Félicité Chaton évoque sa belle actualité, sur scène et prochainement à l'image !
Bonjour Félicité,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Fin avril, vous serez sur la scène du théâtre de la reine blanche, pour 4 dates, les vendredis 26 avril et 03 mai à 21H, les dimanches 28 avril et 05 mai à 18H, avec votre spectacle « Les biches ne brament pas au clair de lune », avant de participer en juillet au festival d’Avignon. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui, oui ! Effectivement, il y a beaucoup de joie mais aussi beaucoup de travail. Je l’avais joué il y a un an, il a déjà eu une première vie donc, un an après, nécessairement des choses vont être reprécisées et des moments questionnés. Il y a par exemple un petit moment qui s’appelle « Comprendre », où je fais un patchwork de textes que j’ai lus sur la séparation amoureuse : typiquement, à ce moment-là, je peux, aujourd’hui, injecter un texte qui n’avait peut-être pas sa place il y a un an.
Donc, oui, il y a de la joie mais aussi l’envie de trouver toujours plus de liberté, de contraste dans le jeu et de prendre plus le temps à certains moments. Les retours m’ont aidée, en cela, à clarifier des choses.
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_a2a493_biches-1.png)
Si l’on revient quelques temps en arrière, comment vous sont venues l’envie et l’idée de développer ce spectacle ?
C’est une envie très ancienne, j’avais commencé à écrire suite à une blessure amoureuse : je m’étais sortie de l’état chaotique dans lequel j’étais en écrivant une sorte de one-woman show. J’avais trouvé comment rire de ce qui m’était arrivé et c’est comme cela que, finalement, je m’étais remise debout. Puis la vie a fait que j’ai eu d’autres envies et d’autres nécessités, j’ai ainsi mis en scène d’autres spectacles. Suite au tout dernier, je m’étais alors demandé si ce ne serait pas le moment de revenir à ce projet que je pensais assez léger, puisque je suis à la conception et seule en scène. En le travaillant, je me suis rendu compte que c’était finalement une forme complexe pour tout ce que cela recouvre d’être à la fois actrice et conceptrice. J’ai été énormément aidée par mes différentes collaboratrices qui ont été précieuses Sophie Lagier au départ, puis le processus de création de Florence Bermond de la Louve Aimantée Cie, ainsi que par des regards extérieurs : Laure Desmazières, Morgane Lory, Frédéric Jessua et en dernier lieu Kahena Saïghi. Mais cela a été, malgré tout, une sacrée aventure que de construire cet objet-là.
Quels principaux retours aviez-vous pu avoir lors des 5 premières dates l’année dernière ?
Le tout premier qui m’a littéralement enchantée a été celui de Sabine Dacalor qui a été la première du Théâtre La Reine Blanche à découvrir le spectacle en sortie de résidence et dont le regard m’a donné un immense élan. Avec Elisabeth Bouchaud, elles m’ont très tôt invitée à l’emmener en Avignon et j’en suis très heureuse. Et puis j’ai été tellement ravie et rassurée par un très bel accueil du public, il y avait un beau climat d’amour : après la pièce, on allait au café, près de la moitié de la salle était présente pour boire des verres. Des gens me racontaient leur histoire de séparation, j’avais l’impression que ça agissait. Je propose une forme qui n’est pas dans une dramaturgie classique, c’est quelque chose de plus éclaté, qui rend compte de la difficulté à se remettre d’une rupture amoureuse : je prends un peu tous les chemins pour essayer de me remettre de cette rupture, c’est un peu comme si le spectacle se faisait au présent. Malgré cette structure singulière, j’ai trouvé qu’il y avait une forme de compréhension naturelle, le public avait de l’empathie et riait. Je savais que c’était drôle car des moments étaient faits pour mais les premiers rires sont toujours plaisants. En même temps, il y a aussi eu des retours émus. Tout cela est donc encourageant !
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_9441d6_couv.png)
Ces retours ont certainement dû vous faire chaud au cœur…
Oui, ces moments-là sont dingues ! Je dirais que porter le projet de bout en bout n’est pas toujours simple. Mais je sais, pour l’avoir vécu à la création, que tout prend son sens lorsque le public arrive…Il est vrai que c’est nécessairement un acte assez généreux que de faire un seule-en-scène donc je pense que l’on reçoit au centuple ce que l’on donne. C’est ce que je vis aussi comme spectatrice…
Ces 4 dates parisiennes vont ainsi vous permettre de pleinement vous remettre dans le bain, en prévision du festival…
Cela me permet de me remettre en jambe, vraiment. C’est un spectacle assez athlétique, je l’ai voulu comme cela. En une heure, il y a beaucoup de densité : physiquement, ça demande énormément ! Ces 4 dates seront, bien sûr, l’occasion de rejouer le spectacle, de reprendre contact avec le public, avant de me lancer dans le marathon d’Avignon, avec 17 représentations, du 3 au 21 juillet, à 12h 50 : oui, ça va être sportif !
Les journées, sur place, s’annoncent intenses, entre la représentation, la distribution des tracts, les échanges avec le public mais c’est aussi, quelque part, ce qui fait le charme de ces instants-là, en proximité avec les spectateurs…
J’ai vraiment hâte de rencontrer un nouveau public, il me tarde de pouvoir échanger avec les gens après le spectacle. Je n’ai jamais encore connu l’aspect tractage, j’ai été une seule fois à Avignon comme comédienne et j’avais eu la chance de ne pas avoir besoin de le faire…L’année dernière, je suis allée voir Sébastien Accart, un ami qui défendait un très beau et singulier seul en scène, je lui ai pris quelques tracts afin de tenter le coup : j’ai senti ce que c’était que d’avoir peur d’importuner les gens, d’essayer de leur parler d’un spectacle en employant les bons mots pour leur donner l’envie, la curiosité de le découvrir. Je me suis alors dit que ce ne serait pas une mince affaire avec mon propre spectacle mais, en même temps, ça fait partie du jeu. Après, je ferai simple, en demandant aux gens s’ils ne se sont pas déjà fait larguer une fois dans leur vie !
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_7fd59d_biches-4.png)
Ce festival sera aussi l’occasion pour vous de poursuivre l’aventure de ce spectacle afin, ensuite, de l’emmener, si possible, dans d’autres salles, à Paris et en province…
Oui, c’est vraiment l’idée ! A Avignon, beaucoup de professionnels sont réunis, c’est l’occasion de les rencontrer et de leur présenter mon travail. J’espère que ça permettra effectivement de tourner le spectacle, de rencontrer d’autres publics ailleurs et j’ai hâte également de voir comment cette forme-là va résonner avec un public que je ne connais pas du tout.
En complément, vous avez récemment tourné deux épisodes inédits de « Section de recherches » pour TF1, dans un cadre assez paradisiaque…
C’était dingue ! On est partis 3 semaines en Martinique, une ile que je ne connaissais pas. On ne pouvait pas filmer les lieux, on n’a pas tout dévoilé pour garder le suspense mais, effectivement, on a travaillé sur un bateau, c’était fou ! On a quand même eu quelques intempéries, c’était compliqué pour le tournage mais ce n’était pas forcément désagréable à vivre. Du coup, c’est comme une aventure qui continue mais différemment : au départ, c’était une série avec de nombreux épisodes en un an, la formule avait un peu changé au fil des ans et, là, c’est presque un nouvel ADN puisque ce sont deux épisodes consécutifs, le temps d’une soirée, qui proposent une sorte de huis-clos, un format un peu à la « Agatha Christie », avec les mêmes personnages récurrents que l’on a plaisir à retrouver mais dans des paysages sublimes. Avec, évidemment, toujours une enquête pour éclaircir un meurtre… Voilà, on y est encore des années plus tard, c’est fou !
Ce ne sera pas la première soirée dans cette formule-là, ce doit être pour vous d’autant plus une belle surprise que tout le monde pensait que la série allait s’arrêter, après l’ultime épisode des saisons au format historique…
Complètement ! On pensait vraiment, avec ce fameux épisode où on faisait se retrouver les anciens et les nouveaux, que ce serait une belle fête pour une belle fin. Cela faisait de la peine mais, en même temps, on se disait qu’il fallait tourner la page…Mais, en fait, non, c’est toujours là, autrement, c’est plutôt très joyeux ! Une grande partie de l’équipe technique aussi a changé, c’est ainsi un cadre très différent. Pour moi, c’est aussi l’occasion de rencontrer des guests, de nouveaux camarades de jeu, ce qui est très agréable. Le fait de rester sur place permet d’échanger plus longuement, ça change en cela aussi un peu de la formule d’avant où on faisait des allers-retours à Nice.
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_098283_capture-d-ecran-2024-04-13-205831.png)
Après avoir posé le costume de Vicky et avoir fait, entre temps, d’autres projets, votre façon d’appréhender votre personnage change-t-elle, au moment de renfiler son costume, en plus dans un cadre différent ?
C’est une très bonne question…Cela a même été assez étrange parce que, pour moi, c’était fini…Là, des péripéties font que, finalement, je me suis retrouvée sur le bateau. En fait, effectivement, je connais bien mon personnage, je connais ses caractéristiques mais il s’est passé 2 ans…Donc est-ce que je le connais encore bien ? Il y a une histoire, une arche, nécessairement des choses vont se rejouer mais c’était presque une redécouverte de voir comme Vicky est quand même un tout petit peu décalée. C’est un personnage qui amène un autre regard dans sa manière de faire et qui est, quelque fois, un peu maladroit, d’autant plus dans ces deux épisodes…Elle va se trouver vraiment face à quelque chose à gérer qui n’était pas dans son habitude et je pense que ça peut créer aussi un peu de comique. Pour moi, ce qui a été le plus marquant, c’était de quitter les plateaux de télé pour me retrouver sur scène, dans une tragédie très physique où il fallait élargir et puis à nouveau, de refaire un format télé, où ça doit aller vite, avec un jeu camera. Cela m’a demandé un petit temps d’adaptation, et puis j’ai eu un immense plaisir. C’est une chance de travailler sur ces variations de jeu en passant d’un plateau à l’autre, d’un monde à l’autre !
Merci, Félicité, pour toutes vos réponses !
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_3cdea4_nataly-rojas-conde-1.png)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_bf2c49_le-geek-d-ai-coi-tei.png)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_6ede97_amour-galipettes.png)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_a7eebc_photo-2024-01-06-23-05-39.jpg)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_ece213_la-guerre-des-sexes.jpg)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_4dfc4a_photo-2023-12-18-11-13-59.jpg)
/image%2F1552669%2F20240413%2Fob_485ba6_pepperoni.jpg)
/image%2F1552669%2F20240226%2Fob_069029_ophelie-026web.jpeg)
/image%2F1552669%2F20240226%2Fob_2bfe97_ophelie-041web.jpeg)
/image%2F1552669%2F20240226%2Fob_f90624_2d5c4185-c351-401b-891b-e9e857b71ce1.jpg)
/image%2F1552669%2F20240226%2Fob_efab77_ophelie-081web.jpeg)
/image%2F1552669%2F20240226%2Fob_b6f6c1_188cd5ad-4b35-49fe-8a1f-ce2e7397a6a8.jpg)
/image%2F1552669%2F20240408%2Fob_f9014d_img-20240202-wa0005.jpg)
/image%2F1552669%2F20240408%2Fob_add5c7_img-20240123-wa0001.jpg)
/image%2F1552669%2F20240408%2Fob_66cb4d_img-20231227-wa0010.jpg)
/image%2F1552669%2F20240408%2Fob_806fd4_img-20240202-wa0002.jpg)