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TF1 / Koh-Lanta : Guillaume évoque son élimination et revient sur son beau parcours !

Publié le par Julian STOCKY

©A.ISSOCK/ALP/TF1

 

 

 

Bonjour Guillaume,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

La saison de “Koh Lanta - Les reliques du destin” est actuellement diffusée chaque mardi soir sur TF1.  Justement, les images ravivent-elles en vous certains souvenirs et certaines émotions vécus sur place quelques mois en arrière ?

 

Tout à fait ! J’ai eu l’occasion de visionner tous les épisodes bien entouré, soit avec des amis proches, d’autres fois avec des gens que je ne connaissais pas forcément et, systématiquement, j’ai eu le même retour “Tu es le plus scotché de la salle devant l’écran”. C’est vrai que c’est une aventure que j’ai vécue, certes, mais depuis mon point de vue uniquement donc le fait de la revivre d’un point de vue extérieur change toute la donne. Je découvre surtout toute une partie de l’aventure qui m’était inconnue…Si tu regardes notamment le camp des rouges, je n’avais eu l’occasion de pointer mes yeux dessus donc, là, j’ai découvert tout un univers, ainsi que les discussions et les stratégies qu’il y avait dans mon dos, notamment celles qui ont mené à mon élimination. Par exemple, je voyais Cindy plutôt inerte d’un point de vue stratégie, mais, au final, je me rends compte qu’elle était très très très présente sur le camp réunifié. Ce sont des choses que je ne voyais pas du tout donc ça m’a fait découvrir de nouvelles émotions et avoir de nouvelles perspectives sur les gens. Moi, dans tout ce que j’ai pu amener sur le camp et dans les épreuves, ça me fait aussi revivre des émotions qui sont très très fortes. J’ai mon cœur qui s’accélère quand je suis devant l’écran le mardi soir, c’est assez impressionnant !  

 

Si l’on en revient à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à y participer ?

 

Quand j’étais gamin, je regardais quelques émissions de “Koh Lanta” avec mes frères et mes parents donc j’étais jeune, je devais voir huit à dix ans à l’époque, et, je pense comme beaucoup d’enfants derrière l’écran, on se dit “Ca, je pourrais faire mieux”, “Là, ça a l’air simple”, “Je n’aurais pas fait comme cela”, “Sur le camp, la cabane je l’aurais faite différemment”...Donc, en fait, je pense que, comme beaucoup de petits enfants, je me suis dit que, moi aussi, je voulais essayer et que je voulais avoir ma chance de me battre contre des gens qui, eux aussi, ont envie d’aller au bout de l’aventure. Le projet a été un petit peu oublié pendant une vingtaine d’années et, au final, il est revenu sur la table très récemment, il y a trois ans de cela maintenant. Je me suis dit “Qui ne tente rien n’a rien, je candidate ! On voit si ça passe ou pas…et ce n’est pas grave, au pire je n’ai rien à perdre, si ce n’est une lettre de motivation pour expliquer que je souhaite candidater”. De fil en aiguille, ça s’est fait et j’ai eu la chance d’être sélectionné pour cette édition !

 

Le début d’aventure a été riche en rebondissements. Comment aviez-vous réagi en rejoignant, d’entrée, le conseil et en apprenant l’existence, par Denis, des fameuses reliques du destin ?

 

C’est vrai que les reliques du destin est quelque chose qui nous est annoncé quand on arrive face à Denis, on n’est pas du tout au courant d’à quelle sauce on allait être mangés. C’était un peu ma crainte : quand on arrive pour participer à “Koh Lanta”, on ne dit pas “J’y vais pour gagner”, en tout cas ce n’est pas ce que je me disais, je me disais surtout “Je n’ai pas envie d’être éliminé en premier”. C’est une question d’honneur, d’engagement aussi, je pensais avoir quelques atouts pour en découdre donc j’avais envie d’essayer de donner tout ce que j’avais. Donc, quand Denis annonce “Vous êtes dans “Les reliques du destin””, je me dis “Oh là là, c’est quoi ce bazar ?”...Et il annonce dès le début que, même si vous êtes confortablement assis sur votre tabouret pendant un conseil, il se peut que la personne éliminée vous prenne en duel pour vous éliminer…En fait, ça rebalaye toutes les cartes et on se dit que, quelque soit l’issue du conseil, on est en danger, on peut être pris à partie et éliminé du jeu. Cela met une pression monumentale dès le début, il n’y a pas eu de répit, si je puis dire. Dans la suite du jeu, on commence à comprendre un peu la mécanique, c’est d’autant plus technique stratégiquement car il y a évidemment des alliances à former et, au delà des alliances, il faut être ami avec tout le monde pour se dire que, peut-être, si je suis ami avec cette personne, elle ne me prendra pas en duel. Donc c’est tout une nouvelle dynamique qui est totalement différente des autres “Koh Lanta” et ce n’est pas sans répit pour les aventuriers. 

 

La réunification avait eu lieu il y a peu. Comment aviez-vous vécu ces premières heures tous ensemble ?

 

Pour moi, c’était un vrai plaisir d’avoir la tribu réunifiée. La tribu jaune, en fait, était très bien, on était tous en très bons termes, on avait commencé à bien installer le camp, on se sentait à l’aise là où on avait élu domicile mais il y a toujours cette sorte de flou “Si ça se trouve, ils ont fait différemment chez les rouges, si ça se trouve, ils ont une meilleure nourriture, si ça se trouve, ils ont un très bon spot de pêche”, on n’en savait rien en fait. D’être dans le doute comme ça de se dire que, peut-être, on est moins bons sur le camp qu’une autre équipe, il y avait toujours une petite part d’aléatoire et ça mettait dans le flou donc j’étais très content de retrouver des rouges pour voir leurs us et coutumes, afin de voir comment ils vivaient sur leur île. Au-delà de ça, cela permettait aussi d’avoir de nouveaux liens sociaux parce que, mine de rien, on est restés une vingtaine de jours à dix, puis ça s’est amoindri évidemment avec le temps donc le fait de renouveler un petit peu son vivier social fait beaucoup de bien ! C’était très agréable de parler aux gens que l’on a juste en face de soi quand on doit se défier physiquement sur les épreuves. Donc ça permet aussi de tisser des liens, je pense, beaucoup plus rapidement, étant donné qu’on les connaît mais de loin. On ne pouvait que se faire des aprioris sur eux, on avait évidemment eu l’occasion de se rencontrer lors de la première journée de l’aventure mais il y avait alors dix neuf personnes à rencontrer, dans un laps de temps très court et, en plus de cela, il fallait commencer à monter une cabane et chercher des vivres sur le camp…C’était très rapide donc j’avais beaucoup de plaisir à retrouver tout le monde !

 

 

©A.ISSOCK/ALP/TF1

 

 

Pour en revenir à l’épisode de la semaine dernière, malgré la fatigue, vous avez montré une belle lucidité, ayant permis une fine stratégie, dans l’épreuve de confort…

 

J’étais relativement honnête avec moi-même ! Il y avait d’autres aventuriers, notamment des rouges, qui avaient décidé de me charger assez tôt dans le jeu, j’ai pris plus huit kilos très très vite et je suis monté à, je pense, plus de la moitié de mon poids nominal. Donc, mentalement, ça allait mais, physiquement, je sentais que je n’allais pas pouvoir tenir aussi facilement qu’un Zack qui faisait le même poids que moi mais qui avait, pendant les trois quarts du temps du jeu, huit kilos de moins que moi. Un moment, je me suis dit “Bon, ce n’est pas compliqué, quelle que soit la personne qui achève l’épreuve dans les quatre qui restaient, j’allais me récupérer encore quatre kilos de plus”. C’était déjà très compliqué, cela faisait presque une heure qu’on tenait donc ça risquait d’être un échec pour moi. Dans la foulée, je savais que j’allais devoir remettre le sac féminin à Jade, étant donné que c’était la seule femme qui restait. Perdu pour perdu, j’ai essayé d’en faire profiter Jade, j’ai chargé les deux rouges restants, en espérant que Jade puisse tirer son épingle du jeu. Bon, j’ai misé sur le mauvais cheval, je pensais qu’Antonin allait être plus résistant, j’avais toujours en tête sa toute première épreuve individuelle le premier jour de l’aventure, celle des piloris, où il était dans une abnégation complète. Il avait été capable de résister à la douleur et à la température pendant très longtemps donc je me suis dit que c’est lui que j’allais charger. Mais Zack a été beaucoup plus costaud…

 

L’annonce que l’épreuve d’immunité serait éliminatoire avait certainement dû pimenter un peu plus encore ce jeu…

 

Oui, oui ! Le fait d’avoir des épreuves qui ne sont pas uniquement physiques mais également psychologiques, quand on doit rester de longs moments à maintenir une position et à regarder ce qui se passe autour, c’est vraiment une bataille mentale, dans le sens où on est pertinemment au courant que tout le monde a une capacité physique limitée, de par la fatigue accumulée, de par le manque de nourriture, de par la température ambiante et l’humidité. C’est un petit peu un jeu de rôles dans le sens où, si on est capable de ne pas montrer la peine que l’on a à être sur les épreuves, ça vient entamer le mental des autres joueurs et ça nous permet de prendre, peut-être, l’ascendant psychologique lors de ces épreuves. 

 

Au moment de rejoindre le conseil, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

Je n’étais évidemment pas dupe face à la collaboration des filles et à l’alliance girls power comme on l’a appelée…Je savais qu’elle était bien présente ! Au-delà de ça, il y avait une supériorité numérique rouge donc le calcul était quand même relativement simple. Face à tout cela, je n’ai pas su comment tirer mon épingle du jeu, je n’ai pas su réellement développer une stratégie qui me permette de contourner toutes ces barricades-là. Cela s’est bien vu…J’arrive au conseil, je m’en souviens personnellement avoir dit à Ugo “J’ai confiance en la stratégie des filles jaunes”, on leur avait déjà fait confiance au conseil précédent et ç’était passé, donc je me suis dit que j’allais leur faire confiance à nouveau. Déjà, elles avaient plus de chance de rentrer dans la tête des filles rouges, éventuellement elles ont fait pencher la balance mais je dois reconnaître aujourd’hui que je n’avais pas du tout anticipé la montée en puissance de Cindy qui faisait des manigances dans tous les sens et qui avait notamment beaucoup orienté les esprits rouges sur la sélection d’un garçon, au profit d’une fille, pour l’élimination. Donc j’arrivais au conseil avec un état d’esprit pas du tout serein et j’étais conscient que les options étaient très limitées pour pouvoir me sortir de cette affaire. 

 

Plus globalement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?

 

Ce sont des souvenirs très très banals ! J’appréciais beaucoup les soirées au coin du feu…A savoir que, quand la nuit tombe, il fait nuit noire, il ne reste que quelques personnes éveillées et, notamment en début de soirée, j’aimais beaucoup rester éveillé, je m’étais octroyé le droit de gérer le feu à toute heure du jour et de la nuit, et la nuit, j’appréciais tout particulièrement parce qu’on était souvent une ou deux personnes à le faire, donc on avait juste les yeux rivés sur le feu, on voyait les flammes danser et j’ai eu de très belles conversations avec d’autres aventuriers sur le camp…Ca permettait en fait de se ressourcer un peu psychologiquement et de s’évader de cette île qui était, à la fois, un paradis et une prison. Donc c’étaient vraiment de très beaux moments sous le ciel étoilé que j’ai passés auprès de ce feu…

 

Merci, Guillaume, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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France 2 / L'or bleu : Gilbert Traïna évoque son personnage dans ce programme évènement !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

Bonjour Gilbert,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France 2 peuvent actuellement vous retrouver dans la mini-série “L’or bleu”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’était une belle surprise ! Sans dévoiler l’histoire, je la quitte assez vite mais c’était très agréable d’y participer et, surtout, je trouve que c’est assez rare d’avoir, comme cela, une grande saga, très ample, sur trois voire quatre générations. Avec un problème central, celui de l’eau, qui est quand même un problème qui nous concerne tous et qui va nous concerner de plus en plus. Quand j’ai lu scénario, j’avais trouvé vraiment bien également qu’il y ait le point de vue d’une femme par génération. C’est trop rare ! 

 

Je suis un des membres d’une des trois familles, je suis Mathias Ravanel, au milieu d’un casting que j’ai trouvé vraiment très bien. J’ai vu les quatre premiers épisodes sur la plateforme, ça fonctionne très bien, ça m’a rappelé, quand j’étais plus jeune, “Les gens de Mogador”, cette grande saga en quatre tomes, ainsi que “Les dames de la côte”. Cela change, je trouve, des séries que l’on a l’habitude de voir, avec un duo de flics et des histoires courtes. 

 

Vous l’avez dit, vous avez pu côtoyer un large casting…

 

C’était très agréable ! Cela se déroule sur plusieurs générations, c’était plaisant de partager des scènes avec ces acteurs talentueux mais aussi de voir mon personnage plus jeune. Je trouve bien le fait que chacun ait vraiment sa place dans la série, on a le temps de voir tout le monde, c’est bien équilibré !

 

 

 

 

La sécheresse est le point de départ mais c’est aussi un point d’entrée pour plein d’histoires personnelles et familiales…

 

Il y a plein de fils à tirer, il y a plein de niveaux différents de lecture, il y a plein d’entrées. Même si le fil rouge est important, parce que c’est, à la fois, la sécheresse, un sujet intéressant, mais c’est aussi la privatisation de l’eau, qui risque d’arriver, il y a toutes les histoires familiales, la recherche d’identité, …Oui, tout le monde peut y trouver son compte, vraiment !

 

D’ailleurs, quel regard avez-vous porté sur Mathias ?

 

C’est étonnant, je l’avais oublié en fait, je l’ai redécouvert là, en regardant les quatre épisodes, c’est celui qui fait un compromis et qui, finalement, ne fait pas forcément les bons choix. Pour plaire à son père et pour que les choses avancent, il prend des décisions qui ne sont pas forcément les plus justes. Mais il le fait dans un esprit de compromis…En tout cas, je n’aurais pas fait les mêmes choix dans la vraie vie ! C’est un personnage intéressant à jouer parce que j’ai souvent l’habitude, plutôt au théâtre, de faire des rôles plus gentils, plus conciliants et plus doux…Là, les quelques scènes que j’avais étaient plutôt des scènes un peu droites et dures. Donc c’est toujours plaisant de jouer quelqu’un qui n’est pas complètement soi !

 

 

 

 

Ce que je trouve bien aussi, dans la série, c’est que les personnages jeunes permettent de comprendre des choses sur les personnages d’aujourd’hui, et inversement. Cela se complète bien…

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Non, pas là. Je trouvais que c’était vraiment bien écrit, du coup le texte, travaillé en amont, et la situation, le jour J, ont fait le travail pour moi. Je crois que le premier jour était celui du conseil municipal, la salle était pleine, avec quasiment toute la distribution et plein de figurants, et il y avait la tension nécessaire, chacun défendait son point de vue donc il n’y avait pas à chercher plus loin, ça jouait presque tout seul. Je travaille évidemment en amont mais j’aime bien, ensuite, m’appuyer sur le réel, sur ce qui se passe au moment où ça se passe. Je trouve que c’est passé, je l’ai ressenti en voyant les épisodes !

 

 

 

 

Certainement êtes-vous impatient de pouvoir découvrir les retours du public ?

 

Bien sûr ! On a envie que ça plaise, évidemment. Avec les réseaux sociaux, on sent assez vite la couleur dans les commentaires et dans les partages. Donc, oui, je suis curieux de savoir ce que les gens en auront pensé…

 

En complément, vous avez tourné pour Sandra Perrin, sur France Télévisions, dans “La mère et l’assassin”...

 

J’arrive à la fin des quatre épisodes, dans le rôle du psychiatre, pour une séquence à laquelle la réalisatrice tenait beaucoup. L’intrigue est superbe, c’est un très beau rôle pour Hélène de Fougerolles. C’est l’histoire d’une mère et de son fils problématique, ça va assez loin dans l’aspect dramatique. J’ai hâte de voir le résultat final !

 

Mon personnage est là pour donner des clés de compréhension, dans une scène assez longue et très dialoguée. Il tente d’expliquer la vie de ce jeune garçon et pourquoi il a pu en arriver là. Donc c’est une séquence que j’ai vraiment aimé jouer. 

 

C’est la troisième fois que l’on se croise avec Sandra, c’est vraiment très agréable d’être rappelé et c’est vraiment un plaisir de la retrouver. Je sens qu’elle me fait confiance et qu’elle me donne de plus en plus de texte.

 

Il y a quelques semaines, vous êtes apparu sur TF1, dans la quotidienne “Ici tout commence”. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

J’étais très content d’être pris, vraiment, pour ce rôle de papa mais aussi de grand-père. C’est la première fois que l’on me confiait cela…D’habitude, j’ai beaucoup de rôles à fonction, médecin, banquier, notaire, président de tribunal, …Là, c’était un rôle sensible donc j’étais très content !

 

J’y suis allé un peu sur la pointe des pieds parce que je n’avais jamais fait de quotidiennes et je savais que le rythme y est très différent. Mais, en fait, grosse surprise, d’abord parce que j’ai la chance de tomber sur des partenaires vraiment géniaux, surtout les deux actrices qui font ma fille et ma petite fille, Laurence Facelina et Elsa Bois, et également Frédérique Marlot qui joue mon épouse. C’est un vrai exercice parce que le rythme est très soutenu…Moi ça va, j’ai été épargné mais elles avaient parfois plus de dix séquences par jour, ce qui est vraiment énorme. Il faut être assez efficace tout de suite et, en même temps, il faut essayer de rester fin et sensible. 

 

Ce que j’ai trouvé intéressant, sans que ce ne soit évident pour autant, c’est de changer de réalisateurs et de réalisatrices. J’ai eu, je crois, quatre jours avec, au total, trois réalisateurs différents, avec des regards et des façons de travailler qui le sont aussi. C’était un super exercice, cela demande d’être dans le présent et très très adaptable. Donc, à ma petite surprise, c’était une super aventure et j’espère que le personnage reviendra !

 

 

 

 

La palette de couleurs à défendre a été plutôt large…

 

Oui, c’était une histoire quand même assez lourde, avec un gros secret que l’on tenait avec ma femme depuis très longtemps. Dans cette petite arche, il a fallu l’avouer donc ça a donné des scènes qui demandaient beaucoup de concentration et d’intensité. C’était profond mais très agréable parce qu’on jouait cela en petit comité, où tout le monde était à fond dans l’histoire. Donc c’était vraiment plaisant d’y croire ! 

 

Certainement aussi que les décors étaient aidants pour vous projeter dans les intentions de jeu…

 

Oui, ce sont de très beaux lieux de tournage, que ce soit le château ou les salins…Ces endroits sont absolument sublimes, je n’ai pas arrêté de prendre des photos. C’était génial d’être dans des endroits pareils et ça crée, de suite, des environnements qui nous aident à croire à la situation dans laquelle on est.

 

 

 

 

Pour terminer, ces différents tournages sont, à chaque fois, l’occasion de vous glisser dans des peaux très différentes…

 

Oui, c’est le bonheur de ce métier, que je fais maintenant depuis bien longtemps. Même si c’est très court, on vit toutes ces vies et, à chaque fois, on se plonge dans une autre histoire. L’intérêt est de savoir comment, moi, je suis dans cette histoire, avec ces gens et avec ce costume. J’accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à ce dernier. C’est, je trouve, 50% du travail du comédien. Très vite, c’est à chaque fois une nouvelle planète.

 

Avant, au théâtre, il y avait vraiment les emplois (les jeunes premiers, la servante, le notable… etc) mais le théâtre contemporain s’est un peu éloigné de ça, il n’y en a plus vraiment, on parle davantage de soi, on est très proche de nous-même donc j’ai l’impression d’avoir toujours été moi sur scène, alors que c’étaient des histoires différentes. A l’inverse, sur les tournages, je trouve que l’on revient aux emplois… Ça joue sur les clichés, sur le physique et ça peut être un inconvénient, voire une limite mais, en même temps, ça permet de s’amuser à rentrer dans des personnages vraiment différents, ce qui est super et agréable !

 

Merci, Gilbert, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Emmanuel Lemire évoque sa belle et riche actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

@ Sarah Robine

 

 

 

Bonjour Emmanuel,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous serez présent, cet été, au festival d’Avignon…A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! J’y ai joué quatre fois et cela a toujours bien marché donc je n'ai que des bons souvenirs… J’adore l’ambiance qui y règne ! Alors, oui, c’est sûr que, parfois, il fait un peu chaud, et qu'il y a du monde, mais cette espèce de foire au théâtre est magique. Il y a près de 1 600 spectacles, c’est vrai que c’est beaucoup, mais vaut mieux trop que pas assez… Des spectateurs vont voir cinq pièces dans la journée, c’est vraiment ce phénomène de foire, dans le sens noble du terme, que j’adore donc, oui, je suis vraiment très content d'y retourner. 

 

Très simplement, comment pitcher le spectacle dans lequel vous jouerez ?

 

Le spectacle, “Louison et Monsieur Molière”, est l'adaptation d’un roman de Marie-Christine Helgerson. C’est l’histoire de la petite Louison, du “Malade imaginaire”, qui était une enfant de dix ans, fille de deux comédiens de la troupe de Molière, Jean et Jeanne Beauval, elle rêvait d’être comédienne, jusqu'à faire le singe devant Molière pour attirer son attention ! Ce qui a marché ! Elle était visiblement très attachante puisque Molière lui a écrit une scène, celle où elle ment à son papa, le malade imaginaire, affirmant que sa sœur Angélique (prénom bien choisi !) n’a pas de petit copain qui vient dans sa chambre…Le père va réussir à la faire parler, après qu'elle lui aura fait la peur de sa vie, par ruse, pour ne pas être battue. C'était "révolutionnaire" de mettre une enfant de dix ans sur scène devant le roi Louis XIV...

 

Je joue Molière, j'en suis très honoré et, en même temps, c’est très émouvant, c'est un peu magique et mystique. La pièce est très imagée, il y a de la musique, du chant, de multiples espaces scéniques. 

 

La metteuse en scène et adaptatrice, Axelle Masliah, est très jeune et déjà incroyablement mûre artistiquement. Elle se donne les moyens de ses ambitions et de ses rêves, c’est impressionnant. C’est très agréable, pour moi qui aurai 57 ans cet été, de jouer avec des jeunes. J’adore ce brassage !

 

 

 

 

Quelques semaines plus tard, vous enchaînerez, d’abord en tournée, puis à la Scala, à Paris, avec une autre pièce, dans laquelle vous jouerez plusieurs personnages…

 

Oui !! Coline Serreau en est la metteuse en scène, j’ai une chance folle de l’avoir rencontrée en atelier, elle qui va adapter “La crise” au théâtre. On sera six comédiens et, effectivement, nous serons plusieurs à jouer plein de rôles différents. J’aurai quatre personnages… Je ne sais même pas quel adjectif trouver, c’est une chance inouïe de côtoyer Coline Serreau ! Et aussi sur scène, car elle va elle-même jouer trois rôles. Elle est d’une exigence impitoyable, je pense que c’est une génie. Oui, au féminin, c'est quand même mieux, non ? Elle a fait des films qui restent ancrés dans la mémoire collective, c'est une précurseuse, elle avait raison sur tant de choses, et elle est à mourir de rire, elle a un clown en elle qui surgit tout le temps. Voir tout cela jour après jour dans le travail est une chance inimaginable, que je savoure profondément. Nous irons également à Avignon, à la Scala, mais en 2027 !

 

Le fait d'enchaîner ces différents personnages vous permettra sans doute une palette de jeu large et variée ?

 

Oui, oui, on va s’amuser ! Cela va du député snob au père qui se fait larguer, en passant par un médecin homéopathe contrarié par sa femme et un communiste au cœur grand comme ça, le frère de Michou, qui l'a élevé. Donc ils sont tous différents mais je pense qu'on sera toujours dans le code de jeu de Coline, que j'appellerais le "comique vrai", ou le "comique profond" : l'Auguste ET le clown blanc. Ce qui fait que c’est touchant, car profondément humain. Sans parler de son sens du rythme. C'est une grande musicienne. 

 

 

 

 

Commencer en province puis venir à Paris sera l’occasion de rencontrer des publics très différents…

 

J’avais arrêté le théâtre pendant près de 15 ans parce que c’était trop compliqué avec mes quatre enfants. J’ai obliqué vers des dramatiques à la radio, puis du doublage, des voix de pub, puis des livres audio… Mais avant cela, j’en avais fait quinze ans et c’est vrai que le public de Paris est très exigeant, ce qui est tout à son honneur mais il est un peu plus froid quand même. En tournée, les gens apprécient de façon plus simple ce qu’on leur propose…Ils sont encore plus contents de venir au théâtre pour se détendre et se distraire. Donc j’imagine que ce sera une pure joie de jouer devant eux une pièce mythique comme “La crise” ! 

 

En parallèle, vous jouez une autre pièce dans des endroits improbables et participez au développement aussi d’un autre spectacle…

 

Ce dernier est très beau, écrit par deux jeunes également, Melchior Lebeaut et Marié Vaisy, sur l’inceste. “Ogre”, ou peut-être “La Poucet”, le titre n'est pas définitif. C’est une sorte de conte qui raconte l’histoire d'une famille dont le père a violé la majorité de ses enfants et dans laquelle je jouerai le violeur. C’est quand même assez particulier d’interpréter un tel rôle. Je le disais précédemment, jouer avec de jeunes comédiens est vraiment un enrichissement énorme ! On a tout à apprendre de leur façon de faire ce métier … J’espère que ce spectacle se montera (nous avons obtenu l'Adami déclencheur) car c’est un thème, malheureusement, qui concerne 10% des français, 6 millions et demi de personnes ! Nous avons fait deux présentations publiques qui ont été extrêmement bien reçues. C'est incroyable qu'on m'ait proposé ce rôle, car j'ai moi-même été violé par mon père dans ma jeunesse. Je l'ai dénoncé à vingt ans, il s'est suicidé six mois plus tard. Je me permets de le dire ici car mon petit frère, Romain Lemire, a écrit un livre magnifique sorti le 9 avril de cette année 2026, aux éditions du cherche midi, qui s'appelle “Clément”, et qui raconte tout cela sous la forme d'un roman d'autofiction. C'est un livre incroyable que je recommande à tout le monde. Il permet de comprendre à hauteur d'enfant comment se vit cette situation abominable. C'est un scandale sociétal, un crime de masse, qui devrait être pris à bras le corps par les autorités. Il vient d’ailleurs d'obtenir le prix Goncourt du Premier roman 2026.

 

L’autre spectacle raconte - superbement, c'est un texte qu'Eduardo Manet a coécrit avec Aphrodite de Lorraine - l’histoire d’amour entre Saint-Exupéry et sa femme Consuelo Suncin. Un mariage qui a duré 14 ans, qui a commencé par un coup de foudre, un baiser en avion au-dessus de Buenos Aires et qui s’est terminé à la mort d'Antoine, abattu dans son avion la veille de sa démobilisation. On connait mal l’histoire de cette femme et de cet amour car sa belle-famille l’a un peu évincée. C’était une magnifique peintre salvadorienne, trompée en permanence par son mari, malgré leur amour passionné. Effectivement, on a joué dans des endroits étonnants, au Kosovo, en Mauritanie - et d’autres endroits lointains pourraient bien advenir. Mais Paris serait évidemment parfait pour jouer ce spectacle remarquablement mis en scène par Patrick Alluin. 

 

 

@ Sarah Robine

 

 

Votre parcours est très riche et très varié. Récemment, les téléspectateurs de TF1 ont pu vous voir dans la série quotidienne “Demain Nous Appartient”. Quels souvenirs gardez-vous de ces 15 jours de tournage à Sète ?

 

C’est la première fois que je participais à un tournage aussi long, même si, juste avant, j’avais passé trois jours sur un très beau long-métrage, “L'Abandon”, de Vincent Garenq. qui raconte l’assassinat de Samuel Paty. Il sort le 13 mai 2026. Cela n’a rien à voir avec une quotidienne de télévision, où il y a trois équipes différentes qui tournent en même temps et où on peut faire six séquences en une journée, ce qui est énorme. Mais, dans les deux cas, qui sont donc à l’opposé l’un de l’autre en termes de rythme, j’ai adoré le travail. C’est quand même, à chaque fois, magique d’être comédien !

 

C’est bien de savoir faire et de savoir dire mais le cœur du métier reste dans l’émerveillement, la surprise et l’étonnement. Il y a des auteurs magnifiques et, nous, comédiens, moins nous allons faire de choses, mieux ce sera. C’est encore plus vrai à l’image parce que la caméra voit tout, elle vient voler la vérité. J’ai donc pu éprouver cela à la télévision et au cinéma, à quelques semaines d'intervalle, c'était étonnant et passionnant.

 

Votre personnage, sur DNA, vous a permis une palette de jeu large et variée…

 

Oui, c’est vrai que, au début, ils voulaient qu’on croit qu'il s'agissait d'un individu dangereux, en tout cas un "méchant" et, en fait, on se rend compte qu'il protège ses filleules et qu'il les aide. C’était assez drôle d’ailleurs, parce qu'il y a des coachs sur la série, qui sont assez présents et c’était compliqué pour eux avec mon personnage : je peux facilement avoir l’air très méchant et faire peur donc, au début, ils venaient me dire que c'était trop…Il fallait quand même doser pour que, à la fin, on comprenne que c’est un gentil et, en même temps, il ne fallait pas qu’il soit trop gentil au début, sinon ça gâchait le suspens. C’était un dosage assez subtil et très drôle à faire ! J'étais content parce qu'au début, sur les réseaux et les forums, les commentaires disaient que j'étais terrifiant, et ensuite, les gens s'étaient attachés à moi et voulaient que je revienne !

 

J’ai adoré cette expérience et cette ville, j’ai adoré le professionnalisme des équipes. La série existe depuis 8 ans, tous se connaissent très bien, c’est familial et l’ambiance est très bonne. Sans parler de la lumière de Sète… Cette ville est magique !

 

Soutenir un tel rythme sur le plateau doit être une vraie école ?

 

C'est vrai. Mais le théâtre est très requérant également. C’était effréné, oui, mais, même les jours où j’ai eu six séquences, l'adrénaline est là, il y a toujours des petits moments d’attente, les coachs en profitent pour donner des conseils. On est très bien pris en charge. Tous sont tellement pros ! Je n’ai pas du tout paniqué ni même été désarçonné, je me suis senti un peu comme un poisson dans l’eau. C'était juste très excitant, très rigolo. Vraiment ludique… Et j'ai sympathisé avec beaucoup de comédiens, récurrents ou guests. 

 

 

@ Sarah Robine

 

 

Avez-vous regardé le rendu final, aussi pour capitaliser sur votre jeu ?

 

J’ai réussi, sur le plateau, à être dans l’instant mais j’ai vraiment apprécié aussi de regarder les épisodes…En fait, je me découvrais à l’image. Je l’ai trouvé très belle, c’est bien filmé, l’éclairage et la photo sont très beaux donc j’ai été positivement surpris de ce que ça donne, moi qui ai quand même passé 30 ans de ma vie à penser que je n’étais pas photogénique…

 

Au même moment, étiez-vous aussi curieux des réactions des téléspectateurs ?

 

Oui, oui, cela m’amusait d’aller voir un peu les réactions ! Il y a même quelqu’un d’adorable qui m'a demandé l'autorisation de créer un compte Instagram en soutien à mon personnage… Il y a toute une vie autour de la série et ça m’a fait plaisir de communiquer avec ces fans. Beaucoup m’ont écrit des choses très gentilles, d’ailleurs. 

 

Pour terminer, on pourrait penser que toutes vos cordes artistiques sont très éloignées les unes des autres mais ne sont-elles pas, finalement, complémentaires ?

 

C’est une question quand même compliquée…mais, oui, j’aurais tendance à dire que tous ces cousinages se nourrissent les uns les autres ! De même que l’art se nourrit de la vie. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’émerveillement, l’étonnement, le lâcher-prise, le fait de se mettre au service d’un texte ou d'une situation sont, je trouve, toujours présents. C’est le même phénomène qui se produit à chaque fois. Je le retrouve en enregistrant des livres audios (j'en ai enregistrés plus de cent...) alors que je suis tout seul en studio, avec un ingénieur du son bien sûr, enfermé pendant 40 heures d’enregistrement. C’est pareil, je me projette alors dans les situations, je joue les dialogues, je suis un peu plus en recul quand je suis le narrateur, je crée des voix et je me laisse traverser par des vies qui ne sont pas la mienne…

 

C'est fondamentalement chaque fois la même chose, tout est complémentaire : se laisser happer, surprendre. C'est un métier extraordinaire, quand on a la chance de le pratiquer.



 

Merci, Emmanuel, pour toutes vos réponses !

 

Merci beaucoup de votre gentillesse et de vos questions. C'était une joie d'y répondre...

À bientôt dans les salles de théâtre ou à l'écran !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Jeanne Pajon nous en dit plus sur sa belle et variée actualité, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Jeanne,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

Vous êtes actuellement sur scène, à la Comédie Bastille, dans la pièce “Napo”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Ah oui, oui, c’est vraiment une grande joie de jouer avec toute cette équipe ! Ils sont tous géniaux, et m’ont accueillie à bras ouverts au moment où j’ai rejoint l’aventure, qui était déjà en cours depuis quelques mois. Je suis en alternance avec Salomé Granelli sur le rôle. Cela me permet de pouvoir aller à fond dans ce que j’adore, c’est-à-dire la comédie et je joue avec des acteurs qui renvoient très bien la balle. Oui, c’est un bonheur tous les lundis et mardis soir, on s’amuse bien sur scène… ! En plus, c’est un texte qui est très proche de l’actu, du coup, on peut le remodeler, ce n’est jamais vraiment la même pièce à chaque fois. Il y a toujours, bien sûr, le même texte mais il y a des petits trucs en plus, on trouve des choses, on se surprend les uns les autres et c’est en cela que ça se différencie d’une pièce de Molière par exemple. J’avais adoré jouer Célimène dans “Le Misanthrope”, mais évidemment il est impossible de modifier les alexandrins, c’est là la beauté, trouver la liberté dans la précision… Dans « Napo », c’est une liberté différente. Pouvoir moduler, essayer différentes répliques sur scène est génial. Eric Delcourt est connu pour ses comédies et on comprend pourquoi, les gens sont vraiment avec vous, ça rigole beaucoup. C’est une joie, oui c’est le bon mot, de retrouver le plaisir de jouer, d’être sur scène avec ses partenaires, devant le public…c’est super !

 

Sans tout en dévoiler, avec vos mots, comment pitcher ce spectacle ?

 

Souvent, quand on me demande d’expliquer la pièce, je dis que c’est Napoléon qui est en train de « pilonner » les anglais, selon ses mots, à Waterloo. Sauf que, lors d’une explosion, il se retrouve propulsé dans une faille spatio temporelle en 2026, en plein milieu d’une manifestation de gilets jaunes. Il se rend compte qu’il n’est plus empereur de France et que  l’empire est beaucoup plus petit maintenant… forcément il se demande ce qui s’est passé. De là, il va rencontrer toute une équipe de jeunes, dont Sarah, mon personnage, une féministe écolo de gauche, tout l’inverse de Napoléon… ce qui va créer une friction qui est très amusante.

 

C’est une comédie, évidemment, les gags s'enchaînent, c’est très rythmé !

 

Quel regard portez-vous justement sur Sarah, votre personnage ?

 

Je trouve que c’est une femme forte, qui est engagée. Elle a également beaucoup de douceur et d’empathie, c’est pour ça qu’elle décide d’aider quelqu’un qui est à son opposé, mais non sans avoir quand même un côté très businesswoman, où elle y voit ses fins. Elle se dit que Napoléon est ce qu’il est, elle sait très bien qu’elle ne va pas pouvoir le changer intrinsèquement mais qu’elle va peut-être pouvoir le diriger, pour arriver à son objectif, celui d’avoir un président sensible à l’écologie, sensible aux droits des femmes et à leur protection. Là où, malheureusement, Napoléon veut juste détruire les anglais, c’est son leitmotiv…

 

La palette de jeu associée doit être très plaisante pour vous ?

 

C’est super plaisant ! Je le disais, Sarah est très empathique mais, à côté de cela, c’est une femme qui sait aussi où elle va. Elle est le seul personnage féminin de la pièce, il y a ce côté où elle maintient les trois gugus qu’elle a en face d’elle. Néo, son frère, joué par Boubacar Kabo, un excellent comédien, est complotiste et Sarah n’arrive pas à le tenir en place. Elle qui est très droite dans ses idées, se retrouve avec son frère qui est prêt à croire à la moindre théorie du complot…Il y a aussi son ex, Stan, joué par Solay, c’est un avocat un peu véreux, qui ne va que là où il y a de l’argent. Au milieu de tout cela, Sarah est un peu la seule qui a de vraies valeurs, elle qui veut aller quelque part où ça fera le bien dans le monde. 

 

Donc c’est un plaisir d’interpréter ce personnage de femme forte et droite dans ses bottes ! Il y a plein de choses à jouer, il y a beaucoup de réceptions aussi, notamment des dingueries dites par Napo, c’est très cool.

 

Et je joue d’autres rôles, au début de la pièce. J’ai la chance de pouvoir interpréter une commissaire de police intransigeante, ainsi qu’une infirmière complètement cagole et désabusée. Il y a donc toute une palette de personnages à jouer, et toute une palette de situations aussi, c’est très corporel, c’est très physique, on sue sur le plateau et Napo sous son bicorne.

 

 

 

 

Vous l’avez dit, vous avez rejoint cette aventure après son lancement. Au moment de vous glisser dans la peau de ces personnages, aviez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

 

Pour l’infirmière, j’ai beaucoup pensé au sketch des Inconnus, aussi parce qu’Eric m’en avait parlé lorsqu’on l’avait travaillé ensemble, avec ces infirmières lentes dans leur corps, qui ont le droit de faire ce qu’elles veulent de toute manière parce que, sans elles, on est mal…Donc, maintenant, c’est à leur rythme et c’est comme ça ! J’adore ce côté un peu pleins pouvoirs qu’elles utilisent, elles ont bien raison…

 

Pour Sarah, ce n’était pas compliqué, je me sens assez proche d’elle, c’est un personnage actuel, jeune, féministe, écolo, je pense que j’arrive assez bien à me représenter ce que Sarah peut ressentir et comment elle vit. J’admire ce personnage-là par sa détermination et sa manière de gérer les situations complexes. C’est en cela aussi que je prends plaisir à la jouer, elle sait où elle va. Mais, du coup, je chope également l’inspiration en pensant à toutes ces femmes qui sont activistes et qui sont sur le devant de tous les combats féministes ou écologiques. Je pense à elles dans ces moments-là, c’est ce qui me donne le ton pour incarner Sarah sur scène et essayer de la faire de la manière la plus juste possible.

 

D’ailleurs, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir ?

 

Souvent, on nous dit qu’on a beaucoup d’énergie ! Les gens trouvent ça génial que ce soit aussi actuel, politique mais sans prendre forcément parti. C’est vrai que tout le monde en prend pour son grade dans cette pièce, il n’y a pas du tout de bord politique qui est mis en avant.

 

Les spectateurs ressortent en ayant passé un bon moment. C’est vrai qu’Eric, dans le personnage de Napo, fait une vraie performance. Il tient la pièce du début à la fin. C’est grâce à ce personnage-là que la comédie peut exister. Donc, à la fin, les gens nous félicitent pour notre jeu et notre implication, ils sont ravis, ils ont passé le bon moment qu’ils étaient venus chercher.

 

En parallèle, à la rentrée, vous ferez vos premiers pas au cinéma, dans un long métrage…

 

“La maison de nos rêves” est réalisé par Claude Zidi Jr. J’étais ravi de pouvoir participer à ce film, c’est mon premier rôle au cinéma. Je joue Eden, la meilleure amie du personnage principal interprété par Camille Aguilar, aux côtés de Kev Adams. Mon personnage est marié à Guillaume, incarné par Paul Deby, on est le couple de blonds par excellence…Tout nous réussit dans la vie, on est riches, on est blonds, on est insupportables, on boit du matcha le matin, on fait du yoga… On a réussi notre vie, on ne sait pas comment, mais on ne manque pas de le montrer à tout le monde. C’était très drôle à jouer. En plus, de retrouver mon ami Paul en acolyte, c’était encore mieux ! 

 

A l’image, l’épisode inédit de “Joséphine, ange gardien”, “Les sirènes”, avait été diffusé en fin d’année dernière sur TF1. Quels souvenirs gardez-vous de ce tournage ?

 

On avait tourné l’épisode il y a un peu plus de deux ans. J’étais très heureuse d’avoir obtenu ce rôle-là, d’autant plus que ça mêlait le sport et le jeu. Dans l’épisode, notre jeune bande apprenait à pratiquer la natation synchronisée et, pour se faire, on avait dû prendre de vrais cours. Ça avait été extraordinaire, on avait eu des leçons intensives pendant un mois et demi. Je me rappelle que, dans les dernières semaines avant le tournage, on nageait chaque jour pendant quatre heures, c’était énorme. On avait même appris une chorégraphie avec des portées. C’était un grand bonheur et un vrai épuisement en même temps ! Cela nous a permis aussi de créer une bonne team car, on le sait, le sport d’équipe a plein de bienfaits, notamment celui de souder les gens entre eux.

 

Et puis, l’équipe était formidable, c’était un tournage très familial. Le réalisateur, Nicolas Herdt, était super sympa et très à l’écoute. Jennifer Lauret et Mimie Mathy étaient très professionnelles, c’était un bonheur de tourner avec elles.

 

 

 

 

Le succès d’audiences a certainement dû vous faire chaud au coeur ?

 

Oui, oui ! Nous l’avons, nous aussi, attendu pendant deux ans donc on était très heureux, déjà, d’apprendre sa diffusion. De voir à quel point il a été bien reçu nous a terminés de joie ! C’était fait, jusqu’au bout, et bien. Enfin, on avait la récompense des retours du public, qui était très content de cet épisode. J’ai reçu des messages de gens qui avaient adoré. C'était un beau cadeau de fin d’année !

 

Quels sont, en complément, vos autres projets en cours et à venir ?

 

Vous pouvez toujours me suivre sur les réseaux sociaux, où je fais beaucoup de pastilles humoristiques et où je mets mon actualité.. 

 

À côté de ça, je suis également dans la web-série “On vous rappellera”, visible sur la plateforme Playzer, ou sur leurs réseaux sociaux. Ce programme humoristique se passe dans un bureau de production. La saison 2 devrait se tourner bientôt…

 

Depuis plusieurs années, nous écrivons un film avec Eva Ramos, Romain Compagny, Vera Stadler et Thibaud Erpicum… Depuis plusieurs mois, nous avons la chance de le développer avec une production, donc nous espérons qu’il verra bientôt le jour ! C’est une comédie-dramatique en huis clos. 

 

C’est vrai qu’il y a de quoi faire et je m’amuse partout. Donc, pour l’instant, je continue sur cette lancée ! L’idée est de pouvoir, avant tout, être heureuse dans ce que je fais et avec qui je le fais. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans des cases, j’espère pouvoir toucher à tout pour la suite de ma carrière, garder de la comédie, bien-sûr, mais aussi faire du drame !

 

Merci, Jeanne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Ciné+ OCS / Deep : Dimitri Storoge évoque cette nouvelle série, diffusée à partir du 12 mai prochain !

Publié le par Julian STOCKY

© Fabien Campoverde / WHITE LION FILMS / CINÉ+ OCS

 

 

 

Bonjour Dimitri,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival CreaTVty, juste après la projection de “Deep”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présent ici afin de défendre ce beau projet ?

 

Oui, oui, je suis hyper content de pouvoir venir le présenter. C’est intéressant, en plus, parce qu’on avait fait une projo, pour les amis et la famille, avant l’été et, là, ça recommence avec celle-ci. Donc c’est cool de commencer à pouvoir le voir ailleurs, de pouvoir l’accompagner, devant du public, de voir les réactions, de pouvoir discuter. 

 

C’est un projet un peu particulier, c’est un peu un voyage dans le temps…

 

Si l’on en revient à l’origine de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie d’y participer ?

 

Le projet ! Avec Aurélien, le réalisateur, qui a aussi écrit la série, on avait fait une autre série, en 2018, “La révolution”, où il n’était “que” showrunner, c’est-à-dire qu’il avait écrit les épisodes mais qu’il ne les avait pas du tout réalisés. On est devenus copains, on ne s’était jamais perdus de vue depuis, on se parlait, on a traversé le confinement ensemble, on est restés proches et on avait envie de retravailler ensemble…Lui de filmer, moi de travailler avec lui qui filme et qui dirige, sur quelque chose qu’il avait écrit. C’était là, on s’en parlait de temps en temps et puis, à un moment, il m’a évoqué “Deep”, mais juste il y pensait, il n’avait pas encore écrit la série. Il m’a demandé si ça me dirait de faire cela et, oui, j’étais chaud ! Donc j’ai eu la chance d’être intéressé au projet vraiment très en amont !

 

Après, il m’a envoyé la série, j’ai vu le contenu, j’ai vu le personnage, j’ai vu le propos, donc c’était comme une évidence d’y aller, il n’y a pas eu de questionnement. Je n’ai pas eu besoin de découvrir l’univers d’Aurélien, je n’ai pas eu à faire tout ce processus, que l’on fait généralement.

 

 

© Fabien Campoverde / WHITE LION FILMS / CINÉ+ OCS

 

 

Votre personnage, justement, vous permet une palette de jeu large et variée…

 

Oui ! On est quand même sur un personnage dense, qui existe, qui a ses failles, qui a son univers…mais il a quelque chose qu’on ne me propose pas si souvent, de la drôlerie à essayer d’apporter ! Donc je me suis beaucoup amusé à le faire, je me suis bien éclaté ! Je ne sais pas si je suis bon, c’est le début mais, en tout cas, je me suis éclaté…C’est déjà pas mal…

 

Le contenu est très original, en noir et blanc, avec beaucoup de références…

 

C’est une série picaresque, de bras cassés, que l’on envoie, pendant la deuxième guerre mondiale, voler un sous-marin allemand…et qui découvrent que ce dernier est une machine à voyager dans le temps ! Donc il y a plein de références cinématographiques que l’on a tous et, en même temps, que l’on ne traite pas tant que cela en France. Il y a énormément de séries ou de films de voyages dans le temps mais plus de l’autre côté, aux Etats-Unis. Il y a beaucoup de films sur la seconde guerre mondiale mais pas avec ce traitement-là, un petit peu à la Tarentino, une des grosses références d’Aurélien contre laquelle je lutte très fort, par principe. Donc il y a beaucoup de place pour s’amuser et être un petit peu originaux, pour essayer, en tout cas.

 

 

© Fabien Campoverde / WHITE LION FILMS / CINÉ+ OCS

 

 

Ce projet a aussi été l’occasion de côtoyer un très chouette casting…

 

Oui, oui…A part un ou deux connards…. 🙂 Non, non, c’était très chouette ! Ce sont des gens avec qui c’était très agréable de travailler sur le tournage. C’est obligatoire, en plus, parce que, ce qu’il y a de génial avec ces séries signature de OCS, c’est qu’il y a une liberté totale sur l’artistique et sur le ton mais la contre-partie, je dirais, qui oblige à être très créatif et très concentré, c’est qu’il y a peu d’argent, ce qui veut dire pas beaucoup de temps. C’est une série de 8 fois 20 minutes, qui a été tournée en 27 jours, avec des costumes, avec des décors, avec des effets spéciaux donc on est obligé, quand même, d’être vachement concentré sur le coût, pour simplement aller au bout.

 

Certainement êtes-vous impatient de pouvoir proposer la série plus largement, au grand public, et de découvrir les retours ?

 

Oui ! Avec les séries, on n’a peu d’avant-premières, encore moins pour voir l’intégralité du programme. Les 3 premiers épisodes sont déjà assez weird mais plus ça avance, plus c’est jusqu'au boutiste, dans le propos et dans le procédé, jusqu’à atteindre une espèce de paroxysme dans un épisode que j’aime beaucoup et qui est complètement fou, vraiment. 

 

Merci, Dimitri, pour toutes vos réponses !

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Ciné+ OCS / Deep : Aurélien Molas nous présente ce nouveau programme, dont il est à l'origine !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Aurélien,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival CreaTVty, pour la projection de “Deep”. On imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, d’être présent ici ?

 

Le mot n’est pas galvaudé de dire, déjà, que c’est un plaisir ! C’est même un honneur…C’est une joie, en fait, déjà de participer à ce festival, dont j’avais beaucoup entendu parler. Il est tout neuf, tout récent, il n’y a pas tant de festivals de fictions et je les avais un peu écumés avec mes anciens projets donc, là, il y a quelque chose de frais. On m’avait vanté, aussi, la convivialité de ce festival et je trouve que la convivialité est, justement, ce qui manque dans ce bas-monde…En fait, je ne suis pas déçu ! 

 

C’est chouette de pouvoir se retrouver là ! Évidemment, c’est émotionnel parce qu’on présente une série mais je ne sais pas, l’ambiance du festival me plaît beaucoup, en tout cas me correspond…

 

Si l’on revient à la genèse de cette belle aventure, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie et l’idée ?

 

Je peux être très loquace là-dessus 🙂…Je vais essayer de le faire assez simple ! A la base, il y avait une envie, en fait, de faire une série de sous-marins, ça partait vraiment très basiquement d’un genre plutôt cinématographique jamais trop exploité en France. Donc c’est partie de cette idée-là, plutôt d’un concept, en fait…et il s’avère que la chaîne Ciné+ OCS m’a suivi mais, à partir de là, il fallait bien raconter une histoire. C’est là que les choses ont commencé à évoluer. Au début, ça devait être un thriller anxiogène dans un sous-marin et je savais qu’il y aurait un élément fantastique, en tout cas que le voyage dans le temps allait apparaître mais il y avait quelque chose qui coinçait, dans le ton dramatique ou sérieux. Dans ma tête, je n’y arrivais pas, je l’avais trop fait dans d’autres séries que j’avais pu écrire, développer et créer…Là, j’avais envie de me confronter à une autre part de ma personnalité. Cela s’est fait un peu comme ça, avec, de fil en aiguille, l’envie d’avoir des héros qui sont des anti-héros, de jouer avec des codes de cinéma et aussi de bande-dessinés, en un sens…Je voulais que “Deep” ressemble à une illusion de fourre-tout, au départ, qui, petit à petit, se réorganise avec, à l’intérieur de cela, la transmission d’un amour du cinéma et de la série, avec des références multiples, que les gens voient ou ne voient pas, peu importe, mais qui sont les miennes et que j’ai réinventées. Voilà, il y a un vent de liberté, c’était l’ambition ! Je voulais surtout que les gens passent un bon moment, sans ambition de fond…J’ai même voulu titré “Deep, attendez vous à voir une série sans fond”...mais les producteurs n’ont pas voulu 🙂. 

 

Il y a une phrase de Dupontel que j’aime citer, “Il ne faut jamais se prendre au sérieux mais faire les choses sérieusement”. Cela a été le mot d’ordre, c’était sur la feuille de service du premier jour de tournage ! C’est ce que j’ai demandé à toutes mes équipes.

 

J’ai aussi eu l’envie de travailler avec de nouveaux visages, certains techniciens avaient 20 ans mais je voulais que tous aient l’amour du cinéma. C’est quelque chose qui me manque, je le retrouve difficilement en salle ou dans les séries, cette liberté-là me manque. Je me suis dit que, plutôt que de me plaindre dans mon coin et de jouer les frustrés, il fallait que j’essaie de le faire. C’est comme cela que c’est vraiment né !

 

Les épisodes montrent une vraie qualité artistique, avec une très belle image…

 

L’exigence plastique, purement esthétique, a été le vrai grand défi, en fait. Je savais que c’était ce résultat-là que je voulais, personne ne pensait que ce serait possible dans le budget alloué mais, avec des gens compétents, de la réflexion, de la bonne énergie, du noir et blanc, c’est devenu possible…J’ai collaboré avec une boite d’effets spéciaux qui, depuis, a tous mes projets, tellement ce qu’ils ont fait pour une bouchée de pain est extraordinaire. J’ai aussi travaillé avec les artistes, assis à leur table. C’est-à-dire que j’ai brisé tous les protocoles de production et de post-production classiques, à me dire que l’on n’a pas d’argent mais que si on collabore, si on pense, si on discute, si on échange, c’est là que vont naître les grandes idées. Mon job, après, est de choisir lesquelles vont être les meilleures pour la série…Il y a des idées de mon chef opérateur, de la cheffe costumière et des comédiens. Donc il y avait ce côté participatif et, pour moi, l’exigence était de se dire que l’on n’a pas d’argent mais que le téléspectateur, lui, en fait, ne le sait pas. Surtout, il allume la télé et ne sait pas combien ça a coûté, il s’en fout, ce qu’il veut, c’est que ça soit beau, que ça claque, que ça l’amuse, que ça le distrait. 

 

Je me suis dit que j’allais taper au plus haut de ce que l’on pouvait faire et le noir et blanc a été mon parti pris le plus radical. Il a beaucoup effrayé la chaine, au départ…Vraiment, ils étaient très réticents, j’ai dû me battre pour cela, ils avaient peur que ça fasse vieillot mais je leur ai garanti que ça n’allait pas l’être…Le noir et blanc est moderne ! Peu importe le média, si on est solide sur ses références et sur ce que l’on a envie de transmettre, les questions de modernité ou de non modernité me passent un peu au-dessus. On a rajouté des touches de couleurs juste pour s’amuser, parce que c’était beau. J’avais cette image du poisson rouge, qui est un hommage à “Rusty James” de Coppola, donc ce ne sont que des images de cinéma avec lesquelles j’ai grandi, remixées, réinventées et proposées aujourd’hui.

 

 

 

 

Vous êtes accompagné également d’un très beau casting…

 

J’ai eu de la chance, j’ai eu carte blanche sur le casting. Je voulais absolument retravailler avec Dimitri donc il était casté avant même d’être casté. Foed Amara a été casté dans le rôle de Félix et il apporte quelque chose de vraiment fort. Ilyès Salah a aussi été une découverte, il apporte dans le personnage de Jules un peps et une façon d’être incroyables. Pareil pour Bamar Kane : il est arrivé pour le casting et, à la seconde où il s’est assis, je savais que c’était lui. C’est un mec étonnant, il est sénégalais, il est en galère de titre de séjour…mais c’est un mec d’une intelligence, d’une culture, d’un smooth, d’une façon de jouer, il est métronome. Il apparaît dans de grandes productions Netflix et il a voulu jouer dans “Deep” donc je l’ai accueilli 🙂.

 

L’important était que les quatres, ensemble, fonctionnent. C’était marrant, leur complicité se développait au fur et à mesure du tournage, jusqu’à exploser à l’écran dans les épisodes 4 et 5. C’était fou de les voir ensemble !

 

Pour le reste du casting, Philipp Hochmair joue le grand méchant nazi, pareil c’est un acteur qui a eu l’équivalent du César en Allemagne mais qui voulait absolument tourner en français. C’était son objectif, il s’est mis un défi…J’adore Armelle Deutsch depuis longtemps, elle joue Gretta, elle a adoré le rôle, elle tourne tous les mois dans des trucs énormes mais, là, elle a accepté pour un cachet de misère parce que de jouer le rôle d’une scientifique nazi la faisait mourir de rire. Elle a pu inventer un accent et jouer avec son image. Enfin, Alyzée Costes est l’atout charme, elle joue Lucie et, pareil, elle avait été extraordinaire dans “Les papillons noirs”, sur Arte, où elle avait le rôle principal mais elle est venue là parce qu’elle aimait le script. Donc j’ai eu une chance dingue ! En fait, l’enthousiasme du projet a compensé tout ce qui, normalement, est un frein : les cachets très bas, la production difficile, avec 6 à 12 minutes utiles par jour…Mais ils ont accepté tout cela et m’ont donné le meilleur d’eux-mêmes ! Du coup, j’ai essayé de leur rendre…Ils ont beaucoup eu le droit de faire de l’impro et de s’amuser…C’est assez chouette !

 

Certainement êtes-vous impatient de pouvoir proposer la série au grand public et curieux des réactions ?

 

Très curieux et vraiment impatient ! Même pour cloturer le sujet pour moi…On a fini la série en 2024…J’ai hâte de voir comment ça va réagir. Je sais que c’est un public de niche et j’espère que le programme va justement toucher ce public de niche parce que c’est pour lui que je l’ai fait, pour des gens qui aiment passionnément ce décalage. Peut-être que quelques curieux vont tomber dessus, vont se demander “Qu’est-ce que c’est ce truc ?” et vont rester un peu plus longtemps…jusqu’à passer une bonne soirée à se marrer ! Ce serait la plus belle des récompenses !

 

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

 

Mon prochain projet est un long-métrage de cinéma, une adaptation d’Edgar Allan Poe. Si tout va bien, il sera en tournage au deuxième semestre 2026…

 

Merci, Aurélien, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Ménopause : Kareen Antonn évoque ce chouette spectacle, ainsi que ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Kareen,

 

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

 

L’aventure “Ménopause” poursuit sa belle et longue route, à Paris et en province. A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous ?

 

Oui, c’est impressionnant ! Alex Goude a vraiment visé tout le monde avec un humour accessible, sans prise de tête, avec des jeux de mots et des choses très légères. En même temps, il fallait qu’il y ait quand même un fond explicatif, pas loin du médical. Quand ça avait commencé, on s’était, nous, posé la question de quel public ça allait vraiment toucher. On pensait que les hommes n’allaient peut-être pas être concernés mais on a eu vraiment la surprise, sur scène, de voir un public qui passait par toutes les émotions et, surtout, à la sortie, de voir un nombre de femmes venir nous dire non pas “Bravo” mais “Merci, je me suis reconnue. D’un coup, je culpabilise moins. Mon mari a compris”. Les hommes nous disent “Ca y est, je comprends ma femme”, “Je comprends ma soeur”, “Je comprends ma mère”. 

 

On s’est rendus compte de la portée hyper thérapeutique de ce spectacle, qui réussit à faire rire sur une souffrance que les femmes n’osaient pas exprimer. La ménopause est un sujet tabou. Ce qui est assez dingue, c’est qu’en réalité, il l’était pour moi aussi. Quand Alex m’a proposé ce rôle, j’étais limite vexée, à lui dire “Mais, Alex, je n’ai pas l’âge d’être ménopausée ! Je dois prendre comment ta proposition ?” (Rires). Il se trouve que, dedans, je joue le rôle d’une actrice qui est complètement tirée au botox dans tous les sens donc, en soi, ce n’est pas un problème que je ne fasse pas l’âge du personnage. C’est vrai que, sur le moment, j’ai eu quelques interrogations. En fait, ce n’est pas vexant car ça ne concerne pas uniquement un pourcentage des femmes, ça nous concerne toutes ! Plus je suis dans cette pièce, plus je réalise que c’est extrêmement cathartique pour moi aussi. Je ne dis pas que j’ai hâte mais j’appréhende la ménopause de manière très différente: non plus comme une triste fatalité mais comme une étape de vie. Ce n’est pas une fin en soi…C’est super important, culturellement et socialement, que les choses soient retournées dans ce sens-là parce que les femmes se sentent mal à l’aise avec ce qui n’est qu’une étape au final. 

 

Je pense donc que le succès de cette pièce est dû au fait que ce spectacle soit thérapeutique, qu’il fasse du bien, qu’il dédouane les femmes de se sentir coupables et qu’il démystifie cette étape de vie. En plus, on rit beaucoup! La ménopause a l’avantage d’être un sujet qui ne se tarira jamais, qui ne s'arrêtera pas. Ce n’est pas un thème d'actualité, c’est un sujet humain qui concerne toutes les femmes et pour toujours…On a peut-être, du coup, une chance de jouer ce spectacle pendant 20 ans…D’ailleurs, j’aimerais bien le jouer ménopausée 🙂 donc il faut que ça dure encore ! (Rires)

 

 

 

 

Après deux ans sur scène, sans doute que vous appréhendez les représentations différemment du début ?

 

Totalement ! Au début, je n’avais jamais fait de comédie, j’avais fait beaucoup de théâtre mais classique, et puis, il y avait longtemps que je n’étais pas montée sur les planches. Je n’avais fait presque que de la musique pendant quinze ans donc je n’avais pas fait d’acting depuis très longtemps. Là, en plus, j’ai été confrontée à de nouveaux codes, ceux de la comédie, le tout avec un micro. Je projetais d’ailleurs beaucoup trop au départ. J’ai aussi été confrontée à des comédiennes de théâtre confirmées et j’avoue que j’ai mis un peu de temps avant de me sentir légitime, j’avais l’impression d’être l’imposteur de service sur scène. En même temps, je voulais tellement prouver que l’on n’avait pas fait d’erreur en me mettant là que j’ai bossé comme une acharnée. Je me suis mis une pression d’enfer, mais je suis contente parce que j’ai énormément appris et que je continue d’apprendre. 

 

Aujourd’hui, je m’amuse vraiment ! J’ai le personnage, je le connais, j’arrive à jouer avec et je me sens enfin légitime donc il y a une énorme différence entre le début et l’après ! Mais je continue à écouter, à prendre des conseils et à me faire coacher. 

 

Sans doute que la palette de jeu est variée, ce qui doit être plaisant pour vous ?

 

Oui et, là encore, c’est hyper cathartique. J’ai toujours été habituée à devoir représenter « quelque chose de beau » sur scène. Au début, j’essayais d’être jolie malgré des moments très clownesques où il ne faut pas avoir peur de partir dans le ridicule. Cela a été un énorme travail pour moi, par exemple dans le fait d’accepter de faire une tronche qui n’est pas belle. Autant je pouvais le faire avec mes enfants chez moi, autant ça a été un réel travail d’oser le faire devant un vrai public. Cela a été extrêmement positif quand j’ai vu que les gens étaient réceptifs au moment où je lâchais la façade du paraître.

 

Du coup, maintenant, c’est vrai que j’ose ne plus penser au beau et c’est génial, c’est une vraie libération, même personnellement !

 

Le fait de jouer dans des différents endroits, à des dates non régulières, vous permet probablement de garder une certaine fraîcheur ?

 

C’est marrant, c’est une question que je me pose souvent. Il y a aussi la difficulté, justement, de se remettre à chaque fois dans le personnage, difficulté que n’ont pas les filles qui jouent d’affilée. Je me suis régulièrement demandé si ça me lasserait de le jouer tous les jours ou si j’y trouverais une incarnation plus naturelle. Je pense qu’il y a un peu des deux…Quand je le joue plus d’affilé, il est évident qu’à la troisième ou quatrième représentation, je continue à trouver des choses pour le personnage et, finalement, je rentre dans le vêtement de manière plus logique, je n’ai pas besoin de chercher, de me poser des questions ou de me remettre le texte en tête. En plus, en tournée, à chaque fois, il faut s’approprier l’espace et s’y adapter mais c’est aussi ce que j’aime, moi qui n’apprécie pas la routine. 

 

En soi, quand je joue plus, je joue mieux mon personnage ! On évolue davantage ensemble…

 

D’ailleurs, avec le recul, quel regard portez-vous sur ce personnage ?

 

Au départ, je le trouvais assez désagréable et je m’amusais de son côté antipathique. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de tendresse pour ce personnage et je lui prête beaucoup moins “d’intelligence”. D’ailleurs, je pense qu’il est moins profond que ce que je lui donnais au départ. En fait, il ne faut pas le voir comme quelqu’un de trop touché par ce qui lui arrive…Je crois qu’il veut paraître et veut tenter de faire croire qu’il a cette profondeur, alors qu’en réalité, il ne l’a pas tant que ça. Son côté dilettant et fataliste est beaucoup plus présent que son côté « souffrance d’ancienne star ». En fait, la passerelle se fait moins, aujourd’hui, entre ce que je pourrais ressentir, moi, et le personnage ! En soi, c’est une vraie parenthèse de liberté que, maintenant, j’arrive à offrir au personnage

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous, du coup, certaines sources particulières d’inspiration ?

 

Au départ, étant donné que c’est une reprise de jeu, j’avais comme base Marion Posta qui est la titulaire parisienne du personnage. Cela a été compliqué parce que c’est une comédienne vraiment très ancrée, qui, en plus, est très précise. Du coup, ça a été très impressionnant pour moi qui vis en fonction du temps qu’il fait et de mes humeurs (Rires). Mais les autres comédiennes m’ont un peu déculpabilisée de cette précision parce qu’elles sont vraiment dans le spectacle vivant et qu’elles ne jouent pas de la même façon tous les jours. Je pense que je fais plus partie de cette famille-là ! 

 

Au début, j’avais donc essayé de calquer un peu le jeu de Marion, ce qui était un tort parce que nous sommes très différentes. M’en détacher n’a pas été facile et j’ai mis longtemps à chercher des influences différentes. Finalement, c’est Manon, une coach fantastique, qui m’a aidée à faire cela, en m’expliquant qui est le personnage, à la base. Cela m’a permis de lui donner une identité différente et, aujourd’hui, je pense qu’il n’y a plus de comparaison possible entre ce que lui donne la titulaire parisienne et ce que je lui donne. Et c’est très bien comme ça ! 

 

 

 

 

En plus de quelques dates à Paris, vous assurez la grande majorité des dates en province. Cela doit certainement être très agréable d’aller rencontrer le public un peu partout ?

 

C’est génial et j’adore cette rencontre ponctuelle avec les gens. J’aime aussi l’énergie différente qu’il y a en province, où le côté évènement est beaucoup plus présent. C’est aussi l’occasion d’aller voir mes copains et ma famille du sud-ouest…On va à la rencontre de personnes qui ne peuvent pas forcément venir sur Paris, j’aime cette façon d’aller chez les gens et de leur permettre d’accéder à quelque chose. C’est vrai que le côté tournée me correspond plus encore, où l'ambiance est très particulière ! J’ai beau dire que, parfois, je suis fatiguée d’avoir toujours une valise à la main, au bout de quinze jours où je n’en ai pas, ça me manque…

 

Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette déjà très belle aventure ?

 

Il y a une suite de tournée l’année prochaine, je ne sais pas si je vais la faire majoritairement mais je le souhaite plus que tout ! 

 

En réalité, je suis très heureuse dans cette aventure, je suis très heureuse sur une scène de théâtre et ce que j’aimerais, en ce qui me concerne, c’est qu’il y ait plus de comédies dans mes projets professionnels. Je voudrais pouvoir continuer Ménopause et en parallèle, des tournages télé, notamment des quotidiennes. J’aimerais vraiment beaucoup pouvoir rejoindre des troupes de séries, c’est quelque chose qui me plairait énormément.

 

Avez-vous d’autres projets musicaux en préparation ?

 

Je continue quand même à croire que j’ai encore quelque chose à faire là-dedans 🙂. J’ai toujours des idées et je n’ai pas envie d’avoir de frustrations avec des morceaux qui resteraient dans des tiroirs. Je continue d’essayer de les faire exister. J’essaie, aujourd’hui, de finaliser un projet qui devrait voir le jour d’ici peu. Je vise davantage le live, les festivals…c’est définitivement sur scène que je suis la plus heureuse. 

 

Merci, Kareen, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Musique

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Mathias Mlekuz évoque sa belle actualité à l'image, devant et derrière la caméra !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Mathias,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de TF1 pourront prochainement vous retrouver dans “A la vie”, réalisé par Louis Choquette. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Oui ! Quand on m’a proposé le scénario, j’ai trouvé l’histoire magnifique, sur les ravages de l’alcool et, surtout, le personnage principal est incarné par Muriel Robin. L’idée de jouer avec elle m’enthousiasmait au plus haut point. Donc j’ai accepté bien volontiers cette belle histoire magnifiquement écrite.

 

Quel regard portez-vous sur votre personnage ?

 

Il est l’amoureux secret du personnage de Muriel Robin. De jouer une histoire d’amour avec elle me plaisait beaucoup ! C’est un patron de bar, qui finit par refuser, à un moment, de lui servir de l’alcool.

 

Il y avait ce jeu de séduction et de maladresse parce que le personnage de Muriel est issu d’une classe sociale plus élevée que la mienne. Il y avait donc cette approche difficile, ainsi que ce problème de l’alcool face auquel mon personnage a de la compassion et de l’empathie pour le sien.

 

Le fait de tourner à Sète a certainement aidé au plaisir pris sur le plateau ?

 

Oui, j’aime beaucoup Sète ! Pour le coup, c’est une très belle ville très prisée des parisiens. A chaque fois, j’y vais surtout pour le travail et c’est une ville que j’aime retrouver. En plus, on a tourné dans un petit quartier de pêcheurs, très sympathique, qui est resté dans son jus et qui n’a pas été colonisé par les parisiens 🙂. Donc c’était très très agréable, même s’il n’a pas fait très beau et qu’il faisait frais. Parait-il que c’était assez exceptionnel pour la région…

 

Sans doute êtes-vous impatient de découvrir le rendu final et serez-vous curieux des retours des téléspectateurs ?

 

Oui, on attend toujours de savoir comment ça va être reçu et ce que vont en penser les gens. C’est très rare de sentir un film avant son verdict. On peut se dire qu’il va les intéresser mais son échec ou son succès ne nous appartiennent pas.

 

En complément, sortira en décembre “Mon fils président”, votre nouveau long-métrage…

 

Suite à “A bicyclette !”, qui était entre la fiction et le documentaire, j’ai cherché comment poursuivre dans cette voie et comment retrouver un sujet. Je n’ai pas eu à chercher très loin, puisque mon fils, Manolo, veut, depuis ses dix ou onze ans, devenir président de la République. Mais ce n’était pas une ambition d’une seule journée…Il avait, de suite, ciblé 2027. Bien sûr, on s’était moqué de lui, on n’avait pas pris cela au sérieux, pensant à des délires de gamin mais il a continué…A l’âge de 16 ans, il évoquait le fait de vouloir arrêter l’école pour partir à la recherche de ses 500 parrainages de maires. C’est là que je l’ai pris au sérieux et que je lui ai dit que, si je pouvais faire quelque chose pour l’aider, je le ferais. M’est alors venue l’idée de faire un film sur cette campagne et sur cette recherche de signatures. 

 

La sortie en salle est prévue le 2 décembre !

 

On imagine que vous serez derrière mais aussi devant la caméra ?

 

Bien sûr, je suis devant et derrière, comme dans “A bicyclette !”. Je pense que j’aurais du mal à jouer un personnage dans un de mes films. Par contre, en étant moi-même, je deviens, pour le coup, irremplaçable. Je ne me voyais pas confier le rôle du père de mon fils à quelqu’un d’autre. Comme on était aussi dans le documentaire, c’était donc évident qu’il fallait que je sois présent devant la caméra, et derrière aussi pour la narration.

 

Nous avons procédé exactement de la même façon que pour le précédent long-métrage, avec de l’improvisation. En fait, on suit mon fils et la construction de l’histoire se joue ensuite au montage, où je fais des choix. J’étais d’ailleurs, là aussi, le plus légitime à les faire.  

 

Quelle avait été la réaction de votre fils au moment de lui annoncer que vous lanciez ce projet ?

 

Je lui ai surtout demandé s’il était d’accord pour que je le suive…Il avait un peu quelques réticences, dans le sens où il pensait que ça pouvait nuire à sa campagne. Je lui avais alors répondu que non…Après avoir discuté avec lui, il a accepté et on est partis !

 

En tant que comédien, vous allez prochainement tourner dans un nouveau long-métrage…

 

Oui, je commence, en mai, le dernier film de Jennifer Devoldère, “Roxie au milieu”. Je vais jouer un couple avec Karine Viard, dans une très belle famille de 3 enfants, dont une fille de 17 ans est trisomique. L’histoire raconte la place de l’enfant handicapé au sein de la famille, et comment cette place n’est pas facile, aussi pour la fratrie. 

 

Ces projets vous permettent de traiter de sujets très différents, dans des registres qui le sont tout autant…

 

Oui, j’arrive assez tardivement, mais j’y arrive quand même, à pouvoir, maintenant, choisir un peu les histoires que je veux raconter et celles dans lesquelles je veux figurer. Pendant un temps, il fallait faire bouillir la marmite et, qu’importe l’histoire, il fallait travailler. A présent, j’ai un peu changé de statut et c’est vrai que c’est très plaisant de pouvoir sélectionner. J’aime bien faire ces choix, maintenant que j’en ai la possibilité !

 

D’ailleurs, voyez-vous une différence significative entre un projet de cinéma et un autre de télévision ?

 

Il y a toujours plus de moyens au cinéma. Je dis ça mais je fais des films très peu chers, d’un quart seulement du coût d’un téléfilm…Il y a quelques années, c’était la norme de faire un film entre dix voire douze semaines, personne n’était choqué alors qu’aujourd’hui, cette norme est de sept à huit semaines. On n’est pas non plus choqué de faire un film à cinq semaines, personnellement j’en fait même à quatre semaines. Alors qu’un téléfilm dure souvent quatre semaines également. 

 

De toute façon, la détermination des réalisateurs à faire quelque chose de bien est la même au cinéma qu’à la télévision, malgré le temps imparti. 

 

Auriez-vous des envies artistiques particulières pour la suite de votre parcours ?

 

J’ai d’autres projets au cinéma, j’aimerais bien faire un nouveau film. Il faut que je murisse le sujet, cela prend du temps car j’aimerais arrêter l’improvisation, pour revenir à un texte écrit. Je réfléchis à différents univers en ce sens.

 

Pour terminer, sans doute que le fait d’être devant et/ou derrière la caméra est très complémentaire pour vous ?

 

Bien sûr ! C’est évident…Avant de passer de l’autre côté et d’être réalisateur, j’étais très impatient lorsque j’étais comédien. Le cinéma m’exaspérait par sa lenteur justement, notamment par le temps entre les prises. En tant que réalisateur, j’ai fait en sorte que ce temps n’existe plus puisque je n’utilise pas de technique, je ne fais qu’une seule prise. Mais il y a quand même une compréhension des problèmes du réalisateur et, du coup, une empathie plus grande, maintenant, avec la réalisation. Donc, oui, je vis mieux mon métier, finalement…J’ai l’impression que, plus on peut embrasser la profession dans son ensemble, plus on peut la servir. Il faudrait peut-être que je fasse de la régie aussi 🙂… D’ailleurs, s’il y avait, pour les jeunes, une formation à tous les métiers du cinéma, je pense que tout le monde se comprendrait mieux et accepterait que chacun ait des défis, donc que ce n’est simple pour personne. 

 

Merci, Mathias, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Aurélie Bec évoque son actualité télévisuelle et ses projets à venir !

Publié le par Julian STOCKY

@ Fou d’images

 

 

 

Bonjour Aurélie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez récemment terminé le tournage du programme “Les évaporés”, pour France 2, en région nantaise, dans le rôle d’une avocate. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Tout à fait ! C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à incarner cette avocate, pour plein de raisons. Ce rôle était intéressant et le thème traitait des disparitions volontaires, où l’association “Les évaporés” aide des familles à retrouver des gens proches perdus de vue. C’est évidemment une fiction, c’est une série en plusieurs épisodes et ce qu’il faut savoir, c’est qu’en France, on a le droit de disparaître volontairement sans donner de nouvelles…Cela laisse des gens, autour, complètement désoeuvrés et perdus. En France, on estime qu’il y a environ 40 000 à 50 000 disparitions volontaires par an.

 

J’ai eu la chance de tourner dans une équipe vraiment extra, avec la réalisatrice Emilie Grandperret, c’était un chouette moment, j’ai pris beaucoup de plaisir.

 

Ce projet a aussi été l’occasion de côtoyer un chouette casting…

 

C’est vrai ! Il y avait une super ambiance entre nous, ce qui est important. Quand un tournage se passe bien, on rentre forcément dans une dynamique ultra positive. A l’inverse, sur des tournages tendus, on ne prend pas toujours le même plaisir à jouer. Là, c’était très chouette, avec une équipe qui l’était aussi.

 

Quel regard avez-vous porté sur votre personnage, maître Tessier ?

 

Je ne peux pas trop dévoiler l’histoire mais je peux dire que c’est une avocate “victime” de la situation, suite à la disparition d’un de ses clients. Elle-même, d’ailleurs, ne comprend pas son geste. C’est une femme forte mais qui a une forme de fragilité, après s’être faite un peu malmenée. J’aimais bien ce contraste ! 

 

Quand j’ai été castée sur ce projet-là, j’ai fait une selftape, avec plusieurs scènes à interpréter, permettant une évolution du personnage entre le début de la séquence et la fin. C’était vraiment très agréable à explorer, en termes de jeu. J’ai adoré !

 

 

@ Fou d’images

 

 

Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?

 

J’avais bien préparé le background de mon personnage pour être dedans, j’ai aussi été dirigée au plateau, et, finalement, les choses se sont faites assez naturellement. J’avais déjà fait plusieurs propositions en casting, avec plusieurs interprétations et, lors du tournage, j’ai senti qu’on me laissait de la place.

 

On vous imagine impatiente de découvrir le rendu final et les retours des téléspectateurs ?

 

Complètement ! A ma connaissance, c’est un sujet qui n’a jamais été traité en télévision et, oui, ça m’intéressera d’avoir les retours.

 

J’ai déjà vu un petit bout du rendu final, au moment de la post-synchro. J’étais plutôt très contente de ce que j’ai découvert. Donc j’ai hâte de voir le résultat final.

 

Prochainement, nous pourrons aussi vous retrouver sur Netflix, dans “Malin fors”…

 

J’en garde un très fort souvenir. J’ai deux petites séquences dans un épisode de cette série, je joue une femme qui a perdu un bébé et qui est encore dans la douleur de ce deuil. On la voit même, dans la première séquence, traverser le cimetière avec le doudou de son enfant. C’était vraiment très fort parce qu’il a fallu se projeter dans ce personnage-là…Dans ma façon de travailler, j’ai besoin d’aller chercher des choses qui font écho, j’ai besoin de vérité, je travaille beaucoup avec les souvenirs et un peu moins avec l’imagination. Je n’ai pas vécu sa situation donc je suis allée chercher dans mes souvenirs … J’ai malheureusement une amie qui a dû faire face à la perte de son bébé et elle m’a beaucoup inspirée pour cette scène.

 

Je suis donc allée puiser dans des souvenirs qui m’ont bousculée. Il y a des acteurs qui disent que l’on n’est pas là pour se faire du mal, c’est vrai mais on a tous notre façon de travailler et moi, j’ai besoin de rentrer en introspection, de faire appel à des souvenirs pour jouer. Le pendant, c’est qu’après, il faut du temps pour que ça redescende. Mais j’ai beaucoup aimé ce rôle-là. 

 

La deuxième séquence m’a aussi demandé beaucoup de réflexion parce que j’y suis intégralement nue, mon cadavre étant posé sur une pierre tombale, dans le cimetière. J’ai mis du temps avant de me décider à accepter…J’ai été accompagnée par une coordinatrice d’intimité, ce qui était d’autant plus important pour moi parce que, en parallèle, j’interviens sur des formations qui forment de futurs coordinateurs à ce métier-là. En tant que femme et qu’actrice, je trouve super que ce métier soit arrivé en France et je pense que si je n’avais pas fait de la coordination avant, je n’aurais peut-être pas accepté ce rôle-là. J’en parle facilement parce que, sur ce tournage, les choses se sont faites comme il fallait, dans des très bonnes conditions avec beaucoup de délicatesse. En plus, l’image était très artistique, ce n’était pas de la nudité gratuite.

 

 

@ Fou d’images

 

 

Sur grand écran, vous avez également tourné dans deux longs-métrages. Un mot, si vous le voulez bien, sur chacun d’eux ?

 

J’ai tourné dans “Il faut tuer maman”, d’Albert Dupontel, où je suis dans le souvenir d’un des personnages. Qui dit souvenir, dit quelque chose de pas vraiment réel et de pas vraiment visible. Donc on va m’entendre mais pas forcément me voir de façon distincte.

 

Dans “Scammers”, je joue le rôle de Posh Lady, une bourgeoise qui engage une femme de ménage chez elle, d’origine philippine.  Mais, le jour de sa venue, elle décide finalement de ne pas l’embaucher car elle sait que c’est une voleuse…On me dit souvent que je suis quelqu’un de plutôt doux donc d’aller chercher un personnage désagréable comme celui-ci m’amuse parce que, pour y arriver, il faut que je force et que j’aille trouver autre chose. Cela me met dans une zone d’inconfort qui est intéressante et j’aime bien explorer ce genre de rôle.

 

Prochainement, vous allez également tourner dans plusieurs courts-métrages, ce qui doit être très grisant pour vous ?

 

Début juin, j’aurai un rôle très intéressant d’une femme qui vit dans un monde dont on ne sait pas vraiment si c’est celui de l’imagination, du rêve ou vraiment de la réalité. Toute la subtilité du jeu est là : elle paraît très normale mais, au fur et à mesure, on va se rendre compte que des choses quand même très étranges sont en train de se passer…

 

Sans trop en dire, cette femme vit avec son fils et les amis de ces derniers viennent se réfugier chez elle. On est dans un monde un peu apocalyptique qui, à la lecture du scénario, m’a fait penser à la période vécue pendant le Covid. Elle ne sort jamais, du fait de l’insécurité à l’extérieur et ce sont son fils ainsi que ses amis qui vont chercher à manger. 

 

J’ai plutôt l’habitude de travailler sur des projets très réels, ils me correspondent plus donc, là aussi, c’était un challenge et j’ai voulu y aller. Je vais explorer vraiment autre chose, qui n’est pas du tout mon univers…C’est bien d’aller aussi regarder ce qui se passe de ce côté-là !

 

En parallèle, dans un autre court-métrage, je jouerai le rôle d’une mère, dont sa petite fille de dix ans a été assassinée par un pédophile. On revient, là, dans des choses malheureusement très réelles et très concrètes. C’est un rôle qui me tient vraiment à cœur : j’ai lu le scénario d’une traite, j’en ai eu le souffle coupé et je me suis dit que j’avais envie d’être cette maman-là, le temps de ce film-là. Il y a des choses très fortes à raconter et à jouer !

 

 

@ Fou d’images

 

 

Vous donnez aussi des cours à des élèves. Sans doute que ces différentes cordes artistiques sont, pour vous, très complémentaires ?

 

Complètement ! Depuis que j’enseigne, j’ai un autre regard sur mon métier d’actrice, ce qui est essentiel pour moi. Le fait de pouvoir être aussi bien devant que derrière la caméra, et de diriger des acteurs, me fait prendre beaucoup de recul sur mon propre métier. Quand je dirige mes élèves, j’ai l’impression qu’ils savent de quoi je parle parce que, moi aussi, je suis à leur place ! Il y a un rapport d’égalité entre nous. Je trouve qu’en termes de crédibilité vis-à-vis d’eux, c’est chouette : je sais ce qu’ils vivent parce que je passe aussi des castings, je suis aussi derrière la caméra, je rate parfois aussi une scène, je réussis également quelque fois. Quand ils sont sur le plateau, en position de fragilité, je comprends ce qu’ils peuvent ressentir et ils le savent. Donc ça les sécurise beaucoup, en fait ! 

 

Dans ma façon d’enseigner, j’ai sans doute un côté très maternant et j’ai envie de partager tout ce que je peux, pour qu’ils avancent dans leur futur métier d’acteur. C’est une profession difficile, il faut s’accrocher, y croire, ne rien lâcher donc si je peux les aider à avoir le maximum de bagages en sortant de l’école, je me dis que j’aurais servi à quelque chose.

 

A l’inverse, quand je suis sur le plateau, je pense parfois à eux, au travers des conseils que j’ai pu leur donner. 

 

Je voudrais aussi rajouter que j’ai la chance d’être accompagnée par une agent artistique extrêmement présente et bienveillante. Dans ce métier, on est souvent très seul, c’est important d’être bien entourée. Je partage avec Sandra chacun de mes projets. Et j’ai besoin d’avoir son avis, son aval, un regard objectif et extérieur.

 

Merci, Aurélie, pour toutes vos réponses !

 

 

@ Fou d’images

 

Publié dans Télévision

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Farida Rahouadj évoque son actualité et ses projets, à l'image mais aussi sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Farida,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Les téléspectateurs de France Télévisions pourront prochainement vous retrouver dans “Une place au soleil”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Laly Vannucci, la réalisatrice, est une femme merveilleuse et une directrice d’acteurs géniale. Ce tournage était câlin et joyeux ! Un moment d’une grande gaieté passé avec, entres autres, Béatrice de la Boulaye, Philippe Duquesne, … Nous avons tourné dans le sud, pas très loin de Montpellier…J’espère que cela évoluera en série !

 

Ce n’était pas un rôle attendu compte tenu de mes origines, Patricia tient une boutique, fait partie du conseil municipal et a une  histoire d’amour avec le maire. Il y a pas mal de péripéties, c’est très vivant, le tout dans un village merveilleux. C’est d'une grande qualité !

 

Quel regard portez-vous justement sur Patricia, votre personnage ?

 

Patricia est épicière, elle fait partie intégrante du village, on y retrouve d’autres personnages assez hauts en couleurs. Notamment une dame qui a un coq comme animal de compagnie, une jeune femme qui débarque avec ses 2 enfants pour remplacer l’ancienne secrétaire de mairie car elle veut fuir la ville où elle vivait suite aux soucis de son fils. Notre rencontre, dans la fiction, sera explosive !

 

On va suivre l’intégration de cette femme dans le village. Au début, Patricia regarde son arrivée d’un mauvais œil mais, après moults péripéties, elles finiront par être très amies.

 

Sans doute que la palette de jeu a été très plaisante à défendre ?

 

Oui ! Vous savez, quand vous êtes avec des gens qui sont très précis dans la direction, chaleureux et bienveillants, vous avez des ailes et êtes assez détendu pour accueillir tout ce qui peut se passer. Vous vous laissez aussi plus facilement surprendre, offrant plusieurs strates au personnage. 

 

Avez-vous eu des sources particulières d’inspiration au moment de vous glisser dans sa peau 

Pas du tout ! En fait, il faut surtout s’intégrer à l’équipe, être à l’écoute…et puis, le scénario est là, c’est quand même la matière numéro une. Il y a le scénario invisible que l’on invente, je n’ai pas eu besoin d’une préparation particulière. 

 

Par contre, au théâtre, sur “Les paravents”, on a dû faire un training physique énorme avant, c’était très physique, le décor est un immense escalier, avec des marches de trente centimètres. 

 

 

 

 

Que peut-on vous souhaiter pour la diffusion à venir et la suite éventuelle ?

 

J’espère retrouver cette équipe  formidable. Caroline Lassa, la productrice est  merveilleuse, chaleureuse et présente, c’est assez rare pour le souligner. 

 

En parallèle, vous serez prochainement de retour sur scène, à Rennes, dans “Les paravents”....

 

Nous avons  créé ce spectacle à Rennes, avant de le jouer à l’Odéon, à Paris. Nous avons  aussi eu l’immense chance de le jouer  en Chine, à Pékin. C’était une magnifique  expérience ! Les Chinois ont  construit  le décor sur place, c’était  remarquable et impressionnant. 

 

On va heureusement le reprendre à Rennes, en décembre, puis, je l’espère, en tournée. Nous sommes seize acteurs sur scène, c’est merveilleux ! Dommage qu’il y ait de moins en moins de productions comme celle-ci.

 

Avec vos mots, très simplement, comment pitcher ce spectacle ?

 

C’est une  pièce de Jean Genet, elle a été créée dans les années 60, à l’Odéon. Il y a eu d’autres mises en scène ensuite, j’avais fait partie de la distribution dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 1982, j’avais un petit rôle.  

 

C’était très émouvant pour moi de retrouver cette pièce , quarante ans plus tard, dans la mise en scène d’Arthur Nauzyciel. C’est un beau cadeau et j’y interprète Warda la reine du bordel. 

 

Cela se passe pendant la guerre d’Algérie mais ce n’est pas le sujet de la pièce. C’est un spectacle sur les fantômes qui reviennent hanter les vivants. On comprend également comment, au cours de l’histoire, les événements se reproduisent inlassablement, éternellement, dans leur cruauté. Notamment comment  les opprimés reproduisent le schéma des oppresseurs.. 

 

L’auteur écrivait  qu’il faudrait  jouer cette pièce comme s’il n’y avait pas de public. Comme si nous étions dans un cimetière. Il est très compliqué de parler de cette pièce … C’est un théâtre métaphorique, ce n’est pas un théâtre réaliste ni psychologique. C’est une écriture poétique, transfigurée. 

 

J’ai été très impressionnée par la direction d’acteur d’Arthur, qui était de nous amener à nous laisser agir par les mots, que cela devienne organique sans chercher à calquer une illusion.

 

Warda, mon personnage, est la reine du bordel, elle vient exposer son agonie. C’est un personnage christique, elle est  en train de mourir quand elle arrive sur le plateau. Elle rêvait d’un monde idéal, vertical, comme si son bordel avait été une chapelle et elle La Pute Céleste avec ses rituels. Les événements la tirent vers le bas, vers le monde terrestre sans spiritualité et elle devient la pute d’un petit bordel pour soldats et hommes du village, elle ne peut y survivre.  

 

 

 

 

Quels retours du public avez-vous déjà pu avoir ?

 

Les retours étaient très enthousiastes, la presse a été très élogieuse, c’était magnifique ! En Chine, Arthur a eu deux prix au festival auquel nous participions. Son courage et son audace ont  été recompensés, c’est mérité !

 

En complément, vous êtes en préparation d’un seule-en-scène…

 

Oui, le producteur, Nicolas Boualami qui m’avait proposé de me produire, m’accompagne depuis plusieurs années, c’est une personne extraordinaire qui a cru dans ce projet dès le début. Une première résidence a eu lieu à Châteauvallon, pendant cinq jours. J’espère être en mesure de présenter notre travail dans un an environ.

 

L’histoire a pris un tournant inattendu. Nicolas avait été impressionné par une exposition sur les divas, à l’institut du monde arabe, il m’avait alors proposé de faire un spectacle sur ce thème. Comme je ne sentais pas de liens émotionnels, particuliers, avec « Les Divas », j’ai eu besoin d’écrire des monologues intérieurs, qui, au départ, n’avaient ni queue ni tête, jusqu’à ce que Nicolas me dise que la matière principale serait cette écriture . 

 

Il m’a encouragée à écrire, l’écriture s’est axée sur l’enfance, cette période de vie où on se sent un peu reines et princesses. Et cela s’est mis, malgré moi, à se centrer autour de la figure de  ma mère. Mon héroïne en quelque sorte, cette femme veuve à 25 ans, avec cinq enfants à charge, dans notre petit village de la région PACA avec toutes les difficultés surmontées tout au long de sa vie. Ma diva à moi était de toute évidence ma mère. 

 

C’est très drôle et joyeux aussi malgré les difficultés. C’est le récit de la vie d’une famille d’origine maghrébine en Provence qui essaye de s’intégrer dans ce pays qu’elle considère comme sa patrie.

 

Certainement que le fait de vous replonger dans tous ces souvenirs a été riche en émotions ?

 

Tout à fait ! C’est un voyage auquel je ne m’attendais pas. C’est un tsunami intérieur parce qu’il y a des choses que l’on a oubliées, d’autres que l’on a voulu oublier. Plus on va profondément dans ce qui nous a remué, plus on rentre en connexion avec les autres et on les rejoint. 

 

Merci, Farida, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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