Caroline Raynaud : parcours, projets, actualités, elle aborde tous les sujets !

Bonjour Caroline,
Quel plaisir d'effectuer cette interview en votre compagnie !
1/ Vous êtes une artiste aux multiples casquettes, comme en témoigne votre déjà riche parcours. De façon générale, qu'est-ce qui vous plaît tant dans votre quotidien ?
C'est sans arrêt l'inconnu. L'inconnu peut faire peur mais, en même temps, c'est ce qui me fait vibrer et me sentir vivante. Je fais tout le temps des choses nouvelles, des nouvelles rencontres.
Quand je joue, quand j'interprète un personnage, quand je suis ancrée dans le moment présent et complètement libre, je suis transcendée par quelque chose de magique.
Ma dernière expérience forte cette année d'investissement dans un personnage a été un tournage au Canada en février dernier, un premier rôle dans un long-métrage. Je trouve dingue de se laisser embarquer et posséder par la réalité d'un personnage, par les mots, l’histoire qu'a écrit quelqu'un d'autre. Du coup, je suis traversée par quelque chose de vraiment vivant et vrai, alors que, à la base, ce n'est pas moi. Je trouve cela puissant.
C'est passionnant de surprendre et d'être surprise moi-même. C'est à chaque fois une découverte. Vivre des choses, les exprimer avec humilité, avec ce que je suis, est très important pour moi. Je sens les choses avec mon cœur et mes tripes. La sincérité et la vérité du moment présent comptent beaucoup. Quand je joue, je suis vivante, je suis au bon endroit. Ce sentiment ne cesse d'ailleurs de se confirmer en moi. Plus je joue, plus je sais que c'est cela qui m'épanouit et me passionne.
Le terrain de jeu est infini. On ne s’ennuie jamais, c'est top. Jouer, c'est aussi se reconnecter vers l'enfant intérieur que l'on est.
2/ Parmi vos expériences, l'une d'entre elles vous a-t-elle plus marquée que toutes les autres ?
J'ai vécu beaucoup d'expériences fortes mais il y en a vraiment deux que je retiens plus que les autres. Ma première expérience, le premier tournage de ma vie, a été « La môme » d'Olivier Dahan. Je sortais de l'école de théâtre et je me suis retrouvée, pour la première fois, sur un plateau pour deux semaines de tournage à Prague, puis Los Angeles, avec des acteurs de dingue ! Cela rejoint un peu mon expérience cette année où j'ai plongé dans le rôle d’Alex Gautier dans le film Canadien “Grim Trigger” alias “S.E.R.A.” de Nicholas Humphries. Ce fut à chaque fois des expériences humaines et artistiques hyper fortes.
J'ai appris beaucoup, je me suis dépassée, j'ai sorti des choses de moi qui m'ont surprises, je suis allée hors de ma zone de confort. Humainement, je me suis retrouvée dans des aventures avec un vrai esprit de troupe. Tous les gens étaient portés par cette volonté de voir le film exister. C'était magique. Les liens avec mes partenaires de jeu ainsi que la relation de confiance avec le réalisateur étaient très forts. Sans oublier des décors dingues.
En fait, je me sens chanceuse, chaque matin, de faire ce métier.
3/ Quels sont vos projets et actualités artistiques du moment ?
Le samedi 9 décembre, à 11h 45, au cinéma Lincoln, sur les Champs-Elysées, sera projeté « Fishing in the moonlight » de Christian Monnier, le premier court-métrage que j’ai tourné au Canada. C'est l'histoire d'une jeune française qui traverse l'océan Atlantique pour se marier avec un indien. J'arrive en robe de mariée, dans la neige, c'est très beau même si en robe et escarpins, j’ai eu un peu froid j’avoue ! Et il sera suivi de “Jenna”, dernier court-métrage du réalisateur tourné à Saint Pierre et Miquelon, et qui parle de transexualité. Venez!
Je fais partie du casting d'un film français, qui va sortir en salle le 31 janvier prochain. Cela s'appelle « Moi et le Che », de Patrice Gautier. Je joue avec Patrick Chesnais notamment, cela parle d'un professeur de Fac et auteur qui arrive à la retraite. Quand il avait 18 ans, il était engagé aux cotés du Che guevara, il croyait en la liberté, l'action, avec les armes s'il le faut, pour défendre l'égalité et la fraternité.
À présent, il se pose des questions sur la façon d'agir. J'interprète Lise, une de ses étudiantes, passionnée par l'homme et ses engagements politiques. Elle est audacieuse, sait ce qu’elle veut et collectionne les auteurs de façon charnelle.
Je suis en train aussi de me lancer dans l'écriture, pour parler des choses qui me tiennent à cœur. J'en suis aux prémices. Sans oublier deux projets de courts métrages en France, pour l'année prochaine.
4/ Pour terminer, très simplement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours ?
Mon rêve est vraiment de continuer à jouer en Français, en Anglais, sur les deux continents ! D’ailleurs je prends des cours d’accents avec un coach Anglais.
Plein de personnages à défendre, des rôles de femmes de poigne, engagées, qui font entendre leurs voix. Cela me tient à cœur. Parler de ce qui se passe en ce moment, en passant par la création artistique, c’est important. Que ce soit dans le jeu ou par l'écriture. La parole se libère, j'aimerais participer, à ma manière, à cette prise de conscience.
Merci Caroline pour votre disponibilité !
