Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez défendre “Je sais pas”, prochainement diffusé sur France Télévisions. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être présent ici ?
Oui ! D’abord, ce n’est pas si fréquent de venir défendre un projet, un projet que l’on aime et, même, parfois, un projet où on a été brinquebalé, ce qui n’est pas le cas ici…C’est une continuité, je trouve, de notre travail d’acteur, de porter et d’accompagner le projet, et, logiquement, de venir. Et puis, c’est un festival que je crois très agréable, que je connais peu, seulement de nom, mais je n’étais jamais venu. Oui, c’est vachement agréable et puis, c’est joyeux, c’est une occasion de se retrouver, c’est aussi une occasion d’échanger avec des gens qui le découvrent, qu’ils aiment ou pas…Vraiment, j’adore également discuter avec quelqu’un qui va émettre une critique réelle et ressentie…
Si l’on revient à la genèse de ce projet, qu’est-ce qui avait incité à y participer ?
C’est simple, c’est différent d’autres projets parce que c’est la suite d’une collaboration avec Fred, qui date aussi d’un moment. On s’était rencontrés sur “L’intervention”, un film sur l’origine et les débuts du GIGN. Ce n’était pas notre “Apocalypse now” parce que ce n’était pas aussi dur mais on avait quand même tourné par 55 degrés, dans le désert marocain, en plein mois d’août…un film qu’on devait faire, en avril, dans les Canaries ! Je pensais que j’allais crever, en tant que petit roux mais, finalement, ça a été une expérience géniale, cela nous a soudés aussi. Avec Fred, ça a continué…
Pour cet autre projet, j’ai dit oui alors je n’avais pas encore lu le scénario pour me rassurer…Ce personnage n’existait pas comme il existe aujourd’hui, il l’a réécrit, il l’a transformé, il m’en a parlé mais, quand il me l’a proposé, le personnage n’existait que très peu, il était très classique. Sur le principe, je lui ai dit “Bien sûr, je viens” parce que c’est la continuité d’une collaboration, c’est l’occasion de découvrir aussi de nouvelles personnes dans cette famille, comme Lola. Cela a été chouette de travailler avec elle, j’ai vraiment aimé la rencontrer. J’ai aimé retrouver Hubert, avec qui on n’avait pas forcément beaucoup joué ensemble mais on se connait depuis un moment. Alysson aussi…Il y a une continuité d’écriture presque familiale, ce qui est précieux dans ce métier parce qu’il peut être très solitaire donc c’est assez génial quand on peut aussi s’inscrire dans une famille.
Dans la fabrication, j’ai découvert un personnage auquel je ne m’attendais pas, une façon de traiter un flic - cela m’est souvent arrivé de jouer un flic - un peu différente et peut-être que, pour une fois, je ne l’ai pas abordé comme un flic. On a souvent parlé de “Colombo” avec Fred, ce qui me faisait beaucoup rire…Peut-être que, au début, j’avais du mal à associer cette silhouette de motard un peu bûcheron, moitié buche moitié moufle mais, au travers de nos discussions, j’ai vachement aimé cette nouvelle collaboration avec Fred, qui était différente. Souvent, j’amène plein de choses mais, là, il en a beaucoup beaucoup amenées et c’était super agréable de collaborer comme cela. C’est un tournage que j’ai vraiment beaucoup aimé ! Cela a été plutôt joyeux, alors que c’est un sujet pas très joyeux…
On est ici à La Rochelle, pas très loin du lieu de tournage. C’est vrai que le cadre était chouette…
J’habite Paris, je ne suis pas né à Paris mais j’y suis depuis longtemps et je n’aime rien autant que partir et découvrir, pour un temps plus ou moins long, des endroits que je ne connais pas ou que je connais peu, et qu’il va falloir apprivoiser, où il va falloir croiser et rencontrer d’autres gens, une autre atmosphère, une autre façon de vivre, une autre appréhension des gens…Je continue d’aimer cela et, je pense, encore plus qu’avant. Plus le temps passe, moins je me sens sédentaire. Parfois, j’ai un peu peur, avec l’âge, de cette sédentarisation. J’adore, il y a des endroits absolument magnifiques en France, que je continue de découvrir et une des joies de ce métier, quand on peut le faire, c’est justement de découvrir des endroits, d’apprendre des choses que l’on ne sait pas faire…Si je peux m’immerger un temps, même si on ne me le demande pas, je le fais…Je l’ai fait, avec des pompiers, des gens de la BAC ou des stups…J’ai aussi passé du temps à apprendre à faire du water-polo, ce qui a sans doute été l’un des trucs les plus durs que j’ai appris à faire…Je me sens chanceux, je suis payé à jouer, je suis payé à apprendre, je ne peux pas m’en lasser, je ne peux pas cesser de m’émerveiller de cela quand même…Je suis content, c’est peut-être un peu naïf mais il y a quand même quelque chose de l’ordre de l’enfance qui continue. Il y a d'autres moments plus compliqués, avec des creux, c’est le jeu, on l’a choisi, il ne peut pas y avoir que des bonnes choses dans ce métier d’acteur…
On vous imagine impatient de pouvoir présenter le programme au plus grand nombre et curieux des retours du public ?
Oui, je suis curieux, bien sûr, parce que je serai content d’avoir des avis de gens proches, qui seront sans doute mesurés…Après, j’ai des copains très francs et c’est assez agréable. Je pense que la critique est intéressante aussi quand elle s’inscrit dans le “non” ou dans le “je n’ai pas accroché”...Les gens qui trouvent cela formidable, c’est agréable pour l’égo mais c’est intéressant, comme dans tout débat, d’avoir des gens qui ne pensent pas exactement pareil…Là, je commence à être curieux et à échanger. Mais, oui, bien sûr que je serai curieux de voir comment c’est reçu, bien ou pas bien !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On se retrouve dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction Tv de La Rochelle, pour “Je sais pas”, que vous avez réalisé et qui sera prochainement diffusé sur France Télévisions. Cela doit être sans doute très plaisant pour vous d’être présent ici ?
C’est toujours un plaisir ! C’est ce que j’ai dit quand j’ai introduit la projection, je viens à La Rochelle depuis ma première série, “Trauma”, qui avait été en sélection et il se trouve que, par un hasard total, je reviens, depuis, chaque année, soit parce que je suis en sélection, soit parce que je présente par un projet, soit parce que je suis sélectionneur dans une des catégories. De toute façon, quoi qu’on fasse, au cinéma ou en série, on est quand même assez peu en contact, malheureusement, avec le public donc c’est toujours un plaisir de venir échanger, de présenter ce que l’on fait, de discuter avec les gens et de récupérer les impressions à chaud, après une projection. J’adore cela !
Si l’on en revient à la genèse de ce projet, qu’est-ce qui vous y avait plu ?
C’est hyper simple ! Je suis arrivé assez tard sur le projet et, dans ma carrière, il y a très peu de projets que j’ai faits dont je n’étais pas à l’origine - d’ailleurs, il n’y en a qu’un, “Piste noire”, pour France 2 aussi - et cela va arriver de plus en plus que je n’initie pas les projets car c’est trop long, en fait. Quand j’ai fait “Machine”, cela a été 5 ans de développement avant. Après une série comme “Machine” où ça distribue des mandales à tours de bras, j’avais envie d’un truc plus calme, plus posé, plus basé sur le jeu d’acteur que sur la physiqualité. On m’a proposé ce projet, que j’ai lu…J’avais beaucoup tourné avec des enfants, j’avais même fait l’histoire d’une prise d’otages d’enfants pour mon deuxième film, qui était une histoire vraie…Les enfants, dans les séries ou les films, disparaissent…Là, ce qui était intéressant, c’est que c’est l’inverse : c’est un adulte qui disparaît et on se demande si ce n’est pas une enfant qui a organisé tout cela ! Je trouvais cela vraiment marrant….J’ai 4 enfants et l’idée de se poser la question de “est-ce que j’ai engendré un psychopathe?”, je trouvais cela formidable à travailler avec les acteurs. C’est ce qui m’a le plus attiré !
Plus les rebondissements à chaque fin d’épisode qui, quand j’ai lu le scénario, m’ont pas mal scotché. Je pense surtout à la fin de l’épisode 2, où, moi-même, à la lecture, j’ai lâché le scénario, en me disant “Mais non, ce n’est pas possible ! Qu’est-ce que ça veut dire ?” puis j’ai continué. Je suis arrivé assez tard, Lola était déjà castée d’ailleurs donc c’était plutôt amusant.
Plus globalement, cela a dû être très plaisant de collaborer avec ce chouette casting ?
Complètement ! Si on regarde ma filmographie, oui, ce sont tout le temps un peu les mêmes qui reviennent mais il y a toujours de nouveaux arrivants. J’ai été enfant acteur, j’ai fait beaucoup de théâtre, j’ai un réflexe de troupe et aussi un réflexe, avec les acteurs, de leur demander de faire des choses différentes. Cela m’amuse et ça les amuse eux, de ne pas les cantonner. Un acteur est supposé savoir tout faire…Marlon Brando, quand il fait “Le parrain”, a 39 ans, il n’en a pas 72, comme la tête qu’il a. C’est ce qui m’amuse, de pouvoir redistribuer les rôles à des acteurs que je connais et d’amener, dans ma bande, des acteurs que je ne connais pas, avec qui je me demande toujours s’il y a quelque chose de différent à faire. C’est ce qui m’amusait avec Lola, que j’ai vue dans pas mal de séries, c’était de lui demander de faire un truc qu’elle n’avait pas fait et dans lequel je ne l’avais jamais vue.
J’aime cela : quand je fais faire un fou furieux à Guillaume Labbé, pour lui casser sa gueule de gendre idéal, pour lui c’est extrêmement plaisant et, pour moi, c’est extrêmement amusant. C’est ce qui motive mon travail….Je fais ce boulot pour m’amuser !
Il y a eu beaucoup d’enjeux variés à défendre sur le plateau, tout au long de ces épisodes…
Complètement ! Entre les scènes de pures dialogues, qui sont très longues, mais où on prend le temps du jeu, avec beaucoup de variantes à l’intérieur même des scènes, et les scènes un peu plus d’action, plus funs et folles à faire…Il y a une grande scène avec un décor entièrement en flammes, ce n’était pas simple à faire. Donc, oui, oui, c’est sûr que, sur un projet comme cela, il y a quand même beaucoup de variétés, en permanence. Ce que j’essaie d’avoir tout le temps…J’avais cela aussi sur “Machine”. C’est un peu ce que l’on cherche, je n’ai pas envie de faire tout le temps la même chose ! J’ai tourné une fois à la montagne, ça c’est fait, j’ai fait des ouvriers du nord, c’est fait…Donc on avance, on fait des choses différentes mais avec les mêmes personnes, c’est cela qui est amusant ! On se demande à chaque fois “Mais comment on va faire cela ?”.
Nous ne sommes pas très loin du lieu de tournage et c’est vrai que le cadre a été très agréable également…
Euh…Novembre et décembre, dans la forêt en Charente, bien sûr que c’est agréable parce que c’est beau mais on a eu bien froid quand même ! On a eu une tempête : un jour, on a dû arrêter le tournage parce qu’il y avait des arbres qui tombaient autour de nous…Sur le coup, on flippe un peu mais ce sont quand même de bons souvenirs de tournage ! De toute façon, c’est une région dans laquelle je viens beaucoup et oui, c’était super d’être, pendant 2 mois et demi, à Angoulême et ses alentours, c’était formidable, quoique un peu humide…
On vous imagine impatient de pouvoir proposer le rendu final au grand public et de découvrir ses retours ?
Oui, toujours ! C’est un des gros avantages et inconvénients des réseaux sociaux aujourd’hui, c’est qu’on a un retour assez direct, en général, avec des gens qui peuvent vous insulter. Pour l’instant, j’ai plutôt eu de la chance, c’est plutôt plaisant…Bien que, en faisant une série de gauchistes comme “Machine”, j’ai eu 2 à 3 personnes qui n’étaient pas très contentes…Là, ce qui est amusant, c’est de faire un thriller avec beaucoup de jump scares et des sursauts. Quand on est au fond de la salle et qu’on voit toute la salle qui saute au même moment, c’est toujours assez amusant et assez plaisant à voir. Pareil pour le rire, parce qu’on a quand même beaucoup de moments où on rigole pendant la série. C’est aussi plaisant de voir les gens sursauter puis rire 3 minutes après…Ce genre de retours est un vrai plaisir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
A partir du vendredi 13 mars prochain, les téléspectateurs de France 2 pourront vous retrouver pour une nouvelle saison de “Tropiques criminels”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Au fil des années, tu comprends que ce n’est pas juste une équipe mais que c’est une véritable famille, avec des présences et des caractères différents, mais qui nourrissent un noyau qui est bienveillant et profondément humain. Il y a beaucoup d’amour, de sincérité et le plaisir de travailler avec nos forces. De temps en temps, si un des éléments a un peu plus de fragilité avec ce qu’il traverse, il y a, en fait, ce soutien collectif. Je peux le dire, je n’ai jamais vécu une telle expérience, dans ce type de projet.
C’est une série qui fonctionne très bien, qui a un gros succès et les femmes, que ce soient Sonia ou Béatrice, sont des êtres vraiment magnifiques et qui sont attentifs, chaque jour, au collectif, à cette bienveillance sur le plateau mais aussi en dehors…C’est une aventure humaine !
Cette belle aventure est, à chaque fois, l’occasion de côtoyer un chouette casting de récurrents et de guests…
C’est ça ! Vous savez, il y a un moment où on est tellement en phase avec ce que l’on défend, nos personnages, nos enjeux, le récit, l’endroit où on se trouve, en Martinique, qu’en fait ça simplifie tous nos rapports. Il n’y a plus la crainte de “Attends, il y a untel qui arrive, comment est-ce que je vais gérer cela ?”. On n’est plus dans la tergiversation ou dans le fait de cogiter…Non, c’est naturel ! Quand un guest arrive, on se demande comment on peut l’accueillir au mieux dans le cercle, pour qu’il puisse être à son aise et donner son meilleur. C’est un véritable enrichissement collectif : un guest qui arrive, c’est forcément un enrichissement pour nous aussi, afin que l’on puisse atteindre des espaces et des endroits inédits. Pour cela, il faut s’ouvrir et mettre en confiance l’autre, pour qu’il se sente aussi dans cette famille !
Quel regard portez-vous sur Aurélien Charlery, votre personnage ?
Pour moi, c’est celui qui est ancré en Martinique. Il porte son histoire et les différents récits liés à la Martinique mais il a cette capacité, dans la moindre complexité, dans les contextes un peu plus tendus, à garder cet enracinement. Comme un arbre qui est enraciné et qui trouve cette force de transcender les situations, avec ses partenaires. Il est très stable, il est bien ancré sur ses deux pieds ! Il peut avoir ses fragilités, être touché de façon émotionnelle, par exemple quand il se retrouve dans des enquêtes où il est lui-même mêlé parce qu’il a de la famille qui se retrouve dans des situations compliquées, mais j’aime le fait qu’il est profondément humain. Au fur et à mesure des années, je dois dire qu’il y a une forme tellement disciplinée et rigoureuse, dans sa dimension et ses enjeux à lui, que, je pense, la rencontre avec Gaëlle l’a amené à un peu plus de décontraction et de lâcher-prise, nécessaires pour qu’il puisse manifester pleinement qui il est, en fait. Je pense que ces situations avec Gaëlle ont aussi permis à Aurélien de pouvoir être léger dans la gravité. La simplicité ! “Ne te prends pas la tête mec, c’est cool !”. Au fur et à mesure, le personnage a trouvé cela !
Cela retranscrit pas mal ce que l’on a dans nos sociétés caribéennes. Bon, je suis guadeloupéen mais on a quand même une histoire similaire avec la Martinique, c’est que tout peut être à enjeu, où on ne lâche rien, où on est toujours au combat. On a cette décontraction mais un personnage comme le mien avait dû partir pour faire ses études, ce qui demande une discipline à toute épreuve.
Il vous permet une palette de jeu large et variée…
Oui, exactement ! En fait, il y a quand même l’arche du personnage. Je sais qu’il y a des endroits, par rapport à qui je suis dans la vie, où je sais que je ne peux pas me permettre. Je le vois comme un fil d’acier et difficilement malléable, par rapport à qui je suis…Dans ma tête, j’ai une forme de discipline, je suis discipliné mais, dernièrement, je suis par exemple allé sauter en parachute. Je vais faire des marches nocturnes pendant 3 jours, je participe au carnaval, je pousse mon corps, j’ai ce truc beaucoup plus lâché par rapport à ce personnage donc il y a ces limites. Mais c’est vrai que, au fur et à mesure des années, c’est un vrai plaisir de camper ce personnage parce qu’il s’est dévoilé sur le chemin des saisons. Il a commencé à se dévoiler sur son intime, sur son milieu, en accompagnant Mélissa à comprendre davantage ses racines martiniquaises. Du coup, cela l’a ancré dans quelque chose qui est lié à la tradition, à la culture et donc on est rentré dans quelque chose qui est un peu plus proche de moi, sur mes enjeux en tant que Guadeloupéen. Il y a des similitudes qui amènent à être un peu proche de ma sensibilité en tant qu’être humain. Lorsque je suis allé dans cette profondeur culturelle, cela m’a amené à offrir de nouvelles portes au personnage, à vraiment l’humaniser.
Les deux premières saisons avaient été extraordinaires mais compliquées pour plein de paramètres. J’avais d’autres projets qui faisaient que, parfois, je ne pouvais pas m’ancrer pleinement, j’avais aussi des attentes qui n’étaient finalement pas possibles et c’est à partir de la troisième saison que j’ai pu trouver mon centre, dans ce cadre imposé. J’y ai trouvé ma liberté ! Un cadre n’est pas là pour nous limiter, il faut trouver sa liberté de mouvement. Au fur et à mesure des années, ce personnage m’a offert cela : sa discipline mais, en même temps, de trouver les endroits où je peux manifester toute son humanité. Pour moi, c’étaient des moments incroyables ! Notamment, quand on est rentrés dans l’intimité de Gaëlle et d’Aurélien, pour moi, on est vraiment rentrés dans cette dimension-là. Cette nouvelle saison est un autre temps pour cette relation…Même s’il y a une forme de distance avec Gaëlle, dans mon quotidien avec mon personnage, il y a des choses qui se sont simplifiées, dans sa façon d’être, dans sa façon d’échanger…Il y a une forme de maturité et d’aisance qui est là maintenant !
Justement, à quoi pouvons-nous nous attendre pour cette nouvelle saison ?
Ce que je peux dire, c’est que nos héroïnes sont dans des situations inédites, qui les poussent à révéler d’autres parts d’elles-mêmes, liées à des enjeux tellement extrêmes qu’elles vont devoir trouver de nouvelles ressources. Pour moi, cela va magnifier et révéler des parts de leurs personnalités, auxquelles on n’a pas encore eu accès aujourd’hui. Je trouve cela magnifique !
Évidemment, ce qui fait aussi la force de cette série, dans des enjeux de gravité, sur des sujets importants, de toujours trouver cette fine ligne, où on arrive à avoir cette légèreté, avec la relation entre Gaëlle et Mélissa. Je n’oublie pas Phil, qui a une présence extraordinaire : c’est toujours un plaisir aussi de jouer avec Valentin Papoudof, son interprète. Lui et Béatrice ont cette capacité, avec leurs personnages, de proposer des choses incroyables sur le plateau, de l’ordre de l’improvisation. C’est toujours un plaisir de les suivre et d’être à ces endroits-là avec eux.
En tout cas, je peux dire qu’il y a des enjeux, dans cette saison, qui vont pousser nos héroïnes à s’arracher, pour trouver les ressources de se sortir des situations dans lesquelles elles peuvent se trouver. Le tout dans de nouveaux lieux…Oui, il y a beaucoup de happenings, de rebondissements et ça va être une saison excitante. On va déjà entamer le tournage de la huitième saison, c’est toujours quelque chose d’avoir ce petit décalage, on est déjà focusés sur la suite mais, oui, c’est une joie ! En tout cas, ce sera un plaisir de voir comment résonnent ces épisodes et l’excitation que ça génère ! J’espère que les téléspectateurs auront le même plaisir et la même surprise que ce que j’ai pu traverser.
Globalement, quels principaux retours pouvez-vous d’ailleurs avoir du public ?
En Guadeloupe, les gens ne vont pas voir untel pour lui parler de ce qu’il fait, on peut faire un clin d’oeil au loin, c’est plein de pudeur et de respect. Hier, alors que je faisais des courses, une femme est quand même venue me voir pour me dire “Je vous ai reconnu, continuez votre travail, cela nous fait un bien fou”. A mon étonnement, je me dis que cette série dépasse le cadre juste de l’épisode et du jeu d’acteur : à un moment donné, il y a un endroit où le téléspectateur se sent concerné et proche de nous. Du coup, on reçoit des messages en quantité, pour nous faire des commentaires sur l’épisode mais aussi sur le bien fou que peut faire le programme, dans certaines situations personnelles. Parfois, on ne s’en rend pas suffisamment compte mais chaque intention, chaque engagement ont un impact dans la vie des gens, ça les allège, ça leur donne le sourire, ils passent un bon moment.
Ce sera différent en métropole, il y a de la joie, du sourire, ils vont me rappeler des anecdotes dans ma relation avec Gaëlle. En Guadeloupe, c’est surtout le fait d’être porteur de la culture caribéenne. On m’en parle souvent ! Sur le plateau, j’improvise beaucoup en créole mais ça doit toujours rester intelligible…Les guadeloupéens et les martiniquais sont heureux de cela, de voir que leur culture est à l’image, sur France Télévisions, en prime time. J’ai mis du temps à comprendre cette mise en lumière mais mon engagement, maintenant, est d’être conscient que je campe un personnage caribéen, chose que les gens ont besoin de voir. Il est caribéen mais sa dimension humaine est universelle donc elle peut toucher des français mais aussi des allemands, des italiens ou des canadiens, comme le témoignent les derniers messages reçus. On ne mesure pas toujours la portée, ni à quel point ça touche les gens, au-delà de la visibilité qui est extraordinaire. C’est une vraie joie !
En conclusion, cette dimension familiale qu’il y a dans le cœur des personnes qui travaillent sur ce projet est reçue, en éco, des téléspectateurs et des gens qui viennent nous voir. Ils ont cette familiarité non pas irrespectueuse, au contraire, chaleureuse et humaine !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes actuellement en tournée théâtrale, avec la pièce “Ca patine à Tokyo”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! Parce que, déjà, ça me permet d’être toujours associé à mon ami Nelson Monfort…Même si on n’a pas le même âge, on est devenus des amis, après avoir travaillé 19 ans pour commenter le patinage. Finalement, dans cette pièce, on se retrouve avec une certaine légèreté et liberté d’expression parce que ça reste une comédie ! On ne va pas dire que tout est permis mais pratiquement, presque. On a un texte à tenir mais, en même temps, on est proches de nos personnalités : on est très très proches de ce que l’on faisait à l’époque pour commenter le patinage mais on exprime en fait ce qui se passe en dehors de ce que les gens pouvaient voir à la télévision. Donc, finalement, c’est plutôt quelque chose qui tombe à pic, ne serait- ce que parce qu’on ne savait pas, à l’époque, qu’on n’allait plus travailler, moi en tant que consultant et lui en tant que journaliste, à France Télévisions. Cette pièce est tombée un peu à point, ce qui nous permet d’être toujours proches et en contact avec notre public, qui nous aime bien.
A la lecture du pitch, on peut imaginer que ce spectacle est plein de rebondissements, pour le plus grand plaisir du public…
Ce qui est amusant au théâtre, qui n’est pas notre métier de base ou d’origine, même si j’ai fait du théâtre sur glace, plus du mime, devant des audiences allant parfois jusqu’à 20 ou 25 000 personnes, c’est que, là, c’est forcément beaucoup plus intimiste et donc beaucoup plus proche aussi du public. Ceux qui viennent voir sont déjà ceux qui nous aiment, parce que, comme je le dis souvent, on ne vient pas faire la première partie de Jul, par exemple, où les gens ne seraient pas avertis que l’on soit là et ça pourrait faire un bide…Là, on a un public qui nous apprécie.
Je pense que, à la base, les gens ne savent pas trop ce qu’ils viennent voir…Ils viennent surtout voir les deux gars qui les ont fait sourire, marrer, tout en regardant un sport très artistique et très beau à suivre. Et puis, à la fin, ils se disent que, finalement, c’était une pièce très sympa et qu’ils ont bien rigolé. Ce n’est pas burlesque, ce n’est pas une pièce de boulevard non plus mais je trouve qu’on s’en sort plutôt pas mal pour des gens qui, à la base, n’étions pas des professionnels de ce métier. Cela nous sort un petit peu de notre zone de confort donc on se met un peu en danger mais, au final, on apprécie parce que, dans le petit quart d’heure ou la demie-heure que l’on passe avec le public après la pièce, on voit bien qu’on a donné aux gens, sur une heure dix de spectacle, bien vingt minutes de sourire et de rigolade.
Chacun rigole à un moment précis, où il va se retrouver, et sentir les choses Donc, ce qui est important pour nous, c’est de continuer à apporter du bonheur aux gens, quand on en a l'occasion.
…et qu’il vous permet une palette de jeu agréable à défendre…
Disons que le théâtre, c’est vrai, est un travail spécifique, c’est technique, surtout à deux, parce que l’on a des répliques, on doit s’écouter, on doit balancer les vannes au bon moment. Et puis, le plus amusant au théâtre, c’est de bien maîtriser aussi son texte, ses intentions, ses intonations, pour qu’on puisse, de temps en temps, sortir du texte et surprendre l’autre. C’est souvent ce qui nous fait rigoler et les gens le ressentent bien, quand on est un peu déstabilisé par l’un ou par l’autre. Alors, c’est vrai que c’est plus souvent moi qui déstabilise Nelson, que l’inverse, comme je le faisais de toute façon lors des retransmissions de télé. On s’amuse beaucoup !
En complément, jusqu’au jeudi 5 mars, les téléspectateurs de W9 peuvent vous retrouver dans “Les Apprentis Champions au ski”. C’est encore un autre exercice dans lequel vous devez certainement prendre beaucoup de plaisir ?
Alors, c’est un exercice un peu différent pour moi parce qu’on est venu me chercher pour que je sois coach d’une équipe de personnalités issues de la téléréalité. Nelson se retrouve toujours dans cette position de journaliste qui commente mais il est avec Benoit, la personnalité de téléréalité donc il a pris un peu ma place dans le duo avec Nelson et c’était une volonté de la production de me mettre plus en tant que coach parce que, en face, on avait Surya Bonaly. Chacun de nous avons une équipe à gérer…J’entraine de temps en temps mais Surya est plus assidue dans ce métier-là parce qu’elle enseigne beaucoup aux Etats-Unis. Manager des gens qui n’ont pas forcément le niveau, alors qu’on n’a pas quinze heures d'entraînement par jour pour les rendre plus sportifs, est un exercice difficile et compliqué mais assez marrant et assez sympa à vivre. Parce que c’est là que l’on voit la capacité que l’on a à motiver une équipe. On a essayé de faire ce que l’on a pu…C’est un tournage qui a duré dix jours : aujourd’hui, c’est très découpé parce que le programme veut que ce soit la téléréalité qui prenne le pas sur les exploits sportifs…Il y a un thème général, où on réunit des personnalités de téléréalité ensemble et, avec Surya, on est très à l’écart, on va dire, de 70% du programme et on n’intervient que sur les épreuves sportives, qui ne sont pas toujours les nôtres, parce qu’il y a du ski et du curling…En patinage artistique, on sait la difficulté que c’est de rendre les gens potablement regardables dans une prestation donc on n’est pas là pour se prendre au sérieux…
Ce qu’a bien fait W9, déjà, c’est que c’est une émission où ils ont mis beaucoup de moyens, la qualité de tournage est quand même très propre. Après, on adhère ou on n’adhère pas au concept de la téléréalité…Avec Nelson, je crois que l’on a tous les deux le même but, un c’est de continuer à nous voir tous les deux ensemble, même si on n’a pas le même rôle prédéfini que l’on a vécu pendant 19 ans et, deux, ça nous rajeunit, auprès d’une population qui ne nous connaît pas. Les gens qui regardent la téléréalité ne connaissent pas forcément, déjà maintenant, le Philippe Candeloro ou la Surya Bonaly que l’on a été il y a 25 ou 30 ans.
Prochainement, vous serez aussi le président du jury Sport 2026 du “Multi screen grand prix”...
Effectivement ! Vous savez, dans une carrière, on rencontre des gens, on ne les voit pas peut-être pendant 4 à 5 ans et, puis, l’organisateur a pensé à moi. Étant encore une personnalité du sport français, je reste encore assez populaire pour certains et un nom qui est encore connu aujourd’hui. Je trouve cela très bien parce qu’étant parti pour la présidence de la fédération française des sports de glace, ça pourrait me donner que plus de crédibilité encore pour faire comprendre aussi aux électeurs, que sont les 159 présidents de clubs français, ma personnalité, qui est la mienne, et que je ne vais pas non plus foudre à la poubelle du jour au lendemain, parce que c’est ce qui m’a rendu populaire.
Tous ces petits éléments, que ce soit W9 ou cette présidence du jury, me font, en fait, toucher une catégorie de personnes qui vont venir, finalement, élargir encore mon spectre de connaissances et de reconnaissance aussi, et peut-être d’appréciation. Mine de rien, je vois bien qu’aujourd’hui, il faut arriver à me séparer de cette image de sexiste qu’on veut me donner alors qu’en fait, je n’ai pas l’impression d’être insultant envers les femmes. J’ai eu un rôle d’ambassadeur pour le patinage qui a tenu pendant plus de 19 ans donc ça veut dire qu’à la base, il y a 19 ans, France Télévisions est venue me chercher aussi parce que j’avais cette personnalité de pouvoir sortir un petit peu des phrases, des “Candeloettes”, comme disait Nelson. Cela n’a jamais été méchant, c’était plus par valorisation aussi pour mon sport, ce qui a amené de la notoriété pendant plus de 19 ans. Si Nelson et moi n’avions pas été là, peut-être que ça ferait 10 ou 15 ans que nous n’aurions pas eu de patinage en télévision. Aujourd’hui, c’est vrai que cette image me colle un peu à la peau, malgré moi, parce que je n’ai pas l’impression d’avoir fait du mal…Sauf que, quand on me traite de sexiste, j’ai l’impression qu’on m’insulte et qu’on m’empêche, demain, de pouvoir travailler parce que c’est ça ma personnalité. Même si, aujourd’hui, je comprends qu’il faille éliminer un certain nombre d’éléments de langage, qui continuent finalement à faire rire 90% des gens dans la rue, le problème est que ces 10% sont peut-être une minorité dans certaines catégories et font du mal. Et ceux qui veulent me faire du mal pour m’empêcher de devenir président de fédé s’en servent contre moi…On est rentrés dans un jeu politique mais, maintenant, j’espère que les présidents de clubs ne seront pas dupes et qu’ils verront, à travers ma candidature, finalement un avenir plus vertueux et plus médiatique pour cette fédération qui, aujourd’hui, n’est pas à la hauteur, en fin de compte, de l’aura qu’elle peut dégager. Quand on voit les audiences en patinage lors des Jeux Olympiques de Milan, on se dit que ça ne devrait pas arriver qu’une fois tous les 4 ans mais plutôt tous les ans.
En conclusion, on peut penser que ces différentes actualités, combinées à toutes vos activités, sont très complémentaires ?
Oui ! En fait, ce qui me permet, aujourd’hui, de dire que j’ai la compétence et que je pense être un des candidats capables de gérer une fédération, c’est que je connais le spectre à 360 degrés de tout ce que ça représente. J’ai acquis toute cette expérience et cette expertise, d’abord en démarrant en tant que scolaire. J’étais un champion de patinage, j’ai eu des médailles olympiques, donc j’ai cette expérience-là. Ma mère était présidente de club, j’ai été moi-même élu dans certains comités donc j’ai vadrouillé. J’ai été un homme de spectacle, je suis consultant pour concevoir des patinoires et je crois que je me sers beaucoup de l’expérience, comme un Alain Prost, qui avait dit, un jour : “J’ai gagné de l’argent avec mon sport, la Formule 1, donc je me sens redevable de réinvestir toute cette connaissance et tout ce que je peux apporter financièrement à mon sport. C’est mon devoir de le faire parce que c’est ce qui a finalement rendu ma vie agréable”. Donc, aujourd’hui, à 54 ans, si je peux transmettre…Il faut essayer de prendre le taureau par les cornes et se dire “Est-ce que je laisse crever mon sport ? Ou le laisser linéaire jusqu’à tant que cette fédération tombe en croûte?” ou “Bon, ma qualité de sportif, en étant devenu entrepreneur, de spectacle ou général, peut aider”...Être président de fédé, c’est aussi aller chercher des partenariats, augmenter la capacité financière à pouvoir élaborer des projets, …S’il n’y a pas d’argent, il n’y a pas d’aide possible…Les clubs, c’est pareil : on ne peut pas les aider si la maison mère est une coquille vide, financièrement parlant donc on ne peut pas vivre sur les subventions de l’état, parce qu’il y en aura de moins en moins.
Et puis, surtout, il y a l’enjeu des Jeux Olympiques de 2030. Oui, là, on a fait une très belle moisson de médailles en général, puisque l’on a augmenté notre nombre de médailles mais il y a deux choses qu’il ne faut pas oublier : déjà, il y a plus de sports mixtes qui sont apparus dans ces JO de Milan et il n’y avait pas les russes, ni les biélorusses. Donc ça veut dire que, quand ils vont revenir, la moisson sera peut-être encore plus difficile à atteindre. Quand on fait le bilan, sur la cinquantaine de médailles en sports de glace que l’on pouvait ramener à la France, on n'en a ramenée qu’une…Cela veut dire qu’il y a du potentiel…Je ne vais pas critiquer le bilan de notre présidente actuelle mais, quelque part, si on veut être gentil, on dit “Super, on a une médaille d’or, elle a été extrêmement belle” et on reste à s’endormir avec le soir mais, si on veut être méchant, ou réaliste, le bilan n’est pas non plus si fabuleux que cela ! Maintenant, c’est de savoir ce que l’on veut faire d’ici 2030 parce qu’en fin de compte, on ne peut pas critiquer les athlètes. Ils sont venus pour essayer de faire leur boulot le mieux possible, certains sont passés à côté, d’autres ont réussi leurs objectifs personnels mais, pour 2030, on a un enjeu colossal, comme l’on fait les italiens, à avoir trois ou quatre fois plus de médailles que les olympiades précédentes ! Je crois que les jeux en France doivent être une source de motivation pour l'État et pour les investisseurs, qui pourraient être des partenaires privés. On en est là aujourd’hui, on a quand même 7 sports olympiques à défendre et on en a 12 en développement donc si on ne sait pas développer ces disciplines, dans ces cas-là, il faut peut-être revoir la gestion générale de la fédération, face au peu de moyens financiers que l’on a…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez défendre “Pécheresses”, prochainement diffusé sur Ciné+ OCS. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, on est très très fières, déjà, de pouvoir faire cela en équipe ! La plupart des comédiennes ont pu venir et célébrer enfin l’investissement d’énergie que l’on a fait lors du tournage de cette série. Donc on est hyper contentes, et accueillies par le soleil 🙂, c’est formidable !
Si l’on revient à la genèse de ce projet, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?
J’ai tout de suite, à la lecture du scénario, été très touchée et très impressionnée par la force du personnage de Cassidy. J’ai trouvé que ça allait être super amusant à jouer et l’amusement est un peu ce qui me porte, donc j’avais vraiment envie d’interpréter ce personnage, qui a une personnalité très marquée. J’avais envie, aussi, de pouvoir y apporter de la tendresse et de la fragilité donc, pour cela, j’étais vraiment très touchée par le scénario et, au-delà de ça, par l’aspect chorale, de toutes ces femmes dans un espèce de huis-clos. J’ai trouvé cela super intéressant…Ca traite de sujets très modernes, j’ai eu l’impression que la série avait été écrite pour moi 🙂 donc j’étais très contente que Charlotte me propose le rôle ! Et on s’est lancées dans le travail assez vite…
C’est vrai que ce rôle vous permet une palette de jeu très plaisante à défendre…
Complètement ! Elle passe par 1 000 états, ce qui la rend très humaine et très attachante. Pour cela, je me suis vraiment éclatée. A la fois, elle fait des conneries, en même temps très vite, elle est rattrapée par de la culpabilité, elle a envie de bien faire mais elle n’y arrive pas donc il y a de la frustration. Bref, il y a vraiment tout un panel d’émotions, effectivement, que j’ai eu le plaisir et la chance de pouvoir interpréter, je l’espère, au mieux. Oui, c’était super amusant et, surtout, très très enrichissant ! J’ai beaucoup appris sur ce tournage…
Avez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration, au moment de vous glisser dans sa peau ?
Adolescente, j’étais assez Cassidy, en fait ! Notamment sur cette idée d’utiliser son corps…Elle le fait à des fins monétaires, moi ce n’était pas le cas mais l’idée que son corps est une arme et qu’elle a le droit de l’utiliser est quelque chose qui m’a beaucoup habitée quand j’étais ado donc, en cela, je me suis parfaitement reconnue en elle. Aujourd’hui, j’aurais un peu moins le même discours et c’est ok, on passe par des cheminements qui sont différents et on évolue mais cela m’a beaucoup touchée et, du coup, ça résonnait beaucoup avec mon expérience personnelle. Donc j’avais la sensation d’avoir vraiment un lien direct avec Cassidy !
Une diversité de sujets est évoquée, ce qui permettra sans doute au public de se reconnaître dans l’un ou l’autre…
Complètement ! C’est vrai que c’est le propre de lieux comme celui-ci, où plein de femmes se retrouvent dans un lieu fermé, venant de milieux différents, avec des histoires différentes et donc ça crée un partage et une espèce d’émulsion qui sont vraiment passionnants et, je trouve, qui sont très bien amenés dans la série. Effectivement, cela permet au téléspectateur, à la fois, de rire, de se questionner, d’être ému mais aussi on parle de choses auxquelles on ne s'attendait pas forcément donc il y a également cet aspect un peu surprise parce que ce sont des personnages qui sont à un âge où elles se questionnent sur leur identité, leur identité de genre, leur sexualité, leur rapport à la religion…pour devenir ensuite, plus tard, des adultes. Donc, en cela, c’est trop cool, je suis très fière !
Ce festival permet de (re)découvrir le rendu final sur grand écran, avec des spectateurs. Quelles réactions avez-vous pu capter du public ?
J’étais très anxieuse avant le début de la projection parce que j’ai investi et on a toutes investi énormément d’énergie dans cette série, surtout Charlotte, évidemment, qui la porte depuis presque quinze ans maintenant. J’avais vraiment peur que les gens ne rient pas, pour tout vous dire, donc j’étais très très soulagée d’entendre des soufflements de nez, des rires, parfois des explosions de rires dans la salle…Cela m’a beaucoup touchée et vraiment rassurée, oui !
Certainement avez-vous hâte, du coup, de pouvoir le proposer plus largement, au grand public ?
Totalement ! Très curieuse de voir ce que les gens en pensent mais aussi quels questionnements ça crée en eux, est-ce qu’il y a des choses où ils trouvent que c’est bien traité ou pas bien traité, pourquoi…J’ai vraiment hâte de voir si l'émulsion que nous avons ressentie pendant le tournage continue à la sortie du projet !
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
La série “Dead line”, réalisée par Erwan Marinopoulos, qui traite des soins palliatifs, va sortir sur Ciné+ OCS également en 2026. C’est un sujet plutôt dark mais traité avec humour et finesse. J’interprète une jeune fille atteinte de leucémie donc c’était très intéressant et très touchant de pouvoir défendre ce rôle, et l’occasion de jouer encore une autre petite relou, avec des formes différentes…C’était vraiment génial donc j’ai vraiment hâte, aussi, que cette série sorte…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, où vous venez défendre “Pécheresses”, prochainement diffusé sur Ciné+ OCS. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ninon : Oui, on est ravies de pouvoir être au festival de La Rochelle ! Déjà, de découvrir la ville qui est super…Il y a eu un super temps. Et puis, aussi, de voir d’autres projections est super intéressant, cela permet de découvrir d’autres choses, surtout que la programmation est géniale. Il y a beaucoup de choses très singulières, avec de super identités et, effectivement, c’est super aussi de présenter notre projet que l’on couve depuis presque un an maintenant.
Rita : Couver est le bon mot 🙂 ! Depuis le tournage, on est toutes devenues très proches, du coup c’est très cool de se retrouver ici, ensemble, et de pouvoir défendre ensemble le même projet, sur lequel on s’est rencontrées. En plus, c’est un projet cool, qui parle de tant de choses…
Ninon : C’est ça ! Le “désavantage” des séries plateforme est que l’on n’a pas de retour du public en face et, là, de pouvoir présenter trois épisodes est génial ! D’avoir les retours en salle est top, c’est génial comme expérience, c’est très cool !
Si l’on revient à la genèse de cette aventure, qu’est-ce qui vous avait incitées à y participer ?
Ninon : Pour ma part, j’ai passé le premier casting en avril 2024. Au début, on a une toute petite partie du scénario mais, déjà, je trouvais les scènes assez sympas et drôles. C’étaient des scènes, justement, entre Malika et MC, nos deux personnages. De fil en aiguille, ça s’est fait et on a eu un essai de groupe, pour voir s’il fonctionnait ensemble. Cela a tout de suite matché ! Je trouve que Charlotte est une personne formidable, elle met tout son coeur dans son projet. Elle l’a depuis très longtemps donc elle a pu le travailler et le retravailler. Pour ma part, j’ai eu plus l’occasion de faire du drame, pas des choses très comiques et, du coup, d’aller là-dessus, j’ai trouvé cela trop fun ! J’ai fait beaucoup de théâtre, où on fait plus de comique et des ruptures et, là, il y en a tout un tas…En fait, c’était un peu le moment de s’amuser ! On a aussi eu l’occasion de beaucoup proposer des choses à Charlotte, pour que ce soit au plus proche de la jeunesse d’aujourd’hui. Donc, oui, c’était super intéressant ! C’était vraiment un échange aussi avec elle donc c’était top et cela m’a séduite tout de suite ! Et l’ambiance était trop cool…
Rita : Pareil, ça devait être en avril, le premier tour, je m’en rappelle, était en tape et, en fait, c’était une scène entre nous deux de gaming donc où on jouait en live. En lisant la scène, je me suis dit que je ne comprenais rien… 🙂, entre le rôle et les personnages du jeu…J’ai galéré un peu mais, ensuite, il y a eu la rencontre avec Catherine, la directrice de casting, et j’avais une autre scène, du coup, avec Gaspard / Juliette, qui est une scène, je crois, de l’épisode 2 ou 3, où il y a un début de problème, on va dire, dans le groupe. En fait, au début, à la première lecture, je me suis dit que c’était une scène où elle apprend qu’il la trompe mais, en fait, en parlant avec Catherine, c’est beaucoup plus intéressant que cela. Ce qui m’a beaucoup plu dans cette série, c’est que ça parle de sujets super intéressants, en les confrontant avec d’autres sujets tout aussi intéressants. Ce que j’ai adoré dans le rôle de Malika, c’est vraiment la dualité, à cet âge un peu jeune, entre la religion et la sexualité, qui existe et de le traiter, mais ni en le niant, ni en faisant comme si c’était un truc qui arrive et puis voilà…de vraiment le traiter, de voir toutes les questions que l’on se pose autour. Ensuite, il y a eu la rencontre avec toutes les filles et je me suis dit “Il n’y a pas photo, on y va !”. Pareil, je n’avais pas trop eu l’occasion de faire de longs formats comiques et c’était vraiment chanmé, c’était exceptionnel !
Ninon : C’est vrai que, du coup, ça touche énormément de sujets, qui sont très actuels et qui durent depuis longtemps. Mais les sujets sont plus ouverts maintenant, on en parle de plus en plus, du coup, oui, ça touche plein plein de choses. En même temps, je trouve qu’il y a une bonne balance entre le comique et les vrais sujets. Du coup, c’est super intéressant de pouvoir aborder cela en tant que jeunes aussi, sur plein de points.
Rita : Surtout, de parler de sororité de cette manière-là, c’est vraiment dingue ! Déjà, dans les actrices, on n’est que des filles et, sur le tournage, l’équipe technique était en majorité faite de meufs donc, du coup, ça crée très vite un truc de sororité qui aide encore plus au jeu et à l’entente entre nous. De parler de sororité, je trouve cela tellement important et de cette manière-là, je trouve cela trop bien ! Vraiment, c’était aussi un point positif qui donnait envie de défendre ce projet à 100%.
Artistiquement, vos personnages respectifs vous permettent des palettes de jeu larges et variées, ce qui devait être très plaisant…
Rita : Ah oui, vraiment !
Ninon : En plus, on a tout de suite matchées…On joue deux meilleures amies qui se connaissent quand même depuis plusieurs années donc on s’est rencontrées en juin, il me semble, pour la première fois et on tournait en octobre donc il fallait quand même créer ce truc et de groupe et, entre nous, des relations…et ça a tout de suite marché ! Donc, forcément, ça aide…Toutes les scènes où on est à deux, on se marrait…
Rita : On se marrait vraiment !
Ninon : J’ai remarqué des petits moments où je rigole mais je sais que je rigolais vraiment, c’est resté dedans, ce n’était pas voulu et ça rajoute encore à l’ambiance, qui était très intense parce qu’on a eu très peu de jours pour tourner. Cela a complètement rattrapé et a permis de faire quelque chose de génial, en si peu de temps.
Rita : C’est vrai que Charlotte et Catherine ont été très fortes sur le casting parce que Ninon et moi sommes devenues vraiment copines, au point où, sur le tournage, les gens pensaient que l’on se connaissait depuis super longtemps…Du coup, il y avait un peu la vanne où tout le monde nous appelait Riton et Nina…
Ninon : C’est venu de Charlotte, elle ne l’a pas fait exprès, elle disait tellement Rita et Ninon qu’elle a fini par dire Riton et Nina et c’est resté !
Rita : Le tournage était hyper intense, du coup on était obligées d’être hyper concentrées, il fallait être hyper efficaces, il fallait créer l’entente mais qui s’est faite tellement naturellement avec toutes les filles. Sororité !
Vous avez découvert, ici, les premiers épisodes sur grand écran. Quelles réactions avez-vous pu capter ?
Ninon : Les rires, surtout et c’est génial ! Il y a toujours ce stress, un peu, de se dire que, si ça se trouve, ça ne marche pas du tout, l’écriture n’est pas bonne, ça ne fait pas rire du tout mais il y a eu énormément de rires dans la salle et ça vaut tout l’or du monde !
Rita : Aussi et surtout, à l’épisode 3, les gens ont applaudi juste après le clip, qui est un générique, ce qui était vraiment formidable.
Ninon : C’était génial parce que c’est un moment que l’on a pas mal travaillé en amont, on s’était trop amusés. A la dernière minute, on s’était dit que tout le monde allait danser et, du coup, on avait dû toutes apprendre. Toute l’équipe technique était à fond derrière…Alors que l’on n’avait qu’une heure pour tourner, on a fait quelque chose de trop bien ! Pour ma part, il y avait un peu de stress par rapport à cette séquence parce que, forcément, c’est une mise en avant importante mais, au final, on avait décidé de me faire chanter et râper par-dessus, ce que l’on a fait en post synchronisation…Donc je suis très contente que ça ait été bien reçu ! Et puis, en sortant, on a eu plein de super retours, et techniques et artistiques…Mais, oui, surtout des rires !
Certainement avez-vous hâte, du coup, de pouvoir le proposer plus largement, au grand public ?
Ninon : Carrément ! Surtout que les trois derniers épisodes envoient du lourd aussi, il se passe plein d'aventures. Maintenant que l’on a capté ce groupe-là qui est en train de se créer, avec le premier live que l’on voit dans l’épisode 3, on va pouvoir aller dans des trucs et plus deeps, avec la suite de l’évolution, et plus drôles et plus déjantés. Du coup, on a hâte de les faire découvrir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
A partir du 3 mars prochain, les téléspectateurs de Ciné+ OCS pourront vous retrouver dans “Pécheresses”. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Ah oui, oui ! C’était incroyable, c’était une super expérience ! L’équipe était super, on s’entendait super bien avec les filles, j’ai adoré mon personnage, j’ai adoré l’ambiance de tournage donc c’était vraiment une merveilleuse expérience !
Ce projet a été l’occasion de côtoyer un chouette casting, féminin principalement…
Exactement ! Oui, c’était un super casting, des filles incroyables, avec toutes des personnages assez différents mais qui, pour le coup, je trouve, ont réussi à vraiment créer ce lien et cette sororité. J’espère que vous allez l’aimer à l’écran…En tout cas, c’était incroyable, avec une très belle ambiance et de super talents.
Oui ! On parle beaucoup de cyber-sujets. Pendant le confinement, beaucoup de jeunes étaient sur internet et, suite à cette période, Charlotte avait fait une réécriture pour adapter le scénario. Donc on évoque beaucoup ce sujet, de gaming, de face-caméra, de discussions religieuses, sexuelles, identitaires, donc c’est vraiment vraiment cool !
Si l’on en revient à sa genèse, qu’est-ce qui vous avait incitée à y participer ?
Premièrement, quand j’avais reçu l’appel pour le casting, on m’avait dit que ce serait un projet quasiment exclusivement féminin et j’avais trouvé cela vraiment super ! Ce n’est pas souvent qu’on a l’habitude de voir de telles équipes…Il faut savoir que mêmes les techniciens étaient majoritairement des femmes. Pareil, dans le casting, il me semble qu’il n’y avait qu’un seul rôle masculin. Cela m’avait énormément motivée !
Et, surtout, les sujets qui sont évoqués : chaque personnage a sa complexité et ses propres choses à raconter. Même les petits personnages que l’on ne voit pas souvent, on arrive très facilement, à l’écran, à voir leur identité. Donc ça m’a vraiment intéressée pour cela !
Quel regard portez-vous sur Eglantine, votre personnage ?
C’est vrai qu’au premier abord, dans les premiers épisodes, ça a l’air d’être une fille un peu pestoune, c’est un peu le groupe des bourgeoises de la paroisse mais, finalement, dans la suite des épisodes, on lui découvre une vraie profondeur et, surtout, je pense, un profond désir d’être aimée, d’être reconnue par les autres qui, je trouve, est très intéressant. En fait, il ne faut pas forcément y voir de la méchanceté mais une sorte de protection qui, je trouve, est assez intéressante dans un personnage qui, du coup, au début, paraît être une protagoniste mais qui, finalement, est juste une fille qui est en manque d’amour, d’attention, et qui cherche cela, comme elle peut.
Il vous permet une palette de jeu qui a certainement dû être plaisante à défendre ?
Ah oui ! Je trouve qu’elle avait surtout une très belle évolution entre le début et la fin. Il y avait beaucoup de choses à jouer et ce qui était vraiment amusant, c’est que, quand j’avais discuté avec Charlotte et que je lui avais demandé comment elle voyait le personnage, elle m’avait dit qu’elle voudrait quelque chose de très cartoonesque, de très manga, avec beaucoup de grandes expressions et de grands yeux. C’est quelque chose que l’on n’a pas souvent l’habitude de faire, qui n’est pas souvent demandé, c’était très intéressant et très plaisant à faire ! Donc, oui, elle avait une énorme palette, même de sentiments, donc c’était génial !
D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Bien sûr ! Je n’ai pas forcément un personnage spécifique à vous citer mais, en tout cas, ce que je regardais, c’étaient les dessins animés de mon enfance, avec tous ces personnages-là, toutes ces petites pestes du lycée et, où, du coup, on voyait les expressions. J’ai aussi regardé des films américains, vous savez les films un peu scolaires, où il y a toujours le groupe des gens populaires. C’était marrant de s’inspirer de cela !
Vous étiez présente, en septembre dernier, au festival de la fiction TV de La Rochelle, où le programme a été projeté. Quels premiers retours du public aviez-vous alors pu avoir ?
Oui, on avait eu un petit peu de retours du public, surtout des jeunes filles, qui, pour le coup, avaient beaucoup aimé. Ce qui était hyper plaisant ! J’ai eu l’occasion de parler avec une jeune fille, qui avait beaucoup apprécié et qui, elle-même, relatait un certain sujet de la série donc c’était hyper intéressant d’avoir une discussion avec elle, sur son point de vue en tant que jeune fille.
Certainement êtes-vous curieuse de découvrir ceux des abonnés ?
Oui, j’ai très très hâte de voir les retours ! C’est imminent…J’ai hâte, même, de montrer le programme à ma famille parce que j’ai ma grande soeur qui est venue lors d’une projection à la Fémis la semaine dernière et, pareil, ça l’avait assez surprise au début parce que ce n’est pas souvent, je trouve, que l’on voit ce genre de projet en France, et même ce genre d’images. Et puis, elle m’a dit qu’elle s’est vite plongée dedans, qu' elle s’est très rapidement immergée dans l’univers de la série et dans les visuels, et qu’elle avait beaucoup aimé. Donc j’étais très très heureuse d’entendre cela !
En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour cette diffusion à venir ?
J’espère vraiment qu’il y aura des personnes qui se reconnaîtront dans les personnages et qui se sentiront représentées. J’espère avoir de bons retours de leur part et aussi une saison 2, évidemment, avec un développement des personnages, avec d’autres histoires. Parce que, là, on n’a pas eu beaucoup de temps, il y a 6 épisodes, où on a pu évoquer énormément de sujets mais je suis sûre qu’on a encore beaucoup de choses à raconter pour chacune de ces filles. Et j’ai hâte, vraiment, de voir les retours des téléspectateurs !