Yannick Dimont évoque sa belle et variée actualité artistique, à l'image et sur scène !

Publié le par Julian STOCKY

 

 

 

 

Bonjour Yannick,

 

Quel plaisir d’effectuer cette interview avec vous !

 

Vous avez une belle actualité, à l’image et sur scène. Les téléspectateurs de France 3 pourront prochainement vous retrouver dans la quotidienne “Un Si Grand Soleil”, sous les traits d’un patron de boîte de nuit. A titre personnel, on imagine sans doute la joie que cela doit être pour vous ?

 

Absolument ! Déjà, j’aime bien cette série et, sans dénigrer personne, je pense que c’est la série la plus intéressante qu’il y ait dans la région, à tous points de vue. L’équipe est super, l’accueil est génial et le personnage était intéressant. La séquence était plaisante, avec de la tension, ce qu’il y avait à interpréter était vraiment sympa. 

 

Mon personnage a été victime d’un cambriolage mais il est carrément suspecté d’en être l’auteur. Il finit par s’énerver et monter dans les tours, donc c’était intéressant de jouer cette confrontation. Il pourra peut-être revenir dans la série, ce que j’espère, tout s’étant extrêmement bien passé, avec le réalisateur et avec toute l’équipe.

 

Cette série est diffusée depuis huit ans, le tournage est rodé. Comment avez-vous fait pour soutenir le rythme associé ?

 

Je m’adapte ! Il y a toujours une petite tension avant, surtout que j’ai fait partie de la dernière séquence de la journée. On sait que tout le monde veut alors rentrer chez soi et, pour peu qu’il y ait un peu de retard, il faut aller vite…Mais ils ont été très bienveillants et sympathiques.

 

Je pense qu’il faut être rapide et bien, tout de suite, dans le personnage, ce qui n’est pas évident. Il ne faut pas montrer trop son stress, il faut essayer de l’oublier.

 

 

 

 

D’ailleurs, au moment de vous glisser dans la peau de votre personnage, avez-vous eu des sources particulières d’inspiration ?

 

Pas spécialement…Quand j’avais fait le casting, j’avais joué un peu comme je le sentais et la directrice en était contente. Elle sentait la tension sans que je n’ai élevé la voix…Donc le réalisateur m’a simplement donné deux à trois indications supplémentaires, comme le fait de se lever avant de partir. Il était très bienveillant et sympathique, m’expliquant que je pouvais utiliser un mot que je sentais plus, si le sens de la phrase était respecté. C’était une très belle expérience !

 

Vous avez aussi fait d’autres tournages, pour TF1 notamment…

 

Il y aura, cet été, un petit rôle sympathique dans l’épisode “Pâtisserie au paradis” sur “Camping Paradis”. Il y aura aussi “Petits secrets entre voisins”, dans un rôle de tueur en série. C’est un genre de personnage que l’on me propose souvent, du fait de ma carrure et de ma voix, alors que je suis tout l’inverse dans la vie, heureusement. 

 

Pour finir, mon rôle le plus important a été dans un docu-fiction pour France 2, qui passe à 13h 15 le dimanche. J’en avais déjà faits plusieurs et, là, c’est un agent de la CIA, qui faisait passer, de façon illégale, des livres, à l’époque de la guerre froide, de l’autre côté du rideau de fer. Je suis le personnage principal, ainsi que le narrateur, de ces quatre épisodes. C’était très intéressant à faire, avec une superbe équipe. 

 

D’ailleurs, dans votre travail de préparation, aimez-vous vous renseigner également au travers de documents de l’époque par exemple ?

 

Sur les deux précédents, j’avais des rôles particulièrement lourds à porter, ceux du Général de Gaulle et du Général Massu. Ce dernier était extrêmement controversé pendant la guerre d’Algérie, il a amené la torture, en suivant les ordres mais en expliquant qu’il n’y avait pas d’autre solution. C’est un sujet toujours très sensible en France, même 60 ans plus tard…Donc j’ai pas mal stressé pour ces personnages. Mais, en général, malgré tout, comme dans la musique en fait, je fais confiance à mon instinct. Je peux me tromper mais je ne suis pas du genre à me regarder dans la glace, à essayer de faire le personnage.

 

 

 

 

Pour De Gaulle, je me suis dit qu’il ne fallait pas tomber dans la caricature et s’approcher de son phrasé. Ce qui était difficile, c’est qu’on le connaît surtout de façon vindicative, quand il faisait des discours mais on n’a pas de document où il parlait dans la vie privée. Sans doute qu’il ne faisait pas alors de grandes phases…Je l’avais donc joué plus calme. 

 

Évidemment, j’écoute les indications du réalisateur, c’est le plus important et c’est lui qui me dit si c’est bien, si c’est trop ou si ce n’est pas assez.

 

Plus globalement, au moment de la diffusion, aimez-vous regarder le rendu final ?

 

Bien sûr ! Mais toujours avec pas mal d’appréhension…Contrairement à ce que beaucoup de gens imaginent, les artistes n’ont pas un ego surdimensionné et beaucoup ne sont pas sûrs d’eux du tout, n’aiment pas se voir et perçoivent surtout les défauts. On ne se voit jamais comme les autres nous voient…Je ne vois que mes défauts donc j’aime beaucoup demander à mon fils, qui ne me rate pas. C’est mon meilleur critique ! 

 

On peut avoir des surprises aussi, des bonnes comme des mauvaises. Beaucoup de scènes sont coupées au montage, on le sait. Ce qui ne veut pas forcément dire que l’on n’a pas été bon, c’est juste qu’il y a un timing à respecter…Parfois, on pense avoir fait quelque chose de pas terrible mais qui, finalement, rend bien. Cela tient à plein de choses, notamment au montage.

 

Vous êtes également chanteur. De monter sur scène doit être, à chaque fois, un réel plaisir ?

 

Oui, c’est un bonheur absolu ! Je suis chanteur et musicien depuis 30 ans, j’ai fait plus de 3 500 concerts, un peu partout en France et en Europe. Donc cela fait très longtemps que je tourne…Je me suis mis à la composition il y a une dizaine d’années, je ne fais donc plus uniquement des reprises.

 

Depuis le Covid, tout s’est cassé la figure, il y a moins d’endroits pour jouer, les gens sortent moins. C’est comme cela, en fait, que je suis arrivé à la comédie. J’en avais toujours rêvé mais je n’avais pas le temps. Avec 250 concerts par an, c’était impossible…Un jour, complètement par hasard, je suis allé faire une figuration, je n’en voyais pas l’intérêt, je stressais même mais j’ai adoré le milieu, j’ai trouvé cela extrêmement bienveillant, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer. C’est passionnant de découvrir l’envers du décor. 

 

J’ai eu envie d’essayer, on m’a conseillé de commencer par des courts métrages, afin d’avoir des images à exploiter et à envoyer aux directeurs de casting. Je n’avais aucune formation de comédien mais certaines de mes candidatures ont été validées et les gens étaient contents de mon travail. Je me suis dit que, finalement, j’étais peut-être quand même fait un peu pour ça aussi…

 

Depuis, j’ai fait une centaine de courts métrages et, petit à petit, j’ai réussi à décrocher des rôles à la télé. En fait, j’écoute beaucoup ce que les gens me disent et, après, je fais comme je le sens. On est tous différents donc je pense que chacun a sa chance. C’est, je trouve, un métier extraordinaire pour cela … Par contre, il y a, du coup, énormément de concurrence !

 

 

 

 

Quels registres musicaux aimez-vous plus particulièrement interpréter ?

 

J’ai toujours été passionné par le rock’n roll, même celui des années 50. J’aime tout ce qui va autour, la country, le gospel, le blues, …Mais je suis fan également de Serge Gainsbourg et de Renaud, donc ça ne m’empêche pas d’écouter de la musique française.

 

En France, on aime mettre des étiquettes : oui, j’aime la musique américaine des années 50, mais aussi celle des années 60 et des années 70…Il y a des choses qui me plaisent partout !

 

C’est pire encore au cinéma, j’ai pu le remarquer : je suis marrant, je sais faire le clown mais on m’oriente plus facilement vers des rôles de mafieux. 

 

Aller en tournée en province doit être très grisant…

 

Exact ! Il y a même des régions où l’accueil est plus chaleureux que d’autres…Bon, je ne vous dirai pas lesquelles 🙂. Je découvre des coins incroyables de France…Je dois dire qu’à Paris, je sens que le public est habitué, les gens sont à l’écoute, ils aiment venir nous voir.

 

D’alterner entre la scène et le plateau doit être très complémentaire ?

 

C’est ça ! En ayant autant tourné en musique, je commençais quand même à sentir une petite lassitude…Là, effectivement, j’apprécie d’autant plus d’aller faire mes concerts quand, entre temps, j’ai fait des tournages, et vice versa. Je fais aussi beaucoup de pubs donc c’est assez amusant de passer d’une pub où on parle d’assurances, au Général de Gaulle, puis à chanter sur scène du rock’n roll. Je trouve cela extraordinaire ! Parfois, on perd un peu la boule mais c’est bien…C’est super, également, de rencontrer des milieux différents. C’est très étonnant d’ailleurs de voir à quel point les milieux de la musique et du cinéma ne se côtoient pas, c’est vraiment incroyable. Ils ne se connaissent pas, chaque milieu paraît très étranger à l’autre…Contrairement à la culture américaine, c’est très cloisonné. 

 

 

 

 

Pour terminer, quelles seraient vos envies pour la suite de votre parcours artistique ?

 

J’ai de plus en plus d’envies dans le cinéma. Pour l’instant, je n’ai eu que des rôles en télévision, pas encore sur grand écran. Comme je le disais, j’aimerais également bien revenir sur “Un Si Grand Soleil”, j’adorerais être récurrent car j’aime beaucoup cette équipe, cette ambiance, ce studio et cette série. 

 

Je sais jouer d’autres choses que des personnages qui font peur. J’aimerais que les directeurs de casting s’en aperçoivent davantage. 

 

Niveau musique, je pense que je suis déjà allé au plus haut de ce que je pouvais faire…Mais sait-on jamais….

 

Merci, Yannick, pour toutes vos réponses !

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Publié dans Musique, Télévision

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