Dimitri Rataud nous en dit plus sur son actualité artistique, diverse et variée !
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Bonjour Dimitri,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Les téléspectateurs de TF1 pourront prochainement vous retrouver dans un épisode inédit de “Camping Paradis”, sous les traits du personnage de Max. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?
Oui ! D’autant que, là, c’était assez particulier…Honnêtement, je ne pensais jamais tourner dans cette série ! Cet épisode est lié à deux choses personnelles et, de plus en plus, maintenant, je tourne, justement, pour des choses personnelles. Un des producteurs, Richard Berkowitz, avait démarré sa carrière de producteur avec “Magellan” et, jeune acteur de 20 ans, j’étais dans le premier épisode. Il m’a rappelé l’année dernière pour me dire que je l’avais marqué et qu’il aimerait retravailler ensemble. Il m’a avoué qu’il n’avait pas osé me le proposer précédemment, parce que je ne fais pas trop de programmes populaires mais j’ai accepté avec grand plaisir. C’étaient de très jolies retrouvailles, c’était une belle histoire. La deuxième raison est le personnage que j’interprète, qui m’a beaucoup fait penser à mon père, qui est mort il y a quelques années. Dans l’épisode, je suis électricien, un gars sympa, populaire et droit dans ses bottes, ma femme est décedée donc je m’occupe tout seul de mon gamin, qui a 18 ans. Après le bac, il est censé rejoindre ma petite entreprise d’électricité, ce dont il se réjouit. Au camping, un stage de danse est proposé avec une grande danseuse parisienne et il se trouve que mon fils se révèle être un immense danseur…Tout se bouscule alors dans sa tête, il se demande s’il ne va pas faire danseur plutôt qu’électricien, d’autant plus que la professeur l’encourage à s’inscrire au conservatoire. Ma première réaction est de dire que c’est n’importe quoi mais le personnage de Tom va m’aider à accepter ce changement…C’est un peu l’histoire de beaucoup d’artistes avec leurs parents où, au moins l’un des deux se demande si c’est un vrai métier.
Sans doute que la palette de jeu à défendre a été large ?
On dit qu’un personnage intéressant est un personnage qui part d’un point A et qui arrive à un point B, dans le film et même dans chaque scène. Là, c’était vraiment un personnage AB, ce qui était vraiment plaisant. Souvent, dans les séries, les guests sont les rôles les plus intéressants : un récurrent est constant, ce sont les guests qui viennent mettre du AB dans les épisodes. Donc j’adore faire ces rôles-là !
Ce programme est aussi l’occasion de côtoyer un chouette casting…
J’ai adoré l’ambiance ! Elle était très sincère, elle était la même sur le plateau qu’en dehors. Malgré les enjeux, tout le monde était de bonne humeur ! C’était, d’ailleurs, assez particulier pour moi parce que, juste avant, je venais de tourner une série très dure, “Des vivants”, sur les attentats du Bataclan. Avant de tourner, il y avait de très longs silences, même les techniciens et les réalisateurs chuchotaient. Alors que, sur TF1, tout le monde chantait entre les scènes…La différence était incroyable ! C’est toujours fascinant, en tant qu’acteur, de voir les climats des films. Le soir, en rentrant à l'hôtel, on n’est pas dans la même énergie…
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Et de tourner dans un cadre très agréable…
Bien sûr ! C’est tellement joli, c’est trop mignon, on a vraiment envie d’y habiter ! On a tourné en fin de saison mais il faisait quand même meilleur qu’à Paris 🙂.
D’ailleurs, sur ce programme-là ou sur d’autres, aimez-vous regarder le rendu final, pour capitaliser sur votre interprétation et pour voir le montage notamment ?
Je regarde toujours les films dans lesquels j’ai joué. Il faut me croire, je ne le fais pas pour me regarder, mais ça m’amuse de voir quelles scènes ont été gardées, et comment c’est monté. C’est aussi l’occasion de voir les scènes des autres. C’est un peu comme si on partait tous ensemble en vacances, que chacun allait visiter autre chose et qu’à la fin, on se montrait nos films souvenirs.
En parallèle, vous qui êtes un artiste aux multiples casquettes et cordes, vous avez récemment mis en place des ateliers pour accompagner de jeunes comédiens…
Tout ce que je fais est très complémentaire ! Vous parlez de casquettes mais, souvent, l’image qui me revient est plutôt celle d’un arbre : je me sens comme un tronc, qui représente les mots, et sur lequel poussent des branches, celle de l’écriture, celle du jeu et d’autres encore…A chaque fois, je transforme les mots : j’écris pour faire des poèmes, je les raie pour faire des marinières, quand je suis acteur je les prends en moi pour faire croire que ce sont les miens et les transformer en émotions, je les mets dans la bouche des autres quand j’accompagne de jeunes acteurs et je les sculpte dans leurs corps, je les attrape en synchro pour les rendre à l’acteur qui les jouait…
Je suis le même à chaque fois, je suis cet arbre, qui a plein de branches différentes, des petites, des touffues, des basses, des hautes…
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Au moment où ces jeunes acteurs que vous accompagnez réussissent, quels sentiments prédominent alors en vous ?
Cette année, parmi les 12, une actrice a été nominée aux César comme meilleure espoir, une a monté les marches à Cannes où elle était sélectionnée, un a joué sur TF1 dans “Carpe Diem” en tant que récurrent…Il y a donc de superbes réussites ! Ce que j’adore dans cet atelier, c’est que je suis vraiment au service de tous, sans jugement. Chacun trouve sa voie, c’est une grande réussite et une grande fierté.
J’ai un tel amour de notre art que j’ai monté cet atelier pour l’emmener à son plus haut niveau. Quand les élèves arrivent, je leur dis “Je suis là pour vous faire payer sans négocier le prix exorbitant de votre propre beauté”...Cela résume tout !
Pour terminer, parmi les branches, vous l’avez évoquée, il y a celle des mots que vous rayez pour en faire des Haïkus marinières…D’où vous est venue cette idée ?
C’est venu par hasard ! Quand j’étais au conservatoire national, comme tous je travaillais comme un dingue et, à un moment, je devais jouer une scène de Paul Claudel. J’ai lu toute sa pléiade et il y avait quelques pages que je ne comprenais pas…C’étaient des Haïkus…Je n’avais jamais entendu ce mot-là mais, à 23 ans, ça a changé ma vie ! Ce sont des petits poèmes, de trois lignes, auxquels je ne comprenais rien mais il fallait que j’en trouve la clé. J’en ai lus pleins d’autres, cela m’a incité à découvrir la culture japonaise, je suis même allé sur place…
En sortant du conservatoire, j’ai appelé, avec culot, le directeur de la Comédie Française, pour lui dire que j’aimerais qu’il me mette en scène dans un spectacle d’Haïkus. Et il m’a suivi…Cela a cartonné !
J’ai même fini par écrire des Haïkus, qui se sont vendus partout au Japon. Plus récemment, alors que je flirtais avec une nana, elle voulait que je lui offre un livre qui avait du sens pour moi. Je ne savais pas lequel choisir, j’ai séché et j’ai eu l’idée, pendant une nuit entière, de rayer tout un livre que j’avais pris au hasard…Pour lui dire que le livre est rayé, parce que notre histoire n’est pas encore écrite ! Mais, sur une page, j’ai levé le stylo devant les mots “Je t’aime”, ce sont les seuls que j’ai laissés visibles…Cela a été un déclic et j’ai compris que je pouvais peut-être faire des Haïkus grâce aux mots déjà écrits dans les livres. Donc je dirais que cette idée m’est plus venue par le cœur que par la tête 🙂.
Merci, Dimitri, pour toutes vos réponses !