute été très aidants pour vous projeter dans les intentions de votre personnage…
80% du travail est fait ! Nous, on a moins de travail…Ce qu’ont fait, pour ne citer qu’eux, Hérald Najar, le chef déco, ou Florence Clamond, la cheffe costumière, c’est un truc de fou, avec des moyens qui ne sont pas non plus illimités. Donc ça demande de redoubler d’idées et d’ingéniosité. Ils sont vraiment trop forts…Ca nous aide à fond : c’est clair que, le matin, quand on arrive, qu’on est en costumes, malgré le studio, on a l’impression d’être en plein Montmartre, on est immergés à 360° degrés et, où qu’on regarde, on est en 1899 ! Donc, tout de suite, ça nous aide !
Votre personnage vous permet une palette de jeu très plaisante, personnellement et artistiquement…
Ah oui ! En vrai, ce n’est pas tous les jours que j’ai ça à défendre…Une telle évolution sur 8 épisodes, passer par autant de phases différentes, ça permet vraiment de faire quelque chose de complet ! C’est un challenge mais c’est trop kiffant ! Voilà, j’espère pouvoir défendre plein de rôles aussi riches…Oui, je mesure vraiment la chance que c’est que d’avoir accès à cela dans un projet.
@ JULIEN PANIÉ / AUTHENTIC PROD / BANIJAY / TF1
Il y a, bien sûr, le contexte historique mais avec beaucoup de modernité, dans laquelle le public se retrouvera sans doute…
Bien sûr ! En fait, c’est toujours un choix à faire : est-ce qu’on joue l’époque à 100%, sans aucun anachronisme ? Ou est-ce qu’on s’autorise de la modernité et des écarts ? Là, c’est un peu entre les deux : il n’y a pas des choses flagrantes, il y a un travail d’historien et de recherche qui est fait, il n’y a pas grand monde qui pourra dire que ce n’est pas du tout d’époque ou que c’était 50 ans plus tard…Non, non, c’est vraiment documenté mais, dans la mise en scène, même dans le jeu, il y a un peu de modernité, pour essayer de rendre cela encore plus dynamique, mais en restant fidèle à l’époque, dont il ne faut pas trop s’éloigner non plus. C’est ce qui fait le charme de la série…C’est ce subtile mélange qui, je l’espère, en fait la force !
On sent aussi vraiment beaucoup d’harmonie entre tous les membres de l’équipe…
Oui ! Je pense qu’il y a souvent deux personnes qui permettent de donner un peu le « La » sur un plateau : le réalisateur et le comédien principal. En l’occurrence Louis Choquette et Alice Dufour. A partir du moment où ces deux personnes sont bienveillantes et aidantes, ça apporte une atmosphère, sur le plateau, qui se diffuse pour tout le monde, pour tous les acteurs, pour tous les techniciens. Cette atmosphère permet de tenter des choses, sans crainte. Il y a quelque chose de doux qui se propage sur le plateau et on peut en tirer des bonnes choses !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pourrons vous retrouver, prochainement, dans « Montmartre », la mini-série évènement de TF1. On imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à cette belle aventure ?
C’était extraordinaire ! Je reçois régulièrement des castings et des projets…Là, sur ce projet, j’ai tout de suite senti quelque chose d’exceptionnel, un rôle et une partition comme jamais je n’en ai eus. On parle d’un personnage, Octave, qui vient du bas, qui a grandi à la Villette, il ne le sait pas, il a été abandonné par sa mère, il pense qu’elle est morte mais, en fait, il découvre qu’elle est vivante. Il se découvre aussi une relation avec un demi-frère…C’est un gars qui fait des charrettes mais qui, en même temps, fait des combats de boxe, un peu pour s’en sortir et se faire un peu d’argent.
En fait, il a rencontré ce frère et son destin va être complètement chamboulé, transformé. C’est un combattant dans l’âme, c’est quelqu’un qui veut réussir à accomplir des choses mais par la bonne voie. C’est une partition exceptionnelle, je suis trop trop heureux !
Il y a eu une énergie extraordinaire sur ce tournage…On est une génération, comme ça, de jeunes acteurs et on s’est tous tellement bien entendus. On a tous senti qu’on avait quelque chose d’exceptionnel dans les mains et on s’est dit qu’on allait tous mettre les bouchées doubles….Même si je n’aime pas trop cette expression. On a tous senti qu’on avait, dans les mains, quelque chose de puissant, qui pouvait être très grand. On a tous mis le cœur !
Sans doute aussi que les décors et les costumes ont été très aidants…Certes, le contexte était historique mais avec de la modernité…
Exactement ! Je dis toujours les chaussures et le manteau…Oui, parce que les chaussures racontent une démarche et le manteau est ce que l’on va avoir sur les épaules. Florence Clamond, qui a fait les costumes, a fait un travail extraordinaire et exceptionnel. Pour mon personnage, elle a été inspirée notamment par James Dean, elle a ramené le jean qui était courant aux Etats-Unis mais pas forcément en France et elle m’a fait un costume royal. Cela m’a même inspiré pour mon style aujourd’hui, tellement il y avait de la modernité et de la fraicheur dans ce qu’elle a fait ! En même temps, ça reste de l’époque…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez présenter « Montmartre », une mini-série qui sera prochainement diffusée sur TF1. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Complètement ! En plus, c’est un rêve de gosse : quand on est enfant et qu’on veut être acteur, on rêve de projets d’époque, avec capes et épées, avec un côté un peu épique. Cette série s’inscrit complètement là-dedans.
Ce que disait Alice tout à l’heure est très juste, avec ce côté enfant qui se déguise…On a envie de répondre un peu au désir de l’enfant….On se fait tout petit parce que c’est une chance inouïe de pouvoir participer à un projet comme cela !
Les costumes et les décors ont sans doute été très aidants pour vous projeter dans les intentions de jeu de votre personnage…
Oui, oui ! En plus, tout le monde a tellement assuré, on arrive un peu avant la fin, les costumes sont déjà créés, on est le dernier rempart de la création avant la post-production et c’est vrai que, quand on voit tout ce qui a été fait autour de nous, on se dit que ça ne peut qu’être galvanisant, dans le sens où « Ok, ils ont assuré, maintenant à nous de faire pareil ». Sans pour autant se mettre de la pression, on veut donner le meilleur de soi parce qu’il y a quelqu’un qui s’est fait « chier » à faire cette devanture-là, pour que ça fasse un peu vieillot, alors que l’on ne va certainement pas la voir…Mais, moi, ça va m’aider, j’oublie un peu le côté studio, avec cette porte que quelqu’un s’est embêté à faire mais que l’on ne verra pas, qui est là pour m’aider. C’est vrai que c’est un peu injuste, par moments, pour ces personnes-là mais elles ont travaillé comme des dingues. Je pense qu’elles y ont mis tellement de passion que c’est aussi très contagieux ! Donc on s’est vraiment spontanément laissé embarquer par cela…
Votre personnage vous a permis une palette de jeu qui a dû être très plaisante…
Oui, complètement ! On comprend très vite que c’est un personnage qui n’est pas qui il prétend être mais, là où c’est intéressant, c’est que c’est quelqu’un qu’il a envie d’être. Il est attiré par ce côté bohème, par cette vie simple…Il veut de la simplicité, en fait. Donc la question s’est posée de : est-ce qu’il joue vraiment le jeu ? est-ce qu’il change sa façon de parler ? Mais pas du tout, en fait, parce que son but n’est pas de se déguiser. Il essaie juste de se rapprocher d’une version de lui qu’il aurait peut-être plus aimée, sans vraiment délaisser d’où il vient. Il a de l’argent et, dans son atelier, il donne de l’argent à l’enfant mais dit qu’il est fauché : clairement, on voit très vite qu’il est quand même très généreux pour un artiste fauché et qu’il s’exprime bien pour un peintre de Montmartre. Donc, oui, ça a été vraiment très très chouette !
Et puis, une fois que l’on bascule dans l’univers de la comtesse, là, c’est tout autre chose, on découvre le Charles qu’il est, techniquement, peut-être pas le Charles qu’il a envie d’être mais celui qui est dans son ADN, qu’il le veuille ou non. Après, il y a toute la blessure amoureuse qui l’a poussée à agir et à mentir…
Pour certains aspects de ce personnage, avez-vous eu des sources plus personnelles d’inspiration ?
En fait, je me suis axé vraiment sur la figure romantique et théâtrale, le Célio de Musset, le Lorenzaccio de Musset, …ces personnes très hugoliennes parce que ce sont des romantiques, ce sont des gens qui vivent la passion vraiment à un curseur démesuré et qui sont prêts à mourir pour cela. Je l’ai abordé comme cela…Alors, on se dit que ça peut être vite très théâtral mais ce n’est pas tant dans la forme mais dans le fond…Ce truc de « Ok, je suis prêt à mourir pour elle, c’est elle ou la mort ! ». Alors, ce qui est drôle, c’est que, au moment où je jouais cela, je jouais Célio dans « Les caprices de Marianne » au théâtre. En plus, les costumes étaient très similaires, j’étais toujours habillé en noir donc c’était très étrange parce que, même si ce sont quand même des enjeux qui n’ont rien à voir, et des médiums qui n’ont rien à voir, ça reste quand même, fondamentalement, des traits très similaires. Donc c’était rigolo de faire cela : je quittais le plateau, j’enfilais un pantalon, en plus, qui était très similaire à celui que met Charles en peintre, pour enfiler les vêtements de Célio et d’enchainer avec « malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, abandonne un amour sans espoir ». Donc il y avait beaucoup de Charles là-dedans et beaucoup de Célio dans Charles !
La conférence de presse a montré une très bonne entente entre toute l’équipe, qui a dû être très aidante…
On est très soudés ! J’ai cité la série « Lost », même si elle n’a absolument rien à voir dans les thèmes. Enfin, quoi que, on pourrait peut-être argumenter à quelques endroits mais ce n’est pas l’idée, c’est l’idée de troupe, de groupe. Quand on fait partie d’un projet, ça prend…ou pas. Dans un projet comme celui-là, où il y a beaucoup de personnages et de comédiens, vaut mieux que ça prenne…et c’était le cas ! On est une petite équipe de foot, même deux je pense, on peut monter une équipe B aussi. C’est ça qui est chouette, on a l’impression d’avoir vécu un truc intense ensemble et on est soudés par cela aussi. On est tellement fiers, ensemble, du résultat ! J’ai vu les deux premiers épisodes parce que je ne suis pas dedans…Moi qui ne supporte pas de me voir, je les ai appréciés, j’ai été très très touché et je me suis fait tout petit face à la beauté, l’ampleur et le travail de tout le monde. Je suis vraiment très honoré de faire partie de ce projet !
Chaque téléspectateur pourra se projeter ou se retrouver, soit dans un personnage, soit dans les décors, soit dans la musique…
Oui ! On couvre tout, si le spectateur peut comprendre que tous ces personnages font l’effort de sortir de leurs codes à eux, pour aller vers ce qui les attire ou, peut-être, leur fait peur au final…Arsène, ça le terrifie mais il y a l’appel du cœur, il y a la vocation qui fait que « tiens, j’ai cet appel, j’ai cet élan du cœur et je sais que c’est interdit » mais il va le suivre. Charles, évidemment, sait que ça va contre les envies de sa mère mais il le fait quand même, il va jouer le peintre, il va défier ces codes-là. Si on peut, justement, faire résonner cela chez le spectateur…Je crois fermement que, peut-être, une musique, un accord, une phrase, un personnage, un effet, et tout d’un coup, tu es réconcilié avec ton destin…Je pense que c’est ça le but ultime de la fiction !
Il y a un mélange, également, entre le côté historique de l’époque et la modernité mise…
Toujours ! Je pense que c’est important ! Dans « Les combattantes », par Alexandre Laurent, c’était pareil…Le réalisateur nous l’avait dit, ce n’est pas parce que c’est une série d’époque qu’il faut, tout d’un coup, se mettre à parler ainsi. Non…Certes, ils avaient d’autres expressions, ils parlaient différemment mais, entre eux, c’était moderne, pour eux, à l’époque, parce que c’était d’actualité. Donc on s’est vraiment dit qu’on allait essayer d’adopter quand même quelques formes mais si on est trop dans la forme, si on est trop dans la diction, on essaie de ressembler à un truc et, techniquement, on n’a aucune base à laquelle s’accrocher, à part les experts. Donc autant rester simples et modernes ! Dans « Les combattantes », c’était toujours précisé de parler normalement : même s’il y avait des mots, des expressions, des moments de spontanéité où on était vraiment dans l’élan d’honnêteté de soi et donc que c’était moderne, on les gardait. Même pour des insultes ou « Oui, c’est trop bien, c’est trop cool, c’est très dément »…Ok, ce n’est pas grave, ça va peut-être sonner faux mais, au moins, ce qu’on a ressenti à ce moment-là est vrai…Bon, c’était peut-être sorti faux mais, au moins, c’est vrai !
Hâte, du coup, de pouvoir proposer le programme au plus grand nombre…
Oui, oui, complètement ! Après, c’est tellement énorme, il y a tellement de choses à dire que tout le monde va trouver quelque chose, c’est sûr…Ca va résonner, à un moment donné, chez quelqu’un parce qu’on parle de tout, on couvre tout…J’ai hâte ! Je pense qu’il va falloir un moment pour que ça décante chez les gens, qu’ils restent un peu avec l’univers de Montmartre d’une semaine à l’autre et peut-être, après, l’idée qu’ils y reviennent pour pouvoir vraiment laisser la série agir sur eux et voir comment la fiction les regarde eux, pour vraiment pouvoir exprimer ce que ça a fait chez eux.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On est au festival de la fiction TV de La Rochelle et cette édition 2025 est un peu spéciale pour vous, puisque vous êtes membre du jury. Qu’est-ce que cela vous a fait quand on vous a proposé de l’être ?
J’étais très flatté et très heureux parce qu’il n’y a pas beaucoup de membres dans le jury, on est seulement 6, ce qui n’est pas énorme. Du coup, quand Sophie Revel m’a téléphoné pour me le proposer, j’étais vraiment très en joie parce que j’adore ce festival, j’adore l’ambiance du festival, j’aime beaucoup La Rochelle, que je connais pour être déjà venu au festival, en 2019, avec « Un homme abimé », pour lequel j’avais reçu un prix d’interprétation. Et je suis venu jouer, il n’y a pas très longtemps, dans la Coursive, avec Joël Pommerat. D’ailleurs, j’avais déjà joué ici deux autres fois, avec deux pièces…Donc, voilà, j’étais trop content !
Au moment de visionner les œuvres, est-ce l’œil du membre du jury qui regarde ? Ou celui du comédien ? Voire celui du téléspectateur ?
Je pense que c’est l’œil, oui, du professionnel…et, quand l’œuvre m’embarque, ça devient l’œil du spectateur. Quand ça se transforme, là, ça veut dire que ça marche…Quand je reste professionnel, ça veut dire qu’il y a peut-être un truc qui pêche et, là, je deviens critique. Mais j’adore regarder, examiner, décortiquer la facture des œuvres qui nous sont proposées et essayer de comprendre aussi quels objectifs ont les diffuseurs quand ils produisent telle ou telle œuvre. C’est assez passionnant, je trouve, pour comprendre l’offre audiovisuelle qu’il y a aujourd’hui !
C’est vrai qu’il y a beaucoup de séries, sur les plateformes ou sur les chaines. Trouvez-vous que la qualité s’en ressent ?
La qualité augmente au fur et à mesure ! Je trouve qu’il y a quelque chose d’assez vertueux quand on fait des festivals comme celui-ci. D’ailleurs, hier, je croisais une productrice qui me disait « Ah, il faut que j’arrête de faire des rendez-vous parce qu’il faut que j’aille voir ce que font les autres » donc j’aime bien : les gens s’alimentent…Si on arrive, de plus en plus, à pousser les diffuseurs à prendre des risques et à proposer des narrations différentes qui amènent le spectateur à vivre d’autres aventures que les standards que l’on connait, ok, je trouve que c’est gagné !
Cette année encore, le jury est composé de profils bien différents, ce qui permet sans doute des échanges très intéressants…
Complètement ! Chacun va arriver avec, effectivement, son histoire, son vécu, son bagage artistique. Je trouve cela super d’avoir une autrice, une productrice, un compositeur de musique, une scénariste, un acteur, une actrice…Je trouve cela assez génial ! Du coup, on se complète mais, en même temps, dans les discussions, je vois que l’on a tous notre sensibilité, nos coups de cœur et que ça fluctue. Mais on est assez raccords, en même temps…C’est assez agréable de parler, il y a un vrai échange !
C’est une belle complicité, c’est regarder les fictions ensemble, partager et, quand c’est fini, peut-être échanger sur ce que l’on a ressenti…
Bien sûr ! Ce qui est assez drôle, c’est que tu sors, tu donnes ta sensation mais tu vois bien si, deux ou trois jours après, tu as oublié ou pas. S’il y a quelque chose qui te reste, c’est qu’il y a vraiment quelque chose…Je trouve que c’est là où c’est le plus compliqué, c’est d’arriver à se dire : mais qu’est-ce que l’on juge et comment on répartit les choses ? Est-ce qu’on juge vraiment par rapport à notre sensibilité, à ce que l’on voudrait défendre ? Ou faut-il faire des compromis et comprendre, je le disais, l’objectif des diffuseurs ? La question, comme cela, est complexe, je trouve…
A la vue du nombre et de la diversité des propositions faites, peut-être avez-vous découvert des œuvres que vous n’auriez pas visionnées en tant que simple spectateur ?
Carrément ! C’est super ! C’est pour cela que de faire partie de jurys est toujours agréable, tu découvres des choses qu’effectivement, tu n’irais pas voir…Là, c’est le cas donc c’est bien ! Je suis très curieux donc j’adore ! Et puis, tu peux même avoir de bonnes surprises dans ces cas-là…
Il y a aussi la fiction, avec cette fameuse soirée évènement pour l’ouverture du festival, avec « Les disparues de la gare ». Un rôle de commissaire pas facile, qui doit chapoter l’enquête…Connaissiez-vous cette histoire ?
Non ! Quand on me l’a proposée, je ne m’en souvenais pas. Je ne regarde pas « Faites entrer l’accusé »…Je sais que des amis regardent mais, moi, ça m’angoisse donc je ne peux pas trop regarder et puis, je trouve que c’est une curiosité un peu « malsaine » mais que l’on adore. Cela dépend comment tu te l’enquilles, toi, personnellement, comment ces histoires-là te touchent ou pas. C’est, justement, je trouve, le sujet de la série : on a tendance à fictionnaliser toutes ces histoires sordides et, du coup, à perdre l’essence même de ce que c’est, c’est-à-dire la souffrance des victimes et ce qu’il y a derrière. Cette série raconte cela, je trouve, au fond, de se dire « quand même, on peut faire de la fiction mais, derrière, il y a des êtres humains qui ont vécu cela, pour qui ce n’est pas de la fiction, c’est la réalité ». On pourra dire que l’histoire est formidable mais, en fait, c’est une histoire vraie ! C’est une histoire foireuse, d’une enquête foireuse. Je trouve cela terrible ! Donc si ça permet aux gens d’avoir encore plus d’empathie envers les victimes, et que ça aide à améliorer les choses et à les faire avancer…Aujourd’hui, on a plus de technologies qu’à l’époque mais je trouve affligeante la manière dont ça s’est passé, notamment la procédure, les dysfonctionnements qui ont eu lieu, les erreurs, …
Donc le commissaire a envie d’aller vite et, à la fin, comment fais-tu amende honorable ? Mais tu ne pourras jamais te faire pardonner, c’est impossible ! Il y a un truc terrible…
Vous êtes bien entouré, d’une super équipe…
Ah oui, une très très belle équipe d’acteurs et d’actrices !
Ça doit être impressionnant de faire une série où chaque personnage est important…
C’est pour cela que j’adore Virginie, parce qu’elle prête une attention particulière, tout le temps, aux seconds rôles aussi, aux petits rôles aussi, à tout le monde. C’est une femme qui est très dure parce qu’elle sait ce qu’elle veut donc elle ne dérogera pas et elle ne fera pas de compromis, elle a envie de créer ce qu’elle a envie de créer à sa manière et, en fait, elle va très vite. Dans sa tête, c’est très rapide donc elle construit les choses et il faut essayer de la comprendre au maximum pour aller avec elle. Moi, j’adore ! Je trouve cela génial, cette détermination-là d’une directrice d’acteurs et d’actrices et ça se voit à l’image ! C’est très réussi, je trouve !
Cela vous donne-t-il l’envie de passer derrière la caméra ?
Ah, oui, oui ! J’y travaille, j’avance doucement mais j’espère que ça va le faire…Le projet commence à prendre forme…Il faut trouver le bon diffuseur, qui aura le courage de se lancer dans cette série à la narration très particulière. C’est pour cela que je parlais de ça tout à l’heure, c’est comment tu exploses un peu ces choses…En tout cas, au moins tu proposes quelque chose de différent…On verra, on va essayer de convaincre !
Les retours suite à la projection ont été très beaux. Comment les avez-vous vécus ?
J’étais très heureux pour l’équipe, pour Virginie aussi, pour les producteurs. Je trouve cela vraiment bien pour eux. C’est très agréable d’avoir des séries de cette qualité-là en France, c’est sûr !
Quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
En ce moment, je suis en train de tourner pour HBO Max, « Alice », sur l’histoire de la première femme réalisatrice, qui a été complètement effacée. Donc on réhabilite ce personnage, en la personne de Bérénice Bejo. Il y a Thibaut Evrard aussi qui joue Léon Gaumont et je fais Charles Pathé…Ils se tiraient la bourre à l’époque et elle était au milieu de ces deux hommes, elle s’est battue pour justement ne pas être effacée…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 peuvent actuellement vous retrouver dans la mini-série « Dans de beaux draps », sous les traits du personnage de Kathy Malinsky. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ah oui, bien sûr, évidemment ! En plus, je retrouvais Stéphanie Pillonca, qui est une réalisatrice avec laquelle j’avais déjà travaillé et que j’aime beaucoup. Je retrouvais Gil Alma, qui est un comédien que je connais depuis très longtemps et ça faisait un long moment que l’on n’avait pas travaillé ensemble donc on était très contents de se retrouver sur ce projet. Je retrouvais Arié Elmaleh, avec qui j’avais aussi travaillé il y a quelques années et que je n’avais pas recroisé depuis longtemps. Donc c’était un peu les vacances d’aller travailler avec eux !
Ce projet a aussi été l’occasion de tourner dans de belles villes des Hauts de France…
J’ai adoré Lille ! J’étais déjà allée y travailler il y a quelques temps mais je n’avais pas eu l’occasion d’y rester, ni de visiter. Là, « Dans de beaux draps » m’a permis de passer des journées de visite à Lille, de m’y promener et j’ai adoré cette ville. J’ai trouvé qu’elle était vraiment très accueillante, les gens sont hyper sympas, c’est beau, il s’y passe plein de choses culturellement, j’ai vraiment apprécié être à Lille !
Quel regard portez-vous d’ailleurs sur Kathy, votre personnage ?
Je dirais que Kathy est très pugnace, très rentre-dedans, qu’elle n’a pas peur de se tromper, à partir du moment où elle aura un résultat. Même si elle fait fausse route, ça ne lui pose aucun problème, elle repart en arrière. Elle n’a pas d’orgueil mal placé à essayer de trouver la solution, en revanche elle a un orgueil à trouver la solution ! Après, les moyens, les échecs, les erreurs, tout ce qui peut jalonner un parcours ne lui posent pas de problème et elle s’en fiche. Elle a un caractère très affirmé, elle est un peu en autarcie dans sa famille, comme ces gens qui mènent des enquêtes, qui ont la tête prise…Il y a alors très peu de frontières entre leur travail et leur vie privée ! Mais c’est un personnage un peu bulldozer que je n’avais pas encore eu l’occasion de jouer et que j’ai bien apprécié…
Il vous permet, en tout cas, une palette de jeu sans doute plaisante à défendre…
Oui, oui, c’est ça ! De, tout d’un coup, jouer des personnages qui n’ont pas peur, qui ne sont pas encombrés par des choses qui pourraient les freiner et qui avancent bille en tête, oui, c’est assez plaisant, je l’avoue !
Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Alors, c’est marrant …Autant il y a des personnages où c’est très clair, c’est-à-dire qu’il y a des personnages qui m’évoquent des gens, d’ailleurs pas forcément pour des raisons très évidentes, comme cela, à l’œil nu. Quand je lis un personnage, j’ai souvent plein de personnes de mon entourage qui me viennent en tête. Autant, pour Kathy, bizarrement, ce n’est pas aussi clair, c’est-à-dire qu’elle s’est un peu aussi construite par rapport à Kinsley, qui joue mon adjoint. Au fur et à mesure que l’on avançait dans le travail, je me disais « ah, elle est comme ci, elle est comme ça » mais je n’ai pas d’image claire de gens à qui elle fait référence. Ce qui est assez rare parce que, généralement, je pense à beaucoup de personnes…Mais elle a dû emprunter des petites choses à plein de gens en fait, je pense !
Quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir des téléspectateurs ?
Pour l’instant, les retours des gens qui ont vu soit la première soirée, soit la série en intégralité, sont très positifs ! Ils se sont amusés…En fait, c’est vraiment de la comédie et il n’y en a pas tant que cela, de la comédie pure en mini-série. Donc je pense que ça fait du bien de se marrer et de rigoler. C’est un peu haut en couleurs, les curseurs sont un peu hauts donc les retours sont plutôt très positifs. Pas spécialement sur mon personnage, plutôt sur l’ensemble de la série.
Il y a quand même une petite satire sociale, il y a une critique familiale, ce n’est pas de la comédie gratuite, il y a un propos derrière…Je pense qu’elle a réussi à mettre dedans ce que peuvent être les empêchements familiaux, ce que peut être une image sociale, le déclassement, …Il y a aussi du transfuge de classe dans le personnage de Rémi Blanchet donc il y a énormément de sujets de société qui sont abordés.
En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
Je serai dans un 6x52, une sorte de comédie d’aventure qui s’appelle « Les aventurières », qui sera également sur France 2 mais, je pense, plutôt pour 2026. Où, là, je joue aux côtés de Fanny Cottençon, Lionel Astier, Thibault de Montalembert, Farid Bentoumi, Bruno Sanches, Charlie Loiselier, …C’est très choral, c’est réalisé par Léa Fazer et c’est vraiment de l’aventure, il y a des cascades, il y a une quête, c’est assez jouissif !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Le film « Dans l’ombre de Marlow » est sorti dans les salles le 3 septembre dernier. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Totalement ! Vraiment, je suis très très heureuse. Je voulais faire du cinéma depuis toute petite et c’est vraiment un rêve d’enfant qui se concrétise ! J’ai commencé, bien sûr, comme tout le monde, à faire des petits spectacles à la maison, pour la famille puis du théâtre à l’école, avant de participer à des courts-métrages étudiants. Seulement ensuite, j’ai osé envoyer des messages, via les réseaux sociaux, aux réalisateurs…avant de passer des castings.
Là, je suis à l’affiche de mon premier long-métrage, c’est aussi mon premier rôle principal…Avant cela, il y a eu tout un cheminement, où il a fallu se battre, démontrer, prouver, c’est énormément de travail et de persévérance. Plusieurs fois, en écoutant des personnes qui incitent à faire un autre métier, j’aurais pu abandonner mais, en fait, il faut plutôt s’écouter soi…J’ai persévéré et j’ai bien fait !
D’ailleurs, quelles principales raisons vous avaient incitée à participer à ce beau projet ?
Ce qui m’a plu, c’est l’originalité de tourner dans un désert. Aussi l’histoire du personnage : souvent, quand j’accepte un scénario, c’est avant tout parce que je suis touchée par le personnage et que quelque chose parle en moi. Ensuite, ce qui m’a également fascinée, c’est comment les réalisateurs parlaient de leur projet et comment ils m’ont présenté le film.
J’ai été dirigée par deux réalisateurs, ce qui est très rare…Ils ont travaillé ensemble pendant six ans sur ce film, c’est long et on aurait pu s’attendre à un déséquilibre mais pas du tout, ils étaient très complémentaires : Aurélien Harzoune était plutôt derrière la caméra et Bertrand Mineur faisait davantage la direction d’acteurs. Ils étaient en totale harmonie, ce qui m’a beaucoup plu !
Au cinéma, on raconte des histoires aux gens : on les prend avec nous, on les emmène vivre des émotions, que ce soient la joie, la peur ou la tristesse, on les sort un peu de leur quotidien… Souvent, le public va dans les salles pour cela, pour sortir un peu du train-train quotidien. Pour moi, cette histoire méritait d’être racontée, du fait des thématiques pas forcément évidentes qui sont abordées et qui me touchent. Notamment tout ce qui est lié à l’enfant, au père, aux violences faites aux plus petits, aux traumatismes, à la résilience,…
Avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment présenter ce film ?
Cela parle de Marlow, mon personnage, qui, suite à un drame, sombre dans le coma. Pendant celui-ci, elle va devoir affronter les zones les plus obscures de son père...
Vous y interprétez, justement, Marlow. Quelles sont ses principales caractéristiques ?
Mon personnage est une fille normale, qui n’a rien de plus que les autres mais qui se bat avec ce qu’elle a et ce qu’elle est. Elle arrive, elle est perdue dans un désert mais elle y va, elle continue d’avancer malgré les obstacles qu’elle rencontre.
Elle a une certaine foi, comme les enfants peuvent avoir…Quand on a du mal à réaliser la dure réalité des choses, on essaie de l’enjoliver. Quelque part, dans ce coma, on retrouve beaucoup de choses liées à l’enfance, il y a beaucoup de parallèles avec les vrais souvenirs.
Marlow a tendance à voir d’abord le beau, avant de voir le sombre. C’est quelque chose que je partage avec elle : j’essaie toujours de voir le positif puis de constater le négatif, mais y réinjectant du positif dedans, pour le rendre peut-être moins pénible.
C’est une baroudeuse : en tout cas, au tout début, je l’ai jouée comme quelqu’un qui était dans une quête, comme une enfant qui était dans une chasse au trésor. On le voit dans la bande annonce, j’ai ma longue vue et ma petite sacoche…On a tous fait cela, à la maison, de partir dans le jardin vérifier s’il n’y avait pas un trésor enterré.
C’est une fonceuse, c’est une aventurière dans l’âme. Quand on la voit, elle n’a pas le physique d’Angélina Jolie mais elle a ses propres armes, qui sont mentales, ce qui est beau. C’est aussi un personnage qui évolue, ce qui était très attrayant pour moi. Je pense que ce sera très agréable aussi pour les spectateurs, qui pourront s’identifier. Marlow va grandir, permettant au public d’en découvrir plus sur elle et sur son passé.
Sans doute vous permet-elle, d’ailleurs, une palette de jeu large et variée ?
Totalement ! En fait, mon personnage est entre deux eaux. Il fallait que je joue en ayant conscience de quelque chose qui n’était pas encore dévoilé…Mais en faisant prendre conscience que quelque chose était caché, que j’incarnais dans mes actions. C’était un vrai challenge !
J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer une femme enfant, quelqu’un de très spontanée et impulsive. Après, j’ai eu plaisir à effectuer quelques « cascades », où le personnage se salit. Marlow n’est pas figée, elle bouge, en plus dans le cadre magnifique du désert.
En étant dirigée par deux réalisateurs qui ont bien leurs idées en tête, j’ai dû trouver ma place…Mais cela s’est fait très naturellement et avec beaucoup de bienveillance. Ils ont été géniaux et m’ont fait confiance pour porter leur film, ce qui est juste incroyable.
Personnellement, mon défi a été de tenir la réplique face à des acteurs et actrices tels que Bruno Salomone, Armelle Deutsch, Thierry Desroses, …Ce sont mes débuts, alors qu’eux ont pas mal de bouteille…J’ai pu prendre ce qu’ils me donnaient, eux qui ont été très généreux en termes de propositions et de partage. L’ambiance était très familiale, j’ai été mise très vite à l’aise, j’ai pris plaisir, vraiment, à jouer avec eux et ça a été incroyable !
Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?
Je fais partie de ces comédiennes et comédiens qui, pour jouer, mettent toujours un peu d’eux dans ce qu’ils font. Les réalisateurs, aussi, ont mis des choses qui leur parlaient, notamment des clins d’œil aux westerns, qu’ils adorent.
Au départ, pour le regard et la contemplation, je pensais à Claudia Cardinale, en sortant du train, face à l’immensité du far west. On a tous des modèles, j’aime beaucoup aussi Romy Schneider, que je trouvais très fascinante, avec un charisme dingue. Avant de commencer le tournage, j’écoutais ses entretiens sur la profession, sur son vécu, sur les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber, sur les attentes que les gens avaient d’elle. C’est toujours très formateur d’écouter ce que d’autres ont vécu avant soi parce que, tôt ou tard, on y est confronté nous-même. Je trouve Julia Roberts aussi très lumineuse, très solaire et très présente. Ou encore Nathalie Portman…
Par contre, je ne cherche pas à faire de mimétisme : copier quelqu’un est un danger, il faut être soi et apporter sa singularité, tout en se nourrissant de l’expérience des autres. Et, tout simplement, quand je dis que j’ai pris de moi-même, j’ai essayé de me rappeler comment j’étais, enfant, comment je regardais les choses…Tout cela a nourri mon personnage, en même temps que je prenais des notes sur le scénario et que j’avais des discussions avec les réalisateurs. Après, c’est de l’instant : je joue beaucoup à l’instinct, avec mon cœur…Je ne cherche pas à raisonner une scène, j’essaie surtout de la jouer avec des intentions. Il faut être très à l’écoute, aussi, de ses partenaires.
Pour incarner un personnage, mon outil principal est l’empathie : sans elle, on ne peut pas se mettre à la place du personnage ni comprendre ce qu’il va vivre. Donc il faut prendre de soi puis s’oublier, pour être à l’écoute du personnage. En tout cas, c’est ma méthode de travail !
Peut-être avez-vous déjà eu de premiers retours de la part du public ?
On a fait pas mal d’avant-premières cet été, à Vierzon ou encore Coulommiers et Angoulême, là d’où sont originaires les deux réalisateurs, respectivement Aurélien et Bertrand… Le film avait même été projeté, pour la première fois, l’année dernière, au festival d’Angoulême, ce qui avait été une belle reconnaissance. La salle était grande et bien remplie.
Les retours sont bons, le film plait énormément, notamment aux jeunes. On nous parle souvent de la scène du cow-boy ou encore de celle avec Bruno, qui est un peu l’apothéose du film. J’ai adoré la tourner, elle restera même gravée dans ma mémoire.
Les gens sont touchés, ce qui me bouleverse : voir les spectateurs nous dire merci, en ayant la larme à l’œil, fait appel à des choses qui m’ont parlé et c’est la plus belle des récompenses. Donc j’espère que ça va continuer et que plein d’autres spectateurs le découvriront.
Ce que les réalisateurs voulaient faire avec ce film, c’est de le faire survivre en dehors de la salle de cinéma, par le débat qu’auront les gens en rentrant chez eux. Cela a été le cas : on a eu des messages de spectateurs qui nous ont dit s’être couchés tard parce qu’ils en avaient reparlé à la maison… Il y a même des personnes qui ont eu besoin de revoir le film, avec une autre vision et une autre perspective. C’est plutôt sympa !
Je n’oublie pas mon prix d’interprétation aux Red Movie Awards en tant que meilleure actrice, ni celui de Bruno Salomone pour le meilleur acteur dans un second rôle. Notre film a remporté deux prix lors de cette belle cérémonie !
Plus personnellement, comment avez-vous appréhendé l’exercice de la projection en salle, sur grand écran, en public ?
Je me rappelle de la première projection : j’angoissais un peu, c’est humain ! A chaque fois, on reste dans la salle, avec les gens, pour les accompagner dans cette découverte et, à la fin, on aime échanger avec le public. J’adore répondre à leurs questions sur le tournage…
En tout cas, ça fait bizarre de se voir pour la première fois sur grand écran : au départ, on ne réalise pas, on se voit un peu trop mais, en fin de compte, à chaque fois, je ressens de la nostalgie de ce qui s’est passé et de ce qui a été partagé pendant le tournage. A chaque scène, je me rappelle des coulisses et de l’amont. Puis, au fur et à mesure de la projection, je ne me vois plus, je vois en fait le personnage…Tant mieux pour moi ! Du coup, je commence alors à réagir un peu comme les spectateurs…Je suis, ainsi, détachée, c’est avant tout du partage avec le public !
En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?
Je vais participer à un autre long-métrage, des mêmes réalisateurs ! Ce sera un rôle et une ambiance totalement différents, cela n’aura rien à voir… J’adore déjà le scénario et mon personnage ! Cela m’enthousiasme beaucoup parce que c’est vraiment un rôle que j’attendais. Donc je me donne les moyens pour m’y préparer…Je fais notamment beaucoup de recherches, je me renseigne, je lis, … J’apprends énormément de choses hyper intéressantes, qui vont m’aider à nourrir ce personnage. Donc j’ai hâte de pouvoir vous le partager !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver, à partir du 10 septembre prochain, dans la nouvelle mini-série, « Dans de beaux draps », sous les traits du personnage de Gauthier Gouget. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui ! Déjà, ce sont des retrouvailles avec Stéphanie Pillonca, avec qui j’avais fait « Le souffle du dragon », ce sont aussi des retrouvailles avec Gil Alma, qui est mon ami, avec qui j’ai fait 5 ans de « Nos chers voisins » et 7 ans de « César Wagner » et de le retrouver a été génial. D’ailleurs, quand tu arrives sur un tournage, tu te poses plein de questions, surtout quand on n’a pas pu faire de lecture avant : en comédie il y a un ton qui est donné et il y a toujours une prise ou deux où on se demande où placer le curseur…Là, je suis arrivé et, de suite, Gil m’a dit « C’est « Nos chers voisins » ! »…Sous-entendu, on y va, on peut vraiment s’amuser.
Stéphanie Pillonca est géniale, elle adore ses acteurs et nous laisse libres mais dans une certaine limite et dans quelque chose de précis. Elle nous laisse nous amuser mais tout en connaissant très bien les personnages, où ils doivent aller et où ils ne peuvent pas aller. Donc on a l’occasion d’essayer des choses et elle gomme ou pas.
Donc, oui, ça a été une belle et grande cours de récré ! C’était aussi, un peu, une troupe de théâtre : entre Nicolas Briançon, Stéphanie Bataille, Charlie Bruneau, Gil Alma, Arié Elmaleh, Eléonore Bernheim, Axel Lauriant et Kinsley Camachee…On était beaucoup à devoir tourner avant d’aller jouer au théâtre le soir….Cette équipe et cette distribution sont dingues !
Gauthier est le trésorier du club dans lequel les personnages d’Eléonore et de Gil essaient de rentrer. Qui dit club, dit monde donc c’étaient beaucoup de scènes de groupe, c’était très choral donc le tournage était vraiment très joyeux !
Le tournage a eu lieu entre Lille et Roubaix, une belle région, accueillante…
Je suis à moitié belge, j’ai vécu 8 ans à Bruxelles et j’ai retrouvé cet esprit, de détente. Même architecturalement, avec des maisons en briques rouges…Les immeubles assez serrés dans Lille m’ont rappelé ceux de Bruxelles… Donc c’était cool de retrouver cette ambiance !
Parmi les figurants, un belge est venu me voir, il s’occupe d’une association autour de Marguerite Yourcenar, qui est mon arrière grande tante, donc c’était familial !
Forcément, quand on est tous dans le même hôtel, il y a un côté colo, du petit déjeuner le matin aux verres du soir. Lille est une ville chouette pour cela, c’était très agréable !
Le tournage a duré longtemps, on est passés par le froid, par la maladie, par des rhumes et, mine de rien, quand ce n’est pas que facile, cela crée des liens…Je me souviens de la scène de tennis, où on avait vraiment froid. On était en short et en t-shirt, on n’était pas en extérieur mais c’était presque pire, on était dans une bulle : le peu de soleil qu’il y avait ne pouvait pas réchauffer l’intérieur…Donc il y a eu une sorte de lutte contre les évènements, qui participe aussi à la cohésion du groupe.
@ Jean-Philippe Baltel
Plus concrètement, avec vos mots, sans tout en dévoiler, comment pitcher cette mini-série ?
Les personnages de Gil et d’Eléonore ont deux enfants, cette joyeuse famille vit dans un cadre très bourgeois et veut s’y intégrer. Lui a un super boulot mais qu’il perd, très rapidement…Donc comment faire, sans rentrée d’argent, pour paraitre ? C’est, en fait, une série sur le paraitre social, sur comment on veut faire croire que l’on est quelqu’un d’autre, pour ne pas perdre son statut social…
C’est très intéressant, c’est une comédie mais qui a un fond assez sérieux, sur les masques sociaux et sur comment on a envie de s’en sortir financièrement et socialement, sans perdre la face. Donc cette famille va se retrouver dans de beaux draps, en essayant d’intégrer ce club très fermé, où sont tous les bourgeois et notables de la ville.
Là-dedans, je fais le trésorier : c’est un personnage haut en couleurs, très agréable à interpréter, c’est quelqu’un qui est très imbu de sa personne, issu d’une grande famille bourgeoise du nord, qui a de l’argent et qui a bien l’intention de le montrer, jusque dans ses vêtements…Le costumier s’est vraiment éclaté : je me souviens d’une veste dorée incroyable…J’avais vraiment de très beaux costumes, dignes de ceux d’un mariage.
@ Jean-Philippe Baltel
Sans doute que ce personnage vous a permis une palette de jeu plaisante à défendre ?
Oui, j’étais hyper heureux que Stéphanie ait pensé à moi pour le rôle ! Le mec se la raconte vraiment énormément et veut séduire le personnage d’Eléonore…Donc, ce qui était drôle pour Gil et moi, c’est qu’on avait vraiment un rapport de rivaux tous les deux, voire même de jalousie pour lui car mon personnage sait tout faire : de l’escrime, du tennis, des arts martiaux, de la danse,…Il est très à l’aise partout, même dans la vente aux enchères qu’il anime. C’est quelqu’un qui a le verbe haut, qui parle bien, qui présente bien donc, forcément, au moment où il drague le personnage d’Eléonore mais qu’il ne faut pas le vexer car il est le trésorier du club, ça rend dingue le personnage de Gil. Ces scènes sont vraiment très drôles !
@ Jean-Philippe Baltel
Jouer un personnage comme cela, un peu façon James Bond, qui sait tout faire très bien, est jouissif ! Dans la vraie vie, je suis vraiment nul au tennis, du coup c’était très drôle de voir les triches de cinéma. Gil est vraiment fort mais nous étions filmés chacun de face, avec un professionnel de tennis hors champ, qui envoyait les balles là où il fallait, pour donner l’illusion. Je tapais comme un sourd, je n’en mettais pas une dedans mais je jouais comme si je gagnais : je frappais dans la balle et, après, je criais « Yes », comme si j’étais en finale de Roland-Garros…Avec le montage, ça marche : la magie du montage me fait bien jouer au tennis, ce qui est cool !
Pour l’escrime, Eléonore et moi étions doublés au moment du combat. J’ai fait, personnellement, de l’épée pendant un an mais, là, c’était du sabre. Donc, pour les postures, je pouvais faire semblant...La danse était très amusante également ! Dans la scène des arts martiaux, je fais carrément n’importe quoi, j’enchaine les positions ridicules…Je pense que les vrai amateurs vont se marrer et pousser des hauts cris…Je me suis éclaté ! Avec des partenaires bienveillants, à l’œil rieur, avec une réalisatrice preneuse des propositions, c’est très agréable !
Sur certains traits du caractère de votre personnage, avez-vous eu des sources plus personnelles d’inspiration ?
J’ai un peu grandi dans l’univers des rallyes, j’étais dans des écoles privées donc c’est vrai que, autour de moi, dans mon enfance, j’ai vu ce genre de personnes-là, qui sont uniquement dans le paraitre et dans la démonstration sociale, ou encore dans les signes extérieurs de richesse.
A partir de 11 ans, quand mes parents ont divorcé, j’ai eu accès à des écoles publiques et à une vie plus populaire disons. Du coup, c’est à ce moment-là que j’avais pu prendre du recul sur les gens que j’avais croisés précédemment. Aujourd’hui, je fais souvent des personnages de châtelains, j’aime beaucoup, ça me fait marrer parce que j’aime bien refaire ce snobisme-là, que j’ai beaucoup observé.
@ Jean-Philippe Baltel
On vous imagine, du coup, curieux et impatient des retours du public ?
Oui, vraiment, parce que c’est très original ! Ce n’est pas une série que l’on a l’habitude de voir, c’est une vraie comédie drôle et audacieuse, les curseurs sont vraiment poussés pour réellement divertir les gens. J’adore cela ! Je trouve aussi noble de faire du drame que de la comédie et j’étais très heureux, quand je tournais « Nos chers voisins », de faire, en même temps, « Le bureau des légendes ». Je ne fais pas de différence ! Il y a un vrai snobisme qui existe dans ce métier mais j’ai la chance de pouvoir brouiller les pistes, en ayant fait du cinéma et de la télévision, en ayant fait du théâtre publique et du théâtre privé. Je ne pense pas avoir tellement d’étiquettes sur le front parce que je vais partout où on me veut. J’en suis heureux ! J’adore varier les registres et passer d’un univers à un autre…Donc j’ai hâte que les téléspectateurs découvrent cette série audacieuse et pleine d’humour.
Spécialement dans mon personnage, il y a des moments assez surprenants et il me tarde des retours des gens. Les premiers commentaires, pour ceux qui ont déjà vu le programme sur la plateforme de France.tv, sont très bons…Le public semble ravi de me retrouver en face à face avec GillesJ. Plus globalement, c’est la drôlerie de la série qui ressort, elle est marrante, les personnages sont hauts en couleurs et on rit ! La rentrée n’est jamais une période facile et je crois que c’est une série qui peut faire du bien…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Vous serez prochainement sur scène, dans une toute nouvelle pièce, « Partenaires particuliers ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Alex : Ah ben, pour Laurent surtout parce que c’est sa première au théâtre ! Moi, c’est ma 128 000ème, je suis vieux mais, pour toi, c’est cool…
Laurent : C’est une aventure toute nouvelle pour moi, vu que je n’ai jamais fait de théâtre. Donc, oui, c’est un peu stressant, c’est en même temps excitant parce que c’est quelque chose de nouveau. Justement, comme je connais Alex, c’est plus facile pour moi, j’avais déjà une complicité avec lui, il m’épaule…Mais ce n’est pas évident, c’est un petit stress quand même !
Alex : Mais tu es un champion ! Regardes, tu gagnes tout : « Koh Lanta », « Danse avec les stars »,…Tu vas gagner le public samedi…
Laurent : Il y a un gros trophée à la clé…
Alex : C’est juste que, quand il est perdu, il crie « Trou »…
Laurent :…et puis Alex arrive en courant !
Sans tout en dévoiler, avec vos mots, comment présenter ce spectacle ?
Alex : C’est une histoire un petit peu à la french, d’une bande de potes. Ils sont trois, deux filles, jouées par Kim Schwarck et Sévérine Ferrer, et moi. On est très amis, je suis l’homo de la bande…Il y a aussi ma mère dans l’histoire, ainsi qu’un pompier. En fait, Jo arrive au milieu de ce triptyque d’amis et va foutre un petit peu le bordel parce que, on ne va pas se le cacher, il est un peu sexy…Il va y avoir beaucoup de questionnements qui vont arriver chez les uns et les autres et, au final, plein de relations amoureuses qui vont se nouer, se dénouer et ça va être un peu complexe alors pour mon personnage parce qu’il joue un homosexuel qui, peut-être, va tenter quelque chose d’un peu particulier pour lui…et peut-être virer sa cuti…On va voir ce qui se passe…C’est assez amusant à voir, c’est vraiment un truc de bande, entre copains, où il y a plein d’histoires, sentimentales ou rigolotes, qui se déroulent les unes après les autres.
Sans doute que vos personnages vous permettent une palette de jeu large et variée, qui doit être plaisante ?
Alex : Oui ! Nous, on rigole ! Pour moi, c’est drôle parce que je fais le parcours inverse de ma vie : j’étais hétérosexuel et je suis devenu homosexuel alors que, dans le spectacle, je fais un peu l’opposé. C’est rigolo surtout de jouer entre amis…C’est quand même une comédie, on ne va pas faire pleurer Laurent pour sa première au théâtre, il n’a pas une scène où, d’un coup, il doit se jeter pour faire Andromaque…Pour toi, Laurent, c’est rigolo…
Laurent : Ah oui, c’est rigolo parce que c’est un rôle, aussi, qui me correspond. Je suis prof de danse, je fais des blagues à deux balles, je suis le beau gosse séducteur, j’en joue un peu donc c’est un rôle qui me correspond bien.
Alex : C’est toi, en fait ! Mais tu sais, le plus dur est de jouer soi-même : au théâtre, c’est extrêmement dur de jouer soi-même. C’est plus facile d’aller chercher autre chose que soi parce que c’est difficile de se dévoiler. On est moins naturel quand on joue soi…Après, c’est une gageure que tu fais !
Laurent : Oui, c’est ça ! J’écoute les conseils des anciens…
Alex : Je te remercie de dire que je suis vieux…
Laurent : Non, mais des anciens du métier on va dire…
Alex : En vrai, je suis l’un des plus vieux de la troupe…
D’ailleurs, l’esprit de troupe que l’on ressent doit certainement être très agréable également…
Alex : Oui ! C’est une grosse équipe, je connais Séverine depuis « Fan de », on se connait personnellement depuis longtemps. Je connais Kim parce qu’elle joue dans le même théâtre que celui où se joue « Ménopause » depuis quelques années maintenant. Et je connais Laurent, pour le coup, depuis très longtemps. C’est très sympathique d’être tous ensemble…
Laurent : C’est l’éclate ! On s’éclate !
Alex : Là, on est sur un roof top à Agde à répéter, on rigole bien…Bon, on n’est pas tous nus, je vous rassure J !
A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ? Quelles sensations prédominent : de l’appréhension ou de l’excitation ?
Laurent : Pour ma part, c’est les deux parce que je n’ai jamais fait de théâtre donc je ne sais pas comment je vais réagir. Ça aurait été de la danse, bon, plus ou moins je me débrouille pas mal mais, là, …
Alex : Il y a un peu de danse quand même dans le spectacle…
Laurent : Oui, je danse aussi mais je ne sais pas comment je vais être. J’ai déjà fait de la scène mais jamais avec des textes comme ceux-là. Donc c’est de l’excitation, avec un petit peu non pas de doute, mais je ne sais pas comme je vais être, on ne sait jamais…En tout cas, il y a une bonne osmose, on s’entend tous bien, je suis entourés de pros donc je pense que ça va très bien se dérouler, je suis hyper positif là-dessus.
Alex : Oui, c’est plutôt l’envie de s’amuser et d’être ensemble. J’adore faire des conneries sur scène quand je suis avec les autres, avec des private jokes et des trucs entre nous…Laurent ne sait pas encore les surprises qui vont lui tomber sur la figure… C’est cela qui m’excite beaucoup, j’ai très hâte que l’on s’amuse !
En complément, Alex, « Men en pause », sera à l’affiche du Grand Point Virgule à partir d’octobre…
Alex : Oui, il y aura « Ménopause » à 19h et « Men en pause » à 21h. Ce sera la suite logique, en espérant rencontrer le même succès, parce que « Ménopause » a été le plus gros succès de ma vie. Ça reste incroyable, on est blindés tous les jours, c’est hallucinant. Cela fait un an et demi maintenant et tout va très très bien. Les gens me demandaient à quand une version masculine et, finalement, je me suis exécuté, en espérant les surprendre quand même, parce que ce n’est pas forcément ce qu’ils attendent. Mais c’est vrai qu’on va parler des problèmes d’érection des hommes, de trucs que Laurent ne connait pas du tout, ou encore de la fin du patriarcat. Voilà, j’espère que l’on va autant s’amuser ! On a un casting du feu de dieu donc j’espère que ça va être génial aussi !
…et nous pourrons vous retrouver, à l’image, le 19 septembre prochain, dans le premier épisode de la nouvelle saison de « Simon Coleman » sur France 2…
Alex : Exactement ! Je fais un professeur de piano…moi qui n’ai jamais touché un piano de ma vie. C’est un vrai rôle de composition.
Laurent, quant à vous, nous pourrons vous retrouver à partir du 22 septembre dans l’émission « Les maternelles XXL », sur France 4…
Laurent : Oui, c’est ça ! C’est un nouveau format, plus long qu’auparavant…J’aurai, on va dire, un plus gros rôle, je serai plus présent, c’est sûr. Il y aura plus de choses donc c’est plus intéressant pour moi. J’avais quoi, un créneau de trois minutes, j’avais juste un truc de sport et, là, ce sera un peu plus approfondi, ce qui est super !
Vous avez aussi participé à la dernière émission de « Fort Boyard » animée par Olivier Minne. Un moment sans doute riche en émotions…
Laurent : Surtout à la fin…On ne savait pas trop où se placer parce que c’était une vraie famille. Je ne dis pas que l’on n’était pas une famille, nous l’équipe, mais je veux dire que ça fait 23 ans qu’il présente « Fort Boyard », c’était sa dernière donc il y avait vraiment une nostalgie présente.
Nous étions encore dans l’énergie d’essayer d’avoir le plus de boyards, dans les épreuves,…donc on était dans une atmosphère un peu mélangée entre le triste, l’énergie et la niaque pour les épreuves. Mais, à la fin, quand on a eu notre butin, là, Olivier Minne a fait un discours de fin et on était tous sous l’émotion, c’était hyper triste ! Donc, oui, c’était vraiment quelque chose…C’était ma huitième participation à « Fort Boyard » et c’était de loin la plus émouvante on va dire.
Vous avez d’ailleurs remporté brillamment deux clés, sur les épreuves du Muséum et de l’Horlogerie, ce qui a certainement dû vous faire très plaisir, à la vue de leur complexité…
Alex : Il ne faut pas exagérer non plus…Même moi, je les ai eues aussi ces épreuves !
Laurent : Tu as fait le musée ? Ce n’est pas facile…
Alex : C’est quoi le musée ?
Laurent : Le musée ? Comme une sorte de cambriolage, tu dois voler une clé en plein milieu et tu ne dois pas toucher le sol. Si tu touches le sol, tu es coincé, tu es enfermé, t’es prisonnier. Oui, je m’entraine toujours un peu avant de faire « Fort Boyard » et, dès fois, je participe à des épreuves que j’avais déjà vues avant, où je voyais d’autres participants les faire donc ça m’aide un peu. Bon, là, ça va, cette année, j’ai eu de la chance, je n’ai pas eu trop d’épreuves d’insectes donc j’avais toutes mes chances…
Alex : Le mec a fait « Koh Lanta » et il n’aime pas les insectes ! Non, mais c’est un truc de dingue !
Laurent : Tu sais que, d’habitude, on remplit toujours un dossier avant de faire « Fort Boyard »…
Alex : Il ne faut jamais le faire, ils te demandent toujours ce que tu n’aimes pas et tu es sûr que tu vas l’avoir…
Laurent : Et bien, cette année, justement, j’ai voulu faire la maison des poupées, cette épreuve avec les araignées que tu dois prendre…
Alex : Je l’ai faite, celle-là et je l’ai réussie…
Laurent : Je voulais absolument la faire parce que, justement, j’ai une phobie des insectes et je voulais voir si j’allais réussir. Bon, ils ne me l’ont pas faite faire…Je me fais des propres défis en fait maintenant !
Alex : C’est l’histoire de ta vie, de toute façon !
En conclusion, à quelques jours de votre première ensemble sur scène, que peut-on vous souhaiter pour cette belle aventure naissante ?
Alex : Il y aura une date tout près de Paris le 19 septembre, une sur Aubagne fin octobre puis une quarantaine l’année prochaine. Vous pouvez nous souhaiter qu’on rigole et qu’on s’amuse…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous avez eu un très beau parcours de footballeur professionnel, au plus haut niveau. Sans doute que cette passion-là du ballon rond vient de votre plus jeune âge ?
Oui ! Je viens d’Argentine, un pays qui est très football, où c’est une vraie religion ! J’ai un frère jumeau et, tout petit, on a commencé à jouer au foot, surtout comme une façon de démontrer notre intelligence et nos valeurs, notamment celle du courage. Cela nous permettrait de montrer aussi que l’on faisait bien les choses et qu’on les faisait avec amour. C’était l’espace que l’on avait trouvé pour faire de l’art et pour faire valoir nos qualités.
D’ailleurs, déjà au début de votre parcours, vous avez joué avec votre frère jumeau…
Oui, on a joué ensemble pendant toute la formation et, après, on a joué ensemble aussi au niveau professionnel, en Argentine, à Quilmes. On a même marqué un but tous les deux, une vraie œuvre d’art ! On a joué ensemble aussi pendant quelques minutes dans un club de D2 espagnole, à Badajoz. C’était d’ailleurs notre premier club en Europe…
Par contre, ce qui était plus difficile, c’était de jouer l’un contre l’autre, notamment en France, entre le LOSC et le FC Metz….
Justement, vous avez commencé votre parcours en Argentine, avant de rejoindre l’Espagne puis de retourner en Argentine. La culture espagnole étant proche de celle argentine, cela vous avait-il aidé dans votre intégration ?
Cette année-là, en Argentine, je venais de finir tout mon parcours d’études, de l’université de droits mais je n’arrivais pas à trouver une relation entre le sport et la vie de tous les jours. Ma vie était fragmentée, je faisais aussi du yoga, en même temps que le football et les études de droits. L’Argentine était alors un pays toujours en crise et les supporters venaient au stade se défouler, se décharger de tout le stress. Donc on était les catalyseurs des supporters…
Alors, cette première année en Europe, et en Espagne en particulier, était, pour moi, comme de me retrouver dans un dessin animé ! C’était extraordinaire, c’était peut-être même la meilleure année de ma vie parce que je me trouvais dans une culture européenne très agréable et pas sous pression. J’ai passé une très bonne année, footballistiquement parlant. J’étais beaucoup aimé les supports espagnols…On mettait en avant mon honneur et le fait que je mettais en valeur la prestation de l’équipe.
Je lisais beaucoup de livres, notamment des autobiographies. Je me souviens très bien de celle de Napoléon ou encore de celle de Jules César. Mon côté philosophe commençait alors ! Cette première année en Europe était donc vraiment très bien, j’y avais rencontré cette société et cette culture accueillantes.
Après un retour en Argentine, vous revenez en Europe, au FC Metz…
Par rapport au business des agents et des clubs, je suis rentré en Argentine, encore dans la pression locale. L’intérieur du pays était vraiment dans une situation compliquée et je rêvais de revenir en Europe ! Je m’étais beaucoup préparé au français et j’étais arrivé à Metz, en décembre, pour faire un essai…J’aimais beaucoup tout ce que je voyais, notamment l’organisation et le stade Saint-Symphorien. Lorsqu’on m’a dit que je ne resterai pas, je me souviens avoir pleuré devant Carlo Molinari !
Mais, finalement, Metz m’a acheté six mois plus tard…J’ai retrouvé la famille Molinari, qui m’a très bien accueilli ! En parallèle, j’ai trouvé le système français très très sérieux, ce n’était pas un système latin. Je suis aussi quelqu’un de sérieux mais j’ai toujours besoin d’ouverture, de joie et de partage donc je me retrouvais un peu dans une situation compliquée : je n’ai pas fait une bonne adaptation, j’ai vraiment eu du mal les premiers mois…
Joël Muller, le coach de l’époque, disait de moi que j’étais très curieux. Peut-être que, pour faire quelque chose, il fallait d’abord que je la comprenne et que je me l’approprie…Aujourd’hui, j’ai créé une méthode de bien-être en quatre directions, notamment l’émancipation : pour ne pas être esclave d’un système, il faut toujours comprendre comment il fonctionne. J’étais déjà comme cela à l’époque…
Souvent, j’ai eu du mal la première année, quel que soit le pays, sauf en Espagne, où la langue ressemblait beaucoup. En France et en Italie, j’ai eu besoin d’un an pour m’adapter.
En France, avec Metz, vous marquez un but décisif pour la remontée en Ligue 1. Cela fait sans doute partie des moments forts de votre parcours ?
Oui ! J’avais été prêté à Wasquehal, près de mon frère, pendant que Metz descendait en Ligue 2. D’ailleurs, j’ai la chance de dire que, dans ma carrière, je n’ai jamais été reléguable, ni comme joueur, ni comme entraineur. Albert Cartier m’avait demandé d’aller à Wasquehal pour m’adapter, avant de revenir pour ma dernière année de contrat…Sur cette dernière année, c’était d’abord difficile mais j’ai gravi des montagnes et j’ai fini par être, je pense, très important pour le groupe. Je me suis retrouvé à jouer le match décisif contre le Gueugnon d’Albert Cartier, c’était incroyable !
A l’échauffement, David Carré, l’adjoint de Jean Fernandez, me donnait toujours la parole devant le groupe. Ce soir-là, à Saint-Symphorien, j’avais alors dit à mes coéquipiers : « Si, aujourd’hui, on ne gagne pas, j’arrête ma carrière », tellement j’étais déterminé avant ce match qu’il fallait absolument remporter…J’ai ajouté « Regardez les 30 000 supporters qui sont ici et imaginez-vous que c’est votre famille ! ». Je m’imaginais que c’était mon père, que c’était mon fils Valentino, que c’étaient les personnes que j’aimais le plus. Dans le match, au bout de 10 minutes, j’ai marqué mon unique but avec le maillot grenat ! On a gagné, au final, 4 à 0 et on est montés en Ligue 1…Le destin a aussi fait que c’était mon dernier match sous le maillot grenat.
C’était vraiment une expérience extraordinaire, mais peut-être que c’était aussi traumatisant de rester ensuite 6 mois au chômage après une telle remontée…Mais bon, j’avais le mental ! Jean Fernandez me le disait toujours, mon point fort est le mental, plus que le corps. Par rapport à ma famille, il ne fallait pas lâcher et aller de l’avant…
Vous rebondissez, toujours en France, à Châteauroux. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
C’était un reset, avec beaucoup d’humilité ! Je réfléchissais beaucoup à pourquoi j’avais d’abord connu le bonheur de monter en Ligue 1 puis 6 mois de chômage… J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai commencé à rencontrer des maitres de la FFF, qui m’ont montré des techniques pour m’aider dans mon relationnel et dans la connaissance de la connaissance.
Ils m’ont expliqué que si j’étais un meneur en Espagne puis à Metz, c’est parce que je faisais ceci ou cela. Ce qui m’a permis de continuer à apprendre sur moi : parfois, on fait des choses bien mais on ne s’en rend pas compte…Ces personnes ont donc commencé à marquer mon chemin…J’ai appris des techniques de sophrologie, des techniques de groupe, des techniques de communication, …En tant qu’ancien étudiant de droits, j’étais toujours très curieux et, alors, j’ai commencé à garder avec moi les choses essentielles, pour toujours continuer à aller de l’avant.
Avec Châteauroux, on a fait une épopée et nous sommes arrivés en finale de la coupe de France, pour la première fois dans l’histoire du club. Michel Denisot, notre président délégué, était quelqu’un d’extraordinaire…C’était vraiment une très belle expérience, qui m’a permis de rencontrer Marco Simone, mon idole. Il m’a récupéré et m’a ramené avec lui, en Italie…
D’ailleurs, en Italie, avez-vous vu une culture foot encore différente ?
La France m’a donné ces notions de valeurs, d’intelligence collective, de solidarité, d’équité et de liberté. En arrivant en Italie, je courrais comme cela, avec liberté mais, très vite, ils m’ont trouvé trop rationnel et trop réfléchi. La première année a été dure mais j’ai réussi quand même à comprendre, à m’adapter et à trouver, ensuite, un entraineur qui était un magicien sur la connexion de groupe et sur la communication avec les joueurs. Avec lui, on a fait une super saison et on est montés ! En troisième année, j’étais même l’idole des supporters…Aujourd’hui encore, on me dédie des chansons ! Donc c’était vraiment une super expérience !
La France est un modèle en termes de rythme d’entrainement, l’Italie a la culture du foot et l’Argentine a le foot comme religion. L’Italie a ce détail tactique, a ce détail dans le travail et dans la préparation physique mais c’est le football parlé…Je pense d’ailleurs que c’est un des défauts, qui explique que l’Italie n’était pas aux deux derniers mondiaux : leur football est trop arrêté…à l’opposé de la France, où il y a beaucoup de rythme, sans arrêt.
Pendant tout mon parcours en Italie, je n’ai pas eu une seule blessure, c’est là que j’ai eu le plus de continuité, c’était une super expérience. Pour autant, je n’arrêtais pas de venir en France pour passer mes diplômes à Clairefontaine. Je n’ai jamais arrêté d’étudier, j’ai passé tous les brevets d’état…Les personnes que j’ai rencontrées m’ont aidé à trouver un lien entre les études et le sport.
Avec le recul, sportivement parlant, quel bilan faites-vous de votre parcours de footballeur professionnel ?
Je suis fier de ce que j’ai fait, vraiment ! J’ai tout donné, j’étais toujours un miroir des entraineurs, j’étais un catalyseur des supporters et j’étais libre, j’étais loyal vis-à-vis du football, je prenais les espaces qui se présentaient devant moi.
Je le disais, je n’ai jamais été reléguable : cela aurait pu arriver mais j’ai tout fait pour que ça n’arrive pas ! Si je ne pouvais pas le faire moi, je le faisais savoir, d’une façon ou d’une autre, avec beaucoup de codes. Il y a aussi des regards qui parlent et j’étais toujours celui qui parlait avec le regard ! Sur le terrain ou dans le vestiaire, j’étais toujours en éveil par rapport à la gestion du groupe et au fait de tout donner. Je nettoyais les vestiaires et, sur le terrain, je nettoyais les actions ! Je lisais très bien les actions, j’arrivais tout le temps sur le deuxième ballon, c’était peut-être mon point fort de sentir où aller arriver le ballon puis de le sortir de là. Plus jeune, je marquais des buts mais, ensuite, j’étais plus collectif pour le groupe, je sortais le ballon et je donnais beaucoup de qualité au jeu…Je ne me mettais pas en avant, c’est peut-être mon grand regret d’avoir mis en avant uniquement le groupe et la volonté du coach. Mais je n’avais pas le choix…Souvent, le système de jeu n’était pas celui que je préférais, moi qui avais besoin d’un système à la Guardiola. On nous demandait de courir tous ensemble, il n’y avait pas de notion de circuit de jeu. J’aurais aimé en avoir une mais si je l’avais demandée, l’histoire aurait été finie et je serais rentré en Argentine. C’est là mon regret mais, d’un autre côté, je me dis que j’ai tenu comme joueur professionnel jusqu’à 37 / 38 ans et je pense que c’est bien.
Quelques années plus tard, diriez-vous que votre poste, sur le terrain, a changé aujourd’hui, par rapport à celui que vous aviez connu ?
Avec toute humilité, je pense que j’étais un joueur moderne : les joueurs, aujourd’hui, jouent comme moi j’étais à l’époque. J’étais un créateur de contexte, j’étais en avance…Aujourd’hui, il y a de la réflexion, il y a de la visualisation et les joueurs sont de plus en plus sensibles à toutes les nouvelles méthodes.
J’allais de l’avant, j’anticipais beaucoup les actions, je jouais vite et c’est pour cela que j’étais un joueur moderne. D’ailleurs, je travaille actuellement sur des projets pour que, demain, et je le dis avec humilité, les joueurs soient comme j’étais. A l’époque, je ne trouvais pas encore de sens aux études et je n’avais pas toute la connaissance de ce que je faisais mais j’ai eu des grands maitres qui m’ont appris des choses nouvelles et à comprendre ce que je devais faire tous les jours pour donner mon maximum. Je pense que, aujourd’hui, le joueur, petit à petit, va devenir créateur et fédérateur…Le futur du football est, je pense, les joueurs, plus que les entraineurs !
D’ailleurs, après avoir raccroché les crampons, vous avez été entraineur, sur plusieurs continents. Sans doute était-ce une suite logique dans votre parcours ?
Oui ! C’est clair qu’il y a toujours une notion de process…Mais, après l’arrêt de ma carrière de footballeur, à 80%, je n’étais plus celui que j’étais sur le terrain. Je ne parle pas du côté technique, j’ai beaucoup de vécu, avec de nombreuses méthodes, je parle plus du côté organisation et processus. Je n’étais pas performant dans ce dernier mais il faut savoir que le milieu du foot ne nous donne pas la possibilité de l’être…On ne nous donne pas la possibilité de maintenir nos codes ou nos valeurs, tout le monde est trop focalisé sur le contenu.
J’ai vécu, j’ai eu les meilleurs maitres, j’étais dans les meilleurs pays en termes de formation et de joueurs donc je peux parler de contenu. Mais il n’y a pas que le contenu, il y a aussi l’organisation et la posture de l’entraineur, qui sont les deux ailes de l’avion. Joueur, j’étais un artiste, je parlais avec les yeux et, parfois, j’étais un meneur à l’intérieur du vestiaire mais je n’étais pas Maradona donc je ne pouvais pas parler de la même façon en tant qu’entraineur. Aujourd’hui, je m’interroge beaucoup sur tous ces silences que je garde depuis que j’ai arrêté ma carrière, je crois que c’est le moment de les libérer et d’être le Patricio que j’étais sur le terrain, ce Patricio qui n’admettait pas que certaines choses arrivent, coûte que coûte.
Plus globalement, votre cœur bat-il un peu plus fort encore lorsque vous regardez les matchs d’un de vos anciens clubs ?
Je pense que mon expérience en Italie m’a apporté quelque chose de fort, encore aujourd’hui : mon cœur bat plus fort quand je vois les supporters des équipes des maillots que j’y ai portés. J’admire beaucoup ces supporters !
Après, je suis très exigeant avec les joueurs : pour moi, aujourd’hui, certes ils sont là mais ils ne s’épanouissent pas comme je m’épanouissais à l’époque ! J’ai la sensation que le match commence et finit de la même façon…J’ai l’impression que tous les matchs sont pareils et qu’ils s’entrainent de la même façon tous les jours.
Aujourd’hui, les joueurs sont mieux conditionnés qu’avant, il y a moins de déchets sur la performance mais, d’un autre côté, ils donnent beaucoup moins de spectacle et de passion ! Je crois que c’est nettement plus facile, aujourd’hui, pour eux ! Le spectacle est magnifique, l’organisation dans les stades est de mieux en mieux mais je m’ennuie beaucoup beaucoup en regardant des matchs. Je pense qu’il faut que quelque chose change ! Il faut donner plus aux supporters, pour ne pas les perdre…
Les joueurs n’apportent pas et ne montrent pas cette vie que l’on a besoin de voir et que, peut-être, on peut retrouver dans un théâtre…Il faut travailler sur cela ! Il faut que le foot donne encore plus au public : aujourd’hui, le football est pauvre et, pour autant, les supporters donnent plus que ce qui leur est offert sur le terrain !
Pour autant, j'ai confiance en la DTN, en la FFF et en la Ligue de Paris, qui est, pour moi, la ligue la plus puissante. Ca va venir, j'en suis certain ! Les mentalités peuvent évoluer en France, j'y crois et je travaille en ce sens. Les institutions font déjà un travail remarquable d'organisation, aux joueurs maintenant d'apporter encore plus de vie !
Pour terminer, quels sont vos projets en cours ou à venir ?
Depuis 8 ans, je travaille sur des projets personnels, sur la préparation mentale. Je travaille sur plusieurs idées, que j’espère, un jour, concrétiser.
Je suis un homme heureux de la FFF, un homme heureux de tous les maitres que j’ai rencontrés et qui m’ont accompagné dans mon parcours de découverte et de formation. Je leur suis très reconnaissant ! Clairefontaine est un des amours de ma vie !
Je suis très reconnaissant aussi envers la ligue de Paris, qui me donne la possibilité d’être le cadre technique parisien, ce qui n’est pas rien ! Je suis très fier de cela !
On verra l’avenir, je suis très ambitieux, je crois beaucoup en moi et en toutes les personnes qui m’accompagnent, pour essayer, avec humilité, d’aider les footballeurs et les entourages des clubs, grâce au vécu que j’ai.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de la RTBF pourront prochainement vous retrouver dans « Arcanes », un 6x52 minutes. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
C’est une aventure qui restera gravée dans ma tête et dans ma vie, pour la simple et bonne raison qu’elle a duré très très longtemps. Quand j’ai été choisie et que l’on devait partir en tournage, quatre jours avant le début, Emilie Dequenne, le rôle principal, est tombée malade…Donc on a dû tout arrêter, on a dû reporter le tournage en attendant qu’elle aille mieux. Comme elle ne s’est malheureusement jamais rétablie, la réalisatrice a choisi une autre comédienne…Donc c’est un projet qui est resté dans ma vie beaucoup plus longtemps que ça aurait dû ! Il y a aussi une vraie implication émotionnelle derrière…
C’était une joie pour moi de partager ce projet avec Emilie et cela n’a pas pu se faire mais c’était malgré tout un projet incroyable, que j’ai adoré faire. C’était la première fois que je tournais une série 100% belge. C’était vraiment chouette !
J’ai trouvé que c’était extrêmement bien écrit. Michèle Jacob, la réalisatrice, a une manière de travailler qui m’a énormément plu, elle travaille beaucoup en amont avec les comédiens, elle fait beaucoup de répétitions. Elle a fait quelque chose d’absolument hallucinant et que je n’avais jamais fait, à savoir qu’elle a réuni les acteurs des deux familles de la série et qu’elle a lancé un « time’s-up », où on devait jouer dans l’énergie de notre personnage. Le programme se jouait en Belgique vraiment profonde donc, pour moi qui suis parisienne, j’ai dû travailler l’accent, en accentuant vraiment sur la fin des mots. C’était très drôle, j’ai adoré faire cela ! Cet exercice nous a permis de comprendre le rapport que l’on avait les uns avec les autres…C’était très chouette ! Après, il y a eu un travail beaucoup plus à la table, avec le scénario. Même de manière assez plate, j’étais très émue à la simple lecture de certaines scènes, ce qui pointait le fait que c’était très bien écrit.
Plus personnellement, quel regard portez-vous sur votre personnage ?
Sophie est une fille qui vient d’un univers relativement défavorisé, qui vient d’une famille italienne, qui est mariée avec un italien super macho. C’est une fille qui a du tempérament, qui en a sous le pied mais qui a l’éducation à l’italienne, c’est-à-dire qui laisse toujours son homme penser qu’il a le dessus et penser qu’il décide. Elle essaye de bien prendre soin de lui et de faire attention à lui…
Dans l’histoire, il s’avère que, à un moment donné, il va être inquiété pour la disparation et le meurtre d’une meilleure amie de notre fille qui, elle-même, a disparu aussi. En étant inquiété sur ce qui aurait pu potentiellement arriver à Stella, notre fille, cela lui fait péter un plomb et, tout d’un coup, on sent toute la force intérieure de Sophie dans l’enquête personnelle qu’elle va mener de son côté. Oui, je dirais qu’elle n’est presque pas vraiment à la bonne place…En tout cas, je l’ai imaginée et travaillée avec un manque de confiance en elle, qui fait qu’elle reste dans un univers duquel elle pourrait s’extirper…Mais ça reste une fille forte et élégante, je trouve !
Sans doute que Sophie vous a permis une palette de jeu artistiquement plaisante ?
Oui, il y avait une bonne palette mais, quand même, il y avait une couleur très très sombre avec, je pense, on ne va pas se mentir, 80% de mes scènes qui étaient très intenses émotionnellement. Il y avait beaucoup de larmes…Ma fille a disparu : moi qui ai un enfant, je me disais à chaque fois « et si c’était vrai ? ». Il y avait assez peu de place pour la joie et le plaisir…Au début de la série, il y a quelques instants beaucoup plus légers et, à la toute fin, une fois que Stella est revenue, de nouveau ça s’éveille un petit peu. Toute cette histoire aura permis l’émancipation de Sophie par rapport à son mari notamment, elle a repris des couleurs, elle a pris une place qu’elle n’avait pas vraiment jusque-là.
Certainement êtes-vous curieuse de découvrir le rendu final ainsi que le retour des téléspectateurs ?
Je n’ai encore rien vu du tout. Je n’ai vu que quelques images en postsynchronisation. C’étaient d’ailleurs des moments très chouettes…Donc je découvrirai la série au moment de sa sortie ! On verra bien comment elle sera accueillie et ce que les gens vont en penser…
En parallèle, vous avez cofondé « Good morning conscience ». D’où vous est venue cette envie ?
On peut vraiment parler d’une passion, c’est vraiment quelque chose qui m’accompagne depuis toujours. J’ai eu cette chance d’avoir eu une maman qui m’a dirigée dans ce type d’accompagnement. J’étais danseuse à l’opéra de Paris, c’était extrêmement difficile et, pour palier au stress et à l’intensité, ma mère m’a orientée vers des techniques dites alternatives, comme la sophrologie ou encore la méditation.
C’est vrai que j’ai toujours été passionnée par l’humain et par ses réactions. Il y a maintenant 7 ans, j’ai eu petit garçon, né avec la moitié du cerveau malformée. Forcément, quand la pédiatre nous a dit qu’il ne marcherait jamais, qu’il ne parlerait jamais et qu’il serait très lourdement handicapé, ça s’est posé sur l’échelle des choses très compliquées de la vie. Personnellement, j’ai toujours fait beaucoup de stages et de développement personnel donc, quand le médecin nous a annoncé cela, j’ai vraiment essayé, pendant deux semaines, de comprendre les contours de la pathologie, ce que j’allais pouvoir faire et comment j’allais pouvoir l’aider. Juste après, j’ai quitté mon agent, j’ai appelé un coach avec qui je bossais et j’ai commencé une formation de coaching trois mois plus tard…
Quand vous vivez des moments un peu difficiles, il y a des choses qui s’imposent à vous, souvent. Là, d’arrêter l’acting s’imposait à moi pour faire cette nouvelle activité. Cela me permettait aussi de me dégager du temps pour subvenir aux besoins de mon fils…Puis la comédie est revenue très vite à moi, vraiment quelques mois plus tard mais je n’ai jamais arrêté mes études de coaching, m’emmenant jusqu’au master. Je suis maintenant préparatrice mentale ! C’est dans ma vie, et quand bien même je tourne énormément, comme c’est le cas actuellement, je ne pense pas arrêter, cela fait partie de moi.
La comédienne que vous êtes depuis que vous avez développé cette autre casquette professionnelle est-elle différente d’avant ?
Au global, cela me permet d’être beaucoup plus détendue sur le fait de travailler ou non. Je n’attends pas après la comédie pour remplir mon frigo…Et je pense que j’ai, aujourd’hui, tellement d’outils pour déjouer le jeu fatal de l’égo et de la peur, qui emprisonne la plupart du temps les comédiens, que c’est vrai que je ne passe peut-être pas le même temps sur certains sujets. Quand même, et c’est peut-être mon côté maman, je n’en sais rien, je pense que ça aide aussi sur le plateau, de papoter avec des gens, d’échanger, de parfois donner des outils. Par contre, ça n’a pas d’impact direct sur la manière d’aborder les rôles, du moins pas dans la construction du personnage.
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours ?
D’avoir l’opportunité qu’on me propose des rôles vraiment chouettes et intéressants. Je ne saurais pas vous dire lesquels et je ne suis pas bloquée à l’idée de vouloir, à tout prix, jouer tel ou tel type de rôle.
On peut me souhaiter de me sentir la plus libre possible. Cette liberté passe justement par le fait de continuer à développer cette activité d’accompagnement, que j’adore vraiment faire.
On peut aussi me souhaiter que les films que j’écris se montent. J’aimerais bien qu’ils voient le jour ! Cette corde artistique-là fait partie intégrante de ma vie…