Sylvie Filloux évoque sa belle actualité télévisuelle !
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Bonjour Sylvie,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
On pourra vous retrouver sur TF1 le 12 avril prochain, dans « Le remplaçant », aux côtés notamment de Joey Starr. Quel en sera le thème ?
C’est une série qui porte sur une classe de seconde, dans un lycée en banlieue. Joey Starr joue le rôle principal, celui d’un prof de français qui débarque au lycée en tant que remplaçant. Les deux premiers épisodes tournent autour des pratiques éducatives peu conventionnelles de ce professeur et de la relation spéciale qu’il entretient avec une des élèves. Le remplaçant bouleverse les codes et ne respecte pas la hiérarchie. Il va notamment proposer à sa classe de participer à un concours de plaidoirie. Il va être capable de motiver une classe qui était pourtant perçue comme la moins bonne du lycée, comme celle vouée à l’échec. Il va parvenir à inspirer le respect à un groupe difficile et permettre à certains élèves de se révéler.
Je trouve cela très intéressant, on voit toute l’opposition entre la classe qui va être la plus privilégiée et la nôtre. Et toute cette tension, entre les autres professeurs et le nôtre qui ne rentre pas du tout dans le cadre. Il va avoir du mal à se faire accepter par les autres professeurs et par les autres classes. C’est tout une réflexion sur l’acceptation, sur la capacité de chacun des individus à pouvoir briller et savoir se faire écouter aussi.
Le sujet de l’art oratoire comme tremplin social est en vogue, j’avais vu récemment un reportage dessus. On s’interroge sur comment on arrive à débloquer des choses chez des élèves qui, de base, sont en difficulté et qui ne vont pas forcément y arriver parce qu’ils n’ont pas eu la socialisation qu’il fallait et parce qu’ils n’ont pas été élevés dans le bon contexte. Par la voix, ils vont réussir à mieux se vendre dans le milieu du travail et à prendre confiance en eux
J’ai découvert que Joey Starr avait beaucoup contribué au choix du sujet de la série et qu’il était très tourné vers la littérature. L’une des premières choses qu’il nous a dites était qu’il avait demandé à la production de distribuer un livre aux acteurs. Je pense que les thématiques sociales abordées pendant la série le touchent aussi beaucoup peut-être représente-t-il le professeur qu’il aurait voulu avoir ?
Vous y interprétez l’une des élèves de cette classe. Comment présenteriez-vous votre personnage ?
C’est un peu difficile car ce sont eux aussi des personnages qui sont à découvrir et je pense que la série joue sur cela. On est cinq élèves à jouer les rôles principaux dans cette classe turbulente de seconde. Je suis très typiquement la bonne élève, blonde, au premier rang, avec des lunettes. Sage en classe mais qui est quand même dans le groupe d’amis que l’on voit principalement, qui sont des gens turbulents. Elle s’intègre bien avec eux, elle n’est pas coincée, elle veut réussir, elle a de l’ambition, on sent au fond d’elle qu’elle a des choses à revendiquer. On voit des choses qui sortent de temps en temps, elle a besoin d’extérioriser quelque chose, on voit qu’elle est touchée par le sujet de l’égalité femme / homme. D’ailleurs, à travers ce concours d’art oratoire, elle va être amenée à aborder ce sujet. Oui, on voit que c’est quelqu’un qui a du potentiel et qui a juste besoin de faire exploser sa rage à un moment. On sent que ça sortira, plus tard peut-être.
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Le réalisateur nous a laissé pas mal de liberté. C’était intéressant, j’apprenais à apprivoiser le rôle au fur et à mesure que je le jouais et à lui donner une substance au cours du mois de tournage. Je sais que, au début, j’avais du mal à définir ce qu’était le personnage d’Elsa, je la voyais à la fois comme quelqu’un de sage mais qui arrivait aussi à bien se sociabiliser avec les gens. Même si elle pouvait être de temps en temps en retrait, elle avait une bonne personnalité, qui faisait que, oui, avec son petit égo, elle voulait s’imposer. C’était un peu ambivalent. On tombe facilement dans des clichés quand on veut jouer un rôle, là, du coup, c’était sensible, le jeu était subtile.
Selon vous, qu’est-ce qui pourra plaisir aux téléspectateurs ?
Je pense que tout le monde peut se retrouver dans le programme. Il y a une classe, des histoires d’amour, des engueulades, plein de rebondissements ce qui plait beaucoup. Joey Starr va découvrir, dans la classe, sa fille cachée… Il se passera énormément de choses.
La série est dynamique, positive et joyeuse. Elle laisse un message d’espoir, avec une grande diversité aussi dans les profils proposés.
En parallèle, toujours à l’image, on pourra vous retrouver prochainement sur France 2 dans la deuxième saison de « Astrid et Raphaëlle ». Sans tout en dévoiler, dans quel registre interviendrez-vous pour ces nouveaux épisodes ?
Je joue Astrid plus jeune, quand elle a 16 ans. Le rôle à l’âge adulte étant interprété par Sara Mortensen. J’apparais quand il y a une réflexion sur la personne d’Astrid, qui va expliquer ses réactions d’aujourd’hui. Ce qui est intéressant, c’est que, à chaque fois que j’apparais, on rentre un peu plus dans l’intériorité d’Astrid. Mon rôle est de dévoiler des petites clés sur elle. Là, on va encore approfondir quelques éléments, qui ont pu la traumatiser quand elle était plus jeune. Il y a toute une thématique avec ses parents, sa mère notamment. Il y a aussi la question de son acceptation au milieu des autres élèves, avec son autisme et son hyper intelligence.
La saison 2 est davantage orientée sur le moment où elle découvre sa passion pour la criminologie et où elle va pouvoir découvrir ce monde. C’est là qu’elle va se révéler. On sait que, souvent, ce qui permet aux autistes d’Asperger d’exister ou au moins de trouver un bonheur, c’est un sujet très précis dans lequel ils vont tellement se passionner qu’ils vont en devenir des experts. Même si, au départ, les gens ne vont pas croire en ses capacités, elle va se révéler être très talentueuse et finira par épater les adultes.
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Quelle est votre méthodologie de préparation pour interpréter ce rôle, en lien avec Sara et/ou avec l’autisme ?
Pour le coup, je pense que c’est le rôle qui me demande le plus de travail. Sara a effectué un gros gros travail auprès des autistes. Elle a rencontré des autistes, leurs parents et des professionnels de santé. Elle est très impliquée et je dialogue beaucoup avec elle. On s’appelle avant que je joue. Elle m’explique comment je devrais m’exprimer, comment elle interpréterait la réaction d’Astrid. Je sais que mon rôle est de lui ressembler, c’est limite du calquage, c’est impressionnant. Je dois lui ressembler trait pour trait, jusque dans la gestuelle et la manière de marcher. La manière de parler est aussi très spécifique, il faut prendre les respirations à des moments différents de ceux des neurotypiques, avec des accélérations et des pauses. Souvent, elle m’envoie des vocaux de mon texte, que j’écoute en boucle. C’est intéressant, ce n’est pas une question personnelle d’interprétation d’un rôle, je dois vraiment copier quelqu’un. C’est passionnant et extrêmement challengeant.
C’est une cause qui me touche beaucoup et je suis ravie de pouvoir en parler.
Si le scénario le confirme, on imagine votre impatience de retrouver l’équipe pour une éventuelle troisième saison ?
Oui ! L’ambiance est très sympa, je suis très contente d’être sur cette série aussi pour ça. Ça se passe bien avec tout le monde, réalisateurs, acteurs, régie !
Merci, Sylvie, pour toutes vos réponses !