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France 2 / Bénie soit Sixtine : Barbara Probst nous en dit plus sur ce chouette programme !

Publié le par Julian STOCKY

© Raoul GILIBERT - UGC - FTV

 

 

Bonjour Barbara,

Quelle joie d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Le 5 février prochain, sera diffusé, à 21H 05, sur France 2, « Bénie soit Sixtine », où vous y interprétez le rôle de Lydie. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir que cela a été pour vous de participer à ce beau projet ?

Cela a été une grande joie pour moi, d’autant plus que, pour la petite histoire, on m’avait initialement proposé d’auditionner pour un autre rôle. En lisant le scénario, j’ai immédiatement été frappée par le personnage de Lydie. Il m’a touchée d’une manière très personnelle, et j’ai ressenti une envie irrésistible de défendre ce rôle. Sans hésiter, j’ai appelé mon agent pour lui demander si je pouvais être envisagée pour ce personnage.

Lydie est très éloignée des rôles que j’ai pu interpréter jusqu’à présent, mais c’est justement ce défi qui m’attirait. Son énergie et la lumière qu’elle apporte à cette histoire m’ont conquise dès la première lecture. J’ai eu beaucoup de chance que la réalisatrice accepte de me rencontrer pour ce rôle. Cela a fonctionné, et je suis extrêmement heureuse d’avoir pu lui donner vie à l’écran !

Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur votre personnage, une mère célibataire qui propose de loger Sixtine ?

Lydie est une femme forte, mais aussi tendre et profondément humaine. J’ai énormément de tendresse pour elle et pour ce qu’elle représente.

Je l’ai abordée un peu comme une Erin Brockovich à la française. Nous connaissons tous une Lydie dans notre entourage. C’est une femme qui n’a pas été épargnée par la vie : son parcours, même évoqué entre les lignes, est marqué par des épreuves. On comprend que le père de son fils n’est plus présent, qu’il a probablement été violent avec elle, et qu’elle a dû se battre seule pour s’en sortir. Elle a monté son entreprise, un petit salon de coiffure, et gère sa vie de mère célibataire avec une détermination admirable.

 

© Raoul GILIBERT - UGC - FTV

 

Ce que j’aime chez elle, c’est sa générosité. Dès sa première rencontre avec Sixtine, le personnage joué par Capucine, on sent cette dimension humaine : Lydie accepte de lui louer un appartement alors que rien ne garantit que Sixtine pourra la payer en temps et en heure. Elle lui fait confiance sans hésiter, simplement en percevant la vulnérabilité et la sincérité de cette jeune femme. Il y a une vraie idée de sororité dans ce geste, cette volonté de se soutenir entre femmes face aux difficultés de la vie.

Ce personnage vous a permis, une nouvelle fois, de proposer une palette de jeu large et variée…

Complètement ! Je suis vraiment heureuse de faire partie de ce film. Je n’avais pas lu le roman de Maylis Adhémar avant, mais j’ai eu la chance de la rencontrer puisqu’elle a été très impliquée dans l’adaptation. Travailler avec Sophie Reine, une réalisatrice que j’admire beaucoup, a été un vrai plaisir. Le film n’est clairement pas une comédie, il aborde des sujets et des thèmes difficiles, mais les scènes avec Lydie apportent une vraie lumière et beaucoup de légèreté avec une dimension presque comique. C’était une belle opportunité pour moi, car c’est un registre que j’ai eu peu de chances d’explorer jusqu’à présent.

Lydie n’a pas sa langue dans sa poche, elle est libre, pleinement en accord avec sa féminité et sa sexualité. Elle est drôle, sexy et utilise cet humour comme une réponse aux situations plus dramatiques, ce qui la rend d’autant plus attachante. Jouer un personnage comme elle, à la fois complexe et lumineux, m’a énormément plu.

En parallèle, j’ai aussi tourné dans « Cette nuit-là », une série pour France Télévisions qui sortira bientôt. Les deux tournages se sont enchaînés à quelques semaines d’intervalle, ce qui a été fantastique pour moi : passer d’un registre à l’autre, explorer des palettes si différentes, c’est un vrai bonheur pour une actrice. C’est aussi très flatteur qu’on me fasse confiance pour des rôles aussi variés. Je suis très gâtée !

 

© Nicolas VELTER - France Télévisions - Storia Télévision

 

Ce projet a aussi été l’occasion de côtoyer un chouette casting, notamment Capucine Valmary distinguée pour son interprétation de Sixtine par le Prix Jeune Espoir féminin au festival 2024 de la fiction Tv de La Rochelle…

Nous étions tellement heureux et fiers pour elle, elle le mérite vraiment. C’est une actrice magnifique que je ne connaissais que de nom avant ce film. Nous nous sommes véritablement rencontrées sur ce tournage, et cela a été un vrai coup de cœur. Elle est plus jeune que moi, et je dois dire que ça me fait extrêmement plaisir de découvrir cette nouvelle génération d’acteurs et d’actrices incroyablement talentueux, passionnés par leur métier, avec une dévotion et un engagement qui forcent l’admiration. Nous nous sommes vraiment bien trouvées toutes les deux.

Plus largement, le tournage a été une expérience magique. Nous étions dans le nord de la France, et il y avait une ambiance très chaleureuse. Le soir, on se retrouvait pour partager un verre ou dîner ensemble. Ce genre de complicité est rare, mais elle s’est prolongée même après le tournage : nous avons encore un groupe WhatsApp où on s’échange des nouvelles et où on se soutient. Il y avait une très belle cohésion et réelle camaraderie au sein du casting.

Mon personnage évolue un peu en parallèle du drame principal, mais cela ne m’a pas empêchée de croiser, en dehors des plateaux, les autres comédiens. Cela a été un vrai bonheur de partager ces moments avec eux. C’était un tournage très joyeux.

Quels retours aviez-vous alors pu avoir, à La Rochelle, de la part des spectateurs présents ?

C’était extrêmement touchant de recevoir des retours si émus et chaleureux sur le film. Les spectateurs ont vraiment été pris par l’histoire, et cela m’a beaucoup touchée. Ce n’est jamais facile de se découvrir à l’écran, mais j’ai eu la chance de réussir à regarder le film avec suffisamment de recul pour l’apprécier pleinement, et je suis extrêmement fière d’en faire partie. Les réactions du public vont bien au-delà du bonheur que nous avons eu à travailler sur ce projet, et c’est une vraie récompense.

Il est impossible de rester indifférent au personnage incarné par Capucine. Son interprétation est d’une finesse et d’une sensibilité incroyables. C’est beau, et je suis heureuse de voir que son travail est reconnu et que les réponses du public suivent.

 

© Raoul GILIBERT - UGC - FTV

 

On vous imagine, du coup, impatiente, peut-être même curieuse, de découvrir les autres retours du public qui sera présent devant sa télévision le 5 février prochain ?

Oui, j’ai vraiment très hâte, j’espère que ça plaira au plus grand nombre mais j’ai peu de doutes…

Pour terminer, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

“Cette nuit-là” est un thriller de 4x52 minutes, qui sera diffusé dans le courant de l'année sur France 2. C’est la première série que je porte vraiment sur mes épaules, et j’ai eu la chance d’être très bien entourée. Pascal Elbé joue mon mari, Hugo Becker incarne un journaliste qui m’accompagne dans cette enquête familiale, et Fantine Harduin, une jeune comédienne belge, interprète ma fille. Fantine fait partie de cette nouvelle génération de talents que j’adore découvrir, et travailler avec elle a été un vrai plaisir.

En avril, sortira « The Amateur », mon premier film américain. C’est un thriller d’espionnage avec un casting exceptionnel. Ce sont mes premiers pas à Hollywood, et je suis vraiment ravie de ce projet qui me tient beaucoup à cœur.

J’ai également terminé le tournage d’une grande série britannique, qui sortira prochainement. Je ne peux pas encore en dire trop, mais je vous tiendrai évidemment au courant. Enfin, si tout se passe bien, je commencerai une nouvelle série pour France Télévisions au printemps.

Merci, Barbara, pour toutes vos réponses !

 

© Raoul GILIBERT - UGC - FTV

 

 

© Nicolas VELTER - France Télévisions - Storia Télévision

 

Publié dans Télévision

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Nikon Film Festival / Un.e : Interview croisée avec Marie Clotilde Ramos Ibanez et Camille Baradel !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Marie Clotilde, bonjour Camille,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous deux !

Dans le cadre de l’édition 2025 du Nikon Film Festival, ayant pour thème « un super pouvoir », le court-métrage « Un.e » que vous proposez est disponible depuis quelques jours maintenant (https://festivalnikon.fr/video/2024/6164). On invite d’ailleurs les lecteurs à le découvrir avant même de lire cet entretienJ.

On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’avoir développé ce beau projet ?

Camille : Cela s’est fait un peu sur un coup de tête. A la base, on cherchait simplement un contenu original à développer…

Marie Clotilde : …A développer ensemble…car on a toujours eu l’envie de le faire au moins toutes les deux. On a demandé à des personnes qui, au final, nous ont dit non à cause de contraintes de planning. Au fur et à mesure de nos discussions, on s’est dit qu’il pourrait être bien de ne le faire que nous deux.

Camille : Cela faisait un moment que Marie Clotilde voulait se lancer dans la réalisation. Ce projet lui a permis de sauter le pas, ça l’a mise au pied du mur et elle s’est lancée ! C’est comme cela que l’idée s’est concrétisée !

 

 

Marie Clotilde : On avait envisagé de jouer toutes les deux mais je me suis finalement concentrée sur la réalisation. Comme Camille est très flexible, j’ai pu l’orienter comme je le voulais, c’était très simple pour moi. L’idée du sujet, quant à elle, est arrivée en discutant…

Camille : On était à une terrasse de café…Forcément, on parle toujours de nous quand on fait un projet. On est parties sur le super pouvoir de la femme…

Marie Clotilde : …Qui est de pouvoir procréer. Sachant que cela me touche encore plus, je peux le dire, parce que je suis en train d’essayer de procréer avec mon amoureux, à 42 ans. Pendant longtemps, je m’étais posé la question de faire ou non un enfant, jusqu’au moment où j’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai eu l’envie de me lancer.

Camille : Ce qui m’a touché dans ce projet, c’est que, de plus en plus, les femmes ont des enfants tard et que, du coup, c’est de plus en plus difficile à cause de l’horloge biologique. Autour de moi, je sais qu’il y a beaucoup de parcours de femmes qui essaient d’avoir des enfants, soit accompagnées, soit seules. Je trouvais que c’était quelque chose qui nous touche toutes, en tant que femmes et c’était important, pour moi, de porter cette parole-là.

Marie Clotilde : Avec humour toujours ! Du moins, c’est ce que l’on a essayé de faire…C’est pour cela qu’il y a des couleurs très flashy et un côté très « années 80 ». Je voulais que le contenu soit drôle sur la fin et, pour le reste, qu’il soit enjoué et positif. En plus, il y a une réponse positive car, à la fin, cette femme réussitJ. Il y a aussi plusieurs couches au-dessus : Sandrine Poulet parle à des super-héros, pour leur faire comprendre qu’ils peuvent y arriver, que ça peut marcher et c’est cela qui permet le twist de fin.

 

 

Le festival impose une durée de 2 minutes et 20 secondes par court-métrage, c’est certainement un vrai exercice technique en soi pour faire passer une idée, tout en étant qualitatif dans son travail…

Camille : Oui, c’est un vrai exercice de style ! Autant dans l’écriture que dans la réalisation ou encore dans le jeu…C’est vraiment un format qui nécessite de savoir exactement ce que l’on veut. Sachant qu’au départ, la volonté de Marie Clotilde était de faire un plan séquence, qui est un des exercices les plus durs…

Marie Clotilde : J’étais, effectivement, focusée sur le plan séquence, sauf que ma cadreuse, Sophie, et Camille m’ont dit que ce serait chaud. Les premiers tests ont ensuite confirmé que ce n’était pas possible. Donc on a twisté pour faire autre chose.

Camille : Un plan séquence est un peu une chorégraphie entre les acteurs et les techniciens …Du coup, à la fin des premières répétitions, quand on était à peu près calés, le programme durait déjà 3 minutes et 30 secondes…C’était trop long, il aurait fallu couper plus d’une minute donc on a fait le choix de finir en découpage.

Marie Clotilde : Le plan séquence est sur la fin, avec les super-héros un peu déchus…Ce qui n’est pas plus mal car ça marque ! Je pense, globalement, que j’ai fait de petites erreurs que je ne referai plus lors de ma prochaine réalisation. C’est normal…Mais je pense que ça marche plutôt pas mal !

 

@ Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

En tout cas, de nombreux plans resserrés de Camille sont proposés, ce qui vous a certainement permis une palette de jeu large et variée…

Camille : Oui, oui, c’est sûr ! Après, ce qui était compliqué au début pour moi, c’était d’arriver à être très précise dans l’éventuel plan séquence alors envisagé, au niveau de la chorégraphie, du placement, du regard et des émotions. Le fait, finalement, d’avoir coupé était plutôt chouette pour cela aussi. En tout cas, Marie Clotilde a voulu un personnage assez haut en couleurs, quelqu’un d’un peu exubérant, c’est pour cela que le jeu est un peu burlesque, mais avec sincérité.

Marie Clotilde : Beaucoup de gens m’ont dit que tu es très douée ! Tout le monde ne peut pas jouer cela ni avoir ce sourire continuel, sans montrer ni ses émotions, ni sa peine, ni ses douleurs. Le personnage de Sandrine est quand même dans un workshop donc si elle commence à ne pas être bien, comment pourrait-elle aider d’autres personnes ? C’était un bel exercice…J’avoue que je t’ai un peu laissée faire car je savais que tu y arriverais.

Camille : C’est aussi notre métier de faire des propositions, c’est super important d’arriver sur le plateau avec des choses à manger. Sinon, c’est laborieux pour tout le monde… Ensuite, le réalisateur ou la réalisatrice affine les curseurs.

Marie Clotilde : Camille est plus jeune, elle a fait moins d’images que moi donc je trouve que c’est important pour elle, aussi, de pouvoir être vue en tant que bonne comédienne. J’espère qu’avec ce court-métrage, tu vas pouvoir avoir encore d’autres projets. D’où le fait que je n’arrête pas d’envoyer le lien à tout le monde…C’est bien, également, d’aider la génération suivante !

On continuera, de toute façon, à bosser ensemble…Au début, c’était un crush de travail puis c’est devenu de l’amitié. On écrit ensemble, on bosse ensemble, c’est vrai que l’on fait plein de choses ensemble.

Camille : On se soutient beaucoup aussi, ce qui est important en tant que comédiennes parce que c’est un métier dans lequel, contrairement aux apparences, on est souvent isolées, avec beaucoup de travail à faire en sous-marin. Le fait d’avoir quelqu’un avec qui travailler est important ! Surtout, soyons francs, c’est un domaine dans lequel il y a beaucoup de jalousie et de concurrence donc c’est agréable d’avoir quelqu’un avec qui on se sent soutenue. Cela incite aussi à se donner, pour avoir un vrai partenaire de travail !

 

@ Stéphane Coutelle

 

La fin du court-métrage transmet un message de fond clair mais reste suffisamment ouverte pour laisser aussi à chacun libre-court à une interprétation plus personnelle…

Marie Clotilde : Bien sûr ! On voit notamment, à la fin, un lapin être tout peiné et un proche m’a dit avoir trouvé cela génial, voyant ça comme un pied de nez aux hommes, quand on fait le rapprochement avec l’image de cet animal en tant que mauvais mâle alpha. Mais je n’avais pas du tout pensé à cela…Je voulais surtout faire une référence au film « Donnie Darko ». En tout cas, dans les retours que j’ai eus, la fin plait beaucoup et interroge aussi pas mal…Les gens trouvent super qu’il y ait ces super-héros et s’interrogent sur la raison de leur présence, ce qui est drôle ! Certains ont même pensé à des prisonniers…D’autres que c’était un rêve…Comme on ne sait pas forcément à qui parle cette femme, c’est un peu déroutant. En tout cas, on peut le dire, « France Power » est l’image de « France Travail ». Donc c’est chouette de voir autant d’interprétations différentes !

 

@ Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

En tout cas, ce projet vous a permis, Marie Clotilde, de développer plusieurs casquettes différentes…

Marie Clotilde : Je suis productrice et réalisatrice, j’ai accompagné le montage, en termes de consignes notamment. C’est tout…Mais c’est déjà pas mal ! J’ai été bien entourée pour le reste, c’était un travail d’équipe ! D’ailleurs, beaucoup de proches ont collaboré avec nous. Je crois, globalement, que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même donc le fait d’être en comité restreint, avec des gens que je connaissais, a facilité le travail.

Normalement, le Nikon Film Festival met en avant des projets faits maison mais on a remarqué que, de plus en plus, de grosses productions accompagnent certains films. Cela se professionnalise fortement…Mais ça n’aide pas les projets comme le nôtre par exemple !

Camille : C’est vrai que plus ça avance, plus ça perd de son sens initial : à la base, ce festival permettait de s’essayer et d’y aller sans trop de frais. Maintenant, certains y vont avec davantage de moyens donc ça n’a plus la même valeur…

 

@ Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

Cet exercice vous a-t-il, en tout cas, donné l’envie de renouveler l’expérience ?

Marie Clotilde : Clairement, je vais continuer la réalisation ! Cela m’a vraiment donné l’envie de développer d’autres projets courts ou moyens et de bosser à nouveau avec Camille. On commence d’ailleurs déjà à réfléchir à un autre projet, mais c’est encore un peu tôt pour en parler.

Entre temps, sur la proposition de Camille, on a même participé à un autre-court métrage, dans le cadre du festival « Paris Courts Devant ». C’était un super projet !

Camille : On a même faits partie des dix finalistes…Le jury a beaucoup hésité entre notre proposition et celle qui a été finalement retenue, donc c’est un peu comme si on était deuxièmes ! C’est, en tout cas, ce que je me dis…C’est déjà bien !

Marie Clotilde : Je pense que c’est important, même après avoir travaillé sur France Télévisions, de faire des projets pour de jeunes réalisateurs. Le jeu est notre outil de travail, c’est un outil comme un autre, il faut donc continuer à le bosser.

 

@ Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter d’ici à la fin du Nikon Film Festival ?

Marie Clotilde : D’être sélectionnées dans les 50 derniers, pour que le court-métrage soit vu par le jury. Cela m’importe plus encore que de gagner un prix !

Camille : On est agréablement surprises des premiers retours. Comme il y a aussi pas mal de femmes dans le jury, on espère que ça pourra nous aider…

Marie Clotilde : J’ai même une amie qui m’a dit que c’était entre du Lynch et du AlmodovarJ. C’est encourageant ! Et je n’oublie pas non plus les chouettes retours des gens du métier…

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

 

@ Marie Clotilde Ramos Ibanez

 

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Sarah Barzyk évoque son parcours, son actualité et ses projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

@ Antoine Benoit-Godet

 

 

Bonjour Sarah,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une jeune artiste aux cordes et casquettes déjà variées, entre l’image, la réalisation ou encore l’écriture, sur différents supports. Si l’on en revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion pour l’artistique ?

Ma maman est comédienne, mon père était comédien et avec mon beau-père Jean-Pierre (Mocky), j’ai baigné dans le cinéma toute ma vie. Jean-Pierre réalisait des films toute l’année avec maman, j’ai donc été élevée par mes grands-parents dans l’est de la France, c’est dans mon lycée que j’ai découvert le théâtre. 

Au départ, je ne voulais pas faire comme mes parents, je voulais être avocate ou professeur de piano. Mais les chiens ne font pas des chats…  A quatre ans, j’ai fait un petit rôle avec Roger Hanin et Christopher Waltz, puis maman a retrouvé Jean-Pierre lors d’un tournage dans ma région quand j’avais 9 ans, j’ai eu un petit rôle et eux ne se sont plus quittés. 

Certainement que, tout au long de votre parcours professionnel, certaines expériences ont été particulièrement marquantes…

Je suis tombée amoureuse du théâtre en jouant Tchekhov et j’ai su que je voulais réaliser des films quand j’ai regardé « Citizen Kane » d’Orson Welles au cinéma. Quand je l’ai vu, j’avais l’âge du réalisateur au moment du tournage, ce film a changé ma vie. L’année d’après, je réalisais mon premier court-métrage, « Nina ».

Concernant le doublage, comme beaucoup, j’ai assisté sur les plateaux, et j’ai eu la chance de passer un essai sur « The Walking dead » qui s’est bien passé. On m’a ensuite appelée sur d’autres projets avec des rôles de plus en plus importants. 

D’ailleurs, considérez-vous toutes ces cordes artistiques comme autant de métiers différents ou comme un seul et même ensemble ?

C’est une excellente question…Je pense que certains ont une idée différente mais la mienne est que notre métier c’est : « jouer » -  interpréter un personnage. Donc, que ce soit au cinéma, au théâtre ou dans le doublage, ça reste le même travail. La seule différence, avec le doublage, est que nous faisons au mieux pour reproduire l’interprétation d’un autre comédien et que nous n’avons pas de répétitions, le travail est similaire à un pianiste qui découvre une partition, je dirais. 

 

@ Antoine Benoit-Godet

 

Actuellement, vous participez à plusieurs projets sur du doublage…

La série « Dune » est sortie il y a peu, sur Max, où je fais Tula Harkonnen jeune. La série est absolument magistrale et le doublage français est excellent. Une série Netflix, qui marche bien également « Xo, Kitty », je double une fille pleine d’énergie et un peu fofolle. C’est génial ! 

Un film, pour Amazon « A contre-sens 2 », cette fois il s’agit d’une femme fatale, qui vient troubler une histoire d’amour. 

Sur tous les films que je viens de citer, je change légèrement ma voix. Le doublage permet aussi de mieux connaitre cet instrument et c’est un exercice fascinant.

A l’image, dans quels projets pourrons-nous prochainement vous retrouver ?

En tant que réalisatrice, j’écris et prépare mon premier long-métrage, chaque moment de sa création est précieux, c’est un projet ambitieux et j’ai hâte de commencer! 

En complément, sortira au printemps votre deuxième roman. Quel en sera le thème ?

C’est l’histoire d’un bébé que l’on abandonne devant les marches d’un hospice et qui va découvrir, au fur et à mesure qu’il grandit, pourquoi il a été abandonné dans ce lieu. 

C’est un roman écrit à la première personne, donc nous sommes en immersion avec un personnage sombre, très intelligent qui va découvrir qu’il est très différent des autres. C’est un roman sombre, angoissant, introspectif avec des rebondissements. Il n’est en rien bien-pensant. 

On vous imagine certainement curieuse et impatiente des retours des lecteurs sur ce deuxième ouvrage ?

Le plus important, pour moi, est d’être dans la création. Une fois que c’est fini, je passe au projet suivant. C’est un point commun que j’avais avec Jean-Pierre, la passion de mon métier, j’ai besoin de comprendre, de créer peu importe le support. 

Une fois que c’est terminé, cela ne m’appartient plus. Dernièrement, mon livre, « Juste une question de temps », a rencontré de nouveaux lecteurs, qui m’ont contacté pour me parler de certains passages. Une femme vivait une histoire similaire à celle de mon personnage, elle était bouleversée et un homme m’a envoyé un extrait de mon livre: un passage où je parle d’une poupée oubliée dans une vieille malle. 

Leurs retours et leurs émotions m’ont fait prendre conscience que nous sommes tous les miroirs de chacun et que nous apprenons dans le regard de l’autre, continuellement. 

 

@ Antoine Benoit-Godet

 

Plus généralement, quelles sont vos principales sources d’inspiration lorsque vous êtes à l’origine d’un projet ou d’un sujet ?

La première chose qui me vient à l’esprit est : Qu’est-ce que je fais là ? Je pense que j’essaie de comprendre l’être humain dans toute sa complexité. Le fait d’écrire me permet de me mettre à la place des autres et de tenter de comprendre un cheminement de pensée. Quand j’écris, j’entre entièrement dans la tête de quelqu’un, j’écris d’une traite, en me laissant porter par la voix du personnage. J’écris rapidement pour ne pas perdre l’énergie, ni le lien qui se crée. 

Et l’écriture, pour moi, est le même travail que celui de comédien. Quand on joue, on s’efface pour laisser place à une énergie, un texte, une voix, une tenue différente de la nôtre. Pour un moment : Nous n’existons plus, et paradoxalement nous ne sommes jamais aussi vivant. 

Je crois que ce qui m’inspire, ce sont les films que je vois, les livres que je lis, la musique et les gens que je rencontre et observe. 

Pour terminer, quelles seraient vos envies artistiques pour la suite de votre parcours ?

J’adore le doublage, je m’y épanouis énormément, je rencontre des comédiens et des directeurs fascinants avec une énergie folle, qui me nourris. J’aimerais faire plus de dessins animés et de manga, car j’ai beaucoup d’énergie. 

Je signe tout de suite pour retrouver Molière, Shakespeare et Tchekhov sur les planches.

Les arts-martiaux ont également une place très importante dans ma vie, depuis toujours, ça fait partie de moi. 

Au cinéma, j’aime écrire, mettre en scène, produire, partir en repérage, travailler avec mon équipe, mes comédiens, faire mes plans de travail.

Comme disait Godard : « Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout. »

Merci, Sarah, pour toutes vos réponses !

Merci Julian pour cette interview. 

Publié dans Télévision

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France 2 / L'art du crime : Benjamin Egner nous en dit un peu plus sur la huitième saison prochainement à l'antenne !

Publié le par Julian STOCKY

©Jean-Philippe BALTEL - Gaumont - France Télévisions

 

 

Bonjour Benjamin,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le lundi 3 février prochain sera diffusée, sur France 2, la huitième saison de la série « L’art du crime ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Absolument ! C’est une très belle histoire, autant humaine qu’artistique. On a des fidélités au niveau des réalisateurs mais on change aussi pas mal en huit ans donc il y a de très belles rencontres. La dernière étant Floriane Crépin, qui a réalisé les deux précédentes saisons, c’est une femme formidable, bourrée de talent, une grande directrice d’acteurs et meneuse de talents. La saison 8 était encore une très belle saison, avec notamment Catherine Marchal en guest principal sur les deux épisodes. Je ne la connaissais que très peu et on s’est très très bien entendus, on avait un duo un peu comique tous les deux, avec une espèce de séduction sous-jacente et assez humoristique. C’était encore une très belle rencontre !

Je n’oublie pas mes quatre complices, Eléonore, Nicolas, Salomé et Philippe, on est un peu comme une troupe de théâtre : à chaque fois que l’on se retrouve, on a l’impression de jouer une nouvelle pièce. On se connait maintenant très très bien et on se régale toujours autant ! Sur 8 ans, ce n’est pas simple de tenir cette qualité scénaristique, autant dans l’enquête policière pure et artistique, que dans la comédie, avec notamment cette histoire d’amour qui n’en finit pas de ne pas arriver. Bravo aux scénaristes, on est très gâtés !

Vous y interprétez le rôle d’Alexandre Pardo, le commissaire toujours tiré à quatre épingles. Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur lui ?

J’aime beaucoup ce personnage ! Je pourrais regretter qu’il ne soit pas plus développé…Il l’a été un petit peu dans les premières saisons et, là, il est plus en retrait : on ne connait pas sa vie privée, il a quelques interactions, il y a peut-être des ex qui réapparaissent dans sa vie ou des vieux amis qu’il a connus mais tout est essentiellement axé sur les deux personnages principaux. Je fais donc avec ce que qu’on me propose, j’existe par rapport à ces deux personnages, je suis le meilleur ami de l’un, je suis le patron de l’autre, parfois je suis leur confident à tous les deux à mon insu et c’est cela qui est drôle. Ce que j’aime bien, c’est tout cet aspect comédie…Je viens du théâtre, j’aime beaucoup la comédie et je trouve que c’est ce qui fait la force de cette série : c’est une série policière mais il y a une puissance de comédie évidente, en même temps que de l’émotion. J’apporte plutôt le côté comique et je m’en délecte parce que j’adore cela.

Mon personnage évolue, avec les années, dans ses rapports, fraternels, avec Antoine Verlay, cela me plait bien ! On s’aime beaucoup avec Nicolas, je l’apprécie énormément, il a une grande humilité et est un super acteur. Je pense que les auteurs s’inspirent aussi de la complicité que l’on peut avoir hors plateau et hors caméra pour nourrir le programme.

Au fil des saisons, avez-vous peut-être fait évoluer votre façon de l’interpréter et de vous glisser dans sa peau ?

Je ne me rends pas forcément compte de cela, j’entends des retours très flatteurs à mon égard donc j’en suis ravi. J’imagine qu’il doit évoluer…Pour dire la vérité, je regrette un tout petit peu qu’il n’y ait pas plus de choses personnelles sur lui mais les auteurs n’ont pas forcément la place. En tout cas, ils tentent mais ce n’est pas simple, en deux fois quatre-vingt-dix minutes, de servir tout le monde…J’essaie, en tout cas, chaque année, d’apporter des petites touches supplémentaires à mon personnage !

 

© Jean-Philippe BALTEL / FTV / GAUMONT

 

Une nouvelle fois, ces deux épisodes inédits emmèneront l’enquête du château de Chantilly aux galeries du musée du Louvre. La mise en avant de magnifiques lieux de notre patrimoine est l’un des marqueurs forts de cette série…

Vous avez tout dit ! Je pense que la raison du succès international de ce programme vendu dans plusieurs pays, jusqu’aux Etats-Unis, est son côté vitrine. La France est quand même le pays culturel numéro un au monde, Paris reste la ville la plus visitée en 2024 et, avec les JO, je n’en parle même pas…Donc, dès qu’elle apparait dans des séries à la télé, sa magie et son attractivité sont indéniables et évidentes. Je pense que les auteurs jouent aussi là-dessus…Il se trouve que la scénariste Angèle Herry-Leclerc a fait des études d’arts, qu’elle est passionnée d’art et extrêmement cultivée. Elle a cette soif de faire découvrir aux plus nombreux tous ces artistes – des peintres essentiellement mais aussi des sculpteurs – par le prisme d’une série télé. C’est une forme de vulgarisation et, en même temps, il y a plein de choses : il y a cette histoire entre les deux personnages principaux, on parle d’amitié et de loyauté, plein de valeurs sont distillées. J’adore cela ! Il y a plein d’aspects qui font que cette série est extrêmement plaisante…

Là encore, cette année, les épisodes sont magnifiques avec, en plus, de la réalité virtuelle : les équipes ont eu la bonne idée d’allier le summum du moderne avec l’art et les grands peintres d’un ancien temps. Cela peut amener aussi un public un peu plus jeune…L’idée est superbe et les images que j’ai vues sont, je trouve, très réussies.

D’ailleurs, plus globalement, quels principaux retours du public pouvez-vous avoir sur la série en général et sur votre personnage en particulier ?

Ils sont évidemment très bienveillants ! On me reconnait pas mal, on vient même me voir au théâtre surtout pour mon personnage d’Alex Pardo…Mais c’est très agréable ! Je pense qu’il y a ce côté où ça ne triche pas : comme on est vraiment très complices dans la vie, je trouve que ça transpire à l’écran. Notamment dans le trio avec Eléonore et moi…Je pense que les gens sont très attachés à cela, et à cette histoire d’amour très complexe, qui plait beaucoup. Il y a plein d’exemples où, quand les choses sont difficiles comme cela, ça crée de l’empathie chez les téléspectateurs. Sans oublier mon côté grand-frère qui essaie de chapoter pour faire en sorte que tout va bien.

L’écriture est très réussie, elle tient la route depuis huit ans, l’interprétation est forte, avec, en plus, une dose de comédie. C’est vraiment cet équilibre entre la comédie, le drame et l’émotion qui plait, je crois. On y est, en tout cas, tous très vigilants, pour ne pas ni en faire trop ni pas assez.

 

©Jean-Philippe BALTEL - Gaumont - France Télévisions

 

Cette saison, les flashbacks dans les années 80 sont extrêmement réussis et jubilatoires. Ils parlent peut-être moins aux nouvelles générations mais plus à des quarantenaires ou à des cinquantenaires. Il y a donc beaucoup d’amusement dans cette série !

 

© Jean-Philippe BALTEL / FTV / GAUMONT

 

Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour cette diffusion mais aussi pour la suite de cette belle aventure ?

Que ça continue, que les gens soient fidèles au rendez-vous, qu’on fasse des beaux scores, que le public aime la saison 8. Un nouveau tournage arrive en avril, pour deux nouveaux épisodes et je pense qu’une dixième saison est plus ou moins assurée, avec des belles idées. J’espère que l’on restera à la hauteur des attentes de nos fans !

Pour terminer, quels sont vos autres projets ou actualités en cours et à venir ?

Je viens de faire un rôle assez chouette dans « Le négociateur » sur TF1, avec François-Xavier Demaison et Elodie Navarre. C’était très agréable !

Sur scène, je viens de terminer une très belle pièce, « La voix d’or », au théâtre La Bruyère, un très joli spectacle musical avec lequel on part à présent en tournée, pour une vingtaine de dates. En parallèle, je suis sur une autre tournée, d’une quarantaine de dates, celle du « Repas des fauves », une pièce avec Thierry Frémont, que j’ai jouée toute l’année dernière à Paris.

Merci, Benjamin, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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France 2 / L'art du crime : Vincent Nemeth évoque l'éditeur assez singulier qu'il interprète dans cette huitième saison !

Publié le par Julian STOCKY

©Jean-Philippe BALTEL - Gaumont - France Télévisions

 

 

Bonjour Vincent,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le lundi 3 février prochain sera diffusée, sur France 2, la huitième saison de la série « L’art du crime ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, tout à fait ! Le programme fonctionne très bien…Le principe de cette série, à travers toujours une œuvre d’art choisie comme support à l’histoire, est, je trouve, très jouissif. Mes deux parents sont sculpteurs donc je trouve cela rigolo…

C’est une très belle série dont le succès ne se dément pas, année après année…

C’est aussi pour cela qu’avec mon agent, on avait de suite accepté la proposition. Sans oublier la composition des acteurs récurrents de l’histoire. C’est une série tout à fait sympathique, qui fonctionne très très bien donc c’est plutôt agréable. La réalisatrice, Floriane Crépin, était, au départ, scripte, elle m’avait alors vu sur d’autres choses, ce qui l’a incitée à me proposer ce rôle.  

Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur votre personnage, Thomas Sarkis ?

Toute l’affaire part d’une imprudence qu’il a commise : pendant un quart d’heure, il a laissé sans surveillance le nouveau roman de son autrice à succès. Il est donc très responsable de ce dérapage. La réalisatrice a voulu en faire un personnage à la fois dépassé, poétique et un peu étrange…Je le vois comme un type qui a eu énormément de chance d’avoir cette autrice à succès mais qui est dépassé par les évènements.

 

©Jean-Philippe BALTEL - Gaumont - France Télévisions

 

Ce qui est très rigolo, c’est qu’on sent qu’il est très attaché aux personnages et à l’histoire, plus qu’à l’édition en elle-même. Il est, lui-même, un fan de l’histoire donc en fait, il a été choqué par la tournure prise par le dernier roman, ce qui a causé chez lui cette imprudence.

La réalisatrice m’avait proposé quelque chose d’assez marrant et je trouve que le pari est tenu.

Au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?

Pas vraiment ! C’est vraiment la réalisatrice qui m’a guidé là-dedans. C’était son idée d’en faire ce personnage qui porte une chaine, avec un côté méditerranéen, très détendu, un peu borderline. Ce n’est pas l’image de l’éditeur intello…Je l’ai suivie à fond, sans prendre de recul du tout, tellement j’ai trouvé que c’était une bonne idée. C’est vrai que, sur une seule journée, ce n’est pas facile de caractériser un personnage, il faut donc qu’il y ait une idée forte et quelque chose qui passe. Je pense que l’on a réussi, je l’espère en tout cas…

Peut-être même vous étiez-vous (re)plongé dans les saisons précédentes pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère ?

J’ai surtout lu le scénario, j’ai relu l’histoire plusieurs fois pour bien maitriser les tenants et les aboutissants, ainsi que les rapports que je pouvais avoir avec le personnage de Patricia. Je ne me suis donc pas projeté dans d’autres histoires…

Ce projet a aussi été pour vous l’occasion de côtoyer un chouette casting…

Oui, oui, oui. Sans avoir de scène avec lui, j’ai quand même retrouvé Philippe Duclos, avec qui j’avais joué précédemment au théâtre. Par contre, je ne connaissais pas Nicolas Gob ni Eléonore Bernheim mais ils ont été formidables, ce sont des partenaires vraiment ouverts aux propositions. On a joué pleinement ensemble, j’ai eu le sentiment de suite d’appartenir à une famille. Pour moi, c’est vraiment une terreur de nous tourner qu’une seule journée car on ne connait pas bien l’équipe mais, là, tout le monde a été super, je ne regrette pas du tout. Je n’étais pas comme un chien dans un jeu de quilles…

 

©Jean-Philippe BALTEL - Gaumont - France Télévisions

 

On vous imagine impatient, sinon curieux, de découvrir les retours des téléspectateurs ?

Bien sûr ! J’espère qu’ils me feront des petits retours pour voir comment ils auront senti les choses…

Pour terminer, quels sont vos autres projets ou actualités en cours et à venir ?

Je n’avais pas fait de théâtre ces dernières années, j’avais plutôt tourné et, pour le coup, j’ai récemment été dans « La haine » de Kassovitz et, là, je suis dans « Le cercle des poètes disparus », au théâtre Antoine. C’est un très beau spectacle !

Merci, Vincent, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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France 2 / L'art du crime : Caroline Fouilhoux nous donne son point de vue sur Alice, son personnage !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Caroline,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Le lundi 3 février prochain sera diffusée, sur France 2, la huitième saison de la série « L’art du crime ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui, bien sûr ! J’ai quand même un rôle assez discret, on va dire, dans l’épisode…Mais j’étais hyper contente, c’est la première fois que je participais à cette série. J’en avais évidemment entendu parler, j’avais déjà un petit peu vu des épisodes. Donc, oui, c’était une belle journée de tournage, avec une équipe très sympathique et intéressante. C’était agréable !

C’est une très belle série dont le succès ne se dément pas, année après année…

C’est toujours chouette de participer à des projets qui durent sur le temps. C’est vrai qu’une saison 8 raconte quand même que la série fonctionne bien et qu’elle plait au public. Bien sûr, cela renforce le contentement !

Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur votre personnage ?

Franchement, je vous avoue que c’est vraiment un rôle très discret. Je joue Alice, celle qui perd son compagnon. Elle est attirée par l’art et c’est, je pense, une femme de bonne famille, en tout cas d’une classe sociale assez élevée. J’avais à interpréter des choses, je trouve, assez dures dans une telle série et, en même temps, assez intéressantes : elle est aussi là d’une manière assez factuelle, elle apprend que son compagnon est décédé donc, en fait, elle ne réapparait pas après cette scène, ce qui fait qu’elle n’est pas écrite sur du long terme. Elle est surtout écrite dans l’émotion de la perte de son compagnon et nous apporte quelques informations sur ce compagnon-là, c’est plutôt un personnage, dramaturgiquement, qui apparait pour énoncer l’histoire. D’ailleurs, Alice arrive au tout début, ce sont plutôt des scènes d’exposition.

 

 

Du coup, au moment de vous glisser dans sa peau, avez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?

Déjà, c’était assez nouveau pour moi d’avoir juste une scène dans un épisode, avec ce moment d’émotion-là. En plus, on est sur un tournage donc c’est souvent entrecoupé et il y a des prises qui vont quand même assez vite. Pour moi, la source d’inspiration, souvent, dans ce genre de moment-là vient quand même beaucoup de l’ambiance qui est instaurée sur le plateau, aussi de ce que proposent les comédiens en face, de la sincérité avec laquelle ils arrivent à toucher un endroit. Je ne suis pas quelqu’un qui croit trop à aller chercher dans sa tambouille intérieure pour délivrer de l’émotion, je pense que c’est aussi beaucoup dans l’instant. Je vais beaucoup chercher l’inspiration chez les autres personnes qui m’entourent à ce moment-là. Je trouve que les forces de proposition de jeu et d’instant sont ce qui nourrit le plus l’émotion pour un personnage comme-cela.

Après, je me suis aussi inspirée de moi-même parce que c’est une femme qui a à peu près mon âge, elle est amoureuse de ce mec-là et on sent quand même que leur relation n’était pas toute rose, avec de la tromperie. Le sait-elle ou pas ? On n’en sait trop rien…J’ai essayé de toucher un point de moi-même où je m’imaginerais potentiellement perdre quelqu’un que j’aime, c’est un peu triste mais, dès fois, c’est aussi comme cela que l’on fonctionne.

Peut-être même vous étiez-vous (re)plongée dans les saisons précédentes pour mieux encore vous imprégner de l’atmosphère ?

Oui, j’avais regardé quelques épisodes, j’avais pioché un petit peu au pif je dois le dire. J’ai regardé le genre de mécanisme, la façon de raconter l’histoire, le montage, l’image. Après, je sais aussi que ce ne sont pas toujours les mêmes réalisateurs ou réalisatrices qui travaillent sur le projet. Mais je pense qu’ils suivent une trame commune…On est, de toute façon, avec quelqu’un qui réalise, qui est en face et qui est forcément différent aussi de ce que l’on a pu voir. J’avoue, je me suis un peu laissée guidée par la volonté de la réalisatrice.

Ce projet a aussi été pour vous l’occasion de côtoyer un chouette casting…

Carrément ! En plus, franchement, ce sont des acteurs et des êtres humains vraiment supers. Je connaissais un peu Pierre Duclos en tant qu’acteur de théâtre mais je ne connaissais pas du tout ni Nicolas ni Eléonore, mes scènes n’étaient qu’avec eux et je trouve que ce sont de super acteurs. Je sais qu’Eléonore vient aussi de théâtre, je trouve qu’elle a des propositions très vives, instantanément, on sent qu’elle est chez elle, à la maison, qu’elle s’amuse. Elle est, je trouve, dans un endroit hyper juste de jeu, c’est beau à voir et super intéressant. J’ai donc pu côtoyer un univers, des acteurs et un mécanisme intéressants, c’est sûr…

 

 

On vous imagine impatiente, sinon curieuse, de découvrir le rendu final ainsi que les retours des téléspectateurs ?

Oui, oui, on attend ! Il y avait une projection mais pas de cet épisode, je le découvrirai donc lundi en même temps que les téléspectateurs. J’ai hâte de voir le résultat ! Comme je sais que je n’apparaissais pas à la fin, j’ai eu envie de me garder le suspense de qui a tué et de comment ça s’est fait. J’avais quand même lu, je l’avoue, le scénario jusqu’à la fin mais je suis quand même contente de redécouvrir aussi le suspense de l’épisode. Donc, oui, j’ai hâte !

Pour terminer, quels sont vos autres projets ou actualités en cours et à venir ?

Je joue en ce moment dans une pièce de théâtre, « Denali », sur une mise en scène de Nicolas Le Bricquir, qui a beaucoup tourné l’an dernier au théâtre Marigny. On avait même fait Avignon avant. Là, on est en tournée toute l’année. C’est vraiment super intéressant, c’est comme une série mais au théâtre en fait, ce sont trois épisodes de trente minutes, c’est un thriller sur une histoire vraie. Du coup, on est vraiment dans le registre de la pièce policière, c’est fait avec beaucoup de qualité. Franchement, je vous recommande cette pièce !

L’an dernier, j’avais joué, au théâtre du Rond-point, « Derrière les lignes ennemies » de Lucas Samain, qu’on reprend au Célestin à Lyon fin mars.

Il y a aussi un documentaire sur la guerre qui va sortir, dans lequel j’ai la voix principale, il est vraiment très beau.

Sans oublier un projet de film mais qui sera sans doute reporté dans quelques temps encore…

Merci, Caroline, pour toutes vos réponses !

 

 

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RTL & RTL2 : Eric Jean-Jean nous en dit un peu plus encore sur sa passion pour la radio !

Publié le par Julian STOCKY

© Gabrielle Ferrandi / Agence1827 / RTL

 

 

Bonjour Eric,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver, sur RTL, chaque soir de la semaine mais aussi en fin de matinée le week-end. Sans oublier RTL2, du lundi au vendredi, à partir de 16h. A titre personnel, on imagine sans doute la joie et la passion que cela doit être pour vous, à chaque fois, de retrouver le micro et de vous adresser aux auditeurs ?

Oui ! En fait, le jour où cette passion s’arrêtera et que ça deviendra un vrai boulot, peut-être qu’il faudra que je me pose de vraies questions sur mon avenir. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des matins où je n’ai pas la flemme mais, dès que je me retrouve derrière un micro à raconter mes histoires, ce n’est plus pareil ! Je suis en train de vivre la vie que je rêvais de vivre quand j’avais 15 ans donc j’aurais vraiment tort de me priver, de ne pas être heureux de le faire et de me plaindre. Je parle sur le support que j’aime le plus au monde…Jamais de la vie, ça m’embête de faire cela ! En vrai, je souhaite à tout le monde de connaitre pareille situation !

Par contre, si, un jour, je me mets à ne plus aimer les artistes…C’est d’ailleurs arrivé à mon réalisateur adoré, Bernard Meneguzzi, qui est parti à la retraite pile quand il a eu la possibilité de le faire. J’ai travaillé avec lui pendant vingt ans, il a bossé aussi avec Zégut. A un moment, il y a eu un déclic, il en a eu marre des artistes, du showbiz et il est parti. Donc le jour où ça m’arrivera, il faudra que j’arrête…Mais, pour le moment, je ne connais pas ce sentiment, je n’en ai pas marre d’écouter de la musique, ni de raconter des histoires. Au contraire, ça me plait de le faire !

Justement, à l’antenne, il y a une vraie proximité entre vous et les auditeurs, vous partagez vos souvenirs, vos anecdotes et vos histoires…

C’est la vieille école RTL, avec Philippe Labro, qui a toujours dit que ce n’est pas parce que l’on est une radio populaire qu’il faut prendre nos auditeurs pour des débiles. Je considère que mes auditeurs sont intelligents et qu’ils peuvent écouter ce que j’ai à leur raconter…Il ne faut jamais niveler par le bas donc je m’oblige à travailler, à niveler mon travail par le haut, en essayant de dire et d’expliquer les choses, pour que ce soit ludique, rigolo et sympathique. Je pense qu’on peut être populaire sans être populiste et que l’on peut apprendre des choses aux gens sans les prendre pour des imbéciles. Vraiment, j’aime les gens pour qui je travaille, je n’ai aucun cynisme. Je suis un sale gosse parce que j’adore faire des bêtises d’ado et ricaner avec mes copains mais je ne mépriserai jamais mes auditeurs ni mes collègues. Du coup, cela implique pour moi beaucoup plus de travail mais je trouve que c’est chouette et valorisant. Quand quelqu’un me croise et me dit adorer ce que je fais parce que je lui apprends des choses, c’est super ! Pour moi, il n’y a pas de sous-culture…J’ai l’impression de ne faire que répéter ce que Philippe disait, qu’il faut respecter les gens à qui l’on parle et leur amener ce que l’on sait faire.

 

 

Vous êtes sur RTL depuis 26 ans, vous avez pu nouer, ainsi, de nombreux et forts liens artistiques…et on ressent cette volonté de les partager aux auditeurs, en leur ouvrant un peu ces portes…

Il y a quelque chose de très marrant qui m’est arrivé il y a quelques années. Pendant très très longtemps, j’ai fait parler les autres et m’étais effacé parce que je considérais – et que je considère encore – qu’en interview, la personne qui parle est plus importante que moi. Mais je ne me donnais pas de format d’émission où c’est moi qui étais en avant. Pendant le confinement, j’ai commencé, sur Instagram, à faire des histoires de chansons. Souvent, dans les soirées, je racontais déjà d’autres histoires mais que je n’utilisais pas à l’antenne. Quand on a commencé à faire « Bonus Track » avec un directeur des programmes qui s’appelle Gauthier Hourcade, on s’est dit que j’allais arrêter de faire parler les autres et que j’allais, moi, raconter des choses. Je pensais que j’allais ennuyer les auditeurs mais je l’ai quand même fait et il se trouve que les gens ont trouvé cela chouette. Donc je le fais beaucoup maintenant !

Tout ce que je raconte est aussi, en fait, le fruit de dizaines d’années à lire. Si vous veniez chez moi, il y a des tonnes de livres de biographies d’artistes. Pour ce week-end, je me ramène des revues et des bouquins pour la maison, en prévision d’une émission à venir. Je ne cesse de me nourrir et de ressortir ces informations…

Il y a donc eu un moment, dans ma carrière, il y a quelques années, où on a décidé que j’allais raconter des trucs. Avant, je ne le faisais pas, avant je me planquais derrière les artistes et, du coup, bizarrement, j’étais moins connu car j’étais moins mis en avant que quand je fais le conteur. Mais ce n’est pas une histoire d’égo, c’est une histoire de « bon, allez, on y va, tu es assez grand pour être crédible quand tu racontes une histoire ». Il y a, chez moi, un profond et permanent complexe de l’imposteur, contre lequel j’ai passé beaucoup de temps à lutter en travaillant plus que les autres. Cela dure depuis des années…Qui suis-je pour raconter des anecdotes, alors que Philippe Manœuvre existe ? Finalement, je suis quelqu’un d’autre que Philippe, qui est super balaise et qui est notre maitre à tous, mais j’ai le droit de le faire aussi ! J’ai osé le faire…

A l’antenne, au moment où le micro s’ouvre, votre ton est posé et calme, toujours en proximité avec les auditeurs, dans cette volonté de vulgarisation et de transmission au plus grand nombre…

Oui ! Je dis encore beaucoup trop de gros mots, je me fais fâcher par ma famille d’ailleurs. Mais il y a cette volonté d’expliquer aux gens : à chaque fois que j’ouvre le micro, inconsciemment, je me dis que je vais ouvrir mes bras pour raconter une histoire aux auditeurs. Je crois que je l’ai volé à un mec que j’adorais écouter, qui s’appelle Stéphane Paoli. C’était un grand journaliste et, quand j’étais étudiant, il faisait « Europe midi ». C’était le moment où j’allais manger, je l’écoutais, avant « Crime story », « Les inconnus » et Laurence Boccolini. Stéphane avait ce truc d’aller vers les gens, avec une voix si particulière…Je pense que je lui ai piqué cela, tellement j’étais fan de lui. J’ai souvent parlé de lui mais je ne l’ai jamais rencontré…Je me suis approprié, en tout cas, le fait d’animer à sa façon…C’est, je crois, le journaliste à qui j’ai piqué le plus de choses…

Vous savez, j’ai commencé la radio à 15 ans et, à cet âge-là, je ne savais pas trop quoi faire…Je parlais tout le temps. Je faisais aussi le DJ, j’animais les podiums d’été sur les plages, devant 20 000 personnes, pour financer mes études. Je viens de là…Je suis un gars de province, originaire de la campagne, je ne connaissais personne à Paris, je n’étais donc pas destiné, de base, à ce métier. C’est peut-être de là que vient le syndrome de l’imposteur que j’évoquais…Je suis tout allé chercher tout seul, j’ai fait tout ce qui était possible et imaginable…J’ai même fait des animations de Noel dans la rue…Jusqu’au prime de TF1…J’ai fait tout ce qu’il est possible de faire quand on parle dans un micro ! Je n’ai donc pas peur de parler au micro ni de monter sur scène devant un public nombreux. J’ai, notamment, fait trois fois la tour Eiffel – le spectacle de Johnny, un autre sur D8 pour SOS Racisme et un pour France 2 -, devant un million de personnes. Dans ces moments-là, je suis concentré, j’ai la pression mais je n’ai pas peur !

 

 

J’ai ce gêne-là, j’ai toujours su parler mais, quand tu es un animateur qui se construit, tu écoutes des gens : j’ai travaillé dans les mêmes radios que Julien Courbet et, en fait, je me suis aperçu que je n’étais pas fait pour l’humour, j’adore Zégut mais je n’avais déjà pas son style, lui qui fait de l’humour et du burlesque en plus du rock…Je ne trouvais pas encore ma place…Mon truc était, en fait, de parler de musique, en étant assez chaleureux et enveloppant, comme Stéphane Paoli. J’ai donc certainement piqué un peu à tous ces mecs que je viens de citer. C’est comme un arbre qui pousse avec l’aide de tuteurs, à un moment, il n’en a plus besoin, il est grand, il est lui-même et il devient ce qu’il est. Je suis un type, je pense, qui, à chaque fois que j’ouvre le micro, pense « Je vais te raconter une histoire ».

Quand je reçois quelqu’un, c’est là aussi une de mes particularités, par définition, je l’aime. Quand Jean-Marc Morandini fait une interview, c’est plutôt une citation à comparaitre, moi c’est plutôt « Je vais trouver ce que tu as de plus beau ». C’est Jean-Louis Aubert qui m’a donné cette définition, il m’a dit que j’étais comme lui, un paranoïaque à l’envers : par définition, on pense que les gens sont bien et par définition, on ne se méfie pas. Dès fois, on est déçu mais, souvent, on n’est pas déçu ! Je suis toujours comme cela, j’essaie systématiquement de trouver ce qu’il y a de chouette dans la personne en face de moi quand je l’interviewe et de mettre cela en avant. Même quand un album n’est pas terrible, si j’ai décidé d’inviter un mec, ce n’est pas pour le défoncer…Cela me met hyper mal à l’aise !

Ce sont donc mes deux particularités : d’une, si je te reçois, c’est que je prends position de t’aimer et, de deux, si je te parle, c’est que j’ai envie de te raconter une histoire. C’est comme cela que je fonctionne !

Pour terminer, on l’a dit, on peut vous retrouver dans différentes émissions, aux principes variés – les votes du public, le flux musical, les lives, les interviews, les histoires,… - mais avec la musique comme dénominateur commun. Cela vous permet une palette large de thèmes, tout en restant centré sur votre passion…

Le moment charnière de ma vie professionnelle, j’en parlais, a été quand j’ai décidé de me mettre en avant en parlant de musique. Mais, au moment où j’ai décidé cela, j’ai aussi décidé que je ne parlerai plus d’autres choses. Pendant longtemps, je me suis mis dans la mêlée des animateurs, j’ai fait des émissions sur France 3, où je ne parlais pas de musique, mais je ne suis pas un très bon animateur. Je suis, je pense, un bon animateur qui parle de musique, en ce moment je suis bien placé pour cela en France, mais quand on me met dans la mêlée pour présenter un jeu ou une émission de télé, franchement Cyril Féraud ou encore Bruno Guillon sont mille fois meilleurs que moi ! Je ne suis pas vif comme eux, ou comme peut l’être Julien Courbet, eux ont la vanne de suite, alors que, moi, comme le disait Montaigne, j’ai l’esprit d’escalier, c’est-à-dire que j’ai la bonne vanne mais quand je descends les escaliers pour rentrer chez moi. Tout cela a fait que j’ai arrêté de faire de la télé, après en avoir fait pendant très longtemps. Je m’étais alors enfin mis à écrire des bouquins, ce que beaucoup de monde me disait de faire depuis longtemps. J’ai aussi fait un documentaire, j’ai adoré cet exercice.

 

@ Thomas Padilla / Agence 1827 / RTL2

 

Donc je me suis concentré à ne plus parler que de musique. A ce moment-là, les planètes se sont alignées….RTL2 m’a fait une proposition pour la matinale, ce que je ne pouvais pas faire mais j’ai accepté d’essayer d’animer le 16/19. J’y suis allé avec la trouille car, quand tu descends d’une radio à douze points pour aller sur une à quatre, si tu te plantes, tu n’es pas bon…Mais il se trouve que ça a bien marché !

Aujourd’hui, entre « Stop ou encore », « Bonus Track », « Le Grand Studio » sur RTL, et RTL2, j’ai, en France, je crois, la gamme la plus large de musique. Il n’y a pas un seul mec qui fasse ce que je fais ! Je passe de Voulzy à Dépêche Mode, en passant par Badi ou les Stones…J’ai une gamme de produits dont je peux parler qui est inédite en France, et tout le monde trouve ça normal, ce qui est cool ! J’ai été interviewé récemment pour parler de Zaz sur « 50 minutes inside », le lendemain je suis passé au JT de France 2 pour parler de Dylan,…Je suis un médecin généraliste de la musique, vraiment : je ne suis pas hyper bon partout mais, là où je ne suis pas bon, je sais qui appeler. Je connais à peu près, en général et, surtout, je sais qui sont les spécialistes. Du coup, c’est une place de ouf, que je n’avais jamais eue avant, que j’ai maintenant depuis quatre à cinq ans. Je suis centré exactement où j’avais envie d’être.

Pendant longtemps, j’étais un peu malheureux, à la télé de ne pas être qui je voulais être mais j’y suis allé quand même, pour l’égo et l’argent. Je me suis rendu compte, à partir du moment où j’ai arrêté de passer à la télé, pour ne parler plus que de musique, que c’est alors que j’ai été le plus connu ! Donc, là, je suis dans une situation qui ne durera pas – parce que rien ne dure – mais qui est hyper rigolote…Je ne sais pas quand ça va s’arrêter…Mais il y aura un moment où ma radio va trop changer et où je ne vais pas me reconnaitre, ou un moment où je ne serai plus à la mode et où ma radio ne va pas me reconnaitre, ou un moment où je serai vraiment un animateur du passé, ce qui est normal. A ce moment-là, je crois que j’irai écrire des livres. En tout cas, comme le dit un de mes meilleures potes, Bruno Guillon, « si tu prenais l’homme le plus heureux sur terre à un instant t et que tu lui dis que c’est lui l’homme le plus heureux, le mec ne s’en rend pas compte » donc peut-être que je suis, en ce moment, l’homme le plus heureux sur terre et que je ne m’en rends pas compte…En tout cas, je suis assez au fait du fait que ce que je fais en ce moment est vraiment cool. C’est aussi pour cela que je travaille autant ! Je veux bien que ça s’arrête parce que c’est normal que ça s’arrête mais je ne veux pas que ça s’arrête parce que j’ai déconné, parce que j’ai été paresseux ou parce que j’ai été con. Je ne veux pas que ça s’arrête à cause de moi !

Merci, Eric, pour toutes vos réponses !

Publié dans Radio

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