Le Bazar de la Charité : Camille Lou nous en dit plus sur la mini-série de TF1 !
Bonjour Camille Lou,
Quelle joie d’effectuer cette interview avec vous !
« Le Bazar de la Charité » est LE nouveau programme de TF1 à ne pas manquer, en quatre soirées de deux épisodes. Comment le présenteriez-vous ?
C’est un projet extrêmement intense, qui m’a bouleversée, qui m’a changée personnellement parlant, intérieurement parlant. De part les émotions que j’ai vécues. C’est tiré de faits réels, c’est romancé par la suite mais le point de base est un incendie qui a réellement eu lieu. De l’avoir vécu sous contrôle, déjà j’avais peur, déjà c’était incroyable, c’était saisissant, alors je n’imagine même pas la réalité. Ce qui a dû se passer est terrible. Je trouve d’ailleurs dingue que l’on n’en parle pas dans les cours d’histoire. Cet incident a été le déclencheur de beaucoup de choses, notamment des issues de secours.
Pour chaque personne qui le regardera, il y aura un avant et un après. Comme ce fut le cas pour ceux qui l’ont vécu.
Quelles sont, selon vous, les principales caractéristiques de votre personnage ?
Alice est une jeune bourgeoise, qui a beaucoup de règles et de valeurs à respecter. Elle est, je pense, très très proche de sa famille, de son père. Elle tient à être dans les règles, c’est quelque chose que j’ai en commun avec elle, en cherchant toujours à faire plaisir à mes proches. Je crois que son rapport avec son père est très fort, elle veut le rendre fier.
En même temps, elle a un côté rebelle, elle est en pleine découverte de la vie, de l’amour, de la sensualité, de son corps. Plein de petits détails, dans sa tête, étincellent et, tout en restant dans les clous, elle se permet des petites folies, notamment celle d’embrasser son conjoint dans une salle de cinéma. Aujourd’hui, c’est anodin, mais ce n’était pas le cas à l’époque.
A la suite de l’incendie, tous ses repères vont complètement changer. Elle va se reconstruire seule, avec ses propres valeurs. Elle va avoir une soif de justice et d’égalité qui va la faire gronder. Elle va changer, elle va évoluer, elle va grandir.
J’ai eu une chance incroyable avec ce personnage, son histoire est magnifique.
Face à l’ampleur du projet, du programme mais aussi face à l’ampleur du phénomène historique, comment vous êtes-vous préparée ?
Chacun a sa manière de travailler. J’ai fait, obligatoirement, des recherches historiques car je voulais comprendre l’incendie du bazar de la charité, dont je n’avais jamais entendu parler. Je voulais savoir quelles en étaient les origines, quelles en étaient les conséquences. J’avais besoin de savoir tout cela.
Mais, pour mon rôle en lui-même, je n’ai approfondi les recherches. On voulait tellement moderniser le programme, le rendre intemporel, que je voulais que le personnage soit proche de moi. Je cherche tout le temps à trouver des traits communs au personnage et, quand il n’y en a pas, j’ai besoin de justifier ce qui se passe. Il est important que je sache d’où je viens, où je vais et pourquoi j’y vais. Il faut simplement être empathique et, comme je suis hyper sensible, j’imagine ce qui a pu se passer.
Je travaille beaucoup mon texte en amont, pour être libre, pour ne pas être esclave des mots. Alexandre, le réalisateur, était très à cheval sur les répliques. En plus, les auteurs pouvaient retravailler quotidiennement les scènes, on se retrouvait parfois avec un nouveau texte. Mais c’était un exercice chouette, qui bouscule, ce qui permet de donner des choses auxquelles on ne s’attendait pas.
Au travers des costumes, au travers de la chaleur dégagée par le feu, on imagine que le tournage a été riche et intense, dans tous les sens du terme ?
Complètement ! Cet incendie a été tourné en décembre, je m’en rappelle bien, avant et après Noel. J’ai des souvenirs où je me dis que c’était incroyable. Face à ces flammes, je me sentais impuissante. Pour ceux qui l’on vraiment vécu, ce n’était sans doute même pas de l’impuissance, mais pire. A leur place, j’aurais été tétanisée.
On a beaucoup ressenti cette impuissance, ce moment où on est là mais où on ne peut rien faire face à tout cela. Le jeu était intense, j’ai beaucoup pleuré. J’ai le souvenir d’une scène pendant laquelle je m’étais tellement imprégnée du contenu que, quand le jeu a été coupé, je n’ai pas réussi à m’arrêter de pleurer. J’avais dû m’isoler pour y parvenir. Parce que j’avais mal au cœur en me disant que des gens avaient vécu réellement cette horreur.
Dans ces moments-là, vous ne jouez presque plus, vous êtes simplement vous-même ?
Oui, c’est ça. On s’est souvent dit avec Julie De Bona que l’on n’avait pas besoin de jouer. Je me souviens des cascadeuses qui faisant les torches humaines. Le plan avait duré toute une matinée mais il n’y avait pas eu d’essai devant nos yeux. Il y avait deux prises maximum autorisées et c’est tout. On s’est demandé pendant les préparations ce que nous allions bien pouvoir faire et jouer mais il n’y a rien eu besoin de dire le moment venu, tellement nos réactions ont été incroyables. Je n’ai même pas les mots.
Au Festival de la fiction télé de La Rochelle mi-septembre, la première projection a eu lieu, avec un retour plus que très positif de la salle. Comment aviez-vous vécu ce moment ?
C’était mon premier Festival et la première projection où je me voyais ainsi. Je ne vais pas vous mentir, j’étais tétanisée. J’avais très peur, d’autant plus que c’est une grande chance d’avoir ce rôle aussi important. Je n’ai fait que pleurer tout du long, de peur. Pourtant, on ne fait que du cinéma, on ne sauve pas des vies. Mais ce tournage m’avait tellement bouleversée que voir sa concrétisation m’a beaucoup ému.
J’espère vraiment que les gens vont aimer. On y a mis tout notre cœur, c’était important de le faire. On espère avoir été à la hauteur de cette histoire.
Merci, Camille Lou, pour votre disponibilité



