Koh Lanta : Frédéric évoque son élimination aux ambassadeurs !
Bonjour Frédéric,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On l’a vu il y a quelques jours, vous avez été éliminé de « Koh Lanta » suite à la réunion des ambassadeurs. A titre personnel, comment aviez-vous vécu la diffusion de cet épisode ? Les images avaient-elles ravivé en vous certains souvenirs ?
Complètement ! Quand Maxine est partie aux ambassadeurs, je ne savais pas qu’elle serait rejointe par Laure donc j’ai découvert cela lors de leur retour en bateau sur le camp des réunifiés. Oui, effectivement, le fait de revoir cet épisode m’a fait reprendre un peu en plein visage les grandes déceptions que j’ai eues lors de l’annonce de ma sortie. Je m’étais beaucoup entrainé pour la suite, la première partie d’aventure est un peu les réglages pour l’équipe puis, quand vous arrivez à la réunification, c’est là où ça bagarre. On voulait sortir les jaunes puis se bagarrer sur les poteaux entre rouges. Donc, oui, ça m’a rappelé de mauvais souvenirs sur cet épisode-là, après il en reste plein de bons…
Au moment du retour des trois aventuriers sur le camp réunifié, dans quel état d’esprit étiez-vous ? Inquiet pour votre avenir ou plutôt serein et confiant ?
Dans « Koh Lanta », il y a toujours ce risque potentiel, lors d’un conseil ou quand les autres choisissent votre destin, vous avez toujours un doute. Il est tout le temps présent je pense, après il est plus ou moins marqué. C’est vrai que, quand Maxine est partie aux ambassadeurs, j’étais assez confiant, je ne me sentais pas spécialement en danger. En face, il y avait Vincent mais je ne le connaissais pas donc, du coup, je ne savais pas s’il allait être meilleur qu’elle en négociations. Donc j’étais assez confiant, oui, après j’aurais préféré négocier seul mon destin.
A froid, avec le recul, quel regard portez-vous sur la décision qui avait été prise de désigner votre nom ?
Je suis un garçon qui est très très très compétiteur. C’est frustrant pour moi parce que « Koh Lanta », même si je le voyais comme une compétition, n’en est pas une : pour une compétition, vous vous entrainez, vous vous fightez avec les autres et c’est le meilleur qui gagne. Là, du coup, on ne m’en a pas laissé la possibilité, c’est très très très frustrant. Oui, je suis en colère, en plus elles étaient deux contre un et je me dis qu’à deux, on est plus fort que seul. Comme elles avaient de toute manière décidé de me sortir, elles le disaient sur l’épisode d’avant, c’était une bonne excuse pour elles. Elles ont joué, c’est leur façon de jouer, pas la mienne, je dois l’accepter.
Selon vous, quelles en sont les principales raisons ?
On m’a donné de fausses raisons selon moi, en l’occurrence que j’avais changé, ce qui n’était pas le cas, j’ai posé la question à la plupart de mes équipiers qui m’ont dit que non. Après, elles parlent de vengeance mais je pense que c’est leur stratégie d’éliminer des gens qui peuvent leur faire peur, preuve en est elles ont dit préférer me sortir parce que Frédéric sans Hervé était encore un risque, moins le contraire. Elles ont décidé de me sortir parce que je pense que j’étais dangereux pour elles après, chose qui n’était pas le cas, je n’ai jamais voté contre elles. Pour moi, je l’ai dit dans l’émission, on avait la bonne équipe pour arriver face aux jaunes, il n’y avait plus personne à enlever, on avait fait tous les régales, évacué toutes les tensions qui pouvaient être éventuellement un problème. Non, elles avaient envie de me sortir, il faut le dire et l’assumer, c’est tout.
Cette élimination est différente d’une sortie lors d’un conseil car elle est le résultat d’une décision de 3 personnes seulement. Quels sentiments cela procure-t-il du coup ?
C’est ce qui est vraiment frustrant. Quand on sort à un conseil, je pense que ce n’est pas facile mais c’est un esprit général, c’est le collectif. Mais quand ce ne sont que deux personnes qui vous sortent, c’est de la vengeance, ce n’est pas du collectif. C’est très dur à encaisser, surtout quand on ne vous donne pas les bonnes raisons. J’aurais préféré que l’on me dise « voilà, tu nous fais peur, on te sort parce que l’on a peur que tu nous élimines ». J’aurais répondu que ça n’aurait pas été le cas puisque ça ne l’avait pas été jusqu’alors. Voilà, c’est un jeu, c’est leur façon de faire, pas la mienne, que je suis obligé d’accepter.
On l’a vu lors de l’épisode suivant, c’est Hervé qui vous rejoint en premier dans le jury final. En avez-vous été étonné ?
En fait, quand je l’ai vu arriver, j’étais très étonné. Parce qu’il les avait vraiment rassurées en leur montrant qu’il se battait pour elles, de manière à gagner des épreuves. Lorsque l’on était au cochon pendu, il leur a vraiment dédié la victoire. Donc je n’ai pas compris sur le coup. Après, j’ai compris, elles voulaient, encore une fois, enlever des personnes qui étaient fortes physiquement, chose que l’on avait montré sur les épreuves. C’est leur stratégie à ce moment-là, elles l’avaient déjà commencé entre filles dès le début, en faisant du tri entre elles. Marie qui, à mon avis, est une compétitrice, gênait un petit peu donc ça les a bien arrangées quelque part. C’est une stratégie d’éliminer les plus forts de leur équipe donc j’ai été très étonné pour Hervé mais, après coup, j’ai compris. J’étais très déçu pour lui parce que c’est un super compétiteur qui ne les a jamais lâchées. Elles n’avaient pas de risque potentiel, il ne les menaçait pas mais, comme moi, je pense qu’elles le voyaient comme dangereux à un moment donné, dans l’individuel après la réunification. On ne les dérangeait pas en équipe mais ensuite, oui, en individuel potentiellement. C’était plus risqué pour elles. C’est mon analyse en tout cas, on verra plus tard quand on pourra en parler en face à face mais c’est comme ça que je le vois.
Plus généralement, quels resteront vos plus beaux souvenirs de cette aventure ?
Toute la première partie où vous créez du collectif. Vous rencontrez de manière très rapide mais très intense les candidats. Puisque avec la faim, avec le sommeil un peu abimé, les sentiments sont exacerbés donc vous rencontrez des futurs amis, pour la plupart en tous les cas puisque l’on se revoit beaucoup après le jeu. C’est le feu de camp le soir, où vous cuisinez tous ensemble. C’est une petite vie de famille à l’autre bout du monde, sans portable, sans attache, sans les problèmes d’argent, sans les enfants qui courent et qui crient partout. C’est canon. A 50 ans, c’est irréel pour moi.
A l’inverse, certaines choses ont-elles été plus compliquées à supporter et/ou à appréhender ?
Je suis un ancien militaire, dans les troupes d’élite de montagne. Tout ce qui est survie et vie en collectivité sont des choses auxquelles je suis relativement aguerri dans des conditions extrêmes. Donc rien pour ma part. Après, la faim, oui, on aimerait manger un peu plus gras, un peu plus sucré, avec plus de saveurs. Mais on a réussi à bien se débrouiller, on a réussi à faire des risottos avec du lait de coco, à un confort on a même gagné de la vanille. On a pu cuisiner des choses avec ce que l’on trouvait, cocos, bulots, tous les produits de la mer, hors poisson parce que l’on n’avait pas de harpon. Mais on a toujours réussi à faire de grosses soupes, des diners où on avait le ventre plein en tout cas, mais sans beaucoup de calorie, ni dans la coco ni dans le cœur de palmier. Pour ma part, comme en plus j’ai un restaurant, j’ai l’habitude de vivre beaucoup en collectivité, à manger tous ensemble. Pour certains, peut-être que ça a été dur mais pour moi, pas du tout.
Sur le camp, au quotidien, quelles tâches aimiez-vous plus particulièrement effectuer ?
Cuisiner parce que j’étais un peu le cuistot de la bande. J’essayais de varier un peu les textures, les saveurs, je leur ai fait gouter des oursins que l’on avait pêchés, aussi différents coquillages. C’était vraiment la cuisine qui me plaisait bien. Après, contrairement à ce que j’ai pu voir dans d’autres « Koh Lanta » où certains restaient sur le sable à rien faire, là où d’autres râlaient parce qu’ils faisaient tout, on avait une belle cohésion, tout le monde participait. Quand on disait que l’on devait aller chercher du bois, tout le monde y allait et ce n’était pas une demande d’Hervé, de moi ou de qui que ce soit, c’était collectif. On avait même des moments où on se disait d’aller chercher chacun de son côté les colliers ou armes secrètes, comme ça ça ne générait pas de recherche dans le dos des autres. On ne cherchait pas côte à côte mais on essayait de tout faire tous ensemble, ce qui a donné cette belle cohésion. Ce qui a relativement bien marché pendant un bon moment.
Quelle place, quel rôle diriez-vous avoir eus dans la tribu des rouges ?
Ils m’ont un peu appelé le papa de la bande parce qu’un peu plus âgé donc un peu plus posé. Je ne suis pas quelqu’un de très expansif, j’ai un peu ce côté chef d’entreprise et ancien militaire, du coup je sais que mon habitude fait que je suis beaucoup en observations, je ne m’impose pas et j’essaie d’aider quand il faut aider et de laisser faire les gens qui savent faire quand il faut faire. C’est comme ça que ça marche, vous valorisez les gens qui savent faire et vous aidez ceux qui n’y arrivent pas et, là, vous avez une belle cohésion.
Si l’on revient à la genèse de votre aventure, quelles principales raisons vous avaient incité à candidater à « Koh Lanta » ?
La principale raison a été mon fils, en fait. On a un héritage familial qui n’est pas facile, on est « dys », dyspraxie, dyslexie et dysorthographie. Enfant, la scolarité a été très compliquée pour moi et, là, c’est un peu pareil pour mon fils. Donc la seule chose qui m’a permis d’être maintenant chef d’entreprise, d’avoir fait plein de choses, beaucoup de sports extrêmes notamment, c’est le dépassement de soi. Donc j’ai voulu montrer à mon fils que l’on pouvait tout faire si on en avait envie, que même si le format de l’école n’était pas facile et même si l’on n’y arrivait pas forcément, on pouvait quand même y arriver dans la vie. Comme il regardait « Koh Lanta » avec des grands yeux écarquillés, je lui ai dit « tiens, pourquoi papa n’irait pas le faire pour te montrer qu’à l’âge qu’il a, il peut aller faire l’aventure lui aussi et que, à tout âge, à tout moment, en étant dys, toi aussi tu peux tout faire. Tu as une sensibilité différente mais tu sauras t’intégrer, tu sauras faire des choses, tu peux y arriver ». Voilà, c’est pour mon fils.
Merci, Frédéric, pour toutes vos réponses !