Lola Klodawski évoque sa belle actualité et ses nombreux projets !
Bonjour Lola,
Quel plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle interview !
Votre actualité et vos projets sont particulièrement riches et variés en ce moment. Vous avez notamment lancé un financement participatif, dans le but de pouvoir ensuite réaliser votre premier film, « Ingrid ». Comment vous est venue cette envie de réaliser ?
La réalisation vient de très très loin : dès que j’ai commencé à jouer, j’ai eu cette envie. En fait, quand on joue, on n’a accès qu’à une petite partie du projet, c’est déjà très riche mais de passer derrière la caméra fait s’attiser une curiosité beaucoup plus grande, de toucher à tout, de travailler au cœur d’une équipe, d’être beaucoup plus dans la création et la technique.
L’écriture est quelque chose que j’ai eu même avant de commencer à jouer. J’écris depuis que je suis toute petite. Pour te dire, déja quand j’avais 10 ans, j’écrivais des histoires sur Skyblog. Le scénario est arrivé plus tard parce que je ne me sentais pas encore légitime de monter un projet. En décembre 2022, j’ai eu une sorte remise en question, il se passait plein de choses niveau jeu mais ce n’était pas encore suffisant. Je n’étais pas encore là où j’aimerais être, là où je me sentirais complètement heureuse et entière. J’avais pleins d’idées dans la tête depuis longtemps, j’ai commencé à écrire et je me suis lancée sur les dossiers de mes films.
Au début de cette année, je vais au concert de ma sœur, qui est chanteuse et j’ai commencé à parler avec une de ses amies, Agnès Perraud et, je ne sais pas, il y a eu une étincelle, vous savez ces moments où l’on parle à quelqu’un et où le monde s’arrête autour de nous. On a parlé de cinéma, de son parcours, des rôles qu’on lui donne et de ceux qu’elle aimerait jouer. A ce moment-là, comme je voulais me mettre à la réalisation, je lui ai proposé de lui écrire une scène pour que l’on en fasse une petite bande démo. En partant de cette soirée, j’ai commencé à avoir des visions, des flashs et des idées, je n’ai pas beaucoup dormi et, le lendemain matin, j’ai écrit un monologue que je lui ai envoyé. Ça lui a plu, on l’a retravaillé un peu ensemble et, très vite, on a compris que ça n’allait pas être une petite scène mais un film. Ensuite, Nathanaël Jousselin, le chef opérateur, nous a rejointes sur le projet. C’est allé très très vite, tout s’est aligné et j’ai rapidement compris que c’était le bon projet pour commencer !
Sans tout en dévoiler, quel en sera le contenu ?
On parle de solitude, c’est une femme qui est mélancolique et qui, pour échapper à sa tristesse, va se plonger dans ses souvenirs amoureux. Elle va en parler à Oscar, assis en face d’elle, son amoureux de 10 ans de relation. En tentant d’échapper à son présent, elle va être rattrapée par sa réalité…
A quelques jours de la fin de la cagnotte participative, de nombreux et généreux donateurs vous ont déjà fait confiance, ce qui doit sans doute vous faire particulièrement chaud au cœur ?
Oui, c’est assez impressionnant ! Comme quoi, quand on croit à quelque chose, j’imagine que les gens sont convaincus. Mais c’est vrai que je ne m’y attendais pas. Je n’aime pas trop le principe de faire des cagnottes, mais je ne voulais pas aller démarcher des producteurs maintenant, sachant que c’est ma première réalisation. Je voulais faire quelque chose de moi-même, avec mon équipe sans qu’on m’impose quoi que ce soit. Je suis hyper touchée que les gens nous suivent, qu’ils soient emballés et qu’ils aient si hâte de le voir. C’est génial ! J’ai encore du mal à y croire…je suis du genre à ne pas y croire tant que ce n’est pas terminé, un peu comme quand on part en vacances: je n’y crois pas tant que je ne suis pas dans l’avion.
Ça avance vite, les gens nous aident et ça fait super plaisir ! Vous pouvez d’ailleurs retrouver la cagnotte sur le lien suivant : https://fr.ulule.com/ingrid-444/
Une fois cette cagnotte terminée, quelles seront les prochaines étapes du projet ?
J’aimerais beaucoup tourner fin août parce que je souhaiterais que ce film soit prêt pour la rentrée, histoire de pouvoir l’envoyer à certains festivals. J’ai une image très précise de ce que je veux, notamment en termes de lieu. J’aimerais un grand appartement, un peu hors du temps, avec une grande bibliothèque, quelque chose de sombre. Je suis une perfectionniste, pour vous dire j’ai trouvé des lieux que je n’ai pas validés juste parce que la bibliothèque n’avait pas la bonne couleur de bois…Donc c’est le plus compliqué à trouver. Mais l’équipe est formée donc, ensuite, ce sera très rapide !
Le lieu est d’autant plus important que c’est un film où le spectateur n’a pas de repère : on ne sait rien, la temporalité est floue, la nuit apporte un certain mystère. Même dans la manière dont le personnage sera habillé et coiffé, on ne saura pas si elle rentre de soirée ou si elle se réveille. Tout est fait pour casser les repères du spectateur, afin qu’il ne se raccroche qu’au personnage et à son ressenti. Il n’y a que comme ça que le tourbillon dans lequel elle est peut toucher le spectateur et l’emporter, afin qu’il profite vraiment de l’énorme chute finale.
Ce sera votre première expérience derrière la caméra et sans doute que votre expérience devant la caméra vous y aidera ? Inversement, peut-être verrez-vous la réalisation différemment lors de votre prochain rôle ?
Oui, c’est clair que ça donne un immense recul sur la manière de voir un personnage, ça permet de comprendre l´image, les cadres, de savoir comment s’y adapter. Mais, surtout, mes dix ans d’expérience de jeu m’aident à diriger des comédiens et à savoir où les emmener, comment les regarder, comment leur parler, comment les ressentir. Je pense que c’est plus facile de faire confiance à quelqu’un qui fait aussi ce métier. On n’est pas emmené au même endroit. Diriger quelqu’un, c’est précieux. J’ai conscience de certains risques, quand on emmène quelqu’un très très loin il faut savoir aussi le ramener avec soi dans la réalité.
J’ai découvert une passion folle pour la direction d’acteurs, j’adore ça et je pense que c’est ce qui m’éclate le plus dans la réalisation.
En complément, vous êtes de retour depuis quelques jours dans la quotidienne de France 2 « Un Si Grand Soleil ». On imagine le plaisir et la joie que cela a dû être pour vous de retrouver ces plateaux ?
Oui, c’était trop bien de revenir. Surtout, c’est hyper agréable de voir l’évolution du personnage et celle de la ferme. Je vois le personnage d’Elodie grandir, dans la manière dont elle parle, dont elle se présente, dans ses relations aussi. Elle grandit, elle a plus de caractère, elle a pris en maturité, ça se voit et c’est trop bien !
En plus, on aborde des thèmes qui sont hyper importants je trouve : le bio, le respect de la nature, la vie des agriculteurs, leur réalité dont on ne parle vraiment pas assez. De revenir au domaine de Buzarens, de revoir tout le monde, c’était un peu comme retrouver une petite famille, c’était hyper agréable ! Moi-même, je suis très très curieuse de la suite parce qu’il y a plein d’ouvertures possibles et, pour l’instant, je ne sais pas grand-chose. J’aime bien, ça va être une jolie surprise je pense. Je sais simplement qu’il va y avoir un petit changement à la ferme, que vous découvrirez sans doute en septembre…
Toujours à l’image, vous avez récemment terminé le tournage d’un épisode de « Camping Paradis » pour TF1. L’expérience fut, elle aussi, particulièrement agréable…
C’était vraiment bien ! La région est magnifique, le décor aussi. L’équipe était géniale, on a travaillé avec deux réalisateurs, Olivier Chapelle et Laurent Ournac, j’ai eu la chance de tourner avec Patrick Paroux, qui est quand même un sacré monstre, c’est vraiment un super comédien et on a un duo qui se tire dans les pattes, c’était drôle ! J’ai beaucoup aimé mon personnage, son histoire, son caractère …Oui, c’était une très bonne expérience, j’ai vraiment passé un très bon mois de juin.
Pour terminer, parmi les autres bonnes nouvelles, un projet que vous aviez tourné il y a deux ans a vu récemment le jour…
Il y a deux ans, le réalisateur Mattéo Dugast a choisi quinze comédiens, dans la bande du studio 34, pour un projet un peu fou, sans scénario, avec simplement une trame. Chacun était au courant de son histoire mais pas de celles des autres. Il nous avait simplement transmis la fiche de notre personnage. On s’est tous pris une énorme claque, il nous avait écrit des personnages qui nous ressemblaient, sans nous connaitre, c’était impressionnant !
Le tournage a eu lieu quelques mois après, à la Cité du cinéma, c’était génial, on était entre amis ! Ce pilote de série, « Les comédiens », a le pitch suivant : une boite de production adapte une saga à succès, « Le royaume des rêves », et organise un grand casting pour trouver les personnages principaux. C’est l’histoire de ce casting et toutes les histoires internes aux comédiens.
On a découvert, enfin, les premières images il y a quelques jours, on avait tous les larmes aux yeux! Les images sont magnifiques! La projection aura lieu en octobre donc, dès septembre, nous allons commencer à contacter des producteurs et des distributeurs pour pouvoir tourner la suite. On a « juste » besoin d’être soutenus et accompagnés.
J’y crois depuis le tournage, je suis certaine que ça va être génial. Il y avait une énergie particulière ! Mattéo est très discret, très carré et, quand il te dit quelque chose, tu as une confiance entière en lui. Je pense que ça va être une belle surprise donc j’ai hâte de voir !
Merci, Lola, pour toutes vos réponses !
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