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Demain Nous Appartient : Garance Teillet évoque le retour de son personnage le temps d'une arche, et en profite pour nous présenter ses projets au théâtre !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Garance,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Début février, la première de la nouvelle pièce de théâtre « Ravage » a eu lieu en région parisienne. Quels souvenirs gardez-vous de cette soirée ?

C’était magique ! C’est une des « premières premières », si je peux le dire ainsi, sur laquelle j’ai pris autant de plaisir, sur laquelle j’ai été autant en confiance et à l’aise. C’est le fruit de beaucoup de travail parce que Clark James, le metteur en scène, avait organisé beaucoup de résidences. En tout, 4 semaines étalées sur un an, donc le travail a beaucoup bougé, s’est transformé, on a pris en confiance, on a appris à bien se connaitre. Ce qui fait que, de cette première, je n’en ai qu’un souvenir très agréable, magique, où tout se passe comme j’avais envie que ça se passe : c’était vraiment très chouette !

Artistiquement parlant, votre personnage vous permet une palette de jeu large et variée…

C’est un rôle que j’ai aimé tout de suite, dès que j’ai lu la pièce. Cela m’a permis aussi de me frotter à de nouvelles disciplines : je n’avais jamais dansé de ma vie comme je l’ai fait pour cette pièce. C’était un défi aussi dans le jeu : c’est un personnage, même si je l’aime énormément, qui n’est pas évident et qui demande une forme de confiance, qui demande à être assumé à 100% pour pouvoir être attachant et raisonné chez les gens. C’était, du coup, un très très beau cadeau, vraiment ! C’est un projet qui me plait, qui me porte beaucoup, je suis très reconnaissante de l’avoir.

 

 

Au moment de vous approprier votre personnage, avez-vous eu certaines sources plus particulières d’inspiration ?

C’est drôle que vous me posiez cette question, c’est l’une des premières conversations que l’on a eue avec Clark quand on a parlé du personnage de Sarah. Notre pièce reprend les 7 sept péchés capitaux, Sarah représente la luxure et Clark avait envie de la voir non pas comme un personnage vulgaire mais comme un personnage qui assume pleinement son corps, ses envies, ses désirs, en étant droite dans ses bottes, qui assume sa féminité et ce qu’elle est. Du coup, la première chose qui nous est venue en tête à tous les deux comme référence commune, c’était le personnage de Samantha Jones, dans « Sex and the City ». Je me suis également inspirée de Miley Cyrus, notamment à travers les chansons de son dernier album, pour trouver cette liberté.

Quels principaux retours du public aviez-vous pu avoir après la représentation ?

Je n’ai eu que de très bons retours ! Les gens ont aimé l’aspect dramédie de la pièce, je pense que le pari réussi de Clark est qu’il a emmené les gens du rire aux larmes, en passant par la peur et la colère….La diversité des personnages aide aussi à cela. Le rôle du chat est, évidemment, beaucoup ressorti dans les retours que l’on nous a faits. Je pense que l’aspect contemporain et accessible du texte fait qu’il peut se permettre quelques codes théâtraux un peu différents et qu’il a pu tester plus de choses en termes de mise en scène. C’est chouette, cela emmène les gens vers un univers qu’ils n’ont pas forcément l’habitude de voir.

Certainement aussi que les spectateurs ont pu se reconnaitre ou se projeter dans l’un ou l’autre des personnages….

C’était vraiment l’objectif de Clark, que chacun y trouve son compte dans au moins un des personnages. Après, la réalité – et ce sont aussi des retours que j’ai eu – est que, au final, on peut se reconnaitre un peu dans tous à certains endroits, y compris dans les personnages les plus détestables : c’est ce qui fait la force de la pièce ! Clark avait justement envie que ce soit une sorte de miroir totalement exagéré, qui puisse prêter à rire et permettre une autoréflexion sur les moments plus dramatiques. Je pense que c’est un pari plutôt bien réussi, dans son écriture et dans la manière dont il aborde la mise en scène aussi.

 

 

Cette première a été l’occasion de présenter le spectacle et, grâce à cela notamment, l’aventure va pouvoir se poursuivre cet été, au festival d’Avignon…

Tout à fait ! C’était un vrai objectif de sortie de résidence que de présenter le spectacle, c’était l’occasion aussi de faire une captation pour le marchander. Du coup, effectivement, c’est une pièce que l’on jouera en Avignon, au festival, du 3 au 21 juillet, au théâtre du rempart, à 10h. Le spectacle va pouvoir être découvert par beaucoup plus de gens, par un public plus éclectique. Nous essaierons de faire notre chemin dans cette grande course qu’est Avignon…Ce sera mon premier festival, c’est un rêve depuis que je suis toute petite. J’y vais depuis très longtemps pour mon plaisir, je suis très heureuse d’y aller pour être sur scène et je suis encore plus heureuse d’y aller avec une troupe où on est 7. Il y a quelque chose de très porteur, à aller vendre un projet tous ensemble, à plusieurs…

Le fait de jouer à 10h, le matin, sera probablement un vrai exercice artistique…

Je pense qu’Avignon est un marathon : quelle que soit l’heure, cela demande une concentration physique et un rythme de vie particuliers. Effectivement, c’est un défi de jouer à 10h du matin mais cela permet aussi de pouvoir tracter la journée et d’avoir un repos plus important. Je pense que c’est nécessaire car, malgré tout, c’est quand même un spectacle qui, pour beaucoup d’entre nous, demande aussi une forme physique, de par les petites cascades que l’on a à faire. C’est vrai que c’est potentiellement plus rassurant de jouer tôt le matin, plutôt qu’à 22h, après une journée à tracter.

En complément, toujours sur scène, un autre projet se dessine, avec une première lecture le vendredi 29 mars prochain, à 11h, au théâtre La Bruyère, de « La reine écartelée »….

C’est un projet porté par Nell Darmouni, c’est sa première mise en scène. Elle a été pendant longtemps l’assistante mise en scène de Jean-Luc Moreau, elle-même est comédienne et a fait beaucoup de projets. C’est un spectacle qui lui tient à cœur, qu’elle a envie de monter depuis très longtemps. Là où je suis très touchée qu’elle m’ait choisie, c’est que c’est aussi un rôle qu’elle aime énormément, qu’elle a toujours voulu jouer et qu’elle a, au final, choisi de mettre en scène.

C’est l’adaptation d’une nouvelle de Victor Hugo, « L’affaire Amy Robsart », c’est vraiment une tragédie moderne écrite comme une tragédie classique, pleine d’humour malgré tout et de drames aussi, comme toute bonne tragédie. C’est une écriture extrêmement fine, très très intelligente. Nell la portera à merveille. Le 29 est une première étape, cette lecture est organisée par ATA, la production Atelier Théâtre Actuel, pour trouver des parts de production complémentaires. C’est une lecture ouverte au public, à destination des pros principalement mais qui, en soi, peut être ouverte à n’importe qui le souhaiterait.

Le registre, le cadre et le contexte semblent différents de ceux de la première pièce évoquée…

Le point commun va être l’aspect dramédie, même si, malgré tout, sur « La reine écartelée », on est plus axée sur une tragédie. La comédie surprend beaucoup dans cette pièce, c’est ce qui en fait sa force. Après, oui, on est sur une pièce d’époque et sur un style d’écriture très différent. C’est ce que j’aime aussi, de pouvoir avoir des projets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. C’est ce qui me nourrit en tant que comédienne. Je suis très heureuse, du coup, d’avoir ces deux projets-là, qui me demandent d’aller chercher des choses radicalement différentes dans ma palette de jeu.

Personnellement, cela doit effectivement être très complémentaire, avec beaucoup d’enrichissements mutuels…

Cela fait quelques temps, et j’en suis très heureuse, que je me retrouve sur des projets qui viennent un peu me mettre au défi en tant que comédienne. Je parlais précédemment de la danse sur « Ravage » et j’ai aussi fait une pièce, il y a quelques mois, qui s’appelait « Vox animalis », qui m’a demandé du chant. Là, dans « La reine écartelée », on va être dans une recherche de théâtre classique…Je suis très heureuse, en fait, d’avoir toutes ces pièces, qui me demandent d’aller chercher dans plein d’endroits. C’est exactement ce que j’ai envie de faire !

A l’image cette fois-ci, votre personnage de Jessica Moreno sera prochainement de retour dans la quotidienne de TF1 « Demain Nous Appartient », le temps d’une arche. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir et la joie que cela a dû être de retrouver l’équipe ?

C’était beaucoup d’émotion, c’était beaucoup de plaisir. J’ai grandi sur ce plateau, j’ai commencé la série alors que je n’étais même pas majeure. Autant les comédiens que les techniciens ou les réalisateurs, ce sont des gens qui m’ont vu grandir et qui m’ont appris énormément de choses. Ils ont aussi construit la comédienne que je suis aujourd’hui…Donc c’était beaucoup d’émotion que de revenir maintenant, pour eux de me voir évoluer, pour moi de les voir évoluer aussi. C’était donc une grande joie d’y retourner ! J’ai retrouvé un personnage qui a grandi, qui a évolué, c’était très intéressant. C’est vrai qu’il n’y a que dans la quotidienne que l’on peut faire des choses comme cela, que l’on peut retrouver un personnage qu’on a laissé à un certain âge et aller l’explorer à un âge différent de sa vie, avec des problématiques et des défis nouveaux. C’est vrai que c’est la richesse incroyable de la quotidienne ! Cela n’existe nulle part ailleurs…

Dans quel contexte et dans quel cadre revient Jessica ?

Jessica est partie de la série pour aller faire son école de mode sur Paris, elle a à présent fini sa formation et a commencé à monter sa propre marque de vêtements. Elle revient parce qu’elle a envie d’organiser son premier défilé mais elle ne veut pas le faire dans n’importe quel contexte, elle souhaite que ça ait du sens. Donc elle l’organise avec la collaboration des personnages de Marianne Delcourt et de Noor Beddiar, en lien avec leur association « La maison rose ». L’objectif du défilé est, pour elle, de présenter sa marque mais aussi de réunir des fonds pour l’association. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, comme toujours dans DNA….

Quand les auteurs m’ont appelée pour me présenter l’intrigue, ce qui m’a aussi beaucoup plu, c’est qu’ils avaient envie de la montrer à cet âge un peu charnière, où elle devient une adulte mais où elle retourne dans son cocon familial : elle n’est plus tout à fait une enfant et elle veut s’affirmer auprès de sa famille mais, à la fois, elle est encore très jeune et elle découvre le monde du travail, des adultes et des responsabilités. Je trouve que c’est un âge très intéressant, qui n’est pas souvent abordé, au final. C’était aussi cela qui m’a convaincue de revenir avec plaisir !

Vous l’avez dit, le personnage a grandi depuis son dernier passage à l’image. Vous aussi, vous avez évolué depuis…Comment avez-vous appréhendé cette nouvelle peau du personnage, dans laquelle vous vous êtes glissée ?

Honnêtement, après l’avoir jouée deux ans, j’avoue que je la retrouve assez vite. Il a fallu s’inventer aussi sa vie, ce qui s’est passé parce qu’il y a beaucoup de trous, forcément. On ne sait pas ce qui est advenu de sa relation avec Mathias par exemple. Donc il a fallu s’écrire ce qu’elle avait vécu, elle, pendant ces 4 ans. Cela a été beaucoup d’imagination d’aller penser ce qu’elle avait pu faire, en essayant de rester cohérente avec ce qu’elle avait vécu aussi. Ce qui était intéressant par moment à jouer, pendant que je tournais, c’était de repenser à des petits détails qu’elle pouvait continuer de porter en elle. En essayant de ne pas trop spoiler, il y a un moment donné où des fumigènes encerclent les gens qu’elles aiment et leur arrivent dans les yeux : de suite, c’est d’aller penser que, forcément, elle a une sensibilité avec le fait que les yeux puissent être endommagés d’une façon ou d’une autre, étant donné qu’elle avait, à un moment, perdu la vue. Ce sont ce genre de petits détails qui sont très plaisants à aller chercher- il n’y a clairement que moi qui y pense à ce moment-là - mais qui nourrissent quelque chose et qui la font exister pour moi. J’ai passé tellement de temps avec elle, c’est un peu comme si c’était une vieille amie : forcément, elle fait partie de moi sur plein de choses, étant donné que j’ai grandi en même temps qu’elle…

Ensuite, une fois que j’ai eu l’intrigue, j’ai fait un travail assez classique, sur les enjeux et sur tout ce qu’elle allait vivre, qui est déjà bien chargé…Il y avait beaucoup de boulot sur cela aussi.

 

 

Nous l’avons dit, ce tournage fut l’occasion de retrouver une partie de vos camarades mais certainement que ce fut aussi l’opportunité d’en croiser de nouveaux…

Tout à fait ! En fait, ce qui est assez fou, c’est que j’ai aussi tourné avec des comédiens que je connais très bien depuis 6 ans, comme Luce Mouchel et Franck Monsigny, avec qui je suis amie mais avec lesquels nous n’avions, en fait, jamais eu de scène ensemble à l’époque. C’était très très chouette de pouvoir prendre notre petite vengeance ! Je les admire beaucoup, c’était un bonheur de tourner toutes ces scènes avec eux, vraiment.

Effectivement, j’ai aussi pu découvrir des comédiens, j’ai notamment été pas mal amenée à interagir avec la nouvelle bande de jeunes. J’ai sympathisé, entre autres, avec Salomé. J’ai aussi pu rencontrer Catherine Benguigui mais aussi Roberto Calvet, mon partenaire principal sur l’arche, qui vient juste d’arriver dans la série, qui joue le personnage de Charles, le petit frère de Damien. C’était génial aussi de ré-aborder cette aventure en ayant un nouveau partenaire un peu récurrent…

On vous imagine impatiente sinon curieuse de découvrir les retours du public…

La production a essayé de maintenir un effet de surprise le plus longtemps possible. Evidemment, des petites informations ont fuité et c’est adorable d’avoir reçu autant de messages pour me dire à quel point les gens étaient heureux que je revienne. J’ai croisé des fans sur place, qui attendent devant les studios, ils m’ont tous dit à quel point ils étaient contents de revoir Jess’. C’est vrai que c’est très très touchant en fait, quand on a fait 2 ans sur un projet, de se dire que, 4 ans et demi après, ce personnage a marqué, qu’il continue de plaire et que les gens sont heureux de le retrouver. Je sais que c’est un personnage qui a été important pour les gens, Jessica a abordé des thématiques compliquées, elle a marqué beaucoup de jeunes filles, c’est une responsabilité et un honneur que j’adore porter. Cela me fait plaisir de me dire que les gens sont heureux de connaitre son parcours maintenant et de se demander ce qu’elle est devenue, avec le temps qui a passé. Je pense que c’est une question que l’on s’est tous posée sur nos personnages préférés de fiction, que ce soit en livre ou à l’image. Donc cela me fait très plaisir, oui, de voir que les gens continuent de l’apprécier. Je pense que les Moreno, de manière générale, sont assez appréciés.

En amont du tournage, vous étiez-vous (re)plongée dans certaines diffusions pour mieux encore maitriser l’atmosphère et le contexte du moment ?

En fait, je me suis replongée un petit peu dans les épisodes diffusés mais j’ai vite arrêté pour ne pas être influencée sur la vision de Jess’ vis-à-vis de certains personnages. Forcément, elle n’est pas censée tout savoir donc je ne voulais pas être un peu tronquée à ce niveau-là. En revanche, ce que j’ai fait, c’est que je me suis pas mal replongée dans d’anciens d’épisodes, car ça coïncidait avec le moment où TF1+ les a tous mis en ligne. Au départ, c’était un peu par nostalgie que j’ai été revoir certaines intrigues et, au final, cela m’a beaucoup aidé de revoir visuellement aussi Jess’ et sa famille. Maintenant, un vrai recul existe sur ces épisodes-là, je n’ai presque plus trop l’impression que c’était moi à l’image…C’était une sorte de remise à jour pour moi : « ok, elle avait vécu ceci et cela…maintenant, dans quel état revient-elle à Sète ? ».

Depuis toutes ces années, la famille Moreno a aussi beaucoup évolué, socialement notamment…

J’étais revenue il y a 2 ans et j’avais vu le cadre social dans lequel vivent les Moreno. Je tombais aussi par moment sur les épisodes de la série, je n’étais pas déconnectée de ce qui se passait et, surtout, je continuais de voir Ariane et Arnaud, donc j’avais un semblant de connexion sur ce qu’ils étaient en train de tourner. Mais, ce dont je suis assez heureuse, c’est que l’aspect de différence sociale des Moreno a été pas mal abordé pendant mon intrigue parce que Jess’, effectivement, se retrouve à rencontrer des gens qui ont de l’argent, alors qu’elle est constamment dans cette vision de « Je n’ai pas grandi avec de l’argent et ma famille l’a eue quand je suis partie donc ça ne fait pas partie de mon histoire, ça ne fait pas partie de moi ». Elle a vraiment à cœur, notamment avec sa collection, de faire des choses qui soient accessibles, qui parlent aux gens. C’est aussi quelque chose que j’ai travaillé, à me dire « ok, c’est assez binaire pour elle, elle revient dans un monde qui n’est pas du tout son environnement d’enfance ». C’était assez intéressant d’imaginer cela !

Sur ce programme-là ou sur un autre, aimez-vous regarder la diffusion finale, notamment pour capitaliser sur votre propre jeu ?

C’est vrai qu’il y a beaucoup de comédiens pour qui c’est très dur de se regarder. Pour moi, étonnement, c’est plus dur de me regarder en captation théâtrale qu’en fiction, c’est plus douloureux dans ce sens-là. Peut-être juste parce que j’y ai été habituée jeune. Je l’ai beaucoup fait, de regarder les épisodes, quand j’étais sur DNA parce que je tournais en continu et qu’effectivement, c’était une très bonne école de voir concrètement ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. On est toujours beaucoup plus dur avec soi que ne le sont les téléspectateurs mais cela m’a aidée, cela m’a permis de faire grandir mon jeu. Là, ne tournant plus en continu, je pense que je vais regarder les épisodes par curiosité parce que l’intrigue était chouette. Ça reste une bonne aide et une bonne école pour la suite…

En parallèle, quels sont vos autres projets en cours ou à venir ?

Je fais partie, depuis un peu plus d’un an, d’une troupe et on se retrouve tous les lundis, on travaille des textes que l’on a écrits, on les propose aux 4 coachs qui choisissent ceux que l’on garde. C’est un travail extrêmement intéressant, déjà parce que ça permet de jouer constamment, ce qui est rare. Comme à l’école, cela permet de bosser et d’affiner. Cela m’a aussi permis de travailler mon écriture, ce qui est très chouette, y compris dans un registre de comédie, qui n’était pas forcément mon domaine principal au départ. On joue une fois par mois, à la Comédie de Paris, on présente un spectacle construit avec une suite de scènes, majoritairement comiques. On est une troupe de 35 comédiens, on est entre 15 et 20 sur le plateau à chaque fois. C’est un projet qui me tient à cœur, qui permet aussi parfois d’amorcer d’autres projets personnels : en commençant une scène, on peut se dire qu’elle pourrait permettre d’en faire un spectacle, si on la développait. C’est aussi l’occasion de rencontrer énormément de gens et de créer des familles artistiques.

 

 

A titre plus personnel, cela fait longtemps que j’écris, j’ai déjà réalisé 2 courts-métrages et, là, j’aimerais en faire un autre bientôt, que j’ai écrit il y a quelques mois. J’adorerais le tourner dans l’année. Je ne sais pas encore si je le réaliserai, j’aimerais en tout cas jouer dedans et j’ai déjà été très heureuse de le porter en tant que scénariste. Ce projet me tient d’autant plus à cœur que je le jouerai avec mes meilleurs amis, qui sont tous les 3 comédiens, cela serait l’occasion de faire un projet tous ensemble.

Je travaille en ce moment sur une pièce, que je cherche à développer. La distribution serait entièrement féminine…On verra comment se développe le projet…

Merci, Garance, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Théâtre

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France 3 / Face à face : Claire Borotra évoque la deuxième saison, diffusée à partir de début avril !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Claire,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

La deuxième saison inédite de « Face à face » sera diffusée sur France 3 à partir de ce mardi 2 avril. A titre personnel, on imagine la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui, oui ! C’est une série à laquelle je suis particulièrement attachée et je suis très contente qu’elle soit diffusée. C’est vrai que l’on a un peu attendu, tout le monde était frustré, et les téléspectateurs et nous. Je crois qu’il y a une véritable attente, je suis contente de présenter notre travail au public. Les retours que j’ai des journalistes, pour l’instant, sont très enthousiastes, disant qu’ils s’amusent beaucoup, qu’ils prennent beaucoup de plaisir et qu’ils ne sont pas du tout déçus par cette saison 2, bien au contraire. Donc ça me fait plaisir et j’ai hâte d’avoir les résultats de tout ça.

Votre personnage, Justine Rameau, juge d’instruction, devra gérer son divorce et les cours de droit qu’elle donne à la fac, en plus de son poste de magistrat…

Oui, oui ! Après, elle est à l’image de beaucoup de femmes, elle accepte en effet un poste d’enseignante à la fac, que je trouve assez intéressant parce que ça nous permet, en plus, dans la série, d’expliquer plus précisément les rouages du droit. Je trouve cela assez sympa et ça la met en contact avec des étudiants plus jeunes, ce qui renouvelle aussi les interactions. Elle a son poste de magistrat, elle a sa vie sentimentale, son divorce, sa rencontre avec quelqu’un de nouveau et elle a aussi sa fille qui reste un enjeu. Laisser partir un ado, découvrir comment sa fille ne lui raconte pas tout, veut faire ses propres choix sans lui en parler, …ce continent inconnu que deviennent nos enfants quand ils grandissent fait partie des problématiques de Justine sur cette saison.

Une nouvelle fois, dans cette salve de dix épisodes, votre personnage et celui de Vanessa vont devoir s’allier pour résoudre les affaires criminelles…

Oui, oui ! Evidemment, elles sont obligées de travailler ensemble, ça se passe toujours avec autant de remous et de difficultés mais, en même temps, avec pas mal d’efficacité malgré tout. Les thèmes abordés sont nombreux et à hauteur humaine, ce ne sont pas systématiquement des meurtres où on doit trouver les coupables, il y a la problématique des lanceurs d’alertes, il y a l’homoparentalité, …Il y a plein d’enquêtes et, encore une fois, la caractéristique de cette série est qu’il ne suffit pas de dévoiler qui est le coupable, il faut réussir à ne pas faire d’erreur et à récupérer toutes les preuves pour qu’il soit condamné. Il y a donc toute la dimension judiciaire qui, je pense, est un peu plus rarement abordée à la télévision.

 

 

Et l’arrivée d’Agnès, la mère de Vanessa, qui s’incruste dans la maison familiale, vient compliquer encore un peu plus le quotidien…

Oui ! En fait, la grande force de Justine est d’organiser son propre cauchemar et son propre chaos. C’est ce qui me plait beaucoup : avec beaucoup de sincérité, sa sœur n’allant pas très bien, elle se dit qu’elle va surmonter ses aprioris et faire venir la mère de Vanessa, qui est quand même la maitresse de son père et la personne qui, dans son histoire, a fait tomber tout le schéma sur lequel elle s’était construite. Elle la fait venir mais sans s’imaginer, à aucun moment, que c’est Vanessa puissance 1000 en fait, avec une capacité d’envahissement immense. Justine, qui aime quand les choses sont rangées, plutôt silencieuses, calmes, réservées, ne va pas du tout être déçue avec l’arrivée d’Agnès dans la maison !

En tout cas, cette saison est à nouveau l’occasion de placer ce tandem d’héroïnes au cœur de l’univers judiciaire, sans oublier de basculer du côté de l’intime en explorant la relation complexe des deux sœurs. …Cela doit probablement vous permettre une palette de jeu encore plus large et variée…

Oui ! J’avoue que c’est ce que l’on se dit souvent avec Constance. On attend avec impatience notre récompense des jours où l’on tourne ensemble toutes les deux. Parce qu’on s’amuse beaucoup, on a beaucoup de tendresse l’une pour l’autre, ça se sent et on s’amuse dans nos scènes. C’est vrai que les scènes d’audition sont plus compliquées, il y a beaucoup de texte, je suis assise à mon bureau donc je prends du plaisir à les faire mais c’est vrai que les scènes où on est toutes les deux, où on se dispute, où on a 5 ans et demi chacune, sont, je trouve, assez jubilatoires. J’aime beaucoup cette idée que le personnage de Justine, dans son monde professionnel, est extrêmement adulte, extrêmement pro, à la limite de la rigidité alors que, dans sa vie personnelle et dans sa relation à sa sœur, c’est une enfant de mauvaise foi, chahuteuse, qui peut être complètement dépassée. Ce n’est plus du tout la même personne et c’est vrai que c’est assez jubilatoire à jouer. Et puis c’est une série très féminine : on se trouve avec trois générations de femmes dans cette maison et ce qui les caractérisent, c’est que ce sont des femmes libres…j’aime bien cela !

A noter qu’un chouette casting de guests vient compléter chaque soirée, pour le plus grand plaisir de tous…

Ah oui ! On a une chance sur cette série d’avoir des guests vraiment formidables, de très très bon niveau. Ce n’est pas facile, en plus, de venir quelques jours comme cela. On fait tout pour les accueillir vraiment chaleureusement, pour qu’ils se sentent à l’aise et chez eux tout de suite…On a de super guests : Annelise Hesme, Béatrice de La Boulaye, Raphael Mezrahi,…On a un très très bon niveau d’invités, ce qui nous réjouit !

A titre personnel, après une première saison dans la peau du personnage de Justine, comment l’aviez-vous abordée pour cette saison 2 ?

La difficulté, pour le coup, dans une série est de ne pas perdre le personnage. C’est un rôle de composition, je ne vous cache pas que je ne me reconnais pas dans Justine mais je m’amuse beaucoup à l’incarner. Donc il faut la faire évoluer sans la perdre : c’est un vrai travail que je fais à chaque fois, de la faire bouger parce qu’au contact de sa sœur elle change, alors que, dans l’exercice de son métier elle est un peu plus border de temps en temps, elle gagne en liberté. Je crois que c’est vraiment un personnage pour qui l’arrivée de sa sœur bouleverse tout son schéma : elle doit se réinventer. Donc il faut la faire bouger, la faire évoluer et, en même temps, il ne faut pas perdre, à mon sens, les défauts qui, moi, m’amusent. Je pense que l’on s’attache encore plus aux défauts des personnages qu’à leurs qualités dans les fictions, en tout cas c’est mon cas. Parce qu’ils nous ressemblent…Je ne veux pas d’un personnage lisse, qui n’a que des défauts et je pense que c’est ce qui caractérise Vanessa et Justine, c’est qu’on assume leurs défauts, ce qui est assez chouette. Voilà, il faut trouver cette alchimie entre l’évolution et la conservation de son ADN.

 

 

D’ailleurs, quels principaux retours aviez-vous pu avoir du public au moment de la diffusion de la saison 1 ?

J’avais été extrêmement surprise et touchée de l’enthousiasme des gens que je croisais dans la rue, d’un public jeune, de femmes de 25 à 80 ans, mais avec beaucoup beaucoup de femmes qui sont moins le public de la télévision…Cela m’avait beaucoup touchée quand ils me disaient « ah, je me reconnais, j’adore ces personnages, j’adore cette série » : donc beaucoup, oui, d’enthousiasme. C’est la première fois de ma vie que je fais une série et je suis hyper contente de ce rendez-vous. Là, je sens beaucoup d’attente, j’espère que l’on ne décevra pas. Mais, oui, des retours où les gens avaient l’impression d’appartenir à cette fratrie, ils se reconnaissaient dans cette fratrie. C’est vrai que j’ai beaucoup entendu parler de la relation des deux sœurs, j’ai l’impression que c’était le cœur et le moteur de la série. Je trouve que cette saison est formidable, les personnages secondaires montent en puissance et ce sera encore mieux en troisième saison : tous ces personnages secondaires prennent de l’étoffe, de la place et il y a une vraie famille qui se met en place.

Sans doute êtes-vous curieuse et impatiente de découvrir les réactions des téléspectateurs pour cette nouvelle saison ?

Oui ! J’ai une première idée avec les journalistes, qui me font un retour toujours très enthousiaste, pour ceux qui ont regardé la moitié ou l’ensemble de la série. Habituellement, quand ils commencent, ils vont jusqu’au bout ou, en tout cas, ils ont hâte de continuer. Donc je trouve que c’est très bon signe, ils sont notre premier public et j’ai hâte, en effet, de voir ce que va penser le public, plus largement. J’espère que les gens passeront de bons moments, que l’on fera un peu partie de leur famille et qu’ils auront envie de nous retrouver toutes les semaines et tous les ans.

Vous l’évoquiez, le tournage de la saison 3 a déjà eu lieu…

On a terminé il y a 15 jours, c’est une super nouvelle, c’est une très belle marque de confiance de la chaine sur le projet puisque c’est rare qu’on lance une troisième saison quand la deuxième n’est pas encore diffusée. Donc ce sont de jolies marques de confiance, ça fait plaisir et j’espère que l’on va commencer à tourner la saison 4 en septembre, que l’on ne fera plus jamais attendre le public comme ça s’est passé là.

En complément, quels sont vos autres projets et actualités en cours ou à venir ?

Il y a une série qui s’appelle « RIP », où je vais faire un guest, c’est avec Claudia Tagbo, c’est une série très drôle, pour TF1, où Claudia récupère l’entreprise funéraire de son père, elle qui n’est pas faite pour cela à priori. Il y a toute une équipe d’acteurs, je retrouve mon copain Duléry, il y a plein de gens supers. C’est ce que vous verrez surement dans les semaines ou mois qui viennent. Après, je ne sais pas encore, on verra…Il y aura sans doute un spectacle à venir, l’année prochaine sûrement, à Paris et en province.

Merci, Claire, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Katia Miran évoque la pièce qu'elle joue actuellement au théâtre Montparnasse, Le bar de l'oriental !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Katia,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview ensemble !

Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Montparnasse, dans la pièce « Le bar de l’oriental ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oh oui ! Pour un comédien, pouvoir jouer est presque un soulagement donc oui, c’est très heureux ! C’est exigeant aussi mais je pense que c’est le cas quel que soit le projet. Nous sommes une belle équipe, tout se passe bien entre nous. Comme la pièce est exigeante, il y a une dynamique qui fait que, tous les soirs, tout le monde est très concentré. « Le Bar de l'Oriental » n’est pas une pièce où au bout de 15 représentations, on peut se dire que l’on est rodé. Il faut se montrer attentif chaque soir.

Avec vos mots mais sans tout en dévoiler, comment présenter cette pièce ? De quoi parle-t-elle ?

L'histoire se passe dans une colonie française en Indochine dans les années 50, au moment où le Viet Minh va passer à l’offensive. Tout le monde s'attend à une invasion et les français ont peur pour leur vie. Les personnages ont conscience que c'est le dernier moment de calme avant la tempête. Tout est électrique et les passions se déchaînent.

Quel personnage y interprétez-vous ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Je suis Marianne, la jeune sœur de Dorothée, le personnage central de l'histoire. Je pense que, quand l’auteur a écrit sa pièce, il a entre autres cherché à parler des différentes personnalités, des différentes problématiques que l'on pouvait rencontrer chez les français d'Indochine. Avec le personnage de Marianne, il aborde la question de l'ennui colonial. C'est un personnage presque tchékhovien. Contrairement à sa sœur, Dorothée, qui aime profondément le Vietnam, Marianne ne rêve que d'une chose : partir ! Mais elle ne sait pas trop comment faire… La pièce se déroule dans les années 50 donc il faudrait qu'elle se trouve un mari mais on comprend vite que ce n'est pas chose facile. On la sent perdue et c'est, pour moi, ce qui la rend touchante.

Marianne vous permet ainsi une palette de jeu plutôt large et variée, ce qui doit être très plaisant…

J’avoue que je suis parfois un peu stressée ; j’essaie de faire au mieux, de répondre aux exigences de la pièce et de son metteur en scène... Donc, parfois, comme je me mets trop de pression, la dimension 'agréable' est un peu annihilée. Mais on a suffisamment joué notre 'Bar de l'Oriental' pour qu'elle revienne. Comme on joue depuis le mois de février, j'arrive maintenant à profiter des sinuosités du personnage. D’une scène à l’autre, j’ai des choses assez différentes à jouer , il faut passer rapidement d'un état à l'autre et c'est ce changement qui est particulièrement jouissif pour un acteur.

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public, à l’issue des représentations ?

On a de superbes lumières, une scénographie et des ambiances sonores très réussies. Les spectateurs se retrouvent plongés dans l’Indochine de l’époque et dans ce climat moite de pré-mousson. Ce dépaysement plait beaucoup : les gens embarquent pour un voyage !

 

 

Au moment de vous glisser dans la peau du personnage, vous étiez-vous (re)plongée dans certains documents explicatifs du contexte de l’époque ? Ou, à l’inverse, avez-vous préféré garder une certaine distance, pour encore plus de fraicheur artistique ?

On avait un metteur en scène très renseigné sur le contexte historique donc on a eu la chance d’avoir des informations claires et précises sur ce qui se passe avant et pendant la pièce, notamment sur les offensives militaires, sur ce qu’elles induisaient et pouvaient représenter pour les gens que l'on allait interpréter. Le gros du travail de contextualisation a donc été fait pendant les répétitions. J’ai aussi relu « Un barrage contre le Pacifique » de Marguerite Duras: c'était important pour toucher au fameux ennui colonial ...

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure théâtrale ?

Que le public continue de venir nombreux ! Et d’arriver à garder la bonne énergie sur le plateau. Avec une pièce où il y a la mort au bout du chemin, on ne peut pas se permettre de relâcher la tension. Chaque comédien se retrouve dans des états qui n'ont rien d'anodins ni de quotidiens pour des gens qui ne vivent pas dans un pays en guerre. Notre défi est de 'nourrir' ces états soir après soir avec le plus de sincérité possible.

En complément, vous serez à nouveau sur scène, à partir de septembre prochain, juste à côté, au Petit Montparnasse…

J’aime beaucoup ce théâtre ! J’y ai joué il y a plusieurs années. Sa directrice Myriam Feune de Colombi, qui est maintenant décédée, a fait confiance à la toute jeune comédienne que j'étais. Que ce soient les équipes techniques ou celles de l’administration, ce sont des gens que j’aime vraiment beaucoup, c’est une joie de les retrouver dès juin pour les premières répétitions ! La pièce est complètement différente de celle du 'Bar de l'Oriental », ce sera un vrai changement d’ambiance, ce qui est toujours intéressant à faire, avec de nouveaux partenaires et une nouvelle metteur en scène... C'est une grande chance d’avoir des choses diverses à défendre et d’être aussi bien entourée !

Merci, Katia, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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TMC / Les Mystères de l'Amour : Grégory de Fleur évoque son personnage mais aussi ses autres projets artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Grégory,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

On peut régulièrement vous retrouver dans la série de TMC « Les Mystères de l’Amour ». On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Tout à fait ! J’avais déjà joué, il y a 3 ou 4 ans, un petit rôle, où j’étais le meilleur ami du docteur Blake. Entre temps, j’avais joué encore un autre personnage, un mafieux. Là, depuis à peu près un an, je suis embauché pour interpréter Raphael Bertrand, un médecin australien. En fait, ce que j’aime bien, c’est que c’est une petite famille, ils travaillent ensemble depuis très très longtemps, surtout le noyau dur. C’est vraiment un bonheur, pour moi, de les retrouver ! Je fais 2 à 4 dates de tournage par mois et, à chaque fois, c’est un vrai plaisir. Souvent, les rôles que j’ai sont des rôles plutôt de courte durée alors que, là, je revois les mêmes équipes, on mange ensemble, on se connait, c’est très très agréable !

Le personnage a des interactions grandissantes, tant professionnellement que personnellement. Cela vous permet une palette de jeu large et variée…

C’est vrai ! J’ai commencé par être amoureux d’Hélène Rolles, cela n’a finalement pas marché entre nous car elle a retrouvé son mari. Pendant cet été, je me suis même demandé si mon personnage allait continuer et, finalement, j’ai vu dans le scénario que j’allais à présent davantage m’intéresser à Laly, sa meilleure copine. A mon plus grand bonheur, je peux ainsi continuer dans la série ! Je ne sais pas où va nous mener cette histoire avec Laly mais c’est intéressant car son personnage a le don d’avoir des visions. Ma famille, dans la série, est morte dans un incendie et Laly arrive à communiquer avec elle. On a récemment tourné une scène en ce sens, dans laquelle elle me parle de mes enfants…

Pour en revenir à votre question, c’est vrai que c’est intéressant parce que ça permet de jouer différents registres : c’est flexible !

On le sait, le rythme de tournage est intense…Certainement que votre parcours artistique vous aide à l’appréhender ?

Je ne tourne finalement pas énormément…Je sais qu’Hélène, Laly et les récurrents tournent beaucoup plus que moi. Mais c’est vrai que la production essaie de me mettre un maximum de séquences pour chacun de mes jours de plateau. Donc j’ai eu le droit de commencer à 7h 30, jusqu’à 19h, non-stop, avec énormément de textes. Mais il y a des journées où j’arrive pour seulement 3 à 4 répliques dans 2 séquences, là c’est le bonheur…Comme j’aime beaucoup tourner avec eux, c’est toujours très intéressant, pour moi, d’y être et de participer.

En développant un personnage sur la longueur, vous retrouvez-vous parfois en lui sur certains traits de personnalité ? Ou inversement ?

Bien sûr ! Je pense que chaque comédien fait en sorte que le rôle lui corresponde. On fait des choses dans nos vies qui rejoignent le personnage…Pour moi, Raphael est un gentil médecin, qui est un peu confus dans sa vie amoureuse, qui cherche sa voie, ce qui est un peu mon cas aussi donc cela rejoint ma façon d’être comme personne lambda. Ma vie personnelle est assez compliquée niveau émotionnel actuellement et j’essaie de mettre un peu de cela dans mon personnage aussi.

Quels principaux retours pouvez-vous avoir du public sur votre personnage ?

Je reçois des correspondances de fans, on me contacte régulièrement aussi sur Instagram mais j’avoue que, pour l’instant, je ne réponds pas trop souvent car c’est assez nouveau pour moi d’avoir de l’attention donc je ne sais pas encore exactement comment me placer. Je suis encore assez réservé sur ce plan là…En tout cas, cela fait plaisir d’avoir déjà des retours sur le personnage !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

C’est une bonne question…J’aimerais bien continuer, j’aime beaucoup travailler avec l’équipe. Pour l’instant, je suis plus axé sur un retour aux Etats-Unis, avec des productions américaines car c’est beaucoup plus simple pour moi de jouer dans mon pays natal. Sauf que j’habite ici…donc je suis en train de voir avec mes agents et mon coach, Jordan Beswick, les meilleures solutions. Si des offres intéressantes arrivent ici, bien sûr que je dirais oui.

 

 

Même si on sait que ce n’est jamais évident pour un comédien, aimez-vous regarder le rendu final pour capitaliser sur votre propre jeu ?

Honnêtement, non, je fais le contraire ! Je fais partie des personnes qui n’aiment pas se regarder donc je ne regarde pratiquement jamais. De temps en temps, des extraits passent sur les réseaux, je les regarde, ça me donne un petit aperçu mais sinon, non, j’essaie de me protéger car j’ai peur d’être un peu trop focalisé sur ce à quoi je ressemble, plutôt que sur le jeu et le plaisir d’y être. Quand je fais des films ou d’autres programmes plus ponctuels, là par contre, je regarde…Par exemple, j’ai été sur « The New Look », une série pour Apple TV, dans laquelle je joue un nazi et j’ai déjà vu à quoi je ressemble. Mais je ne regarderai pas en entier non plus, ces premières images me suffisent…

Récemment, vous étiez sur scène, au Théâtre Montmartre Galabru, dans « Le repas des fauves ». Quels souvenirs en gardez-vous ?

J’ai un très très bon souvenir ! J’adore cette pièce, j’adore l’équipe, j’adore les gens avec qui on a fait cette aventure. J’aimerais bien qu’elle redémarre…J’apprécie beaucoup le théâtre, c’est très riche, le texte est plus travaillé, il y a plus d’enjeux et on peut passer davantage de temps à préparer le personnage…tandis qu’à la télé, c’est très rapide, il y a beaucoup moins de temps et donc de réflexion sur le personnage, si ce n’est sur la longue durée.

On avait commencé à préparer cette pièce dès la fin du Covid, c’est au bout d’un an de répétitions que l’on avait réussi à trouver un théâtre pour monter ce projet.

C’est un rôle différent, encore avec un accent mais allemand cette fois-ci, qui vous a permis sans doute d’aller chercher d’autres intentions et émotions…

Complètement ! C’est un personnage nazi, c’est un méchant mais j’ai appris qu’il pouvait être beaucoup plus menaçant en restant très fixe, très stable…Alors que, quand j’ai commencé, j’étais dans l’action, je discutais, je bougeais, je tournais à gauche et à droite…Au fur et à mesure des répétitions, j’ai compris que c’était beaucoup plus intimidant d’utiliser principalement le regard…C’était finalement presque une interprétation audiovisuelle ! J’ai beaucoup apprécié cet aspect du personnage qui entre en scène d’une manière très abrupte avant, au fur et à mesure, de bouger de moins en moins pour devenir de plus en plus menaçant. Je trouve cela très riche : je suis un comédien très grand et assez imposant par rapport à mes partenaires de jeu donc je suis beaucoup regardé par le public mais tout se fait par les petits gestes, par la façon de dire certaines phrases, par les regards…C’est très intéressant !

Ces deux arts – l’image et le théâtre – peuvent, de l’extérieur, paraitre très différents mais sans doute sont-ils pour vous très complémentaires…

J’adore faire les deux ! Je connais des comédiens qui veulent faire soit l’un soit l’autre mais je pense que les deux sont très complémentaires et très enrichissants dans les deux sens. C’est vrai que, parfois, il faut s’ajuster : j’étais sur le tournage d’un film, après avoir fait beaucoup de théâtre juste avant et j’avais tendance à parler fort mais, à un moment, le réalisateur m’a rappelé que l’on n’était pas au théâtre donc que je pouvais être plus calme. Ce sont des petits ajustements qu’il faut faire sans cesse quand on passe du théâtre au cinéma…

Merci, Grégory, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre, Télévision

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