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France 2 / Haute saison : Lily Nambininsoa évoque Mélusine, son personnage dans ce programme inédit !

Publié le par Julian STOCKY

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

 

Bonjour Lily,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vendredi 21 février sera diffusé, en prime time, sur France 2, « Haute saison ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, carrément ! Dès la lecture du scénario avec le réalisateur, les assistants et la majorité de l’équipe, j’ai de suite senti que ça allait être une motivation formidable pour moi. Ensuite, c’était très cool de tourner à Biarritz, au bord de la plage, c’est toujours hyper agréable de sortir de la région parisienne pour le travail. Donc, oui, c’était un plaisir immense ! Un plaisir aussi de retrouver Vinnie Dargaud, que j’avais connu sur la série « Clem » pour TF1, et que j’avais apprécié de suite. Un plaisir également de rencontrer Joséphine Draï, Jean-François Cayrey et Paul Scarfoglio, qui sont tous les trois plus talentueux les uns que les autres. Un énorme honneur de rencontrer Cécile Rebboah, dont j’étais hyper fan dans la série « Fais pas ci, fais pas ça ». J’étais un petit peu intimidée de la rencontrer, je ne lui ai d’ailleurs jamais dit. Sans oublier le réalisateur, Clément Michel, qui est extraordinaire et très drôle. J’ai donc passé un moment formidable !

Vous l’avez dit, Biarritz est un cadre de tournage magnifique mais la ville est aussi un personnage à part entière…

Exactement ! C’est le prétexte du début de programme…Alex Cerutti, joué par Vinnie, arrive de la région parisienne, il est muté dans le pays basque, tout comme ses nouveaux camarades. Mon personnage, Mélusine, arrive de Clermont-Ferrand, Timothé vient de Toulouse, Lisa de Nice et Pascal de Lille. On se rencontre tous sur place, on se cherche un petit peu, notre nouvelle petite famille se forme au fur et à mesure de cet épisode pilote…L’histoire est perçue selon le point de vue d’Alex, qui est très cool, qui est vraiment le flic qui ne stresse pas, qui porte des lunettes de soleil…

Biarritz est un personnage, avec ses vagues, ses surfeurs…C’est la haute saison évidemment, on commence le 1er juillet, il y a énormément de monde…Personnellement, j’en ai bien profité !

Petit à petit, l’enquête va s’avérer être plus complexe que ce qu’elle pouvait paraitre initialement…

En effet ! Le fond reste une enquête policière, il y a un meurtre, des suspects, on en trouve un, on le laisse tranquille, on va vers un autre, on le laisse tranquille, on se pose des questions, …Chaque policier, du club des 5 comme j’aime bien nous appeler, a sa spécialité, chacun fait son job de son côté puis revient vers les autres pour partager les informations.

 

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Mélusine, votre personnage ?

Je le dis très souvent, un bon téléfilm part toujours d’un bon scénario. Bravo à Thomas Perrier et à Alexandra Echkenazi, les créateurs de la série et donc de Mélusine, qui a été particulièrement bien écrite. Je la trouve extrêmement mignonne, elle sort de l’école de police, on sent l’enthousiasme de la jeunesse, on sent qu’elle n’a pas froid aux yeux, qu’elle veut participer à tout. Cela me ressemble pas mal car, dans mon métier en général, je suis aussi très enthousiaste, j’ai toujours des étoiles plein les yeux, à chaque fois que je suis sur un plateau de tournage, ou que je découvre de nouvelles personnes, ou encore une nouvelle équipe. Elle est très chou, j’espère que, dans la suite, elle apprendra à être un peu plus dure à cuire et plus consciente de la réalité qui l’entoure, parce que c’est une réalité, on ne peut pas être que chou en tant policière. Elle a quelque chose de très attendrissant en tout cas…J’ai l’impression qu’elle a quand même besoin d’être un petit peu protégée. En fait, elle me fait penser à un chat : elle peut très bien se débrouiller toute seule sans problème mais s’il y a un confort émotionnel ou social, c’est quand même plus facile pour elle, elle n’en est alors pas mécontente.

Elle donne un côté très rafraichissant à la série, où une enquête pour meurtre se déroule, autour de gens qui ont perdu un proche, ce qui peut être très lourd. Avoir quelques personnages un peu pétillant fait, c’est vrai, aussi du bien !

Sur certains traits de sa personnalité, y avez-vous mis aussi un peu de vous ?

Oui ! C’est quelque chose que je fais toujours, je mets systématiquement un peu de moi ! Pour Mélusine, comme je le disais, je n’ai pas eu à chercher très loin ce sentiment d’enthousiasme et cette volonté de bien faire. Elle a un côté très bon élève que j’ai aussi. D’ailleurs, pour la suite, je lui souhaite d’accepter de faire des erreurs, ce n’est pas quelque chose de grave. Elle pourrait davantage faire confiance à son instinct et ne pas attendre la validation de quelqu’un qu’elle estime plus légitime. On se ressemble aussi en ce sens…

Dans ce pilote, elle connait également une petite histoire d’amour et, quand on est amoureux, on a toujours 14 ans, donc peut-être que ça ne l’aide pas non plus.

Artistiquement parlant, ce personnage vous a permis de proposer une palette de jeu large et variée…

Oui, oui ! Je me suis sentie très en confiance et très libre. Pour moi, l’artistique est lié au fait d’essayer des choses et de se tromper avant de se trouver. On a tous fait en sorte que chacun ait la place de créer…Le costume a aidé aussi : je portais un vrai costume de policier, avec la vraie ceinture mais évidemment pas la vraie arme ! Cela m’a mise dans une physicalité particulière. Je m’étais toujours demandé pourquoi ils marchaient en canard mais c’est parce que la ceinture prend beaucoup de place et que la veste ainsi que le gilet par balles sont très lourds.

Mon personnage est vététiste, cela faisait huit ans que je n’étais pas remonté sur un vélo, je flippais à mort de le faire devant deux caméras, face à une équipe de cinquante personnes qui me regardent…Mais cela s’est bien passé ! C’était aussi un travail d’avoir ce costume, ce casque, cette ceinture et de monter sur un vélo, avec des bottines particulièrement lourdes…C’était très amusant mais quand même très physique ! Tout comme, d’ailleurs, les courses dans le sable…

Artistiquement parlant, au HMC, j’ai beaucoup échangé avec la maquilleuse : on a discuté sur le fait de ne pas mettre trop de maquillage, pour faire quelque chose de plus naturel. C’est une jeune policière, il ne fallait donc pas me vieillir et, de toute façon, dans la rue, je ne crois pas que l’on croise beaucoup de policières très maquillées. Pareil, la coiffure est très simple car il y avait beaucoup de vent à Biarritz.

J’étais, moi-même, comme une enfant sur ce plateau, je n’ai donc, encore une fois, pas eu tant à chercher la joyeuseté de Mélusine. Je me réveillais avec joie à cinq heures du matin pour rejoindre quatre-vingt personnes sur une plage venteuse, voire sous la pluie, ce qui montre bien que le projet est formidable !

 

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

Vous évoquiez Clément Michel, le réalisateur, il est aussi un comédien très expérimenté, ce qui a dû être facilitant pour vous sur le plateau…

Carrément ! Je ne me lasse pas de le dire, quelle chance j’ai eue de croiser le chemin de Clément Michel. Dans son parcours, il a tout fait : il écrit, il réalise, il fait du théâtre, il met en scène, il fait de la télé, il fait du cinéma, …Je suis très admirative de son parcours très libre, il prouve à quel point on peut faire tout ce que l’on veut si on a suffisamment de persévérance et de motivation.

Il adore les acteurs, il adore travailler avec eux, cela s’est senti tout de suite, dès la lecture du scénario et même avant quand il m’a appelée pour me féliciter du casting et me souhaiter la bienvenue dans l’équipe. Tous les réalisateurs ne le font pas, cela m’a mise en confiance et nous a mis sur un pied d’égalité. Sur le tournage, il prend le temps de chercher avec vous quel geste est plus naturel, il est très lié à chaque poste de tournage, autant le comédien que le chef opérateur ou encore l’accessoiriste. Il fait tout pour que tout le monde soit le plus à l’aise possible. En même temps, il est très exigeant : j’ai, de suite, eu le sentiment qu’il me voyait avec des rayons laser, qu’il savait de quoi j’étais capable et qu’il m’amenait toujours plus loin, pour le bien-être du projet. Sa façon de travailler est sincère, elle est désintéressée, il le fait par amour du projet et de ce petit bébé qu’il portait déjà depuis des semaines. J’ai beaucoup aimé cet échange artistique pour guider l’équipe sur le même objectif, celui de raconter tous ensemble une histoire. Personne n’a tiré la couverture à lui…

On vous imagine certainement impatiente et curieuse de découvrir les retours des téléspectateurs ?

Oui, j’ai hâte ! J’étais si heureuse de le tourner, j’étais si heureuse de faire partie de cette équipe, je suis si fière de notre travail. Récemment, on a fait la projection privée et on était tous très contents du résultat. Je suis très fière de mes camarades acteurs, très fière du réalisateur, on a eu de très bons retours de la part de la chaine, de la production, de nos proches dans le milieu professionnel. Donc, oui, je n’ai qu’une hâte, c’est que ma famille et mes proches le voient enfin. J’en parle le plus possible aussi sur les réseaux sociaux. Je sais que des personnes qui me suivent depuis « Clem » sur TF1 ont hâte de voir ce téléfilm, je sais que Vinnie a aussi sa belle notoriété grâce également à « Scènes de ménages » et je pense qu’une bonne partie de ce public appréciera fortement cette soirée.

Les mots qui me viennent pour décrire cet épisode sont acidulé et fruité, parce que c’est coloré, qu’il y a un bel équilibre entre la joie de vivre, la nouveauté de faire des rencontres et le côté un peu plus sombre de l’histoire, autant sur l’enquête que sur les personnages. J’ai donc vraiment hâte ! Ce sera constructif également d’avoir des avis qui ne sont pas tous positifs, pour savoir ce que les téléspectateurs auront aimé et, à l’inverse, ce qu’ils auront moins aimé. Je suis assez disponible sur les réseaux sociaux, j’aime beaucoup échanger avec les gens qui me suivent, je leur réponds dès que j’ai le temps. Je suis très ouverte aux remarques, aux envies des autres que je peux faire remonter aux scénaristes ou y réfléchir moi pour l’évolution de mon personnage. C’est aussi l’avantage d’être dans une série, on peut faire évoluer notre personnage sur plusieurs mois voire des années.

Que peut-on, ainsi, vous souhaiter pour la suite éventuelle de cette belle aventure ?

J’espère, effectivement, qu’il y aura une suite ! J’espère aussi que l’on creusera un peu plus sur le côté personnel de chaque personnage, pour savoir d’où ils viennent, pourquoi ils sont comme cela et ce qui les motive, afin que le public s’attache un peu plus encore à eux. Selon moi, dans le pilote, on s’attache surtout au groupe, cela a été magnifique à faire et facile avec ce groupe-là, la synergie est naturelle et très belle à voir à l’écran.

J’espère une Mélusine plus sûre d’elle, peut-être un peu plus femme et moins jeune adulte. Je lui souhaite d’être plus mature et plus ancrée ! Je sais, en tout cas, que l’équipe sera à l’écoute des propositions…

On peut aussi nous souhaiter un peu plus de soleil car, en octobre, pendant le tournage, la météo a été capricieuse…

Pour terminer, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

La série « La belle et le boulanger » sera prochainement diffusée sur TF1, c’est l’adaptation française de « The baker and the beauty », une série israélienne. Le personnage principal sera joué par le chanteur Amir, ce sera sa première expérience en tant qu’acteur. Il avait tellement adoré la série originale que c’est lui qui était allé voir TF1 pour évoquer une éventuelle adaptation française…Il s’avère que la chaine venait d’acheter les droits et, en discutant, une collaboration leur a semblé naturelle. Son papa sera joué par Lionel Astier, il y aura aussi Gary Mihaileanu ou encore Ludmilla von Claer.

J’ai retrouvé Lionel Astier sur un autre tournage, celui de « Enquête parallèle », pour France 3, aux côtés de Florence Pernel. Ce fut un magnifique projet, avec aussi David Baiot. Je joue de nouveau une policière mais au caractère beaucoup plus brut que Mélusine. La création artistique était aussi incroyable, on lui a fait des tresses pour lui donner un côté un peu plus dur, elle a également une expression plus sévère.

Merci, Lily, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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France 2 / Haute saison : Jean-François Cayrey nous en dit plus sur ce nouveau programme !

Publié le par Julian STOCKY

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

 

Bonjour Jean-François,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pourrons vous retrouver vendredi 21 février prochain, sur France 2, en prime, dans « Haute saison ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Absolument ! C’était une équipe que je ne connaissais pas, ils m’ont laissé une place super…On a construit cette équipe ensemble, chacun a trouvé sa place assez rapidement et c’était très plaisant.

Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur Pascal, votre personnage ?

Pascal est un quarantenaire, divorcé, avec un garçon, il essaie de composer avec son travail, ce n’est pas évident. Cela doit parler à beaucoup de gens, on a tous plus ou moins traversé des périodes un peu comme celle-ci. On a essayé de lier le boulot et la vie privée, ce qui pourra parler à beaucoup de gens…

 

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

Sans doute vous permet-il une palette de jeu large et variée…

C’est la première fois que j’interprétais un flic, c’était plutôt plaisant. Avant, j’avais pu interpréter un gendarme ou un membre de la police de l’air et des frontières. Là, c’était pour une enquête donc pour quelque chose de plus profond, ce qui était bien car nouveau !

J’ai aussi eu quelques sources plus personnes d’inspiration : j’ai traversé un divorce compliqué, avec des enfants qui se sont éloignés de moi puis qui sont revenus. Donc, oui, j’y ai mis des choses personnelles, j’y ai mis ma touche personnelle mais, en même temps, ce sont des choses que beaucoup de gens traversent donc, en vérité, c’est assez universel.

Ce téléfilm sera aussi l’occasion, pour tous ces renforts de la police, d’enquêter sur une arnaque de location saisonnière qui se révèle être un crime...

Absolument ! C’est toujours en grattant sur des choses parfois anodines que l’on trouve des choses beaucoup plus importantes. Donc, oui, c’est bien monté, pour cette raison-là…

Vous avez aussi eu l’opportunité de côtoyer un chouette casting…

Oui, Joséphine Draï, Vinnie Dargaud, Paul Scarfoglio, Lila Nambininsoa, …C’était très très bien !

 

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

La ville de Biarritz est clairement un personnage à part entière…

Oui ! On a rayonné entre Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et Anglet…On avait la mer, c’était effectivement très très plaisant d’être là-bas, personne ne dira le contraire !

Certainement êtes-vous curieux, sinon impatient, de découvrir les retours des téléspectateurs ?

J’ai hâte, évidemment ! Je pense que ça peut évidemment plaire car il y a aussi beaucoup d’humour dedans, il y a une certaine légèreté. Michel, le réalisateur, a réussi à allier la légèreté et le sérieux, ce qui est très important. Cela se ressent bien au jeu, il y a quelque chose d’assez léger.

On a eu une avant-première, à Paris, il y a une semaine, c’était une projection d’équipe pour découvrir les images, et le rendu est très très sympa ! France 2 est à nos côtés et nous soutient, les retours de la presse télé sont très bons aussi, l’accueil était plutôt bon !

 

© Thierry LANGRO - France Télévisions - Summertime Prod

 

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure naissante ?

Ce qu’on peut nous souhaiter de mieux, c’est que ça puisse continuer, ce qui nous permettrait de retourner dans la région de Biarritz, avec ce casting formidable, pour que ça fasse une série. On peut donc nous souhaiter que le public apprécie et que ça puisse enchainer.

En conclusion, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

« Bref 2 » a commencé hier, dans lequel j’ai un rôle. Normalement, on part en tournage sur « Chasse gardée 2 » donc, oui, il y a pas mal de choses à venir. Les projets devraient sortir de terre très prochainement. Le one va commencer à prendre de l’ampleur, je le rode en ce moment en province. Donc ça travaille !

Merci, Jean-François, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Franck Borde évoque sa belle actualité artistique, sur scène et à l'image !

Publié le par Julian STOCKY

@ Cris Noé

 

 

Bonjour Franck,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

En ce début d’année, votre actualité théâtrale est particulièrement riche, vous proposez trois spectacles différents avec votre compagnie. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

En effet, quelle joie de pouvoir être sur scène ! Le théâtre permet la rencontre avec le public. Avec la compagnie du théâtre de l’estrade, on intervient sur ce que l’on appelle des publics dédiés, notamment le jeune public – collégien·es, lycéen·es, étudiant·es en fac-, ou encore des personnes femmes et hommes en centres de détention. A chaque fois, ce sont de belles rencontres et des échanges riches : on intervient en amont, en atelier, pendant trois heures, autour de la thématique du spectacle et de la pratique théâtrale, aussi de la dramaturgie de la pièce. On co-construit avec elles et eux une réflexion avant la représentation.

On est autonomes, on vient avec notre camion, notre décor et notre matériel, on peut ainsi s’implanter n’importe où, que ce soit dans un théâtre, dans un gymnase ou en extérieur. A l’issue de la pièce, on anime toujours un débat, en bord plateau pour échanger sur ce que les personnes ont ressenti, on partage leurs questions et leurs réflexions.

Humainement parlant, cette diversité de sujets et de publics doit être très enrichissante…

Pour moi, le théâtre est du spectacle vivant car on est dans la vie d’aujourd’hui, on est dans la société d’aujourd’hui, ces échanges-là sur ces thématiques diverses permettent, en effet, de prendre le pouls, notamment de cette jeunesse.

Le spectacle « Morphine », de Boulgakov raconte la descente aux enfers d’un jeune médecin, qui rencontre la morphine puis la cocaïne, le processus de l’addiction, avec ce que ça s’implique : le sentiment de pouvoir, le mensonge, la violence, jusqu’à la mort du personnage. Avec les ados et les jeunes, on échange sur ce sujet : selon les générations, ça ne va pas être les mêmes produits, ni le même rapport à certains produits, par exemple ils ont entièrement conscience de l’addiction aux écrans, qui est très forte. Donc on questionne tout cela avec eux…

Plus concrètement, quels sont les thèmes et sujets évoqués dans chacun des spectacles proposés ?

Il n’y a pas de spectacle vivant sans partenaires, je vais en profiter pour citer nos partenaires, qui sont très importants dans le spectacle vivant. On a la chance d’être soutenus, notamment pour « Morphine », par l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, ainsi que la MILDECA, la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives.

 

 

Nous jouons également « Le problème Spinoza », d’Irvin Yalom, un auteur américain. Cet ouvrage fait partie de ses best-sellers, c’est un livre d’à peu près 500 pages, où il met en parallèle la vie du philosophe Spinoza - comment il va s’émanciper de sa condition, de sa communauté religieuse et de sa famille, en remettant en question notamment le dogme dans sa religion – et Alfred Rosenberg, historiquement l’idéologue du parti nazi, qui a construit sa pensée autour du rejet et de la haine de l’autre. C’est l’histoire d’une radicalité philosophique et d’une radicalité idéologique. Ces deux formes de radicalités sont, ainsi, mises en parallèle et on va questionner la construction de la pensée, la construction de soi. Il me semble qu’aujourd’hui, c’est d’autant plus d’actualité avec tout ce qui se passe. Nous n’apportons pas de réponse toute faite, ne voulant pas nous-mêmes être dans l’idéologie. Par contre, on est là pour questionner le public : on pose des questions pour ensuite essayer de co-construire une pensée ensemble.

 

@ Cris Noé

 

Sur cette pièce, on est soutenus par la DILCRAH, la Délégation Interministérielle de Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti LGBT et le FIPDR, Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation.  

 

 

On a créé le premier spectacle « Morphine » il y a 10 ans, le deuxième « Le Problème Spinoza » il y a 5 ans et là, on vient de créer « Bambi, ou Marie parce que c’est joli… ». Les trois tournent : on est à plus de 150 représentations pour « Morphine », on approche les 100 représentations pour « Le problème Spinoza » et on commence les premières représentations avec « Bambi ».

Ce dernier spectacle, soutenu par la DILCRAH encore une fois, est l’adaptation d’un roman de Marie-Pierre Pruvot, « Marie parce que c’est joli ». Elle est née Jean-Pierre, en Algérie, dans les années 30, et a très vite senti qu’elle n’était pas en adéquation entre ce qu’elle était et ce que les gens voyaient d’elle. Dès l’âge de 4 ans, elle se sentait fille…Dans le spectacle, on voit tout son rapport avec sa mère, tout son questionnement, elle vient à 17 ans à Paris et intègre le cabaret « Madame Arthur » puis deviendra la tête d’affiche du cabaret le Carrousel et fera des tournées internationales.

 

 

Elle est l’une des premières personnes trans publique en France. Dans son parcours, Marie-Pierre va vite comprendre que d’autres personnes au cabaret vont prendre sa place et décide de suivre des cours par correspondance, à 5 heures du matin, en rentrant du cabaret. Elle reprend ses études et devient professeure de français, d’abord dans le 93 puis dans le nord de la France. Après avoir été sous les feux des projecteurs aux cabarets, elle retrouve l’anonymat le plus total. A la fin de sa carrière, elle reçoit les palmes académiques, une très grande reconnaissance pour les professeur·es. Une fois à la retraite son passé la rattrape, elle recommence à faire des interviews, des ancien·nes élèves la reconnaissent dans des émissions de radio et lui écrivent. Ils l’adulaient en classe mais ne connaissaient pas du tout son parcours…Aujourd’hui, elle a 89 ans et elle accompagne le spectacle !

Au-delà de la dimension humaine, ces différents spectacles sont l’occasion de palettes de jeu larges et variées…

Oui, la palette de jeu est très large, avec tous ces personnages. On travaille en compagnie, on s’agrandit de plus en plus…Benoit Weiler, en plus d’être médecin, est le directeur depuis plus 20 ans, ses compétences nous permettent d’élargir le champ artistique pour nourrir ce que l’on porte, c’est le pilier de la compagnie sans qui rien ne serais possible. Delphine Haber est une comédienne intense et brillante, elle fait également de la formation en prise de parole en public, en gestion de conflits, elle est un soutien important pour la technique de l’acteur·rice et pour la dramaturgie des pièces. Sébastien Dumont joue à présent, lui qui est aussi chorégraphe et vidéaste, il enrichie toutes nos créations de ses différentes propositions artistiques, il a une capacité de travail hors-norme. Nos créations sont vraiment multi médias : on a de l’art scénique, avec de la musique et de la vidéo. Geoffrey Dugas, notre talentueux musicien et compositeur, joue, ainsi, en direct ses compositions. Ensemble, en résidence, on cherche comment raconter une histoire, en utilisant les compétences et les parcours variés de chacun·e.  

Depuis quelques années, Christelle Barrillet, notre administratrice, nous accompagne pour trouver des financements et pour gérer la structure, indispensable pour pérenniser notre travail. C’est une chance de l’avoir à nos côtés. Lorena Caniaux nous a rejoints récemment, pour nous accompagner sur les différents volets de la production. On est une très belle équipe qui relevons le défi du travail en compagnie et en collectif depuis plus de 20 ans !

Pour en revenir à votre question, on essaie de rester avec cette équipe que l’on fidélise. Selon les spectacles, des médias ou des comédien·es ont des partitions plus ou moins grandes. En tout cas, on joue tous en général plusieurs personnages. Sur « Le problème Spinoza » par exemple, on a 13 personnages pour 4 comédien·es…C’est un beau ratio !

On peut donc dire que le questionnement est le dénominateur commun à tous ces spectacles, sans pour autant, vous l’avez dit, donner une réponse unique…

Dans une pièce de théâtre, il y a ce que l’auteur·rice a voulu dire, il y a également ce que nous voulons raconter dans l’adaptation mais le reste, ensuite, nous échappe. Le public, suivant son vécu, ne va pas voir la même chose et, parfois, deux personnes d’un même public ne voient pas forcément la même histoire. C’est ce qui est beau au théâtre ! On est là pour ouvrir le débat…

Les ateliers en amont, de trois heures, sont également très intéressants, on est alors des facilitateurs. Notre rôle n’est surtout pas de donner notre point de vue mais d’accompagner la parole de l’autre. C’est ce que l’on essaie de faire, notamment avec de jeunes adultes en construction de pensée : on ne leur dit pas quoi penser, on leur dit que l’on peut penser certaines choses mais qu’il faut savoir les mettre en mots pour que ce soit le plus construit possible, tout en restant dans certaines limites, du respect de l’autre et de la loi notamment. Notre société nous donne droit à la liberté d’expression, mais reste encadrée, pour le bien vivre ensemble. On questionne donc comme faire société aujourd’hui et demain…

 

@ Cris Noé

 

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des structures qui vous accueillent ?

Les retours sont excellents. Pour « Morphine », sur la prévention / addiction, on a des partenaires, comme le collège Berthelot à Montreuil, qui souhaite que toutes leurs classes de troisième voient le spectacle chaque année, pour que toute une génération soit éveillée au processus et aux risques de l’addiction. On n’est pas dans un discours à juste dire que la consommation de substances est mal, on leur dit que l’on rencontrera tous, dans nos vies, des produits mais qu’il est important de comprendre le processus d’addiction pour détecter à quel moment on se met en danger, à quel moment on met en danger les autres, à quel moment une petite lumière rouge doit s’allumer pour oser demander de l’aide. A la fin des spectacles, des personnes ressources de la ville sont là pour accompagner le processus une fois que nous sommes partis.

On a récemment joué « Bambi » à Moissy-Cramayel, ce fut un important projet porté par le grand Paris sud, la Médiathèque et le théâtre La Rotonde. On avait des ateliers dans trois villes différentes. Il faut trouver des professeurs qui nous laissent du temps, et qui comprennent que c’est important pour leurs élèves de se questionner sur l’identité et sur l’autre. On se rend compte qu’une fois que l’on en parle et que l’on fait tomber les stéréotypes et les préjugés, on est tout de suite plus dans la compréhension et la reconnaissance de l’autre dans sa différence.

Très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

Que les soutiens restent ! C’est vrai que c’est compliqué en ce moment, on sent que des coupes s’annoncent et on ressent même les premiers impacts. On peut donc nous souhaiter que l’on puisse continuer à porter ces spectacles et ces ateliers de prévention. Pour cela, il faut que les financements perdurent !

Aussi que l’on poursuive nos belles rencontres et que d’autres portes s’ouvrent encore…Il y a plein de choses à faire ! Notamment un quatrième spectacle dans quelques années…

En complément, vous avez rejoint, il y a quelques mois, la quotidienne de France 3 « Un Si Grand Soleil », sous les traits de Nicolas, le conservateur du musée. Certainement que cela doit vous faire particulièrement plaisir ?

C’est vrai que c’est un plaisir, à chaque fois, de descendre au soleil. C’est agréable de retrouver une quotidienne, un format que j’ai toujours défendu et qui n’est pas loin du théâtre que je fais, finalement. Je trouve que la quotidienne parle aussi de sujets de société. Mon personnage n’a pas encore été confronté à cela, on est, pour l’instant, sur quelque chose de plus léger. C’était beaucoup plus le cas sur « Plus Belle La Vie », où je jouais le juge Estève, amoureux de Thomas. On était un des premiers couples homosexuels, sur France 3, à cette époque-là.

C’est également un plaisir de retrouver les équipes, je connaissais beaucoup de ses membres, que je n’avais pas revus depuis 15 ans. J’ai la chance de jouer avec Nadia Fossier, une comédienne absolument extraordinaire, humainement et artistiquement. C’est une très très belle rencontre, avec quelqu’un à la palette de jeu incroyable.

J’ai commencé en mars l’année dernière, je devais arriver pour deux mois mais ça continue. On verra bien où ça ira…En tout cas, c’est vrai que c’est particulièrement agréable aussi de retrouver les studios et ce travail à la caméra. J’ai besoin du théâtre pour me nourrir et arriver à l’image avec une certaine technique, rempli de quelque chose de la scène. Mais l’image me permet aussi d’aller chercher plus en moi, intérieurement, et de revenir au théâtre avec quelque chose de plus centré.

En plus des studios, qui sont à la pointe de la technologie, la ville de Montpellier et ses alentours vous permettent des conditions de tournage très plaisantes…

C’est très plaisant ! J’ai découvert la ville et je pourrais en tomber fortement amoureux. C’est une belle ville, les gens sont chaleureux, c’est très agréable d’y vivre.

En effet, la série est à la pointe de la technologie, elle est avant-gardiste sur beaucoup de choses, sur de nouvelles technologies, où de nombreux essais sont faits. Il n’y a pas longtemps, avec Nadia on a été voir la postproduction et toutes les petites mains qui travaillent en coulisses. Ce qu’ils font est incroyable, les avancées en effets spéciaux sont impressionnantes.

Il y a environ 300 personnes par jour qui travaillent, avec 4 équipes en parallèle, dans une organisation écologique. On voit qu’une attention toute particulière y est portée : on prend le train plutôt que l’avion, les déchets sont recyclés, on utilise des gourdes plutôt que des gobelets en plastique, …Cela fait partie de convictions qui me plaisent bien !

 

© France Télévisions

 

Quel regard portez-vous sur Nicolas, votre personnage ?

Pour l’instant, il y a encore toute une part du personnage que l’on n’a pas explorée. Au départ, on s’est demandé si Nicolas était réellement sincère, au moment où Alix l’accuse d’avoir cambriolé la galerie mais, au final, ce n’était pas lui. Cela avait d’ailleurs engendré la première séparation. Ces deux personnes – Alix et Nicolas – se complètent par leurs différences. Chez Alix, il y a quelque chose de très border line, avec la légalité notamment, elle est dans une folie et a besoin d’une structure, alors que Nicolas, lui, est dans une certaine structure, il a besoin de vérité mais aussi de folie. Je trouve cela très juste : souvent, dans la vie, dans les relations amoureuses, on peut être soit en miroir soit en opposé, on va chercher soit quelqu’un qui nous ressemble, soit quelqu’un de différent, qui nous emmène ailleurs. Ces deux personnages-là cherchent la différence chez l’autre mais, après, cela pourrait devenir compliqué : est-ce que ça va tenir ? Ou pas ?

Il y a toute une partie de Nicolas que l’on ne connait pas : qu’a-t-il fait avant ? Est-il finalement aussi droit que cela ou cache-t-il certaines choses ? A-t-il une famille ? C’est toute la magie des scénarios…On verra bien !

Tant dans ses vêtements que dans sa posture, on sent en lui toute la passion de son beau métier…

Oui, c’est un passionné d’histoire, réellement, un passionné des tableaux…Le décor du musée est magnifique, c’est splendide ! On ne sait pas non plus de quelle famille il vient…Forcément, en attendant, je me raconte ma propre histoire dans ma tête. En tout cas, cette relation avec Alix est belle, on a beaucoup de complicité avec Nadia, c’est un vrai plaisir de se retrouver !

 

© France Télévisions

 

Avez-vous déjà eu l’occasion de premiers retours des téléspectateurs depuis votre arrivée dans la série ?

Cela a changé…Sur la première intrigue, on est venu me voir pour me mettre un peu en garde sur ce que j’allais faire à Alix. Les téléspectateurs que je rencontrais pensaient vraiment que j’allais lui faire à l’envers. Alix est un personnage très aimé du public donc, forcément, je pense qu’il y avait là une sorte de protection vis-à-vis d’elle. Maintenant, on a plein de témoignages de gens qui nous disent aimer notre couple et qui trouvent que l’on se complète bien. Le public semble donc se projeter dans ce couple aimant et protecteur.

Sans doute que vos expériences théâtrales et celle d’une première quotidienne vous aident à soutenir le rythme élevé du tournage ?

Le rythme sur une quotidienne est soutenu, on n’attend pas un comédien qui ne sait pas suffisamment son texte ou qui n’est pas prêt, il faut que ça avance ! J’en avais déjà totalement conscience et comme Nadia est aussi une grosse bosseuse, on travaille beaucoup en amont. On arrive sur le plateau texte su au cordeau, pour ne pas faire perdre de temps à l’équipe et pour prendre le plus de plaisir possible. Car c’est bien là l’objectif, comme sur scène d’ailleurs.  

Merci, Franck, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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DAZN : Emmanuel Moine évoque sa passion pour le commentaire sportif, notamment celui du championnat de Ligue 1 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Emmanuel,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver, chaque week-end de Ligue 1, au micro de DAZN, aux commentaires d’une rencontre. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, je pense que l’on a tous grandi avec ce championnat, pour moi de Première Division car je suis un peu plus vieux, ou de Ligue 1. Qui est, quand on aime le football, le premier championnat qui nous passionne quand on est jeune, et avec lequel on a tous une fibre un peu sentimentale. C’est un peu notre madeleine de Proust à tous et notre rendez-vous de passionnés. Donc c’est un privilège – c’est souvent le mot que j’utilise – de pouvoir suivre cela au plus près, de pouvoir avoir des échanges avec les acteurs, de pouvoir mieux comprendre aussi comment fonctionnent les clubs de l’intérieur. Parce que c’est vrai que la structuration des clubs a beaucoup évolué ces dernières années, le paysage même du football français a beaucoup évolué, avec des investisseurs étrangers et des projets qui grandissent.

Oui, c’est vraiment un honneur ! A la base, je ne savais pas que mon téléphone allait sonner et que DAZN allait me prendre, je n’étais pas parti en vacances depuis un an et, quand on m’a proposé de faire cela, j’ai annulé de suite mes vacances parce que c’est le seul job que tu ne peux pas refuser dans ta vie, quand tu es passionné par le foot et que tu as grandi avec la Ligue 1. C’est un énorme privilège et, surtout, c’est super instructif de mieux comprendre comment ça fonctionne de l’intérieur, c’est quelque chose de plutôt magique ! Pour moi, c’est un aboutissement parce que ça fait douze à treize ans que je commente, cela m’a permis de gravir les échelons et de monter de deux divisions en une saison. Je commente le championnat de national depuis des années, j’avais commenté la coupe de France, la coupe Gambardella, les championnats jeunes, les championnats de National 2 et de National 3,…Bref, j’ai fait beaucoup beaucoup de matchs et, quelque part, il y a, de mon point de vue personnel, une sorte de graal !

L’équipe DAZN est également composée de consultants de renom, pour la plupart jeunes retraités, qui viennent apporter leur regard et leur expertise…

Souvent, je suis sur le match de 17 heures le dimanche donc, dans le dispositif, je n’ai pas de consultant. Par contre, il y a quelques semaines, j’ai bossé sur un multiplex où, justement, on a pu s’appuyer sur Zoumana Camara, l’ancien joueur du PSG, passé par l’OM, l’AS Saint-Etienne et ex international français.

On apprend de ces gens-là, on se nourrit de ces gens-là, ils ont une vision parallèle sur le match…Je pense bien connaitre le football, je pense sentir les momentums, pouvoir analyser la position des blocs et le travail des pistons,…Mais ces gens-là ont un regard encore plus périphérique et parallèle sur le match et nous apprennent des choses. Ils viennent justement attirer notre attention sur des détails qui peuvent faire basculer un match, qui peuvent expliquer un changement de physionomie ou une évolution au tableau d’affichage. C’est vrai que c’est extraordinaire à l’antenne parce que ça permet d’aller toujours un peu plus loin et c’est aussi formidable hors antenne car ce sont également des gens qui étaient en activité quand j’étais plus jeune. Je disais que la Ligue 1 est la madeleine de Proust de tous les passionnés de Ligue 1 en France, donc ça permet de revenir sur certains scénarios de matchs, de poser des questions sur des situations qu’il a vécues dans certains vestiaires, dans certains moments, dans certaines équipes qui ont pu nous marquer…Le sujet reste le foot, c’est le plus important, mais le journaliste doit se nourrir, un petit peu comme une éponge, de tous ces échanges, de tout cet écosystème, de tout l’environnement en fait dans lequel il est, pour pouvoir le décrire de la manière la plus juste possible. Bien comprendre le fonctionnement est la meilleure manière aussi de mettre au mieux en valeur la Ligue 1.

Vous êtes systématiquement accompagné d’un journaliste bord pelouse, dont le rôle, sur DAZN, est particulièrement riche, l’interaction avec vous étant très régulière…

Complètement ! Avec le commentateur, ce sont deux points de vue différents, avec deux expériences différentes. Quand on est au bord terrain, on n’a peut-être pas une vision tactique parfaite mais on entend les consignes, on entend ce qui préoccupe les entraineurs et les staffs, ce qui veulent changer. Donc on comprend aussi, en étant au cœur du jeu, un petit peu mieux ce que les deux équipes veulent faire. C’est un complément d’information qui est très important, c’est un complément aussi un peu sensoriel parce que, quand on met un journaliste en bord terrain, on met aussi un micro au bord de la pelouse, qui va nous permettre de faire remonter certaines saveurs : les bruits des ballons, les colères, les différents staffs, les échanges entre les joueurs,…C’est quelque chose qui est intéressant ! L’idée est que cette personne soit le relai, en bas, en bord de terrain, que toutes les informations et saveurs qu’il va réussir à capter puissent nourrir la narration du match, raconter le match et peut-être parfois, sans prédire, permettent d’anticiper certains momentums ou certains changements de physionomie parce que tel ou tel entraineur a changé d’animation ou de joueurs.

 

 

Quelle est votre méthodologie de préparation en amont, dans les jours qui précèdent la rencontre mais aussi à votre arrivée au stade ?

Les gens vont nous écouter pendant quatre-vingt-dix minutes mais on travaille tous les jours sur chaque match, à partir du moment où la semaine recommence. A partir du lundi, ça va être un travail de recherche…J’ai deux types de fiche. La fiche équipe, je me prépare des étiquettes et des stickers, des sortes de fiches sur chacun des joueurs, avec des statistiques, des informations, des anecdotes, des parcours et, le jour du match, une fois que toutes mes étiquettes sont prêtes, j’ai une espèce de chemise et j’anime les joueurs titulaires en fonction du système dans lequel va jouer l’équipe. Cela prend du temps, il faut vraiment de la statistique très précise, cela demande beaucoup de recherche. Après, il y a une autre fiche, qui va être, elle, plus centrée sur le match, avec de la statistique autour de la rencontre, avec des choses à noter sur les séries en cours, sur le fait, par exemple, qu’une équipe marque ou encaisse beaucoup de buts sur corner, …J’essaie de disséquer tout cela, de regarder aussi le match précédent, pour voir un petit peu quelle était l’animation du coach, pour voir quelle était l’animation avec le ballon, sans le ballon, …Je note énormément.

Je me nourris aussi beaucoup du travail fait par les suiveurs au quotidien du club, j’aime bien écouter les podcasts faits par la presse quotidienne régionale ou par des gens qui suivent le club au quotidien, pour avoir quelques tendances, pour voir aussi quel est l’état d’esprit parmi les suiveurs et comment ils sentent un peu les choses. Cela peut aussi être de passer des coups de fil, d’échanger avec des gens. Par exemple, en début de saison, j’ai eu la chance d’échanger avec certains entraineurs que j’avais pu croiser par le passé en National et qui, depuis, sont montés en Ligue 1 ou en Ligue 2, et qui observent. J’étais très curieux de ce que mettait en place Liam Rosenior du côté de Strasbourg, j’avais besoin d’un deuxième avis donc j’ai appelé certains coachs qui le suivent de près. Tu te fais aussi un avis comme cela. C’est important de corroborer ton avis à certains acteurs aussi du terrain, déjà pour toujours être dans le vrai et pour aussi essayer de trouver des leviers avec des choses que l’on n’aurait pas forcément vues. Donc il y a vraiment une étude à la fois statistique et de contenu en re-regardant les matchs, ainsi qu'un travail de recherche et de fichage sur les joueurs pour préparer ces fameuses petites étiquettes.

Après, le travail au stade est très important. J’aime bien arriver entre quatre et trois heures avant, pour prendre mes marques et discuter avec les gens sur place. C’est une manière aussi de prendre des informations, qui est informelle : quand tu discutes avec le jardinier, parfois tu vas échanger trois mots et il va t’expliquer que les joueurs ont demandé à ce que la pelouse soit arrosée deux fois parce qu’ils veulent, aujourd’hui, que le jeu fuse, ou, au contraire, qu’ils sont moins bien et qu’ils ont donc demandé que la pelouse soit moins tondue. Tous les échanges au stade, des personnes de la sécurité au coach, l’acteur principal, permettent de grappiller des informations intéressantes. Il y a aussi tout un protocole avec la ligue pour des réunions, avec les équipes de production pour des briefs ou des répétitions. Donc l’emploi du temps entre le lundi qui précède le match et le jour de la rencontre est timé parce qu’il y a des choses à faire en amont. Cela ne s’arrête jamais mais c’est très bien, c’est ce que l’on aime !

En fonction de l’intensité de ce qui se passe sur le terrain, adaptez-vous aussi vos mots, votre intonation, votre dynamisme pour vous mettre en phase ?

C’est ça ! Je pense que le propre d’un journaliste et le propre d’un commentateur sportif est ce que je vous disais précédemment, à savoir la fameuse métaphore de l’éponge : on te place à un endroit, tu dois te gorger d’informations, tout aspirer, tout analyser, tout ingurgiter, tout digérer aussi et, ensuite, tu dois recracher cette information mais tu dois la recracher de manière on va dire lisible, donc c’est la narration de ton match. Tu ne dois pas tricher avec le tempo d’un match, tu ne peux pas commenter un match sans intensité comme s’il avait l’intensité d’une finale de ligue des champions, sinon tu es faux. Si on doit faire une comparaison, ce serait avec un chanteur qui n’a pas de voix et qui essayerait de chanter du Céline Dion, cela sonnerait faux. Donc tu as un devoir de justesse, d’un point de vue fond, donc dans ce que tu racontes, mais d’un point de vue forme aussi. Il faut que tu sois dans la même tonalité que l’intensité du match, c’est quelque chose qui se gère différemment suivant si tu commentes en cabine ou si tu commentes au stade : forcément, l’ambiance d’un stade va te transporter, tu auras toujours l’envie d’en donner un petit peu plus alors qu’en cabine, tu arrives à être toujours un peu plus mesuré et avoir peut-être un peu plus de recul également avec tout ça mais, en même temps, tu sens moins ces saveurs qui te donnent le ton et le la, justement, de l’intensité à laquelle tu dois être.

Maintenant, un match sans intensité est un match auquel, sans tricher dans l’intensité, tu dois lui donner de l’intensité, par justement l’histoire que tu racontes. Si tu as des temps faibles, il faut les transformer en temps forts, c’est expliquer pourquoi on n’a pas d’occasion, montrer et insister sur le jeu sans ballon plus que le jeu avec ballon, c’est-à-dire « on n’a pas d’occasion parce qu’il y a une équipe en face qui presse fort, qui presse de manière coordonnée, avec, regardez, le travail de tel ou tel joueur qui n’hésite pas, lorsque son équipe n’a plus le ballon, à se recentrer ou se désaxer ». Voilà, tu racontes une autre histoire et tu racontes aussi des histoires sur les acteurs parce que les joueurs de foot sont un peu, aussi, des super-héros pour nous tous, pour nous les passionnés. Il y a, parfois, des anecdotes qui sont intéressantes, qui illustrent l’état d’esprit d’un mec. Je pense à Andrey Santos, de Strasbourg : avant un match, on nous avait dit que c’était un top mec, avec un top état d’esprit et on nous avait expliqué pourquoi, il attendait un enfant et il était super fier que son enfant naisse à Strasbourg, c’était super important pour lui parce que c’est le club qui l’avait relancé et qu’il était tombé amoureux de cette ville…C’est une anecdote qui ne révolutionnera pas la face du monde mais c’est une petite anecdote coulisses qui montre l’attachement d’un joueur qui est devenu indispensable à un club, qui est l’un des chouchous de la Meinau et qui, quelque part, de son côté aussi, est très très bien du côté de Strasbourg. Ce peut être plein de petites choses, c’est un juste équilibre à trouver mais c’est là aussi que, sans meubler, tu te permets de sortir un peu de ton match, si jamais il n’y a pas grand-chose à dire sur la rencontre.

A froid, aimez-vous regarder le match que vous avez commenté, pour analyser vos interventions à l’antenne ?

Oui, toujours ! C’est comme un arbitre, c’est comme un joueur, c’est d’ailleurs un conseil qu’on nous donne quand on devient journaliste que de se réécouter ou de se re-regarder. Ce n’est pas de l’égocentrisme, on n’y prend d’ailleurs jamais énormément de plaisir parce que l’on ne voit que les défauts et rarement les qualités mais c’est méga important. D’autant plus qu’avec ce projet de DAZN en Ligue 1, je change de dimension, dans le sens où ce que je connaissais du travail de commentateur sportif était avec moins de caméras, moins de techniciens autour, dans d’autres types de stades, avec moins d’enjeux, moins de pression, du coup ce sont plein de déterminantes et plein de choses qui peuvent parfois être des parasites aussi dans ton adaptation à l’élite.

Je pars du principe que c’est ma première saison de Ligue 1 donc je pars du principe que j’ai beaucoup de choses à apprendre, et que ça passe systématiquement par réécouter mon match. Parfois, tu sors d’un match, tu es content donc tu as hâte de le réécouter, parfois, tu sors d’un match, tu n’es pas content, tu n’as pas hâte de le réécouter. Après, ton avis peut changer aussi en le réécoutant…En tout cas, tu notes les choses, tu notes ce que tu trouves qui ne va pas, ce que tu pourrais faire de mieux et l’idée est, un petit peu comme un sportif de haut niveau, à notre humble échelle, de se préparer pour être performant sur un instant T. C’est-à-dire que tu essaies de gommer les défauts que tu as eus sur l’instant du commentaire du match : tu essaies de les intégrer pour ne pas avoir les mauvais réflexes au moment où tu vas devoir opérer, justement, pendant quatre-vingt-dix minutes. Quand tu fais du commentaire sportif, humainement, les premières fois il y a un petit peu la sensation d’un saut dans le vide parce que, pendant quatre-vingt-dix minutes, même si le sujet est le football, même si le match est la vedette, même si tu n’es qu’un accompagnant et qu’il faut ne surtout pas prendre le pas sur le match, tu es en responsabilité de cette narration. C’est toujours quelque chose d’assez excitant mais qui, au début, peut faire un peu peur…

 

 

Nous sommes aux deux tiers environ du championnat. Quel regard portez-vous sur cette saison ?

Je suis assez hypé, je suis assez excité par ce que je vois. L’opinion générale et publique a commencé la saison par regretter le fait que beaucoup de stars avaient quitté notre Ligue 1, avec le changement de cap de projet du côté du Paris Saint-Germain et qu’on avait donc une Ligue 1 qui était au rabais. On se rend compte, en fait, que, mine de rien, des projets, aujourd’hui, émergent, par le biais aussi de nouvelles têtes et de nouveaux entraineurs. J’ai beaucoup suivi Habib Beye en National, même si c’est un débutant en Ligue 1, ce n’est pas un débutant en tant qu’entraineur et c’est quelqu’un qui, je pense, va apporter quelque chose au Stade Rennais et à notre Ligue 1. Je vous parlais de Liam Rosenior, c’est vraiment mon coup de cœur…En plus, avec un projet strasbourgeois qui peut être critiquable sur son côté multipropriété mais qui, aujourd’hui, sportivement, est quand même méga intéressant et méga charmant même, avec des profils de joueurs qui sont vraiment intéressants. Même dans une équipe de Ligue 1 qui joue le maintien, comme Auxerre, tu vas avoir un Hamed Junior Traorè qui casse la baraque et qui est une belle révélation. Même à Angers qui joue le maintien, tu vas avoir la révélation Estéban Lepaul et des mecs comme Himad Abdelli qui sont de véritables artistes. Donc, en termes de qualité de jeu, même si on peut regretter que certains favoris fassent preuve d’inconstance, ce qui explique aussi pourquoi on n’a pas véritablement de lutte pour le titre, je trouve que le niveau de notre Ligue 1, dans les intentions et dans la réalisation, est encourageant et donne envie en tout cas de suivre.

On avait beaucoup opposé les entraineurs français aux entraineurs étrangers, je suis très content que l’on ait par exemple un Carles Martinez Novell à Toulouse, qui arrive avec de vraies idées, une vraie méthodologie ou encore un Liam Rosenior, et je suis très content qu’on ait des Haise, des Genesio, des Beye, des Pellissier, des mecs qui apportent leur pierre à l’édifice. Je trouve que, quand on compare la Ligue 1 d’aujourd’hui à la Ligue 1 d’il y a dix ans, on peut regretter la défaillance de certains gros mais on peut se dire que, mine de rien, il y a un niveau qui, de manière générale, commence à être intéressant dans les intentions. Le spectacle découle aussi des intentions des entraineurs, des intentions des joueurs…On parle de concept de management et d’entrainement, aujourd’hui, en France, dont on ne parlait pas il y a cinq ans et je trouve qu’il y a quelque chose d’assez intéressant.

Avec la nouvelle formule de la Ligue des Champions, tu as une course, aujourd’hui, pour accéder à ces quatre premières places, qui est assez passionnante. Quand tu regardes le nombre de prétendants, tu te dis qu’il y aura des heureux et qu’il y aura des déçus. On est dans un contexte post JO 2024, on sait que les Jeux Olympiques de Paris ont dopé les billetteries sportives en règle générale, même la pratique sportive en termes de licenciés mais on voit que les taux d’affluence, en Ligue 1, au stade, sont un peu plus importants, sont en croissance. Je trouve que, pour le moment, c’est une belle cuvée, avec de belles histoires à raconter en tout cas.

Cet emploi du temps bien chargé vous laisse-t-il tout de même la possibilité d’intervenir sur d’autres médias ?

Clairement ! Je continue à travailler toujours sur le championnat de National parce que c’est un championnat que j’aime beaucoup, sur lequel, journalistiquement, il y a beaucoup de choses à faire. Donc c’est passionnant d’un point de vue journalistique et footballistique. Je travaille aussi sur une émission que j’ai montée, qui s’appelle « Les pistonnés », le premier talk de F1 en France en termes de vues sur Youtube. On fait deux émissions par week-end et, parfois, du commentaire en live. Avec des saisons qui font 24 grand prix, plus 34 journées de Ligue 1 et autant en National, je travaille sept jours sur sept mais sur des sujets qui me passionnent. C’est parfois éreintant mais c’est vraiment épanouissant !

Merci, Emmanuel, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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DAZN : Youlian Boubnov évoque sa première saison aux commentaires des matchs de Ligue 1 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Youlian,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver, chaque week-end de Ligue 1, au micro de DAZN, aux commentaires d’une à deux rencontres. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui ! Forcément, c’est un plaisir, chaque week-end, d’être sur les terrains de Ligue 1, de participer, indirectement ou directement, à la retransmission de ce beau championnat qu’est la Ligue 1. Depuis que DAZN est arrivé en tant que diffuseur officiel, c’est vrai qu’être tous les week-ends sur un terrain est une chance et un privilège. J’en ai conscience, je m’estime très chanceux et très privilégié de pouvoir le faire. C’est, à chaque fois, un immense plaisir de sillonner les stades de Ligue 1 tous les week-ends. Il m’en manque quelques-uns à mon actif et j’espère que, d’ici la fin de saison, j’arriverai à combler les trous.

Vous êtes systématiquement accompagné d’un journaliste bord pelouse, dont le rôle, sur DAZN, est particulièrement riche, l’interaction avec vous étant très régulière…

Maintenant, sur les matchs qui sont seuls à se jouer à cette heure-là, il y a systématiquement un consultant, en plus du commentateur et du journaliste bord terrain. Mais c’est vrai que sur les matchs du dimanche 17h, ceux qui font partie du multiplex, le journaliste bord terrain, que l’on appelle aussi JHF, a un rôle prépondérant. Il est là aussi pour accompagner les commentateurs, qui n’ont pas de consultant sur ces rencontres donc c’est vrai qu’on va le chercher plus systématiquement, qu’on va essayer de gratter deux à trois informations de ce qu’il voit au bord de la pelouse. Pas uniquement sur les changements ou sur quelques bribes d’informations…J’essaie d’aller chercher un peu plus mon journaliste bord terrain pour qu’il me raconte tout ce qui se passe autour des bancs, ou encore un changement tactique d’une des deux équipes. C’est toujours plaisant pour moi ! D’autant plus qu’il fait l’avant-match, qu’il s’occupe de l’après-match, pendant lesquels je me joins d’ailleurs à lui. Donc c’est un rôle qui a évolué cette saison sur DAZN, il a plus de responsabilités, on lui fait énormément confiance et c’est tout à fait plaisant !

 

 

L’équipe DAZN est également composée de consultants de renom, pour la plupart jeunes retraités, qui viennent apporter leur regard et leur expertise…

Oui ! Depuis le début, DAZN souhaite instaurer un vent de fraicheur, une sorte de nouvelle vague dans le paysage médiatique et footballistique français, en l’occurrence pour la Ligue 1. Donc ils font appel à des personnes, évidemment, d’expérience, qui ont travaillé à Prime Video, à « Téléfoot » mais aussi à des nouveaux. Et les consultants en font partie également ! Samedi, j’étais avec Charlotte Lorgeré, toute jeune retraitée, qui a joué à Nantes ou encore à Lens. C’est aussi important d’avoir un point de vue de quelqu’un issue du football féminin et qui a largement les compétences pour être consultante dans le football masculin. Ce week-end, à Monaco, j’ai le plaisir d’être avec Johan Djourou, il est un peu moins jeune retraité mais cela ne fait pas non plus dix ans qu’il a arrêté le football. C’est toujours un plaisir de partager des moments privilégiés avec des gens comme ça. Je le dis depuis le début, on est des privilégiés et il faut savoir que ce sont toujours des bons moments que l’on passe avec eux. Ce sont des gens compétents, des gens que l’on avait aussi l’habitude de regarder à la télé, comme Jérémy Menez, qui fait « Le mag live », avec Virginie Sainsily, qui est également « Dans la zone » et qui fait de temps en temps les matchs du dimanche soir. Bafé Gomis est là lui aussi. Etre à côté de personnes qui ont cette expérience immersive dans le foot, qui ont su et qui savent ce que c’est que de vivre, dans un vestiaire, des matchs professionnels, nous aide dans notre commentaire pour faire vivre du mieux que l’on peut la rencontre.

Quelle est votre méthodologie de préparation en amont, dans les jours qui précèdent la rencontre ?

La préparation est quelque chose qui demande quand même beaucoup de temps. Il faut connaitre sur les bouts des doigts chaque joueur, et je ne parle pas uniquement des onze titulaires, il faut aussi connaitre l’histoire des joueurs qui sont sur le banc ou de ceux qui sont dans le groupe, notamment des gamins de la réserve, qui ont 17 ou 18 ans. On doit connaitre leurs noms, on doit connaitre un petit peu leurs parcours, l’entraineur et le microcosme du club. Généralement, cela prend une grosse journée entière de préparer une seule rencontre de Ligue 1. Personnellement, j’ai des tableaux dans différents fichiers sur mon ordinateur, où je note les noms, les prénoms, les dates de naissance, les tailles, les pieds forts, les numéros, les nationalités, les éventuelles sélections et les statistiques associées, les statistiques dans le club actuel, celles de l’année en cours et celles en général. Pour les joueurs qui ont un gros gros vécu en Ligue 1 ou même à l’étranger, d’autres statistiques viennent s’ajouter, comme, par exemple, le nombre de matchs de Ligue 1. Le week-end dernier, j’étais à Lille, le milieu de terrain et capitaine, Benjamin André, est un baroudeur de notre championnat, c’est une tête de notre Ligue 1, il est là depuis des années donc on doit aussi pouvoir raconter son passé, si jamais on a besoin de parler de lui. Mais la plupart des statistiques que l’on prépare, et pour lesquelles on met autant de temps, ne sont généralement pas toutes ressorties pendant la rencontre, c’est juste au cas où on en a besoin. Cela demande du temps mais, au moins, on est préparé si jamais on a besoin de les sortir.

Après, ce qui est important aussi dans la préparation d’un match, c’est de lire évidemment la presse, que ce soit la presse des clubs, même leur compte X peut dès fois être utile, mais aussi la presse nationale, notamment le journal « L’Equipe » et, encore plus important des fois, la PQR – la Presse Quotidienne Régionale. Avec les journaux de différentes régions qui sont au plus près des joueurs et des clubs tout au long de la semaine, et qui vont pouvoir apporter quelques informations ou encore des indices sur les compositions, ou même qui ont fait des reportages sur tel ou tel gars, qui nous sera utile pendant la rencontre. Mais c’est vrai que la préparation est quelque chose qui prend énormément de temps, par rapport, au final, à deux heures de match !

 

 

A votre arrivée au stade, vous pouvez certainement capter les dernières informations…

Bien sûr ! On essaie d’arriver au stade au moins trois à quatre heures avant. Vous ne voyez que les personnes filmées mais il faut savoir qu’il y a énormément de gens qui sont derrière la caméra et que l’on ne voit jamais. Notamment ceux qui sont dans le car régie ou encore notre chef d’édition, pour justement choisir les bons plans, mais aussi les assistants réalisateur et les assistants son. Il y a énormément de monde donc on va voir un petit peu tout le monde, pour se mettre progressivement dans notre match. On va voir aussi les attachés de presse des différents clubs, on va voir le média manager et le délégué de la rencontre, qui, eux aussi, ont des informations avant nous, notamment l’affluence du jour, un éventuel coup d’envoi fictif, les animations potentiellement prévues, les tifos des virages. Tout cela nous permet aussi de nous mettre dans notre match…

Généralement, on va sur la pelouse deux heures avant, au moment où on a une réunion avec l’ensemble des clubs et des média managers. On arrive sur la pelouse aussi trente à quarante-cinq minutes avant les interviews, pour la reconnaissance terrain avec les joueurs à leur sortie du car. On essaie de discuter avec ceux que l’on connait, on échange également avec les coachs, il y a du off et du on. Il y a énormément d’informations et c’est comme cela, généralement, que l’on arrive vraiment à se mettre dans une rencontre. Je pense que c’est un moment privilégié et j’essaie de faire en sorte de ne jamais oublier ce moment, où j’arrive sur la pelouse et qu’il n’y a encore personne dans le stade, sauf les joueurs et nous. C’est un moment vraiment particulier, on est vraiment seuls au monde, c’est assez spécial !

En fonction de l’intensité de ce qui se passe sur le terrain, adaptez-vous aussi vos mots, votre intonation, votre dynamisme pour vous mettre en phase ?

C’est une obligation de le faire ! Après, un match qui part dans tous les sens est beaucoup plus simple à commenter qu’un match où il ne se passe pas grand-chose, où les deux équipes ont du mal à jouer et où il y a des erreurs techniques. J’ai le souvenir, début 2025, d’un Reims vs Nice, où Nice gagne 4 à 2, avec quelques rebondissements de situations. Reims a essayé de revenir dans la partie, avant de se faire contrer…Quand il y a autant de buts, autant d’actions, autant de dynamisme dans un match, c’est beaucoup plus simple de le commenter, d’être en phase avec son consultant, de prendre énormément de plaisir. Je ne dis pas que, quand le match est un peu moins bien, on ne prend pas de plaisir, évidemment qu'on en prend toujours mais c’est vrai que, dès fois, c’est plus compliqué. Là, justement, les notes que l’on s’est faites pendant la préparation vont pouvoir servir, on va pouvoir raconter un peu plus d’histoires, rentrer dans les détails, dans la vie de certains joueurs, sur certains points techniques ou tactiques de certains postes,…Oui, en tant que commentateur, je suis obligé d’adapter mon dynamisme et ma voix, de m’adapter tout court en fait à l’histoire d’un match, d’accélérer le rythme quand il s’accélère sur le terrain ou, au contraire, de le faire baisser pour laisser respirer le téléspectateur, afin qu’il ne soit pas inondé de paroles. Donc, oui, c’est un aspect important du métier !

Après plusieurs mois d’antenne, quels premiers retours avez-vous déjà pu avoir sur cette nouvelle aventure ?

Comme toute nouvelle chaine, il y a beaucoup de critiques dès le début. C’était pareil pour « Téléfoot » puis pour Prime Video, avant de se calmer. Je pense que ça peut faire exactement la même chose pour DAZN. Au début, forcément, on est critiqués parce que c’est quelque chose de nouveau et que les gens, forcément, ne sont pas habitués à la nouveauté, cela va de soi. Au final, depuis le début de l’année 2025, avec ce qui a été mis en place, avec le « MultiZone » le dimanche, avec l’émission « Dans la zone », avec « Le mag live » le dimanche soir, avec les consultants qui se sont rajoutés sur les matchs solos, je pense que l’expérience foot pour les gens qui regardent DAZN est de mieux en mieux et qu’elle ne demande qu’à être améliorée.

 

 

Nous sommes aux deux tiers environ du championnat. Quel regard portez-vous sur cette saison ?

Je trouve que l’on vit quand même une super saison. Au début, on pensait peut-être que le PSG sans Mbappé allait s’affaiblir ou, du moins, être moins dominateur. Au final, on s’aperçoit que Luis Enrique a construit un groupe assez exceptionnel, surtout depuis quelques semaines. Forcément, leur avance en Ligue 1 est déjà quasiment actée et on se doute, à 90%, que le PSG sera champion en fin de saison. Par contre, juste derrière, avec tout ce qui se passe au niveau de la course à l’Europe et de la course au maintien, on vit quelque chose d’assez extraordinaire. Il y a des week-ends, comme le précédent, où Lille perd le samedi et où Marseille gagne le dimanche…On a quand même Marseille, Nice, Monaco, Lille, Lyon ou même encore Lens, qui peuvent essayer d’accrocher une place européenne. Strasbourg revient aussi à seulement trois points de Lyon donc il y a une homogénéité entre la troisième et la neuvième place qui fait que le dernier tiers de la saison, au niveau du haut du classement, sera assez palpitant à suivre. Et même aussi en bas de classement…Il y a des équipes qui ont un peu plus de mal que les autres, Saint-Etienne, Le Havre et Montpellier, mais un championnat n’est jamais fini jusqu’à la dernière journée, la trente-quatrième cette année.

Donc on vit, pour l’instant, deux tiers de saison que je trouve de très bonne qualité, avec de très bons matchs, avec des retournements de situation, avec des joueurs qui viennent agrémenter en plus ce storytelling de la Ligue 1. Ces deux tiers de la saison sont, je trouve, très bons donc, forcément, il nous tarde d’arriver dans la dernière ligne droite.

Ainsi, que peut-on vous souhaiter pour la suite de la saison en cours ?

Que tout continue encore à s’améliorer et que l’on continue dans cette voie-là, à essayer de donner du plaisir aux gens qui regardent la Ligue 1. Ce n’est pas simple mais, avec le temps, ça va arriver…Voilà, j’espère que DAZN continuera sur cette voie-là, que l’on continuera à kiffer tous notre Ligue 1 parce que c’est un championnat auquel on est hyper attachés. On sait qu’il ne fait pas partie du top 3 européen mais on adore tous notre Ligue 1. Et on espère que l’aventure Ligue 1 DAZN continuera le plus longtemps possible !

 

 

Cet emploi du temps bien chargé vous laisse-t-il tout de même la possibilité d’intervenir sur d’autres médias ?

Oui, oui, j’ai quand même le temps. Bon, c’est beaucoup de travail mais, de toute façon, dans ce milieu-là, il faut travailler, il faut se donner les moyens de réussir. Donc, même avec DAZN, j’ai le temps de travailler pour d’autres médias, même si, il ne faut pas se le cacher, en tant que grand fan de foot, mes week-ends sur les pelouses de Ligue 1 sont peut-être une des plus belles choses qui me soit arrivée.

Merci, Youlian, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Juliette Raynal revient sur son beau parcours artistique et évoque son actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

@ Rob.r Kolevski

 

 

Bonjour Juliette,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une jeune artiste, aux multiples cordes et casquettes. Si l’on en revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion de l’artistique ?

J’ai démarré le théâtre à l’âge de 8 ans et j’ai eu la chance d’avoir comme professeure Julie Kent, une comédienne, issue de l’école de la rue blanche à Paris. Etant de nature introvertie, elle m’a donné les premières clefs pour laisser parler ma créativité tout en me laissant l’espace de jeu nécessaire à mon développement.

J’ai également eu la chance d’avoir un parcours familial artistique…Tout d’abord par mon grand-père, comédien et metteur en scène qui faisait partie de la troupe de Jean Vilar et était directeur du théâtre du Jeune Colombier à Paris, mais je ne l’ai jamais connu. Il a rencontré ma grand-mère lors d’une tournée théâtrale aux Antilles alors qu’elle était une toute jeune comédienne diplômée de l’Ecole du Nord. Bien que j’ai découvert le théâtre par moi-même, cela a été une évidence ancrée en moi depuis longtemps !

Après mes 8 ans, j’ai continué mon parcours artistique dès que j’ai pu. Je prenais des cours quand j’avais un moment et allais voir des pièces de théâtre régulièrement. Au lycée, on m’a orientée vers une prépa littéraire et c’est sur les bancs d’Hypokhâgne au lycée Molière, que j’ai rencontré une jeune metteuse en scène Léa Sananes qui m’a fait vivre ma première expérience au sein d’une compagnie.  Avec la compagnie Chat Noir, et le spectacle « L’Eveil du Printemps », nous sommes partis au Festival Off d’Avignon en 2015 et en tournée, en faisant plus d’une soixantaine de dates.

A la suite de cette rencontre, en khâgne cette fois, j’ai intégré ma première troupe professionnelle, la compagnie Le Parvis, avec qui j’ai joué par la suite sur quatre spectacles différents.  Etant encore en prépa, je suivais les cours la journée et, du jeudi au dimanche soir, je jouais sur scène. Beaucoup de mes professeurs m’ont dit, à l’époque, que j’allais devoir faire un choix, mais j’ai assumé les deux !

Ma licence en poche et un festival d’Avignon plus tard, j’ai décidé de passer les concours de conservatoires d’arrondissement et j’ai intégré le Conservatoire Jean-Philippe Rameau. J’ai fait la rencontre de deux professeures formidables, Bernadatte le Saché et Sylvie Pascaud, qui m’ont permis de vraiment m’exprimer et de découvrir l’artiste que j’aspirais à devenir. Le plateau devenait un laboratoire à explorations et cela a été une expérience formidable !

Parallèlement au conservatoire, je continuais à jouer sur scène le soir : « L’éveil du Printemps » de Franck Wedekind, « Sallinger » de Bernard Marie Koltès et deux créations d’Henry le Bal, « La Péniche » et « Les Personnages Oubliés ». Comme en prépa, j’étais à la fois en cours et sur scène. Cela a été une grande force : je me nourrissais en journée et m’exprimais le soir !

Pour résumé, depuis mes 8 ans, il n’y a pas une année où je n’ai pas joué sur scène ; d’abord en amateur et rapidement en professionnelle.

 

@ Lucrèce Hamon

 

Certainement aussi que, dans votre parcours, certaines expériences ont été particulièrement marquantes….

Oui et, en même temps, chaque expérience a été enrichissante. On se remémore souvent les débuts.  Je pense que je me souviendrai toujours de mon premier Avignon, en 2015, avec la compagnie Chat Noir. Je jouais « L’éveil du printemps », une pièce qui traite de l’adolescence. Moi qui étais une toute jeune adulte, j’avais pratiquement l’âge du rôle…

En parlant de jeunesse, avec la compagnie Chat Noir au Festival Off d’Avignon, on nous surnommait « Les petits chatons », on ne nous donnait pas une semaine mais, finalement, on a fait tout le festival et on a même terminé complets.

C’était une vie de tous les instants : pour la première fois, je me confrontais à la réalité du métier de comédienne. Je tractais, je jouais finalement plus dans la rue que sur scène pour donner envie aux festivaliers de découvrir le spectacle. C’était vraiment une période très riche, qui m’a donné les armes pour intégrer, par la suite, d’autres compagnies.

Ensuite, avec la compagnie Le Parvis, j’ai défendu quatre pièces d’Henry Le bal, un dramaturge contemporain. C’était des textes forts, mes premiers grands rôles féminins, emprunts de poésies et de spiritualité.

En 2018, une fois diplômée, j’ai cherché par mes propres moyens, en passant de nombreux castings, jusqu’à 300 sur une année. Je l’ai fait pour me confronter à la réalité de mon métier et voir si je pouvais tenir sur la longueur…

De nombreux refus, certes, mais cela n’a fait que grandir mon envie de retrouver les planches. A chaque fois que j’avais l’opportunité d’intégrer une compagnie de théâtre, je le faisais… En dix ans, j’ai interprété plus d’une vingtaine de pièces. Il est vrai que j’ai privilégié le théâtre, un univers rassurant, familial et connu pour moi.

Ce fut l’occasion d’élargir mon champ de compétences, moi qui étais alors plutôt dans des thématiques dramatiques ou tragiques, en me tournant vers des comédies, notamment de boulevard. Encore une fois, c’était enrichissant, la dynamique y est différente, où tout n’est qu’urgence, rebond.

Est arrivée la crise sanitaire, où toutes les cartes ont été rabattues. J’ai dû me réinventer, différemment. Je suis devenue professeure de théâtre, une grande première pour moi, face à des enfants, un public assez exigeant. Je continue toujours au sein d’une association Odyssée Théâtre, à Gagny. C’est l’occasion, pour moi, d’écrire les spectacles que j’accompagne ensuite à la mise en scène.

C’est, je pense, par ce biais-là, que, en 2021, j’ai monté ma compagnie, qui a structuré la suite de mon parcours. Je suis devenue directrice de compagnie, metteuse en scène, comédienne et, grâce à mon parcours précédent, j’ai fait des rencontres assez extraordinaires avec des comédiens, avec qui j’ai eu la chance de jouer plusieurs années de suite, dans différents projets.

J’ai pu écrire et monter ma première pièce, « Cocorico, lève-toi Chantecler », inspirée d’Edmond Rostand. Je suis partie de cette légende pour en faire un spectacle musical, qui a un très beau parcours aujourd’hui. On a eu deux programmations sur Paris, on a été au Festival d’Avignon en 2023 et on est maintenant en tournée en France.

A côté de cela, j’ai monté deux autres pièces. « Britannicus in Space », une adaptation de la pièce de Jean Racine retranscrit dans l’espace, un projet ambitieux. La pièce continue son parcours…Dernièrement, on a créé la suite de notre première production « Cocorico et l’élan des glaces », la légende d’hiver de Chantecler.

 

@ Avril Dunoyer

 

Cette compagnie vous permet de développer un panel de compétences particulièrement larges et variées…

Tout à fait ! Je ne regrette rien parce que, finalement, quand la compagnie aura évolué, je saurais comment faire. Maintenant, je sais faire une fiche de paie, m’occuper de la comptabilité et de l’administration, chercher des subventions…C’est un travail de tous les jours, en off ! Heureusement, je ne suis pas seule dans cette compagnie, je fonctionne notamment en binôme avec Rémi Custey, il a une place importante dans la création, mise en scène et la diffusion des productions. Avec les années, on a la chance d’avoir des comédiens et artistes récurrents qui constituent le socle et l’âme de notre structure.

Pour terminer, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

« Rosa Lova », une pièce écrite et mise en scène par Laura Ketels produite par la compagnie ETNA, qui se jouera à Lyon en mars prochain. On suit le parcours d’une jeune danseuse, dans l’univers du peep-show, c’est donc l’occasion pour moi aussi de danser. On traite le sujet par le biais de la poésie, des états d’âme ainsi que de la façon dont on gère le corps et l’esprit. La performance dure 45 minutes, c’est un format assez court mais très dense. Nous sommes au milieu du public, les gens s’installent autour de nous. C’est un merveilleux spectacle que je vous invite à découvrir !

Merci, Juliette, pour toutes vos réponses !

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Sage : Fanny Gray évoque la sortie de ce titre le 14 février, le premier de son futur EP !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Fanny,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vendredi 14 février sort le titre « Sage », premier extrait d’un EP attendu pour la rentrée de septembre. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui ! J’ai fait un gros travail pendant un an, j’ai pris beaucoup de recul par rapport à tout ce que j’avais proposé par le passé, où j’étais plus dans la collaboration et dans l’échange avec d’autres artistes. Cela m’a permis de comprendre que j’avais des choses à dire et que j’avais envie de les dire. Cela m’a permis aussi d’avoir plus confiance en moi, pour écrire et composer l’intégralité de cet EP, EP dont je suis très fière parce que c’est moi à 100%. C’est formidable d’avoir enfin la concrétisation de tout ce travail ! Cela fait beaucoup de bien de voir tout ce qu’on s’est imaginé prendre vie donc, oui, je suis super contente de pouvoir proposer ce premier titre et de pouvoir débuter 2025 avec ce beau projet !

 

 

Plus concrètement, avec vos mots, comment présenter ce titre ? Quels thèmes y sont abordés ?

L’EP aborde des sujets liés à l’émancipation, au fait d’être unique et authentique, d’être qui on veut être, de ne pas rentrer dans un moule ni dans des codes, de ne pas être obligé de plaire, que ce soit à la société ou à un tiers, d’être soi-même, d’être libre.

Tous les titres de l’EP vont reprendre un moment important de ma vie de jeune fille à celle de jeune femme. Ce sont ces instants qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui, et chaque instant clé donne lieu à une chanson. C’est très important pour moi car, au travers de ces titres, c’est un peu comme si je pouvais enfin fermer le livre, pour laisser ça derrière moi et passer à une nouvelle étape de ma vie.

Plus particulièrement, « Sage » évoque l’émancipation au travers de soi-même. Ce titre parle d’amour, de l’autre, d’une relation qui peut parfois être toxique, des énergies, des corps, des émotions et du fait de se sentir libre !

 

 

D’ailleurs, dans quel registre musical s’inscrit « Sage » ?

On est vraiment sur de la pop française. Je me suis énormément inspirée du travail de Dua Lipa et de Sabrina Carpenter : au travers de la musique et même des clips qui suivront, je puise vraiment dans ces inspirations pour créer… J’aime beaucoup ce qu’elles proposent, chacune dans leur univers personnel.

Au-delà de la sortie du titre le 14 février prochain, vous proposerez également un clip…

Complètement ! Le 14 a lieu la sortie du premier titre, vous allez pouvoir me redécouvrir car il y a eu un vrai travail de fait par rapport à ce que j’avais sorti les années précédentes. J’y assume enfin ma plume. Je propose, ainsi, vraiment quelque chose de nouveau, que j’accompagnerai d’un clip car, pour moi, c’est extrêmement important d’avoir du visuel, j’y suis très attachée. J’avais envie de pouvoir proposer cette matière-là en plus de la musique, pour aussi venir dessiner les mots. Il me tarde de sortir ce clip, deux à trois semaines après la chanson qui sera proposée le 14 février, une date qui n’est pas anodine, car c’est celle des amoureux.

 

 

D’ici à la sortie espérée en septembre de l’EP, d’autres chansons seront progressivement mises en ligne…

« Sage » est vraiment le premier titre d’une longue liste, c’est la première étape d’une longue aventure. D’autres belles chansons suivront ensuite jusqu’à l’été et peut-être une belle surprise pour la rentrée de septembre ! Ces nouveaux titres seront surement accompagnés de clips eux aussi. Je vois un clip comme un mini-film : en trois minutes, je pense que l’on peut exprimer beaucoup de choses au travers des images. C’est important et intéressant de se raconter de différentes façons.

De par mon passif, où j’ai fait pas mal de théâtre, de danse, en plus du chant, sans oublier mes études de comédie musicale, j’aime bien pouvoir m’épanouir dans ces disciplines, ce que le clip me permet de faire ! L’écriture, la composition et l’interprétation se font au travers des mots, la danse et la comédie se vivent au travers des images.

Justement, ce projet d’EP vous permet d’étoffer davantage encore votre palette artistique : en plus de l’interprétation, vous gérez tout l’amont et tout l’aval…

Bien sûr ! Surtout quand on est une artiste indépendante, on a plusieurs casquettes : je suis autrice, interprète, compositrice mais, pour le clip, je suis aussi styliste, réalisatrice et beaucoup d’autres rôles. Je m’occupe de plein de choses car je n’ai pas d’autre choix que de tout faire et de m’adapter. Je le fais avec beaucoup de passion, beaucoup de cœur et beaucoup d’authenticité, c’est très important pour moi d’être sincère dans ce que je propose. J’espère que ça touchera un maximum de personnes.

 

 

Même si ces différentes casquettes génèrent un certain stress, sans doute qu’elles doivent être très enrichissantes humainement ?

Oui ! C’est vrai que ça génère beaucoup de stress : en ce moment, je suis prise par pas mal de choses, tout s’enchaine beaucoup. La machine est en route, c’est beaucoup de pression mais c’est un stress positif. C’est toujours très gratifiant quand on voit le travail fini, on se rend alors compte de ce que l’on a réussi à accomplir. J’ai la chance aussi d’être entourée de très belles personnes qui me soutiennent moralement. Ces belles énergies autour de moi m’aident à rendre les choses possibles.

En tout cas, il y a beaucoup de travail mais le résultat en vaut la peine : il est gratifiant, il me montre ce que je suis capable de faire et d’accomplir. Je me révèle des talents que je ne me connaissais pas, donc c’est chouette !

A quelques heures de la sortie de « Sage », on vous imagine impatiente sinon curieuse des retours du public…

Je suis dans l’attente. J’ai déjà fait des sorties par le passé, qui ont plu mais qui n’ont pas forcément eu le résultat que j’espérais. Avec ce projet et que notamment ce nouveau titre j’espère être découverte par le grand public…Cela me permettrait de réaliser plus de choses et de continuer à faire ce que j’aime le plus au monde, créer.

 

 

Justement, sans doute espérez-vous que la sortie de l’EP ne soit que le début d’une encore plus longue aventure ?

Oui ! Déjà, je vais me concentrer sur les sorties des premiers singles, pour que l’on puisse vraiment redécouvrir mon univers, qui je suis aujourd’hui en tant que femme et en tant qu’artiste, ce que j’ai à dire et à proposer, avec authenticité et sincérité.

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la sortie de « Sage » ce 14 février ?

Que le titre arrive à toucher un maximum de personnes, afin de trouver et rencontrer mon public et que, ensemble, on puisse aller le plus loin possible.

Merci, Fanny, pour toutes vos réponses !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Musique

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Maëlys Simbozel évoque sa belle et riche actualité théâtrale !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Maëlys,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes récemment rentrée en résidence pour un nouveau projet théâtral. Comment présenteriez-vous ce spectacle ?

C’est un spectacle adapté de « Cyrano de Bergerac », l’œuvre d’Edmond Rostand. Parmi les changements, le personnage principal, dans cette pièce, est une femme ronde. Evidemment, cela va notamment parler de la grossophobie mais pas que, ça va parler aussi du harcèlement et de discriminations. C’est notamment pour cela que ce projet est également orienté vers les scolaires, en plus du grand public. Le spectacle vivant est souvent une belle manière de parler de sujets difficiles comme ceux-là, c’est une approche intéressante pour libérer la parole. On cherche également à se rapprocher d’associations et d’organismes qui traitent de ce sujet pour, peut-être, mener des ateliers.

On garde la trame de l’œuvre originelle, avec l’histoire d’amour et les sacrifices. Mais on va beaucoup l’actualiser à notre temps donc Cyrano sera quelqu’un d’engagée, avec des prises de parole droites et claires. On sera sept au plateau, ce sera une équipe importante. De la musique sera jouée en live, ce sera moderne !

Quels personnages allez-vous incarner ?

Celui d’une des meilleures amies de Cyrano et, en même temps, celui de la préfète, qui s’oppose au personnage principal. Donc je joue à la fois la meilleure amie et la pire ennemie de Cyrano. J’aime bien cette dualité !

J’aime beaucoup avoir plusieurs personnes à jouer, je l’avais déjà fait pour la précédente pièce de la metteuse en scène, sur le monde de l’hôpital. On ne s’ennuie pas, cela demande de créer des choses un peu différentes, de faire de la composition. Le jeu est toujours de faire en sorte que l’on ne me reconnaisse pas, que l’on voit vraiment une différence entre les personnages. C’est vraiment cool à faire comme travail d’acteur ! Je suis vraiment contente, il me tarde !

 

 

La résidence évoquée est l’une des étapes du processus de création pour ensuite pouvoir proposer le spectacle à différents lieux…

Tout à fait ! On avait précédemment déjà fait une lecture, pour laquelle on avait fait venir du monde pour entendre le texte. Des premiers théâtres s’étaient alors déjà montrés intéressés…Récemment, une première semaine a été faite au plateau pour débroussailler le contenu. Une semaine, ça passe très vite, surtout quand on est sept mais c’est déjà l’occasion de travailler les rapports entre les personnages et la prise de parole en alexandrins.

En parallèle, vous continuez à accompagner un autre spectacle, qui suit le beau chemin sur lequel il est depuis plus de trois ans…

Complètement ! Quand on crée un spectacle, on a envie qu’il vive le plus longtemps possible. Réaliser ses envies est bien mais c’est dommage si le spectacle se joue peu…Donc, là, c’est vraiment génial que « Tristan et Iseut » suive son chemin. J’avais adapté et actualisé la légende, pour la rendre accessible à tous, aux scolaires mais pas uniquement. Plusieurs lectures et résidences avaient permis de garantir la cohérence d’ensemble de ce spectacle vivant. Spectacle qui reste en constance évolution…Déjà, après Avignon 2023, nous l’avions resserré pour lui donner une autre dynamique et, finalement, nous avons gardé cette version. Depuis, la création musicale a été finalisée : j’adore écrire et, encore, d’autres personnes sont intervenues pour créer des ambiances sonores. Je n’oublie pas non plus le travail de notre costumier. C’est vraiment un spectacle très riche, beaucoup de personnes y contribuent, en plus des comédiens. Même la scénographie et la technique au plateau continuent à se peaufiner, on a par exemple maintenant de la neige qui tombe du ciel.

 

 

On a appris ensemble, au fur et à mesure. On a découvert de nouvelles techniques, par exemple certains comédiens sont devenus aussi musiciens et, du coup, Tristan joue maintenant de la harpe en live. C’était un rêve pour moi, qui est devenu réalité. Tous ces petits ajouts sont incroyables et subliment le spectacle, en lui apportant de la magie et du merveilleux. On a vraiment fait en sorte que cette légende ressemble à un conte ! On se plait à le jouer et on continue à avoir de nouvelles dates. On intervient même, parfois, dans des établissements scolaires, ça marche bien, les élèves sont hyper réceptifs. C’est souvent une histoire qu’ils ont étudiée en classe et de la voir en spectacle change quand même les choses. Ils voient aussi les différences que nous avons apportées, on en parle ensemble, ce qui est vraiment super !

On continue aussi en tout public. Parfois, les gens viennent en famille et aussi bien pour les enfants, que les parents ou que les grands-parents, on voit que quelque chose se passe et que leurs liens se renforcent. Ils sont émus ensemble…Des grands-parents nous avaient dit, en Avignon, « ne pas penser, à leur âge, pleurer encore d’amour, encore moins avec leurs enfants ». Il y a vraiment quelque chose de fédérateur avec ce spectacle, que l’on est trop heureux de continuer à jouer. Toute l’équipe est fière ! Je suis à l’origine de l’idée mais, aujourd’hui, c’est vraiment un spectacle de toute une équipe. On le porte tous ensemble et on est heureux de l’emmener.

 

 

On est même en train de penser à une version immersive, avec encore plus de comédiens pour gérer la simultanéité des scènes. C’est encore un plus gros projet que l’on a bien en tête !

Quels sont d’ailleurs vos autres projets en cours ou à venir ?

Avec la compagnie du vent contraire, on est en train d’adapter le conte d’Andersen « La reine des neiges ». Ce ne sera vraiment pas la version de Disney mais bien le conte que l’on va mettre en scène. Nous serons deux comédiennes au plateau pour apporter le théâtre là où il n’y en a pas. On va tout faire : écrire, mettre en scène, créer le décor, jouer, chanter, ….On va faire en sorte que ce spectacle soit accessible aux plus jeunes, dès l’âge de six ans. On en est vraiment aux prémices mais des lieux sont prêts à nous accueillir en résidence. Une est d’ailleurs déjà calée pour septembre prochain…

On a aussi un spectacle en cours de création, « Roméo et Jeannette », d’Anouilh. La pièce est déjà écrite, on va refaire deux à trois résidences encore pour finaliser la mise en scène. La première aura lieu le 10 avril en région parisienne. Avec la même compagnie, nous sommes aussi en préparation de la tournée 2025/2026 du spectacle « J'appelle mes frères, mis en scène, par Floriane Delahousse et écrit par Jonas Hassen Khemiri.

 

 

Avec la compagnie Quintessence, on l’a dit, la pièce autour de Cyrano arrive et le spectacle sur le milieu hospitalier pourrait revenir en tournée. Ce spectacle est plein d’humour, c’est nécessaire car le sujet n’est pas facile. Sur scène, les cinq mettons beaucoup d’énergie, on joue tous plusieurs personnages, pour dénoncer pas mal de choses. L’autrice avait réellement vu ce qu’elle décrit dans le spectacle, 99% de ce que l’on joue est vrai ! On y évoque les problèmes connus du milieu hospitalier, notamment la situation des soignants. Sans eux, rien ne serait possible mais ils ont un métier très compliqué, sans avoir forcément de retour sur leur investissement.

 

 

Enfin, avec une troisième compagnie, je suis en création sur une pièce musicale d'Alain Peron qui parle des Penn Sardin et dont la première se jouera en Bretagne cet été. Ce sont des ouvrières qui se sont révoltées à Douranenez contre les patrons d'usine (conserveries) afin de voir augmenter leur salaire. La grande grève a eu lieu en 1924. 

Merci, Maëlys, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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RTL2 : Mike évoque sa passion pour la radio et nous en dit plus sur les différentes émissions qu'il anime !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Mike,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous animez, chaque week-end, « RTL2 Made in France » ainsi que « RTL2 Pop-rock Party ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Je co-anime, effectivement, « RTL2 Pop Rock Party » avec Loran, qui mixe et « RTL2 Made In France », comme son nom l’indique, est vraiment axé sur le son 100% pop-rock français, c’est l’occasion, en plus des classiques, de mettre en lumière des jeunes artistes. C’est très valorisant de faire découvrir, au travers de la radio, de jeunes talents. C’est un vrai plaisir de présenter cette émission « Made In France ». D’ailleurs, l’émission est proposée toute la semaine de 20h à 22h depuis la rentrée, je présente les soirées du week-end.

C’est aussi un plaisir de retrouver les auditeurs, plaisir qui dure depuis quelques années maintenantJ. J’ai eu plusieurs vies mais, dans toute ma carrière, je n’ai fait que deux radios : celle de la panthère et, depuis 2008, je suis à RTL2 ou j’ai retrouvé tout l’esprit de la première.

C’est une émission musicale dans laquelle vous êtes très présent…

C’est ce que l’on appelle une émission incarnée, on n’est pas dans le flux, on est plus que dans l’accompagnement, on se doit d’apporter quelque chose en plus. Les auditeurs peuvent, ainsi, aussi réécouter l’émission en podcast.

Le programme étant diffusé en début de soirée, adaptez-vous votre ton à l’antenne ?

Bien sûr ! Le langage est totalement différent le soir que le matin ou même dans la journée. D’où l’importance de bien positionner les animateurs par rapport à leur personnalité et leur voix.

Mon tout premier directeur portait une importance particulière à la voix, c’était d’ailleurs un des critères de recrutement, c’est au travers de la voix que l’on fait passer les émotions. Donc le ton de la voix le soir n’est pas le même qu’aux autres moments de la journée ! Après mon passage sur une radio pour un public plus jeune, en arrivant ici à RTL2, il a fallu s’adapter à un ton plus adulte. Je me souviens, quand je donnais des cours, de guider les élèves à s’adapter au format de la radio avant de proposer une maquette. C’est la règle numéro un ! Il faut s’imprégner du format et de l’ambiance pour, ensuite, amener sa personnalité.

Au tout début, j’avais très envie de rejoindre une radio en particulier et, à l’école de radio, durant un an, j’ai travaillé sur une maquette en ce sens. Pour cela, j’ai mangé cette radio matin, midi et soir. Ainsi, j’ai présenté une maquette qui correspondait à la cible…

Pour en revenir à vos émissions, avez-vous une méthodologie particulière de préparation en amont de l’antenne ?

Il y a deux écoles : celle de ceux qui écrivent – c’est beaucoup l’école d’aujourd’hui – et celle des animateurs qui n’écrivent pas. Je fais partie d’une génération qui note les idées, ce n’est pas que de l’impro, il y a de la recherche, je note les infos que je repère, les idées et j’assemble le tout en ouvrant le micro. Je suis moins à l’aise quand je lis ce que j’écris : ce ne sont plus forcément les mots que j’aurais voulu employer à l’instant T. Pour moi, le direct est synonyme d’émotion, il faut que je vive le moment présent…

Pendant l’émission, vous n’êtes pas seulement derrière le micro, vous gérez la réalisation et la technique…

C’est la grosse différence avec les radios généralistes, où il y a en plus des réalisateurs et des assistants. Nous sommes ce que l’on appelle des animateurs-technico-réalisateurs, on doit savoir tout faire. On a la responsabilité d’une antenne : s’il y a un pépin, il faut que l’on soit capable d’interagir. On n’est pas à l’abri d’une panne, même si on a évidemment à notre disposition des secours…

En quarante ans, la radio a énormément évolué et, aujourd’hui, on est quand même bien aidés. J’ai commencé avec les quarante-cinq tours et les jingles sur cassettes… Aujourd’hui la plus grande révolution est en marche, on en est à l’intelligence artificielle… Dans le studio, il y a beaucoup d’écrans, on n’a plus la matière en face de nous, on ne sort plus le disque pour le poser sur la platine, beaucoup de choses sont virtuelles. Je me souviens d’une période où j’avais un assistant, il était techniquement impossible de tout gérer en même temps, notamment pour diffuser les pubs une par une. Il y a quelques années, nous avions de grosses cartouches, avec, sur chacune, un jingle, un titre ou une pub. Lors d’un écran de plusieurs minutes avec des pubs de moins de trente secondes, on arrivait vite dans le studio avec une montagne digne de la tour de Pise. Aujourd’hui, c’est plus facile à gérer seul ! L’informatique a rendu les choses plus simple pour mieux se concentrer sur notre rôle d’animateur.

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs ?

Je reçois évidemment moins de courriers aujourd’hui, la communication est plus instantanée, les auditeurs me contactent directement via les réseaux sociaux. Beaucoup me reconnaissent et se souviennent de mes anciennes émissions. On est moins dans le fan-club que j’ai connu il y a quelques années, où on était parfois proche de l’hystérie.

Au début, j’ai commencé par la nuit, je finissais à 8 heures du matin et des auditeurs m’attendaient devant l’immeuble de la radio. Ils s’étaient levés à quatre ou cinq heures du matin pour prendre le premier RER afin de venir me voir, juste pour remettre des cadeaux ou prendre des photos! C’était fou… Tout cela, depuis, a évolué, les choses ont changé mais le métier est toujours aussi magique.

La radio reste effectivement un métier de passion…

On ne fait pas ce métier par hasard. C’est une passion, pour moi, depuis que je suis très jeune ! Dès l’âge de quatre ans, lorsque l’on m’offre à noël un théâtre de marionnettes, je m’imagine déjà faire un métier artistique. A sept ans, mon oncle, qui était directeur du planétarium au palais de la découverte de Paris, me confectionne un petit ampli avec un micro… je ne lâchais plus mon matériel ! J’ai par la suite été attiré par la magie de la télé, notamment par les émissions de Jacques Martin parce qu’on y voyait l’envers du décor.

Mes parents habitaient dans le sud-ouest de la France, RMC y était alors la radio de référence, j’entendais souvent Jean-Pierre Foucault. C’est lui, qui m’a vraiment donné l’envie de faire ce métier. J’ai eu, par la suite, l’occasion de le remercier.

Au-delà du plaisir du micro et de la technique, vos émissions vous permettent de réentendre des artistes et d’en découvrir d’autres, pour toujours plus affiner votre oreille et votre culture musicales…

Dans ce métier, il faut toujours rester curieux, musicalement j’aime tout, je n’ai pas une préférence pour un style particulier. Il est encore difficile, pour un jeune artiste, de percer, il y a certes plein de possibilités de se faire remarquer aujourd’hui et la radio reste un magnifique tremplin pour cela.

Sur RTL2, on suit les artistes, certains même depuis leurs débuts. La radio a créé, il y a peu, dans le cadre d’un partenariat avec la SACEM, « Les révélations pop-rock ». On propose, chaque mois, de faire découvrir le titre d’un nouveau talent. Une soirée a été organisée récemment où l’on a remis le trophée du public au grand gagnant. En janvier, lors de la première édition, c’est l’artiste Solann qui a été primée pour l’année 2024….

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite de la saison radiophonique en cours et de votre parcours derrière le micro ?

Evidemment, de continuer à faire ce métier de passion ! J’ai la chance, depuis que je suis à RTL2, de poursuivre ce rêve de gamin.

Je retiens toujours la phrase qu’un ami avait entendu de Michel Drucker : « Ce métier, c’est pas un sprint, c’est un marathon ».

Merci, Mike, pour toutes vos réponses !

Publié dans Radio

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France 2 / Flair de famille : Virginie Hocq nous raconte son arrivée dans la série !

Publié le par Julian STOCKY

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

 

Bonjour Virginie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vendredi 7 février prochain sera diffusé, en prime time, sur France 2, un nouvel épisode de « Flair de famille ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela a été pour vous de rejoindre cette belle aventure télévisuelle ?

Oui, c’était génial ! De toute façon, j’adorais le principe…On connait les séries policières, il y en a pléthores mais ce que j’aime bien, c’est l’idée du frère et de la sœur qui n’ont pas de filtre et qui, dans cet épisode-ci, se chamaillent devant les suspects. Un peu la vie…J’adore cette petite bulle d’humour qui se dessine !

Ce projet est aussi l’occasion de côtoyer un très chouette casting…

Oh, oui, oui, oui ! Samuel Labarthe, Fatim Zahra et Oscal Copp…Vraiment, j’ai rencontré une bonne équipe. C’est toujours un peu comme lors d’une rentrée scolaire, je me demande si je vais bien m’entendre avec mes camarades, c’est toujours mon inquiétude et ça a été vraiment super ! Là, ça a été tellement super qu’on repart en avril et mai pour la suite, avec deux épisodes…

 

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

Vous y interprétez le personnage de la capitaine Caroline Flament. Quel regard, plus personnellement, portez-vous sur elle ?

Je la trouve un petit peu rigide et pas très sociable. Elle a vraiment plein de secrets et n’a pas cette tendance à discuter. Ce qui fait aussi la complexité du personnage et de la relation qu’elle a avec son frère, frère qui n’est pas plus exubérant et qui a aussi cette tendance à cacher ses sentiments. Mais ils sont tous les deux différents puisque l’un adore la nature, les arbres, les glands et les vaches, là où l’autre préfère le béton et l’odeur des pots d’échappement. Donc ils ont cette différence…Ils ont été élevés par le même père mais on dirait qu’ils n’ont pas eu la même éducation !

En tout cas, tant sur son développement professionnel que personnel, Caroline vous permet une palette de jeu large et variée…

Oui, c’est génial, à partir du moment où on vous fait confiance, où une production et un réalisateur vous permettent ce genre de personnage. Ce personnage, c’est un peu la vie ! On me connait pour l’humour, quand je fais des seule en scène, je m’autorise toutes les petites portes qui amènent aussi à la tendresse ou à la sensibilité mais, là, c’est génial de jouer cette femme dure qui arrive à faire des combats, qui joue la carte de l’humour mais qui peut être dure. En fait, quand on décide de faire ce métier, c’est pour enfiler des costumes qui ne sont pas forcément à notre taille et, justement, en faire un bel habit…

 

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans sa peau, aviez-vous eu certaines sources plus personnelles d’inspiration ?

Non, je me suis juste amusée à me dire qu’elle était vraiment dans le secret. Dans le dessin qu’on lui a donné, dans ses vêtements, il y a un côté sombre, il y a simplement une touche de couleur dans ses baskets, que, d’ailleurs, je me suis appropriées après. Elle a un côté masculin, terre à terre, comme si elle n’avait pas envie qu’on essaie d’aller vers elle…Elle est un peu fermée et je me suis dit que ça serait intéressant de regarder les gens qui donnent cette impression d’un peu de brutalité et d’écorce.

Ce troisième épisode sera, une nouvelle fois, l’occasion pour Caroline et François de collaborer à la résolution de deux meurtres, aux apparences peut-être trompeuses…

C’est comme cela que les auteurs ont décidé d’écrire ces scénarios : c’est comme une course de dominos, on a l’impression que l’on a trouvé la réponse et paf, la carte tombe, le domino tombe et ce n’est pas ça. Ils le font tout le temps comme cela, ils tiennent le spectateur en haleine, il a l’impression d’être plus fort en disant « ah oui, je sais que c’est lui le coupable », alors que ce n’est pas ça finalement. Donc on a cette double vision…On a leur relation et leur passé, leur collaboration obligatoire et tous ces problèmes d’une enquête très difficile à mener. Ils n’arrivent jamais à trouver la solution et il y a quand même le flair de famille, en tout cas le flair de mon frère, qui y parvient avec détermination.

 

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

A titre personnel, on vous imagine certainement impatiente de découvrir les retours des téléspectateurs ?

Oui, c’est vrai…maintenant que vous le dites. J’espère que cette série va fonctionner et que mon arrivée leur donnera encore plus de gourmandise.

En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

Si vous voulez retrouver mon humour et mes humeurs, il y a une pièce que j’ai adaptée qui se joue actuellement au théâtre Saint-Georges, à Paris, qui s’appelle « Orgueils et préjugés…ou presque », d’après le roman de Jane Austen, « Orgueil et préjugés ». Sur scène, il y a cinq femmes, plus une musicienne, qui interprètent cette pièce. Donc c’est un peu irrévérencieux, c’est une adaptation avec beaucoup d’humour et c’est sous le prisme des bonnes qui travaillaient à l’époque au service des gens. Donc ce sont elles qui disent « écoutez, on a toujours été là, vous ne vous en rendez pas compte mais c’est grâce à nous que ça se passe parce qu’on passe les plats ». Elles racontent l’histoire, elles font les rôles d’hommes…C’est génial, pour une comédienne, de pouvoir faire tout : à l’époque de Shakespeare, les hommes interprétaient les rôles de femmes puisque c’était interdit et, ici, on a inversé la tendance, ce sont les femmes qui interprètent les hommes aussi.

Merci, Virginie, pour toutes vos réponses !

 

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

© Philippe LE ROUX - france télévisons - Mercer Productions

 

Publié dans Télévision

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