Chloé Moroni évoque ses premières expériences musicales et son actualité !
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Bonjour Chloé,
Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !
Vous êtes une jeune chanteuse, au parcours déjà significatif, on aura l’occasion de l’évoquer. Si l’on s’intéresse à sa genèse, d’où vous vient cette passion ?
Cela vient de mes parents ! Mon papa chantait beaucoup à la maison, ma maman aussi mais mon papa se produisait un peu plus sur scène…Du coup, j’étais tout le temps dans un théâtre, à écouter des répétitions, et à regarder papa et maman faire. J’allais les voir partout où ils allaient et j'y ai pris goût, je pense, comme cela. J’ai des vidéos de moi, à 3 ans, avant les répétitions de mon papa, où j’ai le micro à la main et où je chante devant une salle vide. J’ai aussi beaucoup été bercée, à la maison, par les comédies musicales.
En grandissant, j’ai voulu faire un peu comme papa. Du coup, on m’a inscrite à “The Voice Kids” et c’est là que tout a commencé…
Justement, quels souvenirs gardez-vous de cette première expérience significative ?
J’en garde un très bon souvenir ! Après, j’étais très jeune, je n’ai pas beaucoup de photos ni de vidéos mais j’en garde des souvenirs incroyables. C’était ma première expérience, je découvrais absolument tout et puis, c’est un regard d’enfant, donc ce n’est pas pareil que celui d’un adulte. J’ai pris un plaisir monstre à être là-bas, c’était formidable, j’ai appris plein plein de choses et ça a concrétisé cette envie de faire de la musique. En sortant de là, je me suis dit “Ah ouais, c’est vraiment ce que je veux faire !”. J’ai rencontré des gens super, que je garde encore en contact aujourd’hui donc c’était une très très belle aventure ! Même pour une enfant, c’était super chouette…
Vous évoquiez, à juste titre, le regard d’enfant que vous aviez alors. Étiez-vous pleinement consciente de ce qui se passait ?
Non, je ne pense pas ! J’étais un peu plus dans une mentalité de “Ah cool, je chante avec des copains, je suis sur scène, c’est trop bien !”. A 11 ans, c’était, pour moi, plus un jeu qu’une émission de télé. Je ne me rendais pas compte de l’audience : il y avait, je crois, trois millions de gens qui ont vu cette saison-là…J’étais très très loin de tout ça, j’étais juste trop contente de porter de belles robes à la télé…Ce qui était impressionnant, c’était de voir les stars devant nous. J’ai des flashbacks de moi sur le plateau avec les coachs devant et Nikos à ma gauche, qui était immense pour moi.
Il y a quand même la pression parce qu’on sait que c’est à la télé et qu’il ne faut pas se louper, on n’a qu’une seule chance en plus donc c’est quand même beaucoup de stress pour des enfants, mais ça allait, j’étais dans ma petite bulle, c’était un jeu pour moi.
Ce qui signifie que vous arriviez détendue sur le plateau ?
J’étais dans un petit rêve, dans un petit monde parfait de la télé, j’étais très très très loin de m’imaginer tout ce qui allait se passer et toutes les conséquences que ça pouvait avoir. Mais c’était quand même très impressionnant ! Pour un enfant, les caméras sont immenses, elles étaient plus grosses que ma tête. Pendant les auditions à l’aveugle, je me souviens que ce qui m’avait impressionnée, ce n’était même pas le plateau mais de voir Karine Ferri : elle était devant moi, j’étais en mode “Waouh, il y a Karine Ferri”, donc j’étais trop contente !
C’est tellement spécial que je ne me souviens même pas de tout. J’ai très peu de souvenirs, au final, des auditions à l’aveugle, tellement c’est impressionnant. Je pense que mon cerveau en a pris tellement plein la tête que je ne m’en souviens même plus trop…Mais je me rappelle que c’était magique ! De voir les caméras est impressionnant mais c’est le rêve donc c’était cool !
Au moment de vous voir à la télévision, quelles sensations aviez-vous alors ressenties ?
Je sais que, la première fois que je me suis vue à la télé, j’ai crié…En fait, dans une pub, il y avait plein de têtes d’enfants qui apparaissaient et, en voyant la mienne, j’ai fait “Ahhhh”. Après, au moment des portraits, j’étais choquée…En fait, je ne me rendais plus trop compte…A la télé, ça devient concret, ça montrait que les efforts ont payé. Cela m’a fait super bizarre, même au niveau des réactions autour de moi. Ce n’est pas qu’un passage à la télé, c’est une vie qui prend un autre chemin, que ce soit à l’école ou n’importe où. Donc, oui, beaucoup de fierté mais ça m’a fait un peu bizarre…
En parlant de fierté, sans doute que vos parents étaient fiers de ce parcours-là ?
Oui, ils étaient hyper contents ! J’ai beaucoup de chance, mes parents me soutiennent depuis toujours, c’est grâce à eux que j’ai fait tout ça. Je sais que je vis cela un peu, aussi, pour mon papa, je vis cette aventure également pour tous ceux qui ne peuvent pas la faire, c’est important pour moi.
Plusieurs années après, il y a quelques mois en l’occurrence, vous êtes revenue sur le plateau de “The Voice” mais, cette fois-ci, chez les adultes. Était-ce, là, la suite logique et naturelle ?
Oui et non ! Oui, parce que j’aurais pu penser revenir mais non, parce que ce n’est même pas moi qui me suis inscrite. C’est Bruno Berberes qui m’a proposé de venir. J’avais fait les castings du “Roi Soleil”, j’avais même atteint l’étape finale mais je n’avais finalement pas été prise…J’étais un peu triste mais il m’a dit qu’il me voulait dans “The Voice”. C’était finalement logique, c’était un beau challenge de revenir et d’essayer de faire mieux qu’avant. Je voulais aussi voir comment je le vivrai à cet âge-là. Même si j’avais grandi, j’étais quand même une des plus jeunes de l’émission…C’était particulier, c’était différent mais je ne regrette pas, c’était vraiment super !
Malgré les années qui se sont passées entre ces deux émissions, l’expérience et les souvenirs de la première fois vous ont-ils aidée ?
Oui, je pense. Quand tu rentres sur le plateau, il n’y a pas un bruit, tu as les sièges devant toi mais on a beau l’expliquer, tant que tu ne le vis pas, c’est un peu particulier. Donc je pense que ça m’a aidée de l’avoir déjà vécu. Je connaissais déjà la pression que c’est, je connaissais déjà un peu le mécanisme de cette émission, comment ça fonctionne, comment se passent les répétitions, quelle est l’ambiance…Donc, forcément, au pire ça n’a rien fait et, au mieux, ça m’a aidée.
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Quelle raison vous avait incitée à choisir “Super trouper” comme chanson pour l’audition à l’aveugle ?
C’était plus un accord entre la production et moi. On choisit notre chanson mais il faut que la production soit d’accord et je sais que ce titre était dans les propositions qui m’ont été faites. J’adore le groupe Abba, c’est très familial donc j’étais trop contente. J’ai décidé de l’arrangement : à la base, c’est une chanson qui bouge beaucoup plus et, en disant ok, j’ai expliqué que j’aimerais bien la travailler différemment. Au final, c’était une pure découverte : la première fois que je l’ai faite, c’était à “The Voice”, je ne l’avais jamais chantée avant.
Les quatre coachs se sont retournés à tour de rôle et on le voit sur votre visage, l’émotion est montée progressivement en vous…
Oui ! C’était tellement spécial de voir les coachs se retourner…Déjà, à la base, j’étais malade, j’avais pris de la cortisone juste avant, j’étais au bout de ma vie, j’avais mal à la gorge, j’avais les yeux un peu gonflés le matin, je toussais. J’étais donc partie en mode “Ok, ça va être compliqué” donc je ne m’attendais tellement pas à avoir les quatre….Au bout de dix secondes, Tayc se retourne et je me dis “Non, incroyable !”. J’étais loin d’imaginer que ça arriverait aussi vite.
A la base, je voulais absolument Lara Fabian. Quand je vois que son siège se retourne, je ne comprends pas tout de suite que c’est Tayc qui s’était levé pour buzzer à sa place…Je ne comprends pas, je vois un siège vide, je capte qu’il se passe quelque chose mais je ne sais pas ce que c’est. En fait, il se passe tellement de choses dans ma tête que je me souviens que j’ai même complètement décroché de ma chanson : je ne savais même plus où j’en étais, mon corps connaissait la chanson donc il chantait mais, mentalement, j’étais complètement ailleurs, j’étais en mode “Lara Fabian s’est retournée”. Quand Amel buzze à la dernière seconde, j’étais trop heureuse, c’était irréel !
Au moment de choisir le coach, sans doute qu’avec l’émotion et ce qui s’était passé, vous étiez chamboulée ?
Complètement ! A la fin de la prestation, je comprends que ce n’est pas Lara Fabian qui a buzzé…Bien évidemment, elle m’a dit qu’elle me voulait quand même mais je ne pouvais pas le vérifier. Je ne savais pas trop qui choisir entre Amel Bent, Tayc et Florent Pagny, ça s’est joué entre les deux hommes, jusqu’au bout du bout du bout je ne savais pas..Je me suis dit que Florent Pagny avait quand même bercé une partie de mon enfance donc, pour le choix du coeur et de la famille, je suis allée avec lui. Même si Tayc a été très investi pour m’avoir - il a parlé tellement longtemps, une partie a d’ailleurs été coupée au montage-, j’ai beaucoup hésité mais le choix du cœur m’a orientée vers le boss, Florent Pagny !
Sans doute que les séances de travail à ses côtés ont été très enrichissantes, artistiquement et humainement ?
Bien sûr ! Tout n’a pas été filmé pour la télé, je l’ai aussi vu plus tranquillement sur le plateau, pour répéter. Il est tellement gentil et bienveillant, que c’est agréable de travailler avec lui. C’est vraiment quelqu’un de très posé, de très chill, il est pareil quand il y a des caméras et quand il n’y en a pas, il est juste trop gentil donc c’était génial ! Et puis, j’ai découvert d’autres registres, je ne connaissais pas du tout, à la base, ma chanson des “Battles”, je ne chantais pas du tout ce genre de chose donc ça m’a fait découvrir d’autres univers, ce qui était très enrichissant.
Justement, le moment des “Battles” a aussi été très marquant …
Oui, parce que je ne savais pas, au début, contre qui j’allais tomber. Je ne pouvais pas savoir si on allait s’entendre, si nos voix allaient coller, si ça allait bien rendre. On a découvert la chanson, en fait, un peu ensemble et, au final, ça s’est super bien passé. Lady’O a été super gentille avec moi, c’était vraiment un petit duo : je me souviens qu’en arrivant sur le plateau pour les répétitions, on était bras dessus - bras dessous, alors que la production nous rappelait que l’on était en compétition. J’étais juste trop contente d’être avec elle, on s’entendait bien donc c’était cool. C’était, certes, une battle mais, franchement, on l’a plus vue comme un duo…J’ai pris du plaisir à le faire et à travailler avec Lady’O. Même si je ne suis pas passée, je suis contente pour elle et, surtout, elle a gagné…
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Plus globalement, quels principaux retours des téléspectateurs avez-vous pu avoir tout au long de cette nouvelle aventure ?
J’ai eu une vague de messages, c’était hyper impressionnant, je n’avais jamais vécu cela. Quand j’ai allumé mon téléphone après mon passage, j’avais gagné des milliers de gens qui me suivaient et qui m’envoyaient plein plein plein de messages d’amour, c’était incroyable ! Certaines personnes m’ont même reconnue d’avant. Franchement, j’ai eu de la chance, je n’ai eu que des commentaires bienveillants et adorables.
Cette nouvelle aventure “The Voice” a été un tremplin pour vous, cela vous a permis de passer le casting pour le rôle de Marguerite, dans la comédie musicale “La dame aux Camélias”, en tournée en Chine en fin d’année…
Je savais qu’avec “The Voice”, il y avait un petit peu la possibilité de se faire voir pour les comédies musicales et je l’espérais, au fond de moi. Aujourd’hui, je suis la plus heureuse du monde parce que les comédies musicales sont l’histoire de ma vie. La musique en général mais particulièrement les comédies musicales.
Chose improbable, j’étais sur une piste de ski quand ils m’ont appelée, et jamais de la vie je ne pensais alors être prise…Mais j’ai passé le casting et tout a bien avancé. En plus, c’est grandiose d’avoir le rôle principal, je ne pouvais pas rêver mieux. Surtout, c’est tout nouveau, c’est-à-dire que je suis la première à faire ce rôle-là donc je peux le faire comme j’en ai envie. Il n’y a pas de modèle avant donc je fais un peu ce que je veux du personnage, c’est cela aussi qui est cool ! L’équipe est super, j’ai très hâte de partir et de découvrir, également, une autre culture. On ira quand même trois mois et demi en Chine, dans un pays qui a un fonctionnement différent de la France, je vais apprendre plein plein de choses, ça va me faire grandir, ça va me faire du bien !
En quelques mots, comment présenter ce spectacle ?
A la base, c’est un roman d’Alexandre Dumas, qui parle d’une jeune femme qui vit à Paris et qui est malade de la tuberculose. En fait, elle va avoir plusieurs amants, elle va aller voir un peu à gauche et à droite avant, un jour, de tomber folle amoureuse d’un homme, Armand. Ils finissent par partir à la campagne, où il dit qu’elle va guérir. Mais le père d’Armand n’est pas d’accord avec cette relation-là, par rapport au statut de cette fille, et il demande à son fils de la quitter. Par amour, Marguerite va, du coup, faire des sacrifices….Mais, au final, elle décédera toute seule de sa maladie.
Cette histoire d’amour un peu tragique est très très triste et très dure, mais il y a plein de chansons très jolies pour l’accompagner.
Connaissiez-vous cette histoire avant de passer le casting ? Ou vous étiez-vous particulièrement renseignée au moment de le passer ?
Je savais que c’était une histoire très connue, je connaissais le nom, je pense, comme beaucoup de français. Je me suis particulièrement renseignée, notamment sur l’époque et sur le personnage, pour mieux l’interpréter et cela m’a aidée, je savais vraiment ce que je devais raconter à travers les chansons.
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Entre chansons et jeu, la palette à défendre sur scène sera large et variée…
Oh oui ! C’est mon école à moi : en septembre, au lieu d’aller à l’université, je vais apprendre autrement. Cela demande plein de capacités différentes. Il y aura du chant, de la danse, du théâtre, …Le cardio devra être énorme, il va falloir aussi que je m’y prépare. Ca promet d’être très très enrichissant mais il faudra que je bosse.
A quelques semaines du début, dans quel état d’esprit êtes-vous actuellement ?
J’ai vraiment très très très hâte ! Je commence à discuter aussi un peu avec le producteur, je me projette sur comment ça va se passer et j’ai juste trop hâte d’y être ! J’ai déjà fait le clip, j’ai tourné un petit peu donc j’ai pu voir le décor et les costumes, c’est énorme. Je n’attends qu’une chose, c’est de commencer à travailler.
Partir tous ensemble pendant presque quatre mois à l’autre bout du monde sera également une grande aventure humaine…
Oh que oui ! C’est comme une énorme colonie de vacances de presque quatre mois. C’est pour cela que c’est hyper important de bien s’entendre avec les autres et d’être agréable à vivre. En tout cas, tous ont l'air d’être adorables.
Le rythme va être particulièrement soutenu, à enchaîner les représentations mais ce sera pour la bonne cause…
Il y a plein de dates prévues donc, oui, ça veut dire que c’est censé fonctionner. En tout cas, on l’espère tous…Cela demande une préparation physique importante, pour tenir tous les jours. Dans tous les cas, il y aura des doublures, c’est très important pour un show aussi important. Mais ça va être chouette !
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Au-delà de cette belle aventure qui vous attend, que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours musical ?
On peut me souhaiter un peu de réussite dans mes projets solos. J’ai des chansons à moi qui sont dans mes tiroirs et qui attendent juste d’être montrées, donc j’aimerais bien aussi sortir mes propres titres. Pourquoi pas en partager quelques-uns au retour de Chine, ce serait chouette !
Dans ces chansons, je parle un petit peu de tout, en fait. J’avais déjà sorti le titre “Mes chers parents”, qui évoque les relations conflictuelles entre un adolescent et un parent. Dans les autres chansons, je parle d’amour, de rupture, de maladie, de la passion pour la musique, des problèmes de société…Tout le monde peut se retrouver dans ces textes.
Pour m’inspirer, je lis aussi beaucoup les paroles d’autres chansons. J’aime notamment énormément celles de Lara Fabian et, en lisant ses textes, je comprends comment c’est formé et cela peut me donner une idée pour rebondir sur tel ou tel sujet. Et, forcément, mon œil d’enfant passe doucement à celui d’adulte donc j’ai un regard sur la société qui a un peu évolué ces dernières années. Même si je suis encore loin de m’imaginer tout ce qui peut se passer dans le monde…Je trouve joli d’avoir ce regard-là sur le monde car il n’y en a pas beaucoup qui sont partagés.
Musicalement, ces titres se rapprochent, si je devais donner des noms, de ceux de Lara Fabian, de Patrick Fiori ou de Florent Pagny. C’est très orienté variété française ! Ces mélodies-là m’inspirent pas mal. J’essaie aussi d’écrire des choses un peu plus tranquilles au niveau instrumental : j’adore le piano-voix et, là, j’adorerais écrire des choses dans le même registre que Pomme, que j’aime bien. En tout cas, j’essaie de m’ouvrir à plein d’univers et je vais tenter d’écrire au maximum avant de partir en Chine.
Merci, Chloé, pour toutes vos réponses !