France 2 / Fort Boyard : Serge Avril nous en dit un peu plus sur son personnage du magicien et évoque son riche parcours !
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Bonjour Serge,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Depuis 27 ans, vous incarnez le magicien, sur France 2, dans l’émission mythique “Fort Boyard”, au moment du bonneteau. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être, pour vous, de revenir chaque année ?
Oui, c’est un plaisir, surtout de retrouver l’équipe de tournage. Cette année, ça y est, on a eu Cyril Féraud, qui est quelqu'un de délicieux également et que je connaissais, puisqu’il participait à l’émission depuis quelques années déjà, sous un autre costume, en tant que personnage. Passe-Partout et Passe-Muraille sont des amis donc c’est un grand plaisir de les retrouver, oui.
De revenir, à chaque fois, dans ce lieu reste sans doute impressionnant…
C’est impressionnant et puis, on est en conditions de tournage donc ça ne laisse pas libre cours à faire n’importe quoi. Il y a quand même un stress positif, dans le sens où le PAT (Prêt À Tourner) impose de ne pas être en récréation. On ne fait pas ce que l’on veut, on ne traverse pas la cour quand on veut et, quand on sait qu’on va tourner dans une demie-heure, il faut être préparé à intervenir et maquillé. Mais, oui, c’est le plaisir de cette émission !
Comme tout maître du temps, certainement que le costume doit être aidant pour tenir la posture ?
Pas pour moi, non…C’est quelque chose que je fais tellement, ça fait tellement partie de moi. Avant, il y a eu des années où il n’y avait pas de masque mais le fait d’en utiliser un est plutôt une gêne parce que la vision n’est pas la même.
Soit je regarde les mains, soit je lève un peu la tête pour regarder les yeux, ce qui m’aide beaucoup dans le bonneteau, pour savoir quel gobelet suit le regard. Avoir le regard du candidat mais aussi le non-verbal est intéressant mais, en même temps, je dois regarder ce que je fais.
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Même si les candidats jouent pour des associations, vous prenez un malin plaisir à essayer de les piéger…
Bien sûr ! Le but est de jouer fort et de les bluffer pour qu’ils se disent “Ah, mince !”. Bien entendu, je fais le bonneteau mais, en tant que magicien, je pourrais aussi bien faire en sorte qu’il n’y ait aucun boyard sous aucun gobelet, ou qu’il y ait trois boyards sous trois gobelets. Mais le protocole est que, une fois que j’ai enlevé les mains, il y ait trois gobelets et un boyard…Il y a une forme d'honnêteté !
Il faut savoir que, quand je me regarde à la télévision, je ne sais pas ce que je fais. Le geste est le même en main droite ou en main gauche, quand je me regarde, si je ne me souviens pas de ce que j’ai fait, je ne sais pas où est le boyard…C’est la particularité du bonneteau ! Je l’ai travaillé en main droite et en main gauche donc, que je déplace le gobelet en enlevant le boyard et en le changeant de gobelet, ou que je le laisse dessous, le geste est le même !
On peut imaginer que ce doit être encore plus grisant pour vous de vous retrouver face à des célébrités dont vous suivez le parcours ?
C’est très amusant quand, en face de moi, j’ai un magicien ! Alors, là, je prends un malin plaisir à le faire perdre, quand même.
En dehors des tournages annuels, sans doute que, tout au long de l’année, vous pratiquez fréquemment cet exercice ?
Oui, c’est le résultat de beaucoup de pratique ! Régulièrement, je fais des animations, dès fois avec Passe-Muraille, dans des manifestations et des évènements, et je peux passer deux à trois heures à ne faire que le bonneteau donc, oui, il y a de la pratique.
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D’ailleurs, quels retours pouvez-vous avoir des gens, quand ils évoquent avec vous votre personnage ou même l’émission dans son ensemble ?
L’émission en elle-même est particulière parce qu’elle a un côté mythique. Dans le sens où elle a vraiment une image, dans l’inconscient. Cela fait 37 ans qu’elle existe…Je suis le magicien du programme depuis 27 ans et, même les gens qui ne regardent pas l’émission, savent que j’en suis le magicien. Même s’ils ne m’ont jamais vu à l’écran, ils se disent “Ah, le mec, là-bas, avec les cheveux longs, c’est le magicien de “Fort Boyard” !” donc il y a une image très très forte.
Le personnage du magicien, quelque part, parle et s’adresse à tout le monde, aux enfants et aux adultes…
Et puis, le bonneteau a cette particularité d’exister depuis le début. Cette épreuve n’a jamais été retirée, parce que c’est l’une des rares où le téléspectateur peut jouer derrière son écran…
Vous aussi jouez, quelque part, avec le candidat et les téléspectateurs, en choisissant l’ordre dans lequel vous dévoilez les gobelets…
Bien sûr, je laisse un peu de suspense, je laisse quelques secondes, je laisse espérer…Cela fait du storytelling !
Le lieu du conseil aide aussi à l’ambiance du duel…
C’est fait exprès ! Quand les candidats rentrent dedans, c’est beau, avec cet éclairage et avec la fumée…Il y a une odeur et une ambiance particulières.
C’est aussi l’occasion, pour vous, d’échanger avec le Père Fouras…
Oui, on est en connexion avec Yann Le Gac !
Ce rôle de magicien sur le fort est l’une de vos nombreuses cordes, dans un parcours riche et varié…Justement, quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Je suis toujours étonné parce qu’en effet, il y a 27 ans maintenant, je commençais “Fort Boyard”. En fait, un copain m’avait appelé, le directeur d’un des hôtels de Châtelaillon, pour me dire que la production cherchait un magicien pour “Fort Boyard”. Il m’avait donné le téléphone du directeur artistique…
Je l’ai appelé, nous nous sommes vus à Fouras, il m’a pris en photo avec un polaroïd et m’a rappellé quelques jours après, pour me demander de venir à Paris. J’y ai vu Gilles Arthur, un des prédécesseurs, il m’a montré la technique des trois gobelets, j’ai travaillé quinze à vingt minutes dans une pièce, je l’ai montrée et j’ai été validé ! A l’époque, c’était à visage découvert et je pense que j’avais aussi une forme de physique qui plaisait…C’est comme cela que j’ai commencé !
Jamais je n’aurais pensé être le magicien de cette émission et, à partir de là, les choses ont changé. Pour rassurer les gens au moment d’animer des soirées privées, je leur disais qu’ils pouvaient me voir sur France 2 dans “Fort Boyard”...Ce qui permettait de clore les discussions. Ma carrière a explosé avec l’émission !
Avant, j’étais aussi guitariste. Après la magie, je me suis lancé dans le mentalisme puis dans l’hypnose. Comme je travaille beaucoup pour les sociétés, je me suis intéressé à faire des team buildings où je partageais des techniques de mentalisme et de magie. Voyant que des aspects psychologiques m’échappaient encore, je me suis formé à cela. Entre temps, j’ai passé pas mal de temps en Inde dans les monastères, à méditer. J’y repars d’ailleurs en novembre…Je voulais comprendre l’être humain et comme j’avais un exemplaire, qui était moi-même, je me suis dit que c’était par là qu’il fallait commencer. Après, je me suis intéressé au DISC, un système de compréhension et de communication psychologique, avec les quatre couleurs rouge, jaune, vert et bleu. Ensuite, le non verbal est apparu et je me suis intéressé à la synergologie, une discipline au carrefour des neurosciences et des sciences de la communication et qui, avec l’analyse du non-verbal, permet de savoir si une personne est authentique. Et puis, maintenant, les conférences…
Je suis, avant tout, un autodidacte qui adore apprendre. Je me suis formé pour les conférences, je suis allé aux cours Florent pour travailler cela, j’ai pris des cours avec un maître d’éloquence …
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Parmi vos expériences, vous avez traversé l’Atlantique en solitaire. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Un souvenir principal est qu’il ne faut pas se raconter d’histoires…Il y a un sage qui dit qu’il “faut mettre 99% de tes pensées à la poubelle et qu’il faut y mettre aussi le dernier %”. Ce que tu penses est sans intérêt…Les pensées viennent, elles vont, elles ne disent rien de la vérité. Souvent, on a des pensées qui viennent nous faire croire que ça va être compliqué mais ce n’est pas vrai. J’ai mis 29 jours à traverser l’Atlantique, en plein hiver, moi qui n’avais jamais passé une nuit en mer avant et cela m’a donné une liberté totale. Quand je suis arrivé en Martinique, je logeais chez une copine et, à deux heures du matin, alors que les moustiques m’empêchaient de dormir, j’ai pris mon t-shirt et mes tongs pour traverser la forêt. Mais ce n’était rien après avoir traversé l’océan tout seul…
Aujourd’hui, cela me donne une autre liberté encore : s’il pleut, si j’ai froid, ce n’est pas un problème, le corps peut le supporter….Si je ne dors pas, ce n’est pas grave ! Cette pensée du mental qui nous raconte ce qui va nous arriver est très peu présente chez moi…S’il fait froid, je ne vais pas m’imaginer tomber malade.
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Si l’on prend de la hauteur sur votre parcours, considérez-vous toutes ces expériences comme un seul et même ensemble ? Ou les dissociez-vous davantage ?
Si on prend un peu de hauteur, je m’aperçois que chaque chose est arrivée à point nommé dans ma vie. Chaque partie de ma vie m’a appris quelque chose. Même mon divorce m’a enseigné quelque chose…Oui, la vie est surprenante ! J’ai 64 ans et je m’attends à plein de surprises encore…
Justement, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours ?
De trouver la vérité absolue, de trouver la paix totale ! Le mental revient toujours, mais il est de moins en moins présent. il y a des gens qui viennent sur terre sans se poser aucune question et puis, il y en a d’autres qui se posent des questions…J’aime bien la métaphore du théâtre : il y a des gens qui sont sur scène, c’est la fin de la pièce, le rideau tombe, ils n’ont pas vu que c’était la fin et je pense qu’il est possible d’aller au bout de la pièce, de se mettre en bord de scène, de saluer son public, de dire merci à tout le monde avant qu’ensuite, le rideau ne tombe…Je trouve qu’il y a de la sagesse là-dedans ! J’aime le mot “sagesse”...
Merci, Serge, pour toutes vos réponses !