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Maud Andrieux évoque sa belle actualité artistique à venir !

Publié le par Julian STOCKY

Photo Pascal Calmettes

 

 

Bonjour Maud,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Votre actualité sur scène sera particulièrement chargée dans les mois à venir. Vous aurez notamment l’occasion de partir en tournée, au Canada, pendant 3 semaines, au mois de mars. On imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, absolument! C’est toujours, pour moi, une grande joie intense que d’aller porter à l’étranger un texte de Marguerite Duras, comme je le fais depuis maintenant 18 ans. Et d’aller inscrire cette vocation que j’ai vis-à-vis de ces textes littéraires, que je transforme pour la scène, auprès d'un public apprenant la langue française. Ce sera ma deuxième fois au Canada, j’y suis allée il y a deux ans pour une Tournée de « La douleur » dans 7 villes incroyables. Cette fois-ci, ce sera « Le Vice-Consul », de Marguerite Duras, qui se passe dans les années 30, à Calcutta, avec ce personnage emblématique de l’œuvre durassienne, Anne-Marie Stretter,  femme de l’ambassadeur de France à Calcutta.

C’est un personnage que je n’ai de cesse d’interpréter et qui m’interpelle : récurrent dans plusieurs de ses œuvres, c’est une figure féminine emblématique et qui dénonce le poids de l’attente sociale des femmes. Ce texte est éminemment moderne…Ce personnage est d’une épaisseur telle qu'on en perçoit les fêlures du passé, la dictature de l'apparence sociale, la survie d'une femme qui maintient un ordre établi. Cette « Reine de Calcutta » contient une tristesse profonde liée à une passion et un drame du passé. Elle surnage à la surface de son ennui, dépossédée d'elle-même par moments, elle est pour moi un personnage unique, sulfureux, moderne, romanesque et intemporel, incarnant la féminité et la maternité et on sent bien que c’est la mère que Marguerite Duras aurait aimé avoir. 

Seule en scène, notre  première date aura lieu à Toronto, au Spadina Theatrer au sein de l'Alliance Française. Son directeur, Pierre-Emmanuel Jacob, est incroyablement investi dans la cause théâtrale et scénique. Je l’avais rencontré à Madras, lors de la tournée 2016, de « La douleur ». Homme de lettres et de théâtre, il se bat pour que le spectacle vivant et les grands textes d'auteurs puissent avoir leur place dans le réseau d’Alliances françaises à l'étranger. 

C’est assez difficile de faire venir des textes de théâtre partout dans le monde, les directeurs des Alliances françaises ne sont d’ailleurs pas tous des gens de théâtre. Ce n’est pas toujours évident de leur faire entendre à quel point un texte littéraire engagé a du sens dans une programmation théâtrale à l’étranger pour les gens qui fréquentent les Alliances et apprennent le français comme langue étrangère. Au Canada anglophone, les gens parlent évidemment anglais et entendre un texte littéraire donne envie d’apprendre le français. Cela donne à entendre une musicalité d’écriture et, chez Duras, ce côté cinématographique indéniable, ancré dans la découvertes de grands passages de l'Histoire.

Cette tournée est aussi l’occasion de défendre des sujets forts, actuels, à enjeux. Sujets qui vont être découverts ou redécouverts par le public…

Oui ! A chaque fois que j’interprète une œuvre de Duras à l’étranger, mon axe est vraiment le texte,  qu’il soit accessible, audible et visible ! C’est extrêmement important pour moi. Je sais bien que Duras n’est pas un registre évident, ce sont des textes ardus, qui peuvent tomber des mains à la première lecture et il faut, en effet, un biais. Pour moi, c’est la scène… Une bande sonore m’accompagne et tous les personnages y prennent vie, pour nous plonger dans des jardins de Shalimar, dans une réception à l’Ambassade de France, donner à voir le parcours tortueux de la mendiante de Calcutta qui vit une injustice sans nom,  chassée de sa famille parce que enceinte à 16 ans et qui ère sur les routes depuis le Cambodge. Toutes les deux sont dans un mode de survie. Pour l’ambassadrice de France, c’est lié au poids de l’injonction sociale. C’est la même chose pour la mendiante qui dort devant les jardins de l’ambassade de France… Ces deux personnages se regardent, s’observent, se surveillent l’un l’autre. Elles sont toutes les deux finalement dans des situations qui se correspondent et qui trouvent un écho très fort. 

C’est en cela que ce texte m’interpelle, il est à tiroirs, extrêmement social et engagé. Il parle également d’amour, d’amours impossibles, un grand thème durassien aussi. Cet amour vient faire raisonner et ramener à la vie ces personnages qui s’oublient eux-mêmes. Après le spectacle, les bords de scène sont évidemment, pour moi, de grands moments d’échange, de rencontre, d’écoute vis-à-vis de ce qu’ils attendent et de ce qu’ils ont entendu. Ils n’ont pas forcément une culture durassienne, ce peut être pour eux un déclencheur, qui leur donne l’envie d’aller plus loin. 

Cette aventure est donc artistique mais aussi humaine : elle doit certainement être très enrichissante pour vous, à titre personnel…

Absolument ! C’est très enrichissant pour moi, ce sont des passerelles qui nourrissent mes créations et la personne que je suis. J’apprends tout le temps des autres : la résonance chez eux va leur faire penser à un auteur qu’ils connaissent et qu’ils vont pouvoir nous faire partager. Le fait de revenir dans des théâtres où j’ai déjà joué permet un tissage culturel et d’échanges avec ces gens qui me passionnent. Après Toronto, nous jouerons à Ottawa, la capitale, nous enchaînerons avec Halifax en Nouvelle-Ecosse sur la côte est Atlantique, puis à Edmonton en Alberta et nous clôturerons notre Tournée 2024 par Calgary dans les Rocheuses Canadiennes. J'ai hâte, les Canadiens sont connus pour être extrêmement accueillants et cultivés grâce à leur multiculturalisme, c'est une réalité. 

 

 

A quelques semaines du grand départ, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

C’est très excitant, évidemment, de partir pour l’étranger. J'adore voyager. J’adore apprendre des autres, observer d’autres façons de faire et de vivre. Et puis il y a une excitation artistique de monter ce spectacle, qui a déjà tourné, dans d’autres lieux encore. Je suis impatiente de revoir les équipes sur place, de savoir comment se porte le spectacle vivant. Il me tarde de savoir comment elles ont vécu les choses au quotidien durant ces deux années : j’étais vraiment arrivée au Canada, il y a deux ans, tout juste après le déconfinement, c’était alors, pour beaucoup de gens, leur première sortie. Les salles étaient pleines. C’est de l’humain et l'humain autour d'une œuvre fait du bien. Je m’y retrouve toujours plus que dans la partie fiction et image, où ce sont des aventures mais qui sont tellement plus courtes. On croise à peine les camarades de jeu, c’est toujours un peu frustrant. Là, pour la tournée, c’est la globalité qui me plaît encore plus : les équipes des Alliances Françaises, celles des différents théâtres, le public, les étudiants, la presse… Les échanges sont plein d’émotions, c’est pour moi un cadeau immense. J’espère qu’il y en aura encore d’autres mais rien n’est jamais acquis. C’est un budget, c’est donc un choix audacieux !

En complément, en juin, vous serez sur scène, en Normandie, pour 4 dates théâtrales, qui pourraient être le début d’une aventure plus longue…

Tout à fait ! On m’a proposé d’interpréter un rôle classique, celui d’Hermia dans « Les caprices de Marianne », de Musset. C’est un metteur en scène et comédien avec lequel je n’ai jamais travaillé mais qui connaît mon travail, Charles Durot, qui m’a fait cette proposition, dans une formation de 8 comédiens. Nous jouerons les 7.8.14 et 15 juin au centre d’art Jean-René Lozac’h, à côté de Dreux. Là encore, finalement, ça rejoint le thème  que j'évoquais plus haut…La pièce écrite en 1833, dénonce  les conventions sociales et les injonctions masculines données à une femme. Marianne est une jeune femme, mariée à un homme bien plus âgé qu’elle et on va lui prêter des intentions, on va définir ce qu’elle devrait être, ce qu’elle pourrait être, son caractère…C’est toute une suite de personnages qui vont dévoiler un peu qui elle est, ce qu’on croit qu’elle est. Marianne, finalement, en allant un peu la chercher, alors qu’elle est très ancrée dans son rôle de femme mariée, va, au travers de ce que les hommes projettent sur elle, essayer de définir qui elle est vraiment, écouter un peu son cœur et le laisser parler. Il y a, comme cela, un accès de liberté qui va naître en elle, en tout cas une possibilité de liberté…

J’interprète Hermia, la mère de Coelio, qui est fou amoureux d’elle et qui va tenter de la séduire mais qui est extrêmement timide, envoyant son meilleur ami pour la convaincre de l’amour qu’il lui porte. Hermia prédestine la quête amoureuse vouée à l'échec de son fils, en lui racontant dans une très belle scène, le drame d’amour et humain qu'elle a vécu, annonciateur du destin funeste qui l'attend. J’y vois un joli écho dans ces deux textes, qui sont très bien écrits. Je suis très touchée que l’on ait pensé à moi. Le travail sur les œuvres de Duras est plutôt un travail solitaire, avec de très petites équipes autour de moi et, là, je suis ravie d’intégrer une plus grande troupe. C’est une joie d’aller rencontrer d’autres comédiens et metteur en scène ainsi que le public normand pour cette session de premières représentations. L’humain donne toujours à voir, à réfléchir et à échanger sur nos métiers. Cela donne finalement beaucoup de force ! Au théâtre, il y a une entraide sur scène qu’il n’y a pas forcément sur la fiction française : pour moi, c’est un retour aux sources et ça va me faire du bien, pendant 6 mois, d’être dans une actualité théâtrale. Au plaisir d'y rencontrer vos lecteurs cher Julian !

Merci, Maud, pour toutes vos réponses !

Publié dans Théâtre

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Alice Pey évoque son parcours artistique ainsi que ses projets pour la suite !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Alice,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes une jeune artiste aux expériences déjà diverses et variées. Si l’on se replonge à l’origine de votre parcours, quelles principales raisons vous avaient donné l’envie de faire de l’artistique votre quotidien ?

J’ai commencé le théâtre à l’âge de 6 ans. Du plus loin que je me souvienne, je crois que j’ai toujours voulu devenir actrice. Je ne saurais pas vous dire exactement ce qui m’a motivée mais j’ai toujours aimé jouer à des jeux dans la cours de récré. On se donnait, avec mes copines, des rôles, on s’inventait des mondes, des histoires. Avec ma sœur, on faisait aussi beaucoup de fausses pubs, on se créait tout le temps des vies et des personnages. J’ai toujours été très extravertie, très agitée donc, oui, pour moi, ça faisait sens d’avoir plein de vies pour ne jamais m’ennuyer. Aujourd’hui, les raisons pour lesquelles je fais ce métier ont bien sûr évolué !

Sans doute que certaines expériences professionnelles vous ont encore plus marquée que d’autres ?

Souvent, on parle de transcendance dans le jeu. J’ai expérimenté cette émotion à mes 17 ans, en jouant un monologue issue d’une pièce de théâtre, « Mademoiselle Else ». Le personnage connait une situation dilemmatique au possible, allant jusqu’à rencontrer l’état de folie. Je ne me souviens pas d’être passée sur scène, je me souviens être rentrée et sortie mais pas du jeu. J’ai juste le souvenir d’une allégresse pendant des jours et des jours. J’ai atteint un lâcher-prise exaltant à travers le jeu.

Ensuite, mon premier rôle à la télé, à mes 19 ans, sur TF1 dans « Léo Mattei ». Rôle que j’ai obtenu en parallèle de mes études en économie. Après avoir terminé ces études et fait un premier job, à 25 ans j’ai décidé de faire de la comédie pas seulement une passion mais vraiment ma vie. J’espère que la suite ne sera que plus belle, avec des expériences encore plus fortes…

 

 

Considérez-vous les planches et les plateaux comme le même métier ? Ou les dissociez-vous davantage ?

Ce sont deux métiers différents, c’est une certitude. Mais les deux ne sont pas incompatibles. Je pense que j’ai une appétence particulière pour l’image. Mon père est photographe par passion, j’ai vraiment eu un amour pour l’image grâce à lui. Je suis très sensible à la beauté de l’image et à l’intimité du message au cinéma. Il y a un rapport privilégié, que je trouve encore plus juste et touchant. J’ai l’impression d’être seule face à la caméra, chose magnifique. A l’inverse, au théâtre, il y a une sorte de gratitude immédiate qui est très jouissive et porteuse. On est connecté au personnage et au public…

Les tiroirs entre ces deux arts sont différents mais je pense que j’envisagerais la préparation d’un rôle de cinéma ou de théâtre exactement de la même manière. Fondamentalement, on a des circonstances, on est une personne,…ce n’est pas le même cadre mais je ferais mon métier de la même façon. Il y a peut-être un filtre de technicité différent, la voix est davantage portée au théâtre et plus intime à l’image.

Récemment, nous avons pu vous retrouver dans la série quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil ». Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Très très bons souvenirs avec mon partenaire de jeu, Laurent Frattale, un amour d’humain. Son personnage est très brut de décoffrage, pas le plus accueillant du monde, gominé à l’ancienne, on dirait presque un mafieux. Très vite, je découvre le comédien, il me met à l’aise de suite, me propose de répéter et, au bout de deux prises, on rigolait tous. On a même improvisé tous les deux, notamment sur une entrée dans son bureau en mode comédie musicale. Malgré l’efficacité attendue, de par son rire et sa bonhomie, il m’a autorisé à m’amuser vraiment, je ne me suis pas sentie redevable. Il m’a donné l’opportunité de prendre, je n’ai pas seulement dû donner, j’ai pu profiter de ce qui se passait. J’en ai énormément profité grâce à lui et à Leila Sy, la réalisatrice. Elle m’a fait des retours dithyrambiques pendant toute ma journée de tournage, elle m’a fait confiance : j’avais, en sortant, l’égo boosté jusqu’au cielJ. Je n’oublie pas Marie, la coach de jeu, qui a été aux petits soins, comme d’ailleurs le reste de l’équipe. Tout le monde est incroyable et gentil, ça se taquine très vite. Cette expérience a été vraiment particulière pour moi, j’adorerais vraiment la continuer !

 

 

Sur cette expérience ou sur les autres, regardez-vous la diffusion et donc le rendu final pour capitaliser sur votre propre jeu ?

Je regarde toujours ce que je fais mais pas par égocentrisme. J’essaie d’être douce avec moi, ça fait du bien de voir que l’on peut faire des choses cool mais il ne faut pas non plus trop s’attarder dessus, pour ne pas chercher ensuite à bêtement reproduire. Je me vois aussi parfois faire semblant, le public ne le détecte pas forcément mais je capte que ce n’est pas complètement sincère. Il faut aussi que je fasse attention à ne pas parler vite. Je comble parfois également trop les silences, ce qu’il ne faut pas faire systématiquement non plus, surtout par des mimiques de bouche et de visage. Ces mimiques font partie de moi et de ma singularité, il ne faut simplement pas que je tombe dans l’excès, par peur du silence. Il faut que j’accepte davantage ce dernier…On me confie souvent des rôles de caractère mais on me dit régulièrement que je suis plus juste dans les moments les plus simples, limpides et quotidiens, que dans les moments grandiloquents de grande émotion.

Quels sont vos projets et envies pour la suite de votre parcours artistique ?

C’est un métier qui n’est pas facile, en dents de scie. Donc mon premier projet est de vivre dignement de mon métier, il faut le dire ! Il est important d’avoir un réseau le plus large possible pour mettre en avant sa singularité. Ensuite, j’essaie de réaliser mon plus grand rêve, celui de jouer une footballeuse. J’ai toujours aimé ce sport et les meilleurs rôles que j’aimerais interpréter sont ceux où on mêle la préparation mentale à la préparation physique, pour être en symbiose avec le personnage, même dans sa façon de se mouvoir.

Je développe actuellement un court-métrage sur l’émergence du football féminin à la sortie de la première guerre mondiale. Je suis en cours de consolidation de l’équipe, je travaille déjà aux côtés de l’actrice Adèle Bloch Mazier et du scénariste Paul Tandonnet.

 

 

On ne le sait pas trop mais pendant la guerre, les femmes remplaçaient les hommes, partis au front, à l’usine…et même sur les terrains de foot parfoisJ. En Angleterre, elles avaient réussi à réunir 50 000 personnes dans un stade, à une époque où elles n’avaient même pas le droit de vote. Je trouve cela tellement impressionnant ! Donc j’avais envie d’adapter cette histoire trop méconnue…

Merci, Alice, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Un Si Grand Soleil : Elyne Craipeau évoque Jennifer, son personnage dans la série quotidienne de France 2 !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

Bonjour Elyne,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver régulièrement dans la série quotidienne à succès de France 2 « Un Si Grand Soleil », sous les traits du personnage de Jennifer. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, complètement, j’étais ravie d’arriver sur une quotidienne il y a deux ans et de pouvoir faire grandir un personnage, de l’accompagner pendant autant de temps. C’est vrai que le théâtre est une chose mais le cinéma en est une autre, j’avais vraiment ce rêve de faire partie d’une quotidienne et d’avoir un personnage que je puisse tirer dans le temps. De rejoindre une famille comme « Un Si Grand Soleil » est génial, tout le monde se connait, il y a une super ambiance de travail donc, forcément, c’est un plaisir de travailler sur cette quotidienne avec tout le monde.

Vous avez, en plus, la chance d’avoir un cadre de tournage particulièrement agréable, tant les studios d’intérieur à Vendargues que les décors magnifiques à l’extérieur…

Complètement ! C’est vrai que c’est très rare, aujourd’hui en France, d’avoir l’opportunité de tourner déjà dans une région qui est aussi jolie, où il faut toujours beau, où c’est super agréable et d’avoir surtout la possibilité de tourner à la fois en extérieur et dans des studios qui sont juste géniaux. On est à la pointe de la technologie, les « tontons » avec toutes les incrustations sur fond vert font un travail monstre. On a la chance de pouvoir en profiter, c’est génial. Tout le monde est tellement investi, les décors sont tellement grands, on sait que l’on a énormément de chance de travailler dans un tel cadre, aussi poussé et aussi professionnel. Je voyais toutes les vidéos des énormes tournages aux Etats-Unis, en me disant que jamais cela ne m’arrivera et, au final, on est à Vendargues avec trois énormes studios immenses, à la pointe de la technologie, où on peut s’éclater : c’est juste génial !

 

 

Votre personnage a, depuis son arrivée, vécu beaucoup de choses, tant personnellement que professionnellement. Quel regard portez-vous à présent sur lui ?

C’est assez complexe comme question…Jennifer, effectivement, est passée par beaucoup de choses en deux ans, surtout dans sa vie professionnelle sur la dernière année, où ça a été très compliqué pour elle. Mais je la trouve super forte, d’être restée droite, de ne jamais avoir répondu, d’avoir toujours continué son travail. Malgré tous les échecs, tout ce qu’elle a vécu et la situation familiale dans laquelle elle était et toutes ses histoires d’amour, elle n’a jamais lâché son objectif, qui est de devenir infirmière. Elle s’est toujours battue, selon moi, avec beaucoup de respect pour elle et pour les autres. J’ai beaucoup d’affection pour Jennifer parce que, même si j’y mets un peu de moi, je la trouve admirable.

Sur certains traits de sa personnalité et de son caractère, vous retrouvez-vous justement en Jennifer ? Peut-être mettez-vous parfois de vous en elle ?

J’essaie de mettre un peu de moi en elle et j’aimerais beaucoup avoir plus d’elle en moi mais on n’est pas si similaires que ça. Elle est beaucoup plus calme, je suis beaucoup plus explosive mais je pense qu’elle a une très grande empathie. Je mets beaucoup de mon regard et de mon sourire en elle parce que, quand elle a des passions ou qu’elle est avec ses collègues, elle a une joie de vivre et un humour que j’essaie de tirer de ce que je suis moi. Surtout, dans l’empathie, dans la manière dont elle regarde les gens, dans la manière avec laquelle elle se met à la place des autres, j’essaie de mettre un petit peu de moi. Elle m’apprend de toute façon beaucoup de choses. Quand je suis en elle, même moi je prends du recul sur ce que je suis dans la vie de tous les jours.

 

 

Ce rôle vous permet en tout cas une palette de jeu particulièrement large et variée, ce qui doit certainement être plaisant, artistiquement parlant…

Complètement, c’est vrai ! C’est aussi pour cela que je voulais tourner dans une quotidienne : on arrive en ne sachant pas vraiment ce que l’on va jouer après. Aujourd’hui, c’est vrai que j’ai eu la possibilité de passer par plein d’émotions, il y a eu des histoires d’amour, il y a eu de l’énervement, il y a eu de la colère, il y a eu de la tristesse, il y a eu de la joie et, avec le recul, quand je regarde les deux dernières années qui se sont écoulées, je me dis que je suis passée par énormément d’intentions : c’est super formateur d’avoir l’opportunité de tourner tant d’émotions différentes et de faire traverser au personnage tant d’endroits différents. C’est une vraie chance que j’ai et que l’on a tous.

On le sait, le rythme de tournage est soutenu. Sans doute que tous ces mois sur le plateau sont l’occasion de vous y sentir de plus en plus à l’aise ?

Tout à fait ! Effectivement, il y a un rythme qui est très très très soutenu mais je pense que, maintenant, j’aurais du mal à faire plus lentement parce qu’on a été habitués et que c’est génial. Je me souviens notamment de l’arrivée de Léa, elle apprenait alors ses textes deux semaines avant, elle travaillait tout dans les moindres détails, quand on était dans le train ensemble elle surlignait tout et allait vraiment au fond des choses et je lui avais dit « tu verras, dans deux mois, tu travailleras le texte 48 heures avant, tu seras dans une énergie où tout va tellement vite », elle n’y croyait pas et, maintenant, elle apprend son texte même 24 heures avant. Il y a un rythme tellement soutenu, on enchaine tellement vite, il faut toujours être très alerte et très prêt à s’adapter à faire l’inverse de ce qui est prévu. Mais c’est ce qui me stimule, c’est ce que j’adore sur cette série, justement je trouve qu’il n’y a pas meilleur exercice que de se confronter à cette difficulté qui est l’adaptabilité de manière aussi rapide. C’est cela qui est génial !

 

 

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?

J’ai beaucoup de chance parce que le public aime bien Jennifer et j’espère que je lui rends bien. Beaucoup de gens me disent souvent qu’il « serait peut-être temps d’envoyer balader tout le monde et d’avoir un peu plus de caractère ». Les retours sont très positifs, j’ai la chance d’avoir un personnage qui est apprécié et dans lequel beaucoup de gens se voient. Donc les retours ne sont que de belles choses sur elle. Mais c’est vrai qu’il faudrait qu’elle prenne un peu de caractère, pour le coup je ne peux pas leur donner tort.

D’ailleurs, même si ce n’est jamais évident pour une comédienne, regardez-vous le rendu final, notamment pour capitaliser sur votre jeu ?

Je regarde tout ! Beaucoup de personnes disent que c’est une très grosse bêtise mais je regarde l’ensemble des épisodes et même plusieurs fois, en l’occurrence trois fois lors des grosses intrigues notamment. La première fois, c’est le rendu global, je le regarde toute seule, je regarde simplement l’aspect général, sans rentrer dans le jeu, juste si l’énergie que je mets dans le jeu matche bien avec la scène et si cette dernière est regardable. Je la visionne une deuxième fois, beaucoup plus dans les détails, encore une fois toute seule, où, là, je vais aller chercher à critiquer et à valoriser ce que j’ai fait. En termes de jeu et d’image, je vais vraiment chercher loin. Il y a toujours une troisième visualisation, avec ma famille : comme cela, j’ai tout vu avant qu’eux ne me le disent donc je suis prête à tout quand on le regarde.

 

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette belle aventure ?

On peut me souhaiter de m’épanouir dans ce personnage, j’aimerais continuer à le développer encore sur cette année et essayer d’aller peut-être chercher une intrigue où, effectivement, elle a un peu plus de caractère. Et puis de continuer à aimer Montpellier et « Un Si Grand Soleil » comme je le fais, à m’éclater toujours autant, à prendre toujours autant de plaisir. C’est le plus beau que l’on puisse me souhaiter.

Je suis ravie à chaque fois de retrouver mes collègues, j’ai beaucoup de chance, mes partenaires de jeu sont géniaux. Je suis tellement gâtée, ce noyau est vraiment très précieux à mes yeux. Même si l’équipe technique change régulièrement, il y a toujours des têtes qui sont là et ça fait mille fois plaisir de les retrouver. C’est vrai qu’être dans ces décors, notamment celui de l’hôpital, c’est comme être à la maison, je m’y sens super bien. Encore une fois, c’est un plaisir de travailler dans ces conditions, avec autant de détails et un décor tellement poussé.

En complément, quels sont vos autres projets et actualités artistiques ?

C’est vrai que j’ai fait le choix, quand j’ai commencé « Un Si Grand Soleil », d’arrêter mes activités à côté. Une quotidienne, c’est du rythme et, avec mes études, ce n’était pas possible de concilier la série avec autre chose. Malheureusement, on ne pourra pas me retrouver dans autre chose prochainement, c’est un choix et j’en suis très contente !

Merci, Elyne, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision

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Laurie Delhostal évoque sa belle actualité, en radio et à la télévision !

Publié le par Julian STOCKY

Photo Radio France/Christophe Abramowitz

 

 

Bonjour Laurie,

Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !

Nous pouvons vous retrouver chaque dimanche soir, de 21h à minuit, à la radio, sur FranceInfo, dans « Club Info ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

Oui, oui, oui, c’est vraiment un rendez-vous qui me plait énormément, je suis hyper contente que Jean-Philippe Baille et Nathalie Iannetta m’ait appelée il y a 2 ans. J’ai un nouveau partenaire cette année, Julien Langlet et c’est bizarre de dire cela comme ça mais on s’amuse énormément. On se régale : moi qui m’intéresse à plein de choses, j’ai l’occasion d’explorer tous les aspects du sport et c’est absolument passionnant. Je trouve que l’on fait des choses que l’on n’entend pas ailleurs et, à chaque fois que je fais le lancement de l’émission, je parle « du sport et de tous ses enjeux ». J’ai l’impression que l’on remplit aussi notre mission de service public, ce qui est hyper important pour moi.

On essaie d’équilibrer au maximum nos invités en termes de diversité. Le week-end dernier, on a appelé Wilfried Nancy, qui a été le premier entraineur français champion de MLS, pour une discussion qui est avérée absolument passionnante. On a aussi eu en direct une joueuse de l’équipe de France de handball. On travaille bien avec les attachés de presse et avec tout le monde, on a de très bons rapports, ils nous font confiance, ils ont l’habitude maintenant de nous donner facilement les invités. Oui, c’est très très chouette ! On travaille avec toute l’équipe de la direction des sports et nos envoyés spéciaux donc on prend beaucoup de plaisir à faire cette émission, qui est quand même exigeante, avec 6 à 7 invités, en 3 heures d’antenne. C’est beaucoup ! Cela demande de la préparation, on est à l’antenne le dimanche soir mais c’est un travail tout au long de la semaine pour construire le contenu.

Vous l’avez dit, les thèmes et sports abordés sont très diversifiés, ce qui vous permet sans doute d’accentuer un peu plus encore votre curiosité sportive…

Je suis vraiment passionnée de tous les sports et très curieuse ! Idem pour mon comparse Julien Langlet. L’idée est vraiment de traiter de tous les sports et de ne pas faire que du foot. Quand on parle du ballon rond, on le fait sous un angle sociétal et, en ce moment, les sujets sont nombreux.

Effectivement, on va parfois sur des sports que l’on ne connait pas et, justement, notre but est de faire des découvertes. J’ai, cette année, un petit programme dans cette émission, qui s’appelle « En route vers Paris 2024 », où on suit 7 athlètes qui préparent les jeux. J’ai notamment une tireuse à 10 mètres, je ne connais pas du tout cette discipline, c’est donc chouette qu’elle nous en parle, qu’elle nous explique pourquoi et comment elle en est arrivée là. Donc, oui, on essaie de traiter un maximum de sports et, pour le coup, c’est notre mission de service public !

On parle également du sport féminin de la manière la plus équilibrée possible, aussi sur le thème de la performance.

Le fait que l’émission se déroule le week-end, en soirée, vous permet-il, voire vous impose-t-il, un ton peut-être plus léger et davantage vulgarisateur ?

Oui, et surtout sur FranceInfo, où cette émission est un peu un OvniJ. On y retrouve bien sûr les codes traditionnels de la station, avec notamment le rappel de l’information. Je crois que le ton vient naturellement : avec Julien, on a un ton assez détendu et je pense qu’il correspond bien au dimanche soir, qui est un moment anxiogène pour plein de gens. La phrase que je dis le plus à propos de cette émission est « Je m’endors avec toi », c’est toujours rigolo mais je pense que ça fait du bien d’avoir un ton un peu léger avant de s’endormir, tout en étant très sérieux sur le fond.

 

 

Plus globalement, quels principaux retours pouvez-vous avoir des auditeurs du programme ?

Je crois qu’ils sont agréablement surpris, on n’a pas vraiment de retours négatifs, c’est chouette. Je sais aussi que la station est contente des audiences. On a également les retours des attachés de presse et des athlètes, qui sont contents de venir dans l’émission. C’est un rendez-vous qui, je l’espère, va durer et qui peut encore gagner en notoriété.

Vous l’avez rapidement évoqué, il y a tout un travail de préparation en amont de l’antenne, qui est particulièrement dense et intense. Sans doute est-il également plaisant, vous permettant de découvrir voire de redécouvrir certaines des personnalités invitées ?

Oui, bien sûr ! On échange beaucoup, dans la semaine, avec Julien et avec la direction des sports. C’est vrai que c’est une partie du travail qui est agréable, qui se fait tranquillement pendant la semaine, qui s’accélère le vendredi, avant, le samedi, de commencer à écrire. Le dimanche, quand on arrive, c’est le tunnel…pour arriver, à 21h, prêts et en forme !

En parallèle, nous pouvons vous retrouver une fois par semaine dans « L’Equipe de Greg », sur La Chaine L’Equipe. Le fait d’intervenir plus spécifiquement autour du foot, dans un autre média, doit certainement être complémentaire de votre émission omnisports du dimanche soir à la radio…

Oui, c’est ça, c’est le mot, c’est complémentaire ! En plus, « L’Equipe de Greg » est aussi une histoire humaine. Marc Las, le rédacteur en chef, avait été le premier à m’appeler quand j’étais partie de Canal, il m’avait encouragée à les rejoindre. Je me rappelle, j’étais septique, je ne pensais pas avoir forcément l’envie de donner mon avis mais Marc m’avait incitée à venir faire ne serait-ce qu’une seule émission, pour découvrir. Dès la première, j’ai compris que j’avais énormément de plaisir à donner mon avis ! Cela a continué et, après, se sont créés des liens. Récemment, j’étais avec Ludovic Obraniak, Benoit Tremoulinas et Jérôme Alonzo, je les aime énormément, je suis hyper contente de les retrouver, comme je le suis de revoir Greg, Alicia et Raphael. Des liens forts se sont créés et je prends, là aussi, énormément de plaisir à y aller.

Je trouve que Greg est vraiment un super présentateur, il sait venir vers nous sur les bons thèmes, que l’on connait le mieux. Donc c’est vraiment intéressant ! J’aime bien cet exercice d’essayer de convaincre, c’est plaisant en termes de rhétorique, c’est chouette ! Et puis les sujets en football sont tellement riches …Ma came est plutôt le côté sociétal. Depuis que j’ai commencé, il y en a beaucoup, je me sens pleinement à ma place, je sais que je suis souvent la priorité de Greg sur ces sujets-là car je suis sans doute la plus à l’aise pour y répondre. C’est intéressant, même si je préférerais qu’il n’y ait pas de sujet autour de la violence notamment…

Le nouvel horaire cette saison et notamment les deux jeux qui viennent se glisser entre les débats donnent effectivement l’impression d’une bande de copains qui se retrouve joyeusement pour parler de l’actualité…

Oui, on rit énormément ! On sait que, du début à la fin, on va aussi beaucoup se divertir. Ce qui est également plaisant dans ce programme, aussi parce que Greg tient bien sa barque, c’est que je n’ai jamais entendu de propos gênants ou débiles, ce qui n’est pas le cas sur toutes les antennes. L’idée est de toujours échanger dans la bienveillance et, en cela, je trouve que cette émission est vraiment un modèle. C’est vraiment chouette, surtout sur un sujet foot qui enflamme beaucoup, sur lequel on est souvent déraisonnables. C’est vraiment précieux d’avoir su garder cela ! Sur La Chaine L’Equipe, on vient comme on est, on ne nous dit jamais, par exemple, comment s’habiller. Cela met, je trouve, tout de suite du lien avec le téléspectateur, qui sent que l’on est nous-mêmes. Je pense que c’est vraiment apprécié ! Parfois même dans des endroits improbables, on est amenés à rencontrer des fidèles du programme qui nous en parlent avec plaisir. On est authentiques donc le lien se fait vraiment bien avec les gens.

 

 

Pour compléter le panel médias dans lequel vous intervenez, vous êtes présente deux fois par semaine sur « Télématin », sur France 2. Même si le réveil sonne bien plus tôt, vous devez là aussi avoir beaucoup de plaisir à retrouver régulièrement cette belle équipe ?

Pour le coup, on réveille les gens ! Je crois que c’est sur les matinales que le lien avec les téléspectateurs est le plus fort. On est de bonne humeur, on a la patate ! Cette émission est, pour moi, un peu la surprise du chef, ce n’était pas prévu mais ils étaient tellement sympas que je n’ai pu qu’accepter. J’y trouve un réel enjeu, j’ai le défi de parler de sport et d’intéresser des gens qui ne le suivent pas forcément. Je trouve que c’est passionnant ! J’ai envie de parler de sport à tout le monde, j’ai envie que les gens s’intéressent au sport, j’ai envie que les gens fassent du sport. J’ai une amie qui me dit toujours que sa mère lui raconte ce que je dis dans mes chroniques, ce qui est incroyable, elle qui ne s’était jamais intéressée au sport de sa vie !

Je parle de choses que l’on n’évoque pas forcément souvent, notamment de sport féminin ou encore des jeux paralympiques. Il y a beaucoup d’échanges avec tout le monde pour trouver les meilleurs thèmes, ce qui est chouette !

Pour boucler la boucle, on peut penser que ces trois médias, qui sont autant de supports différents, s’imbriquent bien les uns avec les autres…

Oui, oui, ça bouge tout le temps ! Parfois même, je ne me rappelle plus tout à fait où j’avais reçu tel invitéJ. A l’inverse, il m’arrive de solliciter à nouveau un intervenant pour le mettre en avant une nouvelle fois, dans une autre émission. Effectivement, ça s’imbrique bien ! En tout cas, j’aime vraiment bien pouvoir bouger, changer, échanger, pouvoir rencontrer plein de gens. Donc c’est un rythme idéal, bien que parfois un peu tendu ! De toute façon, quand, dans la semaine, je cherche mes sujets, je le fais pour toutes mes émissions. C’est en tout cas une belle saison pour aller jusqu’au Jeux, c’est pas mal J

Justement, à quelques mois des JO de Paris, on vous imagine impatiente de pouvoir vivre ces moments-là sur les différents médias que nous venons d’évoquer ?

Oui, même si tout n’est pas encore complètement calé…Mais je pense que je ne vais pas beaucoup dormir pendant les jeuxJ. Je me demande comment je vais faire, je ne sais pas si je vais installer un petit matelas au Club France pour gagner un peu de temps de sommeil J mais oui, je compte bien vivre ces Jeux à fond. Cela fait complètement sens, après avoir fait Vancouver, Londres, Rio et Tokyo. Mon expérience arrive à maturité sur les sports olympiques ! J’ai hâte mais j’aborde cela sereinement, je ne suis pas surexcitée. Je pense que c’est comme les athlètes, il ne faut pas vivre l’évènement avant. Je crois qu’il faudra que je réfléchisse bien à mes temps de repos en amont, pour arriver à mon meilleur, comme les sportifsJ… Ca va être très chouette !

Merci, Laurie, pour toutes vos réponses !

Publié dans Télévision, Radio

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Notre petit cabaret : Béatrice Agenin et Emilie Bouchereau évoquent leur spectacle, actuellement à l'affiche au Lucernaire !

Publié le par Julian STOCKY

@ Cedric Vasnier

 

 

Bonjour Béatrice, bonjour Emilie,

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

Vous êtes sur scène, jusqu’au 21 janvier, au théâtre Le Lucernaire, avec le spectacle « Notre petit cabaret ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous d’être à l’affiche parisienne, après deux festivals d’Avignon ?

Emilie : Oui, oui, c’est beaucoup de plaisir ! Entre les deux Avignon, on avait déjà réajusté des choses et on a encore retravaillé le spectacle cette fois-ci, notamment avec Salomé Villiers, metteuse en scène. Cela nous a apporté beaucoup de précisions et de directions, ça a vraiment nourri le spectacle ! Il y a plus de plaisir depuis qu’on a travaillé avec elle parce qu’elle a donné du sens à tous les mots.

Béatrice : Le plaisir est, maintenant, pleinement partagé. Cette aventure a démarré dans mon salon, on cherchait ce qu’on pouvait faire ensemble et elle a fait suite à une proposition que l’on m’avait faite, en 2020, d’une carte blanche sur une date, en festival. Avec Emilie, on n’a pas du tout la même façon de travailler, elle est chanteuse et compositrice, je suis comédienne et seulement comédienne : ce sont deux arts très différents ! Comme il me manquait 30 minutes sur cette carte blanche et que je ne la trouvais pas assez festive, j’ai demandé à Emilie si elle voulait bien chanter à l’occasion de ce festival. On a commencé comme cela…

On a tissé quelque chose ensuite avec ce que l’on aimait et que l’on pouvait présenter. On est parties essentiellement sur des textes autour de l’amour, ça s’appelait « Parlez-moi d’amour » et quand on l’a eu fait une fois, je trouvais cela frustrant de s’arrêter là, après tout le travail réalisé. C’est ainsi que j’ai eu l’envie et l’idée de prolonger l’aventure au festival d’Avignon.

 

@ Cedric Vasnier

 

Avec vos mots, comment présenter ce spectacle ? Comment le caractériser ?

Emilie : Je crois que c’est une fantaisie avant tout. Ce n’est pas évident à décrire parce que, comme c’est un cabaret, c’est un enchainement de numéros c’est un peu une boite à surprises : il se passe pas mal de choses qui n’ont pas toutes un lien entre elles. Parfois, il y en a un, parfois il n’y en a pas parce qu’on s’autorise aussi, comme le veut le principe du cabaret, à aller dans certaines directions qui ne sont pas toujours attendues. C’était l’idée aussi…

C’est quand même quelque chose qui part aussi de notre lien à toutes les deux donc il y a cette idée de la transmission à travers l’art, la poésie, le théâtre et comment ça se transforme d’un parent à son enfant : le parent transmet quelque chose mais l’enfant se l’approprie à sa façon, il y a comme une métamorphose. En même temps, les deux arts sont quand même liés : j’ai fait de la chanson, un art de la parole, c’est très proche du théâtre, même si c’est une autre forme.

 

@ Cedric Vasnier

 

Béatrice : Au départ, je pense que l’on n’avait pas cela dans la tête. Sur cette première présentation, on a mêlé nos voix, c’était très compliqué pour moi parce que je n’avais pas de textes et que je n’ai l’habitude que de cela, d’un personnage qui a un début et une fin, avec une raison d’intervenir. Là, en dehors du fait que j’avais demandé  à Emilie de chanter, on s’était dit que l’on allait chercher autour de l’amour, mais parce qu’il fallait une idée, et avec fantaisie, pour que ce soit un divertissement. Ensuite, quand on a commencé à se dire que l’on allait jouer à Avignon, dans un lieu spécifiquement professionnel, il fallait quand même essayer de réfléchir à ce que l’on allait raconter, même si on n’avait pas encore l’idée, clairement, de la transmission. Ce que l’on avait envie de raconter, c’était ce que l’on aimait et, là, on a cherché des chansons amusantes comme « La chose » que l’on n’avait pas au début.

C’est là qu’est intervenue Caroline Roelands, une chorégraphe que j’avais rencontrée sur « La famille formidable ». Elle nous a beaucoup aidées pour développer ce spectacle chanté et dansé, en nous donnant des règles qui sont évidentes pour ceux qui font cela tout le temps et qui ne l’étaient pas pour moi. Par exemple, elle nous a suggéré de commencer non pas par un poème mais par une chanson, qui donne envie. Emilie a choisi « Fever »…Mais, il faut bien le dire, on était ignorantes sur l’histoire du cabaret : même si j’y suis allée plus petite, les cabarets d’autre fois n’ont plus rien à voir avec ceux de maintenant…

Emilie : C’est un spectacle de théâtre musical qui s’appelle « Notre petit cabaret », c’est un cabaret mais un cabaret un peu singulier, un peu à part.

 

@ Cedric Vasnier

 

Béatrice : Il est assumé comme tel parce qu’on a été bousculées nous-mêmes. Le cabaret s’est imposé de lui-même avec le contenu mais c’est devenu un « petit » cabaret car, au départ, on était dans un tout petit lieu à Avignon et aussi parce que l’on n’a pas la prétention de faire un cabaret avec 30 personnes derrière : on fait tout toutes seules !

Dans la première version, je n’avais pas encore imaginé faire des petits numéros très simples de magie. Mon père avait commencé à faire de petits tours de prestidigitation très âgé et l’idée, au fur et à mesure du temps, a germé que l’on pouvait faire, nous aussi, de petits numéros comme ceux-là. Mais on ne trouvait toujours pas le lien et il s’est fait, à la fin, avec Salomé…Cela a permis de donner du sens à tout ce que l’on avait fait, à partir du Lucernaire où ça a commencé à se lier : là, on peut parler du fait qu’il y a une vraie transmission, elle y était déjà avant mais on ne pouvait pas la nommer.

Les thèmes abordés sont nombreux et variés. Les choix ont-ils été évidents ?

Béatrice : Ce que je ressens, c’est que, au début, grâce à Caroline, qui nous aidait aussi dans les choix, on était assez vite d’accord sur les chansons, que ce soient des reprises ou des compositions d’Emilie. On avait quand même un peu le sens, grâce à « Parlez-moi d’amour », du temps qui passe et de la nuit. On est différent la nuit, c’est comme cela que le texte de Proust s’est imposé. En même temps, on ne voulait pas non plus qu’un thème particulier soit développé parce que ce n’était pas l’esprit. Maintenant, pour le coup, s’il manque des choses, en tout cas je n'enlèverais pas celles qui sont là.

Emilie : Effectivement, au tout début, avant que ce ne soit vraiment un cabaret, l’idée était de chanter des chansons et de dire des textes sur le thème de l’amour, avec différentes facettes. Ca parlait du lien, de la jalousie, c’était quand même assez centré sur l’amour amoureux, il y avait des choses qui marchaient bien, que l’on a eu envie de garder. On s’est dit que l’on allait quand même s’autoriser à s’éloigner un peu de ces thématiques-là, qui nous enfermaient un petit peu. Après, on s’est servies de cette thématique pour parler de l’idée du rêve du prince charmant. Je suis arrivée avec un questionnement là-dessus car ce n’est pas exactement ce qui se passe à l’âge adulte… mais, en même temps, pourquoi raconte-t-on des histoires aux enfants ? On s’est servies de ces thèmes-là pour inclure aussi un bout de transmission là-dedans : au-delà de la transmission par l’art, il y a aussi ce que l’on transmet à une petite fille et comment on rêve de la petite fille que l’on va avoir quand on sait qu’elle est dans le ventre. Des choses se sont tissées et, oui, on a gardé vraiment pas loin la thématique de l’amour : il y a beaucoup de chansons là-dessus qui nous plaisaient.

 

@ Cedric Vasnier

 

Béatrice : Après le premier Avignon, nous avions conscience qu'il nous manquait un regard extérieur, qui fasse le lien entre nous, comme une émulsion de la très bonne sauce qui accompagne un repas. Les amis que je sollicitais partaient tout de suite, en tant qu’écrivains de théâtre, sur le conflit et c’est exactement ce que l’on voulait éviter. On voulait vraiment de la fantaisie…

Emilie : Ce que l’on a rajouté un peu plus qu’à Avignon, c’est le décalage des générations : ce n’est pas un conflit mais ça met quand même en lumière comment, d’une génération à l’autre, les choses se transmettent, sont ressenties ou vécues. Je le fais dès le début sur « Fever », quand je présente ma mère au public, qui a été un peu gênante pendant mon interprétation. Mais c’est fait avec tendresse…Pareil, sur la fin, quand on parle de Racine et que j’arrive sur du Nirvana, ça veut dire que les routes se tracent différemment : ce n’est pas un conflit mais ce n’est pas un enfant calqué sur son parent. C’est, je pense, le juste milieu pour un cabaret !

En tout cas, ce spectacle vous permet une palette de jeu large et variée, ce qui doit être très plaisant…

Béatrice : Oui, ça l’est ! On a bien fait, premièrement de le tenter, deuxièmement de le continuer, troisièmement de demander à des amis de venir nous aider. Parce que je crois que, maintenant, on est particulièrement heureuses de pouvoir mêler les arts en question et aussi de pouvoir varier toutes ces palettes, que l’on a trouvées au fur et à mesure. On y prend un vrai plaisir ! Ce n’est pas évident d’être sur scène avec quelqu’un d’aussi proche mais ça se passe aussi bien notamment grâce au contenu que l’on propose, un contenu joyeux et qui doit donner du plaisir.

 

@ Cedric Vasnier

 

Emilie : Ce que l’on essaie de raconter, c’est que c’est possible de travailler ensemble. Après, on ne raconte pas ce par quoi ça passe aussi car on ne peut pas dire que ce soit simple : cela nous a, en tout cas, peut-être permis d’explorer notre relation autrement, parfois de manière très belle et tendre mais pas toujours. Oui, c’est possible de se retrouver sur un certain terrain. On présente ce que l’on présente, il y a des gens à qui ça fait du bien et tant mieux ! Mais on ne peut pas en faire une leçon de vie…On y est arrivées et, si ça plait, on en est contentes !

Béatrice : Encore une fois, la forme ne peut être que légère, on ne peut pas s’appesantir. En ce moment, personnellement, avec tout ce qui se passe dans la société, alors que je n’ai joué que des personnages très tragiques ou très dramatiques, je n’aurais pas envie – en dehors même d’Emilie – de me confronter à des textes difficiles. Je suis ainsi très très heureuse, chaque soir, de pouvoir être légère, de m’amuser, de dire des choses que je n’aurais pas soupçonnées il y a cinq ans.

Justement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public concernant ce spectacle ?

Emilie : Les gens sont quand même assez émus, par la tendresse, par le lien que l’on n’appuie justement pas tant que cela. On parle aussi d’enfance, la marionnette représente Emilie, petite, je pense que les gens sont émus par cela et ils nous disent avoir besoin de cela en ce moment. « Cela fait du bien » ressort souvent : légèreté, tendresse et loufoqueries sont les bienvenues !

Béatrice : Les spectateurs nous disent que, même si ça ne creuse pas très loin, le simple fait d’avoir passé un bon moment est déjà important. Des gens qui ont perdu leur maman trop tôt sont aussi touchés par ce que l’on propose, eux qui n’ont pas forcément eu le temps de partager un moment d'exception comme celui-là.

Dans ce spectacle, mon père est là, on fait référence à lui et, pour ceux qui me connaissent, ils sont très touchés que l’on aille chercher cet homme, qui ne payait pas de mine, qui ne faisait pas un métier extravagant mais qui était un vrai amuseur. Cette présence d’un homme du passé, qui a transmis sa passion pour la magie, à sa façon, fait une petite mayonnaise pour chacun : on a tous un grand-père ou une grand-mère que l’on évoque plus ou moins dans ses souvenirs. Je pense que tout cela fait un lien !

 

@ Cedric Vasnier

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure, au-delà des dates calées jusqu’au 21 janvier ?

Béatrice : De reprendre !

Emilie : Oui, de reprendre quelque part, en tournée ou à Paris : ce serait une belle suite !

Béatrice : Je vous jure que les places, pour être programmé, sont chères en ce moment, au Lucernaire et ailleurs…Là, on a pu saisir une belle opportunité et on est prêtes à repartir, à rebondir !

Merci à toutes les deux pour vos réponses !

Publié dans Théâtre

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