Anne-Sophie Nallino revient sur son parcours et évoque son actualité !

Publié le par Julian STOCKY

@ Béatrice Cruveiller

 

 

 

Bonjour Anne-Sophie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes une artiste aux multiples cordes, on aura l’occasion de l’évoquer. Si l’on revient à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion pour l’artistique ?

 

Je crois que j’ai toujours voulu faire cela depuis enfant. Mes parents m’avaient inscrite à un cours de théâtre et j’ai eu comme une espèce de révélation, j’ai su que ce serait mon métier. 

 

Etudiante, j’ai fait un DEA d’anglais et, en 1ère  année de master, j’ai travaillé sur l’adaptation de Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee ; j’ai comparé le film et la pièce. L’année suivante, j’ai travaillé sur l’esthétique des comédies musicales de Bob Fosse. En plus, j’allais aux Cours Simon donc j’ai eu une espèce de parcours à la fois universitaire, où j’ai adoré travailler la dramaturgie, la théâtralité, l’esthétique des films, et j’ai parallèlement appris le métier de comédien, dans cette école du XIè arrondissement. 

 

Au moment de commencer à travailler, j’avais aussi envie d’explorer les métiers de la voix, je ne savais pas du tout comment m’y prendre. Alors j’ai fait des stages et j’ai eu la chance de travailler rapidement à l’issue de ma formation.

 

Je trouve que, dans ce métier, pour une très grande majorité de personnes, il est indispensable d’avoir plusieurs cordes à son arc. C’est un métier trop difficile et trop frustrant pour ne pas savoir faire plusieurs choses. J’ai vraiment voulu construire ma carrière comme cela. J’ai toujours beaucoup joué au théâtre et derrière un micro, c’est un équilibre  qui me convient et j’en suis très reconnaissante.

 

Probablement que, dans votre parcours, certaines expériences ont été encore plus marquantes que d’autres ?

 

Tout à fait ! De toute façon, je pense que tous les projets comptent, surtout quand on démarre. Pour un jeune comédien, un projet va nous faire rencontrer des personnes qui, un jour, penseront peut-être à nous et nous apporteront d’autres projets. Ça s'appelle construire un réseau..

 

J’ai adoré  les comédies et les spectacles jeune public que j’ai faits, j’ai adoré jouer Shakespeare avec la Cie Viva (Hamlet et Le Songe d’une nuit d’été mis en scène par Anthony Magnier)... La garçonnière, aussi, est un beau souvenir, mis en scène par José Paul au Théâtre de Paris, il y a presque dix ans. Ça a été une grande aventure et un marqueur pour moi. J’avais un tout petit rôle mais je l’ai vécu comme quelque chose de grand, parce que c’était une équipe géniale et que le spectacle était beau. Cela a été une aventure dingue, qui nous a emmenés aux Molières, puis il y a eu une tournée, une reprise à Paris et un prime sur France 2  (assurés par Astrid Roos car je venais d’avoir un bébé). On est tous toujours en contact donc c’est super, c’est une belle histoire ! Le théâtre, ce n’est pas qu’une première, une dernière et des dates entre les deux, ce sont des liens permanents avec les gens, ce sont des histoires d’amitié, ce sont des moments très forts.

 

La deuxième pièce que je citerais est évidemment celle que je joue toujours, Le Menteur, de Corneille, mis en scène par Marion Bierry que l’on a montée en 2022 au théâtre de Poche Montparnasse avec Alexandre Bierry, Benjamin Boyer, Serge Noël, Brice Hillairet et Mathilde Riey. Le spectacle a été joué plus de 500 fois et vit toujours. Cela aussi est très important pour moi : je trouve merveilleuse et belle la traversée dans le temps d’un spectacle, surtout de nos jours, avec l’économie du théâtre que l’on connaît. Là aussi, c’est une aventure humaine géniale et c’est toujours un plaisir de jouer cette pièce, du théâtre classique, joyeux, inventif qui a fait venir plein de jeunes au théâtre, la pièce étant au programme du Bac. On a eu beaucoup de représentations scolaires, avec des ados hyper emballés, ce qui est une vraie récompense également.

 

 

@ Pascal Gély

 

 

Considérez-vous ces différentes cordes artistiques comme faisant parties d’un seul et même ensemble ? Ou les dissociez-vous davantage ?

 

Je ne les dissocie pas, parce que je pense que c’est toujours  le métier de comédien. Quand tu vas faire du doublage, tu es comédien. Quand tu fais de la voix off, tu es comédien. Quand tu vas enregistrer un livre audio, tu es comédien. Quand tu fais du théâtre, tu es comédien. Quand tu tournes, tu es comédien. Ce sont juste des techniques différentes. Mais c’est tout ce qui change. La base, le socle, sont toujours ceux du métier d’acteur. Surtout, ça fait tellement longtemps que je fais les deux ; les métiers de la voix et le théâtre sont vraiment une façon pour moi de vivre mon métier. Je trouve que tout se nourrit : quand on fait du doublage, on doit attraper au vol, en regardant une scène, beaucoup d’indications de jeu de l’acteur VO, que l’on doit restituer et, en faisant beaucoup de doublage, au bout d’un moment, cette technique là, tu peux l’utiliser au théâtre en répondant plus rapidement à une direction d’acteur par exemple. Et quand tu joues au théâtre, tu développes aussi une certaine dextérité dans la création de personnages. Donc tout est lié !

 

Justement, dans l’exercice dans la voix, sans doute que l'instantanéité est bien plus forte que sur scène ?

 

Oui, d’une certaine façon ! Au théâtre, en général, même si on a peu de  temps pour monter le spectacle, on a quand  cinq ou six semaines pour le faire, parfois plus, elles sont intenses mais il y a du temps. En doublage, on arrive, on ne sait pas ce que l’on va jouer, on n’a jamais vu le film, on ne sait pas quel est ce personnage et on doit y aller. Donc, effectivement, il y a une instantanéité et une spontanéité qui peuvent faire peur, alors qu’en réalité, il faut en faire une arme. Je crois aussi que ça permet de débrancher le cerveau et de se lâcher.. 

 

Niveau actualités, vous l’avez dit, vous serez de retour sur scène, en tournée, en 2027, avec la pièce “Le menteur”...

 

Le spectacle a déjà fait deux tournées et une troisième devrait avoir lieu. On est très contents de pouvoir encore  le jouer …Ma dernière date était à Versailles, fin mars, donc, si on reprend bien en 2027, cela fera pratiquement un an que je n’aurais pas joué la pièce. Je pense que le texte va revenir facilement parce que j’ai l’impression que le cerveau le conserve en mémoire tant qu’on ne l’autorise pas à zapper…

 

 

@ Pascal Gély

 

 

A côté de cela, vous êtes toujours très régulièrement derrière un micro…

 

C’est quelque chose que je fais pratiquement quotidiennement, j’en suis très reconnaissante. Je vais bientôt enregistrer un livre audio, il fait partie des titres de la rentrée littéraire. Je suis une des voix antenne de la chaîne TFX, j’en fais les bandes-annonces. Et puis, j’ai des séries en documentaire pour ARTE et France 5, des animés, de la fiction, donc toujours des produits très différents.

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours ?

 

Je crois qu’étant donné la difficulté de ce beau métier, j’aimerais surtout que ça continue, en fait. Et plus spécifiquement, concernant le métier du doublage, j’aimerais que l’on puisse légiférer  l’utilisation de l’IA, ce serait vraiment très triste et catastrophique que l’on soit remplacés un jour par une machine. 

 

Merci, Anne-Sophie, pour toutes vos réponses !

Publicité

Publié dans Théâtre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article