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Un Si Grand Soleil : Hélène Bizot évoque son arrivée dans la série à succès de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Hélène,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien.

Vous avez rejoint, il y a peu, la grande famille « Un Si Grand Soleil », la série à succès de France 2. On imagine la joie et la fierté que cela vous procure ?

Effectivement, oui, les deux. C’est un grand bonheur et je suis vraiment ravie de cette expérience, à tous les points de vue. C’est source de très très belles rencontres, j’ai eu un vrai coup de cœur artistique avec Léo Guillaume, qui joue mon mari, avec Nathan Bensoussan, qui joue mon fils. Une vraie jolie petite famille s’est créée. C’est du bonheur, vraiment, on continue à se voir en dehors du tournage. C’est un beau cadeau.

Nathan vient du stand-up, Léo fait beaucoup de théâtre, on a énormément travaillé ensemble, en préparation de nos scènes. Tout a été très spontané, naturel, les choses se sont faites avec magie. Ce n’est que du bonheur, vraiment.

On a travaillé avec plusieurs réalisateurs différents sur l’arche. Pareil, plein de rencontres magiques et magnifiques se sont faites, avec toute l’équipe. Il y a énormément de monde sur ce projet, énormément de rôles, énormément de gens à la technique, à l’administratif et j’ai été impressionnée de cette organisation sans faille. En plus, j’ai tourné pendant toute la période des grèves, il y avait aussi des intempéries. C’est là que je me suis rendue compte que l’organisation est incroyable. Surtout, il y a un respect de l’humain, de l’artistique, du travail et c’est vrai que j’ai été impressionnée de cela. J’ai savouré chaque petit moment, vraiment.

Vous qui vivez cette aventure de l’intérieur, selon vous, quelles sont les clés du succès de ce programme ?

En tant que spectatrice, j’avoue que je n’étais pas cliente de regarder régulièrement une série, je préfère regarder tout en une seule fois. Je ne voulais pas me laisser prendre à une quotidienne. Evidemment, j’ai commencé à regarder lorsque l’on m’a contactée pour le casting, afin de savoir vers quoi j’allais. Je me suis laissée prendre en tant que spectatrice, c’est génial. A présent, quand je peux, le soir, à la maison, me poser après avoir diné, je trouve ça super agréable. Je me suis attachée aux personnages. Je pense que la bienveillance sur le tournage se ressent à l’image.

Je me dis que, certainement, le fait que les choses soient tellement bien gérées avec ce respect, comme je le disais, de l’artistique, y est pour beaucoup. Les scénaristes sont incroyables, ils écrivent en s’intéressant à l’actualité, qui est inclue dans les sujets. C’est super bien fait. Il y a à peine deux mois d’avance par rapport à la diffusion, ce qui est très peu. Il faut arriver à le gérer et ils le font très bien. Je leur tire mon chapeau.

Pour ce que vous pouvez en dire, comment caractérisez-vous votre personnage ?

Nathan, qui joue Antonin, est là depuis le début de la série. Etant le petit copain de Léa, il a été un peu plus mis en avant. C’était bien que ses parents arrivent à un moment donné. J’ai abordé le personnage d’Aude comme si c’était moi en fait, il est proche de moi. Je l’ai abordée comme une mère de famille qui aime son fils, qui aime son mari, avec qui tout se passe bien, qui essaie de gérer la vie au mieux.

Avec son mari, ils sont en train de monter leur entreprise d’escape game, ils tentent d’organiser cela au mieux, avec tout le stress que ça peut engendrer. Ils ont envie que ça se passe bien.

Leur vie n’a pas toujours dû être évidente, on ne met pas particulièrement en avant le fait que leur fils est en fauteuil roulant, mais ça a forcément été une épreuve énorme à traverser et face à ce genre d’épreuve, il est important de faire au maximum comme si tout était normal. C’est une difficulté, il ne faut pas en faire trop non plus pour que la vie reste le plus normal possible.

Je me suis merveilleusement entendue avec Nathan et Léo. Du coup, j’aborde mon rôle avec beaucoup de naturel. Ce coup de cœur d’amitié fait que, toute la tendresse que je peux avoir pour mon fils et mon mari existe vraiment. Je le répète, c’est un beau cadeau.

 

 

Au moment de préparer votre rôle, vous êtes-vous renseignée notamment sur l’univers de l’escape game ?

Ouiiii. Je savais un peu de quoi il en retournait mais je n’en avais jamais fait. Donc j’ai emmené mes deux enfants, qui sont grands maintenant, en faire un et j’ai adoré. J’ai trouvé ça génial, à tel point que je pense en refaire. Ce sont des sorties hyper agréables à faire en famille et aussi entre amis. C’est vrai que c’était important pour moi de comprendre ce que c’était. Quand Aude parle des énigmes à résoudre, ça correspond à quelque chose qui existe vraiment dans mon esprit.

En dehors de cela, on a aussi bien travaillé nos scènes avec Léo. On s’est vu avant en ce sens. On a parlé ensemble du passé de nos personnages. Léo fait également de la mise en scène au théâtre, là encore c’était un beau cadeau pour moi car il a une analyse très intelligente et approfondie des scènes. Il parle notamment de ce qui se passe avant la scène, c’est important car, même si ce n’est pas forcément stipulé dans les dialogues, le fait d’évoquer l’antériorité amène en nous des choses qui ne sont pas forcément évidentes mais qui sont là et qui existent. Ne serait-ce que le vécu de nos personnages. On est les parents de Nathan, qui a 17 ans, donc ça veut dire que l’on vit ensemble depuis une vingtaine d’années. Sauf que, avec Léo, on s’est découvert au casting. C’était donc bien d’avoir de suite une grande complicité !  Idem avec Nathan, ce qui est super.

On le sait, le rythme de tournage est soutenu. Au fur et à mesure, avez-vous affiné votre propre méthodologie de travail, pour être toujours plus efficace et disponible ?

Je ne veux pas rabâcher mais, comme il y avait cette belle énergie, tout s’est fait naturellement. C’était assez incroyable. J’avais cette appréhension de devoir travailler vite mais, en fait, comme tout est fait de manière très pro et que tout est très bien organisé, aller vite n’est pas un problème. Chacun à son poste est hyper opérationnel, personne ne bouscule personne, on n’a pas la sensation qu’il faut travailler vite, on n’a pas la sensation de travailler vite. Je n’ai pas eu à m’adapter à des contraintes particulières, ce qui est assez énorme et assez fou. Je pense que c’est le résultat de tout le travail en amont.

C’est une énorme machine dans laquelle tout le monde est à sa place. C’est tellement bien organisé qu’on a l’impression d’avoir le temps. Le tout dans la bonne humeur. Tout se fait ainsi naturellement. J’ai beaucoup travaillé avec le réalisateur Julien Seri. Il est un autre coup de foudre artistique. Il est passionné par ce qu’il fait et facilite la création.

Si le scénario le permet, aimeriez-vous poursuivre l’aventure ?

Carrément, avec joie ! Cette expérience n’a été que du bonheur.

En parallèle, quels sont vos autres actualités et projets en ce moment ?

Je continue le doublage, je suis actuellement sur la septième saison de « Brooklyn nine nine », une série de Canal +. Ce programme est toujours aussi drôle, je ne m’en lasse pas. Je retrouve régulièrement avec bonheur toute l’équipe du doublage de cette série. Je commence aussi une série allemande, pour Netflix.

Récemment, le téléfilm « L’Archer Noir » a été diffusé sur France 3. Plus de 4 millions de téléspectateurs nous ont suivis, toute l’équipe est super contente. On avait tourné il y a pile un an. Ce fut une super aventure, une petite famille s’est créée, on continue à rester en contact. Christian Guerinel, le réalisateur, a réussi à créer quelque chose d’assez magique. Là encore, je pense que ça s’est ressenti à l’image.

J’ai eu un prix d’interprétation au Festival des Hérault de la Télé et du Cinéma, en 2019, pour mon rôle dans le court métrage « Bel Ange », de Franck Victor. On y parle des maltraitances faites aux femmes, un sujet qui me touche particulièrement. Ce court continue à être présenté en festivals, dont celui de Pontault-Combault en mars.

Je gère toujours l’association que j’ai créée il y a deux ans, de défense des droits des femmes, « Aux larmes citoyennes », où l’on fait des expositions de photos de comédiennes en tenue de Marianne, avec des colombes. Pour parler de la fragilité des droits des femmes et ne pas oublier, comme le dit Simone de Beauvoir, qu’il suffirait d’une crise politique, économique ou religieuse pour que nos droits soient remis en question. Il faut donc rester vigilant. Les photos sont actuellement exposées dans un studio de doublage, à Levallois-Perret, le studio O’Bahamas, où je travaille de temps en temps. On a fait récemment un vernissage, qui s’est super bien passé. Les photos seront également à Pontault-Combault.

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses.

Publié dans Télévision

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Plus Belle La Vie, son parcours, les liens avec sa vie personnelle, sa façon d'envisager son métier : Pierre Martot se livre comme il ne l'avait jamais fait auparavant !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Pierre,

C’est un plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez un parcours, au sens global, très hétérogène et très atypique. Vous avez commencé par des études de psy, vous avez été aussi journaliste, vous êtes à présent comédien, sur les planches et à l’image. De façon générale, si l’on revient sur ce parcours-ci, comment passe-t-on d’un registre à un autre ? Y a-t-il eu des moments clé ? Des déclics ? Des envies ?

En fait, j’ai commencé par des études d’économie, pendant 4 ans. J’ai eu mon Bac assez jeune – je venais tout juste d’avoir 17 ans – et je ne savais pas trop quoi faire. Alors j’ai fait les mêmes études que mon frère aîné. Jusqu’en licence. L’économie m’intéressait mais il y a eu alors, dans ma vie, un événement au bout de ces 4 ans-là, qui est venu tout bouleverser. Ma petite amie est tombée malade et elle est décédée deux ans après – d’une tumeur au cerveau. J’avais 20 ans. J’avoue que la vie avait été assez facile pour moi jusque-là et j’avais grandi sans trop me poser de questions. Après ça, évidemment, c’était autre chose. J’ai voulu comprendre ce qui s’était passé. Comme s’il y avait quelque chose à comprendre. Je m’interrogeais sur mon existence, sur le sens de la vie, sur celui que je voulais lui donner.

J’ai donc quitté les études d’économie pour aller vers un questionnement plus intime, à travers les études de psychologie. J’ai mené ces études jusqu’à leur terme, à Paris, à la Sorbonne. J’avais ce que l’on appelait un DESS, ce qui s’appelle maintenant un Master II, qui est le diplôme nécessaire à l’exercice de la profession de psychologue. Ce que j’ai fait pendant 1 an. J’intervenais dans une association, dans une maison qui accueillait des jeunes gens qui vivaient dans la rue ou qui sortaient de prison, pour les accompagner pendant quelques semaines. Je donnais aussi des cours à des infirmiers en hôpital psychiatrique, et il m’est aussi arrivé, pendant cette période, de recevoir des personnes en entretien privé.

Je me suis donc retrouvé face à des gens qui me racontaient la difficulté qu’ils avaient à vivre et qui attendaient de moi une aide. J’étais jeune, j’avais 25 ans, et je me trouvais face à des gens qui avaient en réalité une expérience de la vie beaucoup plus remplie et plus riche que la mienne. Dans l’institution où j’accueillais des jeunes gens en difficulté, j’étais le seul psy, je n’avais pas quelqu’un au-dessus de moi qui aurait pu me conseiller, et je me sentais donc totalement démuni face à ces gens.

Au bout d’un an, j’ai eu le sentiment que quelque chose me manquait, que je n’étais pas mûr. Il se trouve que j’étais dans un poste de remplacement. La personne que je remplaçais revenait, et j’ai décidé d’arrêter d’être psy.

J’ai aussi compris, après cette première expérience professionnelle d’un an, que j’avais besoin de jeu et de lumière dans ma vie. C’était déjà cela qui m’avait intéressé dans les études de psycho. Pendant mes études, j’avais l’espoir un peu naïf que j’allais être un grand psy, que j’allais sauver les gens parce que j’allais « comprendre ». Evidemment, ce n’est pas comme cela que les choses se sont passées… comprendre la vie, c’est un tout petit peu plus compliqué que de faire ce qu’il faut pour obtenir son diplôme à l’université.

Au bout de cette année-là, nous étions dans les années 80, c’était l’ère Mitterrand, ça respirait beaucoup dans la société française et il y a eu ce que l’on appelait les radios libres. On pouvait quasiment, juste en en ayant envie, travailler dans une radio, même si on n’avait pas la formation nécessaire. C’est ce que j’ai fait. Je me suis formé et, du coup, après, j’ai été salarié. J’étais animateur, je faisais aussi les flashs infos ainsi que les interviews d’artistes. J’ai été amené à aller dans les théâtres et à voir beaucoup de spectacles. Cela m’a énormément intéressé, notamment la façon dont le théâtre, je parle là du grand théâtre, interroge la condition humaine.

 

 

 

Un metteur en scène m’a proposé alors de travailler dans l’un de ses spectacles, ça m’a beaucoup plu et j’ai compris que c’était cela que je voulais faire : jouer à être un autre.

Complètement naïvement là encore, après deux ans de journalisme, j’ai décidé que je serai acteur et je suis monté à Paris alors que je ne connaissais rien du métier. Dans mon esprit, je partais pour conquérir le monde. Mais, encore une fois, ce n’est évidemment pas comme cela que les choses se sont passées.

Il a d’abord fallu que j’apprenne ce métier. Je l’ai fait au théâtre, avec des gens merveilleux, les plus belles personnes que j’ai jamais rencontrées dans ce métier. Et on a la chance, en France, d’avoir des écrivains de théâtre vraiment merveilleux. Je me suis formé au classique. J’ai travaillé sur Corneille, Racine, Molière, et aussi Claudel...

Puis j’ai eu beaucoup de chance. J’ai très vite rencontré Claude Chabrol qui cherchait un acteur originaire de Normandie pour un film qu’il s’apprêtait à tourner dans la région normande, à Dieppe. 

Je devais jouer un soldat allemand. Je laissais tomber une pièce dans un café en allant payer. Un enfant ramassait la pièce pour me la rendre et je devais lui dire « Danke Schön ». Ce n’était presque rien – la scène dure quinze secondes dans le film - mais j’étais carrément ivre de peur. Quand même, c’était Claude Chabrol, un des cinéastes français les plus prestigieux de l’époque ! Un film avec Isabelle Huppert, François Cluzet, Marie Trintignant. Et moi, je n’avais jamais fait ce genre de trucs. Je n’avais quasiment pas dormi de la nuit tellement j’étais impressionné, tellement j’avais le trac. Et je me suis servi de cette ivresse. Il faut se servir de tout sur un plateau de tournage. Je me suis levé de table, je tremblais, l’enfant a ramassé cette pièce et je lui ai caressé la joue, dans un état de grande fatigue. Je me suis imaginé sur l’instant que ce soldat allemand que je jouais à l’époque, qui avait 30 ans, avait peut-être une famille et des enfants en Allemagne et que, se sentant très seul, il était ému par cet enfant devant lui. Je pensais aussi qu’il était très fatigué, peut-être un peu saoul. J’ai laissé venir ces émotions-là, toutes simples, sur le moment, sans les appuyer. A la fin du tournage, une assistante est venue me voir pour me dire que Claude Chabrol avait beaucoup aimé mon travail. J’ai cru qu’elle se moquait de moi. Ce n’était que quinze secondes mais, en réalité, elles ont décidé de toute ma vie…

Quelques années après, j’ai retravaillé avec lui. Au total, nous avons fait 5 films ensemble. Dans certains de ces films, je ne faisais pas grand-chose, trois silhouettes – quasiment de la figuration – mais il m’a tout de même donné deux vrais seconds rôles. Il se souvenait de moi et me rappelait. Je crois que ce qu’il aimait en moi, c’est que je n’ai pas un côté acteur. Et cela a lancé ma carrière. C’est ce qui m’a permis de trouver un agent après « Betty », un très beau film avec Marie Trintignant dans lequel je joue son beau-frère, un militaire de grande famille. Fallait y penser : moi, en militaire issu d’une famille du XVI arrondissement parisien. C’est cet agent qui, après, m’a permis de rencontrer des gens du cinéma et de la télévision et de travailler avec eux.

La loi de ces changements dans ma vie, puisque vous me demandez s’il y en a une, c’est ma curiosité pour tout ce qui touche à la condition humaine. Même dès les études d’économie, c’était déjà ça. Je suis convaincu que tout ce que nous vivons est politique. Mais cette curiosité s’est repointée et reprécisée pendant mes études de psycho, qui m’ont davantage recentré sur l’individu. Mais ce qui a été nouveau dans le théâtre et le cinéma, c’est que ça s’est fait dans le jeu. J’ai besoin que ça joue. J’ai besoin que, dans ma vie, il y ait du jeu et de la liberté.

Psy, c’est un métier magnifique parce que ça permet à des gens de se comprendre et, à partir de là, de vivre mieux, mais c’était peut-être trop sérieux pour moi à ce moment-là de ma vie. Je crois que j’y serais davantage prêt aujourd’hui. Mais j’ai besoin de lumière. J’aime la lumière, l’excitation sur les plateaux de tournage, la montée d’adrénaline avant d’entrer en scène et, encore une fois, j’ai besoin de liberté.

 

Voyez-vous certains liens, certaines complémentarités entre ces différents registres ? Vos premières expériences vous aident-elles encore aujourd’hui, dans votre quotidien d’acteur ?

Ça m’aide parce que je ne peux pas me refaire : dans la vie, j’ai la passion de comprendre. Quand je suis face à un texte de théâtre, je l’aborde en essayant de comprendre le moindre instant de la scène, la moindre réplique, le moindre silence. C’est la base du travail de l’acteur. Il ne suffit pas d’apprendre son texte par cœur et de faire le beau sur une scène. Il faut l’étudier seconde par seconde, mètre par mètre.

Et je travaille exactement de la même façon dans « Plus Belle La Vie ». Je pars de ce qui est écrit et je vais l’étudier dans les moindres détails. Evidemment, les situations sont souvent plus simples dans « Plus Belle La Vie » qu’au théâtre. Mais, à chaque réplique, je vais essayer de comprendre pourquoi Léo prononce exactement ces mots plutôt que d’autres. Quels rapports il entretient avec les autres personnages qui sont présents dans la scène. Ce qu’il veut obtenir, ce qu’il cherche, dans quel état émotionnel il est. Il y a des étapes, dans une scène, des rendez-vous, ça avance réplique après réplique.

Et après cela, quand je me retrouve sur le plateau, le jour du tournage, j’essaie de jouer d’instinct, de tout oublier de ce que j’ai étudié, de ce que j’ai compris. Il faut se laisser faire. Il y a quelque chose qui vient, de toute façon, et, si on a suffisamment travaillé, on peut faire confiance à ce qui arrive. Je me sers de tout ce qui se passe à ce moment-là, vraiment j’essaie de me défaire de tout le travail de préparation et d’être absolument disponible à ce qui se passe. Je joue en fonction du réalisateur et des partenaires, de ce qu’ils me proposent. Je peux faire quelque chose de complètement différent de ce que j’avais imaginé si la proposition du réalisateur m’ouvre sur une chose à laquelle je n’avais pas pensée et que je trouve plus intéressante que ce que j’avais imaginé. Mais je suis nourri du travail que j’ai fait en amont. Et puis, bon, je suis un acteur qui a besoin de beaucoup travailler. C’est ma passion. Si je ne travaille pas beaucoup, je m’ennuie.

Jouer, pour moi, c’est comme un shoot, c’est comme une drogue. Entrer dans le jeu, c’est à la fois être avec soi et partir en voyage, c’est quitter ce monde qui peut être terrible. On part ailleurs ; on s’emmène ailleurs. C’est de l’enfance ; moi, je suis un gamin quand je joue...

On peut faire toutes les théories qu’on veut sur le métier d’acteur, il y a un moment où ça échappe à toute explication. Ça se voit avec les grands acteurs : à un moment, ça décolle... Si on pense à Joachim Phoenix dans "Joker", par exemple. C’est un acteur qui a tellement pris le rôle à son compte. Il a tellement travaillé pour s’imaginer que c’était à lui qu’arrivait tout ce qui arrive à son personnage : cette petite-enfance maltraitée, le rejet et la souffrance que ça entraîne, la folie. Et, à un moment, ça décolle. Parce qu’il a tellement préparé son rôle dans le détail qu’il peut se permettre de laisser faire le jeu, parfois à la limite d’en faire beaucoup mais, à ce moment-là, il faut compter sur le réalisateur qui doit le canaliser, poser des limites…

 

 

Dans un registre totalement différent, on peut aussi penser à Michel Simon dans « Boudu sauvé des eaux », par exemple, où là le jeu c’est de la poésie pure, ça reste totalement inexplicable. Là, on a à faire à un acteur poète… Pour revenir à aujourd’hui, on a à l’heure actuelle en France des acteurs comme Reda Kateb ou Roschdy Zem, par exemple. Evidemment, là, le jeu est plus intériorisé. On sent que ça vibre à l’intérieur, mais on est incapable de dire comment ça marche. Je ne me compare pas à ces acteurs-là, évidemment, mais c’est pour dire qu’il y a un moment où le travail de l’acteur échappe à toute tentative de compréhension.

Donc toute cette formation que j’ai, qui vient de toute ma vie d’une certaine façon, ces 40 ans de formation que j’ai derrière moi, ça a des avantages et des inconvénients. Parce que j’ai la passion de comprendre. Et que, quand arrive le moment de jouer, il faut renoncer à comprendre. Il faut accepter d’être nu, ne rien savoir, se laisser faire et faire un truc qui s’appelle simplement « jouer ». Mais, ce dont je suis sûr, c’est qu’il faut avoir beaucoup travaillé avant. On sera plus fort, plus intéressant, si on a beaucoup travaillé avant d’arriver sur le plateau.

Parce que c’est aussi un travail. Il faut entendre De Funès quand il parle de comédie, le sérieux avec lequel il en parle. Il dit que la comédie ne tient à rien, c’est à un dixième de seconde près que ça se joue. Pour une réplique, pour un geste, ça peut être raté. Evidemment, il y a du jeu, on s’amuse ; mais un plateau de tournage, c’est un lieu de travail. Quand ils jouent, les enfants sont très sérieux. Moi, au foot, je voulais tout faire : les touches, les coup-francs, les corners. Je suis toujours comme ça : je joue à fond. Si je rate quelque chose, je suis triste, vraiment, j’ai du chagrin. Si on me dit que c’est bien, et surtout si je sens que c’est bien, je suis très heureux et j’ai une profonde reconnaissance envers tout le monde, envers tous les gens qui ont rendu cela possible. A ce moment-là, j’adore la vie.

 

Parmi vos activités artistiques, il y a aussi beaucoup de lectures publiques. Justement, comment les préparez-vous ? Avez-vous une méthodologie particulière, face à ce jeu sans doute différent des plateaux et des planches ?

Là, encore une fois, je travaille énormément mes lectures. Je les prépare énormément. L’enjeu, dans une lecture, c’est de faire entendre le texte, cela paraît évident. Pour ça, il faut essayer de mettre à jour ce qui a rendu ce texte possible, les pensées et les émotions de l’auteur qui l’ont fait naître, ce que l’auteur veut dire. Tout ça, c’est de l’évidence. Et après, ce travail fait, il faut s’effacer et faire entendre le texte. Il ne faut pas que le public soit happé par le comédien, il faut qu’il soit saisi par le texte qui est en train d’être lu. Je suis très touché quand quelqu’un vient me voir à la fin d’une lecture et me dit : j’ai complètement oublié que je vous avais vu à la télévision. On s’en fout de l’acteur ; ce qui compte, c’est le texte. J’essaie d’accompagner le texte pour faire entendre ce que l’écrivain a voulu transmettre. J’essaie de l’aider. Les émotions qui le traversent, les sensations, les idées. Une phrase, ça a une couleur, un « sentiment » comme dit Fabrice Lucchini. C’est un équilibre à trouver. Ce sens du service, s’effacer derrière le texte, c’est le b.a-ba du travail de l’acteur.

Ça se travaille phrase par phrase. Il faut relever les enjeux de chaque phrase, de chaque mot. Les idées qui dominent, les émotions qui dominent, il faut faire tout entendre. C’est un travail énorme d’écrire un livre. Ça peut prendre toute une vie. On ne peut pas trahir cela, il faut le respecter, tout faire entendre, tout faire vibrer à sa juste mesure. Dernièrement, pour la lecture de textes autour de Chopin, j’étais accompagné par une pianiste qui travaille un peu partout dans le monde. Ça me tirait vers le haut. Il n’y a rien qui tire plus l’âme humaine vers le haut qu’un grand musicien. Il fallait la voir travailler. La quantité de travail que représente chaque phrase musicale. Le retrait derrière l’instrument. Faire vibrer l’instrument. Le don absolu à l’instrument. C’est cela, le modèle, pour un acteur. Et l’instrument, c’est le texte.

 

Vous évoquiez précédemment vos instants de concentration sur les plateaux de tournage avant de jouer. Au théâtre, dans les derniers moments avant de rentrer sur scène, avez-vous là aussi une méthodologie particulière de concentration ?

Je crois qu’il n’y a pas trop de questions à se poser, à ce moment-là, en fait. Parce que, là aussi, on est nourri par le travail de répétition. Ça va revenir. Ce qu’on a travaillé va revenir. C’est peut-être ce moment-là qu’il faut retrouver : un moment où l’on est totalement démuni, un moment où l’on n’a pas peur de l’être, un moment où l’on a envie de vivre cette vie nouvelle qui se présente et qui va être d’entrer en scène. Et ça va revenir : quelque chose va se passer. Il ne se peut pas que la représentation n’ait pas lieu. Il va y avoir de la vie, c’est obligé. Evidemment, il faut autant que possible ne pas trahir ce qui a été décidé en répétition pour ne pas mettre les copains dans l’embarras. Le temps de répétition, c’est la grossesse. Et la représentation, c’est l’accouchement. J’essaie de ne pas penser à ce qui s’est passé la veille, de ne pas essayer de refaire la même chose. Je fais « comme si » j’oubliais. « Comme si » j’avais oublié. Là encore, il s’agit de faire complètement confiance à l’instant présent, à ce qui va se passer et de le faire vivre de la façon la plus intéressante possible. On est là pour donner à voir et à entendre, pour donner du plaisir, des émotions, de la joie et, au théâtre, c’est un moment de partage parce que les gens sont là. On sent leur présence, leurs corps, leur souffle. On sent s’ils écoutent ou s’ils s’ennuient. Et quand la salle écoute, quand on entend son silence, ses rires, quand on sent que le public est là, qu’il accompagne chacun de nos mouvements physiques ou sensibles, qu’on est tous ensemble et que c’est grâce à soi qu’on est tous ensemble, on est dans un état de reconnaissance absolu envers le monde entier.

 

Dans un autre registre, que vous avez précédemment commencé à aborder, la série de France 3 « Plus Belle la Vie » fête ses 15 ans. Vous qui êtes présent depuis le début, quel regard portez-vous sur ces 15 années de cette folle aventure ?

La bonne idée de départ, c’est celle de faire vivre un quartier de 15 ou 16 personnes représentatives de la société. Chaque français peut se reconnaitre dans un des personnages. C’est une très belle idée qui a eu comme conséquence de choisir des acteurs qui puissent porter cette histoire-là. C’est-à-dire que, d’emblée, a été posée l’idée qu’il n’y aurait pas de star, qu’il n’y aurait que des gens que l’on peut croiser dans la rue. Il fallait donc des français moyens pour jouer ces personnages-là. Michel Cordes en est un, par exemple, Sylvie Flepp en est une, j’en suis un, on est des gens normaux qui jouent une histoire normale. Ça, c’est la base de « Plus Belle la Vie » : la proximité avec les gens, incarnée par des acteurs qui peuvent la porter. C’est la richesse de ce programme et c’est ce qui fait son succès : des histoires quotidiennes, avec des acteurs très quotidiens, sans star, un jeu simple, sur lesquelles se sont mêlées ensuite des histoires policières qui mettent un peu d’aventure là-dedans et des histoires qui échappent même par moment un peu à la réalité, à la vie de tous les jours telle qu’on l’imagine. Mais, dans la vie de tous les jours, il peut se passer les choses les plus étranges, les plus inattendues. Dans « Plus belle la vie », ça arrive aussi.

Après, c’est une expérience qui a complètement transformé notre vie à tous. Parce qu’elle nous a offert l’accès au grand public, ce qui est moins le cas au théâtre – les acteurs du début venaient presque tous du théâtre. C’était une volonté de Michelle Podroznyk afin de créer un esprit de troupe... Il y a des côtés très agréables à cette notoriété, notamment l’affection que les gens nous témoignent. Parfois ça peut être un peu difficile à gérer aussi, il faut le reconnaître, parce que l’on a une vie privée qu’il faut sauvegarder. Des endroits où on va en vacances en famille, des endroits où on se rend pour être seul. Mais quelle chance, au final, de connaître cette vie tout de même un peu spéciale !

 

 

C’est vraiment intéressant de jouer le même personnage sur une aussi longue durée. On est entièrement libre. Un personnage, ça a des possibilités infinies. En quinze ans, Léo Castelli a tout connu : les difficultés de son métier, l’amour, l’amitié, le deuil, la séparation, les joies et l’inquiétude d’un père… tout ce que la vie peut proposer d’agréable ou de terrible… et plus encore, comme une tentative de meurtre sur sa personne. Les gens qu’il aime le plus, peuvent être amenés à se méfier de lui pour le simple fait qu’il est flic. Il est donc très solitaire, très sensible derrière sa carapace, et il est passionnant à jouer.

Léo, c’est un ami. C’est mon meilleur ami, même. Il ne peut pas se passer un jour sans que je pense à lui, même peut-être qu’il ne se passe pas une heure sans que je ne pense à lui. Les gens qui me reconnaissent dans la rue me renvoient aussi tout le temps à lui. Il y a même eu un temps, au début du travail, où, dans ma propre vie, je pouvais réagir comme un flic. Je pouvais avoir la même intransigeance à l’égard des gens qui font des erreurs, qui ne respectent pas les règles qui font qu’une vie en commun est possible. En plus, à cette période, j’avais pas mal de contacts avec des flics pour voir avec eux comment se passait leur métier. A présent, j’ai mis des nuances. Heureusement…

 

En quinze ans, il a beaucoup changé. On a aussi découvert des facettes plus personnelles de son histoire, il a également été amoureux, il a retrouvé sa fille. Dans son parcours, dans ce qu’il peut être amené à proposer, en échangez-vous parfois avec les scénaristes ? Ou, à l’inverse, aimez-vous vous laisser surprendre par ce qu’ils peuvent vous proposer ?

Je n’en parle pas tellement avec les scénaristes parce que j’aime bien me laisser surprendre par ce qu’ils ont écrit, et je trouve important que les auteurs se sentent libres vis-à-vis des acteurs. Le succès de la série, tout de même, il commence par les histoires que les auteurs ont envie de raconter. Et c’est important, pour leur plaisir, qu’ils puissent envisager pour chaque personnage l’évolution qu’ils veulent. 

On a une réunion annuelle où chaque acteur peut parler, avec la production, de ses envies. On a des échanges à ce moment-là. J’aime bien être surpris par ce qui est écrit mais, par moments, j’ai aussi des envies, c’est vrai. Dans l’intrigue qui vient de commencer, le « cold case » de Léo, il redevient un peu plus le capitaine Castelli, il redevient un peu plus flic. Ça me plaît bien qu’on le voie un peu plus sur le terrain. J’aime bien l’idée de retrouver par moments le côté qu’avait Léo avant, ce côté pas toujours très fréquentable, le côté « bad-guy ». Il est devenu très gentil, très compréhensif, ça ne me dérangerait pas que, parfois, il le soit un peu moins, qu’il soit un peu plus animal, peut-être un peu moins prévisible. Mais, encore une fois, ce n’est pas moi qui décide et il est important que les auteurs soient libres. Et je m’amuse beaucoup aussi dans les scènes de comédie qu’ils écrivent pour Léo depuis mon retour dans la série.

 

On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est très soutenu, au travers du nombre de minutes utiles à défendre chaque jour. Au fur et à mesure de ces années, affinez-vous toujours votre propre préparation ?

J’essaie, en tous les cas. C’est dans la nature d’un acteur de vouloir toujours améliorer son travail. Et « Plus Belle la Vie », c’est un super-terrain d’entraînement. Au début de « Plus Belle la Vie », il y avait pas mal de gens qui se moquaient de nous. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est normal d’ailleurs et ça ne doit pas être une excuse, c’est que, normalement, en télé, on tourne 4 à 5 minutes de film par jour. Au cinéma, on fait à peu près 1 minute et 30 secondes. Sur « Plus Belle La vie », on fait 20 minutes. Ce qui veut dire que l’on travaille 4 à 5 fois plus vite qu’à la télévision et plus de 12 fois plus vite qu’au cinéma.

Demandez à un menuisier de construire son escalier 4 à 5 fois plus vite que ce qu’il fait d’habitude, je vous conseille, quand l’escalier sera fini, de prendre l’ascenseur. Parce que je crains que ce ne soit un peu risqué de passer par les marches. Je sais de quoi je parle, mon père était menuisier et il a construit beaucoup d’escaliers - qui tenaient, je tiens à le préciser.

Donc, à l’époque, les gens étaient très critiques en nous voyant. Maintenant, on commence à voir des acteurs de « Plus Belle la Vie » un peu partout. Quand on regarde des acteurs qui arrivent chez nous, il y a toujours un temps d’adaptation au début, c’est évident. Pour essayer de rentrer dans cette machine qui est exigeante, qui est même parfois brutale. Quand vous devez jouer 7 à 8 séquences dans la journée, quand vous finissez en larmes dans l’un d’elles, par exemple, et que vous êtes dans un sentiment amoureux sur une autre, quand vous avez une conversation ordinaire en buvant simplement votre café au Mistral dans la suivante, vous allez avoir à peu près le même temps consacré à chacune de ces scènes. Il faut tellement passer à la suivante que, une fois que vous avez éprouvé une émotion très forte dans une scène, le réalisateur n’a pas le temps de venir s’inquiéter de vous, il est déjà focalisé sur la scène suivante.

C’est hyper exigeant mais c’est aussi notre métier, hein, de nous adapter. Je ne vais pas me plaindre.

 

 Vous l’avez dit, c’est vous qui aviez fait part de votre envie de revenir dans le programme. Quelques années auparavant, étiez-vous aussi à l’origine de ce souhait de prendre du recul ?

Oui, c’est moi. Là, je vais vous parler d’une chose dont je n’ai jamais parlé. Je vais vous dire la raison pour laquelle je suis parti car je n’ai pas voulu le faire à l’époque. Ce qui s’est passé, c’est qu’un de mes enfants a eu un accident très grave. Le tournage a dû être complètement chamboulé d’ailleurs à cette occasion-là, cet accident s’étant passé à l’étranger, à une période où je travaillais beaucoup, presque tous les jours. Il fallait que je me rende en Afrique, là où ça s’était passé. J’y suis resté 10 jours et tout avait été réaménagé pour que je puisse faire à mon retour les scènes que je n’avais pas eu le temps de tourner avant mon départ.

C’était très éprouvant, évidemment, de me remettre au travail après avoir été au côté de l’un de mes enfants gravement blessé en Afrique. Ce furent des moments très difficiles. Mon enfant a été rapatrié en France un mois après son accident mais il est resté à l’hôpital pendant 2 ans. Au bout d’une année, j’étais totalement épuisé. D’autant plus que, comme je le disais, je travaillais alors beaucoup sur « Plus Belle la Vie ». Léo était le personnage qu’on voyait le plus à ce moment-là, j’étais donc l’acteur qui travaillait le plus, et je passais tous mes week-ends à l’hôpital à Garches.

J’ai alors eu un moment d’épuisement total, un épuisement à la fois physique et surtout moral, dont je ne me suis d’ailleurs pas rendu compte parce qu’il fallait tenir à la fois auprès de mon enfant et dans mon travail. J’ai éprouvé le besoin de me mettre à l’écart, j’ai voulu partir du monde, m’éloigner du bruit de l’existence, et donc aussi de « Plus Belle La Vie ». Je l’ai dit à Hubert Besson, qui était alors le producteur. Il s’est montré très compréhensif. Il m’a dit que je pouvais revenir quand je le voulais.

J’étais arrivé à un tel état d’épuisement que je pensais ne jamais revenir, me consacrer à l’écriture et à ma famille. Je n’ai pas voulu rendre publiques les raisons de mon départ, à l’époque, d’abord parce que je n’étais pas en état de le faire. J’avais besoin de calme et de tranquillité, et je voulais aussi qu’il y ait le moins de bruit possible autour de ce qui me poussait à partir. Je veux d’ailleurs remercier les acteurs de « Plus Belle La Vie » qui savaient tous ce qui s’était passé et n’ont rien dit. La solidarité entre nous n’est pas une façade. Elle est réellement très forte. Tous les acteurs qui viennent tourner chez nous le disent : l’ambiance y est très chaleureuse.

Pendant les 4 ans durant lesquels je me suis éloigné, la santé de mon enfant s’est stabilisée même s’il n’a jamais retrouvé la totalité de ses moyens physiques. Et il y a eu un moment où j’ai éprouvé le besoin de revenir. J’avais à nouveau besoin du monde, de l’excitation, de la lumière. A peu près à cette époque-là, je suis tombé par hasard sur un sondage de Télé Loisirs qui indiquait que Léo Castelli était le personnage qui manquait le plus au public de « Plus Belle La Vie ». Cela m’a profondément touché et même ému. Je pensais à revenir depuis quelques mois mais je n’étais pas encore tout à fait prêt. Puis je me suis décidé à reprendre contact avec Hubert Besson qui a immédiatement accepté. Les auteurs, deux mois plus tard, ont réussi à trouver un créneau pour mon retour dans un prime...

 

 

 

Est-ce que votre expérience-ci sur « Plus Belle la Vie » et la notoriété qu’elle génère vous aident aujourd’hui à développer d’autres projets en télévision ?

Alors, en fait, pas du tout ! Et j’essaie de comprendre. Peut-être que je dégage quelque chose de trop rugueux, y compris physiquement, et que ça peut faire peur. Je ne sais pas. Je ne suis pas un acteur lisse. Je n’essaie pas de gommer les aspérités qu’il y a en moi. Le côté pas-acteur dont je disais que c’était peut-être ce qui avait séduit Claude Chabrol. Mais je regrette de ne pas pouvoir m’exprimer davantage. J’ai tout de même beaucoup travaillé, ces derniers temps, pour mettre davantage de souplesse dans mon jeu. Peut-être que j’en manquais. Je ne lâche pas l’affaire, hein : je me dis que ça finira bien par payer un jour.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies ? Qu’aimeriez-vous pouvoir défendre et interpréter ?

N’importe quoi, pourvu que ce soit avec des gens qui ont un besoin réel de faire ce qu’ils font. J’aime ce qui est à la marge. J’ajoute que si ces gens sont gentils et braves, c’est un plus. Je recommence à avoir des propositions de théâtre. Je suis également depuis très longtemps à l’écriture d’un livre sur mon père. Et je vais continuer Plus belle la vie et la télévision, bien sûr. J’ai fait des lectures et on m’a redemandé d’en faire. J’ai un projet autour du « Mythe de Sisyphe » d’Albert Camus. C’est un livre qui m’accompagne depuis de longues années. Je suis entré en contact avec sa famille. Toutes ces choses-là vont se développer. Je continuerai aussi longtemps que je serai en état de travailler. 90 ans me paraît un bon âge pour arrêter...

 

Merci, Pierre, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Vanessa Dolmen évoque sa belle et riche actualité, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Vanessa,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

 

Bonjour Julian, plaisir partagé !

 

Nous pourrons vous retrouver, ce jeudi 6 février, dans « Munch », la série à succès de TF1. Quels thèmes seront abordés dans cet épisode ?

 

L’épisode tourne autour d’un procès en huit clos, Munch fait partie des jurés. Elle n’est donc pas au bureau et mon personnage en profite pour se rapprocher d’un des membres de son équipe, afin d’essayer de le débaucher. Je suis une chasseuse de têtes ambitieuse, habile, qui a en même temps un petit côté manipulateur mais sous des airs sympathiques.

 

Avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment d’aborder votre personnage ? Notamment sur le métier de chasseuse de têtes ?

 

Je connais quelqu’un dont c’est le métier. Je ne lui ai pas posé de questions mais j’ai observé son attitude, sa façon de regarder, ses intonations de voix. Pour voir comment son ambition transparaissait .Elle arrive, sans chercher à vraiment rassurer sa cible, à lui faire miroiter quelque chose qui vaille le coup.

 

 

 

 

 

Lorsque je rejoins une série qui existe déjà, je regarde bien sûr les épisodes des saisons précédentes ou je lis les scripts, histoire de m’inscrire dans le même état d’esprit, le même ADN.

 

Qui serai-je si j’étais chasseuse de têtes ? J’y ai mis ma touche personnelle. Tom Villa, mon partenaire de jeu, Thierry Binisti (le réalisateur) et l’équipe en général ont été très accueillants et chaleureux. Je me suis sentie assez libre. L’ambiance était joyeuse.

 

En parallèle, toujours à l’image, vous tournez actuellement la saison 2 de « Mytho » pour Arte. Pour ce que vous pouvez en dire, quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ?

 

Je suis très contente d’être sur cette série. D’abord parce que je la trouve très chouette et, en plus, certains de mes proches sont fans de la saison 1. C’est un clin d’œil personnel rigolo.

 

Je joue une femme de tête, encore, mystérieuse, peut être un brin inquiétante ou déstabilisante. On vient tout juste de commencer à tourner. C’est un personnage qui est très éloigné de moi. Pour la jouer, je suis partie du corps plus que du ressenti. Le premier jour, j’ai trouvé une démarche, une façon de se tenir différentes de la mienne, qui sont venues assez naturellement. C’est rigolo de jouer quelqu’un de bien différent de soi, c’est un challenge excitant. Je dois vraiment me projeter dans une situation que je ne rencontrerai jamais, en le faisant avec sincérité. Même si ses opinions, sa façon de faire, sa façon d’être sont extrêmement éloignées de moi. C’est un plaisir !

 

C’est l’occasion, une nouvelle fois, pour moi, d’observer mes collègues en action. Sur les tournages, je le fais souvent, cela me plait beaucoup, j’apprends tout le temps, quelle que soit la durée et le format du tournage. J’aime cela, je prends des notes mentalement.

 

Sur ces deux tournages-ci, avez-vous constaté des différences de rythme notamment, vous obligeant à adapter votre travail ?

 

La façon d’aborder le rôle reste la même. Que ce soit TF1 ou Arte, honnêtement, je n’ai pas senti de différence de rythme. Là où j’ai senti une différence, c’est plus entre une série et « Rendez-vous chez les Malawas » de James Huth, qui est en ce moment en salle. Nous avons tourné en Afrique du Sud, au milieu de dunes incroyables, dans des paysages plus hallucinants les uns que les autres. En raison du soleil, de la chaleur, la dynamique n’était pas la même. Alors que, d’une série à une autre, celles-ci ou encore « Access » l’année dernière pour C8 avec Ahmed Sylla, je n’ai pas senti de différence.

 

 

 

 

Quoi qu’il arrive, encore une fois, ma façon d’aborder mes personnages ne change pas. C’est plus la mise en condition qui évolue.

 

Dans un autre registre, vous allez reprendre en avril, à la Réunion puis en juillet, au Festival d’Avignon, la pièce « Maya, une voix ». Spectacle que vous aviez déjà joué aux beaux jours derniers à l’Essaion, à Paris. Quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience ?

 

Une expérience intense ! D’abord, de l’émerveillement. Un mélange d’excitation et de peur. Surtout lors de la première, avec ce trac que je ne connaissais pas et qui, finalement, m’a accompagnée lors de chacune des représentations, même si j’ai géré différemment par la suite. Une énergie incroyable, un engagement de tout mon être, en étant sur scène, un peu comme les enfants qui inventent lorsqu’ils jouent. Egalement la complicité avec mes partenaires et le metteur en scène Eric Bouvron, la générosité du public, son énergie. Oui, je crois que l’on peut parler de communion avec le public, qui était très différente d’un soir à l’autre, bien entendu. Mais elle était très forte, on recevait des vagues d’énergie, d’émotions, de force, d’amour. Et puis le sentiment de grandir dans le travail, de donner corps à des personnages et de les faire évoluer, pour les accompagner ou pour qu’ils m’accompagnent. J’ai aussi eu le sentiment de sauter dans le vide, chaque soir.

 

 

 

 

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, comment présenteriez-vous ce spectacle-ci ?

 

Il raconte l’histoire incroyable d’une femme exceptionnelle, Maya Angelou, auteure afro-américaine et une militante qui a travaillé avec Martin Luther King. Très connue aux Etats-Unis, elle est même étudiée au lycée, son œuvre fait partie des classiques. Notamment « I know why the caged bird sings » qui est autobiographique. C’est elle qui, juste avant le discours d’investiture de Bill Clinton, avait lu un poème incroyable.

 

La pièce revient sur son enfance et, sans tout en dévoiler, raconte sa résilience grâce à des rencontres déterminantes. Elle est devenue une femme de convictions, investie, un modèle et une figure très forte de la littérature. C’est un spectacle d’espoir, on n’est pas du tout dans quelque chose de plombant. Le public nous l’a souvent dit, il est touché, bouleversé.

 

Il y a également de la musique, gospel notamment, ces passages sont imprégnés de l’histoire de Maya Angelou. Nous jouons plusieurs personnages, ce qui est très excitant ! C’est une adaptation libre bien sûr mais l’idée est de contribuer, à notre manière, à faire découvrir Maya au public français. Nous sommes très fiers lorsque nous donnons envie au public de lire son œuvre!

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous interprétez plusieurs personnages sur scène. Comment passez-vous facilement d’un rôle à un autre ?

 

Les changements de personnages se font à vue, cela fait partie de la pièce. Le public nous accompagne dans la métamorphose. Le travail sur le corps des personnages, la posture, la façon de se déplacer, le rythme du phrasé également, cela m’a beaucoup aidé et bien sûr la mise en scène très vivante et très joyeuse !

 

En conclusion, quels sont vos autres actualités et projets artistiques du moment ?

 

Si vous aimez la SF, j’ai prêté ma voix au capitaine Ayo Kumo dans « Une odyssée martienne » de Stéphane Michaka sur France Culture. C’est un registre extrêmement différent mais très ludique ! (https://www.franceculture.fr/fictions/polarsf)

 

Et à suivre des projets fictions plus …effrayants !

 

Merci, Vanessa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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L'archer noir : Hélène Degy évoque sa participation au téléfilm de France 3 !

Publié le par Julian STOCKY

@Simon Larvaron

 

Bonjour Hélène, 

 

Quel plaisir deffectuer cette nouvelle interview avec vous ! 

 

On pourra vous retrouver sur France 3, le samedi 8 février prochain, dans « Larcher noir ». Très simplement, comment présenteriez-vous cet unitaire ? 

 

Cest un téléfilm qui devait faire partie de la collection des « Meurtres à … » et qui est devenu un unitaire. Il est question dun meurtre, d’une légende, celle de l’archer noir et d’un duo qui va mener l’enquête !  

 

Un corps a été retrouvé sur une base militaire. Le lieutenant Giraud (que je joue), une gendarme de terrain, se retrouve affilié au Capitaine Lançon, un juriste militaire (personnage joué par Laurent Ournac) pour mener cette enquête, qui progressivement va se mêler à leurs vies privées. 

 

De nombreux thèmes vont être révélés et abordés, notamment celui de lhomosexualité, qui, dans ce milieu, est souvent caché, tue, tabou. 

 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage de gendarme ? Comment le décrire facilement ? 

 

Diane est originaire dune famille de gendarmes, elle connait très bien ce métier. Il est son quotidien depuis quelle est née. 

 

Cest une personne passionnée, déterminée avec des problématiques qui pourraient tous nous arriver. Elle na pas damoureux. Son papa est malade. Elle est retournée vivre chez lui pour soccuper de lui, en être plus proche. Au fur et à mesure du téléfilm, elle en découvrira beaucoup sur elle-même. 

 

Avez-vous eu une méthodologie particulière de préparation au moment daborder ce rôle, notamment en ce qui concerne les sujets militaires et de gendarmerie ? 

 

Quand jai découvert le scénario, tout ma paru d’une grande limpidité ! Parce quil était très bien écrit ! Nous avons également échangé en amont du tournage avec Christian Guerinel, le réalisateur et co-auteur du télèfilm, autour des enjeux et des traits de caractère du personnage… Là aussi, ce fut dune grande limpidité !

 

En ce qui concerne la fonction de gendarme” et ses préparatifs...  Je venais tout juste de tourner pour la série « Un Si Grand Soleil », le rôle de Gaëlle Lestrac, Une policière.  Diane est gendarme, il y a des nuances certes... mais en tant que représentante de la justice, leurs valeurs se rejoignent.

 

Et puis « géographiquement parlant » de Montpellier, à Marseille, à Cassis, à La Ciotat et la montagne Sainte Victoire... ahah il n’y a qu’un pas :) ! (Que de belles régions, que de beaux paysages !)  

 

Pour revenir à la question, je me suis essentiellement intéressée  aux enjeux intimes de Diane, à ce qui la rend sensible et à ce qui la rend plus forte! 

 

 

@Francois Lefebvre chez FTV

 

 

Vous avez déjà vu cet unitaire à plusieurs reprises. Même si ce nest jamais évident à dire, quest-ce qui, selon vous, pourra plaisir aux téléspectateurs qui le regarderont ? 

 

Déjà, je trouve que tous mes camarades de jeu sont vraiment supers et hyper crédibles. Avec une grande simplicité et une grande humilité. Grâce à Christian Guerinel, notre réalisateur qui, pour moi, a fait un film très humain. 

 

Je trouve que le duo que nous formons avec Laurent Ournac fonctionne vraiment très très bien !  Christian Rauth, qui interprète mon papa, est également très touchant, cette partie de lhistoire (que vous découvrirez) est très émouvante.  

 

C’est un très joli film, à plusieurs facettes… très réussit !!!!

 

Vous évoquiez votre participation à la série à succès de France 2. Avez-vous vu des différences sur les conditions de tournage, qui vous auraient incitée à vous adapter sur cet unitaire ? 

 

Sur « Un Si Grand Soleil », cétait particulièrement rapide, nous lavions déjà évoqué et il faut sadapter à ce rythme-là. Pour « L’archer noir », il est question d’un unitaire donc le rapport au temps est différent ! C’était également très agréable de tourner avec cette équipe ! Le rythme était également soutenu, avec le temps de bien faire les choses.  

 

 

@Francois Lefebvre chez FTV

 

 

Le jour même de la diffusion, une avant-première est proposée au Festival de Luchon. On imagine la fierté et la joie que ce doit être daller y présenter cet unitaire ? 

 

Exactement ! Nous avons eu la chance de faire deux autres Festivals avec ce téléfilm, « Les Hérault du cinéma et de la télé » en juin dernier et le « Festival du Polar » de Cognac en octobre. Et puis nous voilà à Luchon, cest génial, dautant plus que je ny suis jamais allée. Je suis très heureuse de vivre cette diffusion là-bas. Jai hâte de découvrir ce Festival, qui a lair super, dans un cadre magnifique. 

 

Plus généralement, quels sont vos projets et envies artistiques pour la suite ? 

 

Si cet unitaire venait à générer une série, jen serais très heureuse. Ne serait-ce que pour revivre un tournage avec cette équipe formidable ! Et puis Diane est un personnage que j’aimerais beaucoup explorer à travers une récurrence... Jadorerais aussi intégrer d’autres séries. Policières ou pas… Bon, on ne va pas se mentir, si Gaëlle Lestrac revient dans « Un Si Grand Soleil », je ne serai pas mécontente non plus... je ne suis pas contre ce genre de propositionsJ.  

 

Côté théâtre, jai co-écrit un seul en scène avec, Pierre Hélie, dans lequel il va me mettre en scène. Cela va parler de sexualité… Mais nous aurons le temps de se revoir et den parler ensemble au bon moment ! 

 

Merci, Hélène, pour toutes vos réponses ! 

Publié dans Télévision

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H24 : Florence Coste évoque son personnage dans la nouvelle série de TF1 et en profite pour aborder son actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Florence,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

On pourra vous retrouver sur TF1, à partir du 3 février, dans la nouvelle série médicale « H24 ». Pour commencer, très simplement, comment présenteriez-vous ce programme ?

C’est une série médicale qui a la particularité de suivre le quotidien de quatre femmes, quatre infirmières. Dans les autres séries, ce sont souvent les chirurgiens ou les internes qui sont à l’honneur, là c’est différent. Je trouve cela chouette qu’elles soient, pour une fois, en lumière. Finalement, elles sont les plus proches des patients à l’hôpital, le chirurgien diagnostique, arrive ponctuellement, là où l’infirmière les accompagne dans tous les moments. Notamment sur l’aspect humain, pour être présente, pour les rassurer, pour les réconforter.

J’aime, dans les séries médicales, le côté humain, le fait que l’on voit les gens dans des vrais moments d’émotion, dans des moments cruciaux de leur vie, où les masques tombent. Cela offre de vrais beaux instants. Je trouve que le fait que la série soit centrée sur les infirmières renforce ce côté-là.

 

 

Ces quatre femmes ont beaucoup de tempérament, elles sont toutes extrêmement différentes, c’est quelque chose que l’on nous a beaucoup renvoyé pendant le tournage, notamment l’équipe technique. En même temps, c’est très complémentaire et chacune a plus ou moins un secret qu’elle cache. Chacune a aussi de vrais enjeux forts à défendre. Ça fait du bien d’avoir des si beaux rôles de femmes. J’ai de suite adoré mon personnage, j’ai trouvé que c’était un cadeau que d’avoir autant de choses à jouer. En ce sens, grâce à ces personnages, je trouve la série moderne, féminine, émouvante, avec de l’humour aussi. Je pense que c’est vraiment un programme que j’aimerais en tant que spectatrice.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage, l’une de ces quatre infirmières ?

Je m’appelle Thiphaine et je suis la petite nouvelle de l’hôpital Fleming. En fait, je viens de terminer mes études et la série démarre lors de mon premier jour à l’hôpital.

Elle a vraiment un très fort caractère, je l’adore parce que c’est une femme forte. Dans les rôles que j’ai eus, particulièrement à la télévision, on a beaucoup insisté sur ma sensibilité, sur des personnages plutôt fragiles, cassés. Là, j’étais contente qu’elle soit forte, insoumise, révoltée. Elle fait une entrée assez fracassante dans l’hôpital. En même temps, elle est vraiment passionnée, je pense que c’est une vraie vocation pour elle d’être infirmière, elle est dévouée. Elle place l’intérêt des patients avant tout. Si c’est pour le bien de ces derniers, ce n’est pas la peine de rester dans les clous, elle ose prendre des libertés. Le fait que, de temps en temps, elle puisse faire des choses maladroites la rend émouvante.

J’ai eu des facettes très différentes à jouer, parce qu’elle mène une double vie. En fait, elle est call girl la nuit. Elle a un enfant à charge. Pour l’élever et pour payer ses études, elle a été obligée de trouver cette solution, car elle est très isolée familialement, elle a coupé les ponts avec tout le monde. Elle a un côté sauvage aussi, le fait de devoir cacher ce secret la rend difficile à approcher.

 

 

Petit à petit, avec cette bande d’infirmières, elle va se créer une vraie famille. Ça va prendre un peu de temps de par ce côté sauvage mais il va y avoir beaucoup de solidarité entre elles. Ça nous tenait particulièrement à cœur de créer cette complicité dans la série parce que nous l’avions vécu en immersion lors d’un stage à l’hôpital.

C’est un personnage avec qui j’ai eu une affinité immédiate. Dès que j’ai eu les scenarii et dès que j’ai commencé à travailler dessus pour préparer mes auditions, il y a eu comme une évidence. Je l’ai aimé tout de suite, je n’ai pas eu besoin de trouver un angle d’attaque pour faire le chemin vers elle. C’était évident même si, bien sûr,  j’ai bossé pour l’enrichir. C’est rare que ce soit aussi immédiat.

Vous avez commencé à l’évoquer, comment avez-vous abordé l’interprétation de votre personnage, notamment dans son milieu médical ?

Le stage fut passionnant. C’était une très grande chance d’être accueillies dans les coulisses de l’hôpital, un monde que l’on ne connait pas. Nous avons été reçues par deux médecins urgentistes qui étaient vraiment supers. J’ai eu la chance de faire une nuit de garde aux urgences et j’ai fait ensuite une journée avec le SMUR. C’était passionnant, vraiment, de s’imprégner de l’atmosphère, de voir les rapports qu’entretient le personnel soignant avec les malades, de comprendre les positions adoptées, avec un équilibre très fin entre de l’attention et une certaine distance, même dans les situations les plus graves. Ce fut assez beau de les voir gérer tout ça. Au sein de l’équipe, on a pu sentir une grande complicité, cela nous a beaucoup touchées. C’était important pour nous de le retranscrire dans la série.

Techniquement, ça n’a pas très bien démarré pour moi. J’étais euphorique et je n’avais pas du tout peur, j’y suis allée guerrière, un peu comme Tiphaine. Alors que mes parents m’avaient alertée, je n’étais pas du tout inquiète. A mon arrivée, après avoir enfilé une blouse blanche, on m’a fait assister à une prise de sang, sur une dame extrêmement fébrile. Là, j’ai fait un malaise vagal, cinq minutes à peine après le début du stage. Alors que je n’avais jamais fait de malaise avant. Je ne tenais plus sur mes jambes. J’ai juste eu le temps de leur expliquer que j’allais sortir, sinon je serais tombée par terre. J’ai mis une bonne demi-heure à m’en remettre, en me disant aussi que je ne serai pas du tout crédible pour le rôle.

 

 

Mais, heureusement, ça s’est amélioré après. Par la suite, à quatre heures du matin, j’accueillais les patients ensanglantés. A la fin, j’ai même eu une grande fierté, lorsqu’un infirmier m’a fait faire une vraie prise de sang sur lui. J’ai pu vraiment pratiquer. Du coup, dans la série, notamment dans l’épisode 1 où je fais une prise de sang, je me suis sentie extrêmement crédible.

Pour tous les gestes médicaux sur le tournage, un conseiller médical nous accompagnait, afin de faire les bons mouvements. Ce qui était important pour la crédibilité du programme.

Plus généralement, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux téléspectateurs qui suivront cette nouvelle série ?

A titre personnel, dès la première lecture, les personnages m’ont plu. Je les trouve extrêmement attachants, on aime suivre leurs histoires. J’aime la féminité et l’image des femmes que véhicule la série. Je trouve cela moderne, aussi en termes de rythme. J’ai beaucoup aimé la musique également, elle est intelligemment choisie par rapport à chaque personnage et chaque situation. Cela renforce encore leurs caractères. C’est un programme moderne et émouvant.

Ce projet me tient vraiment à cœur, c’est mon premier grand rôle à la télévision, j’ai adoré le tournage. L’équipe était top. Il y a quelque chose de très émotionnel pour moi dans cette aventure.

Sept épisodes vont être diffusés sur trois soirées. Aimeriez-vous poursuivre l’aventure au-delà ?

Je dirais oui tout de suite. J’ai commencé à interroger un peu le showrunner de la série, à la fête de fin de tournage, en essayant de lui soutirer des informations sur ce qui pourrait arriver aux personnages. De ce qu’il m’a dit, ce qui prévu est assez passionnant. J’ai très très envie.

Avoir un rôle sur la longueur m’a laissé le temps de développer mon personnage. J’avais déjà vécu cela au théâtre mais pas encore à l’image. J’ai pu aller plus en profondeur, dans les détails, c’était génial. Plus j’avançais, plus je connaissais Tiphaine, plus tout devenait vraiment instinctif. Ça devenait de plus en plus kiffant à jouer. Je me dis qu’une saison 2 serait encore une étape supplémentaire. Oui, j’aimerais bien la retrouver. Le dernier jour de tournage a été une grosse émotion.

En parallèle, vous êtes sur scène, jusqu’au 9 février, au théâtre 13 dans « Les passagers de l’aube ». Comment se passent les représentations ?

C’est génial de pouvoir combiner théâtre et télé, ce sont des rythmes très différents. Enchainer les trois mois de tournage puis les représentations est top. C’est une pièce qui me tient à cœur. Nous l’avions jouée en Avignon et nous sommes très heureux de pouvoir l’emmener à Paris, c’est un peu la consécration.

 

 

Ça se passe vraiment bien. On a commencé en pleines grèves, on ne savait pas trop ce que ça allait donner en termes de fréquentation mais on a beaucoup de monde. Maintenant que les grèves se calment, il y a encore plus de monde, on en est très heureux.

L’accueil est aussi très bon. A Avignon, nous étions complets tous les jours et des gens nous attendaient à chaque fois à la fin. Souvent, le public était bouleversé par l’émotion. J’adore quand les gens pleurent au théâtre, j’adore moi-même être bouleversée par un spectacle. Le public parisien est différent de celui d’Avignon mais les réactions sont tout aussi bonnes. Cela nous fait hyper plaisir de voir que ça marche à ce point, ici aussi. Récemment, des scolaires sont venus et eux aussi sont rentrés à fond dans l’histoire. C’était génial.

Généralement, que vous disent les spectateurs à l’issue de la représentation ?

La pièce évoque l’histoire d’un neurochirurgien brillant et cartésien qui va être confronté à l’inexplicable : les expériences de mort imminente. Des gens qui frôlent la mort en reviennent et racontent leur expérience. Cela va  bouleverser ses certitudes et il va entreprendre des recherches sur le sujet. Il va faire des découvertes qui vont le chambouler, notamment de récentes expériences qui prouvent que la conscience serait indépendante du cerveau. Cela ouvre des perspectives assez incroyables sur nos questions existentielles : pourquoi on est là ? Est ce qu’il se passe quelque chose après ? La pièce est basée sur des faits scientifiques réels mais c’est avant tout une histoire. Avec de l’amour, de l’humour et de l’humanité.

Je pense que le public est bouleversé parce que l’on va toucher un questionnement très intime : notre rapport à la vie et au sens qu’on lui donne. Je trouve ces questions fondamentales. On parle aussi de la mort, mais d’une façon pas du tout anxiogène, bien au contraire. On raconte, dans la pièce, que, de l’autre côté du globe, la mort est perçue bien différemment, qu’elle n’est pas une fin mais un passage. On y célèbre les morts plutôt que de les pleurer. Tout cela crée de belles émotions. Il y a beaucoup d’amour dans ce spectacle.

Merci, Florence, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Meurtres en Cotentin : Léa Francois évoque son personnage dans ce téléfilm pour France 3 !

Publié le par Julian STOCKY

© Rémy GRANDROQUES-PFA

 

Bonjour Léa,

Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouvel entretien !

Vous serez à l’antenne, ce samedi 1er février, sur France 3, pour « Meurtres en Cotentin ». Vous qui avez vécu cette aventure de l’intérieur, comment présenteriez-vous ce téléfilm ?

C’est un thriller, c’est un peu sombre, ça se passe forcément dans le Cotentin. Pour vous présenter aussi mon personnage dans le cadre de l’histoire, j’interprète le rôle d’Alice Hamel, une jeune femme d’une trentaine années qui a perdu ses parents dans un incendie quand elle était petite. Elle reste cependant persuadée qu’ils ont été tués, c’est pourquoi elle revient vingt ans plus tard sur les lieux du drame.

Cette jeune femme un peu sombre débarque donc, on comprend au fur et à mesure qu’elle revient pour trouver des réponses, peut-être pour se venger. On ne sait pas trop jusqu’où elle est prête à aller, c’est pour ça que c’est un personnage un peu mystérieux, qui arrive dans une grande parka blanche.

Dès qu’elle revient sur les lieux du drame de ses parents, comme par hasard, un meurtre a lieu à ce moment-là. A noter qu’Alice est aperçue non loin de là, la nuit en question. La capitaine Ribero, interprétée par Chloé Lambert, la soupçonne de suite. Même si, bien sûr, elle ne sera pas seule sur cette liste. Alice étant introuvable pendant un moment, va alors se mêler la légende de la Dame Blanche.

 

© Rémy GRANDROQUES-PFA

 

Au moment d’aborder ce personnage, notamment en lien avec la légende sous-jacente, avez-vous eu une méthodologie particulière de préparation ?

C’était chouette de connaitre une transformation physique. Je me suis teinte en rousse, on m’a mis des rajouts. Etre une Dame Blanche à la chevelure flamboyante était plutôt super chouette. J’ai adoré cela. C’était suggéré par le réalisateur, pour qui il était important de donner un côté sombre et mystérieux au personnage. Il a été super d’ailleurs, aussi bien dans la création du rôle physique que dans la préparation pour jouer le personnage. Il m’a donné plein de clés qui m’ont beaucoup aidé à défendre ce rôle.

Ce téléfilm fait partie de la collection des « Meurtres à … ». On imagine que vous la connaissiez avant d’interpréter ce rôle ?

J’étais trop trop contente quand on m’a proposé ce rôle. J’en avais regardés plusieurs et j’ai pas mal de copains comédiens qui y avaient déjà participé. Les épisodes que j’avais vus étaient très sympas, j’aime beaucoup le concept, qui fait voyager les gens, avec ce duo inédit d’enquêteurs. Donc j’étais de suite à fond, dès que l’on m’en a parlé.

Même si ce n’est jamais évident à imaginer, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux téléspectateurs de ce téléfilm ?

J’ai l’impression qu’il y a un peu tous les ingrédients pour faire un bon film que les gens auront envie de regarder. Il y a du suspense, un meurtre, du mystère, de l’amour, de jolis décors, de supers partenaires. J’ai envie de dire que ça fait un bon cocktail pour samedi soir. Je suis aussi pressée de voir ce programme.

 

© Rémy GRANDROQUES-PFA

 

Sur le plateau, avez-vous constaté certaines différentes comparativement à vos autres expériences de tournage, qui vous ont incité à adapter votre méthodologie de travail ?

Oui, complètement. Déjà, il faut savoir que j’avais quelques jours de tournage sur « Plus Belle La Vie » pendant « Meurtres à … ». Très pratique d’ailleurs…Marseille et le Cotentin sont vraiment à côtéJ. En dehors de cela, on a plus de temps que sur une quotidienne, où les impératifs de rendement et de temps sont davantage contraignants, du fait du nombre de minutes utiles. Du coup, c’était plaisant de pouvoir prendre encore plus de temps pour bosser sur le jeu. C’était nécessaire aussi car c’est un personnage que je ne connaissais pas, contrairement à Barbara sur « Plus Belle La Vie ».

Pour terminer, quels sont vos autres projets et actualités à venir ?

Vous avez peut-être su que je suis devenue maman il y a peu. Je compte à présent bien remettre la machine en route, après une période de stand-by. Je suis ravie que le téléfilm passe ce samedi. Je reprends les tournages début mars pour « Plus Belle La Vie ».

J’espère que j’aurai la chance de faire d’autres téléfilms dans l’année. J’ai aussi quelques projets de théâtre mais qui ne sont pas encore finalisés.

Merci, Léa, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Demain Nous Appartient : Juliette Tresanini nous parle de l'évolution de Sandrine, son personnage et en profite pour aborder ses autres actualités artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Juliette,

Merci d’avoir accepté cette troisième interview pour notre site.

Lors d’un précédent échange, vous nous aviez dit que Sandrine, votre personnage dans « Demain Nous Appartient » sur TF1, allait vivre une année sans doute de transition, plus sereine que la précédente. Quelques mois après, quel regard portez-vous sur son évolution ?

Cela s’est avéré vrai puisque je fais essentiellement de la comédie depuis le mois de septembre. Ca va même continuer, je viens de tourner des grosses séquences en ce sens avec Solène, avec Mayel, avec Marie. On s’est énormément amusé, vraiment, je pense que cela va se retranscrire dans les épisodes qui seront diffusés d’ici un mois et demi.

Donc, oui, Sandrine va bien, elle se marre et a des préoccupations plus légères. Ça fait du bien de la voir dans un autre registre, en fait. En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à jouer de la comédie. Je viens de là et c’est ce dans quoi j’ai l’impression d’être la plus à l’aise.

Justement, votre préparation diffère-t-elle en fonction du ton, plus léger ou plus sombre, de l’arche et des séquences à jouer ?

La comédie est plus instinctive pour moi que le drame,  j'ai moins  à me préparer. En plus, je vis des choses très quotidiennes et très proches de ce que vit Sandrine, même si je n’ai pas du tout le même caractère qu’elle. Je suis plutôt à l’opposé. En tout cas, vu que, dans la vie, je suis plutôt d'humeur joyeuse, je trouve que ça me va bien.

Après, quand les auteurs m'écrivent du drame, j'y vais à fond, comme dans l'Arche des Lazzari qui, apparemment, a beaucoup plus au public et tant mieux. Je me suis découverte une autre facette.

 

 

Depuis quelques mois, Frédéric Diefenthal vous a rejoint en tant que proviseur adjoint. On a pu voir, au fur et à mesure, votre binôme professionnel évoluer vers toujours plus de complémentarité et de sérénité. Pour la suite, peut-on s’attendre à ce que cette relation se renforce ? Cela vous plairait il en tout cas ?

Oui, complètement. Je m’entends très bien avec lui en privé, on a vraiment beaucoup d’affinités et on s’est trouvé très bons camarades. A chaque fois que l’on joue tous les deux, ça « matche » bien humainement et professionnellement. On a un peu le même rythme de comédie, un peu les mêmes ruptures, et on adore, tous les deux, rajouter des petites choses ou improviser, pour donner encore plus de vie à la scène.

Par exemple, dans la scène des ballons d’hélium dont tout le monde me parle comme une des scènes « coup de cœur », ce n’était pas forcément prévu que Frédéric inhale de l’hélium et qu’il ait cette voix. Ce n’était pas écrit. Ça s’est fait pendant la répétition, on s’est marré et on s’est dit qu’il faudrait carrément l’utiliser. Antoine est un gamin, Sandrine peut être exaspérée par cela et, du coup, en discutant, on se dit que l’on a mille choses à trouver entre le côté un peu stricte, rangé de Sandrine et le côté un peu fou fou d’Antoine. Il y a vraiment de la comédie à faire entre ces deux personnages. Et on veut en faire plus. On adorerait faire davantage encore de scènes ensemble. Je trouve ça vraiment important de développer l'amitié homme/femme sans ambiguïté parce que, dans la vraie vie, j'y crois beaucoup.

Lors des fêtes de Noel, le personnage interprété par Véronique Jeannot a fait un rapide retour avec, notamment, une scène forte d’excuses. Par la suite, aimeriez-vous que cette relation puisse prendre une tournure différente de celle connue par le passé ?

De toute façon, mon plaisir de jouer avec elle est immense et elle le sait. Ce que je souhaiterais, c’est qu’elle revienne, peu importe nos scènes. C’est bien de se laisser surprendre par les auteurs. Finalement, jouer des scènes de dispute permet d’être ensemble, ce qui est un réel plaisir. Se rabibocher ? Pourquoi pas. Qu’elle découvre peut-être Morgane et qu’elle s’entende bien avec peut être intéressant pour l’évolution de son personnage.

 

 

Ces derniers temps, on voit moins de scènes entre Sandrine et Morgane, interprétée par Marie Catrix. Va-t-on pouvoir la retrouver plus régulièrement, notamment avec vous ?

Nous avons tourné récemment pas mal de scènes ensemble, de comédie d’ailleurs. Donc, oui, on va la retrouver. Après, je n’ai aucune info, je sais que plein de gens aimeraient que l’on se marie, que l’on adopte ou que l’on ait un enfant par les moyens que l’on pourrait avoir. Mais les auteurs ne nous ont rien dit et j’avoue que, pour la première fois de ma vie, je ne suis pas allée à la pêche aux informations, et  ça fait du bien de lâcher prise.

Notre couple a l'air d’être apprécié par le public. Et ça nous touche beaucoup, cette ouverture d'esprit, cette tolérance. Et si, comme HBO l’avait fait dans la série « Friends » avec le couple Suzanne/ Carole,  on peut nous aussi vivre des temps forts, c'est magnifique !

Encore une fois, on s’adapte à ce que les auteurs font. Je tiens à dire qu’ils ont beaucoup de talent. Ils m’ont écrit de très jolies scènes de comédie et je leur passe un message de remerciements. J’ai décidé de vivre cette année à Sète pour me consacrer davantage encore à la série. Du coup, voir qu’ils m’écrivent plus de choses me rend pleine de gratitude.

Le personnage d’Arthur, votre fils, s’apprête à vivre une période difficile d’un point de vue sentimental, avec l’éloignement probable de son amoureuse. Sandrine pourrait-elle, à un moment donné, l’accompagner et l’aider, notamment moralement, à traverser cette épreuve ?

Je le pense parce que Sandrine est très très maman poule. Elle est très proche d’Arthur. Je crois qu’ils sont dans une période d’apaisement tous les deux et de complicité. En plus, dans la vie, nous sommes très proches. On n’a qu’une envie, celle de jouer des scènes où je vais pouvoir essayer de l’aider. Tout comme lui m’a aidée face à ma mère, à essayer de pardonner, face à ma « sœur-fille » également. En tout cas, je trouve que les rôles se sont inversés à un moment donné. J’aime bien ce moment où les ados deviennent presque les adultes et remettent dans le droit chemin les parents qui déconnent. C’est très drôle. J’adorerais que, parfois, je sois accro aux réseaux sociaux, aux portables et qu’Arthur me remette dans la vraie vie. Ou bien même qu’avec Morgane, on ait fait une tape un peu coquine et qu’il nous sauve la mise. Ou encore que je me découvre une passion comme le chant ou le théâtre et qu'il m'encourage à la vivre pleinement. Ça me plaît quand on s’attend à ce que ce soit dans un sens mais que, au final, ça se passe dans un sens opposé.

 

 

En parallèle, début février, vous serez membre du jury au festival de Luchon. On peut imaginer que participer à cet évènement est source de fierté, de joie ? Tout en étant l’occasion de découvrir ou de redécouvrir certains programmes ?

Oh oui. J’ai été très agréablement surprise de faire partie de ce jury qui, en plus, est prestigieux. Cela va me donner l’occasion d’aller voir les films des copains, d’essayer d’être la plus juste possible pour prendre les meilleures décisions. Je sais à quel point c’est important. Cela peut booster la carrière d’une comédienne ou d’un comédien, le parcours d’un film. Je vais prendre mon rôle très à cœur et le faire du mieux que je peux.

Je sais que l’on doit déterminer et la section télé et la section web. Cela conjugue un peu les deux mondes dans lesquels j’évolue. Ça me fait plaisir d’avoir, cette année, un seul et même jury. Prendre cette responsabilité-là m’attire beaucoup.

J’ai hâte de découvrir les autres membres, que je ne connais quasiment pas personnellement. Tous me donnent envie de les rencontrer. On verra si on s’entend artistiquement. Si ça se trouve, il y aura des débats houleux:-) . Mais bon, le débat fait partie du processus créatif.

Pour terminer, un mot sur les dernières nouveautés en lien avec vos chaines Youtube ?

Sur ma chaîne perso, je suis en train de préparer deux très jolis court-métrages. Un avec Gérard Hernandez réalisé par Edouard de lamaze, l’autre avec Frédéric Bouraly, réalisé par Laurent Firode. Deux comédies produites sur plusieurs jours, deux grosses vidéos qui, j’espère, feront aussi leur petite vie en Festivals. Ces deux beaux projets me prennent beaucoup de temps en ce moment pour leur préparation.

La chaîne « Parlons peu mais parlons » reprend puisque la communauté a mis de l’argent sur KissKissBankBank. Nous pouvons désormais payer toutes nos équipes techniques et ainsi réécrire des épisodes. On est très très heureux de cela.

Ce fut, une nouvelle fois, un plaisir d’échanger avec vous Juliette !

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Clémence Camus évoque sa riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Clémence,

C’est toujours un plaisir d’effectuer une interview avec vous !

On pourra vous retrouver, à partir du 22 janvier, tous les jours à 13h, au cinéma Saint André des Arts dans le long métrage « Fille du vent », en tant que rôle principal. Comment le présenteriez-vous ?

C’est un film de Malec Démiaro, qui parle de la prostitution étudiante en France. On y aborde l’histoire de Sonia, étudiante en droit, qui est originaire d’un milieu modeste et qui, pour financer ses études, en vient à se prostituer.

Quelles sont les caractéristiques de votre personnage ?

Un gros travail de recherche a été fait en connexion avec le réalisateur, c’est un sujet qui existe et qui est assez répandu en France. Chez les filles mais, aussi, chez les garçons. Ce que l’on raconte n’est malheureusement pas abstrait.

Elle est une fille comme tout le monde, ce que je trouve très intéressant. Elle a envie d’être avocate, ces études coutent très cher et sont dispensées dans des grandes villes. Ce qui est assez difficile et dont il faut être conscient, d’ailleurs en lien avec l’image que l’on peut avoir de la femme, c’est qu’elle se rend compte que donner son corps est, quelque part, de l’argent « facile ». En rencontrant ne serait-ce qu’un seul client pendant une heure, elle se fait beaucoup plus d’argent qu’en travaillant dans un fast food par exemple. C’est en cela que ce rôle-là était difficile et, en même temps, intéressant.

 

 

A titre plus personnel, comment vous êtes-vous préparée à interpréter ce rôle ?

On a pu rencontrer, avec le réalisateur, deux étudiantes qui se prostituaient. Après, comme toute préparation de film pour un comédien, l’idée n’était pas de se rapprocher du milieu mais plutôt de se rapprocher au plus près des caractéristiques d’une prostituée, de se demander comment, dans notre vie de tous les jours, on fait des choses que l’on n’a pas envie de faire mais qui nous apportent de l’argent. En tant qu’intermittente par exemple, je me suis rappelée que, des fois, j’ai accepté des contrats qui n’étaient pas épanouissants artistiquement mais que j’avais faits car je devais payer mon loyer. J’ai ainsi cherché à coller au plus près de ces émotions, de ce ressenti.

J’ai donc essayé de me rapprocher de tout cela pour, ensuite, à l’écran, avoir une certaine légitimité dans ce rôle de Sonia, qui a un rêve, celui d’être avocate, et qui est prête à tout pour l’atteindre. C’était donc beaucoup de préparation.

Plus généralement, selon vous, qu’est-ce qui pourra plaire aux, on l’espère, nombreux spectateurs qui viendront voir ce film ?

Quand je parle de ce sujet-là et de ce film-là, pas mal de personnes me disent avoir déjà vu des choses similaires. Notamment « Jeune et jolie », de François Ozon. En fait, non, nous avons vraiment voulu montrer comment, aujourd’hui, en France, vit un étudiant. La prostitution est présente, bien sûr, dans le film mais elle sert surtout à illustrer le coût des études supérieures dans notre pays. C’est très actuel comme sujet, on sait combien les aides et les bourses censées soulager financièrement les étudiants se réduisent au fur et à mesure.

J’insiste, on ne fait pas un film sur la prostitution, on dénonce le système éducatif français. Comment financer ses études supérieures, dans de bonnes conditions pour étudier ?

 

 

A quelques jours de la première diffusion, deux ans après le tournage, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Impatiente parce que l’on a tourné il y a deux ans et que, depuis, il s’est passé plein de choses. Une appréhension aussi en tant qu’actrice. Il n’y a pas eu de projection équipe, nous allons donc découvrir le film en même temps que le public. Vais-je réussir à me regarder à l’écran ? En tout cas, pour moi, ce rôle a été rempli d’investissement et ce fut une histoire peu évidente à jouer.

Le teaser du film est visible au lien suivant : 1:26Trailer du film Fille du vent - Fille du vent Bande-annonce VF

En parallèle, dans un autre registre, vous finalisez actuellement un spectacle que vous avez la chance de chorégraphier. Une première date est prévue le 14 février prochain, près de Carcassonne, avant deux représentations à Paris, les 23 et 24 avril. On imagine votre plaisir de voir se concrétiser ces mois de travail ?

Oh oui, on est très contents. Tant moi en tant que chorégraphe et créatrice du projet que les artistes. Parce que ce n’est pas évident, aujourd’hui, de produire un spectacle et de le montrer au public. On a hâte de pouvoir jouer. On aura la chance d’être dans une très belle salle qui nous accueillera, dans le cadre d’une résidence, à partir du 10 février prochain. Ce sera l’occasion de prendre possession du lieu et du plateau, avant la date que vous avez citée.

 

 

Cette confirmation est arrivée, et c’est une chance, très tôt dans le processus de création. Ce fut motivant pour les artistes de se dire qu’ils créaient avec un aboutissement déjà confirmé. En même temps, nous n’en sommes qu’au début….Je vais bientôt laisser le bébé aux artistes et je suis impatiente de voir ce qu’ils vont en faire.

 

 

Nous venons de lancer une campagne participative pour nous aider à financer cette création. Nous serions ravi de recueillir votre aide via le lien suivant :  https://www.proarti.fr/collect/project/dame-s-de-coeur/0

Personnellement, ce registre est différent de ceux que vous connaissiez, en étant sous les projecteurs. On peut penser que cette expérience permet une certaine complémentarité et qu’elle est source d’un enrichissement personnel ?

J’ai eu la chance, lors de mes études au conservatoire de Montpellier, d’avoir un professeur qui m’a donné l’envie de faire de la chorégraphie. J’ai, du coup, toujours beaucoup chorégraphié, que ce soit pour moi ou pour des pièces avec des conservatoires. Là, disons que c’est le premier vrai bébé où je me lance un peu toute seule sans que l’on m’ait demandé de le faire. Avec une équipe de danseurs professionnels que j’ai choisis. Je suis très contente de vivre cette aventure, elle est la continuité de mon parcours. Je n’ai aucune frustration de ne pas être sur les planches, bien au contraire, j’en suis ravie. Parce que les danseurs m’apportent tout autant et que c’est très enrichissant de les voir évoluer.

Merci, Clémence, pour toutes vos réponses !

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H24 sur TF1, Un Si Grand Soleil sur France 2 : Marianne Fabbro évoque sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Marianne,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pourrons vous retrouver, le 3 février prochain, dans le premier épisode de la nouvelle série médicale de TF1 « H24 », en tant que guest. Vous qui avez vécu cette aventure de l’intérieur, comment présenteriez-vous ce nouveau programme ?

C’est un programme qui traite du milieu médical mais, cette fois-ci, avec quatre personnages très forts d’infirmières, interprétées par Anne Parillaud, Barbara Cabrita, Frédérique Bel et Florence Coste. Là où on restait souvent dans l’hôpital, au contraire nous allons suivre ces héroïnes dans leurs vies de femmes, de mères, d’amantes. C’est un projet, je pense, assez moderne, où l’accent est mis sur des fortes personnalités. On montre des personnages sous tous leurs côtés. C’est intéressant, ambitieux, de ce que j’ai pu lire.

Il y a aussi de l’action, je pense notamment à une scène avec un hélicoptère. La production s’est donnée des moyens conséquents. N’oublions pas non plus les scènes d’opération, assez graphiques, assez fortes. Des thèmes très différents sont également abordés, notamment la prostitution et la drogue.

Ces femmes sont montrées aussi comme chaque personne, avec des côtés plus sombres et plus inconnus. Des parts d’elles-mêmes sont révélées.

Sans tout en dévoiler, quel sera le contenu de votre intrigue ? Comment caractérisez-vous votre personnage ?

C’était un tournage assez particulier. Dans ce genre de programmes, il y a deux petites arches avec des gens malades et qui ont des problèmes. Dans l’une d’entre elles, mon mari va avoir une transplantation du cœur en urgence. Je suis enceinte de 8 mois, j’ai un faux ventre. Dans cette situation d’urgence et de stress, la mort et la vie se mélangent. Ce ne sont pas les choses les plus simples à jouer, d’autant plus que, pour moi, le tournage était saccadé, avec plusieurs semaines d’intervalle entre deux journées sur le plateau.

Ce rôle demandait beaucoup de concentration car beaucoup d’émotion était attendue. J’ai principalement tourné avec Frédérique Bel, qui était l’infirmière suivant mon mari. Je n’ai pas encore vu l’épisode, j’ai hâte de découvrir le résultat. Comme tout nouveau projet, il y avait une super énergie, tout le monde se découvrait. J’aime beaucoup faire partie des débuts, c’est assez excitant.

Vous l’avez dit, vous avez participé aux prémices de cette nouvelle série. En conséquence, avez-vous abordé ce tournage d’une façon un peu différente ?

Pour le coup, je l’ai abordé d’une façon complètement similaire à d’habitude car je savais exactement ce que je devais tourner. J’avais fait pas mal de guests en télé avant, c’est un exercice que je connaissais. En plus, j’ai eu la chance d’avoir le réalisateur au téléphone en amont, qui était à mon écoute.

 

 

Mais c’est vrai que, à l’inverse, sur « Un Si Grand Soleil », l’approche est complètement différente. On s’inscrit dans la longueur, les enjeux en tant que comédien ne sont pas du tout les mêmes.

Justement, quels souvenirs gardez-vous de vos premiers tournages pour la série à succès de France 2 ?

De supers souvenirs ! Comme beaucoup de gens ont dû vous le dire, l’ambiance est top. Il y a une vraie fraicheur, une vraie énergie. La production tient à ce que l’ambiance soit bonne. C’est un petit cadeau, une respiration, moi qui ai beaucoup tourné précédemment en région parisienne.

Un côté un peu colonie de vacances revient beaucoup car nombreux sont les comédiens à dormir dans le même hôtel. De fait, il y a quelque chose de plus chaleureux qu’un tournage classique, où tout le monde rentre chez soi le soir et où, au bout de trois semaines, les séquences sont toutes dans la boite. Ici, on sent que les gens ont appris à se connaitre, on sent une équipe. Même si on ne vient que pour une journée, on est directement intégré.

Mon personnage était assez clair dès le début, j’avais lu tous les épisodes de l’arche avant de démarrer, si ce n’est le dernier où mon personnage rejoint Alex. Plein de réalisateurs et réalisatrices différents se sont enchainés, j’ai travaillé avec neuf d’entre eux. Idem pour les coachs. Donc, au final, la grosse différence avec un programme défini réside dans le fait que chacun est le référent du parcours de son personnage. Ce qui peut être un peu flippant mais qui, en même temps, offre une liberté de dingue. On peut ainsi proposer. Plusieurs personnes me l’ont dit, c’est à moi de m’emparer de mon personnage. C’est très intéressant : je profite également des diffusions pour faire grandir mon rôle et me challenger.

Merci, Marianne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Les Grands : Sarah Jague et Camille Amilhat nous présentent leur court métrage pour le Nikon Film Festival!

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Sarah, bonjour Camille,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

 

Sarah Jague

 

Camille Amilhat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous participez actuellement au Nikon Film Festival qui a pour thème, cette année, « Une génération ». Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de concourir ?

Camille : J’ai été contactée par une réalisatrice qui voulait y participer, elle cherchait une assistante réal. Je l’ai rencontrée, nous avons commencé les repérages et cherché une équipe technique. Finalement, faute de temps, elle n’a pas pu finir de peaufiner l’écriture de son scénario et le thème ne l’inspirait pas plus que ça. Elle a décidé de reporter son projet à plus tard.

J’étais tellement contente et motivée à l’idée de tourner et de pouvoir participer à un nouveau projet, que j’ai été un peu déçue que ça tombe à l’eau !

J’en ai parlé à Sarah, qui avait déjà une idée de court métrage en tête depuis un moment. Nous avons de suite trouvé comment le tourner de manière à être dans le thème ! Et on s’est dit allez ! On le fait !

Votre réalisation a pour nom « Les grands ». Comment présenteriez-vous votre court-métrage ?

Sarah : Les petits disent « Les grands » quand ils évoquent les parents et, plus généralement, les adultes. Le film reflète la vision d’un enfant dans une famille qui se déchire.

Camille : Tout le film est, en fait, porté sur le regard de cet enfant. Nous avons cherché le titre pendant un moment, avant que celui trouvé soit une évidence.

Sarah : Dans ce film, l’enfant est central. La violence conjugale est un sujet sensible. On entend une dispute, dans laquelle on n’a pas essayé de rendre le père (ou la mère) plus coupable que l’autre. On voulait vraiment que la victime soit l’enfant. Souvent, ce n’est pas traité.

Camille : Certains parents ont des modes de communication excessivement stressants pour les enfants en fait. Oui, les violences conjugales faites aux femmes sont des choses qui existent, malheureusement, mais, dans le sens inverse, il n’y a pas forcément que les coups qui sont traumatisants, les cris le sont aussi. Entendre ses parents s’engueuler est une horreur pour un enfant, qui assimile tout mais qui ne comprend pas forcément sur le moment. Ce peut être aussi traumatisant d’entendre sans voir.

 

 

Si l’on revient à la genèse de ce choix, pourquoi avez-vous voulu mettre en avant cette thématique précisément ?

Sarah : C’est un sujet qui nous touche et qui, en plus de cela, pour les retours que l’on a eus d’amis notamment, est malheureusement fréquent.

Camille : Énormément de personnes nous ont dit qu’ils ont vécu, enfants, cette situation. A des degrés différents.

Sarah : On parle beaucoup en ce moment de féminicide notamment, des mères s’expriment publiquement mais, souvent, les enfants ne sont alors pas évoqués dans les débats. Il n’est pas rare que les pères qui font cela l’aient déjà vécu plus jeunes. En gros, on trouvait bien de traiter cela sous l’angle de l’enfance, c’est plus pudique.

Camille : Même juste une simple dispute dans un couple peut être traumatisante pour un enfant. Rien que les mots et les cris peuvent être un calvaire.

Sarah : On voulait vraiment traiter le côté régulier, habituel qui fait croire à l’enfant que c’est ça la vie en fait. 

Camille : Oui, il peut penser que cette communication est normale parce qu’il n’appris et entendu que cela. A l’inverse, j’ai des amis qui, parce qu’ils ont vécu cette situation, ne savent pas s’énerver, qui ne supportent pas les agressions verbales. Dans tous les cas, ça dérègle quelque chose, que l’on soit dans la reproduction ou dans l’attitude inverse.

Le concours impose une durée inférieure à 2 minutes et 20 secondes. Quelles ont été vos petites astuces pour plaire avec un temps aussi réduit ?

Sarah : 2 minutes 20 pour raconter une histoire peut être frustrant. Mais, pour nous, c’était en fait un bonus car c’est notre première expérience de réalisatrices. Ce challenge était donc possible par cette consigne.

Camille : Il n’y aurait pas eu cette restriction de durée, on aurait eu tendance à en faire plus et cela n’aurait pas donné la même chose. Sincèrement, je trouve que c’était le bon compromis. Cette durée nous a aidées, plus qu’elle nous a desservies.

 

 

Sarah : A un moment donné, il y a un plan de l’escalier, qui définit en fait le temps qui passe. Dans le but de montrer que ce n’est pas uniquement 2 minutes 20 d’histoire mais que celle-ci dure plus longtemps.

Sachant que c’est la vision d’un enfant, si le message n’est pas très clair pour tout le monde, ce n’est pas choquant car, pour le gamin, ce qui se passe n’est pas très clair non plus.

Camille : Je pense que l’on va tenter, plus tard, d’en faire un autre, plus long, de quatre ou cinq minutes pour ajouter deux ou trois plans que l’on aurait aimé faire. Pour l’occasion, nous utiliserons un matériel différent, en retenant les leçons de la première expérience.

Au-delà de cette volonté d’une deuxième version, cette première réalisation vous donne-t-elle des idées et des envies pour la suite de votre parcours ?

Camille : Oui, oui !!! Même si, je dois l’avouer, au soir du premier jour de tournage, je vous aurais répondu non. Cette journée-là était frustrante car on avait envie d’être devant la caméra. On était presque prêtes à ajouter une scène dans ce sens. 

Sarah : C’est vrai qu’il y a un côté hyper frustrant, quand on est comédien, de ne pas jouer. Au final, on s’est rendu compte que la charge de travail était telle que l’on n’aurait pas pu. Et voir que ce que l’on avait en tête ressort à l’écran est gratifiant, c’est une fierté. Nous avons aussi eu beaucoup de chance avec l’équipe qui nous a accompagnées. Tout le monde nous a compris et le résultat est exactement ce que l’on voulait. Cela donne vraiment l’envie d’en faire d’autres, en exploitant au maximum ce sujet sur une durée plus longue. Les retours de pros sont plutôt encourageants, ils nous ont donné plein de conseils que l’on a envie d’appliquer en version plus longue.

Camille : Notre métier est d’être comédiennes mais cela ne nous empêche pas de développer nos propres projets pour continuer à nous exprimer. D’ailleurs, nous sommes en train d’écrire une web-série, sur nous, sur notre arrivée à Paris et sur notre vie rocambolesque. Mais cette fois dans un registre beaucoup plus drôle. Pour la suite, il nous manque juste à bien nous entourer d’une équipe pro et fidèle. C’est important de trouver les personnes avec qui on a vraiment envie de travailler, qui nous comprennent et avec qui ça glisse.

Sarah : Éventuellement, prendre aussi des cours pour la réalisation, afin de mieux maîtriser l’exercice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A un peu plus d’un mois de la fin des votes, le 1er mars à 23h 59, on imagine que la phase de communication et de partage est de plus en plus intense, pour s’accentuer jusqu’à la date finale ?

Sarah : Oui, même si nous sommes réalistes. D’autres courts mettent en avant des têtes d’affiche, d’autres aussi ont déjà l’expérience du Festival. Nous allons partager à fond à notre petite échelle et on espère que ça fonctionnera. On ne va pas lâcher, on va continuer à partager tous les jours sur les réseaux.

En conclusion, comment définitivement inciter les lecteurs à regarder ce court-métrage ?

Camille : S’ils sont sensibles à ce sujet-là, qu’ils nous soutiennent.

Sarah : Ils ont 2 minutes 20 à « perdre » mais, nous, ça nous fait beaucoup de bien. On l’a réalisé avec notre cœur et avec réflexion.

Camille : Ça raconte vraiment quelque chose, le sujet ne peut pas laisser indifférent. Tout le monde connait ou a connu, même sans l’avoir vécu directement, ce genre de situation. Là, pendant 2 minutes 20, on est en plein dedans, on se rend vraiment compte de choses qui existent réellement.

 

Ce fut un plaisir, Sarah et Camille, d’échanger avec vous !

Le lien de visionnage du court-métrage est le suivant : https://www.festivalnikon.fr/video/2019/265

Publié dans Télévision

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