C’est, comme toujours, un plaisir de vous retrouver pour une nouvelle interview !
A quelques jours de la trêve en Ligue 1 liée à la coupe du monde, quel regard portez-vous sur le début de saison du PSG ? Pouvait-on s’attendre à ce que l’équipe soit encore invaincue mais avec des scores moins fleuves qu’il y a quelques semaines ?
Ce n’est pas très surprenant. C’est, je trouve, la plus belle attaque d’Europe, comparable avec celle de City. Les plus beaux attaquants sont au PSG, il ne faut jamais oublier ce détail important. Mais je pense que tout commencera réellement, pour l’équipe, après la coupe du monde.
La tactique a évolué, passant de 5 à 4 défenseurs. Est-ce un bon choix, qui durera sur le reste de la saison ?
Je ne suis jamais très favorable à une défense à 3, je la trouve difficile à mettre en place. L’équipe se découvre alors trop. Pour le moment, le PSG n’a pas encore eu d’adversaire digne de son nom, face auquel cette défense est un risque. Surtout à Paris, outre le schéma de jeu, il manque un grand défenseur, j’espère que Skriniar viendra.
Un mot aussi sur le « pivot gate » de Mbappé : qu’en avez-vous pensé ?
Je trouve qu’on est un peu dur avec Kylian Mbappé. Les très grandes stars du foot, souvent, ne sont pas des gens tout à fait comme nous et tout à fait normaux. C’est son cas, celui de Ronaldo, de Messi, d’Ibra...Mbappé a un côté diva qui énerve beaucoup les supporters mais qui me plait. Je préfère quelqu’un qui dit ce qu’il veut. Vu combien il est payé, vu tout ce que le PSG a mis en œuvre pour pouvoir le garder, il est tout à fait normal qu’aujourd’hui il impose des choses. Quand j’entends qu’il ne faut pas qu’un joueur soit plus fort qu’un club, ce n’est plus vrai depuis dix ans et pas uniquement à Paris. C’est en tout cas sur le terrain que ça se jouera pour Kylian, où il devra prouver qu’il est le meilleur. Ce qu’il dit sur Instagram m’intéresse assez peu.
Je crois qu’il n’a rien annoncé du tout concernant son envie de départ, je ne crois pas du tout que cette discussion ait même eu lieu. Je pense que l’on est dans les rumeurs les plus folles. Plus une star est grande, plus les rumeurs sont fausses. En tout cas, souvent elles ne partent de rien. Je ne crois pas une seule seconde que Mbappé ait demandé à partir depuis qu’il a prolongé, je crois simplement qu’il impose ses choix et ses doutes quant au schéma de jeu et aux prises de décision.
Toujours en Ligue 1, après un excellent début de saison, l’OM fléchit un peu ces derniers temps et est éliminée de toute compétition européenne. Comment jugez-vous leur début de saison ?
Je trouve que l’on est beaucoup trop dur avec l’Olympique de Marseille, je trouve qu’on attend beaucoup trop de cette équipe. Je pense que la pression est trop forte à Marseille. Je n’ai pas pensé une seule seconde qu’ils pouvaient faire un grand match face à Tottenham mais ce qu’ils ont donné est exceptionnel. Ce que j’ai vu d’eux était magnifique, chapeau d’avoir déjà réussi à se battre. Mais c’était beaucoup trop fort en face. En championnat, ça patauge donc on admire ce qu’ils ont fait en coupe d’Europe.
A l’Olympique Lyonnais, notons le retour en France de Laurent Blanc. Est-ce, pour lui, une régression de rejoindre cette équipe-là ?
Je ne pense pas que ce soit une régression, je pense que, avant, Laurence Blanc n’a pas eu tant de propositions que cela. Il a très bien gagné sa vie qu’il avait le droit de s’amuser, de prendre son temps, de se reposer. Quelques années à ne rien faire, à son âge, lui a sans doute fait du bien. Lyon est toujours un beau projet, intéressant, avec de beaux joueurs, avec un budget, avec la possibilité de jouer la Ligue des Champions l’année prochaine, avec une organisation parfaite, avec un très grand président. Je pense qu’Aulas reste et restera pour longtemps le plus grand président que la Ligue 1 ait connu, c’est un très grand monsieur du football. Donc Blanc a bien fait d’y aller, c’est un très bon mariage, ils se sont trouvés. Maintenant, bonne chance à lui parce qu’il n’y a plus autant de jeunes à l’OL et parce que la gagne n’est plus autant au rendez-vous. C’est donc plus difficile qu’avant.
En complément, Benzema vient de remporter son premier ballon d’or. Qu’en avez-vous pensé ?
C’est surtout que Haaland et Mbappé ne sont pas prêts, que c’est fini pour Ronaldo et Messi. Donc il en a profité. Tant mieux pour lui, ce sont l’opportunisme et le travail qui font qu’il a ce ballon d’or…
La coupe du monde approche à grands pas, avec pas mal de mauvaises nouvelles pour l’équipe de France. Quelles ambitions peut-on avoir pour ces Bleus-là ?
Là aussi, je n’en attendrais pas trop. Je sais que les français vont attendre beaucoup parce qu’on est champions du monde. On avait le meilleur milieu en 2018 mais aucun des trois ne sera là. Je serai donc très heureuse si on va jusqu’en quart de finale. Il faudra voir cela avec calme, c’est une reconstruction, beaucoup de joueurs ne sont pas encore prêts pour cela. J’ai confiance en Didier Deschamps pour faire la meilleure coupe du monde que l’équipe peut faire.
Pour la suite, tout dépendra du résultat. Et il va falloir voir si Noel Le Graet restera ou pas, si Deschamps décide de partir ou pas et si Zidane veut entrainer la France ou pas. Beaucoup de gens disent que oui, que c’est une évidence mais tout est possible dans le football. Je continue à penser que Zidane peut très bien avoir envie d’entrainer un autre grand club.
Du coup, quels sont vos favoris pour la compétition ?
Je me demande si ce ne sera pas le retour d’une équipe d’Amérique du sud, pourquoi pas le Brésil ou l’Argentine. Le Brésil parce qu’ils commencent à tous se connaitre, à avoir joué énormément ensemble, y compris le sélectionneur qui n’est pas le meilleur mais qui les connait.
Je suis très mitigée pour l’Europe, l’Italie est absente, l’Allemagne n’a pas fait, je trouve, de bons matchs de préparation. L’Angleterre est pas mal certes mais ça reste moyen. On peut avoir une surprise, non pas pour gagner la coupe du Monde mais pour aller loin, avec la Suisse. Oui, c’est très ouvert !
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Depuis quelques semaines, nous pouvons vous retrouver dans la série quotidienne à succès de TF1 « Demain Nous Appartient ». A titre personnel, on imagine sans doute la joie et le plaisir que cela doit être pour vous de participer à cette belle aventure ?
Oui, bien sûr, j’étais très surprise. Petite anecdote, je me permets : au départ, je n’étais pas censée être dans la série DNA, tous les castings que j’ai passés étaient pour le rôle de Samia dans « Ici tout commence ». Justement, il ne restait plus que moi et Emma, c’est elle qui a finalement été prise mais on m’a expliqué qu’il y avait potentiellement une ouverture pour un rôle sur « Demain Nous Appartient ». Je devais être recontactée plus tard car il fallait qu’une autre comédienne soit sélectionnée afin que ça fonctionne pour moi. Cette autre comédienne était en fait Naima Rodric et lorsqu’elle a été retenue, j’ai de suite été proposée sur le rôle d’Amel. C’est là que l’aventure a commencé.
Vous y interprétez le rôle d’Amel Hassan, élève du lycée Agnès Varda et sœur de Lisa. Avec vos mots, comment la présenteriez-vous ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?
Amel est une fille que je dirais assez introvertie, au premier abord. Elle a une personnalité très privée, elle ne va pas s’ouvrir avec tout le monde, elle ne va pas être énergique et sociale avec tout le monde. Mais elle a cette passion, cette envie et cette bonne humeur qu’elle ne partage qu’avec les gens qu’elle considère profondément, comme justement sa sœur et sa cousine. Elle commence à avoir une belle amitié avec le personnage d’Adam, joué par Alain Le Bars. Du coup, on se rend compte qu’il y a cette sorte de mini double personnalité, entre ce qu’elle montre au lycée avec tout le monde et ce qu’elle est capable d’être avec sa famille, avec ses amis. Donc je dirais qu’elle a deux faces qu’elle assume plus ou moins et qu’elle s’ouvre petit à petit.
Artistiquement parlant, ce doit être plaisant, du coup, de pouvoir utiliser une palette de jeu large et diversifiée ?
Oui, c’est tout à fait intéressant. A chaque fois, je regarde mon texte et la relation avec les autres personnages au travers du prisme d’Amel. Quand je vois comment elle se sent, son énergie, comment elle va parler avec certaines personnes, c’est vrai que c’est très très intéressant de voir la façon dont les liens se construisent. Je trouve cela plutôt amusant à travailler parce que je sens les choses vraiment avec elle.
Avant vos premiers jours de tournage, vous étiez-vous plongée voire replongée dans les diffusions, pour vous (ré)imprégner de l’ambiance et de l’atmosphère ?
Oui, oui, j’ai commencé à beaucoup regarder DNA avec ma mère, pour voir ce que ça rendait à l’écran au niveau des intrigues et de la dynamique. J’ai commencé à lire des articles, à me renseigner un peu et, oui, ça m’a un peu mise dans l’ambiance, c’était sympa.
Au moment de vous approprier ce rôle, avez-vous eu ou même avez-vous encore des sources particulières d’inspiration ?
Pour le rôle d’Amel, je sais qu’ils m’avaient demandé de m’inspirer de Joey dans la série « Dawson » qui, du coup, est une fille assez réservée, qui a des petits éclats dans sa personnalité. Je me nourris aussi énormément de mes propres expériences de vie et ça m’aide beaucoup je pense.
On le sait, le rythme de tournage sur une quotidienne est intense. Justement, comment l’avez-vous abordé et appréhendé ?
Je l’ai appréhendé avec beaucoup d’excitation. Amel est mon premier rôle aussi important dans lequel je peux vraiment me plonger, m’imprégner, jouer avec elle et apprendre à la connaitre. Jusque-là, je n’ai eu que des rôles sur quelques jours, où je n’ai pas eu le temps de me créer un rythme de travail : on me donnait un texte, on me parlait d’un personnage et, du tac au tac, je devais le jouer sur deux à cinq jours. Alors que, là, j’ai vraiment le temps d’apprendre à connaitre Amel. Du coup, ce qui est rigolo avec ce rythme de tournage, vu que je n’avais pas de grosse expérience de film qui prenne plus de temps sur les séquences, c’est que j’étais directement dans ce mécanisme assez rapide. Vu que les gens sont déjà tous dedans, ils nous prennent facilement avec eux dans la matrice et c’est assez simple à suivre. Pour moi, c’est très excitant, je suis enthousiaste de cela et de la vie en général.
Après plusieurs semaines d’antenne, quels principaux retours avez-vous pu avoir sur votre personnage ?
A mon plus grand bonheur, ça a été des commentaires sur le fait que ma relation avec Naima marche très bien, que l’on se ressemble beaucoup et que les gens voulaient beaucoup plus nous voir toutes les deux à l’écran.
D’ailleurs, même si ce n’est jamais évident, vous regardez-vous lors de la diffusion, pour capitaliser les points forts et détecter des points d’amélioration ?
Je sais que ça dépend énormément du comédien, de comment il perçoit son travail. J’ai demandé à d’autres s’ils aimaient se regarder, c’est très hétéroclite. Il y en a qui doivent absolument se regarder, d’autres au contraire ne peuvent pas le faire. Je fais partie de ceux qui ne doivent pas absolument se regarder mais, d’un point de vue du travail, si je sens que j’ai eu des difficultés sur certaines scènes, j’aime bien voir comment elles ont été montées, comment ça rend à l’écran, ce qui se passe. Il m’arrive donc de regarder pour mieux comprendre les indications des réalisateurs qui, parfois, sur le plateau, m’ont bloquée. Puis, après, en regardant les images, je comprends mieux les questions de rythme. Entre ce que je joue et ce qui est diffusé à l’écran, il y a toute une mer et, parfois, il faut que je m’appuie plus sur ce que dit le réalisateur ou plus sur mon ressenti de la chose. Il y a une sorte d’équilibre à trouver là-dedans et c’est pour ça que je pense important de regarder certains passages pour lesquels j’ai eu des doutes. Cela me permet d’apprendre et de me renouveler.
A titre personnel, quels principaux souvenirs gardez-vous de ces premières semaines ?
De très très bonnes choses. Ce qui est rigolo – petite anecdote, j’adore en raconter J-, c’est que la première scène que j’ai tournée a été la première scène dans laquelle est apparu le personnage d’Amel, donc directement celle à l’hôpital avec Naima. Donc mon premier jour de tournage a été directement avec ma sœur. Naima et Solène m’ont accueillie avec beaucoup de bienveillance, elles ont été très chaleureuses, très gentilles avec moi et on a été de suite une petite famille, c’était très très mignon. Donc ça s‘est très très bien passé. Après, j’ai pu rencontrer notamment Elisa et ça a de suite très bien marché aussi. Je pense que ce sont de bonnes relations qui se créent entre nous donc c’est toujours un plaisir de travailler avec eux. Cela fait deux mois et demi environ que je suis présente, ça se passe très très bien, je suis très contente, ce n’est que du bonheur.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de cette aventure ?
Je suis avide d’expériences, d’apprendre, de découvrir, de faire. Je serais ravie d’essayer tout ce qui est nouveau et à ma portée. Mon petit leitmotiv est : « que ce soit pour rater ou pour mal faire, autant au moins essayer ». Donc j’essaie toujours de faire au mieux, de me lancer dans de nouvelles choses, de motiver mes amis à dépasser leurs peurs. Donc toujours essayer et travailler au mieux.
En complément, quels sont vos autres projets et actualités artistiques du moment ?
Je ne peux pas encore trop en parler, un nouveau projet va voir le jour d’ici peu mais le mystère reste entier pour l’instantJ.
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Lundi 7 novembre prochain, vous serez à l’affiche, en prime time, sur TF1, du téléfilm « Le saut du diable 2 – Le sentier des loups ». Avant de s’intéresser au programme en lui-même, on imagine déjà, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela a été pour vous de participer à nouveau à cette belle aventure ?
C’est clair parce que c’est traité de manière très originale, d’autant plus en France. J’en avais déjà parlé pour le premier, je trouve cela vraiment extraordinaire que l’on puisse faire des films d’action qui soient presque aussi proches que des blockbusters américains. Philippe redouble à chaque fois d’effort, repousse toutes les limites et toutes les peurs que l’on peut avoir. Donc, pour moi, c’est vraiment une chance de pouvoir faire partie de ces films-là.
Retrouver l’équipe et accueillir des nouveaux camarades d’aventure a dû certainement vous faire chaud au cœur ?
Dans le premier, on était souvent entre nous et, là, dans le deuxième, on accueille des nouveaux jeunes, des nouveaux adultes aussi, des gentils, des méchants. C’est vrai que c’est assez agréable du coup d’être plus nombreux. Je ne m’étais pas forcément rendue compte à quel point les cascades du premier avaient été difficiles. C’est vrai que, quand il y a de nouvelles personnes, on se rend compte des limites de chacun et de chacune, du coup ça nous rend encore plus fiers de ce que l’on avait déjà fait et de ce que l’on était en train de tourner.
Vous y retrouvez le personnage de Sara Vilar et participez à une immersion en pleine nature mais tout ne va pas se passer comme prévu…
Sarah, je l’aime bien parce qu’elle a quelque chose d’assez naïf. C’est vrai que si, dans ma vie personnelle, mon père était venu me voir pour me dire « bon, on part faire une promenade de santé », j’aurais dit « quoi ? Attends ! Après la première, je pense que je n’y vais pas ». Sarah a quelque chose de naïf mais surtout de courageux donc elle décide de repartir. Mais, évidemment, rien ne se passe comme prévu. Toute une série de péripéties et d’aventure va se mettre en route. Surtout que, cette fois-ci, son père et elle sont séparés pendant assez longtemps à cause d’histoires de prises d’otages. Donc c’est assez difficile pour elle mais ça montre qu’elle a du caractère. Finalement, elle se sert de tout ce qu’elle a vécu dans « Le saut du diable 1 » pour être de plus en plus courageuse et dire à son père qu’elle commence à prendre son envol de son côté, que son courage, sa détermination et sa force lui permettent de ne plus avoir peur comme elle a peur dans le premier opus.
En recouvrant à nouveau les traits de ce personnage peu de temps après le premier tournage, on peut penser que vous avez abordé son interprétation différemment ?
Oui, bien sûr ! Dans la vie, j’ai grandi. Un an, ça passe vite et il se déroule beaucoup de choses. Je pense que c’est pareil pour le personnage de Sarah. C’est assez touchant, je trouve, quand il y a une évolution similaire entre le personnage et la vie réelle. Donc c’est de cela dont je voulais parler. Par rapport au premier, je trouve vraiment marqués les rapports au courage, à la détermination, à la force mentale et physique, au conditionnement. J’ai donc bien aimé travailler sur cette évolution-là et ne pas la reprendre là où je l’avais laissée. Comme dans la vie, il y a eu une continuité.
C’est un téléfilm très singulier et très esthétique, avec notamment une effroyable et sensationnelle course contre-la-montre au milieu d’une nature sauvage. En tout cas, on peut noter une réelle intensité dans les actions et les émotions qui, on l’espère, devrait plaire aux téléspectateurs…
Bien sûr ! On tourne dans des décors qui sont magnifiques et c’est vrai que c’est assez difficile de retranscrire toutes les émotions parce que ce sont des situations qui sont tellement en dehors de toute réalité : cette course contre la montre, la peur, l’action. Ce sont des choses que l’on n’a pas à vivre tous les jours donc c’est assez difficile de les retranscrire dans des décors que l’on a l’habitude de voir. Il y en a certains dans lesquels j’avais déjà tourné mais des situations totalement différentes, pour d’autres projets. Du coup, ça m’a fait plaisir de me replonger dans ces mêmes décors mais pour tout autre chose, avec d’autres sentiments. C’est un challenge pour moi d’être juste dans ces moments-là qui sont exacerbés et qui, quand ils nous arrivent, nous prennent totalement par surprise. Ce sont des choses très inattendues à jouer.
En complément, le cadre de tournage était particulièrement agréable, comme en témoignent les images…
Ce que j’ai bien aimé, c’est que ça change. Le premier avait aussi des décors magnifiques, on était dans la montagne mais c’était un univers très froid. Là, ça change beaucoup. Moi-même, en voyant le film, je me suis demandé où c’était, alors que je le savais très bien. On se croirait presque au Far-West, il y a quelque chose de très peu situable et je trouve cela génial. La couleur du film est volontairement, je pense, accentuée pour donner ce côté désert perdu, je trouve que c’est très bien fait et les images sont vraiment jolies, ainsi que les décors.
Le public avait chaleureusement accueilli le premier téléfilm, vous espérez sans doute qu’il en sera de même pour celui-ci ?
Oui ! C’est vrai que les retours sont toujours la partie un peu difficile, parfois agréables, parfois moins. Mais j’essaie de voir juste l’expérience du film, de me dire que j’ai beaucoup aimé le tourner. Avec tous les autres jeunes, ça donne un autre dynamisme et je trouve que l’on peut encore plus s’identifier aux personnages et s’y attacher. La palette est encore plus grande, les caractères sont assez différents, des personnages sont assez peureux, d’autres aventuriers, d’autres très rigolos, d’autres s’y connaissent dans certains domaines…Cela fait que ça peut toucher un plus large public, je pense que chacun pourra y trouver son compte. C’est un peu le but de rendre les personnages attachants les uns avec les autres et les uns au travers des autres, pour que le public puisse trouver sa place et vivre avec nous cette aventure.
J’ai déjà pu voir le rendu mais, limite, j’aime bien découvrir le film en même temps que tout le monde parce qu’il y a une part d’inconnu où on se laisse aller, où on se laisse aux images que l’on est en train de voir. C’est toujours différent de ce à quoi l’on s’attend mais je trouve que ce téléfilm a vraiment quelque chose de différent du premier, qui n’est ni mieux ni moins bien. Donc j’ai hâte de le montrer…
Peut-être même qu’un troisième opus pourrait voir le jour par la suite ?
Bien sûr ! Je ne sais pas trop ce qu’ils ont prévu mais je pense que si ça se passe bien, ça devrait continuer. Et puis même pour Philippe parce que c’est vraiment un projet qui lui tient à cœur. Il a une grosse grosse part dans ce film, que ce soit au niveau du jeu parce qu’il joue le personnage principal mais aussi pour tous les challenges qu’il se lance, au niveau de l’écriture, même parfois au niveau de la réalisation, où il va donner son avis. Il produit le film lui-aussi donc il a un intérêt qui est très particulier. Plus il pourra développer ces histoires-là et ce genre de films, plus il le fera.
En complément, quels sont vos autres projets du moment ?
« La vie devant toi » devrait bientôt sortir, c’est le film pour lequel nous avions eu le prix d’interprétation à La Rochelle avec Zoé. Là, j’ai fini un long-métrage de Pascal Thomas, « Encore quelques instants de bonheur ». C’est une comédie dramatico-romantique, très très bien écrite et très bien interprétée, avec une belle brochette d’acteurs. C’est un film choral, on est nombreux. En ce moment, je travaille sur le prochain film de Nicolas Vanier, « C’est le monde à l’envers », avec, là aussi, une belle brochette d’acteurs, avec un réalisateur que l’on connait déjà mais qui surprend toujours par son engagement. Donc je suis très fière de faire partie de ces projets-là.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Parmi vos nombreuses casquettes de journaliste sportif, on peut vous retrouver régulièrement sur l’appli « Free Ligue 1 », aux commentaires des rencontres de championnat. A titre personnel, on imagine sans doute le plaisir que cela doit être pour vous ?
C’est sûr ! C’est un plaisir pour moi, de base, de commenter. Ça fait 12 ans que je fais ce métier, ça fait 12 ans que je voulais commenter et, là, on me donne la possibilité de le faire. Personnellement, je n’ai pas toujours l’impression de bosser quand je vais au micro et que je commente du foot mais bon…C’est un plaisir, c’est un bonheur, évidemment et, en plus, le format est assez intéressant. Avec l’appli Free qui permet ces extraits en quasi-direct, c’est un exercice un peu différent de d’habitude où on commente en intégralité, où il faut parfois meubler. Là, on est un peu dans l’immédiateté, on n’est pas obligé de commenter en permanence mais il faut évidemment être là au moment où une action démarre, pour ne pas louper le début. Ce serait un peu bête de rater la passe qui amène à un but. Mais, oui, l’exercice est très cool à faire, avec des collègues que je connais depuis longtemps pour certains, qui sont de super pros, il y a une bonne ambiance entre nous. C’est franchement cool !
Le produit est un peu différent et novateur, c’est chouette de faire partie justement de ce pool qui fait vivre cette appli un peu novatrice.
Justement, commentez-vous l’intégralité des 90 minutes ?
D’autres commentateurs ont, c’est une évidence, beaucoup plus d’heures de vol que moi. On a chacun nos petites techniques. J’ai trouvé ma routine, je fais des stops quand je vois qu’il n’y a pas d’action sur le terrain, j’en profite pour regarder les statistiques en direct et vérifier une ou deux informations. Pour prendre le pas de recul nécessaire afin de ne pas toujours être la tête dans le guidon du live et pour essayer de donner après la petite information utile et nécessaire pour justement apporter quelque chose en plus. Je crois qu’on peut avoir 30 minutes maximum par match, cela fait beaucoup quand même.
Sans dévoiler de grand secret, le commentaire se fait en cabine, depuis Paris. Pour autant, aimez-vous adapter votre rythme et votre tonalité à ce qui se passe sur le terrain et à l’intensité du jeu ?
Absolument ! Je dis toujours que je suis connaisseur en tout et expert en rien. C’est comme cela que j’aime bien me définir. Clairement, je sais très bien que je ne suis pas le meilleur connaisseur des joueurs car, de par mes activités, je fais plein de choses différentes à droite et à gauche. Donc, effectivement, je n’ai pas une expertise sur la Ligue 1 en particulier mais j’essaie de compenser cela par justement l’intonation et l’émotion que j’essaie de faire passer à travers mon commentaire. Je suis comme cela, je suis quelqu’un d’assez naturellement enthousiaste je pense et j’essaie de mettre un peu de punch dans les commentaires pour faire vivre aux téléspectateurs la tension, l’émotion. C’est là-dessus que j’essaie de faire la différence et de me démarquer, c’est comme cela que je conçois le commentaire, ce n’est pas forcément être le plus expert mais c’est faire passer une émotion.
Vous êtes aussi aux commentaires sur Canal + Afrique, en linéaire. Sur des rencontres en intégralité, aimez-vous, avec votre consultant, laisser parfois l’ambiance du stade prendre le dessus ?
Absolument ! Pas forcément laisser beaucoup de silence mais au moins souligner cette ambiance. Quand il y a un moment important, qu’il y a un petit peu de tension, quand on sent que le public commence à bouillir un peu, effectivement, on souligne bien l’apport du public. Je trouve cela toujours très important. J’ai la chance d’être en binôme avec un consultant, je préfère largement cet exercice où je ne suis pas tout seul au micro, j’aime bien le ping-pong verbal en permanence, c’est toujours rebondir sur ce que l’autre dit, aller chercher un petit truc en plus, gratter pour avoir vraiment le fond de sa pensée. On partage toujours plus d’émotions quand on se nourrit mutuellement. Pour le coup, oui, on laisse des plages de silence mais à bon escient. En cela, j’aime bien les commentateurs britanniques qui laissent toujours trois à quatre secondes de silence après un but marqué, pour pouvoir laisser ce qu’ils appellent la bande son originale prendre toute sa part dans le spectacle. Parce que le public est évidemment une part incontournable du spectacle.
Donc j’essaie de le faire moi-même mais, quand il y a une action spectaculaire, le débit s’emballe et on ne contrôle pas forcément la manière dont on dit les choses. J’essaie de trouver un juste milieu entre le côté anglais que j’aime beaucoup à laisser bien vivre les choses, à dire les bonnes choses au bon moment et le côté un peu latin qui ressort d’une montée dans les tours pour faire vivre l’émotion. C’est une balance à trouver que j’essaie d’avoir, même si ce n’est pas toujours évident. J’espère qu’elle finira par arriver avec l’expérience.
En amont d’un match, avez-vous une routine particulière de préparation ?
Je pense que chaque commentateur et chaque journaliste ont leur routine. Je n’ai pas une routine démentielle, déjà je me refais un petit point rapide sur les équipes concernées, sur leurs statistiques, leur palmarès, les faits marquants de leur histoire. J’essaie surtout d’être bien conscient du contexte du match, c’est quelque chose qui, pour moi, est très important. Ce genre de chose m’importe, par exemple en coupe de France lorsqu’un petit club amateur affronte un gros de Ligue 1. Ce contexte est fondamental et le faire comprendre aux téléspectateurs est ultra important pour que, justement, ils parviennent à bien apprécier aussi le match à sa juste valeur. Cela, déjà, est une grosse part de ma préparation. Ensuite, je regarde ce qui s’est passé dans la semaine pour les deux clubs concernés et les joueurs, afin d’avoir deux à trois petits biscuits à placer dans les temps faibles et pour lancer le consultant. J’aime bien me placer dans la position du candide qui pose alors des questions un peu bêtes au consultant mais les réponses sont intelligentes, ce qui est le plus important. De temps en temps, c’est important de bien remettre les choses en perspective et que le consultant explique pourquoi les choses ont été bien faites ou pas. Notamment aussi comment l’extra sportif impacte ce qui se passe sur le terrain.
Il est important également de connaitre un minimum la biographie des joueurs, même s’ils sont nombreux. Il faut prendre du temps pour se rafraichir les infos sur les joueurs et les entraineurs. Après, une heure avant, il y a la composition des équipes puis c’est parti pour le live…
Sportivement parlant, quel regard portez-vous sur ce début de saison ?
C’est une saison qui est un petit peu étonnante dans sa globalité. On savait que le PSG allait être dominant mais, mine de rien, ils trouvent quand même le moyen de faire parler d’eux d’une autre manière. Comme le dit Christophe Galtier, « c’est dommage que l’on parle d’autres choses que du football » mais, en même temps, tout ce qui se passe autour fait partie du foot parce que ça impacte la performance sur le terrain. Mais cette saison est intéressante, dans le sens où l’OM a fait un plutôt bon début, Lorient surprend, on ne les voyait certainement pas venir, Lens continue à très très bien performer avec un projet très cohérent. La lutte pour le maintien va être extrêmement compliquée avec ces 4 descentes. Au moins, il y a de l’enjeu à chaque match, il n’y a pas un match où on se dit qu’il ne vaut pas trop la peine. Chaque match a un intérêt et je me suis rarement ennuyé, cette année, devant un match de Ligue 1 parce que, justement, les équipes sont obligées de produire un minimum pour ne pas se faire peur. Cela donne un championnat que je trouve assez intéressant à suivre.
Cinq entraineurs ont été remerciés en peu de temps, alors que la mi-saison est encore loin…
Les 4 descentes font peur à tout le monde et forcent à prendre des décisions drastiques. Il ne faut pas tarder avant d’agir. C’est aussi ce que d’autres vont probablement faire, peut-être pas d’ici la coupe du monde qui arrive vite mais pendant la compétition, c’est sûr que des têtes vont bomber.
Plus globalement, d’où vous vient cette passion du journalisme sportif ?
C’est la passion du sport que j’ai toujours eue, d’aussi longtemps que je me souvienne. Le sport m’a toujours attiré. Quand je regardais la télé, je regardais Eurosport, qui m’a ouvert le champ des possibles dans les années 90. J’ai toujours été curieux à ce niveau-là et je me suis toujours passionné pour tout : coupe du monde, Jeux Olympiques,…mais aussi des petits championnats. Le foot est arrivé logiquement parce que c’est le sport le plus populaire mais il n’y a clairement pas que lui. Je suis, de base, spécialiste des sports mécaniques, j’adore la Formule 1, j’ai fait les 24 heures du Mans 7 à 8 fois. J’ai toujours été curieux de cela, j’ai toujours aimé l’émotion que transmet le sport et que j’essaie depuis de transférer dans mon métier. Cela m’a toujours fait vibrer et j’ai une chance énorme d’en faire mon métier. Je sais qu’il y en a un paquet qui rêveraient d’être à ma place et je mesure ma chance tous les jours. Maintenant qu’on me confie de plus en plus régulièrement des commentaires live, je suis épanoui. Evidemment, on a toujours la volonté d’en faire un peu plusJ. Je suis en train de monter en gamme gentiment, j’espère que ça va continuer et que ça va encore progresser dans les mois et années qui viennent, je ne demande que cela.
Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une artiste aux multiples cordes, aux multiples casquettes, comme en témoignent notamment vos expériences à l’image et sur scène. Pour prendre un peu de recul sur votre parcours, qu’est-ce qui vous avait donné l’envie de faire de l’artistique votre métier et votre quotidien ?
Il y a plusieurs étapes. Enfant, l’été, j’aimais participer aux spectacles dans ma colonie de vacances en Ardèche. Puis, à 16 ans, quand je suis partie un an aux Etats-Unis, j’ai fait partie de la compagnie de théâtre du lycée. Mais je n’étais pas encore consciente que je voulais en faire mon métier. Plus tard, j’ai vu Nathalie Baye dans un film puis dans une émission télévisée où elle était interviewée. C’est une étape qui m’a marquée, la voir me donnait envie de jouer et je m’amusais à improviser toute seule. Puis, en Hypokhâgne à Grenoble, il y avait un atelier théâtre en cité universitaire. Je me suis inscrite et ça a été un peu un déclencheur, particulièrement parce que la personne qui s’occupait des ateliers avait commencé à parler de Paris et des Cours Florent. A cette période-là, je voulais devenir journaliste mais, au fond de moi, intuitivement, je n’avais pas l’impression que c’était pour moi, il y avait autre chose qui m’appelait. Je suis alors partie à Paris et je me suis inscrite justement aux Cours Florent. J’ai tout de suite senti à quel point ça me plaisait de jouer mais sans avoir conscience encore du métier que c’était.
Je dirais que quand je suis arrivée à Paris, c’est le plaisir du jeu qui m’a plu, le côté ludique, le fait de créer à partir de soi et avec les autres. J’étais très scolaire à la base et là tout un univers s’ouvrait, celui du jeu et de l’imaginaire. Après, petit à petit, il y a des raisons plus profondes qui viennent, quand on commence à plonger dans les textes et qu’on est vraiment touchés, que ça raconte des choses qui nous dépassent. Cela me fascine et c’est ce qui continue de me nourrir aujourd’hui. Il y a tout qui s’amplifie ensuite : avec le temps, j’ai encore plus envie de jouer avec les autres, d’exprimer les multiples couleurs de la vie et d’aller à la fois dans les profondeurs et dans la légèreté grâce à des textes d’auteurs qui sont magnifiques.
Il y a certainement aussi ce côté hypersensible, cette envie, ce besoin d’exprimer plein de choses à travers ces histoires, de mettre notre humanité avec toutes ses nuances et ses paradoxes au service d’une histoire.
Parmi toutes les expériences que vous avez pu avoir jusqu’à présent, en retenez-vous certaines plus encore que d’autres ?
Les deux premières images qui me viennent sont mes deux premiers tournages télé. La première, c’est le téléfilm « La Promesse du feu » réalisé par Christian Faure. Parce que ça demandait d’aller dans des endroits qui peuvent être très inconfortables. C’était une expérience riche et je me suis surprise à prendre plaisir à jouer des choses sombres. Le film avait été adapté d’un roman et ce fut un cadeau de pouvoir le lire avant de commencer le tournage. Ça aide à développer tout un imaginaire qui nous habite ensuite pendant nos scènes. Je me souviens tout particulièrement de mon tout premier jour de tournage. On a tourné la scène finale dans les ruines du Château d’Aumelas qui surplombe un paysage magnifique. Les pompiers allumaient le feu et l'éteignaient à la fin de nos scènes, c’était intense et assez unique comme expérience.
Après, la deuxième image qui m’est venue, c’est « Candice Renoir ». C’était mon tout premier jour de tournage télé dans ma vie d’actrice, je jouais une danseuse de salsa accusée de meurtre. On a passé la journée à danser la salsa et j’ai adoré passer autant par le corps. Je suis assez traqueuse et le fait de commencer par la danse m’a aidée à me détendre, à entrer dans le ludique et à ensuite passer ce cap de la première scène parlée. J’ai une image magnifique en tête de ma découverte du plateau où d’autres comédiens étaient déjà en train de tourner. Il était tôt, la lumière naturelle était particulièrement belle et il y avait quelque chose de singulier dans l’air pendant leur scène, une qualité de présence qui m’a marquée. C’est mon tout premier souvenir de tournage.
Après, au théâtre, je pense à « Antigone » de Sophocle. Pouvoir jouer, rejouer, traverser et retraverser cette histoire, c’est sûr que ça marque à vie. C’était très intense et engageant. C’est un rôle que j’aimerais jouer à nouveau, différemment. Une fois de plus, c’est un souvenir qui correspond à mes débuts.
Considérez-vous ces deux domaines artistiques que sont l’image et le théâtre comme le même métier, où il faut ouvrir et fermer des tiroirs ? Ou comme deux arts différents ?
En fait, ça dépend du style de jeu. D’une manière générale, je les considérerais à la base de la même manière. Idéalement, je fais des recherches sur le contexte de l’histoire puis je me pose plein de questions sur l’histoire du personnage, sur ses valeurs, ses rêves, ses intentions, ses secrets, ses enjeux, son challenge du moment… J’essaie d’imaginer son univers et je me laisse traverser dans le jeu par des impulsions physiques, émotionnelles en aspirant à une certaine vérité de jeu. Je peux très bien utiliser la même méthode à l’écran et au théâtre en ajustant le volume et l’expression corporelle. Après, c’est en fonction aussi du metteur en scène avec qui on travaille. Sans oublier l’écriture et la forme théâtrale. Si c’est un spectacle jeune public, comme une adaptation des Fables d’Esope dans un style burlesque, je ne vais pas du tout travailler de la même manière. Mais j’ai encore tellement à apprendre et à expérimenter. J’ai toujours cette impression et cette sensation que ce n’est que le début. Là, je termine un stage de théâtre/cinéma avec le coach américain Robert Castle et je sens qu’il y a encore des fenêtres qui s’ouvrent, ce n’est qu’un autre début, je peux aller tellement plus loin dans l’exploration des histoires et j’en ai envie. C’est ce qui me passionne.
Plus récemment, vous avez participé à plusieurs quotidiennes en télévision. On le sait, le rythme de tournage y est très soutenu. Artistiquement parlant, ce doit être une très belle école ?
Oui ! Il vaut mieux arriver prête, disponible et détendue. On n’a souvent que deux ou trois prises. Personnellement, j’aime préparer en amont, m’approprier au mieux l’histoire et connaitre le texte comme une seconde nature. J’ai croisé sur « Plus Belle La Vie » des acteurs tellement expérimentés et si bien installés dans leurs personnages qu’ils ont des méthodes complètement différentes. Ils découvrent le texte juste avant de tourner la scène et ils ont développé une telle mémoire immédiate qu’ils sont capables de l’apprendre au dernier moment et de jouer de manière vivante comme s’ils improvisaient mais en ayant vraiment le texte. C’est assez admirable.
J’ai une autre manière de travailler, même si pour le casting de “Plus Belle la Vie” j’ai dû justement apprendre la scène juste avant de la jouer parce que le directeur de casting voulait me voir sur ce rôle de directrice de casting pour enfants (alors que j’étais venue pour un rôle de photographe). Je me suis amusée à le faire pour le casting mais quand il y a plusieurs scènes à jouer dans la même journée, j’aurais peur de m’emmêler les pinceaux et de faire perdre du temps à l’équipe.
Du coup, oui, j’aime travailler en amont, imaginer plein de choses, j’ai même un questionnaire que je reprends à chaque fois pour chaque personnage, j’aime écrire pour répondre à ces questions et quand j’écris, je sens et découvre différents aspects de l’histoire. Il y a également beaucoup de choses qui se passent sur le plateau, quand on rencontre les comédiens, dans la spontanéité. J’aime préparer, je pense que ça me rassure, j’aime me raconter une histoire mais j’aime aussi quand c’est transformé sur le plateau et qu’il se passe des choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout. J’adore ça même! Je me suis laissé surprendre souvent sur « Plus Belle La Vie », j’étais partie dans une direction et, naturellement, c’est allé ailleurs. Ça m’a plu.
En tous cas j’étais ravie de ce tournage avec Stéphane Hénon et Jérôme Bertin. Ils ont été des partenaires de jeu à la fois drôles, généreux et attentionnés. Et ce fut un vrai plaisir de tourner avec les quatre réalisateurs/réalisatrices que j’ai rencontrés ainsi que toute l’équipe de la série, une belle famille, une belle aventure !
Même si ce n’est jamais toujours évident, aimez-vous voir le rendu final lors de la diffusion à l’écran, pour capitaliser les points forts et ceux à améliorer ?
Oui, bien sûr ! Dès fois je suis contente et parfois, c’est l’inverse. J’apprends à accepter que mon jeu aurait pu être différent et que mon image ne correspond pas forcément toujours à celle que j’aimerais avoir.Sur le plateau d’une quotidienne, on a un coach pour nous accompagner face à ce rythme soutenu. J’ai principalement travaillé avec Eric Hénon. Il est très doué, il y voit clair et sait dire des choses précises qui aident dans l’ajustement du jeu.
J’ai une scène en tête, tournée en fin de journée, c’était la huitième. Je manquais de repos et pour garder l’énergie, j’étais malgré moi en mode efficace. A la base, j’avais eu l’intention de traverser la scène différemment mais au moment de jouer, je suis allée droit au but et j’ai trouvé ça dommage. Il y avait du rythme, oui, mais ça a enlevé des couleurs, il y aurait pu en avoir d’autres, plus vivantes et plus intéressantes à mes yeux. Donc je me suis dit « ok, la prochaine fois, même si c’est la fin de journée et que j’ai l’impression que l’équipe a envie d’arrêter, prends le temps quand-même ». J’ai failli poser une question au réalisateur pour proposer une autre version et je me suis ravisée mais peut-être qu’il aurait bien voulu. Il était adorable en plus. Comme si je n’avais pas voulu déranger…
Sur une autre scène, j’avais un peu peur du résultat et plus tard, en voyant les images, j’ai été rassurée. C’est au final une de mes scènes préférées. Ce qui est important pour moi, en tant qu’actrice, c’est d’apprendre à lâcher prise là-dessus, de faire au mieux puis d’accepter que, dans le parcours, il peut y avoir des loupés, des déceptions ou des bonnes surprises. En tout cas, ça fait partie du métier de lâcher prise sur le résultat, même si ce n’est pas toujours évident, comme vous le dites.
On pourra vous retrouver le 7 novembre en prime-time sur TF1 dans « Le sentier des loups ». Cela a dû être pour vous une belle aventure et un chouette tournage ?
Oui, oui, carrément ! Quand je suis arrivée sur le tournage, j’ai retrouvé un accessoiriste que je connais depuis mes débuts à la télé, ça m’a fait tellement plaisir de le revoir. Tout de suite, juste avant de tourner une scène, il m’a dit « Hélène, tu vas voir, il y a une bonne ambiance sur ce tournage ». A ce moment-là, c’est marrant, il y a eu un grand silence et je me suis demandé s’il me faisait une blague. Mais non, ça a été un tournage très joyeux et riche en belles rencontres!
Julien Seri, le réalisateur, est à la fois très pro, très doué et très jovial. C’était un plaisir de tourner dans ces conditions-là. J’étais très heureuse de jouer avec Karim Belkhadra et de rencontrer Philippe Bas, Sara Mortensen, Jérôme Anger, Edouard Montoute, Denis Braccini, John Guedj, Maximilien Fussen… C’était super de pouvoir échanger avec eux à la fois sur nos passions en tant qu’acteurs et sur d’autres sujets. Et puis on a beaucoup ri, je me souviens d’énormément de bonne humeur sur ce tournage. On avait également des scènes avec beaucoup de personnages, avec toute la bande d’ados notamment, c’était très chouette de les voir jouer et de sentir leur complicité. J’ai aimé ces scènes où on était tous ensemble. Vous le verrez, il y a un chouette tableau à la fin du téléfilm où on est tous ensemble. J’ai un beau souvenir de notre dernière scène collective. C’était la toute dernière soirée de tournage. C’était juste magique, magique par l’humour, par les rires, l’atmosphère… Il faisait nuit, on a attendu que tous les avions de la base aérienne aient atterri pour commencer à tourner et il y avait une pleine lune magnifique. Tout cela est important pour moi, les liens qui se tissent, l’ambiance, le décor…. Là, découvrir la base militaire aérienne de Salon de Provence et une partie des personnes qui y travaillait, c’était très chouette. En tant que comédien, on raconte des histoires qui nous amènent à découvrir des lieux, des métiers, des personnes, des univers que l’on n’aurait jamais découverts autrement, pour moi c’est une chance !
En complément, quels sont vos autres projets du moment ?
Je suis en pleine préparation d’un casting pour un téléfilm. Au théâtre, j’ai rendez-vous dans quelques jours avec un acteur et metteur en scène anglais pour la lecture d’une pièce. J’ai très envie de remonter sur scène. Je sors du stage dont je vous ai parlé, qui m’a passionnée et donné une grande énergie. Je vais continuer à explorer ce que j’ai commencé à travailler, « La Femme Juive » de Brecht. J’aime me laisser guider par mon intuition et voir où les projets me mènent. Cette année, je me lance dans la mise en scène de spectacles en anglais avec des lycéens. Je donne, en parallèle, des cours de théâtre en anglais et en français dans une école de théâtre à Montpellier et à la fac de Nîmes. Ce côté transmission est important pour moi, ça me nourrit à la fois en tant que personne, en tant que professeur/accompagnant et en tant qu’actrice. J’apprends beaucoup et je partage des moments merveilleux avec les élèves. Je fais aussi de la voix-off, pour des livres audio, du documentaire et des pubs. Je me suis équipée récemment de mon propre matériel et même si j’aime beaucoup aller enregistrer en studio avec l’équipe, je suis aussi contente d’avoir cette possibilité d’enregistrer chez moi, en prenant bien le temps de tout peaufiner. Tout me passionne, je n’ai rien envie de mettre de côté.
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Nous pourrons vous retrouver en prime sur TF1, le 7 novembre prochain, dans la superproduction « Le saut du diable 2 – Le sentier des loups ». Avant de s’intéresser au programme en lui-même, on imagine déjà, à titre personnel, sans doute le plaisir et la joie que cela a été pour vous de participer à cette belle aventure ?
Oui, c’était un grand plaisir de fabriquer un personnage très différent d’Emmanuel Teyssier et, du coup, c’était, rien que pour cette raison, très excitant. Il y avait vraiment un gros challenge, pour moi, qui était d’aller vers quelqu’un de complètement différent et de pouvoir donc aller m’oxygéner dans un rôle qui n’avait rien à voir avec Teyssier.
On y retrouve Paul, le personnage joué par Philippe Bas, ex-militaire des forces spéciales et vous jouez un de ses anciens frères d’armes, Mathias Caron. Qu’est-ce qui avait plu et incité à rejoindre le projet ?
Déjà, ce qui m’a fait vraiment envie, c’est de retrouver Philippe, quelqu’un que j’aime bien et avec qui j’avais travaillé il y a quelques années sur TF1 dans une série d’action policière. C’était de reformer ce duo avec lui. Il m’avait déjà gentiment demandé si je voulais participer au casting pour le premier épisode il y a deux ans et je n’avais pas pu. Là, il est revenu à la charge avec une autre proposition, en me disant qu’il avait encore un beau personnage pour moi. J’étais très content qu’il pense à moi. Après, c’est surtout, comme je le disais, le genre de personnage que je n’avais jamais joué et le genre de fiction justement dans laquelle je n’avais jamais joué. C’est-à-dire que c’est un film un peu singulier, un film d’action comme on en faisait à l’ancienne, dans les années 80. Je trouve cela vraiment très entrainant et, du coup, ça donnait vraiment envie en fait. Je trouve que je n’ai encore jamais vu ce style, en unitaire, sur TF1 ni sur France 2.
On le devine à l’image, vous avez sans doute beaucoup travaillé avec les maquilleurs pour représenter au mieux votre personnage ?
Absolument ! Vraiment, pour moi, le plus grand travail que j’ai pu faire était avec les maquilleurs et les coiffeurs. Pour vraiment fabriquer un personnage qui me raconte quelque chose à moi et, ensuite, avec lequel je puisse raconter des choses aux téléspectateurs. Donc je m’étais de suite documenté, qu’est-ce que c’est qu’un militaire, qu’est-ce que c’est qu’un mercenaire, qu’est-ce que c’est quelqu’un qui travaille pour le gouvernement et qui a une formation militaire extrêmement forte. Du coup, j’ai inventé un peu un personnage comme ça, avec les gens du maquillage. C’était formidable pour moi. Le grand challenge, c’était de le rendre crédible, qu’il puisse exister sans qu’on puisse demander « ah mais qui c’est ? Ah mais est-ce que ça marche ou pas ? Ah mais c’est Benjamin ». Non, c’est Mathias Caron, voilà ! Pour moi, c’est ça le plus grand challenge.
C’est un téléfilm très singulier et très esthétique, avec notamment une effroyable et sensationnelle course contre-la-montre au milieu d’une nature sauvage. En tout cas, on peut noter une réelle intensité dans les actions et les émotions qui, on l’espère, devrait sans doute plaire aux téléspectateurs…
Alors, vraiment, je l’espère car ça voudrait dire que l’on a bien travaillé. C’était vraiment un film pour prendre du plaisir, pour ne pas se prendre la tête, pour être vraiment dans une espèce d’adrénaline, comme je vous parlais des films des années 80, avec Stallone, avec « Schwarzee ». J’ai grandi avec ces héros-là, entre autres. Il y a un côté très western dans le film, je pense même à John Ford parce que j’ai la chance d’avoir grandi avec des films comme cela à la télévision quand j’étais petit. Ceux que j’appelle des films de mouvement… un western est un film de mouvement, il y a toujours un cheval qui avance, toujours quelqu’un qui est à la poursuite de l’autre. Là, à l’image du personnage de Paul Vilard, on est en train de courir du début à la fin. Du coup, j’espère que les téléspectateurs vous courir avec nous.
Vous l’avez dit, vous y côtoyez à nouveau Philippe Bas, avec qui vous aviez travaillé sur « Profilage ». On imagine que les retrouvailles artistiques et professionnelles ont été plutôt chaleureuses entre vous, comme on peut le ressentir à l’image, dans le rendu final ?
Oui, tout à fait, disons que l’on a gagné du temps, Philippe est quelqu’un que je connais, je sais comment il travaille, il sait aussi comment je travaille donc, en fait, on a été vite sur certains aspects. J’ai totale confiance en lui. On avait de grosses cascades ensemble à faire, c’est du corps à corps, c’est comme une danse avec quelqu’un et ce quelqu’un-là, je m’entends bien avec lui, j’ai confiance en lui donc, professionnellement, ça matche bien. Et puis il y a une grande générosité chez Philippe, du coup je suis très sensible à cela, c’était donc, oui, très chouette, de rebosser avec lui.
Avez-vous déjà eu l’opportunité de découvrir le rendu final ? Ou allez-vous le voir le 7 novembre au soir ?
Alors, vous savez quoi, je n’ai pas encore vu le film parce que je me suis octroyé le droit de me réserver jusqu’au 7 novembre pour le voir, comme un téléspectateur qui va se mettre devant TF1 et découvrir le film. Alors, j’ai découvert quelques séquences que l’on a retravaillées en post-synchro, quand on en a refaites certaines au niveau du son. Donc j’ai vu quelques images, j’ai trouvé cela esthétiquement très beau. Je regarderai en tout cas le film avec grand intérêt le soir où il va passer, je serai un des téléspectateurs devant ma télé.
En complément, vous interprétez depuis 2020 Emmanuel Teyssier, l’excellent mais tyrannique chef pâtissier puis patron de l’institut Auguste Armand, dans « Ici tout commence ». Depuis deux ans maintenant, la fidélité des téléspectateurs chaque soir ne se dément pas. Cela doit sans doute vous faire particulièrement chaud au cœur ?
Oui, absolument ! Je parlais de challenge tout à l’heure en ce qui concerne le téléfilm interprété par Philippe mais là, c’est pareil, il y a un gros challenge pour tenir ce personnage que j’interprète et ces téléspectateurs qui nous regardent tous les jours. C’est comme une espèce d’histoire d’amour, il ne faut pas se décevoir les uns les autres. Voilà, il y a de la fidélité, de l’honnêteté, il faut vraiment être exigeant et donner le meilleur. Surtout, ne jamais se reposer, ne jamais s’endormir, ne jamais s’assoupir dans ce personnage de Teyssier. Si jamais ça m’arrive, je m’en vais immédiatement. Du coup, voilà, on a beaucoup de chance, je réalise la chance que l’on a, c’est ce que j’essaie de dire à mes jeunes partenaires ici, de leur dire « voilà, il faut vraiment que l’on soit à la hauteur et que l’on soit très exigeants, que l’on donne le meilleur pour les gens qui nous regardent tous les jours ».
Votre personnage a vécu, depuis le début du programme, énormément de choses, tant personnellement que professionnellement. Justement, quel regard portez-vous sur son parcours ?
Je trouve que c’est quelqu’un qui retombe constamment sur ses pattes et donc, ça, je trouve que c’est une grande qualité qu’il a. Quelqu’un qui a du courage…Je commence par les qualités, c’est plus facile, il y en a moins que les défautsJ. Une exigence, beaucoup de courage et, franchement, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas décourager en fait, malgré tout ce qui peut lui arriver. On voit qu’il a une sclérose en plaque, des problèmes dans sa famille, un relationnel compliqué où on lui met des bâtons dans les roues…mais c’est quelqu’un qui garde le cap. Du coup, je trouve cela très inspirant. En tant que personne, je trouve que mon personnage m’inspire par rapport à cela. Je dirais vraiment pugnacité, ténacité et exigence,… ça, c’est vraiment Emmanuel Teyssier.
Parfois tendre, notamment avec sa femme Constance ou sa fille Charlène, parfois plus intransigeant, avec son fils Théo ou encore avec les professeurs et élèves de l’institut, il vous permet une palette de jeu extrêmement large. Artistiquement parlant, interpréter un tel rôle doit être particulièrement plaisant ?
Vous avez entièrement raison, c’est une très belle remarque que vous faites parce que, effectivement, c’est un personnage aussi qui s’adapte à chaque protagoniste qu’il a en face de lui. Du coup, ce sont des tiroirs de jeu différents à chaque fois et des nuances. Cela me fait énormément progresser en tant qu’acteur, c’est vraiment un plaisir et beaucoup beaucoup de variétés de jeu. C’est vrai que je ne joue pas pareil quand je suis en face de Khaled qui joue mon fils, que de Sabine qui joue ma femme ou encore que du personnage d’Elsa, Clothilde Armand. Il y a un Teyssier différent à chaque fois, qui est le même Teyssier mais il y a des réactivités du personnage qui sont vraiment différentes. Du coup, c’est une grande richesse de jeu, c’est super de le souligner, je trouve que c’est vraiment une des grandes qualités de la quotidienne, c’est de ne jamais être en mode pilotage automatique, on est constamment secoués par les uns et par les autres, dans le bon sens.
On le sait, le rythme de tournage d’une quotidienne est particulièrement intense. Comment l’avez-vous, en conséquence, appréhendé ?
C’est un petit peu la réponse que je vous donnais juste avant avec la réactivité vis-à-vis de tous les personnages avec lesquels Emmanuel peut intervenir. Cela m’a vachement changé la vie et beaucoup fait progresser d’avoir cette espèce de rythme que l’on a ici, on fait parfois sept à huit séquences par jour, ça peut arriver, c’est énorme. Cela veut dire que l’on est sur le plateau de huit heures du matin jusqu’à dix-neuf heures le soir, en ayant cinquante minutes pour manger le midi. En ayant enchainé une journée à jouer et à donner le meilleur, tout en étant dans l’urgence mais jamais dans la rapidité. Donc c’est vraiment vraiment vraiment très formateur pour un acteur, je le dis beaucoup aux jeunes qui viennent sur la série « vous ne serez pas les mêmes acteurs quand vous sortirez de la série que quand vous y êtes rentrés, que vous ayez de l’expérience ou pas ». J’en avais de l’expérience et, en fait, ça a complètement changé ma façon de jouer, d’envisager mon métier et de m’adapter. Voilà, je trouve que c’est très rigoureux, il faut être un peu comme un athlète de haut niveau, c’est sportif mais, en même temps, quand on arrive à acquérir cette espèce de discipline-là, on peut vraiment s’éclater.
On l’a dit, Emmanuel sait très régulièrement se montrer tyrannique et intransigeant, glissant des punchlines dont lui seul ou presque a le secret. Dans le fond, ce caractère-là ne cache-t-il, quelque part, un profond amour pour sa famille, pour son corps professoral et ses élèves, voulant que l’institut garde l’image d’excellence qu’on lui connait et que ses enfants perpétuent la tradition du nom Teyssier dans le milieu ?
Oui, il y a un côté un peu tradi chez lui à travers le personnage que Francis Huster interprétait avec nous, Auguste Armand. Il y a un côté, chez Emmanuel, très attaché à cette tradition et, en même temps, je trouve qu’il y a quelque chose vraiment, chez lui, de profondément moderne, il sait s’adapter, on l’a vu à plein de moments. Il sait s’adapter, il sait se montrer compréhensif, on l’a vu pour tout ce qui est végétarisme, on l’a vu avec ce monde-là des jeunes gens aujourd’hui, ce n’est pas un vieux con, si vous me permettez l’expression. C’est un mec qui a compris comment fonctionnait le monde aujourd’hui. C’est pour cela qu’il est si réactif, c’est en cela que j’aime tant l’interpréter, il comprend, il s’adapte et, en même temps, il a compris que c’était mélangé entre une tradition et de la modernité. Du coup, avec cela, il a le combo gagnant pour, on va dire, diriger l’institut.
Pour ne rien gâcher au plaisir du jeu, vous tournez dans un cadre et surtout un décor extrêmement beaux, donnant des images, une lumière mais également un réalisme particulièrement marquants…
Alors, vous soulignez quelque chose qui, pour moi, est le plus important. Le rôle principal de la série, pour moi, est le château. Ce n’est pas Teyssier, ce n’est pas un autre personnage, c’est le décor, c’est le travail formidable qu’ont fait les chefs décorateurs, les fabricants des décors dans lesquels on est et surtout le décor naturel. Le château, la lumière, l’image, le grain sur les caméras, …je n’ai pas l’impression d’être dans une quotidienne, j’ai l’impression d’être dans une belle fiction, élégante et à ciel ouvert. J’aurais déjà arrêté si c’était en studio, voilà ! Je plains les acteurs qui passent des journées en studios, bravo à nos collègues sur DNA, sur « Un Si Grand Soleil ». Je ne sais pas comment ils font. C’est très important pour moi de pouvoir jouer dans des vrais décors, dans de la vraie pierre. Les cuisines que vous voyez sont de vraies cuisines, on peut faire une omelette, on peut faire cuire un steak, rien n’est fake. Du coup, c’est très important. On parlait de maquillage tout à l’heure pour le personnage de Mathias Caron, c’est un peu pareil pour ITC en fait, le parc, le château, les cuisines, l’amphithéâtre,…tout aide à interpréter, à être avec les téléspectateurs au cœur même de la série.