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Jean Leloup nous dévoile sa nouvelle pièce de théâtre !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Jean,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous mettez en scène « C’est Noel tant pis » au Bouffon théâtre. Comment présenter cette pièce ? Quelle histoire y est racontée ?

C’est une critique de la famille occidentale où la grand-mère est tellement mise de côté, en bout de table, qu’elle finit par disparaître sous la table, dans un état critique. S’en suit un branlebas de combat…tout le monde cherche la grand-mère sans vraiment la chercher, personne n’est vraiment très heureux de fêter Noël et de se retrouver dans ce jeu de miroirs que constitue la famille.

Ils ont tous des prétextes pour fuir ou attaquer, personne n’a préparé quelque chose… la fille a fait une galette des rois parce qu’il lui restait des amandes et les paquets ne sont pas faits. C’est le désordre total et la mère est bien sûr le centre du foyer… mais elle est très énigmatique puisqu’elle est à la fois dans le déni total et en même temps dans l’envie de disparaitre. Elle n’arrête pas de répéter qu’elle a une famille unie et merveilleuse pour défier sa mère et pour se donner bonne conscience... et tente de mettre tous ses petits soldats au pas… en vain bien entendu… Le spectateur a tout le loisir de constater leur carence affective, qui va se révéler de manière parfois très débridée et étonnante.

Le fils prépare plusieurs surprises que je ne dois pas révéler ici et qui peuvent avoir plusieurs explications. Cette pièce permet aussi de révéler tous les rapports entre père et fils, entre père et fille, posant la question de l’impact de chacun dans le lien familial et la chaleur associée. Finalement, je pense que la grande leçon de ce spectacle est de dire que seule l’action permet le lien et que nous sommes tous responsables du délitement du lien et de notre isolement. Quant à la belle sœur, en permanence stigmatisée : « la pièce rapportée », exprime dés le début son exclusion du faux « clan » (expression de la mère).

En même temps, C’est Noêl, tant pis est l’harmonie de la dysharmonie. C’est peut-être la plus grande originalité de forme de cette pièce… Tout est son et discordance harmonique. J’ai d’ailleurs fait appel à un pianiste pour mettre le désordre dans l’histoire et le pousse chaque fois à aller vers plus de folie, de subversion. Je suis d’ailleurs content d’avoir rencontré ce jeune pianiste compositeur qui montre beaucoup de talent à improviser et qui crée pour l’image et la scène. C’est un plaisir de travailler avec lui… comme avec toute l’équipe d’ailleurs et  les deux talentueuses scénographes qui se complètent dans la créativité et l’originalité. De vrais forces de proposition.

2/ Selon vous, quelles sont les clés de réussite de la pièce ? Pourquoi plaira-t-elle aux spectateurs dans la salle ?

Je la pousse le plus possible vers le rire, mais en même temps, elle est très noire et fait réfléchir sur nous-mêmes, sur nos habitudes à nous isoler tout le temps et à réagir sur tout.

C’est pour cela qu’à la fin de la pièce, juste après avoir apporté  du soin au fils et regroupé tout le monde, je fais en sorte que cela ne dure pas, car l’instinct de chacun est de revenir dans sa coquille. Comme si l’autre était sans un danger, malgré le sang familial, alors que l’on a besoin de lui. Je trouve que c’est une belle allégorie de la famille actuelle et du problème de l’isolement.

Pour répondre plus précisément à votre question, je dirai que c’est un ensemble de talents à l’écoute et en action. Des comédiens engagés d’abord puis d’autres « êtres inspirés » comme la scénographe Lika Guillemot qui mêle son savoir faire dans les volumes et l’espace avec ceux de Pryscille Pulisciano qui est spécialisée dans la couture de luxe, les tissus et leur matière, d’autres aspects esthétiques… notre pianiste découvert : Thomas Pironneau et des maquilleuses intrépides et subtiles comme Clara Pelard et Tahe Sayad. Bien sûr, il y a les comédiens : Carole Calvez, Janine Reguart et Lise Trabaud pour les femmes ainsi qu’Eric Feurstein et William Nogaret pour les hommes.

3/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

J’aimerais faire tellement de chose !... Je voudrais monter Kean, une pièce très lourde avec de nombreux personnages ou Lorenzaccio… Pour torpiller le système actuel que beaucoup ne veulent plus. C’est une œuvre magnifique qui valorise, à l’inverse, le partage sans cette négociation permanente qui peut exister. Pour avoir du plaisir en respectant l’autre, sans contrepartie systématique.

Je vais aussi jouer « Le journal d’un fou », œuvre avec laquelle j’ai gagné beaucoup de concours. Un metteur en scène vient de me le proposer et il faut que je me dépêche car je n’aurais bientôt plus l’âge du rôle. La folie est toujours délicate à jouer et m’excite beaucoup pour cela, la grande difficulté est d’être sincère.

J’ai aussi une lecture bientôt avec d’autres comédiens pour une autre mise en scène d’un texte de Lars Norén : Pure sur la dureté de la vie de couple… deux couples qui se croisent dans un appartement…

4/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes, comme en témoignent vos expériences aussi sur les plateaux et sur les planches. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’exercice artistique ?

C’est justement l’aspect symphonique des choses. On se rencontre et on est un groupe dans lequel on partage, comme un bon plat, mais en créant. C’est pour cela que j’aime autant le théâtre, il y a quelque chose de magique dans  deux axes : avec d’autres comédiens et avec le public.

L’exercice du jeu est et doit rester quelque chose de jubilatoire où tout le monde vient pour donner de son temps, de sa sueur, pour être à l’écoute de l’autre, rebondir avec l’autre, jouer avec l’autre pour ensuite donner à un public qui va aussi être avec nous, jouer avec nous, être en symbiose avec nous. J’ai envie de dire qu’il y a presque un rapport amoureux double, que je trouve très fort au théâtre. Ce que l’on ne ressent pas au cinéma, sur un tournage, à mon goût, car la technique submerge vite le tout.

Ce fut un plaisir, Jean, d’effectuer cet entretien en votre compagnie !

Publié dans Théâtre

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Christian Jannot : parcours, actualités, projets - il nous dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Christian,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Comme en témoigne votre parcours sur les planches, devant la caméra ou bien encore face à un objectif, vous êtes un artiste aux multiples casquettes. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ? Pourquoi prenez-vous autant de plaisir chaque jour à effectuer ce beau métier ?

Comme je ne suis pas originaire d’un milieu artistique, cette passion me vient de très loin. Je crois que dès l’enfance, j’ai montré une certaine sensibilité pour les arts comme la peinture, la littérature, le théâtre mais cela ne m’était jamais venu à l’esprit d’en faire un métier, car ce n’est pas dans la famille, pas dans les gênes.

Mon parcours de vie, les hasards de celle-ci et aussi la chance m’ont permis de monter sur les planches mais assez tard car j’avais déjà 29 ans. En effet, je suivais des cours de théâtre en province, à l’époque pour avoir plus confiance en moi et parler en public, mais cela m’a aidé à décrocher un rôle dans une très belle pièce « Lucrèce Borgia » de Victor Hugo. Et cela a été le déclencheur de ce fameux virus qui m’a pris au corps, puis je suis monté à Paris suivre une vraie formation de comédien, alors que j’étais destiné à une carrière scientifique de par mes études.

Dans ce métier, c’est surtout le théâtre qui me fait vibrer, c’est l’idée de donner aux gens et de recevoir. Comme je dis toujours, au théâtre on donne et on reçoit alors que, au cinéma, on prend votre image. Maintenant depuis trois à quatre ans, je découvre aussi le plaisir de travailler pour le petit et grand écran au fur et à mesure.

Plus égoïstement, je prends aussi beaucoup de plaisir à être sur les planches.

2/ Ponctuellement, retrouvez-vous des complémentarités artistiques entre les différents domaines évoqués précédemment ?

Pour moi, quelque part, le théâtre et le cinéma sont deux métiers différents. Au théâtre, on joue de façon énorme presque pas naturelle, tout est développé, la voix est amplifiée, tout comme la gestuelle et le corps en général. A l’inverse, en plateau, la caméra cadre petit, l’accent est mis sur l’intériorité et la sincérité.

Au début, j’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal, notamment lors de mes premiers castings. Il faut apprendre à réduire beaucoup les expressions du visage et les énergies, il faut canaliser pour jouer plus intérieur face à la caméra.

3/ Quelle expérience vous a le plus marqué jusqu’à ce jour ? Pour quelles raisons ?

Je pense spontanément à toutes mes expériences théâtrales. Ma première fois sur scène a été une vraie révélation, et le plus beau jour de ma vie comme je dis toujours. Jouer devant 400 personnes représente une énergie et un pied formidables. Le moment des applaudissements est une sensation géniale, on est presque au 7è ciel.

4/ Etes-vous davantage attiré par un exercice en particulier ? Ou est-ce leur complémentarité qui vous plait davantage ?

Les derniers projets théâtraux auxquels j’ai participés n’ont pas été d’un grand apport économique. Du coup, en toute honnêteté, et même si c’est une passion, je vais travailler pour la télévision et pour le cinéma pour une meilleure rémunération et ainsi pouvoir me financer mes projets théâtraux.

Mais, de plus en plus, j’aime beaucoup le travail face à la caméra, j’ai fait plusieurs courts-métrages qui m’ont conforté dans ce sens, et quelques petits rôles pour la télévision. J’aimerais donc vraiment percer plus dans le cinéma.

5/ Plus généralement, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

Je commence actuellement les répétitions pour un projet théâtral qui sera sans douté joué en Avignon l’été prochain. Une pièce policière d’Agatha Christy, drôle, très à l’anglaise, dans un rôle un peu fou que j’aime beaucoup. Il s’agira de ma première à ce festival en tant que comédien et j’en suis très content. L’an dernier, j’ai joué une pièce dans le Fringe Festival à Edimbourg.

Pour le cinéma, je suis en train de préparer ma bande démo et faire les démarches pour trouver un agent artistique. Il me manque encore cette étape pour avoir accès à des castings plus importants et décrocher des rôles. Par exemple, j’adorerais jouer un psychopathe, c’est tellement loin de moi, mais je pense qu’il y a plein de choses à faire sur cette nature de rôle.

J’ai également écrit le scénario d’un court métrage, que je vais essayer de tourner dans l’année qui vient, et je développe aussi un projet d’écriture pour un projet théâtral.

6/ Au théâtre, dans les derniers instants juste avant de rentrer sur scène, comment vous sentez-vous alors ? Quelles sensations prédominent en vous ?

J’ai un niveau de trac assez élevé donc je suis toujours stressé et angoissé avant de monter sur scène. Mais après 15 ans d’expérience, je l’ai apprivoisé ce trac et je sais que je le maitrise. Alors 1 heure avant dans les loges je fais des exercices de relaxation, de respiration, je prends du temps pour me maquiller, c’est mon moment à moi, et dès que je suis sur scène, au bout de quelques secondes, tout s’oublie et le plaisir prend alors le dessus.

7/ Face au rythme soutenu des plateaux de tournage, quelle est ta méthodologie de travail en amont ?

Ayant une bonne mémoire, je n’ai pas trop de problèmes pour apprendre les textes, j’aime beaucoup le répéter plusieurs fois, dans différentes situations, à plusieurs rythmes, pour vraiment bien l’avoir en bouche et dans la tête et dans le corps. C’est le minimum je trouve.

J’aime bien me relaxer, me détendre avant. Il est important aussi de bien dormir la veille, ce qui n’est pas toujours évident, pour arriver en bonne forme le jour du tournage.

En Décembre, je vais suivre un stage de formation d’acteur avec le coach Américain Robert Castle, et suivre la fameuse méthode Actor’s Studio et Lee Strasberg, méthode en plusieurs étapes qui accompagneront je l’espère ma progression en tant qu’acteur, et me permettront d’acquérir et de développer une vraie liberté dans le jeu.

Ce fut une joie, Christian, d’échanger avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Sarah Natacha nous présente son parcours et évoque ses envies artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Sarah,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes modèle, animatrice web radio mais aussi comédienne débutante. D’où vous vient cette passion pour l’exercice artistique ?

Je pense avoir cette passion depuis toute petite mais j’ai mis du temps à y arriver parce que j’ai eu un parcours scolaire complètement éloigné. J’ai fait médecine, je suis donc passée de quelque chose de très terre à terre à quelque chose d’artistique beaucoup moins sécurisant.

J’ai arrêté la médecine, non pas parce que ce n’était pas intéressant, bien au contraire. Mais parce que ce n’était pas épanouissant pour moi en tant que futur métier. Du coup, j’ai commencé à me laisser aller à ce que j’aimais faire basiquement. D’abord des photos puis une web radio pendant quelques mois. Ce fut une super expérience qui m’a apportée beaucoup, notamment à parler en public, mais ce n’est pas forcément quelque chose que j’aimerais poursuivre.

Puis on a m’a proposé de faire des vines et des vidéos avec des acteurs et des humoristes. C’était certes de petites vidéos assez courtes, mais qui m’ont donné petit à petit le goût du jeu que j’avais déjà avant mais que je n’osais pas exploiter. J’ai décidé alors de me lancer dans ce métier d'actrice en faisant des ateliers, des formations en école de théâtre/cinéma et en interprétant des rôles dans des courts-métrages. Cela me plait de plus en plus.

2/ Qu’est-ce qui vous plait tant au quotidien ? Pourquoi êtes-vous heureuse chaque jour d’effectuer ce métier ?

Cela permet le dépassement de soi. Etre actrice m’aide à repousser mes limites émotionnelles, c’est aussi un lâcher prise. Je trouve ça génial de pouvoir faire découvrir aux spectateurs des univers différents de soi-même en incarnant plusieurs personnages !

3/ Ponctuellement, retrouvez-vous une certaine complémentarité dans les différents évoqués précédemment ?

A bien y réfléchir, la photo et la caméra sont deux exercices peu éloignés. Il faut à chaque fois retranscrire une émotion et un univers différents.

4/ Vous êtes modèle lingerie pour l’émission de M6 « Cousu main » avec Christina Cordula. Un petit mot sur cette belle aventure ?

C’était très intéressant, j’ai aimé les deux saisons. Les couturiers sont de vrais passionnés, ils nous font la lingerie sur mesure. On ressent parfois leur stress de n’avoir que deux heures pour y parvenir.

Cela m’a donné beaucoup d’idées, je me suis surprise, quelques jours après, à designer des vêtements que je ne m’étais plus. Je les découpais, je les cousais, j’étais en plein recyclage !

Vous avez récemment participé au tournage du dernier film de Tonie Marshall. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’est une super réalisatrice, très professionnelle, je l’ai vraiment adorée. Sur la scène à laquelle je participais, des acteurs anglais et américains étaient présents, même un qui avait fait Broadway. J’ai vraiment beaucoup appris, c’était très enrichissant, les personnes étaient très intéressantes.

5/ Plus généralement, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ? Vers quels domaines aimeriez-vous vous tourner ?

En ce moment, je suis toujours en formation en école de théâtre et de cinéma sur Paris. En parallèle, je continue à m’exercer, que ce soit dans des vidéos ou des petits courts-métrages. Je suis toujours dans l’optique de rester dans l’acting.

Le métier d’actrice est vraiment ce qui me fait envie actuellement. Interpréter des rôles qui pourraient me challenger me plairait. Des personnages autant dans le côté dramatique que comédie. Je suis attirée par les films et les séries, plus que par le théâtre.

6/ Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Pleins de rôles différents, juste cela !

Ce fut un plaisir, Sarah, d’effectuer cet entretien avec vous !

Publié dans Télévision

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Norbert Haberlick : parcours, actualités, projets - il nous dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Norbert,

Merci de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes, au travers de vos expériences en télévision, au cinéma ou bien encore, notamment, au théâtre. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ?

Je crois que c’est avant tout la liberté.

On fait un métier formidable, certes semé d’embuches mais on a cette chance de pouvoir changer de vie au fur et à mesure des personnages à incarner. Le temps d’un film on est comme des enfants qui jouent dans la cour de récré. Et j’adore ça…

J’ai toujours fui la routine, je l’ai bien connue, à travers les nombreux petits boulots que j’ai pu exercer mais dès que je la sentais arriver, il fallait que je la quitte... J’en avais fait le tour, c’était plus fort que moi.

Jouer la comédie, être acteur ou artiste, c’est peut-être… Je ne sais pas, se fuir soi-même pour se cacher dans la peau d’un personnage. Essayer de guérir une blessure qui ne cicatrisera jamais… Toujours en manque… d’amour. Je crois qu’au fond de moi, j’ai toujours voulu faire ça…

On est comme ces marionnettes au fond du coffre qui attendent qu’une main vienne leur donner vie.

Je dis toujours « Que j’ai la patience de mon impatience… ».                                                

2/ Quelles complémentarités retrouvez-vous entre ces différents domaines ?

Il y a, pour ma part deux écoles. Les écoles de théâtre d’un côté avec sa technique et l’école de la vie de l’autre. Celle-là, on ne la choisit pas, on la subit, elle nous apporte.

Quand je suis sur un personnage, au fur et à mesure de la lecture du scénario, j’ai déjà des images qui se dessinent et une fois finie. Une machine se met en route en moi, j’ai besoin de chercher, d’observer, de trouver dans la rue, un bar, n’importe où une façon de marcher, de fumer, de se mettre la main dans les cheveux, une façon de parler, une fringue, une intonation etc… Et je prends, je note, j’accumule. Cela peut être aussi dans les films que je visionne ou une chanson, bref ! Tout ce qui peut mettre utile et que je ressens comme étant proche du personnage. Je mets tout cela dans un coin de ma tête et j’essaie de faire en sorte que la mayonnaise prenne.

3/ Un rôle plus qu’un autre vous a-t-il particulièrement marqué ?

Je pense entre autres au « Silence de l’Epervier » un 8 x 52’ de Dominique Ladoge. L’anecdote de cette rencontre est assez marrante.

A l’époque, j’étais gardien de nuit dans un théâtre, j’étais passé voir mon agent pour échanger sur d’éventuels projets en cours. A la suite de quoi, j’ai passé des essais pour un rôle avec deux ou trois jours de tournage sur Bordeaux. Sans nouvelles après trois semaines... Quand un soir au théâtre, je reçois un appel d’un réalisateur, qui m’explique, qu’il s’était séparé d’un comédien, qu’il avait revu mes essais et qu’il aimerait me rencontrer. Rdv pris le lendemain où Il me parle du tournage produit par la production de Line Renaud à qui mes essais semblaient également avoir plu etc… Bref ! On s’est tout de suite entendu comme si on s’était toujours connu et me voilà reparti avec les 8 scénarios sous le bras et une dizaine de jours pour entrer dans la peau du Commandant de police Abel Sandoval. Il y a je pense, une part de chance, une bonne étoile, là-haut, quelque part qui veille… C’était mon heure…

« Je reste convaincu que les rencontres ne se font pas par hasard… »

4/ Vous serez à l’affiche, fin novembre, du film de Malik Chibane, « Les enfants de la chance ». Pourriez-vous nous en dire davantage sur cette belle aventure ?

C’est l’histoire vraie de Maurice Gutman, 12 ans fracture de la jambe qui a été sauvé d’une rafle qui va emporter sa famille. Grâce à deux ambulanciers qui décident, face au sort subi par les parents, de ne pas le laisser et de faire le tour des hôpitaux de Paris pour essayer de trouver quelqu’un pour le prendre en charge et le cacher. Un médecin, joué par Philippe Torreton, accepte de prendre l’enfant…

5/ Sans oublier le film, toujours en salle, « La vache », de Mohamed Hamidi, récompensé cette année au Festival du film de l’Alpe d’Huez. Un mot peut-être sur ce programme ?

Oui, c’est un film touchant, plein d’humour et de tendresse. Un petit paysan algérien Fatah, interprété par Fatah Bouyahmed, rêve de faire le salon de l’agriculture, il possède une vache « Jacqueline » qu’il aimerait exposer. Chaque année, il envoie sa candidature, en vain. A force d’insister, il parvient à être invité. Mais il doit venir par ses propres moyens et c’est là que commence leur road movie jusqu’à Paris. Il se fera aidé par Philippe, un aristocrate criblé de dettes interprété par Lambert Wilson.

Le film est d’ailleurs en compétition au 29 éme European Film Arwards 2016, nominé dans la catégorie meilleure comédie.

Une belle aventure marquée notamment par la rencontre avec Lambert Wilson que j’ai beaucoup apprécié. Il incarne merveilleusement Cousteau dans L’Odyssée que j’ai vue récemment.

6/ Quels sont vos autres projets et envies artistiques du moment ?

Un film en préparation pour 2017 « L’enfant et le crocodile » qui sera réalisé par Michel Linas

Je viens de finir le tournage d’un épisode de la série « Léo Mattei (Hors Contrôle)» de Nicolas Herdt. J’ai retrouvé le plateau de Luc David sur « Scène de ménage » avec Camille et Philippe et « Les Enfants de la chance » de Malik Chibane qui sortira, je pense le 30 novembre 2016.

D’autres projets sont en cours pour le cinéma et la télévision mais rien de signé pour l’instant, alors…

Je fais aussi du doublage de téléfilms, séries, dessins animées et depuis peu les jeux vidéo. C’est encore de belles rencontres et une autre facette de notre métier, qui est tout aussi intéressante. C’est pour moi une sorte de challenge à chaque fois.

J’espère remonter sur les planches, même si j’ai une préférence pour les personnages forts, je ne déteste pas la comédie qui m’attire tout autant. J’ai besoin pour cela, quand je lis un scénario, un roman ou une pièce que les images me viennent au fur et à mesure de la lecture… Il faut juste que j’éprouve un certain plaisir à vouloir le faire.

Ce fut un plaisir, Norbert, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Télévision

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Geneviève Gil nous présente son spectacle "Femme à lunettes" !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Geneviève,

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes actuellement à l’affiche, chaque lundi soir à la Grande Comédie, de votre spectacle « Femme à lunettes ». Comment présenter ce dernier ? Quels thèmes y sont abordés ?

Deux grandes thématiques y sont abordées : c'est la volonté de percer dans le monde du spectacle, par le biais d'auditions plus ou moins réussies...sans perdre de vue la recherche du grand amour !... Il y a du vrai et un peu d’invention aussi.                                             

2/ Quelles ont été vos principales sources d’inspiration ?

Je fonctionne à l’instinct. Ce qui explique que certains sketchs sont un peu fous. Par exemple le joueur de maracas est un personnage complètement fictif. Les chansons reprennent des thèmes qui me font rire, certaines sont un peu le reflet d’évènements vécus.

Les sources sont donc piochées un peu partout. J’ai écrit des choses qui me divertissent, que j’avais envie de chanter ou de jouer.  

3/ Selon vous, quelles sont les principales clés du succès de ce spectacle ? Pourquoi plait-il autant ?

Je ne saurais pas bien l’expliquer car ce n’est pas à moi de le dire. Mais quand les spectateurs sortent ravis, ils me disent que c’est frais, sympathique, convivial, amusant et pas vulgaire, je me dis « pari réussi ! ».

Chaque semaine, je réécris, je rajoute, j’enlève, je peaufine, je modèle, c’est un travail permanent. Car c’est toujours une remise en cause du spectacle, de son interprétation, de ce que l’on a à dire et de ce que l’on a envie de rajouter. J’ai ce spectacle en tête 24h/24. J’aimerais beaucoup poursuivre sur Paris, car j’aime le public de la capitale.

4/ Comment vous sentez-vous juste avant de rentrer sur scène ? Quel sentiment prédomine alors en vous ?

Un mélange d’excitation et de stress. D’un côté, la joie d’aller retrouver le public et de tester de nouvelles choses pour rendre le spectacle encore plus fluide. De l’autre, il faut savoir que je suis aussi une angoissée et une stressée maladive, j’essaie de prendre sur moi mais ce n’est pas toujours facile de se résonner.

Au fil des représentations, le stress diminue un peu avant de monter sur scène lorsque je joue une pièce car il y a la force du groupe et ce sentiment d’être accompagné. Pour mon spectacle, c’est différent, je reste tout autant angoissée et je crois que je ne changerai jamais !

5/ Vous êtes aussi, dans ce même théâtre, sur scène dans « Abracadabrunch ». Un mot peut-être sur cette autre belle aventure ?

C’est effectivement une belle aventure qui dure depuis maintenant un an. C’est un succès, la pièce cartonne, on fait le plein chaque soir... un vrai bonheur !

La pièce met en avant un homme seul chez lui, sans enfant, qui voit l’arrivée d’un ange envoyé pour tester son attitude vis-à-vis des femmes. Pour identifier sa réaction et donc savoir s’il serait capable de vivre en couple. Une fois bien ferré par cette belle fille qui aura réussi à le dompter, il voit arriver à l’opposé, une femme complètement farfelue, pas très jolie et pénible, que j’interprète. Pour savoir si le personnage principal tient le coup dans pareille situation.

6/ En conclusion, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que ce mon spectacle soit un succès, que les gens ressortent ravis. C’est là ma principale récompense, que les gens se disent qu’ils ont passé un super moment.

Ce fut un plaisir, Geneviève, de nous entretenir avec vous !

Publié dans Théâtre

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Elizabeth Bourgine revient sur son parcours et évoque son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Elizabeth,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes une actrice aux multiples talents, comme en témoignent vos expériences sur le petit et sur le grand écran, mais aussi sur les planches. D’où vous vient cette passion pour l’art ? Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

Je voulais, toute petite, être danseuse. J’ai donc commencé à l’âge de six ans, pour ensuite poursuivre pendant 15 ans, jusqu’à 4 heures par jour. En même temps, j’ai aussi découvert le cinéma, le guignol et le théâtre. Dès 6 ans, je voulais en faire mon métier.

J’ai eu la chance de pouvoir faire aussi du piano, du chant et de la peinture, comme ma maman. J’allais aux Beaux Arts, à l’école et au conservatoire.

Ce métier, aujourd’hui, répond à tout ce que j’aime et à toutes mes curiosités. Je trouve que la musique fait du bien, comme un spectacle de danse. Ce sont aussi des supports pour transmettre des messages très forts, de façon agréable et ludique. Je pense que l’on touche les gens à travers un film, une chanson ou un spectacle de façon beaucoup plus forte qu’avec un discours.

Tellement de choses peuvent être abordées sur l’amour filial, la vie en société, et bien d’autres thèmes encore. Des discussions sans fin en découlent souvent.

Le théâtre est aussi très fort car les gens sont là, en chair et en os. Une pièce réussie est quelque chose de magique, des émotions peuvent durer des années. Comme j’ai pu le connaitre après avoir vu « La ceriseraie ». L’art est donc une façon de toucher les gens.

2/ Retrouvez-vous des complémentarités entre les différents supports artistiques évoqués précédemment ?

La période de répétition, au théâtre, est pour moi la plus agréable. On cherche, et même si l’on va parfois trop loin et que l’on se trompe, on passe quand même par des choses intermédiaires qui vont nous intéresser. Cette période fait donc un bien fou pour trouver le personnage et aussi pour faire parti de la troupe. Avant de vérifier les choses avec le public.

Le cinéma est différent. Le travail en amont est solitaire, de recherche, de sensualité avec soi. Alors que, dès que l’on est sur le plateau, c’est complètement différent, c’est tout de suite avec les autres. Les deux étapes sont donc bien distinctes. Il est vrai qu’il y a moins de différences entre le cinéma et la télévision. La principale est dans le rythme, le cinéma laisse davantage le temps de faire les choses.

Je trouve que la musique est encore autre chose. Du coup, tout se complète.

3/ Le rythme sur les plateaux est généralement plutôt soutenu. A ce titre, quelle est votre méthodologie de travail en amont ?

J’aime beaucoup la période d’avant tournage, quand on est avec le scénario face un metteur en scène avec lequel on parle. Ce qui est le cas des unitaires.

Je vis actuellement une expérience différente dans « Meurtres au paradis », une série anglaise. Je ne joue pas dans tous les épisodes mais je suis présente depuis la première saison. Je connais donc mon personnage de mieux en mieux. J’ai eu la chance, la première année, avec la production de façonner mon rôle. Au fur et à mesure, je proposais des choses. D’abord sur les costumes, pour donner à mon personnage une âme et une histoire. Puis sur les interventions, sur ce qu’est cette femme, ce qu’elle représente dans la série et le village.

Nous faisons le point tous ensemble après chaque saison pour voir ce que l’on a aimé et ce que l’on a moins aimé. Pour définir aussi ce que l’on voudrait pousser davantage. C’est un travail de longue haleine mais un travail formidable, de construction d’un personnage. En six ans, il s’est passé beaucoup de choses dans le monde donc cette femme, qui a une place importante dans le village, peut permettre de parler de nombreux sujets.

Ce travail préparatoire très fort permet d’interagir avec le metteur en scène, et de proposer. Je partage donc mes idées sur la mise en scène, sur la forme et le ton. Comme ce sont des comédies policières, il faut toujours que ce soit léger.

Le travail en amont permet donc d’avoir de la liberté sur le tournage.

4/ Sur les planches, quelles sensations et quels sentiments prédominent en vous juste avant de rentrer sur scène ?

Il n’y a pas d’angoisse. D’abord de la concentration, car j’arrive à l’avance, jusqu’à 2h avant le début. Je me fais une italienne avant chaque date. Puis je commence à me préparer, avant de me poser 5 minutes, pour me concentrer. Suivi d’un moment de détente, où je monte sur scène pour regarder, dans un trou de souris du rideau, le public dans la salle.

J’en profite ensuite pour vérifier si tous mes accessoires sont là. Enfin, c’est le moment où tous les acteurs se parlent, c’est un instant de détente.

Les 15 dernières minutes, c’est vraiment de la re-préparation, de la re-concentration. Comme un sportif qui visualise son parcours, je me remets les choses en tête une dernière fois. Puis vient l’excitation, avant de laisser place au plaisir.

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

J’en ai plusieurs. Notamment au théâtre, sur des tas de sujets complètement différents. J’attends que les choses se finalisent avant de vous en parler.

Ainsi qu’un projet de film aux Etats-Unis, pour le mois de mars prochain. Un très chouette projet d’ailleurs. Je vais aussi tourner, d’ici quelques semaines, dans une nouvelle série pour France 2, « On va s’aimer ».

6/ Vous êtes à l’affiche, pour France Télévisions, de la série « Meurtres au paradis », où vous interprétez Catherine, la mère de Camille. Que dire sur cette belle série et sur votre personnage ?

J’aime beaucoup cette série car, comme je le disais précédemment, c’est un programme policier mélangeant légèreté et humour. Si bien qu’il y a forcément un meurtre, un assassin et une enquête, sauf qu’il n’y a pas de sang ni de drame. C’est plutôt sur comment le héros va trouver la solution et, tout au long de l’enquête, comment vivent et interfèrent les personnages qui gravitent tout autours.

Mon personnage est une femme libre, qui a son bar, qui s’assume et qui est moderne. Elle a certain âge mais reste sexy, elle se donne le droit de draguer un homme si ca lui plait. Elle a une vie riche, elle connait tout le monde dans le village, elle a donc toujours le bon mot, une parole réconfortante. Elle est au courant de tout, elle sait tout.

En même temps, elle défend les femmes, ce que je trouve très très bien. Elle défend aussi l’amour, elle trouve que c’est important, quand on aime les gens, de leur dire et de leur faire savoir. Elle a un culot formidable également.

J’adore ce personnage. On joue, en plus, dans un cadre sublime et merveilleux. On ne peut pas rêver mieux.

Ce fut un plaisir, Elizabeth, d’effectuer cet entretien avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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MM évoque son actualité, ses projets et revient aussi sur son parcours !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Morgane,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous avez participé à de nombreuses publicités, sur différents formats. Quelle expérience vous a le plus marquée ? Et pour quelles raisons ?

Celle pour Oral B, faite l’année dernière et sortie cet été. Nous avions tourné à Barcelone, avec une équipe anglo-saxonne et un super réalisateur, Tim Gibbs. Ce fut une chouette expérience, assez exceptionnelle. Les studios étaient énormes et chaque jour un pays différent tournait. J’ai notamment croisé une hongroise qui faisait le fitting le jour où je faisais mon tournage.

J’ai d’ailleurs écrit plusieurs des phrases que l’on voit à l’antenne. C’était assez rigolo.

2/ Quelles sont, selon vous, les clés d’une publicité réussie ? Quelle est d’ailleurs votre méthodologie de préparation en amont ?

La fraicheur ! Il faut être le plus naturel possible, mais en améliorant bien entendu cette spontanéité. Il faut aussi répondre aux attentes du réalisateur, sans oublier ce que veut véhiculer la marque.

Il est important aussi d’être souriante, positive et de ne pas trop en faire. Je reste donc moi-même.

Je n‘ai pas de méthodologie particulière mais je pense que cet état de joie vivre que l’on me demande en publicité, c’est quelque chose que j’ai cultivé et que j’ai en moi. Je suis comme cela dans la vie, assez pétillante, donc ce métier est assez naturel pour moi. Je ne prends pas cela comme un travail. Quelque part, on me paie pour être moi.

3/ De même, de sympathiques clichés vous concernant sont visibles sur internet. D’après vous, comment faire pour réussir une photo ?

D’habitude, je suis naturelle, je fais plusieurs poses, plusieurs profils, plusieurs attitudes et plusieurs sourires. Je me rends compte que, après les shootings, je choisis toujours les mêmes photos. Mais, en fait, je ne sais pas vraiment ce qu’est une photo réussie. Car il y a une vraie part de subjectivité. Quelqu’un d’autre va peut-être apprécier une photo où je vais me détester.

Je ne pense pas que cela soit une question de physique, mais plutôt d’énergie et de ce que l’on dégage. Du coup, je dirais qu’une photo est réussie lorsque le photographe parvient à capter quelque chose de soi qu’on laisse transparaitre sans avoir voulu initialement le donner. C’est alors plutôt de l’art que de la publicité ou du commerce.

4/ Vous avez récemment tourné une web série beauté à retrouver sur femmeactuelle.fr. Pouvez-vous nous raconter cette belle aventure ?

C’est la suite de mes tutos beauté « Les trucs de Morgane ». Beaucoup d’amis ne comprenaient pas pourquoi j’ai arrêté de manger de la viande ni pourquoi je me nourris de temps à autre avec des graines. J’avais donc décidé de mettre les pieds dans le plat et de leur montrer ce que je fais, au travers de ces petites vidéos. Avec légèreté et fraicheur, sur des thèmes comme la beauté ou le petit déjeuner, je n’y impose rien, je ne fais que donner mon avis. 

L’idée m’est ensuite venue d’envoyer ces vidéos à des magazines beauté et féminins notamment, pour envisager une collaboration avec eux et étendre ces tutos, pour leur apporter quelque chose de nouveau et de plus abouti encore.

Femme Actuelle m’a répondu, en me proposant le concept original d’une web série. Cela devrait s’appeler « Les tutos de Morgane ». J’ai eu un mois pour écrire les dix scénarios complets sur le thème de la beauté. Le tournage s’est ensuite fait sur deux journées.

Ce sera avant tout des conseils beauté, mais de façon décalée. Des femmes vont me poser des questions, mais j’interprète aussi ces dernières en me déguisant. Sous forme de caricature, je vais y répondre en deux minutes, de façon originale. La sortie est prévue en ce mois de novembre. C’est un programme très sympathique !

Ce projet est vraiment mon bébé, il me touche et me tient à cœur. J’aimerais bien continuer dans ce sens-là.

De façon plus générale, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

Je vais prochainement tourner une publicité, pour un hôtel. Sans oublier les photos. D’autres castings sont en attente de réponse.

5/ Pour finir, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De garder toujours l’envie et  l’émerveillement que j’ai pour tout ce que je fais. De rester moi-même, heureuse et pas blasée. Autrement dit, de rester une enfant !

Ce fut un plaisir, Morgane, d’effectuer cette interview avec vous !

Publié dans Télévision

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Alix Schmidt : actualités, projets, envies artistiques, elle nous dit tout !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Alix,

Merci de répondre à quelques questions pour notre blog.

1/ Vous êtes actuellement sur scène, au Soum-Soum, dans la pièce « Le gendre parfait ». Quelle histoire y est racontée ?

C’est une comédie très sympathique sur le couple…et ses turbulences ! Sabine et Christophe mènent une relation à d’amour à remous depuis 7 années mais quand le spectacle débute, c’est à véritable crise à laquelle le spectateur assiste! À l’origine, Sabine qui comme beaucoup de jeunes femmes est motivée depuis longtemps à l’idée de franchir le cap de « la vie en commun », du « mariage » et surtout de « la maternité », exige manu militari que ses voeux soient enfin exaucés.

Mais Christophe, lui, est loin de partager les envies de sa compagne : il est plutôt indolent, aime bien sa petite vie tranquille, en solo et sans contraintes. Il n’a pas du tout envie de devenir père une nouvelle fois puisqu’il a déjà connu les méandres du mariage et de la paternité et ne poursuit qu’un seul rêve : celui de devenir magicien professionnel.

C’est bien sûr sans compter sur la persévérance de la maligne Sabine qui, elle, est prête à tous les stratagèmes pour obtenir ce qu’elle désire. Et elle a trouvé une alliée de taille : sa propre mère qui va faire vivre un vrai petit enfer à son cher futur gendre!

S’enchaînent alors toute sortes de joyeuses engueulades, malentendus, quiproquos et situations cocasses qui n’auront qu’un seul but : faire céder Christophe.

2/ Quelles sont les principales caractéristiques de votre personnage ? Comment le décririez-vous ?

Elle apparait comme une jeune femme à la fois très amoureuse, tempétueuse et déterminée. Elle a de nombreux objectifs et va tout mettre en œuvre pour les atteindre : en usant de minauderies, de flatteries de temps en temps, puis en alternant des crises de douce hystérie et de chantages à l’amour. En somme, c’est un peu là toute la palette de la gente féminine qu’elle va déployer pour arriver à ses fins.             

3/ Selon vous, quelles sont les principales clés de réussite de ce spectacle ? Pourquoi plait-il aux spectateurs ?

Je pense que lorsqu’on va au théâtre, il y a toujours une partie de nous-mêmes qui prend plaisir à voir chez les autres (les comédiens qui jouent) ce qu’on a en soi : c’est une sorte d’exutoire, de miroir dans lequel on aime bien se regarder pour ensuite mieux rire de soi.

Et dans cette comédie, le fait de se reconnaître un peu dans les défauts, les qualités, les traits de caractères et les envies de ces deux personnages hauts en couleur, font que ça rassure et soulage aussi. On se dit « Ouf ! » je ne suis pas le ou la seul(e) à vivre ce moment de vie et au final, je vois que tout peut s’arranger ».

Et puis aussi, nous avons aussi instauré des moments d’échange, de partage et d’interactivité avec le public qui, je pense, le fait se sentir encore plus impliqué dans l’histoire qui se déroule sous ses yeux. La proximité des spectateurs, situation que j’adore d’ailleurs, crée un lien assez fort entre eux et nous et au final, c’est un peu comme s’ils étaient chez nous, à la maison. C’est très chouette !

Nous jouons, depuis le mois de septembre, tous les samedis à 19H au théâtre le Soum Soum (Paris 2ème) et ce, jusqu’au 17 décembre. Nous espérons ensuite pouvoir poursuivre l’aventure dans d’autres théâtres.

4/ En parallèle, le 9 novembre est sorti le long-métrage de Mathias Renou, « Mon père en grand ». Comment présenter ce film ? Quelles en sont ses principales thématiques ?

Sorte d’autofiction, oscillant entre la fiction et le réel, ce long-métrage met en lumière la quasi véritable histoire vécue par les parents du réalisateur. J’y interprète Solange, sa mère, aux côtés du véritable père du réalisateur : Serge Renou. C’est un long-métrage très original, filmé caméra au poing avec ceci de particulier aussi, c’est que le réalisateur est également acteur du film, sans qu’on ne le voit jamais à l’écran.

L’histoire, la voici : Solange et Charles se séparent violemment après de longues années de mariage. Lui est un comédien, hélas, abonné aux échecs qui continue pourtant de poursuivre des rêves de gloire et de reconnaissance. Solange, elle, ne supporte plus les déboires et la personnalité presque schizophrène de son mari car en effet, comment croire aux propos d’un homme qui se joue toujours avec facétie de la réalité ? L’aime-t-il sincèrement ou s’exerce-t-il encore à un rôle en lui déclamant son amour ? N’en pouvant plus de s’interroger sans cesse et lassée de ses frasques, elle décide de le quitter et tombe dans les bras d’un jeune étudiant, Léo, du même âge que son fils.

L’affront pour le père et le fils est suprême et Mathieu se met en quête de venger son père (et peut-être de se venger lui-même) en se débarrassant de l’amant et en décidant d’offrir LE rôle de sa vie à son père, mari bafoué et trompé. Il prend fait et cause pour lui en lui rendant honneur et hommage dans ce film dont il fera en « le » et « son » héros.

Bien que le titre s’intitule « Mon père en grand », c’est bien à sa mère que le réalisateur dédie son film : il espère secrètement son retour auprès de son père et de lui, en mettant un point d’honneur à redorer et réhabiliter l’image du père.

L’originalité de ce film tient aussi au fait que le réalisateur a mis en scène deux mères : Solange, celle que je joue et qui fait partie intégrante de l’histoire imbriquée du film, qui vit, survit, subit aux côtés du père ; de l’autre, il a choisi une autre comédienne qui, elle, va agir dans des apartés en tant que  « vraie » mère du réalisateur : elle y apporte ses remarques et son avis sur l’histoire-même que son fils est en train de tourner et sur l’image qu’il lui renvoie d’elle et de son mari. Ce rôle est interprété par Marie Rivière, l’égérie d’Eric Rohmer.

5/ Comment avez-vous procédé pour vous approprier ce rôle ?

Mathias n’a pas souhaité me parler beaucoup des traits de caractère de sa mère, de sa personnalité. Il avait envie de fraîcheur, je pense, et préférait que je découvre ce personnage seulement au détour  des répliques et des situations dans lesquelles il me mettait en scène. Du coup, cela m’a donné une certaine liberté de jeu, d’espace aussi car je n’avais pas à calquer quelqu’un qui, je savais, existait dans la vie réelle. D’un autre côté, ça m’angoissait aussi un peu car je savais aussi que Mathias lui montrait régulièrement les rushes qu’on tournait et qu’elle allait donc forcément étudier mon jeu. Au fond de moi, j’avais un peu peur de la décevoir, de ne pas avoir le ton juste, de ne pas assez lui ressembler et tout simplement, de ne pas être la hauteur. Mais ces craintes se sont vite dissipées car Mathias m’a dit que mon interprétation lui plaisait.

Quant aux scènes que je jouais avec mes partenaires, j’avais vraiment la sensation de ne pas « jouer ». C’est difficile à expliquer mais je pense que dans la mesure où nous n’étions pas entourés de pleins caméras ni de techniciens, le réal s’occupant lui-même de l’image et du son, je me laissais tout simplement porter par l’intimité que nous formions, par le texte, la mise en situation et le jeu de mes camarades. Le réalisateur jouant avec nous les répliques, son visage caché derrière l’objectif de sa caméra, j’avais l’impression d’être presque dans la « vraie vie » et de m’adresser à lui et aux autres comédiens dans une fiction étonnamment réelle. Tout s’enchaînait facilement et c’était très agréable.

6/ Où et quand est-il possible de voir ce long-métrage ?

Au cinéma Le Saint-André des Arts (Paris 6ème).

Il est projeté tous les jours à 13H00, sauf mardi 15, jusqu’au 21 novembre. Puis le mardi 29 novembre et le mardi 6 décembre, à 13H également.

Ce que je trouve très bien aussi, c’est qu’après chaque projection s’ensuit un débat avec le réalisateur et les comédiens. C’est donc une belle opportunité pour le public de poser toutes les questions qu’il souhaite et c’est une belle occasion aussi pour nous, comédiens, d’avoir leurs réactions à chaud. On espère que d’autres salles parisiennes suivront le chemin du Saint-André et donneront l’opportunité à ce joli film de vivre longtemps et de toucher un maximum de spectateurs.

7/ En parallèle, quels sont vos autres projets et envies artistiques actuels ?

J’ai joué récemment dans le long-métrage « Le sacre de l’été » réalisé par Briac Ragot.

Ce film, inspiré de la vie de Nijinski et d'Isadora Duncan, raconte l'histoire d'un chorégraphe marginal, en quête de soi. C’est une comédie mordante et audacieuse, comme une ode à la vie et à la liberté.

J’y interprète Catherine, une jury de danse qui tombe littéralement sous le charme du jeune danseur, Kostia, au cours d’une audition. Lui tente de monter un spectacle réunissant ses deux passions: la danse et la variété française.

Dès ses premiers pas de danse, Catherine pressent chez Kostia une originalité et un talent rares qui vont la faire fondre et s’éprendre de lui. Malheureusement pour elle, ce béguin ne sera pas réciproque …Le film est en cours de montage et sera projeté fin 2018.

Prochainement, je tournerai  dans « Le Chausse- Pied », un court-métrage de David Lancelin Guerrero, comédien également et qui réalise ici son premier film.

Il s’agit d’une belle histoire qui raconte l’amour fou qu’un homme, Stéphane, chausseur de profession, porte aux femmes et à leurs pieds. Éléments indispensables à son désir et à sa passion, il mène une véritable quête à la recherche de celle qui incarnera son idéal.

Le réalisateur a donc choisi de mettre en scène sa propre quête en remontant aux sources de cette fascination pour les pieds et en la retraçant depuis sa tendre enfance jusqu’à l’âge adulte.

J’y joue le rôle de Maya, une jeune femme photographe que Stéphane rencontre dans un bus et pour laquelle il a un véritable coup de cœur. Le hasard fait qu’il la retrouve dans une soirée organisée par des amis en commun et où il peut enfin faire sa connaissance. Alors, est-elle celle qu’il recherche depuis tant d’années ? Il faudra attendre la projection pour le savoir…

J’ai toujours faim de nouveaux projets alors j’espère tout simplement continuer à travailler avec des réalisateurs et réalisatrices créatifs et passionnés qui auront envie de me faire jouer des rôles passionnants ! 

Ce fut un plaisir, Alix, d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Hélène Bizot nous dévoile son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

Bonjour Hélène,

Quel plaisir d’effectuer cette interview en votre compagnie !

1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme peuvent en témoigner vos expériences notamment en télévision, au cinéma, au théâtre mais encore en doublage. Qu’est-ce qui vous plait tant dans l’art ?

J’ai voulu faire ce métier à partir de l’âge de 11-12 ans. Surtout au travers de l’envie de jouer et d‘être quelqu’un d’autre. Même si, finalement, c’est un peu contradictoire car j’aborde chaque rôle comme si c’était moi qui vivait l’histoire et les aventures de mon personnage.

C’est donc une façon de vivre mille vies en une.

2/ Retrouvez-vous des complémentarités artistiques entre les différents domaines précédemment évoqués ?

Je pense que, de toute façon, il y a une base commune, celle du jeu, en étant le plus sincère possible en émotions notamment. Tout est à la fois complémentaire mais aussi très différent. Pouvoir passer d’un exercice à un autre m’amuse.

En plateau, le jeu est beaucoup plus sobre qu’au théâtre où tout est exacerbé car il faut que l’ensemble de la salle entende et voit ce qui se passe. Alors que la caméra capte le moindre petit battement de cil. Le doublage est encore un autre exercice car il n’y a que la voix qui est captée alors que nous continuons à ressentir les émotions.

La technique, la façon de faire ressortir les sensations changent mais les émotions restent les même dans le ressenti et le faire passer.

3/ Un art plus particulièrement vous attire-t-il ou est-ce leur diversité qui vous plait davantage ?

C’est la diversité qui m’attire en fait et j’avoue que, quand je fais un peu trop d’un seul exercice, les autres me manquent. J’ai fait pas mal de doublages ces derniers temps, j’en suis ravie mais je suis impatiente de retourner sur scène. Je suis un peu en manque.

4/ Le doublage est un exercice peu connu. Quelles principales techniques requiert-il ?

Il faut se mettre au service d’un jeu qui existe déjà. On doit jouer au même moment que l’acteur doublé. Il est nécessaire d’avoir la même respiration et le même rythme. Alors que, au théâtre par exemple, c’est nous qui créons nos émotions, on place les respirations et les intentions quand on le souhaite.

La difficulté est donc d’arriver à retrouver la sincérité du jeu avec des mots que l’on lit et non pas que l’on a appris et déjà digérés. Il faut parvenir à une justesse dans le jeu, sans avoir le mouvement car il est nécessaire de rester juste derrière le micro. Avoir l’énergie dans la voix qui n’est pas forcément dans le corps s’apprend au fur et à mesure de la pratique. C’est en en faisant que l’on devient bon, que l’on oublie la technique et que l’on n’a plus qu’à penser à ce que l’on joue.

J’ajoute qu’il y a de la difficulté dans chaque domaine artistique. Sur un plateau, il faut se placer sur la croix sans bien la voir, il ne faut pas regarder la caméra et, parfois, nous devons jouer sans partenaire. Je me régale justement à passer d’un exercice à un autre.

Au théâtre, il y a beaucoup de répétitions certes mais nous ne jouons jamais totalement de la même façon. Le bonheur d’avoir la réaction du public est extraordinaire. On est sans filet, il faut gérer les trous et les crises de fou rire. Mais cela laisse des souvenirs et des émotions, même au public qui aime voir une petite faille.

5/ Quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

J’ai doublé les deux derniers films de Naomi Watts le mois dernier. A savoir une sortie le 16 novembre de « Oppression », un thriller psychologique très bien fait. Ainsi que « About ray / Three generations », trois générations de femmes qui soulèvent plein de problèmes et de remises en question dans un univers très matriarcal. Notamment la fille qui veut devenir un homme. Le film est traité de manière sensationnelle et les comédiens sont exceptionnels. Cela a été un immense bonheur de participer à cette aventure.

Les doublages sont souvent l’occasion de vraies rencontres avec les comédiens, comme une espèce de magie. Je parlais précédemment de respiration, de rythme, il y a des moments où l’on fait des petites compositions et il y a des instants où l’on se met dans des petites pantoufles, où l’on a l’impression que l’on ferait, en plateau, la même chose que la comédienne originale. En ressort alors une évidence.

En ce moment, je suis en train de doubler la troisième saison d’une série pour TF1. La première est actuellement en cours de diffusion le mercredi soir. « First murder » est un programme policier où je double le rôle féminin principal.

Nous sommes aussi en attente du tournage de la deuxième saison de « The catch », dont la première a été diffusée cet été sur Canal +. Là aussi, j’y double l’héroïne de cette série policière, une détective privée. J’aime bien ce programme.

Concernant les tournages, je suis très heureuse d’avoir participé au long-métrage « L’amour qu’il nous faut », première réalisation de Nathalie Marchak. Deux destins de femmes y sont mis en avant. Alexandra Lamy y joue une femme française approchant la quarantaine qui a une très belle réussite professionnelle et enceinte de son premier  enfant. Elle va rencontrer une très jeune malienne, enceinte aussi mais suite à un viol. Le scénario est merveilleux. Quand je l’ai lu, j’ai de suite adoré. J’y joue l’échographiste et j’ai été très heureuse de faire partie de l’aventure.

J’adore prendre part justement à ces expériences qui font passer de très beaux messages. Ici sur cette mondialisation où, malgré une communication possible d’un bout à l’autre du monde, existent des différences aussi fortes entre les êtres humains. Sans oublier un droit de la femme parfois trop fragile.

Le film est actuellement en post production et je vous incite à aller le voir à sa sortie.

 

Voici quelques liens pour suivre mon actualité. N"hésitez pas à liker ma page, je vous y attends :

https://www.facebook.com/H%C3%A9l%C3%A8ne-Bizot-com%C3%A9dienne-151496884902079/?fref=ts

http://www.helenebizot.com/

Merci Hélène pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Pierre-Loup Rajot revient sur son parcours et évoque son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

Source : Richard Schroeder

Crédit : Richard Schroeder

 

Bonjour Pierre-Loup,

Merci de répondre à quelques questions pour notre blog.x

1/ Vous avez multiples talents, comme en témoigne votre parcours au cinéma, en télévision, au théâtre mais aussi notamment en mise en scène. D’où vous vient cette passion pour l’art ? Qu’est-ce qui vous y plait tant ?

Que j’ai du talent, ça reste à voir… J’ai toujours vécu en essayant d’optimiser les rencontres que je faisais au cours de mon existence. J’en suis à avoir créé une structure que j’espère familiale qui est assez exhaustive dans ses choix et qui essaie de faire un travail sur ce que j’aimerais voir à travers le métier qui m’a forgé et qui m’a habité pendant 35 ans.

Au départ, je suis le sixième d’une famille de dix enfants. Mon adolescence fut très agréable, je n’ai pas comme certains la fêlure de la jeunesse qui s’exprime ensuite artistiquement. Je suis un grand enthousiaste de l’élan, j’y ai toujours cru, parfois à mes dépens.

Je me destinais à une carrière scientifique, avec une maitrise de sciences et techniques de l’environnement, je n’avais donc pas du tout la vocation. J’étais un jeune introverti et très timide. Un jour, on m’a conseillé de faire du théâtre, pour m’aider. Discipline que je pratiquais le soir, en parallèle de mes études.

Le virus m’a de suite pris. Les ateliers proposés m’ont plu, notamment l’adaptation et la mise en scène que j’ai faite de « Midnight express ». Je faisais des petits boulots pour payer mes projets. Par la suite, Francis Huster notamment et Patrice Chéreau m’ont pris sous leurs ailes et j’ai été happé par une envie et un désir des autres de travailler avec ce que j’étais.

Puis Dominique Besnehard m’a fait faire de nombreux films, dans des rôles secondaires, aux côtés de grands metteurs en scène. Il cherchait à ce moment-là des comédiens moins stéréotypés par les formations, qui avait une sorte d’authenticité et pas toujours le sens de la pratique du métier de comédien. Peut-être que ma grosse rébellion intérieure lui a plu. En fait, j’ai eu beaucoup de chance.

Puis j’ai eu le César du jeune espoir, qui m’a mis dans une situation de doute. Puis, j’ai, sans m’en rendre vraiment compte, refusé la facilité en participant à pas mal de premiers films que je pensais authentiques et sincères, qui ont entrainé certaines réflexions en moi.

2/ Quel regard portez-vous sur la télévision ?

J’ai adoré faire certaines télévisions, comme « Morte Fontaine » de Marco Pico, avec Clémentine Célarié. Il y avait à l’époque une proposition artistique évidente pour le petit écran. Mais aussi « Histoire d’ombres » de Denys Granier Deferre, avec Claude Rich. J’ai apprécié participer à ces projets, mais avec le temps, j’ai moins aimé travailler pour la télévision, quand j’ai senti que dans le travail, je n’avais plus vraiment mon mot à dire. C’est aussi pour cela que j’ai créé ma propre structure, il y a 5 ans, la télévision me paraissait alors inhumaine et inintéressante.

3/ Vous avez donc créé votre société. Pourriez-vous nous en dire davantage sur cette belle aventure ?

J’apporte mon petit savoir faire, mes techniciens et mes amis, pour des films maintenant plus imposants, comme « Ceci est mon corps », réalisé par Jérôme Soubeyrand. Cette structure se permet aussi et parfois malgré moi d’être distributrice et éditrice de Dvd. Et nous avons la chance d’être projeté dans des festivals.

Cela me permet également d’être un porte parole de quelque chose qui m’intéresse à plus d’un titre, à savoir que le cinéma est de plus en plus à côté de nous, et qu’autour de nous existent des gens passionnants. J’aime ce « minimalisme » et travailler sur le comportement humain, il y a des histoires merveilleuses à puiser dans notre entourage. À partir du réel, contrairement à ce que l’on peut faire habituellement, créer de la fiction, des histoires pas toujours réalistes justement. Je pense notamment à mon l’épicier, ou même à ma femme, à mes proches, qui ont participé à plusieurs projets.

Je rêve d’une structure autonome de tout système, qui va de la création/fabrication à la distribution/commercialisation. La petite entreprise essaie actuellement de monter un film un peu plus imposant, « Wanda la battante », de Jean Marbœuf. axé sur la transmission, projet que je trouve passionnant. Il faut arriver à se canaliser, car les sollicitations sont assez nombreuses, s’ajoutent à ça les projets persos. J’ai depuis peu l’aide de Jean-Louis Langlois, qui est devenu le gérant de notre structure.

4/ Plus globalement, quels sont vos projets et envies artistiques actuels ?

En ce moment, je monte le documentaire « à la pêche ». L’expérience consistait à partir à la pêche en barque pendant une journée avec deux personnes, amis de 30  ans, qui m’étaient alors inconnues au large du Finistère nord. 

Avec tout ce que j’ai pu attraper, capter, sans idée préconçue, j’ai tenté de « fictionner » cette journée à postériori. Et je suis content du résultat. Cette expérience m’a énormément plu. Je suis tombé sur 2 individus très loquaces et drôles, venant d’univers à la fois très différents et complémentaires… Et indépendamment de la partie de pêche plutôt cocasse, je pense avoir fait avec tous ces éléments et le travail de montage et mixage dessus, un joli film sur l’amitié.

Sinon le film de Jean Marboeuf est l’histoire d’une enseignante de 70 ans, retraitée, vivant dans une cité et assistant à un viol collectif auquel participe un de ses anciens élèves. Ce film tente de montrer tout son trajet pour essayer de comprendre... pourquoi elle a raté, pourquoi la transmission de la culture n’a pas été efficace et n’a pas créé de lien, pourquoi nous en sommes si loin…

En attendant le résultat des commissions CNC, je tourne en ce moment le portrait d’ une artiste céramiste, et j’aimerais qu’elle expose à Paris. Enfin, j’ai écrit un long-métrage, « Ne vois-tu rien venir ? », sur la voyance et que j’aimerais bien réaliser à la sauvage avec mes proches. C’est l’histoire d’un père qui a un don de voyance qu’il a transmis à sa fille, mais elle s’en fout et n’en fait rien… Un jour il apprend qu’il est atteint d’un cancer irrémédiable, et son désir de faire don de son don va s’intensifier et le projeter dans certaines situations assez cocasses, car cela reste avant tout une comédie.

Ce fut un plaisir, Pierre-Loup, d’effectuer cette interview en votre compagnie !

Publié dans Télévision, Théâtre

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