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Emanuele Giorgi revient sur son parcours et évoque sa belle actualité !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Emanuele,

 

Merci de nous accorder un peu de votre temps pour répondre à quelques questions.

 

1/ Vous êtes un artiste aux multiples casquettes et aux nombreuses cordes artistiques. Vous êtes sur les planches, vous faites de la comédie, vous avez exercé votre métier notamment en France et en Italie. De façon générale, qu'est-ce qui vous plaît dans votre quotidien ?

 

J'aime la théorie selon laquelle, d'un point de vue de la naissance de toute société, nous étions au début des chasseurs-cueilleurs et, après, la plupart des gens sont devenus des agriculteurs sédentaires. Sans parler de l'artistique, un aspect de mon métier qui fait que je n'aurais pas pu faire autrement est la possibilité de pouvoir gérer mon temps, mon espace et mon indépendance. Avec une vie qui, matériellement, marche plus ou moins bien, ce qui fait parti du jeu, mais cet esprit “chasseur”, de ne jamais savoir demain où je serai, est un aspect très important de ma vie, qui va très bien avec l'artistique.

 

D'un point de vue strictement “artistique” justement, ça dépend. Déjà, je pense que l'on pourrait parler de l'art pendant des heures car, concrètement, il ne faut pas forcément être un “artiste” pour faire de l’art, même si je n'aime pas ce mot. Tout le monde peut, comme je crois, vivre de façon “créatrice” chaque jour, pourvu qu’on ait développé une profonde capacité de “sentir” et de traduire quelque chose qui aille au delà de notre subjectivité pour la rendre universel.

 

Concernant mon métier d’acteur, j’éprouve un profond plaisir à jouer et à rentrer dans la peau du personnage, ce qui me permet de développer d'autres points de vue, sur moi, sur le monde.

 

 

2/ Retrouvez-vous des complémentarités entre le jeu sur scène et celui devant une caméra ?

 

J'ai été élevé et j'ai grandi dans un milieu d'acteurs façon Actor’s Studio dans lequel, théoriquement il n'y a pas de différence. Mais, évidemment, d'un point de vue technique, il y a différents facteurs qui doivent être tenus en compte.

 

Je ne vais pas vous dire que c'est le même travail. Le grand acteur britannique Michael Caine disait que le théâtre est un travail au scalpel et le cinéma au laser…

 

3/ A titre personnel, l'une plus que l'autre vous plaît-t-elle davantage ? Ou est-ce le fait de faire les deux qui vous attire ?

 

Comme déjà dit, j’ai eu une formation purement cinématographique pendant des années. Je suis plutôt tourné vers le cinéma et l'audiovisuel du coup.

 

La vie, ensuite, a fait que, entre 20 et 30 ans, j'ai fait surtout du théâtre. Au moment où je me suis détaché de cet art, c'est plutôt la caméra qui est venue me chercher. Donc les deux sont très intéressants, mais si je devais choisir, je retiendrais le cinéma. Je ne sais pas si je marche mieux sur une scène ou sur un plateau, je sais juste que c'est différent.

 

4/ Spontanément, parmi toutes vos expériences, l'une d'entre elles vous a-t-elle plus marqué encore que toutes les autres ?

 

C'est évident que travailler sur « Plus Belle la Vie » est un paradoxe pour moi. Parce que je n'ai jamais cherché la télé. Je n'en ai même pas une chez moi !…

 

Ce n'est pas quelque chose vers lequel je serais allé spontanément, au moins à une certaine époque. Lorsque j'ai commencé « Plus Belle la Vie », ce fut une expérience très forte car, très rapidement, je me suis aperçu du potentiel lié au fait de tourner dans une série, d'un point du vue strictement lié au travail sur le personnage. Oui, il y aurait plein d'épisodes que je pourrais vous raconter. Cette série ne m'a pas changé, comme personne, mais c'est une expérience tellement “totale”, tellement complète que, effectivement, c'est très remarquable.

 

« Plus Belle la Vie » me permet d'explorer plein des facettes de mon personnage : quand j’ai fait le casting pour le personnage de Francesco Ibaldi, il était défini par les auteurs comme un “écorché vif” et, aujourd’hui, je me permets aussi de l’amener sur un coté plus brillant, parfois comique, tout en devant jongler avec sa sensibilité et son impulsivité.

 

En Italie j’ai travaillé aussi avec des acteurs importants comme Vincent Gallo ou Claudio Santamaria et avec des réalisateurs américains tels que Mike Figgis. Mais si je dois choisir les deux expériences les plus marquantes dans ma carrière, je crois que parmi toutes je citerais celle qui m’a permis d'interpréter le dieu Dionysos sur les “Bacchantes” d'Euripide, une expérience qui m’a profondément changé. Sans doute aussi cette magnifique aventure que je suis en train de vivre avec la Compagnie du Libre Acteur de Sebastien Bonnabel.

 

5/ Face à un rythme souvent soutenu sur un plateau de tournage, avez-vous en amont une méthodologie de préparation particulière, pour ensuite être aussi disponible que possible ?

 

Avec mon type de formation, il y a un certain protocole naturel à respecter. La première phase est la relaxation. Suivi du travail sensoriel où je vais chercher en moi les émotions dont je vais avoir besoin pour telle ou telle séquence. C'est un protocole plutôt stricte que j'ai souvent appliqué.

 

Mais sur un plateau d'une quotidienne comme « Plus Belle la Vie », je n'ai pas pu appliquer cette méthode sous sa forme la plus orthodoxe. Il y a une telle rapidité que le travail relève plus d'une forme de “performance”. En très peu de temps, on doit éveiller nos sens en étant à l'écoute de ce que l'on nous demande. On arrive sur le plateau, on a étudié nos textes parfois la veille lorsque l'on a beaucoup de séquences (jusqu'à huit par jour !), on fait une mise en place avec le réalisateur et l'équipe technique puis on tourne direct. Il y a une très bonne ambiance, ce qui est génial !

 

Avant de rentrer sur le plateau, je garde quand même mon petit rituel d'isolement. Lorsque j'ai une scène particulièrement dramatique, j'utilise de la musique, je me mets dans un coin, je me concentre, je rentre petit à petit dans le jeu. Avec mes outils, ma sensibilité, en cherchant ce que demandent le réalisateur et les acting-coachs, tout en voulant toujours être à mon aise. Je cherche à être en harmonie avec moi-même, même si parfois il faut faire des compromis, sinon je ne pourrais pas faire ce métier.

 

 

6/ Vous êtes sur ce tournage depuis de nombreuses années. Que dire sur cette belle aventure artistique ?

 

C'est une expérience extraordinaire d'un point de vue artistique, technique et humain. Il y a vraiment une très bonne ambiance, je n'arrêterai pas de le dire. Il y a une telle ambiance que tous ceux qui arrivent à Marseille ont envie d'y rester !

 

Cela fait trois ans que je vis une très belle aventure avec mes collègues. En plus, je travaille avec de plus en plus de partenaires différents. Je travaille aussi de plus en plus avec des hommes, parfois même plus âgés que moi. Ils ont d'autres registres, je vais donc chercher d'autres choses, car au début Francesco était souvent entouré d’une (ou “plus”) fille…

 

7/ En parallèle, vous êtes sur scène, au Ciné 13, avec « SMOKE RINGS ». Dans un genre théâtral assez particulier. Comment présenteriez-vous ce beau spectacle ?

 

Le théâtre immersif existe déjà comme genre, même s'il n'est pas très exploité en France. Mais les mise en scène de Sébastien Bonnabel sont, à mon avis, quelque chose de totalement révolutionnaire comparé à tout ce qu’on voit au théâtre aujourd’hui. Le public est en perpétuel mouvement avec les personnages dans une danse faite d’émotions, de sens et de volupté.

 

Les situations prennent vie soudainement autour et parmi le public, qui dans cette danse se reflète comme dans un miroir déformé. J’aime infiniment cette dimension “initiatique” de cette pièce, le parcours du public dans les espaces me rappelle immédiatement les "Mystères d’Eleusis" qui pendant toute l’antiquité greco-romaine étaient pour les participants le véhicule du développement d’une vision “autre” de soi et de l’âme humaine, à travers un parcours initiatique qui prévoyait une modification de la conscience. Le public reste à travers ce parcours et l’impossibilité de déterminer ce qui va se passer constamment éveillé sur le plan émotionnel, sensoriel et psychique et ça leur permet de vivre une véritable “expérience”. Dans ce sens, il s’agit pour moi, carrément d’un retour aux origines du théâtre grecque ancien.

 

A ça j’ajoute que l’esthétique de Sébastien, ainsi que sa direction des acteurs, m'ont immédiatement convaincu de faire cette pièce. D’ailleurs mes collègues sont des acteurs absolument remarquables, que très rarement on a la possibilité de savourer sur scène. J'avais vu la pièce deux fois avant de rejoindre la troupe et j'avais été étonné par leur niveau de jeu. Forcément, il se passe toujours quelque chose à chaque fois : ce que l'on voit n'est jamais machinal ou mécanique mais totalement vif et jouissif.

 

8/ En termes de jeu et d'interprétation, le théâtre immersif implique-t-il des adaptations, comparativement à un spectacle plus traditionnel ?

 

Il y a une logistique à respecter, on doit parfois réussir à se créer une place aux côtés du public ou à intégrer la présence des gens, comme si l'on était dans un café. Ensuite, c'est de la vie, il faut être vivant sur la « scène », dans cette autre forme artistique.

 

9/ Pour terminer, quels sont vos autres projets et actualités du moment ?

 

J'ai tourné un pilote d'une mini série, « Un italien à Paris », que j'interprète. Je produis ce programme avec peu de moyens mais avec une certaine fraîcheur. J'espère que le résultat sera à la hauteur. Nous avons tourné déjà trois épisodes. Par la suite, on essayera de proposer ce projet à des producteurs et des distributeurs, mais pour le moment c’est encore tôt.

 

C'est un petit format de quatre à six minutes, c'est très comique et grotesque. On y met en avant un italien qui vit un choc culturel en habitant à Paris. Le soleil et la nourriture italienne lui manquent. Il a du mal à mettre en place certains rituels, il a tendance à cacher un besoin d'air à sa copine Pauline, qui est interprétée par ma compagne, la “bravissima” Cécile Mazéas.

 

Pauline est plus cartésienne, plus carrée que Cesare, c'est une intellectuelle, lui est plus tourné sur le physique, sur une esthétique plus terrienne. Ses deux plans se croisent, une certaine alchimie se forme entre eux et ils s'aiment beaucoup. Je citerai aussi Gladys Cohen, une des piliers de « Plus Belle la Vie », où elle joue Seta. Elle joue ma maman dans ce programme court à trois personnages.

 

Ce fut un plaisir, Emanuele, d'échanger avec vous !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Florent Chako évoque sa passion artistique et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

Crédits : Jennifer Lescouet

 

 

Bonjour Florent,

 

Quel plaisir d'effectuer cette interview avec vous !

 

1/ Vous êtes un jeune artiste aux expériences et aux cordes artistiques diverses et variées.  Notamment en poésie, au théâtre jeune public ou encore en comédie. Plus généralement, qu'est-ce qui vous attire dans votre quotidien artistique ?

 

La découverte permanente me plaît. J'aime toucher à tout. Avant d'arriver sur Paris, je ne faisais que du théâtre et un peu de danse. Depuis que j'ai rejoint la capitale, j'ai été formé en comédie musicale et je fais maintenant de l'improvisation. J'aime toutes les disciplines multiples que l'on peut faire sur une scène.

 

D'une façon générale, ça se joue entre l'écriture, le pôle créatif, et l'interprétation, être sur une scène, devant un public, sur l'instant.

 

2/ Justement, parmi ces différentes casquettes, l'une plus que toutes les autres vous attire-t-elle tout particulièrement ? Ou est-ce leur complémentarité qui vous plaît ?

 

C'est le tout, c'est vraiment la complémentarité. Si, comme c'est le cas récemment, je suis en train d'écrire ou de composer mais que je ne joue pas, il me manque quelque chose. Inversement, si je joue et qu'il ne me reste plus rien à écrire, il me manque aussi quelque chose. J'ai besoin d'un équilibre entre les deux, qui n'est pas toujours facile à trouver mais je jongle. C'est vrai, j'aime quand il y a une complémentarité des disciplines. Je reviens d'un spectacle d'improvisation en Algérie, qui est quelque chose que j'adore car on écrit son propre texte en même temps qu'on le joue, on se donne toutes les libertés que l'on veut en tant qu'acteur. A l'inverse, j'aime aussi jouer dans des spectacles de théâtre où je peux aussi chanter par exemple. Ou alors utiliser un jeu physique qui fait appel à du masque ou de la danse. J'aime pouvoir varier les plaisirs dans une seule et même activité si ça m'est permis.

 

Crédits : Jennifer Lescouet

 

3/ Vous parliez de complémentarité. Justement, d'un point de vue artistique, en quoi une expérience peut-elle vous servir pour une autre ?

 

J'ai un parcours assez varié. Je suis arrivé à Paris il y a cinq ans mais, avant cela, j'ai fait des études littéraires. Qui ont débouché sur un master en production audiovisuelle. Quand j'ai fait ce dernier, j'avais déjà dans l'idée de jouer aussi et de pouvoir écrire mes propres textes. Cette formation avait aussi pour but de mieux comprendre comment être devant la caméra, grâce à ma connaissance plus technique.

 

Si j'improvise quelque chose, mes expériences d'écriture m'aident et cela crédibilise mon contenu. Pour pouvoir placer de l'humour, de la poésie, du sérieux notamment.

 

De la même façon, je suis arrivé aux cours Florent pour découvrir les comédies musicales. Une nouvelle corde à mon arc. On m'avait déjà proposé des rôles dans ce sens, notamment dans des spectacles pour enfant mais je manquais de formation.

 

Cela permet de varier les plaisirs. Rapidement, une activité que je délaisse un peu me manque.

 

4/ De façon plus large, dans l'exercice si particulier de l'improvisation, quelles sensations prédominent en vous ? A un moment donné, avez-vous quand même l'inquiétude de ne pas savoir comment rebondir ?

 

Dès fois, j'arrive à dépasser cette angoisse, c'est alors le Graal. Mais, dès fois, je n'y arrive pas. Je suis quelqu'un d'assez cérébral, alors qu'en impro c'est bien de pouvoir faire confiance à son instinct et de pouvoir lâcher prise. Pour moi, c'est un très bon exercice. Cela me sert aussi pour mon jeu de comédien pour le rendre plus organique et être plus dans l'instant présent. En impro, quand on a une idée, il faut y aller, la jouer et seulement ensuite on voit ce qui se passe. Je me sens d'ailleurs de plus en plus libre, cela me supprime même le stress que j'ai au théâtre avec un texte pré établi où je sais d’avance ce que je vais dire.

 

Avec l'improvisation, je sais aussi mieux comment utiliser mon corps quand je suis sur scène. Le fait de faire de la danse m'aide à avoir une meilleur présence physique sur scène. J'ai pu travailler un peu de masque, de théâtre italien, c'est pareil, cela m'a aidé à me construite un corps. Il y a toujours cette idée que chaque discipline peut en nourrir une autre.

 

5/ De façon plus générale, quels sont vos projets et actualités à venir ?

 

Il y aura probablement quelques spectacles d'improvisation d'ici l'été avec la Ligue d'Improvisation de Paris. Je coécrits actuellement un spectacle jeune public, je compose aussi la musique ainsi que les chansons. A priori, je vais également jouer dedans. J'espère une sortie avant 2019. C'est un spectacle dans lequel je vais me faire immensément plaisir, il y aura beaucoup de jeu, de l'interaction avec le public mais aussi des parties chantées ainsi que de la marionnette.

 

Crédits : Jennifer Lescouet

 

Je travaille régulièrement à Disneyland Paris, dans des spectacles interactifs, ce qui me plaît beaucoup. En poésie, je jouerai un spectacle à Angoulême, lors de la nuit des musées, de la poésie du pacifique traduite en français.

 

En termes d'envie, sur le moyen terme, j'adorerais écrire et faire jouer des spectacles. Être sur les planches me donne envie. Le théâtre musical serait un petit plus. Si possible aussi m'orienter vers le cinéma.

 

Merci Florent pour ce moment d'échange !

Publié dans Télévision, Théâtre

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Claire-Lise Lecerf évoque sa nouvelle pièce de théâtre, Les crapauds fous !

Publié le par Julian STOCKY

 

Bonjour Claire-Lise,

 

C'est une véritable joie de vous retrouver pour ce nouvel entretien.

 

1/ Vous êtes actuellement à l'affiche d'une nouvelle pièce, « Les crapauds fous ». Pour commencer, comment présenteriez-vous ce spectacle ? Quels thèmes y sont abordés ?

 

Cette pièce est une comédie d'aventure, relatant l'histoire vraie, méconnue et complètement dingue, de deux médecins héroïques qui, pendant la seconde guerre mondiale, sauvèrent des milliers de vies dans leur ville de Pologne, Rozwadow.

 

 

Nous sommes 9 comédiens sur scène, une vingtaine de personnages, pour cette pièce qui se partage vraiment entre rires et émotions. Il y beaucoup de moments de comédie. Bien sûr la page d’Histoire que nous relatons est extrêmement douloureuse, mais comme nous nous concentrons sur le stratagème mis au point par ces deux médecins pour berner les nazis, la pièce garde pleins de moments légers, et les instants d’émotions sont racontés avec beaucoup de pudeur.

 

Ce que j'aime dans cette pièce, c’est qu’elle part d'un exemple particulier pour aller jusqu'à l’universel, et redonne, par la même, foi en la nature humaine.

 

C'est une « feel good » pièce. On en ressort grandi, heureux, ému, touché, en ayant rigolé tout le long, car elle est pleine d’humour.

 

2/ Comment décririez-vous votre personnage ? Quelles sont ses principales caractéristiques ?

 

Anastazy évolue dans les années 90. Elle est la petite fille de l'un de ces deux médecins, Eugène Lazowski. C’est une jeune étudiante en psychologie qui, pour ses recherches, part à New-York, à la rencontre du deuxième médecin, Stanislaw, le meilleur ami de son grand-père, pour qu’il lui raconte leur histoire…

 

copyright "Dona Moth"

 

Cette jeune étudiante en psychologie s'intéresse au petit nombre de gens qui sont prêts à aller à contre courant. Ce petit nombre de gens qui sont empreints de quelque chose de supérieur, qui les dépasse et qui leur permet de braver tous les dangers, sans même réellement s’en rendre compte. C'est de ce petit nombre que l'espoir nait.

 

C'est un personnage très jeune, qui a donc un peu de cette fougue de la jeunesse, avec tout le questionnement, l’incompréhension, et la volonté de compréhension qui l’en incombe. C'est une histoire qu'elle n'a jamais entendue. Contrairement au narrateur et à tous les autres personnages de la pièce, elle n'a pas connu la guerre.

 

Anastasy est un personnage que j'ai voulu un peu « émerveillé et abasourdie » par ce qui se passe autours d’elle. Je suis, autant que le public, spectatrice de l’histoire. J’évolue dans le décor. Je la joue de manière un peu « onirique » car tout se transforme dans cette pièce, même les décors bougent. Il m’arrive d’aller vers mon grand-père ou ma grand-mère, que je redécouvre, jeunes, à une période où je ne les ai jamais connus. C’est touchant de s’imaginer rencontrer ses ancêtres, au moment où ils avaient notre âge. J’ai donc essayé de travailler mon personnage dans ce sens là. D’ailleurs, pendant la pièce, je garde toujours à la pensée mes vrais Grands-Parents, qui ont, eux aussi, fait la guerre et me l’ont racontée. J’ai voulu que l’on sente tout l’Amour que porte Anastazy à ses grands-parents, que l’on voit la nostalgie. Et puis, au final, il s’agit tout de même de l’histoire de sa famille !

 

3/ D'un point de vue artistique, comment avez-vous abordé le fait d'intervenir ponctuellement tout au long de la pièce ?

 

Je fais le même rôle pendant toute la pièce. C'est une histoire avec une vingtaine de personnages interprétés par neuf comédiens. Il y a donc beaucoup d'acteurs qui jouent plusieurs rôles.

 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les transitions sont, pour moi, les parties les plus difficiles. Au début et à la fin, ce sont de plus grosses scènes, c'est donc plus facile d’installer les situations et de trouver l’enjeu. Alors que, dans les transitions, il faut être efficace, ramener de l’énergie, rentrer tout de suite dans le rythme et l'émotion de la scène en seulement quelques répliques. Et surtout il faut garder à l’esprit qu’Anastazy vient au départ questionner Stanislaw pour ses recherches, pour comprendre le fonctionnement de ces êtres exceptionnels. Mais, petit à petit, il n’y a plus que l’histoire qui l’intéresse, elle se laisse totalement embarquer dans le récit que lui raconte ce vieux médecin à la retraite. Au final, c’est l’histoire qui importe, moi je ne suis que le vecteur, je suis à son service.

 

copyright "Dona Moth"

 

Il y a des scènes pleines d’humour, mais ce qu'il me raconte peut aussi, parfois, être très douloureux, c'est toute sa mémoire (les souvenirs du Narrateur). A un moment il dit « Il n'y a pas une semaine sans que le vacarme de ces bruits ne m'arrache à mon sommeil ». Cette phrase est tellement vraie. Quelqu'un qui a connu la guerre dans ses atrocités les plus terribles, sera, au final, traumatisé toute sa vie. Ces transitions sont donc aussi une sorte de retour à la réalité. Surtout que certains souvenirs de l’histoire sont parfois légèrement transformés, puisque tout est raconté depuis son point de vue à lui (Le Narrateur, Stanislaw âgé)… ce qui donne lieu à quelques scènes cocasses.

 

4/ La pièce est à l'affiche depuis plusieurs semaines et les retours sont très positifs. Quelles sont, selon vous, les principales raisons de ce succès ?

 

C’est une histoire vraie ! La pièce a réussi à attirer le public de part l'histoire je pense. Elle plaît vraiment et le bouche à oreille fonctionne plutôt bien. Cette histoire et cette pièce mettent du baume au cœur et font du bien.

 

Avez-vous déjà pu échanger avec les spectateurs à  l'issue des représentations ?

 

Je n'ai, malheureusement, pas eu beaucoup l’opportunité d’échanger avec les spectateurs (comme les décors sont assez lourds à faire et à défaire, on sort généralement trente cinq à quarante minutes après la fin de la pièce) mais cela m’est arrivé. J’ai croisé quelques personnes qui revenaient pour la deuxième fois voir la pièce, pour la faire découvrir à leurs enfants ou leurs amis. Et j’avoue que ça met du baume au cœur :)

 

copyright "Dona Moth"

 

5/ Vous le disiez, vous en êtes à la troisième semaine de représentations. Avez-vous déjà apporté quelques petites modifications ? Ou êtes-vous encore très proches de la version répétée ?

 

Quelques petits changements ont été apportés, notamment au niveau du texte où certaines répliques sont passées à d'autres personnages, ou des placements sur le plateau légèrement différents, pour apporter du dynamisme à certains moments. Même nous, dans notre manière d'interpréter, nous évoluons un peu.

 

Une pièce évolue surtout en début d’exploitation. C’est vraiment en présence du public que l’on peut connaître ses réactions.

 

Dans cette troupe, nous croyons vraiment en ce projet. Nous l'aimons énormément. Il nous tient à cœur, et je crois que c'est communicatif :) Nous avons la chance d’avoir été repris par le Théâtre des Béliers Parisiens, et allons donc continuer l’aventure au théâtre des Béliers Parisiens à partir du 19 Mai :)

 

copyright "Dona Moth"

 

6/ En parallèle, quels sont vos autres projets artistiques ?

 

J'ai terminé il y a peu un 6x52 minutes pour France 3, « Noces rouges », réalisé par Marwen Abdallah, un réalisateur génial. J’interprète le rôle de Blandine, un personnage affable, pervers, manipulateur… J'adore ce personnage mais je doute fort qu'il en soit de même pour le public, haha ;) C'est un vrai rôle de méchante. Blandine est une jeune femme qui n'a pas grand chose, pas grand chose à perdre, et qui n'a pas eu beaucoup de chance dans sa vie. Elle saisit la moindre opportunité pour améliorer son quotidien, même si cela implique des moyens de manipulation…

 

Cela ne fait pas de Blandine une belle personne mais, par contre, c'était passionnant à interpréter. J'ai adoré jouer ce rôle. Comme beaucoup de comédiens, j’aime beaucoup interpréter des rôles de méchants. C'est génial et jouissif d'aller chercher en soi cette part d'ombre que l'on a tous, et que l'on essaie plus ou moins de cacher. Là, pour une fois, on est autorisé à la montrer, c'est génial !

 

7/ En conclusion et pour revenir sur la pièce, que dire de plus pour inciter définitivement les lecteurs à venir vous voir sur scène ?

 

Si vous avez envie d'être le témoin d'une histoire vraie et extraordinaire qui vous redonne foi en l'humanité et vous donne de l'espoir, c'est l’occasion !

 

Merci Claire-Lise pour votre disponibilité !

Publié dans Théâtre

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