Jerem Rassch nous présente son nouveau spectacle !

Bonjour Jerem,
Merci de nous accorder un peu de votre temps !
Vous êtes à l'affiche, chaque mercredi soir, à 19h 30, au BO Saint Martin, de votre spectacle « Sacrée Famille ». Très simplement, comment le présenteriez-vous ?
C'est un spectacle qui est entre stand up et personnages, où je dépeins le portrait d'une famille assez originale et, en même temps, très similaire à celle que tout le monde connaît. J'ai grandi dans une famille tellement recomposée que, au final, elle est complètement décomposée. J'ai voulu, dans ce spectacle, qui est mon deuxième, appuyer sur cet univers familial, par le biais de différents personnages. Comme le frère jumeau, la grand mère, mon oncle, ma cousine notamment.
Pour moi, c'était le meilleur moyen pour faire passer des messages. Il y a aussi des parties où je m'adresse directement au public.
Comment caractérisez-vous ce spectacle ? Peut-on parler de one man show ? D'un seul en scène ?
Il y a de tout. On ne peut pas dire que c'est un seul en scène car je joue de nombreux personnages. En même temps, il y a du one man mais aussi de la danse. Je dirais que ce spectacle est vraiment mon univers.
J'ai commencé le théâtre à 8 ans, j'ai eu très envie rapidement de monter sur scène. Mais, pour satisfaire mes parents, j'ai passé mon Bac et fait ensuite des études supérieures. C'est quand j'ai eu une proposition de CDI que le déclic a eu lieu, mes collègues m'ayant incité à tenter l'aventure. A juste titre, ils m'ont dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais. Suite au décès d’une personne très jeune dans ma famille, j’ai compris que la vie ne tenait qu’à un fil et qu'il fallait essayer de vivre de ses rêves, plutôt que de le regretter.
J'avais déjà une idée très posée de ce que je voulais faire, je souhaitais un show avec des personnages, de part mes origines du théâtre, avec, en même temps, un côté un peu à l'américaine, où je chante et danse. C'est vraiment un gros melting-pot de plein de choses. Je ne pourrais donc pas le caractériser.
Sans tout en dévoiler, quelles sont les thématiques et quels sont les sujets que vous abordez pendant cette heure et quinze minutes de spectacle ?
Je parle un peu de tout, de l'homosexualité, de la déception amoureuse, de l'amour, des mamans bipolaires, de la vieillesse, du harcèlement de rue, de cette génération ultra connectée. Je parle vraiment de plein de choses différentes et c'est un spectacle qui me ressemble. Je n'ai absolument pas eu envie de parler ni de religion ni de politique. Pour la bonne et simple raison que ma génération, en tout cas c'est mon point de vue, n'est plus intéressée par la politique parce qu'elle n'y croit plus. Je ne voulais pas non plus évoquer la religion car je pense que, en 2019, il y a de la place pour tout le monde. Avant d'aller critiquer quelqu'un, il faut le connaître.
Les thématiques sont donc venues au fur et à mesure, ce sont des choses qui m'intéressent dans la vie, que je côtoie au quotidien, ce sont des messages que j'avais envie de faire passer. Je pousse mes personnages à l'extrême pour glisser ces messages du bien vivre ensemble et de la tolérance.
Plus dans le détail, quelles ont été vos sources d'inspiration pour développer ces sujets-ci ?
Beaucoup de choses me concernent directement, par exemple lorsque je parle de l'amour, lorsque je parle de ma relation avec ma maman aussi. Ma grand mère, telle que je la dépeins dans le spectacle, était réellement comme ça.
J'ai noté aussi pas mal de choses au moment de mon premier spectacle, je voulais parler de beaucoup de sujets mais je ne savais pas comment y arriver. Cela a été un exercice très compliqué de mettre des mots sur ce que je voulais faire. Je n'arrivais pas à travailler chez moi, du coup j'allais dans des PMU avec un dictaphone, j'y ai passé des journées entières à attendre, à écouter les gens discuter. J'ai trouvé plein de similitudes entre les conversations des uns et des autres. J'ai eu plein de choses à développer par la suite.
D'un point de vue plus artistique, comment passez-vous facilement, au cours du spectacle, d'un personnage à un autre ?
J'ai énormément travaillé chacun des personnages, je les ai créés de toutes pièces. Pour certains, j'ai mis très longtemps à réussir à les sortir. Par exemple, j'ai eu besoin de deux mois pour trouver la voix de la grand-mère.
Pour chacun, je leur dresse une vraie biographie, d’où découle leur caractère, pour arriver justement à les retranscrire sur scène au plus simple.
De façon un peu plus générale, quels sont les principaux retours des spectateurs ?
Ils aiment ces moments de pur stand up, où je discute avec eux, sans clasher personne. Comme si on discutait ensemble dans mon salon. Je leur demande même leur avis sur des choses. Je me dévoile, je parle de moi, les gens apprécient énormément.
Ensuite, une simple écharpe ou une modeste perruque permettent, lors de l'incarnation d'un personnage, de me faire oublier en tant que comédien et de ne laisser paraître que le jeu.
J'en profite pour remercier toute mon équipe pour son aide précieuse dans tout ce travail.
Au fur et à mesure des représentations, êtes-vous amené à faire évoluer ce spectacle ?
Carrément ! Quelqu'un qui va sortir de mon spectacle et me dire « merci, je me suis régalé » va me faire plaisir. C'est un soulagement. Mais quelqu'un d'autre qui va me dire « je me suis régalé mais je n'ai pas bien compris un passage » va aussi m'inciter à retravailler cette partie. Je fais toujours très attention aux retours que l'on me donne. Je suis très positif, très terre à terre, je suis à l'écoute. Tout retour est bon à prendre.
Nous le disions, vous êtes sur scène au BO Saint Martin. En juillet, on pourra vous retrouver en Avignon. On peut imaginer que vous avez hâte d'y être ?
Oui, c'est clair. Je l'ai fait l'an dernier avec mon précédent spectacle, nous étions deux, ma mère, qui est aussi mon agent artistique, et moi, nous avons galèré mais j'ai réussi à me faire voir. C'est là où j'ai fait mes plus belles rencontres. Ça a donné un coup de boost à mes activités.
Je serai au Cinévox, le troisième plus grand théâtre. C'est génial, c'est très positif. Mais, honnêtement, comme j'ai encore pas mal de dates sur Paris, je fais au jour le jour. Je me concentre en ce moment sur Paris et je commencerai à m'inquiéter début juillet.
Jouer en Avignon, dans le cadre d'un Festival, est il différent d'être sur scène à Paris, en semaine ?
A Avignon, il y 1 500 spectacles par jour, on est obligés de se faire remarquer H 24, on doit faire le show en permanence. A Paris, il y en a énormément tous les jours, mais nous ne sommes pas dans le cadre d’un Festival. Simplement, le public est là et il faut juste se faire connaître et alors il vient.
Je pense que je l'appréhenderai de la même manière que l'an dernier. Sans me prendre la tête, j'avais fait ce que j'avais à faire. Je suis là pour m'amuser et, à partir du moment où c'est le cas, les gens s'amusent aussi. Je ne me fixe pas non plus d’objectif.
Au delà d'Avignon, quelles sont les perspectives du spectacle ?
Il y a beaucoup de choses qui sont en train de se mettre en place. J’ai la chance d’être accompagné par une très bonne production qui m’apporte énormément et sans qui je ne serais pas à Paris aujourd’hui. Toute l’équipe qui m’entoure travaille d’arrache pied sur pas mal de projets, mais je dois garder ça secret pour le moment.
En conclusion, comment définitivement inciter les lecteurs à venir vous voir sur scène ?
Venez découvrir cette sacrée famille dont tout le monde fait partie. Réellement, c'est le cas. Venez aussi poser votre cerveau le temps d'une heure et quart pour rigoler. Vous vous reconnaîtrez !
Ce fut un plaisir, Jerem, d'échanger avec vous !

