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Koh Lanta : Angélique évoque son beau parcours !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Angélique,

 

Quelle joie d'effectuer cet entretien avec vous  !

 

Vous avez quitté l'aventure «  Koh Lanta  » au 28è jour. A froid, quel regard portez-vous sur votre parcours  ? Est-ce la satisfaction d'avoir été aussi loin qui prime  ? Ou la déception de ne pas avoir poursuivi le jeu  ?

 

Forcément, je suis très fière de mon parcours parce que je suis quand même arrivée aux trois quarts de l'aventure. Certes, oui, je reste sur une déception car j'aurais pu aller plus loin, faute d'une mauvaise stratégie et d'une mauvaise alliance, si je puis dire. Je n'ai pas trouvé non plus de collier. Je sors, à mon goût, prématurément donc je reste quand même sur une petite déception et sur l'envie d'y retourner pour terminer ce que j'ai commencé, en allant plus loin.

 

Mais je suis fière de moi quand même.

 

Quels principaux souvenirs gardez-vous spontanément de votre parcours et de votre aventure  ?

 

Je garde de magnifiques souvenirs. Des souvenirs de difficultés, comme par exemple des sensations que je n'avais pas connues avant. Je pense à toutes ces inquiétudes que l'on a au quotidien sur le camp  : veiller sur le feu, aller chercher l'eau, s'occuper du bois, combattre la pluie,... Ces choses là ne nous préoccupent pas forcément dans notre quotidien, chez nous. Sans oublier le fait de dormir par terre. Ce sont des souvenirs magiques et uniques surtout.

 

Ajoutons les sentiments comme la tristesse lors des défaites sur les épreuves, la satisfaction énorme quand on gagne. Surtout quand on gagne des conforts et que l'on a hyper faim, on attend que ça, manger et se rassasier. Cet ensemble de choses est unique et magnifique.

 

 

On peut penser que le contexte particulier de ce jeu décuple et amplifie aussi chaque sensation  ?

 

Bien sûr, tout est décuplé. On ressent encore plus le manque par exemple, car on a énormément de temps d'ennui. On a le temps de penser, à la nourriture, à nos proches, à tout ce que l'on pourrait faire, à tout ce que l'on a envie de faire. Je trouve que c'est un bon moyen de se recentrer sur soi tout simplement, de se concentrer sur qui on est, sur ce que l'on aime, sur ce dont on a envie. C'est vrai que cette distance et cette souffrance sont en fait un mal pour un bien. Elles nous remettent les points sur les «  i  ».

 

Ce qui veut dire que vous avez, dans votre vie personnelle, changé depuis votre retour  ?

 

J'ai changé, je savais déjà ce que je voulais mais je pense être encore plus intransigeante. Dans le sens où je ne perds plus mon temps. Je suis peut-être moins crue mais je ne tourne plus du tout autours du pot, je vais vraiment droit à l'essentiel. Je n'avais déjà pas peur de dire ce que je pensais mais j'ai peut-être maintenant une autre tournure de phrase.

 

Oui, c'est sur que je suis encore plus à fond sur ce que je fais. Je sais vraiment où je veux aller, je ne suis pas prête à tout pour le faire mais je suis focus.

 

Êtes-vous restée en contact proche avec d'autres aventuriers de cette vingtième saison  ?

 

Bien sûr. On est tous plus ou moins en contact. Il y a certaines personnes avec lesquelles on parle moins, ce qui est normal quand on est 21. Tous ceux qui viennent sur la Côte passent par chez moi et vice versa. Si je pars au Portugal, j'irais forcément voir Sophie. Si je vais à Paris, j'irais voir ceux qui sont là bas. On essaie tous de se regrouper de temps à autre. Après, les métiers et la vie de chacun font que l'on ne peut pas tout le temps se libérer mais on reste plus ou moins proches de certaines personnes.

 

C'est normal, c'est comme dans la vie. Là, nous avons été imposés à vivre ensemble, peut être que, si nous nous étions simplement croisés dans la vie, nous n'aurions pas été amis. En tout cas, on a vécu une aventure unique ensemble donc on a quelque chose qui nous lie les uns aux autres. Après, forcément, on est plus proches de certains que d'autres.

 

A titre plus personnel, comment vivez-vous la diffusion des épisodes chaque vendredi soir  ?

 

Regarder les épisodes est toujours quelque chose de bizarre car on est vraiment replongés. On a une mémoire qui, pour moi, est vraiment impressionnante car je me rappelle exactement de certains moments mots à mots, de ce qui s'est dit et passé. C'est vrai que c'est bizarre, ces épisodes sont de petits résumés de ce que l'on a vécu, c'est un film dans une réalité. On se replonge à 100% dans l'aventure, on a les mêmes émotions. C'est vrai que ça a été plus difficile ce vendredi, forcément. Je n'ai pas assumé de regarder l'épisode entièrement. J'ai vraiment ressenti les mêmes choses pendant le conseil, c'était très bizarre.  Je n'ai pas pu le regarder car, sinon, j'allais fondre en larmes devant tout le monde, ce qui ne me ressemble pas.

 

En tout cas, les prochains épisodes seront l'occasion de découvrir des choses que vous n'avez pas vécues sur le camp...

 

C'est clair. Je vais les découvrir comme si je n'avais jamais fait partie de cette saison. Du coup, j'aurai un autre regard sur les épisodes. Je me verrai quand même arriver au jury final toute sale, j'ai hâte de me voir à ma sortie. Forcément, nous avions tous beaucoup maigri, c'était impressionnant.

 

 

Si c'était à refaire, quels sont les points que vous modifieriez pour aller encore plus loin dans l'aventure  ?

 

Je serais plus à l'aise car, forcément, quand c'est une première fois, avec toutes les caméras, on se méfie beaucoup. C'est vrai que je mets du temps avant de me livrer, je suis très méfiante car je me protège. Là, je pense que je serais plus à l'aise car je sais maintenant à quoi m'attendre.

 

Je serais plus sociable, en me faisant un noyau plus grand, et non pas une seule personne comme ce fut le cas avec Aurélien. Je ferais non pas un binôme mais vraiment une équipe cette fois car j'ai compris que c'était vraiment très dur à deux.

 

Sur les épreuves, je serais aussi plus à l'aise car j'aurais une autre gestion de mon stress. Et il faudrait que je trouve directement un collier. Il n'y a pas à discuter. J'avais passé 4 heures par jour à le chercher, je passerais 6 heures s'il le faut. Il faut absolument trouver un collier dans ce jeu, on est alors garanti d'aller loin.

 

En tout cas, je serais différente dans tout, en mieux. Parce que, là, j'étais vraiment renfermée.

 

Vous qui avez vécu cela de l'intérieur, comment jugez-vous les multiples et instables alliances mises en place depuis la réunification  ?

 

En fait, même si je n'étais pas dans la bonne stratégie, je comprenais ce qui se passait, je savais plus ou moins qui était avec qui, qui suivrait qui jusqu'au bout. Mais j'ai une grosse fierté et, pour moi, il est hors de question de faire semblant pour être appréciée ou pour être avec les bonnes personnes. Je l'avais dit, je savais qu'il fallait se rapprocher de certains aventuriers pour aller loin mais j'ai trop de fierté, ce qui m'a empêché de faire du fayotage. Ce qui, en vrai, aurait été la bonne solution.

 

Il faut se sociabiliser, être apprécié des personnes qui mènent le jeu. Sur le moment, j'étais contre cela et je me disais que je ferais ma stratégie de mon côté. Bon bah voilà, j'ai perdu. Je suis restée moi-même donc je ne peux pas regretter d'être allée dans le sens de ma personnalité et de mon tempérament. Si c'était à refaire, je mettrais mes principes de côté, j'irais peut être à l'encontre de ma nature, je me forcerais à faire des choses que je n'aime pas pour aller loin. Car le but, au final, est de gagner. Sans non plus trahir mes principes bien évidemment.

 

Au moment de votre sortie, selon vous, certains aventuriers se dégagent ils plus encore que les autres pour aller loin dans le jeu  ?

 

Pour moi, il y a Cyril, Cindy et Steve parce qu'ils sont appréciés de tous. Cindy a une très bonne stratégie, personne ne vote contre elle, elle est protégée par son collier. Il en va de même pour Cyril, il est apprécié de tous. Steve est avec et contre personne.

 

Merci, Angélique, pour toutes vos réponses  !

Publié dans Télévision

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Koh Lanta : Brice se remémore son aventure !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Brice,

 

C'est un plaisir d'effectuer cette interview avec vous.

 

Vous avez quitté il y a peu l'aventure «  Koh Lanta  ». Comment s'est passé le visionnage de l'épisode de votre élimination  ? Vous a-t-il permis de mieux comprendre certaines décisions  ? Ou, à l'inverse, a-t-il généré en vous une certaine frustration  ?

 

A la base, je ne savais même pas si je voulais visionner cette épisode car il me replongeait complètement dans l'aventure. Donc c'est sûr que cela a été très difficile pour moi, surtout que je n'en avais parlé à personne. J'ai regardé l'épisode avec mes parents, mon frère et ma sœur mais aucun n'était au courant. J'avais, du coup, un peu d'appréhension par rapport à leurs réactions.

 

Moralement, la diffusion m'a mis un coup. Se voir partir de l'aventure à travers la télévision m'a remémoré des souvenirs un peu difficiles. Donc, oui, je l'ai mal vécu. Cela va beaucoup mieux à présent mais, sur le moment, c'était très compliqué de revoir les images.

 

J'ai eu neuf votes contre moi, je ne m'attendais pas forcément à en avoir autant.  Je pensais qu'ils seraient mélangés entre Sophie et moi. Quand je suis arrivé au conseil le soir-même, je savais que j'allais sortir. Ma seule chance était de trouver le collier, ce que je n'avais pas réussi à faire.

 

A froid, si c'était à refaire, procéderiez-vous différemment sur ces deux à trois jours critiques  ?

 

Oui, je procéderais différemment au moment de mon arrivée sur l'île de la réunification. C'est vrai que je me suis directement mis à parler stratégies avec beaucoup d'aventuriers. Ma jeunesse m'a peut être un peu stressé aussi à l'idée de rencontrer de nouvelles personnes. C'était très difficile de voir les autres aventuriers parler entre eux, de ne pas être inclus dans certaines conversations. Je me faisais beaucoup de films, une sorte de parano. C'est peut-être aussi à cause de cela que je me suis aventuré dans les stratégies sans vraiment réfléchir, en essayant d'obtenir la confiance de la majorité des aventuriers.

 

Si c'était à refaire, je resterais peut-être davantage comme j'étais sur l'île des ex-bleus, un peu en retrait dirons-nous.

 

On l'a vu à l'image, Cindy a dévoilé par surprise à tous qu'elle possède un collier d'immunité. Pensez-vous que, sans cet élément déclencheur, votre stratégie aurait pu porter ses fruits  ?

 

Je trouvais ma stratégie plutôt intéressante et plutôt logique. Je savais que Nicolas aussi était en danger, que certains ex-jaunes voulaient voter contre lui parce qu'il était un peu en dents de scie les derniers jours. Là où j'ai peut-être mal agi, c'est lorsque j'ai divulgué à Chlo que je voulais voter contre Cindy. J'avais une totale confiance en elle car, sur l'île des ex-bleus, elle avait clairement dit qu'elle suivrait Maxime et moi dans les stratégies. Parce qu'elle était beaucoup plus proche de nous que de Cindy.

 

Lorsque nous sommes arrivés à la réunification, nous les bleus avons essayé d'éviter de rester tous ensemble. Pour ne pas éveiller de soupçons chez les autres aventuriers et ne pas leur monter à quel point nous étions soudés. Je pense que, à ce moment-là, j'ai perdu un peu Chlo et Cindy en a profité pour se rapprocher d'elle. C'est pour cela qu'elle est allée lui dire que je voulais voter contre elle.

 

Mais je ne pense pas que le problème soit le fait que Cindy sorte ce collier et qu'elle le montre à tout le monde. Parce que, si Chlo ne lui en avait pas pas parlé, elle ne l'aurait jamais montré. Ce qui m'a fait défaut, c'est vraiment que Chlo dise à Cindy que je voulais l'évincer avec Nicolas ce soir-là.

 

 

On a vu votre performance, au dernier épisode, sur l'épreuve de la dégustation. Quels souvenirs en gardez-vous  ?

 

J'ai trouvé ça génial, c'est vraiment une épreuve que je voulais vivre sur «  Koh Lanta  » car j'ai un peu l'habitude de manger ce genre de bestioles lorsque je fais des treks en Asie. Donc, pour moi, ce n'était pas du tout difficile, d'ailleurs je suis le seul à en avoir mangé sept, c'était quand même une bonne performance de ma part.

 

On avait une stratégie en place avec Sophie dès le départ. Elle m'avait clairement dit que les tarentules, les araignées, les insectes vivants lui seraient impossibles. C'est pour cela qu'elle n'en a pris aucun. Il faut savoir aussi que la personne qui allait récupérer en premier les vers avait l'obligation d'en laisser au moins deux à son binôme. C'est de ce fait que Sophie est partie la première, et m'en a laissé sept. C'était la meilleure stratégie à adopter.

 

C'est un gros regret car, quand j'ai vu la deuxième partie, j'aurais bien aimé manger cet énorme coquillage. Pour voir ce que je valais durant cette épreuve. C'est une petite déception de ne pas avoir pu prolonger ce jeu.

 

Vous évoquiez à juste titre votre habitude de faire des treks en Asie. Cela vous a-t-il suffit dans votre préparation ou l'avez-vous complétée d'autres aspects  ?

 

Je suis vraiment parti à «  Koh Lanta  » sans préparation car j'étais alors en stage professionnel. Je l'ai peut être payé un peu durant les épreuves. Je n'ai pas été bon en statisme ni en équilibre.

 

Contrairement par exemple à Chlo qui nous parlait beaucoup sur l'île des ex-bleus de sa préparation, où son père lui fabriquait un peu toutes les épreuves dans son jardin. J'étais à l'opposé.

 

De façon plus générale, quels souvenirs gardez-vous de cette aventure  ?

 

Je retiens que, humainement, c'est quelque chose de très très fort à vivre. Je ne m'y attendais pas du tout. Cela a été un gros choc émotionnel pour moi. Je n'étais pas parti dans l'optique de me faire des amis. Mais, en fait, sur l'île, c'est incroyable. Quand on est 24 heures sur 24 avec des personnes, on livre des anecdotes. J'ai parlé à Mohammed et Maxime de choses vraiment personnelles dont même mon meilleur ami n'est pas au courant. Ce sont des sensations très bizarres. Donc je retiendrais énormément ce côté humain. Je me suis fait des amis à vie, je sais que je peux compter sur certains d'entre eux. Ce n'est même pas de l'amitié finalement, c'est quasiment de l'amour que l'on voue à certains aventuriers. C'est très fort en émotions.

 

Pour terminer, au moment de votre sortie, voyez-vous certains camarades se dégager du lot pour aller loin  ?

 

Pour moi, Maxime est au dessus du lot, il fait peur, il commence à en énerver certains, notamment Cindy. Donc je pense qu'il ne va pas tarder à partir. En revanche, je vois les deux rouges être bien positionnés, je me dis qu'ils peuvent aller loin car et les ex-jaunes et les ex-bleus les rallient à chaque fois dans leurs stratégies. Je vois bien aussi Steve aller loin car il est apprécié de tous. Sans oublier Aurélien parce qu'il se met un peu en retrait. Finalement, cette attitude-là est aussi une stratégie de sa part.

 

Merci Brice pour toutes vos réponses  !

Publié dans Télévision

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Koh Lanta : Béatrice revient pour nous sur son parcours !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Béatrice,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions.

 

Quelques mois après votre participation à la vingtième saison de «  Koh Lanta  », quels souvenirs en gardez-vous spontanément  ?

 

Déjà mon arrivée sur place, dans cet endroit magique.  Les poteaux aussi et ma victoire. Également la composition de mon équipe car c'est ce qui a déterminé la suite de mon aventure.

 

Vous évoquiez votre rôle de capitaine de l'équipe jaune. Votre expérience plus personnelle de joueuse de football à Saint-Malo vous y a-t-elle aidée  ?

 

Je pense que, pour ce rôle-là, le fait d'être dans une équipe, dans la vie de tous les jours, m'a beaucoup aidé. Je savais déjà ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, en termes d'état esprit. Je voulais vraiment une grosse cohésion d'équipe, je sais que c'est ce qui mène un peu plus à la victoire et que c'est ce qui est important, déterminant pour la suite de l'aventure. Donc, oui, je peux dire que cela m'a aidé.

 

Comment décririez-vous Béatrice, la capitaine  ? Quelles étaient ses principales caractéristiques  ?

 

J'étais moi-même, comme dans la vie de tous les jours. Je sais que, pour avancer, il faut être tous liés et que se soutenir est important. Donc j'essayais vraiment d'encourager. Si certains avaient moins de confiance, je faisais tout pour leur en donner, ce qui est nécessaire pour réussir. J'étais vraiment dévouée pour mon équipe, je faisais mon maximum pour qu'ils se portent le mieux possible.

 

Parmi les nouveautés, en tant que chef, vous aviez la main finale pour faire gagner ou non votre équipe sur les jeux. A titre personnel, cette responsabilité-là était elle stimulante  ? Ou plutôt source d'appréhension ?

 

En fait, j'ai essayé de ne pas trop réfléchir. Parce que, dans tous les cas, dans ma tête, je me disais qu'il fallait que j'y arrive. Donc je n'ai pas trop stressé, je ne voulais pas me mettre la pression non plus. Donc j'ai essayé de gérer et de transformer tout cela en ondes positives pour terminer du mieux possible l'épreuve. Je savais que c'était important pour toute l'équipe.

 

Toujours parmi les spécificités de cette saison, les deux capitaines des équipes dispensées du conseil assistaient à celui des vaincus. Comment avez-vous appréhendé ces moments-là ?

 

La première fois, nous ne savions pas trop ce qui nous attendait. Lorsque nous sommes arrivés et que nous avons vu ce qui se passait, on a alors compris qu'il s'agissait d'une nouvelle surprise. Mais nous n'appréhendions pas forcément, dans le sens où on était là pour observer, écouter, voir ce qui se passait chez les autres. Nous étions donc dans une situation plus confortable que nos camarades assis face à Denis.

 

C'était avant tout une prise d'information pour voir comment les autres vivent, comment ils se portent.

 

Pensez-vous que cette présence des deux autres capitaines a évité certaines langues de se délier, qui auraient pu dévoiler trop d'informations ?

 

Ce n'est pas simple à dire. Je crois que, autres chefs là ou pas, quand des problèmes doivent être réglés, ils ne peuvent pas tout le temps être cachés. Je pense notamment aux rouges. Au contraire, le conseil aide à remettre les choses à plat pour repartir ensuite sur de bonnes bases. Malheureusement, d'autres personnes étaient là pour écouter mais je ne pense pas que cela ait changé des comportements.

 

Un peu plus tard, parmi les étapes marquantes de cette saison, retenons la réunion à trois des ambassadeurs. Comment avez-vous justement vécu ces instants ?

 

Quand nous sommes partis, nous n'étions pas au courant qu'il s'agissait des ambassadeurs. On pensait plus à une épreuve entre chefs. Même si l'hypothèse des ambassadeurs était quand même présente dans un coin de notre esprit. Il y avait du coup beaucoup de questionnements. Lorsque Denis nous a annoncé ce qui se passait, je me suis dit alors que je n'avais plus le choix.

 

Cette réunion n'était pas quelque chose qui m'attirait, je trouve cruel de devoir éliminer une personne. C'est dur de mettre fin à l'aventure de quelqu'un car, à ce niveau-là, tout le monde est quand même assez méritant. Du coup, nous n'avions pas le choix. J'ai donc essayé d'être lucide et de sortir de vrais arguments. J'ai aussi tenté de trouver quelqu'un, ailleurs que dans mon équipe, qui pouvait être potentiellement désigné pour partir. Donc cela n'a pas été une épreuve facile.

 

 

Au moment de votre élimination, vous attendiez-vous à partir ? Aviez-vous capté des signes annonciateurs ?

 

J'étais très étonnée, je n'étais pas du tout au courant. Tout s'est déroulé apparemment en fin de journée, donc j'ai eu peu de temps pour essayer de me rendre compte qu'il s'était passé quelque chose derrière mon dos.

 

J'ai eu un gros choc lors de mon départ, à tel point que je ne me rappelais même pas de ce qui s'était passé au conseil. Tellement j'étais ailleurs, tellement je n'en revenais pas.

 

Oui, ils ont bien joué leur coup et non, je n'étais pas du tout au courant.

 

A froid, comprenez-vous malgré tout cette stratégie ?

 

Je peux comprendre dans le sens où c'est le jeu et que, eux, préféraient m'éliminer à ce moment-là. Car j'avais un collier et que je me débrouillais pas mal sur les épreuves. A leur place, peut être que j'aurais été d'accord avec eux.

 

Après, je comprends moins le vote de personnes avec lesquelles je m'entendais plutôt bien. S'ils avaient été à ma place, je pense que j'aurais tout fait pour qu'ils soient au courant de ce qui se passait. Mais bon, on est tous différents. Je m'entendais bien avec Maxime et, avec le recul, je ne lui en veux pas, dans le sens où on est dans un jeu, dans lequel plein de gens viennent nous proposer plein de stratégies différentes. A tel point que l'on ne sait plus qui on peut croire. Ce jour-là notamment, il y en avait énormément. Maxime s'est peut être dit que la stratégie de son équipe de base était la meilleure. Il l'a peut être suivie pour essayer d'aller le plus loin possible.

 

Il y a tellement de choses, du coup, avec le recul, on comprend mieux.

 

Au moment de votre sortie, selon vous, certains aventuriers vous semblent ils plus à même d'aller loin dans le jeu ?

 

Je voie bien Steve, quelqu'un qui est tout le temps là pour nous, une épaule sur laquelle se reposer, une personne qui se démène pour les autres, qui essaye d'aller pêcher. Il a des connaissances, de l'expérience.

 

Je dirais aussi Maxime, même si, sur le moment, je lui en voulais car je ne comprenais pas pourquoi il avait fait le choix de m'éliminer. Avec son expérience, lui qui nous a appris énormément de choses, lui qui a partagé avec tout le monde toutes ses connaissances, pourrait gagner cette aventure.

 

Je pense aussi à Maud, qui a beaucoup d'expérience. Une ancienne mais qui se donne, sur le camp, sur les épreuves et qui ne lâche vraiment pas l'affaire.

 

Ce fut un plaisir, Béatrice, d'échanger avec vous !

Publié dans Télévision

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Julie Bernard évoque son actualité et ses envies artistiques !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Julie,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions.

 

On vous retrouve actuellement sur France 2, dans la série à succès «  Un Si Grand Soleil  ». Spontanément, quelques semaines après le tournage, quels souvenirs en gardez-vous  ?

 

C'est une colonie de vacances, c'est très agréable. J'ai surtout été très impressionnée, j'avais déjà fait quelques gros tournages et j'avoue que, là, c'est vraiment une grosse machine. Il faut imaginer qu'il y a quand même trois plateaux simultanément, deux en studio et un généralement en extérieur. Il y a donc beaucoup de monde et une grosse logistique. Je plains certaines personnes, comme le planner, je ne sais pas comment il fait pour dormir.

 

Donc, voilà, j'ai été très impressionnée par cette énorme machine mais, en même temps, c'est très décontracté, les choses se font avec simplicité, avec facilité, avec calme. En tout cas, de mon point de vue. Chacun fait ce qu'il a à faire, ça roule, on sent qu'il y a déjà pas mal d'expérience.

 

Avant d'intégrer les plateaux, comment vous êtes-vous appropriée votre rôle  ? Vous êtes-vous par exemple plongée dans les épisodes  ?

 

J'ai voulu rester asse neutre, même si j'ai quand même regardé certaines choses en rapport avec le personnage de Gary, interprété par Alban Aumard, avec qui je devais travailler. Mais, en fait, très vite, j'ai reçu un message de sa part pour que l'on se voit, lui qui est adorable d'ailleurs, une personne humaine, gentille et hyper pro. Afin de préparer nos textes ensemble. J'ai préféré cette approche là en fait, directement dans le travail. J'ai, du coup, la sensation que nous nous sommes vraiment appropriés cette histoire. Nous sommes allés droit au but.

 

Ce fut une très belle rencontre, aux niveaux humain et professionnel. On se ressemble beaucoup, on aime bien le travail bien fait, on aime bien apprendre nos textes, les travailler puis refaire, on est de vrais bosseurs tous les deux et, en même temps, de bons vivants. Donc c'était vraiment parfait, je ne pouvais pas mieux tomber.

 

On peut imaginer que ce travail préparatoire ainsi que vos précédentes expériences vous ont aidée à appréhender le rythme soutenu de tournage ?

 

J'avais déjà tourné dans «  Section de recherches  », je savais donc que je pouvais le faire et, en fait, ce rythme me va plutôt bien. Parce que j'ai une manière de travailler où je mets mon moteur en marche assez tôt le matin, sans jamais le débrancher ensuite. Je suis assez constante, ce qui me demande énormément d'énergie, du coup, le soir, en général, je m'écroule.

 

Au cinéma, il y a quand même beaucoup plus d'attente, il y a vraiment des temps morts et, là, c'est vraiment très difficile de garder son moteur en marche. Ce sont plus des vagues qu'autre chose, c'est difficile, quand le moteur redescend, de le relancer. J'ai, à l'inverse, cette manière de maintenir mon moteur en marche en permanence.

 

Du coup, une quotidienne comme celle-ci qui tourne non stop me convient bien, par rapport à mon rythme intérieur.

 

De près ou de loin, vous retrouvez-vous dans votre personnage de Rebecca ?

 

Oui, nous sommes assez proches. Je vais me lancer des fleurs, elle est fraîche, joyeuse, assez solaire et, j'avoue, ce n'est pas très éloigné de moi. Elle a vécu des choses un peu difficiles, un peu comme moi aussi. Du coup, elle a cette envie de croquer la vie à pleines dents, de ne plus chercher les complications mais de ne prendre que les bonnes choses.

 

C'est quelqu'un qui prend le bon, qui enlève le mauvais. Le personnage de Gary est attachant, il lui offre des bons moments, il est drôle, il est présent, il est attentif, il est plutôt prévenant, c'est tout ce qu'elle demande. Donc évidemment qu'elle y va.

 

Vous serez à l'image jusque fin mai environ. Si le scénario le permet, vous plairait-il de revenir, même ponctuellement, dans ce programme  ?

 

Oui, ça me ferait plaisir surtout de retravailler avec Alban et avec cette chouette équipe. Mais ponctuellement car je ne sais pas si je tiendrais le rythme des récurrents, bien que je me rende compte que eux aussi ont des pauses. Ce n'est pas non plus du non stop.

 

On verra bien, je fais confiance en la vie.

 

En parallèle, il y a quelques jours, vous avez été jury du Dinard Comedy Festival. Comment avez-vous vécu cette expérience-ci d'être de l'autre côté  ?

 

Ce sont des stand ups, ce que je ne pratique pas. Le fait d'être jury donne des sensations bizarres. Je me suis demandée qui je suis pour me permettre de juger. C'est vrai que c'est impressionnant mais, au final, ce n'est que notre appréciation. Comme quand on va au théâtre ou au cinéma.

 

Il n'y a pas de jugement suprême, quelque chose nous touche ou ne nous touche pas. On peut aussi ne pas être d'accord avec les autres, même si, là, il s'est avéré que nous étions plutôt en harmonie. Deux artistes sont vraiment sortis du lot, Charles Nouveau et Romain Barreda. Ils étaient drôles, brillants, avec de belles écritures.

 

Le rôle de juge revient avant tout à partager sa sensibilité avec un groupe pour, au final, donner des ailes à un ou deux artistes, le temps d'un Festival.

 

En plus de cette sensibilité que vous évoquez, quelles ont été vos clés face au jugement et surtout à la comparaison inévitable que requiert le rôle de jury  ?

 

Il faut tout prendre. Ils étaient huit, sur deux soirées. Franchement, cela s'est fait assez rapidement, ces deux artistes sont vraiment sortis du lot, avec quelque chose de plus mature, avec un fond plus construit et un bout de spectacle mieux intégré.

 

Notons que c'est très difficile de faire un choix judicieux pour les trente minutes présentées, tout en y gardant un fil rouge. L'exercice est quand même très compliqué pour eux.

 

Pour moi, le résultat a été d'une grande évidence. Parce que je vis et que je travaille comme cela, je me fie à mon instinct, à ce que je ressens.

 

Avec, en plus, un cadre très sympathique...

 

J'adore Dinard, c'est une ville sublime. Nous avons été accueillis pour toute l'équipe de manière fabuleuse. Ces cinq jours étaient super agréables.

 

Nous étions tout le temps entre membres du jury, c'est très chouette de pouvoir échanger, du travail mais pas uniquement, aussi de nous, de ce que nous sommes. On a parlé également des choses de la vie.

 

Pour terminer, quelles sont vos envies artistiques pour la suite de votre parcours  ?

 

J'ai une envie très forte, celle d'atteindre des rôles qui font partie du domaine du témoignage. Cela m'importe beaucoup. Je me rends compte que je fais ce métier pour donner voix à des personnages, à des histoires ou à des points de vue. Il me manque cela aujourd'hui dans mon métier.

 

Ce fut un plaisir, Julie, d'échanger avec vous  !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Mon mari est amnésique : Interview avec les cinq comédiens de ce chouette spectacle !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Karine, Anne, Nicolas, Carl et Sylvain,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps.

 

Vous êtes actuellement à l'affiche, chaque dimanche à 16h, au théâtre du Gymnase, de la pièce «  Mon mari est amnésique  ». Très simplement, comment présenteriez-vous ce spectacle  ?

 

Sylvain  : C'est une comédie de boulevard

 

Anne  : Un peu déjantée

 

Karine  : Un boulevard moderne, décalé, coloré

 

Nicolas  : Dans lequel on s'amuse

 

Anne  : L'histoire est celle d'un homme qui a eu un accident de voiture et qui est devenu amnésique. Sa femme vient lui rendre visite à l'hôpital, elle y croise une jeune demoiselle qui vient voir le même malade mais on ne sait pas forcément, au début, qui elle est. Elles rencontrent alors le personnel hospitalier, un médecin, un infirmier. S'en suivent une série de quiproquos, ça part un peu dans tous les sens suite à ces rencontres.

 

Carl  : On retrouve les bases du boulevard, avec le mari, la femme et des surprises tout au long de la pièce !

 

Karine  : Beaucoup de rire en tout cas  !

 

A tour de rôle, pourriez-vous chacun présenter votre personnage  ?

 

Sylvain  : Je suis le mari amnésique, qui a eu effectivement cet accident. Il est responsable en fait de la situation que les gens vont découvrir. Mais l'amnésie est une bonne excuse...Il est plutôt lâche, c'est un homme. On le sait, dans la vraie vie, ce sont bien souvent les femmes qui prennent les décisions. C'est un peu le cas aussi dans la pièce, où les femmes prennent le dessus.

 

Nicolas  : Je joue le personnage d’Anastase, l'infirmier. Il est un peu le farfelu de l'hôpital, c'est un surexcité. Il a un amour secret et l'arrivée de ces deux femmes va tout chambouler.

 

Anne  : Je suis Marjorie, le personnage qui, au départ, arrive un peu de nulle part, dont on ne sait pas grand chose. Elle est un peu bizarre, un peu déjantée. On se demande ce qu'elle vient faire là. Au fur et à mesure, on voit qu'elle met le bazar dans toute cette histoire. Elle a un côté un peu léger, je l'ai dit un peu déjanté, on ne sait pas trop, elle est un peu mystérieuse. C'est aussi une femme de caractère mais qui peut être parfois nunuche. Mais je pense qu'elle cache bien son jeu.

 

Karine  : Je suis Ginette, la femme de l'amnésique. Dans ces circonstances-là, c'est une femme qui est plutôt stressée. D'abord, elle ne sait pas ce qui est arrivé à son mari. Il a eu un accident loin de sa maison et de son travail donc elle se demande ce qu'il pouvait bien faire là-bas. Elle est sur les nerfs, assez à vif, elle est sur le qui-vive. Elle fait la rencontre de Marjorie, avec laquelle elle a de très bonnes relations au départ. Elle comprend très vite que cette jeune fille cache quelque chose et, à partir de là, la situation devient beaucoup plus compliquée pour mon personnage.

 

Carl  : Je suis le docteur Pascal, qui est un grand professionnel, très sûr de lui, qui se croit toujours maître de la situation. Et, surtout, pour cet homme rationnel, tout va bien, il n'y a jamais lieu de s'inquiéter. Le seul problème est qu'il a tendance à se laisser distraire par les femmes et à oublier de soigner son malade André, l'amnésique. Finalement, ce serait un très bon médecin s'il n'était pas si sensible ni émotif à la gente féminine.

 

C'est aussi un grand sportif, entre sport de raquette et sport de chambre, il sait entretenir son corps.

 

 

De façon générale, quels retours vous font les spectateurs à l'issue du spectacle  ?

 

Nicolas  : Ils rient, ils s'amusent beaucoup.

 

Karine  : Le fait que ce soit décalé plaît. C'est assez fou, il y a pas mal de sorties de route, ce n'est pas trop convenu, il y a plein de moments inattendus. Les personnages sont assez loufoques, on est quand même assez marqués, nous sommes de vraies figures, nous ne sommes pas très classiques.

 

Nicolas  : Macha Orlova, la metteur en scène, s'amuse avec nous à essayer de dessiner de vrais contours. On voit de suite qui est qui, il y a de vraies identités. Parfois, elles peuvent être exagérées mais ça va avec l'ensemble du spectacle et avec la folie que chacun des comédiens apporte.

 

Il y a de l'interactivité, un vrai ping-pong sur scène également, on s'amuse, on sort en sueur. Il y a aussi une profusion de costumes.

 

Anne  : Ce n'est pas une pièce à prendre au premier degré, c'est vraiment du second degré, du troisième voire du quatrième. C'est vraiment décalé.

 

Karine  : On s'aperçoit qu'il faut être très sincère. Si on surjoue un peu trop, si on veut un peu trop marquer les personnages, ça ne passe pas.

 

Anne  : C'est vrai, il faut trouver un juste équilibre dans cette pièce, entre le côté décalé et le côté sincère, malgré tout, quoi qu'il en soit. Il faut que l'on y croit.

 

Vous évoquiez l'interaction, l'infirmier descend même face au public pour s'adresser aux spectateurs...

 

Nicolas  : C'est la crise en ce moment dans le milieu hospitalier et c'est agaçant de voir tous ces gens qui viennent alors qu'ils n'ont pas rendez-vous. Il n'y a pas assez de place pour tout le monde et le personnage de l'infirmier est là pour contrôler qui sont les patients dans la salle d'attente et ainsi définir qui pourra passer aujourd'hui et qui ne pourra pas.

 

C'est aussi pour faire un contact plus direct avec les gens qui ont la gentillesse de venir voir la pièce et de s'amuser en notre compagnie. Cela crée une espèce d'intimité, une proximité qui, après, se diffuse avec tous les personnages de la pièce. On casse alors le quatrième mur. Le médecin le fait aussi un peu plus tard. Les gens s'amusent beaucoup du coup.

 

Vous évoquiez les identités fortes de chacun de vos personnages. A titre plus personnel, vous retrouvez-vous, de près ou de loin, dans votre rôle  ?

 

Karine  : Je pense que ce sont vraiment des compositions.

 

Anne  : Tous avons des personnes assez éloignés. Ils sont tellement marqués. Mais, forcément, on compose toujours avec une part de nous-même.

 

 

Nicolas  : Oh, il y a quand même une part de moi en Anastase. Il est complètement barjo, je peux aussi l'être au quotidien. Également mon côté maniaque dans la vie de tous les jours.

 

Anne  : Après, je pense qu'ils nous ressemblent dans le sens où, pour être comédiens, on est tous un peu déjantés. Comme ces personnages. On leur amène notre part de folie et je pense que c'est ce en quoi ils pourraient nous ressembler le plus.

 

A l'inverse, s'agissant de rôles de composition, avez-vous eu des sources d'inspiration particulières pour justement vous approprier votre personnage  ?

 

Sylvain  : Le cheminement de la mise en scène nous aide.

 

Nicolas  : Macha nous a aussi demandé de tirer certaines choses au maximum.

 

Sylvain  : Les répétitions nous ont aidés, on teste aussi, dès fois on va loin et la metteur en scène revient à quelque chose de plus sincère. En tout cas, c'est un travail en commun. Ce travail de groupe fait que chacun arrive à puiser dans ce qu'il a, dans ses expériences, dans la direction que peut nous donner Macha.

 

Vous êtes, nous le disions, à l'affiche chaque dimanche, soit une représentation tous les sept jours. Du coup, cela nécessite-t-il une adaptation particulière, comparativement à une pièce que vous joueriez plus régulièrement  ?

 

Anne  : C'est sûr.

 

Sylvain  : A chaque fois, on se refait une italienne. On a tous fait d'autres choses dans la semaine, souvent on arrive une heure et demie avant pour monter le décor et pour revoir le texte tous ensemble.

 

Karine  : Cela nous rassure. On a aussi le besoin de se recaler car il y a une humeur tellement particulière dans cette pièce. Si on ne la chope pas de suite, on cavale derrière en fait. On a donc vraiment besoin de se remettre dans les mots, chose que l'on ne fait pas habituellement.

 

Anne  : Surtout que, dans cette pièce, on est quand même cinq, ce qui est beaucoup. Ce n'est pas évident parfois d'être aussi nombreux, au niveau du rythme. Si on n'est pas parfait sur le texte, il peut y avoir des petits temps morts qui font descendre le rythme, ce qui n'est pas bon. Donc, oui, c'est important de refaire le texte, de se revoir, de se remettre dans la même énergie.

 

Karine  : Il y a des moments qui sont très ping-pong, on a besoin de se caler avant.

 

Anne  : C'est vrai que, à chaque fois, j'ai l'impression qu'il faut reprendre un peu au début presque.

 

Nicolas  : C'est un peu comme une deuxième chaque dimanche. Avec le souvenir des précédentes qui se sont bien passées et en espérant que ça se passe encore bien cette fois-ci. Sans prendre trop confiance. C'est vraiment un exercice différent.

 

Anne  : Encore une fois, on est cinq sur scène et je pense que, si tout le monde commence à improviser, ça peut vite devenir compliqué.

 

Nicolas  : La pièce avait déjà été jouée avec succès il y a quelques années. Des vannes de l'époque ont été gardées, d'ailleurs certaines avaient été improvisées sur scène. Cette saison, c'est encore un peu tôt mais c'est possible par la suite :) Il a matière à...

 

 

En conclusion, que dire pour définitivement inciter les lecteurs à venir vous voir sur scène  ?

 

Anne  : Un dimanche après midi, entre un café et une petite promenade, venez sur les grands boulevards rigoler avec nous.

 

Nicolas  : Je n'ose pas le dire mais les gens rient tellement que nous avons déjà eu deux malaises cardiaques dans la salle. Mais, heureusement, on a un docteur et un lit d’hôpital sur scène. Je serre le petit déjeuner volontiers sur place. Non, plus sérieusement, les gens rient beaucoup et ça fait plaisir.

 

Karine  : Les spectateurs passent vraiment un très bon moment.

 

Carl  : On n'est pas du tout dans l'univers d'un spectacle engagé, on ne dénonce rien, c'est du boulevard et cela reste léger. On pose son cerveau, on se d »tend et surtout on rit ! Et cela ravit autant les spectateurs que les acteurs.

 

Ce fut une joie d'échanger avec vous tous  !

Publié dans Théâtre

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Charles Clément évoque sa belle actualité artistique !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : Thomy Keat

 

Bonjour Charles,

 

C'est un réel plaisir d'effectuer cet entretien avec vous  !

 

On pourra vous retrouver, en mai et en juin, sur une tournée en cinq dates, de remerciement à destination de vos fans de la série «  Hero Corp  ». Comment en présenteriez-vous le principe  ?

 

Cette tournée a vocation à remercier nos fans, grâce auxquels la série a pu perdurer sur dix ans. Leur soutien nous a été précieux aussi pour réaliser le cinquième opus, grâce au montant récolté sur le site de financement participatif. Les fans de la série sont, pour nous, une vraie famille, ce programme devient une institution.

 

Des séances de dédicaces et sûrement des projections seront programmées. Je fais confiance à Simon Astier pour organiser quelque chose de sympa, afin de remercier nos fans. Les lieux exacts seront sans doute dévoilés au dernier moment, pour garder une certaine émulation. Il n'y a rien de mieux que l'attente... Je peux déjà vous dire que nous serons le 24 mai à Lyon, le 25 à Paris, le 31 à Toulouse, le 1er juin à Bordeaux et le 2 à Nantes.

 

Vous le disiez, cette série connaît un grand succès, nombreux sont les fans qui la suivent depuis dix ans.

 

Oui, c'est ça. Pour ma part, j'apparais en fin de saison 2 jusqu'à la saison 5. Deux années ont été nécessaires entre chaque saison, il a fallu prendre le temps à Simon Astier afin de présenter quelque chose de parfait, que ce soit dans l'écriture ou le jeu. Simon insiste sur le plaisir et l'efficacité des grands films de super héros. Il s'agit là d'ailleurs de la première série française de ce genre.

 

J'y interprète Eraste, le lieutenant du mal.

 

De façon plus générale, quels souvenirs gardez-vous de ce programme  ?

 

Des souvenirs incroyables. J'étais présent 8 ans, j'ai vu tout le monde grandir, vieillir, prendre en maturité. Il n'y avait pas de consanguinité dans notre travail, nous avions tous des orientations différentes, télé, cinéma, théâtre. On devient bon acteur à partir, je vais le dire, d'un certain âge. Parce que l'on n'est plus, alors, dans la séduction, on ne fait plus semblant pour faire semblant, on est vraiment dans le fond. C'est comme un bon jazzman, qui oublie les notes, qui oublie la partition, qui dès fois ne la regarde même plus, qui prend simplement son verre de scotch sur le piano en souriant pour continuer à jouer. Cela permet d'être vraiment sur l'instant, dans le jeu, ce qui est important.

 

Retrouver le public génère, on peut l'imaginer, de la fierté mais aussi de l'impatience  ?

 

Oui, parce que l'on n'existe pas sans le public. Un acteur ou une actrice, c'est chouette mais sans une équipe technique, sans une caméra, sans le scénariste, sans le public, il n'est rien. C'est un tout. Là, c'est pareil, une série, si elle existe, c'est qu'elle est au niveau des attentes et des surprises, c'est aussi que, en face, il y a un public.

 

Donc il faut le remercier, il faut être là pour lui. Il nous le rend bien. On a même vu des familles se construire, dont les parents se sont rencontrés il y a quelques années lors d'un rassemblement autours de la série. Je trouve cela incroyable, ça me rend dingue.

 

En parallèle, on peut vous retrouver sur Canal +, dans le court-métrage «  L'hypothèse de la Reine Rouge  ». Quel est le contenu  ?

 

J'ai rencontré Florian Thomas, le réalisateur, sur une précédente série. C'est un passionné de Maurice Leblanc, l'auteur d'Arsène Lupin, il m’a fait découvrir ce magnifique auteur. Il m'avait alors avoué que, à ses yeux, j'étais le seul crédible à incarner ce héros. Je peux le dire, d'autant que je fais redondance avec le rôle de Bruno Serrat dans «  Un Si Grand Soleil  ». C'est vrai que les rôles de gentlemen cambrioleurs me vont assez bien. L’élégance et le panache me plaisent souvent, même dans le quotidien. J’ai rencontré les bonnes personnes pour me le transmettre et l’apprendre.

 

Florian m'a donc fait découvrir Maurice Leblanc qui, lorsqu'il fait sa première apparition en juillet 1905 dans "Je sais tout", à la demande de Pierre Laffite, directeur du journal et qui sera ensuite le principale éditeurs des aventures du célèbre voleur, à la fin de journaux, dessinait en quatre à cinq petites cases les aventures d'Arsène Lupin. Les gens en étaient friands. Il s'agissait là de la première série de super héros français. Super héros qui est en lutte permanente contre Fantomas entre autres. Cet auteur est un puits de richesse incroyable.

 

Ce court-métrage est la rencontre entre deux super héros qui ont pris de la bouteille, qui boitent un peu. Entre Arsène Lupin et Sherlock Holmes, qui font la paix et s'associent pour tenter de choper Fantomas. Chacun va aussi raconter ses états d'âme, Lupin notamment a fait la guerre 14-18, en a vu les horreurs associées qui lui ont laissé de grandes traces affectives et psychologiques. Ses vieux héros se retrouvent, font la paire et c'est génial. Dans un décor merveilleux, comme par hasard dans le musée de la médecine de Montpellier, ville dans laquelle j'ai tourné la série pour France 2.

 

Justement, vous avez été Bruno Serrat dans «  Un Si Grand Soleil  ». Que retenez-vous de cette expérience  ? Avez-vous amené une touche personnelle à ce personnage  ?

 

Je tiens à dire que c'est une grande aventure. Un mois et demi intense avec, en moyenne, de 6 à 8 scènes par jour. Avec un temps imparti très stricte, ce qui crée une intensité énorme. J'en ai joué, je l'ai intégré au personnage, comme une horloge biologique. Si mon personnage a été tué, c'est bien que cette dernière s'est mise en route. C'est l'amour qui lui a donné le bon moment de partir. Il n'a d'un côté pas profité du fruit de ses exploits, à l'inverse il n'avait plus d'amour mais il l'a retrouvé et, encore mieux, il a trouvé une passion avec le personnage joué par Emma Colberti.

 

D'ailleurs, ça, c'est Bruno Serrat. Tout est excessif, passionnel, sensuel, charnel, c'est un félin. C'est cela que j'ai amené. Et une intensité permanente, avec toujours ce calme en parallèle. Autant, à l'intérieur, ça bout et c'est chronométré puisqu'il va mourir dans un délai proche, autant ce qu'il fait paraître est intemporel et calme. Comme un bon drink, comme de bons glaçons qui tapent une bonne vodka au fond d'un verre, tout est cool.

 

Je me rappelle de la scène tournée avec Chris Nahon où ça tire dans tous les sens, même à ce moment là c'est cool. D'ailleurs, l'équipe technique a joué avec l'écho, c'était super. Même aussi pendant la scène de l'évasion dans l'ambulance, Bruno Serrat est cool, il remercie, il est classe. Bon, il est un peu sec car il faut en imposer mais il reste cool et poli.

 

J'ai toujours cherché à ce qu'il soit dans l'écoute active, avant d'agir. Quand il agit, c'est qu'il a cerné, qu'il a scanné. Mais avec honnêteté. Après, il joue, avec les taulards il parle taulard, avec les flics, il parle flic. Il a un grand respect de son chasseur, il veut que ce dernier soit à sa hauteur. De même pour Eve, quelqu'un qui émane un charisme incroyable.

 

Le personnage Bruno Serrat n'a rien, mais va dans des grands hôtels, incognito, porte des peignoirs en satin et, le lendemain, cela ne le dérangera pas d'être habillé comme un clochard. Les moments intenses qu'il choisit sont toujours classes, il descend au Carlton, va à la piscine et, le soir, il peut très bien s'échapper, manger un kebab et observer la banque dans une poubelle. Cela ne le dérange pas. Il rentre à l’hôtel, prend une bonne douche, met du Guerlain et puis voilà. C'est là tout le paradoxe de Serrat que je me suis inventé.

 

J'ai eu la chance d'avoir sept réalisateurs, Nicolas Houres, Marion Lallier, Benoit d'Aubert, Amir Shadzi, Chris Nahon, Julie Lipinski et Fouad Benhammou. Du coup, sur place, on n'a pas le temps de faire semblant. Ce qui est bien, c'est que, à chaque fois, on veut se plaire, on se cherche. Donc, tout le temps, je devais être Serrat, je devais être en mobilité pour m'adapter. Peut-être qu'il y a déjà une part de lui en moi, de part mon parcours. Je me retrouve dans cette mobilité à s'adapter, dans le fait aussi que rien n'est acquis et que l'instant est primordial. J'ai mis du temps, mais c'est venu avec l'âge. Cela pourrait d'ailleurs être l'adage de Serrat, «  on construit demain aujourd'hui  ». Un autre adage pourrait être  : «  Il est quelqu'un qui donne de l'importance à ses absences pour faire comprendre à ceux qui n'ont pas compris l'importance de sa présence  ».

 

Pour terminer, ce tournage vous a aussi permis de jouer un éventail très large de sensations....

 

Merci à Joanna Delon la directrice de Casting qui à pensé à moi pour le rôle, à Sophie Gigon la Productrice de France TV Studio, qui m'ont fait confiance. C'est un rôle extraordinaire, j'ai joué toutes les palettes d'un personnage, cela pourrait être un rôle de cinéma. C'est à dire que cet homme a un début et une fin, et on le comprend. En un mois et demi, j'ai pu montrer toutes les couleurs que je pouvais donner. D'habitude, un tournage dure dix jours et on ne donne qu'une parenthèse, là il ne manquait qu'un flash-back sur ma jeunesse et on avait tout. Donc bravo aux scénaristes.

 

C'est pour cela que cette intrigue a plu. Parce que Serrat est non seulement un personnage à part entière avec de multiples facettes, une qui brille comme la lune et une autre très obscure mais aussi parce qu'il a été un pont. On peut en croiser dans la vie des personnes comme ça, qui aident à travers des rivières. On les comprend, on les écoute ou pas mais, au moins, elles seront passées. Qui de nous deux inspire l'autre  ? Serrat réveille les Fantômes de tous ceux qui l'entourent. Chaque personnage qu'il rencontre se voit interroger  : «  eh, tu viens d'où  ? C'est quoi  ? Tu l'aimes vraiment  ? C'est vraiment ton fils  ? Il est vraiment pervers  ? Oui ou non  ? Virgile, tu n'oublies pas des choses  ? Comment tu fais pour ta paillote  ? Il sort d'où le fric  ?  Manu, t'es un bon flic ou t'es pas un bon flic  ? Jo, qu'est ce que tu veux  ? C'est l’appât du gain  ? T'es une vraie journaliste  ? T'es pervers en fait toi, tu aimes bien le sensationnel, tu as besoin de reconnaissance  ? ». Tout est comme ça avec lui. Quand Serrat part, tout le monde ressort décoiffé. C'est ce qui est génial. J'adore jouer des rôles comme celui ci avec un côté impactant très fort. Il a été d'une telle intensité que je ne pouvais pas être en dessous du personnage. Peut-être que, sur la durée, par contre, je n'aurais pas tenu. Et c’est pour cela que Bruno Serrat a été impactant, parce que c’était fort et court.

 

Merci beaucoup Charles pour toutes vos réponses  !

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La logique des femmes : Interview croisée avec les deux comédiens de la pièce, Belen Lorenzo et Didier Forest !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Belen, bonjour Didier,

 

Quel plaisir d'effectuer cette interview avec vous deux  !

 

Vous êtes actuellement à l'affiche, au Petit Théâtre des Variétés, de la pièce «  La logique des femmes  ». Pour commencer, très simplement, comment présenteriez-vous ce spectacle  ?

 

Belen  : C'est une comédie, à coup sûr, mais pas une comédie de boulevard, plutôt une comédie de mœurs. Un huit clos entre deux personnages, dont la rencontre est improbable à la base. Des gens qui ne sont pas censés se rencontrer dans la vie puisqu'il s'agit d'une femme libérée, moderne, avec une belle position sociale et d'un moine très traditionnel mais pas tant que cela.

 

Didier  : Il a un petit secret, un petit pouvoir... Mon personnage n'est pas là par hasard, il a une mission à accomplir.

 

Belen  : Je dirais que c'est une fable moderne, un conte moderne. C'est une jolie histoire et aussi une belle rencontre humaine, sur fond de comédie romantique dirons-nous.

 

Sans tout en dévoiler, quels principaux thèmes sont abordés  ?

 

Didier  : Le rapport homme-femme dans ce qu'il y a de plus caricatural.

 

Belen  : Je dirais même stéréotypé. Le moine, Frère Félicien, semble amener une forme de provocation par rapport aux stéréotypes homme-femme, pour faire sortir à Lola quelque chose de profond en elle. En effet, elle a un secret, elle a perdu un amour, celui de sa vie semblerait-il, par orgueil. Félicien est là pour la révéler à elle-même.

 

C'est donc un rapport homme-femme, une sorte d'introspection aussi et également un rapport à la religion.

 

 

Didier  : Le moine est très pieux, sa mission est de la ré-aiguiller pour l'aider à trouver le bon chemin.

 

Belen  : En fait, il a une façon très originale de la faire sortir de ses gonds car elle a beaucoup de mal. Parmi les autres thématiques, il y a aussi le rapport à cette soi-disant modernité, le féminisme, qui a du mal à éclore, même vis à vis des femmes. Lola, d'apparence, est très libérée et très sûre d'elle mais elle est très fragile en même temps.

 

Didier  : Elle a tendance à penser que c'est un monde d'hommes et qu'elle est obligée de se battre d'autant plus pour arriver à obtenir ce qu'elle veut.

 

Belen  : Plein de contradictions sont mises en avant. Il y a aussi beaucoup d'humanité, les deux deviennent copains, c'est une jolie relation. Tout cela est un prétexte à un joli verbe.

 

Didier  : Et à dénoncer les clichés qui se baladent un peu partout. C'est peut-être plus féministe que cela en a l'air. Même si certains pourront se dire qu'il y a des propos misogynes, c'est en fait une provocation pour dire qu'il ne faut justement pas être comme cela.

 

Belen  : On ne va pas tout vous dévoiler mais l'auteur a choisi un dieu très particulier.

 

Concernant l'interprétation de votre personnage, avez-vous eu des sources particulières d'inspiration pour les incarner  ?

 

Didier  : Mes prédécesseurs parce que, pour le coup, je reprends le rôle. Après Antoine Beauville, l'auteur, qui l'a créé à Toulouse, après Dominique-Pierre Devers, puis Daniel-Jean Colloredo et enfin Mehdi El Glaoui.

 

Belen  : Virginie Stevenoot, qui a créé le rôle, m'a beaucoup inspirée aussi. Je pense souvent à Victoria Abril, peut être parce que Lola a cette fragilité et cette force qu'incarne un peu l'Espagne. Je prêche un peu pour ma paroisse, de part mes origines.

 

Didier  : En plus, Daniel-Jean nous fait travailler en parallèle pour recentrer un peu la pièce. Je suis en effet arrivé aux côtés d'une comédienne déjà rodée, du coup Daniel-Jean connaissant bien le rôle et l'ayant travaillé un moment, nous fait de la direction artistique. Il connaît la mise en scène, les mises en place, il m'amène plein de choses.

 

Belen  : C'est une aide précieuse. Carole Barbier, la metteur en scène, n'ayant pas la possibilité d'être en permanence sur Paris, Daniel-Jean s'est associé à son travail. Du coup, cela nous fait beaucoup de bien, nous redécouvrons des choses ensemble, avec Didier. Je redécouvre moi aussi certains aspects de la pièce et le travail n'est jamais fini.

 

 

Didier  : Je les découvre carrément, Daniel-Jean les redécouvre aussi d'ailleurs. En nous coachant, il découvre finalement des aspects de l'écriture auxquels il n'avait pas eu le temps de faire attention parce qu'il s'était retrouvé dans le bouillon directement au moment de jouer. C'est bien d'avoir quelqu'un comme lui, avec un œil extérieur, qui nous conseille.

 

Belen  : Les gens qui sont venus nous voir en 2017 découvriront encore des nouveautés cette fois-ci. C'est un plaisir pour moi de rejouer cette pièce. Un petit temps s'est passé avant de reprendre le personnage et retravailler le spectacle avec un nouveau partenaire permet de donner un petit coup de fraîcheur. Pour raconter la même histoire avec encore plus de détails, de finesse et d'amusement. Je me sens plus à l'aise, avec un plaisir certain et communicatif semblerait-il.

 

Didier  : Avec notre coach, Daniel-Jean, nous travaillons aussi le passé des personnages, ce qui apporte des choses beaucoup plus riches.

 

Belen  : C'est pour cela que je dis que c'est une pièce humaine. Les gens se reconnaissent assez bien ou reconnaissent leur meilleure copine, ou leur super ami, ou leur chéri, ou leur histoire d'amour, sinon celle du voisin. C'est vraiment quelque chose d'assez proche des spectateurs, ils s'identifient volontiers. Même si ce personnage de moine est complètement surréaliste, on aimerait bien, dans la vraie vie, je pense, en rencontrer.

 

Didier  : Des bonhommes comme lui existent vraiment, ils ne sont pas tous moines mais on peut en croiser.

 

Belen  : Ce Félicien-là est truculent, il est charnel, il aime la bonne chère. De surcroît, il est quand même un peu coquin, surtout au début de la pièce car, après, le doute est vite dissipé.

 

Didier  : C'est vrai, il a fauté une fois dans sa vie quand même.

 

Belen  : Il sait ce que c'est, il est dans la réalité. Ça en fait un vrai bon ami, avec cette femme qui est pleine de contradictions, qui est parfois même agaçante, qui ne se laisse pas faire et qui peut être aussi sur la défensive.

 

Didier  : Elle est un peu malheureuse mais ne veut pas le reconnaître.

 

Quels sont les principaux retours des spectateurs qui sont venus vous voir ?

 

Belen  : Les gens se marrent, ils rient beaucoup, volontiers, se font cueillir à plein de moments. Notamment lorsqu'une émotion est amenée, alors qu'ils ne s'y attendent pas. C'est très drôle, comme ça peut aussi être très émouvant. Je pense que c'est le plus beau des compliments, d'être surpris tout le temps.

 

Didier  : Une salle bien remplie qui rit volontiers nous charge aussi, on est du coup plus dans l'action. Les gens se font plaisir, nous nous faisons plaisir. Les programmateurs nous félicitent aussi de l'énergie.

 

Belen  : Les gens s'identifient, c'est assez naturel, c'est moderne, il y a des moments quotidiens, il y a des moments avec un peu plus d’emphase. Le texte est parfois un peu lyrique. Je dirais que cette pièce est un savant cocktail, avec de l'émotion, du rire, un joli texte, de la provocation, très peu de grossièreté, un peu de truculence. Ça ne s'arrête jamais, il se passe toujours quelque chose.

 

Didier  : Oui, c'est une heure et demie pleine d'énergie.

 

 

En conclusion, comment définitivement inciter les lecteurs à venir vous voir sur scène  ?

 

Belen  : On vous fait des bisous à la fin :)

 

Didier  : Venez, sinon je vous ferais du mal. Non, je plaisante. Tout simplement, venez vous laisser surprendre.

 

Belen  : C'est tout à fait ça, vous laisser surprendre par un huit clos qui paraît être improbable et qui, finalement, est très touchant, très fort, très intense et très amusant.

 

Didier  : Tous les deux se taquinent, se chahutent un peu, les vannes qu'ils peuvent se balancer sont pas mal.

 

Belen  : Même si on parle du rapport homme-femme, du couple, ce qui est la tendance actuelle, là, pour le coup, c'est aussi une histoire d'amitié. C'est une rencontre et, encore une fois, une histoire humaine avec plein de vérités qui sont dites mais d'une façon plus originale. Avec une femme qui sort de l'ordinaire, avec un homme qui sort de l'ordinaire, dans une situation ordinaire. Du coup, ça dépote :)

 

Merci à tous les deux pour votre disponibilité  !

Publié dans Théâtre

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Romain Ogerau nous présente sa belle et riche actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Romain,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps.

 

Vous êtes depuis peu, sur France 2, en access prime time, dans «  Un Si Grand Soleil  », où vous interprétez le prêtre Corentin. Très simplement, comment présenteriez-vous ce nouveau personnage  ?

 

C'est la première fois à l'écran que je joue un prêtre. Le personnage n'a pas quelque chose d'extrêmement caractéristique dans les situations qu'il joue, il est plutôt dans l'accompagnement d'Inès, jouée par Maeva El Aroussi, qui souhaite se faire baptiser. Il est dans l'écoute, il essaie d'apaiser, il répond aux questions spirituelles et aux doutes d’Inès. Il est aussi médiateur avec les parents de cette dernière, l'un étant assez réfractaire, l'autre étant dans le questionnement.

 

C'est vraiment la ligne que j'ai défendue pour ce personnage. Dans l'écoute, dans l'accompagnement, dans le non jugement. J'ai demandé à un prêtre que je connais les différences entre un enfant et un adolescent. C'est très différent, pas dans le sacrement mais dans le lien qui se créé entre le prêtre et le futur baptisé car, dans le cas joué, c'est une démarche personnelle, et non pas celle des parents.

 

La spiritualité, pour moi, n'a pas de religion. Au delà de la connaissance des rituels et de la symbolique, les points d'appuis sont les mêmes. Ce qui est très chouette.

 

 

On sait que le rythme de tournage est plutôt soutenu sur une série quotidienne. A ce titre, avez vous eu une méthodologie particulière de préparation  ?

 

Oui et non. C'est soutenu mais ce n'est pas l'enfer. Il y a trois équipes de tournage en même temps, ce qui sépare le temps utile et la quantité. Mais, de toute façon, je travaille pas mal en amont, d'abord sur le texte, pour l'apprendre le plus vite possible, pour en être débarrassé et ainsi pouvoir travailler en dehors de celui ci.

 

Ensuite, il est important de faire son travail de comédien en amont, en se demandant ce que l'on peut proposer, ce que l'on peut amener qu'un autre n'amènerait pas. Pour choisir des directions assez précises. L'aide d'amis comédiens peut être très utile à ce moment-là.

 

Plus le travail en amont est important, plus cela est libérateur sur le tournage ensuite. On peut alors mieux rentrer en contact avec ses partenaires et les écouter plus facilement.

 

Si le scénario le permet, aimeriez-vous prolonger l'aventure  ?

 

Carrément  ! C'est un plaisir à chaque fois. Si la production veut faire revenir le prêtre, je suis partant. Ce qui est sympa aussi, c'est que ce programme permet une grande latitude aux personnages. Même si je ne pense pas que l'on s'oriente sur son histoire plus personnelle mais pourquoi pas, je suis à l'écoute.

 

En parallèle, la saison 3 de la série «  Les engagés  » est en cours d'écriture. Quel regard portez-vous sur ce programme, vous qui aviez déjà participé aux deux premières saisons  ?

 

C'est une série écrite par Sullivan Le Postec, un super scénariste. C'est lui qui porte ce projet depuis toujours. Elle est réalisée par Jules Thènier et Maxime Potherat (saison 1) et Slimane-Bapriste Berhoun (Saison 2). C'est un projet important pour moi, c'est la première série LGBT produite en France. Nous sommes diffusés sur Studio 4,Amazone prime, TV5 monde et la plateforme Slashtv.

 

Ce programme évoque la communauté LGBT, dont on parle parfois peu et souvent mal, avec des clichés qui réduisent les personnes à n'être que des membres de cette communauté. Alors que ces personnes ont aussi une vie, avec des sentiments, des sensations, des émotions. Justement, ce programme parle de la vie au sein d'une association, Le point G. Avec toutes les intrigues que l'on peut y avoir parc que, finalement, une association est aussi quelque chose de très politique.C’est vraiment une série chorale avec une super équipe de comédiens : Denis D’Arcengelo, Pierre Cachia, François-Xavier Phan, Nanou Harry, Claudine Charreyre….sur la deuxième saison, nous étions 28 personnages.

 

 

Dans la première saison, il y a pas mal de choses qui sont axées sur cette lutte d'influence. Mon personnage, Laurent Roussel, avocat, est membre de l’association. Il est en conflit ouvert avec un des personnages principaux, Thibault, joué par Eric Pucheu. Ils se battent, entre autres, pour la présidence de l'association.

 

Il y a aussi l'accueil d'un jeune homme, Hakim, beur, qui fuit la banlieue de Saint-Étienne, pour venir vivre son homosexualité à Lyon, en retrouvant Thibault, qu'il avait connu il y a très longtemps. Autours de son parcours initiatique, on y retrouve d'autres intrigues, notamment l'agression d'un jeune homme que l’association va aider à retrouver l'auteur de cet acte.

 

Sur la deuxième saison, un comédien transgenre, Adrian de la Vega, est présent mais il n'est pas là pour être son propre rôle. Il est là parce que le personnage a un combat à mener, des choses à dire et une histoire personnelle.

 

 

Cette série s'attache donc à la vie des gens et non pas aux clichés véhiculés, c'est extrêmement important. Cette deuxième saison s'intéresse aussi à la transphobie qui existe au sein de la communauté LGBT. On évoque également les épreuves, les obstacles, les injustices liés à une transition. Notamment la difficulté de changement de carte d'identité.

 

La troisième saison est en écriture, on ne connaît pas encore les principaux thèmes.

 

Dans un autre registre, toujours artistique, on pourra vous retrouver, à la rentrée, sur scène, au théâtre Lepic, dans la reprise de « La petite sirène ». Comment décrire ce spectacle jeune public  ?

 

C'est la version adaptée d'Andersen, celle qui se finit mal, comme souvent avec cet auteur. Qui joue beaucoup plus sur les peurs des enfants.

 

Cette pièce a été montée par la compagnie «  Parciparlà  », avec laquelle je travaille depuis une dizaine d'années maintenant. Nous faisons beaucoup de choses, principalement du jeune public, avec quatre à cinq pièces différentes. Nous sommes tous les ans sur scène, à Paris, sans oublier de régulières tournées.

 

Sur ce spectacle, nous sommes tous sur scène en permanence, nous alternons entre différents rôles et de la narration. Les changements de costumes se font à vue. C'est un vrai parti pris. La choralité et le rythme de la narration sont hyper intéressants et fonctionnent très bien. Ce code là a été très bien compris par les enfants, ils se l'approprient tout de suite et rentrent immédiatement dans l'histoire.

 

Nous serons à l'affiche de mi septembre à mi novembre.

 

Pour terminer, parmi vos nombreuses cordes artistiques, vous adorez faire de la motion capture...

 

C'est top, il y a plein d'application différentes, pour les jeux vidéos, les publicités, les documentaires notamment. Je travaille surtout avec la société MocapLab pour entre autres Ubisoft. J'adore !

 

Ce fut une joie, Romain, de nous entretenir avec vous  !

Publié dans Télévision, Radio

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Christine Lemler évoque sa belle actualité, à l'image et sur les planches !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits photo : Olivier Allard

 

Bonjour Christine,

 

C'est toujours une joie de vous retrouver pour un nouvel échange.

 

Vous êtes actuellement à l'antenne, sur TF1, dans «  Demain Nous Appartient  ». Vous qui avez, par le passé, connu d'autres programmes réguliers, on imagine votre joie de rejoindre cette série  ?

 

J'étais ravie de venir dans cette aventure. Je connaissais un peu Ingrid Chauvin et Thierry Peythieu, l'un des réalisateurs et j'étais très contente de les retrouver. Malheureusement, je n'ai pas tourné avec ce dernier mais c'est une belle aventure. Je me suis sentie portée par cette superbe équipe, on sent qu'il y a une harmonie, une envie d'aller au bout, de porter les guests qui arrivent. Je me suis sentie bien, comme intégrée dans une famille.

 

Mon personnage n'est pas très sympathique mais bon, c'est comme ça, il faut des méchants. Et je préfère jouer le rôle du méchant car je trouve que c'est beaucoup plus riche qu'un personnage sympathique. En tout cas, on se souvient des méchants. Je m'en rends compte sur les réseaux sociaux.

 

Pour cette nature-là de personnage un peu singulier, avez-vous eu des sources d'inspiration particulière  ? Comment et où êtes-vous allée le chercher  ?

 

C'est bien écrit, je me suis laissée porter par le scénario, j'ai fait confiance. Ça m'a fait drôle de jouer une grand-mère, certes jeune. Vous allez encore découvrir plein plein de choses car c'est loin d'être fini.

 

Par la suite, si mon personnage a plu, peut-être qu'il pourra revenir mais c'est selon l'envie des téléspectateurs. En tout cas, j'aimerais bien refaire une arche et être présente ponctuellement.

 

Avant d'intégrer ce programme, le regardiez-vous  ? Ou vous êtes-vous plongée dans quelques épisodes  ?

 

Je ne connaissais pas du tout le programme mais, quand j'ai su que j'allais être prise dans cette aventure, j'ai regardé quelques épisodes. Au fur et à mesure des allers retours sur place, je me présentais à toutes les nouvelles têtes que je rencontrais car c'est une grande famille.

 

La série cartonne, avec plus de 3 millions de téléspectateurs chaque soir. J'ai même vu un pic à 3,6 millions à mon arrivée, j'étais contente. Cela m'a fait plaisir.

 

Face au rythme intense de tournage, vos expériences précédentes vous ont sans doute aidée  ?

 

Oui, c'est bien d'avoir eu ces expériences précédemment. Dans «  Classe Mannequin  », nous tournions un épisode par jour, soit 26 minutes utiles. Dans «  Sous le soleil  », nous faisions de 7 à 10 minutes utiles, ce qui est aussi fait sur «  Demain Nous Appartient  ». J'avais fait une arche de 2 mois et demi sur «  Plus Belle la Vie  », c'était le même format et le tournage allait aussi très vite. C'est pour cela qu'il est nécessaire et important de prendre de bons comédiens, ce qui est le cas sur la série.

 

Si la personne n'est pas efficace, si elle ne connaît pas son texte par cœur pour se lâcher, c'est difficile. Ici, tout le monde s'en sort très bien, ils sont tous formidables.

 

En parallèle, toujours à l'image, on pourra vous retrouver sur France 3, en guest, mi juin, dans «  Tandem  ». Que dire de «  Port d'attache  », l'épisode dans lequel vous jouerez  ?

 

Cette série est menée tambour battant par Astrid Veillon et Stéphane Blancafort, qui forment ce duo assez atypique et attachant je trouve. Ces deux policiers complètement différents plaisent au public, c'est pour cela que cette série fonctionne.

 

J'y joue une maman, qui a un fils de 16 ans. Qu'elle va protéger suite à un drame qui va avoir lieu.

 

En termes d'appropriation du personnage, votre façon de faire a-t-elle été la même, comparativement à la série quotidienne que nous avons évoquée précédemment  ?

 

J'aborde mon travail de la même façon. On a peut être un peu plus de temps dans «  Tandem  » ou dans «  Caïn  », qui a été diffusé en avril, mais pas beaucoup plus. Il faut venir avec sa petite mayonnaise, avec l'idée que l'on se fait du personnage avant, ensuite, de se laisser porter par les indications du metteur en scène. C'est important de venir avec quelque chose en tout cas.

 

Dans «  Tandem  », sur une scène, le texte avait changé au moment du tournage, ce qui m'a fait modifier ma vision. J'ai trouvé cette nouvelle voie plus intéressante et je me suis jetée sans filet. Au final, le résultat me semble encore plus pertinent. J'espère que les téléspectateurs seront conquis par ce que l'on a proposé.

 

Ces différents tournages vous ont permis de jouer dans de belles régions...

 

Oh oui, à Marseille pour France 2 puis en Province. Grâce à TF1, j'ai découvert la ville de Sète, que je ne connaissais pas. C'est un lieu très charmant, je m'y suis bien plu. J'aurais aimé continuer, tellement la vie y est agréable. J'ai eu un bon feeling aussi avec les commerçants. Enfin, le tournage de France 3 s'est déroulé sur Montpellier.

 

En plus, il faisait beau, j'ai eu de la chance à chaque fois.

 

Dans un autre registre, vous repartez en tournée théâtrale, à partir du 5 août prochain, avec une nouvelle pièce, «  L'art n'acoeur  ». Que pouvez-vous déjà nous en dire  ?

 

C'est une pièce écrite par Nicolas Vitiello, qui est accompagné à la mise en scène par Frank Leboeuf. Je les connais depuis 2012, je suis ravie aussi de retrouver Véronique Demonge. Notre quatuor a beaucoup plu précédemment et nous reformons l'équipe, complétée de Georges Beller et de Michèle Kern.

 

 

On se retrouve dans une galerie d'arts, avec de magnifiques tableaux et sculptures. Le personnage de Gilbert, joué par Georges, en est le propriétaire mais il est un peu dépassé par l'art moderne. Du coup, il est criblé de dettes. Pour essayer de s'en sortir, il engage son ami Hugo, interprété par Frank, lui aussi marchand d'art. Travaille aussi la sœur de Gilbert, qu'incarne Véronique, une vieille dame un peu acariâtre, qui est la secrétaire et qui possède aussi 50% des parts.

 

Gilbert est mariée à Jade, jouée par Michèle, une écervelée. Elle n'a pas inventé la poudre mais elle aime le luxe. Gilbert lui passe tous ses caprices. Là débarque une huissier de justice, que j'ai la chance d'interpréter. Elle vient chercher des tableaux pour justement les vendre afin d'éponger les dettes. Pour couronner le tout surgit un individu sorti de nulle part, incarné par Nicolas. Grâce à lui, les langues se délient et l'on découvre quels sont le jeu et l'enjeu de chacun.

 

C'est une comédie à part entière. Elle est encore plus drôle, je trouve, que les autres pièces que nous avions jouées ensemble. Je pense que les gens seront pris, suspendus à nos lèvres jusqu'au bout pour découvrir plein de choses.

 

Les répétitions vont bientôt démarrer, nous sommes en plein apprentissage du texte pour le moment. Environ 80 dates seront proposées jusque juin 2020. En tout cas, nous sommes tous très heureux de retravailler ensemble et une véritable alchimie s'est créée entre tout le monde. Nous sommes ravis de retrouver le public et de rejouer dans beaucoup de théâtres dans lesquels nous avions déjà été et où nous sommes attendus avec impatience. On a hâte, vraiment.

 

Merci Christine pour toutes vos réponses  !

Publié dans Théâtre, Télévision

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Love therapy : Interview croisée avec Anne et Sébastien, deux des comédiens de la pièce!

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Anne et Sébastien,

 

Merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

 

Vous êtes actuellement à l'affiche, en alternance, au théâtre Le Bourvil, de la pièce «  Love therapy  ». Pour commencer, comment la décririez-vous  ?

 

Anne  : C'est un peu un double stand up, ce n'est pas vraiment une pièce de théâtre traditionnelle.

 

Sébastien  : Le décor est assez sommaire, deux tables, une grande et une petite, ainsi qu'une chaise.

 

Anne  : Ce sont vraiment les comédiens, qui sont un peu deux clowns, qui jouent ensemble et qui jouent aussi un peu avec le public. On a beaucoup d'interaction avec les spectateurs.

 

Sébastien  : Presque en permanence en fait. On a des parties quatrième mur qui sont calées et d'autres non. On commence sous l'aspect d'une conférence, on arrive en blouse blanche, en tant que deux experts du couple. Ça commence ensuite à déraper tout doucement car, comme l'a dit Anne, ce sont deux clowns.

 

On a un peu l'Auguste qu'est le rôle masculin et le rôle féminin, lui, est plus centré clown blanc. Bien qu'elle ait un côté Auguste parfois, ce qui est drôle car ça peut partir en vrille des deux côtés. On y va progressivement, on commence à lâcher des bombes mais sans jamais chercher à clasher l'autre.

 

Anne  : Oui, c'est toujours bienveillant.

 

Sébastien  : C'est maladroit mais bienveillant. Quand le personnage masculin sort une grosse connerie, il ne s'en rend pas compte, comme un Auguste mais c'est au travers des réactions du public et du regard de sa partenaire qu'il essaye ensuite de se rattraper.

 

Anne  : C'est vraiment le point d'ordre que nous nous sommes donné, la bienveillance. Il y a plein de spectacles sur le couple mais, souvent, avec des clashs qui témoignent d'une certaine guéguerre. On veut, au contraire, amener ce côté positif dans le couple. Même s'il y a des boulettes dans une relation, elles peuvent témoigner d'une volonté d'aller ensemble de l'avant.

 

Sébastien  : D'ailleurs, on le voit parfois dans les critiques que nous laissent les spectateurs  : «  Merci, on a passé un bon moment, ça fait du bien de voir que, finalement, on est tous pareils. Ça rassure presque  ».

 

Anne  : On parle de choses qui se passent dans chacun des couples, au travers de petits sketchs. A un moment donné, l'une ou l'autre des séquences touche les gens, leur rappelle leur expérience.

 

Sans tout en dévoiler, quels sont les principaux thèmes abordés  ?

 

Anne  : Le couple, c'est tellement vaste.

 

Sébastien  : On aborde clairement les clichés du couple mais de manière naturelle. On essaye d'être drôles, sans jugement.

 

Anne  : Il y a des choses qui ont déjà pu être dites mais on les amène d'une manière différente.

 

Sébastien  : Il faut que ce soit le plus dépecé de tout jugement en permanence. Au travers de ces petits clichés, on veut simplement montrer que l'on est tous pareils, qu'on a tous nos petites manies.

 

Anne  : On cherche à montrer qu'il vaut mieux en rire que de se prendre la tête dessus.

 

Sébastien  : Il y a l'amour en chaussettes ou encore la fille qui ne sait pas quel vêtement porter et qui est en profonde détresse à ce moment là. Ces petites choses sont présentes dans le quotidien de tout le monde. 

 

Comment présenteriez-vous chacun des deux personnages  ?

 

Anne  : Chacun est vraiment bienveillant, lui a un côté un peu plus fort au niveau comique, il est un peu le gaffeur et elle est dans l'énergie. Elle est pétillante, elle le reprend par moment, mais toujours de façon bienveillante, affectueuse et avec tendresse. Elle le trouve drôle, même quand il va parfois trop loin.

 

Sébastien  : Il est un peu le gamin et elle est un peu plus posée. Cela n'empêche que, parfois, elle pète un câble.

 

Quelles sont les principales réactions du public à l'issue des représentations  ? Qu'est ce qui en ressort majoritairement  ?

 

Anne  : Déjà pendant la pièce, il y a beaucoup d'interaction avec le public, que l'on provoque. L'interaction peut parfois être délicate parce que les gens ont peur d'être pris à parti mais, en même temps, ils aiment cela. C'est un peu rigolo comme réaction, d'abord timides, ils sont ensuite rassurés. Au fur et à mesure, ils se prennent au jeu.

 

Les réactions ne sont jamais les mêmes, on en profite du coup pour faire un peu d'improvisation en fonction des réponses.

 

Sébastien  : Normalement, le spectacle dure 1h 10 et on a déjà fait 2 h.

 

Anne  : Les gens ont l'impression de faire partie de ce spectacle, qui change presque chaque soir. Ils vivent un moment un peu unique, ce qui est assez chouette pour eux.

 

Sébastien  : Chaque soir est différent. Comme les interactions sont différentes, les improvisations le sont aussi. On est capable de partir en vrille pendant 5 à 10 minutes suite à une réaction spécifique d'un spectateur.

 

Anne  : Sébastien aime bien d'ailleurs réagir à certains gestes du public, ce qui donne des petits moments uniques.

 

Sébastien  : Je me rappelle aussi d'un soir où le régisseur s'était endormi. J'avais été faire les changements de lumière moi-même. Une autre fois, la comédienne, Clémence pour ne pas la citer, a eu un énorme trou de mémoire au début, sans que je puisse l'aider. Je suis parti en improvisation de pompes et de claquettes pendant dix minutes. D'ailleurs, c'est marrant mais certains spectateurs se sont demandés si ces séquences étaient prévues ou non.

 

Anne  : Pour en revenir à la question, les gens se projettent dans la pièce. Les spectateurs nous disent souvent qu'ils s'y sont retrouvés.

 

 

A titre plus personnel, face à cette distribution alternante à huit comédiens, une adaptation personnelle est elle nécessaire en fonction de votre partenaire de jeu  ?

 

Anne  : Complètement  !

 

Sébastien  : Oui et c'est d'ailleurs ce que je voulais. Je l'assume complètement, c'est un choix presque éditorial. Je ne voulais pas créer des duos. Pour éviter de tomber dans une routine. Nous avons tous des façons de jouer différentes, nous avons tous des clowns différents, nous avons tous des rythmes différents, je trouve que c'est une richesse. L'un nourrit l'autre et ça enrichit tout le monde.

 

Anne  : Cela enrichit la pièce aussi. Parfois, on trouve des nouvelles vannes que l'on peut se partager. C'est chouette. Changer de binôme nous fait trouver des nouveautés et tout le monde s'enrichit.

 

Sébastien  : En une année, on a trouvé de belles choses et au moins 30 à 40% de la pièce a changé en se bonifiant.

 

Anne  : Il faut aussi s'adapter à ce que chacun fait ou ne fait pas, cela permet d'être toujours attentif et toujours à l'écoute de son partenaire. C'est très important.

 

Nous le disions, vous êtes à l'affiche au théâtre Le Bourvil. Un mot peut être sur ce lieu et son histoire  ?

 

Sébastien  : C'est un lieu qui a une quarantaine d'années, qui a été créé par un couple proche de Bourvil, deux ans environ après son décès. Il aurait adoré voir son nom sur ce petit théâtre, venant de ce milieu-là, plutôt que sur une grande salle qui n'a plus rien à prouver.

 

Nous l'avons repris il y a peu, nous sommes en train de le bonifier et de le retaper, petit à petit, avec les rentrées d'argent et de billetterie. Le but est de redonner un second souffle à ce lieu et ça commence à venir. J'ai de plus en plus de demandes de programmation, les gens en entendent parler.

 

Justement, dans ce cadre, une page est ouverte sur un site de financement participatif...

 

Sébastien  : Oui, effectivement. C'est la première fois que je fais des travaux et je me suis rendu compte que le budget annoncé n'est pas forcément celui nécessaire. Du coup, on demande une participation pour nous aider à financer une partie des travaux. Ce n'est pas juste un don, nous avons mis en place des contreparties, avec notamment une soirée de remise. On essaye de faire des choses sympathiques.

 

Voici le lien, si vous souhaitez nous aider :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/redonnons-vie-au-theatre-le-bourvil

 

 

En conclusion, comment définitivement inciter les lecteurs à venir voir le spectacle  ?

 

Anne  : C'est un spectacle unique qui change tous les soirs. Que vous soyez en couple ou non, vous allez vous y retrouver. Vous passerez un bon moment, vous rirez beaucoup  !

 

Sébastien  : J'insiste, si vous voulez venir voir un spectacle sans clash, où l'on s'amuse en étant respectueux les uns des autres, si vous voulez passer un bon moment tous ensemble, vous êtes les bienvenus  !

 

Ce fut un plaisir d'échanger avec vous deux  !

Publié dans Théâtre

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