Caroline Riou évoque son parcours, son actualité et ses projets artistiques !

Bonjour Caroline,
Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.
1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre parcours notamment en télévision, au théâtre ou bien encore en publicité. Qu'est-ce qui vous attire tant dans l'exercice artistique ?
Que ce soit en l'audiovisuel, cinéma, TV ou au théâtre, c’est le même métier, juste sous une forme différente... ce qui m’attire dans l’exercice artistique c’est l’appropriation du personnage ... ce que j’appelle « ma mayonnaise interne » pour retranscrire au plus juste, au plus sincère, les textes à interpréter…que ce soit dans des registres multiples ...être au plus proche de ce que l’on me demande, de ce que je ressens, de ce que je donne et ce qui doit être perçu et reçu!!!
Au final que tout simplement le public soit touché, embarqué
Depuis que je suis gamine, j’ai toujours été attirée par les artistes, le spectacle. J'ai toujours eu envie de faire partie de cet univers.
J'ai eu une éducation assez stricte, ce qui m’a permis d'avoir des valeurs qui font ce que je suis aujourd’hui … Avec le théâtre, j’ai très vite ressenti, compris que je pouvais exister davantage : repousser mes limites dans un espace scénique, pourtant lui aussi délimité, mais où là tout est possible…
2/ Vous arrive-t-il de retrouver certaines complémentarités entre ces différents domaines ?
Bien sûr, même si pour moi le travail est identique dans le fond, il n’est évidemment pas abordé de la même manière dans la forme.
Ce sont en quelque sorte des plaisirs différents qui s’alimentent mutuellement et qui nourrissent l’expérience et l’envie.
Au théâtre, on est en connexion directe avec le public, il vous porte, le retour est instantané, il n'y a pas droit à l’erreur et quoiqu’il arrive ça doit avancer dans un sens ou dans l’autre !
A l’image, on travaille avec une trentaine de personnes autour de nous, les équipes techniques sont omniprésentes, la concentration n’est pas la même, la gestion du temps est permanente, il y a les contraintes techniques, il n’y a de retours directs du travail...(parfois je suis tellement dans mon truc que d’ailleurs je ne sais pas où sont ces caméras …je ne sais pas comment je suis filmée et je m’en fous, il y a un réalisateur pour ça 😊).
Le top c’est de pouvoir alterner les plaisirs 😊. Mais c'est une vraie organisation dans les plannings.
3/ Spontanément, retenez-vous une expérience plus que n'importe quelle autre ?
Petit à petit, les expériences se sont succédées, un projet en a amené un autre, puis un autre puis des rencontres...
«Plus belle la vie» est pour moi le graal… pouvoir interpréter un personnage régulièrement et sur la durée, ce n’est pas tous les 4 matins que ça se présente.
Alors quand vous décrochez le rôle, vous vous donnez à fond ! Ça m’a permis de gagner en assurance, je peaufine le personnage sur la longueur ...(je rajoute des couches de jeu). Nous avons la chance sur cette série d'avoir des auteurs qui écrivent vraiment pour nous, qui regardent les diffusions et nous avançons ensemble.
4/ Face au rythme soutenu d'un plateau de tournage, quelle est votre méthodologie de travail en amont ?
Ahhhh... Déjà, j'ai juste envie de dire qu'un comédien qui travaille sur «Plus belle la vie» est un comédien capable de s’adapter à tous types de tournages, il est d’une efficacité redoutable. Le rythme est extrêmement soutenu.
On reçoit les textes en amont, semaine par semaine. Je les lis forcément et j’isole toutes mes scènes, séquence par séquence.
J'ai besoin de les travailler en plusieurs fois. Dans un premier temps, je regarde les tenants et les aboutissants, l'enjeu, ces obstacles, comprendre d'où le personnage vient et où il va, son état, son humeur, pour moi c’est indispensable... ce qui me permet de ne pas jouer la même note sur des séquences qui se ressemblent dans les propos.
Je mets en général trois à quatre couches et je fonctionne beaucoup par images. Quand j’apprends mon texte, j'ai déjà des idées de déplacements, des images de la situation ….(qui ne sont d’ailleurs pas toujours celles que l’on me demande au final) (rire).
5/ Vous interprétez actuellement Laetitia Belesta dans la série à succès de France 3 «Plus Belle la Vie». Que dire sur cette belle aventure ?
C'est le top, il y a une chouette ambiance, mes partenaires de jeu sont extras. Je suis heureuse de partager cette aventure avec mes partenaires Théo Bertrand (Kévin dans la série) et Laurent Orry (Jérôme Belesta).
Les équipes sont attentionnées et je veux absolument tirer mon chapeau aux partenaires de l’ombre qui font un travail absolument dingue. Sans comédien, pas de tournage mais sans technicien non plus 😊.
J’adore l'appartement de cette famille, vous voyez le décor du dehors mais moi je le vis du dedans…. Des casseroles dans les placards, des verres dans la vitrine... Il y a même de la nourriture dans le frigo. J'ai été scotchée par un petit chien en coquillages sur une étagère et des sentons sur une autre. Je me raconte encore plus d’histoires pour nourrir mon personnage.
J’interprète ce personnage depuis deux ans et demi et je suis toujours autant excitée quand je m’engouffre dans le train en direction de Marseille.
Je reçois beaucoup de courriers via ma page Facebook et le plus beau cadeau, ce sont les messages de sympathie que m’adressent les téléspectateurs. Je gère d’ailleurs personnellement cette page et je mets un point d’honneur à répondre à tout le monde.
6/ Comment aimeriez-vous voir évoluer votre personnage ?
Je me laisse bercée par le désir des auteurs. Les scénaristes sont bourrés d’idées et de part le concept de la série, qui colle énormément à l’actualité et à la réalité, je suis tout simplement curieuse d’attendre la suite et je me laisse guider. La force de la série, c’est cette identification du public avec les personnages.
Parfois les gens viennent me voir et m’expliquent que, grâce à la série, ils arrivent à aborder des sujets avec leurs enfants, des amis, la famille qui étaient cristallisés ou tabous. Ça ouvre le champ des discussions. La série a un effet miroir.
J’aime Laetitia Belesta pour son coté populaire, brute de décoffrage, généreux et parfois étriqué d’esprit, peu importe son évolution ce sera de toute façon une évolution.
7/ Enfin, quels sont vos projets et envies artistiques du moment ?
J'aimerais bien remonter sur les planches. Ça me manque.
Aujourd’hui, j’ai trouvé mes marques sur «Plus belle la vie», ce qui ne m’empêche pas d’avoir toujours la boule au ventre avant de tourner…. (Le tournage se déroule «en plan séquence», la scène est filmée d’un trait sous 3 angles différents)…mais s’ il y a un problème, on recommence. J’ai une sensation de sécurité.
Au théâtre, c’est du sans filet. J'ai donc à la fois les chocottes de remonter sur scène mais aussi très envie. C’est important de sortir de sa zone de confort.
Ce fut un plaisir, Caroline, d'effectuer cette interview avec vous !








