Sandrine Guisier nous en dit plus sur sa belle actualité théâtrale !
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Bonjour Sandrine,
Quel plaisir d’effectuer cette nouvelle interview avec vous !
Vous êtes actuellement sur scène, au théâtre Edgar, dans la pièce « Du couscous à l’Élysée ». À titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Exactement ! C’est un vrai bonheur de venir mais aussi de retrouver les équipes du théâtre, ainsi que mes camarades de jeu. Le public est au rendez-vous et je crois qu’il n’y a rien de mieux au monde que de faire rire les gens. Le soir, en rentrant chez moi, je me dis que la journée est réussie !
Plus concrètement, avec vos mots mais sans tout en dévoiler, comment pitcher cette pièce ?
Je joue une grosse facho 🙄, qui se fait virer parce qu’elle est trop vieille… Pour se venger, elle va essayer de manipuler son voisin d’origine étrangère. S’ensuivent pas mal de rebondissements.
Au début, ça a été très compliqué pour moi de dire des choses racistes, parce que c’est vraiment à l’opposé de qui je suis. J’avais peur que les gens ne comprennent pas le second degré, mais c’est très bien écrit. Il y a cette idée du vivre-ensemble, beaucoup d’humour, des vannes sur les politiques actuels et passés et, surtout, une façon de dépasser les clichés. Tout le monde en prend pour son grade, toujours avec beaucoup d’humour.
Quel regard portez-vous d’ailleurs sur votre personnage ?
Quand on m’a proposé ce rôle, je me suis demandé pourquoi on avait pensé à moi… C’est plutôt le contraire des rôles qu’on me propose habituellement : plutôt tendre et doux. C’est justement ce décalage qui est intéressant et qui m’a plu.
On m’a toujours appris à ne jamais juger le personnage que je joue, à toujours essayer d’y trouver de la douceur, de la gentillesse et de la tendresse… Bon, là, il y a eu du boulot 😁 ! Aujourd’hui, j’ai une vraie tendresse pour ce personnage qui évolue, qui écoute et qui a l’intelligence de ne pas rester enfermé dans ses clichés.
On imagine donc que la palette de couleurs à défendre sur scène est très variée…
Oui, c’est très riche ! C’est une politicienne, bourgeoise, manipulatrice, un peu menteuse, avec tous les clichés que l’on peut avoir de ce métier… Elle ne pense pas forcément au peuple, mais surtout à ses ambitions personnelles.
En la jouant, j’imagine aussi plus facilement ce que peut être la vie d’un politique habitué à évoluer dans un milieu privilégié qui, après être tombé de son piédestal, se retrouve plongé dans un milieu populaire. Je n’avais jamais vraiment eu d’empathie pour eux mais, là, j’ai compris que cette situation pouvait leur mettre une sacrée claque. C’est aussi pour cela que j’ai développé une petite « tendresse » pour mon personnage !
Vous avez évoqué le côté assez éloigné de vous sur certaines facettes du personnage. Avez-vous, du coup, eu certaines sources particulières d’inspiration ?
Oui, j’ai regardé les chaînes d’info ! J’ai notamment observé une femme au tribunal, très sûre d’elle, persuadée qu’elle allait gagner, se prendre une déculottée. Dans son regard, on sentait beaucoup de choses… Pour une comédienne, c’est passionnant d’observer les gens au moment où ils perdent de leur superbe et font tomber le masque.
J’ai toujours été passionnée de politique, j’adore, c’est Game of Thrones ! Ce que j’aime moins, c’est quand on nous prend pour des cons alors que les ficelles sont tellement grosses qu’on les voit à des kilomètres.
Justement, quels principaux retours pouvez-vous avoir du public ?
Ce qui est assez « cool », c’est que tout le monde en prend plein la tête : culturellement, socialement, politiquement… Je pense que cette équité plaît aux gens. La pièce est aussi une sorte de catharsis pour les spectateurs qui en ont ras le bol de tout ce qui se passe dans le monde politique.
J’aime dire que c’est une pièce contre le racisme profond, qui valorise le vivre-ensemble, et ça me semble essentiel dans ce monde de brutes. On peut ne pas être d’accord, mais il faut savoir s’écouter et pouvoir en parler plutôt que d’imposer ses idées. Les échanges avec le public le prouvent. La communication, c’est la base de tout : ne pas s’enfermer dans ses certitudes et continuer à se parler.
Le fait que la salle soit remplie aussi en cette période estivale, historiquement plus compliquée, doit certainement vous faire particulièrement plaisir…
Oui ! En plus, petit cadeau du directeur, on a la clim depuis début juillet 🙂, ça change tout… Mais les gens ne viennent pas pour ça 🙂, même si ça leur fait plaisir !
On a de super critiques et je remercie vraiment le public pour tous les commentaires dithyrambiques. Je pense que le bouche-à-oreille fonctionne. En ce moment, les spectateurs ont besoin de rire mais aussi de réfléchir et, à mon avis, on propose le juste milieu. Et avec les élections qui arrivent, je pense que l’on va continuer à remplir… En tout cas, j’y crois !
En parallèle, dans la même salle, à partir d’octobre, vous jouerez dans une nouvelle pièce, « Mon meilleur témoin ! »…
J’ai la trouille 🙂 … Nous venons de recevoir les textes donc, ça y est, ça va être apprentissage à fond ! J’ai tellement hâte de la première pour voir l’alchimie. C’est génial d’avoir la confiance de l’équipe du théâtre pour ce nouveau rôle, qui est hyper joli et que j’aime vraiment beaucoup. La première lecture avec mes nouveaux camarades était vraiment cool, ça présage de beaux jours, d’autant plus que c’est Luq Hamet qui met en scène.
Je suis maintenant un peu à la maison, je deviens une sociétaire du théâtre Edgar 😉 et j’adore l’idée ! Quand j’ai eu la confirmation pour cette nouvelle pièce, ça a été une grande joie.
Cette fidélité-là doit être très grisante, personnellement…
Oui ! Pendant longtemps, ça m’a touchée de sentir que certaines personnes pouvaient me cataloguer, parfois sans même chercher à me rencontrer. Aujourd’hui, je m’en fous. Je préfère voir le verre à moitié plein et toutes les personnes suffisamment intelligentes et sensibles pour aller au-delà d’une étiquette, me faire confiance et avoir envie de travailler avec moi. Cette confiance et cette fidélité-là réchauffent le cœur.
C’est hyper touchant aussi de rencontrer des spectateurs qui m’ont vue dans d’autres programmes et qui viennent me voir au théâtre. Ce milieu peut parfois être très snob et vite nous enfermer dans des cases, mais cette pièce m’a ouvert plein d’autres possibilités. C’est une chance !
Entre les représentations d’un côté et les répétitions de l’autre, votre été est très studieux…
Je pense que je vais prendre une chambre à côté du théâtre 😏… La nouvelle pièce pourrait se jouer jusqu’en mai et je serai toujours dans « Du couscous à l’Élysée », donc oui, ça va être intense… Mais je suis très contente d’avoir autant de dates et de rdv avec le public ! Et puis, si tout va bien, il y aura des tournées !
Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour les semaines et mois à venir ?
Que le public continue à venir au théâtre ! On vit dans une époque où on passe beaucoup de temps derrière nos écrans, alors je trouve ça génial de se retrouver dans une salle, de rire ensemble, de réfléchir et parfois de ne pas être d’accord. C’est aussi ça, le théâtre. Alors venez 😀!
Merci, Sandrine, pour toutes vos réponses !