Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV, où vous venez défendre la série audio « Nuit noire, nuit blanche », qui vous tient à cœur. Si l’on en revient à sa genèse, d’où vous en sont venues l’envie et l’idée ?
Cela a été une longue démarche parce que, au début, je n’avais pas forcément envie d’en parler, j’avais plutôt envie de garder cela comme une histoire personnelle…
Le projet parle d’un dépôt de plainte pour viol et de toutes les étapes qui s’en suivent. C’est une histoire vraie et, au moment où je l’ai vécue, j’ai manqué de ressources et d’appuis, notamment de podcasts, de lectures, de films, de séries…Il y en a mais ce n’est pas totalement réaliste donc c’est vrai que cela ne me suffisait pas. Cela a été une réflexion de me dire qu’en fait, j’avais besoin de retranscrire ce que j’avais vécu, pour aider d’autres personnes qui, potentiellement, passeraient par les mêmes étapes. Donc la première envie a été celle-ci, d’aider et de devenir une sorte de ressource potentielle pour des personnes qui seraient victimes de violences ou qui voudraient porter plainte.
Sans doute que ce projet a nécessité de raviver des souvenirs pas forcément tous des plus agréables ?
Concrètement, c’est l’histoire d’une procédure, suite à un dépôt de plainte pour viol, qui dure 5 ans et, en fait, ce qui était particulier, c’est que le projet artistique s’est créé au fur et à mesure de la vraie procédure. Donc j’ai commencé à écrire, à enregistrer et à avoir envie d’en faire un projet peut-être quelques mois après le début. Tout s’est fait un peu en parallèle !
Ce n’est pas du documentaire, ce sont quand même des comédiens et des comédiennes qui rejouent les scènes mais, en fait, ce qui se passait, c’est que je m’enregistrais toute seule avec mon téléphone, dès qu’un rendez-vous arrivait, dès que j’avais une réflexion, dès que je pensais à quelque chose dans la rue…Donc ce sont des émotions assez brutes qui ont été retranscrites dans un podcast en même temps que la réalité !
Au moment de la réalisation concrète du projet, avez-vous eu la volonté de vulgariser la démarche pour la bonne compréhension de tous ?
Complètement ! Je voulais, déjà, que ça devienne un objet artistique : pour moi, c’était important que ce ne soit pas juste du documentaire ni seulement ma voix qui raconte un récit, mais que ça devienne vraiment une histoire. Mais le fond était surtout que ça devienne, en effet, un outil pédagogique et de simplification, notamment des termes utilisés. Je ne comprenais rien à ce que mon avocate me disait ni à ce que la justice me racontait, j’avais l’impression d’être bête…Je me disais que ce n’était pas possible, que je ne pouvais pas être la seule à ne rien comprendre à ce qui se passe, à être complètement à côté de la plaque. J’avais besoin de dire « Non, je ne suis pas seule et toi, si jamais ça t’arrive, tu n’es pas seul non plus ! A mon niveau, et avec humilité, je vais t’expliquer ce qui se passe et ce que tu risques de vivre si jamais ça t’arrive aussi, ce que je n’espère pas ».
Le format est assez original. Cette idée-là est-elle venue rapidement dans le projet ?
En fait, ça s’est fait assez naturellement, bizarrement. Il faut savoir que je suis comédienne donc j’ai plus l’habitude d’être dans des films, des séries ou des pièces de théâtre que dans de l’audio. Mais, en fait, à ce moment-là, je le disais, j’ai commencé à m’enregistrer, dès qu’il se passait quelque chose. C’était beaucoup plus difficile pour moi d’écrire, c’était plus douloureux ! C’était donc impensable d’en faire un roman.
J’avais envie que ça aille vite, j’avais envie aussi d’être complètement libre sur le format, sur ce que je raconte et sur les personnes que je choisis pour le faire. J’avais besoin de cette liberté que la justice ne nous donne pas, concrètement. Là, j’avais envie de me réapproprier mon histoire, telle que je le voulais. On sait que, quand on crée une série ou un film, il y a tellement d’argent en jeu qu’il y a énormément de personnes qui décident. J’avais envie d’être la seule à tout contrôler…et il s’avère que c’est possible en audio !
C’est toute une équipe qui a fait le podcast, il y a 45 comédiens, il y a 15 personnes autour, c’est une grosse équipe ! On ne s’en rend peut-être pas compte…
L’audio permet aussi, en plus de cette liberté, d’être littéralement entendue : je ne l’ai pas été par la justice et la plupart des victimes ne le sont pas non plus. Là, j’avais envie de dire ce que je pense et comment ça s’est passé, dans le creux de l’oreille de l’auditeur et de l’auditrice….
Justement, a-t-il été « facile » de composer cette équipe ?
Cela s’est fait de manière assez traditionnelle : je sais que le milieu du podcast n’est pas connu mais il y a des boites de production, et j’ai été approchée par l’une d’elles. Ce sont des professionnels de l’audio, qui ont leurs propres équipes donc je n’ai pas eu à convaincre des gens de m’aider…
Ce projet a-t-il déjà été l’occasion de premiers retours ?
Oui, il y a des personnes pour qui c’est encore un peu douloureux, tout dépend dans quelle phase psychologique elles sont. D’autres ont trouvé cela assez utile, justement, de se sentir accompagnées, de mieux comprendre ce qui se passe derrière les portes de la justice, au-delà de ce que l’on voit dans les séries policières et dans les films, où on ne voit que les procès. Alors que, dans 95% des cas, il n’y a pas de procès…Cela pose de vraies questions plus profondes, de comment on se fait justice. On frôle presque la philosophie !
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?
En tant qu’objet audio, je souhaite qu’il soit entendu un maximum. J’aimerais qu’il serve, ne serait-ce qu’à une seule personne…J’aurais alors tout gagné !
A titre personnel, on m’a proposé d’en faire une adaptation en série télé ou en film. Je ne pensais pas du tout le faire mais, quand j’y réfléchis, dans une logique de toucher de plus en plus de monde, finalement, maintenant que j’ai fait cet objet sonore de façon libre, ça pourrait m’intéresser de l’adapter en série ou en film, pour que ce soit encore plus vu !
Après, ça m’intéressait d’écrire aussi, pourquoi pas, une suite, une sorte de saison 2, sur la reconstruction et sur ce qui se passe une fois que l’on a porté plainte : comment se reconstruit-on personnellement ?
Pour terminer, en parallèle, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
En tant que comédienne, je suis toujours au théâtre, je joue dans « Edmond », d’Alexis Michalik. Et, à l’été prochain, je commencerai le tournage d’un premier long-métrage…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Votre livre « Pépé Jacques – Qu’est-ce qui fait que l’on survit ? » vient de sortir chez Robert Laffont. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, c’est énormément d’émotions parce que ça fait depuis très longtemps que j’écris sur l’histoire de mon grand-père et que je veux la partager. Ca a beaucoup changé de forme, j’ai souvent voulu écrire un roman mais je ne savais pas de quelle façon m’y prendre…Finalement, j’ai rencontré mon éditrice, qui m’a proposé de faire un récit autobiographique, où je mène une sorte d’enquête pour vraiment en savoir plus sur l’histoire de mon grand-père pendant les camps. Voilà, c’était la bonne rencontre au bon moment…
Au fil des années où j’ai travaillé dessus, mon père était encore en vie, mon oncle était encore en vie et, maintenant que je le sors, ils ne sont plus là…Donc c’est forcément beaucoup d’émotions !
Les moments de travail pour préparer ce livre ont certainement été pleins d’émotions eux-aussi, à la vue des thèmes abordés…
Oui…Il y a les choses que l’on entend depuis toujours, il y a les choses que l’on sait, on a l’impression de savoir beaucoup de choses mais quand on se met vraiment dedans, on se rend compte qu’il y a quand même des éléments de l’histoire qui nous manquent. Donc il a fallu un petit peu enquêter, partir au mémorial de la Shoah, essayer de trouver des documents et c’est vrai que c’est toujours très émouvant de voir la photo de son grand-père, de retrouver aussi d’autres petits enfants, comme moi, de déportés qui ont connu mon grand-père, d’entendre des gens parler de lui en des termes très positifs, en disant que c’était un « mensch », qu’il a essayé de sauver telle ou telle personne dans les camps, qu’il a fait de grandes choses,….
On se rend compte que l’on est tout petit à côté de ces parcours de vie ! C’est sûr que c’était à la fois très joyeux et, en même temps, très émouvant parce que, sur ma route, j’ai rencontré pas mal de personnes que je n’aurais jamais croisées si je n’avais pas fait ce livre.
Au moment de l’écriture, face à la grandeur et à l’ampleur du sujet, sans doute même avez-vous dû faire des choix dans les moments partagés ?
Oui, j’ai essayé que ce soit agréable à lire, que ce soit fluide, j’ai essayé aussi d’intéresser, de raccrocher à l’actualité, de parler de moi également, pour que ce soit aussi un bouquin un peu témoignage, dans lequel je me livre. Après, l’essentiel du parcours de mon grand-père est quand même dans ce livre, en tout cas tout ce que j’ai appris jusqu’à aujourd’hui et que je sais.
Ce livre s’adresse bien sûr aux initiés mais pas uniquement…
Non, c’est un parcours héroïque dans sa banalité, c’est un parcours qui nous rappelle que l’envie de vivre nous fait faire de grandes choses. C’est surtout un parcours qui peut inspirer et ça contribue au devoir de mémoire ! Petit à petit, les témoins directs de la Shoah disparaissent et ce genre de récit permet qu’on n’oublie pas, permet pour nos futures générations de se souvenir que ça a vraiment eu lieu et de ce qu’ont traversé tous ces hommes et toutes ces femmes qui étaient déportés dans les camps de concentration. Donc j’espère que ça va toucher le plus grand nombre ! Il se trouve que c’est la Shoah mais c’est surtout « Qu’est-ce qui fait que l’on survie ? », c’est ce que je mets sur la couverture du livre…C’est l’envie de revoir sa femme, de revoir son enfant, de s’accrocher à la vie, coûte que coûte, même quand il n’y a plus aucun espoir !
A peine le livre sorti, votre première séance de dédicaces témoigne d’une belle affluence, qui doit certainement vous faire chaud au cœur…
Oui ! C’est vrai que je suis très contente, les gens sont venus, des personnes m’ont fait des surprises, il y a même une dame qui est venue de Toulouse, qui travaille dans le lycée Ozar Hatorah, où il y a eu l’attentat. C’est sûr que tout le monde partage son histoire, familiale ou de vie, et c’est toujours très agréable. Ce sont toujours des moments de rencontre et on fait tout ça aussi pour ces instants-là d’échanges avec des gens qui ont vécu la même chose ou qui, en tout cas, s’y intéressent. J’adore !
En plus, plein de copains sont venus me soutenir et j’ai ma famille, mes enfants, ma mère, mon frère, …C’est une vraie histoire de cœur !
Spontanément, des personnes venues faire dédicacer le livre vous ont témoigné de leur histoire personnelle…
C’est ça la beauté d’un livre : on se l’approprie ! Ca nous touche quelque part, pas tous au même endroit mais, en tout cas, on est tous finalement reliés quand même par des chemins de vie qui font que, à un moment donné, une histoire nous touche particulièrement. C’est super agréable !
D’ailleurs, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir sur le livre ?
C’est sûr que mes proches ont été marqués par des choses que j’ai vécues, comme le décès de mon père dont je parle dans le livre. Cela les a beaucoup touchés ! Ceux qui me connaissent savent que j’essaie de faire ce livre depuis tellement longtemps que, pareil, ils se sont retrouvés dans certaines choses du livre. Après, ce qui touche, c’est effectivement le fait que ce soit assez fluide, avec des chapitres assez courts, le fait aussi que ce soit un peu comme une enquête, où j’embarque les lecteurs au mémorial de la Shoah, où je les emmène d’une rencontre à une autre, à interroger ma mère et mon frère. Tout est relaté dans le livre, même des discussions WhatsApp. Il y a aussi des documents qui datent de la seconde guerre mondiale, notamment des fiches de déporté de mon grand-père. C’est vraiment un récit initiatique !
Maintenant que le livre est sorti, quel parcours de vie peut-on lui souhaiter ?
Qu’il voyage le plus possible dans toutes les familles ! Et puis, surtout, vraiment, c’est un message universel donc j’espère qu’il touchera évidemment la communauté juive pour le souvenir mais toutes les autres communautés. On a besoin, aujourd’hui, de véhiculer des messages de paix, pour avancer. Je l’ai beaucoup mis dans mes dédicaces, c’est important aussi de tirer des leçons de l’histoire pour que ça ne se reproduise pas.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle, un festival que vous avez beaucoup apprécié…
Oui, oui ! J’ai beaucoup apprécié ce festival parce qu’il est très très riche. En fait, je trouve qu’il rebooste …J’ai fait plein de rencontres, très humaines, très chaleureuses, très passionnées aussi et très investies. J’ai envie de dire que c’est une communion d’énergies positives !
Ce festival se tient non loin d’un lieu que vous connaissez bien, à savoir le « Fort Boyard ». Cet été encore, les téléspectateurs ont pu retrouver à trois reprises votre personnage de « Passe-Oussakass ». Sans doute est-ce, pour vous, un plaisir, à chaque fois, de retrouver cette belle équipe ?
Tout à fait ! « Fort Boyard », il faut le savoir, est une entité…Cela fait maintenant 36 ans que ça existe et c’est un rendez-vous annuel familial. Oui, je suis toujours heureuse de retrouver cette belle famille. Quand on se revoit, on a du plaisir, on est bien, c’est très chaleureux, on est contents !
J’adore mon personnage. Quand on me l’a proposé, j’étais trop contente, j’étais vraiment ravie… Plus je le fais, plus il a une empreinte vraiment forte je trouve…
Quand vous l’interprétez, on sent que vous êtes pleinement « Passe-Oussakass »…
Complètement ! Je l’aime beaucoup…Esthétiquement notamment…Il y a une heure et demie de préparation, avec Jennifer Guernier, qui me coiffe, qui me maquille et qui avait mis en forme le personnage. Franchement, elle a beaucoup beaucoup de talent et on s’entend super bien !
« Fort Boyard », pour moi, ce n’est que du bonheur ! Ici, au festival, je me rends compte que je suis assez populaire, beaucoup de gens me prennent en photo ou me demandent des autographes. Cela fait plaisir ! C’est aussi ça notre métier, de rendre heureux les gens et de transmettre quelque chose…Je suis heureuse de le faire et il y a des gens qui seront aussi heureux de le voir puis de me rencontrer…Ce n’est que du bonheur !
Comment avez-vous trouvé cette voix si particulière et ces cris ?
Je suis allée chercher cela en moi, en fait ! Je l’imaginais comme cela, j’ai fait cette proposition et ça a plu…C’est venu comme cela : à force de chercher, le personnage surgit !
Si vous étiez, dans cette épreuve des catacombes, à la place du candidat, comment l’appréhenderiez-vous ?
Je ne sais pas trop, en fait. C’est vrai que je n’ai pas peur des serpents…Cette rencontre avec ces animaux a été une bonne surprise pour moi et je les trouve d’une beauté, ce sont des bijoux en fait.
Par contre, j’ai la phobie des araignées…Dans un tombeau plein d’araignées, je ne sais pas comment je réagirais…Pareil pour les rats…
Nous l’avons dit, votre personnage était, cet été, trois fois à l’antenne. Votre rôle, à chaque fois, n’est sans doute pas si simple que cela : il vous faut déstabiliser le candidat mais, comme il joue pour une association, sans doute avez-vous quand même envie qu’il gagne ?
En fait, c’est d’abord un jeu ! Il y a un temps imparti…S’il gagne, tant mieux pour l’association mais ce n’est pas bien pour moi parce que, après, le Père Fouras n’est pas content !
Vous êtes aux premières loges pour suivre ce que fait le candidat et les émotions qu’il peut ressentir…
Complètement ! Il faut savoir que chaque candidat réagit à sa façon et que chacun appréhende différemment. C’est assez surprenant de voir comment certains arrivent à maitriser leur peur : c’est une force qu’ils ont en eux !
Votre personnage est apparu, pour la première fois, il y a 3 ans. Comme beaucoup de monde, avant même de venir sur le fort pour la première fois, certainement que vous aviez en tête beaucoup de souvenirs et d’images de l’émission ?
Oui, je la regardais déjà avec Patrice Laffont. C’est une très très bonne émission ! Elle fait du bien…
C’est une chance et un privilège pour moi, je trouve, de s’accorder le bénéfice de redevenir, quelque part, un enfant. En tout cas, de garder son âme d’enfant…C’est aussi ce que ce métier permet !
D’ailleurs, quels retours pouvez-vous avoir du public ?
Que tout le monde aime ce personnage, les parents comme leurs enfants ! Ils aiment mon rire de sorcière…C’est un personnage qui plait beaucoup ! J’ai pu m’entretenir aussi avec des papas qui me disaient que leurs enfants avaient peur mais qu’ils avaient quand même envie de voir le personnage.
Donc je serais ravie que des réalisateurs me proposent toutes sortes de rôles…Je n’ai pas envie de m’enfermer. S’il y a d’autres rôles de sorcière, pourquoi pas aussi car j’aime cela !
Au-delà de l’émission, votre parcours témoigne de belles expériences. Quelles seraient, ainsi, vos envies pour la suite ?
J’aimerais bien avoir mon one-woman show, pour parler de mon parcours assez riche. J’adorerais que quelqu’un m’aide dans l’écriture et la mise en scène car c’est un vrai métier…Pour moi, un seule en scène permet de faire rire les gens mais aussi de raconter des choses de sa propre vie, de qui on est, de comment on se projette avec les autres, de comment les autres nous perçoivent et se projettent.
J’ai aussi des projets de courts-métrages, devant et derrière la caméra. Pareil, je cherche des coscénaristes car j’ai beaucoup d’imagination.
Quels thèmes aimeriez-vous pouvoir mettre en avant ?
En fait, mon seule en scène serait vraiment l’histoire d’une femme qui a envie de se réaliser en tant que femme, qu’artiste et que comédienne, avec sa taille. J’aimerais qu’elle soit perçue comme quelque chose d’ordinaire, alors que ça ne l’est pas, parce qu’on est en minorité…A partir du moment où on est en minorité, on n’est pas ordinaire ! Mais, aujourd’hui, je pense que le fait d’avoir une visibilité artistique permettrait justement, quelque part, de banaliser une différence que l’on marginalise un peu encore. Ca va beaucoup mieux quand même mais on peut aller plus loin encore…
Il faut oser ! J’ai envie de dire aux réalisateurs, même aux jeunes qui démarrent et qui cherchent des idées, de ne pas avoir peur de se lancer. J’aime beaucoup ce mot oser, pour ce métier : oser bouger les lignes, oser mettre à l’image une maman d’une petite taille avec un homme d’une grande taille, …En fait, oser la différence et oser le mélange des genres ! Pour moi, c’est comme cela que l’on peut vraiment avancer ! C’est l’image médiatique aussi qui fait progresser les choses dans l’esprit des gens…
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival de la fiction TV de La Rochelle. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à ce bel évènement, qui permet des rencontres avec d’autres professionnels mais aussi avec le public ?
Oui, c’est ce qui est absolument formidable avec ce festival ! Il y a de la proximité avec le public, tout se passe dans un petit périmètre autour du vieux port et chacun est très détendu. Ce qui permet d’alterner, de manière informelle, entre les rencontres professionnelles et le contact avec le public. C’est très bienveillant et très chaleureux !
Le public vous retrouve régulièrement dans la quotidienne de France 3, « Un Si Grand Soleil ». Quel regard portez-vous sur l’évolution de votre personnage ces derniers mois, riches professionnellement et familialement ?
C’est très agréable de se laisser surprendre par les scénaristes ! J’ai eu la surprise des nouvelles trajectoires de mon personnage… C’est vrai que mon arche familiale, diffusée cet été, a été très intéressante à interpréter, avec une belle évolution entre le début et la fin. Au commencement, Marie-Sophie et Sohan sont au bord de la rupture… Après un temps de cohabitation, on sent que les choses sont, à priori, définitivement cassées… Mais on a pu voir comment, autour d’un enfant, sur des choses très émotionnelles, on peut se redécouvrir et se reconstruire, pour même arriver à, peut-être, une nouvelle perspective d’histoire, avec cette seconde chance que se donne le couple. C’était vraiment jouissif à jouer parce que l’écriture était délicate, les situations plausibles et très bien amenées.
Comme, par ailleurs, que ce soit avec Clémence Bœuf ou avec Yvon Martin, on a énormément de plaisir à interpréter cette famille, les choses aussi se nourrissent au fur et à mesure. On crée des liens : en tant que comédiens, on apprend à se connaitre et les choses sont plus riches !
Cette arche vous a sans doute permis une palette de jeu toujours plus large et plus variée…
Tout à fait ! Au départ, le personnage avait simplement une fonction professionnelle et Marie-Sophie semblait assez dure, notamment avec Marc, parce qu’elle cherchait sa place et à affirmer sa position de rédactrice en cheffe, un poste que Marc convoitait. Il lui a fallu un petit temps d’ajustement pour se détendre et trouver son rythme de croisière au Midi Libre, puis une certaine complicité avec son collègue. Et la grande nouvelle, c’est que l’équipe du journal va s’étoffer !
Avoir une famille est une chance pour découvrir la personnalité de Marie-Sophie dans le privé. Elle y est très différente, comme beaucoup de monde. C’est génial d’avoir ce grand écart entre les choses maitrisées au journal et la déstabilisation dans le cadre familial, à chercher des solutions. A la maison, elle est aussi inquiète, parfois maladroite, comme beaucoup de parents, surtout avec une ado comme Charlotte qui, quand même, n’en rate pas une.
Vous l’avez rapidement évoqué, l’équipe du Midi Libre va continuer à grandir, ce qui permettra d’encore enrichir les échanges…
Oui, ça m’enchante ! C’est l’occasion de faire vivre davantage cette rédaction…Que ce soit pour Marc ou pour Marie-Sophie, l’arrivée de Kira et de Paloma va permettre une émulation et donner plein de possibilités dans les questionnements, dans les rebondissements et dans les prises de position. Cela correspond à la vie d’un journal de presse écrite et je suis sûre que ça va nous permettre d’aborder encore plein de sujets différents, sous des angles qui le seront aussi ! C’est une des forces de la série et cela me plait particulièrement !
D’ailleurs, pratiquement à chaque fois que j’ai des échanges avec des téléspectateurs, ils abordent le fait qu’ils aiment que ça traite de sujets d’actualité parce qu’ils vont avoir la sensation d’apprendre des choses. Ils peuvent avoir des questionnements sur des prises de position, cela les fait réagir et ont des discussions, ensuite, avec leurs amis ou leur famille. Je trouve cela génial, c’est exactement, pour moi, la mission du service public. En cela, je trouve que les créateurs et les scénaristes ont trouvé un endroit très juste, parfaitement en lien avec les attentes le public.
En complément, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Coïncidence, je tourne aussi à Montpellier un 6x52 minutes pour TF1, qui s’appelle « La cible ». J’y joue un personnage de commandante de police, à la poursuite du rôle interprété par Tomer Sisley. Cela me réjouit parce que c’est un personnage ambigu, et j’adore quand il y a des aspérités ! Et puis pouvoir passer de scènes d’action à des scènes d’interrogatoires, c’est jubilatoire.
L’automne va être bien chargé, puisque je vais alterner entre les deux plateaux… Mais c’est une vraie chance, je ne pouvais pas mieux commencer la rentrée !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 peuvent vous retrouver, depuis quelques semaines, dans la série quotidienne « Ici tout commence », sous les traits du personnage de Joséphine Garnier. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, c’est fou ! Je ne pouvais pas espérer mieux, c’est incroyable !
Ce projet est aussi l’occasion, pour vous, de tourner dans un cadre magnifique…
Ah oui, ça, c’est sûr ! En plus, on est dans le sud et je viens du sud donc le cadre est vraiment incroyable, je suis trop contente !
Quel regard portez-vous sur Joséphine, votre personnage ?
Je me sens très proche de Joséphine, elle a vraiment un beau cœur. Dès fois, elle fait peut-être des erreurs mais elle veut toujours le bien de tout le monde, elle est très bienveillante.
Joséphine vous a déjà permis une palette de jeu large et variée…
C’est ça ! C’est un personnage qui peut paraitre simple au début mais, ensuite, on se rend compte qu’elle porte beaucoup de choses donc il y a de la nuance à mettre. C’est très intéressant et très agréable à faire !
D’ailleurs, sur certains traits de son caractère, avez-vous des sources particulières d’inspiration ?
Tous les personnages de série, en soi, qui sont très sociables…En fait, sa partie extravertie est ce qui la différencie le plus de moi. Elle adore les gens, elle parle très facilement, elle est très à l’aise donc, du coup, là, oui, je vais puiser un peu dans toutes les séries que je regardais quand j’étais ado. Il y avait toujours une des filles qui était à l’aise avec tout le monde, qui parlait facilement et que tout le monde adorait…Je vais chercher là-dedans pour avoir cette aisance dans tout ce qu’elle dit et cette positivité constante.
Quels premiers retours du public avez-vous déjà pu avoir depuis votre arrivée ?
On voit des téléspectateurs tous les jours devant le château…Pour l’instant, les gens me disent qu’ils ont hâte de voir la suite et que c’est agréable de voir un personnage gentil.
Techniquement parlant, face au rythme soutenu d’une quotidienne, sans doute que vous continuez, chaque jour, à peaufiner votre méthodologie de travail et de préparation ?
Oui, c’est ça ! Au début du tournage, quand on commence le projet, on est un petit peu déboussolé parce que c’est un rythme soutenu, particulier, qui ne ressemble à rien de ce que j’avais fait avant. Ensuite, on apprend à se créer un espèce de rythme là-dedans et à trouver du confort, pour que tout se passe bien. Au final, une fois que l’on a compris vraiment et que l’on a trouvé son rythme, c’est super agréable, en fait. On est tellement au plateau et c’est chouette d’avoir un rythme aussi soutenu, avec beaucoup de scènes différentes et beaucoup de comédiens différents, qui reviennent aussi. On tourne avec plein de monde mais on a quand même nos bases dans les comédiens donc c’est juste génial !
La présence et l’aide de l’équipe technique, notamment pour les bons gestes culinaires, sont certainement précieuses ?
Ah oui, c’est très précieux ! En plus, toutes les équipes autour de nous sont tellement bienveillantes et fortes…Ce sont des gens ultra qualifiés et super gentils, qui nous apprennent tout. C’est trop agréable d’avoir cela !
Aimez-vous regarder le rendu final de la quotidienne, aussi pour capitaliser sur votre propre jeu ?
Oui, je suis obligée de regarder ce que ça rend, dès fois juste pour les souvenirs : « Ah, quand on a tourné cette séquence, il se passait ça ». J’aime bien voir aussi parce qu’on travaille avec beaucoup de réalisateurs : si je n’ai jamais tourné avec eux, je vois comment ils dirigent mais je suis curieuse de voir le rendu aussi, tout simplement. Cela me permet également de comprendre ce que l’on m’a dit quand je tournais la séquence, les remarques que l’on m’a faites, mon placement de voix…Il y a plein de petits paramètres et, pour moi, c’est important de regarder ce que ça rend, ça me permet de me rendre compte si je progresse ou pas.
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?
De continuer à voir Joséphine évoluer dans l’école et dans sa vie aussi à côté, d’avoir plus de choses à défendre et de voir l’adulte qu’elle va devenir…
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Le film « Avignon » est récemment sorti en salles. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de participer à ce beau projet ?
Ah oui, oui ! En plus, je suis un énorme fan de comédies romantiques…C’était vraiment le moment idéal et c’est une belle rencontre avec les producteurs de Nolita, Maxime Delauney et Romain Rousseau. On avait loupé un film ensemble il y a quelques années mais on s’était retrouvés sur « Nous, les Leroy » de Florent Bernard et ils m’ont amené ce projet. J’ai rencontré Johann Dionnet, que je connaissais déjà mais je ne savais pas qu’il était passé à la réalisation. Donc c’était génial de redécouvrir les gars de Nolita, de redécouvrir Johann, et qu’il me confie ce rôle qu’il s’était écrit à la base, ce qui m’avait vachement touché. Donc toute l’histoire est vraiment très chouette avec ce film et c’est une immense fierté d’avoir incarné ce rôle de Stéphane ! C’est la chose dont je suis le plus fier dans ma filmo…
Artistiquement parlant, ce rôle vous a permis une palette de jeu très plaisante…
Oui, oui ! J’avais eu l’opportunité de faire quelques comédies romantiques mais que j’avais refusées parce que j’étais fan du genre et que je n’avais pas eu l’étincelle au moment où ça s’est fait. Il y a des films qui ont marché, d’autres moins et, donc, j’attendais un peu que le bon truc arrive…Et, franchement, ça valait vraiment le coup d’attendre donc si j’ai un conseil que je peux donner, c’est que, parfois, la patience, c’est vraiment pas mal ! Mais bon, je n’ai pas fait le fier pendant des années et des années parce que je me disais que ça n’arriverait peut-être jamais…Franchement, pour être un énorme fan de Hugh Grant, des films de Klapisch, de Rémi Besançon, celui-ci est vraiment très cool !
Et oui, effectivement, ça m’a permis de jouer un truc que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire au cinéma…
…Et de côtoyer un très chouette casting…
Oui, oui, on est immédiatement tombés en amour amical avec Alison Wheeler. On ne se quitte plus maintenant ! Elle me faisait déjà beaucoup beaucoup rire mais j’ai découvert une nana vraiment géniale, que j’adore. Et puis, toute la troupe de Johann, qui vient du théâtre. Il a rencontré des comédiens qui sont des Rolls-Royce, vraiment…J’ai pu jouer avec Lyes Salem que j’admire énormément depuis des années, je l’avais adoré dans « Nous, les Leroy » et de jouer avec lui était trop bien ! Et toute la troupe derrière : Rudy, Elisa, Constance,…Ce sont vraiment des gens qui se sont faits sur les planches, notamment dans les pièces d’Alexis Michalik et ce sont vraiment des machines de guerre…A l’écran, vous avez des gens qui ont des Molière…Donc c’est vraiment un chouette casting et je pense que ça participe aussi au bon accueil que l’on a eu sur ce film, avec cette vraie fraicheur à l’écran !
Justement, quels principaux retours avez-vous déjà pu avoir du public ?
Il y a eu beaucoup de sincérité, l’histoire a touché pas mal de gens, c’est du vécu, ça parle de plein de moments de la vie de Johann, c’est une très belle déclaration d’amour au théâtre subventionné et populaire, c’est vraiment une belle déclaration d’amour à la comédie ! Johann avait en référence, quand il m’a dit que j’allais faire le rôle de Stéphane, le film « Le gout des autres », que je n’avais pas vu et qui faisait partie des films que j’avais mis de côté. J’ai découvert un chef d’œuvre et j’ai compris l’amour qu’il avait pour les comédiens, via ce film aussi : le regard que l’on peut avoir sur l’autre, les préjugés,…J’ai compris plein de choses en voyant ce film…
Surtout, l’écriture du scénario de Johann est vraiment géniale…
Elle permet d’évoquer différents sujets, parfois lourds, mais sur fond de comédie et de légèreté…
Il y a plein de choses à jouer dans ce film et j’ai vraiment un rôle incroyable ! Dès que je tournais les pages, je me disais que c’était vraiment un cadeau fou…Je me suis mis une pression dantesque pour essayer d’être à la hauteur de ce rôle. La satisfaction est aussi dans le succès critique que l’on a eu : c’est un petit film, avec une petite économie, que l’on a rentabilisée très largement. On est vraiment super contents de cela ! Quand on fait un film, il faut penser à celui d’après et, franchement, ça a été dur de sortir de « Avignon ». Après le tournage, on a tous eu un moment down…Et même de le revoir : je l’ai déjà vu 11 à 12 fois, alors que je n’aime pas me regarder…Donc je suis très fier de ce film !
Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?
Là, il va y avoir un doublage pour un dessin animé. Je ne peux pas dire quoi mais je suis super content, ça arrive enfin ! Il va y avoir aussi la diffusion du spectacle du trio, avec Jérémy Ferrari et Arnaud Tsamère…On va essayer d’ailleurs essayer d’écrire un film tous les trois…On se voit très bientôt ! Et puis, je vais tourner le premier film de Bastien Daret, avec Topshot et Nolita. Ce sont vraiment de jeunes producteurs incroyables, qui accompagnent des jeunes réalisateurs. Bastien est extrêmement talentueux et il m’a confié le rôle principal d’une comédie qui se tournera l’année prochaine, où je serai avec José Garcia et Isabelle Carré. Je serai très bien entouré, j’ai hâte de faire ça !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Ca y est, nous y sommes, l’édition 2025 du festival Gange sur Seine est lancée…
Oui, c’est la troisième édition ! On a traversé déjà beaucoup de choses en trois ans, ça commence à grandir et à faire du bruit ! Donc je suis très content que les français commencent à apprécier notre cinéma indépendant. C’était un rêve pour moi de montrer ces films aux français, qui sont les vrais cinéphiles…Donc, pendant longtemps, je pensais à cela…J’avais créé un festival en Australie en 2014, je suis le président actuel d’un grand festival de cinéma indépendant à New-York et, là, nous sommes à Paris ! J’y ai commencé en 2023, au Lincoln et cette année, on a pris 3 salles ! J’essaie de voir comment ça fonctionne, j’ai voulu diversifier un peu le quartier…Le quartier latin, par exemple, sera pour les étudiants, avec un petit restaurant juste à côté pour que les cinéphiles puissent discuter !
Aussi, c’est important pour moi que l’on ne voit pas l’Inde que comme un pays qui fait du cinéma populaire bollywoodien parce que l’Inde, ce n’est pas que ça, ce pays fait des films indépendants magnifiques. Aujourd’hui, cette dizaine de bijoux que je montre à Paris seront certainement appréciés par les cinéphiles parisiens ! En plus, j’ai créé un jury avec uniquement des professionnels français : Laurent, Marco, Lola, Eloïse…Donc ces quatre personnes qui vont évaluer les films auront un regard français. Pour les cinéastes indiens, ce sera aussi intéressant de voir comment ils ressentent cela, eux qui apprécient également beaucoup le cinéma français !
Justement, le choix pour la programmation a-t-il été si facile que cela ?
Le choix n’est jamais facile ! Déjà, je reçois énormément de films et, du coup, certainement que j’essaie d’aider les premiers longs-métrages. J’aime aussi les cinéastes qui osent faire les choses différemment…Donc ce n’est jamais facile de choisir mais il faut le faire quand même !
Du coup, que peut-on vous souhaiter pour ces journées de festival ?
Je souhaiterais que les cinéphiles français ou les gens qui aiment l’Inde viennent soutenir le festival et regarder ces films, qui sont exceptionnels. Il y a beaucoup de liberté, avec beaucoup de matière : le droit des femmes, le déplacement des villageois face aux inondations et aux désastres naturels, la spiritualité, la relation entre les gourous et les disciples qui pratiquent la musique classique indienne, le mariage, l’homosexualité, l’indépendance des femmes indiennes mondaines…C’est fort, c’est magnifiquement bien tourné ! Vraiment, les films sont très intéressants !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons ici, au festival Gange sur Seine 2025, où vous êtes membre du jury. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui, bien sûr ! Je l’ai accepté, d’abord parce que Chayan est un garçon extrêmement sympathique et parce que j’ai un lien avec le cinéma indien, moi qui ai vécu quelques années en Asie et qui ai enregistré plusieurs bandes originales de films de Bollywood. Et puis, j’ai aussi travaillé plusieurs fois en Inde de nombreux concerts, notamment le film de Claude Lelouch que l’on a tourné là-bas, « Un plus une ».
Ce festival est aussi l’occasion de rencontres et d’échanges humains…
Oui, ça va être très intéressant de découvrir le cinéma indépendant indien que, évidemment, on connait moins ici parce qu’il n’est pas forcément distribué en France. Donc ça va être passionnant, j’en suis sûr ! Je connais mieux le cinéma un peu mainstream indien, parce que, en tant que musicien, je suis vraiment un passionné de comédies musicales et c’est vrai que les indiens, pour ça, sont très très forts. Les indiens ressemblent beaucoup aux acteurs américains, ils savent chanter, danser, jouer la comédie, ils sont multi casquettes donc j’ai hâte, là, de découvrir un autre cinéma indien, que l’on n’a pas la chance de voir en France, en dehors de ce genre de festival.
Lors des projections, quel œil va prédominer selon vous ? Celui du professionnel, qui va devoir juger ? Celui du spectateur ?
Là, comme on est obligés de donner des notes, il faudra être professionnel mais il faut aussi essayer de garder son œil de spectateur, quand on est jury, sinon on passe à côté du film. Donc il faut essayer d’avoir un petit peu les deux en même temps !
Comme il va falloir faire attention au meilleur acteur, au meilleur son, à la meilleure mise en scène, on va essayer d’avoir un œil pro, c’est ce qui nous est demandé !
Comme toujours en festival, ces projections seront l’occasion, certainement, d’échanges passionnés, entre vous, membres du jury aux profils différents …
Bien sûr, ce sera très intéressant ! J’espère que les avis seront divergeant, j’espère surtout que l’on va voir de bons films et que les choix seront difficiles. De toute façon, en tant qu’artiste, je sais à quel point c’est tellement dur de monter un projet et de le mener jusqu’au bout. Donc c’est très cruel et très difficile de juger le travail des autres ! Quoi qu’il en soit, l’aboutissement d’un film qui est distribué est déjà, en soi, une réussite, forcément !
Méthodologiquement, comment vous êtes-vous préparé à votre fonction de jury ?
J’ai lu les pitchs des œuvres mais, maintenant, il faut se laisser surprendre et embarquer ! Et voyager…Parce que je pense qu’avec ce festival, on voyage !
Justement, que peut-on vous souhaiter pour ces jours de festival ?
Comme à chaque fois que l’on découvre de nouvelles œuvres, de s’enrichir, de découvrir un nouvel univers, de trouver aussi peut-être de nouvelles idées et de nouvelles sources d’inspiration…Voilà, c’est ce qui est le propre d’une œuvre d’art : quand on la regarde, on essaie de la faire sienne et de l’adopter !
En complément, quels sont vos autres projets à venir ?
J’en ai plusieurs mais mon grand projet personnel est la création de ma nouvelle œuvre, qui s’appelle « The book of life », qui est une œuvre assez universelle aussi, parce qu’elle est écrite en 9 langues ! Elle sera créée le lundi 24 novembre, avec mon chœur et mon orchestre, à Paris, à l’église Saint-Etienne du Mont donc j’engage tout le monde à venir voir cette œuvre si vous voulez en savoir un peu plus sur ce que je fais ! Là, c’est une création très personnelle donc je donne cette date parce que c’est la plus importante pour moi dans les mois à venir !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous nous retrouvons dans le cadre de l’édition 2025 du festival Gange sur Seine. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous de participer à ce bel évènement ?
Oui ! En plus, l’année dernière, j’étais membre du jury, sur la demande de Chayan Sarkar. J’avais accepté parce que j’ai beaucoup d’affinités avec la culture indienne…C’était très passionnant de voir tous ces films que l’on n’a pas l’habitude de voir en France ! Même si j’ai connu les films de Satyajit Ray qui sont, pour moi, dans mon top 10 des films…C’est donc un univers très important !
C’est un festival magnifique parce que l’on apprend beaucoup de choses sur une culture que l’on connait mal mais qui est une culture très importante…Ce sont des milliards de personnes et c’est toute l’Asie qui est concernée…Donc je suis content d’être là cette année aussi et de soutenir son festival.
Justement, artistiquement parlant, notez-vous des différentes significatives avec ce que vous avez l’habitude de voir ?
Ou, il y a des acteurs que l’on ne connait pas ici et qui sont magnifiques. Il y a aussi une manière de raconter des histoires qui est intéressante…On a vraiment envie d’aller plus loin dans cette culture-là et d’approfondir ! C’est vrai qu’on n’a pas l’habitude de voir ces films et d’ailleurs, j’ai tenu, l’année dernière, à être présent en projection pour voir les films sur grand écran, plutôt que sur une tablette chez moi…Parce que c’est aussi, parfois, un autre rythme…Sur sa tablette, on peut zapper mais, en projection, le fait de participer avec d’autres spectateurs est important !
Le festival est aussi l’occasion d’échanges…
Quand les équipes sont présentes, évidemment ! C’est pour cela que ce que fait Chayan est très courageux : faire venir des équipes d’Inde sur un festival est une infrastructure compliquée et complexe. Donc il y a un côté courageux à son entreprise…Je pense qu’il faut le soutenir, de la manière dont on peut !
Quand vous regardez un programme, quel œil prédomine : celui du spectateur ou celui du professionnel que vous êtes ?
Je crois que l’on est, de toute façon, toujours spectateur, avant tout…C’est ça le but du jeu au cinéma et c’est pour cela que j’aime regarder les films en salle, avec un public, parce qu’on n’a pas la même perception d’un film. Après, on peut analyser aussi, techniquement, les choses mais, aujourd’hui, je crois que les critères techniques sont assez similaires partout, dans le monde entier : avec la culture mondialisée, on a un peu les mêmes références…Après, là, ce n’est pas Bollywood, on est sur un cinéma souvent indépendant et c’est un cinéma que l’on ne connait pas…On connait les clips et les chansons de Bollywood mais, là, il y a tout un cinéma d’auteurs mais un cinéma commercial, que l’on n’a pas l’occasion de découvrir. Donc, vraiment, s’en est une ! Il faut encourager tout le monde à venir voir les films…
Du coup, que peut-on vous souhaiter pour ce festival ?
J’attends, évidemment, les bonnes surprises ! Souvent, ce qui me frappe, c’est la qualité des comédiens…L’année dernière, c’est vraiment ce qui m’avait frappé et, d’ailleurs, aujourd’hui, il y a le fils d’un des acteurs, qui avait été extraordinaire. Souvent aussi, il y a des acteurs qui réalisent et, là, vraiment, il y a des découvertes qui se font !
Pour terminer, plus personnellement, quels sont vos autres projets en cours ?
Je développe mes projets, je suis dans le système français, qui n’est pas toujours simple…Mais on continue à développer des choses, jusqu’au moment où on pourra faire un film !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes deux artistes aux parcours riches et variés. Si l’on en revient à leurs genèses respectives, d’où vous vient cette passion pour la danse notamment ?
Julie : J’ai commencé la danse avec une professeur, Mme Vinogradoff, qui enseignait dans un presbytère…J’avais 5 ans et ma professeur était une femme exceptionnelle. C’était une grande danseuse classique, qui a fait toutes les plus grandes scènes du monde entier, de Paris à New-York, en passant par Bombay. Elle avait été meneuse de revue, capitaine au Moulin Rouge, danseuse soliste aux Folies Bergères et au Lido. Avec elle, j’ai toujours baigné dans cette atmosphère-là, elle nous racontait tout ce qu’elle avait fait dans sa jeunesse. J’ai vraiment adoré cette femme : elle m’a appris la danse mais aussi plein d’autres choses, des valeurs humaines notamment, comme la persévérance, le goût de l’effort, le fait de ne jamais s’arrêter, la confiance en soi, …
Après la danse classique, j’ai fait du jazz puis toutes les danses possibles. J’ai passé mon DE de professeur de danse par la suite…
Salomé : Grâce à ma mère, j’ai toujours baigné dans ce milieu-là ! Sa professeur lui avait dit que si elle voulait que son enfant soit une grande danseuse, il fallait lui mettre un petit ruban rose autour de la cheville, à la naissance. Ce que, du coup, ma mère a fait…
J’ai commencé la danse très jeune. J’ai fait plusieurs sports mais je suis toujours restée dans la danse et c’est à 12 ans que j’ai découvert la pole…C’était une révélation, j’ai vraiment adoré, cela me procurait quelque chose ! Depuis, je me suis perfectionnée et j’ai commencé les compétitions puis, plus récemment, les spectacles. J’aime tellement cela que l’on a installé une barre dans le salon…C’est une vraie passion !
Julie : Je me suis mise à la pole après la naissance de mon fils. Au départ, juste parce que je voulais maigrir et me sculpter. J’ai commencé par prendre quelques cours et j’ai trouvé cela sympa, c’était ludique et intéressant. J’ai tellement adoré que je suis partie à Paris, me former dans des écoles renommées, jusqu’à ouvrir une activité au centre de danse où j’exerçais. Les inscrits ont adoré, des enfants aux adultes…Ce qui nous a incité à nous développer un peu plus encore !
Dans la suite de votre parcours, sans doute que certains moments vous ont particulièrement marquées…
Salomé : Oh, oui ! Déjà, il y a les championnats. Je me mets énormément de pression mais je mets aussi tout mon cœur. Avant les compétitions, je m’entraine vraiment beaucoup sur ma chorégraphie…La scène est le final !
Des compétitions m’ont beaucoup marquée, notamment quand j’ai été championne de France pour la première fois. C’était exceptionnel pour moi, surtout que je m’étais blessée le jour-même. Ou encore le championnat du monde, quand j’ai fini troisième ! Pareil, pour moi, c’était exceptionnel ! Je m’étais mise une bonne pression, j’avais envie de réussir et de faire de mon mieux mais, sur scène, j’ai complètement raté…On avait notre résultat juste après le passage et je m’étais dit que c’était mort…
Julie : Salomé avait préparé un super enchainement sur la barre qui tourne, on avait des figures de souplesse extrême, elle partait du haut vers le bas. Mais, dès la première figure, elle glisse jusqu’en bas, en deux secondes…
Salomé : Je n’avais pas le temps de remonter et, du coup, j’ai improvisé…
Julie : C’est très bien, elle ne s’est pas laissé démonter et, comme le jury ne connaissait pas la chorégraphie, elle a carrément joué la comédie, à fond.
Salomé : Je n’ai su qu’après que le jury était content de ma prestation…Sur le coup, je pensais avoir raté et être dans le bas du classement. Quand j’ai vu que j’étais troisième, j’étais fière de moi ! Un de mes rêves s’était réalisé ! L’ambiance était top aussi, toute l’équipe de France criait…
Julie : Il y a toujours de l’entraide. Malgré la rivalité, les filles s’entraident…En plus, on se connait tous, on se voit en dehors, on tisse des liens dans le monde entier…C’est vraiment super sympa !
Salomé : Parmi les autres évènements marquants, rien que de faire « Fort Boyard » a été exceptionnel. J’ai commencé enfant et je voyais cela comme le monde magique. La première fois que j’ai mis les pieds sur le fort, je le voyais encore avec mes yeux de toute petite fille, c’était un peu irréaliste.
C’était un super bon souvenir ! Là aussi, tout le monde est très gentil, il n’y a pas une once de méchanceté, les gens sont bienveillants. De pouvoir y retourner cette année m’a permis de revivre certains moments, cela m’a remémoré des souvenirs et j’ai fait aussi de nouvelles rencontres. Franchement, j’ai toujours dit que « Fort Boyard » est le meilleur souvenir de ma vie ! Parce qu’il y a tout qui allait : c’était un peu rêve d’enfant, tout le monde m’a mise à l’aise, j’ai fait de super rencontres, j’ai revu certaines personnes après, …
Julie : Oui, tout le monde est bienveillant et tout est bien cadré. J’accompagnais Salomé quand elle était petite et, pendant cette semaine sur place, on avait l’impression d’être hors du temps…C’était vraiment super !
Salomé : Pour continuer dans les bons souvenirs, je pense à tous les spectacles que je fais. Je n’en ai aucun mauvais souvenir…En compétition, il peut y avoir des mauvais résultats, on peut ne pas être fier de soi, …Tout un tas de choses peuvent faire qu’on en garde un moins bon souvenir que les spectacles où, pour le coup, je ne me mets pas du tout de pression. Il n’y a pas de jury, les gens sont juste là pour profiter ! J’adore la scène, j’adore ce que je fais !
Julie : Je ne le dis pas parce que c’est ma fille mais elle rayonne sur scène…La technique est une chose mais on sent qu’elle aime ça, elle est toujours souriante, quoi qu’il arrive.
Salomé : Souvent, les gens viennent me faire des compliments sur ma prestation, ce qui me fait plaisir…Avec le cabaret de Clara Morgane, on a une super troupe, on s’entend tous très bien.
Julie : Clara est bienveillante, elle est gentille, c’est un amour !
Salomé : Elle nous fait vraiment confiance pour nos chorégraphies en solo et elle nous dit souvent qu’elle est fière de nous. On peut lui proposer des choses et, souvent, elle accepte. C’est génial ! Quand on part en tournée, on travaille certes beaucoup mais on mange tous ensemble et on parle beaucoup avant d’aller se coucher. Cela reste du plaisir, il n’y a pas de stress !
Julie : Oui, il y a de la rigueur mais toujours dans la bienveillance. Clara met les artistes en avant et montre leurs univers.
Me concernant, j’ai plusieurs souvenirs mais c’est vrai que les premiers championnats de France de Salomé, quand elle s’était blessée à la répétition, le matin même, m’ont marquée. On avait failli déclarer forfait car elle ne pouvait plus marcher ni même se baisser…J’avais appelé un médecin, on avait quand même un petit espoir, elle a fini par monter sur scène et a fait quelque chose de fantastique ! Avec l’adrénaline, la douleur n’était plus là…J’étais super fière et, en même temps, décomposée !
Récemment, Salomé m’a poussée à faire ma première compétition importante, on va dire. Pareil, je me suis fait mal au dos, un mois et demi avant. Je ne pouvais plus du tout m’entrainer…Du coup, j’ai préparé ma chorégraphie dans ma tête, avec des enchainements que je me sentais capable de faire. Mais je n’étais pas sûre de mon cardio…Je n’ai repris les entrainements que 10 à 12 jours avant la compétition, c’était un peu dur mais j’y suis allée. Une fois sur scène, avec l’adrénaline, c’était parti et j’ai remporté la médaille d’or. J’en suis très fière et très contente !
Salomé, en plus de m’avoir boostée, m’a beaucoup aidée pour certaines parties techniques…
Salomé : Oui, on est complémentaires pour les chorégraphies : je vais plus faire la partie technique et ma maman s’occupe beaucoup du choix de la musique et des mouvements. En général, ce qu’elle propose me plait énormément ! On s’aide mutuellement, que ce soit pour ses chorégraphies ou pour les miennes.
Julie : Cela se fait assez automatiquement dans ma tête…Quand on est en voiture, on met toujours la musique et on compte dessus. On a la chorégraphie tout le temps en tête…Depuis toujours, j’aime la travailler dans la voiture : la musique prend tout l’espace, je m’en imprègne, je me projette dessus et, en général, même s’il y a toujours des petits changements, ça correspond bien à ce que j’imaginais. D’ailleurs, l’autre jour, à un feu rouge, un autre conducteur s’est étonné de ce que je faisais…. J
Nous le disions, votre parcours artistique est très varié, vous êtes sur scène et accompagnez aussi d’autres personnes en dehors. Sans doute que ces différentes casquettes sont très complémentaires pour vous ?
Julie : Oui, j’adore tellement la pole et la technique que ça demande, que la transmission se fait assez naturellement pour moi. J’essaie d’amener des mouvements fluides et gracieux, je corrige tout le temps les pieds car je ne supporte pas d’en voir de mal placés. Certaines personnes, en studio, aiment justement y retrouver de l’artistique, en plus de la technique.
Salomé : Ce qui est sympa aussi dans le fait de coacher ou d’entrainer des élèves, ce sont, en fait, les figures. Car il y a beaucoup de variantes ou d’étapes avant d’arriver à la figure finale…Je propose des cours de tous niveaux donc, en fait, je peux avoir des élèves d’un niveau avancé ou des débutantes. Je pars d’une même base et, après, je vais pouvoir augmenter la difficulté. Je trouve cela chouette !
Julie : Salomé est très complète, elle sait tout faire, et ce n’est pas facile de savoir tout combiner : elle manipule très bien le côté sportif de la pole, elle varie les styles artistiques d’une année à l’autre, elle maitrise la danse sur talons…
Salomé : Quand on coache, on applique la même chose aux autres que ce que l’on fait pour nous. C’est toujours la même chose, on essaie de trouver des enchainements de figures qui leur correspondent. Il faut s’adapter au style de la personne que l’on a face à nous : certaines filles vont avoir un style beaucoup plus dynamique donc, là, on va prendre une musique dynamique et mettre des pas plus dynamiques…De même, si des filles ont un style plus classique, ce que je vais leur proposer le sera aussi. C’est vrai que c’est sympa de s’adapter à chacun, j’aime bien aussi. J’aime aussi trouver certains petits détails subtils, auxquels on ne pense pas au début, qui vont tout changer.
J’adore également la musicalité : quand il y a un boum, j’aime bien mettre l’accent dessus. Je pense que, pour certains, ça peut être une contrainte mais je trouve cela vraiment super intéressant.
Julie : C’est motivant d’essayer de caler la technique sur la musique. En général, cela se fait naturellement…
Salomé : Ce qui est sympa, c’est aussi de trouver des enchainements de figure…En fait, j’aime tout !
Julie : On fait beaucoup de tests, jusqu’à trouver…Parfois, quand je rentre à la maison, je retrouve Salomé qui porte son casque de vélo, pour ne pas se faire mal.
Que peut-on vous souhaiter, ainsi, pour la suite de vos parcours ?
Salomé : C’était encore un grand débat entre nous il y a quelques jours ! Je continue les études, je suis en STAPS, pour faire professeure des écoles. C’est vrai que j’aime bien mais ce n’est pas une passion. Je veux continuer les études, je ne veux pas me lancer dans quelque chose d’incertain, surtout que la pole, contrairement au foot, n’est pas encore assez développée. On n’est même pas rémunérées lors des compétitions donc je ne peux pas me lancer entièrement dedans, sans être sûre que ça marche. Donc je veux quand même avoir un diplôme…Après, ce que j’aimerais, c’est de vivre de ma passion pour la pole. Pour le début, je ferai professeure des écoles et, en parallèle, quand j’aurai le temps, je donnerai des cours…
Julie : Des émissions comme « Fort Boyard », par contre, ont vraiment permis de démocratiser la pole…Il y avait encore des préjugés et, maintenant, il y en a beaucoup moins ! Même, beaucoup de personnes me demandaient, chaque année, quand Salomé allait revenir.
Salomé : Ils montrent vraiment les bons côtés, artistiques et sportifs, de la pole ! Il n’empêche que, à l’heure actuelle, je ne veux quand même pas me lancer sans savoir où ça mène…J’aimerais continuer à donner mes cours et à faire des spectacles, qui sont ma raison de vivre. Je vais continuer aussi à m’entrainer pour augmenter mon niveau, je vais continuer les compétitions et, après, je me souhaite d’aller le plus haut possible.
Julie : On voudrait aussi essayer de proposer des choses différentes, que l’on n’a jamais vues en pole… On pourrait faire, notamment, des choses avec d’autres artistes, tout est possible, c’est un domaine tellement large !
Me concernant, mon souhait serait de développer des projets sport / santé, moi qui travaille aussi à l’hôpital. On y réfléchit d’ailleurs, déjà, avec la fédération française, notamment à de la rééducation grâce à la pole. C’est une activité qui permet de travailler sa coordination, ses repères dans l’espace et sa force donc ça peut aider à la rééducation.
Pour les enfants en difficulté, c’est aussi un moyen de canaliser les énergies. La pole met vraiment en confiance, c’est un levier pour fédérer autour du bien-être.
Salomé, vous évoquiez le fait que « Fort Boyard » soit votre meilleure expérience. Pour cette saison des « Origines », votre personnage s’est retrouvé face à 5 figures emblématiques du fort, ce qui a dû être un moment marquant…
Salomé : Oui ! C’est vrai que, du coup, cette année, je les connaissais déjà donc ça m’a rappelé des souvenirs, j’ai revécu des moments que j’avais adorés. Par contre, à l’époque, c’était fantastique, je me disais « Waouh, c’est le Père Fouras ! ».
Julie : On a d’ailleurs appris que le Père Fouras était danseur…Du coup, on a bien discuté ensemble !
Salomé : Avec mes yeux d’enfants, je ne les voyais pas comme des acteurs, je les voyais vraiment comme des symboles et des figures un peu emblématiques de la télé. Tout le monde connait cette émission et d’aller sur le fort, de se retrouver face à des personnages emblématiques, que l’on soit enfant ou pas, procure le même ressenti…On voit tous cela comme de la magie, c’est merveilleux !
Julie : Oui, c’est pareil pour moi ! Dans ce lieu, il y a une âme, on est franchement hors du temps, c’est une expérience incroyable ! D’ailleurs, on remercie vraiment Guillaume Ramain, le producteur, ainsi qu’Isabelle Masson et Johanna Cohen. Tous ont toujours été bienveillants avec nous, du début à la fin. On avait d’ailleurs toujours gardé le lien…
Salomé : J’avais participé en 2019, il y a 6 ans, ça faisait un petit moment, j’avais quand même changé entre temps, ils auraient pu m’oublier…Mais, quand je suis revenue cette année, Olivier Minne semblait content de me revoir, cela m’a fait très plaisir !
Julie : Il est super sympa, comme tout le monde.
Il faut savoir que Salomé est la seule enfant du fort qui n’a que des victoires…Elle n’avait jamais échoué donc, cette année, c’était un challenge de conserver son invincibilité.
Justement, Salomé, comment avez-vous vécu votre duel face à Léa François, dans l’épreuve des tours vertigineuses ?
Salomé : Alors, c’était très particulier…La pole travaille énormément la force dans les bras donc, quand j’avais fait, il y a 6 ans, l’épreuve des roues où on doit se tenir uniquement sur les bras, j’avais toujours ce petit stress mais j’étais quand même assez confiante parce que c’est dans mes qualités on va dire. Là, par contre, l’équilibre sur des chaises, empiler des chaises, en plus sous la pluie, en fait c’étaient des sensations que je ne connaissais pas du tout…Donc j’avais beaucoup de stress parce que je ne savais pas vraiment ce que ça allait donner. Quand on vit le moment, ce n’est pas du tout stable, c’est encore pire que ce que l’on pense…Du coup, c’est vrai que c’est quand même assez stressant, c’est une course contre la montre, c’est le premier qui y arrive ! On était dos à dos, on ne voyait pas ce que l’autre faisait donc je ne savais pas vraiment où elle en était…En fait, il faut juste se concentrer sur soi !
Même la technique pour mettre les chaises…Comment est-ce que je la mets ? Est-ce que je mets d’abord mon pied ? On nous avait expliqué brièvement comment mettre les chaises mais, par contre, à quel moment tu mets ton pied et sur quelle partie de la chaise ? Pour cela, on doit se débrouiller, c’est le but du jeu…
J’avais l’impression d’être lente mais pas tant que cela au final…C’est vrai que je trouvais que je prenais un temps fou pour mettre la chaise…Je me demandais où mettre mon pied…Je pensais que j’allais tomber…Franchement, ce n’était pas facile du tout !
J’ai été très contente – c’est mon côté un peu méchant – quand j’ai entendu que Léa était tombée parce que, du coup, j’avais pris de l’avance. A partir de ce moment-là, j’ai encore plus pris mon temps parce que j’ai vu qu’en fait, on pouvait tomber facilement. J’ai préféré prendre mon temps, plutôt que de tomber et de tout recommencer…C’est long, c’est dur, c’est stressant, ce n’est pas une épreuve facile et, je le redis, je n’ai pas du tout l’habitude de travailler cet exercice !
Cerise sur le gâteau : je fais 1m12 J donc, pour attraper l’indice à la fin, je me suis demandée quoi faire…C’était comme un blanc pour moi, autour je n’entendais plus rien, plus personne, c’était moi et mon cerveau : est-ce que je saute ? Mais je n’ai pas beaucoup de détente…Donc je risquais de manquer l’indice et de tomber. Est-ce que je rajoute une chaise ? Mais, si je le fais, ce sera encore moins stable et ça va prendre plus de temps…De là, je me suis dit : allez, je saute, je me lance ! Et j’ai réussi à l’attraper…Là, j’étais trop contente ! J’ai tellement attrapé l’indice fort, je ne voulais tellement pas le lâcher que je l’ai cassé. Pour le coup, je n’étais pas seulement contente d’avoir gagné, j’étais aussi fière de moi parce que j’ai réussi une épreuve dans laquelle je ne savais pas ce que je valais en fait. Pour le coup, Léa avait autant de chance que moi de gagner : on peut être sportive, on peut savoir courir très vite mais ne pas savoir escalader par exemple…La pole est mon domaine mais pas l’équilibre…Donc j’étais vraiment fière de moi !
Léa, elle aussi, a été super gentille. Mon rôle était de la narguer, j’avais le rôle de la méchante mais elle a été super sympa ! Même après, elle m’a mis un petit message sur Instagram pour me féliciter. Je me répète, tout le monde est super gentil et ce n’est pas seulement une apparence pour la télé. Ils sont gentils en dehors…Léa n’était pas obligée de me mettre un message sur Instagram, elle aurait pu me dire « Bravo » en vrai ou même rien me dire du tout…Mais non, ce n’est pas ce qu’elle a fait. Idem pour tous les autres : Christophe Licata a été incroyable, j’étais avec lui à l’aéroport, on a beaucoup rigolé, il est gentil comme tout, il prenait des photos avec plaisir quand les gens lui demandaient. Tout comme Big Boo, qui m’a ramenée à l’hôtel. J’ai rencontré Booster aussi, il est super gentil, on a même gardé contact. Je peux dire cela de tout le monde en fait ! J’ai pu rencontrer Silane, que je ne connaissais que par la télé ou les réseaux et on s’est trop bien entendues. C’est cela aussi qui a fait que mon expérience était belle : ce n’était pas seulement d’aller sur le fort, un lieu emblématique…Non, les gens avec qui j’y étais ont été formidables !
Julie : De manière générale, avec la pole, on a fait des rencontres incroyables, dans le monde entier. On ne s’y attendait pas du tout…Cette activité sympa et ludique nous a permis de rencontrer un tas de personnes.
Salomé : En danse, on entend souvent qu’il y a des déchirements mais je n’ai jamais vu cela dans la pole. Quand on est concurrentes sur scène, on ne l’est pas en dehors. En plus, il y en a pour tous les goûts donc c’est vraiment un sport que j’adore et que je recommande !