Julie Oh évoque son parcours artistique, son actualité et ses projets !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

Bonjour Julie,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous êtes une artiste aux nombreuses cordes et aux multiples casquettes, entre, notamment, les planches, la caméra, la peinture ou encore la chanson. Si l’on s’intéresse à la genèse de votre parcours, d’où vous vient cette passion ?

 

C’est une très bonne question ! En fait, je ne suis pas du tout issue d’une famille d’artistes, mes parents aimaient beaucoup la musique et m’en faisaient pas mal écouter mais ils ne m’ont jamais, par exemple, emmenée au théâtre. Pour autant, j’ai toujours été attirée par cela. Dès petite, après l’école, je prenais des cours de piano, de théâtre, de danse, j’écrivais aussi des petites chansons que je chantais seule dans ma chambre…

 

D’aussi loin que je me souvienne, le plus beau cadeau de Noël qu’on m’ait fait était un théâtre de marionnettes. Je devais avoir 7 ou 8 ans. J’en ai pleuré de joie et j’ai commencé à faire des petits spectacles, à tous mes copains et copines de l’école : j’inventais des personnages, je faisais des voix pour les faire rire. Je créais des décors et des costumes. Avec la caméra de mes parents, j’ai filmé des fausses interviews, mes premiers sketchs et j’ai même fait un clip sur la chanson de Charlie et Lulu, “Le feu ça brûle”. Je réquisitionnais tout le monde : ma sœur, mes cousins et même mes petites voisines pour jouer dans mes « films » ! Je crois que j’ai toujours eu ce truc-là en moi. Quand j’avais des moments difficiles, pendant l’adolescence, je me mettais à écrire et c’est quelque chose qui me ressourçait, qui me faisait du bien, et ça ne s’est jamais arrêté.

 

 

 

 

Certainement qu’ensuite, dans votre parcours, des expériences ont été encore plus marquantes que d’autres ?

 

Oui, il y a eu des moments clé, c’est vrai. Lorsque j’habitais à Lyon, j’ai réussi un casting qui m’a permis d’intégrer un girls-band parisien avec deux autres filles. On a enregistré tout un album en studio mais il n’est jamais sorti…En fait, ça m’a amenée à Paris, où on m’a recrutée dans une école artistique, ce qui m’a vraiment donné envie de devenir actrice ! 

 

Au départ j’ai, quand même, toujours travaillé en parallèle de mes activités artistiques, parce que mon entourage n’envisageait pas cela comme un vrai métier. On me disait sans arrêt que c’était trop dur voire quasiment impossible de gagner sa vie dans ce domaine. Je me sentais découragée par tout ce que j’entendais autour de moi et, en fait, ce qui a tout changé, c’est ma rencontre avec les youtubeurs Yacetom qui se sont imposés avec leurs vidéos d’humour sur les réseaux sociaux depuis une dizaine d’années. C’est grâce à eux que j’ai mis le pied à l’étrier dans la comédie. Et c’est également lors d’un tournage que j’ai fait la rencontre de Kader Nemer, qui a été mon metteur en scène durant toute cette année. C’est une rencontre, pour le coup, qui a été marquante ! Il m’a beaucoup appris. Je me suis aussi rendue compte que tout était possible.

 

 

 

 

D’ailleurs, considérez-vous toutes vos cordes artistiques comme un seul et même métier ? Ou les dissociez-vous davantage ?

 

Ce sont des choses que je dissocie, dans le sens où, vraiment, aujourd’hui, j’exerce le métier d’actrice/comédienne. Après, je pense que le fait d’avoir de l’expérience en tant que chanteuse est un plus, car certains rôles peuvent demander une bonne maîtrise vocale. J’ai également beaucoup travaillé comme voix-off et sur des doublages, où savoir chanter est rarement une option ! Je pense que ça apporte quelque chose en plus, parce qu’aujourd’hui, on ne va pas se mentir, la concurrence est rude et les places sont chères, donc il faut savoir être polyvalent. Je vois donc cela comme une corde en plus à mon arc.

 

Pour ce qui est de la peinture, à la base, c’était vraiment pour me vider la tête, ce n’était pas quelque chose que j’envisageais professionnellement…Aujourd’hui, je vends mes toiles avec plaisir parce que ça intéresse des gens, et qu’on me l’a demandé. J’en ai été la première surprise ! Je propose maintenant uniquement de faire des toiles sur mesure d’ailleurs. Ce que je présente sur mes réseaux est en quelque sorte un catalogue de mes différentes œuvres et, après, j’adapte le format, le style et les couleurs en fonction de l’envie de la personne et de l’endroit où elle veut mettre son tableau. 

 

Ce sont donc plein de choses différentes qui font partie de ma vie mais mon activité principale est et reste toujours de jouer la comédie !

 

 

 

D’ailleurs, vous sortez d’une année à l’affiche, à la Scène Parisienne, de la pièce “Je t’aime à l’italienne et à l’algérienne” de Kader Nemer et Hugues Duquesne. Quels souvenirs en gardez-vous ?

 

Ce que j’ai adoré, c’est que, déjà, il y avait cet esprit de troupe. La complicité est venue rapidement avec les autres comédiens qui étaient sur scène avec moi. Il y avait aussi le fait de pouvoir travailler mon rôle, de pouvoir l’approfondir…Quand on joue sur le long terme, il y a forcément des soirs où on est moins spontané car on est humain avant tout. A trop répéter quelque chose, le risque est de devenir mécanique et de perdre un peu cette fraîcheur que l’on a au début. Il faut faire attention à cela et toujours se remettre en question…Je n’ai que des souvenirs extraordinaires parce qu’en fait, ça faisait un moment que je n’avais pas fait de scène. J’en avais fait il y a quelques années, notamment au République ou aussi au Cabaret Jazz Club en tant que chanteuse et ce lien avec le public, c’est quelque chose qui m’avait énormément manqué. C’est super de jouer devant une caméra mais, vraiment, d’avoir ce public qui te porte, qui réagit en direct à ce que tu fais et à ce que tu dis, c’est autre chose, c’est un sentiment merveilleux ! A ma première et à ma dernière, j’ai pleuré ! Là, rien que d’en parler, ça m’émeut parce que c’est très fort. La rencontre avec le public est, je trouve, ce qu’il y a de plus beau parce que ça donne un sens à ce que l’on fait, ce qui est super important.

 

 

 

 

Je pense que les gens qui font ce métier uniquement pour la célébrité ne durent, je crois, pas longtemps. La chance que j’ai eue, c’est d’avoir connu d’autres métiers avant celui-ci, je gagnais peut-être très bien ma vie mais je sais aussi que j’étais très frustrée. Donc ce que je fais aujourd’hui m’apporte autre chose, notamment le fait d’être en accord profond avec ce que je suis. Pour moi, ça n’a pas de prix ! Si tu ne le fais pas par passion, par ce feu-là qui brûle en toi et qui fait que, de toute façon, quoi qu’il arrive dans ta vie, tu y reviendras toujours, tu vas vite t’arrêter. C’est une course de fond, tu ne vas pas tenir la distance…Dans ce métier, tu as très peu de chance d’être connu et d’être riche, il demande des sacrifices, c’est la passion qui te tient. Donc ces moments-là font que tu ne lâches pas et te montrent qu’ils méritent d’être vécus.

 

 

 

 

Le fait d’être en alternance sur la pièce vous a sans doute permis aussi une certaine fraîcheur….

 

Complètement ! J’ai eu la chance d’avoir deux partenaires récurrents, Katib Ouadah et Zéphyr Serehen. On a commencé ensemble et il s’est créé une alchimie que le public ressentait. Souvent, en sortant de scène, on nous disait “c’est beau, on ressent vraiment la complicité entre vous”. Mais varier les partenaires de jeu a été super aussi parce que ça casse la monotonie et ça donne des choses différentes. C’est aussi très enrichissant !

 

 

 

 

En parallèle, vous publiez régulièrement, sur vos réseaux sociaux, des sketchs humoristiques. Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

 

J’ai un humour un peu particulier, je ne saurais pas trop le définir…Il est quand même un peu barré ! Je m’inspire surtout de choses du quotidien. Je pense à un sketch que j’ai fait sur le blind-test : je sais qu’à chaque fois que j’y joue, ça me rend complètement cinglée, je me mets à hurler les réponses, je suis en stress total…J’ai vraiment extrapolé la situation, où la fille devient tellement folle, que plus personne ne veut jouer avec elle et qu’ils tentent tous de s’enfuir…En fait, dans mes sketchs, je pousse le curseur à l’extrême ! 

 

Ce sont des trucs tout bêtes du quotidien, des petits travers que l’on a et sur lesquels j’essaie de mettre l’accent. Donc, vraiment, mes sources d’inspiration sont ma vie, la vie de mes potes, ou encore toutes ces histoires que l’on peut me raconter…

 

En projet, vous réfléchissez actuellement à une série autour de rendez-vous chez le psy…

 

Elle est déjà tournée et en cours de montage ! C’est une mini-série, avec des moments de vie, de moi chez le psy. Je joue avec un partenaire, Roland Osman, et, pareil, ce sera un peu déjanté…Je pense que mon psy est encore plus cinglé que moi donc, souvent, les rôles sont inversés : parfois c’est lui qui me raconte sa vie, pour me demander conseil, parfois il ne m’écoute pas…Ce sont des tranches de vie, pour se moquer un peu des choses que l’on peut raconter chez le psy ! 

 

 

 

 

Vous avez aussi en tête de développer le « courrier du cœur… »

 

Alors là, c’est un projet que j’ai développé seule et qui me tient vraiment à cœur, où je réponds aux courriers des internautes, à toutes leurs questions sur leur vie sentimentale et plus généralement, sur leur vie affective. Le tout de façon humoristique…En espérant que les gens aient envie de m’envoyer leurs histoires, pour m’inspirer et pour entendre mes réponses un peu cash parfois. Ça démarre en septembre, j’ai hâte….

 

Ces deux projets vous permettront sans doute des palettes de jeu aux couleurs très diversifiées…

 

Oui, j’ai toujours essayé d’être dans des rôles différents. Après, je voudrais que l’on me découvre un peu plus. Autant les rendez-vous chez mon psy seront très burlesques, autant je pense que, dans le courrier du cœur, je deviendrai comme cette copine qu’on trouve agaçante parce qu’elle te met toujours face à la réalité des choses. Tu lui demandes conseil, tu as envie qu’elle te rassure, qu’elle te caresse dans le sens du poil mais, en fait, elle va faire tout l’inverse, et avec une bonne dose de sarcasme en plus. Ça fait mal, c’est piquant, et c’est drôle pour les autres mais pas toujours pour la personne qui pose la question. Et finalement, je ne dis que des choses vraies ! Tout compte fait, je ne serai pas tant que cela dans un rôle…

 

Après, bien sûr, je reste ouverte à d’autres projets : théâtre, série et bien sûr cinéma…Qui n’en rêve pas ? D’ailleurs, vous pourrez aussi me retrouver dans un moyen-métrage, sur le thème du Phantom Manor de Disney, dont la sortie est prévue en 2027. Ce sera très, très joli !

 

 

 

 

En conclusion, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre déjà beau parcours artistique ?

 

Ce que l’on peut me souhaiter, c’est que ça continue, parce que c’est un milieu qui n’est pas facile, dans lequel il faut se battre pour exister. J’espère continuer à vivre de ma passion et à faire de belles rencontres. Au final, je me rends compte que l’objectif, en fait, n’a d’intérêt que pour faire le chemin : quand je regarde en arrière, je me dis que c’est le chemin parcouru qui est beau, avec tous les souvenirs qu’on en garde, toutes les rencontres qu’on fait. Tout ce que j’ai vécu, je ne l’aurais pas vécu si je ne m’étais pas donné cet objectif-là : de réussir dans ce milieu…Et ce n’est pas fini…. Alors souhaitez moi que le chemin dure encore longtemps !

 

 

 

 

Merci, Julie, pour toutes vos réponses !

 

 

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Publié dans Théâtre, Télévision

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